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samedi 20 décembre 2025

À Paris, l’inexorable chute du niveau dans les très bons lycées publics

Depuis la réforme d’Affelnet en 2021, l’origine sociale compte autant que les notes, si ce n’est plus, pour intégrer un établissement réputé. Et les résultats ont considérablement baissé. Affelnet (Affectation des élèves par le Net) est la plateforme informatique du ministère de l'Éducation nationale français qui gère l'affectation centralisée des collégiens de 3e dans les lycées publics (seconde générale, technologique, professionnelle ou CAP) en fonction de leurs vœux, résultats scolaires, critères sociaux et localisation géographique, grâce à un algorithme qui classe les élèves pour leur attribuer une place dans un établissement à la rentrée

L’indice de positionnement social utilisé pour organiser la mixité scolaire augmente les candidatures des élèves des collèges défavorisés et pèse sur les résultats des lycées élitaires. 

Lycée Charlemagne. En 2025, Charlemagne s’est ainsi tout juste maintenu dans le top 100 du classement du Figaro Étudiant.

Condorcet, Charlemagne, Lavoisier, Sophie-Germain, Fénelon… Dans l’esprit des familles parisiennes attachées à l’école publique, ces noms riment encore avec réussite scolaire. Des lycées prisés pour leur exigence et leurs bons résultats.

Pourtant, la situation a bien changé depuis 2021 et la réforme d’Affelnet, cette plateforme de répartition des élèves de 3e vers le lycée. Le recteur de l’académie de Paris et chef d’orchestre de la réforme, Christophe Kerrero, l’avait du reste annoncé : le problème, c’était les « lycées de niveau» (comprendre, les établissements élitistes et attractifs). Puisqu’ils engendraient une « anxiété généralisée », le rectorat entendait introduire davantage de mixité sociale et scolaire dans les établissements de la capitale.

Objectif atteint : entre 2019 et 2023, la « ségrégation sociale » a baissé de 49 %, et la « ségrégation scolaire » de 39 % dans les lycées publics parisiens, selon le bilan du comité de suivi de la réforme de mars 2024. Mais cette mixité scolaire, et l’accueil d’élèves au niveau plus hétéroclite, présentés de manière positive par le rectorat, ont conduit à une baisse du niveau des meilleurs lycées publics parisiens. Une crainte exprimée au moment de la réforme par une partie des parents d’élèves et des enseignants des lycées les plus prestigieux.

vendredi 26 septembre 2025

Québec — Le fossé se creuse entre les écoles publiques et privées

L’épreuve ministérielle d’écriture a été réussie à 66,7 % dans les écoles secondaires publiques du Québec contre 85,5 % dans les écoles dites privées en 2025.

Le taux de réussite des élèves de 5e secondaire à l’examen d’écriture du ministère a baisée de 0,2 % dans le réseau public, stagnant sous les 70 % encore une fois en 2025. Dans les écoles privées (en réalité soumise à de très nombreuses contraintes imposées par l'État), en revanche, il a grimpé à 85,5 %, si bien que l’écart entre les deux réseaux tutoie les 20 points de pourcentage.

Le contraste avec le réseau privé est flagrant. Dans ces établissements, pour le même examen, ce sont 85,5 % des élèves qui ont obtenu la note de passage. Résultat : le fossé se creuse encore davantage entre les réseaux dans cette matière, la différence se chiffrant à 18,8 points de pourcentage comparativement à 16,9 en 2024.

Le décalage entre les aptitudes d’écriture des élèves des deux réseaux n’a jamais été aussi prononcé. À titre comparatif, en 2019, il se chiffrait à 12 points de pourcentage. Mais depuis 2022, la tendance à la hausse est ininterrompue.


Le ministère de l’Éducation n’a pas fourni de précisions sur les conditions d’administration de ces épreuves – notamment sur le fait que les élèves qui fréquentent des établissements privés sont plus nombreux que ceux du réseau public à rédiger leurs textes sur des ordinateurs – en réponse à nos questions, jeudi.

Le taux de réussite à l’examen d’écriture du 5e secondaire avait enregistré une importante dégringolade dans le réseau public en 2024, à l’issue d’une année marquée par une grève, qui avait privé des élèves d’un mois d’école – même si les contenus avaient été allégés pour tenir compte des conséquences de l’arrêt de travail.

Dans les deux types d’établissements, les filles continuent de faire meilleure figure que les garçons, comme c’est invariablement le cas depuis 2015. Au public, leur taux de réussite est de 72,2 % (les garçons, 60,6 %), tandis qu’au privé, 89,5 % des filles décrochent la note de passage (81,3 % du côté des garçons). Les garçons réussissent mieux que les filles en Applications technologiques et scientifiques. 

Des chiffres moins bons en mathématiques

On note aussi une légère diminution du taux de réussite des élèves de 4e secondaire qui fréquentent les écoles publiques québécoises à l’examen de mathématiques. En 2025, le taux de réussite dans cette matière s’établit à 75 %, une diminution de 1,7 point de pourcentage par rapport à l’année précédente.

Dans le réseau privé, 91,3 % des élèves de secondaire quatre ont réussi cette même épreuve ministérielle, une légère hausse de 0,7 point de pourcentage. 

Science et histoire : hausses remarquables

Là où la tendance s’est inversée à la hausse, tant au public qu’au privé, c’est du côté des examens de science et technologie et d’histoire du Québec et du Canada. Le taux de réussite des élèves de quatrième secondaire a enregistré de nettes progressions dans ces deux matières.

Et pas qu’un peu.

L’épreuve ministérielle de science et technologie a été réussie à 83,2 % dans les écoles publiques, et à 96,6 % dans les établissements privés. Les bonds par rapport aux taux enregistrés en 2024 sont, respectivement, de 13 et de 5,8 points de pourcentage.

L’examen d’histoire administré aux élèves du même niveau a lui aussi été mieux réussi en 2025 qu’en 2024. Au public, 80,3 % ont obtenu la note de passage (comparativement à 74,9 % l’année d’avant), alors qu’au privé, l’épreuve a été réussie à 95,4 % (par rapport à 92 % l’année précédente).

« L’épreuve en science a été élaborée selon les mêmes processus de validation [qu’à l’habitude], a noté dans Esther Chouinard, au ministère de l’Éducation. Les fluctuations observées sur plusieurs années à cette épreuve montrent que les taux de réussite peuvent varier entre 65,4 % et 83,9 % (de 2015 à 2024). »

Il en va de même pour l’examen d’histoire, a-t-elle spécifié : « Au cours des trois dernières années, les fluctuations observées à cette épreuve montrent que les taux de réussite ont varié de quelques points de pourcentage : 80,4 (2023), 78,6 % (2024) et 83,5 % (2025) ».

Dans les deux matières, les taux de réussite avaient reculé de façon marquée en 2024.

Le ministère de l’Éducation a publié les données sur le tableau de bord sans en faire officiellement l’annonce, mercredi en milieu d’après-midi. Certaines statistiques étaient erronées, aussi le ministère de l’Éducation a-t-il corrigé le tir et effectué la mise à jour qui se trouvait sur le site tôt jeudi matin.« On doit poursuivre le travail » en français, dit la ministre LeBel

Invitée à réagir aux résultats des épreuves ministérielles de l’an dernier, la nouvelle ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, a affirmé y voir « des outils précieux pour évaluer la situation actuelle », lesquels auront « très certainement un impact » sur ce qu’elle jugera « prioritaire dans [son] présent mandat ».

Au sujet des résultats en français, elle a eu ces mots : « Des actions concrètes ont déjà été entreprises pour augmenter le taux de réussite : le programme de français a été révisé et il est actuellement à l’essai dans plusieurs écoles. On y met l’accent sur la lecture et l’écriture de façon quotidienne. »

Et « on doit poursuivre le travail en ce sens », a conclu la ministre LeBel, en poste depuis le 10 septembre.

