Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
mercredi 9 septembre 2026
Baisse du niveau scolaire : l'alerte de Madeleine de Jessey
jeudi 10 octobre 2024
Anne Coffinier : « L'école s'enfonce depuis 25 ans »
Ancienne élève de l'ENS et de l'ENA, Anne Coffinier s'est spécialisée dans l'entreprenariat social fondant notamment l'association "Créer son école", militant pour l'enseignement libre
mercredi 9 octobre 2024
L’islamisme et l’extrémisme se sont-ils implantés à l'école ?
Dans «L’école sous emprise» (L’Archipel), Jean-Paul Brighelli, ancien enseignant au collège et au lycée, montre comment l’islamisme et l’extrémisme se sont implantés à l’école. Regardant la crise d’un point de vue global, il donne les mesures à prendre d’urgence, selon lui.
vendredi 6 septembre 2024
France — L’insolent succès des écoles libres hors contrat (non subventionnée)
À rebours de la tendance générale en France, les écoles libres hors contrat ouvrent plusieurs centaines de classes en cette rentrée, souligne Michel Valadier, directeur de la Fondation pour l’école dans le Journal du dimanche.
Ce lundi 2 septembre, 12 millions d’élèves prendront le chemin de l’école pour effectuer leur rentrée scolaire, dont 10 millions dans les écoles publiques. À cette occasion, L’institution scolaire connaît une crise très grave depuis plusieurs dizaines d’années. 27 % des élèves entrant en 6e ne savent pas lire ou compter convenablement (1).
Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) mesure les performances des systèmes éducatifs des pays membres et non membres de l’OCDE. Cette évaluation se déroule tous les 3 ans et vise à tester les compétences des élèves de 15 ans en lecture, sciences et mathématiques. En 2024, l’on constate que la France a dégringolé à la 23e place sur 85 pays participants.
Un autre phénomène également inquiétant, mais rarement évoqué est celui de la fermeture de 3 000 classes à la rentrée (2 500 dans le public et 500 dans le privé sous contrat). Ceci résulte de la baisse du nombre de naissances. Ainsi, Mme Belloubet, ministre démissionnaire de l’Éducation nationale, déclarait au Sénat le 9 avril 2023 que « depuis 2017 la France a perdu 400 000 élèves ».
Plus de 300 nouvelles classes dans les écoles libres hors contrat
Les chiffres présentés dans ces deux graphiques montrent l’ampleur de ce phénomène :
En 30 ans, le nombre d’établissements est passé de 40 à près de 2 600, soit une multiplication par 65 ! 4,4 % des établissements scolaires en France sont désormais des écoles libres hors contrat. Et ils scolarisent 130 000 élèves, ce qui représente 6,5 % des élèves qui ne fréquentent pas l’école publique.
L’Administration prend depuis dix ans conscience de cette évolution et agit dans un domaine où elle excelle : la réglementation. Les lois se sont accumulées pour durcir les conditions d’ouverture, élargir et systématiser les inspections plus ou moins intrusives, parfois sous couvert de lutte contre l’islamisme alors que le nombre d’écoles de confession musulmane est modeste (58 recensées) et que — rappelons-le — la totalité des terroristes islamistes identifiés jusqu’ici sont passés par l’école publique.
Mais ces tracasseries n’ont aucun effet visiblement, les fondateurs d’écoles s’adaptent et se professionnalisent. Un créateur d’école en témoignait encore récemment : « Finalement, l’Administration nous oblige à être très rigoureux dès le départ, cela nous rend plus solides et rassure les familles ! ». La DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance), organisme statistique de l’Éducation nationale, leur consacre depuis deux ans une étude spécifique. Bref, de guerre lasse, le ministère apprend à « faire avec » les écoles libres hors contrat.
Fuite des familles vers le privé
Les familles du public qui le peuvent fuient vers le privé sous contrat [subventionné, mais moins libre quant au recrutement et programme scolaire] et ce phénomène s’étend de plus en plus fortement vers les écoles libres dites hors contrat, malgré les défis entre autres financiers que cela implique.
