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mercredi 15 juillet 2026

« Les Gaulois n’étaient pas des Blancs ! », affirme Houria Bouteldja

L’affirmation selon laquelle les Gaulois ne seraient pas « blancs » parce qu’ils ne se seraient jamais eux-mêmes définis ainsi revient régulièrement dans certains discours décoloniaux. Houria Bouteldja, militante décoloniale, défend dans la vidéo ci-dessous une lecture selon laquelle la catégorie de « Blanc » serait une construction moderne essentiellement liée à l’histoire coloniale européenne et qu’il serait donc anachronique de projeter cette identité sur les populations européennes anciennes.

Sur un point précis, cette affirmation est juste : les Gaulois ne se considéraient pas comme des « Blancs » au sens contemporain. La catégorie raciale moderne de « Blanc », opposée à d’autres catégories comme « Noir » ou « Jaune », n’existait pas dans l’Antiquité.

Mais cette observation, ne permet pas de conclure que les différences physiques entre populations anciennes étaient ignorées, ni que l’identité européenne des populations gauloises serait une invention récente. Le raisonnement repose sur une confusion : il assimile l’absence de catégories raciales modernes à l’absence de toute perception des différences humaines.

Or l’histoire montre exactement l’inverse.

Les Anciens observaient et décrivaient les différences physiques entre peuples

Les Grecs et les Romains ne possédaient pas une théorie raciale comparable à celles qui apparaîtront plusieurs siècles plus tard. Ils n’avaient pas élaboré une classification mondiale des êtres humains fondée sur des races biologiques fixes.

Cependant, ils observaient parfaitement les différences entre populations.

Diodore de Sicile décrit les Gaulois comme des hommes de grande taille, à la peau claire et aux cheveux souvent blonds. Il rapporte également que certains Gaulois éclaircissaient leurs cheveux avec de la chaux afin d’accentuer cette apparence. Ce détail est particulièrement révélateur : l’apparence physique constituait déjà un élément de représentation collective.

Jules César, dans La Guerre des Gaules, insiste sur la stature, la force physique et l’apparence guerrière des Gaulois. Strabon et d’autres auteurs grecs ou romains décrivent également les populations celtiques comme distinctes des peuples méditerranéens.  « Aux yeux de la plupart des Gaulois, notre petite taille, à côté de leur haute stature, est un objet de mépris. » [« plerumque Gallis hominibus nostrae statutis, prae magnitudine corporum suorum, brevitas contemptui sit »] (La Guerre des Gaules, Livre II, XXX).

Ces descriptions ne signifient pas que les Romains avaient une vision raciale moderne. Elles montrent simplement une réalité universelle : les sociétés humaines remarquent les différences physiques, culturelles et linguistiques entre groupes.

Chez les Grecs, Homère (VIIIe s. av. J.-C.) fut le premier à employer le terme Aithiops (Αἰθίοψ, « visage brûlé ») pour désigner les Éthiopiens, qu’il place aux extrémités du monde (Iliade I, 423 ; Odyssée I, 23) ; l’étymologie implique déjà une peau sombre due au soleil ou à la nature. Hérodote (Ve s. av. J.-C.) décrit dans Histoires (III, 20 et 114) les Éthiopiens comme « les plus grands et les plus beaux des hommes », à la peau très noire, aux cheveux crépus, et loue leur force et leur longévité.  Diodore de Sicile (historien grec du Ier s. av. J.-C.) en dresse un portait moins flatteur : «  Presque tous et entre autres ceux qui sont nés le long du fleuve ont la peau noire, le nez camus et les cheveux crépus. Ils paraissent très sauvages très féroces et le sont pourtant beaucoup moins par tempérament que par volonté et par affectation. Ils sont fort secs et fort brûlés, leurs ongles sont toujours longs comme ceux des animaux, ils ne connaissent point l'humanité, ils ne poussent qu'un son de voix aigu.»

L’idée selon laquelle les Anciens auraient vécu dans un monde où la couleur de peau et l’apparence n’auraient jamais compté est donc — comment dire ? — historiquement fragile.

La race moderne est une construction récente, mais les différences humaines ne le sont pas

Il faut distinguer deux phénomènes souvent confondus.

D’un côté, les classifications raciales modernes — Blanc, Noir, Jaune, Caucasien, etc. — se développent surtout entre le XVIIIe et le XIXe siècle, avec des auteurs comme Carl von Linné ou Johann Friedrich Blumenbach. Cela fait partie du scientisme des Lumières. Ces catégories prétendaient établir des divisions biologiques globales entre groupes humains et furent ensuite utilisées dans différents projets politiques, notamment coloniaux.

De l’autre côté, les distinctions entre peuples, les identités collectives et les perceptions physiques existent depuis l’Antiquité.

Les Grecs opposaient les Hellènes aux « barbares ». Les Romains distinguaient les citoyens romains des peuples extérieurs à leur ordre politique. Les Chinois anciens décrivaient également les peuples voisins selon leurs propres catégories culturelles et physiques.

Partout, on retrouve une logique similaire : la distinction entre « nous » et « eux ».

L’ethnocentrisme n’est donc pas une invention occidentale moderne. Il est une tendance humaine ancienne, présente dans de nombreuses civilisations.

Les données archéogénétiques confirment l’ancrage européen des populations gauloises

Les découvertes récentes en génétique ancienne apportent également des éléments importants.

Les analyses réalisées sur plusieurs sites funéraires de l’âge du Fer en Gaule, notamment dans les ensembles associés à la culture de La Tène, montrent que les populations gauloises s’inscrivent dans la continuité des grandes transformations démographiques européennes de l’âge du Bronze.

Les études menées sur des sites comme Urville-Nacqueville ou Gurgy indiquent une présence importante d’ascendances liées aux populations européennes de la steppe, ainsi qu’une forte représentation des lignées paternelles R1b, notamment le sous-clade U152, fréquemment associé à l’Europe occidentale.

Ces données confirment une réalité historique simple : les Gaulois étaient une population européenne ancienne, issue des mêmes grands ensembles démographiques qui ont contribué à former les populations d’Europe occidentale actuelles, ce que le profane appellerait les populations « blanches ».

Le piège de l’anachronisme : nier une réalité parce que le vocabulaire est moderne

L’erreur fondamentale de certaines lectures décoloniales consiste à transformer une remarque linguistique en conclusion historique.

Dire qu’un Gaulois ne se définissait pas comme « Blanc » est exact.

Mais dire qu’il n’existait aucune continuité entre les populations européennes anciennes et l’identité européenne moderne est une autre affirmation, beaucoup plus difficile à défendre.

Les concepts changent avec le temps. Les Français du Moyen Âge ne se définissaient pas comme « citoyens français » au sens républicain moderne, mais cela ne signifie pas que la France médiévale n’existait pas.

De même, l’absence du mot « Blanc » dans l’Antiquité ne signifie pas l’absence de populations européennes, ni l’absence de perception des différences physiques.

S'ouvrir au monde musulman

Cette question « raciale » dépasse largement l’Europe. Elle concerne aussi l’histoire des sociétés musulmanes, africaines et asiatiques.

L’un des problèmes de certains récits contemporains est de présenter le racisme ou les préjugés d’origine comme une spécificité presque exclusive de l’Europe moderne.

Or l’histoire montre une réalité plus complexe.

La traite transsaharienne, qui s’est développée pendant de nombreux siècles, impliquait des acteurs multiples — arabes, berbères, africains et autres — et concernait notamment des populations subsahariennes. Certaines personnes réduites en esclavage étaient déjà musulmanes.

Cette situation créait une contradiction avec le principe religieux interdisant théoriquement l’asservissement de musulmans libres. Dans certains contextes, des justifications furent alors mobilisées : populations subsahariennes décrites comme insuffisamment islamisées, hérétiques, extérieures à la véritable communauté des croyants, ou culturellement inférieures.

La figure du « mauvais musulman » pouvait ainsi devenir un moyen de contourner une interdiction religieuse tout en maintenant des pratiques économiques et politiques existantes.

Comme dans d’autres sociétés historiques, les principes universels pouvaient entrer en contradiction avec les intérêts des puissants ou les préjugés du commun.

Le colorisme et les hiérarchies internes aux sociétés musulmanes

Les sociétés musulmanes historiques n’étaient pas fondées sur les classifications raciales modernes européennes. Il serait donc anachronique de leur appliquer directement les catégories du XIXe siècle.

Cependant, cela ne signifie pas qu’elles étaient exemptes de préjugés liés à l’origine ou à la couleur.

Dans plusieurs régions du monde islamique, des populations noires ont été associées à des représentations négatives. Le terme « Zanj », utilisé dans certaines sources médiévales pour désigner des populations africaines orientales, apparaît parfois dans des contextes marqués par des stéréotypes.

Des formes de colorisme ont également existé : dans certains milieux, les peaux plus claires pouvaient être davantage valorisées socialement.

La conversion religieuse ne suffisait donc pas toujours à effacer les différences de statut ou d’origine.

Les dynasties musulmanes : persistance des hiérarchies « des populations »

Dans l’Empire ottoman, par exemple, les mères des sultans provenaient majoritairement de populations européennes ou caucasiennes intégrées au système du harem impérial : Grecques, Slaves des Balkans, Circassiennes, Géorgiennes ou autres populations du Caucase. Les sultans ottomans avaient donc généralement une apparence proche des populations européennes ou caucasiennes de leur époque.

La présence de femmes d’origine subsaharienne dans les harems ottomans a bien existé, notamment à travers les réseaux de traite d’esclaves africains, mais elle ne constituait pas la source d’ascendance maternelle des souverains ottomans. Pour les 36 sultans ottomans, on ne connaît aucune mère de sultan clairement identifiée comme subsaharienne noire dans l’historiographie dominante.

