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vendredi 7 août 2026

Allemagne : un élève risque une amende pour avoir refusé de participer à un atelier « queer »

Une école secondaire de Dachau (près de Munich, en Bavière), exige la présence obligatoire de ses élèves mineurs à un atelier sur les questions « queer ». Malgré les interrogations des parents, la direction de l’établissement a maintenu son exigence. Résultat : un adolescent de 14 ans fait désormais l’objet d’une procédure d’amende.


Dachau — La sous-préfecture locale a engagé des poursuites contre un élève de 14 ans pour absence à l’atelier Diversity@school (en anglais dans le texte!), organisé le 10 juillet dans son école secondaire. Bien que les parents aient exprimé leur opposition à la participation de leur fils, l’établissement a insisté sur le caractère obligatoire de l’activité, au nom du programme scolaire.

Lors de cet atelier, deux militants « queer » sont intervenus en classe pour échanger avec les élèves. Selon l’association Diversity München, à l’origine de l’initiative, l’objectif était d’aborder l’acceptation des identités « queer », de déconstruire les stéréotypes et de lever les appréhensions. Des parents ayant assisté à des retours de leurs enfants rapportent que l’un des intervenants, présentant à la fois une barbe et une apparence féminine, aurait partagé des expériences personnelles, notamment des incidents de discrimination.

Des parents contestent le bien-fondé pédagogique

Dans une lettre adressée à la sous-préfecture, dont le média Apollo News a obtenu copie, les parents justifient l’absence de leur fils par le manque de réponses claires de la part de la direction. Ils estiment que la formulation du programme — selon laquelle les élèves doivent être « préparés à leur développement physique et psychique, à leur genre, à leurs sentiments, à leur identité de genre et à leur orientation sexuelle » — dépasse le cadre de la mission éducative de l’école ou de l’État.

Face à cette situation, les parents ont soumis neuf questions à l’établissement, avertissant qu’à défaut de réponses, ils déposeraient une plainte disciplinaire. Parmi leurs interrogations :
  • La présence permanente d’un enseignant pour garantir l’absence de toute forme de domination et éviter qu’un point de vue ne soit présenté comme moralement supérieur ;
  • L’accès aux supports et méthodes utilisés par les intervenants ;
  • La base juridique justifiant le choix de l’association Diversity München comme partenaire externe ;
  • L’implication éventuelle du conseil des élèves dans l’organisation de l’atelier.
  • La direction s’est contentée de confirmer qu’un enseignant serait présent en permanence pour veiller au respect de l’interdiction d’intimidation. Aucune autre réponse complète n’a été apportée. Le proviseur a simplement regretté que les parents ne partagent pas les valeurs de l’association, sans pour autant accepter que leur fils soit dispensé de l’atelier. Ceux-ci ont donc déposé une plainte disciplinaire et annoncé leur intention de contester toute amende par voie judiciaire.
Une association militante aux revendications politiques

Diversity München, qui finance ses activités grâce à des dons et à des subventions de la ville de Munich, affiche des revendications politiques explicites. Bien que le proviseur ait affirmé que l’atelier n’avait aucune visée d’endoctrinement, l’association formule des exigences à l’attention des gouvernements fédéral et régional bavarois, notamment :
  • La suppression des mentions « père » et « mère » sur les actes de naissance, remplacées par « parent 1 » et « parent 2 » ;
  • L’intégration systématique des enjeux « queer » dans les programmes scolaires ;
  • L’utilisation, sur les documents officiels (comme les bulletins), des prénoms choisis par les élèves, indépendamment de leur nom légal.

mercredi 29 juillet 2026

Allemagne — Femme aux yeux de la loi, mais en pri­son avec les hommes

« Elle » s’appelle offi­ciel­le­ment Mar­las­venja Lie­bich… mais purge sa peine dans une pri­son pour hommes de l’est de l’alle­magne. Outre­rhin, les rebon­dis­se­ments autour du cas de ce néo­nazi condamné pour « inci­ta­tion à la haine raciale » avant de chan­ger de sexe, de fuir le pays, d’être arrêté en Répu­blique tchèque et d’être fina­le­ment extradé, font les gros titres depuis des mois. Et sus­citent le débat autour de la nou­velle loi sur l’auto­dé­ter­mi­na­tion de genre.

Sous son iden­tité d’ori­gine, Sven Lie­bich, ce mili­tant d’extrême droite, né en 1970, fait par­ler de lui depuis des décen­nies en Alle­magne, en par­ti­cu­lier en Saxe et en Saxe-Anhalt, Land du nord-est du pays dont il est ori­gi­naire - et qui pour­rait bas­cu­ler dans le giron de l’alter­na­tive für Deut­schland (AFD) aux pro­chaines élec­tions régio­nales. Classé comme « extré­miste de droite » par l’office de pro­tec­tion de la Consti­tu­tion de Saxe-Anhalt, l’homme était selon la presse alle­mande membre de la sec­tion locale du réseau nazi Blood & Honour, avant l’inter­dic­tion de celui-ci en 2000.

Ces der­nières années, il a mul­ti­plié les sor­ties ultra­ra­di­cales, en ligne et lors de mani­fes­ta­tions, qui lui ont valu des amendes et des peines de pri­son avec sur­sis. Une nou­velle étape judi­ciaire a été fran­chie lorsqu’en juillet 2023, à Halle (Saxe), il a écopé de 18 mois de pri­son pour une quin­zaine de faits d’« inci­ta­tion à la haine raciale », d’« appro­ba­tion d’une guerre d’agres­sion », de « vio­la­tion de la loi sur le droit d’auteur», de «dif­fa­ma­tion» et d’«injure». Il lui était notam­ment repro­ché de vendre dans sa bou­tique en ligne une batte de base­ball por­tant l’ins­crip­tion : «Aide à l’expul­sion ». Cette condam­na­tion - qui tenait compte d’un pré­cé­dent juge­ment pro­noncé en sep­tembre 2020 - a été confir­mée en août 2024 et est deve­nue défi­ni­tive lorsque son pour­voi a été rejeté le 14 mai 2025. Mais, entre-temps, Sven Lie­bich a uti­lisé la nou­velle loi sur l’auto­dé­ter­mi­na­tion de genre pour deve­nir une femme aux yeux de l’état alle­mand et a modi­fié son pré­nom. Marlasvenja Lie­bich est née.

Outre-Rhin, ce chan­ge­ment a sou­levé de fortes inter­ro­ga­tions. Dans le passé, celui qui s’appe­lait encore Sven s’est fait plu­sieurs fois remar­quer pour ses posi­tions réso­lu­ment hos­tiles envers les per­sonnes queer. La presse alle­mande rap­pelle ainsi qu’en 2022 il a qua­li­fié les per­sonnes LGBT de «para­sites de la société ». Ou encore qu’en sep­tembre 2023 il a traité de « pédales » les par­ti­ci­pants au Chris­to­pher Street Day - la pride alle­mande - et a évo­qué l’exis­tence d’un « trans­fas­cisme ».

De nom­breuses voix se sont éle­vées pour dénon­cer un détour­ne­ment de la loi sur l’auto­dé­ter­mi­na­tion de genre. «C’est un exemple d’abus très simple de la loi sur l’auto­dé­ter­mi­na­tion. (…) La jus­tice, l’opi­nion publique et le monde poli­tique sont pris pour des imbé­ciles », a notam­ment déclaré le ministre de l’inté­rieur Alexan­der Dobrindt (CSU) à Stern. « Il faut désor­mais un débat sur la manière de réins­tau­rer des règles claires contre les abus liés au chan­ge­ment de sexe. »

Cerise sur le gâteau : en août 2025, sur le réseau social 𝕏, Marlasvenja Lie­bich a assuré être juive pra­ti­quante et a réclamé à ce titre de la nour­ri­ture cachère lors de sa future déten­tion. Ce qui a sus­cité une réac­tion indi­gnée du com­mis­saire du gou­ver­ne­ment fédé­ral chargé de la vie juive et de la lutte contre l’anti­sé­mi­tisme, Felix Klein, ce der­nier esti­mant que la mili­tante «se (moquait) non seule­ment des juifs, mais de tous les pra­ti­quants ».

Marlasvenja Lie­bich, elle, défend bec et ongles ses nou­velles posi­tions. Au début de l’année 2025, elle dépose notam­ment une plainte devant le Conseil alle­mand de la presse, le Deut­scher Pres­se­rat, dans laquelle elle reproche au média alle­mand Der Spie­gel d’avoir uti­lisé son « morinom », c'est-à-dire son ancien prénom (Sven) celui de son identité désormais « morte », ainsi que des pro­noms mas­cu­lins pour par­ler d’elle dans un article datant de jan­vier 2025.

Après en avoir déli­béré, le Conseil de la presse a déclaré cette plainte infon­dée, sui­vant en cela l’argu­men­ta­tion du cabi­net d’avo­cats man­daté par le jour­nal. Il estime notam­ment « qu’il est pro­bable que Marlasvenja Lie­bich ait pro­cédé à la modi­fi­ca­tion de son état civil de manière abu­sive, afin de pro­vo­quer et de ridi­cu­li­ser l’état ». La quin­qua­gé­naire dépose éga­le­ment une plainte auprès du minis­tère de l’inté­rieur dans laquelle elle accuse Felix Klein de man­que­ment à ses obli­ga­tions pro­fes­sion­nelles - plainte là aussi jugée infon­dée.

La loi alle­mande sur l’éga­lité des chances pour les per­sonnes trans­genres, inter­sexes et non binaires (SBGG) - dite « loi d’auto­dé­ter­mi­na­tion de genre» - est entrée en vigueur le 1er novembre 2024, juste avant que n’implose la coa­li­tion SPD-VERTS-FDP menée par le chan­ce­lier social-démo­crate Olaf Scholz. Elle rem­place la loi rela­tive aux per­sonnes trans­sexuelles (TSG) de 1980. Elle per­met notam­ment de modi­fier son genre et ses pré­noms par une simple décla­ra­tion auprès de l’état civil, et non plus à l’issue d’une pro­cé­dure com­po­sée de deux exper­tises et d’une déci­sion de jus­tice. Des textes com­pa­rables existent dans plu­sieurs autres pays, notam­ment en Argen­tine, depuis 2012.

