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mercredi 2 septembre 2026

Le système universitaire britannique face à une restructuration sans précédent

En août 2026, le système universitaire britannique traverse une phase de restructuration accélérée sous l’effet de pressions financières persistantes. Les fusions, autrefois exceptionnelles, commencent à apparaître comme une réponse structurelle aux difficultés du secteur, tandis que les établissements réduisent leurs coûts, suppriment des postes, regroupent ou ferment des formations et s’interrogent de plus en plus ouvertement sur la valeur économique de certains diplômes.


Fusions et mutualisations : une nouvelle réponse aux difficultés financières

Deux opérations récentes illustrent cette évolution:
  • L’Université de Greenwich et l’Université du Kent ont fusionné le 1er août 2026 pour former le London and South East University Group (LASE). Il s’agit d’un montage inhabituel : les deux universités constituent désormais une seule entité juridique, dotée d’un seul conseil d’administration, d’une seule équipe dirigeante et d’un vice-chancelier commun, mais Greenwich et Kent conservent leurs noms, leurs marques, leurs campus et leur identité universitaire. Les étudiants continuent de s’inscrire dans l’une ou l’autre université et d’obtenir un diplôme portant son nom. Le nouvel ensemble devient ainsi l’un des plus importants établissements d’enseignement supérieur du Royaume-Uni, avec environ 50 000 étudiants. Les deux universités continueront de fonctionner comme deux divisions universitaires distinctes au sein du groupe.[1]

    L’opération est présentée par les deux établissements comme un moyen de renforcer leur situation financière et de mutualiser leurs ressources. Elle est d’autant plus significative qu’elle constitue un modèle de « super-université » sans disparition immédiate des marques universitaires existantes.[2]

  • Le King’s College London et la Cranfield University ont, de leur côté, annoncé le 14 mai 2026 avoir signé un accord constituant la première étape vers une fusion, qui pourrait prendre effet en août 2027, sous réserve des approbations nécessaires. Le rapprochement est particulièrement intéressant : King’s est une grande université généraliste londonienne, tandis que Cranfield est une institution spécialisée dans les technologies, l’ingénierie, la gestion et la recherche appliquée.[3]
Ces deux cas ne constituent pas encore une vague de fusions, mais ils témoignent d'un changement d'attitude. Une enquête menée par Universities UK (UUK) auprès des directeurs financiers de 48 établissements en mars et avril 2026 révèle que deux universités sur cinq sont ouvertes à une fusion ou à une acquisition, ou envisagent activement cette possibilité. Par ailleurs, 65 % envisagent des structures collaboratives telles que des fédérations ou des alliances.[4]

La pression financière se traduit déjà par des mesures beaucoup plus concrètes. 79 % des universités interrogées ont eu recours à des départs volontaires au cours des trois dernières années et 79 % ont gelé ou ralenti les recrutements. 46 % ont réduit leur offre de formations par regroupement de cursus et 44 % par fermeture de formations. 13 % ont déjà fermé un campus.[4]

La recherche et l'aide aux étudiants sont également touchées : 31 % des établissements ont réduit leur activité de recherche, 27 % leurs bourses et aides aux étudiants et 13 % leurs fonds d'aide aux étudiants en difficulté.[4]

Les difficultés sont multiples. Parmi les principales pressions citées par les établissements figurent l'augmentation des cotisations patronales, les changements dans le recrutement des étudiants étrangers et la hausse des coûts salariaux et autres coûts de fonctionnement. 92 % des établissements anglais et gallois interrogés estiment que la hausse des droits d'inscription ne suffira pas à compenser les effets financiers des changements de politique publique.[4]

Il faut néanmoins se garder d'y voir une vague imminente de faillites universitaires. Le phénomène actuellement observable est plutôt celui d'une consolidation progressive du secteur : réduction des effectifs, fermeture ou regroupement de formations, mutualisation de services, rapprochements institutionnels et, dans certains cas, fusion.

La valeur très variable des diplômes : une étude révélatrice de l'Institute for Fiscal Studies

Cette interrogation est renforcée par une étude majeure de l'Institute for Fiscal Studies (IFS) publiée le 25 juin 2026. Les chercheurs ont suivi une cohorte d'élèves anglais ayant passé leurs GCSE en 2002, en reliant leurs résultats scolaires, leurs études supérieures et leurs revenus ultérieurs grâce aux données administratives. Ils peuvent ainsi comparer les revenus de ceux qui sont allés à l'université avec ce qu'ils auraient vraisemblablement gagné s'ils n'y étaient pas allés.[5]

Cette méthode est particulièrement intéressante parce qu'elle évite une comparaison trop simpliste entre diplômés et non-diplômés. Les chercheurs tiennent compte des résultats scolaires antérieurs et des caractéristiques individuelles et sociales afin d'estimer le revenu contrefactuel d'un diplômé s'il n'avait pas fréquenté l'enseignement supérieur. L'étude utilise notamment les résultats obtenus aux GCSE pour tenir compte du niveau scolaire antérieur.

À 28 ans, toutes les formations universitaires ne se valent pas

L'étude montre que le rendement d'un diplôme varie énormément selon la discipline.

À 28 ans, l'IFS calcule, pour chaque domaine d'études, le rendement salarial brut du passage par l'université : autrement dit, l'écart entre les revenus effectivement observés et ceux que le modèle estime que ces mêmes diplômés auraient obtenus s'ils n'avaient pas fait d'études supérieures.

