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samedi 31 mai 2025

Canada — Des logements trop chers

Le coût du logement a fortement augmenté en proportion des revenus et il a contribué à alimenter l’endettement et l’inflation, plus qu’ailleurs dans la zone OCDE. L’offre est insuffisante pour répondre à une demande qui continuera de croître malgré la timide réduction annoncée des niveaux d’immigration.

Le problème ne date pas d’hier, relève le rapport, et il peut s’expliquer par des questions de réglementation et de permis, mais aussi par le fait que le Canada privilégie la construction de maisons individuelles (plutôt que des cages à lapin?) et encourage l’accès à la propriété qui aggrave le déséquilibre entre l’offre et la demande.

Le prix des logements a dépassé de 60 % la croissance des salaires et les solutions mises de l’avant jusqu’ici ne sont pas adéquates, selon l’OCDE.

« Les aides à l’emprunt hypothécaire pour l’achat d’un logement sont à éviter », selon le rapport, parce qu’elles tirent les prix vers le haut et peuvent barrer la route à d’autres types d’aide au logement. L’allongement de la période d’amortissement et les autres mesures qui visent à tenir compte de l’équité générationnelle sont à proscrire, selon l’OCDE.



dimanche 30 mars 2025

Ces étudiants des universités d'élite qui ne savent plus lire des livres...

Pour lire un livre à l'université, il est utile d'en avoir lu un au lycée.

Les élèves du secondaire (collégiens et les lycéens) aux États-Unis semblent eux aussi être confrontés à un nombre de plus en plus réduit de livres dans les salles de classe. Pendant plus de vingt ans, les nouvelles initiatives éducatives aux États-Unis telles que No Child Left Behind et Common Core ont mis l'accent sur les textes informatifs et les tests standardisés. Dans de nombreuses écoles, les enseignants ont délaissé les livres au profit de courts passages informatifs, suivis de questions sur l'idée principale de l'auteur, imitant ainsi le format des tests standardisés de compréhension de l'écrit. Article paru dans The Atlantic d'Octobre 2024.


Nicholas Dames enseigne depuis 1998 la littérature classique, le cours obligatoire sur les grands oeuvres littéraires de l'université de Columbia. Il adore son travail, mais celui-ci a changé. Au cours de la dernière décennie, les étudiants se sont sentis dépassés par la masse de livres à lire. Les étudiants n'ont jamais lu tout ce qu'on leur demandait de lire, bien sûr, mais là, c'est différent. Les étudiants de M. Dames semblent aujourd'hui déconcertés à l'idée de terminer plusieurs livres par semestre. Ses collègues ont remarqué le même problème. De nombreux étudiants n'arrivent plus à l'université, même dans les établissements d'élite très sélectifs, préparés à lire des livres.

Cette évolution a laissé M. Dames perplexe jusqu'à ce qu'un jour, au cours du semestre d'automne 2022, une étudiante de première année se présente à ses heures de bureau pour lui faire part de la difficulté qu'elle avait trouvée dans les premiers travaux. Le programme de littérature classique exige souvent des étudiants qu'ils lisent un livre, parfois très long et très dense, en une semaine ou deux seulement. Mais l'étudiante a expliqué à Dames que, dans son lycée public, on ne lui avait jamais demandé de lire un livre en entier. On lui avait demandé de lire des extraits, de la poésie et des articles de presse, mais pas un seul livre de bout en bout.

« J'en suis resté bouche bée », m'a dit M. Dames. Cette anecdote l'a aidé à expliquer le changement qu'il observait chez ses élèves : ce n'est pas qu'ils ne veulent pas lire, c'est qu'ils ne savent pas comment le faire. Les collèges et les lycées ont cessé de leur demander de le faire.

En 1979, Martha Maxwell, une spécialiste influente de l'alphabétisation, a écrit : « Chaque génération, à un moment donné, découvre que les élèves ne peuvent pas lire aussi bien qu'ils le voudraient ou que les professeurs l'espèrent ». M. Dames, qui étudie l'histoire du roman, reconnaît la longévité de cette plainte. « Une partie de moi est toujours tentée d'être très sceptique quant à l'idée qu'il s'agit de quelque chose de nouveau », a-t-il déclaré.

Daniel Shore, directeur du département d'anglais de Georgetown, m'a dit que ses étudiants avaient du mal à rester concentrés sur le moindre sonnet.

Pourtant, « je pense qu'il y a un phénomène que nous remarquons et que j'hésite à ignorer ». Il y a vingt ans, les classes de M. Dames n'avaient aucun problème à s'engager dans des discussions poussées sur Orgueil et préjugés une semaine et sur Crime et châtiment la semaine suivante. Aujourd'hui, ses étudiants lui disent d'emblée que la charge de lecture leur semble impossible. Ce n'est pas seulement à cause du rythme effréné, mais aussi parce qu'ils ont du mal à s'intéresser aux petits détails tout en suivant l'ensemble de l'intrigue.

lundi 18 novembre 2024

Pour Justin Trudeau, il ne faut pas que l'urgence de payer son logement ou son épicerie l'emporte sur la lutte contre les changements climatiques

Le Premier ministre Justin Trudeau s'est entretenu le 17 novembre avec Michael Scheldrick, cofondateur du groupe de lutte contre la pauvreté Global Citizen, en marge du sommet des chefs d'État et de gouvernement du G20 à Rio de Janeiro (Brésil).

Pontifiant, il a déclaré :

Il est très, très facile, lorsque vous êtes dans une situation de survie à court terme : je dois payer le loyer ce mois-ci, je dois pouvoir acheter des provisions pour mes enfants, de dire « d'accord, accordons une priorité légèrement moindre au changement climatique ».

Et c'est quelque chose d'instinctif quand la tempête arrive, vous voulez vous blottir, vous recroqueviller et attendre qu'elle se calme. Nous ne pouvons pas faire cela avec le changement climatique. Et malheureusement, nous avons beaucoup d'amplification politique du type de récit qui est directement opposé à cela.

mercredi 17 juillet 2024

Le Canada, 3e pays où les ménages sont les plus endettés

Le Canada se trouve en troisième position mondiale en ce qui concerne l’endettement chez ses citoyens, selon une nouvelle étude de Desjardins. Ceux-ci feraient face à une hausse de taux directeur historique.

« La [Banque du Canada] a récemment amorcé une réduction graduelle de son taux directeur, mais à 4,75 % celui-ci demeure à un niveau élevé d’un point de vue historique », ont indiqué Maude Drapeau et Lorenzo Tessier-Moreau, économistes et auteurs du rapport publié mardi.

