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mercredi 4 mars 2026

Étude : les hausses de salaire des femmes réduisent la fertilité future, tandis que celles des hommes l'augmentent

Résumé : Une étude de décembre 2025 de la Fed de Chicago utilisant des données danoises : les hausses de salaire des femmes réduisent la fertilité future (jusqu'à -3,8 % pour un +5 % de salaire à 25 ans), tandis que celles des hommes l'augmentent (jusqu'à +1,2 %).

Les auteurs expliquent cette asymétrie par l'effet substitution dominant chez les femmes (compétition entre travail et enfants, garde d'enfants plus souvent à leur charge) et l'effet revenu chez les hommes, basé sur des réformes fiscales de 2009-2010 et un modèle de cycle de vie.

Ces résultats soulignent un impact potentiel inattendu des politiques d'égalité salariale sur la baisse de la natalité en Europe du Nord, où la fertilité est déjà faible (1,5 enfant par femme au Danemark en 2025).

Détails

Une étude publiée en décembre 2025 par la Federal Reserve Bank of Chicago analyse les liens entre évolution des salaires et décisions de fécondité à partir de données administratives danoises. Les auteurs exploitent des réformes fiscales mises en œuvre au Danemark entre 2009 et 2010 afin d’identifier l’effet causal de variations de salaires nets sur le nombre d’enfants au cours du cycle de vie.

Une relation différenciée selon le sexe

Les résultats mettent en évidence une asymétrie marquée :

  • Chez les femmes, une hausse du salaire net à un âge précoce – notamment autour de 25 ans – est associée à une baisse de la fécondité ultérieure. Selon les simulations du modèle estimé, une augmentation permanente de 5 % du salaire net féminin à 25 ans correspond à une diminution pouvant atteindre –3,8 % du nombre d’enfants attendu au cours de la vie.

  • Chez les hommes, une hausse comparable du salaire net est associée à une augmentation de la fécondité. Dans les mêmes conditions, une hausse de 5 % du salaire net masculin à 25 ans correspond à une progression pouvant atteindre +1,2 % du nombre d’enfants.

Ces estimations proviennent d’un modèle structurel de cycle de vie calibré sur les données danoises, combinant trajectoires salariales, décisions d’offre de travail et choix de fécondité.

Les mécanismes économiques avancés

Les auteurs interprètent cette asymétrie à partir de deux mécanismes classiques de la théorie économique :

  1. Effet de substitution dominant chez les femmes
    Une hausse du salaire augmente la valeur du temps consacré au travail rémunéré. Lorsque les responsabilités liées à la garde des enfants sont principalement assumées par les femmes, une augmentation du salaire féminin accroît le coût d’opportunité du temps consacré à la parentalité. Cela tend à réduire le nombre d’enfants choisi.

  2. Effet de revenu dominant chez les hommes
    Une hausse du salaire masculin accroît le revenu total du ménage. Cette augmentation des ressources disponibles peut favoriser la décision d’avoir davantage d’enfants, l’amélioration du revenu jouant un rôle positif dans les choix de fécondité.

L’étude montre également que les décisions de fécondité influencent à leur tour l’offre de travail sur l’ensemble du cycle de vie, contribuant à façonner les trajectoires professionnelles différenciées selon le sexe.

Un contexte démographique de faible fécondité

Ces résultats s’inscrivent dans un contexte où la fécondité demeure inférieure au seuil de renouvellement des générations dans plusieurs pays d’Europe du Nord. Au Danemark, le taux de fécondité total s’établit autour de 1,5 enfant par femme en 2025, soit un niveau nettement inférieur au seuil d’environ 2,1 nécessaire au maintien de la population sans apport migratoire.

mercredi 18 février 2026

Qu'est-ce qui explique l'écart salarial entre les hommes et les femmes ? La maternité.

Les recherches suggèrent qu'après avoir pris en compte les contraintes auxquelles les femmes sont confrontées pour avoir et élever des enfants, il ne reste plus grand-chose à expliquer dans le domaine des écarts salariaux. L'économiste la plus influente dans ce domaine, Claudia Goldin de l'université Harvard, qui a remporté le prix Nobel en 2023, semblait avoir clos le débat. Selon ses travaux, la maternité explique pratiquement tout l'écart salarial.

Une poignée d'articles publiés au cours des deux dernières années ont relancé le débat. Ils s'appuyaient sur des ensembles de données puissants et novateurs, qui mettaient en relation les dossiers médicaux et les données sur les revenus dans les pays scandinaves. Ces nouvelles preuves ont permis aux économistes d'exploiter la puissante expérience naturelle offerte par les variations de la fertilité des femmes. Les chercheurs ont pris comme échantillon des femmes ayant recours à la fécondation in vitro (FIV) – qui souhaitaient clairement avoir des enfants – et ont examiné la différence de salaire à long terme entre celles qui sont tombées enceintes et celles qui ne l'ont pas été. Au début, les mères gagnaient beaucoup moins, mais cet écart s'est réduit avec le temps. Environ 10 à 15 ans après la naissance des enfants, les mères gagnaient même un petit supplément.

Cette approche consistant à exploiter les variations naturelles de la fertilité a été utilisée dans une nouvelle étude, menée par Camille Landais de la London School of Economics et d'autres chercheurs. Elle s'intéresse aux femmes atteintes du syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (MRKH), une maladie rare dans laquelle une fille naît sans utérus mais se développe normalement par ailleurs. Ces femmes savent très tôt dans leur vie qu'elles ne pourront pas avoir d'enfants, ce qui les différencie de celles qui le découvrent après avoir échoué à concevoir naturellement ou par FIV. Cela pourrait influencer leurs salaires futurs, car les femmes qui envisagent de concevoir peuvent investir différemment dans leur capital humain. Elles pourraient, par exemple, dépenser moins pour leurs études, sachant qu'elles pourraient mettre leur carrière entre parenthèses après avoir donné naissance.

Cette connaissance précoce semble faire une grande différence. L'étude sur les femmes atteintes du syndrome MRKH a révélé qu'elles gagnent à peu près autant que les autres femmes et les hommes au début de l'âge adulte. Puis, entre 30 et 40 ans, alors que l'écart salarial entre les hommes et les femmes se creuse, les femmes atteintes du syndrome MRKH suivent une trajectoire différente. La trajectoire de leur salaire est presque identique à celle de leurs homologues masculins. En d'autres termes, si l'on élimine la maternité et toutes les décisions que les femmes pourraient prendre en l'anticipant, l'écart salarial semble disparaître. Il est difficile d'imaginer un meilleur moyen d'isoler les effets de la maternité des autres caractéristiques féminines et d'étudier leur impact sur les revenus. 

Source : The Economist
 
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Voir aussi ce qu’en disait le grand économiste Thomas Sowell, ce n’est pas les lois des féministes qui expliquent l’augmentation des salaires des femmes depuis les années 70....

Le salaire des jeunes Anglaises dépasse celui des jeunes Anglais. C’est à partir de 30 ans que cela s’inverse.

Cliquer sur le graphique ci-dessus pour l’agrandir.


Wall Street Journal : « Il n’y a pas d’écart salarial hommes-femmes »

Deux fois plus de dépressions chez les femmes qu’il y a 40 ans. Rançon de la « libération » de la femme ?

L’État [et ses emplois à l’abri des aléas économiques] se féminise et se « diversifie »

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Étude — La testostérone change la structure du cerveau

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Le paradoxe de l’égalité entre les sexes c. la théorie du genre

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lundi 12 mai 2025

L'écart salarial entre les minorités ethniques et les Blancs a été surestimé d'environ 10 %, selon étude

En 2016, des chercheurs ont constaté que l'écart salarial entre les minorités et les Blancs était surestimé d'environ 10 % parce que, au travail, les non-Blancs avaient tendance à s'adonner davantage aux loisirs, à l'attente, etc.

Ils ont retardé la publication de l'étude de peur que Trump ne l'utilise comme un élément de propagande.

L'écart salarial entre la minorité et les Blancs a été surestimé d'environ 10 % parce que, au travail, les non-Blancs ont tendance à s'adonner davantage aux loisirs, à l'attente et à la recherche d'un emploi.


Toute étude présentant les hommes noirs et hispaniques comme plus paresseux que les Blancs et les Asiatiques ne manquera pas de susciter la controverse.

Un article provocateur des économistes Daniel Hamermesh, Katie Genadek et Michael Burda s'aventure dans ces eaux troubles. Ils suggèrent que l'écart salarial racial bien documenté aux États-Unis est surestimé de 10
% parce que les minorités, en particulier les hommes, passent une plus grande partie de leur journée de travail à ne pas travailler. Après avoir rejeté un certain nombre d'explications plausibles, les auteurs attribuent finalement l'écart à des « différences culturelles » inexpliquées.

Conscients de la sensibilité de ces résultats, les professeurs ont retardé la publication jusqu'à la fin de l'élection présidentielle (en 2017). «
Je savais pertinemment que Trump et ses sbires s'en serviraient à des fins de propagande », explique M. Hamermesh, un économiste du travail haut en couleur et respecté. Le document pourrait toutefois être utilisé par ceux qui sont désireux d'éradiquer le « politiquement correct » et qui sont toujours mécontents des lois antidiscriminatoires actuelles.

