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mardi 8 septembre 2026

Classement PISA 2025 (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) en science et en mathématique:

Classement PISA 2025 (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) en science et en mathématique:

1- Chine 🇨🇳 : Sciences 597 | Maths 612
2- Singapour 🇸🇬 : Sciences 560 | Maths 563
3- Macao (Chine) 🇲🇴 : Sciences 541 | Maths 549
4- Taipei chinois 🇹🇼 : Sciences 540 | Maths 546
5- Japon 🇯🇵 : Sciences 538 | Maths 525
6- Estonie 🇪🇪 : Sciences 527 | Maths 508
7- Corée 🇰🇷 : Sciences 526 | Maths 522
8- Royaume-Uni 🇬🇧 : Sciences 511 | Maths 488
9- Canada 🇨🇦 : Sciences 510 | Maths 485
10- Nouvelle-Zélande 🇳🇿 : Sciences 509 | Maths 480
11- Australie 🇦🇺 : Sciences 509 | Maths 478
12- Finlande 🇫🇮 : Sciences 504 | Maths 469
13- États-Unis 🇺🇸 : Sciences 502 | Maths 463
14- Suisse 🇨🇭 : Sciences 501 | Maths 499
15- Irlande 🇮🇪 : Sciences 500 | Maths 480
16- Autriche 🇦🇹 : Sciences 497 | Maths 478
17- Hong Kong (Chine) 🇭🇰 : Sciences 496 | Maths 522
18- Pologne 🇵🇱 : Sciences 495 | Maths 474
19- Turquie 🇹🇷 : Sciences 494 | Maths 462
20- Tchéquie 🇨🇿 : Sciences 490 | Maths 487
21- Belgique 🇧🇪 : Sciences 490 | Maths 470
22- Lituanie 🇱🇹 : Sciences 488 | Maths 470
23- Allemagne 🇩🇪 : Sciences 486 | Maths 474
24- Pays-Bas 🇳🇱 : Sciences 485 | Maths 483
25- Suède 🇸🇪 : Sciences 485 | Maths 464
26- Slovénie 🇸🇮 : Sciences 484 | Maths 460
27- France 🇫🇷 : Sciences 483 | Maths 458
28- Italie 🇮🇹 : Sciences 483 | Maths 468
29- Portugal 🇵🇹 : Sciences 482 | Maths 460
30- Hongrie 🇭🇺 : Sciences 480 | Maths 459
31- Danemark 🇩🇰 : Sciences 478 | Maths 471
32- Espagne 🇪🇸 : Sciences 477 | Maths 459
33- Croatie 🇭🇷 : Sciences 476 | Maths 455
34- Slovaquie 🇸🇰 : Sciences 475 | Maths 469
35- Luxembourg 🇱🇺 : Sciences 474 | Maths 458
36- Norvège 🇳🇴 : Sciences 470 | Maths 452
37- Lettonie 🇱🇻 : Sciences 468 | Maths 450
38- Émirats arabes unis 🇦🇪 : Sciences 458 | Maths 453
39- Vietnam 🇻🇳 : Sciences 457 | Maths 443
40- Malte 🇲🇹 : Sciences 453 | Maths 443
41- Régions ukrainiennes 🇺🇦 : Sciences 448 | Maths 431
42- Uruguay 🇺🇾 : Sciences 445 | Maths 405
43- Chili 🇨🇱 : Sciences 442 | Maths 403
44- Israël 🇮🇱 : Sciences 442 | Maths 433
45- Islande 🇮🇸 : Sciences 441 | Maths 430
46- Brunei 🇧🇳 : Sciences 439 | Maths 435
47- Maurice 🇲🇺 : Sciences 438 | Maths 407
48- Ouzbékistan 🇺🇿 : Sciences 438 | Maths —
49- Monténégro 🇲🇪 : Sciences 435 | Maths 411
50- Albanie 🇦🇱 : Sciences 435 | Maths 433
51- Qatar 🇶🇦 : Sciences 434 | Maths 416
52- Grèce 🇬🇷 : Sciences 434 | Maths 424
53- Thaïlande 🇹🇭 : Sciences 432 | Maths 407
54- Serbie 🇷🇸 : Sciences 429 | Maths 417
55- Roumanie 🇷🇴 : Sciences 425 | Maths 419
56- Mongolie 🇲🇳 : Sciences 424 | Maths 419
57- Costa Rica 🇨🇷 : Sciences 424 | Maths 387
58- Géorgie 🇬🇪 : Sciences 422 | Maths 416
59- Moldavie 🇲🇩 : Sciences 422 | Maths 410
60- Bulgarie 🇧🇬 : Sciences 421 | Maths 405
61- Kazakhstan 🇰🇿 : Sciences 420 | Maths 414
62- Malaisie 🇲🇾 : Sciences 419 | Maths 397
63- Colombie 🇨🇴 : Sciences 414 | Maths 381
64- Mexique 🇲🇽 : Sciences 414 | Maths 388
65- Arabie saoudite 🇸🇦 : Sciences 413 | Maths 390
66- Chypre 🇨🇾 : Sciences 411 | Maths 412
67- Azerbaïdjan 🇦🇿 : Sciences 409 | Maths 422
68- Brésil 🇧🇷 : Sciences 409 | Maths 377
69- Jordanie 🇯🇴 : Sciences 407 | Maths 388
70- Pérou 🇵🇪 : Sciences 406 | Maths 382
71- Argentine 🇦🇷 : Sciences 393 | Maths 367
72- Indonésie 🇮🇩 : Sciences 389 | Maths 364
73- El Salvador 🇸🇻 : Sciences 385 | Maths 346
74- Cambodge 🇰🇭 : Sciences 382 | Maths 366
75- Macédoine du Nord 🇲🇰 : Sciences 378 | Maths 380
76- Philippines 🇵🇭 : Sciences 373 | Maths 371
77- Liban 🇱🇧 : Sciences 372 | Maths 377
78- Tunisie 🇹🇳 : Sciences 369 | Maths 376
79- Kirghizistan 🇰🇬 : Sciences 363 | Maths 364
80- République dominicaine 🇩🇴 : Sciences 361 | Maths 339
81- Autorité palestinienne 🇵🇸 : Sciences 359 | Maths 354
82- Maroc 🇲🇦 : Sciences 358 | Maths 355
83- Kosovo 🇽🇰 : Sciences 357 | Maths 350
84- Paraguay 🇵🇾 : Sciences 355 | Maths 334
85- Région du Kurdistan (Irak) 🇮🇶 : Sciences 352 | Maths 339
86- Guatemala 🇬🇹 : Sciences 351 | Maths 334
87- Zambie 🇿🇲 : Sciences 337 | Maths 314
88- Kenya 🇰🇪 : Sciences 335 | Maths 326
89- Douchanbé (Tadjikistan) 🇹🇯 : Sciences 334 | Maths 382
90- Rwanda 🇷🇼 : Sciences 317 | Maths 312

Source: OCDE, Plus de 760 000 élèves de 91 pays et économies du monde entier, représentant en tout environ 33 millions de jeunes de 15 ans, ont participé, en 2025, à l’évaluation PISA en sciences, en mathématiques

Sont arrivées en tête de classement dans ces trois domaines les collectivités chinoises de Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang, ainsi que Singapour. L’Estonie, la Corée, le Japon, Macao (Chine),  Formose (Taipei chinois) et le Royaume-Uni figuraient également sur la liste des 10 meilleurs systèmes éducatifs.