En Alle­magne, la per­sonne qui se lance dans une telle démarche se retrouve face à quatre choix : homme, femme, divers ou rien du tout - il est en effet pos­sible de lais­ser le champ « genre » vide. Les mineurs de plus de 14 ans peuvent faire eux-mêmes cette demande, mais avec le consen­te­ment de leurs repré­sen­tants légaux. Ceux de moins de 14 ans doivent pas­ser par leurs repré­sen­tants légaux pour dépo­ser leur requête.

Pré­ci­sion impor­tante pour le cas Lie­bich : la loi SBGG ne pré­voit pas de dis­po­si­tion spé­ci­fique en matière d’exé­cu­tion des peines. « Le lieu de déten­tion des per­sonnes condam­nées ne doit pas se fon­der exclu­si­ve­ment sur la men­tion de sexe à l’état civil. La Loi fon­da­men­tale et l’obli­ga­tion de pro­tec­tion de l’éta­blis­se­ment péni­ten­tiaire imposent, lors de l’affec­ta­tion, de prendre en compte les inté­rêts de sécu­rité et les droits de la per­son­na­lité de l’ensemble des per­sonnes déte­nues. Si une per­sonne déte­nue avec la men­tion de sexe “mas­cu­lin” modi­fie son ins­crip­tion à l’état civil en “fémi­nin”, les droits de la per­sonne et les inté­rêts de sécu­rité d’autres per­sonnes déte­nues peuvent, selon le cas d’espèce, s’oppo­ser à un trans­fert dans une pri­son pour femmes », sou­ligne le minis­tère de la Famille. Cer­taines régions, comme Ber­lin, la Hesse ou le Schles­wig-Hol­stein, ont mis en place des régle­men­ta­tions spé­ci­fiques pour l’accueil des déte­nus trans­genres.

Marlasvenja Lie­bich est quant à elle convo­quée le 29 août 2025 à la pri­son pour femmes de Chem­nitz (Saxe), où la ques­tion de son incar­cé­ra­tion dans un éta­blis­se­ment pour hommes ou pour femmes doit être éva­luée. Mais le jour dit, elle ne se pré­sente pas au ren­dez-vous. Un mes­sage vocal est dif­fusé aux quelques dizaines de jour­na­listes et mani­fes­tants pré­sents sur place expli­quant que la condam­née a pris la fuite. Un man­dat d’arrêt est alors déli­vré à son encontre.

Après plu­sieurs mois de traque à tra­vers l’Europe, elle est arrê­tée le 9 avril à Krasna, en Répu­blique tchèque, non loin de la fron­tière alle­mande. Incar­cé­rée à la pri­son de Pil­sen, dans l’ouest du pays, elle se bat d’arrache-pied contre son extra­di­tion. Le 1er juin, le tri­bu­nal régio­nal de Pil­sen ordonne pour­tant son retour en Alle­magne. La prin­ci­pale inté­res­sée dépose un recours, ce qui ren­voie l’affaire devant la cour supé­rieure régio­nale de Prague. Le 7 juillet, cette juri­dic­tion confirme la déci­sion prise en pre­mière ins­tance.

L’extra­di­tion de Marlasvenja Lie­bich a lieu huit jours plus tard, le 15 juillet. La quin­qua­gé­naire est d’abord envoyée à la pri­son pour femmes de Chem­nitz, où sont incar­cé­rées 213 per­sonnes. Mais « après avoir pris en compte tous les aspects per­ti­nents de ce cas par­ti­cu­lier », selon le minis­tère saxon de la Jus­tice, la direc­tion de l’éta­blis­se­ment péni­ten­tiaire décide fina­le­ment qu’elle pur­gera sa peine dans une pri­son pour hommes et elle est trans­fé­rée à Zei­thain, dans la Saxe, où elle rejoint 319 autres déte­nus.

En vertu de la légis­la­tion saxonne sur l’exé­cu­tion des peines, sou­ligne le minis­tère saxon de la Jus­tice auprès du Figaro, « il est pos­sible de déro­ger au prin­cipe de sépa­ra­tion (des déte­nus de sexes dif­fé­rents) dans des cas par­ti­cu­liers, en tenant compte de la per­son­na­lité et des besoins des déte­nus concer­nés, de la réa­li­sa­tion de l’objec­tif de l’exé­cu­tion de la peine, ainsi que de la sécu­rité et de l’ordre au sein de l’éta­blis­se­ment, y com­pris les besoins des autres déte­nus. La pro­tec­tion des déte­nus contre les agres­sions com­mises par d’autres déte­nus consti­tue, indé­pen­dam­ment du sexe de la per­sonne condam­née, un fac­teur déter­mi­nant dans la déci­sion rela­tive au pla­ce­ment. »

Du pain bénit pour la prin­ci­pale inté­res­sée. « Ah, tout à coup, la loi sur l’auto­dé­ter­mi­na­tion n’aurait donc plus d’impor­tance ? (…) Appa­rem­ment, Lie­bich ne serait pas une femme. Tiens donc ? On a tou­jours dit que l’on pou­vait choi­sir soi-même son genre. Et main­te­nant, ce sont les auto­ri­tés de Saxe-Anhalt et de Saxe qui veulent déci­der du genre de Lie­bich ? Elles n’auraient pas pu mieux se démas­quer ! », com­mente alors sur 𝕏 le compte au nom de Marlasvenja Lie­bich.

Cer­tains membres de l’AfD, parti pour lequel ledit compte 𝕏 appelle à voter en exhor­tant la « Marla’s Army» à rendre «l’alle­magne cen­trale bleue», s’engouffrent aussi dans cette faille. « L’affaire Marla-svenja Lie­bich met en évi­dence toute l’absur­dité de la loi sur l’auto­dé­ter­mi­na­tion. Selon la loi, elle est offi­ciel­le­ment une femme, et pour­tant elle est incar­cé­rée dans une pri­son pour hommes au lieu de pur­ger sa peine dans une pri­son pour femmes », écrit ainsi sur le même réseau social Lars Hünich, le vice-­pré­sident du groupe AfD au Par­le­ment régio­nal du Bran­de­bourg. Et un inter­naute de ren­ché­rir : « Lie­bich mène l’État en bateau ! »

De son côté, la ministre de la Jus­tice de Saxe, Constanze Geiert (CDU), salue le trans­fert de Marlasvenja Lie­bich à la pri­son pour hommes de Zei­thain, se féli­ci­tant que la pri­son pour femmes de Chem­nitz « ne se soit pas laissé entraî­ner dans ces manœuvres ». « Les ruses, les trom­pe­ries et les petits jeux ne mènent jamais à rien dans un État de droit », insiste celle qui appelle «le légis­la­teur fédé­ral » à «réfor­mer rapi­de­ment» la loi sur l’auto­dé­ter­mi­na­tion, « dans l’inté­rêt de la sécu­rité dans le sys­tème péni­ten­tiaire, du bon fonc­tion­ne­ment des pour­suites pénales et, sur­tout, dans l’inté­rêt des per­sonnes dont l’iden­tité de genre est pré­ci­sé­ment cen­sée être pro­té­gée par cette loi ».

La balle est désor­mais dans le camp de la coa­li­tion gou­ver­ne­men­tale « noire-rouge » menée par le for­te­ment impo­pu­laire chan­ce­lier Frie­drich Merz (CDU), qui se serait pro­ba­ble­ment bien passé de cette embar­ras­sante affaire, alors même qu’il affronte déjà la polé­mique née du recours à la GPA (une mère porteuse) par le chef des dépu­tés conser­va­teurs, l'homosexuel Jens Spahn. Inter­rogé par Le Figaro sur une éven­tuelle réforme de la loi sur l’auto­dé­ter­mi­na­tion de genre, le por­te­-pa­ro­lat de l’exé­cu­tif a d’ailleurs botté en touche.

Source : Le Figaro

lundi 27 juillet 2026

Canada : des publications sur les réseaux sociaux désormais surveillées par les autorités

Selon le Justice Centre for Constitutional Freedoms (JCCF), organisme canadien de défense des libertés constitutionnelles, la liberté d'expression en ligne au Canada fait l'objet d'une surveillance de plus en plus préoccupante.

Le JCCF estime que cette évolution ne résulte pas du seul projet de loi C-9, mais d'un ensemble de textes législatifs qui, selon lui, renforcent progressivement les pouvoirs de surveillance de l'État dans l'univers numérique, notamment en matière de contrôle des plateformes, d'accès aux données et de régulation des contenus en ligne.

« Nous recevons des témoignages selon lesquels des Canadiens sont contactés à leur domicile par des représentants des autorités au sujet de publications sur les réseaux sociaux remontant parfois à plusieurs mois, voire plusieurs années », a écrit le JCCF dans un message devenu viral sur 𝕩. « Ces signalements surviennent après l'adoption du projet de loi C-9, la Loi sur la lutte contre la haine, qui renforce les dispositions canadiennes relatives aux discours haineux en créant de nouvelles infractions, en alourdissant les peines et en supprimant certaines garanties juridiques qui limitaient auparavant les poursuites pour expression haineuse. »

« Il n'est malheureusement pas surprenant de voir se multiplier les signalements de personnes faisant l'objet d'enquêtes en raison de leurs propos, compte tenu des signaux extrêmement préoccupants envoyés récemment par le législateur fédéral, notamment avec l'adoption du projet de loi C-9 », a déclaré à LifeSiteNews Marty Moore, avocat spécialisé en droit constitutionnel et directeur du contentieux du JCCF. « Le Canada s'est déjà engagé très loin sur la pente glissante de la police de la parole. Si aucune correction n'est apportée, nous risquons de nous retrouver, dans un avenir proche, avec un régime de censure comparable à celui du Royaume-Uni. »

Marty Moore n'a pas souhaité révéler les détails des signalements reçus par le JCCF, mais il estime que les récentes initiatives du gouvernement canadien sont particulièrement préoccupantes.

