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lundi 9 février 2026

Étude Ifop — Les adolescents français se droitisent, avec un rôle nuancé des jeunes issus de l’immigration

Une étude Ifop réalisée en février 2026 auprès de 1 028 adolescents de 15 à 17 ans, représentatifs de la France métropolitaine, révèle un basculement politique majeur chez la jeunesse : 56 % se positionnent désormais plutôt à droite, contre 44 % à gauche. Ce renversement par rapport à 1994 (où les 15-18 ans étaient 54 % à gauche et 46 % à droite) marque une nette « dégauchisation ».

François Kraus, directeur du pôle Politique/Actualités à l’Ifop et auteur de l’étude, précise qu’il ne s’agit pas d’une explosion soudaine vers la droite, mais surtout d’un recul marqué du sentiment d’appartenance à la gauche. « Les jeunes qui se situent à gauche restent à peu près au même niveau numérique, mais ceux qui se déclarent explicitement de gauche sont de moins en moins nombreux », explique-t-il. Une lycéenne interrogée résume ce désintérêt : « On ne se retrouve plus dans ce paysage politique qui a tendance à vieillir. »

Cette évolution est très genrée : les garçons portent l’essentiel de la droitisation (64 % à droite contre 36 % à gauche), tandis que les filles restent majoritairement à gauche (53 %). Cet écart de 28 points témoigne d’une polarisation précoce par le genre, bien avant l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Sur le plan des valeurs, les 15-17 ans combinent un libéralisme sociétal (plus progressistes que leurs aînés sur l’IVG et l’homosexualité) avec un conservatisme marqué sur d’autres sujets : 58 % jugent « inacceptable » la critique des religions. Leurs principales peurs pour l’avenir restent concrètes : la guerre et l’insécurité dominent largement.

L’étude met aussi en évidence une montée forte de l’individualisme : désintérêt pour les partis traditionnels, indifférence aux clivages idéologiques classiques, recentrage sur la sphère privée (famille, amitié, argent). Le refus du sacrifice collectif s’accentue : seuls 23 % des adolescents se disent prêts à risquer leur vie pour défendre la France en cas d’invasion (contre 41 % en 1984). Cette proportion chute à 5 % chez les jeunes d’extrême gauche.

Le rôle des jeunes musulmans et des enfants d’immigration : conservatisme culturel vs faible attachement national

L’étude n’offre pas de croisement direct entre origine immigrée et positionnement gauche/droite, mais elle utilise la religion comme indicateur indirect, notamment pour les jeunes musulmans (souvent issus de l’immigration maghrébine ou subsaharienne). Ceux-ci influencent la tendance globale de manière ambivalente.

D’un côté, ils renforcent un conservatisme culturel qui alimente certains aspects de la droitisation (valeurs d’ordre, respect des traditions, rejet de certaines évolutions sociétales) :

  • 92 % des jeunes musulmans jugent inacceptable la critique des religions (contre 58 % pour l’ensemble et 76 % chez les catholiques pratiquants).
  • Sur les droits LGBT : 49 % considèrent les relations homosexuelles inacceptables (contre 7 % chez les sans-religion), et 57 % rejettent le changement de genre (contre 21 % chez les sans-religion).

Ce conservatisme moral, plus prononcé dans les milieux populaires (où les enfants d’immigration sont surreprésentés), contribue à freiner les avancées progressistes et à valoriser des thèmes d’autorité et de tradition, souvent associés à la droite en France.

D’un autre côté, les jeunes musulmans affichent un faible attachement national qui pourrait contrebalancer ou limiter la droitisation sur les aspects patriotiques et identitaires :

Seulement 13 % se disent prêts à défendre la France militairement (contre 23 % pour l’ensemble des adolescents), un chiffre proche de celui des extrême-gauche (5 %).

Ce détachement (lié à des facteurs socio-économiques, discriminatoires ou culturels) s’aligne plutôt sur des positions internationalistes ou de gauche traditionnelle, même si le conservatisme religieux les éloigne des valeurs sociétales de la gauche contemporaine.

Pour les autres enfants d’immigration non musulmans (par exemple d’origine subsaharienne chrétienne ou d’Asie), l’étude ne fournit pas de données spécifiques. Les clivages observés sont davantage religieux et socio-économiques que strictement ethniques.

En résumé, la « Bof génération » (comme la surnomme l’Ifop) se caractérise par une droitisation globale portée surtout par les garçons, un individualisme croissant et des inquiétudes sécuritaires.

Les enfants d’immigration, via le prisme musulman, accentuent le conservatisme culturel (renforçant indirectement certains marqueurs droitiers), mais leur faible patriotisme freine potentiellement les glissements nationalistes. L’étude souligne ainsi une jeunesse fragmentée, où genre, religion et classe sociale redessinent les clivages plus que jamais.


vendredi 30 janvier 2026

Au Danemark, la droite conservatrice freinée à cause des visées de Trump sur le Groenland

Il y a un an, à la veille de la seconde investiture de Donald Trump à la présidence des États-Unis, Morten Messerschmidt, dirigeant du Parti du peuple danois (Dansk Folkeparti), s’affichait à Mar-a-Lago (voir photo ci-contre), la résidence floridienne du président élu. Sur les réseaux sociaux, il publiait des images enthousiastes de lui, proclamant notamment : « Le wokisme est mort ».;

Auprès d’un média danois, il alla jusqu’à déclarer : « Ensemble, nous rendrons sa grandeur à l’Occident », adptant le slogan Make America Great Again. Ses opposants ne tardèrent pas à le surnommer « Maga Morten ».

Ces images, que la mémoire numérique conserve intactes, embarrassent aujourd’hui son parti. Comme une large part de la société danoise — historiquement très favorable aux États-Unis — le Parti du peuple danois a opéré un net revirement à l’égard de Washington, depuis que Donald Trump a ravivé l’hypothèse d’un contrôle américain sur le Groenland, territoire autonome qui représente près de 98 % de la superficie du Royaume du Danemark. Le Parti du peuple va même plus loin que la plupart des formations politiques : il est le seul à dénoncer ouvertement ce qu’il juge être l’excessive mansuétude diplomatique du gouvernement de coalition dans sa tentative de rétablir des relations apaisées avec les États-Unis.

Un entourage idéologique conservateur

À l’approche des élections législatives prévues en octobre, les adversaires du parti se sont emparés de cette séquence pour souligner ce qu’ils présentent comme une contradiction politique. « C’est une calomnie », a réagi Morten Messerschmidt le 18 janvier sur Facebook. Dans les couloirs du Parlement danois, Alex Ahrendtsen, responsable des affaires européennes du parti, évoque quant à lui « une opération de diffamation ». Il affirme que le déplacement de Messerschmidt s’inscrivait dans le cadre d’une invitation émanant d’une organisation israélienne, à l’occasion d’un rassemblement organisé par la Heritage Foundation, un puissant cercle de réflexion conservateur très influent aux États-Unis.

« Cet élément est exact », confirme le commentateur politique Noa Redington. Il rappelle toutefois que, si le Parti du peuple danois entretient des relations cordiales avec la droite israélienne au pouvoir, notamment le Likoud de Benyamin Netanyahou, Morten Messerschmidt ne dispose pas de liens personnels établis avec Donald Trump ni avec les principales figures de la mouvance Maga. Les convergences idéologiques existent néanmoins : euroscepticisme affirmé, défense de la souveraineté nationale, valorisation des traditions culturelles, et opposition résolue à l’immigration et à ce que ces partis désignent comme l’idéologie « woke ».

Messerschmidt s’est longtemps réclamé de l’exemple de Nigel Farage, qu’il admirait pour son rôle dans le Brexit. Selon plusieurs observateurs de la vie politique danoise, il n’a jamais dissimulé son intérêt pour les réseaux populistes et conservateurs transnationaux, même s’il est resté en marge de leurs cercles les plus structurés.

