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mardi 4 août 2026

« Tous les Acadiens, toutes les Acadiennes »

Extrait de La Vie Secrète des Chansons sur France 3, « L’Amérique en chansons » avec Michel Fugain et la chanson « Tous les Acadiens, toutes les Acadiennes… » écrite avec Maurice Vidalin, inspirée du drame du peuple acadien et du « Grand dérangement », leur déportation vers la Louisiane.

Le présentateur, André Manioukian, parle de « déportation sans ménagement ». Dit ainsi, on ne comprend pas la cruauté de ce Grand Dérangement des Acadiens. C’est ainsi que 3 100 Acadiens furent déportés après la prise de Louisbourg, en 1758, parmi eux 1 649 moururent de noyades ou de maladies, soit un taux de mortalité de 53 %. De 1755 à 1763, environ 10 000 Acadiens furent déportés. Ils furent envoyés à différents endroits autour de l’Atlantique. Beaucoup se retrouvèrent dans des colonies anglaises, d’autres en France ou dans les Caraïbes. Des milliers décédèrent de maladie ou de faim à cause des conditions sordides qui existaient à bord des navires.

André Manioukian ne peut s’empêcher de préciser que la musique cajun est une musique française ayant subi « beaucoup de métissages » (plutôt que d’influences), sans préciser quel métissage. Mais voilà, « métissage » est devenu un mot magique. Est-ce que la musique de Jean-Sébastien Bach est aussi fort métissée ?

Voir aussi

Appropriation culturelle : avant Lepage, Rameau (rediff)  

Interlude musical — Variations sur le thème de Une Jeune Fillette  

Histoire — chanson du 31 août, corps des troupes de la marine

 

mercredi 18 février 2026

Le 18 février 1685 : la fondation de Fort Saint-Louis au Texas par La Salle

Un jalon de l'exploration française en Amérique du Nord

Le 18 février 1685, René-Robert Cavelier de La Salle (portait ci-contre) posait le pied sur le littoral texan et fondait Fort Saint-Louis, établissement destiné à ancrer la présence française dans le golfe du Mexique. Trois cent quarante et un ans plus tard, cet événement mérite d'être revisité dans toute sa complexité : une expédition portée par de réelles ambitions géopolitiques, compromise dès l'origine par une erreur de navigation, et finalement engloutie par les difficultés du Nouveau Monde.

Le contexte d'une expédition ambitieuse

Né en 1643 en Normandie, René-Robert Cavelier, sieur de La Salle, s'était déjà illustré en descendant le Mississippi jusqu'à son embouchure en avril 1682, prenant possession au nom de Louis XIV de l'ensemble du bassin fluvial qu'il baptisa « Louisiane ». Fort de cette reconnaissance royale, il entreprit en 1684 une nouvelle expédition depuis La Rochelle avec quatre navires — le Joly, l'Aimable, la Belle et le Saint-François — et environ trois cents personnes : colons, artisans, soldats et quelques religieux. Son objectif était d'établir une colonie permanente à l'embouchure du Mississippi, point d'appui stratégique contre les ambitions espagnoles et poste avancé susceptible de relier la Nouvelle-France au golfe du Mexique.

Voyages de Cavelier de La Salle

Une erreur de navigation aux conséquences fatales

La Salle ne parvint jamais à l'embouchure du Mississippi. Plusieurs facteurs conjugués le conduisirent à atterrir dans la baie de Matagorda, au Texas, à environ six cents kilomètres à l'ouest de sa destination. Les cartes de l'époque étaient entachées d'erreurs significatives : elles représentaient le Mississippi comme coulant droit vers le sud, sans rendre compte de son inflexion vers l'est et le sud-est, et situaient son delta à une position de longitude inexacte. À ces imprécisions cartographiques s'ajoutèrent les effets des courants du golfe du Mexique, particulièrement marqués en hiver, qui dévièrent la flotte vers l'ouest à l'insu de l'équipage. Des instruments de navigation défectueux — notamment un astrolabe endommagé — et des erreurs de calcul de la longitude aggravèrent la situation. La brume persistante empêcha par ailleurs de rectifier la route par des observations astronomiques fiables. Persuadé d'avoir dérivé trop à l'est, La Salle corrigea sa trajectoire dans la mauvaise direction et dépassa ainsi sa cible sans le savoir.

C'est dans ce contexte que, le 18 février 1685, il établit Fort Saint-Louis sur la rivière Garcitas, à une vingtaine de kilomètres à l'intérieur des terres depuis la baie de Matagorda.