« Le projet de loi C-9 aura un effet direct sur les décisions des enquêteurs et des procureurs concernant des propos religieux qui auraient auparavant pu être considérés comme une expression de bonne foi fondée sur un texte sacré », a-t-il expliqué. Entré en vigueur après avoir reçu la sanction royale le 18 juin, le projet de loi C-9 supprime en effet la défense dite de « bonne foi », qui protégeait les personnes exprimant ou cherchant à étayer, par un raisonnement, une opinion sur une question religieuse ou une opinion fondée sur un texte religieux. Rappelons que le Bloc Québécois a fortement appuyé ce projet de loi, pensant peut-être qu'il ne viserait que les islamistes radicaux.

Selon Marty Moore, l'effet le plus préoccupant pourrait toutefois être plus diffus. « Le projet de loi C-9, mais aussi d'autres textes ayant une incidence sur la liberté d'expression, notamment les projets de loi C-8 et C-34, risquent d'envoyer aux forces de l'ordre le message que la surveillance des opinions exprimées constitue désormais une priorité gouvernementale, justifiant davantage de moyens consacrés aux enquêtes et aux poursuites. »

Le JCCF souligne par ailleurs que le projet de loi C-34, présenté comme la « Loi sur les médias sociaux sûrs », conférerait d'importants pouvoirs de contrôle de l'expression en ligne à une Commission de la sécurité numérique dont les membres seraient nommés par le gouvernement.

Ceux qui seraient tentés de juger ces inquiétudes excessives peuvent notamment relever que le gouvernement libéral qualifie officiellement le morinommage — c'est-à-dire le fait de désigner une personne transgenre par son ancien prénom — de « violence facilitée par la technologie ». Selon sa définition, il s'agit d'une forme de violence émotionnelle liée au genre, à l'identité de genre, à l'expression de genre ou au genre perçu dans l'environnement numérique. Le gouvernement affirme également que le morinommage — « utiliser l'ancien nom d'une personne sans son consentement alors que son nouveau nom est connu » — constitue « une forme d'agression dégradante et irrespectueuse » parce qu'il « nie activement son identité ».

Plus tôt cette année, Barry Neufeld, ancien administrateur d'un conseil scolaire public de Colombie-Britannique, a été condamné par le Tribunal des droits de la personne de la province à verser 750 000 $ pour vingt-quatre publications — dont la plupart sur les réseaux sociaux — critiquant l'idéologie du genre et jugées constitutives d'un discours haineux. À la suite de cette décision, un autre administrateur d'école chrétienne, Laurie Throness, a annoncé sa démission, expliquant qu'il ne se sentait plus libre d'exprimer ses opinions sans risquer d'être visé par de lourdes sanctions financières.

Le JCCF encourage les Canadiens qui seraient contactés par les autorités au sujet de leurs publications sur les réseaux sociaux à prendre des précautions. « Si des représentants du gouvernement vous interrogent à propos de vos publications en ligne, envisagez d'enregistrer la conversation », conseille l'organisme. « Si vous estimez que vos droits ont été violés ou que vous avez été injustement pris pour cible, nous vous invitons à déposer une demande d'assistance par l'intermédiaire du portail en ligne du Centre de justice. »

samedi 25 juillet 2026

Nouvelle étude remet en cause les affirmations militantes LGBT selon lesquelles les lois dites « anti-trans » provoqueraient des suicides

Le groupe militant pro-LGBT Trevor Project a publié une étude affirmant que les lois interdisant aux hommes se déclarant « transgenres » de participer aux compétitions sportives féminines entraîneraient une hausse des suicides chez les jeunes. De nouvelles recherches mettent toutefois en évidence de sérieuses failles dans cette étude.

Le Trevor Project continue de promouvoir des « recherches » prétendant établir un lien entre les lois dites « anti-trans » et les suicides chez les adolescents souffrant de confusion de genre. Mais de nouveaux travaux scientifiques remettent une fois de plus en question la validité de ces conclusions.

Le Trevor Project se présente comme la « principale organisation à but non lucratif de prévention du suicide et d’intervention en situation de crise pour les jeunes LGBTQ+ ». Sur sa page d’accueil, l’organisation réagit à la récente décision de la Cour suprême des États-Unis confirmant la légalité des lois réservant les compétitions sportives scolaires aux personnes appartenant réellement au sexe correspondant, en laissant entendre que cette décision entraînera la mort de jeunes.

« Les chercheurs du Trevor Project ont publié une étude évaluée par les pairs dans la revue Nature Human Behaviour, concluant que les lois anti-transgenres – telles que celles examinées par la Cour suprême – provoquent directement une augmentation significative des tentatives de suicide chez les jeunes transgenres et non binaires vivant dans les États concernés », affirme l'organisation. « L’étude a analysé, sur une période de cinq ans, la relation de causalité entre ces lois et le risque de suicide à partir de données recueillies auprès de plus de 61 000 jeunes transgenres et non binaires à travers les États-Unis. Après prise en compte d’autres facteurs, les chercheurs ont conclu que ces lois entraînaient une augmentation pouvant atteindre 72 % des tentatives de suicide déclarées au cours de l’année précédente. »

Cependant, The College Fix rapporte que de nouvelles recherches ont mis au jour d'importantes faiblesses méthodologiques.

« La publication originale donne l’impression de reposer sur une analyse solide portant sur des dizaines de milliers de personnes et sur quinze États ayant adopté de telles lois », explique Kathleen Kerr, directrice du département de biostatistique à l’Université de Washington et coauteure d'une étude publiée dans la même revue afin d'évaluer ces résultats. « Notre commentaire montre que la principale conclusion – à savoir des effets importants deux et trois ans après l’adoption des lois – reposait en réalité sur un seul État, l’Idaho, qui ne représentait que quelques centaines de participants dans l’ensemble des données. Or les deux lois en question de l'Idaho, l’une sur les compétitions sportives et l’autre sur les certificats de naissance, ne sont soit jamais rentrées en vigueur, soit ont été suspendues par les tribunaux peu après leur adoption. »

Kathleen Kerr ajoute que les auteurs de l’étude initiale n’ont pas pris soin de sélectionner des États témoins comparables aux États ayant adopté ces lois. En utilisant comme groupe de contrôle l’ensemble des États n’ayant adopté aucune législation de ce type, ils ont inclus des États géographiquement et culturellement très éloignés, ce qui affaiblit la pertinence des comparaisons.

Les auteurs de l’étude contestée répondent que, même si les lois de l’Idaho n’ont jamais réellement produit d’effets concrets sur un nombre important d’élèves, le débat politique suscité par leur adoption aurait pu avoir un impact psychologique. Ils avancent également que les effets de ces lois auraient pu perdurer dans la pratique, y compris après leur suspension par les tribunaux.

Selon l’auteur, un nombre croissant d’éléments suggère toutefois que c’est au contraire l’approche dite d’« affirmation de genre » qui est susceptible de causer des préjudices importants, en particulier chez des enfants et des adolescents qui ne disposent pas encore de la maturité psychologique, émotionnelle ni de l’expérience nécessaire pour mesurer les conséquences à long terme de décisions susceptibles d'entraîner des transformations physiques majeures, voire des interventions chirurgicales ou des traitements hormonaux irréversibles.

En 2024, la Cass Review, vaste évaluation indépendante commandée par le National Health Service (NHS) anglais, avait conclu que la « médecine de genre » repose sur des « bases fragiles ». Le rapport souligne que, malgré l’abondance des publications scientifiques sur le sujet, les revues systématiques de la littérature mettent en évidence la faible qualité des études disponibles. Il n’existe donc pas, selon ses auteurs, de fondement scientifique suffisamment solide pour guider les décisions cliniques ou permettre aux enfants et à leurs familles de prendre des décisions pleinement éclairées.

En avril, une étude finlandaise portant sur l’ensemble des personnes de moins de 23 ans orientées vers des services spécialisés dans les questions de genre entre 1996 et 2019 (soit 2 083 personnes) a conclu que celles ayant entrepris une « transition de genre » présentaient une morbidité psychiatrique nettement plus élevée que les groupes témoins, avant comme après leur orientation vers ces services. Les besoins en soins psychiatriques persistaient fréquemment et avaient même tendance à s’aggraver après les interventions médicales.

L’auteur évoque également les témoignages de nombreuses personnes ayant effectué une « détransition », c’est-à-dire ayant renoncé à leur transition pour revenir à leur sexe d’origine. Selon lui, ces témoignages font état de séquelles physiques et psychologiques, ainsi que de biais idéologiques et de négligences au sein d'une partie du corps médical, dont certains praticiens adopteraient une approche militante en faveur de la transition.

Enfin, l’article rappelle que certains médecins pratiquant les soins dits d’« affirmation de genre » ont eux-mêmes évoqué des motivations financières. Il cite notamment un reportage diffusé en 2022 sur la Clinique de santé transgenre du Vanderbilt University Medical Center, dans lequel le Dr Shayne Sebold Taylor déclarait que « ces chirurgies rapportent beaucoup d’argent ».

lundi 1 juin 2026

« Scout toujours, LGBTQ2SAI+ ! » : quand le scoutisme catholique européen s'ouvre à la rhétorique LGBTQ

De Tribune chrétienne

De la France à l’Italie, plusieurs mouvements scouts se réclamant du catholicisme adoptent désormais les concepts d’identité de genre, d’inclusion LGBT et de reconnaissance des orientations sexuelles. Une évolution qui suscite une inquiétude croissante chez ceux qui voient dans le scoutisme une école de foi avant d’être un laboratoire des nouvelles idéologies.


Pendant des décennies, le scoutisme catholique a constitué l’un des plus puissants instruments de formation chrétienne de la jeunesse. On y apprenait l’esprit de service, le sens du devoir, la maîtrise de soi, le goût de l’effort, la vie de prière et la fidélité au Christ. Aujourd’hui, une autre logique semble s’imposer progressivement au sein de plusieurs mouvements européens : celle de l’idéologie LGBT. En France, les signaux d’alerte se multiplient depuis plusieurs années. Messages diffusés à l’occasion de la Journée internationale contre les LGBT-phobies, promotion de « l’inclusion », mise en avant de la « visibilité » LGBT, recours à l’écriture inclusive, diffusion de supports inspirés du militantisme gay contemporain : autant d’éléments qui témoignent d’une évolution profonde des Scouts et Guides de France.