Le pays figure donc au troisième rang du podium, derrière l’Australie et la Suisse qui obtient la médaille d’or.

Avec la hausse des taux d’intérêt, combinée à l’augmentation du coût de la vie, les Canadiens ont encore plus de mal à épargner. Près de trois individus sur cinq estiment que leur revenu n’a pas suivi le coût de la vie.

Ceux avec un revenu plus faible doivent aussi se priver dans leur budget. Celui-ci se concentre principalement sur des besoins primaires comme le logement, le transport et l’alimentation, selon l’étude.

Le revenu des ménages a généralement diminué pour tous les Canadiens, sauf pour les plus fortunés. « Depuis 2021 [ils] sont les seuls à avoir enregistré une hausse de leur revenu disponible réel », a mentionné le rapport.

Les taux d’intérêt plus élevés, notamment sur l’habitation et les véhicules, sont l’une des raisons qui influencent la distribution des revenus à l’avantage des plus riches.

Ce sont ces mêmes personnes qui auraient d’ailleurs accumulé la majorité de la dette globale, selon Desjardins. Elles possèdent néanmoins plus d’actifs financiers et d’investissements, ce qui explique leur revenu supérieur.

Le coût des intérêts sur la dette affecte le plus les 20 % les moins riches (1er quintile) des ménages (en vert foncé).

samedi 8 juin 2024

La croissance à long terme de la Suède est menacée par la criminalité des gangs, avertit le chef de la banque centrale

La croissance à long terme de la Suède est menacée par la criminalité des gangs, avertit le chef de la banque centrale, Erik Thedéen. Celui-ci déclare que les entreprises seraient affectées si la confiance diminuait en raison de l’augmentation de la criminalité violente.
 
La scène d’une explosion à Uppsala en septembre. Le gouvernement s’empresse de renforcer la législation après l’augmentation significative des fusillades, des attentats à la bombe et des attaques à la grenade par des gangs.


Le problème croissant des fusillades et des attentats à la bombe commis par des gangs en Suède risque de nuire au potentiel économique à long terme du pays, a déclaré le directeur de la banque centrale.

Le gouverneur de la Riksbank, Erik Thedéen, a déclaré au Financial Times que l’un des plus grands atouts du pays était la confiance entre les gens et dans les autorités, mais que cette confiance « pourrait être remise en question » si la violence des gangs n’était pas traitée correctement.

Le gouvernement suédois a fait appel à l’armée pour aider la police à s’attaquer au problème et s’empresse de renforcer plusieurs lois après que les fusillades, les attentats à la bombe et les attaques à la grenade par des gangs ont augmenté de manière significative.

« Il s’agit d’une menace à long terme pour le potentiel de croissance de la Suède. C’est aussi une raison importante pour laquelle nous devons nous occuper de ce problème et y mettre un terme.... Si l’on considère les pays où la confiance n’existe pas, ce ne sont généralement pas des pays à forte croissance économique », a déclaré M. Thedéen.

Des niveaux élevés de confiance agissent comme un « amortisseur » dans l’économie et constituent un « atout extrêmement important lorsque l’on parle de productivité et de croissance économique », a-t-il ajouté.

Si la confiance s’érode, les entreprises devront faire face à des coûts de sécurité accrus et à des « avocats qui examinent chaque transaction, au lieu d’une poignée de main », a-t-il déclaré.

La mise en garde de M. Thedéen intervient alors que la Suède subit l’une des contractions économiques les plus profondes d’Europe, après que la forte inflation a conduit la Riksbank à relever fortement ses taux d’intérêt.

La banque centrale suédoise a maintenu son taux d’intérêt à 4 % à la fin du mois de novembre, mais annoncé qu’il y avait un risque de 40 % de procéder à une dernière augmentation de ce taux.

M. Thedéen a déclaré que la baisse de l’inflation lui avait permis de gagner du temps et d’attendre janvier avant de décider d’une nouvelle hausse des taux d’intérêt. Mais il a averti que les taux resteraient probablement élevés pendant « une période assez longue ».

Les prévisions de la banque centrale suédoise montrent que les taux pourraient commencer à être réduits à partir de 2025. Mais une seule baisse à 3,75 % n’est garantie qu’au début de 2026, selon les estimations de la banque.

« Nous craignons qu’il y ait des pressions inflationnistes que nous ne comprenons pas entièrement.... 
La situation a été beaucoup plus grave que nous le pensions à partir de 2022 », a déclaré M. Thedéen.

M. Thedéen a ajouté que la banque centrale s’était engagée à atteindre son objectif de 2 % et qu’elle avait eu du mal à comprendre la dynamique qui avait conduit l’inflation à dépasser les prévisions de la Riksbank jusqu’à il y a quelques mois.

La Riksbank prévoit que l’inflation hors coûts énergétiques sera de 7,6 % cette année, avant de tomber à 2,9 % en 2024 et d’atteindre enfin son objectif de 2 % en 2025.

La banque centrale s’attend à ce que l’économie suédoise se contracte cette année et l’année prochaine, en raison de l’augmentation du chômage et de la faiblesse persistante du marché immobilier.

Les consommateurs ont réduit leurs dépenses alors que l’endettement des ménages atteignait des niveaux record avant que la Riksbank ne commence à augmenter les taux d’intérêt de zéro l’année dernière.

M. Thedéen s’est également dit « inquiet » de la santé des groupes immobiliers commerciaux, plusieurs d’entre eux, tels que la SBB, étant confrontés à des difficultés financières en raison de l’arrivée à échéance d’un grand nombre de dettes au cours des prochaines années.

« Certaines entreprises ont des bilans problématiques », a-t-il ajouté.

Source : Financial Times

lundi 11 décembre 2023

Le gouvernement de gauche australien annonce des mesures draconiennes pour limiter l'immigration

L'Australie a dévoilé lundi un plan draconien de réduction du nombre de migrants arrivant dans le pays, dans l'espoir de ralentir une hausse de l'immigration postérieure à la pandémie et d'apaiser la colère suscitée par l'augmentation du coût de la vie. 

Le gouvernement travailliste de gauche a annoncé une série de mesures, notamment des exigences plus strictes en matière de maîtrise de l'anglais, visant à rendre plus difficile l'entrée dans le pays, des étudiants étrangers aux personnes peu qualifiées.

