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samedi 1 août 2026

Gary Caldwell sur l'étatisation de l'école québécoise (1965-2005) [Ire partie]

Gary Caldwell est professeur de sociologie à la retraite. Membre de l’Institut québécois de recherche sur la culture, il a enseigné à tous les niveaux éducatifs québécois. Avec Pierre Anctil, il a notamment fait des études sur l’histoire des Juifs au Canada. Il a été membre de la Commission des États généraux sur l’éducation. Dans le n° 14 de la revue Égards (2006-2007), il revenait sur l’étatisation et la concentration de l’éducation au Québec (1965 — 2005). Extraits, les intertitres et les textes entre crochets sont de nous.

[Lors d’une visite auprès d’une école en Estrie en 2005, Gary Caldwell se voit confronté « six fois en vingt minutes » par des questions d’élèves similaires et qui tranchent avec l’opinion des adultes de la région. En l’occurrence, les élèves demandaient au professeur d’expliquer « Pourquoi êtes-vous contre le mariage [dit] gai ? » Chaque élève voulant bien faire ou bien paraître en l’interrogeant de la sorte.]

J’ai par conséquent rencontré des élèves qui, trop jeunes pour être parvenus par eux-mêmes à une position réfléchie sur cet enjeu social et maintenant politique, se trouvent déjà endoctrinés au nom d’un nouveau dogme que leurs parents n’ont pas encore accepté. C’est une expérience qui m’a, il n’y a pas d’autres mots, affligé.

Comment se fait-il que l’école véhicule auprès de ces jeunes un dogme encore étranger à leur propre milieu (le vote de leurs parents en est la preuve) ? Comment se fait-il que l’école ne reproduise pas la culture du milieu où elle se trouve ? Au contraire, les élèves ont voté massivement, lors de leur élection simulée, contre le Parti conservateur. [...] Qui est responsable de cette déculturation ?  [...]

[L]es élèves sont pris en charge par des enseignants. De quelle institution sociale ces professeurs se conçoivent-ils les agents ? Autrement dit, quelle est leur allégeance sociale ?

Leur allégeance, pour des raisons purement bureaucratiques, n’est pas envers la société civile dans laquelle se situe l’école elle-même : en effet, ils ne viennent pas de la [petite ville locale]. [Techniquement, ils dépendent] de la commission scolaire [locale, abrégée en C.S.], qui, elle, dépend entièrement de l’État sur le plan constitutionnel.

Les commissions scolaires sous tutelle, les contribuables locaux sans pouvoir

Depuis 1998, année où l’on a abrogé l’article 93 de la Constitution de 1867, les C.S. n’ont plus aucun statut constitutionnel en dehors de la législature du Québec. Autrement dit, rien ne fait obstacle à l’administration des écoles par l’État, et la province pourrait même, à son gré, supprimer les C.S., ce que le Nouveau-Brunswick a déjà fait. De plus, sur le plan financier, les C.S. dépendent à 85 % de l’État [plutôt que des contribuables locaux]. À la suite de l’instauration d’une négociation collective centralisée à la fin des années 70, elles n’ont d’ailleurs plus qu’un pouvoir très limité sur la gestion de leur personnel enseignant, si ce n’est celui d’administrer mécaniquement des conditions de travail et des salaires établis par l’État. [...]

En conséquence, il n’est pas étonnant que les enseignants se décrivent eux-mêmes comme des employés de l’État. Ainsi, les élèves [de la ville] sont scolarisés par un appareil proprement étatique, qui échappe presque totalement à l’emprise locale des parents et des contribuables [de cette région]. [Rappelons que dans la vision traditionnelle, les enseignants sont au service des parents qui détiennent l’autorité parentale et éducative. Les parents choisissent l’école et ses enseignants pour leur compétence et leur adéquation avec leurs valeurs pour ensuite leur déléguer l’autorité parentale le temps de la classe.] [...]

L’éducation au Québec, avant sa « modernisation »

[A]u milieu des années 60, le taux de scolarisation au primaire (6 ou 7 années) était très élevé : plus de 90 % du groupe d’âge en question (6 à 13 ans) fréquentait l’école. [...] [O] n disposait d’un bon réseau d’écoles techniques et professionnelles, dispensant une formation toute particulière (école de métiers, instituts, écoles normales, etc.) et d’un réseau « d’écoles privées d’intérêt public » où l’on dispensait surtout le « cours classique » de huit ans. De plus, contrairement à l’opinion propagée par les réformateurs des années 60, ces collèges semi-publics parce que largement financés par les autorités publiques étaient, hors de Montréal et de Québec, relativement accessibles aux classes sociales inférieures ; et par le fait même, ils ont contribué à une circulation des élites relativement efficace. En effet, dans une ville de province, au moins la moitié de la clientèle des collèges classiques était d’origine ouvrière ou agricole ! Par la suite, l’université presque gratuite devenait, à cette période, accessible à ces diplômés.

[Si les écoles étaient inspectées par des inspecteurs de l’État et les collèges classiques par les autorités ecclésiastiques et les universités qui décernaient les baccalauréats,] l’administration et le choix des enseignants incombaient à la société civile : commissions scolaires, sociétés religieuses ou corporation publiques. Il n’y avait pas de ministère de l’Éducation. [...]

De l’importance de laisser participer la société civile à l’éducation

[L]es membres de la société civile [locale donc] assumaient eux-mêmes la responsabilité de l’éducation de leurs enfants, soit au niveau des C.S., des corporations publiques ou des sociétés religieuses (où toute famille avait de la parenté). Les sentiments de fierté et de dignité que procurent la prise en charge et l’acquittement d’une telle responsabilité sont une facette de la « responsabilisation citoyenne » sans laquelle il n’y a pas de liberté au sens où on l’entend en Occident. [...]

Le rapport Parent et sa « révolution scolaire »

Sans hésiter, les membres de cette élite culturelle et politique [du début des années 60] ont décidé que les établissements d’éducation, dont ils étaient eux-mêmes issus, étaient inadéquats, chose étonnante lorsque l’on connaît la qualité exceptionnelle de leur formation. [Caldwell, lui-même né en Ontario, raconte comme il fut impressionné lors de rencontres au début des années 60 par l’envergure culturelle, la conscience historique et sociale, la compétence intellectuelle et le savoir-vivre de ces membres de l’élite québécoise qui « dépassaient de loin ceux des Anglo-canadiens du même groupe ».]

[Survient le rapport Parent dont Caldwell résume les conclusions ainsi] :
  1. on assiste à une expansion majeure du système [éducatif] qui a doublé depuis 5 ans, une expansion similaire est à prévoir dans les 5 prochaines années ;
  2. l’éducation au Québec n’est pas assez « démocratique », c.-à-d.. trop loin de l’égalité des chances ;
  3. la formation « scientifique » et « technologique » manque pour répondre aux besoins d’une société « moderne »
  4. il faut un « système d’éducation » orchestré par l’État ;
  5. il faut un ministère de l’Éducation pour rationaliser, coordonner, planifier et financer ce système.
[Caldwell poursuit]

On ne s’est même pas posé la question de savoir comment le régime existant avait pu s’adapter à l’augmentation des effectifs scolaires, qui avaient doublé de 1947 à 1961, et ce, sans ministère de l’Éducation !

Quant au danger que le nouveau ministère ne devienne un instrument d’endoctrinement comme, disait le rapport, on venait de le voir en Allemagne et en Russie, on prévoyait le contrer en maintenant l’ancien Conseil supérieur de l’éducation, lequel conserverait ses fonctions de surveillance, devant aussi celui qui veille à ce que l’État n’abuse pas de son pouvoir. Cette recommandation du rapport entrait en contradiction avec le peu d’estime dont il faisait preuve à l’égard du Conseil existant, un corps dormant qui ne servait qu’à convoquer et à chapeauter le Comité catholique et le Comité protestant [les deux réseaux scolaires de l’époque]. Mais si l’État était seul capable de prendre l’éducation en main, de quoi serait faire l’indépendance d’un Conseil dont les membres sont nommés en majorité par l’État lui-même ?

