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dimanche 23 août 2026

Obé­sité chez les jeunes en France : « il est urgent d’agir »

En France, 18 % des enfants et ado­les­cents sont en sur­poids et 4 % sont obèses. Un taux pré­oc­cu­pant, qui grimpe en flèche. Le Pr Raphaël Vialle, chef du ser­vice de chi­rur­gie ortho­pé­dique et répa­ra­trice de l’enfant à l’hôpi­tal Trous­seau (AP-HP), pro­fes­seur à Sor­bonne Uni­ver­sité, tire la son­nette d’alarme à deux semaines de la ren­trée sco­laire dans les colonnes du Figaro Magazine.

— Pro­fes­seur, vous consta­tez une « épi­dé­mie » de sur­poids inédite en France, notam­ment chez les jeunes. Quels en sont les fac­teurs prin­ci­paux ? 

— Elle est pro­vo­quée par le chan­ge­ment de nos habi­tudes et de nos modes de vie : moins de dépla­ce­ments à pied, dimi­nu­tion du temps consa­cré aux acti­vi­tés phy­siques et plus géné­ra­le­ment manuelles, ali­men­ta­tion plus riche et plus sucrée, addic­tions mul­tiples, aux écrans bien sûr, mais aussi au sucre, et même à la ciga­rette élec­tro­nique, qui a elle aussi un « goût » sucré pour favo­ri­ser son adop­tion par les plus jeunes ! Ces mau­vaises habi­tudes sont lar­ge­ment par­ta­gées par les parents. Avez-vous trouvé un anti­dote à la séden­ta­rité des jeunes ?

— Com­ment les convaincre de se mettre au sport et de bou­ger ?

—  Je pré­co­nise d’abord une ali­men­ta­tion saine, moins sucrée et moins grasse. Pas de « col­la­tions » : trois repas par jour suf­fisent lar­ge­ment dès les classes pri­maires. Le goû­ter est à ban­nir. Ensuite, je recom­mande une acti­vité phy­sique régu­lière et variée… mais une vraie : pas la marche qui est sou­vent consi­dé­rée comme un sport par les parents. Chan­ger les mau­vaises habi­tudes est un tra­vail de longue haleine qui doit mobi­li­ser la com­mu­nauté médi­cale, les parents, la com­mu­nauté édu­ca­tive au sens large et les pou­voirs publics.

— L’Orga­ni­sa­tion mon­diale de la santé (OMS) recom­mande sept heures mini­mum d’acti­vité phy­sique heb­do­ma­daire, ainsi qu’une acti­vité à haute inten­sité trois fois par semaine. Les pro­grammes sco­laires n’en pré­co­nisent que deux. N’y a-t-il pas là un para­doxe, tan­dis que le gou­ver­ne­ment a publié une feuille de route 2026-2030 pour la prise en charge de l’obé­sité ?

— Abso­lu­ment. ima­gi­nez-vous que l’Aca­dé­mie amé­ri­caine des chi­rur­giens ortho­pé­distes (AAOs) recom­mande une heure d’acti­vité phy­sique heb­do­ma­daire par année d’âge : à 8 ans, 8 heures, jusqu’à 16 ans, 16 heures. C’est plus que l’OMs et cela n’entraîne aucune patho­lo­gie liée à la « sur­ac­ti­vité spor­tive » ! il fau­drait amé­na­ger les emplois du temps sco­laires. J’encou­rage les parents à tenir un dis­cours proac­tif : le sport, c’est valo­ri­sant, on tra­vaille ses muscles, on adopte le sens des règles, le sens du col­lec­tif, le res­pect de son corps et des autres…

—  Est-il vrai qu’un enfant qui ne bouge pas ne fabrique pas les muscles dont il aura besoin toute sa vie ?

—  Oui. L’enfant, puis l’ado­les­cent, construit son sque­lette durant la crois­sance. il doit, en même temps, construire sa masse mus­cu­laire adap­tée au sque­lette en crois­sance. C’est un phé­no­mène syn­chrone quoique légè­re­ment décalé de quelques mois puisque les muscles arrivent en fin d’ado­les­cence. s’il laisse pas­ser cette période, l’ado­les­cent met­tra ensuite plus de temps et aura beau­coup plus d’efforts à faire, une fois jeune adulte, pour déve­lop­per une mus­cu­la­ture adap­tée.

—  Ces muscles non tra­vaillés sont-ils irré­cu­pé­rables à l’âge adulte ?

— Non, mais ils se « rat­trapent » len­te­ment et dif­fi­ci­le­ment. bien sûr, on peut se mettre au sport à tout âge, mais c’est dur quand la pra­tique arrive tard ! Le sport est indis­pen­sable chez les grands ado­les­cents et les jeunes adultes pour sta­bi­li­ser leur masse mus­cu­laire. J’incite les familles à avoir un dis­cours opti­miste et encou­ra­geant à ce sujet pour toutes les tranches d’âge. Les parents doivent être moteurs.

—  En quelles pro­por­tions les per­for­mances phy­siques des jeunes ont-elles dimi­nué ?

Selon la Fédé­ra­tion française de car­dio­lo­gie, un col­lé­gien par­cou­rait 600 mètres en trois minutes en 1971, contre quatre minutes en 2013, soit une dimi­nu­tion esti­mée à près de 25 % de ses capa­ci­tés phy­siques et car­dio­res­pi­ra­toires. La ten­dance s’est aggra­vée avec la crise du Covid-19 : une étude por­tant sur 1 231 ado­les­cents français a mon­tré, après le pre­mier confi­ne­ment, une baisse du score glo­bal de condi­tion phy­sique de 9,8 % chez les garçons et de 16,2 % chez les filles, avec une dimi­nu­tion attei­gnant 30 % pour la vitesse de dépla­ce­ment.

— Y aurait-il, selon vous, un fac­teur psy­cho­lo­gique favo­ri­sant le sur­poids ? Pour­riez-vous le décrire en vous fon­dant sur vos obser­va­tions de pra­ti­cien ?

—  Les enfants en sur­poids ont d’intenses dif­fi­cul­tés psy­cho­lo­giques, ce qui les enferme encore plus dans leurs addic­tions et leur séden­ta­rité. ils sont en grande souf­france, sou­vent silen­cieuse, et gênés vis-à-vis des autres enfants. À mon sens, le reten­tis­se­ment psy­cho­lo­gique est sur­tout secon­daire au sur­poids et ne le pré­cède habi­tuel­le­ment pas.

— Pour quels pro­blèmes ortho­pé­diques les enfants en sur­poids vous consultent-ils ?

— Ils éprouvent sou­vent des dou­leurs arti­cu­laires, s’essoufflent lors de l’acti­vité phy­sique et donc demandent des dis­penses, ce qu’il ne faut, bien sûr, jamais accep­ter, car cela est tota­le­ment contre-pro­duc­tif et illo­gique ! ils ont par­fois des ostéo­chon­drites du genou, c’est-à-dire un trouble de crois­sance du car­ti­lage de l’arti­cu­la­tion. C’est ennuyeux mais géné­ra­le­ment réver­sible. Le prin­ci­pal pro­blème est l’épi­phy­sio­lyse de la hanche, qui est dans la très grande majo­rité des cas liée au sur­poids chez l’enfant de 8 à 10 ans ou le pré­ado­les­cent jusqu’à 12-14 ans. C’est un glis­se­ment et une défor­ma­tion de la tête du fémur au niveau de l’arti­cu­la­tion de la hanche. Elle pro­voque une dou­leur de la hanche, de l’aine ou du genou, ainsi qu’une boi­te­rie. Un trai­te­ment chi­rur­gi­cal s’impose alors.

—  Les médi­ca­ments anti-obé­sité – le Moun­jaro du labo­ra­toire amé­ri­cain Eli Lilly, et son concur­rent Wegovy du danois Novo Nor­disk, désor­mais pris en charge à 65 % par l’Assu­rance-mala­die – consti­tuent-ils une solu­tion ?

