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mercredi 4 février 2026

Wokisme, culture de l’annulation : conséquences de la féminisation croissante de la place publique ?

La montée du « wokisme » et de la culture de l’annulation est le plus souvent analysée comme un phénomène idéologique, lié aux luttes identitaires ou à l’héritage des théories critiques. Une lecture complémentaire, développée par l’essayiste américaine Helen Andrews (ci-contre), propose un angle différent : ces évolutions pourraient être liées à la féminisation croissante des institutions et de la place publique.

Selon Andrews, la féminisation ne se limite pas à l’augmentation du nombre de femmes dans les postes de responsabilité. Elle implique un changement culturel et normatif : les institutions privilégient désormais des valeurs telles que l’empathie, la protection des vulnérables, la recherche du consensus et la prudence émotionnelle. Dans cette optique, le wokisme et la culture de l’annulation ne seraient pas seulement des mouvements idéologiques, mais aussi la conséquence d’une transformation structurelle du débat public, où les comportements traditionnellement associés au « féminin » dominent les dynamiques sociales et institutionnelles.

Cette lecture résonne avec d’autres analyses conservatrices ou libérales américaines. Steven Douthat a souligné que certaines transformations culturelles, y compris dans les universités et les médias, traduisent une hiérarchisation de la moralité sur la rationalité, renforçant des dynamiques de surveillance sociale et de censure morale. Jonathan Haidt, psychologue social, relie le phénomène à un déséquilibre entre différentes formes de motivation morale : l'importance excessive  du soin et de la loyauté (associés par certains à des traits « féminins ») au détriment de la justice et de la liberté, ce qui peut expliquer les excès de la culture de l’annulation. Charles Murray observe que la domination de certains profils psychologiques dans les institutions peut produire des effets inattendus sur les normes de performance et de compétence. Enfin, Jordan Peterson met en avant les conséquences pratiques d’un excès de prudence émotionnelle et de conformisme moral : lorsque les institutions valorisent la sensibilité morale avant tout, elles tendent à décourager la confrontation d’idées et la prise de risque intellectuelle, deux éléments essentiels à la production de connaissances et au débat démocratique.

Les conséquences de la féminisation selon Helen Andrews

samedi 11 novembre 2023

Le Totalitarisme sans le goulag, le nouveau livre de Mathieu Bock-Côté

Sur l'antisémitisme supposé du Front National lire Bruno Gollnisch, ancien député à l’Assemblée Nationale et au Parlement européen, ancien Vice-Président du Front National et membre du Conseil National du RN.


 
 Billet du 14 octobre
 
Les Occidentaux ont voulu se faire croire après la chute du communisme que l’histoire du totalitarisme était derrière eux, qu’elle ne les concernait plus. Au pire redoutaient-ils l’apparition d’un totalitarisme doux, à visage humain, mais ils ne le croyaient pas vraiment, ne le prenaient pas au sérieux. Et pourtant, le totalitarisme revient. Dans l’incrédulité générale, puisqu’il revient sans goulag, car il n’en a plus besoin. Et il revient sous une forme paradoxale.

Nos sociétés veulent croire que ce qu’elles appellent « l’extrême-droite » les menace existentiellement, comme si elle sortait des enfers pour les y ramener avec elle.

Cette catégorie politique fanto­matique, indé­fi­nis­sable, manipulée et instru­men­talisée, sert essentiel­­lement à étiqueter tous ceux qui s’opposent au régime diversitaire. Mais pas seulement : toute personnalité de gauche n’adhérant pas à la doxa ambiante est désormais frappée de cette marque de l’infamie.

La lutte contre la prétendue « extrême-droite » justifie aujourd’hui une suspension progressive des libertés, le retour de mécanismes d’ostracisme et un contrôle social croissant, prétendant éradiquer le mal du cœur de l’homme. En d’autres mots, ce n’est pas « l’extrême-droite » qui nous menace, mais la lutte contre « l’extrême-droite » qui nous conduit au totalitarisme. Je sais cette thèse contre-intuitive. Je me donne la mission ici de la démontrer.