Lors de son séjour en Floride, le dirigeant danois n’est d’ailleurs pas parvenu à obtenir d’entretien direct avec Donald Trump, alors même que ce dernier avait déjà évoqué publiquement son intérêt pour le Groenland. Selon des informations de presse américaine, toute rencontre formelle lui aurait été refusée. « À ma connaissance, il a surtout arpenté le complexe de Mar-a-Lago en multipliant les photos », raconte Noa Redington. « L’idée qu’un chef de parti d’une formation marginale, issue d’un petit pays nordique, puisse négocier seul avec le président américain relevait d’une certaine illusion politique. »

Un retournement coûteux

Alex Ahrendtsen récuse toute fascination pour Donald Trump. « Il ne s’agit pas d’être pro- ou anti-Trump, explique-t-il. Depuis des années, nous alertons sur la dépendance stratégique du Danemark vis-à-vis des États-Unis. Aujourd’hui, le gouvernement tente de masquer ses propres erreurs en nous accusant d’inconstance. » Une lecture que conteste Noa Redington : « Je n’ai pas souvenir que le Parti du peuple danois ait porté ce discours avant 2025. Jusqu’à récemment, ce type de mise en garde provenait plutôt de la gauche radicale. »

Quoi qu’il en soit, ces épisodes ont laissé des traces. Là où les images ensoleillées de Mar-a-Lago n’avaient guère choqué, dans un pays longtemps très proaméricain — et avaient même coïncidé avec une progression dans les sondages —, le contexte a radicalement changé. Face à Donald Trump, l’essentiel de la classe politique danoise affiche désormais une rare unité. Le Parti du peuple danois, lui, se retrouve isolé et en recul dans l’opinion.

Source (adaptée) : Le Figaro

vendredi 26 décembre 2025

De plus en plus d'écoles américaines adoptent la semaine de quatre jours

La ville d’Eldon, dans l’Iowa, est rarement animée. « Nous sommes au sommet d’une colline, au milieu de nulle part, entourés de champs de maïs », explique James Craig, directeur du district scolaire de la région, qui compte environ 1 000 élèves. Mais le lundi, les écoles sont particulièrement calmes. Seuls les enseignants sont présents à l’école primaire, où ils apprennent un nouveau programme de mathématiques. Depuis 2022, le district a mis en place un calendrier de quatre jours par semaine. « Je ne pourrais pas être plus heureux, déclare M. Craig, tout le monde s’épanouit. » Selon lui, le fait de donner congé aux élèves le lundi a amélioré leur assiduité, leur comportement et leur santé mentale. 

Partout en Amérique, de plus en plus d’écoles adoptent la semaine de quatre jours. Plus de 2 100 écoles fonctionnent ainsi et tous les États à l’ouest du Mississippi l’autorisent désormais. Conçues pour économiser de l’argent ou attirer des enseignants, les semaines scolaires de quatre jours étaient auparavant un phénomène rural. Mais elles s’étendent désormais à davantage de villes. En novembre, les électeurs d’Independence, une banlieue de Kansas City, dans le Missouri, ont choisi de maintenir la semaine scolaire de quatre jours pour ses 14 000 élèves. Sans surprise, les enseignants et les élèves adorent cette mesure. Les parents ont également accueilli favorablement la possibilité de passer plus de temps à la maison. Mais en ce qui concerne les résultats scolaires, cette politique obtient des notes moyennes.

La réduction du nombre d’heures d’enseignement pendant une semaine de quatre jours dépend de la politique de chaque district. En général, les écoles prolongent les quatre jours restants d’un peu moins d’une heure, selon une étude du groupe de réflexion RAND. La manière dont les écoles utilisent le jour supplémentaire varie également : certaines proposent des cours particuliers ou des services de garde d’enfants, tandis que d’autres (comme celles dirigées par M. Craig) n’offrent pas grand-chose, voire rien du tout.

samedi 13 décembre 2025

National Post : Statistique Canada semble penser que les enfants de deux ans peuvent être transgenres.

Michael Higgins dans le National Post critique vivement Statistique Canada pour sa gestion des données du recensement de 2021 sur l'identité de genre des enfants et jeunes (0-14 ans) transgenres ou non-binaires. L'agence a collecté ces données mais ne les a pas publiées, préférant consulter uniquement des « experts en la matière » (principalement des chercheurs et militants pro-affirmation de genre) via un guide de consultation.

Points principaux du document de Statistique Canada critiqués :  
  • Affirmation que les enfants dès 18-24 mois peuvent reconnaître les normes de genre et exprimer des comportements genrés, et que les enfants trans ou non-binaires peuvent identifier leur genre de manière cohérente dès 2-3 ans.  
  • L'identité de genre n'est pas statique et peut évoluer tout au long de la vie (sans mention d'études contraires).  
  • Craintes que les données sensibles soient utilisées de manière « marginalisante » par des groupes niant l'existence des personnes trans, et insinuation que le discours public canadien reflète souvent de l'ignorance ou de l'intolérance.  
  • Ne faudrait-il pas imposer des seuils d'âge (ex. : à partir de 10 ans) pour publier les données, ou les restreindre ?
Pour Michael Higgins, Statistique Canada semble captée par l'idéologie du genre, acceptant sans critique des affirmations controversées sur l'identité de genre chez les très jeunes enfants.  

Le ton du document est condescendant, sous-entendant que les Canadiens sont intolérants (exemples : débats sur les pronoms, soins d'affirmation de genre, sports).  

Dans ce document, Statistique Canada donne des exemples où le « discours public » agaçant ne reflétait pas le point de vue des personnes transgenres.

« Par exemple, des discussions sont en cours et des modifications législatives ont récemment été apportées dans certaines provinces concernant l'utilisation des noms et des pronoms dans les écoles, l'accès aux soins de santé affirmant le genre pour les enfants et les jeunes transgenres et non binaires, et la participation des athlètes transgenres et non binaires aux sports », indique le document.

Il s'agit vraisemblablement d'une référence à l'Alberta, où le gouvernement provincial a adopté cette semaine un projet de loi qui obligerait les parents à donner leur consentement pour que les écoles utilisent des noms ou des pronoms différents pour leurs enfants, qui interdirait aux filles transgenres de pratiquer des sports féminins et qui interdirait aux médecins de prescrire des bloqueurs de puberté ou des traitements hormonaux aux jeunes de moins de 16 ans.

Il s'agit là de mesures tout à fait sensées qui défendent les droits des parents, protègent les jeunes vulnérables et permettent aux filles d'accéder à leurs propres sports.

Le gouvernement de l'Alberta est en phase avec la plupart des Canadiens. Un sondage Léger réalisé en 2024 a montré que 42 % des Canadiens s'opposent aux bloqueurs de puberté et aux traitements hormonaux pour les jeunes de moins de 17 ans, tandis que 26 % les soutiendraient avec le consentement des parents. Dans le même sondage, 68 % des Canadiens se sont déclarés opposés à ce que les athlètes nés de sexe masculin puissent participer à des compétitions sportives féminines.

Le document de consultation de Statistique Canada fait référence à diverses études, dont l'une a été co-rédigée par Greta Bauer, professeure au département d'épidémiologie et de biostatistique de l'Université Western, à London, en Ontario.

C'est Mme Bauer qui a témoigné lors de l'audience contre Amy Hamm, l'infirmière (et chroniqueuse au Post) qui a fait l'objet de poursuites disciplinaires par le British Columbia College of Nurses and Midwives pour avoir osé affirmer que le sexe est binaire. Ce n'est pas ce que croit Mme Bauer.

Une copie du jugement indique que Mme Bauer « n'est pas d'accord avec les affirmations selon lesquelles il n'y a que deux sexes, que les êtres humains ne peuvent pas changer de sexe et que les chromosomes sexuels sont immuables ».

Il ajoute : « Le Dr Bauer a expliqué que le terme « femme » dans le langage courant est généralement compris comme une catégorie d'identité sociale plutôt que comme une réalité biologique. » Statistique Canada est donc influencé par des experts qui ne croient pas à la réalité biologique des femmes.

Consultation exclusive d'une minorité d'experts (comme Greta Bauer, qui nie la binarité biologique du sexe) exclut la majorité des Canadiens, contredisant le mandat de l'agence.  

Statistique Canada devrait publier ces données mais en impliquant davantage le public, plutôt que de procéder dans une opacité influencée par des idéologues, ce qui constitue un manque de confiance envers les Canadiens.


lundi 1 décembre 2025

Sondage gouvernemental — Prédominance du russe chez les écoliers de Kiev

Le sondage d’État de 2025 montre une prédominance du russe chez les écoliers de Kiev (66 % en classe, 82 % en pauses), avec 24 % des enseignants l’utilisant en leçons et 40 % pendant les pauses. Ceci s’oppose à une hausse nationale de l’ukrainien exclusif chez les élèves (de 49 % à 60 % en classe). Il est à noter que les enseignants qui utilisent le russe violent les lois linguistiques ukrainiennes.  