—  Je ne suis pas méde­cin spé­cia­lisé en nutri­tion, mais j’observe une réelle effi­ca­cité de ces trai­te­ments chez de jeunes adultes qui étaient en grande dif­fi­culté face à leur sur­poids. ils per­mettent d’amor­cer une perte de poids réelle, ce qui a des effets très posi­tifs sur le plan psy­cho­lo­gique et sur la moti­va­tion des patients. Mais atten­tion : rien n’est acquis ! La perte de poids concerne les tis­sus adi­peux, c’est-à-dire grais­seux, mais aussi mus­cu­laires. il faut donc asso­cier au trai­te­ment médi­cal une ali­men­ta­tion adap­tée, et sur­tout une acti­vité phy­sique. Le plus dur semble ensuite de sta­bi­li­ser le poids de ces patients. Chez l’enfant et l’ado­les­cent, il n’y a actuel­le­ment pas de recom­man­da­tion concer­nant l’uti­li­sa­tion de ces nou­veaux médi­ca­ments mais je pense qu’ils pour­raient avoir un effet iden­tique dans leur cas.

—  S’ache­mine-t-on vers le modèle des États-Unis, où 72,4 % des adultes sont en sur­poids et 42 % sont obèses, selon l’OMS ?

— Je ne l’espère pas, mais les mêmes causes ayant les mêmes effets, je ne crois pas à une pré­dis­po­si­tion « géo­gra­phique ». il nous faut donc réagir !

vendredi 22 mai 2026

Obésité : les trajectoires divergent entre pays à faibles revenus et pays riches… et la France tire son épingle du jeu

Une vaste étude, publiée le 13 mai 2026 dans la revue « Nature », bouscule l’idée d’une épidémie mondiale uniforme d’obésité.

Depuis plus de trente ans, scientifiques et médias s’accordent à parler d’une « épidémie mondiale d’obésité » et ce, à juste titre : plus de 1 milliard d’individus sont aujourd’hui concernés par ce problème de santé majeur. Une étude publiée le 13 mai 2026 dans la revue Nature nous rappelle néanmoins qu’il existe des disparités très fortes entre les pays, notamment selon les niveaux de richesse. Si l’obésité est en pleine augmentation dans les pays en voie de développement, elle s’est en revanche stabilisée, après une forte hausse, dans la plupart des pays riches. La France fait, elle, partie des rares pays où la vitesse de progression de l’obésité est restée faible sur les dernières décennies.


Il s’agit de la plus grande étude épidémiologique jamais réalisée sur l’obésité. «Environ 2000 chercheurs dans presque tous les pays du monde ont fourni des données pendant des décennies, concernant plus de 200 millions de personnes », souligne le Pr Majid Ezzati, professeur de santé environnementale à l’imperial College de Londres et auteur principal de l’étude. Pilotée par le réseau international NCD Risk Factor Collaboration (NCD-RISC), l’étude a analysé près de 4000 études, auxquelles s’ajoutent des mesures de taille et de poids sur la période 1980 à 2024. L’indicateur clé retenu par les chercheurs est la vitesse d’évolution de l’obésité, c’està-dire la variation annuelle de la prévalence. Cet indicateur permet de distinguer les pays où l’obésité progresse encore de ceux où elle se stabilise ou recule. Le premier constat est que les trajectoires sont très hétérogènes en fonction des pays. «Les affirmations précédentes évoquant une “épidémie mondiale” d’obésité sont probablement une simplification excessive et masquent l’immense diversité observée entre les pays », indiquent les auteurs.

À l’échelle mondiale, les chiffres sont alarmants. Une personne sur huit était obèse en 2022 et la prévalence a plus que doublé chez les adultes depuis 1990, passant de 6,6 % à 15,8 %, selon l’OMS. Chez les 5-19 ans, elle a même quadruplé. Dans les pays d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord et au Japon, la hausse de l’obésité a ralenti puis s’est stabilisée à partir des années 2000. En France, le bilan est même plutôt positif sur les 45 années analysées. La prévalence de l’obésité est restée globalement stable, autour de 4 % chez les filles et les garçons, et de 11 à 12 % chez les femmes et les hommes. L’étude suggère même un léger recul, notamment chez les adultes.

À l’inverse, dans une grande partie de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique latine et du Pacifique, la prévalence de l’obésité continue d’augmenter. « Non seulement l’obésité ne s’arrête pas dans ces pays, mais elle a déjà dépassé les niveaux atteints dans les pays riches et continue de s’accélérer», observe le Pr Majid Ezzati. Selon les données de L’OMS de 2022, les plus hauts taux d’obésité se retrouvent dans certains États insulaires du Pacifique avec des niveaux vertigineux. Le taux d’obésité adulte dépasse 75 % aux Samoa américaines et atteint plus de 50 % dans des pays comme les Tonga ou les Samoa, suivis par certains pays du Moyen-orient, comme le Koweït autour de 41 % et la Jordanie autour de 39 % chez les adultes. Les États-unis sont, de leur côté, le pays occidental le plus touché, avec 42 % d’adultes obèses.

Les causes sont multiples : urbanisation rapide, recul de l’activité physique, essor des aliments ultratransformés, abandon progressif des régimes traditionnels (plus riches en céréales complètes, légumes et légumineuses). Et faute de politiques de prévention assez fortes, la dynamique devrait se poursuivre. « Il faut tirer les leçons des pays qui ont réussi à freiner la hausse, en déployant des outils comme les taxes sur les produits sucrés ou l’étiquetage nutritionnel », déclare Guha Pradeepa, une coauteur de l’étude et responsable scientifique à la Madras Diabetes Research Foundation, en Inde.

L’étude montre également que des pays comparables en termes de niveau de développement économique peuvent afficher des taux d’obésité très différents. Alors que l’obésité adulte dépasse 25% au Royaume-uni, au Canada et aux États-Unis, elle reste nettement plus basse en Europe de l’ouest. 

Le Québec, bien qu’un peu moins touché que la moyenne canadienne, s’inscrit davantage dans la trajectoire nord-américaine que dans celle observée en France. Les données disponibles suggèrent qu’environ 27 à 28 % des adultes québécois sont obèses, contre près de 30 % pour l’ensemble du Canada, soit des niveaux nettement supérieurs à ceux observés en France (11 à 12 %). Historiquement, la province affiche des taux plus faibles que plusieurs autres régions canadiennes, notamment certaines provinces des Prairies ou de l’Atlantique, mais elle demeure très éloignée du profil français. Cette situation semble illustrer l’influence de facteurs plus larges que le seul niveau de richesse : environnement alimentaire, urbanisme, habitudes culturelles, modes de transport et accès aux aliments frais pourraient jouer un rôle important dans ces écarts.

Ce contraste tient essentiellement à des politiques alimentaires différentes. « Dans les pays comme les États-Unis, il est devenu plus facile de consommer des aliments ultratransformés, et il est plus difficile d’avoir accès à des aliments frais, sains et bon marché », indique le Pr Ezzati. Dans la plupart des pays européens, des produits comme la viande maigre, les légumes frais ou les produits laitiers restent plus accessibles aux classes populaires.

Mais même au sein du Vieux Continent, des écarts importants se dessinent entre les différents pays. La prévalence de l’obésité adulte varie entre 11 et 23 % en Europe de l’ouest, contre 30 à 40 % dans certains pays d’Europe centrale et orientale comme la Roumanie ou la République tchèque. « Le tableau d’ensemble qui se dessine à travers l’Europe est surprenant, tant il est hétérogène d’un pays à l’autre. Ce sont pourtant des pays aux économies relativement similaires, ce qui montre l’ampleur du travail qu’il reste à mener pour comprendre les causes profondes de ces différences », souligne Jennifer Lyn Baker, présidente de l’association européenne pour l’étude de l’obésité, et coauteur de l’étude.

Les écarts observés au sein même de l’Europe occidentale illustrent particulièrement bien la diversité des trajectoires mise en évidence par l’étude. Des pays pourtant comparables par leur niveau de richesse, comme le Royaume-Uni, la Belgique, la Suisse et la France, présentent des profils très différents. Le Royaume-Uni affiche une prévalence de l’obésité adulte dépassant 25 %, proche des niveaux observés au Canada, même si sa progression récente semble ralentir ou atteindre un plateau. La Belgique occupe une position intermédiaire, avec une hausse plus modérée. La Suisse, en revanche, apparaît parmi les pays européens les moins touchés, avec une trajectoire davantage comparable à celle de la France : des niveaux relativement faibles et une progression limitée. Ces contrastes entre pays voisins suggèrent que les différences ne tiennent pas uniquement au niveau de développement économique, mais aussi à des facteurs culturels, alimentaires et politiques plus difficiles à mesurer.