Le mouvement N’Ko et la recherche d’une autonomie culturelle africaine

Ces questions permettent également de comprendre certaines réactions intellectuelles venues d’Afrique de l’Ouest, notamment autour du mouvement N’Ko.

Ce courant, fondé au XXe siècle par Souleymane Kanté, cherche à valoriser une identité culturelle mandingue et à promouvoir une écriture adaptée aux langues africaines. Le choix d’un alphabet propre plutôt que l’utilisation exclusive de l’alphabet arabe peut être compris comme une volonté d’autonomie culturelle.

Pour certains militants, il s’agissait d'un refus de certaines formes de domination culturelle venues de sociétés arabophones ou arabisées. Les relations entre le Maroc (qui a longtemps dominé le sahel occidental) et les Mandingues ayant été tendues : le Maroc asservissant les populations locales, même après leur islamisation.

L’histoire humaine est plus complexe qu’un récit d'un monde innocent avant la colonisation par l'Europe censément unique inventrice du racisme ou du mépris envers les étrangers.

Déconstruire une idéologie ne doit pas conduire à reconstruire le passé selon une autre idéologie. La vérité historique exige de reconnaître une réalité moins confortable : les sociétés humaines ont toujours observé les différences entre groupes, parfois avec curiosité, parfois avec mépris, parfois avec domination.

vendredi 22 mai 2026

Obésité : les trajectoires divergent entre pays à faibles revenus et pays riches… et la France tire son épingle du jeu

Une vaste étude, publiée le 13 mai 2026 dans la revue « Nature », bouscule l’idée d’une épidémie mondiale uniforme d’obésité.

Depuis plus de trente ans, scientifiques et médias s’accordent à parler d’une « épidémie mondiale d’obésité » et ce, à juste titre : plus de 1 milliard d’individus sont aujourd’hui concernés par ce problème de santé majeur. Une étude publiée le 13 mai 2026 dans la revue Nature nous rappelle néanmoins qu’il existe des disparités très fortes entre les pays, notamment selon les niveaux de richesse. Si l’obésité est en pleine augmentation dans les pays en voie de développement, elle s’est en revanche stabilisée, après une forte hausse, dans la plupart des pays riches. La France fait, elle, partie des rares pays où la vitesse de progression de l’obésité est restée faible sur les dernières décennies.


Il s’agit de la plus grande étude épidémiologique jamais réalisée sur l’obésité. «Environ 2000 chercheurs dans presque tous les pays du monde ont fourni des données pendant des décennies, concernant plus de 200 millions de personnes », souligne le Pr Majid Ezzati, professeur de santé environnementale à l’imperial College de Londres et auteur principal de l’étude. Pilotée par le réseau international NCD Risk Factor Collaboration (NCD-RISC), l’étude a analysé près de 4000 études, auxquelles s’ajoutent des mesures de taille et de poids sur la période 1980 à 2024. L’indicateur clé retenu par les chercheurs est la vitesse d’évolution de l’obésité, c’està-dire la variation annuelle de la prévalence. Cet indicateur permet de distinguer les pays où l’obésité progresse encore de ceux où elle se stabilise ou recule. Le premier constat est que les trajectoires sont très hétérogènes en fonction des pays. «Les affirmations précédentes évoquant une “épidémie mondiale” d’obésité sont probablement une simplification excessive et masquent l’immense diversité observée entre les pays », indiquent les auteurs.

À l’échelle mondiale, les chiffres sont alarmants. Une personne sur huit était obèse en 2022 et la prévalence a plus que doublé chez les adultes depuis 1990, passant de 6,6 % à 15,8 %, selon l’OMS. Chez les 5-19 ans, elle a même quadruplé. Dans les pays d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord et au Japon, la hausse de l’obésité a ralenti puis s’est stabilisée à partir des années 2000. En France, le bilan est même plutôt positif sur les 45 années analysées. La prévalence de l’obésité est restée globalement stable, autour de 4 % chez les filles et les garçons, et de 11 à 12 % chez les femmes et les hommes. L’étude suggère même un léger recul, notamment chez les adultes.

À l’inverse, dans une grande partie de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique latine et du Pacifique, la prévalence de l’obésité continue d’augmenter. « Non seulement l’obésité ne s’arrête pas dans ces pays, mais elle a déjà dépassé les niveaux atteints dans les pays riches et continue de s’accélérer», observe le Pr Majid Ezzati. Selon les données de L’OMS de 2022, les plus hauts taux d’obésité se retrouvent dans certains États insulaires du Pacifique avec des niveaux vertigineux. Le taux d’obésité adulte dépasse 75 % aux Samoa américaines et atteint plus de 50 % dans des pays comme les Tonga ou les Samoa, suivis par certains pays du Moyen-orient, comme le Koweït autour de 41 % et la Jordanie autour de 39 % chez les adultes. Les États-unis sont, de leur côté, le pays occidental le plus touché, avec 42 % d’adultes obèses.

Les causes sont multiples : urbanisation rapide, recul de l’activité physique, essor des aliments ultratransformés, abandon progressif des régimes traditionnels (plus riches en céréales complètes, légumes et légumineuses). Et faute de politiques de prévention assez fortes, la dynamique devrait se poursuivre. « Il faut tirer les leçons des pays qui ont réussi à freiner la hausse, en déployant des outils comme les taxes sur les produits sucrés ou l’étiquetage nutritionnel », déclare Guha Pradeepa, une coauteur de l’étude et responsable scientifique à la Madras Diabetes Research Foundation, en Inde.

L’étude montre également que des pays comparables en termes de niveau de développement économique peuvent afficher des taux d’obésité très différents. Alors que l’obésité adulte dépasse 25% au Royaume-uni, au Canada et aux États-Unis, elle reste nettement plus basse en Europe de l’ouest. 

Le Québec, bien qu’un peu moins touché que la moyenne canadienne, s’inscrit davantage dans la trajectoire nord-américaine que dans celle observée en France. Les données disponibles suggèrent qu’environ 27 à 28 % des adultes québécois sont obèses, contre près de 30 % pour l’ensemble du Canada, soit des niveaux nettement supérieurs à ceux observés en France (11 à 12 %). Historiquement, la province affiche des taux plus faibles que plusieurs autres régions canadiennes, notamment certaines provinces des Prairies ou de l’Atlantique, mais elle demeure très éloignée du profil français. Cette situation semble illustrer l’influence de facteurs plus larges que le seul niveau de richesse : environnement alimentaire, urbanisme, habitudes culturelles, modes de transport et accès aux aliments frais pourraient jouer un rôle important dans ces écarts.

Ce contraste tient essentiellement à des politiques alimentaires différentes. « Dans les pays comme les États-Unis, il est devenu plus facile de consommer des aliments ultratransformés, et il est plus difficile d’avoir accès à des aliments frais, sains et bon marché », indique le Pr Ezzati. Dans la plupart des pays européens, des produits comme la viande maigre, les légumes frais ou les produits laitiers restent plus accessibles aux classes populaires.

Mais même au sein du Vieux Continent, des écarts importants se dessinent entre les différents pays. La prévalence de l’obésité adulte varie entre 11 et 23 % en Europe de l’ouest, contre 30 à 40 % dans certains pays d’Europe centrale et orientale comme la Roumanie ou la République tchèque. « Le tableau d’ensemble qui se dessine à travers l’Europe est surprenant, tant il est hétérogène d’un pays à l’autre. Ce sont pourtant des pays aux économies relativement similaires, ce qui montre l’ampleur du travail qu’il reste à mener pour comprendre les causes profondes de ces différences », souligne Jennifer Lyn Baker, présidente de l’association européenne pour l’étude de l’obésité, et coauteur de l’étude.

Les écarts observés au sein même de l’Europe occidentale illustrent particulièrement bien la diversité des trajectoires mise en évidence par l’étude. Des pays pourtant comparables par leur niveau de richesse, comme le Royaume-Uni, la Belgique, la Suisse et la France, présentent des profils très différents. Le Royaume-Uni affiche une prévalence de l’obésité adulte dépassant 25 %, proche des niveaux observés au Canada, même si sa progression récente semble ralentir ou atteindre un plateau. La Belgique occupe une position intermédiaire, avec une hausse plus modérée. La Suisse, en revanche, apparaît parmi les pays européens les moins touchés, avec une trajectoire davantage comparable à celle de la France : des niveaux relativement faibles et une progression limitée. Ces contrastes entre pays voisins suggèrent que les différences ne tiennent pas uniquement au niveau de développement économique, mais aussi à des facteurs culturels, alimentaires et politiques plus difficiles à mesurer.

Les chercheurs appellent à ne pas relâcher les efforts. « Il est très encourageant de constater que de nombreux pays parviennent à stabiliser ou à ralentir la progression de l’obésité. Mais certains de ces taux restent encore trop élevés, et la progression chez les enfants et les adolescents dans certains pays constitue un véritable appel à l’action », avertit Jennifer Lyn Baker.

« Ce qui fait réellement la différence, ce sont les décisions politiques. Il faut rendre les bons aliments accessibles à tous, taxer les mauvais, et donner aux enfants la possibilité de bouger», insiste le Pr Ezzati.

Les médicaments de type GLP-1, comme l’Ozempic, pourraient également peser davantage dans la balance dans les années à venir. Pour l’heure, leur impact reste limité : « Les baisses que nous observons dans certains pays ne sont pas le résultat de ces médicaments jusqu’à présent », rappelle le Pr Ezzati.