Le problème n’est pas le respect des personnes. Celui-ci fait partie intégrante de l’enseignement chrétien. Le problème est l’introduction dans l’éducation scoute d’une vision de l’homme, de la sexualité et de la famille qui s’éloigne de l’enseignement constant de l’Église. Or ce qui se produit en France apparaît désormais également en Italie.

Le 3 mai dernier, l’AGESCI, l’Association des Guides et Scouts Catholiques Italiens, a adopté un document intitulé Identité de genre et orientation sexuelle et affective. Ce texte affirme que l’identité de genre et l’orientation sexuelle doivent être reconnues et valorisées au sein de la communauté scoute. Il considère également que ces éléments ne peuvent constituer un obstacle à l’exercice de responsabilités éducatives. Pour de nombreux observateurs catholiques italiens, il s’agit d’une rupture doctrinale majeure. Car l’Église a toujours distingué l’accueil des personnes et l’évaluation morale des comportements. Elle n’a jamais enseigné que l’homosexualité ou la transidentité devaient être présentées comme des réalités positives ou comme des composantes à célébrer de l’identité humaine.

Le document italien va plus loin encore. Il appelle à combattre les attitudes qualifiées d’« homolesbobitransphobes », dans une logique qui tend à assimiler toute critique de l’idéologie LGBT à une forme de discrimination. Cette approche reprend les catégories aujourd’hui largement diffusées dans les milieux militants LGBT.

Le parallèle avec la situation française est frappant. Dans les deux pays, le même vocabulaire s’impose. Inclusion, reconnaissance des identités, diversité des orientations sexuelles, visibilité, lutte contre les discriminations : autant de notions qui occupent désormais une place centrale dans le discours scout. Dans le même temps, les références explicites à la morale catholique deviennent de plus en plus discrètes. Cette convergence n’a rien d’anodin. Sans qu’il soit possible d’affirmer l’existence d’une coordination organisée, une même dynamique idéologique traverse aujourd’hui plusieurs mouvements du scoutisme catholique européen. Les mêmes concepts apparaissent, les mêmes revendications sont relayées et les mêmes évolutions anthropologiques sont présentées comme inéluctables.

Le paradoxe est saisissant. Le scoutisme fut créé pour former des jeunes enracinés dans la vérité, capables de résister aux pressions du monde et de vivre selon une loi morale exigeante. Il apparaît aujourd’hui, dans certains mouvements, comme un lieu d’adaptation aux grandes tendances culturelles contemporaines. L’enjeu dépasse largement les seuls scouts. Derrière ces débats se profile une question fondamentale : quelle conception de l’homme veut-on transmettre aux nouvelles générations ? L’anthropologie chrétienne repose sur la complémentarité de l’homme et de la femme, sur la réalité de la nature humaine et sur une vision de la sexualité ordonnée au bien de la personne. L’idéologie LGBT propose au contraire une identité fondée sur le ressenti individuel et détachée de toute référence objective à la nature.

C’est pourquoi l’inquiétude de nombreuses familles est profonde. Elles ne confient pas leurs enfants au scoutisme catholique pour qu’il reprenne les catégories idéologiques du temps présent. Elles y cherchent une formation humaine et spirituelle enracinée dans l’Évangile. De la France à l’Italie, le constat devient difficile à ignorer : sous le langage de l’accueil et de l’inclusion, une partie du scoutisme catholique abandonne sa mission première. Et lorsque les mouvements chargés de former la jeunesse commencent à adopter les principes du monde plutôt que ceux de l’Église, la devise « Scout toujours ! » risque de perdre une part essentielle de son sens.


mercredi 29 avril 2026

Menacé, le cinéma Cartier de Québec annule la première de Génération Trans


La soirée spéciale prévue le 30 avril prochain n’aura pas lieu à Québec

La première d’un film portant sur le phénomène trans a été annulée au cinéma Cartier, à Québec.

Après une soirée sans anicroche devant une centaine de personnes à Montréal, la projection du documentaire Génération Trans, prévue le 30 avril, n’aura pas lieu dans la capitale.

Menace

Le réalisateur indépendant se dit profondément ébranlé par cette décision. « J’avais réussi à louer une salle, mais le cinéma Cartier m’a confirmé qu’on ne veut plus projeter mon documentaire. Le propriétaire m’a confirmé officiellement la mauvaise nouvelle. Je l’ai appris[e] lundi », a expliqué Jean-Pierre Roy.

L’activité avait notamment été annoncée sur les réseaux sociaux. « C’était une erreur. Je me retrouve le bec à l’eau », déplore le cinéaste.

Selon lui, le cinéma aurait reçu des messages désobligeants et des menaces de membres de la communauté trans qui dénonçaient la projection du film. Il affirme aussi que des employés de l’établissement auraient également menacé de démissionner.

La face cachée

Génération Trans est décrit comme un documentaire indépendant sur la face cachée de la transidentité chez les jeunes.

Le point de départ est le suivant : au Québec, avant l’âge de 18 ans, on ne peut ni voter, ni acheter de l’alcool, ni faire un tas d’autres choses, parce que la loi présume qu’une personne mineure n’a pas encore la maturité requise.

Cependant, dès l’âge de 14 ans, un enfant peut décider qu’il appartient au « mauvais sexe » et entreprendre seul une transition de genre. Bienveillance ou négligence ?

« Je questionne [le fait] que les jeunes, des mineurs, à partir de 14 ans, ont l’autonomie décisionnelle pour avoir des traitements hormonaux, et plus tard, à 16 ans, pour [subir] des interventions chirurgicales, comme la mastectomie. Je le questionne comme citoyen, comme papa, comme réalisateur et comme Québécois », ajoute M. Roy.


Ce dernier a recueilli des témoignages de parents, d’experts et de membres du Comité de sages sur l’identité de genre. Des séquences ont même été tournées en Europe. Le projet a duré un an.

Des révélations

« Je me demande seulement comment le Québec a pu en arriver là. Il y a une zone grise que les cliniques de transition utilisent. Le film est troublant parce qu’il y a des révélations », termine-t-il.
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Le Journal n’a pas pu visionner le documentaire. Le propriétaire du cinéma, qui refuse de le présenter en salle, ne l’a pas vu non plus.

Le patron du cinéma Cartier ne reviendra pas sur sa décision d’annuler la projection. Il confirme avoir reçu des menaces.

« Des choses vraiment pas sympathiques. On voulait présenter le film avec une discussion, mais ça n’aura pas lieu. Les gens nous ont associés au film et ce n’est pas le cas. Ça s’est emballé de façon négative », précise Yvan Fontaine.

L’homme d’affaires aurait aimé se faire une idée du film. « J’aurais pu me faire ma propre opinion sur le contenu et peut-être calmer le jeu. C’est la première fois que je vis ça. »

Source : Journal de Québec
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samedi 18 avril 2026

« Trans genre » : Le triomphe de l’amour et de la patience

Un texte de Joseph Facal paru dans le Journal de Montréal. 

Une vraie belle histoire, ça vous dirait, pour faire changement ?

Je vous parlais l’autre jour du documentaire de Jean-Pierre Roy intitulé Génération trans. [Dès 14 ans, au Québec, un enfant peut décider qu’il appartient au « mauvais sexe » et entreprendre seul une transition de genre. Nul besoin de consentement parental, sous prétexte que certains parents pourraient fort mal réagir. Le documentaire met en lumière l’omerta (ou le silence/refus de s’exprimer) d’une partie du corps médical et des ordres professionnels : le réalisateur a tenté d’interviewer le Collège des médecins, l’Ordre des psychologues et d’autres, qui ont refusé ou sont restés très discrets. Il est centré sur les témoignages de parents (surtout des mères) démunis face à la rapidité du processus, aux discours d’« affirmation de genre » immédiate, et aux risques d’irréversibilité. Il questionne le modèle d’affirmation rapide, l’influence des lignes directrices comme celles de WPATH, et le manque de réelle évaluation psychologique approfondie dans certains cas..]



Le film est centré sur les témoignages de parents d’enfants d’âge mineur qui disent vouloir « changer de sexe » parce qu’ils seraient nés « dans le mauvais corps ».

Ces parents racontent comment notre système psycho médical et légal s’emballe dès que l’enfant émet ce souhait.

Angoisse

Dans la foulée, une mère qui avait pris contact avec moi il y a trois ans m’a écrit de nouveau.

Elle avait alors une fille de 14 ans qui avait commencé à se dire garçon.

À l’époque, elle écrivait :

« Jamais ma fille n’avait démontré de malaise face à son corps. Ma fille s’est liée avec une fille qui se disait garçon et quelques mois après, ma fille se disait aussi garçon [...]. Nous sommes tellement angoissés par cette situation. Cela occupe toutes nos pensées ».

Elle ajoutait :

« Je discute avec énormément de parents de partout dans le monde qui sont touchés par la situation. Ces enfants ont pas mal tous le même profil. Ils n’ont jamais ressenti de malaise face à leur corps, sont anxieux, manquent de confiance en eux, [ont des] difficultés à se faire des amis, en pleine puberté, ils sont mal à l’aise dans leur corps, à la recherche d’un sentiment d’appartenance à quelque chose. »

Trois ans plus tard, elle m’écrit :

« Aujourd’hui, j’ai eu envie de vous donner des nouvelles, car le dénouement de notre histoire peut être porteur d’espoir pour des parents qui vivent ce que nous avons vécu. [...] Celle qui était alors sombre, anxieuse, peu sûre d’elle et victime d’intimidation est devenue une jeune fille lumineuse et épanouie. Elle a dorénavant un grand cercle d’amies, elle est appréciée de ses pairs et elle a retrouvé une immense confiance en elle. Nous sommes d’ailleurs plus proches que jamais, nous passons énormément de temps ensemble. »

Elle dit ensuite :

« Nous ne pouvons nous empêcher de nous demander : où en serait-elle si nous l’avions encouragée dans un changement de nom et de genre à l’école ? Où en serait-elle si nous avions couru chez le médecin pour obtenir des bloqueurs de puberté ? Nous savons qu’elle n’aurait pas ce bien-être actuel et que sa vie serait inutilement complexifiée par des décisions médicales irréversibles ».
Espoir

Je la laisse conclure :

« Notre fille traversait une forme de crise d’adolescence – une crise qui, si elle est encouragée plutôt que simplement accompagnée, peut avoir des répercussions sur une vie entière. Aujourd’hui, que ce soit dans son attitude, sa personnalité ou sa présentation, c’est comme si cet épisode n’avait jamais existé. Nous n’en reparlons jamais, car nous savons que cela la gênerait et ce n’est tout simplement pas nécessaire. »

La dysphorie de genre existe, mais elle est rarissime, sans commune mesure avec les troubles communs de l’adolescence.