Les chercheurs appellent à ne pas relâcher les efforts. « Il est très encourageant de constater que de nombreux pays parviennent à stabiliser ou à ralentir la progression de l’obésité. Mais certains de ces taux restent encore trop élevés, et la progression chez les enfants et les adolescents dans certains pays constitue un véritable appel à l’action », avertit Jennifer Lyn Baker.

« Ce qui fait réellement la différence, ce sont les décisions politiques. Il faut rendre les bons aliments accessibles à tous, taxer les mauvais, et donner aux enfants la possibilité de bouger», insiste le Pr Ezzati.

Les médicaments de type GLP-1, comme l’Ozempic, pourraient également peser davantage dans la balance dans les années à venir. Pour l’heure, leur impact reste limité : « Les baisses que nous observons dans certains pays ne sont pas le résultat de ces médicaments jusqu’à présent », rappelle le Pr Ezzati.

« Si nous revenons dans cinq à dix ans, nous pourrions voir quelque chose de très différent, anticipe Jennifer Lyn Baker, mais nous ne devons donc pas nous reposer sur nos lauriers. Nous devons continuer à nous concentrer sur la prévention, le traitement et la prise en charge de l’obésité à tous les âges. »

« Ce qui fait réellement la différence, ce sont les décisions politiques. Il faut rendre les bons aliments accessibles à tous, taxer les mauvais, et donner aux enfants la possibilité de bouger » Majid Ezzati professeur de santé environnementale à l’imperial College de Londres.

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mercredi 8 avril 2026

Étude finlandaise inédite révèle que les troubles psychiatriques persistent et s’aggravent après les transitions médicales chez les adolescents dysphoriques

Une étude finlandaise récente apporte un éclairage particulièrement rigoureux sur une question délicate et vivement débattue : les effets des interventions médicales de transition de genre sur la santé mentale des adolescents présentant une dysphorie de genre.

Publiée dans la revue scientifique Acta Paediatrica, cette recherche dirigée par la professeure Riittakerttu Kaltiala s’appuie sur des données nationales d’une ampleur et d’une qualité remarquables. Elle couvre l’ensemble des jeunes Finlandais de moins de 23 ans orientés vers les deux cliniques spécialisées entre 1996 et 2019, soit une cohorte de 2 083 patients, comparée à plus de 16 000 témoins appariés. Le suivi, fondé sur les registres de santé publique, s’étend jusqu’à l’âge de 25 ans, ce qui confère à l’étude une solidité peu commune dans ce domaine.
Les résultats confirment d’abord un point essentiel : les adolescents concernés présentent, avant toute intervention, une fragilité psychiatrique nettement supérieure à celle de la population générale. Près de la moitié d’entre eux ont déjà eu recours à des soins spécialisés pour dépression, anxiété ou troubles du comportement, contre une minorité dans le groupe témoin. Cette vulnérabilité ne s’atténue pas avec le temps ; au contraire, elle tend à s’accentuer.

L’observation la plus préoccupante concerne toutefois l’évolution après les interventions médicales. Chez les jeunes ayant entrepris une transition hormonale ou chirurgicale, les besoins en soins psychiatriques augmentent fortement au cours du suivi. Loin de traduire une amélioration globale de la santé mentale, ces données suggèrent une persistance, voire une aggravation des troubles. Les auteurs soulignent par ailleurs que ces difficultés étaient, dans la plupart des cas, antérieures à la dysphorie elle-même, et qu’elles semblent encore plus marquées dans les cohortes récentes.

Les chercheurs en tirent une conclusion mesurée mais ferme : les interventions médicales de transition ne s’accompagnent pas d’une diminution des troubles psychiatriques chez ces jeunes. Ils évoquent également la possibilité que, pour une partie d’entre eux, la dysphorie de genre s’inscrive dans un tableau plus large, incluant notamment des troubles du spectre autistique, des états dépressifs ou des troubles anxieux.

Ces résultats s’inscrivent dans une évolution plus large observée dans plusieurs pays européens, où les autorités sanitaires tendent désormais à privilégier une approche prudente, centrée d’abord sur l’accompagnement psychothérapeutique, et à restreindre l’usage des traitements hormonaux chez les mineurs.

Il serait réducteur de nier la souffrance réelle de ces adolescents. Elle est indéniable et appelle une réponse attentive, humaine et compétente. Mais cette étude invite à interroger avec sérieux la pertinence de réponses médicales lourdes et parfois irréversibles dans des situations où les fragilités psychiques sont profondes, complexes et souvent antérieures.

Dans un domaine où les positions peuvent rapidement se polariser, ces données rappellent l’exigence première de la médecine : ne pas nuire. Elles suggèrent qu’une approche globale, prudente et centrée sur la santé mentale dans toute sa complexité mérite d’être privilégiée, plutôt que de recourir précocement à des interventions dont les bénéfices, au vu des données actuelles, demeurent incertains.

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lundi 9 février 2026

Étude Ifop — Les adolescents français se droitisent, avec un rôle nuancé des jeunes issus de l’immigration

Une étude Ifop réalisée en février 2026 auprès de 1 028 adolescents de 15 à 17 ans, représentatifs de la France métropolitaine, révèle un basculement politique majeur chez la jeunesse : 56 % se positionnent désormais plutôt à droite, contre 44 % à gauche. Ce renversement par rapport à 1994 (où les 15-18 ans étaient 54 % à gauche et 46 % à droite) marque une nette « dégauchisation ».

François Kraus, directeur du pôle Politique/Actualités à l’Ifop et auteur de l’étude, précise qu’il ne s’agit pas d’une explosion soudaine vers la droite, mais surtout d’un recul marqué du sentiment d’appartenance à la gauche. « Les jeunes qui se situent à gauche restent à peu près au même niveau numérique, mais ceux qui se déclarent explicitement de gauche sont de moins en moins nombreux », explique-t-il. Une lycéenne interrogée résume ce désintérêt : « On ne se retrouve plus dans ce paysage politique qui a tendance à vieillir. »

Cette évolution est très genrée : les garçons portent l’essentiel de la droitisation (64 % à droite contre 36 % à gauche), tandis que les filles restent majoritairement à gauche (53 %). Cet écart de 28 points témoigne d’une polarisation précoce par le genre, bien avant l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Sur le plan des valeurs, les 15-17 ans combinent un libéralisme sociétal (plus progressistes que leurs aînés sur l’IVG et l’homosexualité) avec un conservatisme marqué sur d’autres sujets : 58 % jugent « inacceptable » la critique des religions. Leurs principales peurs pour l’avenir restent concrètes : la guerre et l’insécurité dominent largement.

L’étude met aussi en évidence une montée forte de l’individualisme : désintérêt pour les partis traditionnels, indifférence aux clivages idéologiques classiques, recentrage sur la sphère privée (famille, amitié, argent). Le refus du sacrifice collectif s’accentue : seuls 23 % des adolescents se disent prêts à risquer leur vie pour défendre la France en cas d’invasion (contre 41 % en 1984). Cette proportion chute à 5 % chez les jeunes d’extrême gauche.

Le rôle des jeunes musulmans et des enfants d’immigration : conservatisme culturel vs faible attachement national

L’étude n’offre pas de croisement direct entre origine immigrée et positionnement gauche/droite, mais elle utilise la religion comme indicateur indirect, notamment pour les jeunes musulmans (souvent issus de l’immigration maghrébine ou subsaharienne). Ceux-ci influencent la tendance globale de manière ambivalente.

D’un côté, ils renforcent un conservatisme culturel qui alimente certains aspects de la droitisation (valeurs d’ordre, respect des traditions, rejet de certaines évolutions sociétales) :

  • 92 % des jeunes musulmans jugent inacceptable la critique des religions (contre 58 % pour l’ensemble et 76 % chez les catholiques pratiquants).
  • Sur les droits LGBT : 49 % considèrent les relations homosexuelles inacceptables (contre 7 % chez les sans-religion), et 57 % rejettent le changement de genre (contre 21 % chez les sans-religion).

