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vendredi 17 octobre 2025

États-Unis — le succès des immigrants Africains remet-il en question le racisme comme principal frein

En 1960, moins de 1 % des immigrants américains provenaient du continent africain. En 2020, ce chiffre avait grimpé à 11 %, marquant une transformation profonde de la démographie noire aux États-Unis.Au cours des 30 dernières années, environ 2 millions d’Africains ont immigré aux États-Unis, un chiffre quatre fois supérieur au nombre d’Africains déportés sur le continent nord-américain pendant toute la traite négrière transatlantique.

Aujourd’hui, plus d’un quart de la main-d’œuvre noire est née à l’étranger ou a des parents nés à l’étranger, redéfinissant radicalement ce que signifie être noir en Amérique. Les Africains, qui représentent désormais près de la moitié des immigrants noirs, forment l’un des groupes à la croissance la plus rapide. Les Caribéens et les Latino-Américains noirs contribuent également à cette diversification.Une étude récente de Rong Fu (université Waseda, Japon), Neeraj Kaushal (université Columbia) et Felix Muchomba (université Rutgers) démontre que cette vague d’immigration noire réduit l’écart de revenus entre Noirs et Blancs, stagnant depuis des décennies. 

Les immigrants noirs, souvent mieux éduqués que les Noirs nés aux États-Unis et les autres immigrants, s’installent dans des quartiers plus prospères, à majorité blanche, avec des écoles de qualité. Le succès des immigrants noirs semble promis à s’amplifier. Les fils d’immigrants gagnent davantage que ceux des
Noirs américains, bien qu’en deçà des Blancs. Plus frappant encore, leurs filles surpassent en moyenne les femmes blanches en termes de revenus. « Les Africains noirs sont en passe de devenir la prochaine minorité modèle », affirme Neeraj Kaushal, soulignant leur ambition et leur ténacité.

Ce dynamisme peut toutefois susciter des tensions. Autour d’un plat de bananes plantains frites au gingembre, Yvonne McCowin, consul honoraire du Ghana en Géorgie, confie que certains Africains jugent les Noirs américains insuffisamment combatifs face aux opportunités.De nombreux immigrants, ayant survécu à des conflits dévastateurs, adoptent une approche pragmatique face au racisme en Amérique. 

Olivia Mugenga, avocate rwandaise spécialisée dans les droits humains, dont la mère et les grands-parents ont péri lors du génocide contre les Tutsis, illustre ce point : « Les Noirs américains nous perçoivent parfois comme des ‘serviteurs domestiques’, un terme popularisé par Malcolm X pour désigner ceux qui s’accommodent d’un système oppressif pour réussir. Je ne suis pas une servante domestique ; je n’ai simplement pas le temps de prouver mon humanité aux Blancs. »

Les conservateurs citent souvent les immigrants caribéens et africains comme preuve que les Noirs peuvent prospérer aux États-Unis malgré les préjugés. Colin Powell, fils d’immigrants jamaïcains, l’a résumé ainsi : « J’ai surmonté le racisme. » Pourtant, Camilla Moore, présidente du Georgia Black Republican Council, rejette cette comparaison. « Les Africains et les Noirs américains n’ont rien en commun », déclare-t-elle. « Ils ressemblent davantage aux immigrants chinois ou allemands, dont les familles ont les moyens d’accéder à des institutions comme Harvard. » Elle ironise sur l’idée de discuter des droits civiques avec un Nigérian.

Un coiffeur d’un quartier noir d’Atlanta observe une nouvelle clientèle africaine croissante. Ce qui le frappe, au-delà des tensions, ce sont leurs choix de coupes : les Noirs américains privilégient des « afros bouclées, élégantes », tandis que les Africains optent pour un style sobre, « court et rasé près du cuir chevelu ». Pour lui, cela reflète une différence d’état d’esprit : « Les Africains cherchent avant tout à s’intégrer. »

[Note du carnet : Si l'étude ajuste les écarts de revenus pour l'éducation et analyse les tendances d'installation par État via une simulation, elle ne semble pas inclure d'ajustement explicite pour le coût de la vie. Or les immigrants africains se concentrent dans les villes où les salaires sont certes plus importants que dans les campagnes mais où le coût de la vie est plus haut. L'absence d'ajustement pour le coût de la vie rend la comparaison potentiellement biaisée, en faveur des immigrants urbains. Ces résultats pourraient surestimer le "succès" financier des immigrants noirs en ignorant le coût plus élevé des zones qu'ils choisissent (par exemple : New York) par rapport aux zones rurales du Sud, où vivent plus de natifs noirs américains.]


Source : The Economist

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mardi 10 septembre 2024

Brevet — Confusion entre « la » ou « l’a» n’est pas considérée comme une faute car l'élève a eu l’idée du son

 Myriam Meyer (professeure de français et de latin) affirme que « Pour le brevet des collèges, si l’élève écrit "la" ou "l’a", cela n’est pas considéré comme une faute car il a eu l’idée du son. C’est l’une des consignes que nous recevons. »

 

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Myriam Meyer se confie sur ses années en tant que prof dans un collège appartenant à un réseau d'éducation prioritaire (REP) et nous livre son regard sur les actions de l'Éducation nationale.

 

 LA VRAIE VIE D’UNE PROF DE BANLIEUE

Pendant six ans, cette jeune prof a enseigné le français, le latin et le grec dans un collège de la banlieue parisienne. Avoir encore foi en son métier quand on se retrouve face à des enfants de culture étrangère, dans une société qui ne croit plus à l’exemplarité ni à la transmission, est un combat de tous les jours. Elle le raconte avec talents dans un livre publié chez Robert Laffont, « Wesh, Madame ?! ».

Ses élèves l’ont baptisée la « Sénégauloise », parce que Myriam Meyer est née au Sénégal, où sa mère était prof et que non, elle n’est pas « une rebeu qui a réussi », même si elle s’appelle Myriam. En découvrant son prénom, les enfants de l’immigration du collège du Val-de-Marne où elle enseignait pensaient volontiers qu’elle était arabe – à l’époque où elle y a été parachutée, elle ne portait pas encore le nom de son mari, Meyer. A l’Éducation nationale, les affectations dépendent d’un système complexe de points. Au bout de trois ans seulement d’expérience professionnelle, enseigner en réseau d’éducation prioritaire (REP) n’était pas le choix de cette trentenaire. Mais avec le recul, ces six années auront été « les plus fécondes, les plus riches et les plus fortes » de sa carrière, comme elle l’écrit dans l’avantpropos de son livre. Myriam Meyer a le talent de faire partager ses émotions au lecteur de Wesh, Madame ? ! Rires et larmes d’une prof de banlieue. Enseigner le français, mais aussi le latin et le grec à des jeunes qui ne parlent parfois que la langue de leurs parents, sans même l’écrire, est une gageure. Cette frêle jeune femme relève le défi avec humour.

Au début, les cours de langues mortes de « Madame Vieuxmots » – un autre de ses surnoms – n’attirent pas les foules. Elle n’a que six élèves. Les collégiens sont réticents, pour des raisons parfois incongrues. Elle s’entend dire : « J’veux pas faire de latin, Rome, c’est trop la honte […] Ça a fait les Roumains. C’d’la merde les Roumains, les Roms. »

CONTRE LA VICTIMISATION

Mais les malentendus finissent par être levés et Myriam Meyer se retrouve avec des classes de 25 élèves. Les parents, dans ces banlieues où le chômage sévit, pourraient douter de l’utilité du latin et du grec pour leur progéniture, mais c’est souvent le contraire qui se produit selon le professeur : « Pas mal de parents me suppliaient de prendre leur enfant parce qu’ils étaient convaincus que c’était le meilleur moyen qu’il se retrouve avec de bons élèves. Du coup, je pouvais avoir dans la même classe des gamins superbrillants, superdisciplinés, et des vrais terribles qui passaient six mois à se demander ce qu’ils faisaient là. »

En cours, l’enseignante montre « à des enfants qui viennent d’environnements et de pays très différents que la France appartient à une culture commune, fondatrice pour notre civilisation, la littérature, la philosophie, la poésie, l’art en général. » Le récit des conquêtes romaines lui permet, au passage, de démonter les discours de victimisation identitaire en expliquant qu’ « Européens ou Africains, on a tous été colonisés à un moment donné, qu’il n’y a pas les oppresseurs et les opprimés ».

Pas facile de lutter contre les idéologies délétères, mais aussi contre ce que Myriam Meyer appelle les « forces obscures », « l’attraction des écrans et de l’argent facile », à une époque où, regrette-t-elle, « l’exemplarité a disparu, dans les familles comme dans la société ». Mais à la lire, elle y parvient souvent, entre rires et larmes.

Wesh, madame ?!,
Rires et larmes d'une prof de banlieue,
par Myriam Meyer
publié chez Robert Laffont,
le 22 août 2024,
240 pp,
ISBN-13 : 978-2221277225

samedi 17 août 2024

États-Unis — Dieu et les notes, les élèves pieux obtiennent de meilleurs résultats.

La religion fait son retour dans les écoles publiques américaines, et les républicains mènent la charge. En avril, Ron DeSantis, gouverneur de Floride, a signé un projet de loi autorisant la présence du clergé dans les écoles publiques (le Texas et la Louisiane ont adopté des lois similaires). En juin, la Louisiane a adopté une loi exigeant que les Dix Commandements soient affichés dans toutes les salles de classe des écoles publiques. Une semaine plus tard, le superintendant de l'Oklahoma a ordonné à toutes les écoles publiques d'enseigner la Bible.