L’amour et la patience ont triomphé.

vendredi 10 avril 2026

«MMIWG2SLGBTQQIA+» : une députée canadienne raillée après l’usage d’un acronyme jugé «absurde» et «woke»

Canada: une députée dénonce le «génocide en cours des personnes MMIWG2SLGBTQQIA+»
À Ottawa, lors d’une conférence de presse consacrée aux femmes autochtones disparues et assassinées, une députée néo‑démocrate a évoqué le «génocide en cours» visant les personnes «MMIWG2SLGBTQQIA+». De quoi susciter de multiples réactions sur les réseaux sociaux.

Brandi au Canada par la députée néo-démocrate Leah Gazan, l’acronyme «MMIWG2SLGBTQQIA+» concentre en une formule quasi imprononçable un ensemble de réalités telle que les femmes et filles autochtones disparues ou assassinées, ainsi que diverses minorités sexuelles et de genre au sein des communautés autochtones.

Les peuples autochtones représentent environ 5% de la population canadienne, mais près d’un quart des victimes d’homicide selon les chiffres officiels, avec une nette surreprésentation des femmes parmi ces victimes.

Mercredi 8 avril à Ottawa, Leah Gazan a ainsi vertement dénoncé les 7 milliards de dollars de coupes budgétaires décidées par le gouvernement de Mark Carney dans les services aux autochtones, accusant Ottawa de ne rien prévoir pour ce qu’elle décrit comme un «génocide en cours».
Une terminologie employée par le gouvernement fédéral canadien lui‑même

Mais sur les réseaux sociaux, ce sont surtout les quinze caractères de «MMIWG2SLGBTQQIA+» («Missing and Murdered Indigenous Women, Girls, Two-Spirit, Lesbian, Gay, Bisexual, Transgender, Queer, Questioning, Intersex, Asexual, plus») qui ont retenu l’attention, suscitant un torrent de moqueries, certains y voyant la caricature d’une inflation «woke» de sigles, d’autres ironisant sur une excellente idée de mot de passe «ultra-sécurisé».

L’acronyme n’est pas un slogan militant improvisé, mais une terminologie employée par le gouvernement fédéral canadien lui‑même, qui l’utilise dans ses documents officiels. Selon ces critiques, cette complexité formelle, qui confine à l’absurde, finit par décrédibiliser la cause que les militants prétendent servir, en reléguant au second plan les violences subies par les personnes concernées.

Dans les contextes officiels francophones canadiens (gouvernement, enquêtes nationales), on parle plutôt de : FFADA2ELGBTQQIA+ ou FFADA et personnes 2ELGBTQQIA+
  • FFADA : Femmes et Filles Autochtones Disparues et Assassinées.
  • 2E : Deux-Esprits (ou bispirituel·le / bispirituelles) – terme désignant des personnes autochtones qui incarneraient à la fois un esprit masculin et féminin, ou des rôles de genre traditionnels non binaires dans les cultures autochtones.
  • Ensuite, la suite LGBTQI+ (ou parfois LGBTQQIA+) est traduite ainsi :
    • L : Lesbienne
    • G : Gaie (ou Gai)
    • B : Bisexuel·le
    • T : Transgenre
    • Q : Queer
    • Q : en Questionnement (parfois inclus)
    • I : Intersexué·e (ou Intersexuel·le)
    • A : Asexuel·le (parfois inclus)
    • + : Inclut toutes les autres identités de genre, orientations sexuelles ou terminologies non listées (pansexuel·le, non-binaire, etc.).

La version complète étendue devient donc quelque chose comme : Femmes, Filles et Personnes 2ELGBTQQIA+ Autochtones Disparues et Assassinées (ou FFADA2ELGBTQQIA+).

mercredi 8 avril 2026

Étude finlandaise inédite révèle que les troubles psychiatriques persistent et s’aggravent après les transitions médicales chez les adolescents dysphoriques

Une étude finlandaise récente apporte un éclairage particulièrement rigoureux sur une question délicate et vivement débattue : les effets des interventions médicales de transition de genre sur la santé mentale des adolescents présentant une dysphorie de genre.

Publiée dans la revue scientifique Acta Paediatrica, cette recherche dirigée par la professeure Riittakerttu Kaltiala s’appuie sur des données nationales d’une ampleur et d’une qualité remarquables. Elle couvre l’ensemble des jeunes Finlandais de moins de 23 ans orientés vers les deux cliniques spécialisées entre 1996 et 2019, soit une cohorte de 2 083 patients, comparée à plus de 16 000 témoins appariés. Le suivi, fondé sur les registres de santé publique, s’étend jusqu’à l’âge de 25 ans, ce qui confère à l’étude une solidité peu commune dans ce domaine.
Les résultats confirment d’abord un point essentiel : les adolescents concernés présentent, avant toute intervention, une fragilité psychiatrique nettement supérieure à celle de la population générale. Près de la moitié d’entre eux ont déjà eu recours à des soins spécialisés pour dépression, anxiété ou troubles du comportement, contre une minorité dans le groupe témoin. Cette vulnérabilité ne s’atténue pas avec le temps ; au contraire, elle tend à s’accentuer.

L’observation la plus préoccupante concerne toutefois l’évolution après les interventions médicales. Chez les jeunes ayant entrepris une transition hormonale ou chirurgicale, les besoins en soins psychiatriques augmentent fortement au cours du suivi. Loin de traduire une amélioration globale de la santé mentale, ces données suggèrent une persistance, voire une aggravation des troubles. Les auteurs soulignent par ailleurs que ces difficultés étaient, dans la plupart des cas, antérieures à la dysphorie elle-même, et qu’elles semblent encore plus marquées dans les cohortes récentes.

Les chercheurs en tirent une conclusion mesurée mais ferme : les interventions médicales de transition ne s’accompagnent pas d’une diminution des troubles psychiatriques chez ces jeunes. Ils évoquent également la possibilité que, pour une partie d’entre eux, la dysphorie de genre s’inscrive dans un tableau plus large, incluant notamment des troubles du spectre autistique, des états dépressifs ou des troubles anxieux.

Ces résultats s’inscrivent dans une évolution plus large observée dans plusieurs pays européens, où les autorités sanitaires tendent désormais à privilégier une approche prudente, centrée d’abord sur l’accompagnement psychothérapeutique, et à restreindre l’usage des traitements hormonaux chez les mineurs.

Il serait réducteur de nier la souffrance réelle de ces adolescents. Elle est indéniable et appelle une réponse attentive, humaine et compétente. Mais cette étude invite à interroger avec sérieux la pertinence de réponses médicales lourdes et parfois irréversibles dans des situations où les fragilités psychiques sont profondes, complexes et souvent antérieures.

Dans un domaine où les positions peuvent rapidement se polariser, ces données rappellent l’exigence première de la médecine : ne pas nuire. Elles suggèrent qu’une approche globale, prudente et centrée sur la santé mentale dans toute sa complexité mérite d’être privilégiée, plutôt que de recourir précocement à des interventions dont les bénéfices, au vu des données actuelles, demeurent incertains.

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Nashville : 3 enfants et 3 adultes abattus dans une école privée chrétienne par une meurtrière trans (m à j : menaces préalables, motifs écrits)

Haine — le tueur du club LGBTQ se dit « non binaire », veut qu'on utilise « they » comme pronom, né dans une famille décomposé

Charlie Kirk, animateur de « Prouvez que j'ai tort », assassiné lors d'un débat en plein air à l'Université d'Utah Valley [motifs LGBTQ soupçonnés]

Nouvelle étude : la dysphorie de genre chez les ados ne les expose pas en soi à un risque plus élevé de suicide

Aucune étude fondée sur les preuves démontre le bénéfice d’affirmer la transition de genre d’un mineur sur l’argument du risque suicidaire

À la lumière de six études, Remafedi trouve que le suicide chez les jeunes homosexuels s’explique peu par l’homophobie, mais davantage par la prostitution, la famille désunie, l’agression sexuelle en bas âge, les peines d’amour et l’étiquetage prématuré de l’orientation sexuelle.

mardi 10 mars 2026

Hausse de la violence envers le personnel scolaire : un symptôme du bouleversement des écoles québécoises

La hausse des incidents impliquant des élèves et du personnel scolaire au Québec s’inscrit dans un contexte plus large de transformation du système éducatif. Selon les données compilées par les organisations syndicales et relayées dans les médias, les réclamations pour violence envers le personnel scolaire ont augmenté d’environ 77 % entre 2020 et 2023. Les situations rapportées incluent des insultes, de l’intimidation, des menaces et, dans certains cas, des agressions physiques.

Plusieurs épisodes récents ont attiré l’attention du public, notamment des altercations dans ou autour d'écoles de Brossard sur la Rive-Sud de Montréal et des incidents signalés dans des établissements de Repentigny ou chez un dépanneur proche d'une école de Repentigny (ci-dessous). Pris isolément, ces événements restent ponctuels, mais pour de nombreux enseignants ils témoignent d’un climat scolaire plus tendu qu’auparavant.

Une transformation démographique rapide

Ces difficultés apparaissent dans un contexte de changement démographique marqué.

Selon l’Institut de la statistique du Québec et le ministère de l’Éducation :
  • environ 36 % des élèves du Québec sont immigrants ou enfants d’immigrants (première ou deuxième génération) ;
  • dans la région de Montréal, cette proportion dépasse 60 % dans le réseau scolaire francophone ;
  • dans plusieurs établissements urbains, les élèves issus de l’immigration constituent un très grande majorité des cohortes.