« Si nous revenons dans cinq à dix ans, nous pourrions voir quelque chose de très différent, anticipe Jennifer Lyn Baker, mais nous ne devons donc pas nous reposer sur nos lauriers. Nous devons continuer à nous concentrer sur la prévention, le traitement et la prise en charge de l’obésité à tous les âges. »

« Ce qui fait réellement la différence, ce sont les décisions politiques. Il faut rendre les bons aliments accessibles à tous, taxer les mauvais, et donner aux enfants la possibilité de bouger » Majid Ezzati professeur de santé environnementale à l’imperial College de Londres.

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samedi 25 avril 2026

Lors de son homélie au Cameroun, le pape Léon XIV a encouragé les jeunes à ne pas émigrer

Laurent Dandrieu réagit au pape Léon XIV qui défend le droit des pays de contrôler leurs frontières : « La question migratoire est moins une obsession pour le pape Léon XIV que pour son prédécesseur ».

L'émission au complet (segment avec Laurent Dandrieu commence vers 1 h 05):


Lors de son homélie au Cameroun, le pape Léon XIV a encouragé les jeunes à NE PAS ÉMIGRER, mais à rester pour contribuer au développement de leur pays.

mardi 7 avril 2026

« Pourquoi ne parle-t-on jamais de la responsabilité des Africains dans l’esclavage des leurs ? »

La résolution votée le 25 mars dernier par l’assemblée générale de l’ONU pour qualifier la traite atlantique et l’esclavage des Africains de « plus grave crime contre l’humanité » omet curieusement la traite arabo-musulmane et, plus encore, la traite intra-africaine. Marie-Claude Mosimann-Barbier revient sur ce dossier, elle est maître de conférences honoraire de l’École normale supérieure de Paris-Saclay, membre du GRER (groupe de recherche sur le racisme et l’eugénisme) de l’université Paris-Cité.

Le 25 mars, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution qualifiant  la traite atlantique et l’esclavage des Africains  de « plus grave crime contre l’humanité ». L’objectif est clair : cette condamnation doit ouvrir la voie à des réparations financières. Les réactions dans la presse ont été nombreuses : une majorité, faisant fi de l’histoire, s’en félicitait, et quelques-uns soulignaient la coutumière invisibilisation de la traite arabo-musulmane , ce « tabou bien gardé » comme la qualifie l’anthropologue algérien et spécialiste de l’Islam Malek Chebel. 

Toutefois, le rôle du  Ghana comme initiateur de la résolution n’a fait réagir personne alors qu’il existe un deuxième tabou encore mieux gardé : le rôle actif dans la traite de plusieurs ethnies africaines, dont les Ashantis, dans l’actuel Ghana. En effet, si les acheteurs [pour ce qui est de la traite atlantique] étaient européens, les vendeurs étaient africains. Les Européens ne s’aventuraient pas à l’intérieur des terres mais achetaient les esclaves à des partenaires africains. D’une part, l’insalubrité des zones intérieures avait découragé les quelques Portugais qui s’y étaient aventurés et, d’autre part, depuis les débuts, au VIIe siècle, de la traite transsaharienne, des Africains vendaient des esclaves aux Arabo-musulmans. Lorsque le commerce triangulaire se mit en place, des vendeurs existaient déjà mais, avec une demande européenne croissante, de nombreuses ethnies africaines s’impliquèrent activement dans la traite atlantique.


Ceci s’inscrit dans une dimension historique peu connue qui est la longue existence de l’esclavage en Afrique. C’est Olivier Pétré-Grenouilleau qui, le premier, le porta à la connaissance du grand public, dans son remarquable livre Les Traites négrières. Essai d’histoire globale, lequel suscita un torrent d’indignations et d’attaques à sa sortie en 2004. Il expliquait que, bien avant l’arrivée des Européens et le développement de la traite atlantique, l’esclavage interne était une réalité structurelle dans la plupart des sociétés africaines ; c’était une institution intégrée aux structures économiques, sociales et politiques locales. 

Dans les nombreuses guerres intertribales, le vainqueur avait le droit d’asservir les vaincus et, par ailleurs, dans la mesure où la prison n’existait pas, des individus pouvaient être réduits en esclavage à la suite de dettes ou de comportements tribaux répréhensibles. Selon Pétré-Grenouilleau, l’esclavage interne concernait une part importante de la population en Afrique de l’Ouest, où jusqu’à 60 % des individus pouvaient être en situation d’esclavage ou de dépendance à la fin du XIXe siècle. On peut considérer que l’existence de cet esclavage interne a facilité la traite transatlantique, dans la mesure où les Européens ont pu s’appuyer sur des réseaux et des pratiques locales pour se procurer des captifs. Plusieurs rois ou chefs africains ont donc joué un rôle actif dans la fourniture d’esclaves aux négriers européens.

Renforcer le pouvoir économique et politique des élites africaines

C’est le royaume du Dahomey (actuel Bénin) qui est considéré comme le plus impliqué dans la vente d’esclaves aux Européens, notamment via le port de Ouidah. Les rois du Dahomey ont institutionnalisé la traite et mené des razzias pour capturer des esclaves dans les régions voisines. Dans son livre L’Esclavage, l’histoire à l’endroit, Bernard Lugan écrit que le roi Tegbessou «vendait chaque année 9000 esclaves aux négriers européens et il en retirait des revenus supérieurs à ceux de Liverpool ou de Nantes, et quatre à cinq fois plus élevés que ceux des plus riches propriétaires terriens d’Angleterre ».

Dans le niveau d’implication, le Dahomey est suivi de près par le royaume Ashanti, qui correspond à peu près à l’actuel Ghana, dont le ministre des Affaires étrangères réclame réparation ! Ce puissant royaume a livré un grand nombre de captifs, issus de guerres ou de razzias, aux négriers européens sur la Côte de l’Or. Plusieurs cités-États yoruba (actuel Nigeria), comme Oyo, ont participé activement à la traite, vendant des prisonniers de guerre ou des Africains razziés. Le Royaume du Kongo avec, en particulier, son roi Alphonse Ier , ou encore la reine Njinga en Angola, ont fourni de nombreux esclaves aux Portugais, entraînant le développement des ports de Luanda et Loango. Des marchands et chefs igbo (Nigeria) ont vendu des esclaves via le port de Calabar, autre grand point de départ de la traite atlantique. Les chefferies douala (Cameroun) ont organisé des razzias et vendu leurs captifs, de même que les souverains des royaumes de la côte sénégambienne, comme le roi Amony.

On peut dire que les élites de l’Afrique de l’Ouest ont utilisé la traite pour renforcer leur pouvoir économique et politique, en échangeant des esclaves contre des armes, des tissus, de l’alcool et d’autres biens européens. Si cette participation africaine à la traite atlantique était une réponse à la demande européenne, elle a aussi été une stratégie locale de pouvoir et d’enrichissement. De ce fait, la demande du Ghana paraît un peu surréaliste : comment le vendeur peut-il s’exonérer de toute responsabilité dans la traite pour accabler le seul acheteur ?

La situation était au départ la même dans l’est de l’Afrique, côté océan Indien. Pour avoir beaucoup travaillé sur les explorateurs britanniques chargés, à partir de 1850, par la Société royale de géographie de cartographier cet intérieur encore inconnu, de trouver les grands lacs et accessoirement de trouver les sources du Nil, j’ai pu observer la même démarche de départ. Jusque dans les années 1830, les traitants arabo-musulmans et leurs agents côtiers swahilis s’approvisionnaient en esclaves auprès de tribus alliées : en particulier les Yao au sud et les Nyamwezi à l’est du lac Tanganyika. La situation allait par la suite changer et voir une recrudescence meurtrière de la traite arabo-musulmane.


Un «génocide voilé»

En effet, à compter de 1830, la demande en ivoire augmentant fortement et les plantations de  Zanzibar se développant, les besoins en esclaves augmentèrent et les Arabo-musulmans décidèrent de prendre les choses en main : ils ouvrirent des voies d’accès vers les grands lacs et mirent en place une logistique de stations-relais pour les caravanes où entreposer ivoire et esclaves (l’or blanc et l’or noir) avant de les conduire à la côte. 

Les explorateurs successifs croisent de longues files d’Africains enchaînés, tués s’ils ne pouvaient plus avancer, marchant pendant des semaines pour être acheminés vers Zanzibar, Kilwa et Mombasa, avant que les survivants ne soient transportés vers les marchés du Moyen-Orient, de l’Inde et de l’océan Indien. Pour faciliter la capture, les traitants mettaient le feu au village sur trois côtés et se saisissaient ainsi aisément de ceux qui tentaient de s’échapper. Livingstone, quand il atteint le lac Nyassa, (l’actuel lac Malawi) découvre, atterré, que le lac est traversé en permanence par des dhows, boutres chargés d’esclaves, et que de nombreux cadavres flottent au fil de l’eau. Dans les vingt années entre 1855 et 1875, des régions entières se trouvèrent vidées de leurs habitants.

L’explorateur Verney Cameron, envoyé au secours de Livingstone, alertait le gouvernement britannique par ces mots : Traverser les ruines de tant de villages abandonnés, qui abritaient autrefois des gens heureux, était d’une tristesse indescriptible. Où étaient passés ceux qui les avaient construits et avaient cultivé les champs environnants ? Où ? Emmenés comme esclaves, massacrés par des scélérats [...], ou morts de faim et de maladie dans la jungle.  L’Afrique se vide de son sang par tous ses pores. Ce pays riche […] voit sa population […] décimée jour après jour par la traite et les guerres fratricides (ma traduction). Précisons ici que les sociétés de l’Afrique précoloniale n’avaient rien de rousseauistes mais que les guerres intertribales étaient récurrentes.