La méthode de l'étude est simple. Les données proviennent de près de 36
000 « agendas quotidiens », c'est-à-dire d'autodéclarations sur la façon dont les Américains passent leurs heures de travail, recueillies entre 2003 et 2012. Partant du principe que les travailleurs sont tout aussi honnêtes lorsqu'ils admettent leur paresse, les auteurs calculent la fraction du temps passé hors travail - à se détendre ou à manger, par exemple - et constatent qu'elle varie en fonction de la race dans une mesure faible mais statistiquement significative. L'écart subsiste, bien que sous une forme plus faible, même après l'ajout de contrôles étendus pour la géographie, l'industrie et le statut syndical, entre autres. Les travailleurs masculins non blancs passent 1,1 % de plus de leur journée à ne pas travailler, soit cinq minutes supplémentaires par jour. En supposant que les contrôles soient adéquats, il resterait 90 % de la différence de salaire entre les travailleurs blancs et les minorités ethniques, estimée récemment à 14 %, qui n'est pas expliquée. Il est concevable que cette différence soit le fruit d'une discrimination ou d'un autre facteur.

Il reste périlleux de trouver la cause de ce curieux écart. Selon Philip Cohen, sociologue à l'université du Maryland, le fait que les cadres traitent moins bien les travailleurs issus des minorités peut en soi encourager le relâchement. Les auteurs affirment que ce point est discutable, car les travailleurs indépendants appartenant à une minorité ont un comportement similaire, mais la différence n'est pas statistiquement significative. Une approche expérimentale récente, dans laquelle des caissières de magasins d'alimentation français ont été affectées au hasard à des supérieurs plus ou moins biaisés, a révélé des absences plus nombreuses et un balayage plus lent lorsqu'elles travaillaient sous les ordres des patrons les plus injustes. L'étude aurait démontré que l'élimination des préjugés des supérieurs augmenterait le temps passé au travail par les minorités d'environ 2,5
%.

Malgré l'inconfort du sujet, les auteurs ont tenté une analyse rigoureuse. Les dénonciations n'ont cependant pas tardé. Quelques heures après la publication, M. Hamermesh a reçu des messages vitrioliques et a été qualifié de raciste dans un forum en ligne populaire parmi les économistes. M.
Hamermesh, un progressiste avoué, qui ne fait référence à Donald Trump que par des surnoms amusants et qui a démissionné d'un poste à l'université du Texas en raison d'une loi de l'État autorisant le port d'armes à feu en public, trouve cela injuste. Il note que les Américains travaillent trop. La solution qu'il préfère ne serait pas que certains groupes travaillent plus, mais que d'autres travaillent moins.

Voir aussi
 
 
 
 
 
 

samedi 22 juin 2024

Les résidents dits temporaires représentent aujourd'hui près de 7 % de la population canadienne (le double d'il y a 2 ans)

Les résidents temporaires - étudiants étrangers, travailleurs étrangers et demandeurs d'asile - représentent aujourd'hui près de 7 % de la population canadienne.


Le nombre de résidents temporaires au Canada a atteint 2,8 millions au cours du premier trimestre, soulignant le défi auquel est confronté le gouvernement fédéral qui dit vouloir  restreindre l'immigration dans le pays.

Les résidents temporaires - un groupe qui comprend les étudiants étrangers, les personnes ici avec un permis de travail et les demandeurs d'asile - représentent désormais 6,8 % de la population totale, contre 3,5 % il y a deux ans, a indiqué mercredi Statistique Canada.

Dans l'ensemble, la population a augmenté d'environ 243 000 personnes, soit 0,6 %, au cours du premier trimestre, ce qui porte le total à plus de 41 millions d'habitants.

Le Canada connaît l'une des croissances démographiques les plus rapides depuis des décennies, alimentée presque entièrement par l'immigration. Le nombre de résidents temporaires a plus que doublé au cours des deux dernières années, ce qui soulève des inquiétudes quant à la capacité du Canada à accueillir autant de personnes, en particulier sur les marchés du logement où l'offre est faible.

Plusieurs sondages indiquent qu'une part croissante des Canadiens - qui sont largement favorables à l'immigration en général - estime que l'afflux récent a été excessif, en le liant à diverses difficultés économiques.

Aujourd'hui, le gouvernement fédéral tente de freiner l'accélération de l'immigration. En mars, Ottawa a annoncé qu'il réduirait le nombre de résidents temporaires à 5 % de la population totale au cours des trois prochaines années, fixant pour la première fois des objectifs pour ce groupe. (De nombreux résidents temporaires seront entretemps devenus des résidents permanents.) Le plan gouvernemental sera présenté à l'automne, en même temps que les objectifs habituels en matière d'admissions de résidents permanents.

L'augmentation du nombre de résidents temporaires est "bien supérieure à ce que le Canada a pu absorber", a déclaré le Premier ministre Justin Trudeau lors d'une conférence de presse en avril. "Nous voulons faire baisser ces chiffres.

La croissance de la population devrait ralentir considérablement à mesure que le gouvernement poursuit son objectif.

Selon Le Globe and Mail, plusieurs économistes prévoient que la croissance annuelle passera de 3,2 % en 2023 à moins de 1 %.

Des signes timides indiquent que la croissance est en train de culminer.

Le Canada a enregistré un afflux net de près de 132 000 résidents temporaires au cours du premier trimestre, ce qui est supérieur à l'augmentation enregistrée au cours de la même période de l'année précédente. Toutefois, ce chiffre est inférieur à l'augmentation (environ 313 000) enregistrée au troisième trimestre 2023. Les migrations temporaires ont tendance à être très saisonnières, avec un plus grand nombre d'arrivées à l'automne, lorsque de nombreux programmes scolaires commencent.

Cette année devrait toutefois être différente. Le gouvernement fédéral réduit considérablement le nombre de visas d'études qu'il approuve cette année, et un plafond sera également fixé pour 2025. Ottawa limite également les visas de travail pour les conjoints d'étudiants étrangers, parmi d'autres changements axés sur l'enseignement supérieur.

Le ministre de l'immigration, Marc Miller, a comparé certains établissements d'enseignement supérieur à des "usines à chiots" qui délivrent des diplômes à des étudiants étrangers prêts à débourser des frais importants, dont beaucoup aspirent à s'installer définitivement dans le pays.

Diminution des temporaires mais augmentation des permaments
 
Le Canada s'oriente de plus en plus vers un système d'immigration en deux étapes, dans lequel les personnes travaillent ou étudient d'abord avec un permis temporaire, puis demandent la résidence permanente.

Ce passage du permis de séjour temporaire au permis de séjour permanent est l'un des moyens dont dispose le gouvernement fédéral pour réduire le nombre de résidents temporaires. Ottawa vise l'admission de 485 000 résidents permanents cette année, puis de 500 000 par an en 2025 et 2026.

Mikal Skuterud, professeur à l'université de Waterloo, a déclaré que le gouvernement fédéral a pris plusieurs décisions qui ont favorisé la sélection d'immigrants qui, les années précédentes, auraient eu du mal à entrer sur le territoire.

Par exemple, Ottawa invite des milliers de personnes à demander la résidence permanente en raison de leurs compétences en français, et certaines de ces personnes ont obtenu des notes qui n'auraient pas suffi en temps normal. (Le système d'entrée express pour l'immigration qualifiée attribue un score à chaque candidat, en fonction de diverses caractéristiques, telles que l'âge, l'éducation et les compétences linguistiques).

"Pour les migrants, la sélection des immigrants économiques ressemble de plus en plus à une loterie", a déclaré le professeur Skuterud.

"Le ticket de la loterie est un permis temporaire. Tant qu'ils n'auront pas réglé ce problème et qu'ils ne seront pas revenus à un système de sélection des immigrants économiques qui soit transparent et prévisible, ils auront du mal à gérer cette population [de résidents non permanents]".

Au premier trimestre, un million de résidents temporaires étaient titulaires d'un visa d'études ou d'un permis d'études et de travail, selon le rapport de mercredi. Cela représente une augmentation de près de 60 % en deux ans.

Le nombre de résidents temporaires titulaires uniquement d'un permis de travail dépasse 1,3 million, soit une augmentation de 152 % en deux ans. Bon nombre de ces personnes sont d'anciens étudiants étrangers qui ont obtenu un permis de travail post-universitaire.

Plus de bas salaires permis par le gouvernement Trudeau

Néanmoins, le gouvernement fédéral a facilité de diverses manières l'embauche de travailleurs étrangers par les entreprises canadiennes. Par exemple, les employeurs de la plupart des secteurs peuvent désormais embaucher jusqu'à 20 % de leur personnel dans le cadre du volet "bas salaires" du programme des travailleurs étrangers temporaires, alors que le plafond précédent était de 10 %.

Statscan a noté dans son rapport de mercredi que l'Alberta a enregistré un gain net de résidents interprovinciaux - plus de personnes se sont installées en Alberta en provenance d'autres provinces que l'inverse - pour le 11e trimestre consécutif. L'Ontario et la Colombie-Britannique ont contribué le plus à l'afflux de résidents en Alberta.

jeudi 23 mai 2024

Les femmes asiatiques gagnent plus que les hommes blancs aux États-Unis

Au cours de 5 des 6 derniers trimestres et de 9 des 11 derniers trimestres, les femmes asiatiques ont gagné plus que les hommes blancs. Au cours des deux derniers trimestres, les hommes blancs ont gagné 93 cents pour chaque dollar gagné par les femmes asiatiques aux États-Unis.

