dimanche 30 juin 2019

Le Kentucky permet dorénavant aux écoles publiques de donner un cours de culture biblique

Le gouverneur du Kentucky, Matt Bevin, a signé (ci-dessous) un projet de loi mardi autorisant l’enseignement de cours de culture biblique dans des écoles publiques.


Le projet de loi offre aux commissions scolaires locales la possibilité de créer un cours pour que les élèves comprennent le rôle joué par la Bible dans l’histoire américaine, selon WDRB-TV.

Le cours sera facultatif.

« Il est incompréhensible que l’on veuille ne pas permettre aux élèves d’avoir accès à un tel cours. Je ne comprends pas pourquoi chaque État n’adhérerait pas à cela, pourquoi nous, en tant que nation, n’adopterions pas cela », a déclaré le gouverneur républicain Bevin lors d’une cérémonie à la Rotonde du Capitole de l’État.

Le député républicain D.J. Johnson a parrainé le projet de loi et a déclaré que la Bible était aux fondements de la Déclaration d’indépendance et d’autres documents importants de l’histoire des États-Unis.

La mesure a facilement été approuvée par la Chambre et le Sénat du Kentucky.

L’ACLU du Kentucky s’est dite préoccupée par la mise en œuvre des cours.

« Un projet de loi de culture biblique qui, à première vue, peut ne pas sembler inconstitutionnel, mais pourrait le devenir dans sa mise en œuvre », a déclaré à WDRB-TV, directrice des Affaires juridiques, Kate Miller. « Nous voulons nous assurer que les enseignants enseignent et qu’ils prêchent. » Miller a déclaré à WDRB News que l’ACLU surveillerait la loi de près.

On aimerait que l’ACLU et autres associations du type annoncent vouloir surveiller d’aussi près les nouveaux prêtres progressistes, multiculturalistes et autres militants à la mode qui ne se cachent pas pour donner leur avis personnel en classe.

Le député Johnson a déclaré que le programme avait été soigneusement conçu et qu’il ne devrait pas y avoir de « problèmes constitutionnels ».

L'immigration met-elle en cause l'existence de la nation ?

Mathieu Bock-Côté recevait dans son émission Les idées mènent le monde du 17 juin 2019 Jacques Houle auteur de Disparaître ?


Introduction de Mathieu Bock-Côté : « La question de l’immigration traverse notre époque. En fait, l’immigration massive s’impose partout comme une préoccupation politique centrale. Mais au Québec, la discussion tarde à éclore publiquement. Et lorsqu’on l’aborde, c’est avec des pincettes. Comme si la question demeurait taboue et suscitait encore un profond malaise. Il nous faut pourtant l’aborder lucidement, sans excès ni mièvrerie, ce que permet de faire l’excellent ouvrage de Jacques Houle, notre invité d’aujourd’hui. »



Audio de 45 minutes.


Voir aussi 

Recension de Disparaître ? par Étienne-Alexandre Beauregard : Disparaître ? de Jacques Houle : Regard franc sur l’immigration

Chute importante prévue du français dans les foyers québécois

45 000 migrants entrés de façon irrégulière, moins de 900 expulsés depuis 2017



1806 — Première allusion à l'érable comme symbole des Canadiens français



La première allusion à l’érable comme emblème des Canadiens français, dans un épigramme paru dans Le Canadien de 1806, journal rival du Mercury :

« Fable dédiée au Mercury
L’Érable dit un jour à la ronce rampante :
Aux passants pourquoi t’accrocher ?
Quel profit, pauvre sotte, en comptes-tu tirer ?
Aucun, lui repartit la plante :
Je ne veux que les déchirer. »


En 1898, Joseph Pope, sous-secrétaire d’État, affirme que l’épigramme du Canadien renferme la première mention de la feuille d’érable comme emblème des Canadiens français, mais il pense que la « ronce rampante » est le chardon d’Écosse. Mais il s’agit plutôt de la rose d’Angleterre, car, si la rose comme le chardon possède des épines, la ronce est de la famille des rosacées.

Il semble que la mention de l’érable comme emblème implique aussi sa feuille, mais il est un fait que, dans la première moitié du dix-neuvième siècle, surtout dans le Bas-Canada, on mentionnait très souvent l’érable comme emblème sans faire état de sa feuille.


On voit sur la première page du journal Le Canadien du 14 novembre 1836 deux castors sous une guirlande de feuilles d’érable accompagnés d’un listel portant la devise « Union Liberté » et, dans le bas, la devise « Nos institutions, notre langue et nos lois !! » qui deviendra celle de la Société Saint-Jean-Baptiste de la ville de Québec fondée en 1842 et éventuellement, selon Benjamin Sulte, celle de la Société Saint-Baptiste au niveau national. Le texte de la même page affirme : « Ce frontispice n’a guère besoin d’explications ; les emblèmes qu’il renferme sont tous faciles à comprendre. Le principal, la feuille d’érable, a été, comme on sait, adoptée comme l’emblème du Bas-Canada, de même que la Rose est celui de l’Angleterre, le Chardon de l’Écosse et le Trèfle de l’Irlande. » Le 24 juin de la même année, lors du banquet de la Société « Aide-toi et le ciel t’aidera », le président Denis-Benjamin Viger et l’ancien président Ludger Duvernay déclaraient, respectivement dans un discours et une chanson, que l’érable est l’emblème des Canadiens français, mais il ne semble pas y avoir eu de motion ou de vote pour l’adopter.


samedi 29 juin 2019

Quelle immigration africaine d'ici 30 ans ?

Le professeur en études africaines à la Duke University tord le cou à certaines idées reçues sur la réalité de l'immigration africaine à destination de l'Europe.


vendredi 28 juin 2019

Informateur révèle que Google fausse les résultats de recherche, démonétise et relègue les contenus conservateurs (vidéos)

Mise à jour :


Pour Donald Trump à l'antenne de Fox Business (vidéo ci-dessous), Google « essaie de truquer les élections ». Selon le Président américain, Google devait être poursuivi en justice. L’organisme à la base de ces révélations, Projet Véritas, affirme que Google contreviendrait probablement aux lois fédérales sur les contributions électorales puisque celles-ci empêchent les entreprises de faire des contributions à des partis politiques, y compris des contributions en nature. L’organisme a soulevé cette infraction possible auprès de députés républicains au Congrès.







Billet originel du 27 juin 

Des documents internes à Google révèlent que les employés du géant des médias sociaux Google ont qualifié de « nazis » des personnalités politiquement conservatrices telles que Jordan Peterson et Ben Shapiro. Ils ont, en outre, indiqué comment des algorithmes permettent de réduire la portée de ces personnalités. Une vidéo en caméra cachée montre également une cadre de Google responsable de l’« innovation responsable » qui reconnaît que l’entreprise tente d’empêcher qu’un autre « incident Trump » ne se reproduise lors des élections de 2020.


Vidéo de Projet véritas sous-titrée en français

Prager et Shapiro, qualifiés de nazis, sont tous deux des Juifs pratiquants. Le courrier électronique  divulgué avait été envoyé aux membres du groupe « transparence et éthique » de Google. Il demandait de supprimer le contenu des personnes susmentionnées de la « fonctionnalité de suggestion » de Google lorsque les utilisateurs effectuaient des recherches sur Internet à l’aide de Google.

Le projet Véritas a indiqué que le document divulgué semblait contredire l’affirmation d’un employé selon laquelle Google, selon ses termes, n’applique « aucun biais idéologique ou politique dans son classement de recherche ».

Shapiro a répondu à cette affirmation sur Twitter en mentionnant la PDG de YouTube, Susan Wojcicki : « Hé, Susan Wojcicki, nous aimerions en discuter avec vous. Pensez-vous que vos employés devraient cavalièrement étiqueter ceux qui s’opposent avec véhémence au suprématisme blanc de “nazis”, puis de créer des algorithmes qui utilisent de tels mensonges ? » Shapiro est un militant pro-vie et un critique fréquent de ce qu’on nomme l’alt-right et de certains groupes nationalistes.

Dans un courriel obtenu par le Projet Véritas, Liam Hopkins, employé de Google, écrivait : « Aujourd’hui, il suffit souvent d’une ou deux étapes pour tomber sur des nazis, si nous comprenons que PragerU, Jordan Peterson, Ben Shapiro et autres sont des nazis qui utilisent les mots codés à l’étape 1. Je peux recevoir ces recommandations, quel que soit le contenu de ce que je regarde et j’ai enregistré des milliers d’internautes partageant la même expérience. »

Le courrier électronique suggère que la société devrait tenir compte de la suggestion d’une employée du nom de Meredith : « Je ne pense pas que l’identification correcte du contenu d’extrême droite dépasse nos capacités. Mais si tel est le cas, pourquoi ne pas suivre la suggestion de Meredith de désactiver la fonctionnalité de suggestion ? »

Dans un entretien accordé à Fox Business Channel mercredi, le président Donald Trump s’est plaint du parti pris dont seraient victimes les conservateurs. Il a affirmé que le gouvernement devrait poursuivre Facebook et Google (société qui détient aussi YouTube).

