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vendredi 23 juin 2023

Georges Buscemi sur la résistance de parents et d'élèves contre l’activisme LGBTQ2SAI+ dans les écoles (vidéos)

Entretien de Georges Buscemi, le président de Campagne Québec-Vie, la principale organisation pro-vie au Québec, sur Théovox de jeudi dernier. Lors de cet entretien, il était question de la résistance de parents contre l’activisme LGBTQ2SAI+ dans les écoles.

Georges Buscemi fait allusion à cet incident qui s’est produit le 16 avril de cette année quand une centaine d’étudiants de l’école secondaire Chêne-Bleu, à Pincourt (Montérégie de l’Ouest) ont piétiné le drapeau LGBT arraché par un de leur camarade salué par la foule qui huait le symbole LGBTQ2SAI+.

« Une vidéo de l’incident a été largement diffusée sur les réseaux sociaux. »

Il y a quelques semaines, un intervenant de l’Association LGBTQ2+, Vaudreuil-Soulanges, s’était rendu à l’école pour faire de la sensibilisation auprès des élèves. Selon Julie Lemieux, les élèves sont de plus en plus réticents à l’idéologie LGBT « Notre intervenant sentait beaucoup de fermeture, de résistance venant des étudiants. Il a trouvé très difficile son passage à l’école », commente-t-elle.

Cet événement est loin d’être isolé et a plutôt tendance à prendre de l’ampleur. Selon TVA Nouvelles, des élèves de deux écoles secondaires en Estrie ont protesté contre la journée contre l’homophobie et la transphobie. À l’école internationale du Phare, une pétition a été lancée pour retirer les symboles LGBTQ+ et des jeunes ont arraché les affiches et les drapeaux. Le CSSRS a confirmé que des mesures ont été prises à l’égard des élèves fautifs. À l’école secondaire La Frontalière de Coaticook, des élèves se sont vêtus de noir au lieu des couleurs de l’arc-en-ciel. Des sanctions ont été imposées et le CSSHC a assuré que des actions de « sensibilisation » (endoctrinement renforcé ?) seront menées.

L’idéologie du wokisme semble perdre de son attrait et agace les élèves qui doivent habituellement se conformer à la doxa dans le silence. Un autre élément important à noter est que les commentaires sous les vidéos et les publications sur les réseaux sociaux soutiennent massivement les élèves qui se rebellent contre le drapeau LGBTQ+.

La CBC nous apprend par ailleurs qu’au Nouveau-Brunswick le Premier ministre, Blaine Higgs, maintient sa volonté de changer la politique 713, prétendument conçue « pour protéger les étudiants LGBTQ ».

Parmi ces changements, les élèves de moins de 16 ans doivent désormais obtenir la permission de leurs parents pour que les enseignants et le personnel utilisent les noms et pronoms qu’ils ont choisis.

Mme Higgs a défendu ce changement, affirmant que les informations concernant un enfant ne devraient pas être cachées à ses parents.

« Nous essayons de trouver un moyen de protéger les enfants et d’impliquer les parents lorsque le moment est venu et de faire participer les bonnes personnes à ce processus », a-t-il déclaré.

La menace d’élections sur cette question a été évoquée par M. Higgs après qu’il a été confronté à la rébellion de plusieurs de ses principaux ministres en réponse à la révision de la politique. Depuis lors, un ministre a démissionné du cabinet de M. Higgs.

Jeudi, après avoir entendu M. Higgs parler à l’Assemblée législative de sa conviction que la dysphorie de genre est devenue « à la mode » et que l’acceptation croissante de cette maladie nuit aux enfants et exclut les parents, l’ancienne ministre Dorothy Shephard s’est levée et a quitté l’assemblée.

Alors que le Premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, parlait jeudi à l’Assemblée législative de sa conviction que la dysphorie de genre est devenue « à la mode » et que son acceptation accrue nuit aux enfants et exclut les parents, la ministre Dorothy Shephard s’est levée et a quitté l’Assemblée. Elle a ensuite démissionné de son poste de ministre du Développement social.