Ce conservatisme moral, plus prononcé dans les milieux populaires (où les enfants d’immigration sont surreprésentés), contribue à freiner les avancées progressistes et à valoriser des thèmes d’autorité et de tradition, souvent associés à la droite en France.

D’un autre côté, les jeunes musulmans affichent un faible attachement national qui pourrait contrebalancer ou limiter la droitisation sur les aspects patriotiques et identitaires :

Seulement 13 % se disent prêts à défendre la France militairement (contre 23 % pour l’ensemble des adolescents), un chiffre proche de celui des extrême-gauche (5 %).

Ce détachement (lié à des facteurs socio-économiques, discriminatoires ou culturels) s’aligne plutôt sur des positions internationalistes ou de gauche traditionnelle, même si le conservatisme religieux les éloigne des valeurs sociétales de la gauche contemporaine.

Pour les autres enfants d’immigration non musulmans (par exemple d’origine subsaharienne chrétienne ou d’Asie), l’étude ne fournit pas de données spécifiques. Les clivages observés sont davantage religieux et socio-économiques que strictement ethniques.

En résumé, la « Bof génération » (comme la surnomme l’Ifop) se caractérise par une droitisation globale portée surtout par les garçons, un individualisme croissant et des inquiétudes sécuritaires.

Les enfants d’immigration, via le prisme musulman, accentuent le conservatisme culturel (renforçant indirectement certains marqueurs droitiers), mais leur faible patriotisme freine potentiellement les glissements nationalistes. L’étude souligne ainsi une jeunesse fragmentée, où genre, religion et classe sociale redessinent les clivages plus que jamais.


vendredi 6 juin 2025

Immigration — plus difficile de trouver un boulot pendant l'été pour les jeunes

Les jeunes de 15-19 ans ont de la difficulté à se trouver un emploi: comment décrocher un emploi quand 

Le taux de chômage des 15 à 19 ans est trois fois plus élevé que pour l’ensemble de la population québécoise, soit 17 % contre 5 %.

En mai 2025, les offres d’emploi estivales ont chuté de 22% par rapport à l’an dernier.

« Prof de secondaire 5 ici, mes élèves sont découragés. Très difficile de se trouver une job », confie une lectrice du Journal de Montréal.

« Ma fille à l’université est rendue à plus de 70 CV et aucune réponse », ajoute une autre.

« Les jeunes trouvaient des emplois partout il y a deux ans alors qu’il y avait pénurie de main-d’œuvre et maintenant, c’est l’inverse: les postes d’entrée se comblent très rapidement et la compétition est très forte, ce qui pénalise les jeunes », déclare Cynthia Brouillard, conseillère en développement professionnel auprès de Carrefour Jeunesse Emploi.

Forte baisse des offres d'emploi d'été (en rouge pour 2025)

Il y a entre 500 et 600.000 jeunes de 15 à 19 ans au Québec.

Selon l’Institut de la statistique du Québec, au 1er janvier 2024, le Québec comptait 560 000 résidents non permanents (immigrants temporaires légaux), comprenant :
  • 234 000 travailleurs étrangers temporaires,
  • 177 000 demandeurs d’asile,
  • 124 000 étudiants internationaux (certains avec permis de travail).

Échange au parlement à Ottawa, la députée conservatrice Michelle Rempel Garmer demande : « Pourquoi les libéraux ont-ils fait venir un demi-million d’étudiants étrangers au Canada alors qu’il y avait une pénurie massive de logements et que les jeunes ont des difficultés à trouver des emplois ? »

Le ministre de l'Immigration Diab : « Ces chiffres sont inexacts ; c'est de la désinformation ! »

Rempel Garner : « J'ai tiré ces chiffres du site Web du ministre. » [colonne FO, total : 516.275]

Au Canada, les visas pour les étudiants étrangers, officiellement appelés permis d'études, sont octroyés par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), un ministère du gouvernement fédéral. 

Bien que l'IRCC soit l'autorité fédérale, les provinces (comme le Québec) peuvent avoir des exigences supplémentaires. Par exemple, au Québec, les étudiants doivent obtenir un Certificat d'acceptation du Québec (CAQ) auprès du ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration (MIFI) avant de demander un permis d'études à l'IRCC.

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mercredi 30 avril 2025

L’écologisme tue-t-il ?

L’écoanxiété semble être l’un des soubassements du geste criminel de l’adolescent de 16 ans qui, à Nantes, le 24 avril dernier, a poignardé plusieurs de ses condisciples de lycée dont l’un, une jeune fille, criblée de 57 coups de couteau, est décédée. Ce terrible fait divers doit, selon le politologue Guillaume Bernard, alerter sur le caractère mortifère de l’idéologie écologiste quand elle est instrumentalisée contre l’espèce humaine. 



Quand il est au pouvoir ou qu’il peut l’influencer, l’écologisme se révèle autoritaire et punitif. Avec les zones à faible émission dans les métropoles, il discrimine socialement et relègue spatialement les pauvres qui ne peuvent pas acheter de voitures électriques.

En préconisant l’installation d’éoliennes qui défigurent le paysage, l’écologisme apparaît de plus en plus comme une “escrologie” de “bobos” au détriment des “ploucs” de la campagne où, pourtant, une véritable écologie est pratiquée avec le recours à l’agriculture biologique et aux circuits courts de distribution.

L’écologisme tue les libertés

L’écologisme est intrinsèquement autoritaire : il porte en lui la propension à prétendre orienter les comportements non seulement individuels (comme pour la consommation alimentaire avec le véganisme), mais aussi collectifs. Il fait fi des intérêts nationaux en favorisant la mise en jachère de terres agricoles et en remettant en cause la production nucléaire d’électricité. Il justifie l’interdiction de certaines activités par le principe de précaution.

Sous prétexte d’incertitude et en raison de l’existence d’un risque — comme si elles n’étaient pas, toutes deux, permanentes et propres à toutes les activités humaines —, le principe de précaution conduit à l’abstention consentie par les uns (les gouvernés), à l’interdit prononcé par les autres (les gouvernants) et à l’intériorisation de la peur paralysante par tous. Contrairement aux apparences, ce principe est l’exact contraire de la prudence, qui suppose, malgré le doute, de trancher, qui appelle à exercer, en fonction des circonstances, un choix en pesant le pour et le contre. C’est ainsi que l’écologisme usurpe et travestit les préoccupations écologiques traditionnelles.

L’écologisme tue la civilisation

Dans une démarche philosophique classique, celles-ci rappelaient à l’homme qu’il s’inscrit dans un ordre cosmologique des choses qui le dépasse où règnent des lois qu’il ne peut violer impunément. Sa responsabilité implique une position de maître de la nature : encadrée et domestiquée, celle-ci est indissociable de la société et de sa culture. Mais l’écologisme est tout autre. S’il prend le masque souriant de la légitime lutte contre d’immoraux gaspillages et une pollution incontrôlée, son véritable visage est celui de la haine.

L’écologisme déteste la nature culturelle de l’être humain : il veut déconstruire l’homme enraciné pour le reconstruire, d’où sa défense du progressisme “sociétal”. L’écologisme ne prend pas la défense de l’ordre naturel : il a en haine la civilisation, d’où sa préconisation de la décroissance et sa promotion de l’immigrationnisme. Le cas de Noël Mamère est, à ce titre, emblématique : il s’est prononcé en faveur du port du voile islamique à l’école et il est celui qui, alors maire de Bègles, a célébré, en 2004, à l’époque en infraction à la loi, un « mariage » homosexuel.

L’écologisme tue l’humanité

Il n’est pas question de faire un procès d’intention à tous ceux qui — comme l’assez sympathique José Bové logiquement hostile tant à la PMA qu’aux OGM — affichent des préoccupations environnementales. Mais il est clair que, pour certains, l’écologie n’est que le cheval de Troie d’une idéologie masochiste et nihiliste. Sous prétexte que la technoscience (qui, effectivement, peut ne pas agir avec prudence et enfreindre les lois de l’ordre naturel) fait courir des risques à l’homme, l’écologisme en déduit que l’être humain n’est qu’un parasite de la nature. Cela le conduit à mêler malthusianisme et panthéisme.