« Vous savez, écoutez, nous devrions poursuivre Google et Facebook, etc., ce que nous ferons peut-être, d’accord », a déclaré Trump. « Ils poursuivent tout le monde, ils rendent presque impossible la conduite des affaires. »

Trump s’est également plaint de Twitter. Il a dit : « Ce qu’ils m’ont fait sur Twitter est incroyable » et a ajouté : « Vous savez que j’ai des millions et des millions d’abonnés, mais je vous dirai qu’ils rendent très difficile pour les gens de se joindre à moi sur Twitter et ensuite c’est nettement plus difficile pour moi de faire passer le message. » Twitter a affirmé que certains abonnés à des comptes de haut niveau ont peut-être été supprimés afin d’éliminer les comptes abusifs, faux ou malveillants.

Dans une vidéo secrète produite par le Projet Véritas, une cadre de Google, Jen Gennai, a expliqué la manipulation politique apparente de Google sur les résultats de recherche Internet.

Elle a déclaré à propos de l’élection présidentielle de Trump : « Nous avons tous été foutus en 2016, encore une fois, ce n’était pas juste nous, c’étai tout le monde s’est fait avoir, les médias se sont fait avoir, comme, tout le monde s’est fait avoir alors rapidement nous nous sommes demandé comment pouvons-nous empêcher que cela ne se reproduise. »

Indiquant comment Google utilise des moyens techniques pour modifier les résultats de la recherche, M. Gennai a déclaré : « Nous entraînons également nos algorithmes. Par exemple, si 2016 se produisait de nouveau, le résultat serait-il différent ? »

Dans la vidéo, Gennai a déclaré qu’elle s’opposait à la proposition de la sénatrice démocrate Elizabeth Warren de démanteler Google. Gennai a déclaré : « Je l’adore, mais elle se fourvoie, car cela n’améliorerait rien, mais cela ne ferait qu’empirer les choses, car ce serait alors ces petites entreprises qui n’ont pas les mêmes ressources qui seraient chargées d’empêcher le prochain incident Trump. De petites entreprises ne sont pas de taille.

Google a retiré la vidéo de Project Veritas pour “bris de confidentialité”.


(Même vidéo que celle d’en haut sur Viméo, si celle de Viméo disparaît)

Interférence dans le référendum irlandais sur l’avortement ?

Des documents divulgués par le Projet Veritas montrent comment YouTube a créé une liste noire pour les termes de recherche liés au référendum de l’année dernière en Irlande sur la légalité de l’avortement. Ceci semble confirmer plusieurs articles de Breitbart selon lesquels Google manipule régulièrement ses algorithmes pour le “contenu politiquement sensible” et utilise des listes noires sur YouTube pour manipuler les résultats de la recherche vidéo.

Le document, le dernier en date d’une série de documents fuités obtenus par le journaliste d’enquête de James O’Keefe et Project Veritas, semble montrer qu’une série de termes de recherche avait été ajoutée par la société sur leur liste noire à l’approche du référendum irlandais sur l’avortement en mai dernier.

Voir aussi

Vision d’avenir : la Libra — la nouvelle devise électronique de Facebook

Suggestions

Pour vos vidéos utilisez plutôt Viméo ou BitChute.

Pour la recherche, Qwant ou Duckduckgo, deux moteurs de recherche qui respectent plus la vie privée.

Hystérie climatique : « la science est davantage en danger que la planète » selon Richard Lindzen du MIT

« LE CATASTROPHISME EST SANS FONDEMENT »

Climatologue, ancien professeur au MIT, membre de l’Académie américaine des sciences, Richard Lindzen (ci-contre) est l’un des meilleurs connaisseurs du réchauffement planétaire.

Il dénonce un formidable aveuglement collectif qui risque de coûter très cher à la science.

Quels sont les points de science climatique qui font véritablement consensus ?

1. Il fait maintenant environ 1 °C de plus qu’à la fin du petit âge glaciaire.
2. Le CO2 est un gaz à effet de serre.
3. L’augmentation du CO2 devrait entraîner un certain réchauffement.
4. Le CO2 augmente.
5. Les activités humaines contribuent à l’augmentation du CO2.
6. Le climat a changé tout au long de l’histoire de la Terre.

Le point 5 est le seul qui fasse l’objet d’un certain désaccord. Eu égard à ces différents éléments, il n’y a aucune justification scientifique à l’alarmisme.

En particulier, pourquoi n’y a-t-il rien à craindre de l’affirmation : « La majeure partie du réchauffement des cinquante dernières années est due à l’homme » ?

Cette affirmation n’est pas alarmante parce que, premièrement, il s’agit de petits changements. Un quart de degré Celsius représenterait environ 51 % du réchauffement récent. Compte tenu de l’incertitude dans les données et l’analyse qui en est faite, il s’agit d’un résultat que l’on peut à peine distinguer de zéro.

Cette incertitude est attestée par les ajustements couramment appliqués au suivi des températures, qui sont d’un ordre de grandeur similaire. Deuxièmement, le réchauffement récent n’est pas du tout sans précédent ; la période de réchauffement presque identique entre 1919 et 1940 ne pourrait pas être attribuée à l’homme. Troisièmement, le réchauffement observé est tout à fait compatible avec une faible sensibilité du climat. L’alarmisme serait de mise pour, au minimum, une sensibilité élevée.


L’arrogance princière du ministre de l'Éducation Roberge

Réjean Parent dézingue le ministre Roberge quant à sa volonté d'implanter les maternelles 4 ans et à l'utilisation des deniers publics pour n'inviter que des experts qui pensent comme lui :
Rompant avec la tradition, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a assumé des frais de séjour somptuaires pour des représentantes newyorkaises et ontariennes venues témoigner en commission parlementaire sur les maternelles 4 ans et pour dire ce que le ministre voulait entendre. Encore plus choquant, c’est de l’entendre affirmer que c’était une bonne idée!

Imbu de sa personne, le jeune ministre emprunte à l’attitude royale que le président Macron a adoptée dans son début de quinquennat et qui l’a mené à la crise des Gilets jaunes. Le président français, convaincu de la justesse de ses réformes, faisait montre d’une indifférence à l’égard du peuple digne d’une Marie Antoinette au 18e siècle et affichait un air supérieur qui en a rebuté plus d’un. Le bilan du ministre ne présente rien de reluisant jusqu’à présent et s’avère plutôt décevant, ce qui explique mal son inclinaison à se donner des airs supérieurs [...]

Le ministre Roberge devant un parent qui l’implore, la réponse sera NON.

Dans un réel souci de bien faire, le ministre aurait dû étendre son étude à ce qui se fait dans d’autres pays tout en considérant plus sérieusement l’environnement dans lequel la mission éducative se réalise. J’avais déjà mentionné dans des articles précédents que le préscolaire débute dès l’âge de trois ans dans plusieurs pays européens. Paradoxalement, dans un des systèmes éducatifs le plus vanté au cours de la dernière décennie, en l’occurrence celui de la Finlande, il n’y pas de préscolaire et les enfants débutent même une année plus tard que chez nous.

Québec laïc — Le pont Samuel-de-Champlain bénit par un aîné amérindien

La laïcité québécoise : bannir la religion patrimoniale, celle de Samnuel de Champlain. Exit donc les crucifix, la bénédiction par un prêtre, la religion chrétienne à l’école, il faut faire plus de place à la diversité et aux « spiritualités » diverses.

Après quatre ans de travaux et des investissements de près de 4,5 milliards de dollars, le nouveau pont Samuel-De Champlain a été inauguré officiellement vendredi matin, à Montréal.

Le ministre fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, le ministre des Transports, du Québec, François Bonnardel, ainsi que les mairesses de Montréal et de Brossard, Valérie Plante et Doreen Assaad, étaient notamment présents à la cérémonie.



Le pont a donc été béni par un Agnier, « un aîné mohawk » vêtu de plumes lesquels sont, selon certains, des « signes religieux ». Rappelons que Montréal n’est pas sur une terre prise sur les Agniers (le terme français qui désignent les Mohawks1). Ce sont eux, originaires du nord de l’État de New York, qui sont venus se réfugier autour de Montréal sous la protection des Français pour échapper aux persécutions des autres Iroquois opposés à leur conversion au catholicisme...

 

Ensuite les Petits Chanteurs du Mont-Royal ont entonné en bilingue l’hymne fédéral (hymne canadien-français à l’origine) et après de nombreux discours, François-Philippe Champagne a dévoilé un buste en bronze de Samuel de Champlain, offert par Power Corporation. Le buste sera bientôt installé sur la structure.