À l’échelle nationale, l’usage de l’ukrainien par les enseignants atteint 86 % en classe et 79 % en pauses, marquant une progression organique depuis 2022, malgré un léger recul global de 55 % à 49 % chez les enfants dus à des habitudes familiales.

Kiev apparaît comme une anomalie démographique due à l’afflux de réfugiés russophones de l’Est, incitant le gouvernement à proposer des blocages de contenus russes en ligne et des limites d’accès web pour mineurs, vu comme un enjeu de sécurité nationale.


Il faut cependant insister sur les pressions sociales exacerbées depuis quelques années et les obligations d’utiliser l’ukrainien imposées aux enseignants. Les enseignants, souvent contraints d’adopter l’ukrainien malgré des réalités domestiques dominées par le russe, dans un climat où les réponses aux sondages pourraient être biaisées par des pressions sociales à « bien répondre » à un organisme national ukrainien.

Le léger recul national de l’usage de l’ukrainien parmi les enfants (de 55 % en 2023 à 49 % en 2024) suggère que les habitudes familiales, souvent ancrées dans le russe, résistent aux politiques musclées d’ukrainisation imposée par l’État. À Kiev, l’afflux de réfugiés russophones de l’Est et du Sud, ainsi que le retour de citoyens ayant vécu à l’étranger pourrait expliquer cette évolution. Voir Pologne — Des classes pour élèves ukrainiens en russe et Moldavie — 88 % des réfugiés ukrainiens choisissent le russe comme langue d’enseignement, 6 % l’ukrainien.

Du point de vue linguistique, cette situation illustre une diglossie forcée. L’ukrainien est imposé comme langue officielle et éducative, tandis que le russe persiste dans les sphères informelles, créant un décalage entre les pratiques réelles et les statistiques officielles. La progression de l’ukrainien (jusqu’à 60 % en classe) pourrait ainsi masquer une adhésion superficielle.

Depuis l’invasion russe de 2022, les restrictions linguistiques se sont durcies. Le 19 juin 2022, le Parlement a interdit la publication de livres et la diffusion de musique en russe par des citoyens russes, sauf s’ils renoncent à leur nationalité russe. Les chaînes de télévision pro-russes ont été fermées, et des quotas de 75 % d’ukrainien ont été imposés aux médias audiovisuels depuis 2017. Ces mesures ont été critiquées par Human Rights Watch et la Commission de Venise pour leur impact sur les minorités (russes, hongroises, roumaines, etc.)

jeudi 27 novembre 2025

Menaces contre l'IFOP et son commanditaire pour l'étude sur les musulmans de France

« Avec cette étude sur les musulmans de France, nous sommes attaqués, car nous avons touché à un sujet tabou dans l’intelligentsia de gauche », analyse François Kraus de l’IFOP Opinion dans « Le Club Le Figaro Idées ».


Une étude de l’IFOP publiée le 18 novembre 2025, examinant les pratiques religieuses et les attitudes des musulmans en France, a révélé une augmentation significative des pratiques religieuses, avec 62 % des musulmans déclarant prier quotidiennement, contre 41 % en 1989, et 31 % des femmes musulmanes portant le voile. 

Ces résultats, interprétés comme indiquant un rigorisme croissant, notamment chez les jeunes, ont suscité des réactions virulentes de la part de l’extrême gauche. Pour François Kraus, directeur du pôle politique et actualités de l’IFOP, l’étude touche à un sujet tabou dans certains milieux intellectuels, notamment à l’extrême gauche, contrairement aux sondages sur d’autres religions qui passent inaperçus. 



Kraus a mentionné des menaces directes contre lui-même, le commanditaire de l’étude et même le directeur de l’IFOP, Frédéric Dabi. Ces menaces, incluant des plaintes déposées contre X, illustrent un climat d’intimidation qui entoure l’étude. La controverse s’est intensifiée avec des actions concrètes de la part de députés du parti extrémiste La France Insoumise (LFI), qui ont déposé des plaintes contre l’étude, la qualifiant de biaisée et potentiellement islamophobe. 

Des associations musulmanes, comme le conseil départemental du culte musulman de plusieurs régions, ont également contesté la méthodologie, arguant que l’enquête pourrait contribuer à produire de la peur. 

Les menaces contre les acteurs de l’étude soulignent un climat d’intimidation qui risque d’entraver les discussions nécessaires sur la place de l’islam en France, tout en révélant les fractures profondes de la société française autour de la laïcité, de l’intégration et de la sécurité.

Émission en entier :



On notera que François Kraus, qui semble un progressiste de bon ton, explique que le 7 % de musulmans en France exclut toutes les personnes âgées de moins de 15 ans.  Il se félicite de ce bas chiffre qui infirmerait la théorie du grand remplacement. Or, le nombre d’enfants nés de parents musulmans est proportionnellement plus important que ceux nés de parents d’autres religions et ce remplacement se fait en grande partie par les jeunes… Un tiers des naissances en France seraient extraeuropéennes. L’INSEE affirmait pour 2019-2020 : « Si le catholicisme reste la première religion (29 % de la population se déclare catholique), l’islam est déclaré par un nombre croissant de fidèles (10 %) et confirme sa place de deuxième religion de France. »

Voir aussi

France — 59 % des jeunes musulmans souhaitent l’application de la charia, selon un sondage 

>Enquête Kantar (2023) : Parmi les 18-30 ans en France, 12 % se déclarent musulmans

, contre 22 % chrétiens (dont 18 % catholiques) et une majorité sans religion.

dimanche 23 novembre 2025

Sondage — Le climat n'est plus une priorité pour les Canadiens (ni les Québécois)

Le dernier sondage national d’Abacus a révélé que seuls 13 % des Canadiens citent « le changement climatique et l’environnement » parmi leurs trois principales préoccupations. Au Québec, ce chiffre atteint 18 %, mais en Saskatchewan et au Manitoba, il tombe à 6 %. Chez les conservateurs, il n’est que de 4 %. Même les partisans libéraux n’atteignent que 18 %. 


Le climat n’a pas totalement disparu du palmarès des préoccupations des sondés, mais il a été relégué loin des premières places.

En tête des préoccupations des Canadiens, figurent la hausse du coût de la vie (66 %), l’économie (39 %) et les soins de santé (35 %), le logement abordable (33 %) et l’immigration (25 %). L’opinion publique est fortement concentrée sur les pressions quotidiennes. 

On a observé la même tendance lors du sondage final d’Abacus pour les élections fédérales de 2025. Lorsqu’on a demandé aux électeurs potentiels quels étaient les deux facteurs les plus importants dans leur décision de vote, 45 % ont choisi « la réduction du coût de la vie », suivis par 30 % pour la gestion de Donald Trump et l’impact de ses décisions. Le changement climatique n’a été mentionné que par 5 % des personnes interrogées, se classant ainsi parmi les derniers de la liste.

Voir aussi
 
 
 
 
 
 
 

mardi 18 novembre 2025

France — 59 % des jeunes musulmans souhaitent l'application de la charia, selon un sondage

Contexte : en France, 30 % des musulmans auraient entre 15 et 24 ans alors que 3 % auraient plus de 65 ans (IFOP). Enquête Kantar (2023) : Parmi les 18-30 ans en France, 12 % se déclarent musulmans, contre 22 % chrétiens (dont 18 % catholiques) et une majorité sans religion.

 Les jeunes musulmans de plus en plus rigoristes en France.

Selon un sondage IFOP, 57 % des musulmans âgés de 15 à 24 ans pensent que les lois françaises passent après les règles de l’islam. Et 42 % éprouvent de la sympathie pour une mouvance islamiste. 

Non-mixité, port du voile, fréquentation assidue de la mosquée, respect strict du ramadan, préférence marquée pour la charia plutôt que pour les lois de la République… Un sondage de l’IFOP pour la revue Écran de veille tend à démontrer que la pratique d’un islam rigoriste et la bienveillance pour certaines de ses mouvances radicales gagnent du terrain auprès de la jeune génération musulmane. Ainsi, 42 % des moins de 25 ans éprouvent de la sympathie pour l’islamisme, alors que 33 % de l’ensemble des musulmans voient les radicaux d’un bon œil. « Cette enquête dessine très nettement le portrait d’une population musulmane traversée par un processus de réislamisation, structurée autour de normes rigoristes et tentée de plus en plus par un projet politique islamiste », analyse François Kraus, directeur du pôle politique et actualité de l’IFOP.

« De plus en plus radicalisés, les jeunes musulmans constituent un vivier électoral pour La France insoumise autour de normes religieuses rigoristes et tentés de plus en plus par un projet politique islamiste », selon François Kraus.

