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mercredi 17 juillet 2019

Loi dite anti-fessée : demain, tous les parents seront-ils hors la loi ?

On le voit dans la limitation constante de la liberté scolaire que ce soit dans le dossier de l’instruction à la maison ou dans l’imposition aux écoles privées d’un programme étatique de plus en plus précis et la disparition d’options (plus d’éducation religieuse, uniquement ECR), les parents sont suspects de faire des choix qui déplaisent à l’État ou aux organismes militants. On voit la même tendance se dessiner dans le domaine du genre que les enfants devraient pouvoir choisir au plus jeune âge et même prendre des hormones pour ce faire, même si leurs parents s’y opposent. L’air du temps veut que l’on dépouille les parents de leur autorité. L’État utilise « le bien de l’enfant » comme il l’entend, vu de loin selon des « valeurs progressistes », pour s’immiscer sans cesse dans la vie familiale et ôter aux parents autorité et choix. Il ne s’agit bien évidemment pas ici de promouvoir la cruauté envers les enfants, mais de défendre une vision moins iréniste des relations entre le parent et ses enfants qui peuvent mal se comporter ou prendre de mauvaises décisions dont les premières personnes affectées seront les parents et non de lointains bureaucrates, juges ou militants.

Pour Olivier Babeau, président fondateur de l’Institut Sapiens, la proposition de loi relative à « l’interdiction des violences éducatives ordinaires » participe d’un combat de fond qui vise à la disparition de toute forme d’autorité au profit de celle de l’État.

Rien n’est plus révoltant qu’une violence infligée à un enfant. Il est évident qu’il faut garantir à chaque mineur une sécurité physique et affective. La loi sur « l’interdiction de la fessée » s’inscrit dans le prolongement d’une juste pénalisation des maltraitances. Est-il permis néanmoins de penser qu’elle est inutile et même dangereuse ?

L’interdiction de la fessée n’est qu’un jalon dans un combat bien plus fondamental contre toute forme d’autorité, au profit de celle de l’État. Car tout pourra demain être qualifié de « violence éducative ordinaire ». Comme le rapporte un article du Huffington Post, l’auteur du blogue Enfances épanouies identifie ainsi le fait d’obliger son enfant à se nourrir ou à s’habiller quand il fait froid, de lui faire les gros yeux, lui donner des surnoms… La contradiction est forte : il faudrait traiter l’enfant comme un adulte en miniature, ce qu’il n’est pas. Éduquer, c’est éveiller à la liberté, mais c’est aussi précisément être responsable d’un être qui n’est pas encore capable de liberté. L’idée qu’il soit possible d’éduquer par le seul dialogue raisonnable est très séduisante d’un point de vue philosophique, mais pour un parent elle atteint hélas ses limites lorsque le caprice d’un enfant, par exemple, le met lui-même en danger. Quel parent n’a jamais eu recours, pour le bien de sa progéniture, à des formes de chantage et de contrainte physique ? Demain, tous les parents seront hors la loi.

La loi procède de la vision irénique de l’éducation promue par un Jean-Jacques Rousseau dont on sait qu’il avait lui-même systématiquement abandonné ses enfants — pour le coup, une forme terrible de violence. L’enfant, naturellement bon, n’aurait pas à être guidé, mais seulement préservé de la corruption de la société. Dans son essai la Crise de l’éducation, Hannah Arendt souligne que chaque nouvelle génération est comparable à une horde de barbares qui déferle sur notre civilisation. Une réalité illustrée avec force par le roman Sa Majesté des mouches de William Golding où des enfants livrés à eux-mêmes s’ensauvagent puis s’entre-tuent. Comment ne pas être troublé par la coïncidence de la progression des violences entre les jeunes (dont le harcèlement scolaire, qui a fait récemment une tragique victime de plus), la difficulté grandissante des enseignants à maintenir l’ordre dans leur classe, avec celle d’un pédagogisme considérant l’idée même de discipline comme un crime ? La correspondance est troublante entre la furie progressiste et le recul des règles les plus élémentaires de respect et de savoir-vivre. Ne plus rien imposer aux jeunes, ne plus leur permettre de grandir par les cadres qui sont donnés, voilà la vraie violence que l’on fait aujourd’hui aux enfants que l’on renonce à civiliser.