En réponse aux critiques de M. Shephard, M. Higgs a déclaré qu’il reconnaissait que les décisions prises à l’Assemblée législative ne seraient pas toutes unanimes, mais que la majorité du caucus avait convenu qu’il fallait « trouver une manière de gérer » la politique 713.



mardi 28 février 2023

Nouveau-Brunswick : Forcé d’aller à la garderie en anglais, un enfant y perd son français

Clara Drolet a dû envoyer son fils dans une garderie anglophone faute de place dans les garderies francophones de la région de Fredericton. Vers l'âge de deux ans et demi, ils ont remarqué que leur enfant ne parlait pas beaucoup, et une orthophoniste a constaté que la communication avec lui était difficile car il pensait et se développait dans la langue entendue à la garderie, l'anglais. L'orthophoniste a proposé aux parents d'envoyer leur enfant dans un programme de francisation, qui a permis au français de leur fils de revenir progressivement une fois à l'école, à partir de 5 ans. Cependant, l'influence de l'anglais reste perceptible, et leur fils doit faire davantage d'efforts pour parler français, ce qui montre selon Clara Drolet l'importance d'assurer des services de garde en français dans la communauté.

Sylvie Blain, professeure à l'Université de Moncton, explique que le manque de places en garderie francophones peut avoir des conséquences sur le parcours scolaire des enfants, et que fréquenter un milieu anglophone lors de la petite enfance jette les bases de l'assimilation car l'apprentissage langagier commence dès le plus jeune âge. Elle recommande d'immerger son enfant dans sa langue maternelle pour palier, en lisant des livres en français, regardant la télévision ou YouTube dans la langue de Molière.

Enfin, le juriste Michel Doucet estime que la province du Nouveau-Brunswick devrait avoir l'obligation d'offrir des services de garderie dans les deux langues officielles, bien qu'il n'y ait pas de droit linguistique qui garantisse l'accès à des places en français dans les garderies.
 
Plus de détails : SRC

jeudi 18 août 2022

Le bilinguisme, l'apanage des francophones

Le bilinguisme anglais-français est l’apanage des francophones. Ce n’est pas le signe d’une supériorité intellectuelle, mais de l’inutilité structurelle du français au Canada pour avoir un emploi. 

Les zones majoritairement francophones au Nouveau-Brunswick correspondent aux zones avec le plus haut taux de bilinguisme.

De même c’est au Québec que la proportion des bilingues augmente alors qu’elle baisse au Canada. C’est que le français ne sert à rien au Canada alors que l’anglais s’impose à tous, même à la majorité des francophones du Québec (où on l’exige parfois à tort et à travers pour de nombreux emplois).
 
Le taux de bilinguisme français-anglais augmente au Québec et diminue hors Québec depuis 2001
 
 
Le fait que les anglophones (unilingues) gagnent nettement plus que les francophones (unilingues) au Québec montre bien que c’est l’anglais qui prime. Les personnes qui utilisent uniquement l’anglais au travail gagnent annuellement en moyenne 46 047 $, comparativement à 38 346 $ pour celles qui utilisent seulement le français. Les personnes qui disent utiliser les deux langues au travail gagnent un peu plus (51 294 $) que les anglophones unilingues en moyenne. Cependant, ceux qui gagnent le plus au Québec sont souvent des anglophones de naissance unilingues alors que la moyenne salariale « anglophone » baisse à cause d’un grand nombre de travailleurs pauvres immigrants récemment installés au Québec qui ne parlent pas français, mais bien la langue des vrais patrons.
 

 

L'importance déterminante de l'anglais au Québec est encore illustrée par le fait que les francophones qui utilisent seulement le français au travail gagnent 38 737 $, ceux utilisant le français et l'anglais gagnent 55 021 $ tandis que ceux utilisant seulement l'anglais gagnent 56 439 $. Un peu plus de 20 % de ces emplois se trouvent dans le secteur de la santé, enseignement, droit et services sociaux, communautaires et gouvernementaux (20,8 %). Secteur qui pourrait être francisé puisqu'il n'implique pas le contact avec l'étranger.


Une solution partielle : le Québec devrait imposer l’emploi du français dans la correspondance avec l’administration publique du Québec et la tenue des dossiers des hôpitaux, des assureurs, des avocats, des ingénieurs, des architectes, des professions de la santé et des services sociaux. Mettre fin au financement public des cégeps et universités anglophones. Plus de services de l’administration en anglais, plus de « Press ‘9″ for English ». Faire comme la Flandre en Belgique vis-à-vis du français.

jeudi 25 janvier 2018

Ontario et Nouveau-Brunswick — Augmentation des incidents violents à l'école force enseignants à se cuirasser de kevlar

Certains enseignants de la région de Waterloo (Ontario) ressentent désormais le besoin de porter des vêtements en Kevlar pour se protéger en raison de la tendance croissante à la violence dans les salles de classe. Le kevlar est une fibre très résistante qui entre notamment dans la fabrication de gilets pare-balles.