Le nouveau programme d’enseignement du français au primaire et au secondaire est actuellement à l’essai dans une cinquantaine d’écoles. Il sera implanté dans l’ensemble des établissements de la province dès l’an prochain. Cette mise en œuvre à large échelle a été critiquée par des syndicats de l’enseignement.


mercredi 10 septembre 2025

France — « L’État profond a fait main basse sur l’Éducation nationale »

Dans son nouveau livre *, l’enseignant et essayiste Joachim Le Floch-Imad dévoile les causes profondes de la faillite de l’école selon lui et déplore la démission des dirigeants politiques successifs face à l’État dans l’État que constitue désormais l’Éducation nationale. Joachim Le Floch-Imad est diplômé de Sciences Po et de la Sorbonne, Joachim Le Floch-Imad est enseignant et essayiste. Il est l’auteur, au Cerf, de Tolstoï, une vie philosophique (Prix Brantôme de la biographie historique 2024).

— La régression éducative nous précipitera dans la tiers-mondisation », écrivez-vous. N’est-ce pas alarmiste ? En quoi la crise de l’école est-elle un défi existentiel ? Notre économie vaudra demain ce que vaut notre école aujourd’hui, tant en matière de gains de productivité que d’innovation et de croissance. Selon les économistes E. Hanushek et L. Wößmann, 25 points Pisa en plus représentent 30 % de PIB supplémentaires à l’horizon 2100. Cela devrait nous inquiéter, alors que la moitié des collégiens ne maîtrise pas les compétences élémentaires en français et que le niveau en mathématiques des écoliers se situe, selon Timss, entre le Kazakhstan et le Monténégro.

— Le délitement éducatif ne fait pas qu’appauvrir la France : il la défait. De la capacité de l’école à transmettre les savoirs dépend en effet le maintien de la paix civile, la barbarie des actes s’inscrivant dans le vide de la pensée. Se joue également la survie d’un modèle de citoyenneté, d’une culture et d’une langue. Peut-on « faire nation » lorsque la moitié des 16-24 ans ignore en quelle année a débuté la Révolution française ? La France qui veut rester la France doit comprendre qu’aucune cause n’importe plus que celle de l’école.

— Vous attribuez la responsabilité de cette crise aux élites coupables d’« un suicide assisté ». Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?

— Nous ne sommes pas gouvernés par une élite, mais par une caste qui s’en donne le nom sans en assumer les devoirs. En discours, celle-ci rivalise de slogans pour expliquer que l’école est « la mère des batailles ». En actes, le courage, le sens de l’intérêt général et le souci du long terme font défaut, si bien que les ministres abdiquent très tôt et sont relégués à un rôle de gestionnaire ou de communicant. Sans cap, l’école navigue quant à elle à vue, au gré d’effets d’annonce et de propositions de façade sur des sujets aussi périphériques que les rythmes scolaires, l’éducation à la sexualité ou l’écocitoyenneté. Le retrait du politique crée une brèche dans laquelle s’engouffre l’administration de la Rue de Grenelle, avec ses « experts », lobbys et syndicats qui édulcorent les réformes, voire refusent de les mettre en œuvre.

— Quel est cet État dans l’État qui aurait fait « main basse sur l’Éducation nationale » ?

— L’État dans l’État, immuable et indépendant des gouvernements, constitue moins un bloc qu’une coalition. Il y a d’abord les tenants des pédagogies constructivistes qui voient l’école comme une contre-société libertaire. Leur credo est celui de l’Éducation nouvelle et de son pionnier Roger Cousinet : « Il faut que le maître cesse d’enseigner pour que les élèves commencent à apprendre. » Cette idéologie infuse à tous les échelons, de l’administration centrale aux rectorats en passant par l’Inspection générale.

Je pense en outre à l’omniprésence des syndicats, malgré une faible représentativité, et à leurs responsables, qui sortent de leurs prérogatives et défient l’autorité du ministre. Les illustrations ne manquent pas, de la prise en otage des copies du bac sous Blanquer au refus d’appliquer le « choc des savoirs » et l’interdiction de l’abaya, en passant par le mouvement des « désobéisseurs » sous Darcos et les consignes de vote proextrême gauche aux élections législatives. S’y ajoutent ces associations agréées qui importent leur militantisme dans les classes et les instances où l’on décide des programmes. SOS Méditerranée, La Ligue des droits de l’homme, l’Observatoire des inégalités, CoExist : la liste est longue.

Il y a enfin le pouvoir des juges constitutionnels et administratifs, ainsi que de Bercy qui traite l’école comme une variable d’ajustement, au prix d’efforts budgétaires mal ciblés. On réduit les dépenses nécessaires et on arrose le désert quand des économies s’imposent, à l’université, par exemple, où l’échec massif en premier cycle coûte 543 millions par an.

— Vous parlez d’« État profond ». Ne craignez-vous pas le procès en « populisme » et en « complotisme » ?

— La priorité est moins de traquer le « populisme » que de défendre les plus modestes qui n’ont que l’école pour s’élever. Notre classe dirigeante s’en désintéresse, car elle se sait à l’abri du naufrage, sa reproduction sociale étant assurée grâce au hors contrat [privé non subventionné], au contournement de la carte scolaire [inscrire l'enfant ailleurs que dans les écoles publiques proches de sa résidence] et à la scolarisation à l’étranger. Le problème n’est pas que l’on cherche le meilleur pour ses enfants, mais que l’on organise l’enseignement de l’ignorance pour ceux des autres. La notion d’État profond renvoie à l’impuissance politique, un mal souvent pointé en matière économique, judiciaire et migratoire, et qui frappe tout autant l’éducation. La cohorte de ministres corsetés en témoigne. Même Anne Genetet a dit s’être heurtée, Rue de Grenelle, à une administration avançant seule et prenant des décisions politiques.

— Vous expliquez que ce coup d’État a été rendu possible par la démission des hommes politiques…

—  Notre impuissance éducative est consentie, et même fabriquée — à force de renoncements, d’amateurisme et d’aveuglement. Le politique, ayant consenti à son effacement, n’est plus qu’un contre-pouvoir, un figurant parmi d’autres. Briser cet engrenage pour rétablir la souveraineté populaire sera l’enjeu majeur de l’élection présidentielle à venir.

— De Gaulle concluait déjà « qu’aucune institution ne peut être vraiment réformée si ses membres n’y consentent pas, à moins de faire table rase par la dictature ou par la révolution ». Ne serait-il pas plus simple de « raser la Rue de Grenelle », selon le mot de Jacques Julliard ?

— Il faut surtout rendre à chacun ses attributions naturelles : le politique fixe le cap et l’administration l’exécute. L’Éducation nationale n’est pas ingouvernable, mais mal gouvernée, du fait notamment de sa bureaucratie pléthorique. 20 % de la dépense totale des établissements est allouée à des personnels non enseignants, un record qui justifie des coupes dans le millefeuille administratif, les emplois de bureau semi-fictifs et les comités Théodule (Conseil scientifique de l’Éducation nationale, Conseil d’évaluation de l’école, etc.). Il est de même urgent de supprimer les INSPÉ (ex-IUFM) où l’on apprend aux professeurs à ne rien apprendre, avec des formations toujours plus idéologiques : « Guérir de “l’hégémonie hétérosexuelle” », « La nature a-t-elle un genre ? », « Queeriser le curriculum ». Cette thérapie de choc ne signifie pas la privatisation. La France a trop souffert des guerres scolaires pour en raviver le spectre. Si le Titanic se dirige vers l’iceberg, mieux vaut en changer le cap plutôt que d’inviter chacun à affréter son canot de sauvetage.

— Les racines de la crise de l’école sont lointaines. Emmanuel Macron n’a-t-il pas néanmoins aggravé cette crise ?

— Emmanuel Macron n’est pas l’initiateur du désastre éducatif, mais son accompagnateur. Dans la mesure où il avait décrit l’école comme son « domaine réservé », il porte l’entière responsabilité de la noirceur à laquelle elle est en proie. La valse des contre-ordres et des ministres — sept en trois ans — constitue le symptôme le plus éloquent de son manque de volonté politique. « Le pays vit pour l’administration, et non l’administration pour le pays », déplorait Emmanuel Macron en 2016 dans Révolution. Force est de constater pourtant que l’administration de l’Éducation nationale n’a jamais été aussi puissante ni autonome qu’à la fin de son second quinquennat. La révolution attendra. Le redressement de l’école aussi !

