lundi 27 juillet 2026

Le diffuseur gouvernemental (1,4 milliard de subventions/an) se penche sur les vacances des minorités confrontés au racisme (blanc, patriarcial, cisgenré, etc.)


« Phoenyx Ahmed se définit comme une personne queer, trans non binaire, musulmane, Sud-Asiatique et réfugiée au Canada. Je suis aussi une personne grosse et cela compte beaucoup quand je voyage, ajoute-t-iel. »

Bien : curiosité de la part des Thaïlandais qui veulent toucher sa peau noire


Mal : plusieurs hommes (européens) lui demandent de se prendre en photo avec elle

1,4 milliard de dollars

Le budget fédéral de CBC/Radio-Canada pour 2026-2027 s'élève à 1,38 milliard de dollars, ce qui représente une baisse de 192 millions de dollars par rapport aux 1,58 milliard de l'année précédente.



Source : Radio-Canada.

Choix de carrière — Faut-il suivre sa passion… ou chercher à faire le plus de bien possible ?

S'appuyant sur quinze années passées à conseiller des jeunes au début de leur vie professionnelle, 80 000 Hours, de Benjamin Todd, aborde la question de la carrière non pas du point de vue de l'ascension vers les sommets, mais à partir des choix que l'on fait dès les premiers échelons. Il en tire des conclusions souvent contre-intuitives.

Le titre fait référence au nombre approximatif d'heures qu'une personne travaille au cours de sa vie : 80 000 heures, soit l'équivalent d'une quarantaine d'années à temps plein. L'idée centrale du livre est qu'un choix de carrière est l'une des décisions les plus importantes de l'existence, puisqu'il détermine une part considérable du temps dont nous disposons pour agir sur le monde.

Première thèse : il ne faudrait peut-être pas « suivre sa passion ». Depuis le succès de librairie What Color Is Your Parachute? (1970), ouvrage devenu une référence incontournable de l'orientation professionnelle dans le monde anglophone mais jamais véritablement traduit ni diffusé dans l'espace francophone, les guides de carrière recommandent d'identifier ce que l'on aime avant de rechercher un métier correspondant. Benjamin Todd estime que cette approche est souvent vouée à l'échec. Beaucoup de personnes ignorent ce qui les passionne réellement et, même lorsqu'elles ont un intérêt marqué, celui-ci ne débouche pas nécessairement sur un emploi.

Ainsi, une enquête menée en 2003 révélait que près de 90 % des étudiants canadiens citaient la musique, les arts ou le sport parmi leurs principaux centres d'intérêt, alors que ces secteurs ne représentaient qu'environ 3 % des emplois au Canada. Plus cocasse encore, un questionnaire d'orientation professionnelle mis en ligne par le ministère britannique de l'Éducation en 2020, fondé sur les traits de personnalité, recommandait fréquemment aux candidats de devenir… éclusiers, profession aujourd'hui extrêmement rare. Le conseil paraissait d'autant plus incongru qu'il arrivait avec environ deux siècles de retard sur l'âge d'or des canaux britanniques.

Selon Todd, le slogan « Suivez votre passion » inverse le véritable ordre des choses. Plutôt que de commencer par une introspection sans fin, il propose une autre démarche : « Devenez excellent dans une activité utile aux autres, et la passion viendra ensuite. » Aider autrui augmente la satisfaction que l'on retire de son existence. La maîtrise d'une compétence procure également une gratification intrinsèque. Enfin, exceller dans son métier offre davantage de liberté pour exercer un travail plaisant que poursuivre coûte que coûte une passion dans laquelle on demeure médiocre — comme ces musiciens qui rêvaient des grandes salles mais finissent par donner des animations musicales dans les écoles.

Pour déterminer où l'on peut faire le plus de bien, Todd s'appuie sur les principes de l'altruisme efficace, un courant philosophique d'inspiration utilitariste dont l'organisation 80,000 Hours fut l'un des principaux promoteurs. L'idée consiste à utiliser les données disponibles et le raisonnement quantitatif afin de maximiser l'impact positif de ses ressources — qu'il s'agisse de son argent, de son temps ou de sa carrière.

