Affichage des articles dont le libellé est suicide. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est suicide. Afficher tous les articles

samedi 25 juillet 2026

Nouvelle étude remet en cause les affirmations militantes LGBT selon lesquelles les lois dites « anti-trans » provoqueraient des suicides

Le groupe militant pro-LGBT Trevor Project a publié une étude affirmant que les lois interdisant aux hommes se déclarant « transgenres » de participer aux compétitions sportives féminines entraîneraient une hausse des suicides chez les jeunes. De nouvelles recherches mettent toutefois en évidence de sérieuses failles dans cette étude.

Le Trevor Project continue de promouvoir des « recherches » prétendant établir un lien entre les lois dites « anti-trans » et les suicides chez les adolescents souffrant de confusion de genre. Mais de nouveaux travaux scientifiques remettent une fois de plus en question la validité de ces conclusions.

Le Trevor Project se présente comme la « principale organisation à but non lucratif de prévention du suicide et d’intervention en situation de crise pour les jeunes LGBTQ+ ». Sur sa page d’accueil, l’organisation réagit à la récente décision de la Cour suprême des États-Unis confirmant la légalité des lois réservant les compétitions sportives scolaires aux personnes appartenant réellement au sexe correspondant, en laissant entendre que cette décision entraînera la mort de jeunes.

« Les chercheurs du Trevor Project ont publié une étude évaluée par les pairs dans la revue Nature Human Behaviour, concluant que les lois anti-transgenres – telles que celles examinées par la Cour suprême – provoquent directement une augmentation significative des tentatives de suicide chez les jeunes transgenres et non binaires vivant dans les États concernés », affirme l'organisation. « L’étude a analysé, sur une période de cinq ans, la relation de causalité entre ces lois et le risque de suicide à partir de données recueillies auprès de plus de 61 000 jeunes transgenres et non binaires à travers les États-Unis. Après prise en compte d’autres facteurs, les chercheurs ont conclu que ces lois entraînaient une augmentation pouvant atteindre 72 % des tentatives de suicide déclarées au cours de l’année précédente. »

Cependant, The College Fix rapporte que de nouvelles recherches ont mis au jour d'importantes faiblesses méthodologiques.

« La publication originale donne l’impression de reposer sur une analyse solide portant sur des dizaines de milliers de personnes et sur quinze États ayant adopté de telles lois », explique Kathleen Kerr, directrice du département de biostatistique à l’Université de Washington et coauteure d'une étude publiée dans la même revue afin d'évaluer ces résultats. « Notre commentaire montre que la principale conclusion – à savoir des effets importants deux et trois ans après l’adoption des lois – reposait en réalité sur un seul État, l’Idaho, qui ne représentait que quelques centaines de participants dans l’ensemble des données. Or les deux lois en question de l'Idaho, l’une sur les compétitions sportives et l’autre sur les certificats de naissance, ne sont soit jamais rentrées en vigueur, soit ont été suspendues par les tribunaux peu après leur adoption. »

Kathleen Kerr ajoute que les auteurs de l’étude initiale n’ont pas pris soin de sélectionner des États témoins comparables aux États ayant adopté ces lois. En utilisant comme groupe de contrôle l’ensemble des États n’ayant adopté aucune législation de ce type, ils ont inclus des États géographiquement et culturellement très éloignés, ce qui affaiblit la pertinence des comparaisons.

Les auteurs de l’étude contestée répondent que, même si les lois de l’Idaho n’ont jamais réellement produit d’effets concrets sur un nombre important d’élèves, le débat politique suscité par leur adoption aurait pu avoir un impact psychologique. Ils avancent également que les effets de ces lois auraient pu perdurer dans la pratique, y compris après leur suspension par les tribunaux.

Selon l’auteur, un nombre croissant d’éléments suggère toutefois que c’est au contraire l’approche dite d’« affirmation de genre » qui est susceptible de causer des préjudices importants, en particulier chez des enfants et des adolescents qui ne disposent pas encore de la maturité psychologique, émotionnelle ni de l’expérience nécessaire pour mesurer les conséquences à long terme de décisions susceptibles d'entraîner des transformations physiques majeures, voire des interventions chirurgicales ou des traitements hormonaux irréversibles.

En 2024, la Cass Review, vaste évaluation indépendante commandée par le National Health Service (NHS) anglais, avait conclu que la « médecine de genre » repose sur des « bases fragiles ». Le rapport souligne que, malgré l’abondance des publications scientifiques sur le sujet, les revues systématiques de la littérature mettent en évidence la faible qualité des études disponibles. Il n’existe donc pas, selon ses auteurs, de fondement scientifique suffisamment solide pour guider les décisions cliniques ou permettre aux enfants et à leurs familles de prendre des décisions pleinement éclairées.

En avril, une étude finlandaise portant sur l’ensemble des personnes de moins de 23 ans orientées vers des services spécialisés dans les questions de genre entre 1996 et 2019 (soit 2 083 personnes) a conclu que celles ayant entrepris une « transition de genre » présentaient une morbidité psychiatrique nettement plus élevée que les groupes témoins, avant comme après leur orientation vers ces services. Les besoins en soins psychiatriques persistaient fréquemment et avaient même tendance à s’aggraver après les interventions médicales.

L’auteur évoque également les témoignages de nombreuses personnes ayant effectué une « détransition », c’est-à-dire ayant renoncé à leur transition pour revenir à leur sexe d’origine. Selon lui, ces témoignages font état de séquelles physiques et psychologiques, ainsi que de biais idéologiques et de négligences au sein d'une partie du corps médical, dont certains praticiens adopteraient une approche militante en faveur de la transition.

Enfin, l’article rappelle que certains médecins pratiquant les soins dits d’« affirmation de genre » ont eux-mêmes évoqué des motivations financières. Il cite notamment un reportage diffusé en 2022 sur la Clinique de santé transgenre du Vanderbilt University Medical Center, dans lequel le Dr Shayne Sebold Taylor déclarait que « ces chirurgies rapportent beaucoup d’argent ».

mercredi 1 juillet 2026

Féminisme racialiste et écologisme allemand : « Ma lignée s’éteint avec moi »

Verena Brunschweiger, militante féministe allemande et essayiste controversée du mouvement « kinderfrei » (libre d'enfants), assène que les populations occidentales, et en particulier les femmes blanches, ont le devoir moral de limiter radicalement leur natalité, voire d’y renoncer entièrement. Son slogan qu'elle brandit fièrement, « Ma lignée s’éteint avec moi », est présenté comme un choix responsable et éthique face à ce qu'elle appelle la crise climatique, la surpopulation et l’épuisement des ressources.

Elle dénonce virulemment les appels à une natalité plus élevée, notamment ceux d’Elon Musk, qu’elle interprète comme une volonté d’encourager davantage de naissances parmi les populations blanches, de contrôler les femmes et de limiter l’accueil des réfugiés. Pour elle, ces discours pro-natalistes relèvent d’une idéologie de droite, réactionnaire et raciste, qui cherche à renvoyer les femmes à des rôles traditionnels.

En revanche, elle plaide pour un accueil beaucoup plus large de ce qu'elle nomme « réfugiés ». Les pays occidentaux, principaux responsables historiques du changement climatique selon elle, auraient une obligation morale particulière envers les populations qui en subissent les conséquences. Son discours associe ainsi la réduction des naissances dans les populations occidentales — et plus particulièrement blanches — à un accueil accru des réfugiés, présenté comme un acte à la fois écologique, féministe et relevant de la justice historique.

Incohérences logiques, racialisme, égoïsme et pulsions de mort

Si le refus personnel d’avoir des enfants relève d’une liberté individuelle qui peut parfois se comprendre, la construction idéologique que Mme Brunschweiger en fait soulève de sérieuses difficultés, tant par ses incohérences logiques que par ses implications morales et civilisationnelles.

Sur le plan écologique, son raisonnement présente une incohérence importante. En invoquant l’équation Impact = Population × Affluence × Technologie, elle minimise le rôle du facteur « affluence ». Or, transplanter des populations provenant de régions à faible consommation vers des sociétés à haut niveau de vie européen ou nord-américain ne réduit pas mécaniquement l’impact environnemental global ; cela peut au contraire l’accroître. Le chauffage hivernal, les transports, l’habitat et les modes de consommation propres aux pays développés augmentent généralement l’empreinte carbone par habitant. Promouvoir simultanément une forte baisse de la natalité occidentale et une immigration importante apparaît donc difficile à concilier avec un objectif strictement environnemental. Il s’agit davantage d’un déplacement des populations que d’une réduction assurée de la pression sur les ressources.

Une autre difficulté réside dans la dimension explicitement ethnique (racialiste) du discours. En ciblant plus particulièrement la natalité des populations blanches, tout en défendant parallèlement un accueil accru des réfugiés, Mme Brunschweiger introduit un critère identitaire dans un débat qui se prétend pourtant universaliste. Cette position peut être interprétée comme une forme d’ingénierie démographique fondée sur un critère ethnique. Qu’une militante se réclamant de l’antiracisme défende une telle asymétrie démographique peut apparaître, aux yeux de ses détracteurs, comme une contradiction profonde.

