mercredi 8 juillet 2026

France : , deux agrégés de philosophie dressent le même constat. Le vocabulaire des lycéens s'effondre

Au lendemain des résultats du bac, deux agrégés de philosophie dressent le même constat dans Valeurs actuelles. Le vocabulaire des lycéens s'effondre, et avec lui, la capacité à penser avec nuance. Or, avec les mots disparaissent aussi les outils indispensables pour construire une pensée argumentée et logique.

« De plus en plus d’élèves ont un problème de vocabulaire tellement fort qu’ils ne comprennent pas le sujet ».


Une lecture à voix haute qui trébuche à chaque phrase. Une dissertation à peine déchiffrable. Une problématique mal comprise, faute de connaître les mots qui la composent. Deux agrégés de philosophie, ayant enseigné la philosophie en lycée, tirent la même sonnette d’alarme, au lendemain d’un bac pourtant réussi à près de 90 %. « De plus en plus d’élèves ont un problème de vocabulaire tellement fort qu’ils ne comprennent pas le sujet », observe Jean*, professeur de Seine-et-Marne, membre du jury du bac cette année. « Plus on a de vocabulaire, plus on peut penser dans la nuance. » Sauf qu’à l’inverse, un lexique limité appauvrit mécaniquement l’exercice de la pensée.

Forte de son expérience auprès d’adolescents de filière générale et technologique, Pauline* confirme les carences. Pour elle, la maîtrise de la langue reste « une immense faille » chez les élèves de terminale notamment dans la définition des termes et dans la capacité à trouver des synonymes et antonymes. « On pense dans les mots », alerte-t-elle observant le même trou en mathématiques, où le raisonnement, la logique, la capacité à formuler un contre-exemple ou un argument, exigent eux aussi une maîtrise du langage que beaucoup d’élèves n’ont plus.

Un taux d’illettrisme préoccupant

Le constat en histoire n’est pas plus flatteur. Incapacité à citer un auteur de l’Antiquité ou des Lumières, à situer la Première Guerre mondiale dans le temps : une méconnaissance que l’ancienne professeur de Sciences Po qualifie d’« effarante », alors même que les outils de référence n’ont jamais été aussi accessibles. Et la conséquence dépasse la seule discipline scolaire alertant sur la disparition progressive des grandes idées qui donnaient jadis une cohérence au monde, un relativisme renforcé, faute de mots pour désigner et hiérarchiser des valeurs.

« On enfantilise les jeunes, on veut les protéger, on leur fait croire qu’ils ont des compétences qu’ils n’ont pas », lance Jean, alarmé par le taux d’illettrisme. Un élève sur cinq arriverait au collège sans savoir vraiment lire, avance-t-il. Soit un cinquième d’une classe d’âge qu’il faudrait, selon lui, faire redoubler plutôt que de la laisser avancer avec des importantes lacunes. Le test de lecture passé par tous les jeunes lors de la Journée défense et citoyenneté (JDC), à 17 ans, confirme que le problème ne s’arrête pas au collège. Selon le dernier bilan de la Depp, publié en octobre 2025, 6 % des jeunes de 16 à 25 ans étaient en situation d’illettrisme en 2024 et 13 % présentaient des difficultés de lecture significatives. Un jeune Français sur vingt, littéralement, est incapable de déchiffrer un texte simple à la sortie du système scolaire.

Les deux enseignants pointent une même origine sociale à cet écart de vocabulaire. Grandir avec des livres à la maison et des parents présents fait, selon eux, toute la différence. Pauline a pu comparer, au fil de sa carrière, un lycée d’Achères, en milieu populaire, à un autre de Billancourt, fréquenté par des enfants d’ingénieurs. Dans le second, les élèves connaissaient des mots comme « étymologie », quand ce terme valait aux autres des regards interloqués. 

Lire à voix haute, un exercice devenu difficile

La lecture à voix haute d’un texte est le symptôme concret de cette érosion. Cet exercice basique est devenu un véritable défi pour une partie non négligeable des élèves de terminale. C’est une génération qui a grandi avec l’image et l’oral comme repères, et qui communique à base de messages vocaux, observe Pauline. « Les jeunes communiquent plus vite à l’oral, mais de façon moins organisée et moins logique, un pur flux de conscience, alors que l’écrit oblige à sélectionner sa pensée, à la hiérarchiser avant de la poser sur le papier », remarque-t-elle.