Faire des dons constitue une première possibilité. Todd estime par exemple qu'un diplômé américain percevant un salaire annuel de 77 000 dollars qui consacrerait 10 % de ses revenus à une organisation luttant contre le paludisme sauverait, au cours de sa vie, environ vingt fois plus de vies qu'en exerçant lui-même la médecine à plein temps. Une autre voie consiste à travailler directement dans un domaine susceptible d'avoir un impact particulièrement important, comme la régulation de l'intelligence artificielle ou la prévention des conflits entre grandes puissances.

S'agissant de la rémunération, Todd soutient qu'au-delà d'un certain seuil l'argent supplémentaire n'apporte qu'un gain limité de bonheur. Il cite des travaux selon lesquels le niveau de satisfaction déclaré tend à plafonner lorsque le revenu annuel du foyer atteint environ 75 000 dollars.

Le livre avance également plusieurs idées originales sur les effets de l'intelligence artificielle sur l'emploi. L'automatisation finit certes par supprimer certains métiers, mais elle commence souvent par accroître la demande pour de nouvelles compétences. Ainsi, l'invention des distributeurs automatiques n'a pas immédiatement réduit le nombre d'employés de banque : les guichets étant devenus moins coûteux à exploiter, les établissements ont ouvert davantage d'agences et embauché plus de personnel. Ce n'est qu'avec la généralisation des services bancaires en ligne que ces emplois ont réellement décliné. Selon Todd, il ne faut donc pas chercher un métier qui serait définitivement à l'abri de l'automatisation, mais apprendre à accompagner chaque vague technologique en développant les compétences qui deviennent les plus précieuses. Cela pourrait passer, aujourd'hui, par les métiers liés à l'entraînement des modèles d'IA, à la cybersécurité ou encore aux services dont la demande augmentera à mesure que l'IA fera baisser les coûts, notamment dans le secteur de la santé.

Cette recherche permanente du bien maximal soulève toutefois une difficulté. Si chaque décision doit être évaluée uniquement à l'aune de son impact global, il semble toujours exister un choix encore meilleur. Un médecin urgentiste pourrait sauver davantage de vies en travaillant sur la prévention des pandémies ; mais celle-ci serait peut-être moins importante que le désarmement nucléaire ; lequel céderait à son tour la place à une autre priorité encore plus décisive. Cette logique peut devenir vertigineuse, voire psychologiquement éprouvante. L'un des pères de l'utilitarisme, John Stuart Mill, traversa ainsi une profonde dépression. Plus récemment, Sam Bankman-Fried, entrepreneur dans les cryptomonnaies et figure emblématique de l'altruisme efficace, prit des risques considérables au nom de cette philosophie avant de provoquer l'effondrement de son entreprise et de faire perdre des milliards de dollars aux clients de sa plateforme.

Les personnes qui hésitent sur leur orientation peuvent toutefois se rassurer : beaucoup trouvent leur véritable vocation tardivement. Tony Blair fut un temps promoteur de groupes de rock avant de devenir Premier ministre britannique. Maya Angelou fut receveuse de tramway avant de devenir l'une des plus grandes écrivaines américaines. Quant au colonel Sanders, il fonda Kentucky Fried Chicken à l'âge de soixante-deux ans. Trouver sa voie demande souvent du temps. Ceux qui s'interrogent sur la meilleure manière d'employer leurs 80 000 heures pourraient commencer par en consacrer quelques-unes au livre de Benjamin Todd.

Source : The Economist

Le 28 juillet 1755 — Le Grand Dérangement

Le peuple acadien naît tout au début du XVIIe siècle, lors de la fondation de Port-Royal en 1604, et s’implante principalement dans la Nouvelle-Écosse actuelle. Des Acadiens vont aussi s’établir sur l’Île-du-Prince-Édouard et le Cap-Breton (appelées respectivement, à l’époque, île Saint-Jean et île Royale). En 1713, à l’issue du traité d’Utrecht, les Français cèdent l’Acadie aux Anglais, mais conservent l’île Royale. La majorité des Acadiens demeurent sur place, mais exigent de rester neutres en cas de conflit contre la France. Pas question de tuer des soldats français.