Le fondement philosophique de cette position est sans doute l’aspect le plus dérangeant. Son discours peut être perçu comme traduisant une forme de renoncement civilisationnel : l’Occident n’y apparaît plus comme une civilisation à réformer ou à améliorer, mais essentiellement comme une réalité historique coupable dont le déclin démographique serait non seulement acceptable, mais moralement souhaitable. D’aucuns peuvent voir dans cette logique une forme de haine de soi civilisationnelle, voire une véritable pulsion de mort appliquée à l’Occident blanc ; tel est notamment le point de vue de l’auteur de ces lignes. Sans prétendre sonder les intentions personnelles de Mme Brunschweiger, il est permis de considérer que le slogan « Ma lignée s’éteint avec moi », associé à l’idée d’un devoir moral de réduire les naissances des populations blanches, véhicule un imaginaire de l’effacement davantage que de la transmission, pour rester poli.

Qualifier d’égoïstes ou de narcissiques les parents qui souhaitent transmettre leur langue, leur culture et leur héritage, tout en présentant le renoncement à la postérité comme un acte supérieur de responsabilité, procède d’un renversement moral contestable. Une société qui cesse volontairement d’assurer son renouvellement démographique prend le risque d’un affaiblissement durable de sa continuité culturelle. Les civilisations peuvent disparaître sous l’effet de facteurs extérieurs, mais aussi lorsque leurs propres élites cessent de considérer leur transmission comme un bien.

En définitive, le discours de Mme Brunschweiger n’apparaît ni particulièrement courageux ni véritablement visionnaire. Il peut être lu comme le symptôme d’un courant intellectuel occidental qui appelle plus volontiers de ses vœux le déclin démographique de sa propre civilisation que les moyens de la réformer et de la faire perdurer. Il est parfaitement possible de critiquer le consumérisme, de défendre l’émancipation des femmes et de promouvoir une politique environnementale ambitieuse sans conclure qu’un recul démographique et culturel de l’Europe constituerait un idéal moral.



jeudi 25 juin 2026

« Les jeunes les plus progressistes auraient plus de risques de développer des troubles mentaux. »

«Les jeunes les plus progressistes auront plus de chances [risques] de développer des troubles mentaux. Les théories systémiques négatives (racisme systémique, capitalisme tout-puissant, etc.) et le sectarisme idéologique sont deux causes majeures de dépression dans la nouvelle génération», avance Pierre Valentin.


Dans un essai fouillé publié chez Gallimard, « Malaise dans la génération Z », Pierre Valentin dissèque les causes de la détresse psychologique des 15-30 ans, et décèle une crise morale et culturelle.

C'est le diplodocus au beau milieu du musée de porcelaine qu'est la France qui vient : la jeune génération ne va pas bien. Du tout. Les chiffres sont connus : un quart des 15-29 ans sont en dépression. Les tentatives de suicides et d'hospitalisation en psychiatrie de la jeune génération marquent une progression spectaculaire depuis le Covid. Et pourtant, rien -; ou presque. L'ampleur du problème n'a d'égal que le silence contrit qu'il suscite. La complexité et la pluralité des causes possibles de ce fléau persuadent la majorité des observateurs, sinon de regarder ailleurs, du moins de se contenter d'une approche empirique ou purement clinique. Des écueils dont a voulu se départir le jeune essayiste Pierre Valentin pour s'attaquer à ce qui est le mal de sa génération, dans son dernier ouvrage publié chez Gallimard : Malaise dans la génération Z.

Anxieuse perspective

Après un premier essai remarqué en 2023, , l'auteur de 27 ans part d'une intuition nourrie, notamment, par les travaux du sociologue américain Christopher Lasch : cette crise psychologique que traverse cette génération -; née entre 1995 et 2013 -; est aussi et surtout une crise morale et culturelle. En clair, une perte de sens, c'est-à-dire de signification aussi bien que de direction... Avec finesse, Pierre Valentin brosse le portrait d'une jeunesse à la fois héritière et victime des luttes « émancipatrices » et de la « révolution individualiste » de ses aînés. Comme eux, elle a appris à regarder le passé comme un poids dont il faudrait se libérer. Sauf qu'elle subit, en sus, l'anxieuse perspective d'un « effondrement de l'avenir » : crise climatique, guerre, chômage de masse induit par l'IA... Au point que l'année 2050 évoque pour un tiers de cette génération ni plus ni moins que « la fin du monde ».

Ainsi, « le tunnel se ferme des deux côtés. L'impasse se fait tombe,cingle Pierre Valentin. Il ne resterait plus qu'à gigoter dans l'obscurité » . Et à gigoter en solitaire... « En l'absence de projets dans la durée, il ne reste plus que la survie . Qui se pratique dans le meilleur des cas en petit groupe ou seul. » Une solitude, principal vecteur de trouble, dont 71 % des 18-24 ans disent souffrir. Renforcée tant par la crise du Covid-19, qui aura eu pour effet de « pathologiser » l'autre , que par une numérisation sans frein rendant possible, pour ne pas dire désirable, un retrait autarcique total. Avec, pour corollaire, une déconnexion des questions d'intérêt général et une large désaffection politique. De quoi expliquer pour partie les 42 % d'abstention des 18-24 ans lors du premier tour de la dernière présidentielle... Que les prétendants à la prochaine élection se le tiennent pour dit.

Mais le plus vertigineux de cette enquête fouillée est ailleurs. Sans remettre en cause la réalité de certaines pathologies mentales et des soins spécifiques à leur apporter, Pierre Valentin questionne, sources universitaires à l'appui, l'efficacité de l'approche psychologisante systématiquement opposée aux maux de la jeunesse. En pathologisant ce qui appartenait hier au registre de la morale, le langage thérapeutique ne vient-il pas déresponsabiliser toujours plus les individus de leur mal-être, et ainsi aggraver le mal qu'il pense soigner ? « L'approche psychologique présuppose une absence de libre arbitre, déculpabilise et déresponsabilise l'individu, note Valentin. Or l'élimination de la culpabilité mène à l'élimination de la compétence. » Laissant ainsi la jeunesse dans l'illusion de ne pas être, au moins pour partie, responsable de ses maux et, donc, de n'avoir aucune prise sur eux.

L'auteur ne se contente pas de nommer le mal. Il trace aussi des chemins de guérison : retour à la morale, redécouverte de la vie intérieure et de la foi, éloge de l'engagement pour les autres, réhabilitation des appartenances et des devoirs. On pourra discuter certaines généralisations ou trouver parfois le remède plus esquissé que démontré. Mais pour la « Gen Z », le simple fait qu'un des leurs apporte au débat un ouvrage aussi ambitieux aurait à lui seul de quoi les faire renouer avec l'espérance.

Source : Le Point

Malaise dans la génération Z,
par Pierre Valentin,
paru aux éditions Gallimard,
le 21 mai 2026,
à Paris, 
288 pages, 
ISBN-10 ‏ : ‎ 2073146678
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2073146670





Alors que Mai 68 fut une révolte contre l'autorité, la génération Z semble prendre le relais de ses aînés. Leurs difficultés respectives sont-elles comparables ? Sur le plateau, le sociologue Jean-Pierre Le Goff et le jeune essayiste Pierre Valentin vont confronter leur regard. Le premier a beaucoup étudié la génération des boomeurs issus de Mai 68, le second publie Malaise dans la génération Z (Gallimard), ouvrage dans lequel il explore les raisons profondes du mal-être existentiel des jeunes d'aujourd'hui et de la crise de la santé mentale que beaucoup d'entre eux traversent. 

mercredi 20 mai 2026

Réédition augmentée du Suicide Français d'Éric Zemmour


Eric Zemmour est revenu sur la réédition augmentée du Suicide Français. Il explique qu’il sort à nouveau son succès de librairie (plus de 500.000 lecteurs), car les Français se demandent toujours comment la France en est arrivé là et il souhaite leur répondre et leur dire comment s’en sortir.

Eric Zemmour a aussi dénoncé la politique d’immigration du gouvernement et de l’État depuis 30 ans.

Il est aussi revenu sur ses mesures économiques pour aider les Français et redresser économiquement le pays.

Pour finir, Eric Zemmour a annoncé la sortie du Suicide Français version augmentée et actualisée le 20 mai 2026.


