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jeudi 9 juillet 2026

De la patho­lo­gi­sa­tion de la religion

Pour cer­tains, toute foi reli­gieuse fer­vente tend à être vue comme une névrose. D’où la ten­ta­tion d’un contrôle liber­ti­cide sur l’édu­ca­tion des enfants. Un texte de Laurent Dandrieu dans Valeurs actuelles du 1er juillet 2026.

C’est assu­ré­ment un bon choix qu’a fait cette année le Fes­ti­val de Cannes en don­nant sa palme d’or à Fjord, de Cris­tian Mun­giu, non seule­ment parce que ce film, dont l’action se passe en Nor­vège à l’approche de Noël, est cli­ma­ti­que­ment rafraî­chis­sant, mais parce que le cinéaste rou­main, comme à son habi­tude, réus­sit à faire réflé­chir à un sujet pri­mor­dial sans impo­ser de réponse. Ce n’est pas le lieu ici de par­ler des qua­li­tés ciné­ma­to­gra­phiques de l’œuvre — nous y revien­drons quand il sor­tira en salle, à la mi-août —, mais de voir com­ment il peut nous éclai­rer sur un phé­no­mène inquié­tant, qui n’est pas sans lien avec l’actua­lité française.


Posons d’abord le cadre du récit: il est cen­tré sur une famille com­po­sée d’un époux rou­main et de son épouse nor­vé­gienne, qui ont récem­ment quitté la Rou­ma­nie pour venir vivre en Nor­vège, plus près des grands-parents mater­nels de leurs cinq enfants. Une famille chré­tienne fer­vente, où les enfants sont éle­vés de manière aimante, mais dans un cadre strict — lec­tures bibliques, prière quo­ti­dienne obli­ga­toire, ni télé­phones ni réseaux sociaux. Ces res­tric­tions si éloi­gnées des normes de la société libé­rale avan­cée nor­vé­gienne deviennent des cir­cons­tances aggra­vantes lorsque, des bleus ayant été décou­verts sur l’aînée, les parents sont accu­sés de bru­ta­li­tés phy­siques sur leur pro­gé­ni­ture — eux recon­naissent seule­ment des petites tapes sur les fesses quand les enfants étaient plus petits.

Dans le pro­cès qui s’ensuit, le repré­sen­tant de l’état, loin de se concen­trer sur ces éven­tuelles vio­lences, ne dis­si­mule pas son hos­ti­lité aux valeurs reli­gieuses de ce couple — le simple fait d’adhé­rer à une concep­tion de la “famille tra­di­tion­nelle” consis­tant en l’union d’un homme et d’une femme étant clai­re­ment une cir­cons­tance aggra­vante, et la non-ad­hé­sion à la théo­rie du genre deve­nant, pour ce pro­gres­sisme d’état, le signe d’une édu­ca­tion rétro­grade contraire aux valeurs libé­rales de la société nor­vé­gienne. Que l’avo­cate des parents, fai­sant remar­quer qu’en enten­dant leur impo­ser ces valeurs au détri­ment de ce qu’ils veulent trans­mettre à leurs enfants, la société se montre en réa­lité assez peu libé­rale, pose une argu­men­ta­tion ponc­tuel­le­ment effi­cace, mais dont on sent bien qu’elle est ame­née à deve­nir poli­ti­que­ment de plus en plus fra­gile.

Cris­tian Mun­giu a, certes, donné une puis­sance dra­ma­tique sup­plé­men­taire à son récit en confron­tant une famille de culture rou­maine au puri­ta­nisme post-luthé­rien scan­di­nave. Mais com­ment ne pas pen­ser, devant ce Fjord, à la France et à la ten­ta­tion qui s’y fait jour, de plus en plus net­te­ment, d’ins­tru­men­ta­li­ser l’indis­pen­sable lutte contre les vio­lences faites aux enfants pour exer­cer un contrôle liber­ti­cide sur le droit des parents à édu­quer leurs enfants selon leurs concep­tions et à leur trans­mettre les valeurs aux­quelles ils sont atta­chés? De la récente pro­po­si­tion de loi “Béthar­ram” aux contrôles agres­sifs mul­ti­pliés dans les écoles hors contrat, en pas­sant par une pres­sion admi­nis­tra­tive contre l’école à la mai­son qui confine sou­vent à l’inter­dic­tion de fait, on assiste bel et bien à une offen­sive en règle pour faire entrer l’ensei­gne­ment privé dans le giron des sacro­-saintes “valeurs de la Répu­blique”.

Et ce d’autant plus que ces “valeurs de la Répu­blique”, réfé­rent fluc­tuant auquel on peut faire dire à peu près tout ce que l’on veut, sont pour cer­tains enra­gés de la laï­cité tota­le­ment incom­pa­tibles avec toute convic­tion reli­gieuse, a for­tiori si celle-ci emprunte une forme un peu consé­quente. Il y a long­temps déjà que, dans les colonnes du Monde et de Libé­ra­tion, tout catho­lique pre­nant sa foi un peu au sérieux est qua­li­fié sans autre forme de pro­cès de “tra­di­tio­na­liste” ou d’“inté­griste”, ce qui pour cette presse est syno­nyme de “sec­taire”. Et que, dans les médias de ser­vice public et les dis­cours d’une cer­taine gauche, toute mani­fes­ta­tion de foi enga­gée est assi­mi­lée à un fana­tisme contraire à la rai­son.

Fjord a le grand mérite d’atti­rer notre atten­tion sur cette patho­lo­gi­sa­tion de la foi, mal­heu­reu­se­ment appe­lée à deve­nir, dans les années qui viennent, une ter­rible épée de Damo­clès sur la liberté de conscience.


Vio­lence, pros­ti­tu­tion : le nau­frage de l’aide gouvernementale à l’enfance

Une marche blanche en hommage à Louis organisée dimanche dernier à Narbonne 

Le lyn­chage à mort de Louis met en lumière les dérives du sys­tème de pro­tec­tion de l’enfance, où le manque d’enca­dre­ment et la mal­trai­tance font le lit d’une vio­lence tou­jours plus décom­plexée. Une marche blanche en hommage à Louis a été organisée, dimanche, à Narbonne.

Le 19 juin der­nier, à Nar­bonne (Aude), cinq jeunes hommes rouent de coups Louis, 17 ans, le lais­sant pour mort après avoir filmé la scène. Alors que trois d’entre eux, ainsi que leur vic­time, sont ou ont été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, cette affaire en sym­bo­lise à elle seule la faillite. Sui­cides, absence de soins pédo­-psy­chia­triques, manque d’édu­ca­teurs, pros­ti­tu­tion… Cette «machine à broyer les gosses» qui suit 400000 enfants, dont un contin­gent tou­jours plus impor­tant de mineurs étran­gers non accom­pa­gnés (MNA), engendre-t-elle plus de dégâts qu’elle n’en répare? Aujourd’hui, à l’heure où le pro­jet de loi rela­tif à la pro­tec­tion de l’enfance, exa­miné à par­tir du 15 juillet, ne sus­cite pas l’enthou­siasme des pro­fes­sion­nels, «la balance béné­fice-risque d’un pla­ce­ment en pro­tec­tion de l’enfance se pose», recon­naît Lyes Louf­fok, membre du Conseil natio­nal de la pro­tec­tion de l’enfance.