La réduction de la population est devenue un objectif affiché, la taxe carbone devant être l’instrument fiscal rendant, pour les récalcitrants, les naissances financièrement insoutenables. Qu’importe que la nature, déifiée, puisse être hostile à l’homme quand elle est libre de toute entrave. Homo sapiens est ravalé au rang d’une espèce animale parmi les autres, toutes étant mises sur un pied d’égalité (antispécisme). La sauvegarde de la planète ainsi que des espèces animales et végétales finit par compter plus que la défense du bien-vivre de l’humanité.

Le jeune meurtrier de Nantes semble bien avoir été modelé par l’écologisme. Dans son manifeste envoyé quelques minutes avant son passage à l’acte, il en professait explicitement les principes idéologiques : « L’arbre n’est plus un esprit, c’est une matière première. L’animal n’est plus un frère, c’est une marchandise. » Et, plus loin : « Nous devons redevenir sauvages, […] retrouver la place que la Terre nous réservait avant que nous la trahissions. » Décidément, l’écologisme tue !
 

Source : Valeurs actuelles

Guillaume Bernard, docteur et habilité à diriger des recherches, est historien des institutions et des idées politiques ; il est notamment l’auteur de “La guerre à droite aura bien lieu, le mouvement dextrogyre” (Desclée de Brouwer).

 

samedi 12 avril 2025

France — Le nombre de baptêmes d’adultes a doublé en deux ans

En deux ans, le nombre de demandes volontaires de baptême a été multiplié par deux : 10 384 en 2025, contre 5 423 en 2023. Une formation pourtant exigeante, qui dure deux ans. Pour l’église, cet afflux « n’est pas un épiphénomène ».

Dans la nuit de Pâques, selon les chiffres de la Conférence des évêques, ils ne seront pas moins de 10 384 à être baptisés, contre 5423 en 2023, malgré une préparation et une formation exigeantes, d’une durée de deux ans. À ce nombre qui a doublé s’ajoutent les baptêmes d’adolescents (entre 12 et 18 ans), eux aussi en forte progression : ils étaient 2 953 en 2023, ils seront 7 404 cette année. Pour l’église, cet afflux d’adultes et de jeunes «n’est pas un épiphénomène », il traduit un authentique retour à l’intériorité, observé par de nombreux prêtres.

Le nombre de baptêmes catholiques d’adultes en France ne cesse de progresser. En deux ans, il a même doublé. Selon les chiffres de la Conférence des évêques, publiés le 10 avril, il y aura 10 384 baptêmes d’adultes lors de la nuit de Pâques, du 19 au 20 avril prochain. Ils étaient 5 423 en 2023, 7 135 en 2024. Aux chiffres de cette année s’ajoutent les baptêmes d’adolescents (entre 12 et 18 ans), qui connaissent, eux aussi, une progression spectaculaire : ils étaient 2953 en 2023, ils seront 7404 en 2025. En tout, 17788 adolescents et adultes seront baptisés, à leur demande, dans l’église catholique cette année.

L’église appelle «catéchumène» les adultes qui demandent le baptême. Elle leur propose une formation exigeante, qui dure deux ans, où la personne suit des cours de formation chrétienne tout en étant accompagnée dans les paroisses par des fidèles expérimentés. Quelque 11000 catholiques, dont 80% de laïcs, se dédient à cette mission bénévolement. Le comédien Gad Elmaleh avait immortalisé ce parcours de conversion et de suivi très personnalisé vers le baptême dans le film Reste un peu, en 2022.

Le contrepoint du recul des baptêmes d’enfants

C’est au moment de l’épidémie de Covid-19 et des confinements successifs qu’un certain retour à l’intériorité a eu lieu, selon le témoignage de beaucoup de pasteurs. Les courbes des catéchumènes l’indiquent clairement : de 2015 à 2022, elles oscillent autour de 4 000 baptêmes par an. La hausse ne commence qu’en 2023, or il faut deux années de préparation pour être baptisé.

L’autre facteur de fond expliquant cette hausse des baptêmes d’adolescents et d’adultes est celui de la chute, en France, des baptêmes de petits enfants : en l’an 2000, un bébé sur deux était baptisé ; en 2024, seul un sur trois l’est. Le diocèse de Strasbourg illustre ce phénomène. Il est celui qui compte le moins de baptêmes d’adultes en proportion de sa population, car la pratique de baptêmes d’enfants y est encore élevée.

Pour Mgr Olivier de Germay, archevêque de Lyon et évêque « référent » de la conférence épiscopale pour le dossier des baptêmes adultes, «l’enquête annuelle du catéchuménat montre que l’afflux de catéchumènes – adultes et jeunes – n’est pas un épiphénomène». Il y voit, dans la note de présentation des chiffres 2025, «un signe venu du Ciel». «Nous pouvons y voir un encouragement de la part du Seigneur nous rappelant que c’est lui le Maître de la mission, c’est lui qui attire à lui, touche les coeurs et se révèle », ajoute-t-il. Même si 52 % des catéchumènes sont issus de milieux chrétiens. Les musulmans convertis, par exemple, forment 4 % des catéchumènes.

Pour sa part, le père Jean-baptiste Siboulet, aumônier des étudiants pour le diocèse de Nantes, explique dans le même document : « Cela fait deux années que l’on sent une dynamique autour du carême. Les jeunes commencent leur recherche sur les réseaux sociaux. Ils disent vouloir “faire le Carême”, ce qui se traduit par “un peu de jeûne, un peu de prières, aller à la messe”. Cette curiosité spirituelle - qui bénéficie peut-être de l’effet ramadan (qui a eu lieu au même moment cette année, NDLR) - peut aussi être une vraie expérience spirituelle ». Il conclut : « Ces demandes de jeunes correspondent à un besoin d’appartenance à un groupe, ils recherchent l’église comme communauté avant de s’accrocher au Christ. Dans une vie fragmentée, où l’avenir peut sembler sombre, la foi représente un socle solide pour se construire. »

« Soif de vie fraternelle »

Catherine Lemoine, en charge de la pastorale des adolescents au niveau national, observe que « ces jeunes qui naviguent sur les réseaux sociaux sont très à l’aise pour parler de leur foi. Ils portent des signes religieux avec la même décontraction. Ils assument, ils sont acteurs de leur foi. De plus, ils vont bien, ils ont soif de Dieu et soif de vie fraternelle. »

Anaë Delion, 20 ans, catéchumène à Nantes, donne ce témoignage dans ce document épiscopal : «Venant d’une famille athée et très loin de la religion, je n’ai jamais eu ni entourage chrétien ni éducation religieuse. Mon tout premier contact avec la foi chrétienne a eu lieu en janvier 2022. À cette période, je ne sortais plus de mon lit, plus rien ne m’animait, je passais mes journées à broyer du noir. J’ai alors entendu parler du carême. Sans comprendre pourquoi, à ce moment précis, j’ai ressenti comme une force dans mon coeur qui me poussait à me renseigner sur ce que c’était. Je voulais absolument tout connaître. » Elle ajoute : « J’ai réalisé plus tard que mon coeur cherchait en réalité à connaître Dieu. Deux mois après, le 2 mars 2022, j’ai débuté mon tout premier temps de carême. Depuis ce jour, je n’ai jamais lâché le Seigneur. »

Source : Le Figaro

vendredi 11 avril 2025

Carney maintient le cap Trudeau en ce qui a trait aux traitements chimiques et chirurgicaux des enfants qui se disent trans


Le nouveau Premier ministre désigné par le Parti Libéral, Mark Carney (ci-dessus), a affirmé sa volonté de poursuivre l’orientation libérale en matière de politiques identitaires, en s’engageant à répondre aux revendications des groupes LGBT, notamment en matière d’accès aux bloqueurs de puberté pour les mineurs, et ce, « sans exception ».

Lors d’une conférence de presse tenue le 8 avril en Alberta, M. Carney a réitéré son appui aux mesures visant à faciliter l’accès à des traitements hormonaux et chirurgicaux pour les personnes se déclarant en questionnement ou en transition de genre, qualifiant cet accès de « droit fondamental ». Cette déclaration est intervenue environ 28 minutes après le début de l’événement.