Le livre paraît aussi en anglais, ce qui devrait réjouir la « droite » libertarienne du Québec qui le lira alors peut-être.

mardi 7 avril 2026

Boris Cyrulnik : l'école valorise la docilité des filles et dévalorise la hardiesse des garçons

Le neuro-psychiatre Boris Cyrulnik s'exprime sur la différence entre les garçons et les filles à l'école et la théorie du genre dans un récent entretien avec l'hebdomadaire Le Point :
« Vers 17 mois, les filles disposent de cinquante mots, de règles de grammaire et d'un début de double réarticulation, par exemple être capable de dire « réembarquons », au lieu de « on va encore une fois dans cette barque ». Avec quatre phonèmes, les filles expriment un discours. Les garçons obtiennent cette performance six mois plus tard ! 75 % des garçons commettent de petites transgressions (chiper un biscuit, pincer un bras, etc.), contre 25 % des filles. Alors ces filles, plus dociles, parlant aisément, sont bien mieux entourées. Il est plus aisé d'élever une fille qu'un garçon. D'ailleurs, en consultation de pédopsychiatrie, il n'y a que des petits garçons, dont le développement est bien plus difficile. Certains scientifiques expliquent ce décalage par la biologie. La combinaison de chromosomes XX serait plus stable, parce qu'une altération sur un X pourra être compensée par l'autre X. La combinaison XY serait, elle, en difficulté évolutive. Ajoutons à cela le rôle majeur de la testostérone, l'hormone de la hardiesse et du mouvement, et non de l'agressivité, comme on le croit souvent. À l'école, les garçons ont envie de grimper aux murs, ils bougent, ils souffrent d'être immobilisés. Or notre société ne valorise plus la force et le courage physique, mais l'excellence des résultats scolaires. Elle valorise la docilité des filles. 
Pourquoi n'avoir rien dit dans cette querelle autour de la théorie du genre ? 
Je pense que le "genre" est une idéologie. Cette haine de la différence est celle des pervers, qui ne la supportent pas. Freud disait que le pervers est celui qu'indisposait l'absence de pénis chez sa mère. On y est. 
Pourtant, ces théories font observer que les filles, meilleures à l'école, sont beaucoup moins nombreuses dans les études prestigieuses ? 
C'est vrai, mais il n'est pas dit que cela dure. Aux États-Unis et au Canada, les filles ont envahi les grandes écoles. Et on est obligé d'aider les garçons à y parvenir. Notre système scolaire gagnerait à arrêter la culture du sprint. Prenons modèle sur l'Europe du Nord, qui a supprimé les notations jusqu'à l'âge de 12 ans, réduit drastiquement le nombre d'heures de cours, qui caracole en tête des classements, et dont le taux de suicide chez les enfants et les adolescents a diminué de 40 %. 
Supprimer les notes ? 
Un enfant qui grandit avec papa et maman qui s'aiment, sa petite chambre à lui, des devoirs surveillés, aura forcément de bonnes notes. Les notes ne sont pas un reflet de l'intelligence, mais le miroir de la stabilité affective. »


Boris Cyrulnik revient sur ces aspects dans son dernier ouvrage « Quand un enfant se donne "la mort" ». Pour celui-ci, l'école, est devenue aujourd'hui le nouveau classificateur social, elle est surinvestie par les parents. Cette institution réalise les conditions expérimentales de l'angoisse : immobilité physique et suppression de procédés spontanés de tranquillisation. La désorganisation des rythmes scolaires empêche les apprentissages et augmente le malaise.

Souffrances de la seconde génération d'immigrés

Le problème du XXIe siècle sera celui des déplacements de population. La première génération chassée de son pays, pillée pendant le voyage et souvent mal accueillie souffre beaucoup mais se suicide peu. C'est paradoxalement dans la deuxième génération qu'on note le plus de troubles et de suicides des jeunes. Les enfants, nés dans le pays d'accueil, suffisamment scolarisés souffrent beaucoup de troubles anxieux et d'idéal de soi. La niche affective qui a tutorisé leur développement était appauvrie par le malheur parental.

Favoriser la stabilité affective, adapter les rythmes aux processus d apprentissage des enfants, encourager les structures socialisantes, privilégier une politique d'intégration plutôt que d assimilation : tels sont les moyens de prévention proposés par le célèbre neuropsychiatre et directeur d'enseignement à l'université de Toulon.

Quand un enfant se donne « la mort ».
Attachement et sociétés,
par Boris Cyrulnik
chez Odile Jacob,
160 p.
21,90 euros
ISBN-13: 978-2738126887


Voir aussi

Le décrochage massif des garçons, une particularité québécoise

« L’école des filles »

Les classes séparées pour les garçons et les filles de plus en plus à la mode aux États-Unis

Les garçons, sexe faible à l'école

jeudi 12 février 2026

Québec — Son refus de se soumettre à un mensonge du « genre » lui coûte son emploi

Michel Lizotte, employé par Santé Québec pour enseigner aux employés l'utilisation de logiciels pour créer, modifier et consulter le futur dossier de santé numérique, s'est retrouvé dans une situation où il devait choisir entre enseigner un fait non établit ou un mensonge flagrant et garder son emploi en se conformant aux ordres se ses supérieurs, ou refuser et faire face à leurs pressions et finir par être renvoyé.
Parmi ses 14 cours se trouvait une phrase faisant la promotion de l'idéologie du genre et qui n'avait rien à voir avec la matière à enseigner. Son refus de l'enseigner et de participer au mensonge lui a coûté son emploi.

Il dénonce une mentalité qui s'est établie peu à peu au Québec où les établissements publics et scientifiques se sont transformés en institutions idéologiques, soulignant que la complicité et la conformité au mensonge, d'une part, et sa récompense, de l'autre, font dériver la société dans un totalitarisme idéologique.

 

Voir aussi

Nouvelle étude : la dysphorie de genre chez les ados ne les expose pas en soi à un risque plus élevé de suicide

Royaume-Uni : pas de hausse notable des suicides depuis la restriction des bloqueurs de puberté

Aucune étude fondée sur les preuves démontre le bénéice d’affirmer la transition de genre d’un mineur sur l’argument du risque suicidaire

Ils ont changé de sexe et le regrettent : le grand tabou de la « détransition » de genre

Médecin refuse de publier une étude montrant l'inefficacité des bloqueurs de puberté sur la santé mentale des jeunes

Minnesota — Une femme qui voulait changer de genre à 16 ans poursuit les médecins qui lui ont fait une double mastectomie

Démystifier les mythes diversitaires sur le sexe et l'identité de genre

Suicide : déclin mondial mais augmentation chez les blancs américains 

Grande-Bretagne — enfants autistes poussés à s'identifier comme transgenres ?

À la lumière de six études, Remafedi trouve que le suicide chez les jeunes homosexuels s’explique peu par l’homophobie, mais davantage par la prostitution, la famille désunie, l’agression sexuelle en bas âge, les peines d’amour et l’étiquetage prématuré de l’orientation sexuelle. 

mardi 23 décembre 2025

Quand l’écologie radicale infiltre les écoles de commerce

Une récente étude d’un réseau pensant explique comment HEC, l’EM Lyon ou Sciences Po ont progressivement introduit l’enseignement d’une écologie décroissante et anticapitaliste au détriment des matières fondamentales.

Oui, oui, une école de commerce de France (il reste un petit drapeau français peu visible à côté du drapeau de la European Union of Brussels)

La France est-elle en train de former une génération de cadres qui considéreront comme un devoir moral de freiner, de contester ou de saboter les stratégies de croissance de leurs propres entreprises ? C’est ce que laisse entendre le Centre d’études et de recherches universitaires (Ceru), qui, dans une étude publiée début décembre, affirme que les grandes écoles de commerce françaises sont devenues des « foyers du radicalisme écologique ».

Dans cette note, le laboratoire d’idées, marqué à droite, explique comment HEC, l’ESSEC, l’ESCP, l’EM Lyon ou encore Sciences Po ont progressivement introduit l’enseignement d’une écologie décroissante et anticapitaliste au détriment des matières fondamentales que sont la gestion, la finance ou le marketing. « Ce basculement traduit une recomposition profonde. Le prestige universitaire traditionnel est supplanté par la conformité idéologique », alerte l’étude, qui, sans remettre en question l’urgence climatique, décrit « un tournant résolument écologique, jusqu’à repenser tous les programmes sous cet angle ».

En une dizaine d’années, les « business schools » [écoles de commerce en Hexagonal] ont bien changé. 

Dans ces temples de la formation au monde des affaires, l’étudiant se prête désormais aux incontournables ateliers Fresque du climat, mais aussi au Sulitest, un test du développement durable imaginé en 2014. Dans les enseignements, l’écologie et la « sustainability » [durabilité dans le jargon prétentieux de ces « business schools »] ont pris une place « démesurée », « une centaine d’heures par an, soit le tiers des enseignements », affirme l’auteur de cette note, Morgane Daury-Fauveau, présidente du Ceru et professeur de droit privé à Amiens. Elle a passé au crible les maquettes de l’offre de formation. Outre la profusion, elle pointe une idéologie à l’œuvre, avec l’enseignement d’« une écologie radicale, notoirement anticapitaliste ». « La mission première de l’enseignant est de développer l’esprit critique, pas de le paralyser. Les écoles de commerce, dont l’objet est fondamentalement l’enseignement sur la production de richesses, font la publicité de la décroissance ! », s’effare-t-elle.

dimanche 14 septembre 2025

Société « systémiquement » dépressive

Un jeune sur quatre serait dépressif : la conclusion d’une récente étude sur la santé mentale des 15-29 ans a de quoi alarmer. Fondée sur un sondage auprès de 5633 jeunes, elle complète celles de Santé publique France, qui pointait, en 2021, la proportion inquiétante de 20,8 % des 18-24 ans touchés par la dépression, contre 11,7 % en 2017. Surtout, elle corrobore les innombrables constats du monde médical sur la détérioration de la santé mentale dans l’ensemble de la population française.

