Il parle aussi sans détour de l'école, de l'Éducation nationale, de la foi, de l'athéisme, de l'injustice sociale, et de sa vision radicale de la transmission du savoir.
Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
vendredi 22 mai 2026
Entretien avec Michel Onfray – l’ex-professeur de philo se confie sur son enfance et son éducation
Il parle aussi sans détour de l'école, de l'Éducation nationale, de la foi, de l'athéisme, de l'injustice sociale, et de sa vision radicale de la transmission du savoir.
jeudi 21 mai 2026
Déclin historique des capacités cognitives : pour la première fois une génération obtient un score inférieur aux précédentes
Depuis une grande partie du XXᵉ siècle, les sociétés occidentales ont vécu avec une conviction presque évidente : chaque génération serait mieux instruite, plus cultivée et plus performante intellectuellement que la précédente. Cette progression, appelée « effet Flynn », n’avait pourtant rien d’une loi naturelle. Elle résultait d’une amélioration continue des conditions de vie : meilleure alimentation, recul des maladies infantiles, allongement de la scolarité, enrichissement culturel et accès croissant au savoir. Pendant des décennies, les enfants ont grandi dans un environnement plus favorable que celui de leurs parents, ce qui s’est traduit par une hausse progressive des performances cognitives.
Or plusieurs études menées dans les pays occidentaux indiquent aujourd’hui une rupture historique. En Norvège, au Danemark, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne ou aux États-Unis, certaines capacités cessent de progresser et commencent parfois à régresser. Il ne s’agit pas nécessairement d’une baisse uniforme de l’intelligence humaine, mais d’un recul ciblé de compétences fondamentales : compréhension écrite, richesse du vocabulaire, culture générale, raisonnement verbal et capacité d’attention.
Michel Desmurget insiste sur ce point : l’intelligence ne se réduit pas à un chiffre de quotient intellectuel ni à quelques épreuves standardisées. Les aptitudes humaines sont multiples : créativité, intelligence sociale, adaptabilité ou compétences émotionnelles. Toutefois, les capacités qui semblent aujourd’hui fragilisées sont précisément celles qui structurent la pensée approfondie. Le langage ne sert pas seulement à communiquer : il organise la réflexion. Plus une personne possède de vocabulaire, de connaissances et une bonne maîtrise de la langue, plus elle peut comprendre des idées complexes, établir des liens entre elles et exercer son esprit critique.
Plusieurs facteurs semblent converger vers ce déclin. Les pratiques de lecture longue se sont fortement réduites, les échanges verbaux familiaux diminuent, le sommeil se dégrade et les activités récréatives numériques occupent une place croissante. Les environnements numériques actuels privilégient les contenus courts, rapides et émotionnels. Notifications, vidéos brèves, défilement continu et récompenses immédiates entraînent une sollicitation permanente de l’attention.
Pour Michel Desmurget, il devient difficile de considérer les écrans comme un simple facteur secondaire. Sans être l’unique cause, leur rôle paraît de plus en plus solidement étayé. De nombreuses études convergent : une exposition importante aux écrans récréatifs est associée à une baisse de la concentration, des performances scolaires et du temps consacré à des activités intellectuellement structurantes. Des expériences montrent également que l’introduction précoce de téléphones intelligents, consoles ou tablettes peut affecter les capacités attentionnelles.
L’un des effets les plus préoccupants concerne la fragmentation de l’attention. Les outils numériques modernes habituent l’esprit à passer sans cesse d’un stimulus à un autre. Cette hyperstimulation peut améliorer certaines réactions rapides ou formes d’attention visuelle, mais elle ne développe pas l’attention soutenue nécessaire à la lecture, à l’apprentissage approfondi ou à la résolution de problèmes complexes. En d’autres termes, savoir naviguer rapidement entre des contenus ne signifie pas mieux comprendre ni mieux raisonner.
La lecture occupe une place particulière dans cette analyse. Elle constitue l’un des outils les plus puissants du développement intellectuel. Lire enrichit le vocabulaire, améliore l’expression, développe les connaissances générales et favorise la structuration de la pensée. La lecture de romans contribue même à renforcer l’empathie et la compréhension d’autrui. Son recul massif pourrait donc avoir des effets bien plus larges qu’une simple baisse des habitudes culturelles.
Les systèmes éducatifs occidentaux ont parfois renforcé cette évolution en associant modernisation et numérisation. Tablettes, plateformes numériques et enseignement fortement médiatisé ont souvent été présentés comme des solutions d’avenir. Pourtant, les évaluations internationales concluent généralement à des effets modestes ou parfois négatifs lorsque ces outils remplacent les apprentissages fondamentaux. Certains pays nordiques, pionniers dans ce domaine, commencent aujourd’hui à revoir leur stratégie après avoir observé une dégradation des performances en lecture.
À l’inverse, plusieurs pays asiatiques comme Singapour, le Japon ou la Corée du Sud semblent mieux résister à cette tendance. La différence ne tient pas à un rejet de la technologie, mais à son encadrement. Les outils numériques y restent davantage subordonnés aux fondamentaux : lecture, mémorisation, discipline de travail et maîtrise du langage. L’idée est de construire d’abord des bases solides avant d’intégrer massivement les technologies.
L’enjeu dépasse largement l’école. Les compétences intellectuelles constituent une part essentielle du capital humain d’un pays. Innovation, recherche, productivité économique ou qualité du débat public dépendent largement de la capacité des citoyens à comprendre des informations complexes, à exercer leur jugement et à produire de nouvelles connaissances. Une société qui lit moins, mémorise moins et se concentre moins risque aussi de devenir moins créative et moins innovante.