L’anthropologue franco-sénégalais Tidiane N’Diaye n’hésite pas à parler de « génocide voilé » pour désigner les horreurs de la traite arabo-musulmane. Comment expliquer, malgré des faits historiques indéniables, ce refus de la prendre en considération ? D’abord peut-être parce qu’elle n’est pas l’œuvre d’États identifiables auxquels on peut demander des réparations (à l’exception d’Oman qui a colonisé Zanzibar - et la côte swahilie - et a asservi toute la population de l’île) ; ensuite, parce qu’un grand nombre d’esclaves mâles étaient castrés, au prix d’ailleurs d’une mortalité effrayante, et ne pouvaient donc pas se reproduire ; enfin parce que ces esclaves étaient répartis dans de nombreuses régions : Égypte, Arabie, Moyen-Orient et jusque dans les sultanats indiens, ce qui n’a pas permis la formation d’entités demandant réparation.

Comment conclure ? D’abord qu’il serait souhaitable que les Africains reconnaissent avoir joué un rôle central dans les deux traites, comme pourvoyeurs, intermédiaires ou organisateurs, et que ce sujet cesse d’être tabou ou marginalisé dans les récits historiques. Par exemple, contrairement à Pétré-Grenouilleau, les auteurs du bel ouvrage collectif récent, Les Mondes de l’esclavage. Une histoire comparée (Seuil, 2021), évoquent la participation active des Africains mais sans s’y attarder. Comme le titre l’implique, ils se concentrent davantage sur une histoire comparée des systèmes esclavagistes que sur les mécanismes internes africains. De toute façon, il reste malséant de remettre en cause les récits victimaires dominants.

On ne peut que déplorer en outre qu’en ces temps de violence, l’ONU ne se consacre pas avant tout à remplir sa fonction première, à savoir éviter les conflits majeurs et favoriser la coopération entre pays, plutôt que de passer du temps à hiérarchiser les crimes passés. Peut-être faudrait-il aussi que les membres de l’ONU, ainsi que bon nombre de politiques, quittent leur bulle idéologique et se plongent dans une étude approfondie de l’histoire.

Voir aussi

« On a tenté d'édulcorer la responsabilité de l'Islam dans les régimes autoritaires [et l'esclavage] du monde musulman »

 « Et si l’on demandait réparation à Alger pour les milliers de Français qui y furent réduits en esclavage ? » 

« Tradition franque » d’hommes libres contre esclavage traditionnel méditerranéen y compris européen

Radio-Canada nous « éduque » : « plus de 800 mille-z esclaves en sol canadien » en 1834

« La traite arabo-musulmane est volontairement occultée dans les mémoires de l’esclavage » 


Un million d’esclaves européens chez les Barbaresques 

Le génocide voilé (traite négrière musulmane)  

Histoire — la traite esclavagiste a-t-elle permis le décollage économique de l’Occident ?

 
Manuel d’histoire québécois approuvé par le Ministère (1) — chrétiens intolérants, Saint-Louis précurseur des nazis, pas de critique de l’islam tolérant pour sa part

 Complément au nouveau cours d'histoire du Québec (extrait de « Génocide voilé »)

vendredi 27 mars 2026

L’Angola, pays lusophone, fait le pari du français obligatoire dès l’école primaire

Le gouvernement angolais introduit le français comme langue étrangère obligatoire dès 10 ans

Une réforme adoptée en juin 2025 rend l’enseignement du français obligatoire dans les écoles angolaises, marquant un tournant stratégique pour ce géant lusophone d’Afrique.


Depuis juin 2025, le gouvernement angolais a décidé d’introduire le français comme langue étrangère obligatoire dès le troisième cycle du primaire, soit à partir de 10 ans, comme le rapporte Le Monde. Jusqu’à présent, elle n’était qu’optionnelle, surtout cantonnée aux couloirs du secondaire et réservée à une minorité d’élèves. Désormais, le français s’apprend dès l’enfance dans ce pays lusophone de 39 millions d’habitants, appelé à en compter 75 millions d’ici à 2050.

Selon Ilyes Zouari, chercheur et président du Cercle d’études et de réflexion sur le monde francophone interrogé par Le Monde, l’objectif de cette réforme est de renforcer économiquement le pays en tissant des liens plus forts avec le Congo et la République démocratique du Congo (RDC) où le français est majoritaire. Il note également que l’enseignement du français dans les écoles primaires permettrait une consolidation de l’Angola sur le plan diplomatique. Le président Joao Lourenço joue notamment un rôle de médiateur dans le conflit qui déchire l’est de la RDC, et s’est récemment illustré en obtenant la libération de l’ex-président gabonais Ali Bongo en mai 2025.

Ses propos rejoignent ceux du rapport La langue française dans le monde, paru le 16 mars dernier, de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). «Dans la lusophonie africaine, le français est une langue étrangère enseignée à l’école [...] à cause de la proximité géographique avec des pays francophones», analyse-t-il. «Il n’est pas une langue à usage social, mais peut représenter un capital linguistique stratégique pour les élites ou dans les contextes diplomatiques». La mise en place en Angola de cette réforme sera progressive. Testée dans plusieurs établissements à la rentrée scolaire 2024, elle sera étendue à tout le territoire à partir de la rentrée 2028.

Une francophonie géopolitique

Ce choix angolais s’inscrit dans une tendance de fond. Selon l’OIF, 65 % des francophones vivent aujourd’hui sur le continent africain, et le français pourrait être parlé par 590 millions de personnes d’ici à 2050. Sur le plan économique, les 22 pays d’Afrique subsaharienne francophone affichent une croissance annuelle de 4,1 %, soit le double du reste de la région. Par ailleurs, cette réforme intervient dans un contexte de rapprochement entre Paris et Luanda. Si TotalEnergies demeure le premier opérateur pétrolier du pays depuis 1953, la relation bilatérale s’étend désormais bien au-delà des hydrocarbures.

Lors de la visite d’Emmanuel Macron à Luanda en mars 2023, les deux pays ont scellé un partenariat agricole et agroalimentaire, et également prévu le lancement d’Angeo-1, premier satellite de l’histoire angolaise, dont la construction a été confiée à Airbus. Langue d’enseignement sous la colonisation puis dans les premières années suivant l’indépendance (1975), le français avait progressivement disparu des programmes à partir des années 1980.

Il avait néanmoins survécu, de façon informelle, le long de la frontière avec la RDC, portée par le retour des réfugiés angolais au terme de la guerre civile (1975-2002). En 2022, l’Angola avait été admis comme membre observateur de l’OIF lors du Sommet de Djerba, premier pas vers une intégration plus profonde dans l’espace francophone. Dans son rapport, l’OIF marque comme «actions notables» que l’Angola «développe une politique linguistique active, valorise le français parmi ses diplomates et multiplie les partenariats éducatifs». Les défis pour l’avenir du pays en la matière ? L’OIF note un «manque de professeurs qualifiés» et un «besoin d’augmenter les filières universitaires en français».

vendredi 20 février 2026

Québec — Quand les permis d'études deviennent des passeports pour le crime organisé

Derrière les façades d'étudiants internationaux légitimes se cache un réseau criminel organisé qui exploite les failles du système d'immigration canadien. Une enquête approfondie de Radio-Canada révèle comment plus de 200 membres d'une organisation criminelle africaine utilisent de faux permis d'études pour s'établir au Québec et développer des activités illicites d'une ampleur inquiétante.

Cette infiltration méthodique soulève des questions cruciales sur la vulnérabilité de nos institutions d'enseignement supérieur et sur l'efficacité des mécanismes de contrôle censés protéger l'intégrité du système éducatif canadien.

Le permis d'études comme porte d'entrée

Le stratagème est aussi simple qu'efficace. Des criminels, principalement originaires de Côte d'Ivoire et du Bénin, obtiennent des permis d'études pour des universités québécoises situées en région. L'Université du Québec à Trois-Rivières, celle de Chicoutimi et celle de l'Outaouais figurent parmi les établissements ciblés. Ces individus, généralement âgés entre 20 et 30 ans, n'ont aucune intention de poursuivre des études.

Selon Karine Caron, analyste de renseignement à l'Agence des services frontaliers du Canada interrogée par Radio-Canada, ces fraudeurs ne mettent jamais les pieds dans les établissements pour lesquels ils ont obtenu leur visa. « Ils étaient membres d'une organisation criminelle outre-mer et ont profité du permis d'études pour pouvoir entrer au Canada », explique-t-elle.

Cette faille du système est d'autant plus préoccupante qu'Immigration Canada reconnaît l'absence de processus de vérification automatique des présences auprès des étudiants étrangers. La responsabilité incombe directement aux établissements d'enseignement, qui peuvent prévenir les autorités fédérales, mais cette délégation crée manifestement des angles morts exploités par les réseaux criminels.

Cri du cœur d'une immigrante ivoirienne installée au Nouveau-Brunswick. « Les Africains de manière générale au Canada vous foutez la honte. » Les conséquences pour les nouveaux arrivants honnêtes sont immédiates : ils subissent désormais une méfiance généralisée en entreprise et dans la vie quotidienne à cause des agissements de réseaux criminels issus de leur propre communauté.

Un réseau tentaculaire et professionnel

dimanche 1 février 2026

« On a tenté d'édulcorer la responsabilité de l'Islam dans les régimes autoritaires [et l'esclavage] du monde musulman »

Dans L’Islam contre la modernité, Ferghane Azihari fait une critique sans concession de la religion musulmane et de l’asservissement systématique des peuples qu’elle conquiert. Il raille dès l’introduction les « indigénistes revanchards et les tiers-mondistes pénitents » qui, fustigeant l’Occident, idéalisent les sociétés musulmanes et empêchent ainsi tout débat objectif.