Patriarcat blanc ?

(Les hommes asiatiques gagnent encore plus, à 1 679 $ par semaine en moyenne, que les femmes asiatiques et donc que les hommes blancs, tous les chiffres ici)


mardi 19 décembre 2023

Enseignants du Québec, progression des salaires

Salaire annuel à l’entrée (échelon 3)

  •     Offre gouvernementale : 60 684 $
  •     Salaire actuel : 53 541 $
  •     Avant la dernière convention collective : 46 115 $

La proposition actuelle du gouvernement représente une hausse salariale de 13,34% pour les profs qui entrent sur le marché du travail. Si cette offre est acceptée, le salaire a l’entrée aura augmenté de 31,59% de 2019 à 2026.

Salaire annuel après 13 ans (échelon 17)  

  •     Offre gouvernementale : 104 282 $
  •     Salaire actuel : 92 027 $
  •     Avant la dernière convention collective : 82 585 $ 

L’offre gouvernementale représente une augmentation salariale de 13,31% pour les profs qui cumulent 13 ans d’expérience. Si cette proposition est acceptée, le salaire maximal des enseignants aura connu une hausse de 26,27% de 2019 à 2026.

À titre de comparaison, le salaire moyen était de 60 492$ au Québec en 2023, et a augmenté d’environ 26% depuis 2019. Pendant la même période, le salaire minimum a quant a lui évolué de 27 %. 

vendredi 15 septembre 2023

Québec — Le ministre songe à écourter la durée du bac [brevet] pour devenir enseignant

Bernard Drainville (ci-contre) songe à raccourcir à trois ans la durée du baccalauréat [licence en Europe] en enseignement.

La pénurie d’enseignants est telle que le gouvernement Legault remet désormais en question le baccalauréat en enseignement de quatre ans en vigueur depuis 1994.

Le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, songe à raccourcir à trois ans la durée de cette formation afin de la rendre plus attrayante et d’envoyer des renforts plus vite dans les écoles.

Selon les informations obtenues par La Presse, il a mandaté ses fonctionnaires pour analyser sérieusement cette option.

Le baccalauréat de quatre ans est la voie principale pour obtenir un brevet d’enseignement et, ainsi, devenir un enseignant « légalement qualifié », comme on le dit dans le jargon.

Québec envisage de remettre le brevet après un baccalauréat en enseignement écourté à trois ans. La formation pourrait être condensée et les stages, raccourcis. Tous les scénarios sont sur la table.

Une autre option, qui implique toujours de limiter le bac à trois ans, serait de transformer la quatrième année en stage à temps plein, « rémunéré à 100 % », selon l’expression utilisée à Québec.

Le bachelier serait embauché et payé par un centre de services scolaire, qui l’encadrerait et le superviserait. Il serait titulaire d’une classe à temps plein, pour une année scolaire complète. Il obtiendrait officiellement son brevet d’enseignement après cet exercice d’un an, si ce scénario était retenu.

À l’heure actuelle, la quatrième année du baccalauréat est constituée de cours et de stages en milieu scolaire. La formule peut varier d’une université à l’autre.
Voie rapide

Bernard Drainville a promis en début d’année de créer une « voie rapide vers un brevet d’enseignement », mais il n’était jamais allé jusqu’à évoquer un bac raccourci. Il misait surtout sur la création d’une maîtrise qualifiante plus courte, de 30 crédits, destinée aux bacheliers de disciplines pertinentes.

Trois universités – TELUQ, Sherbrooke et Abitibi-Témiscamingue – offrent depuis peu une telle formation pouvant être achevée en un an et menant au brevet d’enseignement. Québec incite les autres établissements à emboîter le pas.

La maîtrise qualifiante régulière est de 60 crédits. Plusieurs années peuvent être nécessaires pour la terminer.

Le 23 août, au moment où plus de 8000 postes d’enseignants étaient non pourvus, le premier ministre François Legault disait qu’il n’était « pas un magicien » et qu’il pouvait difficilement envoyer plus de profs qualifiés dans le réseau.

« Un bac en éducation, actuellement, ça prend quatre ans, donc on ne peut pas espérer que ça aille vite », disait-il avant d’y aller d’une remarque passée sous le radar.

« On regarde aussi, ne serait-ce que de façon temporaire, est-ce qu’on peut mettre une formation universitaire qui est moins longue que quatre ans ? Donc est-ce qu’on est capables, peut-être, de prendre des mesures temporaires ? Je pense qu’il faut faire preuve de créativité. »

Il appréhendait déjà une levée de boucliers. « Bon, évidemment, quand on fait preuve de créativité, ça peut être interprété de toutes sortes de façons, comme si on voulait baisser les exigences. C’est sûr que, dans un monde idéal, tout le monde, Bernard le premier, moi aussi, on voudrait que 100 % des enseignants dans nos classes soient qualifiés avec un bac, avec brevet, mais on ne peut pas faire de magie. »

La vérificatrice générale Guylaine Leclerc a révélé au printemps que près de 30 000 enseignants, soit près du quart des effectifs, étaient non légalement qualifiés en 2020-2021. Cela signifie qu’ils n’avaient pas de brevet d’enseignement.

« Oui, il va y avoir beaucoup de non légalement qualifiés cette année nécessairement » en raison de la pénurie, reconnaissait Bernard Drainville à la veille de la rentrée scolaire. Il disait espérer à tout le moins « un adulte » par classe, quitte à ce que cette personne n’ait aucune formation universitaire.

À Québec, on s’attend à ce que les universités résistent à l’instauration d’un baccalauréat en enseignement de trois ans. Il y aura un débat sur le fond… mais aussi sur les fonds : retrancher une année de formation signifierait des revenus en moins.

Néanmoins, conscientes des besoins criants dans les écoles, quelques universités, dont celle de Sherbrooke, commencent à remodeler la formation pour permettre un véritable stage en emploi à temps plein lors de la quatrième année. Les cours seront donnés le soir ou le week-end. Il s’agit de projets pilotes en vigueur depuis la rentrée ou alors de programmes particuliers qui verront le jour prochainement.
Recrutement difficile

Québec peine à augmenter la popularité du baccalauréat en enseignement. Malgré une bourse créée l’an dernier pour les étudiants à temps plein (2500 $ par session pour un total de 20 000 $ à la fin du bac). Et malgré une hausse de 15 % du salaire des enseignants en début de carrière.

Un enseignant gagne 53 541 $ au pied de l’échelle et 92 027 $ au sommet.

Quelques universités ont signalé à la rentrée une hausse des inscriptions sur la base de données préliminaires, mais on attend toujours un portrait officiel.

Or, les inscriptions aux baccalauréats en enseignement étaient en baisse l’an dernier, selon les données du Bureau de coopération interuniversitaire. Elles ont diminué de 2,3 % à l’automne 2022 par rapport à l’automne 2021. Cela a effacé la hausse équivalente survenue entre 2020 et 2021. Il y avait 17 887 étudiants inscrits à temps plein et à temps partiel aux programmes de baccalauréat menant au brevet d’enseignement à l’automne 2022.

Entre 2004 et 2022, le nombre de nouvelles inscriptions au baccalauréat en enseignement secondaire a fondu de 1286 à 989. Dans le cas du bac en éducation préscolaire et en enseignement primaire, ce nombre est passé de 1531 à 1789. 

dimanche 4 juin 2023

Éditorial du Globe & Mail : « La pénurie de main-d'œuvre au Canada dont on nous rebat les oreilles relève surtout du mirage »

Personne ne prend les commandes au Burger King de l'aire de repos de l'autoroute 401 près de Port Hope en Ontario. Au lieu de cela, les clients utilisent un grand écran tactile pour choisir et payer leurs Whoppers et leurs frites.
 

Ce n'est là qu'un petit exemple de la manière dont les entreprises choisissent de s'adapter à la baisse du chômage, plutôt que de se plaindre d'une pénurie de main-d'œuvre qui n'est en grande partie qu'un mirage. Malheureusement, ce type d'innovation semble être l'exception, de nombreux groupes d'entreprises préférant faire pression pour obtenir une augmentation de la main-d'œuvre bon marché, sous la forme de travailleurs étrangers temporaires.

L'économie de base veut que le prix d'un produit augmente en cas de pénurie. Mais les salaires - au milieu de ce que les groupes d'entreprises présentent comme une pénurie de main-d'œuvre sans précédent - n'ont même pas suivi le rythme de l'inflation, et les craintes d'une pénurie de main-d'œuvre se sont multipliées. Le salaire horaire moyen a baissé depuis janvier 2020, une fois l'inflation prise en compte. Traduction : Les entreprises ont beau se plaindre d'une pénurie de main-d'œuvre, elles ne sont pas prêtes à investir de l'argent pour remédier au problème dont elles se plaignent.

La semaine dernière, Statistique Canada a publié un rapport sur les postes à pourvoir, qui étaient 2½ fois plus nombreux en 2022 qu'en 2016, ce qui donne à penser que les allégations de pénurie généralisée de main-d'œuvre ne sont pas tout à fait ce qu'elles semblent être.