Louis avait 17 ans, un trouble de l’atten­tion, et vivait dans un foyer de l’aide sociale à l’enfance (ASE) de Nar­bonne. Le 19 juin, sur un chan­tier, cinq jeunes le rouent de coups, filment la scène, le laissent pour mort. L’état, qui avait la charge de cet enfant, ne l’a pas pro­tégé. Et parmi les cinq jeunes mis en exa­men après ce lyn­chage, trois sont ou ont été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance.

Louis est devenu un de ces visages qui disent le nau­frage d’un sys­tème de pro­tec­tion de l’enfance. Une «machine broyer les gosses », dit désor­mais la dépu­tée du Modem Maud Petit. Des scan­dales, il y en a eu d’autres ces der­niers mois. Celui de ce garçon de 13 ans, frappé à terre, hur­lant sous les coups, filmé par ses cama­rades dans un foyer à Châlons-en-Champagne, en février der­nier. Cette scène insou­te­nable, dif­fu­sée sur les réseaux sociaux, a entraîné une sai­sine de la jus­tice par la ministre de la Santé, au titre de l’article 40 du code de pro­cé­dure pénale.

mardi 24 février 2026

Québec — Qui osera encore dénoncer la DPJ ?

Après avoir dénoncé le fonctionnement de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), Geneviève Guérin a dû rester recluse chez elle pendant deux semaines, avant d’apprendre qu’elle était congédiée.

« Lorsque l’on a su que j’avais parlé à un journaliste, on m’a téléphoné à domicile. C’était vers 19 heures. On m’a ordonné de ne pas sortir et de ne parler à personne tant que le conseil d’administration — le C.A. — n’aurait pas décidé de mon sort. Cela a duré plus de quatorze jours. »

Durant cette période, elle est restée dans l’attente. Puis la décision est tombée : elle était licenciée et devait venir récupérer ses effets personnels.

« Cela a été l’une des épreuves les plus difficiles de ma vie. Ce n’est que depuis quelques mois que j’ai retrouvé une parole fluide ; auparavant, je me mettais à bégayer dès qu’une personne inconnue me posait une question. »

Travailleuse sociale depuis plus de vingt ans, Geneviève Guérin dirigeait le Centre PIE, un organisme communautaire financé en partie par des fonds publics. Cet organisme accompagne des familles suivies par la DPJ de la région Mauricie–Centre-du-Québec. Au Québec, la DPJ est un service public chargé d’intervenir lorsque la sécurité ou le développement d’un enfant est compromis — par exemple en cas de négligence, de maltraitance ou de graves conflits familiaux.

Au fil du temps, Mme Guérin dit avoir vu passer des dossiers qui l’ont profondément troublée : des évaluations caviardées ou modifiées, des informations altérées, des documents falsifiés. Selon elle, certains enfants étaient orientés vers l’adoption de manière expéditive, « en tournant les coins très ronds », expression québécoise qui signifie agir trop rapidement ou en négligeant des étapes importantes.

Elle affirme également avoir signalé plusieurs situations à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), un organisme public indépendant chargé de veiller au respect des droits fondamentaux, notamment ceux des enfants. D’après elle, ces signalements n’ont pas été suivis d’effets.

Refusant d’accepter que certains dossiers d’adoption soient précipités ou que des informations y soient modifiées, elle a finalement décidé de parler publiquement. « Il y a eu des démarches avant d’en arriver à dire à Sébastien : “vas-y, publie.” » Le journaliste auquel elle fait référence est Sébastien Houle, du quotidien régional Le Nouvelliste.

La révélation a fait l’effet d’une bombe.

Le ministre responsable à l’époque, Lionel Carmant, a qualifié la situation d’« inacceptable ». La CDPDJ a alors décidé d’examiner 140 dossiers d’adoption traités entre le 1er janvier 2021 et le 1er janvier 2023.

Dans son rapport rendu en avril 2025, la Commission écrit avoir des raisons de croire qu’un problème systémique existait au sein de la DPJ de la Mauricie–Centre-du-Québec et que cette situation avait entraîné de nombreuses atteintes aux droits des enfants.

Les constats sont sévères :

* dans 80 % des dossiers, aucun outil clinique n’avait été utilisé ;
* dans 66 % des cas, la décision reposait uniquement sur le fait qu’un parent avait lui-même eu affaire à la DPJ durant son enfance ;
* dans 49 % des dossiers, les faits invoqués pour justifier la décision n’avaient pas été vérifiés.

La Commission a aussi relevé des informations omises, manipulées ou même inventées.

À la suite de ces révélations, le ministre Carmant avait annoncé que la DPJ serait placée « sous tutelle ». Au Québec, cela signifie normalement qu’une autorité supérieure prend temporairement le contrôle d’un organisme pour le redresser. Or, on a appris par la suite qu’il ne s’agissait en réalité que d’un accompagnement de trois mois. Au terme de cette période, la personne chargée de cet accompagnement, Sonia Mailloux, a été nommée directrice.

Quoi qu’il en soit, l’affaire a provoqué un choc important dans le réseau.

Mais Geneviève Guérin a-t-elle été remerciée d’avoir mis en lumière un problème systémique dans le traitement des dossiers d’adoption ? D’avoir contribué à une prise de conscience collective ? Évidemment non. Non seulement la lanceuse d’alerte n’a jamais retrouvé son poste, mais il lui a fallu trois ans pour décrocher un nouvel emploi, et encore dans une autre région.

Pourtant, elle avait été encouragée par plusieurs responsables politiques, dont le premier ministre du Québec François Legault, à porter plainte auprès du Protecteur du citoyen. Au Québec, cette institution joue un rôle comparable à celui d’un médiateur ou d’un ombudsman : elle enquête sur les plaintes visant l’administration publique.

Cette démarche s’appuyait sur une nouvelle loi destinée à protéger les lanceurs d’alerte — appelés au Québec « divulgateurs » ou parfois « sonneurs d’alerte » — entrée en vigueur en novembre 2024. Or, les faits dénoncés par Mme Guérin étaient antérieurs à cette loi.

« Je lui ai dit : “Monsieur Carmant, les représailles que j’ai subies datent d’avant votre loi.” Il m’a répondu : “Non, votre plainte est recevable, nous avons modifié la loi à cause de vous.” »

La décision du Protecteur du citoyen, rendue en juin, a toutefois été tout autre. L’enquêtrice a rappelé qu’une divulgation est considérée conforme à la loi lorsqu’elle est faite aux autorités compétentes — comme le Protecteur du citoyen, la Commission municipale du Québec ou le Commissaire à l’éthique et à la déontologie de l’Assemblée nationale — ou à l’intérieur même de l’organisme concerné. Cela permet, en principe, que les faits soient examinés et que des mesures correctrices soient prises.

