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mardi 4 février 2025

Québec — le droit d'instruire ses enfants à la maison a été retiré plus de 1000 fois

Le gouvernement du Québec a demandé à plus de 1000 élèves scolarisés à la maison de retourner en classe depuis 2021, notamment parce que certaines exigences administratives n’avaient pas été remplies par leurs parents, a constaté Le Devoir.

Entre le début de l’année scolaire 2021-2022 et le 30 octobre dernier, ce sont exactement 1079 enfants qui ont été rappelés sur les bancs d’école après avoir perdu l’autorisation de suivre un enseignement à la maison, montre une demande d’accès à l’information rendue publique sur le site Web du ministère de l’Éducation. La dispense dont ils disposaient pour pouvoir apprendre à la maison leur a été retirée à la suite de « non-conformités » au Règlement sur l’enseignement à la maison relevées par les fonctionnaires de l’État.


« Ça peut exister, des parents qui ont retiré leurs enfants sans avoir mis en place un vrai projet d’apprentissage », relève la professeure Christine Brabant. Or, l’encadrement de l’éducation à domicile est bien ficelé au Québec et compte notamment des suivis auprès des parents en cours d’année. Ainsi, lorsque ceux-ci sont incapables de répondre aux exigences de l’État, l’autorisation d’enseigner à leurs enfants à la maison peut leur être retirée, explique l’experte.

Par courriel, le ministère de l’Éducation rappelle qu’il a comme mandat de veiller « au respect du cadre juridique applicable, notamment au respect des programmes d’études établis par le ministre et de l’obligation de réaliser les épreuves ministérielles ».

Ainsi, même s’il privilégie « une approche de soutien et de collaboration avec les familles en enseignement à la maison », lorsque le règlement encadrant cette pratique n’est pas respecté, « le Ministère informe le parent que leur enfant ne fait plus l’objet d’une dispense de l’obligation de fréquenter une école aux fins de recevoir à la maison un enseignement approprié pour l’année scolaire en cours et qu’il doit, par conséquent, être inscrit dans une école afin que cette obligation soit respectée », ajoute-t-il.
 
Québec faisait état de 8104 enfants suivis en enseignement à la maison en date du 27 décembre dernier.

Croissance du nombre d'enfants instruits à la maison

Le nombre d’enfants québécois qui sont scolarisés à la maison a augmenté à un rythme beaucoup plus rapide que celui de la population étudiante en général au cours des dernières années. Les doléances de parents qui enseignent à leurs enfants à domicile sont aussi nombreuses à l’endroit du réseau scolaire, qui peine à répondre à leurs demandes en contexte de pénurie de main-d’œuvre. État des lieux.

Après avoir atteint un sommet en 2020-2021, pendant la pandémie, le nombre d’élèves suivis en enseignement à la maison est en diminution depuis. Il s’établissait à 8104 en date du 27 décembre dernier, selon des données fournies par le ministère de l’Éducation à la suite d’une demande d’accès à l’information.

Ce nombre demeure néanmoins 63,12 % plus élevé que celui de 4968 observé lors de l’année scolaire 2018-2019. Pendant cette même période, le nombre total d’élèves au primaire et au secondaire, qui dépasse le million, a augmenté de 9,64 %, montrent des données tirées du tableau de bord du ministère de l’Éducation.

« La croissance qui n’est pas liée à la pandémie, elle est assez stable », confirme en entrevue Christine Brabant, professeure à l’Université de Montréal et chercheuse spécialisée en éducation à domicile. Selon elle, le nombre d’enfants scolarisés à la maison serait sans doute le même actuellement, même si la crise sanitaire n’avait pas eu lieu.

Cet attrait grandissant pour l’école à la maison est notamment associé à l’incapacité du réseau scolaire, aux yeux de plusieurs parents, de répondre aux besoins de leurs enfants. L’Association québécoise pour l’éducation à domicile constate d’ailleurs qu’environ la moitié des enfants dont les parents comptent parmi ses membres présentent des défis d’apprentissage ou encore un problème de santé psychologique ou physique.

Des demandes de parents (contribuables...) sans réponse

Christine Brabant souligne que les études réalisées à l’échelle internationale font état, en général, d’un niveau de socialisation et de réussite scolaire similaire pour les enfants qui suivent l’école à la maison et ceux qui se rendent en classe. « Il y a peu d’études qui ont réussi à trouver des inconvénients et des résultats négatifs » rattachés à l’école à la maison, souligne-t-elle.

Il est toutefois difficile d’avoir un état des lieux clair en la matière au Québec en raison du manque de données publiques disponibles, évoque la professeure.

L’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED) constatait cependant, au terme d’un sondage mené l’an dernier auprès de 200 familles, que 68 % des demandes effectuées par des parents membres de son association pour avoir accès à des services auxquels ils ont droit en vertu du Règlement sur l’enseignement à la maison auraient été refusées par leur centre de services scolaire. Ces requêtes portaient notamment sur l’accès à des locaux, à du matériel pédagogique et à des services professionnels — de la part d’orthopédagogues ou de psychoéducateurs, par exemple.

Cette situation ne surprend pas le président de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec, Jacques Landry. « Déjà, ce qu’on voit, c’est que même quand les enfants sont à l’école, on n’arrive pas à leur offrir le service adapté, alors imaginez quelqu’un qui est à la maison, la marche est encore plus haute », tente-t-il d'expliquer.

Des résultats variables

C’est dans ce contexte qu’au sein du CSS de Laval, pendant l’année scolaire 2023-2024, la note moyenne à l’examen ministériel de lecture en français, administré en quatrième année du primaire, a été de 14,76 % inférieure chez les élèves scolarisés à la maison.

Pendant cette même période, ceux-ci avaient aussi obtenu une note moyenne de 17,39 % inférieure à celle obtenue par leurs collègues fréquentant les bancs d’école pour l’examen de mathématiques en sixième année du primaire. La différence était de 13,28 % en 2022-2023.

« En raison du grand écart entre le nombre d’élèves qui fréquentent nos établissements et ceux qui font l’école à la maison, la comparaison devient difficile », nuance toutefois par courriel le centre de services scolaire, qui appelle à la « prudence » dans l’interprétation de ces données.

La réponse du CSS Marguerite-Bourgeoys, quant à elle, montre que ceux-ci ont obtenu des résultats moyens sous la note de passage pour l’ensemble des épreuves dans les matières à sanction en 4e et 5e secondaire. La moyenne était aussi une note d’échec pour les examens de français en quatrième année du primaire.

Au CSS de la Pointe-de-l’Île, les élèves scolarisés à la maison ont à l’inverse mieux réussi  que les autres dans une majorité d’examens, en 2022-2023 comme en 2023-2024. Le bilan est plus partagé dans les commissions scolaires anglophones de Montréal, où les élèves scolarisés à la maison semblent réussir davantage dans certaines matières, comme le français, tout en ayant une moyenne moindre dans d’autres, par rapport à ceux qui se rendent sur les bancs d’école.

mercredi 6 septembre 2023

« L'Éducation nationale est gangrénée par l'égalitarisme »

Professeur des écoles, exerçant son métier dans un établissement privé sous contrat, Lisa Kamen-Hirsig tape du poing sur le bureau. Dans un entretien sans fard, elle décrit la dégradation de l’école à laquelle elle a assisté. Elle est aussi l’auteur d’un livre choc contre l'idéologie qui a conduit au naufrage des élèves français dans les classements internationaux.

Lisa Kamen-Hirsig (ci-contre) raconte dans « La Grande Garderie » comment l’école a abandonné sa mission fondamentale : transmettre le savoir.

— Emmanuel Macron a donné des indications sur ce qu’il voulait faire de l’école la semaine dernière dans « Le Point ». Que pensez-vous de ses déclarations ?

— Je les ai trouvées floues et souvent contradictoires. Le président emploie une rhétorique très martiale – l’école appartiendrait au « domaine réservé » du président – qui dément sa volonté affichée d’accorder plus d’autonomie aux établissements. Mettre les élèves à genoux en classe, pour reprendre l’exemple qu’il donne en matière de liberté pédagogique, ne me paraît pas relever du régalien ! Il ne dit rien de neuf quand il annonce qu’il veut fabriquer des citoyens respectueux de notre République. Plus urgent, il faut s’attaquer à ces nouvelles religions que sont l’égalitarisme, l’antiracisme, l’écologisme… Ce que l’Éducation nationale appelle désormais les « valeurs républicaines ». Pour atteindre ces objectifs, encore faut-il que l’école dispense le savoir, forme l’intelligence des enfants, les rende libres et responsables. Si elle produit des générations d’analphabètes, rétifs à l’effort et ignorants de leur histoire et de leurs institutions, ils finissent par ne plus rien respecter !