Les taux varient considérablement en fonction du niveau d'études requis pour un emploi. Pour les postes exigeant au moins un baccalauréat [licence en Europe], il n'y a pas de pénurie générale de main-d'œuvre.

En revanche, il y avait un grand nombre de postes vacants pour les emplois ne nécessitant qu'un diplôme de fin d'études secondaires, voire moins. Pour ces emplois peu qualifiés, il y avait beaucoup plus de postes vacants que de chômeurs. Même si tous ces travailleurs avaient été instantanément embauchés, il y aurait eu 131 000 postes vacants au quatrième trimestre de l'année dernière, par exemple.

Malgré cette pénurie apparente, les salaires n'augmentent pas en conséquence. Cela pourrait s'expliquer en partie par le manque de pouvoir de fixation des prix de certains employeurs. Il se peut qu'ils ne soient pas en mesure d'augmenter suffisamment leurs propres prix pour absorber le coût des salaires plus élevés.

Le cœur de la réponse, cependant, est l'augmentation du nombre de travailleurs étrangers temporaires qui sont prêts à travailler pour des salaires de misère et ne sont pas en mesure de changer d'emploi aussi facilement que les résidents canadiens. Le nombre de ces travailleurs a explosé depuis la pandémie, passant de 73 360 à la fin de 2019 à 120 000 à la fin de 2022.

L'économiste Jim Stanford pense que des problèmes structurels plus profonds pourraient être en jeu, notamment l'omniprésence des sites d'offres d'emploi. Il n'est pas très coûteux de publier un emploi par voie électronique et le tri automatique réduit considérablement la charge administrative. Certains de ces postes vacants peuvent être des emplois temporaires.

À cela s'ajoute la nature peu agréable de certains emplois peu qualifiés, où les bas salaires et le taux de rotation élevé vont de pair. Selon M. Stanford, certains employeurs estiment probablement qu'il est plus avantageux de faire face à un taux de rotation élevé que de payer suffisamment leurs employés pour les dissuader de démissionner.

Si l'on ajoute ces deux facteurs, cette surabondance d'offres d'emploi peut en fait être une liste trompeuse qui anticipe les besoins qui apparaîtront lors de la prochaine vague de démissions, plutôt que le signe d'une véritable pénurie de main-d'œuvre.

Pourtant, il ne fait aucun doute que certains employeurs ont du mal à trouver des travailleurs et qu'ils font pression sur le gouvernement fédéral pour qu'il augmente le nombre de travailleurs étrangers temporaires. Ottawa s'est rallié à ce discours sans réserve : Le ministère de l'immigration a invoqué des pénuries chroniques de main-d'œuvre pour justifier les règles révisées mises en place mercredi.

Ce discours masque une réalité inconfortable : l'augmentation rapide du nombre de travailleurs étrangers temporaires n'est rien d'autre qu'une subvention qui permet aux entreprises d'éviter de payer des salaires plus élevés - et, ce qui est tout aussi grave, réduit la pression exercée pour investir et innover afin de s'adapter aux besoins du marché du travail actuel. Cela a pour effet de freiner la croissance de la productivité.

Une diminution draconiennes du nombre de travailleurs étrangers temporaires serait perturbante, mais Ottawa devrait commencer à réduire progressivement le nombre d'entrées annuelles. Cette transition serait plus douce si le gouvernement s'inspirait de la politique de lutte contre le changement climatique et de mettre en place une bourse où les entreprises pourrait s'échanger des permis d'embauche de travailleurs temporaires. Les entreprises capables d'innover et de réduire leurs besoins en main-d'œuvre peu qualifiée pourraient vendre leurs quotas, tandis que celles qui n'y parviendraient pas devraient payer un prix pour obtenir le droit d'employer de travailleurs étrangers temporaires.

L'autre solution consiste pour Ottawa à poursuivre une politique qui freine la croissance des salaires, exploite les travailleurs étrangers et, pour faire bonne mesure, freine l'innovation et la productivité.

mercredi 31 mai 2023

Canada — pas de pénurie de main-d’œuvre pour emplois très qualifiés, autres facteurs expliquent nombre élevé de postes à pourvoir

Un nouveau rapport met en doute l’idée que le Canada compose avec une pénurie de main-d’œuvre généralisée et renforce les arguments de certains économistes du travail, selon lesquels le nombre élevé de postes vacants n’est pas dû à une pénurie de travailleurs.


L’analyse de Statistique Canada révèle qu’il n’y a pas de pénurie de main-d’œuvre pour les emplois qui exigent des niveaux de scolarité élevés, ce qui suggère que d’autres facteurs, comme un décalage entre les compétences requises et la rémunération, pourraient être à l’origine du nombre élevé de postes vacants.

Au lendemain de la pandémie de COVID-19, la pénurie de main-d’œuvre a fait la une des journaux d’un océan à l’autre, alors que les entreprises ont annoncé plus d’offres d’emplois que jamais. Les postes vacants ont grimpé en flèche pour atteindre plus d’un million à un moment l’année dernière.

La pénurie de main-d’œuvre perçue à l’échelle du pays a exercé des pressions sur les gouvernements pour qu’ils aident les entreprises à trouver des travailleurs, notamment en augmentant les objectifs d’immigration du Canada.

Le rapport publié la semaine passée compare le taux de chômage et les postes vacants par niveau d’éducation, et brosse un tableau plus nuancé du marché du travail.

« Les choses semblent vraiment différentes selon que vous regardez les postes vacants qui nécessitent un niveau d’éducation élevé, par rapport à ceux qui nécessitent un diplôme d’études secondaires ou moins », a souligné René Morissette, directeur adjoint de la division de l’analyse sociale et de la modélisation à l’agence fédérale.

Le rapport, qui a examiné les données sur le marché du travail entre 2016 et 2022, a révélé que pour les emplois nécessitant un baccalauréat [licence en Europe] ou plus, il y avait toujours eu moins d’emplois disponibles que de personnes pour les occuper.

Par exemple, il y avait 113 000 postes vacants exigeant un baccalauréat [licence] ou des études supérieures au quatrième trimestre de 2022, mais 227 000 personnes qui détenaient une telle formation étaient au chômage au cours de la même période.

Pour les postes exigeant un diplôme d’études secondaires ou moins, la pénurie de travailleurs n’a commencé qu’au troisième trimestre de 2021.

René Morissette a déclaré que les résultats ne signifient pas qu’il n’y a pas de pénurie de main-d’œuvre dans certains marchés, mais que les pénuries pourraient ne pas être aussi importantes qu’on le supposait auparavant.

« Il est certainement concevable qu’il y ait des pénuries locales dans certains postes, a précisé M. Morissette. Ce que nous disons, c’est que les pénuries ne sont peut-être pas aussi répandues qu’on le supposait initialement dans les premières discussions sur les taux d’inoccupation élevés au Canada. »

Pour les employeurs qui tentent de pourvoir des postes vacants nécessitant une formation postsecondaire, le rapport indique que leurs difficultés d’embauche ne peuvent être attribuées à un manque de travailleurs disponibles possédant ces qualifications.

Les difficultés peuvent plutôt résulter d’un décalage entre les compétences requises pour le poste et celles que possèdent les candidats. Un autre facteur pourrait être que les employeurs n’offrent pas des salaires qui correspondent aux attentes des demandeurs d’emploi.

Le rapport met également en doute les difficultés d’embauche auxquelles sont confrontées les entreprises qui tentent de recruter des travailleurs ayant un niveau d’éducation plus faible.

« La question de savoir dans quelle mesure ces emplois vacants peuvent être attribués à des pénuries de main-d’œuvre dans des professions précises peu qualifiées, plutôt qu’à des offres de salaires et d’avantages sociaux relativement bas, ou à d’autres facteurs reste ouverte », indique le rapport.

Jim Stanford, économiste et directeur du Center for Future Work, affirme que le rapport de Statistique Canada défait les « mythes de longue date » sur la pénurie de main-d’œuvre au pays.

« Si vous manquez vraiment de main-d’œuvre et que vous ne pouvez pas trouver quelqu’un pour faire ce travail au salaire minimum dans un restaurant McDonald, alors pourquoi n’augmenteraient-ils pas le salaire ou n’essaieraient-ils pas de remplacer le travail par des machines ? », s’est demandé M. Stanford.

« Ni l’un ni l’autre ne se produisent, ce qui me suggère que les employeurs en général sont assez satisfaits de l’état actuel des choses, peu importe à quel point ils se plaignent de la pénurie de main-d’œuvre », a-t-il ajouté.

Alors, qu’est-ce qui explique le nombre élevé d’emplois vacants ??

René Morissette a évoqué que pour les industries où peu de qualification est nécessaire, les entreprises pourraient choisir de maintenir des salaires bas et d’accepter des taux d’inoccupation d’emplois plus élevés.

« Pour les employeurs qui ont des coûts de formation négligeables, une stratégie de ressources humaines qui combine des salaires relativement bas avec une rotation élevée des travailleurs et certains postes vacants pourrait en fait maximiser les profits », a-t-il déclaré.

Le gouvernement fédéral est resté à l’écoute des groupes d’entreprises qui sonnaient l’alarme au sujet de la pénurie de main-d’œuvre.