Que penser de cet évitement qui prend chaque année plus d’ampleur ? La crise de l’école publique remonte à plus de 50 ans, lorsque les pédagogistes ont considéré que le professeur, devenu enseignant n’avait « rien à transmettre » (2) et ont imposé des méthodes déstructurantes et déresponsabilisantes (méthode globale, fin de l’enseignement chronologique de l’Histoire, nouvelle classification des espèces en SVT, suppression des notes, etc.) Et ceci dans un contexte de contestation de toute autorité et de perte du pouvoir pour les directeurs d’établissement.
Par ailleurs, certains observateurs considèrent que le phénomène est aggravé par l’immigration liée au regroupement familial, des familles souvent concentrées aux mêmes endroits et dont les enfants se retrouvent dans les mêmes classes alors que le français n’est pas toujours leur langue maternelle, ce qui rend très difficile le travail des professeurs (3).
Du côté des écoles privées sous contrat, le constat est moins dramatique, mais n’est pas sans nuages pour autant. D’une part, elles sont souvent limitées dans l’ouverture de nouvelles classes en raison de « l’accord » Lang/Cloupet de 1992 qui limite à 20 % maximum le nombre de classes sous contrat.
Et d’autre part, elles traversent une crise d’identité. En effet, la plupart de ces écoles ont cessé d’être confessionnelles et ne font que « proposer » un enseignement religieux. Le catéchisme ou encore les prières ne font plus partie de l’emploi du temps de tous les élèves. Malgré le fameux « caractère propre » concédé par la loi Debré de 1959, elles se retrouvent piégées depuis l’abandon quasi général du contrat simple qui, lui, permet de conserver cette liberté, ce qui n’est pas le cas du contrat d’association. La façon dont s’est conclue la polémique autour du Collège Stanislas à Paris au printemps dernier l’illustre bien. Jusqu’ici tous les élèves suivaient les cours de catéchisme, ce ne sera plus le cas. Le Directeur diocésain a en effet écrit le 24 mai 2024 qu’à partir de cette rentrée, les temps de prières et le catéchisme « seront nécessairement facultatifs » (4), dans une école pourtant catholique.
27 % des écoles libres hors contrat sont confessionnelles, toutes confessions confondues (5). Leurs créateurs sont motivés par le souhait qu’ils ont d’offrir aux élèves une école en cohérence avec les croyances et les valeurs de leurs parents.
Et, tout comme les fondateurs des écoles aconfessionnelles, ils ne se résignent pas face à la baisse inexorable du niveau et veulent promouvoir des méthodes pédagogiques efficaces et éprouvées.
Finalement, tous ces fondateurs ont un point commun : ils ont pris en main ce problème et exercent leur droit à la liberté de l’enseignement. Ce faisant, nul doute qu’ils contribuent avec courage et détermination à résoudre la crise de l’école en France.
Sources :
1. DEPP – série études n° 2023-07, novembre 2023.
2. Témoignage de François-Xavier Bellamy in Les Déshérités ou l’urgence de transmettre — Plon.
3. « L’immigration, ce tabou dans l’effondrement du niveau scolaire ». Joachim Le Floch-Imad, Le Figaro du 7 décembre 2023.
4. Le Figaro du 31 mai 2024.
5. Fondation pour l’école
jeudi 5 septembre 2024
Repenser l’enseignement de Philippe Nemo
Si l’on veut remonter la pente, il faut repenser tant les structures que les contenus d’enseignement. Il est indispensable d’instaurer un pluralisme permettant autonomie, émulation et responsabilité, ce qui pourra se faire au sein même du service public, par déconcentration ou décentralisation, mais aussi par le développement d’un secteur privé d’un nouveau type associant financement public et prestation par des acteurs non étatiques. Cette liberté retrouvée permettra de mettre sur pied un enseignement secondaire diversifié comportant, d’une part, des filières techniques et professionnelles d’excellence, d’autre part, un secondaire académique rompant avec le non-sens du « collège unique ». Ainsi pourront être formés les scientifiques, ingénieurs, médecins, administrateurs, experts en tous domaines dont la France a évidemment besoin si elle veut tenir son rang face aux nations qui menacent de la dépasser aujourd’hui sur les plans scientifique, économique et géopolitique.