Les explications ne manquent pas, des inquiétudes quant à l’avenir (catastrophisme écologique, crises internationales) aux difficultés du quotidien : fin du monde et fin du mois se conjuguent pour déprimer le moi. Pandémie et stress des confinements sont régulièrement pointés du doigt. Mais si ces causes conjoncturelles sont réelles, on est tenté de dire que la conjoncture a bon dos. Et que ces explications ont surtout pour mérite d’éviter de remettre en question le modèle de société “systémiquement” anxiogène que les élites qui nous gouvernent ont peu à peu mis en place.

Car, oui, la vie est source d’angoisses, et cela est aussi vieux que l’expulsion d’Adam et Ève du jardin d’Éden. La peur du lendemain, la crainte du chômage ou de la maladie, des guerres ou des catastrophes naturelles : quelle époque peut se vanter d’y avoir échappé ? L’existence n’a jamais été autre chose qu’un processus de conjuration de ces inquiétudes universelles. Mais les sociétés traditionnelles avaient une arme fatale pour contourner ces angoisses : elle s’appelait “stabilité”. Pour répondre aux peurs du quotidien, il n’est de meilleur refuge que des points fixes qui nous permettent de constater jour après jour que le monde n’est pas seulement le lieu de l’imprévu, du bouleversement, de la menace, de l’accident toujours possible, mais aussi et surtout un lieu familier, constant, où nos existences étonnamment fragiles résistent malgré tout aux aléas parce qu’elles sont fondées sur le roc des solidarités humaines, des communautés, des traditions, de l’histoire longue. Comme le note Roger Scruton dans Conservatisme (Albin Michel) : « Au cours d’une vie, les habitudes, les lieux, les réseaux, les institutions et les manières d’être partagées augmentent l’étendue de nos attachements et suscitent le sentiment d’être chez soi dans le monde parmi les choses et les êtres connus et dignes de confiance. Le sentiment de familiarité et de confiance nous est précieux, sa perte est une source d’angoisse et de regret. »

Or, au lieu de conforter tout ce qui nourrit ce précieux sentiment de familiarité et de confiance, nos sociétés, depuis des décennies, se sont ingéniées à le saper. Sacrifiant au bougisme et à l’idolâtrie de la nouveauté, le progressisme a minutieusement banni tout élément de stabilité de nos sociétés : on a décomposé la famille, sacrifié les identités locales à une mondialisation abstraite, promu la mobilité au détriment de l’enracinement, l’individualisme au détriment de la communauté ; un État providence anonyme s’est substitué aux solidarités concrètes; on a sacrifié l’enseignement de l’histoire et de la culture générale et, des billets de banque aux plaques d’immatriculation des voitures en passant par les noms des provinces, on a systématiquement gommé tous les symboles qui nous rappelaient que nous venons de quelque part. On a consciencieusement bâti une société liquide qui, dénonce le sociologue Zygmunt Bauman, a abouti à la création d’un « lumpenprolétariat spirituel » qui, n’ayant plus rien de concret et de stable à quoi se raccrocher, s’agrippe à des bouées illusoires qui ne font que l’enfoncer davantage dans le vide existentiel: sans surprise, les symptômes de dépression croissent à mesure du temps passé sur les réseaux sociaux.

Mais il est un critère que cette étude a oublié d’aborder: celui de la vie spirituelle. D’autres enquêtes ont montré que la prière était un moyen efficace de conjurer la dépression. Il n’y a là nulle pensée magique : quel point de repère plus stable que de croire que nous avons été aimés de toute éternité par le Dieu qui nous a créés et qu’il nous appelle à partager sa félicité éternelle ? Cette espérance-là, nos élites ont voulu l’éteindre au nom des Lumières et, ce faisant, elles ont plongé l’Occident dans l’obscurantisme de la désespérance. 

Source : Laurent Dandrieu, Valeurs actuelles



mercredi 21 août 2024

Les civilisations meurent de suicide, pas de meurtre

Une des thèses d’Arnold Toynbee dans sa monumentale Étude de l’histoire (12 volumes) est que « Les civilisations meurent de suicide et non de meurtre. »

 La pulsion suicidaire est bien avancée, si on en juge par l’actualité.

Dans le cadre de la convention des « Démocrates » américains à Chicago, des manifestants scandent « N* que les tribunaux, n*que l’État, vous ne pouvez pas nous forcer à procréer. » Le cortège comprend des personnes déguisées en pilules abortives.

LE COUP DE POIGNARD DIVERSITAIRE DU JOUR :

    Une femme a été poignardée à mort après une bagarre avec un homme sur le stationnement d’une gare dans le West Sussex.

La « femme » aurait moins de vingt ans (« late teens », « fin de l’adolescence »).

L’AGRESSION SEXUELLE DIVERSITAIRE DU JOUR :

    Deux jeunes filles de 16 ans sont « agressées sexuellement par un groupe d’hommes » dans la mer au large de la plage de Bournemouth.

L’AMPUTATION DIVERSITAIRE DU JOUR :

    La communauté d’East Kilbride « incapable de dormir » après une horrible attaque d’un gang à la machette
    L’incident a laissé la main d’une victime « coupée » et une autre a dû être opérée.

LA DÉCAPITATION DIVERSITAIRE DU JOUR :

    Le migrant qui a décapité sa victime et fait jaillir ses intestins alors qu’il était encore en vie pourrait éviter d’être expulsé d’Allemagne « parce qu’il revient probablement de Somalie ».

LA NÉCROPHILIE DIVERSITAIRE DU JOUR :

    Un homme de 20 ans est accusé de meurtre et de relations sexuelles avec un cadavre après qu’une femme a été poignardée à mort dans le Kent.

Pendant ce temps, les victimes de la semaine dernière de cette perverse pathologie imposée à des nations autrefois civilisées sont déjà oubliées, mais si vous vous posez la question :

Leanne Lucas, professeur de yoga à Southport, avait été réadmise à l’hôpital en raison de difficultés respiratoires.

Le révérend Paul Murphy et le lieutenant-colonel Mark Teeton se remettent des attaques perpétrées devant leurs casernes à Galway et dans le Kent.

Une fillette australienne de 11 ans attend de subir une opération de chirurgie esthétique à la suite des blessures subies lors de l’attentat de Leicester Square.
La « diversité » est l’endroit où les nations meurent — parce qu’il n’est pas naturel pour les sociétés humaines de vivre ainsi.

HISTOIRE DIVERSITAIRE DU JOUR QUI FAIT CHAUD  AU CŒUR

Dans la ville de Sønderborg, dans le sud profond du Schleswig septentrional, les tensions ethniques se limitaient autrefois aux Danois et aux Allemands. Mais nous avons dépassé ce stade. Une jeune fille de 17 ans se promenait près du « centre pour migrants » local lorsqu’elle a été poussée au sol par un homme qui a tenté de la déshabiller.

Heureusement, elle a pu le repousser en l’aspergeant de poivre de Cayenne. L’agresseur s’est enfui et reste en liberté. Au moins, la pauvre adolescente n’a pas été violée. C’est une bonne nouvelle, n’est-ce pas ?

Euh, non, pas au Danemark. Selon le porte-parole eunuque de la police, Knud Kirsten :

Il est illégal de posséder et d’utiliser du poivre de Cayenne, et la jeune fille sera donc probablement inculpée pour cela.
La jeune femme devra donc payer une amende de 500 couronnes pour avoir refusé d’être violée. Certains lecteurs se souviendront du terme qu’une Suédoise a utilisé pour qualifier les hommes scandinaves qui sont restés près d’une piscine municipale pendant que les « migrants » locaux agressaient sexuellement sa fille et ses amies : « des mangins » — mort-valise de « man » et « vagin ». C’est parce que Knud Kirsten et les autorités refusent de protéger les filles des prédateurs qu’ils ont lâchés sur le territoire que cette adolescente est obligée de se défendre du mieux qu’elle peut. Aujourd’hui, Knud Kirsten aggrave encore la situation en disant aux victimes : « Couchez-vous et pensez à la diversité ! »

Si vous souhaitez exprimer votre point de vue sur l’un de ces sujets, les troupes d’intervention de Keir Starmer le sectaire frapperont à votre porte.