Environ un demi-million de migrants temporaires sont entrés en Australie l'an dernier, soit une augmentation substantielle après des années de fermeture des frontières.

Le gouvernement estime que ses réformes, ainsi que les tendances à court terme, permettront de diviser par deux ce nombre de migrants en 2024-2025.
 
Selon un rapport de l'Institut pour les affaires publiques d'Australie, l'immigration de masse a provoqué la pénurie de logements

 

«Nous allons faire en sorte de reprendre la maîtrise de ces chiffres», a déclaré la ministre de l'Intérieur, Clare O'Neil, en esquissant certaines parties d'une stratégie de 100 pages consultée par l'AFP.

Malgré des taux d'emploi quasi record, les Australiens sont de plus en plus frustrés par la flambée des prix et du marché immobilier.

Le Grattan Institute, un groupe de réflexion, fait partie de ceux qui ont établi un lien entre les niveaux élevés d'immigration et la hausse des coûts de la location.

Mme O'Neil a souligné que l'immigration était essentielle à la prospérité de l'Australie, décrivant les ouvriers étrangers comme ceux ayant fait la grandeur du pays.

Mais compte tenu du mécontentement croissant de l'opinion, elle s'est engagée à «construire un système mieux planifié autour de choses essentielles comme le logement».

Dimanche, son gouvernement a annoncé qu'il imposerait une augmentation spectaculaire des frais pour les étrangers qui achètent des maisons et les laissent vides.

Les prix des loyers dans certaines zones de Sydney et de Melbourne ont augmenté d'environ 25% l'an dernier.

Selon Rachel Stevens, experte en histoire de l'immigration à l'Université catholique australienne, le gouvernement travailliste garde à l'œil les chiffres des sondages de l'opposition conservatrice en vue des élections attendues d'ici 2025.

«Les sondages sont bons», dit-elle, mais «c'est vraiment dangereux et assez imprudent de tout mettre sur le dos des migrants».

Le chef de l'opposition conservatrice, Peter Dutton, a accusé le gouvernement d'avoir un «grand programme migratoire».

«Nos villes sont pleines, les routes sont encombrées, les infrastructures ne peuvent pas suivre le rythme», avait-il déclaré au début du mois, tout en suggérant de réduire le nombre d'immigrés.

Voir aussi
 
Les étudiants étrangers affluent de nouveau en Australie (en 2023), ils seront peut-être moins nombreux après les annonces du gouvernement, au grand dam des universités pour qui ces étudiants sont une manne...
 
 
 


jeudi 23 novembre 2023

La hausse de l’immigration alimente la hausse des loyers

L'inflation ralentit au pays, mais les coûts associés au logement explosent. Les prix des loyers ont grimpé, en moyenne, de 8,2 % d’octobre 2022 à octobre 2023, selon les données diffusées mardi par Statistique Canada. Et la forte immigration au pays ne serait pas du tout étrangère à cette situation.

Il n'y a pas de précédent où le pic d'inflation des loyers a dépassé le pic d'inflation globale, écrivait l’économiste en chef de la Banque Nationale, Stéfane Marion, dans une note d’analyse publiée mardi. À moins qu'Ottawa ne revoie à la baisse ses quotas d'immigration, nous ne nous attendons pas à un grand soulagement pour les 37 % de ménages canadiens qui louent.

De l’avis de Stéfane Marion, le déséquilibre dans le marché du logement est causé par une augmentation sans précédent de la population en âge de travailler. Depuis 12 mois, il s'est ajouté 874 000 personnes à la population active au Canada, une poussée record.

À l'heure actuelle, l’économiste affirme qu’il y a un logement mis en chantier pour 4,2 personnes dans la population en âge de travailler au pays. Historiquement, ce ratio est d'un logement mis en chantier pour 1,8 personne. Dans ces conditions, écrit-il, les gens n'ont d'autre choix que d'augmenter le prix d'un stock de logements locatifs en diminution.
 
C’est pourquoi l’économiste en chef de la Banque Nationale prône une révision des niveaux d’immigration à court terme au pays. Cette crise du logement, amplifiée, selon l’analyse de Stéfane Marion, par la forte poussée démographique, provoque un écart entre les loyers et l’indice général des prix à la consommation qui n’a jamais été aussi élevé depuis 60 ans.

Les hausses de loyer sur 12 mois les plus importantes au pays sont en Nouvelle-Écosse (+ 14,6 %), en Alberta (+ 9,9 %), au Québec et en Colombie-Britannique (+ 9,1 %). Les données de Rentals.ca et Urbanation montrent une hausse importante des loyers sur les appartements à louer. Le prix moyen au Canada en octobre s'établit à 2178 $, en hausse de 9,9 % par rapport à la même période l'an dernier. Les prix des loyers atteignent des sommets, mois après mois.

Loyers, hypothèques, taxes en hausse

En plus des loyers, Statistique Canada affirme que le coût de l'intérêt hypothécaire (+ 30,5 %) fait partie des principaux éléments qui font grimper l’inflation au pays. La hausse des taux d’intérêt à la Banque du Canada a été rapide depuis un an et demi, et les citoyens canadiens en ressentent pleinement les effets.

C’est 45 % de tous les prêts hypothécaires en cours au Canada qui devront être renouvelés d’ici deux ans, expliquait récemment la SCHL, c’est-à-dire 2,2 millions d’hypothèques. Les mensualités moyennes vont croître, dans bien des cas, de 30 à 40 %.

Par ailleurs, les taxes foncières (+ 4,9 %) sont en forte hausse également. L'augmentation des coûts, qui frappe les administrations municipales de plein fouet, entraîne des hausses d’impôt foncier jamais vues en 30 ans. La croissance des taxes, de 4 % au Québec, de 5,3 % en Ontario et de 7,5 % en Colombie-Britannique, est la plus importante depuis octobre 1992.

Source

Voir aussi

Le Nouveau Canada : propriétaire de père en fils

« Dans certaines des écoles, le tiers des classes sont des classes d’accueil pour des immigrants qui souvent ne maitrisent pas le français »

 « Choisir entre l’État-providence et l’ouverture des frontières »

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

samedi 7 octobre 2023

Sondage : 75 % des Québecois pour réduire l'immigration jusqu'à ce que la pénurie de logements se résorbe

À la question posée par l’institut de sondage IPSOS : « Le Canada devrait-il réduire ses objectifs en matière d’immigration jusqu’à ce que la pénurie de logements s’atténue ».