Il peut enfin paraître paradoxal d’insister toujours plus sur la liberté de l’enfant en réduisant constamment celle des adultes. Mais ce n’est pas vraiment étonnant si l’on y réfléchit bien : notre société devrait être faite pour des adultes et ceux qui ont vocation à le devenir. Au lieu de cela, par choix idéologique, elle nous considère tous comme d’éternels mineurs placés sous l’autorité paternelle d’un État qui interdit, surveille et punit.

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Interdiction de la fessée : « Nous allons vers une société d’enfants-rois ! »



mardi 2 juillet 2019

Interdiction de la fessée : « Nous allons vers une société d’enfants-rois ! »

Les sénateurs français ont voté mardi soir proposition de loi interdisant toute forme de violence dans l’éducation des enfants, un texte « anti-fessée ». Mais pour la philosophe Anne-Sophie Chazaud, ce texte infantilise parents et enfants, alors que la société a besoin d’une restauration de l’autorité.

Anne-Sophie Chazaud est philosophe, haute fonctionnaire et auteur d’un livre à paraître aux éditions l’artilleur consacré à la liberté d’expression.


Afin de ne pas se faire châtier par certaines organisations internationales, victime de réprimandes de la part notamment du Conseil de l’Europe ou encore du Comité des Enfants de l’ONU, la France s’est montrée bien docile et obéissante. La fessée a ainsi été formellement interdite par un vote définitif du Parlement, après l’examen d’une loi proposée par la députée du Modem Maud [centre-gauche] Petit, portée par l’ancienne ministre socialiste [gauche] Laurence Rossignol et dont la socialiste [gauche] Marie-Pierre de la Gontrie est l’heureuse rapporteuse.

La France devient ainsi le 56e pays à prohiber ces violences éducatives ordinaires, à la suite d’un mouvement de société entamé dès 1979 par la Suède.

Couverture rétrogradeCouverture politiquement correcte
et progressiste



Personne ne souhaite faire l’apologie de la violence ou de la maltraitance, face auxquelles il existe déjà tous les dispositifs juridiques nécessaires. Personne ne pense non plus que l’usage régulier, disproportionné ou arbitraire, de la violence éducative, puisse engendrer des rapports sains, équilibrés et constructifs entre des enfants et leurs parents. Mais cette intrusion du législateur dans l’intimité des rapports familiaux et des méthodes éducatives semble éminemment contestable à maints égards.

La société contemporaine, postmoderne et victimaire, se caractérise déjà par une surjudiciarisation de tous les champs relationnels. Priver les parents du droit de sanctionner, y compris par le biais d’une petite correction manuelle, ou de menacer (car le dispositif prévoit aussi l’interdiction des menaces ou des cris), est une manière non seulement de priver ceux-ci d’un levier puissant dans l’instauration d’une autorité que la société leur demande paradoxalement de restaurer (et en l’absence de laquelle on observe chaque jour d’importants dégâts), mais surtout c’est une manière fort préjudiciable de s’immiscer dans la sphère domestique, d’une façon invasive et qui sème le doute et la méfiance dans la famille. Les parents ont au contraire besoin plus que jamais d’être soutenus. Là, ils se retrouvent de facto en position d’accusés potentiels. Comme si tous étaient d’emblée des rustres issus de l’âge des cavernes, sans cœur et désireux de massacrer leurs enfants à la moindre occasion.