L’art du sondage en matière religieuse est délicat. Les croyants ne livrent pas forcément aux sondeurs ce qu’ils ont de plus intime. Mais les résultats sont parfois sans appel. Ainsi du sondage de l’IFOP pour la revue Écran de veille, publié ce mardi 18 novembre, qui tend à démontrer que la pratique stricte de l’islam et la sympathie pour sa forme radicale ont gagné près de la moitié de la jeune génération musulmane depuis 1989.

François Kraus, directeur du pôle politique et actualité de cet institut de sondage, insiste sur le comportement notable « des plus jeunes musulmans », pour qui cette « forte réaffirmation identitaire » s’exprime en trois points : « L’intensification des pratiques cultuelles, la rigidification des rapports de genre, l’adhésion croissante aux thèses islamistes. »

Quelques chiffres significatifs appuient son propos : en 36 ans, la fréquentation de la mosquée par les moins de 25 ans est passée de 7 % à 40 %. Dans cette classe d’âge, le respect strict du ramadan a bondi, grimpant de 51 % à 83 %. Quant au port du voile, il a progressé de 16 % à 45 % chez les filles de cette génération, soit trois fois plus qu’en 2003, une année de fortes polémiques sur le sujet.

Les Frères musulmans recueillent le plus de soutien

mercredi 15 octobre 2025

Le projet de constitution québécoise inquiète les pro-avortements (et les pro-vie)

Des groupes féministes et pro-avortements demandent de retirer la protection de l’accès à l’avortement du projet de constitution québécoise. Québec risque d’ouvrir une brèche favorable au mouvement pro-vie, craint-on.

Le ministre Simon Jolin-Barrette croyait bien faire, pourtant il est déjà confronté à une levée de boucliers. Le document présenté jeudi prévoit que « l’état protège la liberté des femmes d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse ».

Mais la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) est inquiète.

Puisque la constitution québécoise pourra être modifiée par une simple majorité du parlement, rien n’empêchera un futur gouvernement de l’amender pour inclure des restrictions, souligne-t-elle.

Les mouvements pro-vie « attendent un tel projet depuis 1988 », affirme la FQPN. On peut penser, par exemple, à l’interdiction des avortements tardifs.


Rappelons qu'un sondage DART & Maru/Blue publié en 2020 par le National Post révèlait que, malgré un fort appui au droit à l’avortement au Canada, les opinions se durcissent concernant les avortements tardifs. Si 71 % des Canadiens soutiennent l’accès à l’avortement « quand une femme le décide », quand les sondeurs poussent plus loin leurs questions, on apprend que 70 % estiment que celui-ci devrait être généralement illégal au troisième trimestre (à partir de 28 semaines), sauf pour des raisons médicales graves. De plus, 57 % souhaitent des restrictions dès le deuxième trimestre (14-28 semaines), et une vaste majorité rejette les avortements pour sélection du sexe du fœtus. Cette dualité reflète une complexité dans l’opinion publique : un engagement théorique fort pour le droit des femmes à choisir (en l'absence de débat social et du silence des médias sur des cas d'avortement tardif), mais une réticence croissante à banaliser les interventions tardives sans justification médicale. 

Nouvelle approche

La même mise en garde avait été faite quand le gouvernement caquiste a voulu faire adopter une loi pour protéger le droit à l’avortement. Québec avait finalement reculé en 2023. Jeudi, le ministre de la Justice assurait que sa nouvelle démarche permettait d’éviter cet écueil.

« Le libellé que nous avons choisi a été mûrement réfléchi pour, justement, prendre en considération ces craintes-là […] », expliquait Simon Jolin-Barrette. 

Ainsi, plutôt que de garantir directement le droit à l’avortement, Québec a choisi de protéger « la liberté des femmes » d’y avoir recours.

« Ce que la CAQ fait est dangereux et constituerait un grave recul », affirme la porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal. Le ministre Jolin-Barrette, lui, se dit « très sensible » aux préoccupations de la FQPN, qu’il a rencontrée, précise-t-il.

Le mouvement pro-vie indigné
 
Campagne Québec-Vie dénonce avec la plus grande vigueur l’inscription d’un droit à l'avortement, qui « consacre l’élimination délibérée d’un être humain à naître comme élément constitutif de l’identité québécoise.»

« Nous sommes indignés — mais non surpris. Depuis trop longtemps, le Québec officialise l’oubli de ses racines spirituelles, de sa tradition de défense de la vie, et du sens même de la solidarité humaine. »

Campagne Québec-Vie, demandons à l’Assemblée nationale de :
  •     Retirer les articles constitutionnalisant l’avortement et l’euthanasie ;
  •     Reconnaître les fondements chrétiens de l’identité québécoise ;
  •     Lancer un véritable dialogue avec les communautés de foi, les familles et les défenseurs de la vie.


Sources : Journal de Québec, National Post, QCV

mercredi 8 octobre 2025

Plus on explique le coût induit par les éoliennes, plus le soutien à l’éolien chute

«Les Français ont globalement une image positive de l’éolien. Mais dès que l’on explique le coût que cela induit sur la facture énergétique[, la manière dont elle sont fabriquée, l'intermittence de cette énergie,] ce soutien à l’éolien chute complètement», observe Paul Cébille dans «Terre des Hommes». Une baisse de 46 points au soutien des éoliens après une explication de ce type d'énergie.

Le sondage IFOP en question est intitulé "L’image de l’énergie éolienne auprès des Français", publié en novembre 2021. Il met en évidence une baisse du soutien à l'éolien lorsque les répondants sont informés des aspects critiques comme son intermittence, son inefficacité perçue pour lutter contre le réchauffement climatique, et les surcoûts associés (par exemple, seulement 25 % des Français sont prêts à payer plus cher pour des énergies intermittentes).  

Dans cette enquête, après présentation des conclusions du rapport GIEC (insistant sur le besoin de multiplier les capacités nucléaires par six pour la neutralité carbone) et du rapport parlementaire sur les énergies renouvelables (soulignant l'incapacité des énergies intermittentes comme l'éolien à combattre efficacement le climat), l'image de l'éolien se dégrade : 44 % des Français ont une mauvaise opinion (contre 34 % une bonne), avec une défiance accrue sur les impacts environnementaux (pollution visuelle/sonore à 72 %, dégradation des paysages à 68 %) et son manque d'efficacité (67 %).  

Cela illustre la versatilité de l'opinion publique sur le sujet : habituellement bienveillante (c'est la bonne opinion, dans l'air du temps), elle bascule vers l'opposition face à ces explications et arguments critiques.

Un sondage connexe, "Les connaissances des Français en matière d’énergie éolienne" (février 2021), montre aussi que plus les personnes sont informées (surtout les sceptiques), plus leur opposition grandit, avec un score de connaissances plus élevé chez les opposants.  

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mercredi 1 octobre 2025

60 % des Canadiens estiment que le pays n’a pas besoin de nouveaux immigrants


Un nouveau sondage indique que 60 % des Canadiens estiment que le pays n’a pas besoin de nouveaux immigrants, et même 48 % des immigrants partagent cet avis. 

Contrairement aux Américains, les Canadiens se montrent plus favorables à l’assimilation qu’au multiculturalisme.


mardi 16 septembre 2025

Enfin la fin de l'écologisme et le retour de l'écologie ?

Une enquête de l’institut Verian analysée par la Fondapol fait état d’une demande grandissante, dans l’opinion publique, d’une écologie enfin débarrassée de son carcan idéologique. Une mise au point bienvenue qu’il convient cependant d’approfondir.


L’étude publiée à la fin du mois d’août par l’institut Verian (ex-Kantar) et qui porte sur la perception qu’ont les Français de la religion des temps modernes : l’écologie ? Il faut l’espérer car les résultats qu’elle met en avant pourraient dessiller bien des yeux chez nos élites dirigeantes. « La principale leçon de cette étude, observe Dominique Reynié, directeur général de la Fondapol, qui en a assuré le commentaire, est de mettre en lumière un fait dont on sait l’existence mais qui reste pourtant négligé et peu traité : dans l’opinion publique française, une large adhésion à l’écologie cohabite avec un rejet massif de l’écologisme. » La nature, oui ; ceux qui s’en font les porte-parole, non.