Mais parler directement aux médias ne donne pas accès aux protections prévues contre les représailles. Par conséquent, l’examen de la plainte a été clos.

Autrement dit : dénoncer publiquement la DPJ ne permet pas de bénéficier des protections juridiques destinées aux lanceurs d’alerte.

Le paradoxe est frappant : selon plusieurs observateurs, si Geneviève Guérin n’avait pas témoigné publiquement, l’enquête d’envergure de la CDPDJ n’aurait sans doute jamais été lancée.

Quant à la directrice nationale de la DPJ, Lesley Hill, elle a plutôt pris la défense des intervenants du réseau de la DPJ. Le 7 mai, alors que Mme Guérin assistait aux travaux de l’Assemblée nationale — le parlement du Québec — et que des élus la remerciaient d’avoir attiré l’attention sur les droits bafoués de plusieurs enfants, Mme Hill diffusait une vidéo destinée au personnel de la DPJ.

Elle y évoquait la difficulté d’entendre des accusations telles que « parjure », « falsification » ou « omission volontaire », laissant entendre que les intervenants n’agissaient pas délibérément de la sorte.

Pourtant, ce sont précisément des pratiques de ce type que la Commission a relevées dans plusieurs dossiers.

Dans son message, la directrice invitait plutôt à se concentrer sur les « petits miracles » accomplis par le réseau, tout en affirmant sa solidarité avec les intervenants.

La question demeure : dans ces conditions, qui osera encore soulever le couvercle ?


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jeudi 2 janvier 2025

« Protection de la jeunesse » du Québec — 42 de ses employés pincés pour inconduites sexuelles


Publicité de la DPJ, avec ce qui serait des enfants québécois typiques...

Les cas se sont étalés sur six ans à travers différents centres jeunesse du Québec.

Au moment où la Direction de la protection de la jeunesse de Montréal est sous le feu des critiques, plus d’une quarantaine de cas d’inconduites sexuelles survenus dans des centres jeunesse à l’extérieur de la métropole se sont ajoutés.

C’est ce que révèlent des données obtenues par Le Journal du Québec.

« Ce n’est pas tant le nombre que le fait que nos pratiques de gestion en ressources humaines sont défaillantes depuis les dernières années. Il faut mettre en place ce qu’il faut pour assurer la sécurité des enfants », résume Lesley Hill, directrice nationale de la Direction de la protection de la jeunesse.

Un scandale a frappé cet automne le Centre de réadaptation pour les jeunes en difficulté d’adaptation de la Cité-des-Prairies, à Montréal. Des gestes à caractère sexuel entre des usagers et plusieurs éducatrices ont été allégués.

Depuis, Le Journal du Québec a sondé l’ensemble des établissements de la province afin de savoir combien d’employés de centres jeunesse avaient été congédiés, suspendus ou encore sanctionnés pour diverses inconduites sexuelles depuis 2019.

Ironiquement, seul le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, qui chapeaute Cité-des-Prairies, a refusé de répondre à la requête du Journal.

DU TRAVAIL AILLEURS

Qu’importe ! Les réponses obtenues révèlent un portrait troublant : au cours des six dernières années, il y a eu au moins 42 cas d’inconduites sexuelles dans des centres jeunesse hors de Montréal. Une dizaine d’employés ont démissionné en cours d’enquête, laissant craindre qu’ils ne se trouvent du travail dans un autre centre.

« Ce modus operandi de démissionner au lieu de congédier, ça aussi, il faut qu’on mette fin à ça », insiste Lionel Carmant, ministre responsable des Services sociaux. « Avec Santé Québec, maintenant, les dossiers vont suivre d’un établissement de santé à l’autre. »

À Laval, on recense quatre congédiements et trois démissions pour des comportements de nature sexuelle avec les usagers. Dans Lanaudière, six situations ont été répertoriées depuis 2021, dont quatre en 2024 seulement.

Cela s’explique par « une hausse de dénonciations provenant notamment du personnel en Centre jeunesse », selon le cabinet de Lionel Carmant.

« Est-ce qu’on est en train de faire toutes les vérifications avant d’embaucher quelqu’un ? » se demande Lesley Hill.

CRÉDIBILITÉ AFFECTÉE


« Ce sont des jeunes qui ont besoin d’être encadrés, structurés, dit Louis-Georges Cournoyer, professeur à l’École de criminologie de l’Université de Montréal. Quel est l’impact à long terme [sur eux] ? C’est très difficile de spéculer. C’est sûr que ça affecte la crédibilité des centres jeunesse. »

Le ministre Lionel Carmant déplore que le CIUSSS du Centre-Sud n’ait pas donné suite aux demandes du Journal.

« C’est dommage dans le contexte, parce que ce qu’on veut, c’est un changement de culture », a-t-il commenté.

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La gauche intellectuelle progressiste et la pédophilie, retour sur une histoire trouble

Canada — La pédophilie  : une orientation sexuelle comme l’hétérosexualité pour des experts

Juger la vie privée de Simone de Beauvoir  (Elle a eu une relation avec une élève de 15 ans qui lui aurait valu son congédiement du lycée Molière à la fin des années 30. On relate aussi ses relations amoureuses avec de jeunes femmes qui étaient aussi ses étudiantes, qu’elle « rabattait » ensuite vers son compagnon Jean-Paul Sartre. En 2008, la Britannique Carole Seymour-Jones, auteure du livre A Dangerous Liaison, décrivait le comportement de Beauvoir comme un « abus d’enfant » se rapprochant de la « pédophilie ». En 2015, dans Simone de Beauvoir et les femmes, Marie-Jo Bonnet qualifiait de « contrat pervers » le modus operandi entre Beauvoir et Sartre. Le blogueur du Journal de Montréal Normand Lester accuse quant à lui Beauvoir d’être une « prédatrice sexuelle ».)

La révolution sexuelle des années 60, la pédophilie et les prêtres modernes 

Allemagne — Garçons orphelins sous la tutelle de pédophiles

Grande-Bretagne — 83 suspects de pédophilie… dans le football 

La Russie sanctionne Twitter pour manque de filtrage des contenus pédopornographiques ou faisant l’apologie de drogues ou du suicide  

samedi 20 avril 2024

Le tiers des jeunes de 21 ans qui sont passés par la Protection de la jeunesse dans une situation précaire à l'âge adulte

Le tiers des jeunes de 21 ans qui sont passés par la DPJ se retrouvent dans une situation précaire à l'âge adulte. Ils sont 3 fois plus nombreux à être sans emploi, sans diplôme et sans formation.

mardi 21 mars 2023

François Legault : « Notre société doit peut-être donner un petit peu moins de pouvoir au parent biologique »

François Legault commentant les modifications à la loi sur la DPJ (Direction de la protection de la jeunesse).

Moins de pouvoir aux parents biologiques et donc plus de pouvoir à qui si ce n'est l'État et ses fonctionnaires et juges ?