Les enfants choyés de Suède sont devenus des enfants-rois, plus capricieux

Un des livres de David Eberhard
dans sa traduction allemande :
« Les enfants au pouvoir, 
Les Excès monstrueux
d’une éducation libérale »
Au pays précurseur de cette aberration moralisatrice, la Suède, très rares sont ceux qui osent sortir du silence afin de dénoncer les effets désastreux de ce système qui pénalise les parents et l’autorité éducative. Laquelle n’est pas fondée sur une démocratie ou délibération permanente, mais sur une structure nécessairement asymétrique. Le psychiatre David Eberhard, courageux auteur de Les enfants suédois ont pris le pouvoir, souligne ainsi que les enfants choyés de Suède sont devenus des enfants-rois, plus capricieux et fréquemment incapables (ce qui était aisément anticipable avec un minimum de bon sens) de faire face aux frustrations et difficultés du destin une fois parvenus à l’âge adulte. Ajoutons que ces relations de méfiance et de défiance où la société s’immisce dans ce qui ne la regarde pas, engendrent par ailleurs des relations désastreuses qui ne sont pas sans évoquer les régimes totalitaires dans lesquels on incite les jeunes à dénoncer leurs parents. En Suède, de très nombreuses plaintes sont ainsi portées en mode intrafamilial, souvent complètement farfelues (par exemple, un homme s’est retrouvé mis en cause pour avoir giflé sa belle-fille qui lui avait craché au visage suite à un refus d’achat de DVD…), le dispositif législatif et l’incitation sociale amenant les enfants à être suspicieux contre leurs propres parents.

Plutôt que de promouvoir cette loi qui sera du reste purement injonctive et moralisante (et tel est bien le but : infantiliser et sermonner les parents, plutôt que de renforcer le discours d’autorité dont ceux-ci devraient être les premiers dépositaires) et dépourvue d’effets pénaux contraignants, simplement lue lors des mariages au titre de l’article 371-1 du Code civil concernant « l’autorité parentale relativement à la personne de l’enfant », il semblerait préférable et plus utile de renforcer les moyens effectifs des services de protection de l’enfance, lesquels sont en difficultés récurrentes et pour l’heure notoirement débordés par la prise en charge des mineurs migrants. Voici qui serait pourtant de nature à renforcer réellement la protection dont les enfants ont véritablement besoin, permettant la mise en œuvre des dispositifs déjà existants.

À titre d’exemple, cette loi prévoit qu’il sera également prohibé de laisser pleurer un bébé seul. Pourtant, si personne ne souhaite abandonner son enfant à un insondable et interminable chagrin, chacun sait que l’angoisse de la séparation peut engendrer une tristesse colérique très profonde et pourtant nécessaire : c’est ainsi que l’enfant apprend que malgré les pleurs, et après le temps nécessaire, le parent revient, n’a pas disparu définitivement. L’apprentissage de cette présence/absence est indispensable pour la construction de la psychologie de l’enfant, et céder en permanence au besoin de présence, au principe de plaisir, ne peut que nuire, à terme, à l’être en construction, quand bien même ces moments de rupture, de séparation doivent être ritualisés. Laisser pleurer seul un enfant (tout en veillant non loin) est depuis des millénaires le plus sûr moyen pour que cessent les pleurs de manière définitive et que l’enfant grandisse. Mais, dans le fond, la sortie de l’infantilisme est-elle vraiment l’objectif de cette société basée sur les « droits à » et sur l’éternelle complainte victimaire qui en est l’indispensable complément ?

L’asymétrie entre les parents et les enfants structure aussi notre rapport à l’Histoire qui nous précède

L’enjeu le plus complexe et souvent le plus douloureux de l’aventure éducative consiste à amener à l’âge adulte des êtres humains certes heureux et épanouis, mais surtout capables de résister à leurs désirs, d’accepter leurs frustrations, de les différer voire parfois d’y renoncer. Cet apprentissage contre la « pulsion de plaisir » qui caractérise l’enfant, doit se faire de manière constructive et, précisément, éducative, c’est-à-dire dotée d’un effet d’enseignement inscrit dans l’expérience et le long terme. L’apprentissage de ces accommodements avec la frustration doit se faire de manière à faire sens et non dans l’arbitraire hystérique d’une violence disproportionnée ou injustifiée.

