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mercredi 18 février 2026

Qu'est-ce qui explique l'écart salarial entre les hommes et les femmes ? La maternité.

Les recherches suggèrent qu'après avoir pris en compte les contraintes auxquelles les femmes sont confrontées pour avoir et élever des enfants, il ne reste plus grand-chose à expliquer dans le domaine des écarts salariaux. L'économiste la plus influente dans ce domaine, Claudia Goldin de l'université Harvard, qui a remporté le prix Nobel en 2023, semblait avoir clos le débat. Selon ses travaux, la maternité explique pratiquement tout l'écart salarial.

Une poignée d'articles publiés au cours des deux dernières années ont relancé le débat. Ils s'appuyaient sur des ensembles de données puissants et novateurs, qui mettaient en relation les dossiers médicaux et les données sur les revenus dans les pays scandinaves. Ces nouvelles preuves ont permis aux économistes d'exploiter la puissante expérience naturelle offerte par les variations de la fertilité des femmes. Les chercheurs ont pris comme échantillon des femmes ayant recours à la fécondation in vitro (FIV) – qui souhaitaient clairement avoir des enfants – et ont examiné la différence de salaire à long terme entre celles qui sont tombées enceintes et celles qui ne l'ont pas été. Au début, les mères gagnaient beaucoup moins, mais cet écart s'est réduit avec le temps. Environ 10 à 15 ans après la naissance des enfants, les mères gagnaient même un petit supplément.

Cette approche consistant à exploiter les variations naturelles de la fertilité a été utilisée dans une nouvelle étude, menée par Camille Landais de la London School of Economics et d'autres chercheurs. Elle s'intéresse aux femmes atteintes du syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (MRKH), une maladie rare dans laquelle une fille naît sans utérus mais se développe normalement par ailleurs. Ces femmes savent très tôt dans leur vie qu'elles ne pourront pas avoir d'enfants, ce qui les différencie de celles qui le découvrent après avoir échoué à concevoir naturellement ou par FIV. Cela pourrait influencer leurs salaires futurs, car les femmes qui envisagent de concevoir peuvent investir différemment dans leur capital humain. Elles pourraient, par exemple, dépenser moins pour leurs études, sachant qu'elles pourraient mettre leur carrière entre parenthèses après avoir donné naissance.

Cette connaissance précoce semble faire une grande différence. L'étude sur les femmes atteintes du syndrome MRKH a révélé qu'elles gagnent à peu près autant que les autres femmes et les hommes au début de l'âge adulte. Puis, entre 30 et 40 ans, alors que l'écart salarial entre les hommes et les femmes se creuse, les femmes atteintes du syndrome MRKH suivent une trajectoire différente. La trajectoire de leur salaire est presque identique à celle de leurs homologues masculins. En d'autres termes, si l'on élimine la maternité et toutes les décisions que les femmes pourraient prendre en l'anticipant, l'écart salarial semble disparaître. Il est difficile d'imaginer un meilleur moyen d'isoler les effets de la maternité des autres caractéristiques féminines et d'étudier leur impact sur les revenus. 

Source : The Economist
 
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lundi 8 novembre 2021

Écart salarial entre les sexes : démontage de la « vérification des faits » faite par une chaîne d'« informations » télé

L’équipe de décodage d’Éric Zemmour a réfuté sur Twitter la vérification des faits partiale et bâclée, le déchiffrage à la manque que la chaîne BFM-TV a fait de ses propos sur l’écart salarial entre les hommes et les femmes. Nous avons regroupé ci-dessous plusieurs gazouillis de cette réfutation. Une fois de plus les « fact-checkers » comme on dit à Paris se révèlent être les gardiens de la doxa, les matons de Panurge qui répètent les idées reçues de la rectitude politique et démontrent qu’ils sont incapables d’interpréter l’étude qu’ils citent.

Dimanche matin dans l’Émission BFM Politique, Éric Zemmour a corrigé Hedwige Chevrillon qui, reprenant une formule qui a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux, prétend que les femmes travailleraient gratuitement depuis le 3 novembre (voir la vidéo ci-dessous).

Nous allons examiner cela d’un peu plus près.

BFM s’est tout d’abord empressé de monter en épingle ce sujet, pour affirmer que Éric Zemmour niait les inégalités salariales entre les hommes et les femmes. Or, non seulement il n’a rien dit de tel, mais ce qu’il a expliqué sur BFM Politique est juste.


L’analyse bâclée de BFM-TV

Revenons d’abord sur cette théorie, selon laquelle les femmes travailleraient gratuitement depuis le #3Novembre9H22. Cette théorie est reprise partout, y compris par le service public, comme en témoigne cet article de franceinfotv.

Cette théorie se fonde sur une étude de l’INSEE sur les écarts de rémunération homme-femme. En ramenant les salaires à un équivalent temps plein, l’INSEE affirme que l’écart salarial en France est de 16,8 % entre les hommes et les femmes.

insee.fr/fr/statistique… 

 

Comme le note l’INSEE, il existe de fortes différences de temps de travail entre hommes et femmes, notamment parce que les femmes sont bien plus souvent à temps partiel que les hommes (insee.fr/fr/statistique…), d’où un écart qui passe de 28,5 % à 16,8 % en équivalent temps plein. 