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dimanche 19 février 2023

DPJ — acharnement et impunité de la DPJ. Qui protège les parents contre la DPJ ?

Le gouvernement a donné l’impression d’agir en nommant une directrice nationale de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), Catherine Lemay, un bien discret chien de garde.

Pas un mot sur l’imputabilité que la DPJ devrait assumer dans ses décisions dans la nouvelle loi sur la Protection de la jeunesse pilotée par le ministre Lionel Carmant, dans laquelle on assume toujours que toutes les décisions prises le sont de bonne foi, même si ce n’est pas le cas. Comme l’exposait lundi le collègue du Nouvelliste Sébastien Houle, il arrive que des intervenantes modifient des rapports et noircissent à dessein le portrait de certains parents.

Ça arrive trop souvent.
 
C’est arrivé à François et Sylvie [Prénoms fictifs], deux parents qui se sont retrouvés avec leurs deux filles dans l’engrenage de la DPJ pour un désaccord sur l’enseignement à la maison. L’affaire a débouché sur un diagnostic d’autisme effectué par une clinique « très bonne cliente de la DPJ », selon la journaliste Mylène Moisan du Soleil. Diagnostic monté en épingle. Les parents se sont sentis attaqués par la DPJ, la DPJ n’a pas voulu lâcher le morceau et a placé les filles dans un centre de réadaptation.

C’était en 2015, elles avaient sept et huit ans. 

Presque huit ans plus tard, François et Sylvie se battent encore pour retrouver leurs filles envoyées à 7 et 8 ans en centre de réadaptation, lieu réservé habituellement pour les cas lourds. Elles en sont sorties uniquement à l’automne dernier. Depuis, elles en sont à leur deuxième famille d’accueil, les parents ne savent pas où elles sont, ni si elles ont dû changer d’école.

À chaque visite supervisée, la plus jeune, qui est maintenant âgée de 14 ans, supplie de revenir à la maison.

Une des filles a été victime d’agressions sexuelles dans une des familles d’accueil par un jeune connu pour ce genre de méfaits… On a ensuite déplacé ce jeune. L’intervenante n’a pas été sanctionnée pour manque de surveillance, déclare Mylène Moisan. Au contraire, dans les notes consultées par la journaliste, on notait que l’intervenante avait, somme toute, bien surveillé la situation.



François et Sylvie ont rué dans tous les brancards, mais rien n’y a fait, ils ont plutôt eu droit à des représailles, à une diminution de leurs heures de visite. Même si les jugements rendus depuis le début maintiennent qu’ils sont des parents aimants et que leurs enfants sont en sécurité avec eux, la DPJ s’entête. 

Et, aujourd’hui, François a décidé de dénoncer l’absence de recours contre les intervenantes qui s’acharnent, qui ne sont jamais imputables.

Il est parti à pied de l’Assomption dans Lanaudière il y a une semaine, par un matin sibérien, après avoir fait approuver son itinéraire par les autorités. Il marche entre 6 et 26 kilomètres par jour avec un dossard orange pour être bien visible, s’arrêtant dans des cafés et des restaurants pour rallier des personnes à sa cause.

Pour donner écho à son cri du cœur.

Après 226 kilomètres de marche, il prévoit arriver le dimanche 19 février, devant le parlement, où un rassemblement serait en préparation. 

Il veut s’attaquer à l’article 35 de la Loi sur la protection de la jeunesse, celui où on dit tenir pour acquis que tout le monde est de bonne foi, à moins de prouver le contraire. L’article en question : « Le directeur et toute personne qui agit en vertu des articles 32 ou 33 [ceux qui procèdent à l’évaluation et à l’orientation des dossiers] ne peuvent être poursuivis en justice pour des actes accomplis de bonne foi dans l’exercice de leurs fonctions. »

Ce qui peut sembler être du bon sens prend parfois des allures d’immunité.

D’impunité.

Cet après-midi, François s’arrêtera « à Trois-Rivières devant le bureau de circonscription de Jean Boulet », en espérant qu’il sorte lui parler. « Je marche chaque jour pour mes filles, mais aussi pour tous les enfants, parents, grands-parents, familles au Québec qui sont prises avec la DPJ, mais qui ne devraient pas. Cette marche a pour but que la DPJ soit imputable de ses actes. »

Elle devrait l’être depuis longtemps.

 
 

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lundi 25 avril 2022

Projet de loi 15 du Québec — les parents de plus en plus évincés par l'État comme protecteur de l'intérêt de l'enfant

Le projet de loi 15 a été présentée par le ministre de la Santé du Québec, Lionel Carmant, en décembre 2021. Il a été adopté à l’unanimité jeudi dernier à l’Assemblée nationale de la province canadienne : 115 votes en faveur et aucun contre. 

[Sur l’unanimisme fréquent de la députation québécoise, voir Du programme ECR à l’affaire Michaud : la servilité de nos élites, Québec, pays du consensus mou et des pressions centralisatrices : Euthanasie — le Québec et son culte du consensus froissé, Déclaration de revenus unique : vote unanime à l’Assemblée nationale et Comment Québec a privé les parents et les élèves d’un choix de cours de morale ou de religion à l’unanimité, encore une fois...].

Selon la chaîne canadienne CTV news, la nouvelle loi vise à « donner la priorité aux intérêts des enfants sur toutes les autres considérations, y compris les intérêts des parents », et apporte un certain nombre de changements à la réglementation québécoise en matière de protection de la jeunesse en vue de faciliter le placement des enfants dans des foyers d’accueil dans les cas présumés de négligence ou d’abus.

La Loi sur la protection de la jeunesse du Québec (1977) reconnaissait jusqu’à présent que l’État devait « tendre à maintenir » un enfant à risque « dans son milieu familial ». Il s’agissait du principe de la primauté parentale, c’est-à-dire que les parents sont les premiers responsables de leurs enfants.

S’il était impossible ou contraire à l’intérêt supérieur de l’enfant de rester dans son foyer familial, les autorités de protection de l’enfance cherchaient à placer l’enfant auprès de membres de sa propre famille élargie. Ce n’est qu’après l’échec de cette solution que les enfants étaient placés dans des foyers d’accueil.

Les principaux médias canadiens ont décrit la nouvelle loi comme une « reconnaissance du fait que le maintien à tout prix d’un enfant négligé ou maltraité dans sa famille biologique » ne devrait plus être « une priorité absolue » et que « veiller à ce que l’enfant bénéficie d’un environnement stable aussi rapidement que possible » devrait être « la priorité du gouvernement ».

Les juges et les travailleurs sociaux pourraient donc ignorer le principe de la primauté parentale lorsqu’ils prendront leurs décisions sur le sort d’un enfant.

Un autre changement apporté par la nouvelle loi est l’assouplissement des règles de confidentialité concernant les renseignements personnels des enfants ; ceux-ci pourront désormais être plus facilement transmis et partagés entre les autorités et les intervenants.