Mathieu Bock-Côté

SOMMAIRE
 
Introduction. Le retour de la question totalitaire

Chapitre 1. L’extrême-droite introuvable
  • La France, l’extrême-droite et la culture du cordon sanitaire
  • L’enjeu d’une définition : argument géographique et argument idéologique
  • Détour par l’extrême-centre macronien — une redéfinition de l’argument géographique au temps du peuple factieux
  • L’extrême-droite comme tradition idéologique
  • En quoi les thèmes de l’extrême-droite sont-ils d’extrême-droite ?
  • Faut-il parler au diable ? Faut-il aller chez lui ? Que dit-on d’un homme lorsqu’on dit qu’il est d’extrême-droite ?
  • L’extrême-droitisation comme technique de verrouillage du débat public
Chapitre 2. L’institutionnalisation du mensonge : no pasarán, le réel ne passera pas !
  • Du sentiment d’insécurité, ou l’accusation de paranoïa lancée à ceux qui découvrent la diversité compliquée
  • De la récupération politique : que faire du fait divers ?
  • L’art de nier l’existence des peuples, ou le rôle très particulier du démographe lyssenkiste dans le régime diversitaire
  • Nous sommes tous des immigrés, ou l’abolition du peuple historique : retour sur l’exemple québécois
  • De l’inexistence des sexes : le rôle du sociologue du genre
  • La théorie de la discrimination systémique — ou comment le régime diversitaire justifie une ingénierie sociale permanente
  • Une esthétique de la laideur, ou l’inversion du beau et du laid
  • Fonction de la novlangue inclusive
  • L’intelligence artificielle et le devenir de l’homme avatarisé
Chapitre 3. Les prochains prisonniers politiques d’Occident ou la radicalisation de l’extrême-centre
  • Surveiller et punir : logique de la peine de mort sociale
  • La fin de la vie privée dans un monde connecté
  • Interdire l’extrême-droite
  • Le rôle des procès politiques et le prochain registre des propos haineux
  • Interdire la critique de la théorie du genre
  • Retour sur la pandémie et réflexions sur les nouvelles modalités du contrôle social
  • Vers un contrôle politique des médias : la propagande d’État au nom du consensus scientifique et pour lutter contre la désinformation
  • Le sort des dissidents, et la punition des réfractaires
  • De l’URSS à l’EURSS ?
Conclusion. Un totalitarisme à visage humain ? Portrait de l’homme dissocié
  • Penser contre les commissaires politiques 

mercredi 25 octobre 2023

Dysphorie du genre : on nous rejoue l'intimidation par « consensus scientifique »

Un texte de Nicole Desjardins, Sexologue et psychothérapeute paru dans le Journal de Québec, samedi 21 octobre.

En regard des obligations déontologiques et professionnelles et plus particulièrement de la liberté d’expression chez les professionnels de la santé, la soumission à l’idéologie du genre est consternante.

Dans une déclaration récente, la présidente de l’Ordre professionnel des sexologues du Québec (OPSQ), madame Joanie Heppell, alléguant qu’il y aurait un consensus dans la communauté scientifique, considère qu’un débat sur toutes questions relatives aux enfants trans et l’identité de genre est inapproprié. Manifestement, elle passe sous silence les conclusions récentes de plusieurs pays, dont la Finlande ainsi qu’un récent jugement — l’affaire Bell — de la Cour d’appel au Royaume-Uni.

Elle souligne aussi que la loi 70 interdit les thérapies de conversion au Québec. Or il faut savoir qu’actuellement la distinction pourtant essentielle avec les thérapies exploratoires n’est pas juridiquement établie, ce qui suscite des craintes chez plusieurs professionnels. Selon madame Heppell, il suffit d’éduquer la population. De quoi faire taire toute forme d’opposition.

Professionnels

Alors que les dissidents ne sont pas conviés à la conversation, de nombreux journalistes, chroniqueurs et personnalités de tout acabit agissent comme de puissants porte-voix. Ils martèlent en boucle les informations transmises par les mêmes « experts », souvent des chercheurs militants, sans oublier ceux qui multiplient les insultes à l’égard des voix dissidentes. Penser différemment est risqué.

Interpellés par ce qu’on nomme communément « l’idéologie du genre » qui entend transformer l’organisation et les pratiques de la société, comment ces professionnels dissidents peuvent-ils, dans ces conditions, participer pleinement à la réflexion collective en toute sécurité ? On attend d’eux qu’ils répondent gentiment à la promotion de la servitude volontaire ?