« Nous avons affaire à tout : des morsures, des coups de pied et de poing », a déclaré Jeff Pelich, vice-président de la section locale de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario.

« Plusieurs de nos enseignants, assistants pédagogiques, et éducateurs auprès des enfants et des jeunes, doivent désormais porter du Kevlar, de porter des gilets complets pour se protéger contre les coups de poing et de pied. »

1 300 incidents violents

La dernière année scolaire, il y a eu environ 1 300 incidents violents entre élèves et enseignants au niveau élémentaire dans le conseil scolaire de la région de Waterloo, comparativement à environ 900 l’année précédente.

Les chiffres faisaient partie d’un rapport présenté à la réunion du comité plénier de la commission scolaire lundi soir.

Le surintendant Scott Miller passe en revue les incidents d’agression étudiante.

Les vêtements de Kevlar peuvent comprendre des gilets, des manches ou des jambières. Les enseignants de la région de Durham (Ontario) et du Nouveau-Brunswick ont ​​également eu recours à l’équipement de protection.

Pelich a déclaré que l’équipement de protection est généralement porté par les enseignants qui travaillent dans des classes qui regroupent de 8 à 12 étudiants qui ont une variété de besoins spéciaux.

Il a dit qu’il n’y a pas de chiffres exacts sur le nombre de gilets portés, mais a déclaré que les demandes augmentent, en particulier pour les assistantes en éducation qui travaillent seules avec des élèves individuellement afin de s’assurer qu’elles ne se blessent pas.

Ailleurs au Canada, le syndicat des enseignants anglophones du Nouveau-Brunswick (NBTA) affirme que certains de ses membres portent des vêtements faits de kevlar pour se protéger contre des situations violentes en salle de classe. Selon le président de la NBTA, Guy Arseneault, la politique d’inclusion scolaire au N.-B. et son application inégale ont créé des situations de violence dans les salles de classe. D’ailleurs, révèle-t-il, une enseignante lui a récemment signalé qu’elle avait été frappée par deux élèves différents dans la matinée. Un peu plus tard le même jour, elle a encore reçu un coup de pied et un coup de poing.

Pas de données sur le phénomène au Nouveau-Brunswick

Un porte-parole du syndicat, Larry Jamieson, affirme que les règles sur la confidentialité l’empêchent de révéler le nombre d’enseignants qui portent du kevlar ou qui paie ces vêtements.

Les mêmes règles l’empêchent d’être plus précis sur l’ampleur du phénomène de la violence dans les salles de classe. Il reconnaît que le syndicat n’a pas de données précises sur le phénomène, mais précise qu’il reçoit quand même des témoignages anecdotiques d’enseignants.

« On a également recommandé à certains enseignants, dans certaines situations, de porter de l’équipement de protection comme du kevlar lorsqu’ils travaillent auprès d’un élève en particulier ou d’un groupe d’élèves. », dit-il.

Une révision de la politique d’inclusion exigée

La NBTA demande au ministère de l’Éducation de mener une révision de la politique sur l’inclusion scolaire et de la façon dont elle est appliquée dans les écoles de la province.

Source CBC et SRC

lundi 9 novembre 2015

Sexologue clinicienne : « les cours de sexualité en milieu scolaire font fausse route »

La sexologue clinicienne, Sœur Marie-Paul Ross, quitte le Québec pour s’installer en Acadie. Selon Radio-Canada, son arrivée pourrait transformer les cours de sexualité dans les écoles du Nouveau-Brunswick. Plusieurs pays lui ont fait part de leur intérêt, mais c’est l’Acadie qu’elle a choisie. « C’est vraiment ici, je n’ai pas de doute, confie-t-elle. Je me suis sentie tout de suite dans la place où je sentais qu’il fallait faire quelque chose pour le monde. » Elle compte ouvrir un centre de santé international à Cocagne. La sœur a elle-même dessiné le plan de l’Institut de développement intégral. Diverses thérapies seront offertes, mais la priorité sera la santé sexuelle des jeunes. « C’est un institut qui se veut unique au monde, explique-t-elle. Il est unique au monde de par sa méthode et on veut qu’il soit international. » Docteure Ross souhaite aussi former des intervenants qui se déplaceront dans les écoles.