[Les rapporteurs ont la conviction d’avoir le mandat de faire une « révolution » en éducation, combinée à une volonté d’éliminer l’influence de l’Église au profit du seul État.]

Cela a fait de ses auteurs les jacobins d’un nouvel étatisme. Des jacobins doivent confirmer leur légitimité en infirmant celle de leur propre histoire, ce qui s’est produit dans la subséquente rhétorique de « la Révolution tranquille » à propos de « la grande noirceur », processus idéologique qui a été documenté et mis en lumière deux décennies plus tard. [...]

De surcroît, il est absolument remarquable de constater à quel point, dans le rapport Parent, l’on renie sa propre éducation : l’institution du « collège classique » ne figure simplement pas, concrètement, dans le rapport. Le vocable même ne s’y retrouve pas. On s’y réfère dans l’abstrait, comme exemple d’un problème, à savoir l’insuffisance de l’enseignement québécois face au monde moderne : une éducation trop orientée vers un monde qui n’existe plus, une éducation « libérale » réservée à une élite ; une éducation où la science et la technologie ne sont pas suffisamment à l’honneur. Et tout cela sans jamais prononcer (je n’en ai trouvé trace), dans cinq volumes, l’expression « collège classique » [le nom habituel de ces établissements dont était issue l’élite...] Ce constat est assez révélateur : silence absolu sur ces collèges, apparus vers le début du XIXe siècle, qui étaient au moins une centaine en 1960, à travers le Canada français (sauf, curieusement, dans Charlevoix), et par où étaient passés tous les détenteurs d’une formation universitaire. Cela ressemble à un refoulement collectif, au sens freudien.

(à suivre)

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Ministre Proulx : le ministère de l’Éducation créé pour s'assurer que tous aient accès à l’école (Vraiment ?)

jeudi 9 juillet 2026

De la patho­lo­gi­sa­tion de la religion

Pour cer­tains, toute foi reli­gieuse fer­vente tend à être vue comme une névrose. D’où la ten­ta­tion d’un contrôle liber­ti­cide sur l’édu­ca­tion des enfants. Un texte de Laurent Dandrieu dans Valeurs actuelles du 1er juillet 2026.

C’est assu­ré­ment un bon choix qu’a fait cette année le Fes­ti­val de Cannes en don­nant sa palme d’or à Fjord, de Cris­tian Mun­giu, non seule­ment parce que ce film, dont l’action se passe en Nor­vège à l’approche de Noël, est cli­ma­ti­que­ment rafraî­chis­sant, mais parce que le cinéaste rou­main, comme à son habi­tude, réus­sit à faire réflé­chir à un sujet pri­mor­dial sans impo­ser de réponse. Ce n’est pas le lieu ici de par­ler des qua­li­tés ciné­ma­to­gra­phiques de l’œuvre — nous y revien­drons quand il sor­tira en salle, à la mi-août —, mais de voir com­ment il peut nous éclai­rer sur un phé­no­mène inquié­tant, qui n’est pas sans lien avec l’actua­lité française.


Posons d’abord le cadre du récit: il est cen­tré sur une famille com­po­sée d’un époux rou­main et de son épouse nor­vé­gienne, qui ont récem­ment quitté la Rou­ma­nie pour venir vivre en Nor­vège, plus près des grands-parents mater­nels de leurs cinq enfants. Une famille chré­tienne fer­vente, où les enfants sont éle­vés de manière aimante, mais dans un cadre strict — lec­tures bibliques, prière quo­ti­dienne obli­ga­toire, ni télé­phones ni réseaux sociaux. Ces res­tric­tions si éloi­gnées des normes de la société libé­rale avan­cée nor­vé­gienne deviennent des cir­cons­tances aggra­vantes lorsque, des bleus ayant été décou­verts sur l’aînée, les parents sont accu­sés de bru­ta­li­tés phy­siques sur leur pro­gé­ni­ture — eux recon­naissent seule­ment des petites tapes sur les fesses quand les enfants étaient plus petits.

Dans le pro­cès qui s’ensuit, le repré­sen­tant de l’état, loin de se concen­trer sur ces éven­tuelles vio­lences, ne dis­si­mule pas son hos­ti­lité aux valeurs reli­gieuses de ce couple — le simple fait d’adhé­rer à une concep­tion de la “famille tra­di­tion­nelle” consis­tant en l’union d’un homme et d’une femme étant clai­re­ment une cir­cons­tance aggra­vante, et la non-ad­hé­sion à la théo­rie du genre deve­nant, pour ce pro­gres­sisme d’état, le signe d’une édu­ca­tion rétro­grade contraire aux valeurs libé­rales de la société nor­vé­gienne. Que l’avo­cate des parents, fai­sant remar­quer qu’en enten­dant leur impo­ser ces valeurs au détri­ment de ce qu’ils veulent trans­mettre à leurs enfants, la société se montre en réa­lité assez peu libé­rale, pose une argu­men­ta­tion ponc­tuel­le­ment effi­cace, mais dont on sent bien qu’elle est ame­née à deve­nir poli­ti­que­ment de plus en plus fra­gile.

Cris­tian Mun­giu a, certes, donné une puis­sance dra­ma­tique sup­plé­men­taire à son récit en confron­tant une famille de culture rou­maine au puri­ta­nisme post-luthé­rien scan­di­nave. Mais com­ment ne pas pen­ser, devant ce Fjord, à la France et à la ten­ta­tion qui s’y fait jour, de plus en plus net­te­ment, d’ins­tru­men­ta­li­ser l’indis­pen­sable lutte contre les vio­lences faites aux enfants pour exer­cer un contrôle liber­ti­cide sur le droit des parents à édu­quer leurs enfants selon leurs concep­tions et à leur trans­mettre les valeurs aux­quelles ils sont atta­chés? De la récente pro­po­si­tion de loi “Béthar­ram” aux contrôles agres­sifs mul­ti­pliés dans les écoles hors contrat, en pas­sant par une pres­sion admi­nis­tra­tive contre l’école à la mai­son qui confine sou­vent à l’inter­dic­tion de fait, on assiste bel et bien à une offen­sive en règle pour faire entrer l’ensei­gne­ment privé dans le giron des sacro­-saintes “valeurs de la Répu­blique”.

Et ce d’autant plus que ces “valeurs de la Répu­blique”, réfé­rent fluc­tuant auquel on peut faire dire à peu près tout ce que l’on veut, sont pour cer­tains enra­gés de la laï­cité tota­le­ment incom­pa­tibles avec toute convic­tion reli­gieuse, a for­tiori si celle-ci emprunte une forme un peu consé­quente. Il y a long­temps déjà que, dans les colonnes du Monde et de Libé­ra­tion, tout catho­lique pre­nant sa foi un peu au sérieux est qua­li­fié sans autre forme de pro­cès de “tra­di­tio­na­liste” ou d’“inté­griste”, ce qui pour cette presse est syno­nyme de “sec­taire”. Et que, dans les médias de ser­vice public et les dis­cours d’une cer­taine gauche, toute mani­fes­ta­tion de foi enga­gée est assi­mi­lée à un fana­tisme contraire à la rai­son.

Fjord a le grand mérite d’atti­rer notre atten­tion sur cette patho­lo­gi­sa­tion de la foi, mal­heu­reu­se­ment appe­lée à deve­nir, dans les années qui viennent, une ter­rible épée de Damo­clès sur la liberté de conscience.