Il commence par rappeler comment l’Islam a transformé le berceau de la civilisation en tombeau : fossoyeuse de nombreux peuples et cultures, cette religion a en effet purement et simplement éradiqué l’Afrique romaine et ses racines grecques, les foyers bouddhistes qui fleurissaient en Afghanistan et une grande partie du monde byzantin. Ces régions avaient pourtant atteint un niveau de développement élevé avant l’irruption des adorateurs belliqueux de Mahomet. Leur état actuel montre à quel point leur islamisation a été nuisible, les maintenant dans un dramatique obscurantisme. « Leurs regards furent si captifs de La Mecque qu’ils ignorèrent le patrimoine gisant sous leurs pieds, laissant aux infidèles la charge de l’exhumer, à l’image des hiéroglyphes qui ont attendu l’arrivée du Français François Champollion pour être déchiffrés au XIXe siècle » se désole l’auteur. Dans des lignes inspirées, poétiques, il imagine ce que seraient ces régions si elles n’avaient pas été asservies, étouffées sous le joug de l’Islam.

Il consacre la deuxième partie de son essai à détruire la fable de l’islam des Lumières, aussi illusoire qu’un « stalinisme à visage humain ». Loin du mythe du dialogue interculturel et de la légende de la transmission, les Arabes musulmans ont selon lui plutôt fait preuve d’un sectarisme persistant. Il explique que l’’éclat de l’islam ancien réside paradoxalement dans sa faiblesse car l’épanouissement des sciences et des arts durant les premiers califats est surtout dû aux contributions des non musulmans. Alors qu’au Moyen-Age un certain nombre de clercs chrétiens apprenaient l’arabe pour étudier le Coran, les musulmans refusaient de se pencher sur les langues étrangères. Le fameux philosophe Averroès n’a ainsi jamais pu mettre la main sur La Politique d’Aristote car elle n’avait jamais été traduite en arabe… L’auteur fait également un sort à l’idée, affirmée en 2020 par Emmanuel Macron, que l’Islam est « actuellement en crise », ce qui supposerait qu’il ait précédemment rayonné et engendré de la prospérité. S’il admet que l’histoire musulmane n’est pas que belliqueuse et recèle des foyers d’esprits remarquables, il note qu’un grand nombre de ces extraordinaires savants ont joui d’une plus grande postérité en dehors des frontières de l’Islam que dans leur propre communauté. C’est le cas d’Averroès, du chirurgien Abu Al-Qasim ou du médecin Ibn An-Nafis, à qui l’on doit la découverte de la circulation sanguine. Il avance notamment l’hypothèse, étayée par l’islamologue Charles Pellat, que la science et l’enseignement dans le monde musulman ont pâti de la création des madrasas, écoles étroitement contrôlées par le pouvoir religieux. Plus généralement, l’idée que toute vérité figure dans le Coran et que son message est indépassable, l’impossibilité de le critiquer, étouffent fatalement la réflexion et le débat nécessaires au progrès intellectuel et social.

Il évoque ensuite l’indignation sélective qui conduit à condamner le colonialisme occidental tout en minimisant l’expansion de l’islam par la guerre et son recours systématique à l’esclavage. Il critique avec brio la théorie du bon sauvage qui excuserait les vices de l’islam par un degré de développement inférieur. L’histoire de l’Europe montre que le progrès des libertés individuelles n’est pas forcément conditionné par l’accroissement des richesses. Par ailleurs, l’islam s’est développé dans des régions d’un raffinement moral inégalé à l’époque (l’Orient pré-islamique, l’empire romain) [Orient romain plus riche que l'Occident avant la conquête musulmane], ce qui ne l’empêche pas de se montrer barbare.

Dans un chapitre sur les causes du retard des sociétés musulmanes sur le monde occidental, retard constaté et déploré par les penseurs musulmans eux-mêmes, Ferghane Azihari signale que, de toutes les doctrines étrangères qui influencent la politique moderne, seules les plus nuisibles échappent à leur sectarisme. Le marxisme et sa lutte des classes permet alors à l’Orient islamisé de se réfugier dans le camp des opprimés, s’épargnant toute autocritique alors même que celle-ci serait serait la condition nécessaire de sa modernisation. Ce qui n’empêche pas l’Islam de se lancer à l’assaut d’une Europe devenue vulnérable, trop occupée à saper son propre système pour défendre ses institutions, ses écoles et ses universités, ses médias, ses productions…

Pourtant, dans ce courageux essai complété par un riche appareil de notes, Ferghane Azihari, ne se contente pas de peindre un noir tableau de l’Islam. Il est lui-même issu d’une famille musulmane des Comores et garde l’espoir que le monde dont viennent ses ancêtres sorte de l’archaïsme. Il appelle de ses vœux le réveil de l’Orient, sa libération d’une religion oppressive et violente. Il exhorte également les Européens à se montrer vigilants, à se servir de leur longue et prestigieuse tradition orientaliste  pour combattre l’obscurantisme islamiste dont ils ne doivent pas mésestimer le danger. C’est le plus grand défi auquel ils sont confrontés, tant les dommages occasionnés sont malheureusement irréversibles. 

Source : Contrepoints 
 
Voir aussi 
(Émission complète avec Ferghane Azihari et Mathieu Bock-Coté sur CNews : ici à partir de la 29e minute). 
 
 
 

Au moins 75 % des classiques grecs connus aujourd'hui proviennent de copies byzantines

Rémi Brague : Y a-t-il un islam des Lumières ?

La conservation du savoir grec à Constantinople et sa diffusion dans l'Europe romane (avec Extrait relatif à l’enseignement classique conservé sous l'Empire romain d'Orient).

Histoire — « On a trop souvent mythifié el-Andalous »  

Contes, légendes, clichés et réalité de l'Espagne musulmane

La liberté moderne vue par Rémi Brague

Rémi Brague — Sur le « vrai » islam

Rémi Brague sur l’islam, la culture classique et l’Europe

Rémi Brague : « Dans les gènes de l’islam, l’intolérance »

Manuel d’histoire (1) — chrétiens intolérants, Saint Louis précurseur des nazis, pas de critique de l’islam tolérant pour sa part

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Meilleur « vivre-ensemble » grâce à la connaissance ? 

Les chrétiens et les juifs dans l’Occident musulman

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France — 59 % des jeunes musulmans souhaitent l'application de la charia, selon un sondage

« La messe n'est pas dite », appel à un sursaut culturel chrétien 

 
 

jeudi 13 novembre 2025

Mali — Suspension des cours dans les écoles et universités pour cause de pénurie d'essence (m à j)


Billet du 27 octobre

Le ministre malien de l’Éducation a annoncé la suspension des cours dans les écoles et universités de tout le pays pour une durée de deux semaines.

Trente-huit mois après le départ des troupes françaises du Mali et l'arrivée au pouvoir d'un junte militaire hostile à la France, la situation se détériore.

Cette mesure intervient alors que des militants djihadistes ont imposé un blocus des importations de carburant à destination de Ouagadougou, provoquant une pénurie d’essence.

« Les cours seront suspendus sur l’ensemble du territoire national du lundi 27 octobre 2025 au dimanche 9 novembre 2025. Les cours reprendront le 10 novembre 2025. 

Cette décision est motivée par des perturbations dans l’approvisionnement en carburant, qui ont affecté les déplacements du personnel scolaire. Afin d’assurer la continuité de l’enseignement et l’achèvement des programmes d’études, des dispositions sont prises pour ajuster les calendriers scolaires et universitaires », a déclaré Amadou Sy Savané, ministre malien de l’Éducation, à la télévision nationale.

Les militants du groupe Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, soutenu par Al-Qaïda, ont annoncé début septembre l’interdiction des importations de carburant en provenance des pays voisins vers le Mali, mettant à mal l’économie fragile du pays enclavé et laissant des centaines de camions-citernes bloqués à la frontière.

Le Mali, tout comme ses voisins le Burkina Faso et le Niger, lutte contre l’insurrection menée par des groupes armés, dont certains sont alliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi que par des rebelles locaux.

Le départ des troupes françaises du Mali s'est achevé le 15 août 2022 après plus de neuf ans d'intervention, suite à la décision d'Emmanuel Macron du 17 février 2022. Ce retrait a été motivé par la dégradation des relations avec la junte malienne au pouvoir.

 

samedi 1 novembre 2025

Trump annonce une possible intervention militaire au Nigeria

Le président américain Donald Trump a exprimé samedi son intention de prendre des mesures militaires si le Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique, ne met pas fin à ce qu’il décrit comme des « meurtres de chrétiens » perpétrés par des « terroristes islamistes ».

Un policier monte la garde à l’intérieur de l’église catholique Saint-François, au lendemain d’une attaque qui a visé des fidèles à Owo, au Nigeria, en 2022.

« Si le gouvernement nigérian continue de tolérer les meurtres de chrétiens, les États-Unis cesseront immédiatement toute aide au Nigeria et pourraient envisager une intervention dans ce pays avec une action décisive pour éliminer complètement les terroristes islamistes responsables de ces actes graves », a déclaré le président américain sur sa plateforme Truth Social.

« Je demande au ministère de la Guerre de se préparer à une éventuelle action », a-t-il ajouté. 

Avertissement : le gouvernement nigérian a intérêt à agir rapidement ! », a-t-il insisté en majuscules.