L'Amérique est très religieuse par rapport à d'autres pays riches. En 2018, une étude de Pew, un institut de sondage, a révélé que 53 % des Américains déclarent que la religion est importante dans leur vie, alors que seuls 27 % des Canadiens, 22 % des Espagnols et 10 % des Britanniques sont de cet avis. Mais le tableau est contrasté. Les républicains sont beaucoup plus susceptibles que les démocrates de s'identifier à la religion (61 % contre 37 %). Les États du Sud sont aussi généralement plus religieux que les autres. Alors que 77 % des adultes de l'Alabama et du Mississippi se déclarent très religieux, ce n'est le cas que d'un tiers des adultes du New Hampshire et du Massachusetts.

Il n'est donc pas surprenant que la pression en faveur de l'introduction de la religion à l'école provienne principalement des États du Sud dirigés par les républicains. De nombreuses personnes, profondément sceptiques à l'égard de la religion dans les écoles publiques, s'y opposent. La Cour suprême a généralement statué en faveur de la séparation de l'Église et de l'État, à quelques exceptions près.

Parmi les arguments avancés, on a tendance à oublier les preuves de l'impact de la religion sur les résultats scolaires. Les recherches montrent que les élèves religieux réussissent mieux à l'école. Les élèves pieux ont de meilleures notes, sont plus assidus et font plus d'années d'études supérieures.

Peut-être la crainte de Dieu motive-t-elle ces élèves studieux et pieux. « Certains enfants croient vraiment que Dieu les observe, que Dieu intervient dans leur vie ou qu'Il les juge d'une manière ou d'une autre “, explique Ilana Horwitz, professeur adjoint à l'université de Tulane et auteur de « God, Grades, and Graduation » (Dieu, les notes et les diplômes). « Cela incite les enfants à se comporter d'une manière qu'ils pensent être agréable à Dieu ». Selon le Dr Horwitz, un enfant qui va régulièrement à l'église sera également surveillé par un plus grand nombre d'adultes au sein de la communauté. Il y réfléchira peut-être à deux fois avant de voler à l'étalage ou de sécher l'école. Des études montrent que les enfants plus religieux boivent et consomment moins de drogues et ont moins de partenaires sexuels que leurs camarades.

« Beaucoup de communautés religieuses sont des communautés d'apprentissage », explique Michael Wear, fondateur du Centre for Christianity and Public Life, une organisation à but non lucratif, et ancien collaborateur du président Barack Obama à la Maison Blanche. « Elles lisent ensemble, dialoguent ensemble et acquièrent toutes sortes de compétences. »

Les récalcitrants, comme ceux qui intentent des procès pour empêcher la mise en œuvre de ces nouvelles lois dans les écoles, considèrent peut-être ces résultats comme des indicateurs de la solidité des familles et des sociétés. Les parents qui peuvent assister à des offices hebdomadaires ou enseigner Dieu à leurs enfants sont peut-être tout simplement plus stables. Pourtant, une étude de l'université de Stanford et de l'université de Caroline du Nord à Chapel Hill a montré que, même au sein d'une famille, l'enfant le plus croyant obtient les meilleurs résultats à l'école.

Bien que les études universitaires semblent confirmer l'impact positif de la religiosité sur les résultats scolaires, certaines lacunes subsistent. Tout d'abord, les athées obtiennent également de meilleurs résultats scolaires que les personnes légèrement croyantes. Alors que les élèves religieux semblent être motivés par Dieu, les athées semblent être motivés par la recherche de la connaissance ou le plaisir de la polémique et de la contradiction. Deuxièmement, la religion n'entraîne de meilleurs résultats que pour certaines personnes. La religiosité est surtout utile aux enfants de la classe ouvrière et de la classe moyenne. Les enfants pauvres ont trop d'obstacles à surmonter, explique le Dr Horwitz, et les enfants riches réussiront probablement bien malgré tout. Enfin, les enfants religieux obtiennent de moins bons résultats dans un domaine : l'obtention d'un diplôme dans une université très sélective. Ils ont tendance à accorder la priorité à leur famille et à leur communauté ; la poursuite d'une éducation prétendument d'élite est moins importante pour eux.

Source partielle : The Economist

jeudi 15 août 2024

Étude — Les écrans causeraient plus de colères chez les 3 à 5 ans

Une étude révèle que plus les tout-petits passent du temps sur un écran, plus ils risquent de faire des crises de colère.


Les conséquences nocives des écrans chez les tout-petits se précisent : plus un enfant passe de temps devant une tablette ou un cellulaire, plus il risque de faire des crises de colère, ce qui contribue à augmenter encore plus son temps d’écran, un cercle vicieux qui peut compromettre son entrée à l’école.

Voilà les résultats d’une nouvelle étude menée par la professeure Caroline Fitzpatrick, de l’université de Sherbrooke, et son équipe auprès d’enfants de 5 ans et moins, dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue scientifique JAMA Pediatrics.

Les chercheurs ont découvert que les enfants de 3 ans qui utilisent une tablette sont plus susceptibles de manifester de la colère et de la frustration un an plus tard.

La difficulté à maîtriser leurs émotions contribuerait par la suite à l’augmentation du temps passé devant un écran à l’âge de 5 ans, puisque les parents pourraient avoir tendance à leur refiler une tablette ou un cellulaire pour les calmer.

PRÉVISIBLE

Il s’agit de résultats préoccupants, mais qui ne sont néanmoins pas étonnants, indique Mme Fitzpatrick.

« À l’âge de 3 ans, les enfants sont très sensibles à leur environnement. Ils ont besoin d’interactions, d’apprendre comment réguler leurs émotions, et le temps passé sur la tablette ne leur permet pas de pratiquer ces habiletés-là », explique-t-elle.

Les parents pourraient devenir moins patients devant les accès de colère de leurs enfants, ce qui pourrait expliquer que le temps rivé à l’écran augmente par la suite.

Or, le recours à la tablette pour calmer un enfant ne lui permet pas de développer des mécanismes pour gérer lui-même ses frustrations, comme de nommer ses émotions ou de parvenir à se changer les idées, explique la chercheuse.

COMMENCER L’ÉCOLE DU BON PIED

L’utilisation des écrans est cruciale dans la vie de jeunes enfants puisqu’elle peut avoir un impact sur la réussite scolaire.

La capacité à bien gérer ses émotions est un « élément clé » d’une entrée à l’école réussie, indique Mme Fitzpatrick.

Ces résultats de recherche viennent confirmer un phénomène observé depuis déjà plusieurs années par des enseignantes de maternelle ou du début du primaire qui affirment devoir gérer un nombre grandissant de crises dans leur classe.

À la maison, la chercheuse recommande aux parents de limiter le plus possible l’utilisation des écrans chez les tout-petits et de se doter de règles familiales claires.

Les parents doivent aussi donner l’exemple lorsqu’ils sont en présence de leur enfant, ajoute-t-elle.

Cette étude portait spécifiquement sur l’utilisation des tablettes, mais les résultats peuvent être facilement extrapolés aux cellulaires, puisque les deux appareils partagent plusieurs caractéristiques.

« On peut les trimballer partout avec nous, on les utilise pour aider les enfants à patienter au resto ou dans la voiture, ils peuvent se connecter à internet, si bien que les contenus sont disponibles en quantité illimitée », souligne-t-elle.


Sources : Le Journal de Quebec, Université de Sherbrooke

mardi 13 août 2024

Le sport à l'école primaire a un effet positif sur la réussite scolaire selon une étude

Selon une étude, on peut établir des liens entre la pratique d’un sport entre 6 et 10 ans et la réussite scolaire au secondaire, jusqu’à l’âge de 17 ans.


L’activité physique chez les jeunes n’est pas seulement bénéfique pour leur santé. La pratique d’un sport au primaire permet également de mieux réussir à l’école, et ce, jusqu’à la fin du secondaire, révèle une étude de l’Université de Montréal et du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, publiée cette semaine.

Prédire les chances de réussite scolaire grâce au sport

« Nous avons obtenu des résultats convaincants qui démontrent que la pratique d’un sport de la maternelle à la quatrième année a un effet positif sur tous les indicateurs de réussite scolaire jusqu’à la fin du secondaire », dit Linda Pagani, professeure de psychoéducation à l’Université de Montréal et coauteure de l’étude. L’équipe a suivi 746 filles et 721 garçons nés en 1997 ou 1998 en utilisant les données de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec de l’Institut de la statistique du Québec. Ils ont ainsi pu établir des liens entre la pratique d’un sport entre 6 et 10 ans et la réussite scolaire au secondaire, jusqu’à l’âge de 17 ans. Et ce, tant chez les filles que chez les garçons.

Des adolescents plus engagés et motivés

Les chercheurs ne se sont pas contentés d’analyser l’effet du sport sur les résultats scolaires des jeunes. « On a pris en compte plusieurs indicateurs de réussite », dit Mme Pagani. Non seulement les enfants qui pratiquaient régulièrement un sport obtenaient de meilleures notes, mais ils étaient aussi moins susceptibles d’abandonner l’école en dernière année du secondaire par rapport à ceux qui faisaient peu ou pas de sport. De plus, ils attachaient davantage d’importance à leurs résultats scolaires, étaient plus engagés envers leur école et nourrissaient des aspirations plus élevées quant à la poursuite de leurs études au cégep et à l’université. D’autres études avaient d’ailleurs déjà démontré que la forme cardiorespiratoire et la force musculaire étaient associées à de meilleurs résultats scolaires chez les adolescents.


« [Le sport] vient également stimuler le cerveau, les fonctions exécutives, qui sont très importantes pour les performances scolaires et le désir de s’engager à l’école », explique Kianouch Harandian, coauteure de l’étude.

Les filles qui pratiquaient régulièrement un sport à l’école primaire avaient un risque de redoubler une classe à l’adolescence réduit de 21 % par rapport à celles qui ne pratiquaient pas de sport de manière régulière. Pour les garçons, ce risque était réduit de 16 %.