Vio­lence, pros­ti­tu­tion : le nau­frage de l’aide gouvernementale à l’enfance

Une marche blanche en hommage à Louis organisée dimanche dernier à Narbonne 

Le lyn­chage à mort de Louis met en lumière les dérives du sys­tème de pro­tec­tion de l’enfance, où le manque d’enca­dre­ment et la mal­trai­tance font le lit d’une vio­lence tou­jours plus décom­plexée. Une marche blanche en hommage à Louis a été organisée, dimanche, à Narbonne.

Le 19 juin der­nier, à Nar­bonne (Aude), cinq jeunes hommes rouent de coups Louis, 17 ans, le lais­sant pour mort après avoir filmé la scène. Alors que trois d’entre eux, ainsi que leur vic­time, sont ou ont été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, cette affaire en sym­bo­lise à elle seule la faillite. Sui­cides, absence de soins pédo­-psy­chia­triques, manque d’édu­ca­teurs, pros­ti­tu­tion… Cette «machine à broyer les gosses» qui suit 400000 enfants, dont un contin­gent tou­jours plus impor­tant de mineurs étran­gers non accom­pa­gnés (MNA), engendre-t-elle plus de dégâts qu’elle n’en répare? Aujourd’hui, à l’heure où le pro­jet de loi rela­tif à la pro­tec­tion de l’enfance, exa­miné à par­tir du 15 juillet, ne sus­cite pas l’enthou­siasme des pro­fes­sion­nels, «la balance béné­fice-risque d’un pla­ce­ment en pro­tec­tion de l’enfance se pose», recon­naît Lyes Louf­fok, membre du Conseil natio­nal de la pro­tec­tion de l’enfance.


Louis avait 17 ans, un trouble de l’atten­tion, et vivait dans un foyer de l’aide sociale à l’enfance (ASE) de Nar­bonne. Le 19 juin, sur un chan­tier, cinq jeunes le rouent de coups, filment la scène, le laissent pour mort. L’état, qui avait la charge de cet enfant, ne l’a pas pro­tégé. Et parmi les cinq jeunes mis en exa­men après ce lyn­chage, trois sont ou ont été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance.

Louis est devenu un de ces visages qui disent le nau­frage d’un sys­tème de pro­tec­tion de l’enfance. Une «machine broyer les gosses », dit désor­mais la dépu­tée du Modem Maud Petit. Des scan­dales, il y en a eu d’autres ces der­niers mois. Celui de ce garçon de 13 ans, frappé à terre, hur­lant sous les coups, filmé par ses cama­rades dans un foyer à Châlons-en-Champagne, en février der­nier. Cette scène insou­te­nable, dif­fu­sée sur les réseaux sociaux, a entraîné une sai­sine de la jus­tice par la ministre de la Santé, au titre de l’article 40 du code de pro­cé­dure pénale.

jeudi 2 juillet 2026

Décalage entre le fort désir d’enfant des Français et la réalité d’une démographie en déclin

 « Comment relancer la natalité sans décourager le travail ? »

Agnès Verdier-Molinié L'iFrap vient de publier une note qui révèle un décalage entre le fort désir d'enfant des Français et la réalité d'une démographie en déclin. Selon la directrice du réseau pensant libéral, les femmes de la classe moyenne, actives mais dont les revenus ne permettent pas de faire garder leurs enfants, sont les principales victimes de notre système de redistribution. Elle propose des solutions concrètes pour en sortir. L'entretien est paru dans le Figaro.


— Vous dites que la tendance à la dénatalité est mondiale et que les politiques natalistes mises en place dans d'autres pays ne parviennent pas à l'enrayer. Comment l'expliquez-vous ?

AGNÈS VERDIER-MOLINIÉ. — L'indice de fécondité moyen des pays de l'OCDE est passé de 3,3 enfants par femme en 1960 à seulement 1,5 en 2022. En France, nous sommes passés de 2,7 enfants par femme dans les années 1960 à 1,6 aujourd'hui. Une chute de plus de 40 %. Ce qui frappe le plus est que cette baisse de la fécondité touche tous les pays, quelle que soit leur politique familiale. Les pays développés connaissent une augmentation de la durée moyenne des études et de l'âge moyen à la première maternité qui réduisent mécaniquement la fenêtre de fécondité. La participation plus importante des femmes au marché du travail, lorsqu'elle n'est pas accompagnée de solutions permettant de concilier carrière et parentalité, peut conduire à reporter certains projets familiaux. À ces facteurs économiques s'ajoutent également des évolutions sociologiques observées dans l'ensemble des pays développés, telles que le recul du mariage, des difficultés croissantes de mise en couple... Il faut donc adapter les politiques familiales aux réalités actuelles : avoir un enfant ne doit pas empêcher les femmes de travailler, les familles nombreuses doivent être valorisées et la confiance de la population dans la politique familiale doit être totale. La natalité chute alors que le désir d'enfants est toujours là. Selon l'Union nationale des associations familiales (Unaf), les Françaises voulaient avoir dans l'idéal 2,27 enfants en 2023. L'indice conjoncturel de fécondité était pourtant de 1,62 enfant par femme en 2024. Si avoir un enfant conduit encore les femmes à sacrifier leur vie professionnelle, on ne fera jamais remonter le taux de natalité. [Tant que leur vie professionnelle sera très valorisée...]

mardi 24 mars 2026

La langue irlandaise a le vent en poupe

Au bord de l'eau à Dun Laoghaire, dans la banlieue de Dublin, une foule se rassemble sur un patchwork de tapis de yoga. Naoise Ni Bhroin, la professeure, invite les participants à faire un « anail isteach » (inspiration). Ses cours se déroulent principalement en irlandais, une langue longtemps considérée par beaucoup comme inutile, explique Mme Ni Bhroin. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Il y a un siècle, seuls 18 % de la population du pays parlaient irlandais. Aujourd’hui, 1,8 million de personnes en Irlande (environ 40 % de la population) affirment avoir une certaine maîtrise de cette langue. En Irlande du Nord, l’irlandais a dépassé le français pour devenir la deuxième langue la plus étudiée au baccalauréat, après l’espagnol.

L’irlandais est devenu tendance. Cillian Murphy et Paul Mescal, deux acteurs, l’ont utilisé lors de cérémonies de remise de prix. Le cinéma et la musique en irlandais connaissent une renommée mondiale, du film nominé aux Oscars « The Quiet Girl (An Cailin Ciuin) » au groupe de hip-hop Kneecap. Des influenceurs parlant irlandais font la promotion de la langue sur les réseaux sociaux.

Ce renouveau tient autant à la politique de l’État qu’à la culture pop. Catherine Connolly, la présidente irlandaise, souhaite en faire la langue de travail officielle de sa présidence. Le gouvernement a fixé un quota de recrutement de 20 % de locuteurs irlandais dans le secteur public d’ici 2030. L’irlandais est devenu une langue officielle et de travail à part entière au sein de l’Union européenne en 2022.

Ces politiques se traduisent par une demande croissante de personnes parlant couramment l'irlandais. Darren O Rodaigh, de Gaelchultur, qui organise des cours d’irlandais, a déclaré que les inscriptions avaient plus que triplé depuis 2020. La participation s’est étendue au-delà des enseignants et des universitaires pour toucher les jeunes professionnels. Environ 1 900 candidats ont passé l’examen d’irlandais certifié par l’État au cours de l’année universitaire 2021-2022. En 2024-2025, ce nombre a augmenté de près de 40 %.

Rares sont ceux qui parlent l’irlandais au quotidien. Mais le yoga en bord de mer et d’autres rassemblements contribuent à normaliser la langue. Les efforts visant à la promouvoir portent enfin leurs fruits, affirme Tomas O Síochain, qui dirige une agence de développement dans les régions irlandophones. Les défenseurs de la renaissance gaélique voulaient autrefois chasser la langue coloniale. Ce n’est plus un objectif. Parler anglais a contribué à la prospérité de l’Irlande, explique M. O Síochain. Mais parler irlandais, c’est ce qui fait d’elle l’Irlande.