Le site web Gates of Vienna note la différence de traitement entre la soi-disant « extrême droite » britannique, condamnée et emprisonnée dans les jours qui ont suivi les émeutes provoquées par les coups de couteau de Southport, et l’indifférence léthargique qui règne depuis des décennies à l’égard des violeurs en bande organisée de milliers et de milliers de jeunes filles anglaises à Rotherham, Rochdale, Telford, Oxford… Comme l’a montré la remarquable célérité des troupes de Starmer, pour les dirigeants britanniques, le vrai problème n’est pas celui des poignardeurs multiculturels, mais celui des membres de la classe ouvrière blanche qui s’obstinent à vouloir les remarquer. Sir Keir s’est donc engagé dans une politique consciente : poignarder le messager.

Sir Keir libère des criminels violents de ses prisons afin de faire de la place aux twitteurs dissidents. Et, pour le plus grand plaisir des commentateurs Internet « anti-migrants » qui se font coffrer selon le bon plaisir de Sa Majesté britannique, ces prisons sont de plus en plus souvent dirigées par des gangs islamiques.

Un suicide civilisationnel, pimenté de meurtres.

(Source de la sélection des histoires diversitaires du jour)

Connexe

La deuxième journée de la Convention nationale du parti démocrate à Chicago a commencé de façon étrange lors du caucus des femmes... Que la joie et l'optimisme soient au rendez-vous !


mercredi 24 juillet 2024

Royaume-Uni : pas de hausse notable des suicides depuis la restriction des bloqueurs de puberté

Selon un rapport indépendant rendu par le professeur de psychiatrie Louis Appleby, conseiller en prévention du suicide au département de la santé et des affaires sociales de l’université de Manchester, les affirmations selon lesquelles le taux de suicide chez les jeunes souffrant de dysphorie de genre a fortement augmenté depuis que le NHS a restreint l’accès aux bloqueurs de puberté sont fausses.

Le conseiller du Gouvernement a été chargé de mener cette étude par le secrétaire à la Santé suite aux allégations formulées par le Good Law Project. L’organisation contestait la décision de l’ancien ministre de la Santé de mettre fin à la prescription par les cliniques privées de médicaments bloquant la puberté d’enfants ou d’adolescents atteints de dysphorie de genre.

Les données issues du NHS England relatives aux jeunes suivis au Tavistock and Portman NHS Foundation Trust montrent un total de 12 suicides : 6 chez les moins de 18 ans, 6 chez les 18 ans et plus. Au cours des 3 années précédant 2020-21, 5 suicides ont été recensés, contre 7 au cours des 3 années suivantes. « Compte tenu des fluctuations attendues sur de petits nombres », ces écarts ne sont pas significatifs d’un point de vue statistique, explique Louis Appleby. De plus, parmi les jeunes décédés, certains souffraient de troubles mentaux ou avaient vécu des « expériences traumatisantes », des ruptures familiales. Certains avaient été pris en charge par les services de protection de l’enfance.

Louis Appleby souligne en outre que cette question a été discutée sur les réseaux sociaux « de manière insensible, inquiétante et dangereuse », à l’opposé de la façon dont il faudrait signaler les suicides. En effet, il existe un risque que « des adolescents déjà en détresse entendent le message selon lequel “des gens comme vous, confrontés à des problèmes similaires, se suicident”, ce qui les conduirait à imiter le suicide ou l’automutilation ».

 

Sources : Observatoire de la petite sirène (19/VII/2024) ; The Guardian, Denis Campbell (19/VII/2024) ; BBC (19/VII/2024) , via Généthique.

mardi 14 mai 2024

Le Québec relativement épargné par la crise des opioïdes en Amérique du Nord

Selon l’Agence de la santé publique du Canada, le pays « a connu un nombre substantiellement plus élevé de décès et d’autres méfaits associés aux opioïdes depuis le début de la surveillance en 2016 [et la] pandémie de COVID-19 pourrait avoir exacerbé la crise » (Comité consultatif spécial fédéral, provincial et territorial sur l’épidémie de surdoses d’opioïdes 2023).

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) indique que le Québec a jusqu’à présent été relativement épargné si on le compare au reste du Canada (INSPQ 2024b). L’INSPQ estime que le nombre de décès attribuables à une intoxication aux opioïdes étaient en baisse en 2018 et 2019 (211 et 212, respectivement), ont remonté en 2020 (319), et sont demeurés relativement élevés en 2021 (284).

Pour suivre les tendances plus récentes, l’INSPQ diffuse également le nombre de décès reliés à une intoxication suspectée aux opioïdes ou à d’autres drogues, jusqu’en décembre 2023. Selon ces données, on observe qu’après la période relativement stable de l’année 2021, il y a eu une augmentation du nombre de cas à la fin de l’année 2023. Notons qu’au terme des enquêtes, le nombre de décès attribués à une intoxication aux opioïdes s’avère plus faible que le nombre de décès liés aux intoxications initialement suspectées, qui incluent également d’autres drogues.


Par ailleurs, l’Agence de la santé publique du Canada compile des statistiques sur le sujet à partir des données qui lui sont soumises par les provinces et territoires. D’après son rapport publié en décembre 2023, on constate ce qui suit :

  • Il y a eu environ 70 600 décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes au Canada entre janvier 2016 et juin 2023 (2 800 en 2016, 3 900 en 2017, 4 200 en 2018, 3 700 en 2019, 6 400 en 2020, 8 000 en 2021, 7 500 en 2022 et 4 000 entre janvier et juin 2023) ;
  • Selon les données provisoires, le nombre total de décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes au Canada enregistrés depuis le début de 2023 (janvier à juin) est supérieur de 5 % à celui correspondant à la même période pour l’année précédente ;
  • La très grande majorité des décès apparemment liés aux opioïdes étaient accidentels ;
  • Depuis le début de l’année 2023 (janvier à juin), 89 % de tous les décès accidentels liés à une intoxication aux opioïdes au Canada sont survenus en Colombie-Britannique, en Alberta ou en Ontario. Des taux élevés ont également été observés dans d’autres régions également ;
  • Entre janvier 2016 et juin 2023, le taux de décès apparemment liés à la consommation d’opioïdes a varié entre 2 et 6 pour 100 000 habitants au Québec. Au Canada, il a varié entre 8 et 21 pour 100 000 habitants.
  • Le taux de la Colombie-Britannique, la province la plus touchée, varie entre 20 et 48 pour 100 000 habitants depuis 2017


mercredi 21 février 2024

Nouvelle étude : la dysphorie de genre chez les ados ne les expose pas en soi à un risque plus élevé de suicide

Une nouvelle étude remet en question l’affirmation commune selon laquelle les jeunes dysphoriques sont exposés à un risque élevé de suicide s’ils ne sont pas traités par des interventions médicales « d’affirmation du genre ». Si c’est vrai, cela devrait avoir un impact sismique sur l’approche médicale acceptée pour les jeunes qui disent souffrir de confusion sexuelle.

Publiée dans le British Medical Journal (BMJ), l’étude examine les données d’une cohorte d’adolescents finlandais orientés vers des services spécialisés dans l’identité de genre (le « groupe orienté ») entre 1996 et 2019, et compare leurs taux de mortalité toutes causes confondues et de suicide à ceux d’un groupe témoin. Bien que les taux de suicide dans le groupe orienté étudié soient plus élevés que dans le groupe de contrôle, la différence n’est pas importante : 0,3 % contre 0,1 %. Et surtout, cette différence disparaissait lorsque les deux groupes étaient contrôlés pour les problèmes de santé mentale suffisamment graves pour nécessiter l’aide d’un spécialiste en psychiatrie.

En d’autres termes, si l’identité transgenre semble être associée à un risque élevé de suicide, le lien n’est pas très fort. Qui plus est, le lien de causalité n’est peut-être pas celui qu’affirment les activistes.

L’association entre la dysphorie de genre et la maladie mentale est bien documentée par les prestataires de « soins d’affirmation du genre » et les groupes de défense des transgenres, ainsi que par la recherche en psychologie clinique. Mais une affirmation moins bien étayée, fondée sur cette association, est que ces difficultés sont causées non pas par le fait d’être transgenre, mais par la stigmatisation politique et sociale qui y est associée. On veut nous faire croire que la dysphorie de genre n’est pas en soi un problème de santé mentale. Ce qui causerait les problèmes de santé mentale chez les jeunes transgenres — jusqu’au suicide — serait le rejet par le monde entier de leur identité et du cadre métaphysique de « l’identité de genre » en tant que telle.