Un environnement stimulant

« Le sport, surtout avec un entraîneur, crée un environnement stimulant et des opportunités sociales que l’enfant conserve dans les années qui suivent. Ça vient également stimuler le cerveau, les fonctions exécutives, qui sont très importantes pour les performances académiques et le désir de s’engager à l’école », explique Kianoush Harandian, coauteure de l’étude et étudiante au doctorat en psychoéducation à l’Université de Montréal. Pour être considérés comme faisant partie du groupe sportif, les jeunes devaient pratiquer régulièrement une activité physique avec un entraîneur, comme la danse, les arts martiaux ou le soccer, et poursuivre cette activité de façon constante pendant plusieurs années.

Des avantages considérables

« On voit que les parents impliquent de plus en plus les filles dans les sports comme le soccer, la ringuette et le basketball, observe la professeure Linda Pagani. C’est intéressant parce qu’on est en train de donner autant d’occasions aux jeunes filles qu’aux garçons d’expérimenter les sports et leurs défis. » Les chercheurs ont également observé que les filles qui pratiquaient régulièrement des sports durant leur enfance bénéficiaient d’avantages considérables dans leurs moyennes en cours de langue, comme le français et l’anglais. Selon eux, non seulement l’engagement dans le sport pendant l’enfance contribue à la réussite scolaire à l’adolescence, mais il pourrait augmenter les chances de réussite économique et personnelle à l’âge adulte.

mercredi 1 février 2023

Robert Plomin: « La génétique influe plus sur notre personnalité et notre réussite que l’environnement »

Extraits d’un entretien donné par le psychologue et généticien américain Robert Plomin. Dans son dernier ouvrage, L’Architecte invisible, il montre que nos capacités intellectuelles et autres aspects de notre personnalité seraient profondément influencés par notre génétique. Il invite à se saisir de cette révolution pour mieux cibler nos faiblesses et encourager nos talents. Selon Plomin, le 1 % de notre ADN qui nous rend uniques détermine à plus de 50 % ce que nous sommes. Nos capacités intellectuelles, notre introversion ou extraversion, notre vulnérabilité aux maladies mentales, et même le fait que nous soyons ou pas du matin, tous ces aspects de notre personnalité seraient profondément façonnés par les différences d’ADN dont nous avons hérité. Robert Plomin, pionnier de la génétique comportementale, s’appuie sur les recherches de toute une vie pour démontrer que l’ADN serait bien le facteur majeur qui construit notre personnalité. Nos familles, nos écoles et notre environnement importent, mais ils n’ont pas le même poids que nos gènes. Raison, selon Plomin, pour laquelle parents et enseignants devraient accepter les enfants tels qu’ils sont, plutôt que d’essayer de les modeler et de les faire aller dans certaines directions.

— Vous dites que l’environnementalisme — l’idée que nous sommes ce que nous apprenons — a été le point de vue dominant en psychologie pendant des décennies. Comment l’expliquer ?

Robert PLOMIN.  C’est une très bonne question. Je pense que la réponse est d’abord historique. La génétique comportementale a commencé au début des années 1900. Les premières études sur les jumeaux et l’adoption ont été réalisées dans les années 1920. Mais avec la Seconde Guerre mondiale, le rôle de l’Allemagne nazie en particulier, il est devenu impossible de parler d’influence génétique. Et je pense que le comportementalisme [l’idée que l’individu est conditionné par son environnement] a comblé ce vide. Cette idée résonne également avec l’idée démocratique d’égalité selon laquelle l’environnement est tout puissant, que n’importe qui peut réussir. C’est un raisonnement assez logique à première vue.

L’environnement peut faire une différence. Mais alors, pourquoi certaines personnes sont-elles schizophrènes et d’autres pas ? Pourquoi certains enfants ont-ils du mal à apprendre à lire et d’autres l’apprennent très facilement ? Nous devons nous demander empiriquement ce qui cause ces différences, et considérer la possibilité que des différences génétiques héréditaires expliquent certains de ces comportements. Dans le passé, on pouvait contester les études faites sur les jumeaux ou l’adoption. Mais avec la révolution de l’ADN, cela devient de plus en plus difficile de contester la part d’héritabilité de certains comportements. Mais il y a beaucoup de domaines des sciences sociales où les données ne comptent plus. On les ignore, on les met sous le tapis.

— On retrouve cette tendance dans les gender studies, qui ignorent le donné biologique de la différence des sexes…

 Vous avez encore le droit de dire que la différence des sexes existe en France ? J’ai toujours peur qu’on me pose la question quand je donne une conférence. Les hommes et les femmes sont-ils biologiquement différents ? Appelez-les comme vous voulez, mais quand vous avez la moitié de la population avec deux chromosomes X, l’autre moitié avec un chromosome X et un chromosome Y. Cela fait beaucoup de différences. […]

— Assiste-t-on aujourd’hui à une révolution ? La génétique est-elle de plus en plus prise en compte ?

 Il ne peut y avoir aucun doute à ce sujet maintenant, surtout quand on voit les progrès dans les domaines médicaux, y compris sur des choses comme l’obésité et les troubles psychiatriques. Il y a eu un revirement complet. La génétique est aujourd’hui largement acceptée, et on sait désormais que la révolution de l’ADN aura un impact majeur en termes de prédiction et de prévention de ces problèmes. Plutôt que d’attendre que quelqu’un fasse une crise cardiaque et d’essayer ensuite de la traiter, vous pouvez maintenant prédire quelles personnes ont un risque d’avoir une crise cardiaque plus élevé et donc faire de la prévention ciblée. Ce qui est devenu évident en médecine se répercutera, je pense, dans d’autres champs des sciences sociales. Maintenant en Angleterre, les études sur la parentalité prennent en compte le critère génétique.

— Vous avez formulé le concept de l’inné de l’acquis. Pouvez-vous nous expliquer ?

 Il y a des centaines de variables environnementales qui sont utilisées dans les sciences sociales, mais disons que les plus importantes sont les événements de la vie, les choses qui vous arrivent, et la parentalité. Mais si vous étudiez ces paramètres dans une conception génétique comportementale, comme une étude de jumeaux ou une étude d’adoption, vous trouvez une influence génétique sur ces variables prétendument environnementales. C’est très étonnant. […]

Par exemple, une étude d’adoption suédoise publiée en 2018 montre que le lien entre le divorce des parents et celui de leurs enfants est de nature génétique, pas environnementale. La probabilité de divorce est plus élevée pour un individu si c’est sa mère biologique qui ne l’a pas élevé, qui a un jour divorcé, et non pas ses parents adoptifs.

—   En gros, la génétique inverse la corrélation…

 Oui, c’est assez contre-intuitif. Évidemment, lorsqu’on voit des ressemblances entre le comportement des parents et celui des enfants, il est difficile de ne pas y voir une variable environnementale. Par exemple, les parents qui lisent beaucoup à leurs enfants ont des enfants qui lisent mieux. Mais si vous y regardez de plus près, vous vous apercevez qu’il y a une dimension génétique. Dans les études environnementales en Angleterre, on a isolé l’élément le plus explicatif de la réussite scolaire des enfants : le nombre de livres dans la bibliothèque des parents. Plus vous avez de livres sur vos étagères, plus votre enfant réussit à l’école. On s’est dit que cette variable était purement environnementale, et on a même proposé de remplir des camionnettes de livres et de déposer des livres à la porte, par exemple, des familles les plus pauvres afin qu’elles aient plus de livres chez elles, en supposant que cela permettra aux enfants de mieux réussir. En fait, on s’est rendu compte que cette variable avait une dimension génétique.

— Vous voulez dire qu’il y a un gène de la lecture ?

 Pas un gène, mais il y a une influence génétique. Les livres n’ont pas d’ADN. Mais pourquoi certains foyers ont-ils plus de livres que d’autres ? C’est parce que les parents les ont mis à la maison. Certains parents lisent beaucoup plus que d’autres parents et cela est lié à leur niveau d’instruction. Et ces choses montrent toutes une influence génétique substantielle. En tant que grand-parent, j’aime lire des livres à mes petits enfants.

mercredi 14 décembre 2022

La patience comme facteur de réussite scolaire et économique

Les tests internationaux PISA (Programme international pour le suivi des acquis) qui mesurent les performances scolaires des élèves dans le monde donnent à voir des différences marquées entre les pays. 


Beaucoup se sont déjà demandé à quoi ces différences sont attribuables. Un article récent, signé notamment par Eric Hanushek (Université de Stanford), jette un éclairage nouveau. Il met en évidence le rôle de la patience, c’est-à-dire de la capacité à renoncer à des gratifications immédiates.
 
Ce seul facteur pourrait expliquer jusqu’à deux tiers de la variation des résultats PISA : moins la culture d’un pays est tournée vers l’immédiateté, plus la performance de ses élèves est élevée.

Cette étude complète de nombreux autres travaux plus anciens qui lient la patience au processus de civilisation : la patience permet de ne pas tout consommer immédiatement, donc d’accumuler des ressources, et requiert le développement de facultés cognitives nécessaires à la projection vers l’avenir.

Les plus patients sont les plus riches

Mais pourquoi la patience ne serait-elle bénéfique que dans le domaine scolaire ?

En utilisant un sondage couvrant 76 pays, les auteurs montrent que les différences de patience entre pays expliquent jusqu’à 40 % des variations en matière de richesse. 

Le même résultat vaut au sein de chaque pays : les individus les plus patients sont ceux qui acquièrent le plus haut niveau d’éducation et de richesse. 

À l’heure où l’aptitude paraît en chute, on est en droit se s’inquiéter.