Source : The Economist

dimanche 1 mars 2026

Les Français veulent toujours des enfants

Le nombre des décès a dépassé celui des naissances en 2025, provoquant un électrochoc tardif qui ne s’est pas encore traduit par des mesures concrètes. Pourtant, les Français veulent encore des enfants.

Avec quatre enfants très rapprochés, Marie s’attendait forcément à quelques remarques désobligeantes. Comme ce jour-là dans les travées du marché de Nîmes, lorsqu’un commerçant lui a lancé : « Il faudra dire à votre mari d’acheter une télé ! » C’était pour plaisanter, bien sûr. Une autre fois, dans la queue aux Halles, une femme a supposé qu’elle devait être « bien riche » pour avoir tous ces enfants. Mais elle insiste : « Dans l’immense majorité des cas, on suscite de la bienveillance, voire de l’admiration. » Au quotidien, Marie met « beaucoup d’exigence » dans l’éducation de ses enfants pour ne pas ressembler à ces mères de familles nombreuses un peu dépassées. Elle veille à ce qu’ils soient propres, bien habillés et ne tolère aucune colère en public. Elle sait qu’ils attireront davantage les regards qu’une famille plus ordinaire.


Car il semblerait que les enfants aient mauvaise presse. Bruyants et envahissants, voire anti-écologiques, ils sont surtout de moins en moins nombreux à naître en France. L’année 2025 a enregistré un triste exploit puisque, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le nombre de décès a dépassé celui des naissances : 651 000 contre 645 000, soit un solde négatif de 6 000. La France rejoint plus vite que prévu ses voisins européens dans l’hiver démographique qui s’abat sur le Vieux Continent.

jeudi 12 février 2026

Québec — Son refus de se soumettre à un mensonge du « genre » lui coûte son emploi

Michel Lizotte, employé par Santé Québec pour enseigner aux employés l'utilisation de logiciels pour créer, modifier et consulter le futur dossier de santé numérique, s'est retrouvé dans une situation où il devait choisir entre enseigner un fait non établit ou un mensonge flagrant et garder son emploi en se conformant aux ordres se ses supérieurs, ou refuser et faire face à leurs pressions et finir par être renvoyé.
Parmi ses 14 cours se trouvait une phrase faisant la promotion de l'idéologie du genre et qui n'avait rien à voir avec la matière à enseigner. Son refus de l'enseigner et de participer au mensonge lui a coûté son emploi.

Il dénonce une mentalité qui s'est établie peu à peu au Québec où les établissements publics et scientifiques se sont transformés en institutions idéologiques, soulignant que la complicité et la conformité au mensonge, d'une part, et sa récompense, de l'autre, font dériver la société dans un totalitarisme idéologique.

 

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Nouvelle étude : la dysphorie de genre chez les ados ne les expose pas en soi à un risque plus élevé de suicide

Royaume-Uni : pas de hausse notable des suicides depuis la restriction des bloqueurs de puberté

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Démystifier les mythes diversitaires sur le sexe et l'identité de genre

Suicide : déclin mondial mais augmentation chez les blancs américains 

Grande-Bretagne — enfants autistes poussés à s'identifier comme transgenres ?

À la lumière de six études, Remafedi trouve que le suicide chez les jeunes homosexuels s’explique peu par l’homophobie, mais davantage par la prostitution, la famille désunie, l’agression sexuelle en bas âge, les peines d’amour et l’étiquetage prématuré de l’orientation sexuelle. 

dimanche 8 février 2026

Chine — de moins en moins de candidats à la maîtrise, de plus en plus au concours de la fonction publique

En 2024, M. Wang, préparateur aux concours d’entrée en master, a vu ses effectifs chuter de moitié. Pensant d’abord à un problème personnel, il a découvert que le phénomène touchait tout le secteur. En revanche, une simple annonce pour préparer au concours national de la fonction publique lui a valu des centaines de réponses et une classe remplie d’étudiants brillants, dont certains venus de Hong Kong. Pour lui, « le vent a tourné ».

Les candidats font la queue au centre d'examen de l'université forestière de Nanjing pour passer l'épreuve écrite du concours de la fonction publique.

Les choix des jeunes diplômés chinois évoluent nettement. Entre 2023 et 2026, le nombre d’inscrits aux concours d’entrée en maîtrise est passé de 4,7 à 3,4 millions. À l’inverse, les candidatures au concours national de la fonction publique ont plus que doublé entre 2021 et 2026, atteignant 3,7 millions, un record. Pour la première fois, ce concours attire davantage que les études de maîtrise.

La maîtrise permet en théorie d’améliorer son capital humain tout en retardant l’entrée sur le marché du travail. La fonction publique, elle, offre un avantage immédiat : la stabilité de l’emploi. Stella Zhou, 24 ans, a suivi trois mois de préparation intensive, de 9 heures à 21 heures, en enchaînant des milliers de questions d’entraînement. La concurrence est toutefois féroce : environ 20 % des candidats sont admis en maîtrise, contre à peine 1 % pour la fonction publique nationale, où 38 000 postes sont proposés. Beaucoup tentent aussi des concours provinciaux ou municipaux en solution de repli.

Cette ruée vers la sécurité s’explique par la morosité du marché du travail. Après un stage dans une petite entreprise où les salaires étaient versés en retard, Mme Ma, étudiante en droit, a décidé de viser l’administration, comme 80 % de sa promotion. Autrefois jugés monotones en période de forte croissance, les emplois publics sont aujourd’hui prisés. Mme Zhou a même refusé une offre annuelle de 300 000 yuans (43 000 dollars) chez JD.com pour tenter sa chance dans la fonction publique. La certitude l’emporte sur la rémunération.

Pendant la politique « zéro covid » (2020-2022), de nombreux étudiants s’étaient réfugiés en maîtrise pour différer leur recherche d’emploi. Mais les rendements de ces études semblent diminuer : au printemps 2024, 44,4 % des diplômés de maîtrise avaient reçu une offre d’emploi, soit légèrement moins que les titulaires d’une licence et nettement moins que les diplômés de filières professionnelles. Craignant une dégradation supplémentaire du marché du travail, beaucoup préfèrent affronter dès maintenant la concurrence.

La baisse d’intérêt pour les maîtrises et l’attrait croissant pour la fonction publique sont ainsi les deux faces d’une même réalité : une économie (relativement) affaiblie. 

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vendredi 23 janvier 2026

France — « Le masculinisme : "un enjeu de sécurité nationale" »

Mathieu Bock-Côté, sociologue, critique un rapport du Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes publié en janvier 2026, qui qualifie le masculinisme de menace à l'ordre public et à la sécurité nationale.

Bock-Côté dénonce une dérive idéologique en assimilant paternalisme traditionnel (comme la galanterie ou la protection financière des hommes) à un sexisme hostile, et en liant ce dernier à des positions de droite ou religieuses, sans aborder les violences issues de cultures immigrées.


Mathieu Bock-côté est revenu sur ce sujet dans sa chronique du 24 janvier dans le Figaro.

Il faut toujours s’intéresser aux rapports que publient régulièrement les « hautes autorités ». Car, à travers eux, l’État - ou plus exactement la technostructure - s’exprime, et même si ses différentes instances sont « indépendantes », elles ne sont pas axiologiquement neutres. Une élite s’y est installée. Son pouvoir dépend de son expertise supposée et, plus encore, de sa capacité à l’exprimer dans le langage des sciences sociales, qui donne à la fois l’impression de dévoiler pleinement les mécanismes sociaux, mais, plus encore, de pouvoir les maîtriser, en multipliant les programmes, les règlements, les lois. C’est la technique de l’ingénierie sociale.

