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jeudi 16 avril 2026

Défaite électorale des nationalistes québécois dans un ancien bastion proche de Montréal

Mathieu Bock-Côté revient dans une chronique publiée dans le Journal de Montréal sur la défaite du Bloc Québécois à Terrebonne lors des élections du 15 avril 2026, une circonscription autrefois vue comme une forteresse nationaliste.  Terrebonne est à vol d'oiseau à environ 25 km du centre-ville de Montréal, 30 km par la route.

Les limites de Terrebonne sont accentuées d'un trait gras, au nord-est de Montréal.

L'auteur explique cette chute par les changements démographiques causés par l'immigration massive, les communautés issues de l'immigration votant majoritairement pour le Parti libéral du Canada. Bock-Côté conclut que les nationalistes doivent stopper l'immigration élevée pour éviter une transformation structurelle défavorable au projet souverainiste au Québec.

L'auteur n'adresse pas la très faible natalité des Québécois y compris des natalistes (faites le tour vous verrez, souvent, ils ont pas ou peu d'enfants). Serait-il temps d'une autocritique des nationalistes sur ce sujet ?

Position du Québec dans les pays occidentaux / OCDE quant à la natalité

Dans les pays de l’OCDE (les pays occidentaux développés), l'Indice synthétique de fécondité (ISF) du Québec 1,33 enfant/femme se situe dans la partie basse du classement, mais pas parmi les tout derniers.  La moyenne OCDE est autour de 1,40-1,51 selon les années récentes (2022-2024), en forte baisse continue depuis des décennies. 

Plusieurs pays sont nettement plus bas : Corée du Sud (0,7), Italie, Espagne, Japon, Pologne, Lituanie (1,1-1,3).  Ce sont des pays constitués (pas une province non autonome) avec un véritable unilinguisme au pays (ce n'est pas le cas du Québec où tout est fait pour pouvoir vivre en anglais).

Le Canada dans son ensemble est autour de 1,25-1,33 selon les dernières données.  

La France reste l’un des plus élevés en Europe (~1,6), tout comme certains pays nordiques ou Israël (de loin le leader).

En résumé : 1,33 est typique des pays occidentaux à faible fécondité (Canada, une bonne partie de l’Europe du Sud et de l’Est), bien en dessous du seuil de remplacement des générations (2,1). C’est un niveau qui entraîne un déclin naturel de la population sans immigration. 

Comparaison avec Israël

Israël est l’exception absolue parmi les pays de l’OCDE : son ISF est d’environ 2,9 enfants par femme (données 2023-2024), le plus élevé du groupe et stable depuis des décennies (jamais descendu sous 2,8). 

C’est plus du double du Québec ou de la moyenne OCDE. Cette fécondité élevée est portée en grande partie par les communautés ultra-orthodoxes (haredim), dont l’ISF dépasse 6 enfants par femme, et par les juifs religieux en général. Les juifs séculiers ont un ISF plus bas (~2,0-2,4), mais toujours supérieur à la moyenne occidentale. 



Minorités nationales, ethniques ou religieuses qui croissent

Les minorités qui « savent que leur avenir est hypothéqué » sans une forte natalité ont une forte natalité:

Haredim (juifs ultra-orthodoxes) en Israël : TFR 6-7 ; ils doublent leur population tous les 18-20 ans grâce à une culture religieuse qui valorise explicitement les familles nombreuses comme devoir de survie du peuple juif. 
  
Amish aux États-Unis : TFR historiquement autour de 6-7 ; communauté fermée qui voit la grande famille comme garantie de perpétuation culturelle face à la modernité.

Certaines communautés musulmanes en Europe ou en Israël (même si en baisse récente) : taux initialement plus élevés que les populations natives, souvent liés à des normes religieuses et à un sentiment de préservation identitaire en contexte minoritaire. 
  
D’autres exemples : sikhs, mormons pratiquants, ou certaines minorités ethniques en Occident qui maintiennent des taux supérieurs à 2,5-3,5 pour des raisons culturelles/religieuses similaires.

Le mécanisme est le même partout : quand un groupe perçoit son identité ou sa survie comme menacée (histoire, environnement hostile, dilution démographique), la fécondité reste élevée ou même augmente chez les plus religieux/pratiquants. 

C’est un phénomène empirique bien documenté en démographie : les minorités « conscientes de l’enjeu » investissent dans la natalité comme stratégie de pérennité. 

À l’inverse, les populations majoritaires sécularisées et sans ce sentiment d’urgence (comme une large partie des Québécois francophones) voient leur ISF chuter sans réagir. Le sujet est presque tabou. C’est exactement le débat soulevé dans la chronique que vous relayiez : une fécondité structurellement basse (1,33) combinée à une immigration massive transforme le rapport de forces démographique, même si les minorités immigrantes finissent souvent par converger vers des taux plus bas à la 2e génération. Israël montre qu’une forte identité collective peut maintenir une fécondité élevée même dans un pays moderne et développé.