Le désir de satisfaction, le refus d’accepter les règles, le refus d’obéissance (car l’éducation familiale est aussi le lieu où s’apprend l’obéissance, laquelle prépare à l’acceptation — éclairée — des limitations et lois propres à la vie en société), sont des réactions parfois incoercibles de l’enfant et face auxquelles une petite fessée ou une petite claque permettent le plus communément de mettre un terme. Ces petites corrections éducatives, mesurées, mais fermes, permettent aussi symboliquement de souligner l’absence de symétrie dans la relation éducative. En ce sens, elles sont également porteuses de sens. Cette asymétrie est aussi, plus profondément, ce qui garantit, mais aussi structure anthropologiquement le respect dû aux aïeux, aux ancêtres, à l’Histoire qui nous précède, au plan personnel comme au plan collectif. Comment le néo-progressisme post-moderne, ivre de démesure prométhéenne, pourrait-il s’en accommoder ?


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Le projet de loi [Ottawa] S-206 empêcherait d’utiliser la force raisonnable pour corriger un élève ou un enfant

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La Suède en 1979 est devenue le premier pays à interdire toute correction physique. Depuis lors, les accusations criminelles pour mauvais traitement (violences physiques) commis par des proches contre des enfants de moins de sept ans ont augmenté de 489 % de 1981 à 1994. Il y a eu également une augmentation choquante de 519 % des agressions criminelles perpétrées par des enfants de moins de 15 ans à l’encontre d’enfants âgés de 7 à 14 ans. Plus grave encore, 46-60 pour cent des cas étudiés en vertu de cette loi suédoise se traduisent par des enfants enlevés à leurs parents. Environ 22 000 enfants suédois ont été retirés de leurs foyers en 1981, alors qu’il n’était que 1900 en Allemagne (un pays près de 6 fois plus peuplé à l’époque), 710 au Danemark, 552 en Finlande et 163 en Norvège.

Considérez le cas d’une mère et d’un père de Karlstad, en Suède, emprisonnés pendant neuf mois et condamnés à verser 25 000 couronnes (11 000 $) à trois de leurs enfants qui ont reçu une fessée. Plus destructeur que la prison et les amendes, ces quatre enfants leur ont été enlevés par l’État. Bien que la cour ait conclu que les parents « avaient une relation pleine d’amour et de bienveillance avec leurs enfants », la fessée est apparemment suffisamment sérieuse pour mériter une peine aussi extrême.

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dimanche 1 juillet 2018

Le projet de loi S-206 empêcherait d'utiliser la force raisonnable pour corriger un élève ou un enfant

Selon ses détracteurs, le projet de loi S-206, connu sous le nom de « projet de loi antifessée », menacerait les familles canadiennes.

Ce projet de loi a été introduit par le sénateur libéral Hervieux-Payette en 2015, est passé en deuxième lecture et est maintenant étudié par le Comité des affaires juridiques et constitutionnelles. Le S-206 supprimerait totalement l’article 43 du Code criminel du Canada, qui stipule : « Tout instituteur, père ou mère, ou toute personne qui remplace le père ou la mère, est fondé à employer la force pour corriger un élève ou un enfant, selon le cas, confié à ses soins, pourvu que la force ne dépasse pas la mesure raisonnable dans les circonstances. » Selon l’article qui accompagne la pétition, sans l’article 43, toute intervention physique de la part des parents serait interprétée comme voie de fait :
  • Prendre l’enfant et le déplacer dans une autre pièce ;
  • L’empêcher de faire une chose qu’il veut faire ;
  • Retirer des jouets ou des objets des mains de l’enfant ;
  • Mettre l’enfant en punition dans sa chambre ;
  • L’empêcher de quitter la maison ;
  • Retenir l’enfant contre son gré ;
  • Donner une fessée pour que l’enfant adopte un bon comportement. 

La pétition : https://www.citizengo.org/en-ca/fm/163353-stop-bill-s-206-do-not-criminalize-82-canadian-parents (uniquement en anglais)


Le Barreau du Québec s’était opposé à l’abrogation de cet article et penchait pour une réécriture de celui-ci :
Toutefois, nous vous faisions également part de nos craintes concernant la proposition d’abrogation de cet article dans le Code criminel. À notre avis, cette proposition créerait un vide juridique qui permettrait le recours aux tribunaux afin de sanctionner l’emploi légitime et acceptable de la force par un parent ou un instituteur visant à éduquer un enfant mineur. Nous vous précisions que la Cour suprême, dans l’arrêt Canadian Foundation for Children, avait déjà rigoureusement encadré le recours à la force [pas de gifle...] en lien avec l’article 43 du Code criminel.