C’est à cette lumière qu’on comprendra le nouveau rapport (rédigé en écriture inclusive) du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, paru cette semaine, encensé par la presse officielle, et qui prétend dévoiler un nouveau péril pour la France : la menace masculiniste. Le masculiniste menacerait tout à la fois la démocratie, la sécurité publique, et même la sécurité nationale, car il lui arriverait de se faire terroriste. Et le Haut Conseil précise que ce phénomène est insuffisamment documenté en France : c’est grâce à lui que nous serions alertés. Manière comme une autre, pour le Haut Conseil, de justifier son existence et ses crédits, à un moment où on commence à se questionner sur les planqués de la République.

Comment nous explique-t-on le monde dans ce rapport ? La France, comme tous les pays occidentaux, serait un pays fondamentalement sexiste. Ce sexisme aurait deux piliers. D’abord le paternalisme, le sexisme ordinaire, reposant sur le constat apparemment erroné de la différence entre les sexes, et prenant le visage trompeur de la courtoisie, de la galanterie, ou même du sentiment d’obligation que peut avoir un homme devant les femmes, qu’il s’agisse de les complimenter, de les défendre ou bien simplement d’assurer la situation financière de sa famille. La galanterie serait le fard mondain du patriarcat, et les bonnes manières, une stratégie normalisant culturellement la subordination des femmes.

Mais surtout, il faudrait s’en prendre au sexisme hostile, qui serait aujourd’hui le moteur du masculinisme. Mais que doit-on faire entrer dans cette définition ? Tout à la fois la misogynie, la vraie, mais aussi la critique du féminisme, le constat que celui-ci a souvent misé sur une logique de discrimination positive d’effacement des hommes (le fameux homme blanc de plus de 50 ans qui devait dégager, comme on osait encore le dire sans gêne il y a quelques années), ou la simple défense d’une conception plus traditionnelle de la masculinité ? Il y aurait même une forme de continuum entre la critique du féminisme idéologique et institutionnel et le terrorisme masculiniste, qu’on nous présente comme un sujet de sécurité nationale.

Les gens de droite sont visés. Le masculinisme serait d’ailleurs un des visages de l’internationale réactionnaire, que le Haut Conseil associe directement à l’administration Trump. La critique du féminisme relèverait donc de l’ingérence étrangère. Étrangement, toutefois, on ne trouve pas un mot dans ce rapport sur l’islam, ni même sur l’islamisme, qui ne trouvent pas leurs racines en France. Apparemment, le statut problématique de la femme qu’on y trouve ne mérite pas la moindre mention. Le voilement des femmes et des fillettes est un non-sujet. De même, l’arrivée de cultures comme celles du Maghreb, du Pakistan ou de l’Afghanistan passe sous le radar. Il ne sera pas dit que l’immigration peut causer un problème.

Ces considérations mises à part, est-ce à dire que tout va pour le mieux entre les hommes et les femmes en Occident ? Non. La jeune génération est à la fois victime de la colonisation pornographique de son imaginaire et d’un puritanisme nouveau, fondé sur la culpabilisation du désir qui aboutit à une forme de récession sexuelle inédite. On ne sous-estimera pas non plus les effets de l’esthétique de la laideur, qui n’est peut-être rien d’autre qu’une traduction idéologique de la pulsion de mort qui s’est libérée dans le monde occidental. Mais de cela, il n’est évidemment pas question dans ce rapport, occupé à fantasmer les prochains attentats masculinistes.

Ce néoféminisme n’est-il pas finalement qu’un socialisme misandre ? À voir derrière chaque disparité une discrimination, derrière chaque inégalité, une injustice, à refuser de penser la différence des sexes, à refuser aussi son ancrage dans la nature, sa dimension anthropologique, et pas que sociale, on en vient à cultiver l’indignation permanente et à voir une forme de lien entre un homme qui, toujours, insiste pour inviter sa compagne ou son amie au restaurant et le poignardeur de femmes. Je ne peux m’empêcher d’associer cette vision du monde qui conjugue le ressentiment et une infinie tristesse à une forme de névrose paranoïaque.


samedi 27 décembre 2025

France — Harcèlement administratif contre les écoles privées (sous contrat et hors contrat)

18 inspecteurs pour 400 élèves !

Les inspections musclées ne touchent plus seulement le hors contrat.

Les écoles sous contrat sont désormais aussi visées : fouilles de casiers, questions à charge…

Plus de 900 inspections en un an et jusqu’à 11 contrôles pour certains établissements !

 

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mardi 9 décembre 2025

Canada — 125 églises incendiées ou vandalisées depuis l'annonce de la découverte de tombes à l'ancien internat de Kamloops

Mise à jour du 9 décembre 2025 


À travers le Canada, au moins 123 églises chrétiennes à travers le Canada ont été vandalisées, incendiées ou profanées, et à ce jour, AUCUNE enquête fédérale n'a été ouverte à ce sujet à ce jour.

La vague de violence contre les lieux de culte chrétiens a éclaté après la prétendue découverte de tombes anonymes près d'un pensionnat indien à Kamloops, en Colombie-Britannique. Bien que la Première Nation elle-même ait qualifié ces découvertes d'« anomalies » et n'ait pas confirmé qu'il s'agissait bien de tombes, la tempête médiatique qui a suivi a déclenché une vague de haine anti-chrétienne. 

Quelques églises incendiées ces derniers mois:

Église orthodoxe ukrainienne All Saint’s, Bellis, Alberta

Une église orthodoxe ukrainienne vieille de près de 100 ans située à Bellis, en Alberta, a été détruite dans un incendie survenu le 21 septembre 2025. Selon la GRC, cet incendie aurait été allumé délibérément dans le cadre d’une série de crimes violents comprenant des vols de véhicules, des agressions contre des policiers et des incendies criminels. Trois suspects de la Première Nation de Saddle Lake, dont un jeune, ont été arrêtés et inculpés.

Église Thunderchild Word, Première Nation de Thunderchild, Alberta

La GRC enquête sur un incendie survenu le 1er septembre 2025 qui a détruit l'église Thunderchild Word Church de la Première Nation Thunderchild, au nord-ouest de North Battleford, causant plus de 250 000 dollars de dommages, mais sans faire de blessés. Bien que la cause n'ait pas encore été déterminée, les députés locaux et les dirigeants de l'église affirment que cet incendie reflète une augmentation inquiétante des crimes haineux contre les lieux de culte, et la congrégation s'est engagée à reconstruire l'église.

Grace United Church, Lloydminster, Alberta

Le 3 juillet 2025, les pompiers de Lloydminster ont rapidement maîtrisé un incendie mineur à la Grace United Church après avoir reçu un appel à 13 h 18 et être arrivés sur les lieux en moins de trois minutes. Bien que l'incendie ait produit une épaisse fumée et des résidus d'extincteur, aucun blessé n'a été signalé et l'enquête sur les causes se poursuit.

Notre-Dame-des-Neiges, Colville Lake, Territoires du Nord-Ouest

L'église historique en rondins Notre-Dame-des-Neiges de Colville Lake, construite dans les années 1960 par le prêtre et artiste Bern Will Brown, a été détruite dans un incendie le 16 septembre 2025, qui n'a fait aucun blessé. 

Église baptiste Cherryfield, Moncton, Nouveau-Brunswick

En août 2025, les pompiers de Moncton ont rapidement maîtrisé un incendie qui s'était déclaré dans le sous-sol de l'église baptiste Cherryfield, vieille d'un siècle, empêchant ainsi la destruction totale de ce bâtiment historique. Bien que l'église ait subi des dommages causés par le feu au sous-sol et par la fumée dans l'ensemble du bâtiment, aucun dommage structurel ni aucune blessure n'ont été signalés, et l'enquête sur les causes de l'incendie se poursuit.