Le véritable problème ne résiderait donc pas dans la technologie elle-même. Ordinateurs, internet ou intelligence artificielle peuvent être de puissants outils lorsqu’ils servent l’apprentissage. Ce qui inquiète davantage est un modèle économique fondé sur la captation continue de l’attention. Les grandes plateformes numériques cherchent avant tout à prolonger le temps passé devant l’écran grâce à des mécanismes conçus pour créer une forme de dépendance. Le débat ne porte donc pas tant sur la technologie que sur l’acceptation d’un environnement numérique conçu pour monopoliser durablement l’attention humaine, y compris celle des enfants.
Et la démographie, l'immigration, la composition des familles ?
L'argumentation de Michel Desmurget met surtout l’accent sur les transformations de l’environnement cognitif : écrans récréatifs, recul de la lecture, sommeil, fragmentation de l’attention et pratiques éducatives. Il raisonne principalement en termes d’environnement culturel et comportemental, davantage qu’en termes de composition démographique.
Toutefois la question du changement démographique parmi les jeunes nous semble légitime, car un changement de composition de population peut influencer certaines statistiques globales. Si une société accueille davantage de familles récemment immigrées (comme l'Occident et à l'inverse de l'Extrême Orient), avec des enfants qui apprennent encore la langue du pays d’accueil, cela peut temporairement affecter des résultats scolaires ou des tests fortement dépendants du langage, du vocabulaire ou des références culturelles. Ce n’est pas une hypothèse absurde : la maîtrise linguistique influence fortement certaines mesures.
Mais plusieurs nuances importantes s’imposent : des baisses ont également été observées chez des populations où les changements migratoires seuls paraissent insuffisants pour expliquer l’ampleur du phénomène. Une étude majeure sur environ 730 000 conscrits norvégiens n’a pas seulement observé un ralentissement puis une baisse des scores ; elle a comparé des frères au sein des mêmes familles. Résultat : les frères plus jeunes obtenaient des résultats inférieurs aux aînés. Cette méthode est importante, car elle neutralise une grande partie des explications liées à la composition globale de la population (immigration, origine familiale, changements démographiques massifs). Autrement dit, si le phénomène apparaît à l’intérieur d’une même famille, il devient difficile de dire : « la moyenne baisse parce que la population a changé ». La population n’a pas changé entre deux frères nés des mêmes parents.
Si la démographie et l'immigration peuvent être des facteurs parmi d’autres, il est difficile d’en faire une explication unique ou dominante sans données précises.
D’ailleurs, plusieurs chercheurs ont discuté d’explications concurrentes ou complémentaires : évolution de la structure familiale, changements éducatifs, inégalités sociales, nutrition, santé, pollution environnementale, baisse de lecture, temps d’écran, etc. Le débat scientifique est plus ouvert que ne le laisse parfois entendre une présentation centrée sur les écrans.
Lorsqu’un phénomène touche une société entière, il faut se demander si la population observée a changé autant que son environnement. Les deux peuvent agir simultanément.
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Étude — En 40 ans les enfants ont perdu 25 % de leur capacité physique.
Accros aux écrans : l’« héroïne numérique »
L'anglais demeure la lingua franca de la science, mais d'autres langues s'imposent
En 2023, 85 % des quelque cinq millions d'articles scientifiques indexés dans les grandes bases de données mondiales étaient rédigés en anglais. En 1990, cette proportion atteignait 94 %. Une baisse de neuf points en 30 ans qui, bien que modeste, traduit une transformation du paysage de la communication savante qui soulève des questions sur l'équité, la diversité et l’inclusion dans la production mondiale des connaissances.
C'est l'une des conclusions d'une étude bibliométrique publiée en anglais [...] réalisée par Carolina Pradier et Lucía Céspedes à l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information (EBSI) de l'Université de Montréal, sous la direction du professeur Vincent Larivière, et dont les résultats sont parus dans le Journal of the Association for Information Science and Technology.
L’équipe a analysé près de 88 millions d'articles et d'actes de conférences publiés entre 1990 et 2023, ainsi que plus de 1,48 milliard de liens de citations.
mercredi 20 mai 2026
Une scolarité sans écrans : Les élèves scandinaves reviennent aux livres et aux stylos
Autrefois pays affichant le taux d’alphabétisation le plus élevé au monde, la Suède a vu ses résultats en lecture baisser ces derniers temps. En 2022 (dernières données disponibles), le score de la Suède en lecture au PISA, une étude mondiale sur les compétences en lecture et autres aptitudes des jeunes de 15 ans, avait chuté de 19 points en quatre ans pour s’établir à 487. À titre de comparaison, l’Irlande affichait 516 et Singapour, en tête du classement, 543. « Environ 25 % des élèves suédois ont des difficultés à lire correctement », explique Lotta Edholm, ministre de l’Enseignement supérieur. Selon elle, cela est « lié à une dépendance excessive aux outils numériques sans preuve suffisante de leur efficacité ».
Mme Edholm est déterminée à réduire l’éducation numérique. « Från skärm till pärm » (de l’écran au classeur/des pixels aux pages) est le slogan de son gouvernement de centre-droit pour sa politique de « retour aux sources », visant à réduire l’utilisation des ordinateurs et des tablettes au profit de l’écriture manuscrite et des manuels scolaires traditionnels. En août de cette année, les téléphones portables seront interdits dans toutes les grundskolor. En 2023, le gouvernement a lancé un programme d’investissement ambitieux pour atteindre son objectif de fournir un manuel par élève et par matière. À ce jour, il a dépensé plus de 2 milliards de couronnes suédoises (182 millions d'euros, 291 millions de dollars canadiens) pour ramener les livres et continuera d’investir dans la lecture hors ligne, l’écriture manuscrite et le calcul.