— Si vous étiez ministre de l’Éducation nationale, quelle mesure prendriez-vous d’emblée ?

— Notre école a besoin d’idéaux régulateurs clairs et de politiques publiques ambitieuses : recentrage sur les fondamentaux et la culture générale au détriment des sciences de l’éducation et de l’approche par compétences ; réécriture des programmes ; reconstruction de la valeur certificative des examens ; orientation plus précoce et revalorisation de la voie technique ; passage au collège modulaire ; remise à plat de la politique d’éducation prioritaire ; revalorisation des professeurs ; resanctuarisation et impunité zéro pour les élèves violents et les parents démissionnaires. Ce virage à 180 degrés implique de nettoyer les écuries d’Augias et de libérer le politique de l’emprise de la technostructure. Des rotations ciblées seront nécessaires aux postes clés, tant chez les directeurs d’administration qu’au sein de l’Inspection générale et des recteurs, dont certains profils donnent à frémir. Au besoin de cohérence dans les nominations s’ajoute celui de sanctionner ceux qui violent le devoir de « loyauté » et de « neutralité » auquel les textes officiels astreignent les agents publics. Ce changement de méthode fera grand bruit. Vu l’abîme dans lequel se trouve l’école, il est néanmoins illusoire d’imaginer la sauver sans vagues.

— Croyez-vous le sursaut possible ?

— Oui. L’histoire de France prouve notre capacité à surmonter l’esprit de défaite et à rebâtir sur les ruines. Du Portugal à l’Estonie, en passant par la Pologne ou le Maroc, bien des pays ont su redresser leur école via des décisions de bon sens. À nous de nous en inspirer pour trouver le remède à nos malheurs et la force de résister à nos déconstructeurs. Les trésors de dévouement dont sont capables nos enseignants me donnent envie d’y croire. Aussi longue que soit la nuit, l’aurore demeure inéluctable.


Source : Figaro Magazine



Main basse sur l’Éducation nationale : Enquête sur un suicide assisté

de Joachim Le Floch-Imad
paru le 21 août 2025,
aux éditions du Cerf,
à Paris,
274 pages
ISBN-10 : 2 204 157 759
ISBN-13 : 978-2204157759


lundi 1 septembre 2025

École publique : pourquoi rien ne bouge en France

Billet d'humeur d'Éric Brunet sur LCI:


mercredi 7 mai 2025

France — Les incidents graves sont plus élevés dans l’enseignement public que dans le privé subventionné

Selon une enquête gouvernementale de la DEPP, les signalements d’incidents graves sont plus élevés dans le secteur public que dans le secteur privé sous contrat.

Ces incidents graves sont très majoritairement des atteintes aux personnes, notamment verbales et, dans une moindre mesure, des atteintes aux biens ou à la sécurité. Les élèves sont les principaux auteurs d’incidents graves, notamment dans le second degré. Les victimes sont plus souvent des personnels dans le premier degré et des élèves dans le second degré.

Au cours de l’année scolaire 2023-2024, 16 incidents graves pour 1 000 élèves ont été signalés dans les collèges et lycées et 5 incidents graves pour 1 000 élèves dans les écoles.




mercredi 22 janvier 2025

Télévision publique belge (RTBF) ne diffuse pas en direct le discours de Trump pour le décrypter et filtrer les idées désapprouvées par la RTBF

La RTBF a diffusé en léger différé le discours de Trump pour mettre en place un "cordon sanitaire médiatique", afin d'analyser ses propos qualifiés de misogynes, de racistes et de ne pas banaliser de tels propos.

Une pratique mise en œuvre depuis plusieurs années en Belgique francophone... (afin de museler le discours politique). La RTBF n'invite d'ailleurs jamais le parti de droite nationaliste flamand le Vlaams Belang.

Il ne s'agirait pas de la censure selon la directrice éditoriale adjointe de l'information à la RTBF.

Elle précise enfin, le plus sérieusement du monde, que la RTBF ne serait ni pro ni anti-Trump...

Cette décision fait polémique. Elle a fait réagir de nombreuses personnes, dont Georges-Louis Bouchez, le président du MR (centre-droit francophone), qui dénonce une dérive de la part du service public.

Réaction de Pascal Praud:

samedi 26 octobre 2024

L'entrisme islamiste dans les écoles publiques détourné en remise en question des écoles privées catholiques au Québec

Texte de Mathieu Bock-Côté paru ce samedi dans le Journal de Québec. Entre crochets, les commentaires de ce carnet.

Le scandale de l’entrisme islamiste dans les écoles [PUBLIQUES] québécoises, inséparable de l’immigration massive, a été détourné en quelques jours par les gardiens de l’idéologie dominante.

Selon eux, il pose surtout la question du financement des écoles [semi-privées] religieuses, et apparemment, des écoles catholiques.

[Les écoles publiques primaires Bedford (Côte-des-Neiges), Saint-Pascal-Baylon (Côte-des-Neiges) et Bienville (Saint-Michel) ainsi que l’école publique secondaire La Voie (Côte-des-Neiges) font l’objet d’une enquête du Monopole de l’Éducation du Québec dans le cadre du scandale lié à l’entrisme islamiste. Selon le nouveau reportage du 98,5, qui était déjà à l’origine des révélations sur le climat toxique à l’école Bedford, des parents ont retiré leur fils de l’école publique Alphonse-Pesant (Saint-Léonard) en raison de ce qu’ils jugent comme étant de l’endoctrinement islamiste de la part de son enseignante de 6e année du primaire.

]

Quel retournement digne des plus grands acrobates ! On commence par lutter contre l’islamisme, et on finit par faire le procès d’un marqueur culturel inscrit profondément dans l’identité québécoise.

Écoles

C’est ce qui arrive quand on met toutes les religions dans le même sac, comme si elles étaient interchangeables, comme si chacune d’elle n’était qu’une manifestation d’une grande entité mystérieuse, « la religion », à bannir de nos vies.

Alors, rappelons-le : le catholicisme, au Québec, n’est pas une religion comme une autre. C’est une matrice culturelle.

Avec la Révolution tranquille, nous l’avons heureusement refoulé à l’arrière-plan de la vie collective, mais il n’a jamais été convenu que nous changerions cet arrière-plan pour un autre.

Notre calendrier, nos fêtes, nos paysages portent la marque du catholicisme. Croyants et incroyants l’ont en partage. C’est un héritage culturel.

Qui voudrait l’arracher voudrait arracher une part vitale de l’identité québécoise.

C’est, hélas, ce que souhaite la gauche multiculturaliste, qui a aussi souvent une franche aversion pour l’école privée, pourtant essentielle, surtout quand l’école publique se disloque.

Redisons-le simplement : l’école catholique ne pose aucun problème.

Convenons aussi que la question de la compatibilité de l’islam avec l’Occident se pose partout. Elle ne se pose pas à cause du racisme supposé de nos sociétés, mais simplement parce que deux civilisations cohabitent difficilement sur le même territoire sans qu’une ne prenne le dessus sur l’autre.

On stoppera d’abord l’islamisme à la frontière, en choisissant mieux notre immigration.

Et on le combattra chez nous, puisqu’il s’est implanté, en allant jusqu’au bout de la loi 21, plus nécessaire que jamais, pour contenir la poussée des communautarismes religieux conquérants.



[Le cas de l’école Sainte-Famille, visée par Pascal Bérubé du PQ

École privée catholique conservatrice Sainte-Famille à Lévis, école dans la ligne de Pascal Bérubé, député du Parti québécois

Dans son point de presse du 24 octobre 2024 :

« M. Bérubé : Une école de Lévis qui s’appelle Sainte-Famille, pour ne pas la nommer. Et j’aimerais beaucoup avoir le résultat de la vérification, parce que cette église-là, qui est catholique, de ce que j’ai entendu avec des experts depuis hier, ça va au-delà de tout ce que je pouvais imaginer.