— Justement, le président insiste sur l’importance des savoirs fondamentaux…
 
— Pourquoi pas mais lesquels ? Quid, par exemple, de cette étude hebdomadaire d’un « grand texte fondamental sur nos valeurs » qu’il a évoqué ? J’attends avec curiosité sa liste ! Je crois au contraire qu’il faut maintenant alléger, et vite, les programmes. Ce retour aux fondamentaux n’est pas, lui non plus, une nouveauté. de nombreux ministres de l’Éducation ont essayé et ont échoué, faute d’avoir pris la mesure des obstacles ! La lâcheté d’une partie des enseignants, qui n’osent plus exiger de leurs élèves un travail digne de ce nom, n’arrange rien. Il faut y ajouter le pouvoir de nuisance des inspecteurs généraux, dont Jean-Pierre Chevènement disait « Quand j’étais ministre de l’Éducation nationale, j’ai tout de suite vu que la moitié était à pendre, et l’autre à fusiller. » tout cela illustre la force d’inertie de la bureaucratie et des multiples « directions » très représentatives du millefeuille administratif français. À l’Éducation nationale, il y a 850 000 professeurs, et en plus 350 000 non-professeurs, un ratio délirant qui n’a pas d’équivalent chez nos voisins. N’oublions pas le pouvoir des syndicats… Quand Jean-Michel Blanquer a voulu réhabiliter la méthode syllabique, nombre d’enseignants ont refusé, se disant dépossédés de leur liberté pédagogique. Ils l’ont même écrit en toute impunité sur les réseaux sociaux, sans crainte d’être sanctionnés. Le problème de l’illettrisme a été pointé dès 1996 dans un rapport que François Bayrou a enterré pour ne pas insulter les instituteurs. Les ministres ont peur des grèves. En fait, les parents ne se rebellent que lorsqu’il n’y a personne devant leurs enfants. Certains montent même des collectifs « Un prof devant chaque classe ». Ils veulent que leurs enfants soient gardés, d’où le titre de mon livre, La Grande Garderie.

— L’influence du « pédagogisme » est-elle toujours aussi prégnante ?

— Elle subsiste à travers l’héritage des gourous comme Philippe Meirieu ou Jean Foucambert, le promoteur de la méthode globale. M. Foucambert reprochait à l’école de Jules Ferry d’être un instrument aux mains des bourgeois, destiné à « saigner » les classes laborieuses et qui aurait favorisé une philosophie de la réussite individuelle fondée sur le mérite pour écarter la réussite collective. Les pédagogues restent puissants donc nuisibles car la pédagogie se revendique comme une science et, vertu suprême, postule l’égalité intellectuelle des enfants. Il suffirait de les usiner pour les rendre aptes à apprendre !

— Certains ministres ont pourtant donné des directives pour simplifier les enseignements dans les quartiers dits « difficiles », pour ne pas « stigmatiser » les enfants issus de milieux modestes. N’est-ce pas là une forme de mépris social ?

— Philippe Meirieu, qui reste l’une des éminences grises du ministère, préconisait d’apprendre à lire dans les notices des appareils ménagers parce que c’est ce qui intéresse les masses… Si ça n’est pas du mépris de classe ! On prend les pauvres pour des idiots, incapables de s’intéresser à autre chose qu’à leur quotidien. On cherche à se rapprocher de ce qu’on suppose être leurs préoccupations : on ne leur parle que de leurs difficultés au lieu de leur offrir la mythologie, les contes fondateurs de notre civilisation et la littérature classique ! La culture est vue comme un fétiche qu’il suffirait d’arracher à la classe dominante. On ignore volontairement le cheminement individuel et les efforts qu’il suppose. François Dubet, un autre penseur du ministère, l’homme des IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) et du « socle commun », disait que les contenus du collège devaient être adaptés à « ce que doit savoir le plus faible des élèves quand il en sort »… On croit rêver ! L’Éducation nationale, institution toute-puissante, est gangrenée par le gauchisme et l’égalitarisme. Le plus terrible c’est que lorsqu’on constate l’échec de cette pédagogie catastrophique, au lieu de revenir au savoir et à la didactique, on prétend que c’est parce qu’elle n’a pas été appliquée avec assez de rigueur. Au lieu de s’inspirer des réussites du privé, de libérer l’école du monopole du ministère en ouvrant les écoles libres aux plus modestes par un financement public type chèque scolarité ou défiscalisation, on tente de supprimer le patrimoine culturel des classes dites « favorisées ». C’est le lit de Procuste (1) pédagogique et c’est aussi un signe de mépris social.

— Le problème ne se situe-t-il pas aussi à la source, c’est-à-dire dès la formation des profs ?

— Si, bien sûr ! Les formations des enseignants consistent essentiellement à leur expliquer qu’ils ne doivent pas imposer leur savoir : ce serait faire violence aux élèves, qui possèdent tout en eux ! Le mode de recrutement et le statut de fonctionnaire des professeurs participent eux aussi à la médiocrité du système. En quoi un concours passé à 20 ou 25 ans garantit-il des compétences et une motivation à vie ? Pourquoi ne pas laisser les collectivités libres de recruter sur contrat des élèves du supérieur, experts dans leur discipline et formés pour l’enseigner ? De nombreux pays le font, parmi lesquels la Finlande [moins récemment] qui squatte le haut des classements Timms (2) et Pisa (3) depuis longtemps… Et bien sûr, un directeur devrait pouvoir licencier un mauvais professeur. Les enseignants, qui sont sur un marché où la demande est supérieure à l’offre, y gagneraient aussi. Ils pourraient négocier leurs salaires et s’affranchir de la carte scolaire.

— Emmanuel Macron défend le collège unique, que vous critiquez. Par quoi faudrait-il le remplacer ?

— Le collège unique est un échec depuis sa création, en 1975 ! Pourquoi s’échiner à regrouper les enfants par âge, plutôt que par besoins ? On voit bien qu’en sixième, certains lisent couramment alors que d’autres ânonnent ! Fixons des objectifs de fin de troisième, avec un examen pour vérifier qu’ils sont atteints, mais laissons les établissements libres d’essayer ces groupes de niveau.

— Vous êtes particulièrement sévère avec les moyens mis en place par Jean-Michel Blanquer pour détecter et combattre le séparatisme. Il ne faudrait rien faire ?

— Le dispositif mis en place par Jean-Michel Blanquer revient à donner des coups d’épée dans l’eau. Il ne suffira pas de former les enseignants à la laïcité ou de mettre en place des « carrés régaliens » dans les écoles. Quant à l’interdiction de fait de l’instruction en famille et à l’obligation de scolarisation à 3 ans, elles réduisent les libertés de tous dans l’espoir de sanctionner les contrevenants. On a beaucoup entendu parler du lycée musulman Averroès, dans le Nord, où de nombreuses dérives ont été détectées. Eh bien, il est sous contrat avec l’État. Avant de pister les familles qui ont décidé d’instruire leurs enfants à la maison – et qui sont inspectées également – l’Éducation nationale devrait balayer devant sa porte.

Notes
 
(1) Procuste, brigand de l’Antiquité, étendait les voyageurs sur un lit trop court et leur coupait la partie du corps qui dépassait. 
(2) Timss (Trends in International Mathematics and Science Study) est une étude comparative qui mesure le niveau des connaissances scolaires des élèves de CM1 et de 4e en mathématiques et en sciences. 
(3) Le Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) est un ensemble d’études menées par l’OCDE auprès des jeunes de 15 ans, visant à mesurer les performances des systèmes éducatifs.

Source : Le Figaro Magazine

mardi 3 janvier 2023

France — Aucun lien avéré entre « séparatisme » et instruction à la maison

Le ministre de l’Éducation Pap Ndiaye
Le ministère de l’Éducation française a communiqué fin novembre, sur demande il y a plusieurs de l’association Les Enfants d’abord, les rapports bisannuels de la Dgesco sur l’instruction en famille (IEF) pour les années 2019/2020 et 2021/2022. Ils arrivent à la fin d’une procédure judiciaire en cours avec le ministère de l’Éducation nationale.

enquête 2019-2020

enquête 2021-2022

Dans un contexte où le gouvernement prétend que l’IEF représente une menace pour l’intégrité de la République, au point d’avoir mobilisé un temps, une énergie, et des moyens financiers considérables énormes sur le projet de loi, sur les différents recours, et sur la poursuite des familles, pour y porter la plus grande atteinte possible, l’association Les enfants d’abord se montre très étonnée que les rapports 2021/22 soient réduits à un document de 2 pages, ridiculement — et de plus en plus — pauvre en informations. La logique aurait voulu au contraire qu’il se donne les moyens d’une enquête approfondie. Mais le ministère sait pertinemment que ses allégations ne seraient pas confirmées par de telles enquêtes, comme elles ne l’ont jamais été par le passé. Cette réticence à la délivrance d’informations confirme une fois de plus son hypocrisie quant aux inquiétudes avancées.