Bien que la loi n’ait rencontré pratiquement aucune opposition à l’Assemblée nationale, certains parents au Québec ont agité des signaux d’alarme depuis son introduction en tant que projet de loi.

Certains affirment que de supplanter la primauté parentale pourrait créer un dangereux précédent et donner à l’État trop de pouvoir sur les enfants.

« À première vue, la modification de la Loi sur la protection de la jeunesse semble juste pour l’enfant », a écrit au mois de décembre la blogueuse Mel Goyer dans un billet sur le projet de loi.

« Cela semble être une bonne idée de mettre les intérêts de l’enfant au premier plan », poursuit-elle.

Les intérêts de l’enfant déterminé par l’État progressiste, ses juges et ses agents « Mais en réalité, tant les parents que l’enfant sont mis de côté lorsque le tribunal prend la décision de les retirer de leur famille. Le système déraille depuis des années, et le gouvernement en profite pour réformer certains principes fondamentaux. »

Mme Goyer a fait valoir que cette mesure pourrait être un premier pas vers un contrôle accru du gouvernement et l’érosion des droits de la famille.

Elle a rappelé que le Premier ministre du Québec, François Legault, avait qualifié le projet de loi de « moment historique » et déclaré que « faire passer les intérêts de l’enfant avant ceux de sa famille biologique » était au cœur de la réforme.

« Non, François Legault n’est pas sur le point de “vous enlever vos enfants” [c’est à voir…], mais l’idée qu’il puisse abolir le principe de la suprématie parentale est inquiétante », écrit Mme Goyer, ajoutant que si rien n’est fait, la destruction du groupe familial s’accélérera.

Elle donne l’exemple d’une récente affaire judiciaire dans laquelle le juge a décidé que deux jeunes filles âgées de 14 et 19 ans recevraient un vaccin COVID contre la volonté de leur mère ; le juge avait accusé la mère d’adhérer aux « théories du complot anti-vax ».

Mme Goyer conclut son article en encourageant les parents concernés à rejoindre Alain Rioux, fondateur de l’association les papas en action, dans son opposition au projet de loi.

« Sous couvert de “protection de l’enfance”, le Québec a adopté le projet de loi 15, [et] cela vient de supprimer la primauté parentale. Ce qui signifie que le gouvernement peut maintenant décider de ce qui est le mieux pour votre enfant », a posté un autre utilisateur de Twitter.

Source : QCV    

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lundi 26 avril 2021

« Il faut démanteler la DPJ », déclare l'ex-juge Andrée Ruffo

La juge à la retraite Andrée Ruffo estime que le temps est venu de démanteler la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

« Bien sûr qu’il faut démanteler la DPJ. Pour moi, il n’y a aucun doute », a-t-elle confié jeudi en entrevue à QUB radio.

Maintenant à la retraite, Mme Ruffo réagissait à un jugement du Tribunal de la jeunesse qui a dévoilé mardi les sévices subis par le frère de la fillette martyre de Granby. Elle est d’avis qu’il en revient à la famille élargie et à la communauté de prendre la responsabilité de l’enfant, non pas à la DPJ.

« La responsabilité des enfants, ça appartient aux parents », a-t-elle fait savoir en entrevue avec l’animateur Richard Martineau dans l’émission « Politiquement incorrect ».

« Ce n’est pas à l’État de s’occuper des enfants en premier lieu, a-t-elle ajouté. Premièrement les parents, deuxièmement la communauté, et ensuite (l’État) ultimement, mais ça, ce sera 10 %, ce ne sera pas des centaines de milliers d’enfants. »

Est-ce qu’il est temps de lancer une commission d’enquête sur la DPJ ? « C’est plus que temps », a indiqué Mme Ruffo. Si, à son avis, la commission Laurent a ses mérites, il faut d’ailleurs faire attention au choix des personnes qui y témoignent, puisque trop d’entre elles sont en fonction à la DPJ.

Andrée Ruffo croit qu’« il est grand temps qu’on se penche sur la situation des enfants au Québec, c’est-à-dire qu’on nomme un commissaire aux droits des enfants » et qu’on doit aussi donner l’aide nécessaire aux parents.

Une trop grande confidentialité

« J’aimerais bien qu’on repense la fameuse confidentialité, la confidentialité qui protège la DPJ. […] Pourquoi c’est si sacré ? Parce qu’on protège la DPJ », a également souligné Andrée Ruffo.

L’ex-juge s’est dite extrêmement inquiète du manque de transparence de la DPJ, même envers les familles d’accueil qui reçoivent les enfants sans connaître les difficultés qu’ils ont traversées.

« Prenez l’exemple dans une famille d’accueil où on a deux grands garçons de 12-13 ans qui ont été abusés et qui sont des abuseurs, a-t-elle souligné. La travailleuse sociale place deux enfants de 8-9 ans dans cette famille-là, eh bien une demi-heure après ces enfants-là sont abusés par les grands garçons, mais personne n’a dit que ces enfants-là, les plus grands, avaient été des abuseurs. »

La formation, un problème

Toujours en entretien à QUB radio, Andrée Ruffo a pointé du doigt les problèmes reliés à la formation des intervenants sociaux.

« Aujourd’hui, vous voulez travailler comme un intervenant à la DPJ, vous êtes diplômé de l’université, on vous défend d’utiliser votre titre pour ne pas mettre de l’ombrage sur ceux qui n’ont pas de formation », a-t-elle dit.

Selon elle, l’écart de scolarité peut s’avérer très marqué dans certains centres d’accueil où, sous condition de poursuivre leurs études, certains intervenants sociaux n’ont jamais fini leur secondaire.

Source : Journal de Québec

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jeudi 4 mars 2021

DPJ utilisée pour harceler les parents-éducateurs à la maison

Sous l’égide de l’instituteur Roberge, dont on ne peut mettre en doute la ténacité et la confiance en soi, les parents éducateurs du Québec sont soumis depuis près d’un an à de très fortes pressions de la part du Monopole de l’Éducation du Québec. Celui-ci utilise l’arme de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) pour faire plier les parents. Ces pressions n’ont aucunement l’objet d’éviter la maltraitance d’enfants, à moins que de ne pas appliquer fidèlement la pédagogie et le programme de M. Roberge soit de la maltraitance… 
 
Nous connaissons personnellement trois familles qui ont décidé de quitter le Québec à la suite de ces pressions par la DPJ, l’une d’entre elles possédait une petite entreprise prospère en Estrie, elle est depuis vendue.

Dans le cadre de ces tracas causés par le Monopole de l’Éducation du Québec et par la DPJ, l’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED) informe ses membres :

L’AQED travaille sans relâche pour ses membres ! Nous tenons à vous garder informés des efforts faits pour vous défendre auprès de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). La liberté des familles est constamment mise à l’épreuve et nous devons continuer à travailler pour éviter que des familles ne soient harcelées par la DPJ sans raison autre que parce qu’elles font l’éducation à domicile.

À quoi ces interventions peuvent-elles ressembler ? Voici le résumé d’une situation qui s’est déroulée au début du mois, lors de laquelle l’AQED est intervenue pour soutenir une de ses membres.