Repenser l'enseignement
par Phillippe Nemo,
paru le 4 septembre 2024,
aux Presses universitaires de France,
à Paris,
272 pages,
ISBN-10 : 2130870155
ISBN-13 : 978-2130870159
Philippe Nemo est philosophe, spécialiste d’histoire des idées morales et politiques. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages, dont trois portant déjà sur les problèmes d’éducation. Il a créé et dirige l’École professorale de Paris. Dernier ouvrage : La Philosophie de Hayek, coll. « Quadrige », PUF, 2023.
vendredi 28 avril 2023
Québec — Résister au corporatisme des facultés en éducation
Un texte d’Antoine Robitaille paru dans le Journal de Québec.
À quelque chose, malheur est bon.
Puisqu’il manque quelque 1000 enseignants dans nos écoles, on va valoriser le savoir et les connaissances.
Je m’explique : nos écoles sont pleines de « NLQ », dont je vous ai déjà parlé. Ces profs étiquetés « non légalement qualifiés » (NLQ), puisqu’ils n’ont pas complété la voie royale vers le métier : quatre ans dans une faculté des sciences de l’éducation.
L’ennui : une bonne partie des NLQ ont déjà (au moins) un baccalauréat [licence en Europe] dans une discipline donnée. S’ils peuvent exercer le métier, c’est qu’ils se trouvent sous le coup d’une « tolérance d’enseignement » renouvelable une fois par décennie.
Mais ils ne seront jamais admissibles au fameux brevet d’enseignement, à moins qu’ils fassent une « maîtrise qualifiante » de 60 crédits, qui peut prendre deux ans à temps plein et plus longtemps à temps partiel.
Après avoir enseigné plus de 15 ans avec une « tolérance », un lecteur enseignant m’a écrit il y a quelques mois qu’il était enfin devenu « légal » il y a 4 ans, grâce à une telle maîtrise.
Il se disait « particulièrement amer » d’avoir été contraint de débourser « près de 10 k » afin de se former à un métier qu’il exerçait depuis 15 ans… « sans sécurité d’emploi ».
Voie rapide
La pénurie devenant plus aiguë, le ministre Drainville a demandé, en janvier, aux universités de développer des passerelles en pédagogie de 30 crédits. Tous ses prédécesseurs avaient malheureusement refusé cette solution qui tombe sous le sens.
Vous avez un bac en français, mathématiques, anglais, histoire, géographie, etc., etc. ? Vous complétez ce parcours court (les 30 crédits) et vous voilà admissible au brevet.
La Téluq, dont tous les cours sont à distance, est toutefois la seule université (sur 13 candidates potentielles) qui a jusqu’à maintenant proposé un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) pour les niveaux préscolaire et primaire. Il sera disponible dès l’automne 2023. Le ministre Drainville souhaite étendre ce type de solution au niveau secondaire.
Résistance
Mais la résistance est forte. Fin mars, Jean Bélanger, le président de l’ADEREQ (Association des doyens, doyennes et directeurs, directrices pour l’étude et la recherche en éducation au Québec) déclarait : « On pense que le programme n’est pas suffisant pour obtenir le brevet d’enseignement. »
Dans Le Devoir hier, des professeurs de l’UQAM aussi s’élevaient contre les passerelles « Drainville » : « Diminuer les attentes de formation pour répondre à une crise à court terme […] ne constitue certainement pas une solution durable au double problème de la qualité de l’enseignement et de la constitution d’une solide relève enseignante. »
Les mots peuvent être trompeurs.
Permettre aux personnes diplômées dans une discipline d’accéder plus facilement au métier d’enseignant, est-ce vraiment diminuer « les attentes » ?
Au contraire, n’est-ce pas rendre le métier plus attrayant à des personnes possédant de solides formations disciplinaires ? Ça me semble être une manière de valoriser le savoir, les connaissances. Ceux qui appuient la solution des 30 crédits le soulignent. Souvent, ce sont des voix émanant du « terrain ».
Les universités, qui décernent des diplômes dans tous les domaines, devraient résister à la résistance émanant des départements de sciences de l’éducation. Et le ministre Drainville devrait insister pour persister dans cette voie.
Voir aussi
Des professeurs autrement qualifiés
Québec — Les intérêts du ministère et des syndicats au centre du système scolaire ?