Au Canada : 73 % répondent oui.
  • Ontario : 76 %
  • Québec : 75 %
  • Canada atlantique : 72 %
  • Colombie-Britannique : 68 %
  • Alberta : 67 %
  • Saskatchewan/Manitoba : 60 %

Si les Canadiens sont tout à fait d’accord pour dire qu’il faut construire plus de logements, ils sont partagés sur la question de savoir si cela aura un impact substantiel sur les prix de l’immobilier, 56 % d’entre eux étant d’accord pour dire que cela ferait baisser le coût d’achat d’un nouveau logement et 57 % pour dire que cela ferait baisser le coût d’un loyer. Deux tiers (65 %) des propriétaires actuels ne sont pas d’accord avec le fait que la construction de nouveaux logements entraînerait une baisse de la valeur de leur maison.

Principales raisons données quant à l’augmentation du coût du logement au Canada

  1. Augmentation des taux d’intérêt et de l’inflation (68 %)
  2. L’offre de logements est insuffisante (63 %)
  3. Augmentation du nombre de personnes immigrant au Canada (57 %)

Au sujet du sondage

Telles sont quelques-unes des conclusions d’un sondage Ipsos réalisé entre le 20 et le 22 septembre 2023 pour le compte de Global News. Pour ce sondage, un échantillon de 1 500 Canadiens âgés de 18 ans et plus a été interrogé. Des quotas et des pondérations ont été utilisés pour s’assurer que la composition de l’échantillon reflète celle de la population canadienne selon les paramètres du recensement. La précision des sondages en ligne d’Ipsos est mesurée à l’aide d’un intervalle de confiance. Dans ce cas, le sondage est précis à ± 2,9 points de pourcentage, 19 fois sur 20, si tous les Canadiens âgés de 18 ans et plus avaient été interrogés.

vendredi 14 juillet 2023

Crises du logement et de la santé sapent consensus pro-immigration au Canada, les gouvernants sourds

Article du National Post mais ce n'est pas le seul journal qui se pose des questions sur l'immigration de masse que subit le Canada actuellement.

Le Global et Mail (de tendance politique pourtant opposée) s'inquiète aussi à ce sujet, mais de manière variable selon le chroniqueur au clavier. Voir par exemple : Éditorial du Globe & Mail : « La pénurie de main-d’œuvre au Canada dont on nous rebat les oreilles relève surtout du mirage », Cette époque [années 50 et 60] où la population et la prospérité du Canada étaient en plein essor, contrairement à ce qui se passe aujourd'hui et Pourquoi le PIB par habitant devient l'indicateur à surveiller (voir les graphiques ci-dessous issus de cet article qui comparu des indicateurs économiques des États-Unis et du Canada alors que le Canada connaît une immigration plus importante que celle des États-Unis). 


On apprend le 14 juin que «  Le loyer moyen atteint un niveau record de 2042 $ par mois en juin ». Le coût moyen d’un logement d’une chambre était de 1780 $ en juin, en hausse de 10,2 % par rapport au même mois en 2022.

Ce sont les principaux pôles d'immigration qui sont en tête de ce triste palmarès. Vancouver s’est emparé du titre de ville la plus chère du Canada pour les locataires, avec le prix moyen d’un logement d’une chambre à 2945 $ et celui d’un logement à deux chambres à 3863 $. Elle était suivie de Burnaby, en Colombie-Britannique. Toronto s’est classée troisième avec un prix moyen de 2572 $ pour un appartement d’une chambre et 3301 $ pour un appartement de deux chambres. 



Depuis aussi longtemps que la plupart des politiciens et des électeurs en vie aujourd'hui s'en souviennent, le Canada anglais a été un pays résolument favorable à l'immigration. Jusqu'à présent, l'opinion publique était pratiquement unanime, du moins en dehors du Québec, sur le fait qu'un plus grand nombre de nouveaux arrivants représentait un bienfait absolu. 

[Note du carnet: ce n'est pas tout à fait exact : Sondage : Une majorité de Canadiens veulent moins de « réfugiés » et Un Canadien sur deux pense que les cibles en immigration sont trop hautes, 75 % qu'elle entraîne une demande excessive des services (sondage Léger mi-2022), mais il est vrai que la population du Québec s'oppose davantage à cette politique, sans être entendu par les gouvernants:  Les ⅔ des Québécois contre une hausse du nombre d’immigrants]

Cela nous a permis de nous payer le luxe d'être plutôt superficiels en matière de politique d'immigration. En fait, il s'agit d'un sujet tellement tabou que les sondeurs prennent rarement la peine de l'inclure lorsqu'ils interrogent les Canadiens sur les questions qui leur tiennent à cœur.

Toute discussion à ce sujet se résumait généralement à une question : comment attirer plus d'immigrants, plus rapidement ? Les différences entre les approches des partis étaient à peine visibles à l'œil nu.

Mais l'opinion publique peut évoluer rapidement lorsque les expériences vécues par les électeurs, ou même les perceptions qu'ils en ont, changent. En effet, un nouveau sondage réalisé par David Coletto, d'Abacus Data, suggère que nous sommes peut-être déjà engagés sur cette voie.

C'est la raison pour laquelle, compte tenu notamment des pénuries de logements et de soins de santé qui sévissent d'un bout à l'autre du pays, il n'a jamais été judicieux de considérer le consensus pro-immigration du Canada comme acquis.


Alors que les problèmes de logement et de santé se sont transformés en véritables crises, les libéraux fédéraux ont continué à faire exactement la même chose. Peu enclin à la nuance mais sujet à la démesure morale, le gouvernement du Premier ministre Justin Trudeau a poussé à son paroxysme le principe selon lequel "plus c'est mieux" en matière d'immigration.

Alors que les commentateurs, dont je fais partie, et les économistes ont mis en garde contre le fait que cette approche rapide pourrait ne pas être tenable et risquerait de rendre les Canadiens hostiles à l'immigration, rien n'indique que les dirigeants soient à l'écoute.

Aucun signe d'écoute de la part du pouvoir

Les objectifs du Canada en matière d'immigration ont grimpé à 500 000 par an, sans compter le programme des travailleurs étrangers temporaires, qui a totalisé plus de 200 000 nouvelles approbations en 2022, ou les visas d'étudiants internationaux, qui sont illimités et qui ont compté un peu plus de 550 000 nouveaux étudiants l'année dernière. Cela représente bien plus d'un million de nouvelles personnes entrant au Canada chaque année. Voir Canada — 800.000 étudiants étrangers à la fin 2022, une augmentation de 31 %. Et un passeport canadien avec ça ?.