D’autres pays en Europe et en Amérique s’engagent dans un retour aux livres et aux stylos à l’école, mais aucun aussi rapidement que le Danemark, la Suède et la Finlande, pays qui sont par ailleurs des adeptes enthousiastes des technologies numériques. L'année dernière, la Finlande, berceau de Nokia, l'un des pionniers mondiaux de la téléphonie mobile, a introduit des restrictions sévères quant à l'utilisation des téléphones portables pendant les cours pour les enfants âgés de 7 à 16 ans. Le Danemark emboîtera le pas cette année avec une loi imposant l'interdiction des téléphones et des tablettes personnelles dans les folkeskole, les écoles jusqu'à l'âge de 16 ans.
« Revenir aux livres coûte cher », explique Merete Riisager, ancienne ministre danoise de l’Éducation. Le Danemark a été pionnier dans l’utilisation des tablettes à l’école dès 2011, mais n’a dispensé que peu de formation aux enseignants. « Nos enseignants étaient perdus », raconte Kara Barker-Astrom, directrice du VRG Campus Viktor Rydberg, un lycée de Stockholm. Le pays en est depuis venu à regretter sa campagne en faveur du numérique. Mme Riisager estime que les tablettes ont joué un rôle dans la détérioration des compétences en lecture et en mathématiques des élèves danois. Les preuves scientifiques des avantages de l’interdiction des téléphones sont encore maigres, mais elles se multiplient. « Dans l’ensemble, tout le monde s’accorde à dire que restreindre l’utilisation des téléphones est bon pour l’attention des enfants », explique Lucia Magis-Weinberg, de l’université de Washington.
Une étude publiée en octobre a montré qu’une interdiction des téléphones « de la première à la dernière sonnerie » dans un grand district scolaire de Floride avait initialement entraîné une augmentation des exclusions temporaires d’élèves. Elle a toutefois constaté de nettes améliorations des résultats aux examens dès la deuxième année de l’interdiction. Elle a également révélé que l’interdiction des téléphones avait considérablement réduit l’absentéisme, les élèves s’étant adaptés et ayant commencé à apprécier le fait de ne pas être constamment rivés à leurs écrans. Une meilleure assiduité pourrait expliquer en partie l’amélioration des résultats aux examens. Malgré tout, Mme Magis-Weinberg met en garde contre l’idée qu’il existerait une politique universelle.
Mme Barker-Astrom salue bon nombre des mesures de Mme Edholm, mais met en garde contre un revirement excessif. Les élèves de plus de 16 ans doivent pouvoir utiliser des téléphones et des ordinateurs portables, car les matières qu’ils étudient deviennent plus complexes et il faut les préparer aux compétences numériques requises à l’université et sur le marché du travail. Malgré tout, son école continue de couper l’accès à Internet pendant les examens, car la tentation de tricher ou de consulter les réseaux sociaux est tout simplement trop forte.
Réédition augmentée du Suicide Français d'Éric Zemmour
Eric Zemmour est revenu sur la réédition augmentée du Suicide Français. Il explique qu’il sort à nouveau son succès de librairie (plus de 500.000 lecteurs), car les Français se demandent toujours comment la France en est arrivé là et il souhaite leur répondre et leur dire comment s’en sortir.
Eric Zemmour a aussi dénoncé la politique d’immigration du gouvernement et de l’État depuis 30 ans.
Il est aussi revenu sur ses mesures économiques pour aider les Français et redresser économiquement le pays.
Pour finir, Eric Zemmour a annoncé la sortie du Suicide Français version augmentée et actualisée le 20 mai 2026.
Le livre paraît aussi en anglais, ce qui devrait réjouir la « droite » libertarienne du Québec qui le lira alors peut-être.
mardi 19 mai 2026
Canada — Les enseignants sont-ils être obligés d'arborer le drapeau LGBTQ2SAI+ ?
Pire encore, leur syndicat n’a pas défendu leurs libertés de conscience, de religion et d’expression, pourtant protégées par la Charte canadienne des droits et libertés.
D’un seul coup, la vie des Alexander a basculé. Non seulement ils ont perdu leur emploi, mais ils ont été de fait mis sur liste noire, ce qui les empêche d’obtenir des postes d’enseignants dans d’autres écoles. « Nous avons été ruinés financièrement », a déclaré Matt. « Nous avons vendu notre maison familiale plutôt que de la perdre, et la pension pour laquelle nous avons cotisé pendant plus de 20 ans a été laminée. » Aujourd’hui, tel est le prix à payer pour faire valoir la liberté de conscience et de religion au Canada.
C’est pourquoi les avocats de l'association Justice Centre for Constitutional Freedoms sont intervenus. Ce jeudi 21 mai, ces avocats plaideront devant la Commission des relations de travail de l’Ontario pour que le syndicat de Matt et Nicole défende leur liberté de conscience et de religion garantie par la Charte.
Deux enseignants qui font la différence au sein de leur communauté
Matt et Nicole Alexander étaient des enseignants dévoués originaires de Cobden, en Ontario. Matt enseignait depuis plus de 20 ans ; ces dernières années, il enseignait aux élèves de 7e et 8e années (13-15 ans), avec un parcours irréprochable.
Nicole, enseignante en maternelle depuis trois ans, recevait régulièrement d'excellentes évaluations de performance soulignant son engagement en faveur de l'équité, de l'inclusion et de la lutte contre la discrimination en classe. Ni Matt ni Nicole n'avaient jamais été accusés de maltraitance envers des élèves ou de comportement discriminatoire.
Le 17 avril 2023, le directeur de l’école de Matt lui a annoncé qu’il était suspendu et faisait l’objet d’une enquête à la suite d’une plainte vague liée à son activité sur les réseaux sociaux. Mais Matt n’avait aucun compte sur les réseaux sociaux à l’époque ! Aucun autre détail ne lui a été fourni.
Deux semaines plus tard, Nicole a découvert qu’une affiche de la fierté LGBTQ2SAI+ avait été collée sur la porte de sa classe de maternelle, à son insu et sans son consentement. Constatant qu’aucune autre porte de classe n’affichait une telle affiche et qu’aucune consigne n’avait été donnée en ce sens, elle l’a discrètement retirée et rangée dans un placard avant de commencer sa journée d’enseignement.