[…]

Depuis quelques années, plusieurs [sexologues], y compris des militants des milieux communautaires, semblent s’être donné pour mission d’éduquer la population, y compris les enfants en milieu scolaire, à la théorie de l’identité du genre, affirmant par exemple que des « garçons » peuvent être menstrués. Ces garçons sont en fait des personnes nées biologiquement filles qui ont [auraient] changé de genre pour devenir [prétendre être] des garçons, se sentant mal dans leur corps de fille, mais ce détail est rarement précisé.

Pour leur part, les représentants de l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ) ainsi que le Collège des médecins se font discrets. On souhaiterait pourtant les entendre. Face à ce silence, on peut se demander s’ils craignent, eux aussi, le militantisme de certains de leurs membres, ainsi que des sociétés savantes telles que la Société canadienne de pédiatrie et l’UNESCO qui n’émettent pourtant que des recommandations et non des exigences.

De plus, la population est habituée à ce que différents psychologues et médecins vedettes renseignent la population sur de nombreux sujets traitant de santé psychologique et mentale, du développement des enfants, de compétences parentales, etc. Pourtant, aucun de ceux-là n’a encore osé s’exprimer publiquement sur la dysphorie de genre et l’idéologie du genre. N’ont-ils vraiment rien à dire ou craignent-ils des reproches s’ils apportent la moindre nuance sur la question ?

Existe-t-il vraiment au Québec un consensus chez les psychologues, médecins, pédiatres et pédopsychiatres ?

Qu’en est-il des données scientifiques dites probantes ? Le psychologue Pierre Desjardins souligne les risques de dérives dogmatiques, la croyance d’une panacée, les guerres de clochers et l’importance d’une attitude critique devant les résultats. Il nous rappelle que « l’esprit scientifique, la pensée scientifique […] doivent présider à une posture, à une démarche rigoureuse, professionnelle : ne rien tenir pour acquis, observer, mettre en doute, soulever des hypothèses, chercher des preuves, tirer des conclusions, mettre ces conclusions à l’épreuve. »

Des professionnels de la santé dissidents et soucieux du bien-être de tous les enfants, de leur famille et de la société, devraient se mobiliser et commencer à se joindre au débat.

Contrairement au Québec [on peut donc se demander s’il est important qu’il y ait un consensus au Québec dans une communauté restreinte, régie par un Ordre centralisé, et donc d’autant plus facilement intimidée], on retrouve ailleurs, que ce soit au Canada, en Europe ou aux États-Unis, des regroupements de chercheurs et professionnels qui remettent en question l’approche transaffirmative, dont le SEGM.

Puis-je me permettre de rêver, tout comme Normand Baillargeon, et cela dans un avenir pas trop lointain, que naîtra la « collaboration conflictuelle » en recherche ? Ainsi il sera possible de lutter contre la transphobie, tout en disant les choses comme elles sont, sans créer un raz-de-marée idéologique diviseur, et en évitant de faire naître de possibles confusions angoissantes chez les jeunes. 

Voir aussi
 
 
 
 
 
 

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samedi 21 octobre 2023

Le Totalitarisme sans le goulag, le nouveau livre de Mathieu Bock-Côté

Les Occidentaux ont voulu se faire croire après la chute du communisme que l’histoire du totalitarisme était derrière eux, qu’elle ne les concernait plus. Au pire redoutaient-ils l’apparition d’un totalitarisme doux, à visage humain, mais ils ne le croyaient pas vraiment, ne le prenaient pas au sérieux. Et pourtant, le totalitarisme revient. Dans l’incrédulité générale, puisqu’il revient sans goulag, car il n’en a plus besoin. Et il revient sous une forme paradoxale.

Nos sociétés veulent croire que ce qu’elles appellent « l’extrême-droite » les menace existentiellement, comme si elle sortait des enfers pour les y ramener avec elle.

Cette catégorie politique fanto­matique, indé­fi­nis­sable, manipulée et instru­men­talisée, sert essentiel­­lement à étiqueter tous ceux qui s’opposent au régime diversitaire. Mais pas seulement : toute personnalité de gauche n’adhérant pas à la doxa ambiante est désormais frappée de cette marque de l’infamie.