Les rapports se suivent et se ressemblent depuis des années, voici les éléments que nous pouvons toutefois relever :

  • la courbe suit, depuis plusieurs années maintenant, une augmentation constante. Pour 2021/22, on note une hausse de 50 % du nombre d’enfants en IEF après le confinement.
  • au niveau sociologique, pour 2019/20 et comme par le passé, il y a toujours plus de garçons que de filles instruits en famille.
  • le nombre de jeunes hors CNED est toujours en croissance.
  • des contrôles pédagogiques réalisés en très grande partie et toujours aussi satisfaisants.
  • des mises en demeure et saisine du procureur à la marge et une administration qui a les moyens de faire le suivi de toutes les situations.
  • des chiffres absents en 21/22 sur les raisons ou motivations de l’IEF et le sexe des jeunes.
  • aucun chiffre ne vient étayer la thèse de « séparatisme » (euphémisme étrange) ou radicalisation en IEF.

[Note sur le terme de séparatisme : qu’est-ce que cet euphémisme recouvre exactement ? Est-ce que des gens qui refusent la société de consommation, qui veulent se séparer d’un monde matérialiste et superficiel font preuve de séparatisme ? Est-ce devenu interdit en France ? Plus de hippies ? Plus de moines ? De quel séparatisme veut-on parler ? De l’islamisme ? Mais celui-ci se porte très bien dans les écoles publiques de la République, car ce sont des quartiers entiers qui se sont séparés, bientôt des villes entières qui ne ressemblent plus à la France historique. Nul besoin d’enseigner l’école à la maison à ses enfants, les profs « laïcs » de la République ne heurtent pas sérieusement les préceptes des musulmans (ce serait islamophobe, voire raciste), de toute façon ces enseignants sont vus avec méfiance pour ce qui a trait à l’histoire, la morale, la religion. Que l’on sache les terroristes islamistes qui ont frappé la France et la Belgique n’ont pas été instruits à la maison… Voir Salah Abdeslam qui a fréquenté une école publique en Belgique, Abdelhamid Abaaoud qui lui a même été inscrit, un an, dans un collège catholique dans une banlieue huppée de Bruxelles, les frères Kouachi élevés dans des écoles publiques françaises, idem pour Karim Mohamed-Aggad, un des tueurs du Bataclan élevé en Alsace, etc.]

En 2019/20, 48 008 jeunes étaient déclarés en IEF, on passe à 72 369 jeunes en 2021/22. En France, comme dans le monde, le nombre d’enfants instruits en famille est en croissance régulière chaque année, mais reste toutefois très minoritaire (de l’ordre de 0,5 % des jeunes en âge d’être scolarisés) et de courte durée (50 % des enfants sont en IEF une année ou moins et 2/3 ne le sont plus au bout de deux ans.

Cette augmentation serait-elle le signe de la montée des « séparatismes » ? Il est à noter que la crise sanitaire est la raison majoritaire de cette augmentation. Cependant, elle ne peut à elle seule l’expliquer totalement. Les enquêtes indiquent également que de plus en plus d’enfants [2/3] sont notamment victimes de harcèlement, phobie scolaire ou ont des difficultés d’apprentissage dans un système scolaire qui ne leur est pas adapté, et qui se dégrade, et de plus en plus de parents sont également soucieux de respecter le rythme de leur enfant et d’utiliser des pédagogies actives.

Les contrôles sont toujours aussi satisfaisants, rien ne justifiait donc les préoccupations quant au droit à l’instruction qui ont été émises par le Gouvernement afin de légitimer les importantes restrictions. Ainsi, en 2019/20 : 92 % des 1ers contrôles sont satisfaisants et 90,4 % en 2021/22. En cas d’insatisfaction au premier contrôle, un second contrôle doit être réalisé.

Notons que l’instruction à la maison constitue une économie pour l’État en 2021/2022 de près de 400 millions d’économies pour l’État [7000 euros par écoliers]. Le rapport de 2019/20 permet de constater le nombre d’enfants concernés par les motifs prévus dans le questionnaire de l’administration :

Pour les familles inscrites au CNED réglementé :

  • 60,5 % des enfants sont itinérants
  • 26,9 % des enfants suivent des soins médicaux en famille
  • 6,8 % des enfants suivent des activités artistiques ou sportives
  • le handicap ne représente que 1,9 % et l’éloignement géographique d’un établissement scolaire 0,8 %.

Le CNED est le Centre national d’éducation à distance, il dispense des cours qui suivent le programme officiel français. En classe réglementée, les élèves suivent toutes leur scolarité à distance. Ces cours du CNED en classe complète permettent de préparer les examens nationaux, tels que le brevet et le baccalauréat. Cette inscription en classe réglementée est depuis peu soumise à autorisation [plutôt que simple déclaration]. On peut aussi s’inscrire au CNED en inscription libre pour un cours particulier ou même tous les cours d’une année [on ne satisfait pas alors à l’obligation scolaire en France, même lorsque l’on suit tous les cours du programme].

Pour les familles hors CNED réglementé dont les raisons invoquées sont prévues par l’administration [20,8 %] on trouve notamment : 5,9 % : inadaptation au système scolaire

  • 2,9 % : des problèmes de santé
  • 2,1 % : itinérance des parents en France
  • 1,8 % la phobie scolaire.
  • Le motif religieux ne représente que 0,6 %.

Tout cela montre que les exigences apparues progressivement au fil de cette attaque législative, puis réglementaire, puis judiciaire contre l’IEF n’ont jamais eu la vocation de préserver cette liberté pour les familles, mais bien au contraire de réduire toutes les possibilités leur permettant d’y recourir.

Intimidations et phobies en hausse, restrictions draconiennes de la part du CNED

Les enquêtes de l’association Les Enfants d’abord indiquent également que de plus en plus d’enfants [2/3] sont notamment victimes de harcèlement, phobie scolaire ou ont des difficultés d’apprentissage dans un système scolaire qui ne leur est pas adapté, et qui se dégrade, et de plus en plus de parents sont également soucieux de respecter le rythme de leur enfant et d’utiliser des pédagogies actives.

Ces raisons pédagogiques et liées au bien être de l’enfant expliquent sans doute également en partie l’augmentation du nombre de jeunes qui s’instruisent hors CNED réglementé versus CNED [65 % en 2019/20, 72 % en 2021/22], mais les motifs de cette augmentation sont également à rechercher en grande partie dans le fait que l’accès au CNED réglementé est de plus en plus rationné par l’administration, même pour les familles qui peuvent en bénéficier, en raison du déficit du CNED et de la baisse de la dotation publique. Le CNED réglementé est autorisé uniquement dans une situation de handicap, itinérance, pratiques sportives et artistiques de haut niveau, mais dans des conditions de plus en plus draconiennes.

Baisse du nombre d’élèves à la maison en 2022 ?

D’après des chiffres qui ont circulé officieusement cet été, il semble que les effectifs de jeunes en IEF aient baissé fortement à la rentrée 2022. Le ministère de l’Intérieur se félicite, dans son bilan de la loi séparatisme, d’une baisse de 30 % des effectifs pour cette rentrée scolaire.

Ce bilan n’est pourtant pas à mettre au bénéfice de la lutte contre le séparatisme, mais plutôt de l’atteinte aux libertés et à l’intérêt supérieur de l’enfant. Aucun refus d’autorisation relevé cette année par les associations n’a mis en évidence de cas problématique à ce niveau, les nombreux refus portant plutôt sur la négation de toute possibilité de choix, même pédagogique, de la part des familles, voire sur l’absence de démonstration d’une « impossibilité à scolariser ». Le nombre de refus d’autorisation pour les 1res demandes, motif 4 [correspondant à « la situation propre de l’enfant »] atteint en effet presque 100 % dans certaines académies, comme à Besançon, Nice, Toulouse, Orléans/Tours.

Concernant les familles qui étaient régulièrement en IEF l’année dernière et qui pouvaient bénéficier d’une autorisation de plein droit, on note que 20 % ont toutefois été rejetées selon notre enquête et dans les académies sus-citées, ce sont parfois plus de la moitié des demandes de plein droit qui ont été refusées.

Source

Voir aussi 

L’enseignement à domicile a doublé au Canada entre 2019 et 2021  

France — Des propositions de loi pour restaurer la liberté d’instruire à la maison vont être déposées  

Les centres d’apprentissage libre, dits « écoles démocratiques », se multiplient depuis trois ans ; le gouvernement cherche à légiférer [Québec] 

France — Victoire pour la liberté scolaire devant le tribunal administratif de Toulouse

France — Chute de 9100 à 4000 des nouveaux enfants instruits en famille 

France — École à la maison : comment faire pour obtenir une autorisation pour la rentrée prochaine ?

France, instruction à domicile : des décrets beaucoup trop restrictifs

France : décrets d’application de la loi sur l’école à la maison : carton rouge pour le ministère

France — Le ministre de l’Éducation, Pap Ndiaye, a placé ses enfants dans une école privée élitiste pour avoir une « scolarité sereine » 

Le Macron nouveau : Ndiaye militant communauriste noir à l’Éducation nationale française

Bock-Côté sur Pap Ndiaye, le controversé nouveau ministre de l’Éducation en France

dimanche 19 juin 2022

France — École à la maison : comment faire pour obtenir une autorisation pour la rentrée prochaine ?