Voir aussi

Le taux de natalité chute plus fortement parmi les progressistes que chez les conservateurs

Progressisme — Les femmes enceintes, ça me dérange

 
 
 
 

lundi 9 février 2026

Étude Ifop — Les adolescents français se droitisent, avec un rôle nuancé des jeunes issus de l’immigration

Une étude Ifop réalisée en février 2026 auprès de 1 028 adolescents de 15 à 17 ans, représentatifs de la France métropolitaine, révèle un basculement politique majeur chez la jeunesse : 56 % se positionnent désormais plutôt à droite, contre 44 % à gauche. Ce renversement par rapport à 1994 (où les 15-18 ans étaient 54 % à gauche et 46 % à droite) marque une nette « dégauchisation ».

François Kraus, directeur du pôle Politique/Actualités à l’Ifop et auteur de l’étude, précise qu’il ne s’agit pas d’une explosion soudaine vers la droite, mais surtout d’un recul marqué du sentiment d’appartenance à la gauche. « Les jeunes qui se situent à gauche restent à peu près au même niveau numérique, mais ceux qui se déclarent explicitement de gauche sont de moins en moins nombreux », explique-t-il. Une lycéenne interrogée résume ce désintérêt : « On ne se retrouve plus dans ce paysage politique qui a tendance à vieillir. »

Cette évolution est très genrée : les garçons portent l’essentiel de la droitisation (64 % à droite contre 36 % à gauche), tandis que les filles restent majoritairement à gauche (53 %). Cet écart de 28 points témoigne d’une polarisation précoce par le genre, bien avant l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Sur le plan des valeurs, les 15-17 ans combinent un libéralisme sociétal (plus progressistes que leurs aînés sur l’IVG et l’homosexualité) avec un conservatisme marqué sur d’autres sujets : 58 % jugent « inacceptable » la critique des religions. Leurs principales peurs pour l’avenir restent concrètes : la guerre et l’insécurité dominent largement.

L’étude met aussi en évidence une montée forte de l’individualisme : désintérêt pour les partis traditionnels, indifférence aux clivages idéologiques classiques, recentrage sur la sphère privée (famille, amitié, argent). Le refus du sacrifice collectif s’accentue : seuls 23 % des adolescents se disent prêts à risquer leur vie pour défendre la France en cas d’invasion (contre 41 % en 1984). Cette proportion chute à 5 % chez les jeunes d’extrême gauche.

Le rôle des jeunes musulmans et des enfants d’immigration : conservatisme culturel vs faible attachement national

L’étude n’offre pas de croisement direct entre origine immigrée et positionnement gauche/droite, mais elle utilise la religion comme indicateur indirect, notamment pour les jeunes musulmans (souvent issus de l’immigration maghrébine ou subsaharienne). Ceux-ci influencent la tendance globale de manière ambivalente.

D’un côté, ils renforcent un conservatisme culturel qui alimente certains aspects de la droitisation (valeurs d’ordre, respect des traditions, rejet de certaines évolutions sociétales) :

  • 92 % des jeunes musulmans jugent inacceptable la critique des religions (contre 58 % pour l’ensemble et 76 % chez les catholiques pratiquants).
  • Sur les droits LGBT : 49 % considèrent les relations homosexuelles inacceptables (contre 7 % chez les sans-religion), et 57 % rejettent le changement de genre (contre 21 % chez les sans-religion).

Ce conservatisme moral, plus prononcé dans les milieux populaires (où les enfants d’immigration sont surreprésentés), contribue à freiner les avancées progressistes et à valoriser des thèmes d’autorité et de tradition, souvent associés à la droite en France.

D’un autre côté, les jeunes musulmans affichent un faible attachement national qui pourrait contrebalancer ou limiter la droitisation sur les aspects patriotiques et identitaires :

Seulement 13 % se disent prêts à défendre la France militairement (contre 23 % pour l’ensemble des adolescents), un chiffre proche de celui des extrême-gauche (5 %).

Ce détachement (lié à des facteurs socio-économiques, discriminatoires ou culturels) s’aligne plutôt sur des positions internationalistes ou de gauche traditionnelle, même si le conservatisme religieux les éloigne des valeurs sociétales de la gauche contemporaine.

Pour les autres enfants d’immigration non musulmans (par exemple d’origine subsaharienne chrétienne ou d’Asie), l’étude ne fournit pas de données spécifiques. Les clivages observés sont davantage religieux et socio-économiques que strictement ethniques.

En résumé, la « Bof génération » (comme la surnomme l’Ifop) se caractérise par une droitisation globale portée surtout par les garçons, un individualisme croissant et des inquiétudes sécuritaires.