Les épreuves d'une colonie mal préparée

La colonie dut faire face à des conditions pour lesquelles elle n'était guère préparée. Le climat subtropical du Texas — étés lourds et humides, tempêtes violentes — éprouva durement des hommes habitués aux latitudes tempérées. L'Aimable s'échoua lors du débarquement dans la baie de Matagorda, emportant une partie des vivres et des provisions ; la Belle fut perdue peu après dans la même baie lors d'une tempête, privant définitivement la colonie de son dernier lien maritime avec la France. La marche initiale de plusieurs dizaines de kilomètres pour gagner le site du fort, à travers marais et bayous infestés de serpents, fit des premières victimes.


L'agriculture s'avéra un échec : les semailles de blé et de légumes périrent dans un sol inadapté sous un climat imprévisible, contraignant les colons à dépendre de la chasse et de cueillettes aléatoires. Le scorbut, maladie de carence en vitamine C chronique chez les marins soumis à de longues traversées sans vivres frais, décima rapidement la population. Après sept mois de navigation puis des mois d'isolement sans fruits ni légumes, les symptômes — fatigue extrême, hémorragies gingivales, dégénérescence des tissus — se multiplièrent, emportant plus de la moitié des colons en peu de temps.

Conflits avec les populations autochtones et fin de la colonie

Les relations avec les Karankawas — peuple côtier nomade que les Français désignaient dans leurs récits sous le nom de «Clamcoche» ou variantes approchées — se dégradèrent rapidement. Initialement pacifiques, ces contacts tournèrent à l'hostilité ouverte après que des colons se furent emparés de pirogues appartenant aux autochtones. Les escarmouches se multiplièrent, aboutissant à une attaque meurtrière contre le fort en 1688.

Entre-temps, La Salle avait quitté le fort à la tête d'une petite troupe en janvier 1687, espérant rejoindre à pied le Mississippi et de là regagner la Nouvelle-France afin d'obtenir des renforts. Il fut assassiné par plusieurs de ses hommes lors d'une mutinerie en mars 1687, quelque part dans l'actuel Texas oriental. Les derniers survivants de Fort Saint-Louis, réduits à une vingtaine de personnes, furent massacrés par les Karankawas en 1688 ou 1689. Seuls quelques enfants furent épargnés et recueillis par les autochtones, dont certains retrouvèrent plus tard les Espagnols.

Ces enfants comptent parmi les rares témoins directs de la langue et de la culture karankawas. On ne connaît en effet que quelques dizaines de mots de cette langue, recueillis par divers auteurs entre le XVIIe et le XIXe siècles, époque à laquelle elle s'éteignit. La première liste de vocabulaire karankawa — vingt-neuf mots relevant du dialecte « clamcoche », parlé au nord et au nord-est de la baie de Matagorda (baie Saint-Bernard ou baie Saint-Louis) — fut précisément fournie par les frères Pierre et Jean-Baptiste Talon, qui vécurent parmi les Clamcoches entre 1687 et 1689.

Un héritage paradoxal

Malgré son échec total sur le plan colonial, l'expédition de La Salle eut des conséquences géopolitiques durables. La présence, même éphémère, d'un établissement français au Texas alarma l'Espagne, qui intensifia en réaction l'exploration et la colonisation de cette région, fondant notamment plusieurs missions et présides destinés à affirmer sa souveraineté. La rivalité franco-espagnole pour le contrôle du golfe du Mexique et des territoires intérieurs s'en trouva renforcée, contribuant à redessiner les rapports de force en Amérique du Nord septentrionale tout au long du XVIIIe siècle.

La fondation de Fort Saint-Louis illustre par ailleurs les limites et les risques de l'exploration à l'ère préindustrielle : des cartes insuffisantes, des instruments défaillants, une logistique fragile et une méconnaissance des environnements locaux pouvaient transformer en désastre les entreprises les mieux conçues. L'expédition demeure, à ce titre, un objet d'étude précieux pour l'histoire de la navigation, de la colonisation et des contacts entre cultures européennes et autochtones.

lundi 30 décembre 2019

Louisiane — De plus en plus d'élèves scolarisés dans des classes francophones

Pour arriver à La Nouvelle-Ibérie, paisible ville de 30 000 âmes, il faut longer les champs de cannes à sucre que la brise moite du golfe du Mexique fait onduler.

Au cœur du pays cajun, entre deux bayous, s’élèvent les murs de brique de la North Lewis Elementary School. Une école publique classique, comme il y en a des milliers aux États-Unis, à un détail près. Maths, sciences, histoire, conjugaison, lecture… Les instituteurs enseignent ici le programme scolaire américain traduit en français. En Louisiane, la formule connaît un succès inédit. En deux ans, le nombre d’inscriptions a bondi de près de 20 %. À chaque rentrée, dans tout l’État, de nouvelles classes d’immersion francophone sont créées. 5 300 enfants de langue maternelle anglaise fréquentent cette filière dans 34 établissements. Ils commencent dès la kinderschool, la maternelle.