Les historiens ont l’habitude de retenir 1755 comme la date charnière de l’histoire des Acadiens. Mais replacé dans le contexte global des provinces maritimes, le phénomène de la « Déportation » apparaît plutôt comme la suite d’une série d’événements remontant au moins à 1749, c’est-à-dire à la fondation de Halifax (Nouvelle-Écosse) par les Britanniques. Fondation qui enflamme les Micmacs. Ces derniers sentent que les Anglais se sont approprié leur territoire sans leur consentement, contrairement au traité de 1725/1726, et les officiers anglais refusent au départ la coutume qui veut que l’on échange des présents pour l’utilisation des terres. Cornwallis veut mettre le peuple micmac sous son autorité, mais essuie un refus. Par représailles, il offre des récompenses pour les scalps des micmacs. Les Micmacs répondent en déclarant la guerre aux Anglais en 1749.

Depuis 1749, « britanniser » l’Acadie

Afrique du Sud : les réfugiés francophones pris au piège de la vague xénophobe

À l'approche des élections municipales, la montée des violences xénophobes en Afrique du Sud frappe durement les étrangers, y compris ceux qui bénéficient du statut de réfugié. Si plus de 160 000 migrants en situation irrégulière ont déjà quitté le pays, de nombreux réfugiés originaires de pays francophones, notamment de la République démocratique du Congo et du Burundi, n'ont tout simplement nulle part où aller.

À Durban, des centaines de Congolais, de Burundais et d'autres réfugiés campent depuis plusieurs semaines sur les trottoirs devant le Centre des réfugiés. Beaucoup avaient pourtant reconstruit une vie stable avant d'être chassés de leur logement ou de leur commerce par des groupes hostiles aux immigrés. Les autorités provinciales refusent de leur fournir un hébergement et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) reconnaît ne pas disposer de solution immédiate.



Les témoignages recueillis illustrent l'impasse dans laquelle se trouvent ces exilés. Raymond, réfugié congolais originaire du Masisi, a fui les atrocités commises dans l'est de la RDC après avoir vu sa sœur assassinée. De retour en Afrique du Sud, où il croyait avoir trouvé un refuge, il vit désormais dans la rue et ne peut envisager de rentrer dans une région toujours en guerre. Christian Tshizungu, également originaire du Kivu, a perdu son salon de coiffure lorsque son propre employé l'a contraint à fuir. Après avoir tenté de regagner son quartier, il a été violemment agressé et hospitalisé.

Une Congolaise en Afrique du Sud a été priée de céder son salon à un Sud-Africain. Elle a détruit son salon à la place. Selon certains, elle aurait été illégalement en Afrique du Sud.Vidéo d'Al Jazeera.

Les organisations humanitaires dénoncent l'inaction des pouvoirs publics. Selon Yasmine Rajah, qui accompagne les réfugiés depuis plus de vingt ans, la situation est sans précédent : lors des précédentes flambées de violences xénophobes, les autorités avaient ouvert des centres d'accueil temporaires ; cette fois, elles refusent toute mesure de protection. Les défenseurs des droits de l'homme rappellent que l'Afrique du Sud est pourtant liée par la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés, tandis que les mouvements anti-immigration promettent de poursuivre leur campagne.


Source : Le Figaro (résumé)

Voir aussi
 
 
 
Trump déclare qu'il supprime tout financement à l'Afrique du Sud en raison de la discrimination anti-blanche (extraits de la loi sur l'Éducation de base et sur l'expropriation sans compensation).
 