Une représentante de la DPJ dans une région a contacté l’AQED pour avoir des renseignements au sujet d’une famille. Nous leur avons bien spécifié que l’AQED est un organisme communautaire et que la loi ne nous oblige pas à communiquer quelque renseignement que ce soit.

À la suite d’échanges téléphoniques, notre conseillère juridique a rectifié plusieurs faits avec cette représentante de la DPJ.

  • La famille n’a rien à se reprocher puisqu’elle a envoyé son avis à la Direction de l’enseignement à la maison (DEM) dans les 10 jours suivant le retrait de l’école. Elle a présenté à la DPJ son avis de réception, ce qui est le seul document dont la DPJ a besoin pour évaluer si la famille fait vraiment l’éducation à domicile.
  • La famille peut présenter son projet d’apprentissage (PA), mais ce n’est pas au travailleur social de le juger ou de l’évaluer. La DEM est le seul département gouvernemental compétent pour déterminer la conformité du PA. La DPJ n’est pas un organisme compétent pour évaluer le contenu du PA : sa compétence et son mandat étant d’évaluer si un enfant est en situation de compromission seulement.

Les travailleurs sociaux et la DPJ ont parfois une faible connaissance de l’éducation à domicile et nous prenons des moyens pour les sensibiliser et les informer de vos droits et vos réalités. C’est donc une des nombreuses excellentes raisons de devenir membre de l’AQED, l’association étant constamment présente pour défendre et représenter ses membres.

Merci de votre confiance !


vendredi 20 juillet 2018

DPJ retire deux filles à leurs parents sur fond d'instruction à la maison

Un couple lance un cri du cœur contre la DPJ, qui lui a retiré ses deux filles il y a plus de trois ans. Au centre du désaccord, la scolarisation et un diagnostic d’autisme.

Lorsque Sylvie et François (prénoms modifiés) vont voir leurs deux filles, âgées de 10 et 11 ans, ils ne peuvent même pas les toucher. Ni les consoler. Ils ont le droit de les voir une heure et demie par semaine, sous supervision, dans un endroit déterminé par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). Sylvie et François se sont vu retirer leurs droits parentaux et tous les autres droits. Aussi bien dire qu’ils se sont fait retirer leurs enfants, point. Depuis plus de trois ans. L’histoire commence en région, leur première fille a huit mois, Sylvie et François font le choix de s’acheter une maison sur le bord d’un lac privé, dans les pays d’en haut, avec plein d’animaux, des poules, des canards, des lapins, des chèvres miniatures.


Dessin d’une des enfants fourni par les parents anéantis. Elles n’auraient plus le droit de dessiner.

Ils ont un élevage de chiens de race.

Presque un an plus tard, ils ont eu une autre fille. « On est resté là pendant sept ans, les filles étaient libres, raconte Sylvie. C’est ce qu’on voulait, qu’elles grandissent dans la nature. Elles allaient se baigner dans le lac, avec une veste de sauvetage bien sûr, elles ont appris à faire du vélo, du quatre roues. »

François travaillait à temps plein, il faisait du soutien technique pour une entreprise de télécommunication. « On avait tout équipé pour les enfants, on avait un module de jeux, se souvient François. Il y avait un camping à deux minutes, on y allait, il y avait beaucoup d’enfants, des activités. Chez nous, on recevait la famille et les amis, on se faisait des barbecues, des feux de camp au clair de la lune. Les filles ont grandi là-dedans. »

Jusqu’à ce que François doive se trouver un nouveau travail, qu’ils décident de se rapprocher de la ville. Et aussi d’une école. « La première année, pour la plus grande, je l’ai fait en scolarisation à la maison. Quand la deuxième a été en âge, on a décidé de se rapprocher pour les inscrire. »

François s’est vite trouvé un boulot, toujours en soutien technique dans le domaine des télécommunications. Ils ont déménagé dans un quatre et demi au nord de Montréal, près d’un boulevard.

Sylvie et François ont décidé de continuer la scolarisation à la maison le temps que les filles s’adaptent à leur nouvelle vie. « Je me suis présentée à la commission scolaire pour les inscrire, je n’avais pas leurs certificats de naissance. J’ai dit à la dame que je les inscrirais quand je les aurais. »
Elle a fait la demande au Directeur de l’État civil.

La dame, qui avait pris soin de préciser à Sylvie qu’elle n’était pas en faveur de l’école à domicile, a vérifié peu de temps après si les enfants avaient été inscrites. Elles ne l’étaient pas.

Au lieu d’appeler les parents, elle a appelé la DPJ.

La DPJ a dépêché tout de suite une intervenante à leur domicile, Sylvie lui a montré le certificat qu’elle avait reçu, lui a dit qu’elle attendait l’autre avant de procéder à l’inscription. Selon ce que m’a raconté Sylvie, l’intervenante, voyant qu’elle était de bonne foi, a fermé le dossier. Aussitôt que le facteur a livré le certificat manquant, Sylvie est allée inscrire ses filles à la commission scolaire de la Rivière-du-Nord, leur a fait l’école à la maison. « On s’est inscrits comme membre de l’AQED », l’Association québécoise pour l’éducation à domicile, pour avoir des ressources.

Une première rencontre a eu lieu en septembre. « Une dame m’a remis une feuille avec ce qui devait être vu, ce que les filles devaient apprendre. Elles le savaient déjà, elles faisaient déjà plus que ça. » Sylvie a conservé cette feuille. « Je lui ai demandé si je pouvais avoir les manuels, avoir accès à la bibliothèque de l’école, inscrire les filles aux sorties, j’étais même prête à payer. C’était non, non, non, c’était impossible. Il n’y avait aucune possibilité d’avoir accès à quoi que ce soit, il n’y avait aucune ouverture. » Et elle est repartie. « J’ai été convoqué le 17 mars [2015] pour leur montrer le porte-folio, pour évaluer ce que les filles avaient fait pour l’année. Je trouvais ça trop tôt, j’ai laissé un message pour déplacer le rendez-vous. » Habituellement, les rencontres d’évaluation se tiennent entre la mi-mai et la mi-juin. Elle n’a pas eu de retour d’appel. Elle ne s’est pas présentée au rendez-vous du 17 mars. « Quand ils ont vu ça, au lieu de m’appeler, ils ont tout de suite appelé la DPJ, pour refus de scolarisation. » Trois semaines plus tard, une intervenante s’est pointée à la maison. « Elle posait des questions sur tout, sur la hauteur du comptoir, sur le sofa qui n’avait pas de bras sur le côté, n’importe quoi. Je n’étais pas habituée à me justifier comme ça. »

L’intervenante est revenue trois semaines plus tard avec une autre intervenante, ils ont posé des questions aux filles.