Église luthérienne Our Saviour, London, Ontario

Le 25 avril 2025, les pompiers de London sont intervenus tôt le matin pour éteindre un incendie à l'église luthérienne Our Saviour, située sur Brydges Street, qui a endommagé le toit de l'église et détruit un hangar adjacent. Aucun blessé n'a été signalé, et les enquêteurs cherchent à déterminer la cause de l'incendie extérieur.

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Mise à jour du 30 septembre 2024

mardi 4 novembre 2025

Pourquoi l'extrême centre est antidémocratique - Mathieu Bock-Côté

Chapitrage :

 00:00:00 Pourquoi avoir écrit ce livre ? 

 00:04:19 L’ébranlement de l’ordre post-1989

 00:10:54 Anatomie de « l’extrême centre »

 00:21:16 L’hégémonie de la troisième voie 

 00:26:09 Le progressisme se sent assiégé 

 00:32:34 Mort programmée du « socle commun »

 00:38:12 Existe-t-il une élite de rechange en France ? 

 00:42:32 Contre culture, ou contre-élite ?

 00:49:36 Les tentations totalitaires 

 00:57:17 L’État grossit quel que soit le régime

 01:11:16 Différences culturelles France/Québec 

 01:19:50 Conseil de lecture de Mathieu Bock-Côté 

01:29:59 Pourquoi lire ?

 

Pour des raisons étonnantes, le « centrisme » comme catégorie politique bénéficie d’une sorte de présomption de modération. Pourtant, le New York Times avait démontré dès 2018 que, pays par pays, ceux qui s’identifiaient au Centre étaient les plus hostiles en moyenne à la démocratie.

Dans le fond, certains centristes se perçoivent comme neutres, scientifiques, et objectifs, renvoyant la Gauche et la Droite a des entités partisanes, biaisées, militantes. 

Cette conception de soi ne s’harmonise que difficilement avec l’acceptation du fait majoritaire.

Avec un bloc central agonisant, et sur la défensive, ces tendances antidémocratiques se radicalisent :
  • Élargissement constant et liberticide de la définition des « propos haineux » passibles de justifier la suppression de comptes numériques
  • Élargissement constant et liberticide de la définition de l’État de droit, au point d’en retourner le sens et de la rendre incompatible avec le fait majoritaire
  • La justification de l’annulation d’élections en Roumanie. Un précédent inédit.
Tout ceci favorisera évidemment un contrecoup populiste, des tensions inédites dans le pays, et des « extrêmes » — catégorie qui ne concernerait jamais le Centre — qui se placent en position idéale pour récupérer le fruit électoral.

Et ceux qui ont allumé l’incendie pourront ensuite se poser en pompiers, gardiens de la démocratie.

vendredi 10 octobre 2025

Moins de catéchisme, moins d’enfants : quand la fin de l’enseignement religieux façonne la société allemande

La suppression progressive des cours religieux obligatoires dans les écoles allemandes entre 1972 et 2004 a laissé une empreinte durable sur les adultes d’aujourd’hui : pratiques religieuses réduites, revenus et emploi en hausse… mais moins d’enfants. Cette étude montre que l’école ne se contente pas de transmettre des savoirs : elle façonne profondément croyances, comportements et choix de vie.
 
Une étude publiée en octobre 2025 dans le Journal of Human Resources par Benjamin Arold, Ludger Woessmann et Larissa Zierow apporte un éclairage rare sur la manière dont l’école façonne durablement les croyances religieuses et certains comportements de vie.

L’école peut façonner les croyances et comportements bien au-delà de l’acquisition de connaissances. C’est la conclusion d’une étude publiée dans le Journal of Human Resources par Benjamin Arold, Ludger Woessmann et Larissa Zierow, qui s’appuie sur l’expérience allemande unique d’une abolition progressive de l’enseignement religieux obligatoire entre 1972 et 2004. Environ 1000 heures de cours religieux sur la scolarité, soit plus de quatre fois le volume consacré à la physique, sont devenues optionnelles dans différents Länder, les élèves pouvant choisir entre religion et cours d’« éthique » non religieux.

Pour mesurer l’impact de cette réforme, les auteurs exploitent trois grandes enquêtes représentatives : le National Educational Panel Study (NEPS), le German General Social Survey (ALLBUS) et le German Socio-Economic Panel (SOEP). Leur base fusionnée contient jusqu’à 58 000 observations d’adultes entrés à l’école primaire entre 1950 et 2004. L’approche économétrique utilise un modèle à effets fixes sur l’état et la cohorte, contrôlant pour les caractéristiques individuelles, et compare les trajectoires des élèves exposés ou non à l’enseignement religieux obligatoire.

Les résultats sont clairs : la fin des cours religieux obligatoires réduit significativement la religiosité à l’âge adulte. Les anciens élèves pratiquent moins la prière, fréquentent moins l’église et adhèrent moins souvent à une Église, avec des effets plus marqués dans les régions majoritairement catholiques. Les analyses temporelles indiquent que l’effet sur la prière se développe progressivement, tandis que celui sur l’adhésion à l’Église correspond à un changement quasi immédiat.

La réforme a également des conséquences sur la vie économique et familiale. Les adultes ayant suivi des parcours scolaires plus séculiers affichent une participation accrue au marché du travail, plus d’heures travaillées et des revenus plus élevés, tandis que leur fécondité diminue, reflétant la moindre influence des valeurs religieuses sur les choix familiaux. En revanche, aucun effet n’est observé sur les valeurs éthiques (réciprocité, confiance, bénévolat, satisfaction de vie) ni sur les valeurs politiques (intérêt politique, vote, satisfaction de la démocratie).

Loin d’être neutre, la place donnée à la religion — ou à son absence — dans les programmes scolaires semble façonner la sécularisation et certains choix de vie au cœur des sociétés modernes. 

La robustesse des résultats a été testée de multiples manières : aucune relation n’est observée avec des variables placebo comme la durée de scolarité ou l’âge du premier emploi, et les effets demeurent stables en contrôlant d’autres réformes éducatives contemporaines ou en comparant des comtés voisins situés de part et d’autre des frontières d’État. Les auteurs confirment également la fiabilité de leurs estimations avec des tests récents sur les modèles à deux effets fixes.

En résumé, cette étude illustre la puissance durable de la socialisation scolaire sur la religiosité et certains choix de vie. La place accordée à la religion à l’école influence non seulement la pratique spirituelle mais aussi les comportements économiques et familiaux, renforçant l’idée que l’éducation façonne profondément la société.


mercredi 9 juillet 2025

Allemagne — Nouvelle campagne pour avertir que les attouchements sont interdits dans les piscines publiques

En Allemagne, le gouvernement a lancé une nouvelle campagne pour avertir les clients des piscines publiques que les attouchements sont interdits :


Comme vous pouvez le voir, sur une affiche, un homme blanc envahit l'intimité d'une femme brune ; sur la deuxième, un homme blanc saisit les fesses d'une femme brune ; sur la troisième, deux hommes blancs poussent une femme brune ; et sur la quatrième, une rousse prédatrice tripote un homme brun avec une jambe de bois.