Selon certaines statistiques, 82 % des parents canadiens utiliseront la force physique pour discipliner leurs enfants. De plus, « dans une décision rendue en 2004, la Cour suprême du Canada a confirmé la constitutionnalité de l’article 43. Le tribunal a reconnu le droit des parents d’utiliser une force raisonnable pour élever et corriger leurs enfants, tout en condamnant les véritables abus. »

Nocivité systématique de la fessée n’est pas prouvée

En outre, des études auraient démontré que l’usage de la force corrective (y compris la fessée) était bénéfique aux enfants. La Dre Marjorie Gunnoe, professeur de psychologie à Calvin College, et sa collègue, Carrie Lea Mariner ont publié une étude en 1997 qui concluait que « dans la plupart des cas les affirmations selon lesquelles la fessée entraîne un comportement agressif chez les enfants semble sans fondement. »

Le Dr Gunnoe affirme que les enfants ayant reçu la fessée étaient plus performants que ceux qui ne l’avaient pas reçue, aussi bien pour ce qui est des notes scolaires, de la volonté d’accomplir du bénévolat, que dans leur volonté d’aller à l’université. Gunnoe et Mariner ont fait valoir que les effets de la fessée peuvent dépendre de la « signification » que les enfants peuvent lui attribuer. Par exemple, la fessée perçue par l’enfant comme une agression parentale (par opposition à l’établissement de limites sans punition physique) peut être associée à un comportement agressif ultérieur.

Par ailleurs, pour les opposants à l’abrogation de l’article 43, on aurait assisté à une augmentation fulgurante de la violence et de la criminalité juvéniles dans les pays qui ont interdit la correction physique, comme la Suède qui a interdit toute forme de correction corporelle. Ceci pourrait cependant être dû à plusieurs causes, dont par exemple la forte immigration de populations extraeuropéennes provenant de pays en guerre ou de sociétés plus violentes. Ceci dit, il est vrai que le haut de taux d’appréhensions (rapts) d’enfants par les services de « la protection » de la jeunesse suédoise — nettement plus que ses voisins et cela avant la vague migratoire récente — pose de sérieuses questions sans que la Suède puisse arguer d’une moindre violence de sa société par rapport à ses voisins.

Au Québec, le sujet relève aussi du domaine provincial, le Code civil ne fait plus mention du droit à la correction, ce qui crée un vide en la matière et met les familles en danger étant donné les pouvoirs de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) sur le sujet. Elle bénéficie en effet d’une immunité qui la protège de poursuites en cas d’abus de pouvoir : visites traumatisantes des agents à la maison et pire, la séparation injustifiées des enfants des parents.


Sources : Parlement du Canada, Keep43, CQV, Barreau du Québec

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La Suède, auparavant l’un des pays les plus sûrs du monde, est maintenant aux prises avec une forte hausse de la violence et des agressions sexuelles dans certaines de ses banlieues. En 2017, outre 110 meurtres et 7226 viols, on y a recensé 320 fusillades et des dizaines d’attaques à la bombe. Le Premier ministre social-démocrate suédois, Stefan Lofven, a déclaré la semaine dernière qu’il était prêt à déployer l’armée pour lutter contre le crime organisé.

Une grande partie de ces faits de violence émane des « zones d’exclusion sociale », des banlieues à majorité peuplées par des immigrés. Le Times précise qu’étant donné la qualité des infrastructures et des services qui sont offerts dans ces banlieues, on ne peut pas vraiment les qualifier de ghettos. Pour autant, elles sont confrontées à une forte criminalité est à des taux de chômage élevés.