Point de non-retour


Marie-Paul Ross dresse un bilan extrêmement dur à l’égard des jeunes Québécois. Selon elle, le point de non-retour est atteint. « Ce n’est pas normal que nos jeunes ne veuillent pas entendre parler d’une sexualité saine, dit-elle. On le sait que leur éducation sexuelle c’est la pornographie. » « C’est la pornographie qui a pris le pouvoir sur l’éducation sexuelle. Donc c’est une éducation à la déviance sexuelle. » — Marie-Paul Ross. Elle est convaincue que les cours de sexualité en milieu scolaire font fausse route. La spécialiste croit qu’il faut impliquer les sentiments. « Le condom ils s’en foutent, la protection, les grossesses non désirées. Ils ne sont pas là, ils sont dans la passion et l’excitation. »

Inefficaces pour lutter contre les maladies sexuellement transmissibles

Notons que les cours d’éducation à la sexualité souvent vendue aux parents comme essentiels pour éviter des « comportements à risques » n’ont pas fait leurs preuves à ce titre : il y a recrudescence des maladies vénériennes dans les pays occidentaux, peu importe la présence d’éducation à la sexualité moderne. Voir Le cours d’éducation sexuelle ontarien évite-t-il l’augmentation du nombre de maladies vénériennes ?, Malgré l’éducation sexuelle, recrudescence des maladies vénériennes en Suède.

Voir aussi

Humour — « Une majorité des Québécois préfèrent la connaissance à l’ignorance »

Québec — éducation sexuelle : dispense en 1992, aucune exemption en 2015.

Le syndicat CSQ suggère des livres homosexuels et transgenres aux garderies et écoles primaires

Projet-pilote à l’école : lutte aux stéréotypes, sextos, homosexualité et porno au menu

Québec — une quinzaine de projets-pilotes en éducation à la sexualité seront mis en place

Étude : Environ 70 % des ados qui se disaient LGBT se déclarent hétérosexuels par la suite

Le cours d’éducation sexuelle ontarien évite-t-il l’augmentation du nombre de maladies vénériennes ?

Malgré l’éducation sexuelle, recrudescence des maladies vénériennes en Suède

Peter Hitchens : Plus d’éducation à la sexualité cause plus de maladies sexuelles et de grossesses parmi les adolescentes (exemples en Angleterre), vidéo (en anglais) devant audience à Norwich.


mardi 11 décembre 2012

PIRLS — Les jeunes élèves québécois lisent moins bien que élèves du reste du Canada


Le Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS) est une évaluation internationale qui dégage les tendances dans le rendement en lecture des élèves de 4e année et dans les politiques et des pratiques en matière de "littératie". L’étude est réalisée tous les cinq ans par l’Association internationale pour l’évaluation du rendement scolaire (AIE), consortium indépendant d’instituts de recherche et d’organismes gouvernementaux.

Les résultats des élèves du Québec sont demeurés stables, ils se classent sous la moyenne canadienne.

Lors de cette évaluation, les élèves devaient répondre à des questions à choix multiples et à des questions à réponse construite. Plus d’un quart de million d’élèves, ainsi que leurs parents, leurs enseignantes et enseignants et les directrices et directeurs de leurs écoles, ont également rempli des questionnaires les interrogeant sur divers facteurs contextuels, à la maison et à l’école, associés au rendement en lecture.

Résultats en lecture selon le pays ou la province
Rang Pays et province  Note
moyenne 
 Écart
Type
1Hong Kong (RAS)571(2,3)
2Fédération de Russie568(2,7)
3Finlande568(1,9)
4Singapour567(3,3)
5Irlande du Nord558(2,4)
6Colombie-Britannique556(3,2)
7États-Unis556(1,5)
8Danemark554(1,7)
9Croatie553(1,9)
10Formose (Taïwan)553(1,9)
11Ontario552(2,6)
12Irlande552(2,3)
13Angleterre552(2,6)
14Nouvelle-Écosse549(2,4)
15Alberta548(2,9)
16Canada548(1,6)
17Terre-Neuve-et-Labrador546(2,8)
18Pays-Bas546(1,9)
19République tchèque545(2,2)
20Suède542(2,1)
21Italie541(2,2)
22Allemagne541(2,2)
23Israël541(2,7)
24Portugal541(2,6)
25Hongrie539(2,9)
26Québec538(2,1)
27République slovaque535(2,8)
28Bulgarie532(4,1)
29Nouvelle-Zélande531(1,9)
30Slovénie530(2,0)
31Autriche529(2,0)
32Lituanie528(2,0)
33Australie527(2,2)
34Pologne526(2,1)
35France520(2,6)
36Nouveau-Brunswick francophone514(2,7)
37Espagne513(2,3)
38Norvège507(1,9)
39Belgique (francophone)506(2,9)
40Roumanie502(4,3)
Point central de l’échelle du PIRLS500
41Géorgie488(3,1)
42Malte477(1,4)
43Trinité-et-Tobago471(3,8)
44Azerbaïdjan462(3,3)
45Iran (République islamique)457(2,8)
46Colombie448(4,1)
47Émirats arabes unis439(2,2)
48Arabie séoudite430(4,4)
49Indonésie428(4,2)
50Qatar425(3,5)
51Oman391(2,8)
52Maroc310(3,9)