La performance globale des pays de l’OCDE se détériore : les résultats moyens en sciences, en lecture et en mathématiques sont, en effet, les plus faibles jamais observés. Quelques progrès n’en doivent pas moins être relevés ; ainsi, parmi les pays de l’OCDE, le Costa Rica, la République slovaque, la Türkiye et le Royaume-Uni ont amélioré leurs résultats en sciences par rapport à 2022. 

Les résultats en lecture ont connu une baisse particulièrement marquée sur trois ans, notamment en ce qui concerne les compétences les plus utiles à l’ère de l’IA, comme savoir évaluer l’information, faire des liens entre différentes sources et poser un regard critique sur ses lectures. Les cas de « lecture hâtive » – où les élèves lisent rapidement, mais de manière imprécise – ont pratiquement doublé en proportion par rapport à 2018, pour atteindre 9 %.


Les données du Canada sont néanmoins à prendre avec des pincettes, puisque pour le Québec comme pour le Canada, « une ou plusieurs normes d’échantillonnage du programme PISA n’ont pas été respectées », précise l’OCDE dans la présentation de ses résultats. D'autres pays sont concernés : Pays-Bas, Nouvelle-Zélande Norvège et États-Unis (dans l'OCDE) et l'Albanie (hors OCDE, mais partenaire pour cette étude).

Il semblerait notamment que les élèves qui ont passé les tests aient un meilleur niveau que la moyenne nationale, entraînant une légère surévaluation de leurs performances.

Par conséquent, les résultats présentés pourraient comporter de « grandes incertitudes, voire être biaisés », ajoute le rapport.

Les limites des tests PISA

Quels élèves sont soumis au test ? Dans quelles écoles ? Impossible de le savoir.

L’OCDE exige une confidentialité absolue et la Commission d’accès à l’information refuse de rendre accessible la liste des écoles participantes.

L’OCDE assure que sa méthode d’échantillonnage est béton, que les élèves sont choisis au hasard, que les écoles publiques et privées, par exemple, sont adéquatement représentées.

Encore faut-il pouvoir le vérifier.

« Et c’est pour ça qu’un chercheur sérieux se garde une grande réserve quant à l’interprétation des résultats. Sur le plan méthodologique, ça semble sérieux, mais il y a des zones d’ombre », estime Roch Chouinard, professeur émérite à l’Université de Montréal, interrogé par La Presse.

« Dans une logique de chercheurs et quand il s’agit de publications scientifiques, croit aussi Line Laplante, professeure au département de didactique des langues à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), il faut avoir accès aux données brutes, donc aux écoles, aux élèves qui passent le test. »

Mais au surplus, l’OCDE elle-même invite à interpréter les résultats PISA 2025 avec prudence pour plusieurs pays. Car aussi bien pour le Canada que pour les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, les États-Unis et l’Albanie, « une ou plusieurs normes d’échantillonnage PISA n’ont pas été respectées ».

Pour vulgariser la chose : trop d’écoles ou d’élèves sélectionnés n’ont pas participé, ou trop d’élèves ont été exclus. Au Canada, le taux de participation pondéré des écoles n’a atteint qu’environ 82 % après remplacement (la cible est de 85 %) et celui des élèves environ 77 % (la cible est de 80 %), tandis que le taux d’exclusion dépasse légèrement le plafond de 5 %. Une analyse du biais de non-réponse a été jugée suffisamment rigoureuse pour que les données canadiennes soient tout de même publiées. L’organisme canadien responsable de l’enquête précise toutefois que les résultats du Québec — comme ceux de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, de l’Ontario, du Manitoba, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique — doivent être lus avec prudence, en raison d’un possible biais de non-réponse. Le risque habituel demeure : que des écoles ou des élèves plus faibles s’auto-excluent et fassent ainsi augmenter artificiellement les moyennes.

Un test avantageux pour les Québécois ?

Au-delà des considérations statistiques, Roch Chouinard fait observer que les élèves québécois sont probablement avantagés par les tests PISA du fait que les notions évaluées « correspondent exactement à ce sur quoi nos programmes éducatifs et nos écoles mettent l’accent », notamment la résolution de problèmes de tous les jours en mathématiques (la France insiste davantage sur les maths formelles, par exemple). 

Line Laplante pense de même pour ce qui est de la langue maternelle. Pour tous les pays, ce qui est évalué par le PISA, c’est la compréhension de texte, et non l’écriture ou l’orthographe. « Or, dans l’épreuve d’écriture de la fin du secondaire du ministère de l’Éducation du Québec, l’orthographe d’usage et l’orthographe grammaticale sont les deux critères sur lesquels les élèves québécois en arrachent le plus », fait observer Line Laplante.

La faiblesse des élèves en orthographe et en grammaire ne les pénalise donc pas quand ils passent leurs tests PISA. Elle ne les empêche pas non plus d’obtenir à tout le moins la note de passage aux examens du Ministère.

« Les élèves de 5e secondaire peuvent réussir en français tout en ayant échoué aux critères d’orthographe de l’examen du Ministère », l’examen du Ministère ne constitue qu’un pourcentage de la note finale du cours de français. Notons que les tests PISA n'évalue en rien la culture générale (souvent très lacunaire chez les jeunes québécois), la capacité de composition d'une dissertation, d'une critique structurée d'un texte littéraire ou scientifique.

Sinon révélateurs de la valeur exacte de notre système d’éducation, ces résultats PISA donnent donc certaines tendances.

 

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jeudi 27 août 2026

Synthèse de la démographie mondiale (nouvelles récentes)

Voici une synthèse des mises à jour démographiques les plus marquantes récemment diffusées par Birth Gauge, chacune portant sur un pays distinct. Les chiffres sont ceux compilés à partir de sources nationales, d’estimations provisoires et de corrections démographiques. 

L'indice synthétique de fécondité (ISF), ou nombre moyen d'enfants par femme, mesure le nombre d'enfants qu'une femme aurait au cours de sa vie si elle connaissait à chaque âge les taux de fécondité observés une année précise. Le seuil de renouvellement des générations est fixé à environ 2,1 enfants par femme (ce nombre peut être plus grand dans les pays où la mortalité avant l'âge adulte est élevée).