Cet automne, Ottawa a annoncé de nouveaux objectifs d’immigration visant à accueillir 500 000 immigrants par an d’ici 2025 au pays. Le ministre de l’Immigration, Sean Fraser, a présenté le nouveau plan comme une solution aux problèmes de main-d’œuvre du pays.

Le Canada a également connu une augmentation du nombre de travailleurs étrangers temporaires venant au pays pour aider les entreprises à pourvoir les postes vacants.

L’apparente pénurie de travailleurs peu qualifiés pourrait pousser les décideurs politiques à penser qu’il faut encore plus de travailleurs temporaires, mais M. Stanford a évoqué que ce serait une conclusion « désastreuse » à tirer du rapport.

De nombreux économistes émettent des réserves sur les programmes de travailleurs étrangers temporaires qui, selon eux, peuvent faire baisser des salaires au pays, s’ils sont utilisés de manière excessive.

« L’objectif de la politique d’immigration ne devrait pas être de résoudre les problèmes de recrutement auxquels sont confrontés les employeurs à bas salaires, ou tout employeur d’ailleurs », a-t-il déclaré.


Source : Presse Canadienne

lundi 15 mai 2023

La libération sexuelle croyait émanciper les femmes par la contraception, le salariat, l'avortement, mais échoua à éradiquer les tabous

Patrick Buisson remet en question la révolution sexuelle des années 60 et ses conséquences. Ancien directeur de Minute et de Valeurs actuelles, l'ancien conseiller politique dénonce les promesses non tenues d'une libération sexuelle qui croyait émanciper les femmes par la contraception, le salariat, l'avortement, mais qui aura échoué à éradiquer les tabous. Avec une analyse historique et culturelle approfondie, Patrick Buisson explique comment cette révolution aurait plutôt mené à l'effondrement de la famille et à la désagrégation sociale. Un ouvrage qui invite à réfléchir sur les conséquences de cette libération sexuelle aujourd'hui encore.


vendredi 3 mars 2023

France — Salaires faibles, surveillés, affectations et mutation rigides, faible niveau des élèves, le métier de prof

À 50 ans, Émilie regarde derrière elle avec amertume. Fille d’enseignants, elle a embrassé la carrière avec enthousiasme, motivée par un métier ayant pour elle du sens, « instruire les plus jeunes », permettant aussi, par ses horaires, « d’être présente pour ses propres enfants ». Divorcée depuis plusieurs années, elle est directrice d’école depuis plus de quinze ans. Dans une zone socialement défavorisée. Avec 27 ans d’ancienneté, elle touche 3 200 euros nets. Ce sont les conditions d’exercice dégradées qui la révoltent.


« L’accueil, avec peu de moyens, d’élèves en situation de handicap de plus en plus nombreux, le manque d’AESH, les signalements d’enfants potentiellement maltraités, la gestion des parents difficiles, lâche-t-elle. Et les réunions, qui n’en finissent pas de brasser du vent, les dossiers et formulaires à remplir pour “rendre compte” à une inspection qui doit être au courant de nos moindres faits et gestes. » Dans ce sombre tableau reste la « joie », cependant, de voir débarquer chaque année dans son école tous ces nouveaux visages d’enfants âgés de 3 ans. « Mais quand je vois arriver un contractuel à qui est confiée une classe de CM1 et qui ne maîtrise pas le subjonctif présent, je suis juste effondrée », assène-t-elle.

Des témoignages comme celui d’Émilie, on en lit beaucoup, ces dernières années. Et les professeurs, ces fonctionnaires de catégories A (ils sont 859 000, sur un total de 5,7 millions de fonctionnaires), sont de plus en plus nombreux à jeter l’éponge. En 2021-2022, le nombre de déserteurs a atteint un niveau jusqu’alors jamais observé : 2 411 enseignants ont quitté le métier volontairement, selon le dernier bilan social de l’éducation nationale. Soit 0,34 % des effectifs. Une proportion qui pourrait paraître dérisoire, si elle n’indiquait pas une tendance.

En 2008-2009, seul 0,05 % des troupes (364 enseignants) choisissaient de partir. Fait plus inquiétant encore, parmi les professeurs partis l’an dernier, 749 étaient des « stagiaires », ces jeunes enseignants découvrant la réalité du métier. Des fonctionnaires ayant décroché le concours (porté à bac+5 depuis 2022), et qui, pendant un an, exercent dans les écoles, collèges ou lycées, à temps plein (s’ils ont décroché un master métiers de l’enseignement, dit « Meef », qui comporte des périodes de stages devant les élèves) ou à mi-temps (s’il s’agit d’un master « classique »). Pour une rémunération nette de 1657 euros dans le premier cas, et de 1 571 dans le second. Une perspective qui exige une motivation évidente, pour ne pas dire une vocation. Une fois titularisés, les jeunes enseignants commencent à 1 924 euros nets mensuels. Mais, « à la rentrée 2023, aucun enseignant ne démarrera sa carrière à moins de 2 000 euros », ne cesse de répéter le ministère de l’Éducation, alors que les promesses électorales d’Emmanuel Macron ont fait miroiter à la profession une augmentation « substantielle ».

Formation déconnectée des réalités

« Je comprends pourquoi le métier n’attire plus. Avec les conditions d’exercice et cette impression d’être laissé à l’abandon tout en étant fliqué, comment peut-on encore avoir envie de passer le concours ? » s’interroge Anna(*), 23 ans, étudiante en deuxième année de master Meef, qui a été à deux doigts de jeter l’éponge, après un premier semestre éprouvant. Un « enfer » où se sont cumulés les cours à l’inspé (l’institut de formation au professorat) pour préparer le concours, le travail sur son mémoire et la préparation de ses cours, deux jours par semaine, pour ses élèves de CM1-CM2, dans une école de Pantin (93), où elle a été affectée cette année. « On ne peut rien faire à 100 %. Pendant mes heures de formation à l’inspé, je prépare les cours pour ma classe. J’aime ce métier, je ne souhaite que la réussite de mes élèves, mais le fait d’être visité deux fois par an par des personnes qui traquent la moindre erreur pour la faire remonter à l’inspection, c’est difficilement gérable. Je me demande si ce sera ça pendant toute ma carrière », raconte la jeune femme qui, rémunérée 870 euros bruts mensuels, a dû « retourner chez Maman » cette année.

Si elle juge sa formation à l’inspé de bonne qualité, elle estime aussi qu’elle est déconnectée des réalités. « Au concours, on nous forme aux maths et au français, pas du tout à la gestion de classe, à la préparation de séances pédagogiques, déplore-t-elle. On a revu le théorème de Pythagore, alors que les élèves ne l’étudient qu’en classe de quatrième ! » Elle considère en revanche que « revoir les bases de la grammaire » est une nécessité. « Les élèves ont beaucoup de mal avec l’écrit. Les profs doivent au moins maîtriser la langue », résume-t-elle. Et force est de constater que, parmi ses camarades de promo, tous n’ont pas le niveau. « À la fin de la première année de master, les résultats ont affiché quatre pages d’admis et au moins huit de recalés ! Beaucoup se sont plaints du niveau exigé, mais quand on écrit “er” au lieu de “é”, ça me paraît normal de ne pas être admis », estime-t-elle. Pourtant, en parallèle, ce sont des contractuels de niveau bac + 3, embauchés sur simple entretien, que recrute l’éducation nationale pour faire face à la pénurie de candidats aux concours. « C’est extraordinaire ! Cela revient à dire à tous ceux qui triment pendant deux ans à l’inspé qu’ils ne servent à rien ! Je suis en colère contre l’état »,

« Job dating » express

L’an dernier, les opérations de « job dating », lancées à l’été dans les académies de Versailles, Paris ou Toulouse, pour recruter des contractuels, ont défrayé la chronique. Mais l’Éducation nationale n’avait pas le choix si elle voulait tenir la promesse répétée par le ministre nouvellement arrivé aux commandes, Pap Ndiaye, d’avoir « un professeur devant chaque classe, dans toutes les écoles de France ». Car les concours n’avaient pas fait le plein. En mai 2022, avant même les oraux, le nombre de candidats admissibles aux écrits était inférieur, en maths, en allemand ou en lettres classiques, au nombre de postes proposés. À l’issue de la session de recrutement 2022, le taux de postes pourvus, au regard des postes ouverts, se situait à 83 % pour les professeurs des écoles — avec des difficultés marquées dans les académies réputées difficiles de Créteil et de Versailles —, comme pour ceux du second degré. Contre 94 % l’année précédente. À l’arrivée, quelque 4000 fonctionnaires manquaient à l’appel.

À la rentrée de septembre, Pap Ndiaye n’a cessé de temporiser, répétant que les contractuels recrutés ne représentaient que 1 % des professeurs de l’école primaire et 6,5 % à 8 % dans les collèges et lycées. Il n’empêche. Là encore, la tendance s’installe. Et, fait nouveau, elle touche aussi le premier degré, où la désaffection était jusqu’alors peu visible. Du côté des organisations syndicales, on dénonce, avec le recrutement de contractuels, une « casse » de la fonction publique. Dans le même temps, les enseignants fonctionnaires pointent de plus en plus, en cette période de pénurie, un système de mutation et d’affectation rigide, qui, au-delà même des questions de rémunération, les détournent du métier. Dans l’Éducation nationale, il n’est pas rare qu’un étudiant passant son Capes à La Réunion soit affecté, en stage, en métropole, dans les académies de Créteil ou de Versailles. Quand il faut se battre pour accéder à celle de Rennes, la plus attractive de France. Pas de quoi donner envie de mettre un pied dans les méandres de la fonction publique, surtout dans un contexte de marché de l’emploi au beau fixe, où les jeunes ne caressent plus vraiment le rêve de la sécurité de l’emploi.