Les enfants d’immigration, via le prisme musulman, accentuent le conservatisme culturel (renforçant indirectement certains marqueurs droitiers), mais leur faible patriotisme freine potentiellement les glissements nationalistes. L’étude souligne ainsi une jeunesse fragmentée, où genre, religion et classe sociale redessinent les clivages plus que jamais.


mardi 2 décembre 2025

Mathieu Bock-Coté à Paris interrogé par Radio-Canada


mercredi 17 septembre 2025

Brève : mise à jour de l'indice de fécondité en Israël pour 2024 et (1T2025)

En Israël, le taux de fécondité pour 2024 s'est élevé à 2,87 enfants/femme en Israël alors que cet indice en 2024 était de 

  • 1,33 au Québec, 
  • 1,24 au Canada, 
  • 1,62 en France, 
  • 1,29 en Suisse et 
  • 1,44 en Belgique.

L'indice synthétique de fécondité (nombre de naissances par femme) des femmes juives laïques israéliennes a eu tendance à augmenter au cours des 25 dernières années.

Indice de fécondité (enfants/femme) par religion 1er trimestre 2025 (entre parenthèses indice de l'année 2024) :

  •         Juifs 3,04 (3,06)
  •         Musulmans 2,62 (2,76)
  •         Chrétiens 1,57 (1,58)
  •         Druzes 1,69 (1,66)
  •         Non classés par religion 1,13 (1,13) 

Selon Yoram Ettinger, la croissance unique du taux de fécondité juif en Israël est attribuable à l’optimisme, au patriotisme, à l’attachement aux racines juives, à la solidarité communautaire, à une mentalité de pionnier et à une diminution du nombre d’avortements (34 % depuis 1990). 

Le Kazakhstan et Israël ont un indice synthétique de fécondité similaire, mais les moyens d'y parvenir sont différents. Au Kazakhstan, beaucoup de gens ont 3, 4 ou 5 enfants, mais rares sont ceux qui en ont plus de 5. En raison des Haredim (les ultra-orthodoxes), Israël compte une forte proportion de familles très nombreuses. 2,4 % des enfants sont le 9e enfants ou plus de leurs parents, contre 0,1 % au Kazakhstan.

Voir

En Israël, le taux de fécondité en 2022 était de 3 enfants par femme (1,49 au Québec; 1,80 en France; 1,39 en Suisse et 1,53 en Belgique)

Québec — les naissances des francophones s’affaissent, celles des anglophones sont stables

Natalité au plus bas — La Presse de Montréal s'étonne des femmes tradis qui font des enfants dans une société « laïque »  [les valeurs québécoises !] 

dimanche 11 mai 2025

Inde — les querelles linguistiques y continuent

Le mois dernier, à Bangalore, capitale indienne de la technologie, des spectateurs ont chahuté une vedette pop en exigeant qu'elle chante en kannada, la langue locale. Il les a rembarrés et la police a porté plainte contre lui. À New York, Diljit Dosanjh, acteur et chanteur pandjabi, est arrivé au Met Gala vêtu d'une cape brodée de l'alphabet panjabi, ce qui a été perçu comme une affirmation de fierté linguistique. Au Tamoul Nadou, le ministre en chef a déclaré que les parents devraient donner aux bébés des noms tamouls. Pendant ce temps, le gouvernement central s'efforce de promouvoir l'utilisation de l'hindi à l'échelle nationale. Les locuteurs d'autres langues se rebiffent, comme on pouvait le prévoir.

Les langues sont un sujet sensible dans un pays qui en compte 22 légalement reconnues et des centaines d'autres. C'est aussi la raison d'être de la plupart des États indiens. Lorsque les frontières internes ont été redessinées après l'indépendance, c'est sur la base de critères linguistiques : Le Goujarat pour les locuteurs du goudjarati, le Maharachtra pour les locuteurs du marathi. Certains militants se sont immolés par le feu plutôt que d'être contraints de parler une langue étrangère. Les États du Sud, en particulier, s'irritent depuis longtemps de ce qu'ils considèrent comme des tentatives du Nord d'« imposer » une langue étrangère. Les tentatives d'enseignement obligatoire de l'hindi ont provoqué des agitations dans le sud avant même l'indépendance.

 Les gouvernements, tant au niveau des États qu'au niveau national, persistent dans leur politique linguistique. Les événements qui se déroulent dans le Maharachtra indiquent que cette quête n'est pas fructueuse. L'État a récemment obligé les jeunes élèves à apprendre l'hindi comme troisième langue, avant d'être rapidement contraint de faire marche arrière. Le Maharachtra est dirigé par le Bharatiya Janata Party (BJP), qui est au pouvoir au niveau national et dans la plupart des États du nord où l'on parle l'hindi. Si le parti ne peut imposer sa volonté dans un État qu'il contrôle, quel espoir dans le sud ?