1. Corée du Sud (légère hausse)

L'indice de fécondité a rebondi à 0,799 enfant par femme en 2025 (contre 0,748 en 2024), porté par une hausse de 6,7 % des naissances et surtout de 8,6 % des premiers enfants. Le nombre moyen d’enfants par mère continue toutefois de reculer (1,60), et la part des premiers-nés a encore augmenté au premier semestre 2026 (63,1 %).

2. Tunisie (baisse)

Les données définitives confirment un ISF de 1,54 en 2024, en recul par rapport à 1,58 en 2023. Le Maghreb urbain poursuit ainsi sa transition accélérée vers un non-remplacement des générations.

3. Jordanie

L'ISF en 2025 s’établit à 2,21 enfants par femme, légèrement au-dessus du seuil de renouvellement.

4. Israël (hausse)

Sur la base des naissances de janvier à juin, l'ISF 2026 atteint 2,94 (2,88 en 2025). Les Juifs se situent à 3,16, les musulmans à 2,75, les chrétiens à 1,63 et les « personnes sans religion » à 1,05.

En Israël, les personnes enregistrées officiellement comme « sans religion » (חסרי דת, hasrei dat) représentent un groupe juridique et social spécifique, souvent constitué d'immigrés non-juifs venus d'ex-URSS ou de personnes ne rentrant pas dans les cases du rabbinat orthodoxe.  Une grande partie de la population juive israélienne se définit comme laïque (חִלּוֹנִי, hiloni) dans son mode de vie, mais reste juridiquement rattachée au judaïsme par le biais de la loi du retour ou de l'ascendance, ce qui diffère du statut officiel de « sans religion » attribué à ceux qui n'ont aucune judéité reconnue par l'orthodoxie. Aussi paradoxalement que cela paraisse, on peut être un juif laïc/hiloni et athée quand sa judéité est définie à travers l'histoire, la culture, la langue et la nationalité plutôt qu'à travers la religion.

5. Iran

Les estimations provinciales pour 2025 révèlent de forts contrastes : le Sistan-Baloutchistan (ISF de 3,34) dépasse largement la moyenne nationale de 1,47, tandis que trois provinces sont déjà sous 1,0 enfant/femme. L’agglomération de Téhéran (Téhéran + Alborz) n’est plus qu’à 1,02.

6. Singapour (baisse)

L'ISF est tombé à 0,87 en 2025. Le gouvernement a annoncé un vaste train de mesures (soutien financier d’environ 70 000 $S par enfant, congés allongés, logement et crèches subventionnés). En comparaison des politiques familiales européennes, elles semblent cependant modestes.

7. Allemagne (baisse)

La population a reculé de 110 000 personnes en 2025, sous l’effet combiné d’une immigration moindre et d’un ISF de 1,31. Le nombre de nouveaux retraités approche un record historique.

8. Portugal (correction à la baisse)

Après une révision massive à la hausse de la population, l'ISF 2025 a été corrigé de 1,44 à 1,30.

9. Palestine (hausse)

L'ISF est remonté à 2,92 en 2025 (2,82 en 2024, année déprimée par la guerre). Les naissances ont reculé de 7,4 % en Cisjordanie mais ont fortement augmenté à Gaza.

10. El Salvador

Selon les dernières estimations, l'ISF 2025 s’établit à 1,12 enfant par femme.

11. États-Unis (légère baisse)

Les naissances 2025 ont légèrement diminué ; l'ISF se situe à 1,574 enfant par femme. Les naissances ont un peu baissé ; l’ISF aussi, d’environ 0,03 point. Seul le Dakota du Sud demeure proche du seuil de renouvellement.

Ventilation 2025

  • ISF national : 1,574 (1,60 en 2024).  
  • Hispaniques : 1,86 (1,93 en 2024)  
  • Blancs non hispaniques : 1,54 (1,53)  
  • Noirs non hispaniques : 1,44 (1,50)

Les Hispaniques restent au-dessus de la moyenne, mais baissent ; les Noirs non hispaniques passent sous les Blancs non hispaniques. L’ISF asiatique est encore plus bas, il était à 1,31 en 2023. 

12. Thaïlande (baisse)

Le recul des naissances s’est accéléré : l'ISF 2026 est estimé autour de 0,76-0,77, contre 0,87 en 2025. 

Selon le Financial Times : « L'endettement des ménages thaïlandais s'élève à 86 % du PIB, soit le niveau le plus élevé parmi les pays à revenu intermédiaire supérieur dans le monde, selon la HSBC. Les consommateurs ont en effet recours à des emprunts pour financer leurs dépenses quotidiennes dans un contexte de ralentissement de la croissance économique et salariale. »

Cet endettement très élevé des ménages n'est qu'un élément supplémentaire qui expliquerait l'indice synthétique de fécondité (ISF) extrêmement bas de la Thaïlande.

13. Taïwan (baisse)

Sur six mois de 2026, l'ISF moyen mobile annuel glissant tombe à 0,62, après 0,70 en 2025. C’est l’un des niveaux les plus bas du monde.

14. Chine (légère baisse)

L'ISF 2026 est estimé à 0,70, dans la continuité de la baisse observée depuis plusieurs années (0,73 en 2025).

15. France (léger recul)

L'ISF 2026 s’établit à 1,54, en léger recul par rapport à 1,56 en 2025.

On constate que la fécondité des immigrés musulmans varie fortement selon le pays d’accueil. Elle est en général plus élevée en France qu’en Europe du Nord (Suède, pays nordiques). Birth Gauge l’attribue en partie à la manière dont les politiques familiales sont conçues et appliquées : le système français, plus généreux et plus universel, irait de pair avec une fécondité immigrée plus haute, alors que les systèmes nordiques, plus conditionnels ou moins favorables aux familles nombreuses, s’accompagnent d’une fécondité immigrée plus basse. En 2021, l'ISF des migrantes autour de 2,85 en France contre 1,86 en Suède, alors que les ISF des natives étaient proches. L’origine géographique des immigrants joue également un rôle important : la France reçoit davantage de populations d’Afrique du Nord et d’Afrique sahélienne que l’Islande ou la Suède. 

16. Congo-Brazzaville (République du Congo)

L’enquête DHS donne un ISF de 3,5 enfants par femme en 2023-2025 (urbain 3,0, rural 5,3), contre 5,1 treize ans plus tôt. C'est désormais l’un des ISF les plus bas d’Afrique subsaharienne, probablement parce que le pays est très urbanisé : plus de la moitié de la population vit à Brazzaville et à Pointe-Noire. 

17. Islande

En 2025, l’ISF national est de 1,56. La ventilation par citoyenneté, nouvellement publiée, inverse le schéma habituel d’Europe de l’Ouest : 1,78 pour les citoyennes islandaises et seulement 1,09 pour les étrangères. On note que l’Islande atteint ce niveau sans groupes à très forte fécondité : les familles nombreuses y restent rares. 

