dimanche 18 avril 2021

« Une espèce menacée » : la raréfaction des professeurs conservateurs à Harvard

Le professeur de sciences politiques Harvey C. Mansfield, classe de 1953, est souvent cité sur le campus comme l’exemple typique du professeur conservateur à Harvard. 
 
Selon Mansfield, ce n’est pas parce que ses opinions possèdent une sorte de « supériorité » par rapport à celles des autres, mais simplement parce qu’un professeur avec ses convictions politiques est « rare » sur le campus de Harvard.

« Chaque fois que vous assistez à un cours, il faut se situer par rapport à ce que dit le professeur », a déclaré Mansfield. « Parce que si le professeur est un libéral, il ne s’en cachera pas. »

« Il y a beaucoup plus de conservateurs parmi les étudiants que parmi les professeurs ou les administrateurs », a-t-il déclaré, ajoutant que ces étudiants viennent le trouver parce qu’il est l’une des rares voix conservatrices à la Faculté des arts et des sciences.

Il n’est pas surprenant que le corps professoral de Harvard penche fortement à gauche du spectre politique. Sur 236 membres de la Faculté des arts et des sciences (FAS) qui ont répondu à un questionnaire sur les tendances politiques dans The Crimson’s 2021 Faculty Survey, seuls sept — 3 % — se disent « plutôt » ou « très conservateurs », comparativement à 183 qui se qualifient de « plutôt » ou « très libéral. »

Les contributions aux partis politiques des membres de la FAS montrent un penchant similaire vers la gauche. Les contributions du corps professoral de la FAS aux démocrates enregistrées auprès de la Commission électorale fédérale sont accessibles au public pour 2017-2020. Elles s’élèvent à 744 143 $, tandis que les dons aux républicains ne se sont élevés qu’à 3010 $, moins que les 5600 $ que les professeurs de la FAS ont versés aux candidats indépendants.

Harvard n’est pas un cas isolé à cet égard, cependant. La représentation conservatrice au sein de la faculté de Yale dépassait à peine celle de Harvard dans une enquête 2017 du Yale Daily News. Sur les 314 répondants, seuls 7 % des professeurs se sont identifiés comme conservateurs.

Le professeur émérite d’informatique Harry R. Lewis, classe de 1968, doyen du Harvard College de 1995 à 2003, a déclaré que la tendance sinistrogyre du milieu universitaire pourrait découler de son objectif de faire progresser des idées nouvelles et parfois radicales, plutôt que de maintenir le statu quo.

« Le plus grand compliment que vous puissiez faire à un professeur est “il a changé la façon dont tout le monde pense dans ce domaine” », a-t-il déclaré. « C’est presque par définition anti-conservateur, car nous accordons une énorme valeur à la création de nouvelles connaissances. » [Note du carnet : Encore faut-il voir si dans les sciences « molles », il s’agit de connaissances brutes, plutôt que de nouvelles opinions ou idéologies.]

Alors que l’Université a fait un effort concerté au cours de la dernière décennie pour promouvoir la diversité de genre et raciale parmi ses professeurs, Harvard n’a fait aucun effort explicite pour renforcer la représentation de tout le spectre idéologique.

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États-Unis — Les Démocrates exagèrent nettement plus les effets de la Covid-19 que les Républicains

L’institut Brookings a utilisé les données mensuelles de 35 000 adultes qui ont répondu à l’étude économique Franklin Templeton-Gallup pour analyser les différences entre les électeurs démocrates et républicains sur une série de faits reliés à la Covid-19.

L’affiliation politique a profondément façonné la manière dont les Américains comprennent et réagissent à la pandémie. Comme l’indique une autre étude de Gallup et d’autres instituts, les attitudes concernant les risques de la Covid-19 et la volonté d’adopter des gestes barrières comme la distanciation sociale sont fortement liées à l’affiliation politique des personnes interrogées, davantage que l’exposition locale au virus ou à des facteurs démographiques comme l’âge ou des comorbidités existantes.

Le parti démocrate a fortement dramatisé la pandémie, sans doute désireux de ternir la fin du mandat de Donald Trump par cette catastrophe sanitaire. L’ancienne actrice Jane Fonda s’était même félicitée de l’épidémie de coronavirus la qualifiant de « cadeau divin pour la gauche ».

La recherche nous apprend également que l’adoption de la distanciation sociale variait parmi les républicains qui regardaient Fox News, selon qu’ils étaient plus susceptibles de regarder Tucker Carlson — qui avait mis en garde contre le virus — ou Sean Hannity — qui l’avait d’abord minimisé.

Désaccord sur les faits fondamentaux

Risque par tranche d’âge

Lorsqu’on lui demande d’estimer la part des décès par groupe d’âge, l’Américain moyen surestime considérablement la part des décès dus à la Covid-19 chez les personnes âgées de 24 ans et moins, la situant autour de 8 %, alors qu’en fait, elle était de 0,1 % jusqu’en août 2020 et est restée proche de ce niveau depuis. Pendant ce temps, les personnes âgées, celles de 65 ans et plus, représentaient 81 % des décès au moment de l’enquête (et 79 % jusqu’en novembre). Les démocrates surestimaient nettement plus que les républicains les risques pour les jeunes, même quand on tient compte des différences d’âge, de race, de sexe, de géographie et d’éducation. Le fait que la Covid-19 présente un risque de mortalité beaucoup plus élevé pour les personnes âgées que pour les jeunes était la caractéristique la plus claire du virus dès le début ; il est remarquable que de nombreux Américains restent mal informés sur ce facteur fondamental. Ce fait est peut-être moins étonnant quand on considère à quel point les médias progressistes pro-démocrates ont dramatisé les effets de la Covid-19 quitte à monter en épingle les très rares cas de jeunes qui mouraient de la Covid-19.