Plus tard dans la matinée, elle a été convoquée à une réunion avec son directeur et le directeur des études, qui l’ont interrogée sur le retrait de l’affiche. Ils l’ont immédiatement suspendue dans l’attente d’une enquête.
Le 26 octobre 2023, Matt et Nicole ont tous deux été licenciés par le conseil scolaire du comté de Renfrew pour avoir prétendument manqué de « célébrer et d’affirmer les questions LGBTQ ».
« Cela a jeté le discrédit sur nous », a déclaré Matt, « mettant ainsi fin à nos carrières dans l’enseignement public. Il est devenu nécessaire de se reconvertir professionnellement. »
Le syndicat des Alexander a refusé de les représenter
Après leur licenciement, le syndicat des Alexander, la Fédération des enseignants du primaire de l’Ontario, a d’abord déposé des griefs en leur nom, mais a ensuite refusé de porter l’affaire devant un arbitre. Le syndicat a également refusé de faire valoir que la liberté de conscience et de religion des Alexander avait été violée. De plus, le syndicat n’a pas cherché à obtenir des mesures d’adaptation en vertu de la législation sur les droits de la personne.
En réponse, les Alexander ont déposé des plaintes auprès de la Commission des relations de travail de l’Ontario, arguant que le syndicat n’avait pas assuré une représentation équitable. Ils ont également déposé une plainte pour violation des droits de la personne contre leur conseil scolaire, alléguant une discrimination fondée sur leurs croyances religieuses – un motif protégé par l’article 15 de la Charte.
À l’issue de l’audience du jeudi 21 mai, la Commission des relations de travail de l’Ontario déterminera si le syndicat des Alexander a manqué à son devoir en refusant de défendre leurs droits garantis par la Charte.
La liberté d’expression comprend à la fois le droit de s’exprimer et le droit de garder le silence. Elle inclut le droit de soutenir des idées, ainsi que le droit de refuser de les soutenir. De même, la liberté de religion protège non seulement le droit de pratiquer sa foi, mais aussi le droit de s’abstenir d’affirmer des croyances qui la contredisent.
« Il est difficile de décrire l’ampleur de ce qui est arrivé à notre famille », a déclaré Matt Alexander. « Après avoir consacré plus de deux décennies à mes élèves et à mon école, il semble qu’il n’y ait plus de place pour que les chrétiens puissent vivre leur foi au sein du système éducatif. »
Les districts scolaires publics sont des entités gouvernementales et sont tenus de respecter la Charte. Si le Canada veut être véritablement un pays libre, aucun citoyen ne devrait être contraint de soutenir, d’arborer ou de célébrer un drapeau ou une idéologie quelconque.
L’issue de cette affaire aura des répercussions au-delà de cette famille. Elle soulève la question plus large de la manière dont les institutions canadiennes traitent les personnes dont les convictions ne correspondent pas aux opinions dominantes. Une société libre soutient et protège la liberté des citoyens d’exprimer leur désaccord.
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lundi 18 mai 2026
Comment le progressisme a condamné le Canada (vidéo)
Comment le Canada est-il passé de modèle de réussite à un avertissement pour l'Occident ? Décrytage qui analyse l'échec du progressisme au Canada et l'impact des politiques de Justin Trudeau sur la cohésion nationale. Alors que le pays était une terre de libertés, il semble aujourd'hui prisonnier d'une idéologie radicale. On y décortique les mécanismes de cette transformation, du multiculturalisme d'État à l'influence de Mark Carney et du Great Reset.
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Recension critique du livre Value(s) écrit par le nouveau Premier ministre Mark Carney
Critique du documentaire Sugarcane, Les Ombres d'un pensionnat (2024)
Canada : quand le droit glisse vers une application différente selon le groupe ethnique
Sondage (n=1500) — Près des 2/3 des Canadiens contre le triplement de la population du Canada d'ici 2100 (le plan de l'Initiative du Siècle)
Le chef libéral Mark Carney a été accusé de s'approprier les idées des autres au cours de la campagne électorale fédérale (en anglais, Globe and Mail)
Les
Britanniques avertissent que le nouveau premier ministre canadien a une
« touche Midas inversée ». La réputation de Mark Carney en tant que
gouverneur de la Banque d'Angleterre est plus entachée qu'il ne le
laisse entendre (en anglais, National Post)
Tenir compte des avertissements sévères de la Grande-Bretagne à l'égard de Mark Carney. La presse britannique tant de gauche que de droit s'est montrée beaucoup plus critique à l'égard de notre nouveau premier ministre que la nôtre. (en anglais, National Post)
Selon que vous serez blanc ou noir, les jugements de cour accueilleront ou rejetteront vos demandes
« Emplois d’été Canada » contre les jeunes blancs hétéros
Racialisation de la justice : un Amérindien invoque ses origines pour écoper d'une peine moins lourde (2024, affaire Joseph George Sutherland)
Cette « réconciliation » avec les Premières Nations est un désastre pour le Canada
« Le racisme anti-blanc existe, il est systémique et institutionnalisé »
Ontario — Tribunal déclare que l’épreuve de compétence en mathématiques de l’Ontario est inconstitutionnelle (car avait un impact négatif sur l'accès à la profession enseignante pour les candidats racisés)
France — Quand les cours d’éducation sexuelle poussent des familles vers le privé hors contrat
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| L’école hors contrat Saint-joseph-des-lys, au coeur de Versailles, accueille des classes de primaire ainsi qu’un collège (secondaire inférieur). |
Le directeur du groupe scolaire catholique hors contrat [non subventionné donc] Saint-Dominique du Pecq (Yvelines) se souvient bien de ce jour, il y a quelques mois, où les parents de Léonie* ont toqué à sa porte. « En rentrant de l’école, notre fille de 7 ans nous a parlé de vulve et de pénis. Il est hors de question qu’elle retourne dans cet établissement. » Voilà, en substance, quelle fut la déposition de ces parents en colère. En cause : le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Depuis le 6 février 2025, ce dernier est obligatoire de la maternelle au lycée, aussi bien dans l’enseignement public que dans les établissements privés sous contrat. Dans le hors-contrat, l’obligation commence pour le collège.