Selon les décrets d’application récemment publiés, les familles françaises ont trois mois, du 1er mars au 31 mai 2022, pour adresser leur demande d’autorisation à l’administration si elles veulent pouvoir instruire leur enfant à la maison à la rentrée prochaine. Famille Chrétienne détaille la procédure à suivre.

 
Le temps presse. Pour les parents souhaitant avoir recours à l’instruction en famille à la rentrée prochaine, les trois mois qui s’ouvrent sont cruciaux. Après le vote de la loi sur le séparatisme l’été dernier, les décrets d’application publiés en février prévoient en effet que la demande d’autorisation qui remplace désormais la simple déclaration doit être adressée du 1er mars au 31 mai pour qu’un enfant puisse être instruit en famille à la rentrée prochaine. Des précisions ont également été apportées sur les documents à fournir à l’appui de la demande.

Quatre motifs invocables

Concrètement, quatre motifs peuvent être invoqués par les parents à l’appui de leur demande : 

  1. l’état de santé de l’enfant ou son handicap ; 
  2. la pratique d’activités sportives ou artistiques intensives ; 
  3. l’itinérance de la famille en France ou l’éloignement géographique de tout établissement scolaire public ; 
  4. l’existence d’une situation propre à l’enfant motivant le projet éducatif.

Fruit de l’opposition au projet du gouvernement d’interdire l’instruction en famille, ce quatrième motif, le plus ouvert, devrait permettre de voir les demandes d’autorisation des parents largement satisfaites. Le Conseil constitutionnel a en effet indiqué que, en établissant ce critère, le législateur avait voulu confier à l’administration le soin de vérifier que « le projet d’instruction en famille comporte les éléments essentiels de l’enseignement et de la pédagogie adaptés aux capacités et au rythme d’apprentissage de l’enfant » ; et que « la personne chargée de l’instruction est en mesure de permettre à l’enfant d’acquérir le socle commun de connaissances, de compétences et de culture ». La demande des parents pour leur(s) enfant(s) doit être adressée au Directeur académique des services de l’éducation nationale (DASEN), représentant du Ministère dans le département.

Quels documents fournir ?

Les décrets publiés en février précisent également la liste des documents que les parents doivent joindre à leur demande. Certains d’entre eux sont communs aux quatre motifs invocables : un formulaire de demande d’autorisation élaboré par le Ministère de l’Éducation nationale ; un document justifiant de l’identité de l’enfant, de celle des parents, de leur domicile et de l’identité de la personne chargée d’instruire l’enfant s’il ne s’agit pas des parents.

D’autres documents, spécifiques à chaque motif, s’y ajoutent : un certificat médical de moins d’un an sous pli fermé attestant de la pathologie de l’enfant lorsque la demande est motivée par la santé de l’enfant ; un certificat médical sous pli fermé ou les décisions relatives à l’instruction de l’enfant de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées lorsque la demande est motivée par le handicap de l’enfant ; une attestation d’inscription auprès d’un organisme sportif ou artistique, lorsque la demande s’appuie sur ce motif ainsi qu’une présentation de l’organisation du temps de l’enfant, de ses engagements et contraintes établissant qu’il ne peut de ce fait fréquenter assidûment un établissement public ou privé ; « toute pièce utile » justifiant de l’impossibilité pour l’enfant de fréquenter avec assiduité un établissement public ou privé lorsque la demande est motivée par l’itinérance en France des parents ; et également « toute pièce utile » établissant l’éloignement géographique de tout établissement scolaire public lorsque la demande est déposée sur ce fondement.

Comment étayer le motif d’une « situation propre à l’enfant » ?

Pour le dernier motif invocable (« l’existence d’une situation propre à l’enfant motivant le projet éducatif »), les parents ne doivent pas apporter de justification particulière du motif invoqué, mais simplement présenter un « projet éducatif » étayé pour leur enfant. Selon le décret, ils doivent donc fournir à l’appui de leur demande d’autorisation « une présentation écrite du projet éducatif comportant les éléments essentiels de l’enseignement et de la pédagogie adaptés aux capacités et au rythme d’apprentissage de l’enfant ».

Celle-ci comprendra : « 1/Une description de la démarche et des méthodes pédagogiques mises en œuvre pour permettre à l’enfant d’acquérir les connaissances et les compétences dans chaque domaine de formation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture ; 2/ les ressources et supports éducatifs utilisés ; 3/ l’organisation du temps de l’enfant (rythme et durée des activités) ; 4/ Le cas échéant, l’identité de tout organisme d’enseignement à distance participant aux apprentissages de l’enfant et une description de la teneur de sa contribution ». Par ailleurs, les décrets demandent aux parents de fournir « toutes pièces utiles justifiant de la disponibilité de la ou des personnes chargées d’instruire l’enfant » (qu’il s’agisse d’un des parents ou d’une personne tierce), une copie du diplôme de baccalauréat, ou de son équivalent, de la personne qui instruira l’enfant, ainsi qu’une déclaration sur l’honneur que la personne qui instruira l’enfant le fera majoritairement en langue française.

Dans le cas où il manquerait une pièce à réception de la demande, l’administration fixera un délai pour fournir les pièces manquantes, « qui ne pourra en aucun cas être supérieur à quinze jours ». Un délai court qui incite les parents à tout faire pour fournir du premier coup un dossier complet. Si celui-ci est soigneusement rempli, l’administration n’aura aucun moyen de refuser la demande d’autorisation qui s’appuiera sur ce quatrième motif.

Les exceptions

Pour les parents désireux d’avoir recours à l’instruction en famille à la rentrée, deux exceptions se présentent par rapport au délai de trois mois courant du 1er mars au 31 mai. Tout d’abord, les décrets indiquent que la délivrance de l’autorisation peut « toutefois » être sollicitée en dehors de cette période « pour des motifs apparus postérieurement à cette dernière ». Mais, elle ne pourra alors faire référence qu’aux trois premiers motifs (état de santé de l’enfant ou handicap, activités sportives ou artistiques intenses, itinérance géographique ou éloignement géographique de tout établissement scolaire public).

Pour le quatrième motif invocable (« existence d’une situation propre à l’enfant motivant le projet éducatif), aucune demande ne sera instruite en dehors des trois mois. Par ailleurs, si des parents déposent une demande hors délai sur le fondement des trois premiers motifs, ils devront fournir « tout élément justifiant que les motifs de la demande sont apparus postérieurement à la période » allant du 1er mars au 31 mai. Autant dire que là aussi les parents ont intérêt à ne pas trop compter sur les dérogations et à viser un dépôt de demande complet sans tarder.

Autorisations de plein droit pour certains enfants

Fruit de l’opposition suscitée par le projet qu’avait le gouvernement d’interdire l’instruction en famille, une autre exception concerne les enfants qui sont actuellement déjà instruits en famille au cours de l’année scolaire 2021-2022. Pour ceux-ci, l’autorisation « est accordée de plein droit » pour les années scolaires 2022-2023 et 2023-2024, indique la loi sur le séparatisme. Pour cela, il faut seulement que les résultats du contrôle annuel réalisé par les représentants du Ministre de l’Éducation nationale aient été jugés « satisfaisants ».

Toutefois, cette dérogation ne concerne que les enfants déjà instruits à la maison. Ainsi, des parents qui la pratiqueraient déjà pour un de leurs enfants en 2021-2022, et qui souhaiteraient y avoir recours pour un autre de leurs enfants pour l’année scolaire 2022-2023, devront passer pour ce dernier par la procédure de demande d’autorisation ouverte du 1er mars au 31 mai.

Source : Famille chrétienne


dimanche 29 mai 2022

Les économies avancées d'Asie ont désormais des indices de fécondité inférieurs à ceux du Japon

La liste des choses pour lesquelles le Japon jouit d’une réputation mondiale comprend une cuisine délicieuse, une technologie de pointe, une offre excédentaire de bars karaoké et un nombre insuffisant de bébés. En 1990, le Japon a atteint un indice de fécondité record pour l’année précédente — le fameux « choc de 1,57 ». Soit 1,57 enfant par femme. Pendant des années, l’archipel nippon a été considéré comme un précurseur du vieillissement et de la contraction des sociétés riches.


Une grande partie de l’Asie l’a maintenant rattrapé ou dépassé. Le taux de fécondité du Japon était de 1,3 enfant par femme en 2020, la dernière année pour laquelle des chiffres comparables sont disponibles, cela le place à égalité avec la Chine continentale, selon le Population Research Bureau, une agence américaine. Le taux de natalité de la Chine est probablement déjà tombé sous celui du Japon : il y a eu 10,6 millions de naissances chinoises l’année dernière, contre 12 millions en 2020, soit une baisse de 11 % alors que le nombre de naissances n’a baissé que de 3 % au Japon.

