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mardi 8 septembre 2026

Classement PISA 2025 (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) en science et en mathématique:

Classement PISA 2025 (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) en science et en mathématique:

1- Chine 🇨🇳 : Sciences 597 | Maths 612
2- Singapour 🇸🇬 : Sciences 560 | Maths 563
3- Macao (Chine) 🇲🇴 : Sciences 541 | Maths 549
4- Taipei chinois 🇹🇼 : Sciences 540 | Maths 546
5- Japon 🇯🇵 : Sciences 538 | Maths 525
6- Estonie 🇪🇪 : Sciences 527 | Maths 508
7- Corée 🇰🇷 : Sciences 526 | Maths 522
8- Royaume-Uni 🇬🇧 : Sciences 511 | Maths 488
9- Canada 🇨🇦 : Sciences 510 | Maths 485
10- Nouvelle-Zélande 🇳🇿 : Sciences 509 | Maths 480
11- Australie 🇦🇺 : Sciences 509 | Maths 478
12- Finlande 🇫🇮 : Sciences 504 | Maths 469
13- États-Unis 🇺🇸 : Sciences 502 | Maths 463
14- Suisse 🇨🇭 : Sciences 501 | Maths 499
15- Irlande 🇮🇪 : Sciences 500 | Maths 480
16- Autriche 🇦🇹 : Sciences 497 | Maths 478
17- Hong Kong (Chine) 🇭🇰 : Sciences 496 | Maths 522
18- Pologne 🇵🇱 : Sciences 495 | Maths 474
19- Turquie 🇹🇷 : Sciences 494 | Maths 462
20- Tchéquie 🇨🇿 : Sciences 490 | Maths 487
21- Belgique 🇧🇪 : Sciences 490 | Maths 470
22- Lituanie 🇱🇹 : Sciences 488 | Maths 470
23- Allemagne 🇩🇪 : Sciences 486 | Maths 474
24- Pays-Bas 🇳🇱 : Sciences 485 | Maths 483
25- Suède 🇸🇪 : Sciences 485 | Maths 464
26- Slovénie 🇸🇮 : Sciences 484 | Maths 460
27- France 🇫🇷 : Sciences 483 | Maths 458
28- Italie 🇮🇹 : Sciences 483 | Maths 468
29- Portugal 🇵🇹 : Sciences 482 | Maths 460
30- Hongrie 🇭🇺 : Sciences 480 | Maths 459
31- Danemark 🇩🇰 : Sciences 478 | Maths 471
32- Espagne 🇪🇸 : Sciences 477 | Maths 459
33- Croatie 🇭🇷 : Sciences 476 | Maths 455
34- Slovaquie 🇸🇰 : Sciences 475 | Maths 469
35- Luxembourg 🇱🇺 : Sciences 474 | Maths 458
36- Norvège 🇳🇴 : Sciences 470 | Maths 452
37- Lettonie 🇱🇻 : Sciences 468 | Maths 450
38- Émirats arabes unis 🇦🇪 : Sciences 458 | Maths 453
39- Vietnam 🇻🇳 : Sciences 457 | Maths 443
40- Malte 🇲🇹 : Sciences 453 | Maths 443
41- Régions ukrainiennes 🇺🇦 : Sciences 448 | Maths 431
42- Uruguay 🇺🇾 : Sciences 445 | Maths 405
43- Chili 🇨🇱 : Sciences 442 | Maths 403
44- Israël 🇮🇱 : Sciences 442 | Maths 433
45- Islande 🇮🇸 : Sciences 441 | Maths 430
46- Brunei 🇧🇳 : Sciences 439 | Maths 435
47- Maurice 🇲🇺 : Sciences 438 | Maths 407
48- Ouzbékistan 🇺🇿 : Sciences 438 | Maths —
49- Monténégro 🇲🇪 : Sciences 435 | Maths 411
50- Albanie 🇦🇱 : Sciences 435 | Maths 433
51- Qatar 🇶🇦 : Sciences 434 | Maths 416
52- Grèce 🇬🇷 : Sciences 434 | Maths 424
53- Thaïlande 🇹🇭 : Sciences 432 | Maths 407
54- Serbie 🇷🇸 : Sciences 429 | Maths 417
55- Roumanie 🇷🇴 : Sciences 425 | Maths 419
56- Mongolie 🇲🇳 : Sciences 424 | Maths 419
57- Costa Rica 🇨🇷 : Sciences 424 | Maths 387
58- Géorgie 🇬🇪 : Sciences 422 | Maths 416
59- Moldavie 🇲🇩 : Sciences 422 | Maths 410
60- Bulgarie 🇧🇬 : Sciences 421 | Maths 405
61- Kazakhstan 🇰🇿 : Sciences 420 | Maths 414
62- Malaisie 🇲🇾 : Sciences 419 | Maths 397
63- Colombie 🇨🇴 : Sciences 414 | Maths 381
64- Mexique 🇲🇽 : Sciences 414 | Maths 388
65- Arabie saoudite 🇸🇦 : Sciences 413 | Maths 390
66- Chypre 🇨🇾 : Sciences 411 | Maths 412
67- Azerbaïdjan 🇦🇿 : Sciences 409 | Maths 422
68- Brésil 🇧🇷 : Sciences 409 | Maths 377
69- Jordanie 🇯🇴 : Sciences 407 | Maths 388
70- Pérou 🇵🇪 : Sciences 406 | Maths 382
71- Argentine 🇦🇷 : Sciences 393 | Maths 367
72- Indonésie 🇮🇩 : Sciences 389 | Maths 364
73- El Salvador 🇸🇻 : Sciences 385 | Maths 346
74- Cambodge 🇰🇭 : Sciences 382 | Maths 366
75- Macédoine du Nord 🇲🇰 : Sciences 378 | Maths 380
76- Philippines 🇵🇭 : Sciences 373 | Maths 371
77- Liban 🇱🇧 : Sciences 372 | Maths 377
78- Tunisie 🇹🇳 : Sciences 369 | Maths 376
79- Kirghizistan 🇰🇬 : Sciences 363 | Maths 364
80- République dominicaine 🇩🇴 : Sciences 361 | Maths 339
81- Autorité palestinienne 🇵🇸 : Sciences 359 | Maths 354
82- Maroc 🇲🇦 : Sciences 358 | Maths 355
83- Kosovo 🇽🇰 : Sciences 357 | Maths 350
84- Paraguay 🇵🇾 : Sciences 355 | Maths 334
85- Région du Kurdistan (Irak) 🇮🇶 : Sciences 352 | Maths 339
86- Guatemala 🇬🇹 : Sciences 351 | Maths 334
87- Zambie 🇿🇲 : Sciences 337 | Maths 314
88- Kenya 🇰🇪 : Sciences 335 | Maths 326
89- Douchanbé (Tadjikistan) 🇹🇯 : Sciences 334 | Maths 382
90- Rwanda 🇷🇼 : Sciences 317 | Maths 312

Source: OCDE, Plus de 760 000 élèves de 91 pays et économies du monde entier, représentant en tout environ 33 millions de jeunes de 15 ans, ont participé, en 2025, à l’évaluation PISA en sciences, en mathématiques

Sont arrivées en tête de classement dans ces trois domaines les collectivités chinoises de Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang, ainsi que Singapour. L’Estonie, la Corée, le Japon, Macao (Chine),  Formose (Taipei chinois) et le Royaume-Uni figuraient également sur la liste des 10 meilleurs systèmes éducatifs.

La performance globale des pays de l’OCDE se détériore : les résultats moyens en sciences, en lecture et en mathématiques sont, en effet, les plus faibles jamais observés. Quelques progrès n’en doivent pas moins être relevés ; ainsi, parmi les pays de l’OCDE, le Costa Rica, la République slovaque, la Türkiye et le Royaume-Uni ont amélioré leurs résultats en sciences par rapport à 2022. 

Les résultats en lecture ont connu une baisse particulièrement marquée sur trois ans, notamment en ce qui concerne les compétences les plus utiles à l’ère de l’IA, comme savoir évaluer l’information, faire des liens entre différentes sources et poser un regard critique sur ses lectures. Les cas de « lecture hâtive » – où les élèves lisent rapidement, mais de manière imprécise – ont pratiquement doublé en proportion par rapport à 2018, pour atteindre 9 %.


Les données du Canada sont néanmoins à prendre avec des pincettes, puisque pour le Québec comme pour le Canada, « une ou plusieurs normes d’échantillonnage du programme PISA n’ont pas été respectées », précise l’OCDE dans la présentation de ses résultats. D'autres pays sont concernés : Pays-Bas, Nouvelle-Zélande Norvège et États-Unis (dans l'OCDE) et l'Albanie (hors OCDE, mais partenaire pour cette étude).