« Elle nous a appelés deux semaines plus tard, elle nous a dit de nous présenter en cour le lendemain matin. Elle nous a dit de ne pas emmener nos enfants. On ne connaissait rien à la DPJ, on ne comprenait pas. » Ils allaient bientôt comprendre. Le 21 mai 2015, la DPJ retient le signalement, estimant que la sécurité et le développement des enfants sont compromis. On reproche aux parents de ne pas prendre les moyens suffisants pour les scolariser ni pour les socialiser. On les accuse de faire de l’isolement parental, élément qui ne sera pas retenu comme prépondérant.

Les enfants ont alors sept et huit ans.

S’ensuit une série d’audiences en Chambre de la jeunesse, qui culmine le 19 juin, alors que François se présente devant le tribunal le matin, seul. En fin d’avant-midi, le juge demande à voir les enfants. « Je pars les chercher, mais, en même temps, la procureure de la DPJ réclame à la cour une intervention d’urgence. Elle dit qu’il y a un risque qu’on se sauve en Ontario ou aux États-Unis... »

Le juge donne le feu vert aux policiers pour aller chercher les enfants. François arrive sur le fait, les policiers sont chez lui. Sa femme et ses filles n’y sont pas. Dans le logement, il n’y a aucune boîte, aucune valise, aucun signe qui laisserait croire à une fuite imminente. « J’étais partie me promener avec les filles. J’étais stressée, je m’étais dit que ça me relaxerait. On traversait la 117 quand les policiers sont arrivés. » Ils ont pris les filles. Le tribunal a ordonné qu’elles soient placées immédiatement dans une famille d’accueil, ce qui fut fait. Les deux ont été placées quelques semaines plus tard dans un foyer, officiellement un « centre de réadaptation », avec sept autres jeunes. « Plusieurs des enfants qui sont là ont vécu de la violence. » Évidemment, c’est le choc. Les filles n’ont jamais été séparées de leurs parents.

La DPJ les fait évaluer par une neuropsychologue, qui conclut que la plus jeune est atteinte d’autisme sévère, que l’aînée a une forme modérée. « En cour, elle a dit qu’elles ont un développement équivalent à 9 à 12 mois, à peu près aucune autonomie, qu’elles peuvent à peine marcher et s’habiller qu’elles n’ont jamais vu un ballon de leur vie. »

François et Sylvie m’ont montré plein de photos où on les voit jouer au ballon. D’autres où elles font du vélo. Ils m’ont aussi montré des photos de blessures observées sur leurs filles lors de visites, des photos d’elles avant et après le placement. Elles sont amaigries, quasiment méconnaissables. « On ne sait jamais ce qui se passe là-bas, on ne nous informe de rien. Et quand on pose des questions, on nous répond n’importe quoi. »

J’ai passé trois heures et demie avec Sylvie et François, ils sont arrivés à notre rendez-vous avec cinq sacs remplis de documents. Ils m’ont montré les rapports d’évaluation psychologique des enfants, les documents de cour, la transcription de l’audience du 19 juin 2015, la facture du garage du même jour, une facture de plus de 2000 $ pour de l’orthodontie pour l’aînée, jusqu’aux notes médicales prises quand la petite avait deux mois, « suit des yeux, sourit, entend bien ». Oui, les parents sont en colère.

On le serait à moins.

Parmi les liasses de documents que les parents m’ont remis, il y a des dessins que leurs filles ont faits depuis leur arrestation. « Il y en a un où elle est tombée dans l’eau, où on voit le mot kidnapping. [...] Elles n’ont plus le droit de dessiner. »

Sylvie me parle d’une conversation qu’elle a enregistrée, dans le temps qu’ils pouvaient parler à leurs filles au téléphone. « Il y a quelqu’un à côté. Ma fille demande : “Est-ce que j’ai le droit de dire ça ?” La personne dit : “Oui, c’est OK, tu as le droit de dire ça.” »


Même chose pour les rencontres supervisées, qui se limitent à un dîner une fois par semaine, en présence de deux intervenantes. « On est dans une petite salle avec des meubles d’enfants, raconte Sylvie. Il y a plein de questions qu’on ne peut pas poser. On ne peut pas leur demander comment ça va ni ce qu’elles font. On apporte un jeu, un livre, on discute du livre. » Ils ne peuvent pas les toucher. La DPJ a fait faire une seconde évaluation, les diagnostics sont plus nuancés, on ne parle plus d’autisme sévère, mais d’une forme plus légère. Les parents ont pu faire évaluer leurs filles par un autre spécialiste, il a conclu à une forme légère pour la plus petite, rien de concluant pour la plus grande. « On sait que la petite a un problème d’élocution, on est prêts à travailler ça. Et si elles ont besoin de services et d’accompagnement, on est prêts à faire tout ce qu’il faut. » La DPJ ne les croit pas.

Depuis presque trois ans, donc, les parents et la DPJ sont à couteaux tirés à cause du diagnostic. « Ils nous demandaient de signer le premier diagnostic, mais on a toujours refusé de le faire. Ça n’a aucun sens. » Pour les parents, il est clair que l’arrestation de leurs filles les a traumatisées au point de fragiliser leur santé mentale.

La DPJ accuse les parents de refuser de collaborer, de critiquer sans arrêt la ressource où leurs filles sont hébergées.

Le 19 avril dernier, le tribunal de la jeunesse a prolongé de deux années le placement des filles, qui ont maintenant 10 et 11 ans, jugeant même « improbable à plus long terme » un retour à la maison. « Cette situation est d’autant plus triste que nous sommes en présence de parents qui ne constituent aucunement un danger pour la sécurité de leurs enfants qu’ils aiment immensément. »

Tout ça pour un désaccord sur la scolarisation. Et sur un diagnostic d’autisme. L’intransigeance de la DPJ est d’autant plus préoccupante qu’on tente habituellement par tous les moyens de maintenir les enfants dans leur milieu familial, même dans des situations à haut risque, où certains parents ont des problèmes de dépendances ou de violence.

Retirer un enfant de son milieu doit être un dernier recours.

Dans ce cas-ci, la DPJ n’a même pas envisagé un milieu plus proche des enfants, cela même si une grand-mère pourrait prendre le relais. « On était même prêts à donner notre logement à ma mère. On a deux salles de bains, les filles ont chacun leur chambre. » Elles sont joliment décorées. La DPJ s’entête. S’acharne. J’ai beau retourner la situation dans tous les sens, donner le bénéfice du doute à la DPJ, je n’arrive pas à concevoir que de faire arrêter des enfants de sept et huit ans par des policiers, de les arracher à leur famille peut, d’une façon ou d’une autre, être fait pour leur bien.

Si tout ça sert des intérêts, ce ne sont certainement pas ceux des enfants.

Source : Le Soleil, le 18 juillet 2018

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dimanche 1 juillet 2018

Le projet de loi S-206 empêcherait d'utiliser la force raisonnable pour corriger un élève ou un enfant

Selon ses détracteurs, le projet de loi S-206, connu sous le nom de « projet de loi antifessée », menacerait les familles canadiennes.