 

À Ber­lin, défilé LGBTQ ciblé par un atten­tat isla­miste

Une femme a été tuée et seize autres per­sonnes ont été bles­sées lors d’une attaque à la voi­ture-bélier diri­gée contre la Marche des fier­tés, samedi soir, à Ber­lin. Le ter­ro­riste, connu de la police pour son appar­te­nance aux milieux isla­mistes, est en fuite. La police alle­mande a publié un avis de recherche dimanche matin. Ce sus­pect d’ori­gine liba­naise, âgé de 21 ans, s’appelle Abdul Ballout. Les ser­vices d’enquête ont publié sa photo. Il s’agit d’un homme d’envi­ron 1,90 m qui, selon les auto­ri­tés, pour­rait être armé et dan­ge­reux. Au moment de l’atten­tat, selon les témoi­gnages recueillis sur place, il était vêtu d’un sweat à capuche noir et d’un pan­ta­lon blanc.

Selon l’agence de presse DPA, Abdul Ballout avait été libéré d’un centre de déten­tion pour mineurs en mai der­nier. Le jour­nal Bild pré­cise qu’il est connu des ser­vices de police, notam­ment pour coups et bles­sures graves et extor­sion avec vio­lence. Tou­jours selon Bild, Abdul B. serait un par­ti­san de l’état isla­mique. Il aurait tenté de rejoindre le groupe dji­ha­diste en 2025, avant d’être arrêté au Liban puis ren­voyé en Alle­magne, où il fut condamné en 2026 dans un autre dos­sier. Les diri­geants français et ita­liens, ainsi que la pré­si­dente de la Com­mis­sion euro­péenne, ont exprimé dimanche leur soli­da­rité aux vic­times.

Femme cheveux roses accuse les « hommes blancs » après l'attentat perpétré par un terroriste islamiste à Berlin : « Vous n’allez pas faire porter le chapeau à la communauté musulmane comme s’ils étaient les violents, alors que c’est en fait vous (hommes blancs). »

Samedi soir, il était aux alen­tours de 22 heures quand la camion­nette blanche a per­cuté un groupe de par­ti­ci­pants à cette 48e Marche des fier­tés. Les pom­piers ont d'abord dénom­bré 11 bles­sés graves, dont trois se trou­vaient dimanche entre la vie et la mort. Trente témoins des évé­ne­ments, sous le choc, ont été pris en charge sur place. Les témoins inter­viewés par la presse alle­mande racontent la vio­lence de l’attaque et les cris d’hor­reur, à quelques mètres d’eux.

La four­gon­nette-bélier a fini sa course contre un arbre du Tier­gar­ten, le grand parc du centre de Ber­lin situé à proxi­mité de la porte de Bran­de­bourg, où se dérou­lait la fête réunis­sant des cen­taines de mil­liers de per­sonnes. L’homme s’est extrait de l’habi­tacle encom­bré par les coussins gonflables et aurait menacé les gens avec un cou­teau avant de prendre la fuite. Son domi­cile, dans le quar­tier de Schöneberg, a été per­qui­si­tionné, sans résul­tat. La chasse à l’homme mobi­lise plu­sieurs cen­taines d’agents. Des héli­co­ptères équi­pés de pro­jec­teurs ont sur­volé dans la nuit de samedi à dimanche la capi­tale alle­mande.

Dimanche soir, la police a annoncé avoir tué le suspect Abdul Ballout.  Plus tôt dimanche matin, le ministre de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, avait revu à la hausse le bilan des blessés à 29, affirmant que tout ce que nous voyons ici indique que nous avons affaire à un attentat terroriste islamiste.

Lors d’un hommage aux victimes de l’attentat terroriste islamiste de Berlin, une militante LGBTQ+ métissée a déclaré qu’elle espérait que l’auteur soit « une personne blanche chrétienne ».