Il semblerait notamment que les élèves qui ont passé les tests aient un meilleur niveau que la moyenne nationale, entraînant une légère surévaluation de leurs performances.

Par conséquent, les résultats présentés pourraient comporter de « grandes incertitudes, voire être biaisés », ajoute le rapport.

Les limites des tests PISA

Quels élèves sont soumis au test ? Dans quelles écoles ? Impossible de le savoir.

L’OCDE exige une confidentialité absolue et la Commission d’accès à l’information refuse de rendre accessible la liste des écoles participantes.

L’OCDE assure que sa méthode d’échantillonnage est béton, que les élèves sont choisis au hasard, que les écoles publiques et privées, par exemple, sont adéquatement représentées.

Encore faut-il pouvoir le vérifier.

« Et c’est pour ça qu’un chercheur sérieux se garde une grande réserve quant à l’interprétation des résultats. Sur le plan méthodologique, ça semble sérieux, mais il y a des zones d’ombre », estime Roch Chouinard, professeur émérite à l’Université de Montréal, interrogé par La Presse.

« Dans une logique de chercheurs et quand il s’agit de publications scientifiques, croit aussi Line Laplante, professeure au département de didactique des langues à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), il faut avoir accès aux données brutes, donc aux écoles, aux élèves qui passent le test. »

Mais au surplus, l’OCDE elle-même invite à interpréter les résultats PISA 2025 avec prudence pour plusieurs pays. Car aussi bien pour le Canada que pour les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, les États-Unis et l’Albanie, « une ou plusieurs normes d’échantillonnage PISA n’ont pas été respectées ».

Pour vulgariser la chose : trop d’écoles ou d’élèves sélectionnés n’ont pas participé, ou trop d’élèves ont été exclus. Au Canada, le taux de participation pondéré des écoles n’a atteint qu’environ 82 % après remplacement (la cible est de 85 %) et celui des élèves environ 77 % (la cible est de 80 %), tandis que le taux d’exclusion dépasse légèrement le plafond de 5 %. Une analyse du biais de non-réponse a été jugée suffisamment rigoureuse pour que les données canadiennes soient tout de même publiées. L’organisme canadien responsable de l’enquête précise toutefois que les résultats du Québec — comme ceux de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, de l’Ontario, du Manitoba, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique — doivent être lus avec prudence, en raison d’un possible biais de non-réponse. Le risque habituel demeure : que des écoles ou des élèves plus faibles s’auto-excluent et fassent ainsi augmenter artificiellement les moyennes.

Un test avantageux pour les Québécois ?

Au-delà des considérations statistiques, Roch Chouinard fait observer que les élèves québécois sont probablement avantagés par les tests PISA du fait que les notions évaluées « correspondent exactement à ce sur quoi nos programmes éducatifs et nos écoles mettent l’accent », notamment la résolution de problèmes de tous les jours en mathématiques (la France insiste davantage sur les maths formelles, par exemple). 

Line Laplante pense de même pour ce qui est de la langue maternelle. Pour tous les pays, ce qui est évalué par le PISA, c’est la compréhension de texte, et non l’écriture ou l’orthographe. « Or, dans l’épreuve d’écriture de la fin du secondaire du ministère de l’Éducation du Québec, l’orthographe d’usage et l’orthographe grammaticale sont les deux critères sur lesquels les élèves québécois en arrachent le plus », fait observer Line Laplante.

La faiblesse des élèves en orthographe et en grammaire ne les pénalise donc pas quand ils passent leurs tests PISA. Elle ne les empêche pas non plus d’obtenir à tout le moins la note de passage aux examens du Ministère.

« Les élèves de 5e secondaire peuvent réussir en français tout en ayant échoué aux critères d’orthographe de l’examen du Ministère », l’examen du Ministère ne constitue qu’un pourcentage de la note finale du cours de français. Notons que les tests PISA n'évalue en rien la culture générale (souvent très lacunaire chez les jeunes québécois), la capacité de composition d'une dissertation, d'une critique structurée d'un texte littéraire ou scientifique.

Sinon révélateurs de la valeur exacte de notre système d’éducation, ces résultats PISA donnent donc certaines tendances.

 

Voir aussi

La Finlande a perdu des places dans le classement PISA, elle essaie de se réformer (mise à jour 2017)

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 « Les traits du système finlandais que copie [en 2010] l’étranger n’expliquent pas le succès finlandais, ils sont au contraire source de problèmes »

PISA 2015 — Les bonnes notes du Québec remises en question

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mardi 30 juin 2026

Repentance — Le Congo a-t-il enrichi la Belgique ?

Le Congo a-t-il enrichi la Belgique ? Rappelons d'abord que Le Congo fut de 1885 à 1908 officiellement reconnu comme la propriété privée du Roi des Belges et non une colonie du royaume de Belgique. En 1908, un an avant la mort du roi, la pression de l'opinion publique et les manœuvres diplomatiques conduisent à la fin de la souveraineté de Léopold II sur le territoire et à l'annexion du Congo par la Belgique en tant que colonie, désormais connue sous le nom de Congo belge. La Belgique, à laquelle Léopold s'était plus tôt engagé à céder le Congo à sa mort, fut réticente de reprendre en main le Congo (voir ci-dessous).

On dispose de chiffres relativement précis qui permettent de répondre à la question de l'enrichissement de la Belgique par le Congo :
En 1908 [...] au moment de la reprise du Congo par la Belgique, le Congo avait rapporté à l’État belge 26 millions francs-or. De 1908 à 1950, Les dépenses coloniales engagées par la Belgique […] atteignirent un total de 259 millions de francs-or. Durant la même période, les avantages recueillis par la Belgique grâce au Congo furent au total de 24 millions.

Les dépenses nettes de la Belgique, de 1908 à 1950, s’élevèrent donc à 235 millions. Le Congo avait rapporté 26 millions au moment de la reprise. Il a coûté 235 millions depuis. Dans l’ensemble, il a donc coûté à la Belgique, jusqu’en 1950, 209 millions de francs-or.
Jean Stengers, « Combien le Congo a-t-il coûté à la Belgique ? », Académie royale des sciences coloniales, Tome XI, fascicule I., 1957, p. 350.

Ces 209 millions de francs-or qui, en 1950, avaient la contre-valeur de 7 milliards de francs belges représentaient alors moins d’un dixième des dépenses annuelles de l’État belge.

De même les 26 millions de bénéfices pour la période de l’État indépendant du Congo (1885-1908) doivent-ils être relativisés par rapport au budget de l’État belge puisque la seule construction du palais royal de Laeken entre 1902 et 1908 coûta 12 millions et celle du palais de Justice de Bruxelles 43 millions. Le Congo ne comptait donc pas pour grand-chose dans l’économie belge.

Billet de loterie coloniale belge fondée le 29 mai 1934 pour aider la colonie en pleine crise économique et l’alimenter en capitaux frais venus de la métropole

À titre de comparaison, la même année, c’est-à-dire en 1950, le simple budget belge des pensions était de 12 milliards et demi ce qui signifie qu’à lui seul ce poste constituait une dépense deux fois plus importante que le coût de 70 ans de présence au Congo (Stengers, 1957, pp 350-351). Le Congo ne comptait donc pas plus dans l’économie belge même s’il avait une importance économique considérable pour certains Belges.

De 1918 à 1939, en moyenne, le budget des Colonies fut annuellement de 1 300 000 francs or et de 1 500 000 de 1945 à la fin (A.J. van Bielsen, Pour une politique congolaise nouvelle, Revue générale belge, 15 avril 1956, p. 811) 1956 : 911). Le budget du ministère des Colonies représentait :

— en 1910 : 0,15 % du budget national belge
— en 1920 : 0,17 %
— en 1930 : 0,13 %
— en 1950 : 0,10 %
— en 1956 : 0,08 %

Rapporté au budget du Congo, le budget du ministère des Colonies représentait pour sa part :

— en 1911 : 3 % du budget du Congo
— en 1930 : 1,8 %
— en 1950 : 1,6 %
— en 1956 : 0,6 %

La Belgique ne pilla donc pas le Congo et pourtant, cette colonie fut une de celles dans lesquelles les profits privés et ceux des consortiums furent les plus importants.

Mais les investissements nécessaires à l’exploitation des potentialités minières y furent considérables (routes, voies ferrées, ports, etc.) tandis que les infrastructures humaines (scolarisation, santé) furent largement sous-traitées aux missions catholiques. L’originalité du Congo belge était qu’il pouvait subvenir à ses besoins. En effet, à partir de 1908, les impôts payés par les consortiums et les privés furent en totalité investis sur place. Le Congo belge pouvait donc subvenir à ses besoins, le plan de développement décennal ainsi que les investissements étant financés par les recettes locales tirées de l’impôt des grandes sociétés.