C’est là l’origine de l’affirmation maintes fois répétée dans les médias sociaux selon laquelle quiconque émet des doutes sur l’identité transgenre, même de façon modérée, est complice d’un « génocide transgenre ». L’affirmation selon laquelle la remise en question ou la non-acceptation de l’identité de genre (l’invalidation dans le jargon) des jeunes transgenres les pousse à se suicider est également à l’origine de la question rhétorique couramment utilisée pour intimider les parents afin qu’ils consentent à une transition sociale et médicale pour leur progéniture dont le genre est confondu : « Préférez-vous avoir une fille vivante ou un fils mort ? »

Elle est à l’origine de l’interdiction de la « thérapie de conversion trans » déjà en vigueur dans plusieurs pays comme le Canada et promise par le parti travailliste en Angleterre. Ces mesures interdisent aux thérapeutes d’examiner avec leurs clients s’il existe un lien entre leur dysphorie de genre et, par exemple, un traumatisme de la vie ou d’autres problèmes de santé mentale. En effet, si la cause de la détresse et du suicide des personnes transgenres est qu’elles ne sont pas acceptées pour ce qu’elles sont, tout thérapeute qui cherche à explorer les liens entre la dysphorie de genre et d’autres problèmes biographiques ou psychiatriques est complice de ce type de non-acceptation et, par conséquent, n’aide pas son client, mais lui fait du tort.

Mais comme l’indique l’étude : « La dysphorie de genre clinique ne semble pas être un facteur prédictif de la mortalité toutes causes confondues ou de la mortalité par suicide lorsque les antécédents de traitement psychiatrique sont pris en compte ». Ce qui prédit le risque dans cette population, c’est plutôt la « morbidité psychiatrique ». Et contrairement à ce qu’affirment les activistes, la transition ne contribue en rien à la réduire : « Le changement de sexe médical n’a pas d’impact sur le risque de suicide. »

Personne ne veut être complice du fait de pousser un jeune sur cette voie. C’est pourquoi la suggestion que remettre en question les croyances d’une personne en matière de genre peut entraîner le suicide constitue un argument émotionnel de taille. Mais si l’étude finlandaise est correcte, tout cet édifice rhétorique, législatif et médical semble reposer sur du sable. Si le risque élevé de suicide chez les jeunes transgenres disparaît lorsque l’on contrôle les autres difficultés psychiatriques, cela suggère fortement que les jeunes transgenres ne sont pas plus à risque en raison de la transphobie ou de l’invalidation, mais en raison du fait bien documenté que la dysphorie de genre a tendance à se produire chez les personnes qui sont perturbées et malheureuses de manière plus générale.

Il devrait en découler que la façon de gérer le risque de suicide chez les jeunes qui se disent trans n’est pas « d’affirmer » leur identité de genre et de les soumettre à des interventions médicales, mais de surveiller et de traiter les comorbidités psychiatriques. En fin de compte, les revendications de l’idéologie du genre sont moins scientifiques que métaphysiques. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que les preuves scientifiques qui contredisent les prescriptions de l’idéologie du genre aient beaucoup d’impact sur les défenseurs des transgenres. Même si le fait de « suivre la science » ferait une réelle différence dans le risque de suicide chez les jeunes dysphoriques de genre.

Source 

Voir aussi 

Aucune étude fondée sur les preuves démontre le bénéice d’affirmer la transition de genre d’un mineur sur l’argument du risque suicidaire

Démystifier les mythes diversitaires sur le sexe et l'identité de genre

Suicide : déclin mondial mais augmentation chez les blancs américains 

Grande-Bretagne — enfants autistes poussés à s'identifier comme transgenres ?

À la lumière de six études, Remafedi trouve que le suicide chez les jeunes homosexuels s’explique peu par l’homophobie, mais davantage par la prostitution, la famille désunie, l’agression sexuelle en bas âge, les peines d’amour et l’étiquetage prématuré de l’orientation sexuelle.

 

mardi 24 octobre 2023

Loïk Le Floch-Prigent : « Les Européens sont en train de disparaître de l'histoire »

À la 29e min.


« il n'y a pas de civilisation qui soit resté dans l'histoire qui n'a pas eu une énergie abondante, bon marché et souveraine. »

Loïk Le Floch-Prigent est ex-président de grandes entreprises françaises telles que Rhône-Poulenc, Elf Aquitaine, GDF et la SNCF, critique la politique énergétique du président Emmanuel Macron. Il affirme que ce dernier « ne maîtrise pas les enjeux énergétiques actuels » et renchérit en disant que « la sobriété c'est la pénurie, et la pénurie, c'est être le choix entre la vie et la mort ».

mardi 17 octobre 2023

Les Occidentaux sont en train de se suicider par dénatalité

Les Européens sont en train de se suicider par dénatalité. Les peuples dont les générations ne se reproduisent pas sont condamnés au vieillissement et du même coup guettés par un esprit d'abdication, de "fin de siècle".

Raymond Aron

17 octobre 1983 : Décès de Raymond Aron



jeudi 10 août 2023

Une étude sur le dispositif canadien d’euthanasie alerte sur ses impasses

Une récente étude publiée sur le site des Presses universitaires de Cambridge s’est penchée sur le dispositif d’euthanasie au Canada, et alerte sur ses impasses.

Intitulée “Les réalités de l’assistance médicale à mourir (AMM) au Canada“, cette étude avait pour objet d’examiner les impacts du programme canadien d’euthanasie et d’analyser les “sauvegardes” permettant d’éviter les dérives. Sa conclusion est inquiétante :

“Le régime canadien d’aide médicale à mourir ne dispose pas des mesures de protection, de la collecte de données et de la surveillance nécessaires pour protéger les Canadiens contre les décès prématurés. Les auteurs ont cerné ces lacunes dans les politiques et ont utilisé des cas d’AMM pour illustrer ces constatations“.

Les auteurs sont des médecins et un juriste, avec une expertise dans le domaine de la bioéthique. Ils ont travaillé à partir des données officielles, et des rapports sur les cas d’euthanasie, ainsi que de la presse et des publications du parlement.

Le système canadien d’euthanasie


Voté en 2016 sous le nom de “C14“, une législation a introduit une exemption à l’interdit de tuer pour les personnes majeures, consentantes, lucides, en cas de maladie ou infirmité avec une “mort naturelle raisonnablement prévisible” (MNRP, en anglais “reasonably foreseeable natural death” (RFND), un déclin irréversible des capacités, et une douleur intolérable (physique ou psychique). Si le suicide assisté est possible, c’est l’euthanasie qui est la forme la plus courante d’administration de la mort.

En 2021, une loi dite “C7” a étendu l’accès en introduisant un régime à deux voies : la voie “C14” et les cas de patients qui ne sont pas proches de leur mort naturelle, incluant donc toutes les personnes avec une infirmité. Un délai de mise en œuvre était prévu pour les personnes souffrant d’une maladie mentale jusqu’à mars 2023. Un nouveau report est voté jusqu’au 17 mars 2024.

Les auteurs rappellent que l’extension prévue par la loi C7 faisait suite à un seul jugement d’un tribunal dans la province de Québec en 2019 qui avait déclaré la disposition de mort naturelle raisonnablement prévisible inconstitutionnelle. Le gouvernement fédéral n’avait pas fait appel de ce jugement. Les auteurs rappellent aussi que “la Cour suprême a explicitement déclaré dans l’affaire Carter (Cour suprême du Canada, 2015) qu’elle ne se prononçait pas sur l’aide médicale à mourir pour la maladie mentale“.

Depuis sa légalisation, les données officielles montrent une hausse continue et forte des cas d’euthanasie : 2% des décès en 2019, 3.3% en 2021 soit 10064 décès. Dans certaines régions, le pourcentage atteint 7%. Par comparaison, en Californie, qui a légalisé le suicide assisté en 2016, on compte 486 cas en 2021, soit environ 0.2% des décès, les populations de ces deux Etats étant proches, ainsi que leur culture.

Résultats de l’étude


Suite à leurs recherches, les auteurs relèvent plusieurs problèmes dans le dispositif canadien actuel.

Des données officielles sans beaucoup de vérifications

Le système de collecte de données repose sur l’auto-déclaration par les praticiens, largement sous le format de cases à cocher. Sachant que pratiquer l’euthanasie en dehors des cas prévus par la loi reste illégal, il est peu probable que les praticiens déclarent d’eux-mêmes des cas non légaux. Bien que le rapport officiel de Santé Canada indique que les patients ayant opté pour l’AMM (assistance médicale à mourir) ont un fort taux d’accès aux soins palliatifs, une étude indépendante sur des patients dans un hôpital de l’Ontario a constaté l’inverse sur l’échantillon de cet hôpital: “Les soins palliatifs offerts aux personnes qui demandent l’aide médicale à mourir sont encore insuffisants“.