Les parents qui se tournent vers le hors-contrat cherchent un projet éducatif différent. Écoles confessionnelles, Freinet, Montessori, Écoles de la forêt… l’éventail du choix est large. Et la demande importante : selon le sondage Ifop publié le 5 mai, 64 % des Français estiment que cette diversification contribuerait à faire reculer l’échec scolaire. L’année dernière, quand 5 000 classes du public fermaient, 400 ont ouvert leurs portes dans le hors-contrat.
Au-delà du projet éducatif, les parents qui choisissent ces établissements mentionnent aussi le rejet de la méthode globale pour l’apprentissage de la lecture, le besoin d’une «alliance» renforcée avec les professeurs, l’intérêt pour les programmes bilingues ou encore les petits effectifs… Mais, désormais, les contours des trois séances annuelles d’éducation affective et sexuelle du sous-contrat constitueraient aussi un argument en leur faveur.
« Les programmes EVAR [éducation à la vie affective et relationnelle, pour le premier degré] et EVARS [éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, pour le second degré] sont désormais l’un des premiers facteurs qui poussent les parents à inscrire leurs enfants dans nos structures, au même titre que l’effondrement du niveau », soutient le responsable du développement de la Fondation pour l’école Augustin Yvan, qui promeut et soutient les écoles indépendantes.
Au sein de l’académie de Versailles (Yvelines, Hauts-de-seine, Essonne, Val-d’Oise), c’est en tout cas l’un des facteurs avancés par de nombreux parents qui choisissent cette trajectoire. Selon Augustin Yvan, cette académie concentre la part la plus importante d’écoles indépendantes catholiques : sur environ 200 écoles hors contrat recensées par le rectorat de Versailles, près de 80 seraient de sensibilité catholique. À l’en croire ainsi que d’autres interlocuteurs, l’application du programme EVARS se heurte ici à « une vision chrétienne de la personne humaine» ainsi qu’à des débats autour des missions incombant à l’école.
«Tous les directeurs d’établissement hors contrat constatent une forte pression sur les dossiers, confirme François-Xavier Clément, ancien directeur du lycée Saint-Jean-de-Passy (sous contrat), désormais à la tête de Saint-Dominique du Pecq. Les effectifs de l’année prochaine sont déjà remplis.» «L’appétit pour le hors-contrat s’amplifie, acquiesce la directrice de l’école primaire de Saint-Charles-de-Foucauld, Cécile Hénin, et nous n’avons pas encore touché le sommet de la courbe », croit-elle savoir. Selon François-Xavier Clément, plusieurs parents ont demandé à être inscrits « de manière préventive »
pour la rentrée 2025 et 2026, craignant que « leurs enfants âgés de 6, 7 ou 9 ans soient pollués par des mots et des réalités qui devraient être étrangères à des enfants de cet âge ».
Élise* ne rejette pas le principe d’une éducation sexuelle. En revanche, elle s’offusque des mots employés, de la façon dont certaines thématiques sont abordées, s’interroge sur les modalités et les limites de ces cours, et considère que les sujets ne conviennent pas toujours à la maturité des enfants. « EVARS ne prend pas en compte la réalité de chaque enfant, qui peut varier d’une famille à l’autre», dit-elle. Autrement dit, le programme oublierait que certains élèves sont plus préservés que d’autres. « Pour un enfant vivant éloigné de ces réalités, en parler revient à faire effraction dans son psychisme », estime François-Xavier Clément. La présidente de l’école hors contrat Saint-joseph-des-lys, Marine de Rosnay, acquiesce : « Au-delà des cas extrêmes, on observe des enfants avisés très tôt, quand d’autres restent plus longtemps fleur bleue, et cela, alors même qu’ils sont dans la même classe. » Et Élise de poursuivre : « La vraie question est : jusqu’où va-t-on dans le message qu’on veut apporter à nos enfants ? Le programme pourrait se limiter à expliquer que la nudité des enfants ne doit pas interagir avec celle des adultes », suggère cette mère qui a préféré scolariser ses enfants âgés de 4, 6 et 7 ans dans le hors-contrat.
L’apprentissage de l’intimité fait bien partie du programme. Mais l’EVARS a également pour objectif de « promouvoir des relations respectueuses et participer au développement de compétences psychosociales ». Dans une plaquette dédiée, le programme est présenté comme reposant sur trois axes : «se connaître, vivre et grandir avec son corps ; rencontrer les autres et construire avec eux des relations, s’y épanouir ; trouver sa place dans la société, y être libre et responsable ». La Rue de Grenelle assure que «les contenus et les modalités des séances sont progressifs et adaptés à l’âge et à la maturité des élèves » .Et précise : les enfants scolarisés en maternelle et en primaire étudient le corps, les émotions, l’intimité, le consentement, mais aussi apprennent à « promouvoir des relations égalitaires», à comprendre « la fonction et le sens des liens familiaux » et à identifier « les stéréotypes pour lutter contre les discriminations ». Au collège et au lycée, sont abordés les sujets liés aux violences sexuelles, à la santé sexuelle, les relations de manière générale, la question du genre, et enfin la notion de respect et d’intimité à l’heure des réseaux sociaux.