Parallèlement, la fécondité des Québécois a fortement diminué. L’indice synthétique de fécondité se situe autour de 1,33 enfant par femme en 2024, bien en dessous du seuil de remplacement des générations (2,1). Une part croissante des nouvelles cohortes scolaires provient donc de l’immigration récente.


Des univers sociaux parfois séparés

Plusieurs recherches en sociologie de l’éducation ont observé que, dans les écoles très diversifiées, les élèves ont tendance à se regrouper par affinités linguistiques, culturelles ou communautaires. Les chercheurs décrivent souvent ce phénomène comme une segmentation sociale informelle : les amitiés et les réseaux d’élèves se structurent fréquemment autour d’origines communes.

Ce phénomène n’implique pas nécessairement de conflit ouvert, mais il peut limiter les interactions entre groupes et réduire la formation d’une culture commune à l’échelle de l’établissement.

Dans certaines écoles montréalaises, des études ont montré que les contacts sociaux entre élèves francophones d’origine et élèves issus de l’immigration restent relativement limités, en particulier dans les milieux où aucun groupe ne constitue une majorité claire.

Une faible intégration culturelle 

Les données disponibles suggèrent également que l’intégration identitaire au Québec se fait de manière variable selon les parcours.

Les enquêtes sur l’identité montrent que :
  • une majorité de francophones se disent d’abord Québécois avant Canadiens ;
  • chez les allophones, l’identification au Canada est souvent plus forte que l’identification au Québec
  • les allophones s'inscrivent en plus grand nombre aux cégeps et universités anglophones ce qui tend à montrer un faible attachement au français (en 2020, les allophones représentaient environ 37 % des effectifs des cégeps anglophones, tandis que les francophones en composaient environ 26,6 % alors la proportion d’allophones dans l’ensemble de la population québécoise était autour de 7,9 % en 2021).
Chez les jeunes issus de l’immigration ayant étudié au Québec, plusieurs recherches indiquent que l’adoption d’une identité québécoise se produit parfois plus tard dans le parcours, notamment au cégep ou à l’université. Dans d’autres cas, l’identité demeure principalement liée à l’origine familiale ou à une identité canadienne plus large.

La question de la culture commune

Un autre élément souvent évoqué par les chercheurs concerne la consommation culturelle des jeunes. L’univers médiatique des adolescents est aujourd’hui largement internationalisé et dominé par la culture anglophone nord-américaine. Dans ce contexte, la culture québécoise joue parfois un rôle limité dans les références culturelles quotidiennes des élèves, en particulier dans les milieux très diversifiés.

Un angle encore peu étudié (tabou ?)

Certains enseignants et intervenants scolaires affirment également entendre, dans des situations de conflit ou de provocation, des propos exprimant une distance ou un rejet de la culture québécoise.

Cependant, ces perceptions reposent pour l'instant surtout sur des témoignages individuels. À ce jour, il existe peu d’enquêtes systématiques mesurant directement les attitudes des élèves envers la culture québécoise, leurs enseignants ou les institutions francophones. Dans quelle proportion considèrent-ils, par exemple, que l'école québécoise et le français sont des options inférieures ? Y a-t-il une forme de mépris pour la culture d'accueil qui est non seulement minoritaire en Amérique du Nord, mais considérée comme décadente ? 

La question reste empiriquement peu documentée, non parce qu’elle serait impossible à étudier, mais parce que les données quantitatives sur ces perceptions sont encore limitées, peut-être parce qu'il s'agit de sujets sensibles pour une société qui croit dans l'assimilation facile de toute immigration.

Le progressisme enseigné à l'école sape-t-il le respect envers les éducateurs ?

Plusieurs études, dont celles menées par le groupe militant LGBTQ GRIS‑Montréal et analysées par le politologue de gauche Francis Dupuis‑Déri (UQAM), montrent une augmentation du malaise des élèves face aux contenus liés à la diversité sexuelle et de genre entre 2017 et 2024. Par exemple, la proportion d’élèves se disant inconfortables avec l’orientation sexuelle d’un ami homosexuel est passée de 25 % à 40 %, et pour l’homoparentalité, de 10 % à 24 % sur la même période. Ces attitudes, principalement observées chez les jeunes issus de familles religieusement pratiquantes (lesquels sont issus très majoritairement de l'immigration), ont un effet indirect sur la perception de l’autorité et de la légitimité de l’école.

Dans la pratique, cela se traduit par des incidents de contestation ponctuels, tels que le refus de participation ou les moqueries envers les enseignants, signalés récemment dans des écoles de la Rive-Sud, de Brossard à Repentigny. Bien que minoritaires, ces comportements mettent en évidence que certains élèves perçoivent l’école québécoise comme un système en décalage avec leurs valeurs, ce qui peut fragiliser le respect des enseignants et des administrateurs. 
 
 
 
Le programme scolaire ECR (récemment aboli) a-t-il miné l'intégration ?

On se rappellera que l'État québécois a imposé le cours d'Éthique et de culture religieuse dont le but était précisément le vivre-ensemble, l'ouverture à la différence, célébrer la diversité (y compris des formes familiales). On peut se demander si son effet majeur n'aura pas été de dire que les Québécois ne pouvaient imposer leur culture aux arrivants, que toutes les religions et croyances se valaient.

dimanche 8 mars 2026

Mineurs rétribués au Royaume-Uni pour prendre des bloqueurs de puberté

En avril débutera au Royaume-Uni la première étude randomisée sur le rapport bénéfice/risque des bloqueurs de puberté (cf. Le Royaume-Uni lance la première étude randomisée sur les effets des bloqueurs de puberté sur le cerveau). Cette étude a été demandée après la publication du rapport Cass, le 10 avril 2024, qui faisait état de « preuves insuffisantes » quant à l’efficacité de ces traitements – aboutissant à leur interdiction (cf. Bloqueurs de puberté : des données « insuffisantes » ; Changement de genre chez les mineurs : le gouvernement britannique interdit les bloqueurs de puberté). Commandée par le secrétaire à la Santé Wes Streeting, l’essai portera sur 226 enfants et adolescents de moins de 16 ans qui se considèrent comme transgenres

Les jeunes cobayes rétribués en chèques cadeaux


En échange de leur participation, les adolescents devraient recevoir des bons d’achat émis par l’entreprise Love2shop d’une valeur de 500 livres (573 euros) qu’ils pourront dépenser chez Asos, Nike, The Perfume shop ou encore Pizza Hut. En effet, au cours des deux années que devrait durer l’étude, certains participants seront soumis à 15 tests sur l’évolution de leurs capacités cognitives, rétribués par un bon d’achat d’une valeur de 30 livres chacun, et des IRM rétribués par des bons de 15 livres. D’autres se verront accorder un chèque cadeau de 15 livres pour chaque examen de densité osseuse et examen sanguin (cf. « Soin d’affirmation de genre » : une formulation dangereuse).

Une expérimentation pourtant dangereuse

La députée Claire Coutinho, secrétaire d’Etat pour l’Egalité du cabinet fantôme[1], dénonce le fait que « cette étude inflige à des enfants en bonne santé un protocole de soins qui risque de les rendre définitivement infertiles. Il n’y a pas d’âge minimum pour y participer et il nous a été confirmé que des enfants atteints d’autisme ou de troubles cognitifs faisaient également partie de l’essai » (cf. Autisme et genre : associations et praticiens alertent ; Genre : la « transition médicale » associée à une augmentation des suicides de mineurs).

Il a été démontré que les bloqueurs de puberté, sans avoir prouvé leur efficacité dans l’amélioration de la santé mentale, avaient pour effet de renforcer la perception d’un enfant qui déclare être transgenre (cf. Changement de genre chez les mineurs : l’impact des traitements hormonaux sur la dépression et le suicide reste inconnu). Ces traitements ont par ailleurs des effets néfastes pour le développement de son cerveau et la fertilité future.

Une intrusion dans l’intimité des mineurs

Les jeunes cobayes seront soumis à une évaluation régulière du fonctionnement de leur cerveau, cœur et système circulatoire. Les jeunes filles sont prévenues du fait qu’une grossesse les excluraient du protocole. Elles seront soumises à des tests réguliers et sont encouragées à utiliser des contraceptifs non-hormonaux. Les enfants et adolescents âgés de plus de 12 ans devront répondre à un questionnaire à propos de leur orientation sexuelle et de leurs éventuelles relations amoureuses et sexuelles.

L’annonce de l’étude randomisée a suscité une vive opposition de la part de personnalités transpartisanes et de centaines de médecins, à laquelle s’ajoutent une action en justice et une pétition signée par plus de 142.000 personnes.

Complément du 23/02/2026 : L’essai clinique a été suspendu après que l’autorité britannique de surveillance des médicaments a soulevé des « questions de sécurité ». L’Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) devrait s’entretenir la semaine prochaine avec le King’s College de Londres, dont les chercheurs mènent l’essai, afin de répondre à ces préoccupations, a déclaré le gouvernement.

[1] Sorte de « gouvernement bis » qui réunit les députés les plus influents du principal parti de l’opposition parlementaire

Sources de la synthèse de presse : The Telegraph, Michael Searles (12/02/26) ; BBC, Amy Walker et Alison Holt (21/02/2026)

jeudi 5 mars 2026

Le fanatisme du Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique doit être dénoncé

Amy Hamm (ci-contre) est une infirmière canadienne (registered nurse) de la Colombie-Britannique, connue pour son implication dans un dossier très médiatisé lié aux questions de genre, d'identité transgenre et de liberté d'expression.