Parmi toutes les puissances coloniales, la Belgique fut la seule à avoir défini un plan cohérent de développement de sa colonie en partant d’une constatation qui était que tout devait y être fait à partir du néant. En matière d’éducation, la France et la Grande Bretagne saupoudrèrent leurs colonies d’Afrique sud-saharienne tandis que la Belgique choisit de procéder par étapes et de commencer par bien développer le primaire, puis le secondaire et enfin seulement le supérieur. Mais, pour que ce plan puisse être efficace, il lui fallait encore une certaine durée. Or, il fut interrompu par l’indépendance alors qu’il fallait à la Belgique au moins deux décennies supplémentaires pour le mener à son terme.

Le Congo enrichit la Belgique avant 1908 quand le roi Léopold puisa dans ses ressources pour lancer en Belgique une politique de grands travaux. Il créa dans ce but la Fondation de la Couronne à laquelle il attribua environ un dixième de la superficie de tout le territoire et qui percevait les revenus domaniaux des concessions.

Ce fut une période sombre dans l’histoire de la colonisation belge, avec une authentique politique d’exploitation fondée sur le travail forcé et dénoncée dès 1899 par Joseph Conrad dans son livre Au Cœur des ténèbres. Mais ce ne fut qu’une parenthèse de quelques années. À partir de 1908, le Congo rentra en effet dans l’État de droit et ses ressources ne servirent plus qu’à sa mise en valeur.

Ce fut d’ailleurs à partir de ce moment que la Belgique y lança un formidable programme d’équipement routier, ferroviaire, portuaire, etc. (Stengers, 1957).



Reportage sur l’université Lovanium au Congo belge (fin des années 50)

Le Congo finançait son propre plan de développement décennal ainsi que les investissements nécessaires à sa mise en valeur. Jusqu’en 1958, il ne coûta rien à la Belgique puisque les recettes locales tirées de l’impôt des grandes sociétés permettaient les investissements et les dépenses de fonctionnement. Seule exception, la crise des « années 30 » qui ruina le Congo en raison de la chute des cours du cuivre ce qui entraîna un chômage important et le retour de nombreux cadres européens en métropole. L’État belge fut alors contraint d’intervenir et il créa la Loterie coloniale qui rapporta 58 millions de francs-or tandis que le Trésor belge intervenait à hauteur de 104 millions de francs-or durant la période 1933-1940.

En résumé, des origines à 1908, le Congo rapporta 26 millions de francs-or et de 1908 à 1950, il coûta 259 millions. Au total des origines à 1950, il aura donc coûté 209 millions à la Belgique. Or, ces 209 millions représentaient à peine un dixième des dépenses annuelles de l’État Belge.

À partir de 1955, le Congo fut en faillite et l’État belge dut renflouer ses finances. Les économistes prévoyaient que le phénomène allait prendre de plus en plus d’ampleur avec l’accélération des programmes de formation et de mise en valeur prévus, sans compter l’exode rural qui gonflait les centres urbains de masses de chômeurs.

En 1956-1957, les investissements baissèrent et le phénomène fut amplifié par un fait nouveau dans cette colonie où les bénéfices étaient réinvestis sur place : la fuite des capitaux qui montrait bien que les coloniaux avaient perdu confiance dans l’avenir du Congo. Le gouffre financier congolais menaçant de s’ouvrir sous les pieds de la prospère Belgique, voilà qui explique sans doute la précipitation à se débarrasser au plus vite et l’on pourrait dire à n’importe quel prix, d’une colonie qui menaçait de devenir un insupportable fardeau.

D’après ces calculs, l’exportation de biens et de services vers la colonie assurait en 1956 l’emploi direct et indirect de quelque 75 000 personnes, soit 2,1 % de la population active totale [en Belgique] ; en ajoutant aux relations commerciales le revenu des investissements coloniaux, le Congo représentait cette même année, 3,3 % du PNB, 3,6 % des recettes fiscales  de l’État et un pourcentage identique du revenu national (3,3 % des revenus de salariés, 1,1 % des revenus d’entreprises individuelles et loyer [...]) La perte économique due à une (éventuelle) rupture totale pourrait s’élever, selon lui, à 2,4 % du PNB. Mais, « il ne semble pas que l’économie belge puisse être gravement atteinte dans son rythme d’expansion à long terme [...] »

Guy Vantemsche, La Belgique et le Congo, Nouvelle Histoire de la Belgique, tome 4, p. 205
Cette prédiction sera confirmée en 1969, neuf ans après l’indépendance, par René Sterkendries, haut responsable de la Société Générale de Belgique, pourtant fortement liée au Congo :
Or les [relations avec le Congo] contribuaient à la formation, à concurrence de 4 à 5 %, de notre revenu national. [...] C’est à peine si l’économie belge souffrit, dans son ensemble, de la détérioration des rapports entre les deux pays [Congo et Belgique], l’expansion engendrée par l’ouverture progressive du Marché commun faisant contrepoids. Mais ceci ne veut pas dire que l’épargne belge ne fut pas très durement touchée  [les capitaux privés belges avaient beaucoup investi au Congo], ni des familles ruinées, ni certains secteurs d’activité acculés à une difficile reconversion.

René Sterkendries, « Le Congo, Réflexions d’un Belge », 15 juillet 1969.

Le Parlement belge a longtemps été réticent à annexer le Congo de Léopold II jusqu’en 1908 pour plusieurs raisons principales, principalement financières, politiques et morales. 

Contexte historique

Le Congo n’était pas une colonie belge au départ, mais l’État indépendant du Congo (EIC, 1885-1908), une possession personnelle du roi Léopold II. Le Parlement belge avait autorisé le roi à en devenir souverain à titre privé (sans engager l’État belge), conformément à la Constitution. Léopold l’avait obtenu lors de la Conférence de Berlin (1885) comme « œuvre humanitaire » (lutte contre l’esclavage, christianisation, commerce libre). Léopold y a développé un régime d’exploitation intensive (caoutchouc, ivoire) très lucratif pour lui personnellement, mais marqué par des abus graves (travail forcé, violences, diminution démographique). Ces exactions ont été dénoncées internationalement à partir de 1900-1904 (rapport Casement, campagne de E.D. Morel, etc.).

Raisons de la réticence du Parlement

Raisons financières (la principale)

Le Congo était vu comme un « legs encombrant ». Léopold avait accumulé des dettes importantes pour financer son entreprise et ses grands travaux en Belgique. Annexer signifiait reprendre ces dettes, investir dans l’administration et risquer un fardeau pour le contribuable belge. Léopold a négocié dur : il a obtenu une grosse indemnité (environ 110 millions de francs pour dettes + 45 millions pour ses projets + part des revenus futurs). Le Parlement craignait que la colonie ne soit pas rentable à court terme, surtout après les scandales qui risquaient de faire baisser les revenus du caoutchouc.

Manque d’intérêt colonial initial

La Belgique était un jeune pays industriel, neutre, sans tradition coloniale forte ni marine puissante. Beaucoup de parlementaires voyaient les colonies comme un luxe coûteux et risqué pour un petit État. Léopold avait dû faire un lobbying intense pour obtenir l’aval initial en 1885. L’opinion publique et le Parlement étaient plutôt apathiques ou sceptiques vis-à-vis de l’aventure africaine. 

Raisons politiques et morales

Les socialistes (comme Émile Vandervelde) et certains libéraux critiquaient vivement les abus et ne voulaient pas que la Belgique hérite d’un régime entaché d’atrocités.

Il y avait une crainte de s’engager dans une administration lourde et de devoir « réparer » les exactions des scoiétés concessionnaires. Les pressions internationales (Royaume-Uni, États-Unis) forçaient la main, mais certains parlementaires y voyaient une ingérence. 

Le testament de Léopold (1889) prévoyait déjà la cession à la Belgique à sa mort, et un droit de préemption existait depuis 1890/1901. Mais le Parlement a longtemps repoussé ou conditionné la reprise.Vandervelde et d’autres socialistes ont été parmi les plus virulents critiques du régime de Léopold II (abus, travail forcé, etc.). Ils ont contribué à forcer la commission d’enquête de 1905. 

Opposition des socialistes

Les socialistes voyaient dans l’annexion un risque de distraction des ressources nationales au profit d’une entreprise capitaliste coloniale, au détriment des réformes sociales intérieures.

Certains craignaient aussi que le modèle autoritaire du Congo ne renforce les tendances anti-démocratiques en Belgique même.

Vandervelde a fini par accepter (à contrecœur et avec des conditions) l’annexion en 1908, mais une partie du parti restait opposée, préférant se concentrer sur la « question sociale » en métropole:  bas salaires, travail des enfants, logements insalubres, malnutrition.