1. Mohawk est le nom anglais des Agniers. Les Agniers se désignent eux-mêmes sous le nom de « Kanienʼkehá꞉ka ».

Voir aussi

Histoire — Montréal n’est pas un territoire agnier (« mohawk ») occupé

Les habitants de Montréal à l’arrivée des Français parlaient-ils agnier (mohawk) ?

Repentance permanente — Les manipulateurs de l’histoire québécoise sont parmi nous

Multiculturalisme : un groupe autochtone canadien en accuse un autre d’appropriation culturelle

Québec — Comment on aseptise notre histoire

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne

Proportion des pages consacrées aux différentes cultures religieuses dans deux manuels d’ECR du 1er cycle primaire

« Notre » patrimoine religieux autochtone

ECR — obsession pour les Amérindiens censément écologistes

« Nos ancêtres, les Amérindiens »

Le faux « sang indien » des Québécois

Cérémonie, prière, danse sacrées dans une école laïque publique

jeudi 27 juin 2019

« On a basculé dans l'antiscience »

Professeur des universités, ancien directeur adjoint de l’environnement à l’OCDE, Rémy Prud’homme (ci-contre) voit dans l’hystérie écologiste un caprice d’enfant gâté  et une pulsion totalitaire. Source : Valeurs actuelles.


Que vous inspire le personnage de Greta Thunberg ?

Qu’une adolescente suédoise autiste (Asperger),  manipulée comme une marionnette par des parents militants, dise des sottises, cela peut malheureusement arriver. Il s’agit là d’un événement rare, aléatoire, qui appelle notre tristesse et notre compassion, mais qui n’a aucune signification. Ce qui a une signification, en revanche, c’est l’accueil extraordinaire fait dans le monde, ou en tout cas dans le monde occidental, à la personne de la jeune malade, à son discours  irrationnel, à ses préconisations. Les plus hautes autorités civiles et religieuses, du président de la France au pape, la reçoivent, la prennent au sérieux, l’écoutent, la cajolent. Le Parlement européen est bien la seule institution à avoir, malgré les Verts qui y siègent, refusé de l’entendre proférer une adresse solennelle, en notant, avec un bon sens inhabituel, qu’un mardi matin, la place d’une gamine de 16 ans était sur les bancs de son école plutôt qu’à la tribune du Parlement. Mais partout ailleurs, pour des dizaines de millions de zélotes, chez les jeunes et même chez les moins jeunes, Greta est devenue une star, une icône, un modèle, un maître (on hésite à écrire : à penser), une sainte.



Comment expliquer cet incroyable succès ?

J’y vois trois raisons principales. Tout d’abord, ce succès a été savamment orchestré, avec des équipes de spécialistes et pas mal d’argent, comme on orchestre le lancement d’un nouvel iPhone ou d’une nouvelle lessive. Ensuite, il correspond sans doute à une demande sociale, au moins dans les pays riches.

Une demande de religion. De violence aussi : le désir de casser ses jouets est classique et puissant. Enfin, les gouvernements et les financiers y trouvent aussi leur compte. On a besoin de coercition, donc de pouvoir, et de financement, donc de profits.

Qu’est-ce que ce succès dit de notre jeunesse ?

Il en dit bien plus sur les adultes que sur la jeunesse. La capitulation des autorités morales et politiques (de Macron au pape) qui font semblant de prendre au sérieux toutes ces fariboles, et peut-être même les prennent au sérieux, et qui s’agenouillent devant ce pauvre pantin de Greta est le fait significatif. Qu’une partie de la jeunesse, la jeunesse riche, applaudisse lorsqu’on lui dit de sécher l’école n’a rien de très neuf.

Le catastrophisme écologique est-il en train de devenir une religion ?

Il en a tous les aspects. Il avait sa doctrine, son catéchisme, ses pontifes, ses clercs, ses processions, ses conciles, ses jésuites, ses banques. Il lui manquait ses saints. Il prétendait reposer sur la science, une science officielle, certes, mais une science tout de même.

Il jette cette béquille aux orties. Aucun responsable du GIEC, aucun député écologiste, n’a dit — et sans doute ne dira — que la capacité de Greta à « voir à l’œil nu » des rejets de CO2, repose sur du vent — le vent des éoliennes peut-être.

Le réchauffisme préfère maintenant s’appuyer sur les miracles de sainte Greta. Il a raison : c’est plus sûr. Une tournée d’apparitions de sainte Greta fait plus pour la cause que deux ou trois COP. À un coût en CO2, bien moindre, Malraux disait : « le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas » ; il serait sans doute surpris de voir comment sa prédiction se réalise.


Discours de Greta Thunberg à la COP 24 : « Il n’y a pas d’espoir. Je veux que vous paniquiez. »

Quel regard sur la nature, sur la technique s’exprime ici ?

Le mépris de la science et de la technique, et plus généralement de la connaissance. Que le refus d’aller à l’école soit socialement accepté, justifié, encouragé (en Occident) est peut-être le point le plus significatif de cette affaire. Depuis toujours, l’école, symbole de la connaissance, était considérée comme le principal instrument de l’émancipation de l’individu et de la société (avec le suffrage universel, peut-être).

« Ouvrir une école, c’est fermer une prison », disait Victor Hugo. Fermer une école, à la Greta, sera peut-être ouvrir une prison. On est passé en moins d’un siècle de la science glorieuse à la science officielle, et on bascule avec Greta dans l’antiscience. Mais, je le répète : en Occident, pas en Chine.

Arrêter de prendre l’avion, de manger de la viande, choisir la sobriété heureuse, la décroissance raisonnable... Que répondre à ces propositions qui semblent susciter une certaine adhésion, au moins médiatique ?

Que personne ne songe à les forcer à prendre l’avion, à manger de la viande, à avoir des enfants ; que personne ne songe non plus à les empêcher de donner la moitié de leurs manteaux à ceux qui ont froid, comme l’a fait saint Martin.

Mais qu’il est liberticide de vouloir imposer ces comportements aux autres, de créer une police des mœurs, avec délateurs, censeurs, châtiments. L’idée d’un comité de salut public qui délivrerait au cas par cas l’autorisation de prendre l’avion est aussi odieuse qu’impraticable.

(Livre de 1973, en 2000 la population
mondiale était de 6,1 milliards)
Et puis, surtout, qu’il est indécent lorsqu’on est riche ou aisé de prêcher aux moins riches ou moins aisés de se serrer la ceinture. Cela s’appelle appauvrir les pauvres ; mais ces derniers ne se laisseront pas faire.

Quelle généalogie établiriez-vous de ces prophètes d’apocalypse ?

L’histoire de la collapsologie est vieille comme le monde. Cela commence par le Déluge, dans le premier chapitre de la Bible. Cela continue avec l’Apocalypse de saint Jean (les Grecs et les Romains ne sont pas tombés dans ce panneau-là). 

Puis la grande peur de l’an mil. Puis Malthus. Et Jevons, sur l’épuisement des ressources. Et Rachel Carson dont l’ouvrage Printemps silencieux, publié en 1962, soutenait qu’il n’y aurait plus un oiseau vivant dans vingt ans. Puis le Club de Rome, qui rassemblait le gratin de l’industrie et de la politique. Ou encore Josué de Castro et Paul R. Ehrlich qui, à la fin des années soixante, prophétisaient, du fait de la surpopulation, des famines généralisées. Ce qui me frappe, c’est que les catastrophismes d’alors étaient portés par des gens intelligents et cultivés, alors qu’ils le sont aujourd’hui par des Greta Thunberg...

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Les omissions de l’éducation sexuelle à l’école québécoise

Lettre ouverte de parents publiée par Le Droit.

Le nouveau programme d’éducation sexuelle vient tout juste de terminer sa première année scolaire d’existence partout au Québec. Parents d’enfants qui y participent où qui le vivront bientôt, levons d’abord notre chapeau à tous les enseignantes et enseignants dévoués qui ont partagé la matière en cinq heures dans les écoles primaires et 15 heures dans les écoles secondaires. L’immense majorité l’ont fait en respectant leurs élèves et en choisissant soigneusement les contenus pour atteindre ses nombreux objectifs louables.

Comme parents, nous avons choisi de dialoguer avec nos enfants au sujet de l’amour et de la sexualité bien avant l’avènement du programme. Pour ce faire, nous avons puisé comme tout le monde dans nos croyances, nos expériences personnelles et bien sûr, la recherche scientifique.

Cela nous amène à exprimer au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, quelques omissions qui pourraient être corrigées au cours de la prochaine année. Nous en avons choisi cinq que nous jugeons rassembleuses:

La pornographie


Le programme reste neutre devant l’exploitation sexuelle qu’est la pornographie, se bornant à rappeler qu’elle offre une vision faussée de la sexualité.