Un manque de supervision


L’étude fournit plusieurs exemples de personnes euthanasiées dont les familles n’ont pu avoir accès au dossier médical afin de déterminer si le processus avait bien été respecté. Le témoignage de la famille d’Alan Nichols devant le parlement en 2022 est poignant. Sur le fond, la question est proche de celle pointée du doigt par la CEDH en octobre dernier sur le dispositif belge d’euthanasie : la revue des cas ne peut se faire qu’après le décès, et les conditions d’accès aux dossiers restent difficiles. Comme l’écrivent les auteurs

“le ministre de la Justice a déclaré que la supervision doit être assurée par les membres de la famille qui se plaignent après le fait pour engager des mesures disciplinaires ou des enquêtes policières. Pourtant, les expériences des membres de la famille qui ont essayé de répondre aux préoccupations suggèrent que les cas ne peuvent pas être examinés de manière transparente, et les autorités sanitaires ont invoqué des exceptions de l’intérêt supérieur pour rejeter les demandes d’accès aux dossiers médicaux“.

Une priorisation de l’accès à l’euthanasie qui interroge 


Bien que l’arrêt de la Cour suprême n’a pas explicitement créé un “droit de mourir”, la loi C14 dans son préambule insiste sur un accès “universel” à ce processus : “il est souhaitable d’adopter une approche cohérente dans tout le pays en matière d’aide médicale à mourir“. Le risque pointé par l’étude est de prioriser cet accès plutôt qu’un accès à des soins appropriés mais plus couteux. Le Canada, selon une étude de l’OCDE, se situe en dessous de la moyenne des pays membres pour les dépenses publiques sociales. Dans une audition au parlement pour le projet de loi C7, la ministre Carla Qualthrough en charge de l’inclusion des personnes handicapées avait reconnu : “nous savons qu’il y a des régions du pays où il est plus facile d’obtenir l’aide médicale à mourir qu’un fauteuil roulant.” Le cas de Sathya Dhara Kovac est emblématique. Atteinte de SLA, et euthanasiée en octobre 2022, elle a écrit à ses proches :

“En fin de compte, ce n’est pas une maladie génétique qui m’a fait partir, c’était un système …Il y a un besoin désespéré de changement. C’est la maladie qui cause tant de souffrance. Les personnes vulnérables ont besoin d’aide pour survivre. J’aurais pu avoir plus de temps si j’avais eu plus d’aide“.

L’euthanasie comme levier d’économie budgétaire ? 

Par ailleurs, un rapport de l’office budgétaire canadien a estimé en 2020 que l’euthanasie pourrait être une source d’économies. Dans des pays vieillissant où les coûts de santé conduisent à des pressions financières sur les comptes publics, on peut s’interroger sur le conflit d’intérêt d’un Etat devant choisir entre le bien-être de ses citoyens et la tentation de faire des économies par la proposition extensible d’une assistance médicale à mourir. Le film Plan 75 en fournit une illustration certes fictionnelle mais crédible.

Proposer l’euthanasie à ceux qui ne l’ont pas demandé ?


La Nouvelle Zélande et un Etat australien (Etat de Victoria) interdisent au personnel médical d’initier une discussion sur l’euthanasie avec leurs patients. A l’inverse, au Canada, l’association canadienne des praticiens de l’AMM a publié des guidances dans laquelle elle estime que les médecins et infirmiers “impliqués dans les processus de planification des soins et de consentement ont l’obligation professionnelle d’amorcer une discussion sur l’aide médicale à mourir si un patient est admissible à l’aide médicale à mourir“. L’étude cite plusieurs cas de personnes à qui on a proposé l’euthanasie quand elles demandaient des ressources ou des accès à des soins. A la lumière des chiffres cités plus haut, le choix pour un praticien d’aborder sans entrave la question de l’AMM avec son patient pourrait ne pas être neutre dans les décisions de celui-ci.

Des difficultés de définition et un accès à l’euthanasie parfois plus rapide que celui des soins


L’étude aborde d’autres difficultés pour tout dispositif dit d’encadrement de la pratique d’une euthanasie :

La difficulté pour un médecin de pouvoir prédire correctement le “reste à vivre” des patients.
  • Les nombreuses études montrant qu’à l’annonce d’une maladie grave, le risque de suicide est élevé mais qu’il baisse ensuite.
  • La douleur comme notion qui a une composante psychosociale et renvoie donc à la qualité du soutien -physique, psychique, économique…- proposé par la société et l’entourage. Ainsi, dans certains cas sur le territoire canadien, les délais pour accéder à des soins dépassent les 90 jours nécessaires pour obtenir une euthanasie.
  • Enfin, l’étude mentionne le risque bien documenté de contagion suicidaire – effet Werther.
Cette revue détaillée du dispositif canadien d’euthanasie et suicide assisté illustre de nouveau l’incapacité “d’encadrer” la pratique de l’euthanasie malgré les moyens administratifs et les déclarations des pouvoirs publics.

Source

samedi 5 août 2023

Au Canada, un « proviseur » se suicide après un séminaire sur l’antiracisme

Nous en avions déjà parlé dans Comment un honnête homme, directeur d'école, fut broyé par l’antiracisme délirant. Voici comment le Figaro de Paris relate cette triste histoire. 

 

Richard Bilkszto, un proviseur de l’académie [directeur d'école du conseil scolaire] de Toronto, s’est suicidé après avoir porté plainte pour harcèlement contre une formatrice à l’antiracisme, qui l’aurait accusé d’être un suprémaciste blanc.

L’académie [conseil scolaire] de Toronto a été endeuillée au début du mois de juillet par le suicide d’un proviseur âgé de 60 ans, Richard Bilkszto, d’après la radio publique canadienne CBC News. L’homme avait porté plainte quelques mois plus tôt contre un organisme privé de formation professionnelle qui propose des séminaires sur l’antiracisme : le KOJO Institute, fondé et dirigé par Kike Ojo-Thompson, une ex-enseignante devenue une militante antiraciste très médiatique.

Selon l’avocat de Richard Bilkszto, son suicide serait directement lié à un incident survenu lors d’un séminaire au printemps 2021 auquel le proviseur avait assisté. Kike Ojo-Thompson l’avait accusé d’être un suprémaciste blanc, une remarque qui aurait profondément déstabilisé ce fonctionnaire connu pour sa longue carrière dans l’enseignement ainsi que son engagement associatif contre le racisme. Le gouvernement canadien a annoncé l’ouverture d’une enquête sur le KOJO Institute.

Cet organisme qui propose des formations contre les discriminations et le racisme est l’un des nombreux établissements privés qui proposent désormais des formations de ce genre aux entreprises ou aux administrations. Richard Bilkszto a participé à l’un des séminaires en ligne proposés par le KOJO Institute, qui est partenaire de l’académie de Toronto, alors qu’il était proviseur remplaçant - il venait de prendre sa retraite après 24 ans dans l’éducation canadienne. Selon la plainte déposée par l’enseignant et relayée dans la presse canadienne, au cours du séminaire, la formatrice Kike Ojo-Thompson aurait insisté sur l’idée qu’il existe un racisme structurel présent au Canada - une thèse défendue par les adeptes de la «théorie critique de la race», ce courant d’idées postcolonial qui dénonce le racisme inconscient des institutions occidentales.

Selon le Daily Mail , Kike Ojo-Thompson aurait notamment affirmé que le Canada était un pays «plus raciste encore que les États-Unis» car il n’a «jamais rendu de comptes sur son passé raciste envers les Noirs». Richard Bilkszto serait alors intervenu pour exprimer son désaccord avec les propos de la formatrice (une femme noire), qui se serait agacée en répondant immédiatement : «Nous sommes ici pour parler du racisme contre les Noirs, mais vous, malgré votre blanchité, vous pensez que vous pouvez me dire la façon dont les choses se passent pour les Noirs dans ce pays ?».

La plainte du proviseur, déposée plusieurs mois après l’altercation, mentionne ensuite que celui-ci aurait voulu amorcer une désescalade avec son interlocutrice, mais un des autres participants au séminaire lui aurait alors dit que ses propos étaient «graves». La semaine suivante, lors de la seconde session du séminaire, Kike Ojo-Thompson est revenue sur l’incident en expliquant que l’intervention de Richard Bilkszto «constitu(ait) un exemple concret de résistance, en soutien au suprémacisme blanc».

Un proviseur engagé contre le racisme

Ces altercations auraient alors empêché Richard Bilkszto de poursuivre correctement son travail, et l’auraient plongé dans un état d’anxiété émotionnelle à cause duquel il a été placé en arrêt maladie. Les accusations portées contre lui étaient d’autant plus difficiles à recevoir que l’homme était connu pour avoir participé à des programmes inclusifs dans l’enseignement public, et était membre fondateur d’une association antiraciste, la Foundation Against Intolerance & Racism (FAIR). De son côté, le KOJO Institute, qui a publié un communiqué présentant ses condoléances à la famille de Richard Bilkszto, nie sa version des faits et estime n’avoir aucune responsabilité dans les événements psychologiques qui l’ont poussé à se suicider.

Néanmoins l’académie de Toronto et le ministre canadien de l’Éducation ont annoncé qu’ils prenaient au sérieux les accusations de Richard Bilkszto contre le KOJO Institute. Le ministre Stephen Lecce les a jugées «sérieuses et perturbantes», et a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative, tout en indiquant que ses services devront mieux contrôler à l’avenir les formations professionnelles dispensées aux enseignants «afin qu’un tel incident ne se reproduise plus».