Dans la ville de Malmö, l’âge moyen des membres de gangs est de 22 ans. Mais on voit aussi des jeunes de 14 ans armés de kalachnikovs et de gilets pare-balles dans les rues.
(L’Express Business)

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samedi 31 décembre 2016

Fin de mandat socialiste en France : interdiction de la fessée

C’est une autre réforme idéologique sociétale dont les Français ne voulaient pas (70 % des Français disent non) mais que le gouvernement socialiste français très impopulaire veut imposer avant son départ : l’interdiction de la fessée. C’est également une réforme voulue par un organisme supranational, le Conseil de l’Europe.

Pourtant en 2015, la secrétaire d’État à la Famille, Laurence Rossignol, a répondu que la France doit avoir « une réflexion collective » sur « l’utilité des punitions corporelles dans l’éducation des enfants ». Mais « ça ne passera pas par la loi », a-t-elle précisé, pour ne pas « couper le pays en deux camps ».

En réalité, « c’est très très massif et clair, affirme Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique à l’IFOP. Sept Français sur dix ne veulent pas que la loi interdise la fessée. » Il y voit deux explications principales : « Les Français accordent sans doute à la fessée un certain nombre de vertus pédagogiques, détaille-t-il, et ils trouvent incongrue cette injonction européenne, alors qu’il y a par exemple des failles béantes sur la question de la délinquance des mineurs. » Autre élément sur ce score sans appel : « La part des tout à fait favorables à l’interdiction s’élève à 7 %, insiste-t-il. Tandis que les tout à fait opposés sont 27 %. »

Le consensus existe parmi tous les partis politiques, même si l’on note une opposition plus forte à droite qu’à gauche. Sauf auprès des électeurs (peu nombreux) d’Europe Écologie-Les Verts (un parti en fait peu soucieux de l’écologie, mais très progressiste au niveau social et migratoire), où 52 % de l’électorat est favorable à l’interdiction des châtiments corporels.

Eh, bien malgré cela le parlement français a voté le 22 décembre de manière définitive l’article 68 du projet de loi « Égalité et Citoyenneté » — ces intitulés qui fleurent bon la novlangue orwellienne — précise désormais que l’exercice de l’autorité parentale exclut « tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles. » Ce texte a pour but de « contribuer à apaiser la société française, à donner sa juste place à la jeunesse, à lutter contre la délinquance et le terrorisme, et à donner tout leur sens aux termes égalité et fraternité de la devise républicaine ».



Et la Suède ?

Pourtant, le bilan en Suède où la fessée a été interdite il y a 40 ans, le bilan n’est pas que rose. » En 1979, « le pays où les enfants comptent » fut le premier à interdire la fessée. Près de quarante ans plus tard, quel bilan tire-t-il de sa loi ? « Vous ne trouverez personne en Suède pour oser la contester, répond le psychiatre David Eberhard. Cela ne se fait pas chez nous. » Les associations de protection de l’enfance sont dithyrambiques. Mais certains, comme l’avocate Ruby Harrold-Claesson, n’hésitent pas à dénoncer « une loi tout à fait inutile et même dangereuse ».

Selon une étude de 2001 sur « Les châtiments corporels sur les enfants en Suède », réalisée par la Fondation suédoise pour le bien-être des enfants, 92 % des parents déclarent que « c’est mal de donner la fessée » à un enfant. Dans les années 1960, plus de 90 % des parents admettaient frapper leurs enfants. En 2011, ils sont à peine plus de 10 %. Dans le même temps, les statistiques sur les enfants violentés s’emballent : entre 2001 et 2010, les signalements à la police pour maltraitance ont augmenté de 62 % pour les enfants de 7 à 14 ans, et de 176 % pour les moins de 7 ans. « Une plus grande tendance à signaler les abus », justifie la fondation. Tandis que le gouvernement suédois estime que « l’augmentation du nombre des signalements montre une diminution de la tolérance à l’égard des agressions contre les enfants ». Quant au médiateur pour les enfants, il précise que les enquêtes révèlent aussi « un important déclin des formes les plus graves de châtiments corporels, comme les coups de poing et l’utilisation d’objets ». « La tolérance zéro contre les châtiments corporels est efficace non seulement en ce qui concerne les “versions douces” comme la fessée, mais aussi en ce qui concerne les formes les plus sérieuses de violence familiale », se félicite-t-il.