Si ces résultats sont intéressants, ils appellent une autre question plus difficile : d’où proviennent les différences de patience entre pays et régions du monde ? N’y a-t-il que des facteurs culturels en jeu ?

mardi 5 juillet 2022

Brève : apprendre les échecs n'améliorerait les compétences ni en maths, ni en lecture, ni en science

Une étude britannique n’observe aucun effet de l’enseignement des échecs auprès de 4000 enfants sur leurs résultats à des tests de mathématiques, de lecture ou de sciences.

Plus précisément, l’étude ne trouve aucune preuve d’un impact durable de l’enseignement des échecs sur les résultats des enfants aux tests de mathématiques, de lecture ou de sciences. Cela vaut pour divers sous-groupes (garçons, filles, enfants issus de milieux socio-économiques défavorisés) et pour l’ensemble de l’échantillon.

Ce résultat doit bien sûr être interprété à la lumière des limites de l’étude. Premièrement, il est important de souligner que l’objectif de cet essai visait uniquement les résultats scolaires des enfants. Pourtant, l’enseignement des échecs (et plus généralement les jeux exigeants sur le plan cognitif) peut avoir un certain nombre d’avantages supplémentaires importants, notamment des impacts potentiels sur la confiance en soi et les compétences non cognitives des enfants. Il peut également procurer aux enfants un avantage de consommation — le plaisir de jouer. Deuxièmement, bien que l’étude ait pris des mesures pour étudier la validité externe de ses résultats, on ne peut en toute rigueur généraliser ses conclusions à d’autres zones géographiques (par exemple, à d’autres pays) ou à différents groupes d’âge (par exemple, les élèves plus jeunes ou plus âgés).

Malgré ces limitations, les auteurs pensent que leurs conclusions ont des implications plus larges.

Il y a actuellement beaucoup de battage médiatique autour de l’impact que les jeux exigeants sur le plan cognitif peuvent avoir sur la réussite scolaire des jeunes, sur la base de quelques études faites à relativement petite échelle ou corrélationnelles qui ont trouvé des résultats positifs. Les échecs sont un excellent exemple, celui où beaucoup perçoivent qu’il y a un avantage positif, et où (à première vue) il semble y avoir une base de preuves raisonnable. Cependant, les auteurs disent que leur analyse a montré qu’une fois que l’on gratte sous la surface et que l’on utilise un plan de recherche rigoureux fourni à de nombreux élèves à grande échelle, les fondements derrière les affirmations d’un impact causal important de ces jeux sur le niveau d’instruction ne semblent pas aussi solides que cela a pu déjà être suggéré.

Les auteurs pensent également qu’on exagère l’influence de nombreux autres jeux exigeants sur le plan cognitif, en particulier les jeux vidéo, où il y a actuellement beaucoup de battage médiatique.

Source


dimanche 5 décembre 2021

Propositions d'Éric Zemmour en éducation : vidéo et extraits transcrits de son discours de Villepinte ce dimanche

Transcriptions

[Tout au long de cette campagne], je continuerai de rendre publiques les mesures que je propose pour la France. Notre projet politique s’inscrit dans la durée. Nous nous engageons pour les décennies suivantes et pour les prochaines générations et sur le long terme puissance rime avec éducation.

Pour l’école, nous serons du côté de l’excellence.

[Applaudissements]

Le modèle scolaire français doit revenir à ses fondamentaux avec une attention particulière pour les mathématiques et les humanités.

[Applaudissements]

Nous devons retrouver ce modèle qui a fait notre succès hier et qui fait aujourd’hui la réussite des pays asiatiques qui nous ont imités :

  • culture classique,
  • études scientifiques,
  • valorisation des savoir-faire manuel,
  • transmission des savoirs et
  • culte du mérite et de l’excellence.

[Applaudissements]

Dès la rentrée prochaine, nous referons de l’école l’instrument de l’assimilation à la française et nous chasserons des classes de nos enfants :

  • le pédagogisme,
  • l’islamo gauchisme et
  • l’idéologie LGBT.

[Applaudissements]

Nous redonnerons aux enseignants les moyens de travailler, nous rétablirons leurs autorités.

Nous interdirons

  •  l’usage de l’écriture inclusive et
  •  nous bannirons toute forme de discrimination positive.

[Applaudissements]

Oui, oui, je le promets, oui, je le promets : l’école ne sera plus laboratoire idéologique de la gauche et nos enfants ne seront plus ses cobayes.

L’école de la République l’école de la République doit redevenir le sanctuaire qu’elle fut et l’école libre, à qui nous devons tant, doit rester libre.

[Applaudissements]

L’école doit retrouver son objectif prioritaire : la transmission des savoirs, seule à même de réduire les inégalités elle ne doit plus chercher, elle ne doit plus chercher à toute force être la plus « inclusive » possible, mais au contraire rétablir le culte du mérite et de l’effort.

[Applaudissements]

Et, c’est parce qu’on transmettra de nouveau les savoirs, parce qu’on rétablira le culte de l’effort et du mérite qu’on luttera efficacement contre les inégalités sociales.

[Applaudissements]

Je veux, je veux en finir avec ce pédagogisme qui n’aura eu de cesse depuis quarante ans que de rabaisser le niveau scolaire. Au nom de l’égalité entre tous les élèves, ils les ont privés de culture.

Ils ont empêché les évaluations, ils ont banni les classements. Ils pensaient rendre service aux élèves, ils les ont privés d’excellence les empêchant de démontrer leur talent, leur intelligence et leur travail.

C’était l’école de mon enfance et, j’en suis sûr, celle de beaucoup d’entre vous ici. Cette école qui permettait en une génération de gravir les plus hauts échelons de la République. Souvenez-vous de Georges Pompidou, normalien agrégé de lettres, haut fonctionnaire, chef de l’État, dont les parents étaient enseignants et les grands-parents de modestes paysans. C’est ce type de destinée que je veux pour les prochaines générations de Français, quel que soit leur milieu social.

[Applaudissements]

Oui, oui, cette France oubliée, notre France oubliée, a le droit de retrouver une école de qualité. Cette France méprisée a le droit de retrouver des services publics. Cette France abandonnée qui manque de commissariats, qui manque de trains, qui manque de médecins, qui manque d’hôpitaux, on la prive aussi d’une école à la hauteur de ses rêves pour ses enfants. C’est injuste et c’est inadmissible.

[Applaudissements]

Mais, mais impossible n’est pas français. L’État peut partir à la reconquête de cette France abandonnée. Il doit revenir dans chaque village, dans chaque commune, dans chaque département pour proposer son modèle fondé sur l’excellence : l’excellence industrielle, l’excellence scientifique, l’excellence scolaire, l’excellence de nos services publics.

[Applaudissements]

Oui, notre combat est celui de l’excellence. Mais notre combat est avant tout celui pour la France, car face aux changements de peuples qui s’accélère, nous sommes les seuls qui osons dire la vérité les seuls à prononcer les mots qui fâchent et à proposer les mesures qui s’imposent.

Par ailleurs, dans ses priorités affichées sur son site internet, Éric Zemmour affirme:

L’apprentissage des savoir-faire fondamentaux à l’école primaire, la suppression du collège unique ou encore le relèvement du niveau du baccalauréat sont autant de mesures urgentes à mettre en œuvre pour redresser le niveau global.

samedi 17 juillet 2021

Les trois enfants d'Éric Zemmour ont été scolarisés au Cours Hattemer « à la pédagogie surannée » selon Paris-Match

On apprend dans le Paris-Match qui titre « Éric Zemmour, oui il est candidat ! » (n° 3766) que :

Confirmant aussi l’ambition présidentielle de Zemmour, l’avocat Olivier Pardo a fait sa connaissance voici un quart de siècle, grâce à Mme Marcel, l’institutrice en chef du Cours Hattemer, où ses enfants étaient scolarisés dans les mêmes classes que les deux garçons et la fille d’Éric Zemmour. L’école privée parisienne [hors contrat, sans subventions et donc plus libre] professe une pédagogie surannée, salutaire aux yeux du journaliste, nostalgique obsessionnel de la France sépia des années 1960.

On voit que le portrait d’Éric Zemmour que brosse l’hebdomadaire parisien n’est pas exagérément laudatif et qu’il n’est en rien un média centriste. Rappelons que « suranné » (ringard, démodé, obsolète pour parler comme l’anglais) et « obsessionnel » ne sont pas des termes neutres et centristes. Les résultats de l’école Hattemer sont excellents (100 % de réussite, 73 % de mentions au bac 2021).

Il n’est pas évident que l’anglais intensif (8 h par semaine à partir de la 6e) de cette école soit très suranné. On voit mal l’intérêt d’obtenir un diplôme d’école secondaire américaine (de peu de valeur même aux États-Unis), mais la responsable des admissions en semble très fière. Ce n’est en rien démodé, mais plutôt très prisé par les milieux parisiens dans le vent.

samedi 18 janvier 2020

L'excellence scolaire des jeunes élèves d’origine asiatique

Barthélémy Courmont et Laurent Alexandre dans un entretien mené par Atlantico dialoguent sur l’excellence scolaire des jeunes élèves d’origine asiatique.

— Selon une étude de la sociologue du Cnam Yaël Brinbaum parue en décembre 2019, les enfants d’origine asiatique, et plus particulièrement les filles, se démarquent en France par leur surréussite scolaire. Comment l’expliquer ?