« Charité bien ordonnée commence par soi-même. » Les ressources de l’État (impôts, budget) devaient d’abord servir à améliorer le sort des ouvriers belges pauvres, plutôt qu’à « civiliser » l’Afrique ou enrichir des intérêts privés.

Le tournant de 1908

Sous la pression internationale croissante et après le rapport de la commission d’enquête belge (1905) qui confirmait des abus, Léopold a été contraint de céder.

Le Parlement a voté l’annexion en 1908 (loi du 18 octobre, effective le 15 novembre). Ce n’était pas un enthousiasme colonial, mais un mélange de devoir national, de nécessité diplomatique (pour calmer les critiques étrangères) et de pragmatisme (mieux valait contrôler directement que laisser un scandale permanent).

Voir aussi

Éducation sur la colonisation belge au Congo dans une école belge

Histoire — Rwanda et Congo, 7 millions de morts ?


mardi 2 juin 2026

Belgique — Quand la vérité des faits ne protège plus la liberté d’expression

Le tribunal correctionnel de Louvain a condamné, mardi le 26 mai, l'ancien député Dries van Langenhove (ci-contre) à une amende de 4 000 euros pour incitation à la haine et à la violence fondée sur la race, la couleur de peau ou l’ascendance ethnique, ainsi que pour diffusion d’idées fondées sur la haine raciale. 

Les faits remontent à une conférence donnée le 28 février 2024 à la KU Leuven (l'Université catholique de Louvain néerlandophone), à l’invitation de l’association étudiante nationaliste NSV. Initialement annoncée sur le thème de l’agriculture régénérative, l’intervention a ensuite dérivé vers une critique virulente de l’immigration de masse et de ses conséquences sur la criminalité, la qualité de l’enseignement, le logement et la sécurité sociale en Flandre.

Parmi les propos tenus figuraient plusieurs exemples devenus centraux dans le dossier : une comparaison sur l’attention portée qu'une personne attacherait à son téléphone mobile selon l’apparence « flamande » ou « rom » des personnes demandant leur chemin, la surreprésentation allochtone parmi les auteurs d’infractions, ou encore certaines disparités statistiques concernant les Noirs en prison ou au chômage. Van Langenhove dit n'avoir énoncé que « de simples faits », tirés d'études scientifiques et de données officielles.

Le jugement du tribunal reconnaît implicitement cette dimension. Le juge souligne en effet que, « même à supposer » que les déclarations reposent sur des preuves scientifiques et des statistiques, cela « n’enlève rien à ce qui précède ». Ce n’est pas la fausseté des informations qui est reprochée, mais la manière de les présenter, jugée susceptible de créer un climat d’intolérance ou de dénigrement envers des groupes protégés par la loi antiracisme de 1981. Le magistrat relève notamment l’établissement de liens de causalité entre « superdiversité » et problèmes sociétaux, ainsi que des affirmations sur des différences entre groupes ethniques — par exemple à propos des ponts en Afrique ou des performances différenciées.

Dirk Voorhoof, professeur émérite de droit des médias à l’Université de Gand, approuve cette analyse. Selon lui, le caractère répréhensible réside dans l’interprétation des faits et les conclusions qui en sont tirées, lesquelles s’inscrivent dans une logique de division et d’incitation à la haine. Le jugement rappelle, en s’appuyant sur la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, qu’il n’est pas nécessaire d’appeler explicitement à des actes de violence : la création d’une « attitude générale d’intolérance » suffit. 

Présentation tronquée des médias de grand chemin

La grande majorité des médias traditionnels belges s'est arrêtée à cette présentation. L’article du Standaard (journal de référence, autrefois catholique et conservateur) donne une voix quasi-exclusive à un expert qui valide la décision (Voorhoof). Nul contre-expert pour critiquer la portée de la condamnation sur la liberté d’expression, ni d’analyse plus nuancée sur les données statistiques évoquées (sur-représentation dans la criminalité, différences de résultats scolaires, sportifs, etc.). C’est un défaut classique de couverture médiatique belge sur ces sujets : on y présente les jugements dans ces matières sensibles comme une application évidente et légitime de la loi anti-racisme, avec des experts dûment choisis qui expliquent ou confirment le bien-fondé des jugements, sans vraiment explorer les contre-arguments. 

Des voix critiques s’élèvent pourtant

Cette motivation suscite pourtant un malaise croissant, y compris au-delà des cercles habituels de soutien à Van Langenhove. Bart Eeckhout, éditorialiste en chef du journal De Morgen (centre-gauche), a qualifié la condamnation pour incitation à la haine d’injustice, malgré son opposition claire aux idées de l’intéressé. Le philosophe Maarten Boudry, souvent classé à gauche, a dénoncé sur les réseaux sociaux le risque de transformer en délit la discussion de statistiques ethniques publiques : « Dans un pays libéral, on ne condamne pas quelqu’un pour avoir évoqué la surreprésentation de certains groupes dans les statistiques criminelles. Ce n’est pas au juge de fermer le débat sur la dimension ethnique ou culturelle de la criminalité. »

jeudi 30 avril 2026

France, un des pays les plus violents de l'Europe occidentale

Eurostat vient de publier les chiffres complets de l'insécurité en Europe en 2024.



Le fossé avec des pays voisins comme l'Allemagne, l'Espagne ou la Suisse est abyssal.

Le taux d'homicide est plus de 2 fois plus élevé en France qu'en Italie.


Alors que le taux d'homicide recule chez ses voisins, il augmente en France.

Depuis 2017 : 

  • France + 21%
  • UE hors France -11 %

 


 Il y a 10 ans, la France était encore proche de la moyenne européenne, avec le 15e taux d'homicide sur 33 pays.

La France est maintenant 8e, avec un taux 60% plus élevé que la moyenne du reste du continent.

Il n'y a pas que les homicides qui connaissent une trajectoire inquiétante en France. C'est aussi le cas des TENTATIVES d'HOMICIDE.

Aucun autre pays d'Europe occidentale ne connaît une augmentation aussi forte des tentatives d'homicide enregistrées.

Il en va de mêmes pour les autres VIOLENCES PHYSIQUES.

La tendance haussière observée dans les données policières françaises est l'une des plus élevées d'Europe.

Pareil pour l'augmentation des victimes de VIOLS enregistrées.

Là encore, l'explosion observée dans les données françaises (+171%) est très élevée.

 

mardi 17 mars 2026

« France, Belgique, Allemagne : l'occident autoritaire ? »

Mathieu Bock-côté évoque plusieurs incidents récents.

lundi 9 mars 2026

Le Canada sur le point d’atteindre 100 000 décès par « aide médicale à mourir »

En moins de dix ans, le Canada s’approche du seuil symbolique des 100 000 décès cumulés par aide médicale à mourir (AMM, euthanasie). Selon les données officielles et les projections du National Post (24 février 2026), 16 499 Canadiens sont morts par AMM en 2024 seul, soit près de 45 décès par jour, représentant 5,1 % de tous les décès. Cette croissance fulgurante dépasse de loin celle des autres pays ayant légalisé l’euthanasie et soulève des questions éthiques et sociétales majeures sur la protection de la vie humaine et la transparence des données.

Synthèse des faits clés
  • Trajectoire rapide : Depuis la légalisation en 2016 (loi C-14), le Canada enregistre 76 475 décès cumulés par AMM au 31 décembre 2024. Le 100 000e décès est projeté pour juin 2026.
  • Croissance annuelle : +36,8 % en 2020 et +34,8 % en 2021.
  • Comparaison internationale : Les chiffres canadiens dépassent largement LA SOMME DE TOUS les autres pays ayant légalisé l’euthanasie : Nouvelle-Zélande (~1 000 décès depuis 2021), Colombie (692 décès entre 2015 et 2023), États-Unis (5 329 décès sur 23 ans), Suisse (8 738 décès sur 20 ans), Belgique (33 647 décès sur 21 ans).
  • Particularité légale : Le Canada autorise l’AMM selon des critères larges, avec une extension prévue pour de simples troubles mentaux à partir de 2027 (CAMH).
  • Impact sur la société : En 2024, la mort par assistance d'un docteur (AMM) a concerné 5,1 % de l’ensemble des décès au Canada, soit près de 45 Canadiens par jour. »

Voie 1 : Fait référence à une demande d'AMM faite par une personne répondant aux critères d'admissibilité énoncés dans le Code criminel et dont la mort naturelle est « raisonnablement prévisible »
Voie 2 : Fait référence à une demande d'AMM faite par une personne qui répond aux critères d'admissibilité énoncés dans le Code criminel et dont la mort naturelle n'est pas « raisonnablement prévisible » (ces demandes seraient soumises à plusieurs mesures de sauvegarde supplémentaires afin de consacrer suffisamment de temps et d'expertise à l'évaluation).