Vendredi, Donald Trump a placé le Nigeria sur la liste des pays « particulièrement préoccupants » en matière de liberté religieuse, estimant que « le christianisme y est confronté à une menace existentielle ». « Les islamistes radicaux sont responsables de ce massacre de masse », avait-il affirmé dans un message précédent. « Il faut agir lorsque des chrétiens, ou tout autre groupe, sont massacrés comme c’est le cas au Nigeria », a-t-il ajouté.

Samedi, le président nigérian Bola Tinubu a réagi sur X, affirmant que « la caractérisation du Nigeria comme un pays intolérant sur le plan religieux ne reflète pas notre réalité nationale ».

Cette décision de Donald Trump intervient après plusieurs mois de démarches de la part d’élus américains conservateurs, qui estiment que les chrétiens au Nigeria font face à de graves difficultés. Ces préoccupations ont également été relayées par des associations chrétiennes et évangéliques, ainsi que par certains responsables politiques européens.


Contexte sécuritaire au Nigeria

Le Nigeria fait face à de nombreux défis sécuritaires. Dans le nord-est, l’insurrection djihadiste de Boko Haram, active depuis 2009, a causé plus de 40 000 morts et déplacé plus de deux millions de personnes, selon les estimations des Nations unies. 

Bien qu’affaiblis, Boko Haram et son groupe dissident, la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique (ISWAP), restent actifs.

Au centre du pays, des affrontements entre éleveurs peuls, majoritairement musulmans, et agriculteurs, souvent chrétiens, surviennent régulièrement. Ces conflits, souvent perçus comme interreligieux, trouvent principalement leurs origines dans la concurrence pour l’accès aux terres.

Dans le nord-ouest, des bandes criminelles, appelées localement « bandits », sèment la terreur en attaquant des villages, en tuant, en kidnappant pour des rançons et en incendiant des maisons après les avoir pillées.

Mi-octobre, le conseiller pour l’Afrique de Donald Trump, Massad Boulos, basé au Nigeria depuis plusieurs décennies, a indiqué que les djihadistes tuaient « plus de musulmans que de chrétiens ».

Le Nigeria est divisé de manière presque égale entre un nord à majorité musulmane et un sud majoritairement chrétien.

Cette attention particulière portée aux chrétiens nigérians s’inscrit dans la continuité des positions de Donald Trump concernant les Afrikaners, descendants européens établis en Afrique du Sud depuis 1652.

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L’Occident reste indifférent alors que des chrétiens sont massacrés et persécutés dans le monde entier

Le Nigéria a connu en 2023 l’année la plus sanglante en matière d’attaques islamistes contre les chrétiens (8000 chrétiens assassinés)

Nigéria : 38 millions d’habitants en 1950, 190 millions en 2018, 400 millions en 2050 ?

France — Actes antichrétiens : l’assourdissant silence des médias et de la classe politique

Attaque de colons sionistes contre un village chrétien palestinien (Taybeh/Tayibé)

Les communautés chrétiennes en Israël font face à une hostilité croissante, selon un rapport annuel

Le Noël tourmenté des chrétiens d’Orient

Syrie — Au moins 20 morts dans un attentat contre une église grecque-orthodoxe

« Certains Israélites crachent sur les chrétiens qu’ils croisent à Jérusalem », Mgr Gollnisch de l’Œuvre d’Orient

Nouvelle enquête de Reuters sur les massacres d’Alaouites. Les forces syriennes ont massacré 1 500 alaouites. La chaîne de commandement a conduit à Damas.

Révisionnisme — Pour Mélenchon, Saladin a permis aux Occidentaux de construire les cathédrales

 

dimanche 19 octobre 2025

L’Union européenne veut étendre le programme Erasmus aux pays du sud de la Méditerranée

L’Union européenne envisage d’ouvrir son célèbre programme d’échanges universitaires Erasmus+ aux étudiants de ses voisins méridionaux, situés en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. C'est ce que rapporte Politico.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un plan plus large, le « Pacte pour la Méditerranée », destiné à renforcer la présence et l’influence de l’Europe dans la région.

 

Un pacte global : jeunesse, économie et migration

Présenté jeudi à Bruxelles, ce pacte vise à favoriser la mobilité étudiante, stimuler les échanges économiques et mieux gérer les flux migratoires entre les deux rives de la Méditerranée.

La Commission européenne prévoit ainsi de doubler le budget consacré à la région, pour atteindre 42 milliards d’euros sur la prochaine période de programmation.

Les pays partenaires concernés sont : l’Algérie, l’Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, la Libye, le Maroc, la Palestine, la Syrie et la Tunisie.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, a détaillé les trois piliers du pacte — les peuples, l’économie et la sécurité/migration — en soulignant que la Méditerranée devait redevenir une « passerelle entre les continents, pour les personnes, les biens et les idées ».

Une « Université méditerranéenne »

Dubravka Šuica, commissaire européenne en charge du dossier, a annoncé que l’objectif était de « connecter les jeunes » en étendant Erasmus+ et Horizon Europe, tout en encourageant la création de diplômes conjoints entre universités européennes et méditerranéennes.
Elle a évoqué la mise en place d’une « Université méditerranéenne », censée favoriser l’intégration académique et scientifique entre les deux rives.
Parallèlement, l’UE compte faciliter la délivrance de visas, notamment pour les étudiants du Maroc, de la Tunisie et de l’Égypte, et renforcer les « partenariats de talents » avec ces pays.

Une approche migratoire à double tranchant

Šuica a présenté la migration comme « le plus grand défi commun » mais aussi comme une « chance partagée ». Le pacte prévoit un soutien aux efforts de lutte contre les départs illégaux et le trafic de migrants, tout en ouvrant des canaux légaux de migration de travail afin de répondre aux besoins de main-d’œuvre européens.


Analyse critique et enjeux

Cette extension du programme Erasmus+ à la rive sud de la Méditerranée présente des ambitions généreuses, mais soulève plusieurs questions stratégiques et socio-économiques :

  1. Risque de fuite des cerveaux
    L’ouverture du programme pourrait encourager les jeunes diplômés talentueux d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à s’installer durablement en Europe, aggravant la pénurie de compétences dans leurs pays d’origine.

    De nombreux étudiants, une fois formés dans des universités européennes, choisissent en effet d’y rester, attirés par de meilleures conditions de vie et des perspectives professionnelles plus stables.

  2. Redondance institutionnelle
    L’UE présente cette ouverture comme une nouveauté, alors que de nombreux accords bilatéraux ou programmes de parrainage entre universités européennes et méditerranéennes existent déjà (coopérations franco-marocaines, italo-tunisiennes, etc.).

    L’intégration dans Erasmus+ risque donc de dédoubler des dispositifs existants, plutôt que de les coordonner efficacement.

  3. Effet d’attraction migratoire
    En rendant les visas étudiants plus accessibles et en créant des « voies légales de migration », l’UE espère réduire l’immigration irrégulière. Mais l’effet inverse pourrait se produire : plus de jeunes verront dans les études en Europe une porte d’entrée vers l’installation durable, alimentant ainsi un flux migratoire indirect mais croissant.

  4. Asymétrie des bénéfices
    Alors que l’Europe y gagne une image de puissance bienveillante et des talents formés selon ses normes, les pays partenaires risquent d’en tirer peu de retombées locales si leurs diplômés émigrent ou si leurs institutions deviennent dépendantes des partenariats européens.

  5. Un instrument géopolitique
    Enfin, cette initiative vise aussi à contrer l’influence croissante de la Chine et de la Russie dans la région. L’UE cherche à se repositionner comme partenaire privilégié, en mobilisant le pouvoir d'influence universitaire.

    La référence explicite de la commissaire Kaja Kallas à la « concurrence d’autres acteurs géopolitiques » confirme cette dimension stratégique du pacte.


vendredi 17 octobre 2025

États-Unis — le succès des immigrants Africains remet-il en question le racisme comme principal frein

En 1960, moins de 1 % des immigrants américains provenaient du continent africain. En 2020, ce chiffre avait grimpé à 11 %, marquant une transformation profonde de la démographie noire aux États-Unis.Au cours des 30 dernières années, environ 2 millions d’Africains ont immigré aux États-Unis, un chiffre quatre fois supérieur au nombre d’Africains déportés sur le continent nord-américain pendant toute la traite négrière transatlantique.

Aujourd’hui, plus d’un quart de la main-d’œuvre noire est née à l’étranger ou a des parents nés à l’étranger, redéfinissant radicalement ce que signifie être noir en Amérique. Les Africains, qui représentent désormais près de la moitié des immigrants noirs, forment l’un des groupes à la croissance la plus rapide. Les Caribéens et les Latino-Américains noirs contribuent également à cette diversification.Une étude récente de Rong Fu (université Waseda, Japon), Neeraj Kaushal (université Columbia) et Felix Muchomba (université Rutgers) démontre que cette vague d’immigration noire réduit l’écart de revenus entre Noirs et Blancs, stagnant depuis des décennies. 

Les immigrants noirs, souvent mieux éduqués que les Noirs nés aux États-Unis et les autres immigrants, s’installent dans des quartiers plus prospères, à majorité blanche, avec des écoles de qualité. Le succès des immigrants noirs semble promis à s’amplifier. Les fils d’immigrants gagnent davantage que ceux des
Noirs américains, bien qu’en deçà des Blancs. Plus frappant encore, leurs filles surpassent en moyenne les femmes blanches en termes de revenus. « Les Africains noirs sont en passe de devenir la prochaine minorité modèle », affirme Neeraj Kaushal, soulignant leur ambition et leur ténacité.

Ce dynamisme peut toutefois susciter des tensions. Autour d’un plat de bananes plantains frites au gingembre, Yvonne McCowin, consul honoraire du Ghana en Géorgie, confie que certains Africains jugent les Noirs américains insuffisamment combatifs face aux opportunités.De nombreux immigrants, ayant survécu à des conflits dévastateurs, adoptent une approche pragmatique face au racisme en Amérique. 