La hiérarchie entre disciplines est déjà très nette à cet âge. La médecine et l'économie figurent parmi les formations les plus rémunératrices, tandis que les arts créatifs et les arts du spectacle se situent à l'autre extrémité. L'IFS constate que cette hiérarchie demeure relativement stable lorsqu'on examine les différentes cohortes de GCSE.[6]

L'analyse par niveau scolaire antérieur apporte un éclairage encore plus intéressant. Pour les hommes, le rendement salarial de l'université à 28 ans est légèrement négatif chez ceux qui se situent dans la moitié inférieure de la distribution des résultats scolaires antérieurs. À 35 ans, le rendement devient positif, mais demeure relativement faible dans les groupes ayant les résultats scolaires les plus modestes. Chez les femmes, le rendement est déjà positif à 28 ans dans l'ensemble des groupes de niveau scolaire. [6]

Autrement dit, le simple fait d'obtenir un diplôme universitaire ne garantit pas un avantage salarial immédiat. Pour certains jeunes hommes ayant obtenu des résultats relativement modestes aux GCSE, le diplôme ne produit même pas encore, à 28 ans, un gain salarial par rapport à ce que le modèle estime qu'ils auraient gagné sans études supérieures.

Sur l'ensemble de la vie, le bilan moyen reste positif en moyenne — mais les écarts sont considérables

À plus long terme, le tableau est beaucoup plus favorable à l'enseignement supérieur.

Pour la cohorte étudiée, les diplômés gagnent en moyenne nettement plus que les non-diplômés au cours de leur vie professionnelle. Après correction des différences de caractéristiques et de niveau scolaire antérieur, l'IFS estime le gain brut cumulé attribuable aux études supérieures à environ 150 000 £ pour les femmes et 220 000 £ pour les hommes.[5]

Après prise en compte des impôts, des cotisations sociales et du remboursement des prêts étudiants, le gain financier individuel moyen reste relativement substantiel : environ 90 000 £ pour les femmes et 109 000 £ pour les hommes, en valeur actualisée selon la méthode retenue par l'IFS.

L'enseignement supérieur reste donc, en moyenne, un investissement financier rentable. Mais il serait erroné d'en conclure que tous les diplômes présentent la même valeur économique ou qu'ils soient mêmes rentables. Le domaine d'études, le niveau scolaire antérieur et l'établissement fréquenté jouent un rôle considérable.

Pour une minorité importante, les études universitaires constituent même une mauvaise affaire financière. C'est particulièrement vrai chez les hommes : environ 30 % d'entre eux devraient, selon l'IFS, être moins bien lotis financièrement après leurs études qu'ils ne l'auraient été sans aller à l'université. Le risque est particulièrement élevé dans certaines disciplines : chez les hommes, le rendement moyen est négatif notamment pour la psychologie, la sociologie, l'anglais, la philosophie, les médias, l'éducation, les biosciences, le travail social et les arts créatifs. On notera que certaines formations scientifiques (biosciences et sciences générales) ont elles aussi un rendement financier faible ou négatif, malgré leur appartenance au champ des STEM. Pour certains jeunes hommes, notamment ceux qui ont les résultats scolaires les plus faibles et choisissent certaines disciplines, l'université peut rapporter moins — et même coûter financièrement plus — que le fait de ne pas y aller. 

La « décolonisation » des cursus : une autre transformation du monde universitaire

La question n'est plus seulement de savoir si l'université vaut son prix. C'est aussi de savoir ce que vaut aujourd'hui un diplôme aux yeux de ceux qui sont censés lui reconnaître une valeur : les employeurs.

Cette question devient particulièrement sensible lorsque certaines universités entreprennent de « décoloniser » leurs cursus. Le terme peut recouvrir des démarches parfaitement légitimes — élargir le corpus étudié, faire connaître des auteurs ou des traditions intellectuelles jusque-là négligés. Mais lorsqu'une telle démarche conduit à substituer à l'étude d'une discipline une grille de lecture politique — coloniale, raciale, intersectionnelle ou autre — elle peut avoir une conséquence moins souvent discutée : éroder la confiance des employeurs dans ce que garantit le diplôme.

Si les entreprises en viennent à considérer certaines formations comme moins rigoureuses, moins impartiales ou moins directement porteuses de compétences, leur valeur peut diminuer — même si leur niveau académique officiel reste inchangé.

Le phénomène ne concerne pas seulement les sciences humaines.

« Décoloniser les mathématiques »

En avril 2025, la School of Mathematics de l'Université d'Édimbourg a publié sur son propre site une page intitulée Decolonisation in Mathematics. L'école y affirme explicitement être engagée dans la « décolonisation du programme », qu'elle définit notamment comme une démarche visant à remettre en question les effets d'une conception des mathématiques qu'elle juge excessivement centrée sur l'Europe.[7]

La page explique que les mathématiques sont souvent considérées comme une discipline universelle, indépendante de l'histoire et de la culture, mais soutient que leur développement est néanmoins lié aux sociétés et aux cultures dans lesquelles les mathématiciens ont travaillé. (L'Occident!) Elle invite notamment à reconnaître des contributions qui auraient été négligées ou effacées de l'histoire traditionnelle de la discipline.[7]

L'université d'Édimbourg met à disposition des enseignants diverses ressources consacrées à cette démarche. Elle cite notamment les contributions de l'école de Kerala au développement du calcul, les mathématiques africaines et les liens entre fractales et architecture africaine dans l'esprit des travaux de Ron Eglash. Elle recommande également des ressources destinées à aider les enseignants à « décoloniser » leurs cours de mathématiques.[7]

Un paysage universitaire en mutation

Le système universitaire britannique se trouve ainsi confronté à plusieurs forces contradictoires.

D'un côté, la contrainte financière pousse les universités à réduire leurs coûts : suppressions de postes, gels de recrutement, regroupements de formations, fermetures de cursus, mutualisation des services et, désormais, rapprochements institutionnels et fusions.[4]

De l'autre, les établissements continuent de transformer leurs programmes, notamment au nom de l'inclusion, de la diversité et de la « décolonisation » des savoirs. L'exemple d'Édimbourg montre que cette démarche peut désormais concerner jusqu'à une discipline aussi fondamentale que les mathématiques.[7]

Enfin, les travaux de l'IFS donnent aux étudiants, aux parents et aux pouvoirs publics un nouvel instrument pour évaluer les formations : non plus seulement leur prestige ou leur contenu intellectuel, mais aussi le rendement économique très variables que les formations universitaires procurent effectivement à leurs diplômés.