Forte progression des premiers, stabilité du Canada et du Québec

Alors que le Canada et le Québec ont des résultats stables depuis 2001 : le Québec progresse d'un seul point non statistiquement significatif et le Canada de quatre points, les premiers du classement ont beaucoup progressé. Hong-Kong, la Russie et Singapour augmentent leurs résultats de près de 40 points.

Même les États-Unis ont bien progressé.  Depuis 1997, la lecture y est devenue un combat national. À cette date, le Congrès a mis en place une commission chargée de faire la synthèse de toutes les recherches scientifiques sur l'apprentissage de la lecture, d'identifier les méthodes les plus efficaces et d'établir un plan de bataille, le National Reading Panel, qui a sensibilisé de nombreux Etats de l'Union. Résultat : les écoliers américains ont nettement amélioré leurs performances en lecture depuis dix ans.

Peu de lecteurs très avancés au Québec

Par rapport aux autres pays, le Canada affiche un pourcentage moindre d’élèves ayant un faible rendement, mais il présente également une proportion plus faible d’élèves très performants par rapport aux pays en tête de classement. En outre, les élèves des écoles de langue anglaise au Canada sont plus nombreux que leurs camarades des écoles de langue française à se classer aux seuils repères élevé et avancé. Pour ce qui est de l’écart des résultats selon le sexe, les filles sont proportionnellement plus nombreuses que les garçons à atteindre le seuil repère avancé au Canada.


Le Québec affiche un pourcentage moindre d'élèves performants (43 %) et très performants (7 %) que la moyenne internationale, respectivement 44 % et 8 %. En d'autres mots, le Québec a peu de très bons lecteurs, mais sa moyenne est supérieure à la moyenne internationale parce qu'il a moins de très mauvais lecteurs. Plusieurs pays avec une note moyenne moins bonne que le Québec ont un nombre plus important de lecteurs performants (voir ci-dessous).

Pourcentage d'élèves en fonction des seuils de rendement
RangPays et province%
Avancé
%
Élevé
1Singapour2462
2Hong Kong (RAS)1867
3Fédération russe1963
4Finlande1863
5Irlande du Nord1958
6États-Unis1756
7Angleterre1854
8Colombie-Britannique1555
9Irlande1653
10Ontario1554
11Formose (Taïwan)1355
12Danemark1255
13Nouvelle-Écosse1452
14Croatie1154
15Israël1549
16Alberta1351
16Canada1351
18Terre-Neuve1350
19Hongrie1248
20Nouvelle-Zélande1445
21République tchèque850
22Bulgarie1145
23Italie1046
23Allemagne1046
25Portugal947
25Suède947
27Pays-Bas748
28Australie1042
29République slovaque844
Médiane internationale844
30Slovénie842
31Québec743
32Lituanie639
33Autriche539
34France535
35Nouveau-Brunswick (francophone)829
(Classement par ordre décroissant de la somme des élèves à rendement avancé et élevé)

Langue parlée à la maison et influence des parents

Les élèves qui parlent toujours la langue du test à la maison obtiennent un meilleur rendement en lecture.



Le PIRLS confirme également le rôle incontestable des parents comme modèle principal de comportement en lecture. À l’échelle internationale comme au Canada, les élèves dont les parents affirment aimer la lecture ont un rendement en lecture nettement supérieur à celui des élèves dont les parents n’aiment pas la lecture.

Motivation des élèves importante

Ce rapport examine également le rendement des élèves en lecture à la lumière de leurs attitudes, de leurs comportements et de leurs activités en dehors de l’école. Les résultats montrent que les élèves du Canada comptent parmi ceux qui aiment le plus lire au monde et cette propension a une relation positive avec leur rendement en lecture. En outre, les filles aiment plus lire que les garçons, mais les résultats du PIRLS montrent toutefois que les garçons qui aiment lire affichent un aussi bon rendement que les filles. La motivation des élèves vis-à-vis de la lecture et l’investissement des élèves dans les leçons de lecture sont deux autres facteurs qui ont une relation positive avec leur rendement en lecture. Plus les élèves sont motivés ou investis dans leurs leçons de lecture, plus leurs résultats en lecture sont élevés.