La fécondité japonaise est très basse par rapport à presque toutes les sociétés de l’histoire humaine. Pourtant, il est maintenant plus élevé que celui de n’importe quelle économie prospère de l’Extrême-Orient (l’Asie de l’Est et l’Asie du Sud-Est). L’indice de fécondité de natalité à Hong Kong, Macao, Singapour, la Corée du Sud et Taïwan se situait entre 0,8 et 1,1 en 2020 (voir graphique ci-dessus). Il ne s’agit pas non plus d’un accident temporaire causé par la pandémie : la natalité du Japon était également supérieure à tous ces pays en 2019.

Ces pays asiatiques riches et qui boudent les naissances ont trois choses en commun. Premièrement, leur peuple a peu d’enfants hors mariage. Seuls 2 % environ des naissances au Japon et en Corée du Sud sont le fait de mères célibataires, les niveaux les plus bas de l’OCDE, un club de pays riches. Dans les pays occidentaux riches, ce chiffre se situe généralement entre 30 % et 60 %.  Ce taux de naissances hors mariage est de 62,4 % au Québec en 2019 avec un indice de fécondité d’environ 1,5 enfant/femme. En Chine, les rares femmes qui tombent enceintes hors mariage se voient souvent refuser des prestations. La baisse des naissances dans la région a suivi de près une baisse des mariages.

Un deuxième facteur commun est la scolarité coûteuse. Les cours particuliers onéreux et d’autres formes « d’éducation parallèle » qui vident le porte-monnaie, comme on appelle ces extras, sont courants en Asie de l’Est. La raison la plus fréquemment citée par les couples japonais pour avoir moins d’enfants est le coût de leur instruction et leur coût de la vie pour les élever. Lucy Crehan, chercheuse en éducation, affirme que ces problèmes pourraient être encore pires dans d’autres parties de l’Asie. Les élèves japonais ne sont confrontés à leurs premiers examens cruciaux qu’à l’âge de 15 ans. En revanche, les enfants de Chang-haï et de Singapour doivent passer ces tests dès l’école primaire, ce qui accroît la pression parentale et alourdit les frais de scolarité de la famille.

Pourtant, c’est le troisième facteur qui pourrait expliquer pourquoi le Japon surpasse ses riches homologues asiatiques. Une vague de recherches ces dernières années suggère que les prix élevés de l’immobilier poussent les jeunes couples à retarder la venue d’enfants. Un article a révélé qu’une augmentation de 10 000 $ des prix des maisons aux États-Unis entraînait une augmentation de 5 % de l’indice de fécondité chez les propriétaires, mais une diminution de 2,4 % chez les locataires. Dans une grande partie de l’Asie de l’Est et en particulier dans la Chine urbaine, l’achat d’une maison est une tâche ardue pour les jeunes. La Corée du Sud, dont le taux de fécondité de 0,8 est le plus bas de la région, a en conséquence un ratio prix de l’immobilier/revenu (le nombre d’années de revenu nécessaire pour acheter une maison) de 16,6, le plus élevé de l’OCDE après la Nouvelle-Zélande. Le ratio japonais de 7,5 est parmi les plus bas. 

Rappelons que le Canada se classe parmi les pays où le prix des logements par rapport aux revenus est le plus haut.

Le problème des prix élevés de l’immobilier qui empêchent les jeunes familles de s’installer n’est pas propre à l’Asie. Mais le marché immobilier japonais est différent. Contrairement à la plupart des pays riches, il a des règles d’urbanisme qui facilitent relativement la construction de plus de maisons. Le parc de logements à Tokyo a constamment augmenté plus rapidement que la population de la ville (qui continue également d’augmenter). De plus, les maisons japonaises ne sont pas construites pour durer, elles sont donc démolies et remplacées régulièrement. Le fisc japonais considère que les maisons japonaises en bois se déprécient pour atteindre une valeur de zéro après 22 ans. Cela signifie que le marché secondaire de l’immobilier résidentiel est plus limité et incite les propriétaires fonciers à démolir les vieux bâtiments et à en construire de plus grands.

Les économistes se demandent dans quelle mesure le logement relativement abordable du Japon est dû à ces politiques d’offre et de construction ou dans quelle mesure ces logements abordables sont dus à la lenteur de la croissance économique du pays. Mais la facilité de construction est susceptible de juguler l’augmentation des prix.

Source : The Economist

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Corée du Sud : la surchauffe éducative, l'implosion démographique  

Corée du Sud — les garderies en anglais sont du gaspillage et néfastes au développement de votre enfant

 

mercredi 7 avril 2021

États-Unis : « Augmentation significative de l'enseignement à la maison » à 11,1% à l'automne 2020


Le Bureau du recensement américain a rapporté à la fin du mois de mars que 11,1 % des élèves de la maternelle à la 12e année étaient désormais instruits à la maison par leurs parents, une augmentation significative par rapport à 5,4 % lorsque les fermetures d’écoles sont entrées en vigueur au printemps 2020 et aux 3,3 % des familles qui instruisaient leurs enfants à la maison avant la pandémie du coronavirus-19.

« La pandémie mondiale de COVID-19 a suscité un nouvel intérêt pour l’enseignement à domicile et l’attrait d’autres formes d’instruction scolaires a soudainement explosé », ont écrit Casey Eggleston et Jason Fields pour le Bureau du recensement, qui a recueilli des données pour une enquête « expérimentale » pour mesurer les « Impacts sociaux et économiques pendant la pandémie de coronavirus. »

« En utilisant un large échantillon représentatif au niveau national de ménages américains, l’enquête montre que le taux d’instruction à domicile est nettement plus élevé que les données nationales et offre un aperçu des changements dans les manières d’enseigner pendant la pandémie », ont noté les auteurs, expliquant que, alors que 5,4 % des foyers américains disaient faire l’école à la maison lorsque les fermetures d’écoles sont entrées en vigueur au printemps 2020, « [à l’automne], 11,1 % des ménages avec des enfants d’âge scolaire ont déclaré instruire leurs enfants à la maison (30 septembre-12 octobre). »

Le Bureau du recensement américain a clarifié la distinction entre les ménages qui « déclaraient instruire vraiment à la maison et ceux qui utilisaient plutôt un apprentissage virtuel dans une école publique ou privée ».

Les rédacteurs du Bureau ont poursuivi que, dans le contexte de la gestion de la pandémie, de plus en plus de familles américaines recherchent d’autres formes d’instruction pour leurs enfants :

Il est clair que dans une situation sans précédent, les familles recherchent des solutions qui répondront de manière fiable à leurs besoins en matière de santé et de sécurité, à leurs besoins en matière de garde d’enfants et aux besoins d’apprentissage et socio-émotionnels de leurs enfants.

Des « bulles pandémiques », très discutées (de petits groupes d’élèves se rassemblant en dehors d’une école formelle pour l’enseignement en personne) à un intérêt grandissant des parents pour les écoles virtuelles autonomes, en passant par les écoles privées et les organisations d’enseignement à domicile, les parents américains sont de plus en plus ouverts aux options qui vont au-delà de l’école publique du quartier.

Les données du Bureau du recensement font écho à celles du sondage Gallup qui, à la fin du mois d’août, a révélé une augmentation de cinq points du pourcentage de parents qui ont déclaré qu’ils instruisaient leurs enfants à la maison cette année scolaire, par rapport à cinq pour cent en 2019 et dix pour cent en 2020.

Gallup a également défini l’enseignement à domicile dans son enquête comme « non inscrit dans une école formelle, mais instruit à la maison » afin de distinguer l’enseignement à domicile des programmes d’apprentissage à distance fournis par les écoles.

En novembre, la Semaine de l’éducation a également signalé que la population des enfants instruits à la maison avait plus que doublé aux États-Unis, 58 % des directeurs d’école soulignent que l’instruction à domicile est « la principale cause qui explique la baisse des inscriptions » dans les écoles.


vendredi 9 octobre 2020

mercredi 29 avril 2020

L'instruction à la maison et le confinement selon le niveau culturel des parents

Olivier Babeau président du réseau pensant, du laboratoire d’idées, l’Institut Sapiens et, par ailleurs, professeur en sciences de gestion à l’université de Bordeaux s’est penché dans les colonnes du Figaro sur les effets sociaux du confinent. Il a récemment publié Éloge de l’hypocrisie (Éditions du Cerf, 2018).

Le confinement aura éprouvé en priorité les urbains habitant dans de petites surfaces. Jamais le mètre carré supplémentaire et le bout de jardin n’auront eu une telle valeur. Les salariés du secteur tertiaire auront eu la ressource du télétravail ; pas ceux, en majorité moins bien payés, dont la tâche est manuelle ou implique des services à la personne.