15 h 30. La sonnerie retentit. Garçons et filles, vêtus de l’uniforme de l’école sur lequel est brodée une fleur de lys, se mettent en rang. « On se calme ! » Quand on se fait réprimander, c’est dans la langue de Paris. Dans les couloirs, des affiches punaisées en VO : « Ici, on est fier de parler français. » Tour à tour, les écoliers s’engouffrent dans les pick-up de leurs parents, qui défilent devant le porche. « Durant toute ma scolarité, j’ai étudié cette langue. Mon fils, qui a commencé il y a quelques semaines, en sait déjà plus que moi », s’amuse Hillary Landry, une jeune mère de famille. La journée continue pour les enseignants qui carburent au café en salle de réunion. À l’ordre du jour, la préparation de la « French pride », un défilé célébrant la culture de plusieurs pays francophones. « Il faudrait trouver des costumes typiques », s’inquiète l’un d’eux.

À La Nouvelle-Ibérie, le français est partout et nulle part. Sur les panneaux, des noms aux sonorités familières : Thibodeaux, Charenton, Jeanerette… Entre le vieux cinéma Évangéline et le Napoléon’s bar, les effluves de poulet frit harcèlent les narines. La langue ne survit en réalité que dans le folklore, une douce nostalgie héritée de l’histoire de la région. Elle a pris racine lors de l’installation de colons venus de métropole, au début du XVIIIe siècle. Puis avec les Acadiens, arrivés à partir de 1763 [certains pourraient être arrivés plus tôt], déportés depuis l’est du Canada par les Britanniques.

Ces exilés francophones, devenus par déformation linguistique les Cajuns, ont su faire perdurer leur culture sur ces terres marécageuses jusqu’en 1921. Cette année-là, et pour presque un demi-siècle, la loi américaine interdit de parler un autre idiome que l’anglais en classe.

Leur dialecte — sorte de vieux français criblé de mots amérindiens et africains [confusion de l’auteur avec le créole ?] — tomba en désuétude. Des générations furent sacrifiées sur l’autel de l’anglicisation des États-Unis. De nos jours, seuls quelques anciens, dans des bayous reculés, maîtrisent encore la langue de leurs aïeux. Le cajun n’est plus parlé que par 25 000 personnes. « Le français, c’est notre héritage. Mais celui enseigné ici n’a rien à voir avec la langue de nos ancêtres », reprend Tim Rosamund, le directeur de la North Lewis School, bonhomme affable empruntant quelques traits à un George W. Bush rajeuni. Dans son établissement, près de 50 % des élèves déclarent discuter de temps à autre avec un aîné parlant le patois.

En inscrivant leurs enfants en immersion linguistique, les parents américains ne font pas qu’honorer leurs racines. Ils rêvent de réussite scolaire à moindre coût. Les écoles primaires qui proposent ce programme sont presque toutes publiques, gratuites et les enseignants francophones jouissent d’une excellente réputation aux États-Unis. Le Codofil, Conseil pour le développement du français en Louisiane, en chapeaute 160. « Votre pays nous envoie ses meilleurs instituteurs », susurre Tim Rosamund, comme s’il trahissait un secret industriel. Ces derniers sont détachés de leur poste dans l’Éducation nationale dans le cadre d’accords franco-louisianais pour une période d’un an, qui peut être prolongée. Certains choisissent de s’installer ici définitivement, librement recrutés par les écoles. « Tous ces professeurs sont les meilleurs ambassadeurs de notre culture, de notre langue et de notre pays », se félicite Vincent Sciama, le consul de France.

Trouver facilement du travail

Il y a aussi d’importants contingents du Québec, de Belgique et de pays d’Afrique de l’Ouest. Ils seraient environ 400, en tout, rémunérés par les paroisses [laïques] l’équivalent des comtés. Les parents sont séduits par la « french touch » de ces instituteurs : créativité et rigueur. « J’essaye de continuer à travailler comme en France, bien que le programme soit plus lourd, car le rythme de l’enfant y est mieux respecté », affirme Julie Romanello, enseignante en grande section de maternelle. « Mes confrères américains, eux, ont tendance à faire plus de cours magistraux », continue-t-elle. « Nos petits sont moins chouchoutés que dans le système éducatif américain classique », se félicite Jennifer Taylor, une maman.

