Le 10 juillet, Agnès Baldeck est devenue l’une des plus jeunes élèves française à obtenir le brevet des collèges, diplôme national français obtenu à la fin du collège, généralement vers 14-15 ans ; il correspond approximativement au premier diplôme de fin d’études secondaires dans plusieurs pays. Texte paru dans le Figaro.
Déscolarisée [ce terme à une connotation coupable, de décrocheur problématique, on dira mieux « instruite à la maison »], elle bénéficie d’une instruction à domicile très libre, tournée vers le jeu et principalement orchestrée par sa mère, une mathématicienne. Très déçue par le système français, la famille déménagera à l’étranger dans l’année.
Déscolarisée [ce terme à une connotation coupable, de décrocheur problématique, on dira mieux « instruite à la maison »], elle bénéficie d’une instruction à domicile très libre, tournée vers le jeu et principalement orchestrée par sa mère, une mathématicienne. Très déçue par le système français, la famille déménagera à l’étranger dans l’année.
Ils ont de belles reliures rigides, d’un orange, d’un vert, d’un bleu très vifs. Rangés sur une étagère à côté de la cuisine où cuit la croziflette, ces manuels de français datent des années 50, du temps où le certificat d’études sanctionnait le niveau à la fin du primaire [supprimé en 1989 après avoir été pendant près d’un siècle un symbole de l’instruction de base]. Dans le bleu vif, éditions Bourrelier, un texte raconte l’histoire de Marceline et Jean-Claude qui, avec leur maman, vont soigner la basse-cour où l’on entend les animaux «beugler, mugir, hennir, grogner, taper du pied». Récemment ces livres au charme désuet et au langage châtié que possèdent les Baldeck ont eu le droit aux gros titres. C’est grâce à eux, mais aussi à des chansons réalisées avec l’IA et d’autres méthodes maison tirées du savoir-faire Montessori qu’Agnès 9 ans, l’aînée de Nicolas et Katya, a décroché le brevet des collèges le 10 juillet avec la mention bien. 15,85. Une des [plus] jeunes élèves françaises à l’obtenir.
« ...#panégyrique, comme ça se prononce »...
— De Mio (@DeMiomandre) July 19, 2026
« Avec un y, oui »
« Ah, on ne dirait que t'as ton #certif, toi ! »#1950s #scolarité #certificat #école pic.twitter.com/kOsGKLQQgB
« Ah, on ne dirait que t'as ton certif, toi ! »
Le 2 juillet, son père, Nicolas, informaticien autodidacte, inventeur de la pomme de terre connectée, objet de dérision présenté au CES de Las Vegas en 2020, avait publié un long message sur X pour expliquer le choix de cette inscription. Pour les Baldeck, ce diplôme pouvait jouer un double rôle : celui d’attestation de niveau pour l’instruction à domicile d’Agnès - dont ils craignent chaque année qu’on ne la leur interdise -, et celui de pied de nez politique au système français qui fétichise des totems désormais sans valeur. En début de semaine, Le Figaro s’est rendu à la Chapelle Blanche, village des montagnes savoyardes, à la rencontre d’une famille à part, pas marginale du tout mais férue d’excellence dans différents domaines.
Le durcissement de l’instruction en famille par le gouvernement Macron
«Vous en prendrez, hein ?» Longue natte dans le dos, Agathe, neuf mois, dans les bras, Katya Baldeck pose le plat de croziflette sur la table de la cuisine carrelée aérée par la clim. La maison rose pâle offre une vue sur des montagnes et des champs, «la vraie campagne où on va chercher le lait avec le bidon», sourit Nicolas Baldeck en tendant un verre à Adèle, trois ans, «grande timide» selon sa sœur Agnès. Cette dernière ne l’est pas et répond «merci» dans un sourire radieux quand on la félicite pour ses résultats. 20 en anglais, 17 en sciences, 16 en français... Elle est très contente, elle n’était «pas trop stressée»,se demandait surtout si elle allait pouvoir rester plusieurs heures à une table. La première journée, le chocolat qu’elle avait pris pour se câliner le moral a fondu. Elle rit : « on a dû nettoyer le sac». Agnès a 9 ans et ça se voit. Elle fait gouzi gouzi au bébé, se lève plus tôt de table pour partir jouer. Son père soulevait ce point dans son message sur X : sa fille est certes au-dessus de la moyenne - « sans être Einstein» - mais elle est encore une enfant qui fabrique des bracelets en perles, chahute dans la piscine avec ses copines du tennis ou de la danse sans leur parler de fonctions logarithmiques. Il n’est pas question de la préparer pour le bac.