Les fusions de Greenwich et Kent et, potentiellement, de King’s et Cranfield pourraient annoncer une nouvelle phase de consolidation.
Les données de Universities UK montrent que les établissements eux-mêmes envisagent désormais ouvertement ce type de transformation.[4]

Et les résultats de l'IFS apportent une conclusion particulièrement nuancée : l'université reste en moyenne un investissement rentable, mais pas toutes les universités, pas toutes les disciplines et pas pour tous les étudiants.C'est précisément cette hétérogénéité qui pourrait devenir l'un des principaux critères guidant les restructurations à venir.

vendredi 3 juillet 2026

Certains étudiants ont des résultats similaires aux enfants de dix ans

Au cours des dernières semaines, plus de 1 800 professeurs de mathématiques et de sciences de l’Université de Californie, l’un des plus grands et des meilleurs réseaux universitaires publics des États-Unis, ont signé une lettre ouverte exposant un problème épineux. Selon eux, les étudiants de première année arrivent de plus en plus souvent sans les compétences de base nécessaires pour réussir. Sur le campus de Berkeley, écrivent-ils, environ 20 à 30 % des étudiants qui suivent un cours d’initiation au calcul différentiel et intégral présentent de « graves lacunes de préparation ». Les difficultés sont devenues si importantes, ajoutent-ils, que les enseignants sont contraints de réenseigner les mathématiques du collège (France) ou début du secondaire (Québec).

Cette lettre est le dernier épisode en date d’un débat qui ne cesse de s’amplifier sur l’enseignement supérieur, les pratiques d’admission à l’université — et le niveau d’érudition des jeunes Américains. Elle fait suite à un rapport stupéfiant publié en novembre sur le campus de San Diego du système universitaire californien. Les universitaires de cet établissement ont constaté que le nombre d’étudiants de première année arrivant avec des compétences en mathématiques inférieures au niveau du lycée (fin secondaire) avait été multiplié par près de trente en cinq ans, pour atteindre près d’un sur huit. Selon eux, environ 70 % des étudiants en difficulté n’atteignaient pas le niveau attendu d’un élève de 14 ans.

Les inquiétudes concernant les compétences en mathématiques des étudiants de premier cycle s’ajoutent à une consternation de longue date face à la baisse des niveaux de maîtrise de la lecture et de l’écriture. Les enseignants mettent en garde contre des étudiants en lettres qui semblent incapables de lire un livre jusqu’au bout. Ces problèmes ne sont pas seulement signalés sur la côte ouest ou dans les universités publiques. À Harvard, certains professeurs de sciences humaines et de sciences sociales affirment se sentir contraints de raccourcir leurs textes, selon un rapport communiqué au corps enseignant en octobre. Les étudiants arrivent dans la plus célèbre université des États-Unis « avec moins d’expérience dans la lecture de textes complexes et une capacité réduite à se concentrer et à maintenir leur attention ».

Ils « ont du mal avec des lectures que les étudiants maîtrisaient sans peine il y a à peine dix ans ».

mardi 2 juin 2026

Un étudiant poignardé à mort : l’affaire d’Henry Nowak bouleverse le Royaume-Uni (m à j)

L'assassin de Nowak,Vickrum Digwa, a été condamné à la prison à vie lundi et a été informé qu'il purgerait une peine minimale de 21 ans.

Caméra corporelle du policier qui menotte un Henry Nowak qui se vide de son sang. L'agent ne croit pas qu'il ait été poignardé :

Les images de la caméra corporelle montrent que l'étudiant Henry Nowak a répété à plusieurs reprises aux policiers « Je ne peux plus respirer » alors qu'il gisait, mourant, menotté après avoir été poignardé.

Cet étudiant de Southampton, âgé de 18 ans, a été menotté après que le meurtrier Vickrum Digwa, 23 ans, ait menti selon la BBC à la police sur les lieux de l'agression au couteau de 2025, affirmant qu'il avait été victime d'une attaque raciste.

Les images diffusées par la police, avec l'autorisation de la famille de Nowak, le montrent en train de supplier « J'ai été poignardé » et un policier lui répondant « Je ne pense pas, mon gars ».

Nowak a été blessé à la jambe et a reçu une blessure mortelle au cœur, infligées par une lame de 21 cm que Digwa a déclaré porter dans le cadre de sa foi sikhe. Il a été condamné à la prison à perpétuité avec une peine minimale de 21 ans.

Le Bureau indépendant chargé de la conduite de la police (IOPC) a déclaré qu’une enquête sur les agissements de la police était en cours.

Le bureau du procureur général examine également la peine de prison infligée à Digwa après avoir reçu « de multiples demandes » visant à la réexaminer dans le cadre du dispositif relatif aux peines indûment clémentes (ULS).

La famille de Nowak, originaire de Chafford Hundred, dans l’Essex, a qualifié le traitement que lui a infligé la police d’« inhumain et dégradant », et les forces de l’ordre ont présenté leurs excuses.

Son père, Mark, a déclaré : « Henry a répété neuf fois aux agents qu’il ne pouvait plus respirer. Il leur a dit qu’il avait été poignardé à quatre reprises. Henry a été traîné sur le gravier, les mains plaquées derrière le dos, puis menotté. »

Il a ajouté que le contraste entre la manière dont son fils et Digwa avaient été traités était « insupportable ».

« Henry n’aurait pas dû mourir dans les rues de Southampton alors qu’il était en garde à vue », a-t-il ajouté.

Sur la vidéo, on entend un policier arrivant sur les lieux demander : « Comment tu t'appelles, mon gars ? »

Nowak, allongé sur le dos au sol, répond faiblement : « Henry. »

La vidéo se poursuit et Digwa entre dans le champ. Il affirme que Nowak lui a retiré son turban et l'a saisi par les cheveux.