Regardons le détail. L’étude devant être présentée à l’occasion des Rencontres des entrepreneurs de France (Ref), un accent particulier est mis sur le lien entre l’écologie et les entreprises. Lien passablement dégradé, les écologistes n’ayant que mépris pour l’entreprise, l’industrie, l’agriculture et pour tout ce qui, de manière générale, fonctionne et soutient une société. Bonne surprise, cette triste réalité est connue ! Ainsi, 66 % des personnes interrogées pensent qu’il y a “trop de normes environnementales pour les entreprises” et que ces normes, “révélatrices d’une bureaucratie trop importante” (75 %), “fragilisent la compétitivité de l’industrie française” (67 %).

Autre point intéressant, et très actuel : la fiscalité verte [penser taxe carbone]. Les “gilets jaunes” sont passés par là, et la fin du monde ne fait plus le poids face aux fins de mois. Cette fiscalité à but écologique est considérée par 62 % des sondés comme “un outil injuste qui pèse d’abord sur les classes moyennes, rurales ou défavorisées”. Revenus des grands discours catastrophistes, les Français sont également 62 % à voir dans l’écologie politique “un prétexte pour créer un nouvel impôt” et pas du tout “une nécessité face à l’urgence environnementale”, qui est pourtant l’un des arguments massues du discours écologiste sur l’air du “c’est pour le climat, c’est pour la planète”. Conclusion de l’étude : ça ne marche plus.

« J’avoue que je n’espérais pas un tel soutien populaire à nos entreprises, ni une telle défiance envers les excès écologistes », s’enthousiasme Benoît Rittaud, président de l’Association des climato-réalistes. Bertrand Alliot, porte-parole d’Action Écologie, abonde dans son sens : « Cette étude montre de manière éclatante qu’une grande majorité de Français estime que l’excès d’écologisme est un puissant facteur de désorganisation. » Plus important encore, selon lui, en estimant à 78 % que “l’écologie devrait davantage s’adapter aux réalités économiques et industrielles”, les Français « réfutent l’idée d’une “crise existentielle” pour l’humanité liée aux enjeux écologiques car, dans le cas contraire, ils diraient que c’est l’économie qui doit s’adapter aux réalités écologiques ».

Plus encourageant encore (quoique de manière moins nette), plus d’un Français sur deux (55 %) considère “la fiscalité verte” comme “une contrainte inefficace qui culpabilise sans offrir d’alternatives concrètes”. Les mots sont importants : “inefficace”, “culpabilise”. On touche ici à la nature même de l’écologisme : une construction essentiellement théorique, dogmatique, dont le but — changer la société — est sans rapport avec l’objet concerné (pesticides, bassines, plastique, etc.).

Résultat notable également: les sondés sont 84 % à estimer que “les mouvements écologistes tentent souvent d’imposer leurs convictions par la pression médiatique et judiciaire, sans passer par le débat démocratique”. Un chiffre qui n’est pas étonnant quand on sait que les écologistes ne se soucient du peuple que lorsqu’il pense comme eux ou pour prétendre le corriger. Le peuple en question n’étant pas dupe, cela explique aussi bien ce résultat écrasant que les scores misérables des candidatures écologistes à l’élection présidentielle (3,26 % des suffrages en moyenne depuis 1974), que l’étude rappelle. « On sait depuis longtemps qu’il y a une distorsion énorme entre la visibilité médiatique de l’écologisme et son poids réel dans l’opinion, mais ce rapport qui quantifie les choses est tout à fait bienvenu », poursuit Benoît Rittaud.

Parlant à ce propos d’une « illustration de la théorie de la tyrannie des minorités », Dominique Reynié pose la question essentielle : « Pourquoi, ou à quel titre, un courant électoralement insignifiant, et depuis si longtemps, parvient-il à bénéficier d’une considération politique et médiatique que l’on pensait réservée à de grands partis ou à de grands électorats? »

La réponse est peut-être dans la question (et aurait mérité de ce fait de figurer dans le sondage) : il s’agit du rôle crucial joué par les médias, où le traitement des questions environnementales relève quasiment exclusivement de l’écologisme et non de l’écologie. Une mainmise décisive qui explique d’ailleurs quelques résultats étonnants, présents dans l’étude; ainsi 57 % des sondés ont “une bonne image des associations ou mouvements écologistes”, 49 % considèrent que les associations environnementales constituent un “contre-pouvoir constructif” et 45 % les jugent plus “responsables” que “radicales”. « Ils sont très majoritairement assez sévères et lucides, en les considérant comme des organisations idéologiques, déconnectées du terrain, mais, paradoxalement, ils en ont majoritairement une bonne image, alors que la mise en œuvre de l’écologie punitive sur le territoire français et européen leur doit beaucoup », commente Bertrand Alliot. Preuve que la propagande a bien travaillé, les Français semblent considérer l’écologisme non comme un système intrinsèquement pervers, une erreur anthropologique, mais comme la regrettable dérive d’une idée demeurée malgré tout positive. Or la vérité oblige à dire que l’écologisme a tout envahi, ne laissant rien d’intact dans ce qu’on appelle aujourd’hui, en France, l’écologie. Tout est à reprendre. Par chance, et c’est le grand mérite de cette étude que de le démontrer, pour la grande révolution intellectuelle dont elle a besoin, l’écologie pourra compter sur le soutien populaire. 

Source : Valeurs actuelles

samedi 30 août 2025

Allemagne — Dix ans après, le bilan amer de l’ouverture des frontières par Angela Merkel

Le 30 août 2015, Angela Merkel, euphorique, accueillait des centaines de milliers de réfugiés syriens. Depuis, l’enthousiasme a disparu et Friedrich Merz prend le contre-pied de sa politique.

Anas Modamani se souvient comme d’hier de ce selfie mythique en compagnie d’ Angela Merkel  qui l’a rendu célèbre. Après avoir prononcé le 30 août 2015 la fameuse phrase « Wir schaffen das » (« nous y arriverons »), la chancelière était venue visiter un centre d’accueil de réfugiés dans le quartier de Spandau. Le jeune Syrien fuyant la guerre civile ne savait pas qui était cette dame avenante à la coupe blonde. Et, dans son enthousiasme, il s’est photographié avec « Mutti ». « Je suis très reconnaissant envers l’Allemagne. Grâce à elle, j’ai fait des études, étudié la communication, je parle la langue, je me suis fait des amis allemands et arabes, j’ai un passeport et un magnifique appartement à Berlin. »


Ce cliché et la réussite de son auteur illustrent la face heureuse d’un des épisodes les plus marquants de l’histoire allemande. À partir de septembre 2015, sous la pression des réfugiés bloqués à la frontière hongroise, majoritairement syriens, qui souhaitent rallier l’Allemagne via l’Autriche, Angela Merkel décide, pour de strictes raisons humanitaires, de s’affranchir des règles communautaires de l’accueil et d’ouvrir les portes de son pays. Le seul week-end du 6 septembre, 18.000 migrants débarquent via Munich. Ils seront très vite 1,6 million. 

[...]

Selon une étude de l’Institut du marché du travail (IAB), [seuls] 70 % des réfugiés de 2015 avaient trouvé un emploi neuf ans après leur arrivée.

Mais l’image est trompeuse. Outre l’opposition de son ministre de l’Intérieur, rapidement bousculée par un afflux non anticipé, la chancelière a demandé à ses voisins l’instauration d’un mécanisme communautaire de répartition des migrants. « L’Europe ne peut pas accueillir plus de réfugiés », lui a répondu le premier ministre français,  Manuel Valls , soutenu par les pays d’Europe centrale. Traditionnel pays d’immigration ayant déjà intégré une forte diaspora turque, et balkanique dans une moindre mesure, l’Allemagne s’est retrouvée seule en première ligne dans la crise des réfugiés syriens.

Ainsi 29 % des Afghans sont-ils au chômage, cela ne veut cependant pas dire que 71 % des Afghans travaillent car la définition du chômage est précise et peu inclusive. En réalité, graphique ci-dessous,  seuls environ 42% des Afghans sont en emploi.

 


 Merkel toujours fière de son bilan

Dix ans plus tard, l’image du pays en est profondément changée. Sur la plage de Timmendorfer, près de Lübeck, un soir d’été 2025, sur l’embouchure de la Baltique, deux mondes se font face. À l’arrière de la plage, les Allemands de souche sirotent leur bière. Sur les pelouses adjacentes, les familles d’origine orientale ont déroulé leurs tapis. Seules ces dernières occupent le ponton et le coin de baignade, les femmes s’ébattent dans l’eau, vêtues de burkinis, des pieds à la tête. « Il est très difficile de se lier d’amitié avec des Allemands »,regrette Anas Modamani.