L’entreprise du brevet est partie d’une blague familiale. L’an dernier, curieux, le couple jette un œil aux épreuves. Un exercice de français retient son attention. Noté sur dix points, il demandait de réécrire un passage d’un texte de Beauvoir en remplaçant «je» par «nous». On s’est dit «mais ce n’est pas possible, Agnès peut largement le faire» , se souvient Katya. Cette mathématicienne d’origine russe spécialisée en probabilités et statistiques connaît le niveau matière par matière de sa fille, c’est elle qui supervise son apprentissage. Un mode de scolarité appelé IEF (instruction en famille) dont la popularité a été monumentale ces vingt dernières années. Entre 2007 et 2021, les effectifs [instruits à la maison] avaient grossi d’environ 900%. De 7000 enfants à 70.000. En 2021, la loi contre le séparatisme [!?] l’a restreinte en instaurant un régime d’autorisation préalable.
«C’est devenu très compliqué», assure Nicolas qui, en «bon geek», a compilé les données de 3000 décisions de justice au sujet de l’IEF, disponibles sur le site Le droit d’instruire. «Dans certaines académies [direction régionale scolaire], on observe un taux de refus de 100%, dans ce cas-là, ce n’est pas une question de dossier bien monté ou non, mais une question de doctrine.» D’idéologie anti-IEF, soutient-il. À laquelle il est courant de reprocher de désocialiser l’enfant ou de le pénaliser en ne lui offrant pas la scolarité idoine. Le gouvernement la soupçonne aussi d’être un faux nez pour des dérives sectaires ou séparatistes, notamment religieuses. «Chaque année, on est un peu shaky [précaire en français] en redemandant l’autorisation», explique Katya. En 2025, on ne comptait plus que 30.000 enfants en IEF.
Outre le défi, l’obtention du brevet est une façon de dire vous voyez que ça marche. Ainsi qu’une attestation de niveau car jusque-là l’académie n’acceptait que de lui faire passer les épreuves correspondant à sa classe d’âge. «Donc on n’avait aucune trace, sauf notre parole, qu’elle savait des choses au-delà», soupire sa mère. Embêtant. Car l’IEF, sauf cas rares, ne dure pas toute la vie.
Ennui savoyard contre méthode Singapour
Pour Agnès, l’IEF a commencé en maternelle. Pas d’emblée. Au début, ses parents envisageaient une scolarité relativement classique. Relativement car le public était exclu. Non par Katya dont la scolarité en Russie s’est passée dans un excellent établissement d’État d’Akademgorodok, une cité scientifique de Sibérie, la Silicon Taïga. Mais par Nicolas. Fils de communistes français très attachés à l’instruction pour tous, lui a gardé un sale souvenir de ces trop nombreuses heures passées à regarder la pendule au bout desquelles il a eu son bac S avec peine.
À Aix-les-Bains, dans leur quartier «d’HLM gentils car c’est pas la Seine-Saint-Denis non plus» , ils ont à l’époque le choix entre l’école juive, l’école publique et l’école Montessori. La première les tente, la troisième, où les enfants apprennent en manipulant des objets selon les préceptes de la pédagogue star, les séduit. Agnès y passera deux mois agréables à couper des carottes et à faire du café. À la faveur du confinement, ses parents découvrent que l’établissement en question ne vaut pas ce qu’ils paient.