La langue promue par le gouvernement n'est pas non plus une langue parlée par de nombreuses personnes. L'hindi démotique est une langue variée et indulgente, parlée différemment selon les régions du pays. La version sanskritisée promue par le BJP serait analogue à l'arabe standard moderne auquel on aurait ajouté un vocabulaire classique : une invention qui n'a que peu de portée. Non satisfait d'avoir imposé l'hindi à la population, le ministre en chef de l'État de Delhi, gouverné par le BJP, a déclaré la semaine dernière que le sanskrit - dont la langue maternelle est parlée par pratiquement aucune personne - était la langue de l'avenir.

Si l'idée est de donner aux Indiens une langue commune pour communiquer entre eux, elle est contre-productive. Dans le sud, l'hindi est associé à la domination du nord. Le fardeau des politiques linguistiques retombe souvent sur les écoliers ; être obligé d'étudier quelque chose n'inculque pas nécessairement l'amour de cette langue. De toute façon, la promotion de l'hindi semble en contradiction avec d'autres priorités déclarées, telles que les efforts du gouvernement pour créer un traducteur d'IA qui aidera à « transcender les barrières linguistiques ».

Il est indéniable que l'Inde est divisée par ses langues. Mais cela tend à s'estomper. Une étude réalisée par Leena Bhattacharya et S. Chandrasekhar de l'Indira Gandhi Institute of Development Research à Mumbai a révélé que la probabilité que deux Indiens pris au hasard puissent parler une langue commune, sur la base des données du recensement de 2011, était d'environ une sur quatre, contre une sur cinq en 1971. Il n'y a pas eu de recensement depuis, mais le prochain révélera sans doute que la probabilité a augmenté.

L'une des raisons est que l'hindi s'est répandu sans ou malgré les efforts acharnés du gouvernement. L'influence de la culture pop hindoue de Bombay y a contribué, de même que l'utilisation croissante de l'alphabet romain pour les mots hindis dans la publicité et en ligne. La migration des régions pauvres, septentrionales et hindiphones vers le sud prospère y a également contribué. Entre 2001 et 2011, le nombre de locuteurs natifs du tamoul au Tamoul Nadou a augmenté de 14,3 %, en phase avec la croissance de la population (15,6 %). En revanche, le nombre de locuteurs natifs de l'hindi a plus que doublé dans l'État, principalement dans les villes.

Source : The Economist

mardi 26 novembre 2024

« Une nation ne peut en assimiler une autre qu’à condition de l’emporter en nombre et en densité de population »

Les occidentaux (et plus particulièrement les Québécois à la natalité anémique) devraient considérer cette petite conversation dont Léon Tolstoï agrémente son roman Anna Karénine.

    Pestzoff soutenait qu’un peuple ne peut en assimiler un autre que s’il est plus nombreux, que si sa population est plus dense.

    Kosnichef, avec certaines restrictions, acceptait les deux avis ; et au moment où l’on sortit du salon, pour mettre un terme à la discussion, il dit en souriant :

    — Aussi, pour russifier les populations étrangères, n’y a-t-il qu’un seul moyen, faire le plus d’enfants possible. Voilà mon opinion. Sous ce rapport, mon frère et moi nous agissons fort mal. Quant à vous, messieurs, vous surtout, Stépane Arcadiévitch, vous vous conduisez en vrais patriotes. Combien en avez-vous ? demanda-t-il au maître de la maison.

Anna Karénine, Quatrième partie, IX

L'indice synthétique de fécondité (prévision sur la base des 7 premiers mois pour 2024)

État 2015 2020 2022 2023 2024p
Australie 1,80 1,59 1,63 1,50 1,47
Belgique 1,69 1,55 1,53 1,47 1,43
Canada 1,60 1,41 1,33 1,26 1,25
États-Unis 1,84 1,64 1,66 1,62 1,62
France 1,96 1,79 1,79 1,68 1,63
Israël 3,09 2,90 2,89 2,81 2,75
Québec 1,67 1,51 1,48 1,38 1,34
Royaume-Uni 1,77 1,51 1,47 1,43 1,45
Suisse 1,54 1,46 1,38 1,33 1,29

La famille impériale russe donnait l'exemple : 5 enfants

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Les Françaises non immigrées ont d'autant moins d'enfants qu'elles ont peu de revenu disponible

Les législateurs russes cherchent à interdire la « propagande zéro enfant », aides aux familles aux États-Unis