La lutte contre la prétendue « extrême-droite » justifie aujourd’hui une suspension progressive des libertés, le retour de mécanismes d’ostracisme et un contrôle social croissant, prétendant éradiquer le mal du cœur de l’homme. En d’autres mots, ce n’est pas « l’extrême-droite » qui nous menace, mais la lutte contre « l’extrême-droite » qui nous conduit au totalitarisme. Je sais cette thèse contre-intuitive. Je me donne la mission ici de la démontrer.

Mathieu Bock-Côté
 
Le Totalitarisme sans le goulag
par Mathieu Bock-Côté
publié aux Presses de la Cité,
le 9 novembre 2023,
à Paris,
255 pages,
ISBN : ‎ 2 258 201 640
EAN : 9 782 258 201 644

SOMMAIRE
 
Introduction. Le retour de la question totalitaire

Chapitre 1. L’extrême-droite introuvable
  • La France, l’extrême-droite et la culture du cordon sanitaire
  • L’enjeu d’une définition : argument géographique et argument idéologique
  • Détour par l’extrême-centre macronien — une redéfinition de l’argument géographique au temps du peuple factieux
  • L’extrême-droite comme tradition idéologique
  • En quoi les thèmes de l’extrême-droite sont-ils d’extrême-droite ?
  • Faut-il parler au diable ? Faut-il aller chez lui ? Que dit-on d’un homme lorsqu’on dit qu’il est d’extrême-droite ?
  • L’extrême-droitisation comme technique de verrouillage du débat public
Chapitre 2. L’institutionnalisation du mensonge : no pasarán, le réel ne passera pas !
  • Du sentiment d’insécurité, ou l’accusation de paranoïa lancée à ceux qui découvrent la diversité compliquée
  • De la récupération politique : que faire du fait divers ?
  • L’art de nier l’existence des peuples, ou le rôle très particulier du démographe lyssenkiste dans le régime diversitaire
  • Nous sommes tous des immigrés, ou l’abolition du peuple historique : retour sur l’exemple québécois
  • De l’inexistence des sexes : le rôle du sociologue du genre
  • La théorie de la discrimination systémique — ou comment le régime diversitaire justifie une ingénierie sociale permanente
  • Une esthétique de la laideur, ou l’inversion du beau et du laid
  • Fonction de la novlangue inclusive
  • L’intelligence artificielle et le devenir de l’homme avatarisé
Chapitre 3. Les prochains prisonniers politiques d’Occident ou la radicalisation de l’extrême-centre
  • Surveiller et punir : logique de la peine de mort sociale
  • La fin de la vie privée dans un monde connecté
  • Interdire l’extrême-droite
  • Le rôle des procès politiques et le prochain registre des propos haineux
  • Interdire la critique de la théorie du genre
  • Retour sur la pandémie et réflexions sur les nouvelles modalités du contrôle social
  • Vers un contrôle politique des médias : la propagande d’État au nom du consensus scientifique et pour lutter contre la désinformation
  • Le sort des dissidents, et la punition des réfractaires
  • De l’URSS à l’EURSS ?
Conclusion. Un totalitarisme à visage humain ? Portrait de l’homme dissocié
  • Penser contre les commissaires politiques 

lundi 24 juillet 2023

Hélas, les critiques deviennent moins cruelles. Bonne nouvelle pour les écrivains, mauvaise pour les lecteurs



Il est délicieux de savoir qu’un critique a qualifié les poèmes de John Keats d’« idioties débiles ». Il est encore plus agréable de savoir que Virginia Woolf considérait les écrits de James Joyce comme des « conneries ». Et personne ne peut rester insensible au fait que lorsque la critique Dorothy Parker a lu « Winnie l’ourson », elle l’a trouvé si plein de fantaisies innocentes et enfantines qu’elle a — avec, à son tour, une orthographe fantaisiste - « womi ».

Pour le lecteur, la vie offre peu de plaisirs plus vrais qu’une très bonne ou très mauvaise critique. Pour l’écrivain, la vie offre peu de douleurs plus vives. Après Parker, A.A. Milne n’a plus jamais écrit un autre « Fantaisiste » l’ourson, le simple mot « fantaisiste » lui étant devenu « détestable ». Après le commentaire « idiotie débile », Keats est tombé raide mort. « Anéanti », a écrit Lord Byron, « par un article ».