Journaliste :… on coupe le financement à ces écoles-là…

M. Bérubé : En étapes. »

Il semble que M. Bérubé, fort investi dans sa lutte contre le catholicisme conservateur, veuille aller plus loin que la fin du financement des écoles privées, puisque l’école Sainte-Famille ne reçoit aucun financement du Trésor public québécois… Il s’agit donc plutôt de vouloir la fermer.

L’élu péquiste de l’Est de la province se base notamment sur les recherches de Martin Geoffroy, fondateur du Centre d’expertise et de formation sur les intégrismes religieux et la radicalisation (CEFIR) dont la thèse de doctorat avait porté sur l’intégrisme catholique au Québec. Ce qui expliquerait peut-être ce tropisme progressiste désuet contre les catholiques traditionalistes (somme tout très marginaux) et la discrétion envers les islamistes (en nette progression) ?

Lorsque Martin Geoffroy a étudié le cas de l’établissement de Lévis, il a remarqué « qu’on ne suit peu ou pas le cursus scolaire québécois, on prône des valeurs catholiques intégristes ». C’est-à-dire ? Pas assez LGBTQ2SAI+ ? Selon lui, cette école, comme les autres du même genre, ne devrait pas détenir de brevet d’enseignement.

Notons au passage que M. Bérubé prétend que l’école de Lévis est dirigée par une « congrégation religieuse excommuniée par l’Église catholique ». La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) n’est pas actuellement en état d’excommunication, mais elle n’est pas en pleine communion avec l’Église catholique non plus en raison de désaccords concernant les enseignements du Concile Vatican II.]

vendredi 25 octobre 2024

Retombées de la dérive islamiste à l'école publique Bedford — Le gouvernement continuera à financer la cinquantaine d’établissements semi-privés

Le gouvernement caquiste entend continuer à financer la cinquantaine d’établissements semi-privés très majoritairement chrétiens et juifs qui reçoivent chaque année environ 160 millions $ de l’État. La CAQ a d’ailleurs battu, jeudi à l’Assemblée nationale, une motion du Parti Québécois qui réclamait entre autres la fin de leur financement partiel par l’État, dans la foulée des dérives islamistes à l’école PUBLIQUE Bedford.

Le Premier ministre n’a rien contre les écoles privées catholiques créées jadis « par des membres du clergé ». « Selon nous, il n’y en a pas de problème avec ces écoles-là ! », a-t-il tonné.

François Legault accuse les partis d’opposition de vouloir ainsi couper les vivres à des établissements comme les collèges Brébeuf ou Notre-Dame à Montréal, ou les collèges Jésus-Marie ou François-de-Laval à Québec. Il estime cependant que le régime pédagogique doit être respecté.

« Les écoles privées religieuses sont financées à 60 % par le gouvernement, ça veut dire que le 40 % qui vient du privé, on le perdrait demain matin, donc il n’y en aurait pas d’économies ! », a insisté le Premier ministre.


Combien y a-t-il d’écoles religieuses ?

Le ministère de l’Éducation n’en a aucune idée, car les établissements ne sont pas classés selon leur statut confessionnel.

Il y a plus de 10 ans, un comité ministériel recensait 138 écoles religieuses (catholique, grecque orthodoxe, arménienne apostolique, évangélique, juive, musulmane, etc.). Il y a deux ans, une revue de Radio-Canada en dénombrait une cinquantaine : v
ingt-sept d’entre elles sont catholiques, 14 juives, quatre musulmanes, deux protestantes évangéliques, deux arméniennes et une grecque orthodoxe.

Dans ces écoles, la religion est enseignée au même titre que le programme d’enseignement officiel du Québec. La loi québécoise 21 sur la laïcité de l’État, qui interdit aux personnes en position d’autorité — y compris les enseignants — de porter des symboles religieux tels qu’un crucifix ou un hijab sur leur lieu de travail, ne s’applique pas à ces écoles.

Si certaines de ces écoles — comme le Collège Brébeuf à Montréal, fondé par l’ordre religieux des Jésuites — ont décidé de devenir laïques au fil des ans, d’autres, comme la Loyola High School à Montréal, ne l’ont pas fait et ont défendu leur droit d’offrir des cours religieux devant les tribunaux et ont obtenu gain de cause.

Il est faux de dire que ces écoles sont privées dans les faits le Monopole de l’Éducation du Québec y impose un grand nombre de contraintes : en commençant par un programme éducatif strict et parfois même une pédagogie (voir la victoire de Loyola en justice contre la « neutralité » que devait exercer l’école en parlant de la religion ou de morale).

Front laïciste commun de l’opposition

Péquistes, libéraux et solidaires font désormais front commun pour définancer les écoles confessionnelles au nom de la laïcité des établissements scolaires. C’est un changement de cap et une toute nouvelle position pour le Parti libéral du Québec, poussé dans cette direction par la députée Marwah Rizqy (d’origine marocaine).

On est en 2024… (et ?)

« Le PLQ a 157 ans et a toujours été un parti de son temps. Et on considère qu’on est rendus là en 2024 », a soutenu le chef intérimaire Marc Tanguay. Il reconnaît néanmoins que cette nouvelle position a engendré des discussions au sein du caucus.

Les partis d’opposition accusent François Legault de créer la confusion en faisant référence à des écoles comme le Collège Brébeuf, qui sont laïques depuis bon nombre d’années déjà.

Brandissant le rapport de la Commission consultative de l’enseignement [dit] privé, Gabriel Nadeau-Dubois a soutenu que le fameux cours Culture et citoyenneté québécoise (CCQ), si cher au gouvernement de la CAQ et qui a remplacé le cours d’Éthique et culture religieuse (ECR), n’était pas donné dans certaines de ces écoles, comme à l’école secondaire catholique Loyola. Cet établissement s’est rendu jusqu’en Cour suprême pour être exempté de l’obligation d’offrir le cours d’ECR. Ce programme est pourtant critiqué dans sa composante sexualité en dehors des cercles religieux…  Voir Critique de la définition du sexe dans un manuel approuvé par le ministère de l'Éducation du Québec

En début d’année, Québec a renouvelé le permis de l’école juive Belz d’Outremont, même si elle n’applique pas entièrement le programme éducatif québécois. L’établissement a donc encore droit à ses subventions publiques.

Le ministre responsable du Monopole de l’Éducation, Bernard Drainville, a promis de « vérifier » si toutes les écoles du Québec respectaient le régime pédagogique, comme elles se doivent de le faire. « Nous allons faire des vérifications pour s’assurer qu’ils enseignent [sic, recte : donnent] le cours CCQ et s’ils ne l’enseignent pas, ils devront l’enseigner », a-t-il ajouté.

Citations :

« Tant qu’on continue à subventionner les écoles privées religieuses, la déconfessionnalisation de l’école québécoise est inachevée. Le ministre de l’Éducation, qui a écrit la loi n° 118 il y a 25 ans, est ici avec nous aujourd’hui. Il est maintenant Premier ministre du Québec » — Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. Doit-on comprendre qu’elles seront privées de subventions parce que tradition religieuse, mais que les écoles « athées » dites privées pourraient avoir des subventions ?

« Dans un Québec qui a fait beaucoup de débats sur la laïcité, qui a adopté une loi sur la laïcité, maintenant ça prend des gestes de cohérence pour compléter » —Le député péquiste Pascal Bérubé

« Toutes les écoles du Québec, qu’elles soient publiques, privées subventionnées ou privées non subventionnées, doivent enseigner le contenu du régime pédagogique et ça inclut le cours de Culture et citoyenneté québécoise » —Le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville. Pourquoi ? Pourquoi pas un programme libéralement équivalent (ou meilleur) selon le choix des parents ?

Voir aussi
 
 
 
La HSLDA fait appel dans un dossier portant sur la notion de programme équivalent [Nouvel épisode dans la série, appareil éducatif du Québec juge et partie] 

vendredi 18 octobre 2024

« Recherché, mort ou vif » : pour une histoire de casquette, un enseignant menacé de mort et un lycée public bloqué à coups de mortiers d’artifice


Le professeur de mathématiques d’un lycée de Corbeil-Essonnes (France) indique avoir reçu des coups de poing par un élève à qui il demandait de retirer sa casquette. Le proviseur n’a pas soutenu l’enseignant.