Pour mieux visualiser l'ampleur du phénomène, cela correspond à l'ajout d'une ville entière, Calgary (population : 1 019 942 habitants), chaque année. Ou environ deux Hamiltons (population : 519 949), ou trois Halifax (population : 359 111).

Entre-temps, l'hôpital pour enfants (SickKids) de Toronto a une liste d'attente de 6 509 enfants pour une intervention chirurgicale, dont 67 % ont dépassé le délai recommandé pour les soins. Les listes d'attente pour les médecins de famille atteignent 10 ans dans certaines localités. La Colombie-Britannique transfère au moins 5 000 patients atteints de cancer aux États-Unis, car les temps d'attente intenables pourraient entraîner des décès évitables. 

Quasiment aucun gain de productivité, rémunération réelle (après inflation) qui chute

La Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) a déclaré l'an dernier qu'il faudrait au moins 5,8 millions de logements d'ici 2030 pour que le logement redevienne abordable.
Un an plus tard, de nombreuses municipalités du pays sont loin d'être en mesure de construire leur quote-part dans ce domaine.

De plus en plus souvent, ce sont les nouveaux arrivants eux-mêmes, en particulier les travailleurs temporaires et les étudiants, qui souffrent le plus de la pénurie de logements à leur arrivée. Cette situation a donné lieu à une exploitation croissante, allant de la confiscation des passeports par les employeurs à l'acceptation par les propriétaires d'un loyer sous forme de rapports sexuels.

Ce n'est certainement pas le Canada que de nombreux nouveaux arrivants imaginaient, et nous ne devrions pas être fiers d'exposer à un nombre croissant d'entre eux une telle vision de nos pensées égoïstes de gains économiques.

Tout réaliste comprendra qu'il faut faire des concessions. Le Canada ne peut pas tout avoir en matière d'immigration alors que les pénuries de biens et de services de base persistent. Si les pénuries ne sont pas le fait des immigrants et qu'il ne faut pas les en blâmer, cela ne nous empêche pas de reconnaître que nos politiques d'immigration doivent être réexaminées avec lucidité.

Les ménages canadiens sont nettement plus endettés que les américains et cela empire

Le sondage national d'Abacus Data réalisée par Coletto en juin dernier révèle que 11 % des Canadiens considèrent désormais l'immigration comme l'un des trois principaux problèmes. Plus révélateur encore, 61 % des personnes interrogées considèrent que l'objectif de 500 000 immigrants par an est trop élevé. Trente-sept pour cent des Canadiens considèrent que l'objectif de 500 000 est "beaucoup trop élevé".

Je ne peux m'empêcher de me demander quelle aurait été la réponse si la question d'Abacus avait cité le chiffre réel d'un million de nouveaux arrivants par an. En l'état, 63 % des personnes interrogées pensent que le nombre d'immigrants entrant au Canada a un impact négatif sur le logement, et 49 % sont du même avis en ce qui concerne l'impact sur les soins de santé. Seuls 43 % pensent que l'immigration a un impact positif sur notre croissance économique.

 

Malgré (ou est-ce à cause de ?) une immigration plus relativement importante au Canada qu'aux États-Unis, le PIB/habitant du Canada fait du sur place récemment alors que l'écart se creuse avec les États-Unis

De nombreux politiciens fédéraux semblent craindre de toucher au dossier complexe de l'immigration, de peur d'être taxés de xénophobie ou de racisme par leurs adversaires politiques. Pourtant, Coletto constate que même une majorité d'immigrés estime que les objectifs actuels sont trop élevés.

À moins d'un miracle sur le front du logement ou des soins de santé, et si l'opinion publique persiste dans cette voie, les législateurs ne pourront plus éviter le dossier de l'immigration très longtemps. La question devrait être la suivante : comment pouvons-nous adapter nos politiques d'immigration de manière responsable aujourd'hui, afin de pouvoir continuer à faire croître le pays de manière robuste à l'avenir ?

Le Canada a eu la chance de pouvoir profiter de nombreuses décennies sans avoir à se poser trop de questions sur l'immigration, mais plus nous attendons pour le faire, plus la conversation risque d'être difficile.

 

Voir aussi

Australie : il existe un lien manifeste entre l'accessibilité au logement et le taux de fécondité

 
 
 
 
Immigration — Forte crise du logement en Australie, comme au Canada (2023)

À Montréal, le nombre d’élèves allophones est si élevé que les cours de français virent aux cours de français langue étrangère

Coïncidence — Immigration : Le Québec fracasse un record, loyers records à Montréal, pénurie et surcharge de travail à l’école

Il se bâtit au Canada entre 200 000-300 000 unités de logement par an, en 2022 1 million de personnes s’est ajouté à la population

 

lundi 26 juin 2023

Grande-Bretagne — Les défenseurs de l'immigration de masse admettent enfin qu'elle réduit les salaires

Texte paru dans le Daily Telegraph du 26 juin 2023.

Depuis la disparition de Boris Johnson, la besoin de dire de vérité de la part des politiciens est devenu en vogue parmi ceux qui se considèrent d’un esprit plus noble. Alastair Campbell — qui a apparemment oublié les armes de destruction massive, l’Irak, le Dr David Kelly, Bernie Ecclestone, l’argent des honneurs, les hausses d’impôts, les frais de scolarité et les frais supplémentaires — déclare maintenant que Boris Johnson doit « rendre des comptes » pour les « mensonges » qu’il aurait proférés afin de persuader les gens de voter pour le Brexit.

Mais Campbell est loin d’être le seul. Récemment, les mensonges ont été les plus fréquents et les plus grossiers sur la question qui a le plus contribué à détruire la confiance dans le système politique britannique : l’immigration. Le manifeste de chaque parti ayant remporté une élection au cours du dernier quart de siècle promettait un encadrement de l’immigration, mais aucun gouvernement n’est parvenu à le mettre en œuvre. Nous enregistrons plus d’immigration depuis le début de cette période qu’au cours des 2 000 dernières années combinées.

Au cours de l’année écoulée, le solde migratoire s’est élevé à 606 000 personnes, un chiffre impensable il y a seulement 12 mois. Et pourtant, de nombreux hommes politiques réclament encore plus d’immigration. Les ministres informent les journaux que le marché du travail est trop tendu et que les entreprises ont besoin de plus de travailleurs. Et certains anciens ministres commencent à dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas. Philip Hammond, l’ancien chancelier, a déclaré que l’assouplissement des contrôles de l’immigration créerait une plus grande concurrence pour les emplois et contribuerait à réduire l’inflation — et donc les taux d’intérêt — en diminuant le pouvoir des travailleurs de demander des augmentations de salaire.