Olivia Mugenga, avocate rwandaise spécialisée dans les droits humains, dont la mère et les grands-parents ont péri lors du génocide contre les Tutsis, illustre ce point : « Les Noirs américains nous perçoivent parfois comme des ‘serviteurs domestiques’, un terme popularisé par Malcolm X pour désigner ceux qui s’accommodent d’un système oppressif pour réussir. Je ne suis pas une servante domestique ; je n’ai simplement pas le temps de prouver mon humanité aux Blancs. »

Les conservateurs citent souvent les immigrants caribéens et africains comme preuve que les Noirs peuvent prospérer aux États-Unis malgré les préjugés. Colin Powell, fils d’immigrants jamaïcains, l’a résumé ainsi : « J’ai surmonté le racisme. » Pourtant, Camilla Moore, présidente du Georgia Black Republican Council, rejette cette comparaison. « Les Africains et les Noirs américains n’ont rien en commun », déclare-t-elle. « Ils ressemblent davantage aux immigrants chinois ou allemands, dont les familles ont les moyens d’accéder à des institutions comme Harvard. » Elle ironise sur l’idée de discuter des droits civiques avec un Nigérian.

Un coiffeur d’un quartier noir d’Atlanta observe une nouvelle clientèle africaine croissante. Ce qui le frappe, au-delà des tensions, ce sont leurs choix de coupes : les Noirs américains privilégient des « afros bouclées, élégantes », tandis que les Africains optent pour un style sobre, « court et rasé près du cuir chevelu ». Pour lui, cela reflète une différence d’état d’esprit : « Les Africains cherchent avant tout à s’intégrer. »

[Note du carnet : Si l'étude ajuste les écarts de revenus pour l'éducation et analyse les tendances d'installation par État via une simulation, elle ne semble pas inclure d'ajustement explicite pour le coût de la vie. Or les immigrants africains se concentrent dans les villes où les salaires sont certes plus importants que dans les campagnes mais où le coût de la vie est plus haut. L'absence d'ajustement pour le coût de la vie rend la comparaison potentiellement biaisée, en faveur des immigrants urbains. Ces résultats pourraient surestimer le "succès" financier des immigrants noirs en ignorant le coût plus élevé des zones qu'ils choisissent (par exemple : New York) par rapport aux zones rurales du Sud, où vivent plus de natifs noirs américains.]


Source : The Economist

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samedi 11 octobre 2025

L'Occident reste indifférent alors que des chrétiens sont massacrés et persécutés dans le monde entier

L'Occident reste indifférent alors que des chrétiens sont massacrés et persécutés dans le monde entier

Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées au Nigeria depuis 2009, mais ce n'est même pas le pire endroit où être chrétien

Un policier monte la garde à l'intérieur de l'église catholique Saint-François, au lendemain d'une attaque qui a visé des fidèles à Owo, au Nigeria, en 2022.


Depuis le début du siècle, ce « massacre silencieux » aurait fait 62 000 victimes chrétiennes au Nigeria.

En Corée du Nord, les personnes reconnues comme chrétiennes peuvent être tuées sur-le-champ par les forces gouvernementales ou envoyées dans des camps de travail.

Au Pakistan, les lois sur le blasphème entraînent la peine de mort et environ 25 % de toutes les affaires de blasphème concernent des chrétiens, alors qu'ils représentent moins de 2 % de la population.

Pour beaucoup, la persécution des chrétiens évoque les images anciennes des Romains jetant des gens aux lions, mais on assiste à une recrudescence mondiale des massacres et de l'oppression de ceux qui suivent Jésus-Christ.

La tragédie croissante au Nigeria a récemment attiré l'attention, mais dans l'ensemble, l'Occident a ignoré le sort des chrétiens massacrés en masse.


Et pourtant, l'Occident n'est pas à l'abri du fanatisme anti-chrétien. La situation n'est pas aussi grave que dans d'autres parties du monde, mais il existe une intolérance croissante à l'égard des chrétiens en Occident qui, si elle n'est pas maîtrisée, pourrait avoir des effets profonds sur notre société.

Selon Michael Higgins dans le National Post, le Canada a besoin de faire un sérieux examen de conscience lorsque l'incendie de plus de 100 églises chrétiennes passe pratiquement inaperçu et que le musicien et pasteur chrétien Sean Feucht est banni de certaines salles parce que ses « opinions » soulèvent des questions de sécurité.

Cependant, c'est le niveau effroyable de violence et de mort au Nigeria qui a commencé à éveiller les consciences.

Fin septembre, l'humoriste et commentateur Bill Maher a condamné les médias pour ne pas avoir rendu compte de ce qu'il a qualifié de tentative de génocide au Nigeria.

Des personnes en deuil pleurent lors d'un enterrement collectif près de l'église Saint-Sébastien à Negombo, au Sri Lanka, le 24 avril 2019, après que neuf kamikazes ont perpétré plusieurs attentats qui ont tué plus de 350 personnes le dimanche de Pâques.

Des chrétiens coptes de la ville égyptienne de Minya se préparent à enterrer leurs morts le 3 novembre 2018, au lendemain d'une embuscade tendue par des terroristes contre trois bus transportant des pèlerins chrétiens en route vers un monastère isolé dans le désert, qui a fait plusieurs morts et blessés.

« Si vous ne savez pas ce qui se passe au Nigeria, c'est que vos médias sont nuls. Vous vivez dans une bulle », a-t-il déclaré.

« Je ne suis pas chrétien, mais ils tuent systématiquement les chrétiens au Nigeria. Ils en ont tué plus de 100 000 depuis 2009. Ils ont brûlé 18 000 églises.

C'est bien plus qu'une tentative de génocide, contrairement à ce qui se passe à Gaza. Ils essaient littéralement d'exterminer la population chrétienne de tout un pays. Où sont les enfants qui protestent contre cela ? »

Il est difficile d'obtenir un chiffre précis du nombre de personnes assassinées au Nigeria, d'autant plus que de nombreux meurtres ont lieu dans les zones rurales. Ce qui ne fait aucun doute, c'est qu'un massacre à grande échelle des chrétiens est en cours.

Le Comité international sur le Nigeria (ICON), une organisation qui promeut les droits de l'homme et la liberté religieuse dans le pays, a déclaré que 62 000 chrétiens ont été tués entre janvier 2000 et janvier 2020.

L'ICON a qualifié ces événements de « massacre silencieux » en raison du manque d'attention internationale.

Parmi les personnes tuées, 43 000 ont été assassinées par Boko Haram, une organisation terroriste désignée comme telle au Canada et l'un des groupes islamistes les plus meurtriers au monde. Selon l'ICON, 19 000 autres personnes ont été tuées par des extrémistes fulani, un grand groupe ethnique composé principalement de bergers nomades musulmans.

Le tristement célèbre Boko Haram, dont le nom signifie « l'éducation occidentale est interdite » [littéralement les livres [book] interdits [haram]], considère les chrétiens comme des ennemis.

En 2014, Boko Haram a attiré l'attention du monde entier en kidnappant 276 écolières, principalement chrétiennes, dans la ville de Chibok. Plus de dix ans plus tard, 82 d'entre elles sont toujours portées disparues.

Un autre groupe islamiste, l'État islamique en Afrique de l'Ouest, est également responsable de certaines de ces atrocités.

« Ces deux groupes, ainsi que d'autres groupes similaires, ont radicalisé leurs idéologies afin d'instaurer un État régi par la charia », a déclaré Andrew Croft, responsable de la communication et des relations publiques pour Open Doors Canada, un groupe qui soutient les chrétiens persécutés dans le monde entier, dans une interview accordée au National Post.

Cette semaine, le représentant américain Riley Moore a écrit au secrétaire d'État américain Marco Rubio pour demander que le Nigeria soit à nouveau désigné comme « pays particulièrement préoccupant » en raison des meurtres de chrétiens.

Le Nigeria est aujourd'hui « l'endroit le plus meurtrier au monde pour les chrétiens », indique la lettre.

Selon M. Moore, plus de 7 000 chrétiens nigérians ont été tués rien qu'en 2025, soit une moyenne de 35 par jour, et 19 100 églises ont été attaquées ou détruites depuis 2009.

M. Moore estime à 50 000 le nombre de chrétiens tués depuis 2009.

 Au début du mois, Andrew Scheer, ancien chef du Parti conservateur et catholique, s'est levé à la Chambre des communes pour dénoncer la tragédie nigériane.

« Malheureusement, le monde ferme les yeux sur le sort des chrétiens au Nigeria », a-t-il déclaré.

Certaines des fêtes les plus sacrées du calendrier chrétien ont été entachées par des atrocités. Le dimanche des Rameaux de cette année, 56 chrétiens ont été assassinés dans un seul village par des extrémistes fulani.

Par ailleurs, Vatican News a rapporté qu'entre 2015 et 2025, 145 prêtres ont été kidnappés et 11 ont été tués.

Mais malgré toutes les morts, les destructions et les tragédies au Nigeria, ce pays n'occupe que la septième place sur la liste 2025 des pays où les chrétiens sont les plus persécutés, établie par Open Doors. Le numéro 1 est la Corée du Nord.

« En Corée du Nord, il est illégal d'être chrétien. Il est illégal de posséder une Bible. On estime à 60 000 le nombre de chrétiens emprisonnés ou dans des camps de travail en Corée du Nord. Il n'y a aucun moyen d'exprimer ouvertement sa foi en Corée du Nord », a déclaré M. Croft.