En 1839, on se félicitait, on se vantait même du réchauffement des climats froids (Custine en Russie) 

vendredi 17 mai 2024

Élections en Inde, le triomphe du nationalisme hindou

Des affiches du campagne aux couleurs du BJP de Narendra Modi    

Depuis le 19 avril et jusqu'au 1er juin, 968 millions d'Indiens sont appelés à voter dans 102 circonscriptions réparties sur 21 États pour élire 545 députés à la Chambre basse du Parlement. Les résultats, attendus pour le 4 juin, détermineront le parti majoritaire et le nom du Premier ministre (Le Figaro, 18 avril). L'issue de ce marathon électoral de six semaines ne présente guère de doute : Narendra Modi et son parti, le BJP (« Parti indien du peuple »), au pouvoir depuis 2014, devraient triompher et imposer le nationalisme hindou. Selon ce courant de pensée, que d'aucuns qualifient d'idéologie, l'Inde aurait été asservie pendant douze siècles par les musulmans puis les Britanniques. Pour retrouver sa souveraineté et son identité, il lui faudrait donc revenir à « la source ». Cela signifie affirmer la primauté de l'hindouisme, avant tout sur l'islam et le christianisme qui sont les deux principales religions « allogènes ». Première minorité religieuse du pays devant les chrétiens (2,3 % de la population), les sikhs (1,7 %) et les bouddhistes (0,7 %), les musulmans représentent 15 % de la population indienne, soit près de 200 millions de personnes, mais n'occupent que 5 % des sièges de la chambre basse du Parlement.

Le parti au pouvoir n'a pas lésiné sur les moyens de propagande. Drapeaux, étendards et fanions du BJP claquent dans les rues des villes gouvernées par le parti ou ses alliés, à commencer par New Delhi. Des rues à consonances islamiques ont été renommées. L'opposition est sommée de donner des gages de ferveur nationale-hindouiste et est accusée d' « anti-hindouisme » quand elle entreprend de critiquer le bilan peu flatteur du pouvoir s'agissant du chômage, de l'inflation, de la corruption ou de l'indigence des services publics.

Depuis la première élection de Modi, en 2014, la pression sur les minorités religieuses n'a cessé de croître. Les lois promulguées à l'encontre des vendeurs (musulmans) de viande bovine, des congrégations religieuses recevant des fonds de l'étranger et les lois anti-conversions ont confirmé aux chrétiens comme aux musulmans qu'ils étaient dans le viseur des nouveaux dirigeants de l'Inde. Des nationalistes hindous, influencés par la rhétorique de politiciens affiliés au BJP, s'en prennent aux personnels d'institutions chrétiennes (écoles, orphelinats, dispensaires, hôpitaux). Déplorant un climat social hostile aux minorités religieuses, la Conférence des évêques catholiques de l'Inde (CBCI) a dénoncé une « polarisation religieuse sans précédent qui endommage notre chère harmonie sociale et menace la démocratie elle-même ».

Pour s'assurer un troisième mandat, Narendra Modi multiplie les signes de ferveur hindouiste. En janvier dernier, le Premier ministre a inauguré un temple construit sur le site d'une ancienne mosquée détruite en 1992 par des extrémistes hindous, dans la ville d'Ayodhya (Uttar Pradesh). Soulignant son engagement nationaliste et religieux, son discours annonçait l'avènement d'une « nouvelle ère » pour l'Inde.

Autre indice de la fin programmée du sécularisme : l'éclipse qui frappe les pères de l'indépendance indienne, Gandhi et Nehru, auxquels sont reprochées plus ou moins franchement leur conception séculière et pluraliste de la démocratie indienne. Signe symbolique de ce désamour : le Musée-Mémorial Nehru, institut prestigieux de sciences sociales à New Delhi, a été renommé en août 2023 « Musée et bibliothèque du Premier ministre ». Quant à Gandhi, le gouvernement Modi lui préfère ostensiblement Vinayak Damodar Savarkar (1883- 1966), un nationaliste qui fut incarcéré par les Britanniques. Savarkar est le fondateur de l'hindutva, une idéologie prônant la suprématie de la « nation hindoue » (« Hindu Rashtra »). À ce propos, La Croix (25 avril) relève qu'un détail historique gênant est occulté dans les manuels d'histoire : l'allégeance de l'assassin de Gandhi, le nationaliste hindou Narayan Vinayak Godse, à l'association des volontaires nationaux, organisation paramilitaire dont est issu le BJP…

La prochaine étape visée par les ultra-nationalistes est une réforme de la Constitution enterrant le sécularisme — qui y est inscrit depuis l'indépendance (Asia News, 19 avril). Modi n'a pas désigné le but aussi clairement, mais il n'a pas caché son désir d'obtenir une majorité suffisante au Parlement pour instaurer un nouveau code civil unifié qui priverait les minorités religieuses de leurs législations particulières, charia pour les musulmans, lois ou coutumes liées au mariage, au divorce, à l'adoption, à l'héritage pour les chrétiens.

L'Église catholique de l'Inde ne dissimule pas son inquiétude face aux desseins de Modi et du Bharatiya Janata Party, d'instrumentaliser l'hindouisme au détriment des autres religions rapporte Vatican News (9 avril). La minorité chrétienne ne représente que 2,3 % du 1,4 milliard d'habitants du pays, soit néanmoins entre 30 et 35 millions de citoyens indiens. Selon l'organisation United Christian Forum, 161 attaques ont ciblé les chrétiens en Inde entre le 1er janvier et le 15 mars 2024. Plus fondamentalement, l'offensive se concentre sur les écoles et universités catholiques, particulièrement recherchées pour leur qualité.

vendredi 17 novembre 2023

France : de 1932 à 1939, une politique d'immigration de gauche fermée et inflexible

Quelle a été vraiment la politique des gouvernements en matière d'immigration sous la IIIe République (1870-1940), période où le régime républicain s'est enraciné ?