Barthelemy Courmont — Les résultats de cette étude qui a analysé les trajectoires de 30 000 enfants scolarisés sur une décennie sont spectaculaires en ce qu’ils indiquent que les enfants d’origine asiatique réussissent mieux que tous les autres groupes ethniques en milieu scolaire. Les filles comme les garçons asiatiques atteignent ainsi des taux de réussite au bac très élevés (92 % et 88 %), qui dépassent même les Français d’origine (nous entendons ici ceux qui sont Français depuis au moins trois générations) et les autres enfants appartenant à la deuxième génération de l’immigration. Idem sur le taux de redoublement, très faible, et dans les orientations vers des bacs généraux à très forte majorité. Cette étude n’offre cependant pas de précision sur les origines de ces « Asiatiques », l’Asie étant une entité aussi vaste que diversifiée. Gageons que les cas les plus étudiés sont des enfants qui appartiennent à la deuxième génération d’une immigration en provenance de Chine et du Vietnam en majorité, de pays comme la Corée ou le Japon ensuite. Il s’agit de pays de culture confucéenne, où l’éducation est mise en avant. On constate par exemple dans ces sociétés que le « savant » celui qui détient des diplômes ou exerce des fonctions dans l’éducation, est un personnage important et respecté, par exemple le lao shi (老師, professeur) chinois. Dans ces sociétés, le rythme scolaire est très soutenu et les jeunes suivent de nombreux enseignements en plus des heures de classe, pour conforter leurs connaissances ou apprendre de nouvelles matières, de la musique, du dessin, des langues étrangères, etc. Bien sûr, ces habitudes changent au contact de la société française, mais les habitudes demeurent et restent très présentes en particulier dès lors que les parents de ces enfants scolarisés en France ont reçu une éducation confucéenne.

Laurent Alexandre — On a un début de réponse. On retrouve chez les Asiatiques de l’est de très bons scores aux tests de QI. Le quotient intellectuel (QI) moyen en Asie de l’Est est très élevé : à Singapour et à Hongkong par exemple il serait 10 points au-dessus de celui constaté en France ou aux É.-U. (108 contre 98).

L’admission dans les grandes universités américaines utilisant systématiquement le test de mesure cognitive SAT qui est très fortement corrélé au test de QI, il est logique que les Asiatiques prennent beaucoup de places dans les grandes universités. Dans le classement PISA des élèves par pays, la Chine est désormais numéro 1 mondial. Les autres pays d’Asie de l’Est sont également très bien placés. Par ailleurs, il existe une forte pression exercée par les parents. Et les professeurs sont respectés… Les parents asiatiques veulent que leurs enfants gagnent la guerre des intelligences.

— Quelle que soit l’origine, les filles dépassent les garçons, sauf chez les descendants asiatiques où les deux sexes frôlent l’excellence. Pourquoi ?

Barthelemy Courmont — Dans les sociétés confucéennes, la réussite du garçon est primordiale. Il y a encore quelques décennies, on sacrifiait l’éducation des filles dans de nombreuses sociétés asiatiques au profit des garçons, quand les ressources familiales étaient limitées, parce que c’est le garçon qui va fonder un foyer, perpétuer le nom, et donc la famille, tandis que la fille quitte la famille au moment du mariage. La réussite des filles est donc secondaire. Cette approche traditionnelle, aujourd’hui confrontée à l’interculturalité et au développement, autant qu’à un accès plus facile à l’éducation, n’en demeure pas moins une réalité culturelle. La pression sociale reste ainsi très forte sur les garçons qui doivent réussir et, pour y parvenir, atteindre des performances scolaires. Ils sont ainsi poussés par leur famille. C’est sans doute ce qui explique que les garçons asiatiques réussissent aussi bien que les filles, contrairement à d’autres groupes ethniques, en tout cas pour ce qui est des personnes originaires de cultures confucéennes (Asie du nord-est surtout). Là encore, il serait intéressant de voir si les enfants originaires d’Asie du sud-est (hors péninsule indochinoise) ou d’Asie du sud (Inde surtout) offrent les mêmes résultats.

Laurent Alexandre — On observe que les filles sont plus appliquées que les garçons. Mais cet écart est nettement moins prononcé chez les Asiatiques. Il n’y a pas d’explications claires à ce phénomène.

— Les enfants d’origine asiatique sont surreprésentés dans les filières scientifiques. Il y a-t-il un rapport au prestige plus important dans la culture asiatique que dans la culture occidentale ?

Barthelemy Courmont — C’est à la fois le point fort et la limite de la pensée confucéenne appliquée au monde de l’éducation, comme le montrent très nettement des pays comme la Corée du Sud, le Japon et, de plus en plus, la Chine. Le système éducatif y est très dur, et les performances spectaculaires (la Corée du Sud se hisse régulièrement en tête des pays offrant les meilleurs résultats scolaires), mais les méthodes d’apprentissage privilégient souvent le bachotage plus que la réflexion [note du carnet : nous ne pensons pas qu’il y ait une incompatibilité entre les deux, en Occident on assiste surtout à des jeunes peu cultivés qui ressassent des stéréotypes à la mode, confondus avec de la réflexion. Il faut une bonne dose de connaissance pour pouvoir réfléchir par soi-même...].

Cela s’avère utile pour les sciences de la nature, moins pour les sciences humaines, où la réussite d’étudiants asiatiques est nettement plus faible [note du carnet : peut-être sont-elle justement peu valorisée — la revanche chinoise ne viendra pas de là — et n’attirent donc pas les meilleurs éléments ? Ajoutons que les Asiatiques se méfient de la philosophie européenne et ne considèrent pas important de préserver la culture classique européenne, cela diminue l’attrait des études non scientifiques dispensées à l’université.]. Ce n’est donc, à mon sens, pas tant une question de prestige que de technique d’éducation. Il est par exemple troublant de voir de jeunes Chinois être capables de réciter par cœur des poèmes anciens, parfois très longs. Mais ils n’ont pas pour autant une bonne connaissance de la littérature ni un goût prononcé pour les lettres. Ce qui était autrefois gage de réussite et de connaissance l’est moins désormais, a fortiori dans les sociétés occidentales où on apprend aux jeunes à réfléchir plus qu’à retenir, dans les sciences humaines en particulier. Notons par ailleurs que dans certains pays asiatiques, la Corée du Sud en particulier encore, les jeunes sont tellement poussés lors de leur enseignement primaire et secondaire qu’ils perdent l’envie d’apprendre une fois à l’université. Les sciences humaines, basées, sur l’envie d’apprendre, ne leur conviennent que rarement. Bien sûr, ces remarques doivent être nuancées, d’autant qu’elles concernent le système éducatif dans les sociétés asiatiques, et non la communauté asiatique de France. Mais là encore, cela ne saurait être sous-estimé. Imaginez une famille dont les deux parents ont été formés à « l’école coréenne ou japonaise ». Même s’ils en gardent un souvenir amer, il y a de grandes chances qu’ils reproduiront à une certaine échelle ce modèle sur leurs enfants.

Laurent Alexandre — Les descendants d’immigrés asiatiques sont effectivement surreprésentés parmi les bacheliers scientifiques (36 % des filles, 42 % des garçons) contre seulement un quart des Français d’origine. Les pays d’Asie de l’Est comme la Chine, où règne un spectaculaire consensus sur les modifications génétiques, la manipulation cérébrale et le déploiement de l’IA sont ultra favorables à la science. L’impérialisme technologique chinois est saisissant. La Chine est devenue la première puissance transhumaniste, loin devant les États-Unis, et ne trouve aucun obstacle sur sa route. La science est reine en Asie de l’est. À l’inverse, les sciences sont désormais méprisées en France. L’écologie a diabolisé le nucléaire, l’ingénierie, l’aviation…

— Le phénomène semble mondialisé. Peut-on supposer un facteur génétique ?

Laurent Alexandre — Il y a trois hypothèses. Soit, les Asiatiques travaillent davantage. Soit, ils ont un meilleur patrimoine génétique. Soit, ils ont une culture qui pousse davantage à l’excellence. Aucune de ces explications n’est politiquement correcte. Cela revient à dire que les cultures ne sont égales face à l’école ou que certaines communautés sont moins courageuses ou bien encore ont de moins bonnes caractéristiques génétiques. Personnellement, je pense que, quelle que soit la cause de ces disparités, il est nécessaire de les combattre. Cae derrière ces inégalités cognitives, il y a de grandes inégalités sociales : les polytechniciens gagnent mieux leur vie que les Bac moins 3. Cette supériorité intellectuelle des Asiatiques pose des problèmes politiques aux É.-U..

Les Américains d’origine asiatique sont 14,7 millions soit 4,8 % de la population américaine. Dès 2014, la célèbre université de Harvard a été attaquée en justice par une organisation d’étudiants asiatiques, « Students for fair admissions », pour ses préférences accordées aux candidats noirs, hispaniques et blancs,  aux dépens d’étudiants asiatiques plus méritants : en raison de cette politique, les Asiatiques représentaient seulement 19 % des étudiants admis, alors qu’ils atteindraient 43 % sur les seuls critères intellectuels et scolaires. Soit quasiment dix fois leur poids démographique ! 64 organisations asiatiques américaines reprochent désormais à Harvard et à d’autres prestigieuses universités de la Ivy League de fixer des critères d’admission plus élevés pour leur communauté, via une discrimination inversée.

À New York, le très prestigieux lycée Stuyvesant, qui ne sélectionne que sur examen d’entrée et ne pratique aucune discrimination en faveur des autres groupes ethniques, est ainsi asiatique à 72 %. Le sociologue Thomas Espenshade, de Princeton, a montré en 2009 que pour être acceptés dans les meilleures universités, les Asiatiques devaient en moyenne obtenir (sur un total de 2 400 points) 140 points de plus que les étudiants blancs, 270 points de plus que les « Hispaniques » et 450 points de plus que les « Afro-Américains » aux tests intellectuels SAT. La politique de discrimination positive a été pensée pendant les années 1960 pour aider les minorités raciales défavorisées. Elle affronte aujourd’hui une grave crise : les associations asiatiques sont convaincues que la politique de discrimination positive construite par les blancs pour aider les Hispaniques et les noirs est devenue un instrument pour réduire la place des Asiatiques.