Fort taux d'exclusion d'élèves au Canada et au Québec

Au Canada, la population d’élèves de 4e année a été couverte à 90,1 p. 100, avec un taux d’exclusion pondéré global de 9,9 p. 1001. D’un point de vue international, il s’agit de l’un des taux d’exclusion les plus élevés, avec seulement trois participants comptant plus d’exclusions que le Canada : la Région administrative spéciale de Hong Kong (11,8 p. 100), Israël (24,6 p. 100) et la Floride, aux États-Unis (12,9 p. 100). Dans la plupart des autres pays, le taux d’exclusion ne dépassait pas 5 p. 100. Aussi, faut-il être prudent lorsqu’on généralise les résultats du PIRLS à l’ensemble de la population d’élèves de 4e année au Canada.

En règle générale, les élèves (immigrants pour la plupart) qui avaient suivi moins d’une année d’enseignement dans la langue du test devaient être exclus des tests PIRLS. À l’échelle provinciale, le taux d’exclusion à l’échelle des élèves va de 1 p. 100 au Québec à 9,7 p. 100 en Colombie-Britannique. Par contre 99 % des écoles de Colombie-britannique faisant partie de l'échantillon initial ont participé à l'étude, alors que seules 96 % des écoles québécoises l'ont fait.

Le cas italien.. et mormon

Au niveau international, le rapport entre le niveau d’études des enseignants et le rendement en lecture des élèves est positif et linéaire jusqu’au niveau du baccalauréat universitaire.

En ce qui concerne le niveau des études de deuxième et troisième cycle universitaire, les gains sont inégaux d’un pays à l’autre (et il n’y a pas de différence au Canada).

Étrangement, les résultats italiens en lecture sont légèrement supérieurs à ceux du Québec, mais un tiers au moins des institutrices italiennes de 4e année n’ont qu’un diplôme de l’école secondaire.

Il n'est pas clair, pour nous, s'il y a un lien de cause à effet dans cette corrélation : les pays les plus avancés et consacrant le plus de temps et d'argent à l'alphabétisation demandant une plus longue formation sans que celle-ci soit nécessairement utile à un bas âge. Rappelons que la meilleure école primaire en Colombie-Britannique selon le classement de l'Institut Fraser est une école de mormons polygames où aucune des institutrices n'a même un diplôme universitaire à notre connaissance.




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mardi 29 mai 2012

La presse hors Québec compare avec une certaine incrédulité les frais de scolarité

Pour le Fiagro de Paris, le grand fossé qui, depuis des lustres, sépare les 8 millions de Québécois du reste du Canada, à majorité anglophone, semble ces dernières semaines redevenu insurmontable.

Le Figaro publie cette carte qui compare les frais de scolarité au Canada :




Depuis le début de la « révolution érable », les médias anglophones répercutent l'incrédulité et l'indignation du reste du pays. Non sans excès, et parfois mauvaise foi. Cette révolte étudiante, dénonce Gary Mason, éditorialiste du quotidien de Toronto (Ontario) Globe and Mail , est un pur « caprice d'enfants gâtés », qui ne se rendent pas compte que les frais d'inscription universitaires au Québec sont déjà «ridiculement bas» par rapport au reste du pays. Sa collègue Margaret Wente fustige les Québécois, ces « Grecs du Canada », en référence au pays qui rejette les mesures d'austérité imposées par l'Europe. Excédée par les débordements, Wente résume ainsi la «mentalité» des étudiants en grève  : « L'État nous doit tout et si nous ne l'obtenons pas, nous allons provoquer une émeute. »

L'hebdomadaire Maclean's de Toronto va encore plus loin. Après avoir en 2010 titré sur « la province la plus corrompue » du Canada, allusion aux divers scandales financiers ayant éclaboussé le gouvernement du premier ministre Jean Charest (Parti libéral, conservateur), il titrait la semaine passée, en une, sur « la nouvelle classe dirigeante du Québec », illustrée par la photo d'un manifestant cagoulé au regard ombrageux, assortie d'un commentaire cinglant : « Comment un groupe d'étudiants privilégiés est entré en guerre et a paralysé toute une province. Pour 325 dollars. » Soit le montant de la hausse annuelle des frais d'inscription universitaire pendant cinq ans, si le premier ministre avait pu mener à bien son projet de réforme.