Le policier demande à Digwa s'il est blessé, ce à quoi Digwa répond : « Ouais, ouais, j'ai un œil gonflé ici, un petit bleu là. »

Les agents se tournent ensuite vers Nowak, que l'on entend répéter « On m'a poignardé », puis « Je ne peux pas respirer » alors qu'on le fait s'asseoir pour lui passer les menottes.

S'exprimant devant le tribunal, Mark, le père d'Henry Nowak, a déclaré que son fils « n'était pas mort dans la dignité ».

Alors que la vidéo se poursuit, on entend l'agent demander où Henry a été poignardé. Il ajoute ensuite : « Je ne crois pas, mon pote. »

Alors qu’on lui passe les menottes, Nowak répète « Je ne peux pas respirer » à trois reprises.

On entend l’agent dire : « Il dit qu’il a été poignardé, alors vérifions-le. » Il semble soulever brièvement la chemise de Nowak au niveau de la ceinture avant de le laisser allongé sur le côté.

On entend alors une policière demander : « Où pensez-vous qu'il a été poignardé ? Au visage ? »

Une voix masculine répond : « Il n'a pas été poignardé. »

On informe ensuite Nowak, qui semble ne pas réagir, qu'il est arrêté pour agression.


Mise à jour du 23 mai

 
 


Mise à jour du 20 mai

Réaction d'Elon Musk aux deux poids deux mesures des MÉDIAS face au scandale de la police confrontée à un particulier qui dit ne pas pouvoir respirer et meurt pendant l'intervention policière. 

Dans un cas, quand la victime au casier judiciaire chargée est noire, les médias de grand chemin de la planète s'emparent de l'affaire, en font leurs manchettes pendant des semaines et le policier est puni. 

Dans l'autre cas, quand la victime est blanche, n'est pas un criminel, la police ne croit d'abord pas que ce jeune étudiant a été poignardé, le menotte alors qu'il se vide de son sang parce que celui qui l'a poignardé l'accuse de racisme. Aucune sanction contre le policier qui a retardé ainsi les secours, le tout dans le silence médiatique en dehors de l'Angleterre.


Billet originel du 19 mai 2026
 
En décembre 2025, la mort tragique d’Henry Nowak (ci-contre), étudiant britannique de 18 ans d’origine polonaise, a profondément choqué le Royaume-Uni. Le procès en cours devant la Southampton Crown Court révèle une succession d’éléments troublants : une altercation qui tourne au drame, des accusations lancées presque instantanément, une intervention policière contestée et des comportements familiaux qui alimentent de nombreuses interrogations.

Étudiant en première année de comptabilité et de finance à l’University of Southampton, Henry était décrit comme un jeune homme apprécié, passionné de football et plein d’avenir. Dans la nuit du 3 décembre, après une sortie avec ses coéquipiers, il rentrait à pied à Southampton tout en échangeant des vidéos Snapchat avec ses amis.

L’une de ces vidéos est devenue une pièce centrale du dossier. On y voit Henry croiser Vickrum Digwa, 23 ans, qui porte ostensiblement un couteau cérémoniel sikh dans un fourreau visible sur ses vêtements. Il ne s’agit pas d’un simple objet symbolique de petite taille : la lame mesurait environ 21 centimètres. Une dimension qui, à elle seule, rapproche davantage l’objet d’un véritable couteau de combat que d’un accessoire anodin ou purement décoratif.

Un bref échange suit. Sur un ton apparemment provocateur ou moqueur, Henry lance : « Tu fais le dur [ou le caïd] ? Dis que tu fais le dur. » Digwa répond : « Je fais le dur. »

Quelques secondes plus tard, l’enregistrement s’interrompt.

Selon l’accusation, Henry reçoit alors quatre coups de couteau. Une blessure profonde à la poitrine lui transperce un poumon ; un coup entaille sa mâchoire et d’autres coups atteignent ses jambes. Grièvement blessé, il tente néanmoins de fuir, escalade une clôture et laisse derrière lui une traînée de sang. Les médecins ont expliqué au tribunal qu’il est mort d’une hémorragie interne massive — une formule particulièrement brutale a été employée : le jeune homme se serait littéralement « noyé dans son propre sang ».

Une intervention policière devenue le point le plus explosif du dossier

Le meurtre lui-même a bouleversé l’opinion ; mais la réaction des premiers policiers arrivés sur place a suscité une indignation peut-être encore plus forte.

D’après les éléments présentés au procès, des proches de Digwa seraient arrivés très rapidement. Immédiatement, un récit alternatif semble prendre forme : Henry est décrit comme ivre, agressif et animé d’intentions racistes. Ces accusations sont formulées avec une rapidité frappante, avant toute reconstitution sérieuse des faits, alors même que Digwa nie encore avoir utilisé un couteau.

Le problème est qu’au même moment, Henry affirme à plusieurs reprises avoir été poignardé.

« J’ai été poignardé. »

« Je n’arrive plus à respirer. »

Selon les témoignages évoqués au procès, un policier lui aurait répondu : « Je ne te crois pas quand tu dis avoir été poignardé. »

Cette phrase est devenue centrale dans les critiques visant l’intervention policière. Elle ne traduit pas seulement une erreur d’appréciation potentielle ; elle donne l’impression, pour de nombreux observateurs, qu’une conviction s’est installée très tôt dans l’esprit des agents : Henry n’était pas spontanément considéré comme une victime crédible.

Le détail est d’autant plus troublant qu’il existait déjà des indices matériels difficiles à ignorer. Henry saignait abondamment. Il peinait à respirer. Et surtout, selon les éléments présentés au procès, il avait laissé derrière lui une véritable traînée de sang après sa tentative de fuite.

Beaucoup se sont demandé comment un homme répétant qu’il a été poignardé, présentant des signes visibles de détresse extrême et entouré d’indices physiques aussi évidents a pu être perçu avant tout comme un suspect potentiel.

Malgré cela, les policiers l’ont menotté pour suspicion d’agression.

L’image est restée gravée dans les esprits : un garçon de 18 ans gravement blessé, affirmant qu’il vient d’être poignardé, menotté alors que son état se détériore rapidement.