Tristan, 31 ans, est contractuel depuis maintenant deux ans. « J’ai suivi un master Meef, mais j’ai raté quatre fois le concours. Les épreuves écrites, c’est difficile pour moi. Je n’ai pas fait d’études littéraires », explique ce titulaire d’un DUT en informatique et électronique, qui, après une expérience professionnelle décevante dans ce secteur, est revenu à son « premier amour », l’histoire, et s’est lancé dans le professorat. Lassé de se casser les dents sur le concours, il a postulé en janvier 2021 comme contractuel dans l’académie de Reims. À l’issue d’un entretien de trente minutes, l’inspecteur a retenu sa candidature. Avant cela, le jeune homme avait travaillé six mois comme chauffeur livreur, puis commerçant itinérant, pour « s’acheter une voiture », la « condition nécessaire pour être contractuel ».

« On est là pour les distraire »

Un statut précaire, où ces personnels héritent des « restes » laissés par les titulaires, et enseignent généralement sur plusieurs établissements. La première année, Tristan n’a pris que douze heures, dans un collège difficile de Troyes, rémunéré 600 euros nets par mois. « Je me suis aperçu que les cours très généraux que j’avais eus à l’Inspé n’étaient pas réutilisables. Les premiers cours que j’ai donnés en quatrième étaient sans doute trop lourds pour le niveau de ce collège. Ça a été très difficile, raconte-t-il. Je ne savais rien de la gestion de classe. J’étais hésitant. Plusieurs élèves me tenaient tête et je n’avais pas la repartie. »

Cette année, il est affecté sur trois collèges, l’un à Troyes, proche de chez lui, et deux autres, ruraux, à quarante minutes. Il a changé son approche. « Je sais que, si je fais un cours magistral d’une heure, ça ne marchera pas. Il faut des miniactivités. On est là pour les distraire en les instruisant. Il faut qu’ils passent un bon moment », lâche-t-il, sans aucune ironie. Avec un temps plein (18 h) et ses heures supplémentaires, il arrive à 2000 euros nets. Pour Tristan, issu d’un milieu modeste, le métier de prof reste « prestigieux », même s’il considère comme un peu aberrant de gagner un salaire proche d’un SMIC avec un bac + 5. « Comme commercial itinérant, un métier qui n’exige aucun diplôme, j’arrivais certains mois à 2300 euros. Je pense que, à la rentrée, on aura une augmentation importante. Le gouvernement l’a promis », espère-t-il.

Mais les négociations en cours laissent, pour l’heure, les syndicats amers. S’il semble acquis que les enseignants bénéficieront tous, en septembre 2023, d’une augmentation de leur indemnité liée au suivi des élèves (de 1200 à 2000 euros bruts annuels), reste à négocier la partie conditionnée à l’acception de missions « supplémentaires ». Le fameux « pacte nouveau », promis par Emmanuel Macron pendant sa campagne, qui récompenserait les enseignants « prêts à aller vers de nouvelles missions ».

France : Le Figaro


dimanche 30 octobre 2022

Les métiers techniques peuvent rapporter...

Pas besoin d’aller au cégep ou à l’université pour faire un métier payant. Un tout nouveau classement élaboré par Le Journal de Québec révèle qu’une trentaine de formations professionnelles mènent à des emplois permettant de gagner plus que le salaire moyen au Québec, et ce, dès l’obtention du diplôme.


Extraction de minerai, mécanique industrielle, pose d’armature de béton, conduite d’engins de chantier et montage de lignes électriques : voici quelques exemples de formations offrant un salaire annuel moyen de plus de 67 000 $ dès la fin des études, soit beaucoup plus que pour plusieurs diplômés du cégep ou de l’université.

Le Journal a même retrouvé un diplômé du programme de vente-conseil et représentation qui gagne aujourd’hui plus de 200 000 $ par an.

Ce palmarès inédit repose sur les plus récentes statistiques, tirées d’une enquête menée par le ministère de l’éducation en 2019 auprès des diplômés de tous les programmes de formation professionnelle (FP).

Ces données sont intéressantes puisque le salaire fait partie de l’équation lorsque vient le temps de choisir ces programmes, concède Chantale Beaucher, directrice de l’observatoire de la formation professionnelle à l’université de Sherbrooke.

« C’est sûr que c’est un élément qui compte. C’est associé étroitement à l’idée d’améliorer ses conditions », surtout auprès des adultes qui font une réorientation de carrière, souligne-t-elle.

Mais le chèque de paye ne peut être la seule raison, affirment aussi plusieurs intervenants.

Au Centre de formation professionnelle (CFQ) de Val d’or, plusieurs programmes liés à l’industrie minière donnent accès aux métiers les plus payants, mais le chèque de paye n’est pas utilisé comme argument de vente.

« Si l’argent est la seule raison, l’élève ne terminera pas sa formation », affirme son coordonnateur aux communications, Mathieu Ouellet.

Il faut avoir de l’intérêt pour le métier et pour le mode de vie qui y est rattaché, dit-il.

C’est d’ailleurs ce qui a permis à des diplômés de bien tirer leur épingle du jeu dans leur domaine, alors que des programmes de formation professionnelle ont littéralement changé leur vie.

Avec la pénurie de main-d’œuvre qui frappe présentement, les diplômés de la formation professionnelle sont par ailleurs plus demandés que jamais.

« Il manque énormément de travailleurs spécialisés un peu partout », fait remarquer Jean-Rock [!!] Gaudreault, directeur général de Compétences Québec, un organisme qui fait la promotion des métiers et programmes de la formation professionnelle et technique.

Les employeurs doivent d’ailleurs jouer du coude pour les attirer, en bonifiant leurs conditions de travail ou en rivalisant grâce à d’autres avantages.

Au Centre de formation professionnelle de Québec, par exemple, les enseignants du programme de mécanique de machinerie fixe ont reçu cette année 40 offres d’emploi pour 14 finissants.

La pénurie a toutefois aussi ses effets pervers : après avoir connu un petit boum au cœur de la pandémie, les inscriptions sont maintenant en baisse dans plusieurs programmes, où le taux d’abandon a grimpé.

La formation professionnelle comporte néanmoins plusieurs avantages, souligne Jean-rock [!!!] Gaudreault : ses programmes sont courts, variant habituellement de six mois à deux ans, et certains peuvent être suivis à un rythme individualisé ou encore en alternance travail-études.

Or cette avenue gagnerait à être mieux connue, puisque plusieurs jeunes n’entendent jamais parler de la formation professionnelle lors de leur passage au secondaire, ajoute-t-il.

Source : Le Journal de Québec




samedi 21 mai 2022

La prime au diplômé est devenue négative aux États-Unis

L'avantage salarial des diplômés universitaires baisse depuis 2020. Il s'agit d'une première depuis les années 1970.

Ce changement s'explique en grande partie en raison d'une augmentation relative sans précédent des salaires au bas de l'échelle.


lundi 20 décembre 2021

Bloomberg : les salaires canadiens stagnent en raison de l'immigration de masse alors que l'inflation grimpe fort (m à j)

L'Inflation réelle au Canada serait sous-estimée 

Comme sa consœur canadienne, la banque centrale britannique a le mandat de viser un taux d’inflation de 2 %. Or, en novembre l’Angleterre affichait un taux d’inflation annuel de 5,1 %.

Au Canada, la hausse des prix en novembre s’est établie à 4,7 %, d’après Statistique Canada. Mais selon M. Derek Holt, économiste de la Banque Scotia, elle serait plutôt de 6 % si le Canada calculait l’inflation comme le fait l’Angleterre.

En Angleterre comme aux États-Unis, les statisticiens tiennent compte des variations des prix des véhicules d’occasion, ce qui n’est pas le cas au Canada.

Il existe différentes mesures du marché des véhicules d’occasion. Un indice publié par le Canadian Black Book montre que la valeur des voitures d’occasion a bondi de 9,5 % rien qu’en novembre et de 38 % par rapport à l’année précédente — dans les deux cas des valeurs historiques. À l’aide de cette source de données, M. Holt estime que l’inflation annuelle augmenterait d’environ 1,3 point de pourcentage, portant le taux à 6 pour cent contre 4,7 pour cent.

En outre, la hausse du prix des aliments serait sous-estimée par Statistique Canada d’après les analyses de Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire de recherche est science analytique agroalimentaire à l’Université Dalhousie.

« J’ai peu confiance aux données de l’inflation canadienne », critique M.Holt. Pour lui, il est clair que la hausse des prix est sous-estimée. Une action rapide de la banque centrale est donc d’autant plus importante à ses yeux.

« La question est extrêmement importante à une époque de sensibilité accrue aux pressions inflationnistes », a-t-il déclaré. « Beaucoup de choses dépendent de lectures précises de l’inflation, mais au Canada, les marchés, les commerces de rue et les consommateurs ne sont pas bien servis par cette omission continue. »

Par exemple, certaines personnes voient leur salaire et leurs avantages sociaux liés aux variations de l’Indice des prix à la consommation (IPC).