Une croissance rapide et continue


Le Canada a connu une expansion rapide du recours à l’AMM depuis sa légalisation :

Au 31 décembre 2024, le pays comptait 76 475 décès cumulés par AMM, dont 16 499 en 2024 seul, soit environ 45 décès par jour (Rapport Santé Canada, 2024).

Même si la croissance annuelle semble se stabiliser, le 100 000e décès est projeté pour début juin 2026, coïncidant avec le 10e anniversaire de la loi C-14.

En 2024, l’AMM représentait 5,1 % de tous les décès au Canada, la plaçant parmi les principales causes de mortalité dans le pays.

Cette trajectoire contraste fortement avec celle des autres nations où l’euthanasie est légale. Par exemple :

La Nouvelle-Zélande, qui a légalisé l’euthanasie récemment, a enregistré environ 1 000 décès assistés depuis 2021 (rapport annuel au ministre de la Santé, 2025).

La Colombie a comptabilisé 692 décès par euthanasie entre 2015 et 2023.

Aux États-Unis, dans les États ayant légalisé l’euthanasie depuis 1998, 5 329 décès cumulés sur 23 ans ont été recensés (PMC, 2022).

La Suisse, pionnière dans le domaine, a enregistré 8 738 décès par euthanasie sur 20 ans.

La Belgique, avec un cadre très permissif incluant les troubles mentaux seuls, a compté 33 647 décès sur 21 ans (PubMed, 2023).

Ces comparaisons mettent en évidence le dynamisme exceptionnel du programme canadien, tant en nombre absolu qu’en croissance annuelle (+36,8 % en 2020, +34,8 % en 2021).

Cadre légal et perspectives

La loi C-14 (2016) a légalement encadré l’aide médicale à mourir au Canada, mais sans limiter explicitement la pratique à certains stades de maladie ou d’âge. Des extensions sont prévues : par exemple, l’euthanasie demandée (AMM) pour troubles mentaux seuls sera autorisée à partir de 2027 selon le Centre for Addiction and Mental Health (CAMH).

Le système canadien n’est pas le plus permissif au monde — la Belgique autorise déjà l’AMM pour troubles mentaux seuls — mais la combinaison de la population, l’accessibilité et l’expansion progressive des critères fait que le Canada est sur le point d’atteindre un seuil jamais atteint par un pays moderne.


Une question de société

La croissance rapide de l’AMM soulève des questions éthiques et sociales majeures :

  • La prévalence élevée de l’AMM par rapport aux autres causes de décès met en lumière l’importance d’un débat public éclairé.
  • La projection de 100 000 décès cumulés en moins de dix ans montre que la pratique est devenue un élément central de la médecine et de la mortalité au Canada.
  • Les chiffres démontrent également que, même dans un cadre légal strict, les choix sociétaux peuvent rapidement transformer la manière dont la vie est protégée ou terminée.

Une société qui adopte l’AMM comme option de fin de vie doit réfléchir à la balance entre compassion pour les patients et protection de la vie humaine, tout en assurant une transparence maximale sur les données et projections.

Sources principales

National Post, Tristin Hopper, FIRST READING: Canada likely to mark 100,000th MAID death by summer, 24 février 2026.

Santé Canada, Rapport annuel AMM 2024

Étude américaine, PMC, 2022

Étude suisse, Wiley Online Library, 2023

Étude belge, PubMed, 2023.

Voir aussi 

Canada : sa fille autiste dit vouloir mourir, la justice donne son feu vert contre l'avis du père

L'euthanasie a représenté 4,1 % de tous les décès au Canada et 6,6 % au Québec (en 2022)

Statistique Canada a admis avoir exclu l’euthanasie comme catégorie dans les totaux de décès

Euthanasie — Québec, champion du monde

Euthanasie — une femme belge étouffée avec un coussin

Une étude sur le dispositif canadien d’euthanasie alerte sur ses impasses

Le Canada veut étendre l'euthanasie aux mineurs (2023)

Gouvernement propose à paralympienne de l'euthanasier lorsqu'elle se plaint du retard pour installer un monte-escalier chez elle

Hôpital pour enfants de Toronto : politique pour aide médicale à mourir destinée aux enfants sans autorisation préalable des parents

Ontario — l'euthanasie pour éviter la pauvreté et l'itinérance 

Pulsion de mort — Konbini promeut une vidéo d'une jeune femme de 23 ans qui s'est fait stériliser  

Québec — Nombre de naissances continue de baisser et les décès sont repartis à la hausse 

lundi 23 février 2026

La thèse de Pirenne quantifiée : comment les conquêtes islamiques ont redessiné l'Europe médiévale

Dans l'histoire de l'Europe médiévale, peu de théories ont suscité autant de débats que celle d'Henri Pirenne, exposée dans son ouvrage emblématique Mahomet et Charlemagne (1937). Selon l'historien belge, la fin de l'Antiquité ne serait pas due à la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, mais bien à l'expansion islamique au VIIe siècle, qui aurait rompu l'unité économique de la Méditerranée. Ce « lac romain », espace de commerce florissant reliant l'Orient byzantin, l'Afrique du Nord et l'Occident franc, se serait transformé en une frontière hostile entre deux mondes. Sans Mahomet, affirmait Pirenne, Charlemagne n'aurait pas été concevable : c'est cette rupture qui força l'Europe franque à se recentrer sur ses terres continentales, semant les graines de l'essor carolingien.

Cette thèse, longtemps controversée, trouve aujourd'hui un appui renouvelé dans l'étude de Johannes Boehm et Thomas Chaney, Trade and the End of Antiquity (2024). À travers une analyse quantitative de près de 500 000 pièces monétaires, les deux économistes confirment la chute radicale des échanges nord-sud après les conquêtes arabes. Le présent article, tout en rendant hommage à la vision pionnière de Pirenne, intègre d'autres facteurs explicatifs — la peste justinienne, la chute de l'Empire d'Occident, les variations climatiques — sans pour autant en minimiser l'impact décisif des événements du VIIe siècle.

Une validation quantitative de Pirenne

Boehm et Chaney, économistes à la London School of Economics, ont compilé une base de données exhaustive de trésors monétaires datant de 325 à 950 après J.-C., couvrant l'Europe, l'Afrique du Nord et le Proche-Orient. En appliquant des modèles économétriques inspirés de la théorie gravitationnelle du commerce, ils reconstituent les flux d'échanges à partir de la circulation des pièces — un indicateur fiable de l'activité économique à une époque où les données directes font défaut.

Leurs résultats corroborent l'essentiel de la thèse pirennienne. Après les conquêtes arabes, achevées vers 713 en Méditerranée occidentale, les échanges nord-sud s'effondrent, passant d'environ 4 % du revenu méditerranéen à moins de 1 %. Cette rupture n'est pas anecdotique : elle marque un basculement géo-économique profond. L'Empire byzantin, dépendant du commerce maritime avec ses provinces méridionales prospères — Égypte, Syrie, Afrique du Nord —, voit son monnayage s'effondrer au VIIIe siècle, tandis qu'Arabes et Francs augmentent le leur, profitant respectivement d'une unification politique et monétaire au sud et d'une réorientation continentale au nord.

L'apport majeur de cette étude sur Pirenne tient à sa rigueur méthodologique. Là où l'historien belge s'appuyait sur des indices anecdotiques — la disparition du papyrus ou des épices en Occident —, Boehm et Chaney fournissent des estimations précises et systématiques. Ils montrent que la Méditerranée, autrefois unifiée, devient une barrière, isolant Byzance et favorisant l'émergence d'une Europe carolingienne centrée sur le Rhin et la Meuse. Cette rupture commerciale entraîne pour Byzance une contraction des revenus fiscaux liés au seigneuriage, tandis que l'économie franque, moins dépendante du grand commerce, se réorganise autour de l'agriculture et des échanges intérieurs.

Deux cartes pour visualiser la rupture méditerranéenne

L'étude de Boehm et Chaney s'appuie sur deux cartes particulièrement parlantes, qui illustrent l'évolution des flux monétaires avant et après les conquêtes arabes. Fondées sur des données géoréférencées de trésors monétaires, elles représentent les déplacements des pièces sous forme de lignes reliant les lieux de frappe aux lieux de découverte — matérialisant ainsi les routes commerciales de l'époque.

Géographie des flux monétaires pendant la période 450-630 apr. J.-C.

La première carte, couvrant la période 450-630, montre un réseau dense et transversal. Des lignes rouges rayonnent depuis les grands centres byzantins — Constantinople, Ravenne, Carthage — et traversent la Méditerranée selon un axe nord-sud marqué : des pièces frappées en Italie ou en Afrique du Nord circulent abondamment vers la Gaule franque, la Bretagne ou les Balkans. Ce maillage reflète une vitalité commerciale soutenue par le commerce de luxe et les transferts fiscaux impériaux, les échanges nord-sud représentant alors jusqu'à 4 % du revenu méditerranéen total.