Le Journal de Montréal précise qu’avant le suicide du proviseur, le conseil scolaire avait refusé de prendre au sérieux les difficultés rencontrées par Richard Bilkszto suite à ce séminaire, et avait fini par annuler son contrat de travail. Enfin, selon le Daily Mail, le suicide du proviseur a poussé de nombreux enseignants canadiens à appeler l’avocat de Richard Bilkszto pour lui faire part de faits similaires qu’ils ont vécus au cours de formations ou de campagnes de sensibilisation contre le racisme.


dimanche 16 juillet 2023

Aucune étude fondée sur les preuves démontre le bénéfice d’affirmer la transition de genre d’un mineur sur l’argument du risque suicidaire

Publié dans le Wall Street Journal du 13 juillet 2023:

En tant que professionnels expérimentés impliqués dans la prise en charge directe d'un nombre croissant de jeunes de diverses origines, dans l'évaluation des preuves médicales, ou dans les deux, nous avons été surpris par les affirmations de l'Endocrine Society concernant l'état des preuves en matière de soins affirmatifs pour les jeunes (Lettres, 5 juillet). Stephen Hammes, président de l'Endocrine Society, écrit : « Plus de 2 000 études publiées depuis 1975 brossent un tableau clair : les soins tenant compte du genre améliorent le bien-être des personnes transgenres et de diverses identités de genre et réduisent le risque de suicide ». Cette affirmation n'est pas étayée par les meilleures preuves disponibles.

Tous les examens systématiques réalisés à ce jour, y compris ceux publiés dans le Journal of the Endocrine Society, ont révélé que les preuves des avantages pour la santé mentale des interventions hormonales chez les mineurs étaient peu ou très peu certaines. En revanche, les risques sont importants et incluent la stérilité, la dépendance permanente aux médicaments et l'angoisse du regret. C'est pour cette raison que de plus en plus de pays européens et d'organisations professionnelles internationales recommandent désormais la psychothérapie plutôt que les hormones et les chirurgies comme traitement de première intention pour les jeunes dysphoriques de genre

L'affirmation du Dr Hammes selon laquelle la transition entre les sexes réduit le nombre de suicides est contredite par toutes les revues systématiques, y compris la revue publiée par l'Endocrine Society, qui déclare : « Nous n'avons pu tirer aucune conclusion sur le décès par suicide ». Aucune preuve fiable ne suggère que la transition hormonale soit une mesure efficace de prévention du suicide.

La politisation des soins de santé pour les personnes transgenres aux États-Unis est malheureuse. Pour y remédier, les sociétés médicales doivent aligner leurs recommandations sur les meilleures preuves disponibles, plutôt que d'exagérer les avantages et de minimiser les risques.

Cette lettre est signée par 21 cliniciens et chercheurs de neuf pays.

samedi 22 janvier 2022

Confinements et gestion de la pandémie : Importante hausse des appels à Suicide Action

L’organisme Suicide Action Montréal remarque une hausse importante de détresse psychologique depuis le début de la pandémie.

L’isolement et les pertes d’emplois feraient partie des raisons de la hausse des appels et des interventions chez Suicide Action.

Ce ne sont que 35 % des appels qui sont effectués par les hommes ; la majorité est faite par des femmes.

« Au Québec, depuis la pandémie, on parle de 20 à 30 % de hausse d’idées suicidaires. À Montréal seulement, c’est 7 %. On parle de trois suicides et de onze tentatives par jour », dit Kathy Laramée, directrice générale chez Suicide Action Montréal.

L’organisme se soucie particulièrement des jeunes de 18 à 24 ans, surtout ceux qui seraient en télétravail.

Les Québécois sont invités à appeler ou à consulter en ligne Suicide Action en cas de détresse. Un service est aussi disponible pour les proches d’un individu en difficulté.

Cri du cœur des jeunes

Alexandrine Beauvais-Lamoureux, porte-parole du collectif NOUS, organisme pour la sensibilisation sur santé mentale, déplore le manque de ressources pour les jeunes qui ne sont plus étudiants.

« Une jeune comme moi pourrait avoir accès à certains services puisque je suis inscrite à l’université. Mais pour les jeunes qui décident de décrocher une session pour prendre soin de leur santé mentale, ils perdent l’accès à ces ressources-là. Donc ils n’ont plus nécessairement les outils pour pouvoir traverser une période difficile. »

Cette crise de la santé mentale chez les jeunes est exacerbée par la pandémie et l’isolement. « Ça risque de s’empirer à long terme si l’on ne se met pas à prendre des actions maintenant pour aider. »

Source : TVA


samedi 4 décembre 2021

La nécessité du retour de la fonction paternelle alors que le patriarcat occidental disparu est sans cesse attaqué à gauche


Jean-Michel Delacomptée s'entretient avec Mathieu Bock-Côté sur le patriarcat, la paternité, les deux sexes, la détestation de l'homme blanc uniquement apparemment

 

La seconde moitié du XXe siècle a vu l’avènement des femmes dans la sphère publique sous le signe de leur égalité avec les hommes, valeur fondamentale en France comme en Europe. Ce formidable progrès connaît aujourd’hui des développements hasardeux. Dans le tumulte d’une époque où les passions prennent le pas sur la raison, à la revendication d’une égalité juste se substitue progressivement la quête utopique d’une égalité totale entre les individus, les sexes, les genres, qui implique l’éradication du patriarcat, source de tous les maux. Exit le père de famille, symbole de l’autorité, voici le règne de l’amour universel comme projet politique consacré par les lois. Étrange amour, qui tend à opposer l’homme et la femme, à produire de la violence, à fracturer la société, à détruire la beauté du monde.

Avec son esprit pénétrant et sa plume inspirée, Jean-Michel Delacomptée examine la révolution des mœurs en cours, amplement importée des États-Unis, où s’invente une modernité aveugle aux conséquences de ses choix. Devant l’avenir qu’obscurcit le sectarisme de revendications sans limites, il se livre à une ardente défense de notre souveraineté morale, clé d’une indispensable préservation de l’humanisme et de la haute culture sur lesquels repose la fragile grandeur de notre civilisation.

`

Les hommes et les femmes: Notes sur l'esprit du temps
de Jean-Michel Delacomptée
publié le 6 octobre 2021
chez Fayard
à Paris
224 pages
ISBN-13 : 978-2213712840


jeudi 21 octobre 2021

Plus de soldats américains sont morts du suicide au 2e trimestre 2021 que de la Covid depuis mars 2020

Plus de membres de l’armée américaine sont morts par suicide au cours du seul deuxième trimestre 2021 que du coronavirus pendant toute la durée de la pandémie, selon un inquiétant rapport du Pentagone.

Entre le début du mois d’avril et la fin du mois de juin 2021, il y a eu 139 suicides militaires au total — 99 dans le service actif, 14 parmi les réservistes et 26 dans la garde nationale — indique le dernier rapport du Defense Suicide Prevention Office (DSPO).

Les statistiques publiées font état d’une hausse de 46 % des suicides au sein des forces actives de l’armée américaine, par rapport à 2020.

Les nouveaux chiffres signifient également que les suicides survenus au cours de ce seul trimestre civil représentent plus du double du nombre officiel de décès dus au Covid-19 dans les forces armées, que le Pentagone a estimé à 58 jusqu’à présent.

Le rapport annuel 2020 du ministère de la Défense sur les suicides militaires, publié fin septembre, faisait état de 580 décès de ce type au cours de l’année 2020 — corrigé à 581 dans le dernier trimestre — contre 505 au total l’année précédente.

Alors que le taux de suicide chez les réservistes et la Garde nationale est resté « statistiquement stable » depuis 2016, la force de service actif a connu une augmentation « significative », a déclaré le Dr Karin Orvis, qui a pris la tête de la DSPO en 2019. Le taux de suicides en service actif était de 28,7 pour 100 000 en 2020, le plus élevé depuis que des registres détaillés ont commencé à être tenus en 2008, où il était de 16,9 pour 100 000.

Les hommes enrôlés de moins de 30 ans sont les plus à risque. Ils représentent 42 % de la population militaire totale en 2020, mais 63 % des suicides cette année-là, a déclaré Orvis. Le taux de suicide de l’armée de terre, 36,4 pour 100 000, est presque le double de celui de la marine, 19,3.

L’archevêque du Pentagone déclare que les troupes ne peuvent pas être forcées à recevoir le vaccin Covid contre leur conscience, alors que les différents corps d’armée examinent les exemptions.

Les chiffres du deuxième trimestre de 2021 sont antérieurs au retrait américain d’Afghanistan, qui a débuté en août. Tout suicide lié au pont aérien de Kaboul et à la fin de ce conflit de 20 ans sera comptabilisé dans le prochain rapport trimestriel.