Face à ce constat, les deux enseignants convergent vers des pistes similaires. Réintégrer les parents dans le suivi scolaire, ne serait-ce que par la discussion à la maison sur ce que l’enfant apprend en classe. Remettre la lecture au centre, pour combler à la fois le vocabulaire, la logique et la culture générale. La philosophe insiste aussi sur le potentiel des élèves qui ne demande qu’à se déployer : « La plasticité cérébrale reste importante jusqu’à 25 ans », dit-elle, et nombre d’entre eux révèlent leurs capacités bien après le lycée, une fois qu’ils ont trouvé leur voie dans leurs études supérieures.

Il subsiste toujours un défi : l’intelligence artificielle. Jean se montre dubitatif : « Les élèves n’ont plus le goût de l’effort, de toute façon le bac leur est donné. » Pour Pauline, utilisée à bon escient, l’IA permettrait d’entraîner la maïeutique, cet art socratique de poser les bonnes questions, une compétence particulièrement utile en philosophie, où toute réflexion commence par une question bien posée.


Ces cani­cules qu’a connues la France au fil des siècles et qu’on a oubliées

Au Moyen Âge, sous Louis XIV, pen­dant la Révo­lu­tion ou encore au XIXe siècle, les contem­po­rains ont subi des vagues de cha­leur aux effets désas­treux. Au siècle der­nier, les cani­cules de 1911, 1947 et 1976, en par­ti­cu­lier, ont long­temps mar­qué les mémoires.

La cani­cule qui a écrasé la France du 18 au 28 juin avant de connaître une nou­velle phase ces jours-ci est-elle vrai­ment d’une gra­vité sans pré­cé­dent ? « Les biens de la terre (les cultures, NDLR) péris­saient de séche­resse », écrit un contem­po­rain à pro­pos de l’été 1524, sous François Ier. Le 25 mai 1524, à Troyes, en Cham­pagne, la cha­leur est si acca­blante et aride depuis un mois qu’elle contri­bue à un incen­die mas­sif qui dévaste la ville et détruit 1 500 mai­sons. Les cani­cules ponc­tuent l’his­toire de France. Pen­dant des siècles, cha­cune a pro­vo­qué son cor­tège de morts, sou­vent par cen­taines de mil­liers. Long­temps, ces cani­cules ont mar­qué la mémoire col­lec­tive, avant d’être oubliées.

L’année 1420, cinq ans après Azin­court, une vague de cha­leur se déclare dès février, dure jusqu’à mai, puis se trans­forme en cani­cule l’été, décrit Emma­nuel Le Roy Ladu­rie dans son His­toire humaine et com­pa­rée du cli­mat (Fayard), pré­cieux guide sur le sujet. Le soleil brûle les cultures. Les récoltes sont catas­tro­phiques. Les prix des céréales aug­mentent dans un contexte de forte infla­tion et de déva­lua­tion des mon­naies. Le Jour­nal d’un bour­geois de Paris, œuvre d’un dia­riste ano­nyme qui relate la vie dans la capi­tale, raconte : « Enché­rit tant le blé et la farine que le setier (ins­tru­ment de mesure ancien) de blé fro­ment valait à la mesure des halles de Paris 30 francs de la mon­naie qui lors cou­rait. » C’est la famine. En pays albi­geois, la cani­cule est telle que la récolte du seigle a dû com­men­cer fin avril et que les cerises étaient pré­co­ce­ment mûres dès ce mois.