Répondre à l’augmentation des coûts du logement dans un contexte de pénurie de logements en créant une demande accrue pour un parc limité peut sembler excentrique. Mais la question ne se limite pas à cela. Lorsque les entreprises peuvent recruter dans le monde entier sans essayer d’abord de le faire en Grande-Bretagne, et à des salaires qui ne sont souvent pas plus élevés que le salaire minimum, quels contrôles Hammond pourrait-il assouplir ? Nous disposons déjà du système d’immigration le plus généreux du monde occidental.

Mais la crise inflationniste — et la solution proposée par M. Hammond — a révélé une vérité longtemps niée par les ministres et les fonctionnaires. Pendant des années, ils ont insisté sur le fait que l’immigration ne provoquait pas de déplacements d’emplois et ne faisait pas baisser les salaires. Ils l’ont fait en dépit des études universitaires et des preuves apportées par le Comité consultatif sur les migrations du gouvernement, qui affirmaient le contraire. Aujourd’hui, ils l’admettent eux-mêmes. Selon Chris Patten, l’inflation est élevée en partie parce que le Brexit a rendu « plus difficile l’importation de main-d’œuvre ».

Bien sûr, on peut soutenir que si la demande économique a rebondi conformément à la trajectoire attendue après le Covid, ce n’est pas le cas de la main-d’œuvre. Les travailleurs migrants pourraient alors combler les pénuries dues aux personnes âgées qui ne retournent pas sur le marché du travail et à l’augmentation du nombre de personnes qui ne travaillent plus pour cause de maladie. Mais cela ne signifie pas pour autant que l’immigration — dont les libéraux zélés oublient qu’elle s’accompagne de graves problèmes économiques et sociaux — doive automatiquement augmenter.

Tout d’abord, la tension sur le marché du travail ne se traduit pas par des augmentations de salaire à la hauteur de l’inflation. Dans l’ensemble, le pays subit une baisse de ses salaires en termes réels. Et cela fait suite à des années de stagnation des salaires, ce qui ne nous laisse pas dans une meilleure situation qu’en 2005. Deuxièmement, la hausse de l’inflation a commencé par un choc d’offre international et a été exacerbée par les échecs de la politique monétaire au cours des 15 dernières années environ. Troisièmement, les politiques mises en œuvre pour réduire l’inflation aujourd’hui — fortes hausses des taux d’intérêt et tentatives de faire baisser les salaires — pourraient finir par aggraver nos difficultés l’année prochaine lorsque, comme cela semble probable, nous et d’autres pays entrerons en récession.

Mais le plus évident est que la réponse des hommes politiques — quel que soit le problème, quel que soit le contexte, quelle que soit notre capacité à y faire face — est une demande d’augmentation de l’immigration globale, alors que si un type particulier d’immigration est nécessaire, le bon sens devrait nous conduire à modifier l’équilibre et le profil de cette immigration tout en restant fidèles à la nécessité de réduire, de manière radicale, le nombre total de migrants.

Pourtant, cela paraît tout à fait exclu pour nos hommes politiques. Nous avons créé un modèle d’enseignement supérieur entièrement dépendant des revenus des étudiants étrangers, quelle que soit leur qualité, au détriment des enfants britanniques qui sont évincés de nos meilleurs établissements et de nos meilleurs programmes universitaires, et qui ne leur offre pas de solutions de rechange dans l’enseignement technique et professionnel. C’est en partie pour cette raison que nous souffrons d’une pénurie de compétences qui entraîne une augmentation de la demande de travailleurs immigrés. Dépendre de leur offre immédiate décourage l’investissement dans l’automatisation ou l’amélioration de la productivité, ainsi que dans les compétences des personnes déjà présentes sur le territoire. Les députés deviennent hystériques lorsque les ministres confirment que tous les malheureux individus de tous les malheureux pays ne peuvent pas venir ici par une « voie sûre et légale ».

Cette situation est en partie due au modèle économique défaillant sur lequel la Grande-Bretagne s’appuie depuis des décennies. La productivité est médiocre, la croissance faible et les salaires stagnants. Mais l’immigration de masse fait croître notre PIB, si ce n’est le PIB par habitant, et réduit la dette en pourcentage de notre économie sans que nous ne devions faire grand-chose. Le manque d’imagination, de vision et d’idées sur la manière dont nous pourrions faire les choses différemment fait partie du problème. Mais l’idéologie de nombre de nos hommes politiques l’est tout autant. La droite considère l’immigration du point de vue économique, la gauche à travers le prisme de son obsession de la diversité radicale et de la politique identitaire.

Ce qui nous ramène aux mensonges. La semaine dernière, en réponse à l’argument selon lequel l’immigration de masse faisait augmenter le prix des loyers — ce qui est un fait — un journaliste de la BBC a déclaré : « Qui allez-vous trouver pour construire tous ces logements ? Les travailleurs britanniques ne semblent pas très enthousiastes à l’idée d’acquérir des compétences dans le domaine de la construction ». Mais il avait tort : les ressortissants étrangers représentent 13 % des travailleurs du secteur de la construction, 8 % de ceux de la construction spécialisée et 7 % de ceux du génie civil.
 
Peu après, Sadiq Khan, le maire de Londres, a déclaré que « cette ville a été construite par des migrants, par des réfugiés » — une affirmation qui, comme celle selon laquelle nous « avons toujours été un pays d’immigration », est manifestement fausse. Ceux qui pensent que l’immigration devrait être réduite et maîtrisée sont souvent présentés par les libéraux comme des fanatiques et des extrémistes qui colportent des mensonges — mais sur cette question vitale, où le changement est irréversible et a des conséquences réelles, le contraire est vrai.
 

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mercredi 21 juin 2023

Immigration — Forte crise du logement en Australie, comme au Canada

L’Australie souffre d’un énorme problème de logement. Mais la cause n’est pas liée à un soudain manque d’offres de logement.

L’Australie est un chef de fil mondial de la construction de logements

La base de données de l’OCDE sur le logement abordable montre que l’Australie a construit beaucoup plus de logements par habitant que la plupart des autres pays de l’OCDE : L’Australie s’est classée au quatrième rang des pays de l’OCDE pour la construction de logements en 2020.