Si la pornographie est interdite aux moins de 18 ans, le programme peine cependant à décourager les jeunes de la consommer, de peur de moraliser. Nous n’hésiterons pas à rappeler à nos enfants qu’une sexualité saine ne s’expose pas devant les caméras et que la porno s’apparente trop souvent à de la prostitution glamourisée.

L'avortement

On en parle énormément dans l’actualité et l’idée d’un avortement devant être offert pour n’importe quelle raison et à n’importe quel moment d’une grossesse se retrouve évidemment aussi dans le programme. Légal jusqu’à l’accouchement, est-il pour autant souhaitable? La volonté de développer un esprit critique, pourtant valorisé pour tant d’autres sujets, ne semble ici pas présente.


Les avortements tardifs, ceux liés au sexe de l’enfant et à la trisomie 21, ne sont que quelques exemples qui nous invitent à simplement prendre acte que le débat est toujours ouvert.

La contraception

L’essentiel de l’enseignement des méthodes de contraception semble limité aux méthodes barrières (condom) et hormonales (pilule, stérilet, etc.), deux avenues peu écologiques. Alors que la question environnementale nous amène collectivement à poser de nombreux gestes concrets, il serait bien que les nouvelles générations puissent avoir accès à la science derrière les méthodes naturelles de planification des naissances les plus avancées. Billings, Creighton ou sympto-thermique, elles permettent une connaissance approfondie du cycle féminin avec une fiabilité maintenant éprouvée.

Le genre

Faudrait-il complètement séparer les concepts de sexe biologique et de genre ? La question du genre est d’une complexité qui dépasse largement ce que l’on ressent (« je me sens homme », « je me sens femme »). L’illustration de la personne gingenre (genderbread person), diffusée de diverses façons à l’école, ne fait l’objet d’aucun consensus scientifique, mais est pourtant présentée de la sorte aux enfants. On peut à la fois accueillir respectueusement les personnes dans leur diversité tout en demeurant prudent devant ce qui demeure des théories.

Le mariage

Encore beaucoup d’hommes et de femmes choisissent de se donner entièrement l’un à l’autre qu’après s’être promis un amour inconditionnel pour la vie. Alors qu’on parle beaucoup de la valorisation de la diversité sexuelle dans le programme, ce choix de vie n’est peu ou pas abordé. Pourtant, s’il y en a un qui donne de l’importance à la sexualité, c’est bien lui! L’idéal de l’attente proposé s’exprime dans un registre très positif que l’on pourrait à tout le moins expliciter dans le programme. Les jeunes choisiront librement.

Ces thèmes (et tant d’autres) méritent réflexion. Nous espérons sincèrement que le programme puisse les aborder dès la prochaine année scolaire. En attendant, la saison estivale donnera plusieurs occasions aux parents d’en jaser ouvertement avec leurs enfants.

Les auteurs sont les parents Jasmin Lemieux-Lefebvre, Dominique Rainville, Antoine Malenfant, Debra Proulx, Ariane Beauféray et Alex Deschênes.

mercredi 26 juin 2019

« Femmes célibataires sans enfant sont plus heureuses » ? Les données montrent plutôt l'inverse...

Plusieurs médias (voir les illustrations qui émaillent ce billet) ont rapporté ces dernières semaines que les femmes célibataires sans enfant étaient le groupe le plus heureux de la population.

Ces affirmations proviennent d’un chercheur britannique en sciences du comportement, Paul Dolan (ci-contre). Il ne cachait pas son enthousiasme par rapport à cette découverte : c’est « très bon pour l’environnement ! » (voir extrait d’un article de Métro ci-dessous).

Cependant, lorsqu’on s’attarde aux données utilisées par ce chercheur, on constate que ses conclusions sont erronées et que les données indiquent plutôt l’inverse de ce qu’il avance.

Notons que les résultats de cette étude proclamant que le bonheur des femmes était dans le célibat et la stérilité semblaient aller à l’encontre de plusieurs études passées, notamment :




Cette nouvelle est partie d’un article du quotidien britannique progressiste The Guardian qui relayait  les affirmations du chercheur Paul Dolan.



Le quotidien progressiste relatait que Paul Dolan a déclaré que « le sous-groupe de la population le plus heureux est celui des femmes qui ne se sont jamais mariées et qui n’ont jamais eu d’enfants ». Selon le chercheur, le mariage aurait des répercussions positives sur la santé des hommes, mais négatives sur la santé des femmes.

Dans son livre paru en 2019, Happy Ever After, Dolan avançait plusieurs affirmations provocantes sur l’association entre mariage et bonheur, suggérant que les femmes célibataires étaient plus heureuses que les femmes mariées. En faisant la promotion du livre, il a déclaré : « Les personnes mariées sont plus heureuses que les autres sous-groupes de la population, mais seulement lorsque leur conjoint est dans la pièce quand on leur demande à quel point elles sont heureuses. Lorsque le conjoint n’est plus présent, elle est f* ! % trement malheureuse. » Comme nous le verrons ci-dessous, des spécialistes des sciences sociales ont rapidement souligné que cette conclusion reposait sur l’incompréhension du terme « conjoint présent » dans l’American Time Use Survey. Dolan a par la suite rétracté sa déclaration erronée.



Le chercheur a également affirmé que les femmes mariées sont heureuses lorsque leur conjoint se trouve dans la pièce, mais se disent malheureuses dès qu’il est absent.

Des erreurs dans l’interprétation des données

Pour appuyer ses affirmations, le chercheur Paul Dolan s’est basé sur les données de l’American Time Use Survey (ATUS). Ces données sont recueillies par le gouvernement américain pour étudier comment divers segments de la population utilisent leur temps ainsi que leur niveau de bonheur durant leurs activités quotidiennes.


L’économiste Gray Kimbrough, professeur associé à l’American University, qui a aussi étudié les données de l’ATUS, estime que le professeur Paul Dolan s’est trompé à plusieurs niveaux. « Si on fait l’exercice correctement, on constate que [les conclusions] vont dans le sens contraire », explique M. Kimbrough.

Dans un premier temps, les données utilisées ne comparent pas les femmes qui ont eu des enfants avec celles qui n’ont jamais eu d’enfants, mais plutôt celles qui ont des enfants à la maison et celles qui n’ont pas d’enfants à la maison.

Ainsi, les conclusions tirées par le professeur Dolan ne concernent pas que les femmes qui n’ont jamais eu d’enfants, mais aussi celles qui ont des enfants qui vivent ailleurs.

De plus, en se penchant sur les données de l’ATUS (Nouvelle fenêtre), on constate que les femmes non mariées sans enfant à la maison sont en fait légèrement moins heureuses que les autres, contrairement à ce qu’affirme Paul Dolan.

Mais selon l’économiste Gray Kimbrough, il faut éviter de faire des généralisations à partir de ces données.

C’est très difficile de tirer des conclusions en comparant les femmes mariées avec les femmes non mariées. Même si on a des informations détaillées sur leur niveau de bonheur, il y a tellement d’autres facteurs.


Selon M. Kimbrough, Paul Dolan se serait aussi trompé lorsqu’il a dit que les femmes mariées ne sont heureuses qu’en présence de leur conjoint et qu’elles seraient malheureuses dès que ce dernier quitte la pièce. Gray Kimbrough explique que lorsque l’ATUS utilise le terme « conjoint absent », il est question d’un conjoint qui ne réside plus au même domicile que sa femme, et non pas d’un conjoint momentanément absent.

Quant à savoir si le mariage a des effets positifs sur les hommes et négatifs sur les femmes, Gray Kimbrough considère que Paul Dolan s’est aussi trompé sur ce plan.

Paul Dolan affirmait également que les femmes mariées « meurent plus tôt » alors que les études tendent plutôt à montrer l’inverse.
D’ailleurs selon une des études citées par le professeur Dolan dans son livre (ci-dessous), le mariage a des répercussions positives sur la santé des femmes, mais cet effet est moins marqué que chez les hommes.
 

Les personnes mariées légèrement plus heureuses, mais niveau de bonheur relativement semblable pour tous

Alors, quel groupe de la population est le plus heureux ? Selon Gray Kimbrough, bien qu’il y ait quelques variations dans le niveau de bonheur entre chaque groupe (homme ou femme, marié ou non marié, avec ou sans enfant), ces différences sont minimes.

En effet, l’ATUS note le niveau de bonheur sur une échelle de 1 à 6 et tous les groupes sondés se situent en moyenne entre 4,1 et 4,4.

Nous sommes tous raisonnablement heureux, mais pas incroyablement heureux en tout temps. Ceci est vrai pour plusieurs groupes. Les gens sont à peu près tous au même niveau de bonheur.

Le choix de se marier ou celui d’avoir ou non des enfants sont des sujets qui peuvent susciter

Dans un courriel envoyé à une journaliste du site Vox, Paul Dolan indique qu’il a « effectivement mal interprété » les données concernant la présence du conjoint à domicile. Il explique que son livre sera corrigé pour retirer l’affirmation selon laquelle les femmes mariées sont malheureuses dès que leur conjoint est absent.