« Les décisions de politique monétaire affectant le coût d’emprunt nécessitent aussi une mesure précise de l’inflation », a ajouté M. Holt.

Statistique Canada tient compte des véhicules d’occasion lorsqu’il construit sa pondération des biens et services dans l’IPC. Cependant, il utilise les prix des voitures neuves comme approximation du marché de l’occasion. En novembre, le prix de ces véhicules neufs a augmenté de 6,1 % par rapport à l’année précédente. Aux États-Unis, ces prix ont bondi de 11,1 %.

Statistique Canada a déclaré évaluer des sources de données et des méthodes alternatives pour inclure le prix des voitures d’occasion dans l’IPC.

Sources : TVA et Globe and Mail


Les salaires au Canada diminuent sous le double coup de l’immigration et de l’inflation, selon un article de Bloomberg News.

 

 

Aucun gouvernement (ni PLQ, ni PQ) n’aura accueilli autant d’immigrants (permanents + temporaires) que celui de François legault. Aucune mesure nataliste à l’horizon.

Le Canada, contrairement aux États-Unis, a rapidement recommencé à accueillir des travailleurs et des étudiants étrangers après un bref arrêt dû à sa gestion de la pandémie dans le cadre d’une politique pro-immigration de masse.

Environ 1,9 million de nouveaux arrivants sont entrés dans le pays au cours des cinq années précédant décembre 2021, soit une augmentation de plus de 50 % par rapport aux cinq années précédentes.

Selon Bloomberg, « Les résultats sont à la fois formidables et problématiques : les entreprises ont pourvu les postes à un rythme effréné ces derniers mois, repoussant la masse salariale au-dessus des niveaux d’avant la pandémie et leur permettant d’augmenter la production. Avec une moindre rareté de la main-d’œuvre [par rapport aux États-Unis], les travailleurs canadiens n’obtiennent que de minuscules augmentations de salaire — actuellement de 2 % en moyenne — qui les laissent plus pauvres quand on prend en compte l’inflation de près de 5 %. »

Moins de pression
Hausse des salaires plus forte aux États-Unis qu’au Canada


Il y a eu une « augmentation de la population d’âge actif au Canada », explique Avery Shenfeld, économiste en chef à la Banque Canadienne Impériale de Commerce. Ces nouveaux immigrants, dit M. Shenfeld, sont « moins susceptibles de dire “Allez vous faire voir !” et préférer travailler dans les secteurs où les pénuries sont les plus aiguës ».

Les différences de politique d’immigration entre les pays voisins sont aujourd’hui si marquées que ces deux situations peuvent servir à une sorte d’expérience économique.

Les États-Unis jusqu’en 2020 ont orchestré une forte baisse de l’immigration, le marché du travail est soumis à des conditions inverses : les travailleurs bénéficient des plus fortes augmentations de salaire depuis des décennies — équivalant presque à la flambée de l’inflation — alors que les employeurs ne trouvent pas assez de personnel pour fonctionner à pleine régime, ce qui bride l’expansion économique.

À Ottawa, le gouvernement de Justin Trudeau parie que sa formule d’une forte immigration accompagnée d’une importante création d’emplois parviendra à apaiser les pressions inflationnistes et à créer le genre de reprise uniforme et durable qui fera oublier aux Canadiens à quel point ils ont perdu une partie de leur pouvoir d’achat en 2021.

Prêts à travailler
La reprise a attiré de nombreuses personnes nées à l’étranger dans la population active du Canada


La moindre augmentation des travailleurs nés à l’étranger aux États-Unis reflète des politiques plus restrictives lancées sous l’administration de Donald Trump.

Le Canada, quant à lui, demeure « ambitieux » sur le plan de l’immigration. Après avoir vu les niveaux d’immigration chuter de plus de la moitié l’année dernière en raison de la gestion canadienne de la pandémie, le gouvernement Trudeau prévoit de compenser entièrement cette baisse en augmentant ses objectifs annuels à l’avenir.

Les étudiants internationaux recommencent déjà à affluer. Le Canada a délivré environ 354 000 permis d’études à des étrangers au cours des neuf premiers mois de l’année 2021, en hausse de 63 % par rapport à la même période en 2020.

« Cibler un bassin de talents qui existe à l’échelle mondiale pour combler la rareté de la main-d’œuvre canadienne doit faire partie de la stratégie », a déclaré Sean Fraser, le nouveau ministre de l’Immigration de Trudeau, lors d’une interview la semaine dernière. S’exprimant dans une interview avec Bloomberg, Fraser a déclaré qu’il était même prêt à augmenter la cible du nombre d’immigrants — actuellement fixés à 411 000 pour l’année prochaine — s’il jugeait que de nouveaux arrivants supplémentaires étaient nécessaires pour combler les pénuries de main-d’œuvre.

Voir aussi

Canada, champion de l'augmentation du prix du logement depuis 2000, aussi un pays à très forte immigration...


vendredi 10 décembre 2021

La rectrice de l'université anglophone McGill à Montréal a gagné 860.000 $ imposables en 2021

La pandémie n’a pas empêché de fulgurantes hausses de rémunération des hauts dirigeants des universités québécoises. Cette année, la rectrice de l’Université anglophone McGill a même touché une somme record de 860 000 $.


Suzanne Fortier trône depuis plusieurs années en tête du palmarès des technocrates universitaires les mieux payés du Québec. Cette fois, le traitement imposable de la vice-chancelière de McGill a dépassé 860 000 $.

En plus d’un salaire de base de 478 901 $ et d’une prime de rendement de 93 000 $, Mme Fortier a touché une indemnité ponctuelle de 288 890 $ réservée aux gestionnaires.

« C’est un paiement unique payable à l’âge de 65 ans ou après en considération des années de service depuis qu’[elle est] en poste, a précisé la porte-parole de l’établissement, Cynthia Lee. Ceci fait référence au plan de retraite complémentaire auquel certains membres de la haute direction ont droit. »

Ce bonus est versé même si Mme Fortier poursuit son mandat. Elle touchera aussi une indemnité de départ à sa retraite. L’an dernier, la rectrice de McGill avait gagné un salaire de base de 465 000 $ et une prime de rendement de 91 000 $.

Le numéro un de l’Université Concordia, autre université anglophone et anglicisante à Montréal, n’est pas en reste. Graham Carr gagne annuellement plus de 426 000 $.

Ayant occupé plusieurs postes de direction depuis près de 10 ans avant d’être choisi comme recteur en 2019, il a pu accumuler les primes de transition prévues pour les cadres, peut-on constater dans le rapport de gestion déposé à l’Assemblée nationale.

Une somme de 433 000 $ pourrait ainsi s’ajouter à l’indemnité de départ que M. Carr pourra toucher au terme de son mandat de cinq ans.

Prime d’un an de salaire

Dans la dernière année, Guy Breton a quitté son poste de recteur de l’Université de Montréal, empochant au passage son indemnité de départ de 442 635 $, l’équivalent de 12 mois de salaire. C’est la norme chez les dirigeants universitaires. Son successeur, Daniel Jutras, touchera un peu moins, soit 405 000 $ par an. À la lecture des rapports financiers, on constate que les hauts dirigeants des universités à charte sont encore beaucoup mieux payés que leurs pairs du réseau de l’Université du Québec. Dans leur cas, c’est le gouvernement qui fixe les conditions de travail.

Ainsi, la rectrice de l’UQAM, fréquentée par près de 37 000 étudiants, a touché un peu moins de 235 000 $ cette année. En 2018, le gouvernement Couillard avait renoncé à légiférer pour faire le ménage dans la rémunération des hauts dirigeants universitaires.

La ministre de l’époque, Hélène David, avait opté pour une règle budgétaire contraignante qui force depuis ce temps les établissements à déposer à l’Assemblée nationale chaque année un rapport détaillé de l’état de traitement de leurs cadres.

RÉMUNÉRATION IMPOSABLE DES RECTEURS DES UNIVERSITÉS 2020-2021

UNIVERSITÉ MCGILL

Suzanne Fortier

Salaire de base : 478 901 $

Autres éléments du traitement imposable : 382 070 $ (comprenant une indemnité ponctuelle de 288 890 $ réservée à la haute direction)

Total: $860,971

UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

Guy Breton

Salaire de base : 442 635 $

Autres éléments du traitement imposable : 326 $

Total : 442 961 $

UNIVERSITÉ CONCORDIA

Graham Carr

Salaire de base : 424 423 $

Autres éléments du traitement imposable : 1706 $

Total : 426 129 $

UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

Daniel Jutras, nouveau recteur

Salaire de base : 405 000 $

Autres éléments du traitement imposable : 3493 $

Total : 408 493 $ (Puisqu’il n’a pas travaillé 12 mois, la rémunération totale de Daniel Jutras du 1er mai 2020 au 30 avril 2021 a été de 389 086,26 $)

UNIVERSITÉ LAVAL

Sophie D’Amours

Salaire de base : 337 620 $

Autres éléments du traitement imposable : 1731 $

Total : 339 351 $

UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE

Pierre Cossette

Salaire de base : 331 805 $

Autres éléments du traitement imposable : 2038 $

Source : Journal de Québec


lundi 8 novembre 2021

Écart salarial entre les sexes : démontage de la « vérification des faits » faite par une chaîne d'« informations » télé

L’équipe de décodage d’Éric Zemmour a réfuté sur Twitter la vérification des faits partiale et bâclée, le déchiffrage à la manque que la chaîne BFM-TV a fait de ses propos sur l’écart salarial entre les hommes et les femmes. Nous avons regroupé ci-dessous plusieurs gazouillis de cette réfutation. Une fois de plus les « fact-checkers » comme on dit à Paris se révèlent être les gardiens de la doxa, les matons de Panurge qui répètent les idées reçues de la rectitude politique et démontrent qu’ils sont incapables d’interpréter l’étude qu’ils citent.