Un élève du lycée public Robert-Doisneau (Corbeil-Essonnes, 91) a été placé en garde à vue vendredi 11 octobre, a indiqué le parquet d’Évry, confirmant une information du Parisien : le jeune homme a été accusé la veille par un enseignant du lycée de l’avoir frappé, insulté et menacé, après que le professeur de mathématiques lui a confisqué sa casquette. L’élève portait son couvre-chef dans un couloir de l’établissement, ce qui est proscrit par le règlement intérieur. Il nie cependant les faits et son père a porté plainte en retour contre l’enseignant pour violence envers l’élève. Deux enquêtes ont été ouvertes, et l’élève a été libéré dans la soirée. Le commissariat d’Évry poursuit ses investigations et a procédé à l’audition de plusieurs témoins.

Le professeur de mathématiques a indiqué aux enquêteurs avoir demandé à l’élève de retirer sa casquette, puis lui aurait confisqué à la suite du refus de l’élève. Ce dernier est revenu en compagnie d’un camarade pour intimer à l’enseignant l’ordre de restituer la casquette. L’élève a alors dit à l’enseignant : « je vais te buter, sale fils de pute » — des propos que l’élève reconnaît avoir proférés — avant de lui porter un coup de poing — ce qu’il nie en revanche. L’élève indique quant à lui que les violences physiques auraient été du seul fait de l’enseignant, qui l’aurait agrippé et plaqué contre un mur.

Mâchoire tuméfiée, hématomes à la jambe

Le professeur de mathématiques, qui a déposé plainte après l’altercation, a reçu un examen médico-légal attestant qu’il présentait une tuméfaction à la mâchoire et des hématomes aux jambes, et s’est vu prescrire 2 jours d’ITT [« Incapacité Temporaire de Travail »]. Une autre enseignante du lycée indique être sortie de classe en entendant du bruit, et avoir vu une dizaine d’élèves entourant l’enseignant en lui décochant des coups de pied et des croche-en-jambe. Un autre membre de la communauté éducative a témoigné avoir vu le professeur poursuivi par les deux élèves au sujet de la casquette, puis contraint de sortir de la salle pour s’expliquer avec eux : à travers la porte ouverte de la salle où il se trouvait, il n’a pas assisté à toute l’altercation, mais a vu l’élève empoigner l’enseignant et conteste formellement que le professeur aurait plaqué l’élève contre un mur.

Plusieurs élèves ont témoigné en revanche en faveur du lycéen, affirmant que c’est l’enseignant qui s’est montré violent à son endroit. La communauté enseignante semble divisée, depuis une semaine, au sujet de la responsabilité de chacun dans l’agression : plusieurs professeurs se sont en effet désolidarisés de leur collègue, en soutenant que celui-ci « a un historique » au sein du lycée. Il aurait ainsi déjà demandé à une lycéenne, il y a quelques semaines, de retirer également le bandeau qu’elle portait dans les cheveux. « C’est en effet une ruse qu’ont trouvée plusieurs lycéennes pour contourner l’interdiction du port du voile dans l’établissement », défend un autre enseignant du lycée, qui estime que la décision du professeur visait donc à faire appliquer correctement les consignes de laïcité.

Depuis l’incident, une vidéo circule également au sein de l’établissement, que Le Figaro a pu consulter : on y voit l’enseignant tenant à distance un lycéen par le col, sans qu’il soit possible de discerner s’il se défend ou s’il l’a agrippé de sa propre initiative, et exigeant de lui qu’il lui présente son carnet de correspondance. La vidéo est antérieure à l’altercation du 10 octobre, selon plusieurs sources.

Mais les faits n’en sont pas restés là. Prenant fait et cause pour leur camarade, les lycéens issus de la filière technologique du lycée ont décidé cette semaine d’installer un blocus aux abords de l’établissement et d’empêcher la tenue des cours, pour exiger le départ du professeur et obtenir l’assurance que le jeune homme, lui, ne sera pas inquiété. Le lycéen est pour l’heure convoqué par le proviseur à un conseil de discipline qui doit se tenir le mercredi 6 novembre, au retour des vacances de la Toussaint. Mais plutôt que de soutenir le professeur de mathématiques, le proviseur du lycée, Dominique Nguyen Duc Long, a décidé de ne convoquer le conseil de discipline que pour le motif des violences verbales reconnues par le jeune homme, écartant donc le coup de poing que l’enseignant assure avoir reçu. Visé par une mesure conservatoire, le lycéen a pour l’heure interdiction de se rendre au lycée.

« Demain, ça va dégénérer, il y aura des mortiers ! »

Au cours de la semaine, le blocus devant le lycée s’est prolongé, les élèves fauteurs de troubles ayant même été rejoints par d’autres jeunes du quartier des Tarterêts — un quartier sensible, emblématique des tensions urbaines qui agitent les banlieues d’Île-de-France. Selon Alexandre Maquestiau, parent d’élèves et élu (divers gauche) au conseil départemental, le lycée est habitué aux blocus, mais celui-ci semblait « moins structuré que d’habitude ». L’élu cantonal a entendu mercredi certains lycéens prévoir une intensification de leur action : « demain, ça va dégénérer, il y aura des mortiers ! » Et en effet ce jeudi 17 octobre, plusieurs individus cagoulés ont tiré sur le lycée avec des mortiers d’artifice, manquant de blesser au passage les élus et parents d’élèves venus s’interposer en jouant les médiateurs. La police a dû intervenir et des interpellations ont eu lieu.

Au cours de ces événements, des affiches ont été placardées aux abords de l’établissement, montrant le visage de l’enseignant et son nom, avec la mention « wanted: dead or alive » [en anglais, autre signe de la faible attraction de la culture française, de la fascination pour l’Amérique]. Une vidéo consultée par Le Figaro a circulé sur Snapchat : on y voit de jeunes hommes s’amuser de cette campagne d’affichage sauvage qui constitue une menace de mort pour le professeur. Ce dernier n’a pas souhaité répondre aux questions du Figaro, car « on [lui] a demandé de ne pas répondre à la presse », mais se dit tout de même « moralement pas bien, pas bien du tout » à la suite de ces menaces. Il a sollicité auprès du rectorat de l’Académie de Versailles une protection fonctionnelle, qui est pour l’heure à l’étude « en urgence », selon le rectorat. Ces menaces de mort ont fait l’objet d’un signalement au procureur par le rectorat et une enquête a également été ouverte « afin d’identifier le ou l(es) auteur(s) », précise le parquet d’Évry.

Pendant ce temps, le proviseur Dominique Nguyen Duc Long qui n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations, a reçu le Conseil de la vie lycéenne pour donner des gages d’apaisement aux représentants des lycéens. Les lycéens ont exigé une sanction disciplinaire contre l’enseignant, et exigé des démentis de la part du proviseur au sujet des premières informations parues dans la presse. Surtout, ils ont réclamé de revoir le règlement intérieur sur le port des casquettes à l’intérieur des bâtiments du lycée, ce que le proviseur a accepté, tout en refusant donc de soutenir son enseignant.

Ce vendredi 18 octobre, le blocus s’est néanmoins poursuivi devant le lycée : « les élèves ne comprendraient pas que le professeur de mathématiques puisse revenir enseigner dans l’établissement », relate Reynal Jourdin, maire adjoint de Corbeil-Essonnes responsable des sports et professeur d’EPS au sein du lycée Robert-Doisneau. À rebours des témoins parmi les enseignants qui ont confirmé la version du professeur, lui fait partie de ceux qui prennent leur distance, relayant des accusations d’élèves qui lui reprochent d’avoir souvent « poussé hors de leurs gonds » les adolescents en veillant à une application trop stricte du règlement intérieur. Une nouvelle assemblée générale s’est tenu vendredi matin dans le réfectoire de l’établissement, pendant que certains cours reprenaient dans le lycée : au cours des échanges, d’après des documents consultés par Le Figaro, les meneurs ont notamment déclaré : « on en est arrivés à la conclusion que les torts étaient partagés ». C’est parce que cette conclusion n’a pour l’heure pas été partagée plus largement que les lycéens ont finalement décrété un nouveau blocus, faisant de nouveau usage de fumigènes et de mortiers d’artifice aux abords du lycée. « Ils veulent des réponses sur la situation qu’ils ont vécue », relativise Reynal Jourdin, qui ajoute : « ils craignent surtout qu’une injustice soit commise contre l’élève, sur la base de rumeurs ».