Le National Post compare aussi les frais d'inscription

Le National Post s'est également penché sur les frais d'inscription dans les différentes provinces canadiennes et les principales facultés pour obtenir un diplôme de quatre ans dans le reste du Canada et (de trois ans ?) au Québec. Ces frais n'incluent pas les frais afférents supplémentaires et ne déduisent pas les crédits d'impôts et autres aides disponibles.

Nouveau-Brunswick




Terre-Neuve


Alberta


Colombie-Britannique


Île-du-Prince-Édouard


Manitoba

Nouvelle-Écosse


Ontario


Québec


Saskatchewan



La manne de l'Alberta

De la Colombie-Britannique à l'Ontario en passant par le Saskatchewan, les Canadiens anglais sont scandalisés par les largesses de l'État-providence québécois et ses universités aux frais d'inscription deux à trois fois plus faibles en moyenne qu'ailleurs. La pilule passe mal, car selon le principe de péréquation, qui vise à combler les disparités fiscales entre les provinces, les plus riches de ces dernières doivent redistribuer leur manne en direction des plus pauvres. L'Alberta, richissime grâce à l'exploitation du pétrole et du gaz naturel, est ainsi le premier contributeur net du Canada, largement au profit du Québec qui engrange 7,3 milliards de dollars par an. Tout en promouvant un modèle économique et social aux antipodes de son voisin de l'ouest.

Voir aussi

Frais de scolarité, taux de diplomation et dette du Québec





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mercredi 9 mai 2012

Conséquence du boycott au Québec, augmentation de 260 % des demandes d'inscription de la part d'étudiants québécois à Moncton

Alors que le conflit étudiant au Québec entre dans sa 13e semaine, de plus en plus de jeunes se tournent vers les autres provinces pour s’assurer une place dans un établissement ouvert et fonctionnel en septembre.

En 2011, seulement 160 des 4899 étudiants de l’Université [francophone] de Moncton provenaient du Québec. En 2007, ils étaient 197.

Depuis un certain temps, de moins en moins de Québécois viennent étudier sur un campus acadien, mais la tendance devrait bientôt se renverser.

« Nous réagissons à la situation actuelle, a fait savoir la vice-rectrice aux affaires étudiantes et internationales, Marie-Linda Lord. Tout n’est pas réglé et la situation actuelle en inquiète plusieurs. Les étudiants sont en train de perdre leur semestre. »

Si l’on prend en considération les inscriptions québécoises de septembre 2011 et les demandes d’admission en date du 7 mai, on assiste à une augmentation de 260 %. Il faut cependant souligner que le chiffre des demandes d’inscriptions est toujours plus élevé que les inscriptions en tant que telles.

« Il y a un besoin et nous voulons bien répondre à la demande accrue. Nous visons avant tout les étudiants du cégep », a dit Mme Lord.

Voilà la raison pour laquelle il y aura bientôt un microsite destiné aux Québécois sur le site web de l’Université de Moncton. Tous les internautes auront accès à ce site, qui vantera les mérites de cet établissement d’enseignement.

Ses représentants communiqueront avec les conseillers en orientation de ces établissements scolaires.

« Nous prenons les mesures nécessaires pour que les étudiants puissent mieux nous connaître. Nous allons aussi profiter des médias sociaux pour publier notre invitation », a fait savoir Mme Lord.





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mercredi 18 avril 2012

Étude sur les garderies qui se paieraient d'elles-mêmes : la multiplication des pains

L'économiste Martin Coiteux, professeur au service de l'enseignement des affaires internationales à HEC Montréal, critique en détail l'études de Fortin, Godbout et Saint-Cerny qui prétend que les garderies se paieraient d'elles-mêmes puisqu'elles auraient contribuer à une augmentation de 5,1 milliards dans le PIB québécois grâce à l'arrivée de près de 70.000 « libérées des servitudes de la maternité » sur le marché du travail.

Il revient (mais cette fois avec des chiffres et des graphiques !) sur certaines questions que nous posions déjà : quel est coût d'opportunité ? pourquoi la comparaison avec l'Ontario et pas d'autres provinces ? pourquoi le programme des garderies serait la cause de ce rattrapage dans le taux d'emploi alors que même les femmes sans enfant au Québec ont vu leur taux d'emploi augmenter de beaucoup pendant la même période ?