Ce drame a sus­cité beau­coup de réac­tions indi­gnées de la part de la classe poli­tique alle­mande. Il a été qua­li­fié d’abo­mi­nable par le chan­ce­lier, Frie­drich Merz. Le ministre de l’inté­rieur, Alexan­der Dobrindt, a réagi dans un com­mu­ni­qué : « Cette attaque lâche et odieuse contre des per­sonnes qui fai­saient la fête paci­fi­que­ment (me) bou­le­verse pro­fon­dé­ment. »

Enfin le maire conser­va­teur (CDU) de Ber­lin, Kai Wegner, a dénoncé sur le réseau social X «une attaque contre notre société libre et ouverte sur le monde ». « Le ras­sem­ble­ment pour un Ber­lin tolé­rant et paci­fique a été pris pour cible de la manière la plus bru­tale qui soit. Ber­lin est la ville de la liberté - et notre liberté a été atta­quée aujourd’hui de la façon la plus ter­rible. » La ville, dont beau­coup de bâti­ments sont parés du dra­peau arc-en-ciel, défend avec vigueur les droits trans et homo­sexuels. 

Des homo­sexuels et trans­genres du monde entier viennent se réfu­gier dans ce qui était jusqu’à pré­sent un sanc­tuaire, mais leurs droits et liber­tés sont régu­liè­re­ment, ces der­niers temps, atta­qués. Des lieux de la com­mu­nauté LGBT sont régu­liè­re­ment pris pour cible. C’est le cas de Das Hoven, un café-res­tau­rant ins­tallé en plein coeur du quar­tier d’immi­gra­tion de Neukölln. Son patron Dan­jel Zarte avait détaillé, lorsque nous l’avions ren­con­tré à l’été 2025, les attaques subies : « Un extinc­teur balancé dans les vitres, des coups don­nés aux ser­veuses, des menaces de mort par mail, les pneus cre­vés de ma voi­ture…» En six mois, il avait déposé 45 plaintes au com­mis­sa­riat.

« Au début, les poli­ciers ne nous pre­naient pas trop au sérieux. Main­te­nant, leurs voi­tures passent par ici lors de leurs rondes. » Faute de preuves ou de fla­grance, la plu­part des plaintes sont clas­sées. Les sus­pects habi­tuels, de l’extrême droite à la mou­vance isla­miste, sont à l’oeuvre, selon les asso­cia­tions mili­tantes, dans un retour de balan­cier de l’his­toire.

La cam­pagne alle­mande est aussi concer­née. Par­fois orga­ni­sées dans des vil­lages recu­lés, des mani­fes­ta­tions en faveur des droits des mino­ri­tés sexuelles sont régu­liè­re­ment prises pour cible. « 55 parades pour le Chris­to­pher Street Day (en mémoire du pre­mier sou­lè­ve­ment à New York contre les agres­sions poli­cières subies par les homo­sexuels, NDLR) ont été atta­quées en 2024 dans toute l’Alle­magne », recen­sait Lorenz Blu­men­tha­ler, de la Fon­da­tion Ama­deu Anto­nio qui lutte contre les dis­cri­mi­na­tions. « Cela allait des cra­chats à la cas­se­role d’eau bouillante jetée sur la mani­fes­ta­tion. » 

Canada : des publications sur les réseaux sociaux désormais surveillées par les autorités

Selon le Justice Centre for Constitutional Freedoms (JCCF), organisme canadien de défense des libertés constitutionnelles, la liberté d'expression en ligne au Canada fait l'objet d'une surveillance de plus en plus préoccupante.

Le JCCF estime que cette évolution ne résulte pas du seul projet de loi C-9, mais d'un ensemble de textes législatifs qui, selon lui, renforcent progressivement les pouvoirs de surveillance de l'État dans l'univers numérique, notamment en matière de contrôle des plateformes, d'accès aux données et de régulation des contenus en ligne.

« Nous recevons des témoignages selon lesquels des Canadiens sont contactés à leur domicile par des représentants des autorités au sujet de publications sur les réseaux sociaux remontant parfois à plusieurs mois, voire plusieurs années », a écrit le JCCF dans un message devenu viral sur 𝕩. « Ces signalements surviennent après l'adoption du projet de loi C-9, la Loi sur la lutte contre la haine, qui renforce les dispositions canadiennes relatives aux discours haineux en créant de nouvelles infractions, en alourdissant les peines et en supprimant certaines garanties juridiques qui limitaient auparavant les poursuites pour expression haineuse. »