Elle a été accusée par le British Columbia College of Nurses and Midwives (BCCNM) d'avoir tenu des propos discriminatoires et dérogatoires envers les personnes transgenres sur diverses plateformes en ligne (réseaux sociaux, podcasts, écrits publiés) entre environ juillet 2018 et mars 2021 notamment
  • L'affirmation que le sexe biologique est binaire et immuable,
  • La défense des espaces réservés aux femmes biologiques (toilettes, prisons, refuges pour victimes de violence, etc.), qui ne devraient pas être accessibles aux personnes nées hommes qui se disent femmes.
En mars 2025, un comité disciplinaire du BCCNM l'a déclarée coupable de faute professionnelle. En août 2025, la sanction a été prononcée : suspension de son permis d'infirmière pour 1 mois, et obligation de payer environ 94 000 $ en frais et débours du collège (dans un délai de 2 ans). Amy Hamm a été licenciée de son emploi (notamment chez Vancouver Coastal Health) sans indemnité de départ suite à cette décision. Elle nie être transphobe et affirme défendre les droits basés sur le sexe biologique des femmes et des filles.Elle a fait appel de la décision disciplinaire devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique (avec l'aide du Justice Centre for Constitutional Freedoms), et cet appel est en cours (la sanction est suspendue en attendant le résultat). Elle a aussi déposé des plaintes pour discrimination (fondées sur ses croyances politiques) auprès du BC Human Rights Tribunal contre son ancien employeur et le collège.
Il est clair, après que l'ancien administrateur scolaire de Chilliwack, Barry Neufeld, ait été condamné par le Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique (BCHRT) à verser 750 000 dollars aux enseignants LGBTQ du district, que je n'ai aucune chance de gagner mes propres plaintes pour discrimination fondée sur les convictions politiques devant le même tribunal.  

Les deux plaintes que j'ai déposées auprès du BCHRT en 2025 n'ont toujours pas été examinées ni acceptées. Avec l'avocate Lisa Bildy et le Justice Centre for Constitutional Freedoms, nous espérons obtenir une décision qui découragerait la discrimination fondée sur des convictions politiques critiques à l'égard du genre. (Comme Neufeld, j'ai été condamné à payer des frais exorbitants pour avoir énoncé des faits biologiques.)  

Je mènerai mon combat (contre le B.C. College of Nurses and Midwives et la Vancouver Coastal Health Authority) dans cet antre de fanatiques woke, quoi qu'il en coûte. Ils ont besoin de toute la visibilité possible. 

Ce mois-ci, le BCHRT a décrété que Neufeld avait violé les articles 7 et 13 du Code des droits de la personne de la Colombie-Britannique avec ses commentaires critiques sur l'idéologie du genre et le SOGI123 (ressources scolaires sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre destinées aux enseignants de la Colombie-Britannique).  

À l'origine de la prétendue hérésie de Neufeld se trouve son insistance sur le fait que le sexe biologique est réel et immuable. Le BCHRT a proclamé que quiconque ose le dire à haute voix, comme Neufeld et moi-même l'avons fait, tient des propos discriminatoires et haineux qui peuvent « effacer » l'existence des personnes identifiées comme transgenres. (Peu importe l'affirmation contradictoire du BCHRT, écrite dans sa dernière décision, selon laquelle Neufeld était simultanément coupable d'effacer l'existence des transgenres et d'utiliser « l'existence même » des personnes transgenres comme une menace pour les enfants, les familles et l'ordre social. Comment les deux peuvent-ils être vrais ?) 

Il semble que le BCHRT n'ait pas pu résister à la tentation d'insérer des piques mesquines à l'encontre de Neufeld dans sa décision chaque fois que cela était possible. Certaines parties de la décision se lisent comme une confession de la vendetta personnelle du tribunal à son encontre. Tout d'abord, ils ont attribué des pronoms — et donc une « identité de genre » — aux témoins de Neufeld, qui étaient là pour contester le non-sens métaphysique et invérifiable qui constitue l'« identité de genre » en soi. Lorsque le tribunal a rédigé la liste des témoins appelés à comparaître, il a ajouté « il/lui » ou « elle/elle » entre parenthèses après chaque nom — une démarche totalement inutile qui témoigne de sa fidélité à la doctrine du genre.

La défaite de Neufeld était courue d'avance. 

Les membres du BCHRT notent, au début de la décision, que Neufeld s'est déjà excusé publiquement d'avoir offensé des personnes avec ses opinions et qu'il a déclaré vouloir tenir un débat public respectueux. « Malheureusement, l'engagement de M. Neufeld en faveur d'une discussion respectueuse et d'une dissidence constructive n'a pas duré », ont-ils écrit avec sarcasme.  

Plus loin, le tribunal suggère que M. Neufeld pourrait se considérer comme un martyr. Il a fait valoir que même s'il « a peut-être été inefficace et politiquement isolé en tant qu'administrateur », il restait responsable du travail et de l'environnement d'apprentissage de son district.   

Ils ont également jugé pertinent de mentionner que Neufeld avait « sans succès » poursuivi en justice l'un des témoins du plaignant, Glen Hansman, pour diffamation. Aucune analyse juridique n'est fournie concernant cette affaire, et le BCHRT ne s'est pas appuyé sur l'affaire de diffamation pour rendre cette dernière décision. Elle a sans aucun doute été invoquée uniquement à titre d'insulte. 

La décision indique également que Neufeld « invoquait fréquemment son statut et ses qualifications autoproclamées ». Mais s'agissait-il vraiment de références ? Si Neufeld avait « falsifié » ses références professionnelles, nous n'en aurions certainement jamais entendu parler. Les membres du tribunal se sont donné beaucoup de mal pour dénigrer Neufeld, point final. (Pour mémoire, Neufeld est titulaire d'un diplôme en psychologie de l'adolescence et a passé de nombreuses années dans le système pénitentiaire, à la fois comme agent de probation et comme agent de facilitation de la justice réparatrice).

Il existe d'autres exemples, notamment la description d'une interview médiatique dans laquelle le BCHRT qualifie la prestation de Neufeld de « verbeuse et décousue ». (Pourquoi en arriver là ?) Son souci pour les enfants n'est pas réel, ont-ils écrit, mais « prétendu ».  

Les membres s'étendent sur le fait que, selon eux, Neufeld est imperméable à la logique : « Les opinions de M. Neufeld semblent fondées sur des hypothèses et des croyances profondément ancrées plutôt que sur un manque d'accès à l'information. » (Je recommande à tous les membres du BCHRT de suivre, et d'échouer — comme ils le feraient sans aucun doute — un cours de biologie de base ou de méthode scientifique — et ce n'est qu'alors qu'ils pourront critiquer ceux qui sont incapables de penser de manière critique.)  

Il est manifestement absurde que ce mépris passif-agressif à l'égard de Neufeld se soit retrouvé dans la décision du tribunal. Le BCHRT voit de la haine et du mépris partout autour de lui, même là où il n'y en a pas, mais il ne voit pas que cela jaillit de sa propre chambre étoilée [tribunal royal anglais qui pouvait condamner des actes qui ne tombaient pas sous le coup de la loi]. Il est grisé par ce qu'il croit être son pouvoir légitime d'imposer son propre dogme woke.  

Nous ne pouvons attendre aucune décision raisonnable ou juste de la part du BCHRT. Nous devons faire deux choses : les dénoncer, puis abolir complètement ce tribunal grotesque. 

Rappelons que ces « Tribunaux » des droits de la personne sont des organismes quasi-judiciaires fortement critiqués pour leur fonctionnement.

Qu’est-ce qu’un organisme quasi judiciaire ?

Ce n’est pas une cour de justice au sens strict, mais il agit comme une cour sur certains plans :

Il peut :

  • entendre des plaintes,
  • tenir des audiences,
  • recevoir des preuves,
  • rendre des décisions obligatoires,
  • imposer des réparations (dommages, ordonnances, sanctions administratives).

Mais il n’a pas :

  • le statut constitutionnel des tribunaux,
  • les mêmes garanties procédurales,
  • les mêmes règles de preuve,
  • les mêmes standards de responsabilité,
  • ni les mêmes protections pour les défendeurs.

Il s’agit donc d’un organisme administratif doté de pouvoirs judiciaires partiels. D’où le terme : quasi — « comme si », mais pas tout à fait.

Les critiques comme celles de Mark Steyn s’appuient sur des caractéristiques structurelles objectivement problématiques :

A) Norme de preuve beaucoup plus basse

Elles appliquent la norme civile prépondérance des probabilités et non la norme pénale. Cela rend plus facile la condamnation d’un défendeur.

B) Règles de preuve « souples »

Les commissions peuvent :

  • accepter des preuves indirectes,
  • restreindre le contre-interrogatoire,
  • voire contourner des règles qui seraient inadmissibles en cour.

C) Déséquilibre procédural

Très souvent :

  • le plaignant n’assume aucun risque financier,
  • alors que le défendeur paie sa défense,
  • même si la plainte est rejetée à la fin.

Certains parlent d’un « procès sans coût pour un côté, mais ruineux pour l’autre ». Mark Steyn dit que le procès (le processus) est la punition, la perte de temps et d’argent encouru pour se défendre devant ce qu’il nomme des parodies de tribunaux.

D) Mandat orienté

Le mandat légal des commissions est de détecter, corriger, sanctionner la discrimination. Pas d’être « neutres » : elles sont structurellement orientées vers la protection du plaignant qui n’engage le plus souvent aucuns frais à se plaindre. Cela crée un biais institutionnel réel.

E) Étendue des pouvoirs, mais absence de garanties judiciaires complètes

Ces organismes quasi judiciaires peuvent rendre des décisions très lourdes de conséquences — réputationnelles, financières, professionnelles — sans offrir les garanties équivalentes à une cour de justice.


Voir aussi

Ancien admnistrateur scolaire retraité condamné à 750 000 $ pour avoir critiqué l'éducation LGBT de façon « haineuse »

Cour suprême — « toutes les déclarations véridiques » ne doivent pas « être à l’abri de toute restriction » (arrêt Whatcott)

Tribunaux suprémacistes (arrêt Whatcott, suite)

 Canada – Condamnée à verser 94 000 $ pour avoir affirmé qu’il existe deux sexes

Arrêt Whatcott : la Bible pas « haineuse », mais le juge Rothstein a-t-il tout lu ?

« Extirper l’hérésie et le blasphème » (progressistes) ?

Canada — 123 églises incendiées ou vandalisées depuis l'annonce de la découverte de tombes à l'ancien internat de Kamloops (aucune tombe n'a été trouvée après cette annonce largement relayée par les médias subventionnés).