Des journalistes l’ont interrogé sur la possibilité d’inscrire ces revendications dans la Loi canadienne sur la santé, notamment en réaction à une loi récemment adoptée en Alberta qui interdit l’accès des mineurs à des bloqueurs de puberté ou à des interventions chirurgicales de « réassignation de genre ». Carney a répondu qu’il entendait défendre l’accès universel à ces traitements « sans exception », dans le cadre d’un système de santé qu’il décrit comme un droit et non un service à but lucratif.

« Le Canada est une mosaïque. Les gens doivent pouvoir être eux-mêmes, aimer qui ils aiment... L’accès aux soins n’est pas une entreprise commerciale, c’est un droit fondamental, que nous défendrons pour tous les Canadiens », a-t-il déclaré.

Cependant, plusieurs voix médicales et scientifiques mettent en garde contre les effets irréversibles de ces pratiques. Des organismes comme genethique.org  ont recensé de nombreux experts qui alertent sur les risques associés aux transitions médicales, évoquant des séquelles physiques et psychologiques durables, telles que des maladies cardiovasculaires, la perte de densité osseuse, un risque accru de cancer, des troubles de la fertilité, et une augmentation du risque suicidaire.

Des études, notamment une recherche suédoise, ont révélé que les personnes ayant subi une chirurgie de « changement de sexe » présentaient un taux de suicide jusqu’à 19 fois plus élevé que la population générale, ce qui soulève des interrogations sur l’efficacité de ces interventions dites nécessaires pour résoudre les problèmes de mal-être des gens qui se disent trans.

En dépit de ces données, M. Carney semble déterminé à poursuivre la politique entamée sous le gouvernement Trudeau. Au cours de sa première semaine au pouvoir, il a accordé plus de 2,1 millions de dollars à des groupes LGBT en Ontario et au Québec, dans le cadre d’initiatives destinées à « lutter contre la discrimination » et à réduire les « obstacles systémiques à l’égalité ».

Par ailleurs, sa fille aînée, Sasha Carney, qui s’identifie comme non binaire, a été suivie à la controversée clinique de genre Tavistock au Royaume-Uni fermée à la suite d'un rapport gouvernemental accablant. Diplômée de Yale, aujourd’hui âgée de 24 ans, elle est écrivaine et milite publiquement en faveur des interventions médicales liées à la transition de genre.

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Le Premier ministre canadien Mark Carney a invité à son conseil un confondateur de l'Initiative du Siècle

Sondage (n=1500) — Près des 2/3 des Canadiens contre le triplement de la population du Canada d'ici 2100 (le plan de l'Initiative du Siècle)

Le chef libéral Mark Carney a été accusé de s'approprier les idées des autres au cours de la campagne électorale fédérale (en anglais, Globe and Mail)

Les Britanniques avertissent que le nouveau premier ministre canadien a une « touche Midas inversée ». La réputation de Mark Carney en tant que gouverneur de la Banque d'Angleterre est plus entachée qu'il ne le laisse entendre (en anglais, National Post)

Tenir compte des avertissements sévères de la Grande-Bretagne à l'égard de Mark Carney. La presse britannique tant de gauche que de droit s'est montrée beaucoup plus critique à l'égard de notre nouveau premier ministre que la nôtre.  (en anglais, National Post)

« Transition de genre » : des « études » sous influence
 
 
 

jeudi 2 janvier 2025

« Protection de la jeunesse » du Québec — 42 de ses employés pincés pour inconduites sexuelles


Publicité de la DPJ, avec ce qui serait des enfants québécois typiques...

Les cas se sont étalés sur six ans à travers différents centres jeunesse du Québec.

Au moment où la Direction de la protection de la jeunesse de Montréal est sous le feu des critiques, plus d’une quarantaine de cas d’inconduites sexuelles survenus dans des centres jeunesse à l’extérieur de la métropole se sont ajoutés.

C’est ce que révèlent des données obtenues par Le Journal du Québec.

« Ce n’est pas tant le nombre que le fait que nos pratiques de gestion en ressources humaines sont défaillantes depuis les dernières années. Il faut mettre en place ce qu’il faut pour assurer la sécurité des enfants », résume Lesley Hill, directrice nationale de la Direction de la protection de la jeunesse.

Un scandale a frappé cet automne le Centre de réadaptation pour les jeunes en difficulté d’adaptation de la Cité-des-Prairies, à Montréal. Des gestes à caractère sexuel entre des usagers et plusieurs éducatrices ont été allégués.

Depuis, Le Journal du Québec a sondé l’ensemble des établissements de la province afin de savoir combien d’employés de centres jeunesse avaient été congédiés, suspendus ou encore sanctionnés pour diverses inconduites sexuelles depuis 2019.

Ironiquement, seul le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, qui chapeaute Cité-des-Prairies, a refusé de répondre à la requête du Journal.

DU TRAVAIL AILLEURS

Qu’importe ! Les réponses obtenues révèlent un portrait troublant : au cours des six dernières années, il y a eu au moins 42 cas d’inconduites sexuelles dans des centres jeunesse hors de Montréal. Une dizaine d’employés ont démissionné en cours d’enquête, laissant craindre qu’ils ne se trouvent du travail dans un autre centre.

« Ce modus operandi de démissionner au lieu de congédier, ça aussi, il faut qu’on mette fin à ça », insiste Lionel Carmant, ministre responsable des Services sociaux. « Avec Santé Québec, maintenant, les dossiers vont suivre d’un établissement de santé à l’autre. »

À Laval, on recense quatre congédiements et trois démissions pour des comportements de nature sexuelle avec les usagers. Dans Lanaudière, six situations ont été répertoriées depuis 2021, dont quatre en 2024 seulement.

Cela s’explique par « une hausse de dénonciations provenant notamment du personnel en Centre jeunesse », selon le cabinet de Lionel Carmant.

« Est-ce qu’on est en train de faire toutes les vérifications avant d’embaucher quelqu’un ? » se demande Lesley Hill.

CRÉDIBILITÉ AFFECTÉE


« Ce sont des jeunes qui ont besoin d’être encadrés, structurés, dit Louis-Georges Cournoyer, professeur à l’École de criminologie de l’Université de Montréal. Quel est l’impact à long terme [sur eux] ? C’est très difficile de spéculer. C’est sûr que ça affecte la crédibilité des centres jeunesse. »

Le ministre Lionel Carmant déplore que le CIUSSS du Centre-Sud n’ait pas donné suite aux demandes du Journal.

« C’est dommage dans le contexte, parce que ce qu’on veut, c’est un changement de culture », a-t-il commenté.

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Juger la vie privée de Simone de Beauvoir  (Elle a eu une relation avec une élève de 15 ans qui lui aurait valu son congédiement du lycée Molière à la fin des années 30. On relate aussi ses relations amoureuses avec de jeunes femmes qui étaient aussi ses étudiantes, qu’elle « rabattait » ensuite vers son compagnon Jean-Paul Sartre. En 2008, la Britannique Carole Seymour-Jones, auteure du livre A Dangerous Liaison, décrivait le comportement de Beauvoir comme un « abus d’enfant » se rapprochant de la « pédophilie ». En 2015, dans Simone de Beauvoir et les femmes, Marie-Jo Bonnet qualifiait de « contrat pervers » le modus operandi entre Beauvoir et Sartre. Le blogueur du Journal de Montréal Normand Lester accuse quant à lui Beauvoir d’être une « prédatrice sexuelle ».)

La révolution sexuelle des années 60, la pédophilie et les prêtres modernes 

Allemagne — Garçons orphelins sous la tutelle de pédophiles

Grande-Bretagne — 83 suspects de pédophilie… dans le football 

La Russie sanctionne Twitter pour manque de filtrage des contenus pédopornographiques ou faisant l’apologie de drogues ou du suicide  

mercredi 23 octobre 2024

Médecin refuse de publier une étude montrant l'inefficacité des bloqueurs de puberté sur la santé mentale des jeunes

La responsable d’une étude de longue haleine a déclaré que les bloqueurs de puberté n’amélioraient pas la santé mentale des enfants souffrant de troubles du genre et que les opposants aux soins pourraient en faire une arme. C’est la raison pour laquelle elle n’a pas publié les résultats de cette étude.