Quelques instants plus tard, Henry s’effondre.

Malgré l’intervention des secours et d’un médecin héliporté, il décède à 0 h 37.

Par la suite, plusieurs éléments sont venus fragiliser les accusations initiales. La vidéo retrouvée sur le téléphone d'Henry Nowak retrouvé dans la poche de Vickrum Digwa ne contiendrait aucune insulte raciale explicite.
(Aucune explication n'a été fournie à notre connaissance expliquant pourquoi le téléphone de Nowak se trouvait dans la poche de Digwa.) Les analyses toxicologiques ont également montré qu’il avait consommé de l’alcool, mais à un niveau inférieur à la limite légale de conduite : une situation bien éloignée du portrait d’un homme fortement ivre avancé dans les premières minutes.

Le comportement particulièrement troublant de la mère

Un autre aspect du dossier a retenu l’attention : l’attitude de Kiran Kaur, la mère de l’accusé.

Des images présentées au tribunal montreraient la femme revenant sur les lieux après les faits pour récupérer l’arme avant de la rapporter au domicile familial voisin.

Ce geste soulève des questions évidentes. Revenir chercher précisément l’objet central d’une affaire de meurtre, puis le déplacer hors de la scène des faits, paraît difficilement conciliable avec une simple réaction de panique.

Les analyses ont retrouvé du sang et des tissus d’Henry sur la lame, tandis que des cheveux de Digwa ainsi que l’ADN de sa mère ont été retrouvés sur le fourreau.

Elle est poursuivie pour avoir aidé un auteur présumé d’infraction après les faits. La mère conteste les accusations.

L’affaire est désormais devenue bien plus qu’un dossier criminel : elle nourrit un débat national sur les réflexes institutionnels, les accusations de racisme, la manière dont se construisent les premiers récits policiers et les conséquences parfois irréversibles d’erreurs commises dans les toutes premières minutes d’une intervention.

lundi 11 mai 2026

Les élections locales britanniques de mai 2026 : vers une fragmentation grandissante

Les élections locales du 7 mai 2026 en Angleterre ont confirmé, de manière spectaculaire, ce que beaucoup observaient depuis plusieurs années : le système politique britannique traditionnel est en train de voler en éclats. Ni le bipartisme, ni le consensus multiculturaliste des décennies passées n’ont résisté à la réalité démographique et culturelle du pays.Une double percée : Reform UK et les indépendants communautairesD’un côté, Reform UK de Nigel Farage a réalisé une percée historique. Le parti a remporté environ 1 450 sièges de conseillers, obtenu autour de 26-27 % des voix et pris le contrôle de plusieurs conseils, dont Havering à Londres. Ce succès reflète le ras-le-bol d’une grande partie de la population britannique — notamment la classe ouvrière blanche — face à l’immigration de masse incontrôlée, à la pression sur les services publics, au coût du logement et à la dilution perçue de l’identité nationale.


De l’autre côté, les indépendants musulmans (« Muslim Independents ») et candidats communautaires pro-Palestine ont enregistré un bond impressionnant : environ 208 sièges. Ces gains se concentrent dans des zones à forte population musulmane : Tower Hamlets (où Aspire domine), Newham, Bradford, Oldham, Blackburn, Dewsbury, Batley, Waltham Forest, etc. Dans de nombreux districts, le vote s’est structuré explicitement sur des lignes ethniques et religieuses.Vers une fragmentation plus profonde ?Mark Steyn, dans son article The Future Shows Up, a résumé avec sa franchise habituelle ce que beaucoup pensent tout bas. Il cite son ancien collègue Colin Brazier, qui voit dans ces résultats un « point d'inflexion » après lequel la politique de l’Angleterre continentale ressemblera de plus en plus au vote confessionnel de l’Irlande du Nord. 

Mais Steyn va plus loin : selon lui, ce sera
bien pire que les marécages de Fermanagh et Tyrone. Il invite à penser plutôt au Liban ou à l’Afrique du Sud, où la politique est devenue profondément tribale, avec des blocs ethniques ou confessionnels qui se font face dans un équilibre fragile et souvent conflictuel.
 Steyn note que le vote musulman n’a plus besoin du Labour (travaillistes) : après des années où l’on justifiait sous cape certaines compromissions (y compris face à celles des jeunes filles blanches violées en série) par la nécessité de conserver ce vote, les indépendants musulmans s’émancipent et conquièrent directement le pouvoir local. Dans les districts plus petits, ils n’ont même plus besoin d’alliances avec les « woke liberals » pour gagner.Vers des ghettos politiques ethniquement homogènes ?C’est la question la plus inconfortable. Lorsque des quartiers ou des villes entières votent massivement selon des critères ethniques ou religieux, on assiste à la formation de blocs politiques ethniquement et confessionnellement homogènes. Ce phénomène constitue un échec patent du modèle multiculturaliste britannique promu depuis les années 1960-1970. Au lieu d’une intégration dans une culture commune, on voit se consolider des communautés parallèles qui exercent un poids politique croissant. Le clientélisme communautaire risque de s’intensifier, au détriment de l’intérêt général.

Reform UK attire, de son côté, une partie des minorités bien intégrées (notamment indiennes, sikhes chinoises ou hindoues) qui rejettent le séparatisme. Le parti martèle un message clair : assimilation ou retour au pays. Ce positionnement « civico-nationaliste » lui permet d’élargir son électorat sans renier son cœur de cible.
Peut-on s’en sortir par les élections ?Steyn pose la question essentielle : est-il encore possible de voter pour sortir de cette situation ? 

De plus en plus improbable, selon lui, même si l’on peut toujours voter pour s'y enfoncer plus profondément. 

Il prend l’exemple des Américains : beaucoup refusent de voir l’Iran — dirigé par des chiites duodécimains millénaristes — disposer de l’arme nucléaire, et considèrent ce régime comme une menace existentielle. 