Géographie des flux monétaires après la conquête musulmane, 713-900 apr. J.-C.


La seconde carte, couvrant la période 713-900, offre un contraste saisissant. Les lignes bleues se réorientent vers des axes est-ouest et sud-sud ; les flux nord-sud disparaissent presque totalement, symbolisant la nouvelle barrière islamo-chrétienne. Au sud, une vitalité intra-califale se déploie entre el-Andalous, l'Ifriqiya (Tunisie), l'Égypte et la Syrie. Au nord, les échanges se recentrent sur les terres franques, où le monnayage carolingien progresse. Mises en regard, ces deux cartes illustrent avec une netteté rare le passage d'un espace méditerranéen unifié à deux mondes distincts et presque étanches.

D'autres causes au déclin de l'Antiquité

Si l'étude de Boehm et Chaney renforce la thèse de Pirenne, l'honnêteté intellectuelle commande de rappeler que les conquêtes islamiques ne sont pas le seul facteur ayant contribué au déclin économique méditerranéen. D'autres forces, souvent antérieures au VIIe siècle, dessinent un processus multifactoriel dont il serait réducteur de faire l'impasse.

La chute de l'Empire romain d'Occident en 476, avec les invasions germaniques des Vandales en Afrique et des Ostrogoths en Italie, avait déjà fragmenté les institutions romaines et perturbé les routes commerciales dès le Ve siècle. Boehm et Chaney relèvent d'ailleurs un déclin précoce des flux en Méditerranée occidentale imputable à cette instabilité politique. La peste justinienne (541-542), pandémie qui fit jusqu'à 25 millions de morts, accéléra ensuite le déclin démographique et économique : contraction urbaine, réduction de la main-d'œuvre, effondrement de la demande. Des études archéologiques attestent ces effets dès le VIe siècle, indépendamment de toute conquête arabe. Enfin, des facteurs climatiques — le « petit âge glaciaire » du haut Moyen Âge, marqué par sécheresses et refroidissement — ont affecté les rendements agricoles et contribué à un déplacement des centres économiques vers le nord. Boehm et Chaney estiment que ces chocs climatiques ont pu réduire la consommation réelle jusqu'à 41 % dans les zones les plus touchées.

Ces causes, bien que significatives, ne contredisent pas Pirenne : elles préparent le terrain. C'est la barrière islamique qui scelle la division, transformant une Méditerranée déjà fragilisée en deux mondes définitivement distincts.

Limites de la méthode de Boehm et Chaney

La méthode de Boehm et Chaney repose sur les trésors monétaires (enfouis) comme indicateur des flux commerciaux, mais ceux-ci reflètent autant les périodes d'insécurité que l'activité économique réelle. Leur répartition géographique dépend en outre des hasards des fouilles archéologiques, introduisant un biais de sélection difficile à corriger. Le modèle gravitationnel appliqué, conçu pour des données contemporaines abondantes, perd en robustesse sur une économie antique mal documentée. La corrélation établie entre conquêtes arabes et effondrement des échanges ne constitue pas une preuve causale, d'autant que la peste et les facteurs climatiques s'entremêlent inextricablement sur la même période. Par ailleurs, la monnaie ne capte qu'une partie des échanges : le troc, les transferts en nature et la circulation des personnes et des savoirs lui échappent entièrement.

Pirenne, visionnaire d'une Europe redéfinie

L'étude de Boehm et Chaney, avec ses estimations rigoureuses et ses visualisations frappantes, apporte une confirmation moderne à la thèse de Pirenne : les conquêtes islamiques ont bien provoqué une rupture décisive dans l'espace méditerranéen, isolant Byzance, fragmentant les anciennes routes du commerce et reconfigurant durablement l'équilibre des puissances.

Mais réduire cette fracture à sa seule dimension économique serait trahir la portée réelle de la thèse pirennienne. Ce qui se brise au VIIe siècle, c'est avant tout une unité de civilisation. L'Occident carolingien se trouve coupé des zones qui avaient été, depuis des siècles, les plus denses intellectuellement et matériellement : l'Égypte, la Syrie, l'Afrique du Nord. Ce n'est pas un hasard si ces régions, déjà florissantes sous Rome, le demeurent sous les Omeyyades puis les Abbassides — elles héritent d'infrastructures, de savoirs et de traditions urbaines que les invasions germaniques n'avaient pas atteintes. L'essor du monde islamique doit autant à cet héritage territorial qu'à sa propre dynamique.

Pour l'Occident franc, la rupture méditerranéenne signifie autre chose : un repli, une latinisation étroite de la culture savante, une dépendance accrue à l'Église comme seule institution capable de transmettre un patrimoine intellectuel désormais difficile d'accès. Ce n'est pas l'obscurantisme — les scriptoria carolingiens accomplissent un travail de préservation considérable — mais c'est une Europe qui pense désormais dans un espace rétréci, privée en grande partie du dialogue constant avec la pensée grecque et levantine qu'avait permis la Méditerranée unifiée.

Voir aussi

samedi 6 décembre 2025

Le 6 décembre, la Saint-Nicolas, début de la saison de Noël

Pour célébrer la Saint-Nicolas, le début de cette saison de Noël, nous vous offrons cette vidéo originale où des Américains n'ont cure du prétendu devoir de réserve des croyants dans l'espace public qui se doit d'être « neutre » (faire plaisir uniquement aux athées) afin de garantir le « vivre-ensemble » et autres calembredaines pour intellectuels de pacotille atteints de psittacisme. 

Cela se passe en Californie dans une foule multiculturelle chère à nos têtes pensantes. Comme on le verra ci-dessous, la voix des croyants (ils font partie de Journey of Faith) a du bon et le public semble ravi.


Dans le Nord et l'Est de la France, ainsi qu'en Belgique, la Saint-Nicolas est l'occasion de donner des cadeaux aux enfants. Saint Nicolas jouant le rôle du Père Noël, le Père fouettard lui est une figure antimoderne : il corrige les enfants qui n'ont pas été sages.

Dans les petites classes, on apprend parfois encore cette chanson :


Ô grand Saint Nicolas,
Patron des écoliers,
Apporte-moi des pommes
Dans mon petit panier.
Je serai toujours sage
Comme une petite image.
J'apprendrai mes leçons
Pour avoir des bonbons.
Venez, venez, Saint Nicolas,
Venez, venez, Saint Nicolas,
Venez, venez, Saint Nicolas, et tra la la...


ou

Ô grand Saint Nicolas,
Patron des écoliers,
Apportez-moi du sucre
 Dans mes petits souliers.
Je serai toujours sage
Comme un petit mouton,
Je dirai mes prières
Pour avoir des bonbons
Venez, venez, Saint Nicolas
Venez, venez, Saint Nicolas
Venez, venez, Saint Nicolas,
 tralalala.



(Jeunes écoliers flamands)




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

6 décembre, la Saint-Nicolas



vendredi 17 octobre 2025

Quand l’intelligence artificielle défie l’intégrité universitaire : les scandales de l’ULB et du concours médical belge

Ces derniers mois, la Belgique a été secouée par deux affaires révélatrices des défis posés par l’intelligence artificielle (IA) dans le monde universitaire. À l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et lors du concours d’entrée en médecine en Flandre, l’usage présumé d’IA pour tricher a mis en lumière les failles des systèmes d’évaluation et déclenché des débats brûlants, mêlant égalité, technologie et prétendue islamophobie.



À l’ULB, une mesure anti-triche devient polémique religieuse

En juin 2025, un examen de génétique en deuxième année de psychologie à l’ULB a provoqué une controverse inattendue. Le professeur Christophe Leys, doyen de la faculté, a imposé une consigne stricte : tous les étudiants devaient dégager leurs oreilles et poignets pour s’assurer qu’aucun dispositif connecté, comme une oreillette Bluetooth ou une montre intelligente, ne soit utilisé. L’objectif : empêcher qu’un étudiant soumette une question à une IA, comme ChatGPT, via un téléphone discret, et reçoive la réponse audio en quelques secondes.

Si la mesure semblait justifiée pour garantir l’égalité devant les examens, elle a rapidement déclenché un scandale. Plusieurs étudiantes voilées ont refusé le contrôle, dénonçant une atteinte à leur liberté religieuse et une discrimination islamophobe. L’Union Syndicale Étudiante (USE) a parlé d’une mesure « extrêmement discriminante », et un signalement a été déposé auprès de la Cellule Genres et Diversité de l’université ainsi que de l’UNIA, qui l’a jugée « attentatoire à la dignité ».