 Faut-il continuer à réprimer les propos qui peuvent exposer à la haine ou au mépris, des « pré-crimes » ?

mercredi 4 mars 2026

Ancien admnistrateur scolaire retraité condamné à 750 000 $ pour avoir critiqué l'éducation LGBT de façon « haineuse »

Barry Neufeld
Le 18 février 2026, le Tribunal des droits de l’homme de la Colombie-Britannique a condamné Barry Neufeld, ancien administrateur scolaire de Chilliwack, qui avait critiqué un membre pro-LGBT à verser 750 000 dollars à l’Association des enseignants de Chilliwack, à la suite d’une plainte déposée par la Fédération des enseignants de la Colombie-Britannique.

Le Tribunal a conclu que vingt-quatre publications de M. Neufeld, diffusées sur plusieurs années, constituaient de la discrimination et relevaient du « discours haineux » au sens du Code des droits de la personne de la province. Les sommes devront être réparties entre les membres concernés dans un délai de six mois.

Un tribunal administratif, et non une cour de justice ordinaire

Il convient de préciser la nature de l’instance qui a rendu cette décision. Le Tribunal des droits de l’homme de la Colombie-Britannique n’est pas une cour de justice au sens classique, mais un tribunal administratif spécialisé, institué par la législation provinciale.

Au Canada, ces tribunaux dits « quasi judiciaires » exercent des fonctions juridictionnelles, mais selon des règles de procédure distinctes de celles des cours supérieures. Ils disposent généralement d’une plus grande souplesse dans l’admission et l’appréciation de la preuve, et ne sont pas tenus d’appliquer strictement les règles techniques de preuve en vigueur devant les tribunaux civils ou criminels. Leur mandat est spécialisé et circonscrit à l’application d’un régime législatif particulier, en l’occurrence le Code des droits de la personne.

Leurs décisions peuvent toutefois faire l’objet d’un contrôle judiciaire devant une juridiction supérieure, en Colombie-Britannique devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique, laquelle examine notamment si la décision est raisonnable et respecte les principes d’équité procédurale.

Les faits à l’origine du litige

Barry Neufeld avait publiquement exprimé des positions critiques à l’égard de certaines conceptions de l’identité de genre, affirmant notamment qu’il n’existerait que deux genres fondés sur le sexe biologique. Il avait également critiqué l’élection d’une administratrice scolaire, Carin Bondar, en mentionnant des contenus à caractère sexuel qu’elle avait diffusés en ligne dans un cadre qu’elle présentait comme scientifique.

Ces déclarations ont donné lieu à plusieurs procédures. En matière de diffamation, les tribunaux civils avaient déjà statué en faveur de Mme Bondar et condamné M. Neufeld à verser 45 000 dollars de dommages-intérêts.

La décision récente du Tribunal des droits de l’homme se situe sur un autre terrain juridique : celui de la discrimination et de l’atteinte à la dignité des personnes protégées par le Code provincial.

Le Tribunal a conclu que :
  • 24 de ses publications violaient l'article 7(1)(a) du Human Rights Code (publications discriminatoires) et/ou l'article 13 (discrimination en emploi), en créant un environnement de travail "empoisonné" pour les enseignants LGBTQ+ du district. Il les accusait notamment d'associer les personnes trans et queer à des formes graves d'abus sur enfants, de les dépeindre comme une menace pour les familles et l'ordre social, et d'invoquer des stéréotypes négatifs et "insidieux".
  • 6 publications spécifiques constituaient du hate speech au sens de l'article 7(1)(b) du Code, car elles étaient susceptibles d'exposer les personnes trans, gaies et lesbiennes à la haine ou au mépris en raison de leur identité de genre ou orientation sexuelle.

Exemple d'un des six propos haineux

Publication du 23 octobre 2017 (Facebook, Ex 17, tab 1)
 « Permettre aux enfants de changer de sexe n'est rien d'autre que de la maltraitance infantile... SOGI 1 2 3 est une arme de propagande qui enseigne aux enfants la théorie absurde selon laquelle le genre n'est pas déterminé biologiquement, mais est une construction sociale... Ma motivation première est de protéger la MAJORITÉ des enfants. » 
Explication du Tribunal : Cette publication expose les personnes trans à la haine en les dépeignant comme une menace via des accusations d'"abus d'enfants" et de "propagande". Elle délégitime leurs identités en les qualifiant d'"absurde théorie", invocant un stéréotype de "menace puissante" pour les valeurs familiales et les enfants, ce qui inspire de l'inimitié et encourage la discrimination.

Une sanction d’une disproportion exceptionnelle

C’est le montant de 750 000 dollars qui retient particulièrement l’attention. Une telle somme est inhabituelle dans le contexte des litiges liés à l’expression publique d’opinions, même lorsqu’elles sont jugées offensantes ou discriminatoires.

Le Tribunal a estimé que les montants attribués étaient « raisonnables, voire modestes » au regard des préjudices retenus. Néanmoins, pour un particulier, une sanction financière de cette ampleur peut être perçue comme extrêmement lourde.

La question posée n’est pas celle de l’adhésion ou non aux opinions exprimées par M. Neufeld. Elle concerne la proportionnalité de la réponse institutionnelle. Lorsque l’expression d’une position sur un sujet de politique publique conduit à une condamnation pécuniaire aussi élevée, la frontière entre protection contre la discrimination et restriction de la liberté d’expression devient un enjeu central.

Un débat institutionnel plus large

L’affaire soulève également une réflexion sur le rôle des tribunaux administratifs dans le règlement de débats sociétaux sensibles. Leur mandat vise à offrir un mécanisme spécialisé, plus accessible et moins formaliste que les tribunaux ordinaires. Toutefois, lorsque les sanctions prononcées atteignent des montants aussi considérables, certains s’interrogent sur l’adéquation entre la nature administrative de l’instance et la gravité des conséquences financières imposées.

Il a été indiqué que M. Neufeld envisagerait un recours devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique. Ce contrôle judiciaire pourrait permettre d’examiner la solidité du raisonnement juridique retenu et, le cas échéant, la proportionnalité des dommages accordés.

Au-delà du cas individuel, cette décision s’inscrit dans un débat plus vaste sur l’équilibre entre la lutte contre la discrimination et la protection de la liberté d’expression dans une société démocratique. La manière dont les juridictions supérieures traiteront cette affaire contribuera à préciser cet équilibre.

Dérive autoritaire du système des droits de la personne au Canada, selon Mark Steyn

Barry Neufeld a fait appel de cette décision, et son argumentation repose en grande partie sur un précédent que le Tribunal peine à écarter : l'affaire Elmasry c. Maclean's.

Cette affaire portait sur un article de Mark Steyn publié dans Maclean's, dans lequel l'auteur soutenait que les populations musulmanes croissaient au point de remplacer les populations européennes et autochtones, menaçant ainsi les lois et la culture occidentales. L'article affirmait que l'islam « nourrit de sérieuses ambitions mondiales » et que les musulmans étaient davantage liés par « le djihad » que par leur citoyenneté nationale. Le Tribunal lui-même a reconnu que le texte était « blessant et de mauvais goût », qu'il cherchait à instiller la peur, s'appuyait sur des stéréotypes courants et contenait des inexactitudes historiques et religieuses. Autant d'éléments qui, en d'autres circonstances, pourraient aisément être qualifiés au Canada progressiste de marqueurs de haine. Pourtant, le Tribunal avait conclu que l'article ne constituait pas un discours haineux, estimant qu'il s'agissait d'une expression d'opinion sur des questions politiques légitimes et que, en tout état de cause, « la peur n'est pas synonyme de haine et de mépris ».


Commentaire du chroniqueur du National Post Tristin Hopper

C'est précisément sur ce raisonnement que s'appuie Neufeld. Si un texte aussi chargé de stéréotypes et d'amalgames n'a pas été jugé haineux à l'égard des musulmans, au nom de quelle cohérence ses propres publications — qui critiquent une politique éducative et une idéologie — le seraient-elles ? La question est directe, et l'argument, selon Steyn, particulièrement solide.

Le Tribunal tente de désamorcer le parallèle en rappelant qu'Elmasry a été tranché avant l'arrêt Whatcott de la Cour suprême du Canada (2013), lequel a formalisé et durci les critères permettant d'identifier un discours haineux. Si ce précédent avait existé à l'époque, suggère le Tribunal, la décision aurait peut-être été différente. Mais pour Steyn, cet argument ne fait qu'aggraver le problème : il révèle un système qui se durcit progressivement, et dont le resserrement frappe de manière disproportionnée les positions conservatrices sur les questions de genre et de sexualité, tandis que d'autres discours controversés ont bénéficié par le passé d'une plus grande indulgence. C'est cette asymétrie que Steyn juge inacceptable.

Au-delà du cas Neufeld, c'est l'ensemble du système des tribunaux (quasi-judiciaires) des droits de la personne que Steyn remet en cause. Il rappelle ses propres démêlés avec ces instances — les plaintes déposées contre lui et Maclean's avaient finalement été rejetées en 2008 — et la longue bataille qui avait conduit à l'abrogation de l'article 13 de la loi fédérale sur les droits de la personne en 2013, disposition qui permettait ces poursuites pour discours haineux. Il décrit des tribunaux fonctionnant avec des taux de condamnation frôlant les 100 %, des procédures parfois tenues secrètes, et une logique bureaucratique qui cherche à réguler non des actes, mais des émotions.

La sanction infligée à Neufeld lui paraît délibérément dissuasive, et ses effets sont déjà visibles : un autre élu scolaire du district, Laurie Throness, a préféré démissionner par crainte d'un sort identique. Pour Steyn, critiquer le programme SOGI 123 ou remettre en question l'idéologie du genre n'est pas de la haine — même si cela blesse certains. Et la révision judiciaire engagée par Neufeld devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique représente, à ses yeux, une occasion décisive de le faire reconnaître.

Le comédien  John Cleese (connu pour Monty Python) évitera la Colombie-Britannique afin de ne pas être victime pour non-respect de la théorie du genre


Voir aussi
 
 
  
 
 
Les Monty Pythons avaient prophétiquement prévu en 1979 ce qui agiterait notre époque (les « droits » LGBTQQIP2SAA+, ici le droit des hommes qui se disent femmes à avoir des enfants et à nier la réalité biologique).