Lors de la crise économique des années 1930, les pouvoirs publics français entendent assurer une « protection de la main-d’œuvre nationale ». Cette préoccupation n'est pas nouvelle sous la IIIe République. Certaines réglementations d'inspiration analogue, mais de portée beaucoup plus modeste, avaient déjà été adoptées par le passé. Puis, lorsque la crise de 1929 atteint très durement la France, les gouvernements successifs et le Parlement durcissent le droit en vigueur. La loi d'août 1932 fixe le principe d'une proportion maximale de travailleurs étrangers dans le privé, à préciser par décret secteur par secteur.

 

Le président du Conseil des ministres, Léon Blum (au centre), et le ministre de l'Intérieur, Roger Salengro (2e en partant de la gauche), lors du défilé du Front populaire le jour de la Fête nationale, en 1936, sur la place de la Nation, à Paris. Le Front populaire réunit les trois principaux partis de la gauche : la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), le Parti radical et le Parti communiste (qui : soutient les deux premiers sans y participer directement) ainsi que de nombreux autres mouvements de gauche et antifascistes.

Ces législations prises en réaction à la crise ne concernent pas seulement le monde ouvrier. L'époque est très préoccupée par le sort des classes moyennes. À la demande des représentants des médecins (qui se plaignent de la concurrence des médecins russes et roumains et craignent de voir arriver en nombre des confrères allemands, souvent juifs, fuyant le nazisme), l'exercice de la profession est subordonné à la naturalisation pour les médecins diplômés à l'étranger (lois de 1933 et 1935). Certains, parmi les intéressés, qui doivent impérativement travailler tout de suite pour gagner leur vie, sont obligés de se contenter de fonctions de secrétaire médical, quoique surqualifiés. Puis ceux-ci déposent une demande de naturalisation lorsqu'ils ont les trois ans de résidence requis par la loi. D'autres reprennent des études. Les avocats, très nombreux à la Chambre et au Sénat, obtiennent, pour leur profession, des dispositions encore plus draconiennes. Les avocats étrangers ne peuvent plus exercer que s'ils ont été naturalisés depuis dix ans, ce qui revient à interdire le barreau aux confrères venus d'Europe centrale.

Un sentiment de méfiance

En 1935, par ailleurs, à l'initiative de l'Action française, puissante au Quartier latin à l'époque, une partie des étudiants parisiens en médecine et en droit multiplient grèves et monômes pour protester, fréquemment en termes insultants, contre la présence d'étudiants étrangers (souvent des Juifs originaires d'Europe centrale et balkanique qui ne pouvaient pas accéder aux facultés de médecine dans leurs pays) et soutiennent qu'ils sont trop nombreux parmi eux. Le jeune François Mitterrand semble avoir participé à un ou deux de ces rassemblements. Les gouvernements de l'époque ne leur donnent pas satisfaction (ils n'institueront jamais de numerus clausus d'étudiants étrangers) et se déterminent en fonction des attentes des représentants des professions libérales, non de l'activisme de l'Action française au Quartier latin. Cette agitation n'en demeure pas moins l'indice d'un climat.

La législation se durcit à mesure que la crise économique s'approfondit et qu'un sentiment de méfiance envers les étrangers gagne du terrain, aggravé par des faits d'actualité : le président de la République Paul Doumer est assassiné par un Russe en 1932 ; Alexandre Stavisky, l'escroc à l'origine du scandale qui ébranle le pays en 1934, est né en Ukraine, alors province de l'Empire russe, et il se trouve qu'il est juif, fait qui sera exploité par des journaux comme L'Action française ; le roi de Yougoslavie est assassiné par un Bulgare soupçonné d'avoir agi pour le compte d'ultranationalistes croates, à Marseille lors d'une visite d'État la même année. Le ministre des Affaires étrangères, Louis Barthou, présent aux côtés du souverain, est tué dans l'attentat.