Après une nou­velle cani­cule en 1473 sur­vient, en 1504, l’un des douze étés les plus chauds du XVe au XXe siècle dans l’hémi­sphère Nord (d’après les tra­vaux du cli­ma­to­logue anglais Keith Briffa dans l’ouvrage Glo­bal and Pla­ne­tary Change, paru en 2003 et cité par Le Roy Ladu­rie). Une géné­ra­tion plus tard, une cani­cule faite d’ultra­cha­leur sèche frappe la France, l’Alle­magne et l’Europe cen­trale en 1540, alors que François Ier et Charles Quint pour­suivent leur inter­mi­nable lutte pour la pré­pon­dé­rance en Europe. Cet été-là, le Rhin est presque à sec et on peut le tra­ver­ser à pied, a éta­bli l’his­to­rien suisse Chris­tian Pfis­ter. Le vin du mil­lé­sime 1540, lui, mûri par une cha­leur solaire excep­tion­nelle, est si chargé de sucre, que, après fer­men­ta­tion, il se trans­for­mera en quasi-apé­ri­tif, recher­ché par connais­seurs et col­lec­tion­neurs jusqu’à la fin du XXe siècle.

L’année 1556, sous Henri II, figure dans la liste des cani­cules éta­blie par le cli­ma­to­logue néer­lan­dais Aryan van Enge­len, dont les tra­vaux font réfé­rence. Cet été-là, le cli­mat est brû­lant et ultra-sec. Dans le Coten­tin, un gen­til­homme cam­pa­gnard, Gilles de Gou­ber­ville, accueille comme une béné­dic­tion une pluie brève le 1er juin. « Il n’avait plu depuis le com­men­ce­ment d’avril par quoi les blés étaient for­te­ment endom­ma­gés, à cause de la grande séche­resse, et fort enché­ris jusqu’à 22 sous le bois­seau de fro­ment », écrit-il. L’extrême cha­leur pro­voque des incen­dies de forêt en Nor­man­die, fait raris­sime dans cette région d’ordi­naire humide. Le 23 juillet, « il fit une mer­veilleuse (extra­or­di­naire, excep­tion­nelle) cha­leur », s’inquiète notre témoin. À Paris, l’église accepte de faire pro­ces­sion­ner la châsse de Sainte-Gene­viève, patronne de la capi­tale, pour sol­li­ci­ter son inter­ven­tion en faveur de la pluie.

En 1616, alors que Louis XIII a 14 ans, sur­vient « une énorme vague de cha­leur en juin-juillet », qui « se révèle comme l’une des plus intenses des cinq der­niers siècles» (Le Roy Ladu­rie). Pour autant, une cani­cule ne s’accom­pagne pas néces­sai­re­ment de séche­resse, comme on pour­rait le pen­ser. Et, en l’espèce, « les pré­ci­pi­ta­tions ont été suf­fi­santes » pour pré­ser­ver les récoltes, diag­nos­tique l’his­to­rien. Les contem­po­rains n’ont pas cette chance en 1636. La cha­leur de l’été est extrême. Le niveau d’eau des rivières baisse, ce qui aggrave leur pol­lu­tion, leur saleté et fait pul­lu­ler, dans l’eau que boivent les pay­sans, des micro-orga­nismes dys­en­té­riques. La conta­gion est fou­droyante. La toxi­cose emporte quan­tité d’enfants en bas âge, d’autant que la dys­en­te­rie chauffe fié­vreu­se­ment les corps. De sur­croît, cette même année 1636, tan­dis que Cor­neille écrit Le Cid, la France de Louis XIII et Riche­lieu est en guerre ouverte contre les Habs­bourg d’Autriche et d’Espagne depuis un an. Des épi­sodes de peste se déclarent dans nombre de villes. Toutes ces causes pro­voquent plu­sieurs cen­taines de mil­liers de morts.

Le cli­mat s’acharne ensuite sur les Français de la fin du règne de Louis XIV. À l’été 1705 sur­vient notam­ment une cani­cule qui aurait causé 200 000 morts, au pre­mier chef des enfants en bas âge (par déshy­dra­ta­tion ou salis­sure des eaux entraî­nant des dys­en­te­ries). À l’époque, la guerre de suc­ces­sion d’Espagne fait rage, ce qui n’arrange rien. « Je sue d’une façon extra­or­di­naire », écrit la prin­cesse Pala­tine, belle-sœur de Louis XIV. « Voici deux mois qu’il n’est pas tombé une goutte de pluie. Je n’ai jamais vu un été tel que celui-là, et la cha­leur aug­mente chaque jour. Les feuilles sur les arbres sont des­sé­chées comme si le feu y avait passé » (13 août 1705). Ce même mois d’août, le ther­mo­mètre de l’astro­nome Cas­sini casse sous l’effet de la cha­leur intense (plus de 38°C dans la capi­tale). Puis, en 1719, sous la régence de Phi­lippe d’orléans, une nou­velle cani­cule aurait causé 400 000 morts, au pre­mier chef des enfants en bas âge, pour les rai­sons qu’on a évo­quées pré­cé­dem­ment.