Gray Kimbrough conclut de manière cinglante : « Il ne semble donc y avoir aucune preuve à l’appui des affirmations sensationnalistes [de Paul Dolan] parue dans la presse. Bien qu’il ait émis une rétraction pour une de ces affirmations, je pense que toutes devraient être retirées et corrigées. »

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Québec — La communauté anglophone a demandé de modifier le programme d'Histoire pour le rendre plus canadien et divers

La communauté anglophone a demandé des modifications au programme Histoire du Québec et du Canada de 3e et 4e secondaires, mais elle a obtenu un succès mitigé, a constaté Le Devoir après avoir parcouru des documents obtenus en vertu de la loi.

Destruction d’une partie de la ville de Québec à la suite des bombardements par la flotte anglaise en 1759, représentation par l’artiste Richard Short

Les « partenaires du réseau de l’éducation de la communauté anglophone » ont reproché au ministère de l’Éducation de relater l’histoire du Québec à travers un « cadre national ». À leurs yeux, le programme est « beaucoup, beaucoup centré sur l’évolution des Canadiens français au Québec ». Ce faisant, le ministère de l’Éducation « propose une orientation qui sied mal à la diversité de la société et les diverses interprétations », ont-ils déploré durant la révision du programme à l’hiver 2017.

Parmi eux, le Comité d’orientation pédagogique du réseau scolaire anglophone du Québec (COPRSAQ) s’est plaint d’une insuffisance de contenu sur l’histoire du reste du Canada. « La place de l’histoire du Canada (hors Québec) dans le programme provisoire ne suffit pas », a-t-il fait valoir selon un compte-rendu d’une rencontre organisée par le ministère de l’Éducation en janvier 2017.


Le Devoir a patienté 172 jours pour mettre la main sur le document, et ce, même si la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics prévoit un délai maximal de 30 jours.

La responsable de l’élaboration du nouveau programme d’histoire a répondu au COPRSAQ que « l’histoire du Québec s’inscrit dans le contexte sociohistorique canadien, nord-américain et mondial ». « Le territoire québécois actuel a toujours, depuis 1534, comporté le nom “Canada” dans son appellation, mis à part un intermède », a-t-elle ajouté.

 Adam Thom envisage une intervention armée pour assimiler ou annihiler les «ennemis français de la race anglaise». « Loin de n'être que l'opinion d'une poignée de fanatiques, ces lettres exposent l'irréconciliable fracture entre le désir d'émancipation des colonies britanniques et la protection des intérêts de l'Empire britannique.»


Effacer la guerre de la Conquête

L’Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ) regrette l’utilisation du vocable « guerre de la Conquête » pour désigner le conflit qui a mené à la chute de la Nouvelle-France (1754-1760). « La guerre de la Conquête, terme rarement utilisé en anglais, n’est qu’un siège de la guerre de Sept Ans (sic). Il ne s’agit pas d’une volonté de conquête envers les Canadiens, mais bien d’un conflit entre deux empires coloniaux », a-t-elle plaidé auprès du ministère de l’Éducation.

Le directeur général de l’APEQ, Sébastien Joly, préconise une vision plus « nuancée » de l’affrontement ayant entraîné la déportation des Acadiens et la destruction d’une partie de la vallée du Saint-Laurent. « Il y a différentes façons d’interpréter la chose, [autres] que [celle selon laquelle] ce sont les méchants Britanniques qui ont conquis les Français de Nouvelle-France pour les assujettir », souligne-t-il dans un entretien téléphonique avec Le Devoir. « C’est un peu plus complexe que ça. Il y a différentes théories sur chaque événement historique, mais je pense qu’on se rapproche davantage de la vérité historique. »

Pour M. Joly, le malaise des Anglo-Québécois à l’égard du programme d’histoire de 3e et 4e secondaire dépasse le récit du changement de régime de 1760. Il souligne l’oubli des patriotes anglophones de 1837-1838 par le ministère de l’Éducation. « C’est un mouvement qui est plus démocratique que de libération des Canadiens français », mentionne-t-il à l’autre bout du fil. « On présente les événements liés à une trame narrative nationaliste canadienne-française, québécoise. »

« En août, pendant que le siège s’éternise, Wolfe fait raser Baie-Saint-Paul et La Malbaie, puis des paroisses de Lotbinière et toute la côte de Beaupré. Au tout début de septembre, il ordonne à ses troupes de choc d’aller ravager les riches fermes de la Côte-du-Sud, à l’est de Pointe-Lévy, à des dizaines de kilomètres du théâtre des opérations. »


L’association de quelque 8000 membres a aussi sourcillé en lisant que « René Lévesque rentre bredouille » des conférences constitutionnelles précédant le rapatriement de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique en 1982. « Le texte laisse entendre que le Québec n’a retiré aucun avantage au rapatriement de la Constitution », ce qui est faux, selon elle. Le ministère a réécrit le passage du programme.

Les Québécois n’ont-ils pas en effet gagné une Charte des droits et libertés assortie d’une disposition de dérogation ? « Tout compte fait, la fameuse “clause dérogatoire” et la Charte des droits et libertés se sont plutôt avérées des cadeaux de Grec [empoisonné] en regard des revendications historiques du Québec », répond l’historien Gilles Laporte.

Mordecai Richler, artiste francophone !

D’autre part, le COPRSAQ et l’Association des directeurs généraux des commissions scolaires anglophones du Québec (ADGCSAQ) ont demandé que Mordecai Richler soit ajouté à une courte liste d’artistes francophones.

Aux yeux de M. Laporte, cette demande d’ajout pourrait « s’apparenter à de la provocation ». « L’essentiel de son œuvre est en anglais et ses quelques (trop) célèbres remarques à propos des Canadiens français devraient suffire à le disqualifier », indique le chargé de cours et porte-parole de la Coalition pour l’histoire.

Le ministère de l’Éducation a tout de même acquiescé à la demande commune du COPRSAQ et de l’ADGCSAQ. Au lendemain de la Révolution tranquille, « le milieu culturel, doté d’une première politique, est effervescent avec les Pauline Julien, Félix Leclerc, Alfred Pellan, Mordecai Richler et Michel Tremblay, notamment », peut-on lire dans la nouvelle mouture du programme Histoire du Québec et du Canada de 3e et 4e secondaire.

Source

lundi 24 juin 2019

dimanche 23 juin 2019

Vision d'avenir : la Libra — la nouvelle devise électronique de Facebook


Extraits d’un texte de Stéphane Germain (Causeur)

Jadis libertarien, le fondateur de Facebook Mark Zuckerberg réclame désormais un meilleur contrôle d’internet par les États. Si le PDG du réseau social aux 2 milliards d’utilisateurs se pose en défenseur de la démocratie contre les « contenus haineux ».


Mark Zuckerberg, jadis chantre du libertarisme d’internet, a surpris tout le monde en réclamant le 30 mars1 une intervention plus forte des États dans la régulation de la Toile. Il a récidivé le 10 mai, en allant à l’Élysée baiser la babouche du président Macron qui souhaite que la France invente pour l’Europe un nouveau modèle de régulation d’internet. Sur sa lancée, Zuckerberg approuvait l’« appel de Christchurch » contre les [citations de] contenus terroristes ou extrémistes, lancé à Paris le 15 mai à l’initiative concertée de plusieurs dirigeants et copiloté par la Première ministre néozélandaise et Emmanuel Macron en personne.

L’adulescent le plus puissant de la planète en appelle donc désormais aux gouvernements pour mieux protéger les données et la vie privée des milliards d’utilisateurs de la toile. Plus globalement, il se pose en défenseur de la démocratie en invitant les autorités à l’aider à protéger les citoyens des « contenus haineux » et à préserver les élections des manipulations occultes dont les algorithmes de Facebook ont joué dernièrement les idiots utiles. De Trump ou Zuckerberg, l’idiot n’était peut-être pas celui qu’on croyait…

[...]

La bonne volonté affichée par le patron du média le plus puissant de la planète ne va cependant pas jusqu’à la revente des « sous-réseaux sociaux » qu’il a acquis — Whatsapp (1,5 milliard d’utilisateurs) ou Instagram (1 milliard). Du reste, on attendra encore longtemps un engagement de l’un des quelconques patrons des Gafam [Google Apple Facebook Amazon Microsoft] visant à cesser de racheter toute jeune entreprise prometteuse susceptible de lui faire concurrence. [...]