Arrive le Front populaire. À l'égard des étrangers, le gouvernement de Léon Blum arrête les rapatriements forcés de mineurs polonais et italiens. Les cas d'expulsion pour activité syndicale jugée trop virulente diminuent, sans disparaître. Le ministre de l'Intérieur, le socialiste Roger Salengro, en maintient la possibilité pour les « manquements très graves à la réserve qui s'impose à tout étranger recevant l'hospitalité de notre pays » (circulaire du 27 juillet 1936). Dans les « manquements très graves » , le ministre de Léon Blum inclut les cas d'activité syndicale ou politique qui auraient un caractère vindicatif ou s'accompagneraient d'actes de violence. Après des incidents à Moyeuvre-Grande (Moselle) lors des grandes grèves de juin 1936, de nombreux ouvriers sidérurgistes étrangers sont ainsi expulsés par le gouvernement du Front populaire. Interrogé par un député communiste qui critique en termes posés sa décision, le ministre de l'Intérieur la justifie par « l'attitude particulièrement violente des intéressés qui, parfois, ont manqué de la correction la plus élémentaire à l'égard des autorités locales » , ce qui « justifie pleinement » leur expulsion. « Si le gouvernement entend rester fidèle à tous les principes humanitaires et faire tout spécialement honneur aux traditions d'hospitalité, il ne saurait tolérer que les étrangers abusent de l'asile qui leur est offert, en intervenant dans les conflits politiques et sociaux » , ajoute Salengro (JO des débats du 1er octobre 1936).

Son successeur Place Beauvau, le socialiste Marx Dormoy, s'il manifeste sa sollicitude envers les réfugiés politiques qui fuient l'Allemagne nazie, est intransigeant envers l'immigration clandestine. Il donne pour instruction aux préfets de « refouler impitoyablement tout étranger qui cherchera à s'introduire sans passeport ou titre de voyage valable ou qui n'aura pas obtenu de visa consulaire s'il est soumis à cette formalité » (14 avril 1937).

Le gouvernement du Front populaire autorise les étrangers au chômage à chercher du travail en dehors du département de leur domicile (cette faculté avait été supprimée en 1935). Le ministre de l'Intérieur invite ses services à moins de raideur dans ses rapports avec les étrangers à l'occasion des procédures de renouvellements des cartes. L'obligation scolaire de 6 à 14 ans est étendue aux enfants étrangers. L'école publique, aussi bien d'ailleurs que l'école libre, ne refusait nullement de scolariser les enfants d'étrangers jusqu'alors, mais il n'était pas possible de contraindre les parents récalcitrants à prodiguer une instruction à leurs enfants. Ce cas de figure était très rare, mais pas inexistant (« notre fils va nous prendre de haut s'il a de l'instruction » , entendait-on parfois). Le Parlement ratifie la convention de Genève de 1933, signée par la France, qui étend le bénéfice du passeport Nansen (du nom de l'ancien haut-commissaire aux réfugiés de la Société des nations qui l'a fait adopter) à de nouvelles catégories d'apatrides. Et un certificat de nationalité en faveur des réfugiés allemands qui ont fui le régime hitlérien est institué.

Ces changements notables coexistent avec une continuité sur les questions centrales de la politique d'immigration. Sous le Front populaire, l'immigration de travail dans l'industrie demeure, on l'a vu, aussi faible qu'auparavant. Et le gouvernement de Léon Blum ne stoppe nullement la généralisation des quotas de travailleurs étrangers dans les différents secteurs de l'économie nationale. D'accord avec la loi de 1932 « protégeant la main-d’œuvre nationale », l'exécutif à direction socialiste poursuit son application avec minutie. La seule journée du 20 décembre 1936, dix décrets sont promulgués instituant « la proportion de travailleurs étrangers qui pourront être employés » dans les fabriques de bouchons et objets en liège des Bouches-du-Rhône (la part est fixée à 30 % au maximum, et ne devra pas dépasser 20 % six mois plus tard, délai qui vise, peut-on supposer, à laisser aux entreprises le temps de licencier des travailleurs étrangers s'ils sont trop nombreux et de recruter des Français pour les remplacer) ; dans les laiteries et fromageries du Cher (10 % seulement de travailleurs étrangers autorisés, proportion qui doit être réduite à 5 % six mois plus tard) ; dans le BTP du Loiret (en raison de la pénurie de travailleurs nationaux constatée là, le quota est au contraire relevé de 5 % à 15 % pour les entreprises de mosaïque et de carrelage), etc.

Aucun parti politique national ne semble, à l'époque, avoir protesté. Le PCF lui-même, qui se distinguait par sa défense des travailleurs étrangers dans les années 1920, a changé de discours en même temps qu'il a rompu son isolement à gauche et renforcé son poids à la Chambre et dans le pays lors des législatives d'avril-mai 1936. Sa doctrine de lutte des classes se double désormais d'un ultrapatriotisme jacobin ainsi que d'une prétention à incarner le peuple en lutte contre les oligarques aussi bien que contre les agents supposés de Mussolini en France. « Nulle xénophobie ne nous anime lorsque nous crions « La France aux Français » » , déclare Maurice Thorez lors d'un meeting au Vél' d'Hiv', le 28 septembre 1937.

Une extrême fermeté


En revanche, les étrangers, lorsqu'ils ont du travail, bénéficient des réformes sociales du Front populaire (généralisation des quinze jours de congés payés à tous les salariés, systématisation des conventions collectives, réduction du temps de travail hebdomadaire de 48 à 40 heures à salaire inchangé).