Le site web d'Open Doors (OD) met également en garde : « Vous ne serez pas le seul à être puni : les autorités nord-coréennes sont susceptibles de rassembler toute votre famille élargie et de la punir également, même si vos proches ne sont pas chrétiens. »

Les chrétiens de Somalie, qui occupent la deuxième place du classement d'OD, sont pris pour cible par Al-Shabab, un groupe islamiste violent qui souhaite éradiquer le christianisme.

Ceux qui se convertissent au christianisme peuvent être punis par leur propre famille et leur communauté. « Vous pourriez être assigné à résidence, contraint à un mariage forcé, à des rituels islamiques ou même menacé de mort. Ces facteurs font de la Somalie l'un des endroits les plus dangereux au monde pour les chrétiens », selon le site web d'OD.

Le Yémen, en troisième position, est suivi par la Libye, le Soudan, l'Érythrée et le Nigeria.

La lecture des profils de ces pays sur la manière dont ils traitent les chrétiens est sinistre.

Au Soudan, « plus de 100 églises ont été endommagées à ce jour, et des chrétiens ont été enlevés et tués ».

Au Pakistan, « le nombre de filles chrétiennes (et celles issues d'autres religions minoritaires) enlevées, maltraitées et converties de force à l'islam (souvent avec le soutien des tribunaux inférieurs) est en augmentation ».

Les lois pakistanaises sur le blasphème touchent de manière disproportionnée les chrétiens et, bien que la peine de mort soit rarement appliquée, les accusés risquent d'être attaqués ou assassinés par des foules en colère.

L'année dernière, Nazir Masih, âgé de plus de 70 ans, a été attaqué et tué par une foule après avoir été accusé d'avoir brûlé des pages du Coran.

Les quelque 97 millions de chrétiens de Chine sont soumis à de lourdes réglementations gouvernementales.

« Ces dernières années, le gouvernement a cherché de manière agressive à s'assurer que toutes les expressions religieuses soient conformes à la philosophie officielle du Parti communiste chinois », selon Open Doors.

Le groupe International Christian Concern (ICC) tient également à jour un « indice mondial de persécution ».

Il note que les chrétiens en Inde « sont confrontés à des obstacles importants, notamment des structures juridiques qui les limitent économiquement et un système judiciaire qui accorde l'impunité aux radicaux hindous qui les attaquent ».

La raison pour laquelle certains membres de la communauté internationale restent silencieux pourrait être purement économique.

« La communauté internationale ne peut ignorer la détérioration de la liberté religieuse en Inde ou la persécution continue des chrétiens », note l'ICC. « Malgré l'influence économique et géopolitique de l'Inde sur la scène internationale, il est important de tenir ce pays responsable de ses violations des droits humains. »

La liste des pays qui persécutent les chrétiens est longue.

Chaque pays a ses propres raisons et idéologies pour persécuter les chrétiens, mais la montée de l'autoritarisme et la croissance de l'extrémisme islamiste sont deux « moteurs » particuliers de l'oppression.

« La persécution s'intensifie dans le monde entier, tant en termes de propagation que d'intensité. Nous reconnaissons aujourd'hui que plus de 380 millions de chrétiens sont victimes de persécutions et de discriminations sévères en raison de leur foi en Jésus-Christ », a déclaré M. Croft.

Il a ajouté que l'un des principaux objectifs d'Open Doors est de sensibiliser les gens à la persécution qui se déroule actuellement et de les inciter à s'impliquer. « Nous essayons d'attirer l'attention des gens et de les sensibiliser », a-t-il déclaré.

Open Doors mène actuellement une campagne de six ans visant à sensibiliser le public à ce qui se passe au Nigeria et en Afrique subsaharienne. Sa « Liste mondiale de surveillance » a également été présentée au Parlement au cours des dernières années.

L'année dernière, dans un discours prononcé devant les Nations unies, Mgr Paul Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, a fait écho à M. Scheer en déclarant : « Les données montrent que les chrétiens sont le groupe religieux le plus persécuté au monde, et pourtant la communauté internationale semble fermer les yeux sur leur sort. »

Mais il a ensuite soulevé un autre point pertinent pour l'Occident : les gens devraient être libres de pratiquer leur foi sans contrainte.

« La dignité de l'individu et la nature de la quête de la vérité ultime exigent que chacun soit libre de toute contrainte en matière de religion. La société et l'État ne doivent pas forcer quelqu'un à agir contre sa conscience, ni empêcher quiconque d'agir en accord avec celle-ci », a-t-il déclaré.

Et pourtant, il existe de plus en plus de signes de fanatisme anti-chrétien dans la société occidentale qui peuvent empêcher les gens de pratiquer leur foi.

Un rapport publié l'année dernière par le Center for Religious Liberty (Centre pour la liberté religieuse), intitulé « Free to Believe? The Intensifying Intolerance Toward Christians in the West » (Libres de croire ? L'intolérance croissante envers les chrétiens en Occident), affirme que « à mesure que la culture dominante s'éloigne de plus en plus de la vision chrétienne du monde, les croyances chrétiennes qui contredisent les valeurs laïques progressistes sont de plus en plus dénoncées par la culture et présentées à tort comme haineuses ou sectaires ».

Le rapport met ensuite en évidence un certain nombre de cas préoccupants.

Une députée finlandaise, Paivi Rasanen, a été poursuivie pour « agitation ethnique » en raison d'un tweet contenant un verset biblique dans lequel elle exprimait son désaccord avec le parrainage par son église d'un événement Pride, pour avoir discuté de ses croyances dans une émission de radio et pour avoir publié une brochure promouvant une conception biblique du mariage par l'intermédiaire de son église.

Elle a finalement été innocentée par la Haute Cour après quatre ans de bataille juridique.

Une Britannique a été arrêtée et inculpée pour avoir prié en silence dans une zone tampon autour d'un centre d'avortement. Dans le cadre de ses conditions de libération sous caution, il lui a été interdit de prier en public où que ce soit.

Aux États-Unis, certains parents se sont vu refuser le renouvellement de leur licence d'accueil parce qu'ils refusaient d'approuver le transgenre et l'homosexualité.

Le rapport mentionne également le pasteur Derek Reimer, de l'Alberta, qui a été arrêté et inculpé pour avoir protesté contre les heures du conte avec des drag queens dans les bibliothèques publiques. Reimer a été acquitté de méfait, mais un juge a annulé ce jugement et a ordonné un nouveau procès.

Josh Alexander, l'adolescent ontarien qui a été expulsé de son école pour avoir protesté contre l'utilisation des toilettes pour femmes par des hommes biologiques, est également mentionné.

Le rapport, qui ne prétend pas être exhaustif, répertorie plus de 150 incidents « dans lesquels les gouvernements des pays occidentaux ont menacé, condamné à une amende, emprisonné ou puni d'une autre manière des chrétiens, des organisations ou des églises pour des actions liées à leur foi ».

Tony Perkins, président du Family Research Council, qui a rédigé l'introduction du rapport, a déclaré : « Il est choquant de voir des pays occidentaux — ceux-là mêmes que nous considérons comme des sociétés libres et ouvertes — prendre des mesures autoritaires à l'encontre de chrétiens qui tentent simplement de vivre leur foi. L'hostilité envers les chrétiens qui croient en la Bible augmente clairement et régulièrement en Occident. »

Le Canada a également fait l'objet d'une attention internationale cette année en raison du traitement ridicule réservé à Feucht, qui a été censuré et exclu de nombreuses plateformes à travers le Canada, généralement pour des raisons de « sécurité », mais presque certainement parce que les gens étaient offensés par ses convictions et ses valeurs chrétiennes sans détour.

Le mois dernier, le chef conservateur Pierre Poilièvre s'est dit alarmé par le nombre d'incendies d'églises au Canada, qu'il a qualifiés d'« attaques terroristes » dirigées contre les chrétiens.

Il n'existe pas de liste officielle du nombre d'églises qui ont été attaquées au Canada, mais au moins 33 ont été réduites en cendres depuis mai 2021 et des dizaines d'autres ont été vandalisées ou profanées.

Une analyse du Macdonald-Laurier Institute a révélé qu'il y avait eu 238 incendies criminels contre des institutions religieuses, principalement chrétiennes, entre mai 2021 et décembre 2023.

En mai 2021, la Première Nation Tk'emlúps te Secwépemc de Kamloops, en Colombie-Britannique, a affirmé avoir découvert des centaines de tombes potentielles dans l'ancienne école résidentielle indienne de Kamloops. Aucune n'a été retrouvée.

« Les chrétiens sont peut-être le groupe le plus touché par les violences motivées par la haine », a déclaré M. Poilièvre. « Mais, bien sûr, il n'est pas politiquement correct de le dire. »

Le grand nombre d'incendies d'églises au Canada aurait dû susciter un débat national, voire une véritable angoisse. La police aurait dû annoncer qu'elle recherchait activement les suspects.

Selon Michael Higgins dans le National Post, le gouvernement fédéral canadien aurait dû s'engager à protéger tout groupe confronté à de telles attaques. Les médias auraient dû couvrir cette affaire sans relâche. Au lieu de cela, le Canada est resté indifférent.

Le préjugé anti-chrétien croissant dans un Occident de plus en plus laïc peut provenir d'une vision selon laquelle la religion est anachronique et ses valeurs ne reflètent plus celles de la société.

Ce que l'Église considère comme des vertus ne correspond pas aux caractéristiques déterminantes d'une culture occidentale qui a intégré le narcissisme dans ses mœurs.

L'Occident est loin de la violence sanglante infligée aux chrétiens sans défense au Nigeria. Mais le fanatisme, où qu'il se trouve, est une plaie purulente qui infecte le corps politique.

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