Les parents interrogés par Le Figaro expriment aussi le sentiment d’être dépossédés de leur rôle. À la rentrée 2025, Cécile*, mère de trois enfants, a inscrit son petit dernier en cinquième dans le hors-contrat. Son choix a entre autres été motivé par sa volonté de garder la main sur l’éducation sexuelle de ses enfants : Cécile n’avait pas envie que son fils soit « au courant de tout, tout de suite » et souhaitait « le préserver encore un peu ». «Je veux pouvoir aborder ce sujet librement avec mes enfants, et je veux que le corps et les relations leur soient présentés comme quelque chose de beau. Ce n’est pas à l’école de me dicter comment je dois éduquer mes enfants en ce qui concerne la sexualité », affirme-t-elle. Lorsqu’elle avait estimé cela nécessaire, elle s’était rendue avec ses deux aînées dans une association afin de participer à des ateliers abordant le sujet. Son mari compte faire de même avec leur fils.
« Le rôle de l’école, c’est l’instruction, et non l’éducation sexuelle », approuve Alexandra, qui a (aussi) choisi le hors-contrat pour «l’accent mis sur le beau, l’étude des grands textes et de l’histoire de France ». André*, dont deux des cinq enfants sont scolarisés dans le hors-contrat, est du même avis :
« Il doit y avoir un tandem famille-école. Le problème avec EVARS, c’est que les parents ne sont pas du tout mis dans la boucle. On se sent mis de côté. On ne nous informe pas de la manière dont le cours va se dérouler », explique-t-il, insistant sur le fait qu’il « faut lutter contre les violences sexuelles », mais que l’état devrait « traiter ce sujet avec plus de délicatesse et main dans la main avec les parents ».
« Nous estimons que nous sommes responsables de l’éducation affective et sexuelle de nos enfants, confirme la présidente de la Fédération des parents d’élèves des écoles indépendantes (FPEEI), Mariedes-neiges Guillotel, les parents sont les premiers éducateurs. Nous n’envoyons pas nos enfants à l’école pour autre chose que l’instruction. » Mikaël Tane, secrétaire général de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) des Yvelines, première fédération nationale des parents de l’école publique, aussi parfois présente dans certains établissements privés sous contrat, préfère nuancer : «Si les parents sont bien les premiers éducateurs de l’enfant, le rôle de l’éducation nationale va plus loin que l’instruction », rétorque-t-il.
Pour lui, il faut aborder l’EVARS en gardant en tête les différents apports de la CIIVISE : « Les travaux de la CIIVISE ont montré le besoin criant d’aider l’enfant à repérer ce qui est correct et ce qui ne l’est pas. » Dans le rapport de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, on peut lire que l’enfant victime est « habité par la peur, la honte, la culpabilité et est dans l’incompréhension de ce qu’il vit ». D’où l’importance qu’un tiers puisse aider l’enfant à mettre des mots sur ce qu’il vit. « La Ciivise le dit : dans une classe, en moyenne, trois enfants sont concernés par l’inceste. D’où l’importance de l’evars », ajoute Mikaël Tane. Sans compter que toutes les trois minutes, en France, un enfant est victime de violences sexuelles.
Les écoles catholiques hors contrat sont toutefois conscientes de la nécessité de saisir ces problématiques à bras-le-corps. À Saint-Joseph-des-Lys, cela est pris très au sérieux. «L’EVARS permet aux parents, aux chefs d’établissement et aux enfants de prendre conscience qu’il faut être attentifs », souligne Marine de Rosnay. «Les écoles hors contrat catholiques ne sont pas hors sol. Ce sont des sujets importants qu’il faut aborder avec les enfants. Mais on aimerait le faire à notre manière et en équipe avec les parents », abonde Cécile Hénin, de Saint-Charles-de-Foucauld.
Comment conjuguer éducation sexuelle et valeurs chrétiennes ? Aucun des établissements catholiques sous contrat [subventionnés] que nous avons contactés n’a donné suite à nos sollicitations. L’un d’eux a justifié son refus par un climat «anxiogène» qui régnerait depuis les affaires Bétharram et Saint-Stanislas à Nantes : les inspections [gouvernementales] dans les établissements catholiques seraient aujourd’hui de plus en plus fréquentes et les inspecteurs, de plus en plus pointilleux. « Les cas de Saint-Stanislas et de Bétharram ont suscité l’effroi et la sidération chez les chefs d’établissement », assure François-Xavier Clément, l’ancien directeur du lycée Saint-Jean-de-Passy. « Il y a un climat de peur : la bonne application de l’EVARS fait écho à ces scandales. C’est pourquoi les établissements catholiques privés [subventionnés] se sentent obligés de fléchir leur ligne vis-à-vis d’EVARS », nous souffle une source qui souhaite rester anonyme.
Résultat : le privé [subventionné] marche sur des œufs. Les chefs d’établissement craignent la rupture du contrat. Et les professeurs censés dispenser ces cours sont «frileux ». « Comment aborder ces sujets sans choquer les élèves, sans commettre d’impair ? Ils veulent bien faire, mais c’est très délicat », explique Xavier Le Saint, ex-directeur des études de Saint-Jean-de-Passy, qui s’occupe désormais de former les professeurs des établissements sous contrat et hors contrat à l’application du programme EVARS, au sein d’Alte Academia. L’objectif : enseigner la vie affective, relationnelle et sexuelle « avec délicatesse et pudeur ».
L’offre est à la carte : « Certains chefs d’établissement veulent appliquer la réglementation EVARS à la lettre, tandis que d’autres souhaitent donner un sens philosophique à ce cours, dans une démarche anthropologique », rapporte Xavier Le Saint. Ainsi, lorsque la notion de respect est abordée pour les établissements sous contrat, le cours évoque « la juste distance, le consentement ». Alors que, pour les écoles hors contrat, Xavier Le Saint traduit la notion de respect par « l’apprentissage de la vertu et de charité au quotidien ».