Aux États-Unis, les différences économiques entre communautés deviennent gigantesques. Les statistiques gouvernementales montrent que les familles Asiatiques gagnent 81 431 dollars par an contre 65 041 pour les « Blancs », 47 675 pour les « Hispaniques » et 39 490 dollars pour les « Noirs » (US Census Bureau, Current Population Survey). Les Asiatiques gagnent donc 2,06 fois plus que les noirs et nettement plus que les blancs.

Certains généticiens réputés jettent de l’huile sur le feu et implorent l’opinion de rouvrir un autre débat miné : le lien entre notre race, notre ADN et nos caractéristiques y compris intellectuelles. Dans le New York Times du 23 mars 2018, David Reich — généticien de réputation internationale à Harvard — a défendu l’idée que nier les différences interraciales sera contre­productif et renforcera le racisme : « En tant que généticien, je sais aussi qu’il n’est [...] plus possible d’ignorer les différences génétiques moyennes entre les “races”. Il sera impossible — en fait, antiscientifique, stupide et absurde — de nier ces différences. » Je ne suis pas d’accord avec David Reich. J’ai expliqué dans « Le Monde » que je n’étais pas favorable à l’ouverture de ce débat.

En revanche, je suis favorable à une lutte déterminée contre les inégalités entre communautés.

La France connaît sans aucun doute également de grandes disparités d’accès aux grandes écoles et de revenus, mais l’interdiction des statistiques ethniques ne permet pas de les mesurer et d’y remédier : les sociologues et politiciens peuvent dormir sur leurs deux oreilles, ils ne seront jamais perturbés par les criantes inégalités intercommunautaires ! Personnellement, je suis favorable aux inégalités positives pour diminuer les écarts intercommunautaires et donc aux statistiques ethniques pour les monitorer. Nous refusons de regarder en face les différences socio-économiques intercommunautaires. En croyant être bienveillants, nous nous empêchons en réalité de combattre les inégalités entre communautés.

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mercredi 11 septembre 2019

mardi 9 juillet 2019

La lecture à la maison pendant la petite enfance favorise les résultats scolaires

Des chercheurs encouragent les parents à faire la lecture à leurs enfants dès le plus jeune âge en y incluant des notions de langage et de calcul. Cette habitude permettrait de développer leurs compétences en calcul, lecture et en écriture et ainsi d'améliorer leurs résultats scolaires dans ces matières au début de l'adolescence.

Toutes les familles peuvent soutenir et encourager la scolarité de leurs enfants dans la vie de tous les jours. Des chercheurs de la School Effectiveness and School Improvement viennent de mettre en avant un moyen simple et ludique pour y parvenir, à savoir la lecture à la maison. Selon leur dernière étude, les effets positifs d'un environnement d'apprentissage riche à la maison pendant les premières années d'un enfant, se poursuivent jusqu'à l'adolescence et les aident à améliorer les résultats scolaires plus tard dans la vie. Et le meilleur réflexe que les parents puissent adopter dans ce sens consisterait à lire régulièrement avec ses enfants et à parler aussi souvent que possible de lecture avec eux.

Les chercheurs ont étudié le profil de 229 enfants de leur 3 ans jusqu'à leur entrée dans le secondaire. Leurs compétences en lecture et en calcul ont été testées chaque année au cours de leurs trois années préscolaires (de 3 à 5 ans) et entre leur 12e et 13e année. Les chercheurs ont constaté que les enfants qui étaient stimulés intellectuellement à la maison en ce qui concerne la littérature et leur langage, présentaient de meilleurs résultats en lecture et en mathématiques lors de leur cycle secondaire, et ce quel que soit l'environnement d'apprentissage à la maison. Pour les chercheurs, ces résultats soulignent l'importance d'exposer les enfants à des livres, axés sur la lecture mais aussi le calcul.

En effet, « les compétences linguistiques précoces améliorent non seulement la lecture, mais renforcent également les capacités en mathématiques. », explique la Dr Simone Lehrl, directrice de l'étude. « Encourager les parents à s'engager avec leurs enfants dans des activités d'alphabétisation directes, comme la lecture partagée de livres et des interactions verbales avancées pendant la lecture, et à inclure du contenu linguistique et mathématique (par exemple, parler de chiffres et compter) au cours de ces activités, devrait promouvoir les capacités de lecture et de calcul des enfants à l'école secondaire. Ces expériences jettent de solides bases pour leur réussite scolaire ultérieure. », conclut-elle.

mercredi 12 juin 2019

Québec — Encore plusieurs façons de gonfler les notes des élèves et le taux de réussite

Malgré une récente directive de Québec, il existe encore de nombreuses « failles » dans les règles en place qui permettent de manipuler les notes des élèves, dénonce la Fédération autonome de l’enseignement, qui presse le ministre de l’Éducation d’aller plus loin.

Dans un document obtenu par Le Journal, la Fédération recense plusieurs « voies de contournement » qui permettent aux commissions scolaires ou aux directions d’école d’intervenir dans l’évaluation des élèves ou de créer une « illusion de réussite », affirme sa vice-présidente, Nathalie Morel.

En avril, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a annoncé qu’il mettait fin au « gonflement de notes » par son ministère, qui n’accordera plus automatiquement la note de passage de 60 % aux élèves qui ont obtenu 58 % ou 59 % lors des examens ministériels de fin d’année.

Or cette mesure ne permet de régler qu’« une infime petite partie » du problème, selon Mme Morel. « C’est grandement insatisfaisant », lance-t-elle.

Rien ne certifie d’abord que les commissions scolaires qui procèdent au même « gonflement » de notes suivront l’exemple de Québec, souligne la FAE.


Par ailleurs, il existe toujours des notes plancher pour des élèves en échec dans plusieurs écoles, c’est-à-dire qu’il est impossible d’inscrire un résultat inférieur à 40 % ou 45 % au bulletin, selon les paramètres établis dans le logiciel de gestion des résultats scolaires.

« Pratique courante »

Il est aussi fréquent que des élèves qui n’obtiennent pas la note de passage dans un cours soient promus au niveau suivant, indique Mme Morel.

Un élève de troisième secondaire qui échoue en sciences peut très bien se retrouver l’année suivante dans un cours de sciences de quatrième secondaire, alors que le régime pédagogique prévoit plutôt qu’il faut avoir réussi chaque matière avant de passer au niveau suivant.

La pratique est répandue dans la grande majorité des écoles secondaires qui justifient souvent cette pratique par des problèmes d’organisation scolaire, selon la FAE.

La Fédération réclame par ailleurs plus de transparence dans les pratiques de conversion et de modération des notes faites par le ministère lors des épreuves de fin d’année. Ces deux traitements statistiques ont pour effet de modifier la note de l’élève à l’examen final, mais aussi celle obtenue tout au long de l’année scolaire.

« Pour nous, toutes les formes de manipulations de notes sont injustes et ça vient miner la qualité de notre système d’éducation. C’est très troublant », affirme Mme Morel.

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vendredi 7 septembre 2018

Le secret des mariés : ils sont plus riches et plus heureux, on n'en parle pas...

Dans un sondage récent de l’Institut Angus Reid, environ 56 % des Canadiens ont déclaré que « le mariage n’est tout simplement plus nécessaire » pour former une relation à vie. Presque la même proportion (57 %) a poursuivi en disant que lorsqu’un couple non marié a des enfants, il n’est pas important que le couple se marie.

Plusieurs voix se sont élevées contre cette vision et souvent elles furent celles de gens qui ne sont ni socialement conservateurs ni religieux. Robert Fulford écrivait dans le National Post du 11 mai que « le mariage crée une sorte de mini-État, une république à échelle réduite avec ses propres règles, ses propres secrets et sa propre histoire. Les enfants, citoyens de ce mini-État, en tirent leurs premières notions de la hiérarchie, la finance, la responsabilité et l’ambition. »

Dans Macleans, Peter Shawn Taylor affirmait que le mariage rend plus heureux et plus riche, citant de nombreuses sources pour étayer cette thèse. Nous en reprenons plusieurs dans notre billet ci-dessous.

Enfin, Brian Lee Crowley et Sean Speer ont également prêché les vertus et l’importance du mariage, écrivant dans le Toronto Sun du 10 mai : « les faits montrent que la structure familiale est un facteur déterminant de réussite économique et sociale. »

La preuve que l’institution du mariage est en déclin au Québec ne doit plus être faite. Le taux de nuptialité baisse depuis des décennies. En 1981, plus de 60 % des Canadiens de plus de 15 ans étaient mariés. Aujourd’hui, ce pourcentage est tombé à 45 % au Canada alors que le nombre de concubins et les familles monoparentales progressent. Au Québec, d’après Statistiques Québec, seuls 27 % des hommes et 29 % des femmes se marieront au moins une fois avant leur 50e anniversaire. Ces indices ont diminué légèrement au cours des quatre dernières années. Ils étaient demeurés plutôt stables entre 2001 et 2012, autour de 29 % pour les hommes et de 32 % pour les femmes, stabilisation qui faisait suite à trois décennies de baisse. La situation actuelle contraste fortement avec celle observée au début des années 1970, quand les indices avoisinaient 90 %. En outre, la proportion de naissances issues de parents non mariés est de 63 % au Québec en 2016, quasiment le triple de la Suisse (23 %). La conclusion logique de cette tendance est qu’une majorité de Québécois pense aujourd’hui que le mariage est une institution désuète.

Et pourtant, un examen plus approfondi de la recherche suggère que les Canadiens ne comprennent peut-être pas les véritables implications de « se caser » officiellement. Au-delà des alliances échangées et de la cérémonie nuptiale, le mariage offre des avantages substantiels et persistants en termes de santé, de richesse et de bien-être pour les deux conjoints et leurs enfants. Bon nombre de ces avantages n’existent pas au même degré dans les autres formes de cohabitation — même si les Québécois ne voient apparemment aucune différence entre les deux types de relations. En d’autres termes, les avantages du mariage méritent d’être soulignés. Et pourtant personne n’en pipe mot. Surtout pas à l’école.