Pourtant, ces mêmes Américains ont élu à New York, en 2025,
Zohran Mamdani, un maire chiite duodécimain, pour diriger la ville emblématique des États-Unis et présider aux commémorations du 25e anniversaire du 11 septembre.


Cette contradiction illustre la difficulté : les électeurs occidentaux acceptent souvent chez eux ce qu’ils jugent inacceptable ailleurs. 

Les tendances démographiques (natalité différentielle et immigration continue) amplifient ces dynamiques année après année.
Le Parti travailliste de Keir Starmer a subi une déroute sévère, tout comme les conservateurs. Le paysage est désormais multipolaire et fragmenté. Ce qui se joue dépasse les élections locales. Il s’agit de savoir si la Grande-Bretagne parviendra à maintenir une cohésion nationale ou si elle va se balkaniser progressivement en enclaves ethniques et religieuses, chacune avec ses propres règles de facto. Les élections de 2026 ne sont qu’un avant-goût.

Le futur, comme le dit Steyn, est déjà là. Reste à voir si les Britanniques — et plus largement les sociétés occidentales — auront le courage d’en tirer les conséquences avant que la fragmentation ne devienne irréversible.

samedi 20 décembre 2025

Pourquoi l'Angleterre, berceau du multiculturalisme, fait-elle officiellement marche arrière ?

Alors que les Anglais sont de plus en plus hostiles envers l'immigration, le gouvernement de Keir Starmer décide de les apaiser en pondant une réforme digne des partis dits « d'esstrême-droite ».

Pourquoi l'Angleterre, berceau du multiculturalisme, fait-elle officiellement marche arrière ?

Décryptage


mardi 10 juin 2025

Grande-Bretagne — S'inquiéter de l'immigration massive relève de l'idéologie terroriste selon un programme gouvernemental

Le programme Prevent du gouvernement britannique est une composante de la stratégie antiterroriste nationale appelée CONTEST, mise en place en 2003 pour prévenir la radicalisation et empêcher les individus de s'engager dans le terrorisme ou de soutenir des activités terroristes.

 
S'inquiéter de l'immigration massive relève de l'idéologie terroriste, selon ce programme Prevent.

Selon des documents officiels, les inquiétudes liées à l'immigration massive relèvent de l'« idéologie terroriste » et nécessitent l'intervention du programme gouvernemental de lutte contre la radicalisation, Prevent.

Une formation en ligne hébergée sur le site web du gouvernement pour Prevent cite le « nationalisme culturel » comme une croyance pouvant conduire un individu à être orienté vers le programme de déradicalisation.

Cela englobe la conviction que « la culture occidentale est menacée par l'immigration massive et le manque d'intégration de certains groupes ethniques et culturels », comme l'apprennent les participants à la formation.

Il s'agit du dernier exemple en date de la restriction de la liberté d'expression par les autorités, la police et les tribunaux.

Ces dernières semaines, le Telegraph a révélé qu'un retraité avait été arrêté à tort pour avoir mis en garde contre l'antisémitisme sur Twitter, et a également mis en lumière le cas d'un homme qui a été condamné pénalement pour avoir brûlé le Coran.

Le programme Prevent a fait l'objet d'un rapport accablant il y a deux ans et n'a pas réussi à arrêter Axel Rudakubana, le tueur de Southport, qui lui avait été signalé à trois reprises.

Les défenseurs de la liberté d'expression ont averti que la définition du « nationalisme culturel » était trop large et pouvait, en théorie, signifier que même Sir Keir Starmer et Robert Jenrick, le secrétaire à la justice fantôme, pourraient être condamnés pour leurs commentaires passés.

Parmi les autres personnes risquant d'être qualifiées d'extrémistes figurent Douglas Murray, l'auteur à succès qui a beaucoup écrit sur l'immigration, ainsi que Matthew Goodwin, l'universitaire devenu présentateur sur GB News, ont déclaré les militants.

Un porte-parole du ministère de l'Intérieur a déclaré : « Prevent ne vise pas à restreindre le débat ou la liberté d'expression, mais à protéger les personnes susceptibles de se radicaliser. »

Lord Young, secrétaire général de la Free Speech Union (FSU), a écrit à Yvette Cooper, ministre de l'Intérieur, pour l'exhorter à reconsidérer d'urgence cette classification.

Il a affirmé que toute personne signalée à Prevent pourrait subir des « conséquences graves et durables » sur son éducation, son emploi et sa réputation publique.

Prevent vise à identifier les personnes susceptibles de se tourner vers le terrorisme, qui sont ensuite signalées au programme, où des agences s'efforcent de les détourner de la radicalisation. Les données personnelles des personnes signalées sont conservées dans les bases de données de Prevent pendant au moins six ans et reproduites dans les systèmes de la police et des services de renseignement.

Les écoles, les universités, les hôpitaux et autres organismes du secteur public ont l'obligation légale d'empêcher les personnes d'être entraînées dans le terrorisme. Chaque année, des milliers d'enseignants, de policiers, de professionnels de santé et d'autres membres du personnel suivent une formation Prevent.

Le cours officiel de « remise à niveau » de Prevent, hébergé sur gov.uk, indique que le « nationalisme culturel » est l'une des « sous-catégories d'idéologies terroristes d'extrême droite » les plus courantes, au même titre que la suprématie blanche et le nationalisme ethnique blanc.

Dans une lettre adressée à Mme Cooper, Lord Young a déclaré qu'il s'agissait d'une « question très préoccupante ».

Il a déclaré : « Bien qu'il ne soit pas défini par la loi ni soumis à des contraintes légales, la définition donnée dans le cours de formation élargit le champ des soupçons pour inclure des personnes dont les opinions sont tout à fait légales mais politiquement controversées.

« Maintenant que le « nationalisme culturel » a été classé comme une sous-catégorie de l'idéologie terroriste d'extrême droite, même les croyances traditionnelles de centre-droit risquent d'être considérées comme idéologiquement suspectes, bien qu'elles restent largement dans les limites de l'expression légale.