Aujourd’hui, la vie littéraire offre rarement des spectacles aussi somptueux. Ouvrez les pages de critiques de livres et vous aurez plus de chances de voir les écrivains se décrire les uns les autres et décrire leurs œuvres avec des mots tels que « lyrique », « brillant » et « perspicace » plutôt que, comme autrefois, « ennuyeux », « idiot » et « tas de fumier ». Dans les pages littéraires, on assiste désormais à ce qu’un écrivain a appelé une inflation « endémique » des notes. Un rédacteur de BuzzFeed, un site d’information, a même annoncé que sa section livres ne ferait plus du tout de critiques négatives. C’était une excellente nouvelle pour les écrivains (et leurs mères) du monde entier. La nouvelle est beaucoup moins bonne pour les lecteurs. Le monde littéraire ne devra peut-être plus pleurer les poètes éconduits, mais il devra pleurer la mort du démolissage en règle des critiques négatives.

Rares sont ceux qui le déploreront à haute voix. La critique n’est pas une noble vocation : comme le dit le vieil adage, aucune ville n’a jamais érigé de statue en l’honneur d’un critique. Mais peu de villes ont également érigé des statues en l’honneur d’ingénieurs en assainissement ou de chirurgiens de la prostate. Mais ils sont utiles, tout comme les critiques. Une personne bien informée peut lire une vingtaine de livres par an. En revanche, 153 000 livres ont été publiés l’année dernière rien qu’en Grande-Bretagne, selon Nielsen BookData. Cela représente une moyenne de 420 livres par jour. Parmi les livres publiés l’année dernière, on peut citer les titres suivants (traduits de l’anglais) : « Penser les larmes, les pleurs et les sanglots dans la France du XVIIIe siècle », « Votre chat est-il un psychopathe ? » et « Trouvez les chiottes avant de faire votre crotte ».  Il se peut que ces livres méritent tous des qualificatifs tels que « judidieux » et « pénétrants ». Cela semble peu probable.

C’est un secret de polichinelle dans le monde littéraire : la plupart des livres sont vraiment très mauvais. C’est le travail des critiques de les dépecer, d’abord physiquement (si vous travaillez dans un bureau de livres, votre première tâche, profondément décourageante, sera de passer en revue les sacs de livres livrés chaque semaine), puis littérairement, par le biais de critiques. George Orwell, critique chevronné, savait que les critiques devaient être brutales. Il a écrit : « Dans plus de neuf cas sur dix, la seule critique objectivement honnête serait “Ce livre ne vaut rien”, tandis que la seule recension honnête dirait : “Ce livre ne m’intéresse en aucune façon, et je n’écrirais rien à son sujet à moins d’être payé pour le faire”. »

Les recensions sont rarement aussi percutantes. Certaines publications maintiennent la tradition d’une critique énergique, mais trop souvent, les critiques donnent l’impression de se complaire dans la facilité des initiés. Les journaux littéraires y sont particulièrement enclins. Ils ont tendance à être truffés de chroniqueurs appelés « Ferdinand », de mots comme « insipides » ou « fades » et de titres qui ressemblent moins à une promesse qu’à une menace : « Où s’en va la Somalie ? », » Le structuralisme domestiqué » ou (la question sur toutes les lèvres) « Qui a peur de la lecture attentive ? ». Les « démolissages », en revanche, optent généralement pour un style moins relevé. Dans une critique célèbre, le critique Philip Hensher a écrit qu’un auteur était si mauvais « qu’il ne pourrait pas écrire “cul” sur un mur ».

Il fut un temps où ce genre de saillies était monnaie courante dans les pages littéraires. À l’époque victorienne, « les critiques étaient considérées comme une sorte d’hygiène culturelle, et les normes étaient donc exigeantes », explique Robert Douglas-Fairhurst, professeur d’anglais à l’université d’Oxford. Les critiques ne se contentaient pas de s’en prendre à un ennemi, ils assainissaient les sanctuaires de la littérature. Ce qui ne les empêchait pas de faire preuve de légèreté. Par exemple, un critique a qualifié l’œuvre d’un confrère d’« ordure féculente » ; le solide Alfred Tennyson a dit d’un autre qu’il était « un pou sur les serrures de la littérature » ; tandis que John Milton (ayant apparemment momentanément à nouveau perdu le paradis) a décrit un aspirant confrère comme étant une « tête de porc fangeuse ».