Dix ans après, Angela se dit fière de son bilan, insensible aux nouvelles humeurs nationales qui lui reprochent d’avoir « divisé le pays ». « Je ne crois pas avoir surmené l’Allemagne », a dit la chancelière à la chaîne ARD. Dans la foulée de son initiative, le parti d’extrême droite  AfD , autrefois marginal, a vécu une renaissance jusqu’à devenir la principale force d’opposition du pays. Aussi positifs soient-ils, les chiffres de l’IAB montrent que seules 35 % des femmes immigrées ont trouvé un emploi. 

Prisonniers du carcan allemand de reconnaissance des diplômes, la grande majorité des réfugiés ont hérité d’un poste sous-qualifié. Ne maîtrisant pas la langue, les enfants de cette génération se sont difficilement intégrés dans le système scolaire. « À l’époque, on pensait qu’on allait pouvoir faire d’une pierre deux coups : résoudre le problème du vieillissement de la population allemande grâce à l’accueil humanitaire. Mais l’euphorie est vite retombée », observe Jonas Wiedner, chercheur au Centre d’études sociales de Berlin (WZB). 

Lecture : le taux de mise en cause des Algériens (rouge) est plus de douze fois supérieur à celui des Allemands. 
 

Manque de soutien public

Épuisées, ralenties par les vents contraires, les ONG allemandes, qui ont joué un rôle déterminant dans l’accueil des réfugiés de 2015, se plaignent d’un manque de soutien public. « Nous devons constamment faire campagne pour récolter des dons et y passons une grande partie de notre temps » regrette Diana Henniges, directrice de l’Association berlinoise Moabit Hilft, 

La vague ukrainienne de 2022 – environ 1 million de personnes – a davantage saturé les structures d’accueil. Puis la vague d’attaques commises par des migrants dans les douze derniers mois, en particulier à  Solingen il y a un an, où un jeune syrien a tué trois personnes, a scellé la fin d’une époque. Après que le gouvernement du social-démocrate Olaf Scholz a durci les conditions du droit d’asile, c’est le successeur conservateur d’Angela Merkel qui a pris le contre-pied de sa politique migratoire libérale. 

À l’évidence, nous n’y sommes pas arrivés

« À l’évidence, nous n’y sommes pas arrivés », a lâché Friedrich Merz cet été, reprenant en négatif la formule de « Mutti » (« Wir haben nicht geschafft »). Berlin est devenue en Europe la capitale du club des durs en matière d’immigration, comme l’a montré l’organisation, cet été, d’un sommet organisé par l’actuel ministre de l’Intérieur, Alexander Dobrindt. Ce dernier milite pour le refoulement des illégaux, y compris vers des pays jugés peu sûrs.  

 
[...]

Dix ans ont passé et le vent a tourné. L’aide aux réfugiés n’est plus dans l’air du temps d’une Allemagne pressée de tourner la page. Selon un sondage paru cette semaine, publié par l’institut économique DIW, 65 % des réfugiés se sentent les bienvenus en Allemagne. En 2016, ils étaient 83 %. Dans un mouvement symétrique, leur crainte de subir des agressions à cause de leur origine a bondi, de 32 % à 54 %.

Réussite à la Pyrrhus

L'hebdomadaire anglais The Economist parle de victoire à la Pyrrhus pour l'Allemagne. Oui, bien sûr, l'Allemagne pouvait se débrouiller en 2015, comme n'importe quel pays riche de plus de 80 millions d'habitants qui aurait accueilli une vague importante de migrants. Mais la plupart des Allemands contraints de se débrouiller n'étaient pas les gauchistes aisés qui accueillaient les Syriens dans les gares avec des ours en peluche et des fleurs. Ce sont plutôt ceux qui vivent loin des quartiers chics de Berlin et de Munich, dont les camarades de classe de leurs enfants ne parlaient pas allemand, qui ont dû supporter les coûts. Ils s'attendaient à ce que l'État veille sur eux, mais ils se sont sentis traités avec condescendance par leur propre chancelière. Aujourd'hui, sept Allemands sur dix estiment que l'État est dépassé par l'immigration.

  
Sources : Le Figaro, The Economist
 
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lundi 25 août 2025

Principaux enjeux pour les Canadiens (sondage mi-août 2025)

Selon un sondage Abacus, la hausse du coût de la vie continue de dominer le débat politique, 60 % des Canadiens la citant parmi leurs trois principales préoccupations. L'économie dans son ensemble arrive en deuxième position avec 36 %, suivie du logement avec 35 %. Les soins de santé occupent la quatrième place avec 33 %.

L'influence de Donald Trump en tant que sujet politique semble diminuer. Cité par 38 % des personnes interrogées dans cette vague, contre 44 % au début de l'été, Trump se classe désormais derrière le coût de la vie et à égalité avec l'économie en termes d'importance. Bien qu'il reste significatif, son influence diminue légèrement, ce qui reflète probablement à la fois la lassitude des Canadiens et un léger refroidissement de la couverture médiatique américaine.

L'immigration reste en milieu de classement, citée par 25 % des personnes interrogées (l'immigration a des répercussions sur bon nombre des autres sujets cités, tels que le logement).

« Le climat » et les sujets qui tiennent le plus à cœur aux progressistes libéraux comme les inégalités et le dossier autochtone semblent relégués au bas du tableau.

Lorsque l'on demande aux Canadiens quel parti est le mieux placé pour traiter les questions qui leur tiennent le plus à cœur, une tendance claire se dégage :

Coût de la vie : les conservateurs devancent les libéraux (39 % contre 27 %)

Économie : les conservateurs devancent les libéraux (45 % contre 34 %)

Immigration : les conservateurs dominent avec 56 % contre 15 % pour les libéraux.

Sur ces questions fondamentales liées à l'accessibilité financière et à l'économie, les conservateurs renforcent et maintiennent leur avance.

Cependant, les libéraux continuent de dominer sur d'autres fronts :

Changement climatique : les libéraux devancent les conservateurs (37 % contre 9 %).

Donald Trump et son administration : les libéraux restent le parti préféré (56 % contre 21 %), mais moins de personnes citent désormais cette question comme une priorité.

Méthodologie

Le sondage a été mené auprès de 1 915 Canadiens entre le 15 et le 19 août 2025. Un échantillon aléatoire de panélistes a été invité à répondre au sondage à partir d'un ensemble de panels partenaires basés sur la plateforme d'échange Lucid. Ces partenaires sont généralement des panels de sondage à double opt-in, combinés afin de gérer les biais potentiels dans les données provenant d'une seule source.

La marge d'erreur pour un échantillon aléatoire comparable basé sur la probabilité et de même taille est de +/- 2,2 %, 19 fois sur 20.

Les données ont été pondérées en fonction des données du recensement afin de garantir que l'échantillon corresponde à la population canadienne en termes d'âge, de sexe et de région. Les totaux peuvent ne pas atteindre 100 en raison des arrondis.

Le sondage a été financé par Abacus Data.

dimanche 27 juillet 2025

Et soudain, l'hystérie autour du changement climatique a disparu

Seuls 4 % des Canadiens considèrent le changement climatique comme notre principal problème. Mais beaucoup d'entre eux sont des militants purs et durs prêts à bloquer des projets.

Joe Oliver, ancien ministre des Ressources naturelles et des Finances du gouvernement Harper, a été incité par l'actualité à écrire l'article ci-dessous dans le National Post. 

Au cours des derniers mois, l'inquiétude du public concernant le changement climatique a consi­dé­ra­blement diminué, remplacée par un nouvel enthousiasme pour l'exploitation des vastes réserves de pétrole et de gaz du Canada [et potentiellement du Québec, mais il refuse d'explorer...]. Le gouvernement fédéral subit désormais une pression politique croissante pour accélérer la construction de pipelines vers les côtes, qui apporteront croissance économique, emplois, sécurité énergétique et financement pour les programmes sociaux ou allégements fiscaux.

Qu'est-ce qui a provoqué ce revirement radical de l'opinion publique ? Et le gouvernement tiendra-t-il ses promesses ?

Le Premier ministre Mark Carney a longtemps défendu le catastrophisme climatique et l'engagement envers la neutralité carbone, tant dans ses différentes fonctions sur la scène internationale que dans son livre Value(s), publié en 2021. Cependant, après son entrée en politique, il s'est rallié aux énergies fossiles, et les médias traditionnels l'ont suivi dans un abandon vertigineux de leur obsession pour la menace existentielle que le réchauffement climatique ferait peser sur l'humanité. La question de savoir si la transformation de Carney relève de l'opportunisme politique conjoncturel ou d'une reconnaissance tardive de la réalité économique et scientifique est désormais déterminante pour les perspectives économiques du Canada.   