18. Paraguay

D’après les naissances enregistrées, on estime l’ISF 2025 autour de 1,65.   

Selon Birth Gauge : à terme, ce seraient surtout les Autochtones et les Mennonites (souvent germanophones) qui resteraient les plus féconds, tandis que les « Latinos » émigreraient davantage vers l’Espagne ou les États-Unis:

  •  Le recensement 2022 donne un ISF autochtone de 3,77. 
  • Les Mennonites (relativement) « modernes » du Chaco (Menno, Fernheim, Neuland) : souvent 3 à 4 enfants, déjà urbanisés, scolarisés, parfois installés à Asunción.

  • Mennonites traditionalistes d’Orient (Sommerfeld, Bergthal, etc.) : familles beaucoup plus nombreuses (on cite souvent 6 à 8 enfants). 

19. Afrique du Sud : passage sous le seuil de renouvellement

Stats SA prévoit l’ISF du pays en 2026 à 2,12 enfants par femme. Dans le contexte sud-africain, le seuil de renouvellement n’est pas 2,10 mais 2,16, à cause d’une mortalité plus élevée qu'en Occident. L’Afrique du Sud passe donc sous le remplacement. Il s'agirait du premier pays d’Afrique subsaharienne continentale dans ce cas.

Le recul est net : 2,78 en 2008 → 2,21 en 2025 → 2,12 en 2026.

Ventilation par groupe de population.

Stats SA ne publie pas, dans le rapport public 2026, l’ISF officiel par groupe de population. Cependant en utilisant la dernière enquête démographique (SADHS 2016) qui le faisait, on obtient ces ordres de grandeur, cohérents avec les pyramides des âges de Stats SA, sont :

Afrique du Sud — ISF par groupe de population Ordres de grandeur
Groupe Ordre de grandeur de l’ISF Commentaire
Noirs africains ≈ 2,2 – 2,3
Encore au-dessus du renouvellement, mais déjà bas pour l’Afrique
Coloured (métis) ≈ 2,0 – 2,1
Autour du seuil, peut-être juste en dessous
Indiens / Asiatiques ≈ 1,3 – 1,5
Nettement sous le renouvellement, proche des Blancs
Blancs ≈ 1,4 – 1,5
Nettement sous le renouvellement,  émigration des plus jeunes

Le Gauteng (Johannesburg–Pretoria et Soweto) aurait un ISF autour de 1,8. Même le groupe majoritaire n’est plus dans une fécondité « africaine classique », et les minorités blanches et indiennes sont depuis longtemps au niveau européen. 



samedi 8 novembre 2025

Les Carthaginois avaient peu de sang phénicien

À Acragas (Agrigente, Sicile), les temples de Héra et d’Héraclès portent encore les traces de l’incendie provoqué par les Carthaginois en 406 av. J.-C.. Grands rivaux des Grecs dans la Méditerranée occidentale, ils étaient aussi leurs partenaires commerciaux : l’huile sicilienne alimentait les marchés puniques.

Mais une étude récente menée par Harald Ringbauer et David Reich (université Harvard) bouleverse notre vision de ce peuple : avant 400 av. J.-C., les Carthaginois auraient partagé des origines génétiques proches de celles des populations de la mer Égée, plutôt que du Levant. Une découverte qui remet en question leur ascendance traditionnellement dite « phénicienne ».

Égéens, Grecs et Phéniciens : trois mondes distincts

Le mot « Égéen » désigne les civilisations installées autour de la mer Égée à l’âge du Bronze (env. 3000–1200 av. J.-C.). Ce monde comprend :
  • les Minoens de Crète, grands bâtisseurs et navigateurs, parlant une langue non grecque,
  • puis les Mycéniens, ou Achéens des poèmes d’Homère, installés sur le continent grec, qui parlaient déjà une forme ancienne de grec.
Les Mycéniens sont donc à la fois des Égéens et les premiers Grecs historiques.

Après l’effondrement du monde mycénien vers 1200 av. J.-C., de nouvelles populations grecques, les Doriens, migrent vers le sud. Elles marquent le passage à l’âge du Fer et à la Grèce classique.

Ainsi, parler d’un « fonds génétique égéen » revient à évoquer un héritage ancien, issu des peuples du monde mycénien (grec ancien) et de leurs proches voisins des îles, antérieur à la Grèce historique.

Les Phéniciens, en revanche, formaient un peuple sémitique du Levant (Liban et Syrie actuels). Leur langue, leur écriture et leur culture étaient très différentes, bien que leurs routes maritimes aient croisé celles des Grecs dès le IIe millénaire av. J.-C.

Or, la tradition raconte que Carthage fut fondée par des Phéniciens venus de Tyr, sous la conduite de la reine Didon, en 814 av. J.-C. : on les pensait donc naturellement descendants de Phéniciens.

Les chercheurs se sont procurés 398 génomes provenant de nombreux sites carthaginois du bassin méditerranéen occidental et de plusieurs populations anciennes contemporaine des Puniques à fins de comparaison.


Quand la génétique contredit l’histoire

Les travaux de Harvard remettent ce récit en cause. Une première étude menée à Kerkouane (Tunisie) avait déjà révélé une absence d’ascendance phénicienne parmi douze individus puniques.

Les chercheurs ont alors élargi l’échantillon à 398 génomes issus de 14 sites carthaginois de Sardaigne, Sicile, Afrique du Nord et Levant. Après datation, 128 individus clairement de culture punique ont été analysés.

Les résultats sont frappants : les Carthaginois se situent génétiquement entre les populations nord-africaines et les Égéens, mais très proches de ces derniers, et éloignés des Levantins.

Autrement dit, le peuple punique semble lié biologiquement au monde égéen, c’est-à-dire à l’ancien substrat mycénien et insulaire grec, plutôt qu’à la Phénicie.

Les origines possibles d’un tel métissage

Comment expliquer qu’un peuple de culture phénicienne ait un ADN d’origine égéenne ?
Les chercheurs envisagent deux scénarios :

L’hypothèse chypriote
  • Au Bronze final, Chypre était un carrefour entre Égée et Levant : on y trouvait des communautés parlant grec mais influencées par les Phéniciens. Des Chypriotes d’origine égéenne auraient pu adopter la culture phénicienne avant de fonder Carthage. Ils auraient donc exporté en Afrique du Nord une culture levantine, mais avec un fond biologique égéen.

L’hypothèse du métissage commercial
  • Une petite élite phénicienne, venue de Tyr, aurait établi Carthage, mais, isolée de sa région d’origine, elle se serait rapidement mêlée aux populations méditerranéennes déjà présentes dans les réseaux grecs et siciliens.
  • La forte diversité des chromosomes Y chez les Carthaginois indique d’ailleurs une circulation intense d’hommes entre les colonies puniques (Afrique, Sicile, Sardaigne, Ibérie). Ce brassage aurait produit un peuple mêlé, culturellement phénicien, mais génétiquement méditerranéen.