Le Front populaire tombe en avril 1938. Les radicaux-socialistes se détournent des socialistes et communistes et forment un gouvernement avec la droite modérée. Le radical Édouard Daladier s'installe à Matignon. Le risque d'une guerre avec Hitler devient obsédant et domine toute la vie politique. Il s'agit, pour Daladier, de réarmer la France et préparer le pays à un conflit. Au nom du salut public, vieille idée chère à la Révolution française et familière à l'univers intellectuel des républicains d'alors, Daladier obtient des députés le vote des pleins pouvoirs. Il a ainsi le droit de légiférer lui-même, par des décrets-lois (l'équivalent des ordonnances sous la Ve République). Près de cent sont promulgués en un an, avant les accords de Munich (30 septembre 1938) aussi bien qu'après. Six d'entre eux durcissent au maximum la réglementation sur les étrangers. La constitution d'une association étrangère est soumise à autorisation préalable, afin d'interdire les partis politiques étrangers déguisés en associations (cette restriction au droit d'association des étrangers restera en vigueur jusqu'en 1981). Après Munich, l'internement administratif des étrangers suspects est autorisé et un premier centre ouvre (février 1939).

Au même moment, la guerre d'Espagne s'achève : plus de 450 000 Espagnols franchissent en quelques semaines la frontière française après la chute du réduit républicain en Catalogne et la victoire des nationalistes. Prises de court face à une telle masse, les autorités françaises désarment les soldats, surveillent les anciens des Brigades internationales et ouvrent des camps d'internement à la frontière. Puis les préfets répartissent ces réfugiés dans des camps disséminés dans tout le sud du pays. Sept mois plus tard, la Seconde Guerre mondiale commence.

Considérée dans toute sa durée, la IIIe République, au cours de ses 70 ans d'existence, a manifesté une extrême fermeté, et, à l'occasion, a été implacable, envers les étrangers présents sur son sol. Sa raideur a cependant été nuancée, ou contrebalancée, par un accès qu'on peut estimer aisé à la nationalité française sous réserve de manifester des efforts d'assimilation afin de mériter la qualité de Français, jugée hautement désirable. Sur ce sujet, indissociable du patriotisme, puissant à l'époque, la IIIe République a toujours été fière, confiante en elle-même et certaine de son bon droit.
 
Source : Le Figaro 

mardi 31 octobre 2023

France — C'était comment l'école en 1900 ?

Extraits du documentaire Les enfants de la République 1900-1914 réalisé en 1978 par Hubert Knapp. Des anciens élèves essentiellement d'origine paysanne racontent leurs souvenirs des premiers temps de l'école laïque, gratuite et obligatoire du début du XXe siècle. Dans leurs témoignages transparaît l'importance de l'enseignement du patriotisme, de la morale, du civisme.


lundi 29 mai 2023

Espagne — Défaite électorale de la gauche non à cause de son bilan économique (relativement bon) mais de ses réformes sociétales

 

Les élections municipales et régionales, dimanche 28 mai, ont donné un fort avantage au Parti populaire (de droite) et un avertissement sérieux au Parti socialiste, au pouvoir depuis cinq ans, à six mois des prochaines élections législatives.

Le Parti socialiste perd six régions sur neuf

Le PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol) du Premier ministre Pedro Sánchez perd six des neuf régions qu'il dirigeait. Aux municipales, de nombreuses villes passent à droite, comme Séville, Valence, Valladolid... Sur les dix premières villes du pays, les socialistes n'en dirigent plus qu'une seule.

De même, l’extrême gauche, avec le parti Podemos, est en net recul. Malgré l’engagement personnel des chefs des deux grands partis de gauche durant la campagne électorale, la gauche subit une sévère déroute.

Vox entre dans tous les parlements régionaux

Cette victoire massive de la droite pour ces élections municipales s’accompagne de la progression de la droite nationale. Le parti Vox, dirigé par Santiago Abascal, est celui qui progresse le plus, en doublant le nombre de ses voix aux municipales : il atteint 7 % à l'échelle nationale. Ses candidats entrent dans tous les parlements régionaux.

Le résultat de ces élections confirme la tendance plus générale à la droitisation en Europe. À l’instar de l’Italie, de la Finlande ou de la Grèce plus récemment, l’Espagne bascule à droite.

Dissolution du parlement

Lundi 29 mai, au lendemain de ces élections locales, le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a annoncé la tenue d’élections législatives anticipées à la mi-juillet, rapporte Le Figaro.

Conformément à la constitution du Royaume, le chef du gouvernement socialiste a donc consulté le roi Felipe (Philippe) VI pour lui annoncer sa « décision de (…) dissoudre le Parlement et de procéder à la convocation d’élections générales » qui se tiendront « le dimanche 23 juillet », a déclaré Pedro Sanchez lors d’une allocution télévisée.