Dimanche matin dans l’Émission BFM Politique, Éric Zemmour a corrigé Hedwige Chevrillon qui, reprenant une formule qui a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux, prétend que les femmes travailleraient gratuitement depuis le 3 novembre (voir la vidéo ci-dessous).

Nous allons examiner cela d’un peu plus près.

BFM s’est tout d’abord empressé de monter en épingle ce sujet, pour affirmer que Éric Zemmour niait les inégalités salariales entre les hommes et les femmes. Or, non seulement il n’a rien dit de tel, mais ce qu’il a expliqué sur BFM Politique est juste.


L’analyse bâclée de BFM-TV

Revenons d’abord sur cette théorie, selon laquelle les femmes travailleraient gratuitement depuis le #3Novembre9H22. Cette théorie est reprise partout, y compris par le service public, comme en témoigne cet article de franceinfotv.

Cette théorie se fonde sur une étude de l’INSEE sur les écarts de rémunération homme-femme. En ramenant les salaires à un équivalent temps plein, l’INSEE affirme que l’écart salarial en France est de 16,8 % entre les hommes et les femmes.

insee.fr/fr/statistique… 

 

Comme le note l’INSEE, il existe de fortes différences de temps de travail entre hommes et femmes, notamment parce que les femmes sont bien plus souvent à temps partiel que les hommes (insee.fr/fr/statistique…), d’où un écart qui passe de 28,5 % à 16,8 % en équivalent temps plein. 


Mais cela ne signifie évidemment pas qu’à travail égal une femme gagne 16,8 % de moins qu’un homme ! En effet, comme l’INSEE l’explique, cet écart s’explique principalement par le fait que les hommes et les femmes n’occupent pas les mêmes emplois dans les mêmes secteurs.

En effet, les hommes et les femmes sont très inégalement répartis entre les secteurs et, au sein d’un même secteur, entre les postes. On peut aisément s’en convaincre en comparant les professions les plus courantes chez les hommes et les femmes.


Les professions occupées davantage par les hommes ont tendance à être mieux rémunérées que celles où les femmes sont surreprésentées, ce qui explique l’existence d’un écart important, mais ce n’est pas le cas quand on compare hommes et femmes qui occupent le même poste !

Quand on ajuste l’écart statistiquement pour tenir compte de cela, d’après la même étude de l’INSEE, il se réduit à 5,3 % dans le secteur privé, ce qui est très loin du chiffre que tous les médias répètent et que les journalistes de BFMTV ont repris face à Éric Zemmour.

Mais comme l’INSEE le note, ça ne veut pas dire que cet écart résiduel est dû à de la discrimination ! En effet, il peut exister des différences hommes/femmes non observées qui affectent leurs rémunérations, de sorte que l’écart aurait été différent si on avait pu les observer.

En théorie, ces différences non observées pourraient augmenter l’écart comme le réduire, mais en pratique les études portant sur des entreprises/secteurs particuliers, ce qui permet des données plus fines, trouvent systématiquement que ça le réduit voire qu’il disparaît.

Par exemple, cette étude sur les chauffeurs Uber montre que les hommes gagnent 7 % de plus que les femmes, mais que cet écart s’explique entièrement par des différences de comportements entre chauffeurs masculins et féminins.  https://www.nber.org/papers/w24732

On peut aussi citer cette étude sur l’écart salarial chez des avocats aux États-Unis, qui trouve que prendre en compte la productivité, ce que l’INSEE ne peut pas faire dans son étude sur l’ensemble des salariés, réduit encore davantage l’écart.

journals.uchicago.edu/doi/abs/10.108…

Enfin, on peut citer cette étude sur les conducteurs de bus et de train, qui trouve un écart salarial de 11 % qui peut intégralement s’expliquer par le fait que les femmes ont une préférence pour la flexibilité dans les horaires.

De plus, l’INSEE a apparemment obtenu cet écart de résiduel de 5,3 % en prenant le logarithme du salaire en équivalent temps plein comme variable dépendante dans une régression, mais cette méthode ne tient pas compte de l’impact des différences de temps de travail correctement.

En effet, cette méthode revient à supposer que le salaire augmente de façon linéaire avec le temps de travail, mais en réalité il augmente plus rapidement, car les gens rechignent davantage à travailler plus quand ils travaillent déjà beaucoup que quand ils travaillent peu !

Par exemple, si vous travaillez 2 fois plus, vous ne serez pas seulement payé 2 fois plus mais plus de 2 fois plus. Or, en utilisant cette méthodologie, l’INSEE fait implicitement l’hypothèse que vous ne serez payé que 2 fois plus.

Le rôle de ce phénomène dans l’écart salarial hommes-femmes est pourtant connu dans la littérature scientifique et l’INSEE aurait pu estimer la relation non linéaire entre temps de travail et salaire pour en tenir compte.

Economist Claudia Goldin investigates what causes the gender wage gap, and what doesn’t.

https://www.harvardmagazine.com/2016/05/reassessing-the-gender-wage-gap

C’est même pire que ça, car non seulement le salaire à un instant t est une fonction non linéaire du temps de travail à l’instant t, mais il a été montré que la *croissance* du salaire dépendait (de façon non linéaire) du temps de travail aujourd’hui. jstor.org/stable/10.1086…
 

Or, la méthodologie de l’INSEE ne permet pas non plus de tenir compte de cela, puisqu’elle ne prend en compte (incorrectement comme nous l’avons vu) que l’impact du temps de travail à l’instant t sur le salaire à l’instant t.

Par conséquent, non seulement on ne peut pas supposer que l’écart résiduel de 5,3 % est dû à la discrimination et on a même d’excellentes raisons de penser qu’il se réduirait si on pouvait tenir compte des caractéristiques non observées, mais il est déjà surestimé au départ.

Pour résumer, l’écart salarial entre hommes et femmes n’a sans doute pas grand-chose à voir avec la discrimination par les employeurs, mais s’explique intégralement ou quasi intégralement par les différences de temps de travail, de secteurs et de postes.

Cette réalité peut être le fruit d’un choix personnel, mais résulte sans doute aussi d’une obligation pour un nombre toujours plus grand de femmes, notamment les mères célibataires, mais pas seulement, qui doivent supporter des doubles journées travail/enfants à charge.

L’exemple des conducteurs de bus et de train cité plus haut n’est d’ailleurs pas innocent à cet égard : si les femmes ont une préférence pour un emploi du temps plus flexible, c’est sans doute en partie parce qu’elles ont plus d’obligations en dehors du travail que les hommes !

Surtout, si des inégalités subsistent, c’est que les responsables politiques n’ont toujours pas su conduire les politiques publiques qui doivent permettre aux femmes de rester libres de leurs choix pour concilier vie professionnelle et vie familiale.

Le véritable débat est là, mais comme les associations féministes et les médias reprennent tous en chœur cet élément de langage démagogique du #3Novembre9h22, il n’aura malheureusement pas lieu…

 


Liens connexes

Voir aussi ce qu’en disait le grand économiste Thomas Sowell, ce n’est pas les lois des féministes qui expliquent l’augmentation des salaires des femmes depuis les années 70....

Le salaire des jeunes Anglaises dépasse celui des jeunes Anglais. C’est à partir de 30 ans que cela s’inverse.

Cliquer sur le graphique ci-dessus pour l’agrandir.


Wall Street Journal : « Il n’y a pas d’écart salarial hommes-femmes »

Deux fois plus de dépressions chez les femmes qu’il y a 40 ans. Rançon de la « libération » de la femme ?

L’État [et ses emplois à l’abri des aléas économiques] se féminise et se « diversifie »

Brève — L’écart de rémunération entre les sexes reflète les décisions de la famille que nous pouvons ou ne voulons pas changer

Faiblesse des revenus masculins, une des causes de l’effondrement du mariage ?

Les jeunes femmes gagnent plus que les jeunes hommes dans les métropoles américaines

Discrimination — Les lesbiennes gagnent plus que les hétérosexuelles.

Tempête dans la gazouillosphère québécoise : « Les filles attachent moins d’importance au salaire que les garçons » 

L’effondrement du mariage aux États-Unis, ses causes et ses effets

 
 

Étude — La testostérone change la structure du cerveau

Le cerveau des femmes est mieux préparé que celui des hommes pour faire face aux défauts génétiques

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Boris Cyrulnik : l’école valorise la docilité des filles et dévalorise la hardiesse des garçons
Cerveau masculin et cerveau féminin

Le paradoxe de l’égalité entre les sexes c. la théorie du genre

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Jordan Peterson et l’égalité des sexes : députée et ex-ministre suédoise à du mal à comprendre