Ils la déscolarisent, à l’époque c’est plus simple, et se mettent à chercher des outils pour l’instruire. Pour le français, de vieux manuels achetés en ligne font très bien l’affaire, pour les maths, «on a choisi la méthode Singapour» , fondée sur les schémas et appliquée dans 70 pays (mais assez mal en France). Comme les Baldeck s’inspirent beaucoup de Montessori, une grande place est accordée à l’autonomie, donc au jeu libre d’accès.
Dans la chambre d’Agnès, les boîtes s’empilent. Folix, le mémo des multiplications, médaille d’or au concours Lépine. Découvrons la France. Le jeu des conjugaisons. Elle prend un sablier. « Alors on pioche une carte et là on lit conjuguez choisir à la deuxième personne du pluriel, au futur.» Il faut se dépêcher, le sable s’écoule. Katya nous fait un signe. «Regardez !» Adèle, la petite de 3 ans, s’est saisie d’une planche velleda couverte de courbes destinées à apprendre la formation des lettres. Elle suit soigneusement le tracé. «Elle joue mais elle apprend, parce qu’elle imite sa sœur.»
Alors qu’on imaginait Agnès bûcher comme une folle, on découvre qu’elle travaille beaucoup moins, selon l’acception courante du terme, qu’elle ne le ferait à l’école. Mais quand elle tricote - car elle tricote -, c’est devant un documentaire sur les régions. Quand elle gribouille, elle a au-dessus de la tête un mémo hiéroglyphes qui lui rappelle que m = p x V (la formule de la masse volumique). Quand elle chante, c’est parfois folklorique. Comme elle ne parvenait pas à se passionner pour les denses fiches d’histoire tirées des denses manuels, sa mère lui a composé des cours chantés à partir d’« airs de l’enfance parce que ça reste pour toute la vie », explique la petite fille.
Très branchée données ouvertes - Nicolas a créé le site OpenWindMap pour les amateurs de parapente - la famille s’est occupée de mettre les textes en musique afin de les partager. Le copain musicien n’était pas dispo alors l’IA - Claude - a servi de compositeur. Katya s’en sert aussi pour élaborer des exercices. Ça fait mal au cœur de l’écrire mais la mathématicienne a notamment demandé au modèle d’Anthropic d’inventer des exercices qui familiarisent Agnès avec les consignes parfois illogiques des intitulés. « On appelle ça la méthode Ombrage. » Dans Harry Potter, ce professeur habillée tout de rose et n’aimant que les chats, réprime durement les élèves qui demandent des comptes sur ce qu’ils apprennent en classe.
Agnès adore Harry Potter dont elle est en train de terminer le 7e tome. Rêve-t-elle parfois d’être avec des amis à l’école ? « Oui, pour pouvoir leur demander quand je ne comprends pas quelque chose.» Des amis, la petite fille n’en manque pas dans l’absolu. Ils lui viennent de la gym, de la danse, de la clarinette, du tennis, de ce qu’elle a le temps de faire en ne passant que peu d’heures assise à un bureau. Mais la scolarité classique la tente. C’est pour répondre à ce vœu et aussi aux ambitions de Katya, qui avant d’avoir des enfants travaillait sur des plateformes pétrolières aux quatre coins du monde pour Schlumberger, que les Baldeck ont pris la décision d’émigrer.
Le départ à venir pour l’Irlande
Au classement PISA , qui évalue plus de 80 pays dans trois disciplines, l’Irlande fait partie des très bons élèves. En lecture, elle se classe juste derrière Singapour. C’est dans ce pays que les Baldeck s’établiront d’ici à la fin de l’année scolaire 2027. « On a déjà mis la maison en vente », raconte Nicolas. Le choix s’est fait lentement. La Suisse voisine était une option. Mais la perte de niveau de vie serait trop sèche. Autrement, il y a « de très bonnes écoles en Estonie ou en République tchèque ». Mais bon, l’usage de l’estonien reste limité. L’Irlande donc. La pluie, le coddle [? le ragoût irlandais?], l’uniforme à l’école. « Un esprit pro kids aussi, qui nous attire beaucoup. En France, on est trop rigide avec les enfants et on ne leur fait pas assez de place. » La vie professionnelle n’est pas un sujet, les Baldeck peuvent la recréer où ils veulent.