L’école à la maison n’a pas posé de problèmes aux familles éduquées et férues de transmission culturelle. Elles auront constaté que deux heures de préceptorat rigoureux égalaient aisément une journée de classe. D’autres enfants, hélas, n’auront pas eu la chance d’avoir des parents pouvant ou voulant s’investir. Ils auront été laissés à eux-mêmes et à l’abrutissement des écrans. Les élèves les plus faibles seront ceux qui auront décroché en priorité. Notre école était déjà impuissante à endiguer les déterminismes sociaux ; son absence prolongée élargira le fossé qui sépare les décrocheurs des autres.

La décroissance est peut-être un thème qui fait rêver certains cercles intellectuels de la rive gauche, sa réalité est, nous allons nous en rendre compte, beaucoup moins séduisante. Concrètement, la chute de la richesse produite se traduira par un chômage massif et une stagnation voire une régression des salaires. Les Gilets jaunes étaient l’expression de cette classe moyenne française qui craignait le déclassement social entraîné par la disparition des emplois faiblement qualifiés. Ce déclassement sera malheureusement accéléré par une crise qui va précipiter nombre d’entre eux dans la pauvreté. Les technologies, qui sont devenues plus indispensables que jamais pour maîtriser la diffusion du virus, vont symétriquement accroître la concentration de la valeur créée par quelques emplois hautement qualifiés.

Source : Le Figaro

vendredi 27 mars 2020

L’école à l’heure du coronavirus

Anne Coffinier s’entretient avec Guillaume Bonnet de l’hebdomadaire France Catholique, au sujet des mutations de l’école...

Et si la crise du Covid-19 était l’occasion de repenser le système éducatif ? La fermeture des établissements ouvre de multiples perspectives, estime Anne Coffinier, présidente de l’association Créer son école.

Depuis le 16 mars, 12 millions d’élèves travaillent à domicile. Quels fruits ce confinement peut-il porter ?


Anne Coffinier : Notre vision sera nécessairement modifiée en profondeur. Nous allons sans doute comprendre que huit heures de cours par jour ne sont pas forcément nécessaires, que la structuration des journées n’est pas intangible, que les parents doivent redevenir décideurs dans le domaine éducatif en tissant des relations nouvelles avec les professeurs, que le fameux socle éducatif [la partie imposée par l’État à toutes les écoles, mêmes celles dites libres] est en réalité un mammouth qu’il serait souhaitable de réduire à l’indispensable pour cultiver les passions de l’enfant. Les pistes sont très nombreuses.

Le confinement peut-il rendre les Français plus pragmatiques ?

Le cas français est atypique, voire bizarre. Ne pas choisir l’école publique serait faire montre d’antirépublicanisme et menacerait le «  vivre-ensemble  ». Cette approche idéologique pourrait être fragilisée par ce confinement qui rend obligatoire l’école à la maison, pourtant considérée en France avec méfiance par l’État… C’est l’occasion de changer les regards et de rappeler qu’il existe mille manières de faire l’école à la maison et d’articuler ce mode éducatif avec les autres approches.

Du pragmatisme, mais aussi de la souplesse ?

Observons l’approche anglo-saxonne. C’est souvent en utilisant les passions des enfants qu’on développe le goût du dépassement et de l’excellence, qu’il est ensuite plus simple de décliner dans les autres disciplines. Il s’agit aussi d’un univers dans lequel les jeunes sont responsabilisés tôt et invités à participer à la vie de leurs établissements. Enfin, l’école y est considérée comme une communauté de valeurs à part entière qui prépare à servir la communauté nationale une fois adulte.

Quels conseils donneriez-vous aux parents confinés et à la peine ?


Ce n’est pas un drame si les élèves ne parviennent pas à suivre tous les cours et à réaliser l’ensemble des exercices. Cette parenthèse est l’occasion de se concentrer sur les bases comme le calcul et la dictée, souvent fragiles, en utilisant les bons vieux classiques comme le Bled ou le Bescherelle. Pour les collégiens et lycéens, on peut lire du théâtre en famille ou apprendre de la poésie. C’est l’occasion de transmettre ce qui fait la force de notre patrimoine culturel. J’invite enfin les parents à se rendre sur le site educfrance.org pour y découvrir de nombreuses vidéos pour apprendre à faire de l’exercice sans matériel et dans un espace restreint.

Face à cette crise sans précédent, certains élèves sont moins égaux que d’autres…

Les écoles hors-contrat [privées non subventionnées] ont été fermées, comme les autres établissements, sur décision gouvernementale. Mais nous faisons face à une rupture d’égalité. Souvent, ces écoles ne disposent pas d’espaces numériques de travail (ENT) et n’utilisent que les courriels pour communiquer. Nous demandons donc au ministre un accès gratuit au CNED et à ses «  classes virtuelles  » ou l’octroi de subventions pour équiper les écoles hors-contrat avec des ENT classiques. Enfin, nous demandons un soutien pour équiper les familles avec des ordinateurs et des tablettes durant la durée de la crise. Sur le site educfrance.org, chacun peut signer la lettre ouverte que nous avons adressée en ce sens au ministre.

Source : france-catholique.fr, « L’école à l’heure du coronavirus », entretien avec Anne Coffinier, présidente de Créer son école. Propos recueillis par Guillaume Bonnet.

vendredi 20 mars 2020

Du sport en famille pendant le confinement !

De courtes vidéos, en partenariat avec l'association Georges Hébert et le Centre hébertiste d'Orléans. Retrouvez aujourd'hui un premier entretien avec Audry Huguet du Lorin et une première vidéo d'entraînement







jeudi 7 novembre 2019

Québec — Instruction à domicile et études postsecondaires

(Moins de 8 minutes)

Si l’instruction à domicile est beaucoup plus connue du grand public qu’il y a 10 ou 20 ans, il reste néanmoins beaucoup d’éducation à faire, notamment du côté des établissements d’enseignement de niveau postsecondaire.

Dans cette deuxième partie de notre entrevue, Sylvie Crasci discute des défis que doivent relever les familles qui font l’instruction à la maison lorsqu’il est temps d’accéder aux collèges et universités du Québec. Puisant dans sa propre expérience, elle encourage les parents à être des pionniers à ce chapitre et à ne pas hésiter à frapper aux portes des établissements d’enseignement pour faire valoir la richesse de l’école à la maison.




Témoignage intéressant sur la fille de Sylvie Crasci qui a entamé sa première année d’université.

Notez qu’on peut aussi passer un bac français (équivalent du DEC) qui est un examen libre (tout le monde peut se présenter) puis s’inscrire à l’université. L’enseignement professionnel technique est également ouvert aux enfants instruits à la maison.

jeudi 11 juillet 2019

Allemagne — Petite victoire des parents Wunderlich en attendant que les tribunaux statuent

Un tribunal allemand a statué qu’un couple chrétien qui instruisait leurs enfants à la maison pouvait conserver la garde de leurs enfants dans l’attente d’un appel de la loi du pays sur la fréquentation scolaire obligatoire.

Les enfants Wunderlich

Depuis près de 15 ans, Dirk et Petra Wunderlich se voient obligés de se défendre en justice parce qu’ils ont choisi d’instruire leurs quatre enfants à la maison, en violation d’une ancienne loi allemande qui l’interdit.

Le 2 juillet, un tribunal national a décidé que les Wunderlich pourraient avoir la garde de leurs deux plus jeunes enfants, encore mineurs, en attendant d’être renvoyés devant la plus haute instance de la Cour européenne des droits de l’homme.

« Le droit des parents de diriger l’éducation de leurs enfants est un droit fondamental, protégé par le droit international », a déclaré Robert Clarke, directeur des affaires juridiques pour ADF International.

Clarke est l’avocat principal des Wunderlich devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Il s’est dit « ravi de voir que le tribunal allemand a respecté ce droit et a reconnu que les enfants de Wunderlich vont bien ».

En tant que fervents chrétiens, les Wunderlich voulaient instruire à la maison pour éviter d’exposer leurs enfants à des influences indésirables à l’école allemande.

Lorsque le plus âgé des enfants Wunderlich a atteint l’âge scolaire en 2005, ils ont refusé de s’inscrire à une école. Ils ont été condamnés à plusieurs amendes réglementaires et procédures pénales pour non-respect de la fréquentation scolaire obligatoire.

La famille a vécu à l’étranger entre 2008 et 2011 et, après leur retour à la résidence permanente en Allemagne, a de nouveau refusé d’enregistrer les enfants.

En août 2013, un groupe d’au moins 20 policiers et travailleurs sociaux a fait irruption au domicile de Wunderlich et emmené leurs quatre enfants. ADF International, le groupe juridique représentant les parents, a déclaré que cette action avait traumatisé la famille.

Les enfants ont été placés dans un foyer pour enfants pendant trois semaines. Bien qu’ils aient finalement été rendus à leurs parents, leur statut juridique n’était pas clair. L’État allemand a réussi à forcer la fréquentation des enfants dans une école de 2013 à 2014.