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Reportés dans le plan des composantes principales élaborées par les chercheurs, les génomes carthaginois s’étirent entre ceux des Nord-Africains et ceux des Égéens, mais sont massés près de ceux de ces derniers, indiquant une origine génétique commune. Ils se distinguent clairement de ceux des Européens (à gauche) et de ceux des Levantins (à droite).


Une civilisation méditerranéenne hybride


Ce mélange expliquerait pourquoi les Carthaginois apparaissent à la fois proches des Grecs par leurs gènes et distincts par leur langue et leur culture.

Leur fond égéen aurait été entretenu par les échanges constants entre les deux rives : commerce, mariages, esclavage et alliances locales.

Ainsi, les grandes cités puniques auraient formé un monde propre, relié mais indépendant, où circulaient les mêmes marins, artisans et marchands que dans les cités grecques voisines.

Voir aussi
 
 
 
 

 

mardi 3 septembre 2024

Italie — Les arrivées par la mer des immigrants ont diminué d’environ 63% en un an

Le ministre de l’Intérieur italien s’en félicite : « Les arrivées par la mer des migrants ont fortement diminué, d’environ 63% cette année par rapport à la même période en 2023 », a lancé il y a quelques jours Matteo Piantedosi. Lorsque Giorgia Meloni, présidente du parti d’extrême droite Fratelli d'italia, remporta les élections législatives en octobre 2022, elle promit en premier lieu de « lutter contre l’immigration clandestine, de gérer les flux migratoires et de défendre les frontières nationales et européennes ».

Deux ans plus tard, la présidente du Conseil revendique le maintien de sa promesse de campagne. Elle avait alors posé «un principe simple : en Italie, comme dans n’importe quel autre État sérieux, on n’entre pas illégalement ». Au 31 août 2024, 41.530 personnes sont arrivées en Italie après avoir traversé la mer Méditerranée, contre 114.513 lors des huit premiers mois de 2023. Le ministère de l’Intérieur met à jour quotidiennement sur son site les chiffres de l’immigration illégale dans son pays.


Pour limiter les flux migratoires, Giorgia Meloni a négocié des accords avec des pays de départ et de transit, comme la Tunisie, la Libye et l’Albanie. Objectif : faire traiter les demandes d’asile hors du territoire italien et de l’Union européenne, et faciliter les rapatriements des demandeurs d’asile arrivés clandestinement. Ainsi, en mars dernier, Bruxelles a passé un accord avec l’Égypte, promettant à ce pays une aide de 7,4 milliards d’euros d’ici à 2027 - principalement sous forme de prêts - contre un contrôle renforcé de ses frontières.

L’Union européenne et certains États membres ont multiplié les accords bilatéraux avec Tunis pour lutter contre l’immigration irrégulière, suscitant la consternation des organisations qui se disent en faveur de la défense des droits de l'homme. L’an dernier, un mémorandum d’entente sur un « partenariat stratégique » entre Bruxelles et Tunis prévoyait des aides financières d’un montant total de 255 millions d’euros à ce pays d’Afrique du Nord, en partie pour lutter contre l’immigration irrégulière. « Une grande partie des migrants venus d’Afrique subsaharienne, qui se trouvaient en Tunisie et étaient prêts à partir, ont été freinés dans leur démarche, selon le chercheur Matteo Villa, de l’Institut pour les études de politiques internationales. Les intermédiaires et les trafiquants ont été mis en prison. Nous ne nous attendions pas à ce que le président tunisien, Kaïs Saïed, mène une répression si sévère. La question maintenant est de savoir combien de temps cela durera. »

Dans le même temps, Giorgia Meloni a mis en place une stratégie visant à entraver le travail des ONG qui disent « sauver » les  migrants qui traversent illégalement la Méditerranée. Ports de débarquement à des milliers de kilomètres des lieux de sauvetage (ce qui rallonge d’environ une semaine le temps de navigation, et diminue donc la fréquence des missions), interdiction d’effectuer plus d’un sauvetage à la fois même si le navire des militants a la capacité d’embarquer davantage de personnes, amendes voire immobilisation des navires contrevenant aux nouveaux décrets… Une politique vantée par le gouvernement comme ayant aidé à atteindre les « bons » chiffres de l’immigration clandestine. Mais, selon les estimations des experts, ces organisations récupèrent moins de 10 % des personnes arrivant en Italie.

Conséquences de cette politique migratoire européenne imaginée et promue par Giorgia Meloni : une explosion des arrivées en Espagne et en Grèce. Et une augmentation des décès dans le désert du Sahara de migrants qui décident de changer de route. Près de 160 personnes y auraient disparu cette année selon le projet Missing Migrants de l’Organisation mondiale pour les migrations (OIM).

lundi 12 juin 2023

Francophonie — L'Algérie, en déclin économique, devient le pays le moins riche du Maghreb

Pour la première fois depuis son indépendance en 1962, et chose passée largement inaperçue, l’Algérie a affiché le PIB par habitant le plus faible des trois pays du Maghreb en 2021, avant la hausse exceptionnelle et brève du cours des hydrocarbures observée l’année suivante. Les gigantesques richesses naturelles de l’Algérie ne suffisent donc plus à masquer la réalité économique du pays, très en retard par rapport à ses voisins francophones du Maghreb, et qui devrait connaître de graves difficultés vers 2028.
 
Selon les données de la Banque mondiale, le PIB par habitant de l’Algérie s’établissait à 3 691 dollars en 2021, dernière année pour laquelle les statistiques sont disponibles, contre 3 807 dollars pour la Tunisie et 3 795 dollars pour le Maroc, qui avait jusque-là toujours occupé la dernière place parmi les trois pays du Maghreb, depuis leur indépendance.

Une économie très en retard…

En dépassant l’Algérie, le Maroc et la Tunisie ont ainsi réalisé une remarquable performance, vu leurs faibles richesses naturelles en comparaison avec leur voisin, un des principaux producteurs mondiaux d’hydrocarbures. Premier producteur africain de gaz naturel et troisième pour le pétrole, l’Algérie a en effet extrait 101 milliards de mètres cubes de gaz naturel en 2021 et un peu plus de 900 mille barils de pétrole par jour au cours de la même année, soit respectivement 53 fois et 24 fois plus que la Tunisie, dont les maigres richesses en la matière sont pourtant, elles-mêmes, considérablement supérieures à celles, quasi nulles, du Maroc. La production marocaine en hydrocarbures est si insignifiante, que le pays n’a produit, par exemple, qu'environ 250 barils de pétrole par jour en 2021, soit environ 3 600 fois moins que l’Algérie, 150 fois moins que la Tunisie… et même 52 fois moins que la France, réputée être un pays sans pétrole (seulement 13 mille barils par jour). 

samedi 27 juin 2020

Manuel d'histoire (1) — chrétiens intolérants, Saint Louis précurseur des nazis, pas de critique de l'islam tolérant pour sa part

Au sommet d’une colline, devant un musée d’art situé dans le plus grand parc de la ville de Saint-Louis aux États-Unis, se trouve la statue du roi Saint-Louis, nommée l'Apothéose de Saint-Louis.