Au cours des quatre dernières décennies, le plaidoyer incessant des milieux scientifiques subventionnés, des médias et des faiseurs d'opinion a fait du réchauffement climatique, puis du changement climatique [et enfin du dérèglement] une opinion consensuelle. Tout écart par rapport à la doxa mettait en péril la réputation et la carrière des scientifiques et des universitaires, qui risquaient de perdre leur financement, voire leur emploi. Il n'est donc pas surprenant qu'en 2022, 73 % des Canadiens estimaient que nous étions confrontés à une urgence climatique. Mais aujourd'hui, selon un récent sondage Léger, seuls 4 % des Canadiens considèrent le changement climatique comme le problème numéro un auquel leur pays est confronté. [Andrew Enns, vice-président exécutif chez Léger, explique que les enjeux économiques dominent désormais les priorités citoyennes. Les relations commerciales et les tensions avec les États-Unis arrivent en tête (20 %), suivies de près par l’inflation (18 %), le logement (11 %), l’état général de l’économie (10 %), les soins de santé (9 %) et l’immigration (6 %).] 

Les droits de douane choquants imposés par le président Donald Trump et ses propos sur la création d'un 51e État ont détourné l'attention des Canadiens du changement climatique. Il en va de même pour les coûts exorbitants des politiques écologiques, la prise de conscience croissante que rien de ce que fait le Canada ne peut avoir un impact mesurable sur les températures mondiales, et le fait que les politiques écologiques n'ont pas été adoptées dans de nombreux pays ou sont devenues politiquement toxiques dans ceux où elles l'ont été. Malgré les billions (les milliers de milliards en français) de dollars dépensés à l'échelle mondiale pour réduire les émissions, les hydrocarbures représentent toujours plus de 80 % de l'énergie primaire mondiale. Selon McKinsey, atteindre la neutralité carbone à l'échelle mondiale d'ici 2050 coûterait aux pays occidentaux entre 275 et 550 billions (275 000 et 550 000 milliards) de dollars, un coût prohibitif. Cela rend cet objectif politiquement intenable.

Andy Kessler, chroniqueur au Wall Street Journal, a récemment fait valoir que les politiques écologiques sont en grande partie responsables de la chute du PIB européen, qui est passé d'un niveau équivalent à celui des États-Unis en 2008 à seulement deux tiers de celui-ci aujourd'hui. La flambée des prix de l'énergie a entraîné une désindustrialisation, aggravant les effets des impôts élevés et des dépenses sociales, des réglementations intrusives et d'une main-d'œuvre protégée. Le Canada a également connu une décennie perdue pour des raisons similaires : une croissance de seulement 0,5 % du PIB réel par habitant, contre 20,7 % aux États-Unis. [Un autre élément fut l'immigration massive de gens moins bien payés ou moins productifs que la moyenne, ce qui mécaniquement fait baisser le PIB par habitant.]

Enfin, peut-être le public est-il enfin devenu sceptique face aux prophéties sans fin annonçant des catastrophes imminentes : les ours polaires « en voie de disparition » ont presque triplé au cours des 50 dernières années ; des centaines d'îles du Pacifique ont vu leur superficie augmenter ; les décès dus à des conditions météorologiques extrêmes ont diminué de 99 % au cours des 100 dernières années ; neuf fois plus de personnes meurent du froid que de la chaleur ; etc. Le petit âge glaciaire a pris fin à la fin du XIXe siècle avec une hausse progressive des températures — sinon, nous serions toujours dans une période glaciaire. Pourtant, il y a seulement 14 mois, Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, déclarait encore que nous n'avions que deux ans pour sauver la planète.

Les futurs psychologues, économistes et historiens examineront le phénomène de l'hystérie climatique collective du début du XXIe siècle, ce qui l'a provoqué, ce qui y a mis fin (si tant est qu'il ait pris fin) et les dégâts qu'il a causés. Une chose est presque certaine : personne n'admettra sa culpabilité pour les énormes dommages infligés au Canada et à d'autres économies. Bien que le public soit passé à autre chose, un groupe de militants climatiques purs et durs est prêt à exploiter tous les obstacles juridiques et réglementaires au développement des ressources au Canada. Le gouvernement fédéral devra utiliser tous ses pouvoirs législatifs et exécutifs pour mener à bien les nouveaux projets énergétiques qu'il dit favoriser. Ce n'est qu'alors que les Canadiens sauront si Mark Carney a vraiment changé ses convictions profondes.
 
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Les journalistes du Washinton Post ont récemment cité une nouvelle étude sur les températures à la surface de la Terre au cours des 485 millions d’années écoulées. En 2023, la température moyenne de la Terre atteindra 14,98 °C, bien en deçà de la moyenne de 36 °C relevée par l’étude il y a environ 100 millions d’années. La tendance montre que les températures de la Terre baissent depuis 50 millions d’années... 
 

mercredi 14 mai 2025

L'Église anglicane se meurt, les jeunes hommes britanniques se tournent vers le catholicisme

Poussez la lourde porte et entrez. Le bruit qu'elle fera en claquant derrière vous semblera fort, presque grossier, dans ce vieux et froid silence. L'église St Torney, en Cornouailles, est en effet très ancienne. Les Normands l'ont construite. Les Tudors l'ont agrandie. Les Victoriens l'ont modifiée. Daphne du Maurier l'a immortalisée dans « L'Auberge de la Jamaïque ». Elle a survécu à la Réforme et à la guerre civile.

Elle n'a pas résisté à l'apathie. Au XXe siècle, les gens ont cessé de venir. Au début de la Covid-19, il n'y avait plus que quatre fidèles. Elle a fermé ses portes au début de la pandémie et n'a jamais rouvert. Son orgue a été démonté, ses livres de cantiques ont été retirés, la Bible a été enlevée de son lutrin et un silence plus pesant s'est abattu sur l'église. Une histoire de 800 ans s'achève.

L'Église d'Angleterre est en difficulté. Ce moment ecclésiastique est étrange. Le pape est mort, l'archevêque de  Cantorbéry est parti. Depuis 1691, ces deux sièges n'ont jamais été vacants. Mais ces sièges seront remplis. Les bancs de l'Église anglicane présentent un vide bien plus angoissant. La fréquentation des églises par les adultes en Angleterre a chuté de plus d'un tiers en 15 ans ; à peine plus de 1 % d'entre eux se rendent au culte chaque semaine, selon les propres chiffres de l'Église d'Angleterre. L'augmentation de la fréquentation des églises par les jeunes est principalement un phénomène catholique (voir ci-dessous). L'Église anglicane, elle, ferme une vingtaine d'églises chaque année en Angleterre.

Les critiques ressentent également un vide spirituel : dans son incapacité à résoudre les querelles internationales concernant sa position sur le mariage homosexuel et dans sa dissimulation d'épouvantables sévices infligés à des enfants. Le 6 janvier, l'ancien archevêque Justin Welby, dont beaucoup estiment qu'il a failli dans sa gestion de ce scandale, a déposé sa crosse sur l'autel du palais de Lambeth. Le processus de sélection d'un remplaçant a commencé.

Que l'on croie ou non en Dieu, cela a de l'importance pour la bureaucratie et pour la Grande-Bretagne. Les Britanniques sont peut-être un peuple sans Dieu - lors du recensement de 2021, moins de la moitié d'entre eux se sont déclarés chrétiens, alors qu'ils étaient près de 60 % en 2011 - mais la Grande-Bretagne elle-même ne l'est pas. L'Église anglicane n'est pas simplement une église, mais une église officielle.

L'Angleterre fait partie des quelque 20 % de pays (de Tuvalu au Danemark) qui ont une religion d'État. Elle est institutionnellement ecclésiastique. L'Église anglicane dispose d'une puissance indirecte (les évêques dirigent les célébrations du jour du Souvenir) et d'une puissance réelle (26 évêques en robe noire et blanche siègent à la Chambre des Lords, où ils peuvent contribuer à l'élaboration des lois). Elle a un pouvoir éducatif (par l'intermédiaire de 4 600 écoles de l'Église anglicane) et un pouvoir cérémoniel sacré (le roi d'Angleterre est couronné par l'archevêque le plus ancien d'Angleterre). Et elle a de l'argent : l'Église anglicane dispose d'une dotation de 10,4 milliards de livres sterling (19,3 milliards de dollars, 12,3 milliards d'euros).