Contexte hautement inflammable

Ces incidents surviennent également dans un contexte déjà très tendu. Depuis septembre, une vive contestation a lieu au sein du lycée à cause d’emplois du temps présentant des « anomalies », selon les élèves et les parents : des cours avaient en effet été positionnés dès 7 h 30 du matin ou jusqu’à 19 h certains soirs pour plusieurs classes du lycée, avec parfois d’importantes plages laissées vacantes à l’intérieur des journées scolaires. Par ailleurs, un effectif important d’élèves de filière professionnelle a été ajouté en cours d’année, après la rentrée des classes, rendant plus compliquée la tenue des cours dans l’établissement. Autant de motifs de mécontentement qui ont conduit à la constitution de collectifs, avec le soutien des parents et des élus.

Du reste, le proviseur de l’établissement, un fonctionnaire excentrique connu sur les réseaux sociaux pour ses publications décalées, en tenue de karatéka, est également dans le viseur de l’inspection de l’Éducation nationale : l’IGESR avait été saisie à la suite d’accusations portées l’an dernier par le gestionnaire de l’établissement. Lors du conseil d’administration du lycée, celui-ci avait relevé près de 250 000 € de dépenses jugées détournées à des fins personnelles : usage de la carte bleue du lycée pour de fastes repas au restaurant, travaux somptueux dans les logements de fonction du proviseur et de ses adjoints… L’inspection de l’Éducation nationale enquête sur ces soupçons de détournement d’argent ainsi que sur des accusations relatives au management au sein de l’établissement. Alors que le proviseur est accusé par des enseignants d’avoir lâché leur collègue, il n’a pas non plus jugé utile de faire appel aux brigades régionales de sécurité mises en place par la région Île-de-France pour intervenir lorsque des faits de violence se produisent à l’intérieur ou aux abords d’un lycée.

Du reste, rappelle l’entourage de Valérie Pécresse, le contexte global de cette première période de l’année scolaire 2024-2025 semble préoccupant : alors que moins de 300 interventions des brigades régionales de sécurité avaient été recensées sur la même période l’an passé, essentiellement à cause de fausses alertes à la bombe, cette fois les brigades ont dû intervenir plus de 350 fois, dont une soixantaine de fois en urgence pour fait de violences en milieu scolaire.

Source : Le Figaro

La solitude des enseignants face à la montée de l’islamisme

C’est une école [publique] où certains professeurs arabo-musulmans pratiquaient une discrimination systématique envers les femmes — l’un d’eux s’était même inventé un prétexte pour ne pas leur serrer la main ; d’autres parlaient en arabe dans des classes composées à 80 % d’élèves marocains ; une dizaine d’entre eux refusaient de se réunir avec leurs confrères et avaient créé une deuxième salle des professeurs ; d’aucuns se vantaient même de ne pas croire à la théorie de l’évolution des espèces. Quant aux autres professeurs, souvent traités de « belgo-frites », ils évitaient les sujets litigieux, comme la sexualité et la religion. Comme par hasard, le personnel et les directeurs étaient fréquemment remplacés.

Non, je ne vous parle pas du climat dit « toxique » de l’école [publique] Bedford [de Montréal], où, selon un rapport d’enquête, on aurait négligé certaines matières peu compatibles avec l’islam, certains professeurs allant même jusqu’à faire leurs prières et leurs ablutions devant les élèves. Je vous parle de l’école Athénée royal Serge Creuz de Molenbeek, un quartier musulman de Bruxelles, où les journalistes Jean-Pierre Martin et Laurence D’Hondt ont recueilli ces témoignages ahurissants de la bouche même de nombreux enseignants (Allah n’a rien à faire dans ma classe. Enquête sur la solitude des profs face à la montée de l’islamisme [voir plus de détails ci-dessous]).

Comme à Bedford, une enquête a été diligentée en 2016 par le Service général de l’inspection de Wallonie-Bruxelles. Même si les rapporteurs semblaient marcher sur des œufs, ils pointaient du doigt une « ghettoïsation » et « l’affirmation d’une identité culturelle communautaire, voire religieuse ». L’Athénée royal Serge Creuz a notamment été fréquenté par le cerveau des attentats du 13 novembre 2015, Abdelhamid Abaaoud.

Au moment où la France commémore les assassinats des professeurs Samuel Paty et Dominique Bernard, tous deux égorgés par un militant islamiste, il serait évidemment ridicule de croire que tous les islamistes rêvent d’assassiner des professeurs. Mais il ne fait guère de doute que l’islamisme cherche à étendre son influence sur le monde de l’éducation.

Les Québécois ne sont pas les premiers à en prendre conscience. D’autant que ce prosélytisme est ouvertement revendiqué. Ainsi, en Europe, les Frères musulmans ont-ils pour priorité de lutter contre « l’emprise laïque occidentale », tout particulièrement en éducation. Depuis 1993, cette organisation tentaculaire s’est donné pour mission de réislamiser la diaspora musulmane afin de prévenir son assimilation. Ceux qui n’y voient qu’une lubie sans conséquence devraient lire le « plan culturel islamique unifié » destiné à défendre l’identité musulmane dans les pays d’immigration, adopté à Doha en 2000 par la neuvième Conférence islamique de l’ISESCO. Une sorte d’UNESCO islamique qui regroupe… 54 États !

Dans ce document, on affirme sans détour que tout doit être fait pour éviter que les petits musulmans acquièrent les valeurs de leur pays d’accueil. Bref, qu’ils deviennent français ou québécois ! La laïcité y est considérée comme un problème, de même que le fait d’« inculquer » aux jeunes « les valeurs occidentales » ou le « modèle de pensée et les coutumes locales ». Cette véritable déclaration de guerre à « l’école occidentale » prétend que celle-ci aurait « programmé […] la démolition méthodique et systématique des valeurs [musulmanes] qu’il [l’enfant] tient de sa famille et de sa culture originale ». C’est pourquoi « le déclin de l’éblouissement de la civilisation occidentale » est considéré comme un « éveil béni ».

Tenez-vous bien ! S’agissant des pays occidentaux, les auteurs ne proposent rien de moins que l’élaboration « d’une civilisation de substitution qui s’appuie sur l’Islam authentique ». À l’image probablement du programme scolaire turc, qui proscrit la théorie de Darwin et prescrit l’enseignement du « bon djihad ».

En Europe, « l’entrisme des mouvements islamistes dans le monde de l’enseignement se fait à bas bruit », écrivent Jean-Pierre Martin et Laurence D’Hondt. En 2014, les Britanniques n’avaient-ils pas découvert avec stupéfaction que six écoles de Birmingham étaient infiltrées par des islamistes ? Ils souhaitaient bannir l’enseignement de la musique et des arts et avaient même financé avec les deniers publics plusieurs pèlerinages à La Mecque.

En France, les islamistes s’évertuent à « maintenir un niveau de connaissances faible afin de tuer l’esprit critique et le rationalisme, l’imaginaire et la fiction, ou encore ignorer l’Histoire, qui n’aurait aucun intérêt pour la connaissance de Dieu », dit l’historien Pierre Vermeren. Sans parler de l’éducation sexuelle…  
 
[Note du carnet : Oui, enfin, l’Occident n’aide pas leur cause à imposer ou promouvoir dans les écoles la théorie du genre et les extravagances LGBTQ2SAI+ qui font encore plus facilement passer l’école occidentale pour une école de la décadence.]