Érigée il y a 116 ans dans le parc de Forest, c’est l’un des monuments les plus connus de la ville.

Beaucoup de personnes d’« extraction subsaharienne » dans la foule, c’est assez ironique quand on se rappelle le sort réservé aux esclaves noirs par les Barbaresques et le fait que le commerce de l’esclavage était proscrit en France...

Ainsi, au viie siècle, la reine des Francs, Bathilde, elle-même ancienne esclave et par la suite canonisée, aurait, selon la tradition, jugulé l’esclavage dans les royaumes francs en interdisant le commerce sur ses terres.

Visiblement ces militants d’extrême gauche sont d’accord avec le manuel d’histoire approuvé par le Monopole de l’Éducation du Québec.

Plusieurs militants racisés ont hué et physiquement intimidés les citoyens qui désirent que la statue de Saint-Louis demeure en place.










En cette année du 750e anniversaire de la mort du typhus de Saint-Louis à Carthage en 1270.

En passant, Saint-Louis, toujours ouvert sur le monde, aurait importé la rouelle (signe distinctif des juifs) des pays musulmans. Preuve en est qu’« avant le XIIIe siècle, il n’existe aucune altérité dans la représentation des individus de confession juive. »
[Gilbert Dahan, « Quelques réflexions sur l’antijudaïsme chrétien au Moyen Âge », Histoire, économie et société, no 3,‎ 1983, p. 355-366]

Cette marque fut sans doute réalisée à l’imitation des califes musulmans, pour lesquels les dhimmis devaient porter un signe distinctif souhaitable, mais non obligatoire, bleu pour les chrétiens et jaune pour les juifs.
[Suzanne Citron, Le Mythe national. L’histoire de France revisitée, éditions de l’Atelier, L’Atelier de poche, rééd. 2017, p. 249.] En 888, le cadi Ahmed ben Tâlib oblige les dhimmis de Kairouan à porter sur l’épaule un morceau d’étoffe de couleur blanche portant l’image d’un singe pour les juifs et celle d’un porc pour les chrétiens ; ils sont tenus d’accrocher les mêmes images sur leurs portes. [Louis Massignon, Revue des études islamiques, Volume 9. P. Geuthner, 1935, p. 142.]

Ce manuel approuvé par le Ministre ne rappelle pas ce que Saint-Louis doit aux musulmans dans ce domaine, mais insiste sur la similitude de cette mesure discriminatoire avec celle adoptée par les nazis, alors que l’islam est présenté comme tolérant.



Photo du site des
Éditions Chenelière
La volonté de faire coexister la riche courtepointe ethnique et religieuse que la politique migratoire du Québec met en place est à la base de l’imposition du cours d’éthique et de culture religieuse. Il fallait un programme qui puisse être enseigné à tous et qui rapprocherait toutes les communautés, quitte à simplifier à outrance les religions, les discréditer même pour les rassembler dans l’indifférenciation dans un esprit qu’on nommera par gentillesse irénique. C’est le cours tout-le-monde-il-est-beau-tout-le-monde-il-est-gentil selon certains auteurs.

Il en va un peu de même avec un manuel d’histoire récent qui se penche sur l’histoire de la chrétienté et du monde arabo-musulman. L’éditeur est réputé (Chenelière) et le manuel est de bonne facture technique. Mais là c’est pire : critiques (pas toujours imméritées) d’un côté, le côté de la chrétienté et, de l’autre côté, bienveillance constante pour le monde arabo-musulman. Il ne faudrait pas que les Québécois de souche conçoivent leur civilisation avec trop de vanité et que les immigrants soient perçus comme issus d’une culture inférieure ?

On peut donc se demander si ce n’est pas, en quelque sorte, pour rabaisser un peu le caquet culturel des Québécois de souche et promouvoir l’estime des récents et nombreux immigrants du monde musulman que le manuel d’histoire D’hier à demain des éditions de la Chenelière ne critique jamais l’islam médiéval, il l’encense plutôt, et qu’il laisse l’intolérance et l’ignorance au christianisme et à la chrétienté médiévale. Au détriment de l’objectivité, de l’équilibre et de la justesse, malheureusement.

Saint-Louis, précurseur de Hitler ?

Dans ce manuel approuvé par le BAMD du Monopole de l’Éducation, on trouve ainsi la question très subtile suivante :


D’Hier à demain, manuel A, 1er cycle du secondaire (12-13 ans), édition Chenelière, p.  204

Aucune question similaire sur les autres civilisations (musulmanes et chinoises notamment) où les ethnies portaient pourtant aussi des costumes ou des signes qui les différenciaient. L’imposition d’un signe distinctif pour les juifs (et les chrétiens) était généralisée dans le monde musulman. Mais aucune mention, ni bien sûr de critique dans le manuel sur ce sujet. Il n’en dit rien, seul Louis IX et son ordonnance sont comparés à un funeste « moment au cours du XXe siècle »....

Pour se convaincre que les juifs devaient se vêtir différemment sous l’islam, voici une fatwa (parmi de nombreuses autres) qui impose des signes distinctifs aux dhimmis (les tributaires) :
« Un juif s’habille comme les musulmans et abandonne la mise qui le distingue d’eux.

Réponse [du savant musulman]. Il sera mis en prison, battu et promené ignominieusement dans les lieux habités par les juifs et les chrétiens pour l’exemple. Ibn Abî Tâlib a prescrit à l’un des cadis parmi ses subordonnés d’obliger juifs et chrétiens à porter leurs ceintures largement déployées sur leur robe pour qu’on les distingue bien, et si l’un d’eux monte à cheval, de l’en empêcher, de lui infliger vingt coups de fouet à nu, puis de le jeter en prison, et en cas de récidive de le battre durement et de l’incarcérer longuement.  »

(p. 111 de Histoire et société en Occident musulman au Moyen Âge de Vincent Lagardère)

Ce que rappelle, dans la deuxième moitié du XVe siècle, le voyageur flamand Anselme Adorne, cité par Paul Sebag :
« témoigne que les juifs de Tunis sont astreints à un “lourd tribut” dans lequel il faut voir sans doute jezya [capitation] du droit musulman, et qu’ils font toujours l’objet de discriminations vestimentaires. Ils doivent alors arborer une pièce d’étoffe jaune, à la tête ou au cou, faute de quoi, ils ne manqueraient pas de se faire lapider. »

(p. 122, Tunis : Histoire d’une ville de Paul Sebag)
Extension maximale de l’empire almohade (entre 1195 et 1212)

samedi 16 mai 2020

France — L'arabe enseigné dès 8 ans à l'école publique

Le ministre socialiste français Jack Lang en rêvait, le président Macron l’a fait. C’est officiel, le gouvernement autorise l’apprentissage de la langue arabe dans les écoles primaires françaises dès le CE1.