Quid de la France ? Leur manquera-t-elle ? Le oui est maigrelet. Le couple dénonce une cécité à propos de notre système scolaire. « Beaucoup ne veulent pas voir qu’il va dans le mur. Aujourd’hui, insiste Nicolas, la France et son système unique égalitariste présentent l’un des écarts de performance les plus élevés entre élèves favorisés et défavorisés de l’OCDE... »
S’il était ministre de l’Éducation, comment procéderait-il ? « J’instaurerais des classes de niveau, tout simplement. Parce que quand on a des gamins en quatrième qui ne savent pas lire, c’est mauvais pour eux et pour les autres de les avoir tous dans la même classe. » Katya est plus radicale. « Pour elle,sourit-il, il faut supprimer la carte scolaire, accorder une liberté totale aux établissements et les subventionner en fonction du nombre d’élèves qui s’inscrivent chez eux. » Plus modestement, Édouard Geffray, notre ministre de l’Éducation, vient d’annoncer dans Le Parisien , qu’il comptait lancer « un travail important» à la rentrée afin de « reconsolider le niveau du brevet ».
Outre le défi, l’obtention du brevet est une façon de dire vous voyez que ça marche. Ainsi qu’une attestation de niveau car jusque-là l’académie n’acceptait que de lui faire passer les épreuves correspondant à sa classe d’âge. «Donc on n’avait aucune trace, sauf notre parole, qu’elle savait des choses au-delà», soupire sa mère. Embêtant. Car l’IEF, sauf cas rares, ne dure pas toute la vie.
Ennui savoyard contre méthode Singapour
Pour Agnès, l’IEF a commencé en maternelle. Pas d’emblée. Au début, ses parents envisageaient une scolarité relativement classique. Relativement car le public était exclu. Non par Katya dont la scolarité en Russie s’est passée dans un excellent établissement d’État d’Akademgorodok, une cité scientifique de Sibérie, la Silicon Taïga. Mais par Nicolas. Fils de communistes français très attachés à l’instruction pour tous, lui a gardé un sale souvenir de ces trop nombreuses heures passées à regarder la pendule au bout desquelles il a eu son bac S avec peine.
À Aix-les-Bains, dans leur quartier «d’HLM gentils car c’est pas la Seine-Saint-Denis non plus» , ils ont à l’époque le choix entre l’école juive, l’école publique et l’école Montessori. La première les tente, la troisième, où les enfants apprennent en manipulant des objets selon les préceptes de la pédagogue star, les séduit. Agnès y passera deux mois agréables à couper des carottes et à faire du café. À la faveur du confinement, ses parents découvrent que l’établissement en question ne vaut pas ce qu’ils paient.
Ils la déscolarisent, à l’époque c’est plus simple, et se mettent à chercher des outils pour l’instruire. Pour le français, de vieux manuels achetés en ligne font très bien l’affaire, pour les maths, «on a choisi la méthode Singapour» , fondée sur les schémas et appliquée dans 70 pays (mais assez mal en France). Comme les Baldeck s’inspirent beaucoup de Montessori, une grande place est accordée à l’autonomie, donc au jeu libre d’accès.
Dans la chambre d’Agnès, les boîtes s’empilent. Folix, le mémo des multiplications, médaille d’or au concours Lépine. Découvrons la France. Le jeu des conjugaisons. Elle prend un sablier. « Alors on pioche une carte et là on lit conjuguez choisir à la deuxième personne du pluriel, au futur.» Il faut se dépêcher, le sable s’écoule. Katya nous fait un signe. «Regardez !» Adèle, la petite de 3 ans, s’est saisie d’une planche velleda couverte de courbes destinées à apprendre la formation des lettres. Elle suit soigneusement le tracé. «Elle joue mais elle apprend, parce qu’elle imite sa sœur.»
