L’ambition de Warne est moins de proposer une nouvelle théorie de l’intelligence que de présenter au lecteur non spécialiste les acquis scientifiques les mieux établis selon lui. Sa thèse générale est que les différences individuelles de capacité cognitive sont réelles, qu’elles peuvent être mesurées avec une précision notable et qu’elles ont des conséquences importantes dans l’éducation, le travail et diverses dimensions de la vie. Il soutient également que certaines conclusions politiquement ou moralement délicates ne peuvent être écartées simplement parce qu’elles sont désagréables ou historiquement compromises.
L’auteur
Russell T. Warne est psychologue et spécialiste de la psychométrie et de la mesure en psychologie. Il a obtenu un diplôme de psychologie à Brigham Young University en 2007, puis un doctorat en psychologie de l’éducation à Texas A&M University en 2011, avec une spécialisation en recherche, mesure et statistiques. Il enseigne à Utah Valley University depuis 2011, où il est professeur associé. Ses travaux portent notamment sur l’intelligence, les tests psychologiques, la psychologie des personnes à haut potentiel et les méthodes statistiques. Il a publié de nombreux articles dans des revues spécialisées et a également écrit un manuel de statistiques destiné aux étudiants en sciences sociales.
I. La nature de l’intelligence
Mythe 1 : « L’intelligence n’est que l’ensemble des tâches qu’un psychologue place dans un test »
Pour Warne, cette conception ne résiste pas à l’analyse factorielle. Les performances à des tâches cognitives très différentes — compréhension du vocabulaire, résolution de problèmes, capacité à retenir et manipuler temporairement des informations, raisonnement, rapidité de traitement, etc. — sont positivement corrélées. Cette corrélation positive généralisée fait apparaître un facteur général d’intelligence, dit g. Ce facteur représente les écarts entre personnes qui se retrouve d’une tâche à l’autre, plutôt que ce qui est propre à chaque exercice.
Le QI ne serait donc pas une simple addition arbitraire d’aptitudes particulières : les éléments propres à chaque tâche sont statistiquement séparés de ce qu’elles ont en commun. Le contenu précis d’un test importe ainsi beaucoup moins qu’on ne pourrait le penser, pourvu que les tâches soient de nature cognitive, suffisamment nombreuses et suffisamment discriminantes. Les tâches plus complexes tendent d’ailleurs à être plus fortement corrélées au facteur g.