Quant aux États, ils auraient tort de prendre pour argent comptant les déclarations d’un gamin devenu plus puissant que la plupart d’entre eux — concédons que ceux qui disposent de l’arme nucléaire peuvent encore lui tenir tête. Après avoir appelé à une plus grande régulation de la toile par les gouvernements légitimes — sans rigoler — Zuckerberg a confirmé son intention de créer une cryptomonnaie sur le modèle du bitcoin. Offrir à deux milliards d’homo economicus la possibilité de commercer à l’aide d’une devise échappant au contrôle de tout État s’apparente à une déclaration de guerre contre l’un des derniers privilèges régaliens de nos vieilles Nations. Si l’on considère que lui et ses homologues des Gafam se rient depuis des années de la fiscalité en jouant à une espèce de saute-mouton, où la dernière étape est toujours un paradis fiscal, on incitera nos dirigeants à la plus grande méfiance. Le changement de pied de Zuckerberg devrait plutôt les amener à prendre conscience de l’aporie créée par ces hydres transnationales. Devenues des Stasi 2.0 privées, mais « cool », on ne peut ni les arrêter ni les laisser se développer.

Le plus surprenant, finalement, c’est que nous, citoyens, laissions faire et même encouragions. À quel scandale aurions-nous assisté si, dans les années 1990, France Télécom avait annoncé que l’opérateur enregistrait toutes nos conversations téléphoniques ? Aurions-nous accepté que la poste, jadis, lise et photocopie tous nos courriers ? C’est pourtant ce que font les Gafam depuis vingt ans dans l’indifférence générale. Ces groupes exercent désormais à l’échelle de la planète des missions de service public qui leur ont été abandonnées avec une inconséquence dramatique.

Les États-Unis ont su par le passé démanteler des sociétés dont le monopole leur semblait menaçant. ATT régnait jusqu’en 1982 sur le téléphone de 300 millions d’Américains, avant d’être scindée en plusieurs entités. L’ex-géant du téléphone fait pourtant figure de nabot inoffensif si on compare sa domination à celle exercée par Google ou Facebook. Les Gafam, qui enregistrent tous les faits et gestes de milliards d’individus, auraient logiquement dû, eux aussi, tomber sous le coup du Sherman Antitrust Act. Si les Américains hésitent à recourir à cette arme, c’est à cause de leurs concurrents chinois, les BATX, bien utiles au gouvernement dans la course à l’intelligence artificielle (côté face) et dans la mise en place d’un État policier (côté pile).

L’Europe [et le Québec] n’a plus beaucoup de temps pour échapper au destin qu’elle semble avoir accepté avec résignation : devenir une colonie numérique américaine, régie par les dogmes californiens en matière de mœurs et de société. Voilà un argument dont pro et anti-européens auraient dû s’emparer à l’occasion des élections du 26 mai dernier. Certes, seule la taille du continent peut faire le poids pour créer un Amazon ou un Facebook de ce côté-ci de l’Atlantique — un bon argument pour les pros. Mais comment ne pas s’étonner que notre indépendance numérique, essentielle, ait pu être autant négligée par une Union européenne décidément pusillanime dès qu’il s’agit de défendre ses intérêts vitaux ? En attendant, une chose devrait être claire : il ne faut pas faire confiance à Zuckerberg et consorts.

France — Bac d’histoire: « Lycéens, répétez après moi, la construction européenne c’est le progrès ! »

«La gouvernance européenne depuis le traité de Maastricht»: ce sujet du Bac d’histoire prouve, selon Barbara Lefebvre, à quel point l’enseignement de l’histoire se confond avec le commentaire d’actualité. Au risque d’y perdre en culture historique et en objectivité.


Barbara Lefebvre est enseignante et essayiste, auteur de Génération «j’ai le droit» (Albin Michel, 2018) et C’est ça la France (Albin Michel, 2019).

Les candidats bacheliers de la section S ont eu à se pencher cette année sur un sujet qui a interpellé ceux qui ne sont pas à jour des dérives ultra-contemporanéistes de nos programmes scolaires: «La gouvernance européenne depuis le traité de Maastricht».

«Ce n’est pas un sujet d’histoire!» me suis-je ainsi entendu dire. Hélas, eu égard aux thèmes grandiloquents qui figurent au programme, ce sujet s’inscrit bien dans cet enseignement disciplinaire. On pourra néanmoins s’interroger sur sa part d’historicité, qui finalement recouvre seulement les vingt-sept dernières années de l’Europe, avec des enjeux inscrits dans une hyper-actualité rendant toute prise de distance difficile pour un élève de dix-huit ans à peine. On se demandera en effet quel regard critique un bachelier peut poser sur la notion de gouvernance européenne, sur celle de supranationalité induisant la perte de souveraineté des nations intégrées au projet de l’Europe maastrichtienne. Les bacheliers ont-ils les moyens d’interroger les enjeux du référendum de 2005 et les modifications profondes apportées en 2009 par le traité de Lisbonne?

Les enjeux du sujet sont inscrits dans une hyper-actualité rendant toute prise de distance difficile pour un élève de dix-huit ans

Dès lors, on comprend que certains parents, certains observateurs puissent trouver un tel sujet fort peu «historique» (au sens d’une analyse raisonnée et critique des faits passés) et bien plus politique, sinon propagandiste. En effet, les attendus pour obtenir une note correcte ne sont pas orientés vers une approche critique de la construction européenne, mais vers une restitution du «récit linéaire européen» appris par cœur: il faut toujours plus d’Europe pour que l’Europe réussisse. Il est d’ailleurs piquant de constater que ceux, parmi les progressistes de tous bords, qui fustigent le prétendu «roman national» et appellent à «dénationaliser l’histoire de France», sont les ardents promoteurs du «roman européen». La construction européenne est en effet décrite comme une longue marche vers le progrès, la paix et la béatitude du libre-échange sans entrave que de mauvais génies «nationalistes» animés de «passions tristes» viendraient troubler, formant de terrifiants desseins pour nous ramener «aux heures sombres de notre histoire». Nos programmes au collège comme en lycée, et ce sujet de bac, témoignent de ce «roman européen», mais personne n’aurait l’idée d’en ébaucher une critique historiographique et historique.


Au fil des années, parce qu’il faudrait que l’école soit de son temps, l’enseignement de l’histoire contemporaine est devenu une activité de commentaire du temps présent, à cheval entre le journalisme bien-pensant et la vulgate du Monde diplo (pour les questions de géopolitique internationale). Les quatre thèmes au programme en Terminale parlent d’eux-mêmes: le rapport des sociétés à leur passé (traduire par «le culte mémoriel et son camaïeu d’histoires victimaires»), idéologies et opinions en Europe de la fin du XIXe à nos jours (centré sur l’Allemagne et la France depuis 1875, ce qui nuance nettement la localisation ambitieuse de l’intitulé), puissances et tensions dans le monde de 1918 à nos jours (traduire par «brosser un siècle de géopolitique internationale en vingt heures de cours»), les échelles de gouvernement dans le monde de 1945 à nos jours (à savoir l’échelle de l’État-nation avec la France comme exemple, l’échelle continentale avec l’Union européenne, l’échelle mondiale avec «la gouvernance économique mondiale» sic). Ces thèmes sont révélateurs de la dérive tant géopolitique que mémorielle de l’enseignement de l’histoire contemporaine, qui s’apparente de plus en plus à des sciences politiques de café du commerce.

Au fil des années l’enseignement de l’histoire contemporaine est devenu une activité de commentaire du temps présent.

Les autruches-idéologues en fonction au ministère, au Conseil supérieur des programmes, dans les établissements de formation des enseignants (Espé) ou au sein de l’Inspection générale, nous répètent en boucle comme une méthode Coué: «le niveau ne baisse pas, certes nos bacheliers ne savent pas les mêmes choses que leurs aînés mais ils savent bien d’autres choses puisqu’ils sont ouverts sur le monde grâce aux nouvelles technologies». Or la réalité observable par tout enseignant intellectuellement honnête et par tout parent d’élève lucide est différente. Les enseignants du Supérieur constatent tous en accueillant les étudiants de première année que les niveaux de culture générale, de maitrise de la langue écrite, de compréhension de textes complexes, sont en chute libre. Qu’ils ne sont en rien compensés par l’agilité numérique ou la capacité d’exprimer sa pensée en 140 signes sur Twitter en langue onomatopée-inclusive. Dernier exemple en date de la bêtise couplée à l’arrogance: des candidats de sections ES et S lancent actuellement une pétition pour «dénoncer» un sujet de français jugé trop difficile (un poème d’Andrée Chédid). Ils vont jusqu’à employer le terme «humiliation» pour exprimer leur ressenti! Ils s’insurgent aussi du fait que la plupart d’entre eux n’ont pas compris que l’auteur était une femme et ont donc fait un contresens … Et oui, car un bachelier en 2019 connaît et tolère tous les prénoms saugrenus (dont les parents affublent leur chérubin pour «être original et différent»), mais il n’est pas en mesure de savoir que le «e» d’Andrée marque la féminité de celle qui porte ce prénom. L’élève a donc «le droit» de se plaindre.