Certains parents voient aussi dans ce programme linguistique une occasion pour leur progéniture d’obtenir plus tard un bon emploi, dans un État où le taux de chômage (4,5 %) — bien qu’en baisse — reste plus élevé que la moyenne nationale (3,6 %). « C’est la promesse de trouver du travail partout dans le monde », estime Annah Killgore, qui a trois enfants en immersion. À quelques kilomètres des plateformes pétrolières et gazières offshore qui continuent de faire vivre la région, « c’est une chance de faire du business avec les entreprises francophones, les firmes du secteur de l’énergie par exemple, imagine le directeur de l’école de La Nouvelle-Ibérie. Et surtout de faire tourner l’industrie du tourisme. Nous attirons beaucoup de visiteurs de France… » Tout un écosystème se met progressivement en place en Louisiane, pour faciliter les débouchés. Un premier forum pour l’emploi francophone a réuni 500 visiteurs, mi-novembre, pour mettre en relation des jeunes et des entreprises comme Total, Airbus ou la chaîne hôtelière Mariott. Une première aux États-Unis. « L’avenir en français est là, il faut le rendre possible pour tous », s’enthousiasme Vincent Sciama. Autre ambiance, au cœur d’un quartier huppé de La Nouvelle-Orléans. Face à un parcours de golf, dans une rue bordée de chênes centenaires, se dresse la Audubon School. Une institution, une marque, un modèle. Autour de l’imposante bâtisse, un potager, un terrain de sport, des aires de jeux… C’est le plus vieil établissement de tout l’État qui propose l’immersion. On y joue à la marelle en français depuis 1984.

À la différence de la plupart des autres écoles francophones, on enseigne ici le programme de l’Éducation nationale. « Il a très bonne réputation. Les parents trouvent les exigences très élevées, souligne Laure Vermeulen, la directrice. Ils réclament des dictées, ce qui n’existe pas d’habitude aux États-Unis. » Au cours de leur scolarité, ces élèves doivent réussir les tests américains. De leurs résultats dépendent les fonds publics alloués par l’administration locale. Pas question, donc, de se mettre totalement à l’heure de Paris, les enfants doivent redoubler d’efforts. « La communauté Audubon est une famille, et l’école met à notre disposition toutes les ressources pour qu’ils réussissent », explique Leland Smith, un père de famille. De l’aide aux devoirs est par exemple proposée.

L’engouement pour l’immersion passe par le bouche-à-oreille. À l’échelon national, le chinois et l’espagnol font aussi partie des programmes les plus plébiscités. En 2000, en tout, seulement 260 classes de ce genre étaient répertoriées aux États-Unis. Aujourd’hui, elles sont presque huit fois plus nombreuses. Quelques heures d’anglais permettent à ces élèves de rester au niveau de leurs camarades à la scolarité traditionnelle.

Maîtriser une deuxième langue jeune, c’est la promesse d’avoir plus de facilités dans les autres apprentissages, jure la communauté enseignante. Les enfants deviendraient à terme meilleurs que les autres ; les encadrants en sont persuadés. Surtout, les écoliers pourraient développer plus tard des facilités pour apprendre de nouveaux idiomes. Pourtant, il n’existe pas de consensus scientifique sur la question. « Les résultats des études sont très variés selon le contexte et la méthodologie. Un certain nombre d’entre elles montrent des bénéfices. En tout cas, une chose est certaine, il n’y a pas d’effet négatif », résume Patrick Rohrer, doctorant en sciences du langage au laboratoire de linguistique de Nantes, et natif de La Nouvelle-Orléans. « Cela donne des outils sur lesquels l’élève pourra s’appuyer pour apprendre d’autres langues », continue-t-il. Les retours d’expériences sont flatteurs. « Leurs professeurs au lycée remarquent aussi leur plus grande ouverture d’esprit. Ce sont des étudiants plus synthétiques, plus analytiques », souligne Laure Vermeulen.

Si les chiffres des inscriptions sont en constante hausse, l’immersion en français reste une démarche un brin extravagante au pays de l’Oncle Sam. Ici, à Audubon, c’est même presque un message politique. L’établissement est laïque dans une ville où l’enseignement catholique est très puissant. « Les parents sont plutôt des gens de gauche, du milieu artistique », pointe la directrice. Nous sommes bien loin de l’Amérique de Trump. Dans la salle des professeurs, le portrait d’Obama n’a toujours pas été décroché. Il se raconte que l’oubli est volontaire !


Source : Figaro




mercredi 13 mars 2019

Le 13 mars 1682 : l’explorateur Cavelier de La Salle prend possession de la Louisiane

René-Robert Cavelier de La Salle
D’après « Histoire de la Louisiane », volume 1, par Charles Gayarré, paru en 1846 et « La Louisiane » (par Eugène Guénin) parue en 1904.

Au cours de son deuxième voyage en Nouvelle-France, René-Robert Cavelier de La Salle s’embarqua sur le Mississippi le 13 février 1682, accompagné de 22 Français et d’une trentaine d’autochtones, et parvint sans incident à l’embouchure de la rivière des Arkansas, point où les explorateurs Louis Jolliet (1645-1700) et Jacques Marquette (1637-1675), découvreurs des sources du Mississippi, s’étaient arrêtés en 1673.

L’expédition comprenait notamment un autre explorateur, le chevalier de Tonti, qui en fit le récit suivant :