Ce projet de loi a été introduit par le sénateur libéral Hervieux-Payette en 2015, est passé en deuxième lecture et est maintenant étudié par le Comité des affaires juridiques et constitutionnelles. Le S-206 supprimerait totalement l’article 43 du Code criminel du Canada, qui stipule : « Tout instituteur, père ou mère, ou toute personne qui remplace le père ou la mère, est fondé à employer la force pour corriger un élève ou un enfant, selon le cas, confié à ses soins, pourvu que la force ne dépasse pas la mesure raisonnable dans les circonstances. » Selon l’article qui accompagne la pétition, sans l’article 43, toute intervention physique de la part des parents serait interprétée comme voie de fait :
  • Prendre l’enfant et le déplacer dans une autre pièce ;
  • L’empêcher de faire une chose qu’il veut faire ;
  • Retirer des jouets ou des objets des mains de l’enfant ;
  • Mettre l’enfant en punition dans sa chambre ;
  • L’empêcher de quitter la maison ;
  • Retenir l’enfant contre son gré ;
  • Donner une fessée pour que l’enfant adopte un bon comportement. 

La pétition : https://www.citizengo.org/en-ca/fm/163353-stop-bill-s-206-do-not-criminalize-82-canadian-parents (uniquement en anglais)


Le Barreau du Québec s’était opposé à l’abrogation de cet article et penchait pour une réécriture de celui-ci :
Toutefois, nous vous faisions également part de nos craintes concernant la proposition d’abrogation de cet article dans le Code criminel. À notre avis, cette proposition créerait un vide juridique qui permettrait le recours aux tribunaux afin de sanctionner l’emploi légitime et acceptable de la force par un parent ou un instituteur visant à éduquer un enfant mineur. Nous vous précisions que la Cour suprême, dans l’arrêt Canadian Foundation for Children, avait déjà rigoureusement encadré le recours à la force [pas de gifle...] en lien avec l’article 43 du Code criminel.

Selon certaines statistiques, 82 % des parents canadiens utiliseront la force physique pour discipliner leurs enfants. De plus, « dans une décision rendue en 2004, la Cour suprême du Canada a confirmé la constitutionnalité de l’article 43. Le tribunal a reconnu le droit des parents d’utiliser une force raisonnable pour élever et corriger leurs enfants, tout en condamnant les véritables abus. »

Nocivité systématique de la fessée n’est pas prouvée

En outre, des études auraient démontré que l’usage de la force corrective (y compris la fessée) était bénéfique aux enfants. La Dre Marjorie Gunnoe, professeur de psychologie à Calvin College, et sa collègue, Carrie Lea Mariner ont publié une étude en 1997 qui concluait que « dans la plupart des cas les affirmations selon lesquelles la fessée entraîne un comportement agressif chez les enfants semble sans fondement. »

Le Dr Gunnoe affirme que les enfants ayant reçu la fessée étaient plus performants que ceux qui ne l’avaient pas reçue, aussi bien pour ce qui est des notes scolaires, de la volonté d’accomplir du bénévolat, que dans leur volonté d’aller à l’université. Gunnoe et Mariner ont fait valoir que les effets de la fessée peuvent dépendre de la « signification » que les enfants peuvent lui attribuer. Par exemple, la fessée perçue par l’enfant comme une agression parentale (par opposition à l’établissement de limites sans punition physique) peut être associée à un comportement agressif ultérieur.

Par ailleurs, pour les opposants à l’abrogation de l’article 43, on aurait assisté à une augmentation fulgurante de la violence et de la criminalité juvéniles dans les pays qui ont interdit la correction physique, comme la Suède qui a interdit toute forme de correction corporelle. Ceci pourrait cependant être dû à plusieurs causes, dont par exemple la forte immigration de populations extraeuropéennes provenant de pays en guerre ou de sociétés plus violentes. Ceci dit, il est vrai que le haut de taux d’appréhensions (rapts) d’enfants par les services de « la protection » de la jeunesse suédoise — nettement plus que ses voisins et cela avant la vague migratoire récente — pose de sérieuses questions sans que la Suède puisse arguer d’une moindre violence de sa société par rapport à ses voisins.

Au Québec, le sujet relève aussi du domaine provincial, le Code civil ne fait plus mention du droit à la correction, ce qui crée un vide en la matière et met les familles en danger étant donné les pouvoirs de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) sur le sujet. Elle bénéficie en effet d’une immunité qui la protège de poursuites en cas d’abus de pouvoir : visites traumatisantes des agents à la maison et pire, la séparation injustifiées des enfants des parents.


Sources : Parlement du Canada, Keep43, CQV, Barreau du Québec

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Sur le Suède : article en anglais  du Vancouver Sun qui relate
La Suède en 1979 est devenue le premier pays à interdire toute correction physique. Depuis lors, les accusations criminelles pour mauvais traitement (violences physiques) commis par des proches contre des enfants de moins de sept ans ont augmenté de 489 % de 1981 à 1994. Il y a eu également une augmentation choquante de 519 % des agressions criminelles perpétrées par des enfants de moins de 15 ans à l’encontre d’enfants âgés de 7 à 14 ans. Plus grave encore, 46-60 pour cent des cas étudiés en vertu de cette loi suédoise se traduisent par des enfants enlevés à leurs parents. Environ 22 000 enfants suédois ont été retirés de leurs foyers en 1981, alors qu’il n’était que 1900 en Allemagne (un pays près de 6 fois plus peuplé à l’époque), 710 au Danemark, 552 en Finlande et 163 en Norvège.

Considérez le cas d’une mère et d’un père de Karlstad, en Suède, emprisonnés pendant neuf mois et condamnés à verser 25 000 couronnes (11 000 $) à trois de leurs enfants qui ont reçu une fessée. Plus destructeur que la prison et les amendes, ces quatre enfants leur ont été enlevés par l’État. Bien que la cour ait conclu que les parents « avaient une relation pleine d’amour et de bienveillance avec leurs enfants », la fessée est apparemment suffisamment sérieuse pour mériter une peine aussi extrême.

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La Suède, auparavant l’un des pays les plus sûrs du monde, est maintenant aux prises avec une forte hausse de la violence et des agressions sexuelles dans certaines de ses banlieues. En 2017, outre 110 meurtres et 7226 viols, on y a recensé 320 fusillades et des dizaines d’attaques à la bombe. Le Premier ministre social-démocrate suédois, Stefan Lofven, a déclaré la semaine dernière qu’il était prêt à déployer l’armée pour lutter contre le crime organisé.

Une grande partie de ces faits de violence émane des « zones d’exclusion sociale », des banlieues à majorité peuplées par des immigrés. Le Times précise qu’étant donné la qualité des infrastructures et des services qui sont offerts dans ces banlieues, on ne peut pas vraiment les qualifier de ghettos. Pour autant, elles sont confrontées à une forte criminalité est à des taux de chômage élevés.

Dans la ville de Malmö, l’âge moyen des membres de gangs est de 22 ans. Mais on voit aussi des jeunes de 14 ans armés de kalachnikovs et de gilets pare-balles dans les rues.
(L’Express Business)

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