Les thèmes couverts par la catégorie « nationalisme culturel » du programme Prevent comprennent des opinions largement répandues, allant des préoccupations relatives à l'immigration et à la cohésion sociale à la conviction que l'intégration devrait être une priorité politique et que les normes culturelles communes contribuent à maintenir une société libérale. »

Lord Young a suggéré que cette définition pourrait même s'appliquer à M. Jenrick, l'ancien ministre de l'Immigration, qui avait précédemment averti que « l'immigration excessive et incontrôlée menace de cannibaliser la compassion du public britannique ».

Selon lui, des politiciens travaillistes de haut rang pourraient également entrer dans le champ d'application de cette définition. Lord Young a cité la récente déclaration de Sir Keir selon laquelle sans règles d'immigration équitables, « nous risquons de devenir une île d'étrangers, et non une nation qui avance ensemble ».

Et en France ?


 

lundi 19 mai 2025

La police britannique restreint la liberté d'expression de manière inquiétante

Des lois confuses donnent à la police britannique un large pouvoir d'appréciation.

La police s'est présentée à la porte de Maxie Allen le 29 janvier à midi. Aucun des six agents ne semblait savoir pourquoi ils étaient là, se souvient M. Allen. Mais ils ont lu une liste de chefs d'accusation et ont fouillé la maison, avant de les arrêter, lui et sa compagne, et de les emmener au poste de police, où ils ont été détenus pendant huit heures. Le crime présumé du couple ? Avoir envoyé des courriels et des messages WhatsApp désobligeants au sujet de l'école primaire de leur fille.

La liberté d'expression en Grande-Bretagne est sous les feux de la rampe. J.D. Vance, le vice-président américain, cite fréquemment des cas impliquant des activistes religieux. Elon Musk, un magnat de la technologie, a affirmé que des milliers de personnes étaient enfermées pour avoir publié des messages sur les médias sociaux. [...] Pourtant, les Américains ont raison sur un point essentiel : La Grande-Bretagne est confrontée à un grave problème.

La liberté d'expression est restreinte, en particulier en ligne, de manière alarmante et à un rythme de plus en plus rapide. Le nombre d'arrestations - plus d'un millier par mois pour des messages en ligne - montre qu'il ne s'agit plus de quelques cas isolés. L'origine de ce phénomène se trouve dans la législation nationale sur la liberté d'expression, qui est un véritable fouillis et qui n'est pas adaptée à l'ère numérique : Les Britanniques sont poursuivis pour des conversations qu'ils auraient eues au pub. Et les choses sont appelées à empirer.

M. Vance, qui a réitéré ses critiques lors d'un événement organisé le 7 mai, s'est concentré sur le « recul des droits de la conscience » en Grande-Bretagne et considère que la vie religieuse est étouffée par le conformisme. Mais la différence entre l'Amérique et l'Europe dans la manière dont elles traitent les discours problématiques a moins à voir avec les récents travaux qu'avec l'évolution des lois et des attitudes au cours des siècles.

Le premier amendement américain offre de loin les protections les plus solides au monde en matière de liberté d'expression ; les pères fondateurs ont inscrit dans la constitution que « le Congrès ne fera aucune loi » limitant la liberté d'expression. Cette protection a été mise à l'épreuve et élargie, en particulier au cours du XXe siècle. Les Européens [et les Canadiens], quant à eux, n'ont codifié un tel droit qu'au milieu du XXe siècle et, même alors, il comportait des limites claires. Les législateurs ont longtemps cherché à trouver un équilibre entre le droit à la liberté d'expression et le préjudice qu'elle peut causer.

[...Récemment] Quelques dizaines de personnes ont été poursuivies pour des messages en ligne. Parmi eux, on trouve des personnes qui ont dit des choses comme « faites sauter la mosquée » et « mettez le feu à tous les putains d'hôtels remplis de ces bâtards ». Selon Gavin Phillipson, de l'université de Bristol, ces propos auraient probablement été légaux en Amérique, car ils ne présentent pas un danger clair et imminent. En vertu des lois en vigueur en Grande-Bretagne et dans une grande partie de l'Europe, il est probable que cela soit considéré comme une incitation à la violence.

D'autres, en revanche, ont été poursuivis pour des déclarations plus anodines. Jamie Michael a publié sur Facebook, après les coups de couteau, une vidéo de 12 minutes dans laquelle il fulminait contre l'immigration clandestine et prévenait que le pays était « attaqué ». Il a été arrêté et détenu pendant 17 jours pour « incitation à la haine raciale », avant d'être acquitté.

La Grande-Bretagne a un problème

Prenons trois exemples plus récents. Un homme a posté une photo de lui se rendant à une fête d'Halloween habillé comme l'islamiste qui a perpétré un attentat terroriste à Manchester en 2017. Un autre homme a critiqué les manifestants pro-palestiniens, en tweetant : « À un pas de prendre d'assaut Heathrow à la recherche d'arrivées juives ». Six policiers à la retraite auraient envoyé des messages racistes dans un groupe de discussion WhatsApp appelé « Old Boys Beer Meet-Wales ».

Le premier homme risquait jusqu'à deux ans de prison avant que son procès ne soit annulé en avril. La police a saccagé la maison et inspecté les étagères du second - bizarrement soupçonné d'antisémitisme - et l'a interrogé dans un poste de police avant de le relâcher. Les anciens policiers ont tous été condamnés à des peines avec sursis et à des travaux d'intérêt général.
 
Ses problèmes découlent en grande partie de deux lois dépassées : la loi de 1988 sur les communications malveillantes (Malicious Communications Act) et la loi de 2003 sur les communications (Communications Act).

La première se concentre sur les informations indécentes, offensantes, menaçantes ou fausses.

La seconde érige en infraction le fait d'être « grossièrement offensant » sur tout « réseau public de communications électroniques ».