Cette matière était déjà accessible au sein des enseignements de langue et de culture d’origine (Elco) effectués en marge des classes habituelles. L’arabe est également enseigné dans les centres culturels islamiques, où il est plébiscité par les familles musulmanes que leur langue maternelle soit l’arabe, le berbère, le peul ou le soninké. C’est une matière identitaire et religieuse.



L’enseignement de l’arabe au primaire, cette « grande avancée » résulte d’un discret décret publié au Journal officiel le 2 mai. Signé par Emmanuel Macron, sous la recommandation du Premier ministre, Édouard Philippe, et du ministre des Affaires étrangères, l’ancien socialiste Jean-Yves Le Drian. Ce texte entérine l’accord passé en mars 2017 entre le gouvernement de la Tunisie et l’ancienne ministre socialiste de la France, Najat Belkacem.

Il vient réinstaurer, mais cette fois dans le cadre des classes habituelles, le programme d’enseignement de langue et de culture d’origine (Elco) qui avait été supprimé en février dernier à Mulhouse. Dans son discours, Emmanuel Macron promettait alors de placer ce programme sous l’égide de l’Éducation nationale. Il semble qu’il s’agissait là d’une promesse de gascon car, en vertu de ce décret, les futurs enseignements seront assurés par des professeurs tunisiens détachés et rémunérés par leur gouvernement d’origine.

Il semble donc qu’on assiste à une resucée du dispositif dont le chef de l’État annonçait la suppression. Ce qui, il y a trois mois encore, constituait un risque d’« ingérences extérieures » est désormais une chance pour la France.

Extraits de l’accord

Article 2

Cet enseignement facultatif est accessible à tous les élèves volontaires, en accord avec leur famille et dans la limite des places disponibles, de la classe de cours élémentaire première année à la classe de cours moyen deuxième année.

Article 3

Cet enseignement est organisé pendant le temps scolaire en complément des enseignements obligatoires prévus pour tous les élèves par les programmes en vigueur, à raison d’une heure et demie (1,5) par semaine.

Article 5

Les résultats obtenus par les élèves dans le cadre de cet enseignement sont pris en compte dans l’appréciation générale de leur travail scolaire et portés à la connaissance des familles.

Article 7


En fonction des besoins, le Gouvernement de la République tunisienne sélectionne et rémunère les enseignants tunisiens titulaires des cadres du ministère tunisien de l’Éducation. Ces enseignants disposent des compétences pédagogiques et linguistiques nécessaires à l’enseignement de l’arabe en France.

vendredi 26 avril 2013

Russie et Turquie veulent interdire l'adoption de leurs enfants dans les pays qui permettent le mariage homo

Début avril, le président russe demandait à la Cour suprême de préparer, d'ici juillet, une réforme de la législation sur l’adoption. Vladimir Poutine s'était en effet prononcé contre l'adoption pour les couples étrangers ayant contracté un mariage gay. Ce vendredi, le dirigeant russe pense visiblement à aller plus loin : interdire l'adoption à tous les pays ayant légiféré sur le mariage homo.

Un combat pour l'éthique qui se radicalise

Trois jours après le vote accéléré par la gauche à l'Assemblée nationale française du projet très controversé du mariage et de l'adoption par des homosexuels, Moscou tape du poing sur la table : « J'estime que nous sommes en droit d'introduire des changements. Nous devons réagir à ce qui se passe autour de nous », justifie Vladimir Poutine face aux députés russes. Le président fait valoir les « traditions culturelles et les normes éthiques » de son pays. Selon les chiffres du centre sociologique Levada, 38% des russes sondés considèrent l’homosexualité comme une perversion. La même proportion la considère comme une maladie, voire le résultat d’un traumatisme psychique. L'homosexualité n'a pas été légalisée grâce à un lobby gay culpabilisant et omniprésent comme en Europe ou au Canada, mais simplement pour que le pays puisse adhérer au Conseil de l'Europe et se plier aux normes imposées de L’Organisation mondiale de la Santé.

Le 25 janvier, la Douma — l’Assemblée russe — a donc pu approuver un projet de loi en première lecture qui prévoit des amendes de 100 à 12 400 euros en cas de « promotion de l'homosexualité », notamment « auprès des mineurs ». Si le 25 mai, ce texte contre la propagande homosexuelle était définitivement voté, les diverses activités du lobby homosexuel deviendraient illégales. Les controversées défilés de la « Fierté homosexuelle » par la LGBTQQ2SA (lesbiennes, gay, bi et trans, allosexuels, en questionnement, bi-spirituels et alliés) locale seraient passibles d'amendes.

Les États-Unis déjà interdits d'adopter

Interdits d'adoption en Russie et en Turquie ?
Quant à l'adoption, l'idée n'est pas neuve. Depuis quelques mois déjà, Moscou remet en question le droit des Américains à élever un orphelin russe. Le pays avait notamment exprimé sa « vive préoccupation » au sujet d'un garçon adopté par une femme américaine, qui, selon Moscou, avait caché qu'elle vivait en couple avec une autre femme. La situation dans laquelle s'est trouvé le petit Egor Chatabalov après son adoption aux Etats-Unis «est inacceptable et nuisible à sa santé psychologique», assurait fin février le délégué du ministère russe des Affaires étrangères pour les droits de l'enfant, Constantin Dolgov. La Russie a maintes fois accusé les Américains de maltraiter les enfants russes.

En décembre, le parlement a même promulgué une loi interdisant l'adoption de ses orphelins par des Américains. Controversée, elle est l'une des mesures les plus hostiles prises par Moscou envers les États-Unis depuis la guerre froide. Bien que déposée pour d'autres raisons, plus politiques, la loi entendait « protéger » les enfants russes des couples homo du monde. Déjà début 2013, certains responsables politiques avaient en effet appelé à généraliser cette interdiction d'adopter à tous les étrangers, notamment après la décision de la Grande-Bretagne, début février, d'autoriser les mariages entre personnes du même sexe.

La Turquie y pense aussi

Fin février, le gouvernement conservateur turc a lui aussi lancé une campagne pour favoriser le retour de certains enfants turcs de l'immigration adoptés par des Européens, notamment des couples homosexuels, dans des familles ou des institutions qu'il juge plus conformes à leurs valeurs et leur culture.

Source

Voir aussi



Garçon gardé par un couple de lesbiennes subit un traitement hormonal pour bloquer sa puberté

Plaintes d'abus sexuels auraient été ignorées car les parents adoptifs étaient homosexuels

vendredi 28 décembre 2012

Les chrétiens et les juifs dans l'Occident musulman


La coexistence pacifique des trois communautés musulmane, chrétienne et juive (les gens du Livre pour les musulmans) en El-Andalous est une vision de l'histoire coutumière des promoteurs du « vivre-ensemble » et des livres scolaires occidentaux. Ce n'est pas nécessairement sans arrière-pensées politiques dans un Québec et une Europe comptant des minorités musulmanes croissantes.