Les questions financières occupent une place prépondérante dans l’enquête Angus Reid pour expliquer le déclin de l’intérêt pour le mariage par les couples. Près de la moitié (47 %) des jeunes hommes âgés de 18 à 34 ans ont déclaré que l’absence de stabilité financière était la principale raison pour laquelle ils ne sont pas actuellement mariés. Pour les femmes du même âge, l’insuffisance des ressources financières était la principale raison de 39 %. Quand on demande aux sondés s’il était probable que plus de gens se marieraient si les dépenses associées aux noces n’étaient pas aussi élevées, 61 % des répondants ont répondu par l’affirmative.

Des chaînes de télévision entières semblent se consacrer à promouvoir l’idée que les mariages sont devenus incroyablement complexes et coûteux. Mais ce serait une grave erreur de retarder ou d’abandonner le mariage simplement à cause du coût d’une pièce montée ou de la robe de mariée. Si les couples cherchent la stabilité financière, le meilleur conseil à leur donner est de se marier le plus rapidement possible. Plutôt qu’un fardeau économique, le mariage constitue statistiquement une police d’assurance contre la pauvreté.

Cardus, un groupe de réflexion religieux basé à Hamilton, en Ontario, est l’un des rares « réseaux pensants » au Canada à valoriser ouvertement les avantages du mariage. Dans son rapport de 2014 intitulé « L’écart de mariage entre riches et pauvres Canadiens », Philip Cross, ancien économiste en chef de Statistique Canada, et Peter Jon Mitchell, chercheur, ont analysé les liens entre le mariage, le revenu et l’inégalité. Et ceux qui sont mariés ont nettement plus de chance de mieux s’en sortir sur ces trois plans.

« La différence de statut matrimonial entre les groupes de revenus est assez impressionnante », observe l’étude.

La part des couples mariés dans le quartile inférieur des revenus (les 25 % qui gagnent le moins) représente que 12 % de l’ensemble des couples. Dans les deux groupes à revenu intermédiaire, les couples mariés représentent 49 % de toutes les familles. Et dans le quartile supérieur (les 25 % qui gagnent le plus donc), 86 % des ménages étaient mariés.

De manière significative, ces résultats ne sont pas simplement dus au fait que le premier quartile est rempli de couples plus âgés et plus performants. Les couples mariés de tous âges ont tendance à se retrouver dans des tranches de revenu plus élevées. Le mariage est donc un marqueur de réussite, et non d’âge. Les auteurs montrent également que l’effet « nuptial » sur la répartition des revenus augmente avec le temps. L’inégalité, de ce point de vue, est exacerbée par la forte baisse des taux de mariage parmi les groupes à faible revenu. Car, comme le soulignait déjà Charles Murray, ce sont surtout les plus pauvres qui abandonnent le mariage et d’autres comportements (religieux ou autres) que les plus nantis conservent.

Bien que vivre en couple (mariés ou non) puisse offrir de nombreux avantages en termes économiques (un seul loyer plutôt que deux par exemple), de nombreuses recherches confirment d’importantes différences entre les conjoints mariés et les concubins, notamment en ce qui concerne les arrangements financiers. Les couples mariés, par exemple, sont beaucoup plus susceptibles de mettre leur argent dans un pot commun et de traiter leurs finances conjointes comme une seule unité de planification cohérente. Cela rationalise la budgétisation et marque un engagement plus profond envers les priorités familiales. Les conjoints de fait sont moins susceptibles de mettre leur argent en commun et affichent donc une forme d’engagement familial plus faible.

L’écart de planification financière entre les couples mariés et non mariés existe même lorsque la cohabitation devient le type dominant de formation de la famille. C'est le cas du Québec, où les attitudes à l’égard du mariage diffèrent sensiblement de celles du reste du Canada : une importante majorité de bébés au Québec, par exemple, naissances de conjoints de fait plutôt que de couples mariés. Pourtant, la recherche dans le Journal of Marriage and Family trouve les mêmes différences dans la mise en commun des ressources entre les couples mariés et cohabitants au Québec et ailleurs au Canada.

Aux États-Unis, où le succès relatif des groupes raciaux est un domaine d’intérêt particulier, les recherches de la Brookings Institution indiquent que la « séquence de réussite » est un facteur clé pour éviter la pauvreté. Il s'agit du processus en plusieurs étapes qui consiste à d’abord terminer ses études secondaires, puis à obtenir un emploi, se marier et enfin avoir des enfants. Suivre ces étapes dans cet ordre augmente considérablement les chances d’entrer dans la classe moyenne ou supérieure, quelle que soit sa race.

Des travaux récents de l’Institute for Family Studies montrent que, parmi les Américains âgés de 28 à 34 ans qui n’ont pas suivi cette séquence dans l’ordre, 53 % étaient pauvres. À titre de comparaison, ceux qui ont suivi le cheminement traditionnel vers l’âge adulte avaient 90 % de chance de se retrouver dans la classe moyenne ou supérieure. Le mariage est l’aspect central de cette séquence ; et, en tant que moyen de défense contre la pauvreté, il s’agit d’une option accessible à tous. Bradford Wilcox, sociologue à l’Université de Virginie et co-auteur du rapport cité ci-dessus, affirme que le mariage allie « sexe, parentalité, coopération économique et intimité émotionnelle » à une union permanente. En outre, il vous rend statistiquement plus heureux.

En effet, une étude publiée l’an dernier par deux économistes de la Vancouver School of Economics de l’Université de Colombie-Britannique examine l’impact que le mariage peut avoir sur les niveaux de satisfaction et de bonheur déclarés des couples. « Ceux qui se marient sont plus satisfaits que ceux qui restent célibataires », affirment les professeurs Shawn Grover et John Helliwell. De manière significative, le mariage offre un rempart bienvenu contre une crise de la fin de la quarantaine. Les enquêtes sur le bonheur menées dans le monde entier montrent systématiquement une trajectoire en forme de U pour la satisfaction de la vie, le point le plus bas se situant à la fin de la quarantaine ou au début de la cinquantaine. « Le soutien social fourni par un conjoint contribue à calmer le démon de midi », rapportent les auteurs. Et alors que les couples vivant en union de fait négocient mieux que les célibataires la crise de la fin de la quarantaine, les couples mariés s’en sortent encore sensiblement mieux.

Une étude canadienne fondée sur des données longitudinales a révélé que parmi les enfants de 10 ans et moins, ceux qui étaient nés d’un couple marié étaient trois fois moins susceptibles de connaître la séparation de leurs parents que leurs homologues nés de parents concubins. Ce manque de stabilité nuit aux enfants.

Compte tenu de cette longue liste d’avantages découlant du mariage, pourquoi toutes ces informations ne sont-elles pas plus largement diffusées dans les médias et les écoles ? Quand a-t-on expliqué pour la dernière fois aux jeunes Québécois les avantages supplémentaires substantiels que procure le mariage par rapport au concubinage ?

Certes, le mariage n’est pas pour tout le monde, mais une société qui n’ose plus parler de mariage perd de nombreux avantages. Le mariage lie sexe, intimité, procréation, parentalité et collaboration économique dans une relation permanente qui devrait être valorisée par la société. Il marque aussi l’entrée dans l’âge adulte.

L’absence de débat politique sur les avantages liés au mariage est frappante. Nos gouvernements n’hésitent pas à nous dire comment vivre nos vies à bien d’autres égards. Nous sommes constamment incités, poussés et cajolés à faire des choix sains, à éviter des comportements malsains : que manger, que ne pas manger, comment se déplacer, comment traiter les LGBT, les immigrants, comment aller au travail, combien faire de l’exercice, que recycler, comment traiter son voisin, etc. Et pourtant, quand il s’agit d’informer le public et les enfants sur les énormes avantages personnels et sociaux découlant du mariage… silence total.

Pendant des décennies, les Québécois se font dire — dès l’école ! – que la santé, la richesse et la stabilité ont peu à voir avec le mariage, qu’il s’agit d’une institution surannée, d’un reliquat de la Grande Noirceur en quelque sorte. L’effondrement de la famille au Québec et la prévalence de la pauvreté dans les familles monoparentales devraient pourtant faire réfléchir et se demander s’il ne vaudrait pas la peine de défendre le mariage, y compris à l’école. Ce ne semble pas être le choix du nouveau programme d’éducation à la sexualité.

Voir aussi

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Idées reçues sur les blancs américains, écart moral et culturel croissant des classes sociales : les classes moyennes supérieures sont plus religieuses, plus souvent traditionnelles, plus souvent encore mariées que les classes sociales moins nanties.

Richard Martineau : « L’école sert à extirper l’enfant de son milieu familial et à l’exposer à d’autres valeurs » [sexuelles]. Permissives ?


dimanche 3 juin 2018

Étude — De l'avantage de l'école catholique et de la discipline de soi

Pour les milliers de religieuses qui ont dirigé des écoles catholiques, leur insistance sur l’autodiscipline devait tomber sous le sens. Mais une nouvelle étude universitaire confirmerait que les sœurs étaient sur une bonne piste : il est possible d’instiller l’autodiscipline auprès des élèves, une vertu qui les aidera dans leurs études et plus tard dans la vie.

L’étude a été menée pour l’Institut Thomas B. Fordham par Michael Gottfried, professeur agrégé à l’Université de Californie à Santa Barbara, et Jacob Kirksey, un doctorant. Les auteurs ont analysé deux vagues de données nationales américaines sur les élèves des écoles élémentaires recueillies dans le cadre de l’Étude longitudinale sur la petite enfance du Centre national de la statistique de l’éducation. Ils ont comparé les enfants dans les écoles catholiques avec ceux des écoles publiques et d’autres écoles privées, religieuses et laïques.