En vertu de ces lois, la police britannique arrête plus de 30 personnes par jour pour des publications en ligne, soit deux fois plus qu'en 2017. Certains sont des délinquants graves, comme des harceleurs. Beaucoup ont simplement dit quelque chose que quelqu'un d'autre considère comme offensant.

La police est peu diserte quant à l'origine exacte de la hausse des arrestations. Mais il semble qu'il y ait plusieurs facteurs. Les agents doivent enquêter sur chaque message qui leur est signalé, et le volume de contenu qu'ils reçoivent a fortement augmenté. En conséquence, un plus grand nombre d'agents ont été affectés à cette tâche. En 2010, la police métropolitaine de Londres a créé une petite équipe de 24 agents chargée de surveiller les activités illicites sur les médias sociaux, la première du genre. Aujourd'hui, tous les services de police du pays disposent d'une équipe qui passe au crible les messages des internautes pour tenter de déterminer ce qui dépasse un seuil indéfini. « C'est un véritable cauchemar », reconnaît un policier.

Le public pourrait bien se demander pourquoi tant de temps y est consacré, alors que les cambriolages ne sont généralement pas élucidés. [...]

Quoi qu'il en soit, l'arbitraire se poursuit devant les tribunaux. Ces affaires doivent être entendues par des tribunaux de première instance, ce qui signifie qu'elles sont plaidées devant des magistrats non professionnels qui ne connaissent pas ou peu la jurisprudence. Souvent, les défendeurs ne connaissent pas non plus leurs droits. La Free Speech Union, une organisation à but non lucratif, a commencé à contester, et à annuler avec succès, certaines condamnations (y compris celle de l'homme au costume grossier). Pourtant, il est clair que la Grande-Bretagne ne parvient pas à faire la part des choses.

Elle n'est d'ailleurs pas la seule. Frustrés par leur faible emprise sur les plates-formes américaines, les responsables politiques européens ont eu du mal à trouver une approche cohérente. Selon David Kaye, de l'université de Californie à Irvine, il en résulte des lois vagues à portée large qui confèrent un pouvoir discrétionnaire excessif aux autorités publiques. La Grande-Bretagne et l'Union européenne ont toutes deux introduit une législation qui accroît la pression sur les plateformes pour qu'elles retirent les contenus « illégaux » sous peine d'amendes. Cela risque d'avoir un effet dissuasif. Un conflit se prépare entre les régulateurs et la plateforme de M. Musk, X.

Mais c'est en Grande-Bretagne que l'imbroglio est le plus complet. Une préoccupation particulière est l'intrusion croissante dans les messages privés. Cela découle de la loi de 2003 ; une clause écrite pour empêcher les parasites de harceler les téléphonistes est utilisée pour passer au crible les discussions sur WhatsApp. « En droit anglais, il n'y a pas de concept de conversation privée en ligne », explique Adam King, avocat. En outre, une loi de 2022 a élargi le champ d'application des délits d'ordre public. Cela a permis à la police d'adopter une approche draconienne à l'égard des manifestations en faveur de Gaza ; elle a récemment perquisitionné le domicile d'un journaliste.

[...]

Source : The Economist 

Voir aussi 

La police britannique procède à 30 arrestations par jour pour des messages « offensants » sur Internet

Douglas Murray sur les gangs musulmans violeurs, Tommy Robinson et ce qui cloche en Grande-Bretagne

Scandale des gangs sexuels pakistanais au Royaume-Uni

Déboulonner les déboulonneurs de gangs de violeurs pédophiles (en anglais), sur la minimisation dans les médias au sujet de ce scandale

 
 
 
 

mercredi 16 avril 2025

La Cour suprême du Royaume-Uni déclare que les «femmes transgenres» ne sont pas légalement des femmes

La Cour suprême du Royaume-Uni a déclaré que la définition légale du mot « femme » en vertu de la loi sur l'égalité de 2010 se réfère au sexe biologique - et non au genre acquis. Dans un arrêt unanime rendu par Lord Hodge, la Cour a conclu que « le sexe est binaire » et que la caractéristique protégée du sexe dans la loi sur l'égalité s'applique sur la base de la biologie, et non de l'identité.

Susan Smith, centre gauche, et Marion Calder, centre droit, du groupe For Women Scotland, réagissent après que la Cour suprême a statué sur leur appel, mercredi devant la Cour suprême à Londres.

Cette décision met fin à une longue bataille juridique entre le gouvernement écossais et le groupe de campagne For Women Scotland. Le groupe avait contesté la législation qui incluait effectivement les femmes transgenres dans les quotas pour les conseils d'administration. Le tribunal a estimé que la redéfinition du terme « femme » pour inclure les personnes nées de sexe masculin mais titulaires d'un certificat de reconnaissance de genre (CRG) par les ministres écossais était illégale.

Dans un passage pertinent, Lord Hodge a déclaré : « La définition des termes “femme” et “homme” n'est pas conforme à la loi : La définition des termes  “femme” et “sexe” dans la loi sur l'égalité de 2010 fait référence à une femme biologique et à un sexe biologique. Il a toutefois ajouté qu'il ne fallait pas y voir « un triomphe d'un ou de plusieurs groupes de notre société au détriment d'un autre ».

Les personnes transgenres restent protégées par la loi sur l'égalité. Elles ont le droit de ne pas être discriminées ou harcelées, directement ou indirectement, qu'elles soient ou non titulaires d'un certificat de genre.

Les défenseurs de l'égalité des sexes ont salué ce jugement comme un retour au bon sens. L'ancienne députée travailliste Rosie Duffield, qui a démissionné de son poste l'année dernière en raison de la position du parti sur les droits des femmes, a appelé le parti travailliste à « reconnaître et à respecter les droits fondamentaux des femmes fondés sur le sexe ». Kemi Badenoch a déclaré que la décision confirmait « qu'on ne peut pas changer son sexe biologique » et que l'idée de l'auto-identification du genre « n'a jamais été vraie dans les faits, et ne l'est plus non plus en droit ». « Les femmes sont des femmes , a-t-elle déclaré,  et les hommes sont des hommes ».