Toujours est-il que, malgré la publication en août par l’enseignement catholique d’un texte de dix pages sur l’« éducation affective, relationnelle et sexuelle » (EARS) pour proposer des « éléments de discernement », les différents acteurs gravitant autour de l’EVARS ont encore du mal à se positionner. « En ce moment, dans le milieu associatif et scolaire, il y a beaucoup de mouvements et de réadaptations autour de l’EVARS», explique la responsable de l’association Parlez-moi d’amour Delphine Chevreau. Son propre collectif, qui formait, avant l’apparition d’EVARS, des animateurs pour intervenir sur la sexualité dans les écoles privées, « cherche encore sa place ». Autant d’incertitudes face auxquelles de nombreux parents préfèrent se réfugier, surtout pour la maternelle et le primaire, dans le hors-contrat : « Le hors-contrat est le nouveau privé », croient-ils savoir. [À savoir le privé sous contrat est trop tenu par le gouvernement]
* Le prénom a été modifié.
dimanche 17 mai 2026
L'IA est-elle déjà en train de priver les diplômés d'emploi ?
Beaucoup soupçonnent l’IA d’en être la cause. Plus de la moitié des employeurs déclarent avoir envisagé de remplacer les travailleurs débutants par cette technologie. Un récent sondage mené par l’Institute of Politics de la Kennedy School de l’université de Harvard a révélé que, de la même manière, plus de la moitié des jeunes Américains considèrent l’IA comme une menace pour leurs perspectives d’emploi.
Les économistes sont plus divisés. Un article d’Erik Brynjolfsson, de l’université de Stanford, et de ses collègues, publié en 2025, a examiné l’emploi chez les jeunes travailleurs occupant des postes exposés à l’IA, tels que le développement de logiciels. Les auteurs ont constaté qu’il avait baissé de 16 % par rapport aux domaines moins exposés.
Mais un article publié cette année par Zanna Iscenko et Fabien Curto Millet, deux économistes chez Google, remet en question l’idée selon laquelle les jeunes travailleurs en particulier seraient remplacés par l’IA. Ils ont constaté que les offres d’emploi dans les professions exposées à l’IA avaient baissé tout aussi fortement pour les travailleurs chevronnés que pour les débutants, et que cette tendance était antérieure au lancement de ChatGPT fin 2022. Une autre étude, menée par Morgan Frank de l’université de Pittsburgh et ses collègues, a montré que les résultats sur le marché du travail se sont détériorés pour les employés exposés à l’IA, mais que cette tendance avait également commencé avant la sortie de ChatGPT.
The Economist a constaté que les diplômés des domaines les plus exposés à l’IA ont connu des résultats nettement moins bons. Entre 2022 et 2024, les diplômés du quintile le moins exposé — ayant étudié des matières telles que l’éducation, la philosophie et le génie civil — ont vu leur taux moyen d’emploi à temps plein baisser de seulement 1,5 point de pourcentage. Ceux du quintile le plus exposé — comprenant l’informatique, le génie informatique et les sciences de l’information — ont subi une baisse de 6,6 points de pourcentage (voir graphique).
Le périodique londonien a mis à jour ces chiffres pour les domaines les plus exposés, à partir des données de 13 universités et il a constaté que la tendance se poursuivait pour la promotion de 2025. Le taux d’emploi à temps plein est passé de près de 70 % à 55 % en trois ans — notamment au cours des trois années qui ont suivi la sortie de ChatGPT en 2022. Auparavant, il était resté stable.
Les étudiants changent déjà d’orientation. Les données du National Student Clearinghouse, un groupe de recherche, montrent que les inscriptions en licence [baccalauréat au Québec] d'informatique ont chuté de 11 % en 2025. Les inscriptions en programmation informatique, qui met l'accent sur les compétences en codage plutôt que sur la théorie, ont chuté de 26 %.
Le travail effectué par les diplômés en informatique évolue également. Ils consacrent moins de temps à l'écriture de code et davantage à la conception et à l'organisation de systèmes logiciels à un niveau plus élevé. Lana Yarosh, directrice des études de premier cycle en informatique à l'université du Minnesota, dit comprendre les inquiétudes des étudiants. « C'est toujours difficile quand les choses changent. Mais l'informatique est un domaine où tout change tout le temps. »
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jeudi 14 mai 2026
La haine de la France comme ciment de la dictature d'Alger
Mettre fin à la névrose française
Dans un livre absolument passionnant, France-Algérie. De 1962 à nos jours (Tallandier), l’historien Pierre Vermeren revient sur « une relation asymétrique complexe, faite de non-dits et de manipulations, de relations d’amour-haine pleines de chausse-trappes et de silences, alimentée par de multiples contentieux ». Et Vermeren d’ajouter : « Si on était en présence de deux individus, il faudrait en déduire que leur psychisme est altéré…» Une relation névrosée entre une France masochiste, obsédée par l’autoflagellation, multipliant les gestes d’amitié, et une Algérie manipulatrice jouant de la culpabilité des élites françaises comme un chat avec une pelote de laine.
Pierre Vermeren pèse chacun de ses mots. Il n’est ni dans l’outrance ni dans la démagogie. Il n’excuse, ne minimise ni n’exagère aucune des fautes des deux parties en présence. Il ne cache rien de la brutalité sauvage de la conquête française, de l’injustice de la colonisation et des crimes commis pendant la guerre d’indépendance. Il évalue avec justesse l’héritage gaullien de la guerre d’Algérie. De Gaulle n’a jamais été un « colonial » : il sait la décolonisation inéluctable. Le système coûte plus qu’il ne rapporte, l’intégration est devenue impossible, la démographie rend illusoire le rêve d’une Algérie française. Il veut se débarrasser au plus vite du « boulet » algérien. Vermeren souligne le prix terrible de cette sortie : de Gaulle érige, à son corps défendant, le GPRA, et donc le FLN, en vainqueur politique de la guerre d’Algérie. Les harkis sont abandonnés, les pieds-noirs rapatriés dans le chaos, les clauses de sauvegarde des biens français détricotées, tandis que l’immigration algérienne se poursuit sans contrepartie. L’accord de 1968 installe un régime migratoire très libéral, fondant cette exception qui fera de la communauté algérienne la première communauté étrangère en France dans les années 1970.