On ne s’étonnera pas que, laissés à eux-mêmes, 56 % des professeurs français s’autocensurent sur la Shoah, le conflit israélo-palestinien, et n’osent plus montrer à leurs élèves la Vénus de Botticelli. Avant l’assassinat de Samuel Paty, ils n’étaient que 38 %. Pourtant, combien sont-ils à se cacher la tête dans le sable sans même oser prononcer le mot « islamisme » ? Face à la démission de ceux qui ne veulent pas faire de vagues, ne vous demandez pas pourquoi les professeurs se sentent abandonnés.

Source : Le Devoir
 


 

Allah n’a rien à faire dans ma classe.
Enquête sur la solitude des profs face à la montée de l’islamisme
par Jean-Pierre Martin et Laurence D’Hondt
paru le 23 septembre 2024,
aux éditions Racine,
à Bruxelles (Tour & Taxis),
192 pp,
EAN : 9 782 390 253 013

Présentation de l’éditeur


L’enquête-choc sur la montée de l’islamisme dans les écoles

Pourquoi la théorie de l’évolution est-elle contestée dans nos écoles ? Pourquoi les cours d’histoire sont-ils remis en cause ? Pourquoi le port du voile est-il devenu un tel enjeu ? Pourquoi Samuel Paty a-t-il payé de sa vie l’exercice de l’esprit critique ?

Enseigner est aujourd’hui devenu un métier dangereux. L’école n’est plus un sanctuaire, un lieu protégé de la fureur du monde. Les islamistes la considèrent comme l’école de la mécréance, parce qu’elle enseigne la liberté de conscience. De Kaboul à Bruxelles ou Paris, elle est une cible. Déconsidérés, trop peu entendus, les enseignants ne sont pas armés pour y faire face.

Dans cet ouvrage qui se veut un cri d’alarme, Laurence D’Hondt et Jean-Pierre Martin sont partis à la rencontre de ces professeurs qui osent évoquer leur solitude et briser le silence. Des témoignages entrecoupés de chapitres qui raconteront l’influence de l’islamisme au cœur de nos écoles publiques et privées, la détresse des directeurs, le silence embarrassé des syndicats et des partis politiques, les enjeux de la laïcité. Enfin, les auteurs rapporteront, à travers les réflexions et les expériences de professeurs, des initiatives pour refaire de l’école un lieu d’instruction et non de prosélytisme.

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En 1989, à Bruxelles, sur 100 jeunes de moins de 20 ans, 40 sont étrangers. Et dans cette école, 90 % des enfants ont les cheveux bouclés et le teint bronzé. Le proviseur (directeur) Monsieur Caudron, lui, est un vrai belge, grande gueule, bon cœur et collier de barbe blanche. Mais on dirait bien que pour les petits Maghrébins, les discours du proviseur, c’est du chinois… Et vice versa. L’école en question est l’Institut communal technique sur la rue de la Ruche à Schaerbeek (Bruxelles).

 

Voir aussi le film Amal, un esprit libre. Amal, enseignante dans un lycée (très « métissé ») à Bruxelles, encourage ses élèves à s’exprimer librement. De par ses méthodes pédagogiques audacieuses et son enthousiasme, elle va bouleverser leur vie. Jusqu’à en choquer certains. Peu à peu, Amal va se sentir harcelée, menacée. Bande-annonce ci-dessous.

jeudi 10 octobre 2024

Anne Coffinier : « L'école s'enfonce depuis 25 ans »

Ancienne élève de l'ENS et de l'ENA, Anne Coffinier s'est spécialisée dans l'entreprenariat social fondant notamment l'association "Créer son école", militant pour l'enseignement libre


samedi 31 août 2024

Québec — Chute marquée du taux de réussite en français à l'examen du ministère

Le taux de réussite à l’examen ministériel d’écriture des écoles privées québécoises est de 83,8 %, bien plus que les 66,9 % au public.


La chute marquée en français et la baisse notable des taux de réussite en sciences et technologies, contrastent avec le beau succès en mathématiques : les examens du ministère de l’Éducation de juin suscitent de vives inquiétudes.

Québec a dévoilé vendredi les résultats des derniers examens ministériels. Bien que les comparaisons d’une année à l’autre soient rendues complexes par l’allègement des contenus au fil des ans — d'abord en raison de la pandémie, puis à cause de la grève l’an dernier —, les difficultés en français sont indéniables. Les écoles privées affichent quant à elles des résultats nettement supérieurs.

En français, dans le réseau public, le taux de réussite à l’examen d’écriture n’atteint que 66,9 %, soit une baisse de 4,2 points de pourcentage par rapport à l’année précédente, malgré les contenus allégés en raison de la grève qui a privé certains élèves d’un mois d’école. Dans les écoles privées, le taux de réussite au même examen s’élève à 83,8 %.

L'écart de réussite entre les garçons et les filles à cette même épreuve de français est de 10 points de pourcentage. Les garçons ont obtenu un taux de réussite de 65,5 %, contre 75,6 % pour les filles.
 
De meilleurs résultats en mathématiques

En mathématiques, les élèves du public ont réussi l’examen de juin dans une proportion de 76,6 %. C’est un bond de 7,5 points de pourcentage par rapport à l’année précédente, où seulement 69 % des jeunes avaient obtenu la note de passage à cette épreuve.

Encore là, les élèves du réseau privé font nettement mieux : ils ont réussi l’examen de mathématiques dans une proportion de 90,7 %, en hausse de 7,6 points de pourcentage par rapport à l’année précédente.

En sciences, le taux de réussite est de 70,1 % (90,8 % pour les écoles privées). Avant la pandémie, ce taux, dans les écoles publiques, était de 74,4 %.
« Un laxisme total » en français

Suzanne-G. Chartrand, professeure à la retraite de l’Université Laval et fondatrice du mouvement Debout pour l’école !, croit que les mauvais résultats de français n’ont rien à voir avec la grève. Ils sont plutôt le résultat, à son avis, d’« un laxisme total depuis les années 1990 » du système de l’éducation qui n’accorde pas assez d’importance au français.

Les élèves, note-t-elle, peuvent écrire n’importe comment en géographie, en histoire, etc., sans jamais avoir de rétroaction ni perdre de points. Les jeunes devraient au contraire être encouragés à bien écrire dans toutes les matières, selon Mme Chartrand, et pas seulement dans les quelques textes qu’ils écriront dans leur cours de français.


Elle relève par ailleurs que les taux de réussite seraient encore plus bas si, dans la correction, moins de points étaient accordés à l’aspect « discours » pour lequel, pendant des mois entiers, les élèves apprennent « comme une recette » à écrire un texte argumentatif construit exactement selon le modèle attendu par le ministère de l’Éducation.

En mettant la recette en pratique, ils peuvent donc récolter assez de points pour obtenir la note de passage, même si leur orthographe, leur syntaxe ou leur vocabulaire sont catastrophiques.
Égide Royer, professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, souligne que 3,6 milliards de dollars sont alloués annuellement aux services destinés aux élèves en difficulté, sans pour autant engendrer de meilleurs résultats.

Il insiste sur l’urgence pour le ministère de l’Éducation et celui de l’Enseignement supérieur de s’unir et de réfléchir de concert à ces enjeux.

En examinant les taux de réussite, il observe que, bien que modestes, ils demeurent élevés compte tenu qu’au moins un élève sur trois au secondaire bénéficie d’un plan d’intervention pour les élèves en difficulté.

Par ailleurs, M. Royer rappelle une statistique rapportée par Marie Montpetit, nouvelle présidente-directrice générale de la Fédération des cégeps dans La Presse : un élève sur quatre échoue à son premier cours de français au cégep.

Les résultats décevants en français aux examens ministériels, principalement dans les écoles publiques, ne devraient pas surprendre le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville. En effet, déjà en 2023, il avait annoncé qu’une consultation auprès d’experts serait engagée face à la qualité insuffisante du français, menant à l’élaboration d’un nouveau programme prévu pour la rentrée 2025.
 


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mardi 28 mai 2024

Partialité — La famille hétérosexuelle est-elle fasciste ?

Marion Maréchal était interrogée par Sonia Devillers au micro de la radio d'État (radio Paris) sur sa conception de la famille qui lui rappelle celle du Maréchal Pétain. Oui, oui, le plus sérieusement du monde.