« Il n'est malheureusement pas surprenant de voir se multiplier les signalements de personnes faisant l'objet d'enquêtes en raison de leurs propos, compte tenu des signaux extrêmement préoccupants envoyés récemment par le législateur fédéral, notamment avec l'adoption du projet de loi C-9 », a déclaré à LifeSiteNews Marty Moore, avocat spécialisé en droit constitutionnel et directeur du contentieux du JCCF. « Le Canada s'est déjà engagé très loin sur la pente glissante de la police de la parole. Si aucune correction n'est apportée, nous risquons de nous retrouver, dans un avenir proche, avec un régime de censure comparable à celui du Royaume-Uni. »

Marty Moore n'a pas souhaité révéler les détails des signalements reçus par le JCCF, mais il estime que les récentes initiatives du gouvernement canadien sont particulièrement préoccupantes.

« Le projet de loi C-9 aura un effet direct sur les décisions des enquêteurs et des procureurs concernant des propos religieux qui auraient auparavant pu être considérés comme une expression de bonne foi fondée sur un texte sacré », a-t-il expliqué. Entré en vigueur après avoir reçu la sanction royale le 18 juin, le projet de loi C-9 supprime en effet la défense dite de « bonne foi », qui protégeait les personnes exprimant ou cherchant à étayer, par un raisonnement, une opinion sur une question religieuse ou une opinion fondée sur un texte religieux. Rappelons que le Bloc Québécois a fortement appuyé ce projet de loi, pensant peut-être qu'il ne viserait que les islamistes radicaux.

Selon Marty Moore, l'effet le plus préoccupant pourrait toutefois être plus diffus. « Le projet de loi C-9, mais aussi d'autres textes ayant une incidence sur la liberté d'expression, notamment les projets de loi C-8 et C-34, risquent d'envoyer aux forces de l'ordre le message que la surveillance des opinions exprimées constitue désormais une priorité gouvernementale, justifiant davantage de moyens consacrés aux enquêtes et aux poursuites. »

Le JCCF souligne par ailleurs que le projet de loi C-34, présenté comme la « Loi sur les médias sociaux sûrs », conférerait d'importants pouvoirs de contrôle de l'expression en ligne à une Commission de la sécurité numérique dont les membres seraient nommés par le gouvernement.

Ceux qui seraient tentés de juger ces inquiétudes excessives peuvent notamment relever que le gouvernement libéral qualifie officiellement le morinommage — c'est-à-dire le fait de désigner une personne transgenre par son ancien prénom — de « violence facilitée par la technologie ». Selon sa définition, il s'agit d'une forme de violence émotionnelle liée au genre, à l'identité de genre, à l'expression de genre ou au genre perçu dans l'environnement numérique. Le gouvernement affirme également que le morinommage — « utiliser l'ancien nom d'une personne sans son consentement alors que son nouveau nom est connu » — constitue « une forme d'agression dégradante et irrespectueuse » parce qu'il « nie activement son identité ».

Plus tôt cette année, Barry Neufeld, ancien administrateur d'un conseil scolaire public de Colombie-Britannique, a été condamné par le Tribunal des droits de la personne de la province à verser 750 000 $ pour vingt-quatre publications — dont la plupart sur les réseaux sociaux — critiquant l'idéologie du genre et jugées constitutives d'un discours haineux. À la suite de cette décision, un autre administrateur d'école chrétienne, Laurie Throness, a annoncé sa démission, expliquant qu'il ne se sentait plus libre d'exprimer ses opinions sans risquer d'être visé par de lourdes sanctions financières.

Le JCCF encourage les Canadiens qui seraient contactés par les autorités au sujet de leurs publications sur les réseaux sociaux à prendre des précautions. « Si des représentants du gouvernement vous interrogent à propos de vos publications en ligne, envisagez d'enregistrer la conversation », conseille l'organisme. « Si vous estimez que vos droits ont été violés ou que vous avez été injustement pris pour cible, nous vous invitons à déposer une demande d'assistance par l'intermédiaire du portail en ligne du Centre de justice. »