Le professeur Leys avait déjà tenté un contrôle similaire en janvier 2025 avec l’aide d’assistantes féminines, mais celles-ci avaient trouvé l’exercice « trop violent ». Il a alors proposé un examen oral en alternative, mais cette solution a été perçue par l’USE comme une nouvelle forme de discrimination. Le 17 juin, plusieurs cercles étudiants ont organisé une manifestation silencieuse devant le grand auditoire Janson. Le rectorat de l’ULB a finalement opté pour des contrôles ponctuels plutôt que systématiques, une décision critiquée par le professeur Leys qui estimait ses prérogatives bafouées.

Cette affaire illustre un dilemme complexe : comment garantir l’intégrité des examens face aux outils technologiques tout en respectant les sensibilités culturelles et religieuses, réelles ou alléguées ? On évoque des solutions comme les brouilleurs de signal ou les examens oraux. Le Mouvement Réformateur (MR) a soutenu le professeur Leys, rappelant que la liberté religieuse ne peut servir de prétexte pour contourner des règles neutres. À l’Université de Liège, des mesures similaires existent dans le règlement et sont appliquées sans heurts majeurs.

En Flandre, un concours médical entaché par une fraude massive à l’IA

Un second scandale a éclaté lors du concours d’entrée en médecine et dentisterie en Flandre, organisé le 6 juillet 2025. Pour la première fois, l’examen s’est déroulé en ligne, sur des ordinateurs fournis dans 70 centres, avec des mesures de sécurité censément strictes : navigation verrouillée, accès internet bloqué. Pourtant, les résultats ont surpris tout le monde : sur 5 544 candidats, 47 % ont réussi, contre 18,9 % en 2024 et 37 % en 2023, alors que la difficulté des épreuves restait comparable.

Les soupçons se sont rapidement tournés vers une fraude massive facilitée par l’IA. Trois candidats ont été exclus pour usage avéré de ChatGPT via une faille technique permettant d’ouvrir des onglets qui permettait d'accéder à Internet. D’autres irrégularités ont été détectées : écouteurs dissimulés, codes gestuels, voire photos d’écrans partagées.

L’affaire a pris une tournure judiciaire. Avec seulement 1 740 places disponibles, environ 870 candidats admis ont été écartés par tirage au sort, suscitant la colère des recalés. Plusieurs plaintes ont été déposées, dont cinq devant les tribunaux. Des témoignages anonymes évoquent des centres laxistes où « ouvrir un nouvel onglet était un jeu d’enfant ». Axelle Mpinganzima, de l’organisme Up2Study, confirme que les IA modernes excellent dans ce type de tests, rendant le bond de réussite « invraisemblable sans aide extérieure ».

La ministre flamande de l’Enseignement, Zuhal Demir, a tenté de minimiser l’affaire, évoquant « un nombre limité de cas ». Mais Jan Eggermont, président de la commission d’examen, a reconnu des failles techniques. Une enquête est en cours, basée sur l’analyse des journaux de bord informatiques, mais prouver rétroactivement l’usage d’IA reste difficile sans aveux ou preuves matérielles. Trois candidats ont été pris en flagrant délit et exclus. Pour 2026, le concours repassera au format papier centralisé, une décision saluée mais jugée tardive.

Un défi global pour l’éducation

Ces incidents ne sont pas isolés. Partout dans le monde, les universités explorent des solutions : IA anti-triche, examens oraux ou environnements ultra-sécurisés. En Belgique francophone, le concours médical du 28 août 2025, resté sur papier, a évité ces écueils, avec un taux de réussite stable de 28 %. 
 
Sources : RTBF, RTL Info, La Libre, Le Point, Sudinfo

mercredi 17 septembre 2025

Brève : mise à jour de l'indice de fécondité en Israël pour 2024 et (1T2025)

En Israël, le taux de fécondité pour 2024 s'est élevé à 2,87 enfants/femme en Israël alors que cet indice en 2024 était de 

  • 1,33 au Québec, 
  • 1,24 au Canada, 
  • 1,62 en France, 
  • 1,29 en Suisse et 
  • 1,44 en Belgique.

L'indice synthétique de fécondité (nombre de naissances par femme) des femmes juives laïques israéliennes a eu tendance à augmenter au cours des 25 dernières années.

Indice de fécondité (enfants/femme) par religion 1er trimestre 2025 (entre parenthèses indice de l'année 2024) :

  •         Juifs 3,04 (3,06)
  •         Musulmans 2,62 (2,76)
  •         Chrétiens 1,57 (1,58)
  •         Druzes 1,69 (1,66)
  •         Non classés par religion 1,13 (1,13) 

Selon Yoram Ettinger, la croissance unique du taux de fécondité juif en Israël est attribuable à l’optimisme, au patriotisme, à l’attachement aux racines juives, à la solidarité communautaire, à une mentalité de pionnier et à une diminution du nombre d’avortements (34 % depuis 1990). 

Le Kazakhstan et Israël ont un indice synthétique de fécondité similaire, mais les moyens d'y parvenir sont différents. Au Kazakhstan, beaucoup de gens ont 3, 4 ou 5 enfants, mais rares sont ceux qui en ont plus de 5. En raison des Haredim (les ultra-orthodoxes), Israël compte une forte proportion de familles très nombreuses. 2,4 % des enfants sont le 9e enfants ou plus de leurs parents, contre 0,1 % au Kazakhstan.

Voir

En Israël, le taux de fécondité en 2022 était de 3 enfants par femme (1,49 au Québec; 1,80 en France; 1,39 en Suisse et 1,53 en Belgique)

Québec — les naissances des francophones s’affaissent, celles des anglophones sont stables

Natalité au plus bas — La Presse de Montréal s'étonne des femmes tradis qui font des enfants dans une société « laïque »  [les valeurs québécoises !] 

lundi 24 mars 2025

Voyage en Belgiquistan

La coalition dirigée par le conservateur flamand Bart de Wever, nommé premier ministre en janvier, a promis de changer la donne mais la société belge, coincée entre la pression woke et l’islamisme, semble toujours tétanisée face à cette idéologie qui avance en fissurant le principe de neutralité, censé garantir la cohésion du pays.

En ce vendredi matin, près de la Gare du Nord, érigée au milieu de la commune de Schaerbeek, au coeur de la capitale belge, deux artères parallèles se toisent en abritant deux univers, tout aussi parallèles. Le contraste est d’abord saisissant, puis déroutant. Les deux mondes se font face, mais ils s’ignorent. Malgré la proximité, ils sont aux antipodes l’un de l’autre. La rue d’Aerschot déploie son théâtre d’ombres et de néons. Ici, les corps des prostituées s’exposent derrière des vitrines comme autant de marchandises offertes aux regards avides des passants. La nuit ne tombe jamais vraiment sur le « quartier rouge » de la capitale belge. Elle se consume sous le ballet mécanique des désirs tarifés.

À quelques mètres à peine, séparée par un souffle et un monde d’écart, la rue de Brabant affiche une tout autre ambiance, où le « sacré » est omniprésent. Là, une enfilade de vitrines et d’échoppes faisant commerce d’un autre genre. Les horloges y scandent, avec une précision helvétique, l’appel à la prière. C’est ce qui rythme le temps. Les tapis, empilés comme des sentinelles du rite, attendent d’être déroulés en direction de La Mecque. Derrière les vitrines, livres coraniques et autres ouvrages religieux sont à disposition. Et, suspendues sur des cintres, des étoffes austères, déclinées jusqu’aux tailles enfantines, préparent les petites filles à disparaître sous le voile d’une « pudeur » imposée, avant même que leur corps ait eu le temps d’atteindre la puberté.

“ÉCONOMIE ISLAMIQUE”

Une réalité à laquelle Fadila Maaroufi refuse de s’habituer. Pour cette ancienne travailleuse sociale, fervent défenseur des valeurs de neutralité qui prévalent au sein du royaume belge, la Belgique n’est certainement pas cette bigoterie vulgairement exposée. Lauréate 2024 du prix de la Laïcité remis à Paris par le Comité Laïcité République (CLR), son engagement et ses prises de position sans concession pour dénoncer l’emprise islamiste dans son pays lui valent d’être taxée par certains de ses concitoyens de racisme et d’« islamophobie ». Toujours ce fameux mot-valise qui permet de pointer le doigt indistinctement, pour mieux entretenir la confusion, aussi bien en direction de ceux qui dessinent le Prophète au nom de la liberté d’expression que des militants de l’extrême droite, des défenseurs de la laïcité et des pourfendeurs de l’islam politique.