La doctoresse, Johanna Olson-Kennedy (en mortaise, en haut à gauche dans l’illustration ci-dessus), a commencé l’étude en 2015 dans le cadre d’un projet fédéral plus large de près de 10 millions de dollars sur les jeunes transgenres. Elle et ses collègues ont recruté 95 enfants dans tout le pays et leur ont donné des bloqueurs de puberté, qui empêchent les changements physiques permanents — comme les seins ou une voix plus grave — qui pourraient exacerber leur détresse liée au genre, connue sous le nom de dysphorie.

Les chercheurs ont suivi les enfants pendant deux ans pour voir si les traitements amélioraient leur santé mentale.

Les bloqueurs de puberté n’ont pas entraîné d’amélioration de la santé mentale, a-t-elle déclaré, probablement parce que les enfants se portaient déjà bien au début de l’étude.

« Ils sont en très bonne forme lorsqu’ils arrivent, et ils sont en très bonne forme après deux ans », a déclaré la Dr Olson-Kennedy, qui dirige la plus grande clinique du pays spécialisée dans les questions de genre chez les jeunes, à l’hôpital pour enfants de Los Angeles.

Cette explication semble toutefois contredire une description antérieure du groupe, dans laquelle la même Dr Olson-Kennedy et ses collègues notaient qu’un quart des adolescents étaient dépressifs ou suicidaires avant le traitement.

Au cours des neuf années qui se sont écoulées depuis que l’étude a été financée par les National Institutes of Health, et alors que les soins médicaux prodigués à ce petit groupe d’adolescents sont devenus une question brûlante dans la politique américaine, l’équipe de la Dr Olson-Kennedy n’a pas publié les données. Interrogée sur les raisons de cette décision, elle a déclaré que les résultats risquaient d’alimenter le type d’attaques politiques qui ont conduit à l’interdiction des traitements de l’identité sexuelle des jeunes dans plus de 20 États, dont l’un sera bientôt examiné par la Cour suprême.

« Je ne veux pas que notre travail soit instrumentalisé », a-t-elle déclaré. « Il doit être précis, clair et concis, et cela prend du temps. Et cela prend du temps. »

Le projet global a reçu à ce jour un soutien gouvernemental de 9,7 millions de dollars.

La Dr Olson-Kennedy est l’une des plus ardentes défenseurs des traitements sexospécifiques chez les adolescents et a été témoin experte dans de nombreuses contestations juridiques des interdictions imposées par les États. Elle a déclaré qu’elle craignait que les résultats de l’étude puissent être utilisés devant les tribunaux pour soutenir que « nous ne devrions pas utiliser de bloqueurs parce que cela n’a pas d’impact sur eux », en faisant référence aux adolescents transgenres.

La romancière J. K Rowlins (auteur de Harry Potter) résume à sa façon la raison donnée par la Dr Olson-Kennedy

D’autres chercheurs, en revanche, ont été alarmés par l’idée de retarder des résultats qui auraient des implications immédiates pour les familles du monde entier.

« Je comprends la crainte d’une instrumentalisation, mais il est vraiment important de faire connaître les résultats scientifiques », a déclaré Amy Tishelman, psychologue clinicienne et chercheuse au Boston College, qui était l’une des premières chercheuses de l’étude.

En 2011, la clinique anglaise spécialisée dans les questions de genre chez les jeunes a suivi 44 enfants dans le cadre d’une étude. Lors d’une conférence organisée cinq ans plus tard, les chercheurs britanniques ont indiqué que les bloqueurs de puberté n’avaient pas modifié le bien-être des volontaires, y compris les taux d’automutilation. Ces résultats n’ont été rendus publics qu’en 2020, des années après que les bloqueurs de puberté soient devenus le traitement standard des enfants souffrant de dysphorie de genre en Angleterre.

En 2020, le groupe de la Dr Olson-Kennedy a décrit le profil psychologique initial des enfants participant à l’étude américaine sur les bloqueurs de puberté, dont l’âge moyen était de 11 ans. Avant de recevoir les médicaments, environ un quart du groupe a signalé des symptômes de dépression et une anxiété importante, et un quart a déclaré avoir déjà eu des pensées suicidaires. Huit pour cent ont déclaré avoir déjà tenté de se suicider.

Dans un rapport d’étape soumis au N.I.H. à l’époque, le Dr Olson-Kennedy a présenté son hypothèse sur l’évolution des enfants après deux ans de traitement par des bloqueurs de puberté : ils présenteraient « une diminution des symptômes de dépression, d’anxiété, de traumatisme, d’automutilation et de suicidalité, ainsi qu’une augmentation de l’estime corporelle et de la qualité de vie au fil du temps ».

Cette hypothèse ne semble pas s’être vérifiée.

Lorsqu’on lui a demandé, dans des courriels de suivi, de préciser comment les enfants pouvaient avoir une bonne santé mentale initiale alors que ses résultats préliminaires montraient qu’un quart d’entre eux étaient en difficulté, le Dr Olson-Kennedy a répondu que, dans l’interview, elle se référait à des moyennes de données et qu’elle était encore en train d’analyser l’ensemble des données.

Le Dr Hilary Cass, pédiatre qui a publié cette année une étude approfondie des services d’aide aux jeunes en Angleterre, a déclaré que les retards pris par les groupes de recherche américains et britanniques avaient conduit le public à croire que les bloqueurs de puberté amélioraient la santé mentale, alors que peu d’éléments venaient étayer cette conclusion.

« Il est très important que nous obtenions des résultats afin de comprendre si c’est utile ou non, et pour qui », a déclaré le Dr Cass.

Dans son rapport, le Dr Cass a constaté que les preuves en faveur des bloqueurs de la puberté étaient faibles et a relevé certains risques, notamment des retards dans la croissance osseuse et une perte de fertilité chez certains patients. Il a incité le National Health Service anglais à cesser de prescrire ces médicaments en dehors d’un nouvel essai clinique, à la suite de retraits similaires dans plusieurs autres pays européens.

Source : New York Times

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« La fabrique de l’enfance transgenre »

La présentation sélective et tronquée des faits par Isabelle Hachey


jeudi 25 juillet 2024

Ils ont changé de sexe et le regrettent : le grand tabou de la « détransition » de genre

ENQUÊTE DU FIGARO — Les transitions de genre augmentent, les détransitions aussi. Derrière ce phénomène se cache un immense mal-être d’une partie de la jeunesse.

Quand elle rencontre un pédopsychiatre pour la première fois il y a une dizaine d’années, Sophie, 14 ans, est pleine de certitudes. Quelques jours plus tôt, elle décrétait auprès de ses parents qu’il fallait l’appeler Soan, et qu’elle était un garçon. « C’était une enfant timide, mal dans son corps », se remémore le professionnel de santé, interrogé par Le Figaro. Avec son père, elle réclame un certificat médical pour entreprendre un traitement hormonal, ainsi qu’une mastectomie, l’ablation des seins. Le point de départ d’une transition de genre. Notre praticien dit l’avoir « écoutée », tout en lui conseillant de « prendre le temps » avant de débuter le processus. L’adolescente s’est alors mise en colère, accusant le médecin de vouloir lui faire une « thérapie de conversion ». Face à une telle situation, le spécialiste a refusé de fournir au père de Sophie le document demandé. « Ils sont revenus à la charge quelques mois plus tard, décrit le psychiatre. J’ai encore refusé. La jeune fille a menacé de se suicider ».


Mais la famille a persévéré, trouvé un endocrinologue complaisant pour obtenir le précieux sésame. Dans la communauté trans, des cartes de France des praticiens « safe », qui ne discuteront pas leurs choix, ont été créées. Six mois plus tard, le pédopsychiatre reçoit pourtant un appel du père de famille. « Sa fille avait pris des hormones, puis avait été opérée en Thaïlande dans la foulée. Elle n’allait pas bien du tout : elle était dépressive et devenue anorexique ». Hospitalisée, l’adolescente s’est « enfoncée dans son mal-être », relate cet interlocuteur. Avant qu’il ne perde contact avec elle, le médecin se souvient qu’elle « commençait à formuler des regrets et une grande détresse, d’avoir atteint son corps de cette manière, sans retour possible ». Lui qui a pourtant accompagné plusieurs adolescents dans leur transition de genre « lorsqu’ils étaient prêts », regrette ces quelques cas de « retour dans la détresse ». « Ce sont des situations dramatiques pour les concernés et leur famille ».

mercredi 24 juillet 2024

Association mondiale pour la santé des personnes transgenres « coupable » d’une « fraude scientifique majeure et inqualifiable »

Dans une tribune parue dans Le Point le 23 juillet, Dominique Crestinu, gynécologue-endocrinologue, Beryl Koener, pédopsychiatre, Céline Masson, professeur des universités en psychologie de l’enfant et de l’adolescent, et Jacques Robert, professeur émérite de cancérologie, PUPH, tous membres de l’Observatoire de la Petite Sirène (OPS), réagissent à la « fraude scientifique » entourant les protocoles médicaux prescrits par l’Association mondiale pour la santé des personnes transgenres (WPATH).