La déculturation de masse des élèves produits par l’Éducation nationale depuis au moins trois décennies à force de pédagogie jargonneuse, de didactique prétentieuse, de «sciences de l’éducation» qui ont vidé les enseignements disciplinaires de substance autant que d’exigence intellectuelle, ne pouvait que conduire à cette ignorance généralisée qui rend indéchiffrable la course du monde. Tant d’individus sont emportés par le tourbillon de la mondialisation néolibérale dont ils ne comprennent pas les enjeux et les stratégies déshumanisantes. Or, ce monde obscur et inintelligible produit de la colère, née de l’impuissance, de la violence, née de l’inculture. Mais pour faire accepter la mondialisation et ses effets à ceux qui la subissent, l’enseignement de l’histoire est utilisé par les élites progressistes comme un instrument de prédiction des temps futurs: on ne rechigne ni aux anachronismes les plus grossiers, ni aux reductio ad hilterum tous azimuts. Là où les politiques à l’œuvre dans l’histoire scolaire de la IIIe République visaient à consolider la culture commune du passé national pour unifier la nation civique, ceux d’aujourd’hui usent de l’histoire pour fragmenter, atomiser, déraciner. L’histoire est de moins en moins la «science humaine» que les esprits rationnels de la seconde moitié du XIXe siècle espéraient fonder, elle est en train de revenir à ce qu’elle fut pendant des siècles: un récit émis par les pouvoirs en place pour se légitimer et perdurer, des chroniques apologétiques de l’action des élites dirigeantes. L’histoire quitte à pas de loup l’espace intellectuel d’une analyse critique du passé en constante réécriture, pour devenir un tribunal jugeant les hommes d’hier à l’aune des préoccupations sociales et politiques des hommes d’aujourd’hui.

On pouvait espérer que les nouveaux programmes d’histoire mis en œuvre à la rentrée prochaine pour la réforme du baccalauréat, retisseraient le fil d’une science historique en perdition… Hélas, les premières annonces faites en janvier sur les classes de Seconde et de Première ne sont guère rassurantes. Le biais chronologique annoncé n’est que de la poudre de perlimpinpin pour masquer la persistance de ces approches thématiques hyper ambitieuses qui accouchent toujours d’une souris. Derrière les mots rassurants de Jean-Michel Blanquer, la réforme du lycée et des programmes afférents a été imposée à marche forcée et sans réelle concertation avec les premiers concernés - à savoir les enseignants de terrain. De ce point de vue, le ministre Blanquer utilise la même méthode du «fait accompli» que son prédécesseur la ministre Najat Vallaud-Belkacem et sa réforme catastrophique des programmes du primaire et du collège que M. Blanquer n’a pas remise en question contrairement à ses engagements lors de sa prise de fonction en mai 2017.

On en revient toujours à la réalité de terrain: les programmes deviennent ce que les enseignants en font. Mais, élèves, parents d’élèves, observateurs doivent avoir à l’esprit qu’avec toujours moins d’heures d’enseignement et des programmes encyclopédiques irréalisables, les enseignants ne sauraient être tenus pour responsables de la pédagogie du survol et de la déconstruction du récit historique auxquelles les oblige leur hiérarchie. Ils ne peuvent pas davantage être jugés coupables de la perte de culture générale des nouvelles générations. Les enseignants font ce qu’ils peuvent avec les orientations politiques des programmes scolaires que des idéologues imposent. Et s’ils sont toujours plus nombreux à rêver d’une reconversion professionnelle, ce n’est pas sans raison.

La liberté universitaire, la censure et le politiquement correct

Qui est Diego Fusaro, dont l’invitation a aussi été annulée à Nice

https://fr.wikipedia.org/wiki/Diego_Fusaro


Et https://www.youtube.com/watch?v=jNMU0BRM4Mg

Annulation à Toulouse (prof proche de la Manif pour Tous)

https://www.ladepeche.fr/amp/article/2018/11/13/2905718-universite-toulouse-annule-venue-professeur-proche-manif-tous.html

Voir à Bobigny:

https://twitter.com/uejf/status/1092555115058421765?lang=fr

Une autre affaire à Cambridge (pas mentionnée dans la vidéo)

https://quillette.com/2019/05/02/camb...


Sur Stéphane Mercier à l’Université catholique de Louvain (catho tradi)

https://plus.lesoir.be/87950/article/2017-03-29/propos-anti-avortement-lucl-la-liberte-academique-menacee

Sur Mme Reynier, rectrice de l’académie d’Orléans-Tours.
« Enfants d’immigrés » : quand la rectrice d’Orléans dérape », Le Nouvel Observateur, 20 juin 2011.

« EELv dénonce des propos du recteur sur « les enfants issus de l’immigration» , Le Parisien, 19 juin 2011.

« La rectrice de l’académie Orléans-Tours s’ex- plique », Le Nouvel Observateur, 22 juin 2011.



Livre de J. S. Mill, De la Liberté [on ne peut croire aux experts dans des domaines que nous ne maîtrisons pas que parce qu'il y a la liberté d'expression garantie à leurs potentiels contradicteurs, exemple sur la théorie de Newton et sa remise en cause moderne]


Livre de Mearsheimer et Walt

Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine
John MEARSHEIMER, Stephen M. WALT

https://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Le_lobby_pro_isra__lien_et_la_politique___trang__re_am__ricaine-9782707157010.html

Sur les attaques au gaz en Syrie

En 2013: https://www.les-crises.fr/la-maison-blanche-a-publie-un-rapport-de-renseignement-manifestement-faux-trompeur-et-amateur-par-theodore-postol/

Et en 2018:
http://accuracy.org/release/postol-newly-revealed-documents-show-syrian-chemical-attacks-were-staged/

Sur la censure concernant le climat (3 exemples parmi d’autres)
Vingt-cinq Académiciens s’opposent à une censure climatique
https://www.valeursactuelles.com/politique/vingt-cinq-academiciens-sopposent-une-censure-climatique-108074

Le témoignage de Roger Pielke Jr

https://threadreaderapp.com/thread/987052536883376128.html

Ross McKitrick: Ce scientifique a prouvé que le changement climatique ne causait pas de conditions climatiques extrêmes - les politiciens ont donc attaqué

https://business.financialpost.com/opinion/ross-mckitrick-this-scientist-proved-climate-change-isnt-causing-extreme-weather-so-politicians-attacked

Sondage sur la peur de s’exprimer en public en Allemagne:
Seuls 18% des Allemands se sentent libres d'exprimer leur opinion en public
[Notons que plus de 31 % des Allemands ne se sentaient même pas libres de s’exprimer en privé et entre amis. Seulement 17 % se sentaient libres de s’exprimer sur Internet et 35 % ont déclaré que la liberté de parole était confinée au plus restreint des cercles privés.]

https://www.welt.de/politik/article193977845/Deutsche-sehen-Meinungsfreiheit-in-der-Oeffentlichkeit-eingeschraenkt.html

https://jonathanturley.org/2019/05/28/poll-on-18-percent-of-german-feel-free-to-voice-views-in-public/

Le troublant copier-coller du « Un million d'espèces animales et végétales menacées d'extinction »

Selon Radio-Canada qui reprend une dépêche de l’AFP : « Déjà un million d’espèces menacées d’extinction et le rythme s’accélère : la nature, qui permet à l’humanité de vivre, est condamnée à poursuivre son déclin à moins d’“un changement profond” des modèles de production et de consommation des hommes.

Dans un rapport sans précédent publié lundi, le groupe d’experts de l’ONU sur la biodiversité (IPBES) peint un tableau sombre de l’avenir de l’être humain, qui dépend de la nature pour respirer, boire, manger, se chauffer ou se soigner.

“Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier”, décrit Robert Watson, président de l’IPBES.

Déforestation, agriculture intensive, surpêche, urbanisation galopante, mines : 75 % de l’environnement terrestre a été “gravement altéré” par les activités humaines et 66 % de l’environnement marin est également touché.

Résultat : environ un million d’espèces animales et végétales sur les quelque huit millions estimées sur Terre sont menacées d’extinction, dont “beaucoup dans les prochaines décennies”. »



Le journaliste Toby Young du Spectator s’est penché sur cette histoire alarmiste pour la biodiversité et sur l’affirmation selon laquelle un million d’espèces devraient disparaître à moins d’un changement de notre mode de vie et de notre modèle économique.

Young semble avoir fait quelques brèves recherches et a montré que les estimations sous-jacentes, parrainées par l’ONU, sont bidons. Les auteurs du rapport ont extrait certaines données de la « liste rouge » officielle des espèces menacées et les ont soumis à des extrapolations que les auteurs de cette même liste rouge disent qu’il ne faut justement pas faire. Ils ont ensuite publié un communiqué de presse quelque peu hystérique, mais pas le rapport sous-jacent.