Au XVIIIe siècle, les consé­quences humaines des dérè­gle­ments du cli­mat cessent d’être perçues comme une fata­lité. L’opi­nion publique, qui s’affirme, incri­mine non plus les acca­pa­reurs, comme sous Louis XIV, mais les ministres du roi. Les Français prennent l’habi­tude de « l’impu­ta­tion au poli­tique » (Ernest Labrousse) de leurs maux. Ceci alors même que l’état royal a rare­ment été aussi actif pour les atté­nuer. Mais la santé publique en reste encore à ses pré­mices : en 1779, une nou­velle cani­cule aurait causé plus de 200 000 morts, au pre­mier chef par dys­en­te­rie. À Brest, les équi­pages de la flotte, qui font l’objet d’une sur­veillance médi­cale docu­men­tée, sont très atteints. «Les intes­tins s’ enflamment à J +3, les malades meurent à J +5 ou J +9, pas au-delà »( Jean-pierre Gou­bert).

Pen­dant la Révo­lu­tion, l’été 1793 est cani­cu­laire. Alors que les dépu­tés giron­dins sont guillo­ti­nés, incar­cé­rés ou en fuite et que la Ter­reur s’accé­lère, on étouffe à Paris. Si Marat est dans son bain lorsqu’il reçoit Char­lotte Cor­day le 13 juillet 1793, ce n’est pas seule­ment pour soi­gner sa mala­die de peau, mais aussi parce que la cha­leur est acca­blante. Plus tard, l’extrême cha­leur joue un rôle dans la Révo­lu­tion de février 1848. Après un hiver excep­tion­nelle ment doux( ce qui épargne mau­vaises herbes et para­sites, d’où le pro­verbe « Hiver sans rigueur, été sans faveur »), 1846 est un des douze étés les plus chauds des cinq der­niers siècles dans l’hémi­sphère Nord (Keith Briffa). Le ther­mo­mètre atteint 36 °C en juillet à Paris. Un coup d’échau­dage obère les récoltes. Le prix des céréales com­mence à aug­men­ter à l’automne. La disette et les épi­dé­mies consé­cu­tives auraient causé quelque 60 000 décès. La crise éco­no­mique se pro­page au tex­tile et le mécon­ten­te­ment devient géné­ral. Or, « l’oppo­si­tion ne man­quait pas d’exploi­ter cette humeur et tâchait de la tour­ner en grief contre le gou­ver­ne­ment. (…) On eût dit que, dans chaque symp­tôme fâcheux qu’elle pou­vait enre­gis­trer, elle voyait une bonne for­tune» (Paul Thu­reau-Dan­gin, His­toire de la monar­chie de Juillet). Ainsi s’engage la cam­pagne des ban­quets, qui va pro­vo­quer la chute de Louis-Phi­lippe. A contra­rio, la cani­cule de 1859 (qui cause plu­sieurs dizaines de mil­liers de morts) et celle de 1868 n’ébranlent pas le second Empire. Puis, en août 1870, c’est en pleine cani­cule que com­mence la guerre entre la France et les États alle­mands coa­li­sés autour de la Prusse.