Ce n’est pas l’avis du psychiatre David Eberhard, auteur de Les enfants suédois ont pris le pouvoir : « Ceux qui respectent la loi sont des parents qui n’en avaient pas besoin, affirme-t-il.

Pour faire baisser les sévices sur les enfants, il faut faire une loi sur les sévices sur les enfants. Vous avez déjà cela en France ! »Lui ne se dit « pas contre la loi », mais contre ses dérives : « C’est devenu peu à peu l’interdiction de corriger les enfants de quelque manière que ce soit, explique le psychiatre. Avec ce modèle d’éducation centrée sur les enfants, de “choyés”, les petits Suédois sont devenus “rois”. » « Il y a pourtant une différence entre une petite tape pour que l’enfant comprenne qu’il ne faut pas toucher au four et un abus réel !, lance-t-il. Or, en Suède, tout est mis sur le même plan. Je ne dis pas qu’il ne faut pas écouter son enfant, mais la famille, ce n’est pas la démocratie ! C’est une relation asymétrique. »

7000 plaintes pour « maltraitance »

Dans la nouvelle génération d’adultes, note le psychiatre, « il y a pas mal de gens autocentrés, qui n’ont pas appris qu’ils avaient aussi des obligations dans la société. Par exemple, on voit que les plus jeunes se mettent bien plus en congé maladie que les plus âgés ». Les troubles de l’anxiété et les tendances à des comportements autodestructeurs, ajoute-t-il, ont également augmenté en Suède.

Pour Ruby Harrold-Claesson, avocate et présidente du Comité nordique pour les droits de l’homme, un groupe de pression qui milite « pour la protection des droits de la famille », la loi a de nombreux effets pervers. « Elle a causé beaucoup de dommages à la relation entre parents et enfants, explique-t-elle. Les tribunaux appliquent la loi sans prendre en compte les circonstances entourant la fessée. De nombreux parents ont désormais peur de leurs enfants ! Ils n’osent plus les corriger, craignant d’être signalés à la police, jugés et condamnés à une amende et même de la prison. Résultat : les enfants ne peuvent jamais savoir où sont les limites. » Près de quarante ans après l’entrée en vigueur de la loi, « comment ces enfants, devenus parents, vont-ils être en mesure de fixer des limites ?, interroge-t-elle. Les conséquences de cette loi se retrouvent aujourd’hui dans la société, où nous avons davantage de parents incapables d’élever leurs enfants, d’enseignants chahutés par les élèves, de plus en plus de gangs de jeunes violents et de plus en plus d’alcool et de tabac chez les adolescents ».

Chaque année, « il y a au moins 7000 plaintes pour “maltraitance” d’enfants à la police et 10 % des cas sont poursuivis en justice, détaille l’avocate. Le problème, c’est que tout est qualifié de “maltraitance” ! Parfois des enfants racontent n’importe quoi pour se rendre intéressants ou se venger de leurs parents ». Elle rapporte par exemple l’histoire de cet homme interpellé parce qu’il avait giflé sa belle-fille, qui lui avait craché au visage parce qu’il venait de lui refuser l’achat d’un DVD. Ou de cette fillette de 6 ans, qui a appelé la police, en colère contre sa mère qui ne voulait pas lui offrir un sac. « Dès qu’une plainte est déposée contre les parents, les services sociaux placent l’enfant dans un foyer », précise l’avocate. Depuis 2012, Ruby Harrold-Claesson bataille pour qu’un couple de Ghanéens récupère son enfant. « Arrivée à 6 ans en Suède, objet de moqueries car seule Noire dans sa classe, cette petite ne voulait plus aller à l’école, raconte l’avocate. Un matin, sa mère, en retard, lui a donné une petite fessée. Cela a suffi pour que les services sociaux la placent. Et même si les parents ont été complètement innocentés fin 2014, ils n’ont toujours pas pu ramener leur fille à la maison. »

Sources : Le Figaro, Le Parisien, Libération

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