« Il y a quelque chose de schizophrène dans ce quartier en particulier, confie-t-elle. D’un côté, l’exploitation d’êtres humains et de sexe à outrance et de l’autre les tabous et le fanatisme religieux. Les deux s’expriment avec violences dans des lieux délabrés et sales. »

“On remarque que les filles sont voilées de plus en plus jeunes”

jeudi 23 janvier 2025

« En Belgique, la RTBF censure Trump mais invite les islamistes »

La chaîne publique belge a décidé de ne pas diffuser en direct le discours d’investiture du président américain, se défendant a posteriori de toute censure. Ce choix révèle la persistance du «cordon sanitaire» en Wallonie, déplore le sénateur honoraire belge Alain Destexhe dans les colonnes du Figaro.

Alain Destexhe est chercheur au Gatestone Institute, un laboratoire de réflexion conservateur américain, sénateur honoraire belge et ex-président de l’International Crisis Group.

Une femme voilée devant une affiche publicitaire de la RTBF moquant Donald Trump, à Bruxelles, en 2016.

Les Français ont parfois l’occasion de découvrir la désolation du paysage médiatique belge francophone. Sur CNews, Pascal Praud s’est ainsi récemment moqué de la RTBF, la chaîne publique belge. Seule au monde, celle-ci avait diffusé le discours inaugural de Donald Trump avec un «léger décalage pour prendre le temps de l’analyse» car, selon la jeune directrice éditoriale adjointe, Trump avait «tenu des propos racistes, d’extrême droite, xénophobes et d’incitation à la haine» . Cette annonce, faite sur un ton empreint d’évidence et de bonne conscience, fut suivie sans aucun humour par la précision qu’il «n’était pas question de censure» !

En réalité, la censure est bel et bien pratiquée par les médias francophones belges, qui s’arrogent ce droit dès qu’il s’agit de combattre ce qu’ils désignent comme «l’extrême droite» – un concept flou et jamais défini. Ce terme semble englober toute critique de l’immigration massive, de l’islam, du droit à l’avortement, du réchauffement climatique, ou encore tout soutien à Donald Trump. Récemment, le journal Le Soir titrait tout en nuances : «Trump : premier criminel à la Maison-Blanche» . Cette censure n’a aucun fondement juridique et elle est anticonstitutionnelle. Le cordon sanitaire est né en 1989 après une victoire électorale du Vlaams Blok (devenu Vlaams Belang), un parti nationaliste flamand proche du Rassemblement national. Depuis, il est strictement appliqué du côté francophone du pays, où les médias invisibilisent tout ce qui est, selon eux, un peu trop marqué à droite.

Alors qu’en Flandre, comme dans les pays voisins (France, Allemagne, Pays-Bas), les partis nationalistes progressent partout, en Wallonie, le parti Chez Nous, qui avait bénéficié de la venue de Jordan Bardella lors de son lancement – sans aucune couverture médiatique, cela va de soi – n’a obtenu aucun siège aux élections européennes et législatives de l’année dernière. Une preuve s’il en fallait que les médias traditionnels [de grand chemin] jouent encore un rôle déterminant dans le formatage de l’opinion publique.

Dans un contexte d’absence de pluralisme, ces médias combattent vaillamment un fascisme imaginaire, tandis que l’islamisation de Bruxelles et d’autres villes wallonnes progresse à un rythme inquiétant, sans susciter leur alarme. Récemment, deux écoles d’Anderlecht ont refusé de participer à une commémoration de la Shoah. Aux dernières élections, un nouveau parti islamiste, Team Fouad Ahidar, a obtenu des élus au Parlement bruxellois et dans plusieurs communes. Par sa présence, ce parti, qui déconseille le divorce aux femmes, a déclenché une surenchère entre les partis de gauche pour séduire l’électorat musulman sur des thèmes tels que Gaza, le port du voile ou l’abattage rituel.

En 2024, en plein cœur de l’Europe, des meetings politiques se sont tenus où les femmes étaient séparées des hommes par un rideau ! Mais ni cette islamisation visible de tous, ni la percée d’un parti d’extrême gauche comme le PTB [Parti des travailleurs], qui se revendique ouvertement du communisme, n’émeuvent les médias. Les représentants du parti islamiste, tout comme ceux du PTB, sont même régulièrement invités sur les plateaux. En réalité, ce cordon sanitaire et cette censure sont indispensables pour maintenir l’hégémonie culturelle et politique de la gauche belge francophone, qui s’effrite partout ailleurs. Aux dernières élections de juin 2024, c’est le Mouvement réformateur (MR) de Georges-Louis Bouchez qui est arrivé en tête en Wallonie, mettant fin à 70 ans de domination socialiste.

Bien que située au cœur de la prospérité de l’Europe, la Wallonie reste une région pauvre, avec un bilan économique, éducatif et social désastreux, quels que soient les indicateurs utilisés. Pour masquer cet échec, la gauche doit se montrer à l’avant-garde de la lutte contre une extrême droite fantasmée, ce qui lui permet, à bon compte, d’affirmer sa supériorité morale. Dans cette perspective, une connivence tacite existe entre les médias belges, tous marqués à gauche, et les partis de gauche. Si le cordon sanitaire venait à tomber, ces derniers seraient les premiers à en subir les conséquences électorales, comme on l’a vu partout ailleurs en Europe.

Le maintien de la censure n’est donc pas seulement une question démocratique, mais un enjeu vital pour ceux qui n’ont aucun intérêt à remettre en cause ce système confortable. Ainsi, de micro-événements sans réelle signification politique sont montés en épingle pour alimenter ce fantasme. En France, le passage d’un obscur militant du RN à LR passerait inaperçu. Mais en Belgique, le ralliement d’un membre de Chez Nous, suivi par une centaine de personnes sur 𝕏, au Mouvement réformateur, a fait la une des médias pendant plusieurs jours, dans une tentative manifeste de déstabiliser Georges-Louis Bouchez. Dans le cadre très contraint de la «démocratie» belge, le jeune leader du MR tente courageusement de briser le monopole de la gauche dans les médias, les associations et le système éducatif. À Bruxelles, Liège, Namur ou Charleroi, en attendant le Prophète, nous sommes toujours en 1936 : No pasaran !

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mercredi 22 janvier 2025

Télévision publique belge (RTBF) ne diffuse pas en direct le discours de Trump pour le décrypter et filtrer les idées désapprouvées par la RTBF

La RTBF a diffusé en léger différé le discours de Trump pour mettre en place un "cordon sanitaire médiatique", afin d'analyser ses propos qualifiés de misogynes, de racistes et de ne pas banaliser de tels propos.

Une pratique mise en œuvre depuis plusieurs années en Belgique francophone... (afin de museler le discours politique). La RTBF n'invite d'ailleurs jamais le parti de droite nationaliste flamand le Vlaams Belang.

Il ne s'agirait pas de la censure selon la directrice éditoriale adjointe de l'information à la RTBF.

Elle précise enfin, le plus sérieusement du monde, que la RTBF ne serait ni pro ni anti-Trump...

Cette décision fait polémique. Elle a fait réagir de nombreuses personnes, dont Georges-Louis Bouchez, le président du MR (centre-droit francophone), qui dénonce une dérive de la part du service public.

Réaction de Pascal Praud:

vendredi 6 décembre 2024

Taux de fécondité du Québec en baisse pour 2024 (prévision) : 1,34 enfant/femme

Statistiques Québec a publié les statistiques des naissances et de décès pour les 9 premiers mois de 2024.

Quelques faits saillants :

  • La population du Québec au 3e trimestre de 2024 est estimée à 9 056 044 alors qu’elle était de 8 848 020 à la même époque en 2023.
  • Le nombre de naissances pour ces 9 mois en 2024 est de 58 200 alors que pour ces mêmes mois il était de 58 300 en 2023, légère chute en dépit d’une hausse de la population.
  • À ce rythme, l’indice synthétique de fécondité devrait baisser de 1,38 en 2023 à 1,34 enfant/femme en 2024.
  • Le nombre de décès pour les 10 premiers mois de 2024 a été de 65 500 et a dépassé de 2250 le chiffre équivalent pour 2023. Le nombre de décès pour les 9 premiers mois de 2024 a été de 58 700, il dépasse donc de 500 personnes le nombre de naissances pour la même période.

Évolution de l'indice synthétique de fécondité (enfant/femme)

Pays  2015 
  2020 
  2022   
2023 
  2024 p 
Belgique 1,69 1,55 1,53 1,47 1,43
Canada 1,60 1,41 1,33 1,26 1,25
Colombie-Britannique 1,38 1,18 1,11 1,00 1,02
France 1,96 1,79 1,79 1,68 1,63
Israël 3,09 2,90 2,89 2,81 2,80
Québec 1,67 1,51 1,48 1,38 1,34
Suisse 1,54 1,46 1,38 1,33 1,29