C’est une histoire familière pour quiconque s’intéresse à l’écologisme, mais Young a été plutôt surpris, à la fois par la médiocrité de la recherche et par la façon dont la presse l’a traitée. Après tout, si de brèves recherches ont révélé à Young (avec un diplôme en politique, philosophie et économie) que certaines recherches dites scientifiques sont absurdes, les nombreux autres journalistes auraient sans doute dû remarquer que des aspects de ce rapport alarmiste clochaient. Mais voilà, de nombreux journalistes scientifiques sont eux-mêmes militants (ils se considèrent simplement comme « responsables ») se voient comme faisant partie du mouvement écologiste et il est donc mal vu (« peu responsable ») de poser des questions qui pourraient démobiliser les gens. Ainsi, les journalistes scientifiques des différents médias ont-ils simplement repris ce communiqué de presse ou l’ont rapidement réécrit avec leurs propres mots. Très peu semblent avoir gratté ou posé de questions, nous ne connaissons que le cas de Toby Young.


Dans une certaine mesure, le problème peut être imputé au manque de connaissances scientifiques de la presse. La plupart des gens qui tiennent les colonnes science-environnement dans les médias sont des diplômés en sciences humaines (Stephen Guilbeault a fait des études en théologie) et auraient du mal à remettre en question de nombreux communiqués de presse qu’ils retranscrivent fidèlement. Toutefois, le cas de Toby Young démontre qu’un esprit curieux peut faire une grande différence. Mais les journalistes scientifiques ne sont pas très curieux, la plupart d’entre eux sont à l’aise dans leur foi écologiste, ils sont écoresponsables.

Les personnes sensées devraient prendre avec une énorme poignée de sel toutes les manchettes sensationnalistes scientifiques que les médias reprennent, en particulier ceux qui relatent de « nouvelles études ». Devant ces dépêches sensationnalistes, il vaut mieux chercher l’opinion de sceptiques dans les médias alternatifs ou sociaux pour mettre en perspective ces unes à sensation. Ces gros titres sont généralement réfutés le jour même par de mauvais coucheurs de sceptiques, malheureusement pas avant que les médias grand public aient fait des dégâts dans l’opinion publique qui ne se souviendra que de la manchette alarmiste. Ces médias ne donnent jamais la même ampleur à des corrections tardives, si tant est qu’ils les publient.



Extrait de l’article de Toby Young

J’ai décidé de creuser un peu pour voir si un million d’espèces « risquent de disparaître au cours des prochaines décennies », comme l’a dit la BBC. Cette affirmation se fonde sur un rapport de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) de l’ONU, mais ce rapport n’a pas encore été publié. Tout ce que j’ai réussi à trouver en ligne fut un communiqué de presse publié par la IPBES et un « résumé » du rapport « à l’intention des décideurs ». Le communiqué de presse indique : « Le rapport révèle qu’environ un million d’espèces animales et végétales sont menacées de disparition, dont beaucoup au cours des décennies. » Il ne fournit aucune source au-delà du rapport non encore publié, mais le résumé indique clairement qu’il est en partie basé sur les données de la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Le site Web de la Liste rouge de l’UICN indique que « plus de 27 000 espèces sont “menacées d’extinction” ». Alors, comment l’IPBES est-il arrivé au chiffre d’un million ? Le passage essentiel dans le résumé destiné aux décideurs politiques se lit comme suit : « Environ 25 % des espèces appartenant à des groupes d’animaux et de plantes évalués sont menacées, ce qui suggère qu’environ un million d’espèces sont déjà menacées de disparition, dont beaucoup dans des décennies, si aucune mesure n’est prise. » Le mot « suggérant » est essentiel. Le site Web de la Liste rouge indique que 98 500 espèces ont été « évaluées » — et l’IPBES a déterminé le pourcentage d’espèces sur un total de 98 500 et a multiplié les 27 000 en conséquence. C’est un calcul difficile à faire, étant donné que le nombre d’espèces dans le monde est inconnu... L’estimation la plus fiable est de 8,7 millions (avec une marge d’erreur de plus ou moins 1,3 million), mais même les compilateurs de cette statistique reconnaissent que 86 % de toutes les espèces terrestres et 91 % des espèces marines n’ont pas encore été découvertes, décrites et répertoriées.

Comment l’IPBES est-il parvenu au chiffre magique d’un million ? Il semble que nous devions simplement le croire sur parole, ce que la BBC a dûment fait. Qu’en est-il de l’affirmation de l’IPBES selon laquelle « environ 25 % des espèces… sont menacées » ? Cela semble un peu pessimiste, étant donné que le nombre de mammifères disparus au cours des 500 dernières années est d’environ 1,4 % et qu’un seul oiseau a connu le même sort en Europe depuis 1852. Ce n’est pas mal si l’on considère l’ampleur de la croissance économique au cours des 167 dernières années. Alors, que veut dire « menacé » ? L’IPBES utilise la définition de l’UICN, qui est « à haut risque d’extinction dans la nature ». De manière peu vraisemblable, l’UICN inclut dans cette catégorie les espèces qu’elle qualifie de « vulnérables », qu’elle définit comme faisant face à une « probabilité de disparition dans la nature » d’au moins 10 % ». Près de la moitié des espèces incluses par  l’IPBES dans son chiffre de 25 % appartiennent à cette catégorie « vulnérable ».

[...]

Le lecteur de nouvelles de la BBC, résumant le rapport (non publié) de l’IPBES, a déclaré que 40 % des amphibiens font partie des espèces « en danger d’extinction imminente ». Effectivement, ce chiffre de 40 % figure dans le communiqué de presse de l’IPBES et sur le site Web de la liste rouge. Mais environ un tiers de ces amphibiens entrent dans la catégorie « vulnérable ». Décrire leur extinction comme « imminente » est donc exagéré. C’est un peu comme si on disait que Manchester City risque 10 % d’être relégué dans les 100 prochaines années et qu’il risque donc d’être relégué de façon imminente. Pour ceux qui ne suivent pas le football anglais, Man City devrait être sacré champion de Premier League samedi.


L’analyse des données de la Liste rouge tend à démentir cet alarmisme

Les données de base proviennent de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources (UICN), qui répertorie toutes les espèces connues qui ont suivi le chemin du dodo et de la tourte voyageuse. L’examen de l’ensemble des données révèle une vision bien différente de cette tendance alarmiste à l’extinction imminente.

Ci-dessous, toutes les 529 espèces de la liste rouge répertoriées dont la date d’extinction est connue sont illustrées ci-dessous à la figure 2 par décennie d’extinction. Ce graphique révèle une histoire assez différente de celle avancée par le nouveau rapport. Au lieu d’une augmentation constante du nombre et du taux d’extinctions, nous constatons que les extinctions ont atteint leur maximum à la fin du XIXe siècle et au début du 20e siècle, suivies d’un déclin important qui se poursuit encore aujourd’hui. On pense que ce pic d’extinction coïncide avec l’introduction d’espèces non indigènes, principalement sur des îles (y compris l’Australie).

Extinction d’espèces par décennie de 1500 à 2009


Un examen plus approfondi des informations les plus récentes remontant à 1870 révèle que, au lieu d’une augmentation effrayante, les extinctions sont en train de régresser de manière significative.

Ce qui est évident, c’est que la tendance aux extinctions est à la baisse plutôt qu’en hausse, tout le contraire de ce que prétend le nouveau rapport. En outre, selon le rapport de l’IPBES, nous pouvons nous attendre à 25 000 à 30 000 extinctions par an, mais la moyenne des 40 dernières années est d’environ 2 espèces par an. Cela signifie que le taux devrait être multiplié par 12 500 à 15 000 pour atteindre les hauteurs vertigineuses prédites. On ne voit pas ce qui permet de prévoir une telle augmentation, ni même une petite fraction de cette hausse vertigineuse.

Graphique des extinctions d’espèces par décennie, à partir de la liste rouge



Cette nouvelle étude portant sur l’extinction des espèces animales et végétales n’est que le dernier exemple d’abus du processus scientifique conçu pour causer l’hystérie autour d’une apocalypse climatique imminente et forcer la main aux pouvoirs politiques et aux citoyens. La peur et l’alarme suscitées par de prétendues catastrophes imminentes doivent servir à imposer à une population rétive des politiques qui ne pourront qu’abaisser notre qualité de vie et notre vitalité économique.

Ironie : ce nouveau rapport présente un problème épineux à tous ceux qui veulent sauver la planète de nos excès de dioxyde de carbone, car il indique que la perte d’habitat est la principale cause des extinctions prévues. Mais voilà, la solution préconisée habituellement pour lutter contre le CO2 consiste à recouvrir de vastes étendues de terres par des usines solaires de taille industrielle et à ériger d’immenses usines éoliennes qui couvriront les forêts et les prairies, tuant les oiseaux en danger et les autres espèces qu’ils prétendent sauver.

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