La grande différence entre l’Algérie et la France, c’est que cette dernière a reconnu ses méfaits, d’autant plus inacceptables qu’ils étaient commis au nom d’une mission civilisatrice, par une République qui vantait une promesse universelle qu’elle était incapable de réaliser. Des enfumades du maréchal Bugeaud, condamnées dès 1847 par le rapport de Tocqueville sur l’Algérie, jusqu’au rapport Stora de 2021, en passant par la reconnaissance de la pratique de la torture, la France a regardé en face une part de ses fautes. L’Algérie, en revanche, ne reconnaît aucun des crimes de son histoire : la piraterie et l’esclavage des Européens pendant des siècles, la traite saharienne millénaire, les crimes du FLN pendant la guerre, les massacres de la décennie noire… Tout cela fait l’objet du déni le plus total.
Pourquoi, alors que la guerre d’Indochine a fait plus de morts que la guerre d’Algérie, n’existe-t-il pas le même ressentiment des populations vietnamiennes ou cambodgiennes à l’égard de la France ? Parce que la querelle avec la France n’est pas seulement une séquelle de l’histoire, mais le produit d’une instrumentalisation par le pouvoir algérien. Après la guerre civile des années 1990, qui a coûté la vie à près de 200.000 Algériens, le président Bouteflika entreprend une politique de réconciliation nationale. Pour forger l’unité, rien de mieux qu’un bouc émissaire : la haine de la France sera le ciment de la dictature. Bouteflika criminalise la colonisation, la nazifie, l’assimile à un processus génocidaire, gonfle sans cesse le nombre de ses « martyrs », organisant une véritable mémoire d’état. Avec la complicité des intellectuels postcoloniaux et des agents d’Alger, trop heureux d’entretenir la mauvaise conscience occidentale, même si celle-ci sert d’assurance-vie à un système dictatorial qui prive son peuple de libertés et le condamne au sous-développement. Citons, entre autres, l’inénarrable Rima Hassan : « La Mecque des révolutionnaires et de la liberté est et restera l’Algérie», ou le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz : « Je ne peux pas supporter qu’on dise que l’état algérien est dictatorial, c’est une démocratie naissante. »
On parle beaucoup des ingérences étrangères dans la politique française dans la perspective de 2027. Mais ce que montre Vermeren, c’est que l’ingérence algérienne dans la politique française a été continue depuis l’indépendance. Alger soutient systématiquement le candidat de gauche depuis Mitterrand. Le président socialiste, qui avait beaucoup à se faire pardonner d’avoir été garde des Sceaux pendant la bataille d’Alger - au moment où la torture fut pratiquée par l’armée française et où une quarantaine de militants du FLN furent condamnés à mort et exécutés - multiplia les gestes en direction d’alger et des ressortissants algériens : attribution de la Grande Mosquée de Paris à l’Algérie, Abandon du projet de « retour » envisagé sous Valéry Giscard d’Estaing, reconnaissance du droit d’association pour les étrangers…
C’est plus compliqué avec Chirac, notoirement proche de la famille royale marocaine. Mais le président de la République cède, après les émeutes de 2005, à la revendication portée par Alger de supprimer l’article 4 de la loi de 2005 sur les rapatriés, évoquant les « aspects positifs de la colonisation » (amendement Vanneste). La victoire de Nicolas Sarkozy, dont le conseiller politique d’alors Patrick Buisson était notoirement favorable aux pieds-noirs, est un échec pour Alger. Celle de François Hollande est perçue comme une victoire. Il est le premier à faire acte de repentance à Alger, même s’il refuse de présenter les excuses que réclamait le pouvoir algérien, sur le modèle des excuses publiques du président allemand aux Juifs pour l’holocauste.
Macron apparaît, dans cette fresque, comme le président français le mieux disposé à l’égard d’Alger, et pourtant le plus brutalement déçu. Sa déclaration de 2017 sur la colonisation comme « crime contre l’humanité », son geste sur le 17 octobre 1961, le rapport Stora, sa volonté de réconciliation : tout aurait dû satisfaire Alger. Il n’en fut rien. Plus la France cède, plus l’Algérie demande. En 2021, Macron finit par dénoncer une «rente mémorielle», comprenant tardivement que la bonne volonté française ne suffit pas face à un pouvoir qui a besoin de la querelle pour se maintenir. Le rapport Stora, pourtant très favorable à une politique des petits pas mémoriels, est lui-même récusé par Alger. La France croit acheter l’apaisement par la contrition : le régime algérien transforme cette contrition en preuve de culpabilité. C’est pour cela que le mot de Macron sur les « mabouls » est profondément injuste. Les mabouls ne sont pas de notre côté de la Méditerranée. Ce ne sont ni Bruno Retailleau, ni les « identitaires » , ni « l’extrême droite » qui sont responsables de la dégradation de la relation avec l’Algérie. Les idiots utiles qui accablent la France ressemblent à ces intellectuels de gauche qui pensaient que la guerre froide était de la seule responsabilité des États-unis, niant que L’URSS avait besoin de cette confrontation existentielle pour masquer la faillite de son système.
La France doit cesser de se vivre comme l’héritière éternelle du péché colonial, et l’Algérie doit cesser de faire de la France l’alibi de ses échecs. Il serait temps de sortir de la névrose pour adopter une « relation normale ». Comme le résume l’humoriste algérien Fellag, cité par Vermeren à la fin de son livre : « Vous avez raté votre colonisation. Nous avons raté notre indépendance. Nous sommes quittes. »
paru le 29 avril 2026
chez Tallandier
304 pages
ISBN-13 : 979-1021066441