En janvier 2019, la Cour européenne des droits de l’homme, basée à Strasbourg, s’est prononcée contre la famille, affirmant que la fréquentation scolaire obligatoire afin d’« empêcher l’isolement social » et de garantir leur intégration dans la société était une justification pertinente pour s’opposer à l’autorité parentale. Quelle est l’étape suivante de cette intégration forcée aux valeurs progressistes inculquées par l’État ? L’État pourra-t-il s’opposer à ce que des parents quittent le pays avec leurs enfants pour éviter des influences jugées néfastes ?

Pour la CEDH, les autorités allemandes auraient eu raison de présumer que les parents avaient « mis leurs enfants en danger en ne les envoyant pas à l’école ». Les parents « ont persisté dans leur résistance et ont empêché les autorités allemandes d’examiner en détail la situation des enfants » de poursuivre le tribunal. Il ne s’agissait pourtant pas d’empêcher d’examiner, mais d’empêcher d’en profiter pour que l’État s’empare des enfants, ce qu'il fit d'ailleurs par la suite.

Le tribunal a reconnu que les parents avaient ensuite soumis des évaluations d’apprentissage indiquant que les enfants avaient « des connaissances suffisantes, des aptitudes sociales et une relation amoureuse avec leurs parents », mais cette information n’était pas disponible pour les fonctionnaires lorsqu’ils ont décidé de retirer la garde parentale de manière temporaire et partielle.

La famille a formé un recours devant la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme et attend une réponse.

Les enfants de Wunderlich ont exprimé le désir d’être scolarisés à la maison. Dans une lettre au tribunal, l’un d’eux a écrit : « Je veux juste vivre et apprendre en paix avec ma famille sans craindre d’être déchiré, comme en 2009 et en 2013. Je suis allé dans une école publique pendant un an et n’ai certainement pas apprécié la chose. »

L’école à domicile est illégale en Allemagne depuis 1918, bien que ces dernières années, cette politique ait suscité des interrogations et des préoccupations chez des groupes de défense des droits de l’homme qui affirment qu’il s’agit d’une violation du droit à la vie familiale.

En 2014, la Cour constitutionnelle allemande avait statué que les restrictions imposées à l’enseignement à domicile étaient justifiées au motif que le gouvernement avait un intérêt impératif à empêcher la formation de sociétés religieuses ou idéologiques parallèles. On se demande de quelles sociétés religieuses il pourrait bien s’agir, de paisibles et pieux chrétiens ? Notons aussi le paradoxe : l’État progressiste vante sans cesse la diversité comme richesse, mais s’évertue de combattre la diversité morale et religieuse, plus particulièrement si elle s’incarne dans le christianisme traditionaliste.  Le tribunal a également fait valoir qu’obliger les enfants à aller à l’école leur confère l’avantage d’interagir avec d’autres enfants qui pourraient penser « différemment » (ou serait-ce plutôt qui pensent déjà comme il faut).

En 2006, la Cour européenne des droits de l’homme a déclaré qu’il n’y avait pas de droit à l’école à domicile.

Lire au sujet de cette cour ce qu’en pense Éric Zemmour : « l’alliance tacite entre Taubira et les juges [pour le mariage homosexuel] a parfaitement fonctionné par-dessus la tête des parlementaires français et du peuple », déplore Éric Zemmour, qui poursuit : « Cela fait beaucoup de cocus », et à la suite d’arrêts liés à l’immigration « ça veut dire sortir de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Et, plus généralement, sur le gouvernement des juges.

Voir aussi

Police allemande enlève les enfants d'une famille instruits à la maison

École à la maison en Allemagne — « Accompagnez-nous maintenant de gré ou plus tard de force »

École à la maison : les familles fuient l’Allemagne

Allemagne — Mère de douze enfants emprisonnée : elle refuse pour ses enfants le cours d'éducation sexuelle au primaire

Victoire partielle et tardive pour une famille allemande qui instruit ses enfants à la maison

Allemagne — Deux parents défendent l’école à la maison devant la Cour européenne des droits de l’homme

École allemande : famille allemande émigre et s'installe en Russie conservatrice

dimanche 3 septembre 2017

La HSLDA passe en revue le projet de loi 144

L’Association juridique canadienne pour l’instruction à domicile (HSLDA) est un organisme à but non lucratif qui encourage et protège les familles qui instruisent leurs enfants à la maison.

La HSLDA passe en revue les changements proposés à la Loi sur l’instruction publique du Québec (Projet de loi 144, dont le texte est ici).

Nous reproduisons son analyse ci-dessous.


Tel que mentionné précédemment, le Ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a présenté son projet de loi 144 à l’Assemblée nationale le 9 juin dernier. Le Projet de loi 144 modifiera la Loi sur l’instruction publique au niveau de l’éducation à domicile au Québec. Notre équipe juridique a passé au peigne fin le document afin d’en ressortir les points importants pour nos membres :

Les bonnes nouvelles

  • L’école-maison [l'instruction à domicile] demeure un choix éducationnel valide et légal pour les familles ; [Note du carnet : c’est la moindre des choses dans une démocratie libérale ou pluraliste...]
  • L’exigence voulant que l’éducation reçue à la maison soit équivalente à celle offerte dans le système d’éducation public a été retirée ;
  • La communauté d’école-maison semble avoir eu un certain impact sur les changements proposés dans le Projet de loi 144.
Les aspects importants du Projet de loi 144 relatifs à l’éducation à domicile

  • Les parents devront aviser par écrit la commission scolaire de leur intention de faire l’école-maison ;
  • Ils doivent offrir une éducation à la maison « appropriée » ; [Note du carnet : que signifie « appropriée » ? Politiquement correcte ? La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) demande non seulement une éducation appropriée, mais « complète »... Faut-il comprendre sans aucune exemption possible, aucun écart par rapport au programme du Monopole de l’Éducation du Québec ? De quoi se mêle la CSQ ? Notons que la CSQ profite de l’immigration pour vouloir le resserrement de l’éducation à domicile.]
  • Ils doivent fournir un projet d’apprentissage (ce point n’a pas encore été défini) ;
  • Ils doivent respecter la réglementation gouvernementale, laquelle n’a pas encore été rédigée, de sorte que nous ne savons pas quelles seront les normes et exigences additionnelles) ; [Note du carnet : le diable se cache dans les détails...]
  • Un Guide sera écrit à l’intention des commissions scolaires et des parents sur la bonne pratique de l’école-maison. Ceci peut être une bonne chose ! Mais tout dépendra de son contenu. Nous nous attendons à être impliqués dans l’élaboration de ce Guide ;
  • Une table de concertation nationale sur l’enseignement à domicile doit être créée. Nous espérons que ce point soit une très bonne nouvelle ! Mais encore une fois, cela dépend de la composition de cette table de concertation et de la façon dont elle percevra son mandat. Dans notre rapport remis au ministre, nous avions recommandé que l’enseignement à domicile soit chapeauté par un bureau central plutôt que par les commissions scolaires. Cette table de concertation est un pas dans cette direction. Nous sommes heureux que le Projet de loi 144 reconnaisse le besoin de cohérence à travers la province. À l’heure actuelle, certaines commissions scolaires sont très hostiles et désobligeantes envers les familles qui font l’école-maison. Nous espérons que cette table de concertation, parallèlement aux règlements et au Guide à venir, contribuera à instaurer un traitement respectueux des familles d’école-maison. Nous devons aussi travailler à faire partie de cette table de concertation afin de se faire entendre. Qui de mieux pour représenter les intérêts des familles d’école-maison que les familles elles-mêmes !
Il sera très important pour la communauté d’école-maison du Québec de poursuivre son implication et de prendre part à l’élaboration des règlements et du Guide. Nous devons être entendus afin de nous assurer que toutes les approches, philosophies et techniques d’éducation à domicile seront admises et respectées. Cela implique de reconnaître également un vaste éventail de méthodes d’évaluation.

Point préoccupant

La protection de la Jeunesse peut encore être impliquée dans les cas où les autorités estiment que les parents n’ont pas suivi les étapes nécessaires pour s’assurer que l’enfant fréquente l’école (ou en soit dispensé adéquatement en vertu de l’éducation qu’il reçoit à la maison). De plus, des amendes pouvant aller jusqu’à 10 000 $ peuvent être imposées aux parents qui ne se sont pas assurés que leur enfant fréquente l’école (ou en est exempté).

Autre point préoccupant

Le Projet de loi 144 élargira la capacité du gouvernement (par exemple le Ministère de la Santé) à partager des renseignements avec le Ministère de l’Éducation, de façon à rassembler des preuves et connaître la fréquentation scolaire d’un enfant. Il s’agit là d’une atteinte à la vie privée.

Que pouvez-vous faire ?

Soutenir notre travail de représentation par vos dons versés au CCHE.