Comme l'a souligné le journal le plus vendu d'Europe, cette campagne publicitaire est l'exacte inversion de la réalité allemande :
    Elf Tage ist es her, dass acht Mädchen in Gelnhausen bei einem Schwimmbad-Ausflug sexuell belästigt wurden. Die mutmaßlichen Täter waren vier junge Männer. Alle vier sollen derselben syrischen Familie angehören.
Ce qui signifie :
    Il y a onze jours, huit filles ont été agressées sexuellement lors d'une sortie à la piscine de Gelnhausen. Les auteurs présumés sont quatre jeunes hommes. Tous les quatre seraient issus de la même famille syrienne.
Est-ce vraiment une surprise quand on sait que l'homme qui a sodomisé un garçon de dix ans dans la piscine de Theresienbad a vu sa condamnation annulée par la Cour suprême autrichienne au motif que, étant originaire d'Irak, Amir ne pouvait pas savoir que le mignon petit marmot ne consentait pas à son viol anal ?
 
Voir aussi
 
 
 
Bureau national des statistiques britannique : En 2024, le pourcentage de naissances vivantes dont l'un des parents ou les deux sont nés hors du Royaume-Uni était de 40,4 % en Angleterre (contre 38,2 % en 2023). 

lundi 30 juin 2025

Programme d’éducation à la sexualité à l’école : « Ça va élargir le fossé qu’il y a entre [...] parents et l’institution scolaire »

Le Conseil d’État rejette le recours de sept associations qui demandaient l’annulation du programme d’éducation sexuelle à l’école : « C’était couru d’avance », réagit estime Anne Coffinier, fondatrice de la Fondation Kairos-Institut de France.

Programme d’éducation à la sexualité à l’école : « Ça va élargir le fossé qu’il y a entre un nombre important de parents et l’institution scolaire », d'ajouter Mme Coffinier.


vendredi 23 mai 2025

Trump interdit à Harvard d'accueillir des étudiants étrangers

Le gouvernement Trump a retiré la certification qui permet à la prestigieuse université d'obtenir des visas pour ses recrues internationales. La pression financière s'accroît sur Harvard.


Jeudi, l'administration Trump a interdit à la prestigieuse université de recruter des étudiants étrangers dès la rentrée 2025-2026. C'est la dernière et sans doute la plus terrible flèche décochée par l'exécutif pour abattre l'institution quatre fois centenaire, qui se bat pour rester imposer son ordre du jour tout en bénéficiant des subventions gouvernementales.

La secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem a annoncé dans une lettre au président de l'université, Alan Garber, la révocation « à effet immédiat » de la certification qui permet à Harvard de faire venir des étudiants étrangers aux États-Unis, grâce à des visas F ou J.

« Comme je vous l'ai expliqué dans mon courrier d'avril, c'est un privilège de recruter des étudiants étrangers, et c'est aussi un privilège d'employer des étrangers sur le campus », écrit Kristi Noem. La ministre accuse Alan Garber de ne pas s'être conformé aux demandes d'informations du ministère « tout en perpétuant l'insécurité sur un campus qui est hostile aux étudiants juifs, qui promeut les sympathies pro-Hamas et déploie des politiques racistes de « diversité équité et inclusion » ; des accusations que dément l'université.

Privée de 2,6 milliards de subventions

La « perte de ce privilège » ne va pas seulement peser sur l'année prochaine. « Cette dé-certification signifie que les étrangers actuels avec un statut F ou J non-immigrant doivent être transférés à une autre université afin de maintenir leur statut », ajoute Kristi Noem. Un coup dur pour les Harvardiens, à trois semaines de l'obtention de leur diplôme.

Aujourd'hui, près de 7.000 étudiants sont des recrues internationales, soit 25 % de l'effectif. Souvent, ils paient leur scolarité plein tarif, contrairement aux Américains. Cette décision touche donc l'établissement directement au portefeuille.

Donald Trump veut faire plier l'orgueilleuse université en la dépouillant. Il l'a déjà privée en plusieurs étapes de 2,6 milliards de subventions. Comme les autres établissements, Harvard a aussi perdu des financements publics pour la recherche. Donald Trump a également promis de supprimer une exemption fiscale qui lui rapporte 465 millions par an, selon les calculs de Bloomberg.

Et le projet de budget en cours d'examen au Congrès augmente de façon spectaculaire la taxation des investissements nets des fondations universitaires. Harvard dispose d'un magot supérieur à 50 milliards et serait imposé à 21 % au lieu de 1,4 %, soit 850 millions par an, estime Phillip Levine, professeur d'économie au Wellesley College.

Les yeux tournés vers Harvard

La secrétaire à la Sécurité intérieure laisse cependant une dernière « chance » à Alan Garber de récupérer sa certification. Sous 72 heures, l'université doit livrer au gouvernement tous les enregistrements, officiels ou non, sur tous types de supports, et depuis cinq ans, montrant que des étudiants étrangers se sont livrés à des « activités dangereuses ou violentes sur le campus ou à l'extérieur », ont « menacé » des personnes, ou simplement participé à des manifestations. Il doit aussi communiquer au gouvernement tous les dossiers disciplinaires des étrangers depuis 2021.

Jeudi soir, Harvard n'avait pas encore dit si elle comptait s'exécuter, ou contre-attaquer en justice. Mais dans la journée, un [1!] juge de district californien à Oakland [Harvard n'est pas en Californie...] a interdit à l'administration Trump de révoquer sans examen individualisé le statut qui permet aux étudiants étrangers d'étudier et de travailler dans le pays. Ce jugement ne change rien au sort de Harvard, mais protège en théorie ces étudiants contre une détention ou une expulsion hâtive.

Toutes les universités élitistes des États-Unis ont les yeux tournés vers Harvard. Depuis la fin mars, c'est le chef de file la résistance au sein de l'Ivy League, ce bastion du progressisme et de l'intelligentsia que le gouvernement voudrait mettre sous tutelle.

Contrairement à Columbia qui fait des concessions dans l'espoir de récupérer 400 millions de subventions, Harvard a porté plainte contre l'administration après que cette dernière a lancé une revue de ses aides, qui s'élèvent à 9 milliards de dollars. Ce n'est pas gagné pour Harvard, mais Columbia n'a pas recouvré ses financements non plus.

Source : Les Échos

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mercredi 5 mars 2025

Plus d'enfants maltraités par une femme que par un homme (et souvent c'est alors le compagnon non marié)


Les changements survenus au cours du siècle dernier, et plus particulièrement au cours des 50 dernières années, nous ont fourni un ensemble de données sur l'organisation familiale la plus propice au développement des enfants. La première leçon est que l'éducation des enfants par les deux parents biologiques mariés produit les meilleurs résultats et présente le moins de risques pour les enfants.

Le ministère américain de la santé et des services sociaux suit les données sur la maltraitance et la négligence des enfants depuis 1978 dans le cadre de l'étude nationale sur l'incidence (National Incidence Study - NIS). L'étude nationale sur l'incidence est une initiative périodique du ministère de la Santé et des Services sociaux des États-Unis, mandatée par le Congrès. Il y a eu quatre rapports de ce type, le dernier étant le NIS-4, publié en 2010. Ce rapport comprend une ventilation des données collectées au niveau national sur la maltraitance et la négligence des enfants par situation de vie (section 5.3.2).

Cette section de l'étude s'ouvre comme suit : 

La figure 5-9 montre les taux d'incidence des mauvais traitements selon la norme de mise en danger pour les différents sous-groupes de structure familiale et de conditions de vie. Le taux global de mauvais traitements selon les normes de mise en danger pour les enfants vivant avec deux parents biologiques mariés (15,8 enfants pour 1 000) est nettement inférieur aux taux pour les enfants dans toutes les autres circonstances (51,5 enfants ou plus pour 1 000). Les enfants vivant avec un parent dont le partenaire non marié fait partie du ménage présentent l'incidence la plus élevée de maltraitance selon la norme de mise en danger (136,1 enfants pour 1 000). Cela équivaut à plus de 13 enfants sur 100, ou à plus d'un enfant sur 8 dont le parent unique a un partenaire cohabitant dans la population générale des enfants. Le risque de maltraitance selon la norme de mise en danger de maltraitance est plus de 8 fois supérieur à celui des enfants vivant avec deux parents biologiques mariés. 