Le risque grave en cas d’infection

Le public américain, et particulièrement le partisan démocrate moyen, est également profondément mal informé sur la gravité du virus pour une personne infectée. En décembre, l’Institut Brookings a demandé : « Quel pourcentage de personnes infectées par le coronavirus a dû être hospitalisé ? »

La bonne réponse n’est pas connue avec précision, mais il est fort probable qu’elle se situe entre 1 % et 5 % selon les meilleures estimations disponibles, et il est peu probable qu’elle soit beaucoup plus élevée ou beaucoup plus basse. (Plus de détails ici.)

Moins d’un adulte américain sur cinq (18 %) donne une réponse correcte comprise entre 1 et 5 %. De nombreux adultes (35 %) disent qu’au moins la moitié des personnes infectées doivent être hospitalisées. Si cela était vrai, les millions de patients qui en auraient résulté auraient submergé les hôpitaux tout au long de la pandémie.

Les démocrates sont beaucoup plus susceptibles que les républicains de surestimer ce risque. Quarante et un pour cent des démocrates et 28 % des républicains ont répondu que la moitié ou plus des personnes infectées par la Covid-19 doivent être hospitalisées. Les républicains étaient également beaucoup plus susceptibles d’obtenir la bonne réponse, 26 % identifiant correctement le risque contre seulement 10 % des démocrates.

Les chercheurs se sont ensuite demandé si la compétence en calcul (la numératie) de base pouvait jouer un rôle important dans la capacité des gens à appréhender correctement les risques. Cette supposition a été confirmée par les données. La numératie a été mesurée à l’aide d’une version modifiée du test de numératie de Berlin. Les personnes avec un score de numératie important ont choisi nettement plus souvent les réponses correctes quant au taux d’hospitalisation des personnes infectées, mais un écart partisan important subsistait, même parmi ceux qui avaient une numératie élevée. Ceux qui ont de faibles scores en numératie surestiment considérablement les risques d’hospitalisation, quel que soit le parti, mais les démocrates sont encore plus susceptibles de se tromper. 

Ces chiffres n’ont pas échappé à Bill Maher, un libertarien de gauche

L’animateur vedette de « Real Time » sur HBO, Bill Maher, a eu des mots durs à l’encontre des progressistes et à leur gestion de l’épidémie de Covid-19. Dans son monologue de clôture ce vendredi soir, Maher a pris pour cible le traitement des médias pendant la pandémie, citant une étude de l'université Dartmouth qui révèle que « près de 90 % » de la couverture médiatique aux États-Unis sur la Covid-19 était négative alors qu'elle était de 50 % dans les médias non américains alors même que les conditions s’amélioraient.

« Quand toutes nos sources d’information médicale ont un angle politique, oui, vous vous retrouvez avec une population mal informée, y compris à gauche », a déclaré Maher aux téléspectateurs. Les libéraux se moquent souvent de la bulle de désinformation républicaine… mais qu’en est-il des libéraux ? Vous savez, ces gens très bien informés, ces partisans de la Science ?
 

Maher a ensuite présenté l’enquête Franklin Templeton-Gallup dont nous avons parlé ci-dessus.

« [Les démocrates] ont également une vision très exagérée du danger de la Covid-19 et du taux de mortalité chez les enfants, ce qui explique pourquoi aujourd’hui les États avec la plus forte proportion d’écoles encore fermées sont tous des États démocrates », a déploré Maher.

La vedette de HBO a critiqué le magazine Atlantic pour son utilisation de photos de plage quand ce magazine veut sensibiliser sur la propagation du virus « alors même qu’il semble de plus en plus que la plage est le meilleur endroit pour l’éviter ».

« La lumière du soleil est le meilleur désinfectant et la vitamine D est la clé d’un système immunitaire robuste », s’est exclamé Maher. « Le Texas a récemment éliminé les restrictions liées à la Covid et leurs taux d’infection ont diminué en partie à cause du fait que les gens sont sortis pour laisser le soleil et le vent faire leur travail. Mais pour de nombreux libéraux, “cela ne peut pas marcher parce que le Texas et la Floride qui aiment la plage ont des gouverneurs républicains”, mais la vie est compliquée ! »

Maher a ensuite félicité le gouverneur républicain de Floride, Ron DeSantis, pour être « un consommateur vorace de la littérature scientifique ».

« Et c’est peut-être pour cela qu’il a protégé sa population la plus vulnérable, les personnes âgées, bien mieux que le gouverneur de New York », a déclaré Maher, éreintant le gouverneur démocrate Andrew Cuomo. « Ce ne sont que des faits, je sais que c’est irresponsable de ma part de les rappeler. »