Alors qu’on imaginait Agnès bûcher comme une folle, on découvre qu’elle travaille beaucoup moins, selon l’acception courante du terme, qu’elle ne le ferait à l’école. Mais quand elle tricote - car elle tricote -, c’est devant un documentaire sur les régions. Quand elle gribouille, elle a au-dessus de la tête un mémo hiéroglyphes qui lui rappelle que m = p x V (la formule de la masse volumique). Quand elle chante, c’est parfois folklorique. Comme elle ne parvenait pas à se passionner pour les denses fiches d’histoire tirées des denses manuels, sa mère lui a composé des cours chantés à partir d’« airs de l’enfance parce que ça reste pour toute la vie », explique la petite fille.
Très branchée données ouvertes - Nicolas a créé le site OpenWindMap pour les amateurs de parapente - la famille s’est occupée de mettre les textes en musique afin de les partager. Le copain musicien n’était pas dispo alors l’IA - Claude - a servi de compositeur. Katya s’en sert aussi pour élaborer des exercices. Ça fait mal au cœur de l’écrire mais la mathématicienne a notamment demandé au modèle d’Anthropic d’inventer des exercices qui familiarisent Agnès avec les consignes parfois illogiques des intitulés. « On appelle ça la méthode Ombrage. » Dans Harry Potter, ce professeur habillée tout de rose et n’aimant que les chats, réprime durement les élèves qui demandent des comptes sur ce qu’ils apprennent en classe.
Agnès adore Harry Potter dont elle est en train de terminer le 7e tome. Rêve-t-elle parfois d’être avec des amis à l’école ? « Oui, pour pouvoir leur demander quand je ne comprends pas quelque chose.» Des amis, la petite fille n’en manque pas dans l’absolu. Ils lui viennent de la gym, de la danse, de la clarinette, du tennis, de ce qu’elle a le temps de faire en ne passant que peu d’heures assise à un bureau. Mais la scolarité classique la tente. C’est pour répondre à ce vœu et aussi aux ambitions de Katya, qui avant d’avoir des enfants travaillait sur des plateformes pétrolières aux quatre coins du monde pour Schlumberger, que les Baldeck ont pris la décision d’émigrer.
Le départ à venir pour l’Irlande
Au classement PISA , qui évalue plus de 80 pays dans trois disciplines, l’Irlande fait partie des très bons élèves. En lecture, elle se classe juste derrière Singapour. C’est dans ce pays que les Baldeck s’établiront d’ici à la fin de l’année scolaire 2027. « On a déjà mis la maison en vente », raconte Nicolas. Le choix s’est fait lentement. La Suisse voisine était une option. Mais la perte de niveau de vie serait trop sèche. Autrement, il y a « de très bonnes écoles en Estonie ou en République tchèque ». Mais bon, l’usage de l’estonien reste limité. L’Irlande donc. La pluie, le coddle [? le ragoût irlandais?], l’uniforme à l’école. « Un esprit pro kids aussi, qui nous attire beaucoup. En France, on est trop rigide avec les enfants et on ne leur fait pas assez de place. » La vie professionnelle n’est pas un sujet, les Baldeck peuvent la recréer où ils veulent.
Quid de la France ? Leur manquera-t-elle ? Le oui est maigrelet. Le couple dénonce une cécité à propos de notre système scolaire. « Beaucoup ne veulent pas voir qu’il va dans le mur. Aujourd’hui, insiste Nicolas, la France et son système unique égalitariste présentent l’un des écarts de performance les plus élevés entre élèves favorisés et défavorisés de l’OCDE... »
S’il était ministre de l’Éducation, comment procéderait-il ? « J’instaurerais des classes de niveau, tout simplement. Parce que quand on a des gamins en quatrième qui ne savent pas lire, c’est mauvais pour eux et pour les autres de les avoir tous dans la même classe. » Katya est plus radicale. « Pour elle,sourit-il, il faut supprimer la carte scolaire, accorder une liberté totale aux établissements et les subventionner en fonction du nombre d’élèves qui s’inscrivent chez eux. » Plus modestement, Édouard Geffray, notre ministre de l’Éducation, vient d’annoncer dans Le Parisien , qu’il comptait lancer « un travail important» à la rentrée afin de « reconsolider le niveau du brevet ».