Parmi les autres enseignements importants de ce rapport, citons les suivants : 

  • Les enfants vivant avec un parent seul dont le partenaire n'est pas marié sont ceux qui ont subi le plus de violences physiques, et de loin, soit plus de 10 fois le taux le plus bas.
  • Seuls 0,7 pour 1 000 enfants vivant avec deux parents biologiques mariés ont été victimes d'abus sexuels, contre 12,1 pour 1 000 enfants vivant avec un parent célibataire ayant un partenaire non marié.  
  • En ce qui concerne la violence psychologique, le taux de 15,0 pour 1 000 enfants vivant avec un parent célibataire ayant un partenaire non marié est plus de 8 fois supérieur à celui des enfants dont les deux parents biologiques sont mariés.
  • L'incidence la plus faible de mise en danger de la vie d'autrui (négligence physique) a été observée chez les enfants vivant avec deux parents biologiques mariés (6,5 enfants pour 1 000), ce qui est nettement inférieur aux taux observés pour les enfants vivant dans toutes les autres conditions de vie.
  • Le taux de négligence physique le plus élevé concerne les enfants vivant avec un parent seul ayant un partenaire cohabitant (47,4 enfants pour 1 000), ce qui est plus de 7 fois supérieur au taux le plus bas.
  • Les enfants dont le parent unique avait un partenaire non marié présentaient également le taux le plus élevé de négligence émotionnelle, soit 68,2 pour 1 000 enfants, ce qui représente un facteur de plus de 10 fois supérieur au taux le plus bas.
  • L'incidence des enfants ayant subi des sévices graves en raison de mauvais traitements de type « mise en danger » était significativement plus faible chez les enfants vivant avec leurs parents biologiques mariés (2,8 enfants pour 1 000), par rapport aux taux d'incidence des enfants vivant dans d'autres conditions (9,5 enfants ou plus pour 1 000).
  • La gravité des sévices physiques varie en fonction de l'éloignement parental qui sépare l'auteur des sévices de l'enfant. Un enfant maltraité physiquement était plus susceptible de subir une blessure grave lorsque l'agresseur n'était pas un parent.

L'une des conclusions les plus pertinentes et les plus surprenantes est peut-être la suivante : 68% des enfants maltraités l'ont été par une femme, tandis que 48% l'ont été par un homme (certains enfants ont été maltraités par les deux). Parmi les enfants maltraités par leurs parents biologiques, les mères ont maltraité la majorité d'entre eux (75%), tandis que les pères ont maltraité une minorité non négligeable (43%). En revanche, les auteurs masculins étaient plus fréquents pour les enfants maltraités par des parents non biologiques ou par les partenaires des parents (64%) ou par d'autres personnes (75%).

Cette statistique est l'élément le plus illustratif des données prouvant que l'éloignement du père biologique de l'enfant est le plus grand facteur de risque de maltraitance. Cela semble confirmer l'affirmation selon laquelle les pères, les patriarches de la famille, ont le plus grand intérêt et le plus grand effet protecteur sur la vie des enfants. Ils sont moins susceptibles de commettre des abus que les mères biologiques et, une fois retirés, font des foyers de mères célibataires une cible facile pour les prédateurs qui n'ont pas de lien de parenté avec l'enfant. 

Deuxièmement, ce sont les mères, et non les pères, qui sont les plus susceptibles de maltraiter ou de négliger les enfants. En 2021, environ 210 746 enfants aux États-Unis ont été maltraités par leur mère, alors que 132 363 enfants ont été maltraités par leur père cette même année. (Source : Département américain de la santé et des services sociaux ; Administration for Children & Families) Ce constat est cohérent avec l'ensemble des données du NIS.  

Les défenseurs du féminisme s'opposent principalement à ces données en soulignant que les mères sont plus susceptibles d'être les principales pourvoyeuses de soins et de passer le plus de temps avec les enfants, ce qui, selon eux, explique pourquoi les taux de maltraitance sont plus élevés de la part des mères que des pères. Toutefois, une tendance permet de vérifier cette hypothèse. Le nombre d'enfants vivant avec leur père a plus que quadruplé, passant de 0,8 million (1 %) à 3,3 millions (4,5 %) entre 1968 et 2020. Dans ces conditions, on pourrait s'attendre à une augmentation de la violence à l'égard des pères au cours de cette même période, en corrélation avec l'augmentation de la garde principale et du temps parental des pères. Or ce n'est pas le cas. Le fait est que les données sont très cohérentes à cet égard au cours des 45 dernières années d'études de l'ENI, ce qui signifie que on n'a pas constaté d'augmentation de la maltraitance à mesure que les pères deviennent une part plus importante des principaux gardiens et dispensateurs de soins. 

mercredi 12 février 2025

Ce que l'Occident doit au christianisme

Christophe Dickès, historien et journaliste français spécialiste du catholicisme et du Vatican. Il est fondateur de ‪@storiavoce2091‬, un podcast dédié à l'histoire. Il vient d'écrire "Pour l'Église", ouvrage dans lequel il rappelle ce que nous Occidentaux devons à la religion chrétienne.

Les chapitres :

00:00 Intro
00:58 Présentation de l’invité et pourquoi avoir écrit Pour l’Église aujourd’hui ?
06:31« L’ombre de l’Église est partout et alors que nous la croyons nulle part » : des Occidentaux encore inconsciemment chrétiens ?
10:13 Le christianisme fut une révolution
12:06 L’Église a scolarisé l’Europe
18:10 La laïcité est une idée chrétienne
23:39 L’Église romaine, prototype de l’État moderne
28:40 L’Église et les femmes : une relation loin des clichés historiques
36:53 L’Église et les arts : le génie du christianisme ?
41:27 L’Église, la lecture et l’écriture
43:23 L’Église et la science, la foi et la raison. Oppenheimer a écrit : « le christianisme était nécessaire pour donner naissance à la science moderne »
51:00 Le wokisme, une idée chrétienne devenue folle ?
56:10 Le pape se désintéresse t-il de l’Europe ?
58:44 Conseils de lecture

Présentation de l'ouvrage par l'éditeur

Scandales en tous genres, abus de pouvoir, abus sexuels, escroqueries..., l’Église - c'est le moins que l'on puisse dire - n'a pas bonne presse. Critiquée, voire méprisée, elle évolue par ailleurs dans un contexte de déchristianisation généralisée. Déshonorée par son passé et paralysée dans une crise qui présente n'en finit plus, elle semble n'avoir aucun avenir. Et si elle trouvait justement dans ce passé des motifs d'espérance ? Dans cet essai argumenté et passionné, Christophe Dickès livre un véritable plaidoyer en expliquant ce que le monde lui doit, sans que nous ne le sachions vraiment. À travers dix tableaux enlevés, il révèle l'influence considérable de ces hommes et femmes d’Église qui ont marqué l'histoire des sociétés, l'intelligence politique, les sciences et l'éducation - jusqu'à l'organisation du même temps. À l'opposé de l'image obscurantiste que l'anticléricalisme a souhaité lui accoler, l’Église nous apparaît d'une fécondité rare dans l'histoire des civilisations. Sans occulter les pages sombres de sa longue histoire, l'auteur montre qu'elle peut bel et bien cultiver un sentiment de fierté, sans complexe ni arrogance, tant son apport a été et demeure indéniable. Un essai écrit avec vigueur et rédigé à la lumière des dernières recherches historiques.

Pour l'Église,
Ce que le monde lui doit,
par Christophe Dickès,
paru chez Perrin,
à Paris,
le 17 janvier 2025,
272 pp.,
ISBN-10: 2262104999,
ISBN-13: 978-2262104993