Les auteurs ont trouvé des preuves statistiquement significatives que les élèves des écoles catholiques montraient moins de comportements perturbateurs que leurs homologues des autres écoles. « Selon leurs enseignants, les écoliers catholiques se disputaient, se battaient, se mettaient en colère, agissaient de manière impulsive et perturbaient la classe moins fréquemment », écrivent les auteurs. Plus précisément, les élèves des écoles catholiques « étaient plus susceptibles de maîtriser leur humeur, de respecter la propriété des autres, d’accepter les idées de leurs camarades et de gérer la pression des pairs. » En d’autres termes, ils montraient plus d’autodiscipline.



Les auteurs concèdent que leurs résultats ne prouvent pas un lien de causalité, c’est-à-dire qu’il pourrait y avoir des différences non observées entre les élèves des différentes écoles qui expliqueraient les différences frappantes qu’ils ont trouvées. Toutefois la corrélation est forte entre l’accent mis par les écoles catholiques sur l’autodiscipline et le meilleur comportement des élèves. Nous savons aussi que, surtout dans les zones urbaines, les élèves noirs et latino-américains qui fréquentent les écoles catholiques sont plus scolarisés, obtiennent de meilleurs résultats et sont plus souvent diplômés que ceux des écoles publiques avoisinantes.

L’école catholique de la « Grande Noirceur » et d’aujourd’hui selon un cahier d’ECR...
Page 56 — cahier-manuel d’éthique et de culture religieuse Entretiens II pour la 1re secondaire des éditions La Pensée

Alors que les différents taux de retenue pratiquée envers les élèves blancs et non blancs enveniment actuellement le débat, les auteurs proposent trois conclusions principales :

Primo, « Les écoles qui valorisent et se concentrent sur l’autodiscipline seront sans doute celles qui parviendront le mieux à favoriser celle-ci parmi leurs élèves. » Si les autres écoles « accordaient à la discipline de soi avec autant d’importance que les écoles catholiques, elles ne devraient pas consacrer autant de temps et d’énergie à punir leurs élèves » quand ils se comportent mal.

Secundo : « En supposant que ces résultats reflètent un “effet des écoles catholiques”, d’autres écoles pourraient envisager des méthodes explicites et implicites pour le reproduire. » Le rapport note que certaines écoles à charte « sans excuses » le font déjà, que ce soit dans le cadre du programme d’enseignement ou la façon dont les élèves interagissent avec le personnel de l'école qui doit aussi être un modèle de maîtrise de soi.

Tertio : « Ne sous-estimez pas le pouvoir de la religion pour influencer positivement le comportement d’un enfant. » La religion n’est pas le seul moyen de favoriser l’autodiscipline, soulignent les auteurs, mais elle est efficace par rapport à la plupart des autres manières de canaliser l’énergie juvénile en une maîtrise de soi productive.

Bien que les auteurs n’offrent pas de solutions faciles, ils affirment cependant que la fermeture constante de tant d’écoles catholiques est une « tragédie nationale » alors qu’elles sont plus nécessaires que jamais. Leurs leçons méritent d’être conservées.

Source
(en partie) : Wall Street Journal, The Catholic School Difference, 1er juin 2018

dimanche 29 octobre 2017

L'IRIS et la ségrégation scolaire...

Texte de Alexandre Moreau est analyste en politiques publiques à l'Institut économique de Montréal. Il signe ce texte à titre personnel.

Ces derniers jours, des commentateurs ont qualifié de « ségrégation » le fait qu’un nombre grandissant d’élèves du secondaire, soit près de 40 %, fréquentent des écoles privées ou des programmes particuliers dans des écoles publiques. Certains ont même utilisé le terme « apartheid »... Ils affirment aussi que cela nuit à la réussite des élèves. Nonobstant le choix de mots douteux, et si c’était le contraire?

Quelle ségrégation?

Quelle est cette « ségrégation scolaire » qui prévaudrait au Québec, et qui en sont les auteurs? Des parents qui font des efforts supplémentaires pour aider leurs enfants à s’accomplir. Certains font le choix d’écoles publiques à programmes ou vocations particulières, tandis que d’autres privilégient l’école privée et font un sacrifice financier personnel afin d’offrir à leurs enfants ce qu’ils considèrent être la meilleure éducation possible.

Il existe pourtant de réelles injustices dans notre système scolaire, bien plus dommageables. Par exemple, au Québec, le code postal dicte généralement l’école que les enfants devront fréquenter. Les parents d’élèves désirant fréquenter une autre école peuvent tout de même faire une demande auprès de leur commission scolaire. Cela s’appelle le « libre choix », dans le jargon scolaire.

Le « libre choix » à l'école publique...

Cependant, les places en « libre choix » sont limitées, de sorte que l’acceptation n’est pas garantie. Des élèves qui fréquentent une école depuis plusieurs années peuvent même s’en voir expulsés, même lorsque les classes ont recommencé.

Les défenseurs à tout crin de l’école publique unique et uniforme devraient se demander pourquoi des parents vont jusqu’à falsifier leur adresse pour éviter l’école de leur quartier; pourquoi les places dans des programmes particuliers qui, manifestement, répondent aux besoins et aux désirs des parents et des élèves, doivent être attribuées au hasard; pourquoi, plus simplement, les commissions scolaires demeurent toujours incapables de s’ajuster aux demandes des parents, et décident pour eux de ce qui est le mieux pour leurs enfants?

Ce n’est pas moins de choix dont les parents et les élèves ont besoin, mais plus.

Pourtant, la réussite scolaire augmente

Pour justifier la fin de la « ségrégation », l’IRIS lui attribue la baisse du taux de réussite des élèves du réseau public lors des épreuves uniques du ministère, un taux qui est passé de 91,8 % à 83,6 entre 2011 et 2015.

Il y a quatre faiblesses dans l’utilisation de cette statistique. La première est qu’il s’agit d’un échantillon relativement court en durée; la seconde est que les examens du ministère portent sur des matières précises et qu’elles ne disent pas si l’élève a finalement obtenu son diplôme ou après combien de temps; la troisième est que la variation dans les taux de réussite peut s’expliquer par le fait que le contenu des examens change d’année en année; la quatrième est que ces statistiques ne tiennent pas compte de l’importante croissance du taux d’élèves handicapés ou élèves en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA).

D’une part, il est faux de croire que le secteur privé pratique une forme d’écrémage, laissant ainsi le secteur public avec l’ensemble des élèves en difficulté. Dans l’ensemble du réseau privé, le taux global d’élèves EHDAA a presque doublé en 5 ans pour atteindre 13 % l’an dernier, comparativement à 22 % dans le réseau public. Le secteur privé fait donc sa part. D’ailleurs, près du quart des élèves considérés comme EHDAA dans le secteur privé fréquentent un établissement d’enseignement privé spécialisé en adaptation scolaire.

D’autre part, le portrait dans le réseau public n’est pas aussi sombre que les opposants aux écoles privées le laissent entendre. Le taux de diplomation et de qualification après 5 ans pour les élèves qui sont entrés au secondaire de 2001 à 2010 (et qui ont terminé entre 2006 et 2015) a augmenté de 13 % dans le secteur public, comparativement à 5 % pour le privé. Bien que le taux soit beaucoup plus élevé dans le secteur privé, cet écart suit une tendance à la baisse et l’ensemble des élèves en bénéficient, peu importe le réseau.

Il semble donc que le fait que de plus en plus de Québécois se préoccupent de l’éducation de leurs enfants et demandent des programmes particuliers est accompagné non pas par une diminution, mais par une augmentation de la réussite scolaire.

En toute logique, si ce qu’ils souhaitent est la réussite des enfants, ceux qui dénoncent la « ségrégation scolaire » devraient applaudir et réclamer davantage de programmes et d’écoles particulières qui ont pour effet de motiver les élèves et de les pousser à se surpasser.

Alexandre Moreau est analyste en politiques publiques à l'Institut économique de Montréal. Il signe ce texte à titre personnel.

lundi 22 mai 2017

France — le nouveau ministre veut remettre à l'honneur le latin, le grec, les classes bilangues

Grec, latin, classes bilangues [*] et sections européennes : ces enseignements et dispositifs vont-ils retrouver une place centrale au collège ? C’est ce que semble souhaiter le nouveau ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer. Il remet ainsi en question les « avancées égalitaristes » de la ministre socialiste Nadjat Belkacem. « J’ai été choqué de la suppression de dispositifs qui marchaient bien », a déclaré le ministre à leur sujet. La chaîne de télévision publique France 2 s’est penchée sur ce que le nouveau ministre pourrait remettre à jour.

Lors de sa campagne, Emmanuel Macron lui-même y faisait référence : « partout, je veux remettre les classes bilangues, l’enseignement des humanités ». Le nouveau gouvernement ferait donc machine arrière sur la réforme du collège de 2015. Les établissements qui le souhaitent pourront à nouveau proposer des options « Langues anciennes ».

Une référence à la réforme du collège votée en 2015. Si les établissements avaient finalement obtenu le droit de maintenir les options latin et grec, le nombre d’heures qui leur étaient attribuées avait baissé, et elles avaient perdu du terrain au profit d’enseignements pluridisciplinaires. Quant aux classes d’excellence, l’ancien gouvernement entendait favoriser l’égalité entre tous les élèves « en les réformant » dans la langue de bois ministérielle ; en les vidant de leurs substances et en faisant du nivellement par le bas selon ses critiques.



Note

[*] Les classes bilangues permettent d’augmenter le volume horaire consacrée aux langues. De plus en plus aujourd’hui, ces classes bilangues consistent en la continuation de la langue démarrée en primaire en y ajoutant une autre (une des deux est souvent l’anglais, une exception toutefois pour un collège de l’académie de Metz, où les deux langues sont l’allemand et l’italien).