dimanche 15 mars 2026

Remise de diplômes à Hamilton : célébrations devront être conçues selon un prisme anti-oppressif, antiraciste et anticolonial

Une note de service du conseil scolaire Hamilton-Wentworth (HWDSB), en Ontario, révèle jusqu’où peut aller la réécriture symbolique de l’identité canadienne. Daté du 11 décembre 2025 et signé par Lindsay Snell, surintendante de l’Équité et de la Réussite étudiante, ce document de quatre pages, adressé aux directions des écoles primaires et secondaires, énonce les « principes directeurs » qui devront encadrer les cérémonies de remise de diplômes pour l’année scolaire 2025-2026. Ce conseil scolaire rassemble environ 50 000 élèves dans 93 écoles (primaires et secondaires).

Dès la première page, le ton est donné : toutes les célébrations devront être conçues selon une perspective anti-oppressive, antiraciste et anticoloniale. Parmi les obligations concrètes figure celle-ci, formulée sans détour dans un tableau récapitulatif : « En tant que citoyens de l’Île de la Tortue, les écoles incluront la reconnaissance territoriale du HWDSB dans tous les événements de remise de diplômes. » Le document ajoute également que, lors de l’hymne canadien, « tous les élèves et invités présents peuvent choisir de ne pas se lever », au nom d’une « célébration équitable » pour chaque élève.


L’Île de la Tortue, ou la sacralisation d’un mythe amérindien instrumentalisé

« L’Île de la Tortue » n’est ni un terme neutre ni une appellation universelle. L’expression provient de récits de création présents dans certaines traditions autochtones du Nord-Est de l’Amérique du Nord, notamment chez plusieurs peuples iroquoiens, comme les Mohawks — appelés Agniers par les Français —, ainsi que chez d’autres peuples des régions voisines. Selon ces récits, la terre aurait émergé du dos d’une tortue à la suite d’un déluge primordial.

Aujourd’hui, cette expression tend à être élevée au rang de référence institutionnelle. La note de servicedu HWDSB ne se contente pas de la mentionner : il en fait la désignation identitaire des élèves, des familles et du personnel. On ne parle plus de « Canadiens » ou d’« Ontariens », mais de « citoyens de l’Île de la Tortue ». La reconnaissance territoriale cesse ainsi d’être une marque de courtoisie facultative pour devenir une obligation. Le passé autochtone n’est plus seulement enseigné : il est placé au centre même de la cérémonie qui marque l’aboutissement de douze années d’école publique.


Le terme île de la Tortue désigne l'Amérique du Nord dans les cercles militants 

Un héritage européen relégué au rôle de faute historique

Dans ce cadre, que devient l’autre récit fondateur ? Celui de la Nouvelle-France, des colons français, des alliances conclues avec les Premières Nations, de la langue, de la foi catholique et du droit civil qui ont largement contribué à la formation du Canada ? Le mémo n’y fait aucune référence. Plus encore : cet héritage est implicitement rangé dans la catégorie du « colonial » qu’il conviendrait de « déconstruire ».

L’« anticolonialisme » n’y apparaît pas comme une perspective parmi d’autres, mais comme le filtre principal à travers lequel doivent désormais être interprétés l’histoire, les symboles canadiens — l’hymne compris — et l’identité collective. D’un côté, on valorise un récit précolonial autochtone jusqu’à acquérir une dimension quasi sacrée ; de l’autre, l’héritage européen est présenté comme un poids oppressif dont il faudrait publiquement se dissocier.

Par omission, le message se fait culpabilisant : la Nouvelle-France n’est jamais nommée comme fondation légitime, et aucune reconnaissance comparable n’est accordée à l’apport français. Il en résulte l’idée implicite que seule la présence des premiers occupants conférerait une pleine légitimité morale, tandis que le reste de l’histoire serait relégué au rang d’erreur originelle à expier.

Une controverse qui dépasse Hamilton

Le document n’a pas tardé à susciter une vive réaction sur les réseaux sociaux. Pour de nombreux Canadiens, il ne s’agit pas d’inclusion, mais d’une forme de revanche symbolique : on rebaptise le pays, on redéfinit l’identité des jeunes et l’on transforme une fête de fin d’études en un rituel chargé de repentance.

Le choix même de l’expression « citoyens de l’Île de la Tortue » pour des élèves majoritairement non autochtones est perçu par certains comme un geste militant assumé. Il ne s’agirait plus simplement d’enseigner l’histoire autochtone — ce qui relèverait d’un travail légitime de transmission — mais de la substituer au récit canadien.

Le HWDSB n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Depuis la publication du rapport de la Commission de vérité et réconciliation en 2015, cette perspective « anti-oppressive » s’est progressivement diffusée dans diverses politiques scolaires provinciales. Mais ici, la logique semble franchir un seuil supplémentaire : il ne s’agit plus seulement de reconnaître le passé autochtone, mais d’inviter l’ensemble des citoyens à s’y identifier comme à une nouvelle référence collective.

L’« Île de la Tortue » cesse alors d’être une simple métaphore culturelle pour devenir un instrument politique. Et, en juin prochain, les diplômés de Hamilton ne célébreront pas seulement la fin de leurs études : ils participeront aussi, souvent sans en avoir pleinement conscience, à une nouvelle manière de nommer et de penser leur propre pays.

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Le dernier village entièrement chrétien de Cisjordanie marqué par une recrudescence d’attaques et d’intimidations de la part de colons israéliens

Le village chrétien palestinien de Taybeh, en Cisjordanie, subit des attaques et des pressions répétées, ce qui pousse certains habitants à envisager de quitter la région. L’Église et des organisations internationales craignent que la présence chrétienne locale disparaisse progressivement.

Exemples d’attaques et d’intimidation

Plusieurs incidents sont évoqués:
Ces actes sont décrits par les responsables religieux comme des tentatives d’intimidation visant une communauté chrétienne locale.

Les colons juifs incendient souvent des terres à Taybeh et dans ses environs

Conséquences pour les habitants

Les habitants vivent dans un climat constant de peur et d’insécurité.

Les terres agricoles et les oliveraies sont parfois difficiles d’accès ou menacées, ce qui affecte les revenus des familles.

Certains craignent que ces pressions poussent les chrétiens à quitter la région, ce qui ferait disparaître progressivement cette communauté historique.

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En 1922, les chrétiens formaient 23,5 % de la population de Jérusalem (14 699 sur 62 578 habitants, recensement britannique), contre environ 1,3 % aujourd'hui (13 400 sur plus d'un million). Ce chiffre était de 29 000 à 31 000 avant les combats de 1948 (fin du mandat britannique). Dans toute la Palestine historique (Mandat britannique) : environ 135 000 à 145 000 chrétiens en 1945-1946 (≈ 7,9-8,2 % de la population totale de ~1,76-1,9 million). En 1948-1949, ce nombre diminue radicalement dans les zones devenues Israël (reste ~34 000-40 000 chrétiens en Israël post-1948).