Ce que les spé­cia­listes appellent « le petit âge gla­ciaire » (carac­té­risé par des hivers très froids et, aux belles sai­sons, une ten­dance à la fraî­cheur et à de fortes pluies), amorcé vers 1300, s’achève à par­tir de 1860. Un réchauf­fe­ment débute alors en Europe. Il est net à comp­ter de 1910, lorsque les gla­ciers alpins com­mencent un recul sub­stan­tiel et continu à l’échelle de la longue durée. Le réchauf­fe­ment reste d’abord modéré. C’est dans ce contexte qu’inter­vient la cani­cule de 1911. Les 22 et 23 juillet, il fait par­tout plus de 35 °C. Les 38 °C sont atteints à Lyon, Bor­deaux, Châ­teau­dun. Le mois d’août 1911 est un des plus chauds de l’his­toire de France. Les tem­pé­ra­tures dépassent 30°C treize jours de suite dans la capi­tale. Le 5 août, on renoue avec les 38 °C à Lyon et on atteint 39 °C à Tou­louse. Entre le 6 et le 9 sep­tembre, la pres­sion cani­cu­laire ne fai­blit pas : 36 °C à Paris et 38 °C à Tou­louse. Le nombre de morts est éva­lué à 40 000, dont la moi­tié âgés de moins de 1 an. C’est la der­nière héca­tombe d’enfants qu’a pro­vo­quée une cani­cule en France.

D’autres cani­cules sévissent ensuite en 1921, 1947 et 1976, pour s’en tenir aux plus impor­tantes. De 1950 à 1970, le cli­mat connaît para­doxa­le­ment une période de rafraî­chis­se­ment en France (celle-ci dure jusqu’en 1974, voire 1980 s’agis­sant du centre et du sud du pays). Puis s’engage un nou­veau cycle de réchauf­fe­ment qui, selon les spé­cia­listes, tend à s’accé­lé­rer depuis le début du XXIe siècle. Trois cani­cules sérieuses se pro­duisent au cours de la décen­nie 1980 : en 1982 (2 300 morts), 1983 (quatre mois extrê­me­ment chauds de juin à sep­tembre et 6400 morts), 1990 (1700 morts). D’autres adviennent en 1994, 1995 et 1997, entraî­nant un bilan estimé res­pec­ti­ve­ment à 2600, 2300 et 2 200 morts. Arrive ensuite la cani­cule d’août 2003, qui a frappé les esprits.

Au terme de ce récit, pré­ci­sons les méthodes uti­li­sées pour éta­blir les tem­pé­ra­tures et le cli­mat des siècles pas­sés. Les scien­ti­fiques pré­lèvent dans les gla­ciers proches des pôles, par forage pro­fond, des cylindres qu’on appelle des carottes de glace et les ana­lysent. Sous les cli­mats plus tem­pé­rés d’europe, ils étu­dient les langues ter­mi­nales des gla­ciers alpins de réfé­rence (Cha­mo­nix en France, Aletsch et Gor­ner en Suisse) pour appré­cier leur évo­lu­tion au fil du temps. D’autres scrutent les anneaux de crois­sance annuelle dans le bois des troncs des grands arbres. Ces scien­ti­fiques par­viennent ainsi à dater et carac­té­ri­ser les étapes suc­ces­sives de leur vie végé­tale, et en tirent de pré­cieuses infor­ma­tions sur les tem­pé­ra­tures d’alors. Le bois de l’anneau de crois­sance des chênes qui cor­res­pond à 1473, année de cani­cule, est ainsi « ultra­dur, très peu impré­gné d’eau », explique Le Roy Ladu­rie. L’étude des pol­lens et des chan­ge­ments d’essences fores­tières per­met par ailleurs de cor­ro­bo­rer des hypo­thèses. On dis­pose en outre, s’agis­sant de la capi­tale, de séries ther­mo­mé­triques réa­li­sées sans dis­con­ti­nuer depuis les années 1670 par l’obser­va­toire de Paris. Et la France béné­fi­cie de sta­tions météo depuis 1855. Les dates des ven­danges, recen­sées à Dijon depuis 1370, offrent éga­le­ment d’utiles indi­ca­tions, même si les com­pa­rai­sons doivent tenir compte d’éven­tuelles évo­lu­tions du cli­mat d’un siècle à l’autre. Les his­to­riens s’appuient sur ces recherches des scien­ti­fiques et y ajoutent l’étude et la cri­tique de sources qui leur sont plus fami­lières, comme les témoi­gnages des contem­po­rains.

Source : Le Figaro