Mais cela ne signifie évidemment pas qu’à travail égal une femme gagne 16,8 % de moins qu’un homme ! En effet, comme l’INSEE l’explique, cet écart s’explique principalement par le fait que les hommes et les femmes n’occupent pas les mêmes emplois dans les mêmes secteurs.

En effet, les hommes et les femmes sont très inégalement répartis entre les secteurs et, au sein d’un même secteur, entre les postes. On peut aisément s’en convaincre en comparant les professions les plus courantes chez les hommes et les femmes.


Les professions occupées davantage par les hommes ont tendance à être mieux rémunérées que celles où les femmes sont surreprésentées, ce qui explique l’existence d’un écart important, mais ce n’est pas le cas quand on compare hommes et femmes qui occupent le même poste !

Quand on ajuste l’écart statistiquement pour tenir compte de cela, d’après la même étude de l’INSEE, il se réduit à 5,3 % dans le secteur privé, ce qui est très loin du chiffre que tous les médias répètent et que les journalistes de BFMTV ont repris face à Éric Zemmour.

Mais comme l’INSEE le note, ça ne veut pas dire que cet écart résiduel est dû à de la discrimination ! En effet, il peut exister des différences hommes/femmes non observées qui affectent leurs rémunérations, de sorte que l’écart aurait été différent si on avait pu les observer.

En théorie, ces différences non observées pourraient augmenter l’écart comme le réduire, mais en pratique les études portant sur des entreprises/secteurs particuliers, ce qui permet des données plus fines, trouvent systématiquement que ça le réduit voire qu’il disparaît.

Par exemple, cette étude sur les chauffeurs Uber montre que les hommes gagnent 7 % de plus que les femmes, mais que cet écart s’explique entièrement par des différences de comportements entre chauffeurs masculins et féminins.  https://www.nber.org/papers/w24732

On peut aussi citer cette étude sur l’écart salarial chez des avocats aux États-Unis, qui trouve que prendre en compte la productivité, ce que l’INSEE ne peut pas faire dans son étude sur l’ensemble des salariés, réduit encore davantage l’écart.

journals.uchicago.edu/doi/abs/10.108…

Enfin, on peut citer cette étude sur les conducteurs de bus et de train, qui trouve un écart salarial de 11 % qui peut intégralement s’expliquer par le fait que les femmes ont une préférence pour la flexibilité dans les horaires.

De plus, l’INSEE a apparemment obtenu cet écart de résiduel de 5,3 % en prenant le logarithme du salaire en équivalent temps plein comme variable dépendante dans une régression, mais cette méthode ne tient pas compte de l’impact des différences de temps de travail correctement.

En effet, cette méthode revient à supposer que le salaire augmente de façon linéaire avec le temps de travail, mais en réalité il augmente plus rapidement, car les gens rechignent davantage à travailler plus quand ils travaillent déjà beaucoup que quand ils travaillent peu !

Par exemple, si vous travaillez 2 fois plus, vous ne serez pas seulement payé 2 fois plus mais plus de 2 fois plus. Or, en utilisant cette méthodologie, l’INSEE fait implicitement l’hypothèse que vous ne serez payé que 2 fois plus.

Le rôle de ce phénomène dans l’écart salarial hommes-femmes est pourtant connu dans la littérature scientifique et l’INSEE aurait pu estimer la relation non linéaire entre temps de travail et salaire pour en tenir compte.

Economist Claudia Goldin investigates what causes the gender wage gap, and what doesn’t.

https://www.harvardmagazine.com/2016/05/reassessing-the-gender-wage-gap

C’est même pire que ça, car non seulement le salaire à un instant t est une fonction non linéaire du temps de travail à l’instant t, mais il a été montré que la *croissance* du salaire dépendait (de façon non linéaire) du temps de travail aujourd’hui. jstor.org/stable/10.1086…
 

Or, la méthodologie de l’INSEE ne permet pas non plus de tenir compte de cela, puisqu’elle ne prend en compte (incorrectement comme nous l’avons vu) que l’impact du temps de travail à l’instant t sur le salaire à l’instant t.

Par conséquent, non seulement on ne peut pas supposer que l’écart résiduel de 5,3 % est dû à la discrimination et on a même d’excellentes raisons de penser qu’il se réduirait si on pouvait tenir compte des caractéristiques non observées, mais il est déjà surestimé au départ.

Pour résumer, l’écart salarial entre hommes et femmes n’a sans doute pas grand-chose à voir avec la discrimination par les employeurs, mais s’explique intégralement ou quasi intégralement par les différences de temps de travail, de secteurs et de postes.

Cette réalité peut être le fruit d’un choix personnel, mais résulte sans doute aussi d’une obligation pour un nombre toujours plus grand de femmes, notamment les mères célibataires, mais pas seulement, qui doivent supporter des doubles journées travail/enfants à charge.