« Excusez-moi, mais les enfants sont toujours faits par des hommes et des femmes, je suis désolé c’est fasciste pour vous, la nature est fasciste… »


Marion Maréchal revient sur cet échange et ce qui a été dit par la suite.

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Du 19 au 23 février 2024, l'institut libéral Thomas More a passé au crible 587 intervenants dans les programmes de trois chaînes et trois stations du service public : France 2, France 5, France Info TV, France Info Radio, France Culture et France Inter. Il les a classés selon leur sensibilité politique, soit qu'ils représentaient un parti, soit par les idées qu'ils exprimaient. Le résultat est édifiant : 50 % des intervenants n'affichaient pas d'orientation idéologique décelable, mais sur les 50 % restants, la moitié entrait dans la catégorie « gauches », 21 % étaient de sensibilité macroniste et 4 % seulement tenaient un discours pouvant être considéré comme de droite. (Suite ici) 


 



Sonia Devillers dans ses œuvres partiales, il y a six ans déjà (sa syntaxe était déjà branlante : « Fiez-vous-vous à Russia Today ? » plutôt que « Vous fiez-vous etc. ») : 

dimanche 28 janvier 2024

France — L'enseignement privé coûte 30 % moins cher aux pouvoirs publics

Pour la directrice de la Fondation Ifrap, Agnès Verdier-Molinié, l’enseignement privé n’est nullement privilégié par l’État, au contraire. Elle a donné une entrevue au Figaro Magazine.
 
 


— Vous affirmez dans une de vos études que l’enseignement privé fait faire des économies à l’État et aux collectivités locales. Comment arrivez-vous à ce résultat ?

— Commençons par le constat : l’enseignement privé coûte, tous financeurs confondus, 30 % moins cher par élève et par an. Environ 3 000 euros d’écart par élève et par an, que ce soit dans le premier degré ou dans le second degré. En premier lieu car les retraites des enseignants du public, calculées sur les 6 derniers mois, sont plus élevées – à carrière égale – que celles des enseignants du privé, calculées sur les 25 meilleures années. En second lieu, le profil des enseignants : dans le public, on trouve 3 fois plus d’agrégés qui enseignent 15 heures hebdomadaires pour un salaire annuel moyen de 42 000 euros. Dans le privé, on trouve 4 fois plus de contractuels avec un salaire annuel moyen plus faible. Les enseignants du public sont également deux fois plus nombreux à ne pas être « en charge d’une classe » que dans le privé : aligner le taux public sur celui du privé permettrait de remettre face aux élèves plus de 40 000 enseignants publics. Enfin, les frais de fonctionnement représentent 43 % des économies que le privé réalise par rapport au public.

— Y a-t-il un sous-financement du privé par l’État ?

— Il y a globalement une volonté de dépenser moins dans l’enseignement privé sous contrat. Au niveau de l’État, le choix d’aligner le calcul des retraites des enseignants du privé sur le régime général et non sur celui des enseignants statutaires publics en dit long. Le recours aux contractuels dans le privé pour couvrir les absences sans passer par le rectorat permet aussi à l’État de faire des économies. Au niveau des collectivités, les frais de fonctionnement plus rationalisés dans le privé sont la conséquence du choix des collectivités locales de verser aux établissements du privé un forfait de fonctionnement par élève au plus juste. Alors que les mêmes collectivités emploient du personnel statutaire coûteux et champion de l’absentéisme pour le nettoyage et l’entretien des lycées ou collèges publics.

— Depuis 1992, avec la règle des 80/20, le privé ne bénéficie que de 20 % des crédits d’éducation, est-ce légitime ?

— Cette règle est totalement arbitraire, elle n’est même pas inscrite dans la loi, c’est une pratique qui rationne les financements du privé sous contrat et maintient sous cloche le nombre d’élèves qui ont accès à une place dans un établissement privé. La première conséquence, c’est que l’on observe des listes d’attente très longues pour ces établissements. Plutôt que de vouloir ressortir les vieilles antiennes de la « guerre scolaire », qui n’existe que dans la tête de quelques caciques, il serait temps de faire sauter cette règle inique et de rendre aux Français une vraie liberté de choix pour la scolarité de leurs enfants.

Des résultats scolaires qui ne justifient pas la surdépense dans l’enseignement public

Si l’on se penche sur les résultats scolaires des élèves, on constate qu’en termes de résultats bruts, les élèves du privé s’en sortent généralement mieux. Les évaluations nationales de 2019, sur les compétences des élèves démontrent ceci : les élèves du CM1 [9-10 ans] public (hors Éducation prioritaire [REP]) maîtrisaient le français à 75,5 % contre 89,4 % dans le privé (et 54,9 % en REP [quartiers à « difficulté sociales »] et 51,2 % en REP+ [les quartiers les plus difficiles]). Concernant les mathématiques, les élèves du CM1 public affichaient un taux de maîtrise satisfaisant de 73,1 % contre 85,9 % dans le privé (et 52,4 % en REP et 51,3 % en REP+). Des taux qui se confirment en 6e puisque si 72,1 % des élèves de 6e du privé maîtrisaient la compréhension et l’écrit en français, ils n’étaient que 61,5 % dans le public hors Éducation prioritaire (contre 46 % en REP et 35,5 % en REP+). Et concernant la résolution de problèmes de mathématiques, 72,7 % des élèves du privé maîtrisaient cette compétence, contre 63,2 % dans le public hors Éducation prioritaire (et 45,2 % en REP et 33,5 % en REP+).

Néanmoins la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), dans une étude sur le sujet, concluait en 2017 que les meilleurs résultats des élèves du privé étaient corrélés à leur milieu social et qu’en supprimant ce biais, la performance entre public et privé était relativement équivalente. Une nuance confirmée par les classements PISA où la France se classe dans le groupe des pays où les élèves des établissements privés ont une meilleure performance globale (environ +20 points) mais une performance annulée après la prise en compte des critères économiques, sociaux et culturaux des élèves.

Cependant, il faut noter qu’actuellement, la France se place en bas de classement PISA avec comme résultat : une 23e place sur 82 en lecture, une 25e place sur 82 en mathématiques et en sciences mais aussi une 28e place en bien-être des élèves et une 8e place sur 77 en équité (vis-à-vis du sexe, issu de l’immigration ou milieu social). Et d’ailleurs, en 2018, alors que PISA analysait l’évolution de la performance des pays depuis la parution du premier classement en 2000, la France était classée dans les pays ne présentant ni progression, ni diminution du niveau des élèves. D’autres pays européens affichaient, pourtant, une performance à la hausse comme l’Estonie, le Portugal, l’Allemagne, la Pologne et la Roumanie. Une performance stagnante des élèves français qu’il convient de corriger, non pas en rajoutant des moyens comme cela se fait depuis plusieurs années, comme en réformant les structures, en donnant plus d’autonomie aux établissements et en se dégageant des marges de manœuvre financières. Si les résultats bruts du privé sont meilleurs, si les résultats prenant en compte le milieu social sont égaux, rien ne justifie la surdépense actuellement accordée au public. D’autant plus que la DEPP soulignait aussi que le choix du privé, par rapport au public, était fortement corrélé à la proximité de l’établissement du domicile, alors qu’en moyenne l’établissement public le plus proche est à 670 m tandis que l’établissement privé le plus proche est à 3,8km.


jeudi 7 septembre 2023

Sondage — Parents sont très favorables au retour de l'autorité, s'opposent à l'éducation sexuelle au primaire

L’édition n° 3 du Baromètre IFOP/SOS Éducation - Les parents notent l’école est sorti. 

Les parents sont très majoritairement favorable à des réformes qui permettent le retour de l'autorité, afin d'enrayer cette baisse du niveau.

Les parents demandent à l’école d’instruire et de protéger pas d’endoctriner ni de mettre en danger. Il faut que cela change!

70% des parents d’élèves de primaire sont contre l’éducation sexuelle à l’école. Les parents attendent de l’École qu’elle instruise dans un cadre protecteur. 

 


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