La critique de Coiteux n'est pas exhaustive. Il s'est limité à deux problèmes particuliers : la méthodologie retenue, laquelle ignore le principe économique fondamental des coûts d'opportunité, et l'attribution au seul programme des garderies de toute l'augmentation du taux d'emploi des Québécoises depuis 1997.
« Lorsqu'un résultat est extraordinaire au point d'être magique, il faut généralement se méfier.

En l'occurrence, il n'est pas nécessaire de creuser bien longtemps pour s'apercevoir que cette conclusion digne du miracle de la multiplication des pains découle tout simplement d'une méthodologie fautive.

Les auteurs tiennent pour acquis que le programme des garderies à tarif subventionné aurait permis la création de 70 000 emplois, mais ne tiennent nullement compte des emplois qui auraient été créés en l'absence de celui-ci. Pourtant, si le gouvernement n'avait pas créé le programme des garderies, l'économie québécoise aurait quand même créé des emplois, tout simplement en utilisant à d'autres fins les quelque 2 milliards de dollars qui sont aujourd'hui consacrés chaque année à ce seul programme.

Combien de ces emplois alternatifs auraient été créés ? Nul ne peut le dire avec certitude. On peut cependant être certain d'une chose : cette création n'aurait pas été nulle. Elle aurait même pu être supérieure à celle induite par le programme des garderies. Il est donc méthodologiquement faux d'affirmer que le programme aurait créé au net 70 000 nouveaux emplois.

Cette méthodologie erronée ne constitue cependant qu'une partie du problème. Pour en arriver aux 70 000 emplois bruts du départ, les auteurs ont eu recours à deux hypothèses: l'augmentation du taux d'emploi des femmes québécoises aurait pris l'ascenseur en 1997 avec l'introduction du programme, et cette accélération n'aurait eu d'autre cause que le programme des garderies.

Pourtant, si on y regarde de plus près, on ne trouve aucune accélération de la tendance à la hausse du taux d'emploi dans le cas des femmes québécoises âgées de 25 à 44 ans. Une telle accélération n'a été observée que pour les femmes âgées de 15 à 24 ans, celles-ci étant moins susceptibles que les premières d'utiliser les services de garde. »

Matin Coiteux explique ainsi que les tendances observées au Québec n'ont guère été différentes de celles observées dans trois provinces de l'Atlantique n'ayant pourtant pas adopté ce programme :
« Plus important encore, les tendances observées au Québec pour chacun des deux groupes d'âge ont été presque identiques au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve. Pourtant, ces provinces n'ont jamais imité le modèle québécois des garderies.

Comment expliquer, par exemple, que les femmes âgées de 15 à 24 ans de ces trois provinces aient connu le même rebond de leur taux d'emploi que celui observé au Québec à partir de 1997 ? C'est que 1997 n'a pas été uniquement l'année du lancement du programme québécois des garderies; 1997 a été également l'année du lancement de la réforme fédérale de l'assurance emploi. Cette réforme aurait poussé un plus grand nombre de jeunes, incluant des femmes, à se trouver un emploi. Visiblement, c'est au Québec et dans les provinces de l'Atlantique que ses effets ont été les plus probants.

En somme, le taux d'emploi des femmes âgées de 25 à 44 ans n'a fait que suivre la tendance haussière stable observée simultanément dans trois provinces de l'Atlantique, tandis que celui des femmes âgées de 15 à 24 ans semble avoir réagi au Québec comme dans ces mêmes provinces à une réforme commune de l'assurance emploi. Comment peut-on alors attribuer 70 000 emplois bruts au seul programme des garderies ? »

Voici les graphiques sur lesquels Coiteux s'appuie pour écrire ces dernièrs paragraphes. Dans chaque cas, la moyenne mobile de 12 mois des données mensuelles est présentée et la source est Statistique Canada.

Taux d'emploi du Québec p/r au Nouveau-Brunswick (1991 à 2011)



Taux d'emploi du Québec p/r à la Nouvelle-Écosse (1991 à 2011)




Taux d'emploi du Québec p/r à Terre-Neuve (1991 à 2011)



Selon Coiteux, les similitudes entre le Québec et ces trois provinces de l'Atlantique sont frappantes. Comment attribuer alors à un programme inexistant dans trois d'entre elles toute l'augmentation du taux d'emploi dans une seule d'entre elles ?


Voir aussi 

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

« Le système de garderies à 7 $ est-il payant pour le Québec ? Non. »

Étude Fortin, Godbout sur les garderies : « étude loufoque », système injuste, Ottawa premier gagnant

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