« Deux sexes et seulement deux »

Alors qu’une proposition de loi « visant à encadrer les pratiques médicales mises en œuvre dans le prise en charge des mineurs en questionnement de genre » a été adoptée par le Sénat français le 28 mai dernier, et qu’un rapport réalisé par le Dr Hilary Cass, ancienne présidente du Royal College of Paediatrics and Child Health a été rendu public le 10 avril, l’Observatoire de la Petite Sirène a organisé un congrès international les 28 et 29 juin, en partenariat avec la Society for Evidence-Based Gender Medicine (SEGM). Réunissant près de cinquante médecins, pédopsychiatres, psychologues et chercheurs de toutes disciplines et de différents pays, ce congrès avait pour objectif de faire le point et d’échanger des informations récentes sur le traitement des enfants et des adolescents souhaitant changer de genre (cf. Genre : 140 médecins et intellectuels appellent à informer les jeunes objectivement).

Rappelant qu’il « existe deux sexes et seulement deux », mâle et femelle, les membres du Bureau de l’OPS expliquent qu’« on ne peut parler de “sexe assigné à la naissance” » car « ce n’est pas une question d’appréciation » (cf. Théorie du genre : un ancien transgenre dénonce « un prosélytisme général »). « Taille des gamètes, chromosomes, caractères sexuels primaires et secondaires visibles ou non, il est impossible de se tromper dans l’immense majorité des cas » précisent-ils. Ainsi, « l’idée que véhiculent certaines associations que “le sexe est un spectre” ou que les enfants peuvent “choisir le sexe qui leur convient” relève de la pure idéologie ».

Des « traitements irréversibles et dangereux »


Cependant, à l’approche de l’adolescence, certains jeunes souffrent de dysphorie de genre, autrement appelée « angoisse de sexuation pubertaire ». Il s’agit d’un trouble caractérisé par le sentiment d’appartenir à l’autre sexe. Alors que certains pays ont développé des structures spécialisées comme la clinique Tavistock en Angleterre, des organismes nationaux et internationaux, comme la WPATH (World Professional Association for Trangender Health) ou la Society for Evidence-Based Gender Medicine (SGEM), ont été mis en place pour coordonner ce type de traitement et élaborer des directives a priori consensuelles afin de faire bénéficier les adolescents de tous les pays des meilleures approches disponibles.

Mais, la WPATH et d’autres associations professionnelles recommandent d’appliquer le « Dutch protocol », mis en place par une équipe néerlandaise, dans une situation qui n’est pas celle pour laquelle il a été élaboré. La WPATH recommande la prescription de « bloqueurs de puberté » et d’« hormones sexuelles “inversées” » alors qu’il s’agit de traitements « irréversibles et potentiellement dangereux » (cf. « La transition de genre est devenue incontrôlable » : l’alerte d’une psychiatre « pionnière » dans ce domaine). En effet, l’utilisation des bloqueurs de puberté n’a pas reçu d’autorisation de mise sur le marché de l’Agence nationale de la santé et du médicament (ANSM) et présente des risques qui n’ont pas été évalués (cf. Bloqueurs de puberté : des données « insuffisantes »). Concernant les hormones du sexe opposé, « il existe des risques à long terme dont l’incidence dans la population des adolescents est à l’heure actuelle inconnue faute d’un recul suffisant ».

Une « fraude scientifique majeure et inqualifiable »

L’Observatoire s’est alarmé « des risques que faisait courir aux enfants et adolescents la prescription de traitements non validés ». Il reproche à la WPATH d’être « coupable » d’une « fraude scientifique majeure et inqualifiable » après avoir exigé « d’un collège d’experts indépendants qu’elle avait missionné, tous chercheurs de la Johns Hopkins University à Baltimore, de faire état de ses conclusions avant de réaliser les études qu’elle lui avait commandées ».

Comme l’incite le rapport d’Hilary Cass, il faudrait « ne prendre en charge ces adolescents que sous l’angle de la psychologie ou de la pédopsychiatrie » car « nous ne disposons pas du moindre argument scientifique permettant de justifier la prise en charge de ces adolescents par des “bloqueurs de puberté” et/ou des hormones “inversées” ». « L’objectif de l’OPS est exclusivement la protection des adolescents contre la mise en place de traitements non validés dont la sécurité n’est pas assurée, cette protection dût-elle s’exercer contre les adolescents eux-mêmes », expliquent les quatre auteurs de la tribune. « Les devoirs des parents vis-à-vis des enfants sont tout aussi primordiaux que les droits des enfants (…). A nous de faire en sorte qu’ils ne nous reprochent pas de leur avoir laissé la liberté d’asservir leur corps en cédant trop vite à un désir souvent transitoire » concluent-ils.

 


Source : Le Point, tribune de quatre membres de l’Observatoire La Petite Sirène (23/VII/2024), via Généthique

lundi 27 mai 2024

« La fabrique de l'enfance transgenre »

La pédopsychiatre, psychanalyste et essayiste française Caroline Eliacheff a fait paraître avec Céline Masson La Fabrique de l'enfant transgenre, aux éditions de l'Observatoire. Un ouvrage engagé qui s'interroge sur la transidentité de l'enfant, pointant «un discours idéologique qui ne repose sur aucune preuve». L'occasion de réitérer son appel aux parents pour «agir en adultes responsables» et interdire les traitements chimiques qui constituent un «risque sanitaire». Sans fard, ni détour, Caroline Eliacheff se prête aux questions de Guyonne de Montjou.

 


Présentation de l'ouvrage par l'éditeur

 Aux États-Unis, mais aussi en Europe, les demandes de changement de sexe chez les enfants et surtout les adolescents augmentent depuis plusieurs années. Les psychanalystes Caroline Eliacheff et Céline Masson alertent sur les dérives du « transgenrisme » chez les mineurs. Le poids de la culture LGBTQI et l'influence des réseaux sociaux ont donné une visibilité nouvelle à la « dysphorie de genre », ou sentiment d'être né dans le « mauvais corps ». Émancipation progressiste ou phénomène d'embrigadement idéologique ? Outre que les traitements hormonaux et chirurgicaux feraient d'un enfant sain un patient à vie, la réponse affirmative trop rapide à ce désir de changement de sexe risque aussi de porter atteinte à sa construction psychique. Nombreuses sont les voix (trop souvent étouffées) qui avouent regretter cette transition tandis que plusieurs pays reviennent sur la prescription précoce de bloqueurs de puberté et d'hormones antagonistes. Au nom de la protection de l'enfant, Caroline Eliacheff et Céline Masson dénoncent un prétendu « droit à l'autodétermination » qui occulte et instrumentalise les souffrances des adolescents.


Biographie de l'auteur 

Caroline Eliacheff est pédopsychiatre et psychanalyste. Elle est l'auteure de nombreux livres dont Le Temps des victimes, avec Daniel Soulez Larivière (Albin Michel). Céline Masson est psychanalyste, professeure des universités au Centre d'histoire des sociétés, des sciences et des conflits (UFIV), auteure notamment de Crisedes repères identitaires, race, sexe, genre (dir.), chez Hermann. Elles coordonnent l'Observatoire des discours idéologiques sur l'enfant et l'adolescent - La Petite Sirène.

La Fabrique de l'enfant transgenre, 

par Caroline Eliacheff et Céline Masson
aux éditions de L'OBSERVATOIRE,
paru 9 février 2022,
à Paris,
101 pp,
ISBN-13 : 979-1032925225