Selon l’OCDE, le taux de construction de logements en Australie est resté inchangé par rapport à 2011.

Un des plus vastes programmes d’immigration au monde

Le problème fondamental ne réside pas dans la difficulté de l’Australie à construire des logements, mais dans le fait qu’elle a mis en œuvre l’un des plus vastes programmes d’immigration au monde, garantissant ainsi que la demande de logements dépasse toujours l’offre.

Au cours des deux décennies qui ont précédé 2001, la migration nette à l’étranger (NOM) de l’Australie s’est élevée en moyenne à 95 000 personnes par an, tandis que la croissance démographique a été de 217 000 personnes par an en moyenne.

Au cours de la période de 20 ans qui s’achève en 2021, le solde migratoire de l’Australie a été en moyenne de 182 000 personnes par an pour une croissance démographique moyenne de 320 000 personnes par an. Et cette période inclut l’immigration nette enregistrée pendant la pandémie.

La pénurie de logements ne fera que s’aggraver si les prévisions agressives du budget fédéral de mai en matière d’immigration se concrétisent.

Le budget prévoit que la migration nette de l’étranger atteindra 400 000 pour la toute première fois en 2022-23 avant de ralentir à 315 000 en 2023-24. Elle se modérera ensuite pour atteindre un niveau historiquement élevé de 260 000, où elle se maintiendra pendant toute la durée des projections.

L’Australie souffre d’une pénurie de logements apparemment insurmontable

mardi 9 mai 2023

Malgré une immigration record : stagnation, voire baisse, du PIB/habitant au Canada en 2022 (et 2023 selon les prévisions)

Le PIB canadien par personne (corrigé pour l’inflation) a atteint 56 369 dollars au deuxième trimestre 2019, mais à la fin de 2021, malgré la reprise économique après le choc COVID, il s’élevait à 55 730 dollars, soit environ 1,1 % de moins qu’en 2019. Selon les données disponibles jusqu’au troisième trimestre 2022, le PIB par personne reste inférieur au niveau de 2019, même si l’économie globale est en croissance depuis la fin de l’année 2020.

Aucune croissance par habitant dans le "G6" depuis 2019
(G6 [pas Japon] = tous des pays à forte immigration...),
la croissance est ailleurs
Ce déclin — ou peut-être plus exactement cette stagnation — du niveau de vie par personne s’est produit dans le contexte d’un rebond économique en 2021-22 après la récession induite par le COVID. Ainsi, alors que l’économie canadienne a enregistré une croissance globale positive, le PIB par personne (c’est-à-dire le niveau de vie individuel moyen) a en fait diminué. De plus, cette tendance négative devrait se poursuivre, selon les prévisions économiques du budget 2023, avec une croissance annuelle du PIB (corrigée de l’inflation) inférieure à 1 % en moyenne au cours des deux prochaines années, alors que la population du Canada augmentera d’au moins 1,4 % — une combinaison qui garantit une nouvelle baisse du niveau de vie.
 
Et c’est en fait pire que cela. Les politiques économiques explicites d’Ottawa cherchent à faire croître l’économie globale du pays en augmentant la population, principalement grâce à des taux d’immigration élevés, plutôt qu’en comblant les lacunes en matière d’investissement des entreprises, de productivité, d’esprit d’entreprise et d’innovation. Ainsi, même si l’économie globale du Canada peut éviter une récession « officielle » cette année, les Canadiens continueront à souffrir d’une récession sous la forme d’une baisse du PIB moyen par personne (c’est-à-dire du niveau de vie).


Source : Institut Fraser

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Les nouvelles données de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011 nous ont permis d’actualiser notre estimation précédente afin de mettre en lumière le succès des récentes mesures importantes prises par le gouvernement fédéral pour améliorer la sélection des nouveaux immigrants en vue d’améliorer leurs perspectives économiques. Nous avons constaté que le transfert fiscal net annuel aux nouveaux immigrants est nettement inférieur, à 5 329 $ par habitant, aux 6 000 $ que nous avions trouvés dans notre analyse précédente. Toutefois, comme le nombre d’immigrants bénéficiant de ce transfert a considérablement augmenté, la charge fiscale totale est passée de 16 à 24 milliards de dollars en 2005, à 20 à 28 milliards de dollars en 2010, et à 27 à 35 milliards de dollars en 2014. (Institut Fraser, 2015

Un Canadien sur deux pense que les cibles en immigration sont trop hautes, 75 % qu'elle entraîne une demande excessive des services 

Les loyers montent en flèche au Canada alors que l'afflux de personnes est sous-estimé (il est à près de 1 million/an !)

Recension de « Canada maximum, vers un pays de 100 millions »

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Population du Canada : croissance record de 1 050 110 personnes enregistrée en 2022 (m à j Québec)

mercredi 30 novembre 2022

Le décret instituant le plan Biden d’allègement de la dette étudiante déclaré inconstitutionnel

Le juge fédéral du Texas, Mark Pittman, a déclaré il y a quelques semaines que le décret instituant le plan du président Joe Biden visant à annuler des centaines de milliards de dollars de dettes d’étudiants était inconstitutionnel et devait être annulé.

Le plan d’allègement de la dette a déjà été temporairement bloqué par la Cour d’appel du huitième circuit des États-Unis, basée à Saint-Louis, pour examiner la demande de six États républicains visant à l’interdire. Le plan de Joe Biden a fait l’objet de plusieurs actions en justice par des procureurs généraux d’États.

Le juge Pittman, dans une décision de 26 pages, a écrit que la loi HEROES, — une loi qui offre de l’aide financière pour les prêts consentis au personnel militaire et sur laquelle l’administration Biden s’est appuyée pour mettre en place le plan d’aide — ne permettait pas la mise en place d’un programme d’annulation des prêts aux étudiants de 400 milliards de dollars américains. « Le programme est donc un exercice inconstitutionnel du pouvoir législatif du Congrès et doit être annulé », écrit le juge Pittman. 


« Personne ne peut nier de manière plausible qu’il s’agit soit de l’une des plus grandes délégations de pouvoir législatif à l’exécutif, soit de l’un des plus grands exercices de pouvoir législatif sans l’autorité du Congrès dans l’histoire des États-Unis », a déclaré le juge Pittman.