L’exemple des conducteurs de bus et de train cité plus haut n’est d’ailleurs pas innocent à cet égard : si les femmes ont une préférence pour un emploi du temps plus flexible, c’est sans doute en partie parce qu’elles ont plus d’obligations en dehors du travail que les hommes !

Surtout, si des inégalités subsistent, c’est que les responsables politiques n’ont toujours pas su conduire les politiques publiques qui doivent permettre aux femmes de rester libres de leurs choix pour concilier vie professionnelle et vie familiale.

Le véritable débat est là, mais comme les associations féministes et les médias reprennent tous en chœur cet élément de langage démagogique du #3Novembre9h22, il n’aura malheureusement pas lieu…

 


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samedi 1 mai 2021

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lundi 4 février 2019

Brève — L'écart de rémunération entre les sexes reflète les décisions de la famille que nous pouvons ou ne voulons pas changer

L’écart de rémunération entre les hommes et les femmes reflète les décisions de la famille que nous pouvons ou ne voulons pas changer.

Les femmes sans enfants qui n’ont jamais été mariées gagnent 117 % des salaires de leurs homologues masculins (contrôlés pour l’éducation, l’âge et les heures travaillées et l’âge). Pourquoi ? Parce que les décisions des femmes jamais mariées sans enfants ressemblent davantage à celles des hommes (par exemple, elles travaillent plus longtemps et n’abandonnent pas leur carrière, c'était déjà vrai au début du XXe siècle...), et les hommes jamais mariés ressemblent davantage à des femmes (carrières dans le domaine des arts, notamment). Le résultat ? Ces femmes gagnent plus que ces hommes.

Les décisions familiales sont la variable cruciale qui explique l’écart salarial. Et la variable familiale la plus importante est la division du travail après la naissance des enfants : la présence d’enfants conduit le père s’investir davantage dans le travail et maman intensifie ses engagements familiaux.

Le changement de la division du travail une fois les enfants arrivés implique-t-il que les mères sacrifient leur carrière à contrecœur ? Pas vraiment. Les sondages auprès des gens dans la vingtaine montrent que les deux sexes préféreraient sacrifier leur salaire pour plus de temps en famille. En fait, les hommes dans la vingtaine sont plus disposés que les femmes à sacrifier la rémunération de leur famille (70 % des hommes ; 63 % des femmes).

Toutefois, les femmes ne gagnent-elles pas moins que les hommes occupant le même emploi ? Oui et non. C’est ainsi que, pour les médecins, le Bureau of Labor Statistics amalgame sous la même rubrique des médecins et des chirurgiens. Le médecin de sexe masculin est plus susceptible d’être le chirurgien, d’exercer en cabinet privé, pendant des heures plus longues et moins prévisibles, et pendant plusieurs années. Alors que les femmes ont plus tendance à être médecins avec des autres moins longues et prévisibles. Lorsque ces variables sont prises en compte, le salaire est exactement le même. Ce qui semble être le même travail (médecin) n’est, dans les faits, pas le même travail.

S’agit-il d’un choix fait par les femmes ou de la discrimination ? Pour Warren Farrell qui a enseigné à la faculté de médecine de l’Université de Californie à San Diego : « j’ai vu mes étudiantes s’intéresser à des spécialités qui comportent des heures de service moindres et prévisibles (dermatologie, psychiatrie). Inversement, elles évitaient les spécialités avec beaucoup de contact avec le sang et la mort, telles que la chirurgie. »

Source

Voir aussi

« Les femmes en couple qui travaille à temps partiel ont un niveau élevé de satisfaction à l'emploi, un faible désir de changer les horaires de travail et vivent dans des couples où la production des ménages est très sexiste... et vivent en partenariat où la production du ménage est très sexuée... les résultats suggèrent que les emplois à temps partiel sont ce que veulent la plupart des femmes néerlandaises. » (Source)

« Pour Ellen de Bruin, auteur du succès de librairie Ces Hollandaises qui ne ne dépriment pas... Comment font-elles ? (Un clin d’œil au Ces Françaises qui ne grossissent pas... : Comment font-elles ? de Mireille Guiliano) la Néerlandaise typique est naturellement belle, n’est pas esclave de la mode, enfourche son vélo pour faire ses courses, passe beaucoup de temps avec ses enfants et son mari, suit des cours d’art en milieu de semaine, passe avec décontraction l’après-midi à boire du café avec ses amies. Elle aime travailler à temps partiel, gagne moins que son mari, mais ça lui va parfaitement : il paie les factures.

Le livre d’Ellen de Bruin soulignait ensuite que les femmes néerlandaises, comparées aux autres femmes occidentales, se retrouvent constamment au bas des palmarès qui classent les pays en fonction du taux de femmes qui occupent des postes supérieurs dans les entreprises et l’administration, mais qu’elles sont systématiquement classées en haut de ces listes sur le plan du bonheur et du bien-être. En fait, presque tout le monde aux Pays-Bas semble content du statu quo. En 2009, les Pays-Bas arrivaient en tête de tous les pays de l’OCDE pour ce qui est du bien-être global...» (plus de détails)



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