Aujourd'hui, elle est en train de choisir un nouveau dirigeant. Le processus est aussi excentrique qu'on peut l'attendre d'une institution vieille d'un demi-millénaire et qui a eu , en son temps, non seulement des évêques, mais aussi des rois, des reines et des châteaux. L'élection et l'intronisation d'un archevêque durent des mois et impliquent un roi (Charles), un « Aumônier personnel du roi » et des lois qui datent de 1533.

Celles-ci font peu de cas de l'orthographe moderne (elles font référence à l'« Archebishope » et à la « Kynges Majestie ») ou de la morale moderne (une loi stipule que si le premier ministre est juif ou catholique, il ne peut y participer, car cela constituerait un « haut délit »). Ce processus n'impliquera donc pas beaucoup de diversité, équité et inclusion (DEI). Le singulier trône de l'archevêque de Cantorbéry en est un de pierre remontant au XIIIe siècle.

La tâche de la nouvelle recrue sera ardue. L'Angleterre n'est pas toujours tendre avec ses archevêques, comme Thomas Cranmer l'a découvert lorsqu'il a été brûlé sur le bûcher. Même si le nouveau ne sera pas confronté à cette situation, la pile des dossiers en souffrance qui l'attend est bien haute. Il (probablement, mais contrairement au prochain pape, il pourrait s'agir d'une femme) devra faire face à ceux qui s'interrogent sur le pouvoir politique de l'Église anglicane : pour Andrew Copson, directeur de Humanists UK, il est « ridicule » qu'une église dans laquelle si peu de gens pratiquent régulièrement leur culte ait son mot à dire quant aux lois du pays.

L'#Église #anglicane, institution sociale et non religieuse#comédie #satire #moderniste #religion #athée pic.twitter.com/xYh6n4p8BY

Le primat de l'Église anglicane devra faire face à l'affaiblissement du lien entre l'Église et la couronne. L'héritier de l'Angleterre, le prince William, ne va pas à l'église tous les dimanches et, selon un initié du palais, il ne se sent « pas instinctivement à l'aise » dans un « environnement religieux » - des termes délicats pour quelqu'un qui portera le titre de « défenseur de la foi ».

Gérer le présent de l'Église tout en préservant son passé est un élément essentiel du travail du nouvel archevêque. Le christianisme a changé la physionomie de l'Angleterre - une flèche ou une tour est la première chose que l'on voit lorsqu'on approche d'un village anglais - et la langue anglaise elle-même. Malgré la disgrâce de l'Église anglicane, les mots de la Bible King James de 1611 ont infusé l'anglais, mettant dans les bouches des anglophones des mots tels que « fallen from grace » (Galates 5:4) et « words in [our] mouth » (Isaïe 51:16). Il est « très difficile de comprendre l'histoire de l'Angleterre », dit Tom Holland, historien, à moins de comprendre le christianisme, puisqu'il en est « imprégné ». Le système de datation avant et après Jésus-Christ a été popularisé par un ecclésiastique anglais du VIIe siècle, le Vénérable Bède. Le temps tourne autour de son axe ecclésiastique.

Les vestiges les plus évidents de l'Église catholique sont peut-être d'ordre architectural : ses églises. Quelque 16 000 d'entre elles sont encore ouvertes ; 3 500 ont été fermées au cours de la seule décennie écoulée. Selon l'historien Sir Simon Jenkins, il est « impossible d'exagérer » leur importance ; l'Angleterre est inimaginable sans ses clochers enchanteurs.

Si l'importance des églises est évidente, leur rôle moderne ne l'est pas. Dans les années 1950, le poète Philip Larkin est entré dans une église et s'est demandé « Quand les églises tomberont complètement en désuétude/ En quoi les transformerons-nous » ? Une réponse courte : l'immobilier. L'Église anglicane vend de vieilles églises à des prix étonnamment bas. L'une d'entre elles « bénéficie » de l'eau et de l'électricité, sans parler d'une « nef, de transept, d'absides, d'une salle d'orgue et d'une tour » ; une autre bénéficie d'un intérieur « spacieux ». Toutes deux sont proposées à un prix inférieur à 300 000 livres sterling (555 000 dollars canadiens).

Certaines, comme celle de St Torney, sont sauvées par des organisations caritatives telles que le Churches Conservation Trust. D'autres sont transformées en cafés, proposant des scones et un peu de spiritualité - une sorte de Fondation pour le patrimoine national numineuse. D'autres encore sont trop difficiles à convertir en quoi que ce soit, puisqu'elles « bénéficient » également de cimetières et de nombreux cadavres. Beaucoup tombent en ruine. Près de 1 000 d'entre elles figurent sur le registre « en péril » de l'Historic England.

Le nouvel archevêque aura donc fort à faire. L'Église anglicane a déjà été confrontée à des crises par le passé. À l'époque victorienne, la théorie de l'évolution et la nouvelle science de la géologie ont ébranlé les certitudes de la foi. Le critique John Ruskin entendait le « tintement » des burins de géologue dans « chaque verset de la Bible ». Le poète Matthew Arnold se tenait sur la plage de Douvres et entendait le « long grondement mélancolique qui se retire » de la mer de la foi.

Ce qui est différent aujourd'hui, c'est que cette retraite est si peu bruyante. La foi ne rugit pas ; elle s'étiole, sans que la plupart des gens s'en aperçoivent. L'Église anglicane devrait peut-être s'y attendre : il y a, comme le dit la King James, un temps pour tout : un temps pour parler et un temps pour garder le silence. À St Torney, il n'y a pas d'autre bruit que celui des oiseaux. Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir.

En novembre et décembre derniers, l'institut de sondage YouGov - mandaté par la Société biblique, une organisation à but non lucratif qui invite les gens à « voir la Bible d'un œil nouveau » - a interrogé quelque 13 000 adultes en Angleterre et au Pays de Galles sur leurs opinions et habitudes religieuses. Les résultats sont frappants : une augmentation de 56% depuis 2018 de ceux qui déclarent aller à l'église au moins une fois par mois. Les jeunes, en particulier les jeunes hommes, mènent la charge. En 2018, seuls 4 % des 18-24 ans déclaraient aller régulièrement à l'église ; en 2024, ils seront 16 % à le faire.
 
Mais les nouveaux pieux n'affluent pas vers l'Église d'Angleterre. Ils se rendent à la messe catholique. À tel point que, pour la première fois en cinq siècles, les fidèles catholiques d'Angleterre et du Pays de Galles pourraient bientôt être plus nombreux que les protestants. C'est déjà le cas chez les jeunes. Il y a six ans, un tiers des jeunes pratiquants se trouvaient sur les bancs anglicans. Aujourd'hui, ils ne sont plus qu'un cinquième, et 41 % d'entre eux assistent à la messe catholique (voir graphique ci-dessus).
 
La pandémie a peut-être été une aubaine pour l'Église catholique. Aidan Geboers, un banquier de 29 ans vivant à Lewisham, dans le sud de Londres, explique que l'enfermement l'a poussé à chercher une communauté. Il l'a trouvée dans l'église de Farm Street, un temple jésuite situé à Mayfair. Le culte des jeunes adultes de Farm Street attire régulièrement environ 180 personnes. « Il y a dix ans, les chiffres auraient pu être deux fois moindres », déclare le père Kensy Joseph, l'un des responsables de la pastorale des jeunes adultes.
 
Pour les jeunes de Grande-Bretagne (et d'ailleurs), le catholicisme semble attirer pour deux raisons opposées. D'une part, la pratique de la contemplation et le dévouement au rituel semblent être un puissant antidote au monde en ligne. Mais l'internet est aussi une voie majeure pour l'évangélisation. L'évêque Robert Barron, fondateur américain d'une organisation médiatique catholique, et le père Mike Schmitz, podcasteur et pasteur de campus, ont accumulé des centaines de milliers d'adeptes sur les médias sociaux. L'évêque Barron célèbre un nouveau « christianisme machiste », où les hommes peuvent être des « héros ».
 
Le romancier Graham Greene a décrit sa foi catholique d'une manière qui pourrait refléter l'attrait qu'elle exerce sur les jeunes pratiquants d'aujourd'hui. C'était « quelque chose de beau, de dur et de certain, même si c'est inconfortable, à saisir dans le flux général ».

Source : The Economist
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