Que disent les historiens et les textes musulmans ?

Bernard Lewis

« Le mythe de l’innocence de l’islam en matière de racisme est une création occidentale, au service d’un but occidental. Ce n’était pas la première fois qu’un islam mythique et idéalisé fournissait les verges destinées à châtier les défauts de l’Occident. Au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières avaient loué l’islam pour son absence de dogmes et de mystères, l’absence de prêtres et d’inquisiteurs, ou autres persécuteurs, lui reconnaissant ainsi de réelles qualités, mais les exagérant pour en faire un outil polémique contre les Églises et le clergé chrétien. Au début du XIXe siècle, les juifs d’Europe occidentale, émancipés récemment mais encore imparfaitement, en appelèrent à un âge d’or de légende en Espagne musulmane, âge de tolérance et d’acceptation complète dans une harmonieuse symbiose. »

(Bernard Lewis, Race et esclavage au Proche-Orient, p. 393)


« Ce n’est que depuis peu de temps que chrétiens et musulmans déclarent rechercher la tolérance et combattre l’intolérance. Pendant la plus grande partie de leur histoire, ces deux civilisations n’ont pas considéré la tolérance comme une valeur, ni l’intolérance comme un objet de réprobation. Jusqu’à une époque relativement moderne, l’Europe chrétienne ne prisait ni ne pratiquait elle-même la tolérance, et son absence chez les autres ne la scandalisait pas particulièrement. Ce dont elle accusait l’islam, ce n’était pas d’imposer sa doctrine par la force – pratique tenue pour normale et naturelle – mais de répandre des doctrines fausses. De même, du côté musulman, les protestations de tolérance, devenues courantes aujourd’hui dans la bouche des apologistes musulmans et plus encore dans celle des apologistes de l’islam, représentent, elles aussi, un phénomène nouveau et d’origine non islamique. Ce n’est que tout récemment que certains défenseurs de l’Islam ont commencé à soutenir que leur société avait toujours accordé une égalité de statut aux non-musulmans vivant en son sein. Une telle affirmation n’est reprise par aucun des porte-parole de l’islam intégriste, et l’histoire démontre qu’ils ont raison. »

 (Bernard Lewis. Juifs en terre d’Islam, pp. 452-453)


« Inhérente au système, institutionnalisée dans le droit et la pratique, la discrimination représente une donnée permanente et nécessaire de la société musulmane. En revanche, la persécution, c’est-à-dire la répression violente et systématique, fut rare et atypique. »

(Bernard Lewis. Juifs en terre d’Islam, p. 456)

[Il faut se rappeler que pendant longtemps les musulmans seront minoritaires tant au Levant, en Égypte qu'en Espagne, ils n'avaient pas intérêt à massacrer leur main-d'oeuvre, mais à lentement les assimiler.  En 1099, soit lors de la prise de Jérusalem par Godefroy de Bouillon, la majorité des habitants de Palestine et de Syrie étaient encore vraisemblablement chrétiens.]


« L’islam a souvent été décrit comme une religion égalitaire ; à bien des titres, elle l’est effectivement.

[…]

Globalement, la mobilité sociale était bien plus grande en Islam que dans l’Europe chrétienne ou l’Inde hindouiste. Toutefois, cette égalité des chances et de statut comportait des limites de taille. N’étaient membres à part entière de la société que les hommes, libres et musulmans. Ceux à qui l’une de ces trois qualités faisait défaut – c’est-à-dire les femmes, les esclaves et les mécréants – n’étaient pas des égaux. Ces trois inégalités fondamentales – entre maître et esclave, homme et femme, croyant et incroyant – n’étaient pas seulement un fait admis, elles étaient inscrites dans la Loi divine qui en fixait aussi les modalités. »
(Bernard Lewis. Juifs en terre d’Islam, pp. 456-457)


« Les musulmans ont-ils le droit de vivre sous un gouvernement chrétien ou bien doivent-ils émigrer ? La réponse est sans équivoque : ils doivent partir, hommes, femmes et enfants, tous sans exception. Ce gouvernement est tolérant ? Leur départ n’en est que plus urgent, car le danger d’apostasie est plus grand. […] « Mieux vaut la tyrannie de l’Islam que la justice des chrétiens. »

(id., p. 470)

« Il n’est pas permis à un musulman de masser un juif ou un chrétien, de ramasser ses ordures, ni de nettoyer ses latrines. Ce genre de métier convient mieux au juif et au chrétien, car ce sont des êtres vils. Un musulman ne soignera pas l’animal d’un juif ou d’un chrétien, ni lui servira de muletier, ni lui tiendra l’étrier. S’il s’avère qu’un musulman le fait, il convient de le dénoncer sans retard. »

 (id., p. 485)

Le livre des fatwas occidentales

Faute de documents, l’histoire sociale et économique de l’Islam médiéval est obscure. Il arrive néanmoins que cette pénombre soit percée de rais de lumière. C’est le cas pour l’Occident musulman grâce à une pléiade d’éminents juristes dont les nombreuses consultations fourmillent de précieuses realia introuvables ailleurs. Ainsi en est-il du Kitâb al-Mi’yâr al-mugrib wa-l-gami’ al-mu’rib ’an fatawa ahl Ifriqiya wa-l-Andalus wa-l-Magrib faisant l’objet de cette première analyse thématique. Cet énorme corpus de consultations juridiques rendues par les juristes de l’Occident musulman médiéval compilé par al-Wansarîsî (v. 1430-1508), contribue à faire connaître mieux le monde musulman. De cet ensemble de 12 volumes de l’édition lithographiée à Fès (fin XIXe siècle), dont une réédition récente a été effectuée, l'auteur a retenu 2144 fatwas offrant quelque intérêt historique. Elles ont été analysées aussi succinctement que possible et classées sous le nom des muftis qui les ont rendues. Elles sont donc presque toutes datables à un demi-siècle près pour ce qui est du lieu, une certaine circonspection est de rigueur, sauf indication explicite, car les jurisconsultes se sont souvent déplacés au cours de leur existence et les plus célèbres sont interrogés de près ou de loin.

L’ouvrage de Vincent Lagardère, Histoire et société en Occident musulman au Moyen Âge, présente ces 2144 fatwas – non commentées – issues du Kitâb al-Mi’yâr, corpus de consultations juridiques rendues par les juristes de l’Occident musulman médiéval compilé par le juriste maghrébin al-Wansarîsî. Constituées de deux parties (la question et la réponse), certaines de ces fatwas permettent d’appréhender les rapports entre les différentes communautés religieuses.