Le juge texan a affirmé que la loi « ne fournit pas au pouvoir exécutif une autorisation claire du Congrès pour créer un programme d’annulation de prêt étudiant de 400 milliards de dollars ». Il a noté que les avocats de l’administration Trump ainsi que la présidente de la Chambre Nancy Pelosi (démocrate de Californie) avaient estimé que le président Biden n’avait pas l’autorité légale pour mettre en œuvre l’annulation massive de la dette par décret. Mme Pelosi avait déclaré l’année dernière que le Congrès devait passer une loi pour annuler la dette étudiante. Elle a, cependant, déclaré plus tard qu’elle soutenait le programme et a félicité le président de l’avoir proposé. Le ministère de la Justice a fait appel du verdict.

Le Bureau du budget du Congrès, non partisan, a calculé que l’annulation de la dette permettrait d’éliminer environ 430 milliards de dollars sur les 1600 milliards de dollars de dettes d’étudiants et que plus de 40 millions de personnes pouvaient en bénéficier.

Le plan, annoncé en août, prévoit d’effacer jusqu’à 10 000 $ US de dettes d’études pour les emprunteurs gagnant moins de 125 000 $ US par an, ou 250 000 $ US pour les couples mariés. Les emprunteurs qui ont reçu des bourses Pell au profit des étudiants à faible revenu verront leur dette réduite jusqu’à 20 000 $ US.

De nombreuses personnes avaient averti l’administration Biden que cette initiative ambitieuse pourrait rencontrer des difficultés juridiques. Pourtant, lors d’un entretien en octobre, le président Biden s’était vanté devant un aréopage d’activistes d’avoir signé une loi qui propose l’annulation de jusqu’à 20 000 dollars de prêts étudiants fédéraux pour les bénéficiaires de la bourse Pell et de 10 000 dollars pour les autres emprunteurs. Il a ensuite affirmé le bobard en disant que « je l’ai fait adopter par un vote ou deux, et c’est en vigueur. » 

 
Bien sûr, comme souvent quand Biden donne sa version de l’histoire — de son arrestation alors qu’il tentait de rendre visite au défunt président sud-africain Nelson Mandela aux 17 000 miles qu’il a parcourus avec Xi Jinping — l’affirmation de Biden selon laquelle il a obtenu une remise de prêt étudiant grâce à une loi adoptée par la législation était un gros mensonge. Il a contourné la législature et utilisé une directive présidentielle pour faire payer les dettes d’un groupe de personnes, ceux qui ont fréquenté l’université, par un autre groupe de personnes, les contribuables.

Un sondage réalisé par le Wall Street Journal avant les élections de mi-mandat cette semaine a révélé que les groupes clés essentiels aux chances des démocrates pour ces élections de mi-mandat, comme les jeunes électeurs, soutiennent fortement le plan d’annulation des prêts étudiants, bien que le grand public soit divisé sur la question.

CNBC a rendu compte cette semaine d’une enquête récente qui a révélé que 73 % des bénéficiaires présomptifs du plan Biden prévoyaient de dépenser l’argent qu’ils n’auraient plus à rembourser à voyager, aller au restaurant et acheter des articles de nouvelles technologies.

Si Biden voulait vraiment aider les étudiants, il devrait chercher à diminuer les frais de scolarité ruineux des universités américaines. Paradoxalement, une mesure efficace pour ce faire serait de limiter l’accès aux programmes de prêts fédéraux.

Au fur et à mesure que le coût de l’enseignement supérieur augmentait, le nombre d’étudiants ayant besoin d’utiliser des prêts étudiants fédéraux a également augmenté. Parallèlement, le montant moyen emprunté par étudiant, ainsi que le montant total annuel emprunté, ont augmenté. La facilité d’obtention de ces prêts fédéraux conduit à une inflation des frais d’inscription.

Alors que le nombre total d’emprunteurs fédéraux s’élevait à 5,9 millions pour l’année universitaire 2001-2002, il est passé à 9,4 millions d’emprunteurs pour l’année universitaire 2016-2017, soit une augmentation de plus de 3 % par an. Au cours de la même période, le montant annuel total des prêts étudiants fédéraux empruntés est passé de 49 milliards de dollars à 94 milliards de dollars, soit une augmentation de près de 4,5 % par an.

Alors que les prix continuent d’augmenter et que les remboursements des prêts étudiants grugent une partie croissante des salaires des diplômés, certains emprunteurs pourraient ne pas être en mesure de rembourser leurs prêts étudiants. Mais cela ne trouble pas les universités. En effet, lorsqu’un étudiant contracte un prêt universitaire, l’argent est versé directement au collège, ce qui signifie que le collège reçoit son argent immédiatement que l’emprunter rembourse ou non cet emprunt en fin de compte. L’emprunteur devient alors responsable du remboursement du prêt. Dans le cas d’un prêt étudiant fédéral, le gouvernement fédéral est responsable de s’assurer que l’emprunteur rembourse intégralement le prêt.

Dans un marché libre et non faussé, au fur et à mesure que les prix augmentent, la demande du bien en question à ce prix diminue. Mais dans l’enseignement supérieur, la généreuse disponibilité de prêts étudiants fédéraux permet aux candidats de combler l’écart entre ce qu’ils peuvent se permettre et le prix demandé par les universités. Les établissements post-secondaires peuvent donc continuellement augmenter le prix qu’ils exigent pour une année d’études.

Dans une étude de 2015, la Federal Reserve Bank de New York a constaté que chaque augmentation de 1 $ du montant maximal des prêts subventionnés entraînait une augmentation de 60 cents des droits d’inscription, tandis qu’une augmentation de 1 $ du plafond des prêts non subventionnés n’entraînait qu’une augmentation de 40 cents de ces frais de scolarité. 


Si la disponibilité des prêts étudiants fédéraux permet aux collèges d’augmenter les prix beaucoup plus rapidement que le rythme de l’inflation, le gouvernement peut peut-être utiliser son contrôle du marché fédéral des prêts étudiants pour aider à contrôler les coûts. Une stratégie pourrait être d’exiger des universités qu’elles n’augmentent pas le prix d’une éducation post-secondaire plus vite que l’indice des prix à la consommation. S’ils le font, soit leurs étudiants perdent tout accès aux prêts étudiants fédéraux, soit les étudiants ou les établissements devraient financer, de leur poche, l’excédent des frais de scolarité au-dessus du prix autorisé.

Supprimer complètement l’accès aux prêts étudiants fédéraux pour les étudiants d’une faculté pourrait réduire considérablement la demande. En conséquence, de nombreuses universités seraient probablement forcées de maintenir leurs prix dans la fourchette de prix recommandée ou risquer de faire faillite.

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