Rester en contact avec votre député. Nous encourageons toutes nos familles qui font l’école-maison à écrire à leur député par courriel ou par la poste afin d’exprimer leurs préoccupations face aux changements législatifs à venir. Il est impératif que nos élus régionaux soient informés que l’école-maison est une option éducationnelle viable. La législation devrait donc établir des protections claires pour les familles qui font ce choix. Vos communications écrites ont du poids aux yeux de vos élus. Et de par la loi, chaque lettre doit être lue.

La Loi sur l’instruction publique est en vigueur depuis les années 60 alors gardez à l’esprit que tout changement est susceptible de demeurer en vigueur pour un autre 50 ans. Par conséquent, faisons tout ce qui est en notre pouvoir afin de contribuer à une issue positive, pour le bien de vos enfants et des générations futures.



Voir aussi : Parodie du projet de loi 144 : Le projet de loi 144B : Pour le droit des enfants à être nourris

mercredi 2 décembre 2015

L’expérience d’une famille — L'instruction en famille comme style de vie


Nous vous présentons Dwight et Kristen Habermehl et leurs cinq enfants : Caleb (18), Esther (16), Rachel (13), Anna (11), et Josiah (9). Dwight et Kristen se sont rencontrés et mariés en Ontario, mais ils ont élevé leur famille en Nouvelle-Écosse, et comme le dit Kristen, « Nous sommes profondément Néo-Écossais »

Dwight et Kristen on fait l’école-maison à leurs enfants depuis le début de leur éducation à cause d’une rencontre qu’avait faite Kristen lorsqu’elle était adolescente. Lorsqu’elle avait 16 ans, des amis proches de sa famille ont commencé à faire de l'instruction à domicile à leur fils le plus âgé. Kristen avait été intriguée par leur aventure d’école-maison, puis elle a commencé à les observer ainsi que d’autres familles qui instruisent leurs enfants à la maison. Elle affirme : « J’ai repéré des éléments dans leur vie familiale que je savais vouloir moi aussi dans le futur. J’étais intriguée par la profondeur de leurs relations de camaraderie évidentes encore et encore entre les parents et les enfants. Il y avait une conversation ouverte, ainsi que de la confiance dans les yeux des enfants lorsqu’ils entamaient une conversation avec n’importe qui. »

Leur famille aime étudier diverses matières ensemble, telles que l’histoire, les langues, la politique, et bien sûr, les matières de base; mais instruire à domicile a aussi permis à chaque enfant de se concentrer sur ses intérêts uniques. Caleb est passionné par la technologie, et il a passé beaucoup d’heures à enregistrer et éditer des vidéos, pour acquérir une expérience de qualité. Il est emballé de pouvoir commencer un programme d’arts cet automne! Esther rêve de devenir infirmière, et ses activités parascolaires, ainsi que certains de ses cours, lui permettent d’explorer davantage cette option. Rachel est une artiste inspirante, et plusieurs de ses tableaux ont été exposés dans un commerce avoisinant. Anna aime le grand air et les animaux, et Josiah aime les Legos par-dessus tout. Qui sait : ce sont peut-être de futurs vétérinaires et ingénieurs! Chaque enfant a un appel différent, mais l’école-maison permet à la famille de travailler ensemble afin d’établir une fondation solide pour l’avenir de chacun. Dwight et Kristen l’expriment ainsi : « Nous croyons fermement que l’un des plus grands cadeaux que nous avons reçus en tant que parents faisant l’école-maison c’est l’opportunité de voir de près nos enfants pendant qu’ils grandissent et se développent. Lorsque vient le temps de prendre des décisions, nous avons cheminé avec eux; nous sommes en mesure de les aider à découvrir leurs forces et développer une compréhension de ce que pourrait leur réserver le futur. »

Il y a plusieurs années, la famille a pris la décision de devenir membre de la HSLDA. À ce moment-là, ils ont adhéré à cette décision parce qu’ils étaient en accord avec la mission de l’organisation. Mais maintenant, alors qu’ils voient la HSLDA se porter à la défense de l’école-maison à travers le monde, ils réalisent que leur adhésion a une portée bien plus grande. « Nous voulons tous la liberté de faire l’école-maison, mais nous ne pouvons pas laisser à seulement un petit nombre la charge de payer et de livrer la bataille pour ce droit — nous devons tous nous tenir debout ensemble afin d’avoir un impact réel et de faire une différence sur le front de l’école-maison, » disent Dwight et Kristen. « Nous ne pouvons plus tenir pour acquis le droit de faire l’école-maison. »

Cette liberté de faire l’école-maison permet aux Habermehl d’apprendre et de grandir ensemble en tant que famille. Dwight conclut en disant « Nous ne pouvons pas imaginer une meilleure manière d’investir notre temps en tant que parents — dans notre courte vie — qu’en solidifiant et approfondissant notre impact et nos relations avec nos précieux enfants. Si vous considérez l’option de l’école-maison, sachez que cela pourrait être la chose la plus difficile que vous n’ayez jamais entreprise, puis allez-y! Il y a tant de joie à partager ensemble chaque journée, qu’elle soit bonne, mauvaise, pleine de défis, ou magnifique. »

Source

lundi 18 février 2013

Vers une domination des enfants instruits à la maison aux États-Unis ?

Depuis les années 1970, les résultats du réseau d'enseignement public aux États-Unis ne cessent de décliner. Qu'il s'agisse d'un taux de diplomation en déclin et une baisse dans les résultats au test ACT, les élèves américains glissent de plus en plus vers le bas dans les classements internationaux. Simultanément, depuis les années 1970, l'instruction à la maison devient de plus en plus populaire aux États-Unis. Confrontés à système d'enseignement public en déshérence, les parents semblent plus en plus se tourner vers l'instruction en famille comme une solution. Le plus surprenant ? Les résultats des enfants instruits à la maison : des résultats au-dessus de la moyenne aux tests SAT et dans leurs résultats à l'université. Les enfants instruits à la maison ont également de meilleurs résultats en termes de maturité, leurs compétences en communication et plus généralisation en termes de socialisation.

Évidemment, Québec rend la vie difficile aux enfants qui instruisent leurs enfants à la maison. Les jeunes enfants instruits à la maison connaissent des difficultés d'inscription dans les cégeps ou les universités, alors que ce n'est pas le cas aux États-Unis.

Homeschool Domination


Source des graphiques, via Monarchomaque

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jeudi 27 septembre 2012

Étude — Pourquoi les écoles privées canadiennes forment de meilleures personnes


Ray Pennings, directeur de recherche chez Cardus se joint à Michael Coren et explique pourquoi il faut mettre fin du monopole publique de l'éducation

Résumé des résultats de l'étude de Cardus. 

Renforcement des familles: Les diplômés d'écoles non gouvernementales sont moins susceptibles de divorcer ou de se séparer. Les diplômés des écoles protestantes évangéliques et ceux éduqués à domicile sont plus susceptibles d'avoir plus d'enfants.

Plus grand engagement social: Les diplômés d'écoles non gouvernementales sont plus souventg membres d'associations communautaires ou de quartier, ils participent également à plus d'activités artistiques et culturelles. Les diplômés des écoles non confessionnelles indépendantes, en particulier, votent plus, font plus de bénévolat, et participent dans une plus grande variété d'organismes.

Plus généreux: les diplômés des écoles non gouvernementales écoles consacrent plus de temps au bénévolat que leurs homologues des écoles publiques, pour une variété de causes. Les anciens élèves des écoles écoles protestantes évangéliques, par exemple, se concentrent davantage sur le bénévolat tourné vers la foi, la famille, et leur prochain.

Expriment leur identité par leur travail: les diplômés des écoles indépendantes non religieuses sont plus susceptibles d'occuper des postes de responsabilité. Ils s'attendent à ce que leur travail soit valorisant par son utilité, la créativité nécessaire, son aspect intéressant et par sa dimension humaine. Les diplômés des écoles protestantes évangéliques et ceux instruits à la maison ont un sens aigu de la vocation professionnelle, ils cherchent des emplois qui correspondent à cette vocation et qui paient bien, mais leur métier est moins central pour eux que pour leurs homologues des écoles indépendantes non religieuses.

Formation axée sur l'emploi plutôt que l'influence: Les diplômés d'écoles protestantes évangéliques se contentent d'une diplôme d'études secondaires ou collégiales ou obtiennent une maîtrise, mais relativement peu arrêtent au baccalauréat (licence en Europe). Quant à ceux éduqués à la maison pour des raisons religieuses, ils ont tendance à se contenter d'un diplôme secondaire ou collégial ou obtiennent un doctorat. Ceci suggère que, lorsque les élèves de ces deux groupes vont à l'université, ils poursuivent leurs études avec rigueur et zèle  Il est fort possible qu'ils se préoccupent de l'utilité de leur diplôme et n'arrêtent leurs études que lorsqu'ils ont l'impression d'avoir un niveau suffisant pour obtenir un bon emploi. Les diplômés des écoles indépendantes non confessionnelles ont plus de chance d'obtenir un diplôme universitaire et d'en obtenir un de niveau supérieur (maîtrise et doctorat).

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