Brandissez vos armes

Aussi amusants que soient ces excès, les critiques les plus meurtrières tendent à être plus délicates. Les meilleures critiques assassines ne démolissent pas à coups de hache, mais de scalpel, observe l’écrivain et critique britannique Adam Mars-Jones, « parce que si ce n’est pas précis, ça ne marchera pas ». Les victoriens brandissaient eux aussi des bistouris. L’un des plus beaux a été manié par George Eliot sur « Jane Eyre » de Charlotte Brontë. « J’aimerais », écrivait Eliot, « que les personnages parlent un peu moins comme les héros et les héroïnes des rapports de police ».

Les critiques modernes atteignent rarement une telle beauté fatale. Trop souvent, les critiques sont bourrées de mots de remplissage : « sombrement drôle », « saisissant », « méditation profonde ». Nombre d’entre eux — que le lecteur soit averti — sont des euphémismes pour le mot « ennuyeux », qui est en fait interdit dans les pages littéraires. On trouve ainsi « détaillé » (« ennuyeux ») ; « exhaustif » (« vraiment ennuyeux ») ; « magistral » (« ennuyeux, mais écrit par un professeur, et je ne l’ai pas terminé, donc je ne peux pas le critiquer »). Et ainsi de suite.

Raisons du ramollissement

 L’internet est l’une des raisons de ce ramollissement. Il a modifié à la fois l’économie de la critique (les journaux de plus en plus minces ont moins de pages consacrées aux livres, et les rédacteurs ont donc tendance à les remplir avec les livres que vous devriez lire, et non ceux que vous ne devriez pas lire) et l’opportunité de la critique (les insultes qui semblaient amusantes lorsqu’elles étaient prononcées sur le moment perdent de leur pertinence lorsqu’elles sont répercutées en ligne pour l’éternité). La tendance à recruter des critiques spécialisés n’a rien arrangé non plus. Si vous êtes l’un des deux experts mondiaux en cunéiforme sumérien ancien et que vous donnez une mauvaise critique à l’autre expert mondial, cela peut être amusant pendant 20 minutes, mais regrettable pendant 20 ans.

L’internet a également contribué à réduire l’anonymat. Autrefois, la plupart des critiques n’étaient pas signées, ce qui leur permettait d’être aussi anonymes qu’un obscur troll de Twitter. Aujourd’hui, la plupart des critiques sont non seulement connues, mais aussi facilement repérables, et insultables à leur tour. Alors qu’il y a 30 ans, les critiques étaient « tacitement encouragés à s’en prendre aux gens », les gens sont aujourd’hui « terrifiés à l’idée de vexer », de peur d’être victimes d’une meute de trolls sur Twitter, déclare l’écrivain et critique D.J. Taylor.

Il y a eu des tentatives pour relancer la critique acerbe. En 2012, un prix appelé « Démolissage de l’année » a été lancé par deux critiques (dont l’un travaille aujourd’hui pour The Economist) comme une « croisade contre la fadeur, la déférence et la pensée paresseuse ». Il a été décerné pendant trois ans. Fleur Macdonald, l’une de ses cofondatrices, pense que « la vie littéraire en a probablement plus que jamais besoin aujourd’hui », mais qu’elle aurait du mal à le relancer et à le faire financer, car « les mauvaises critiques de livres sont controversées ».

Les démolissages ont encore lieu de temps en temps, non pas pour les premiers livres ou ceux d’auteurs inconnus (c’est considéré comme inutile et cruel), mais pour des écrivains suffisamment célèbres pour être attaqués. Le livre « Le Suppléant » du prince Harry a été presque universellement éreinté. Cette situation peut être éprouvante pour les écrivains. Le romancier Anthony Powell pensait que les lecteurs pouvaient se diviser entre « fans » et « merdes », tandis que l’un des poèmes les plus célèbres de l’écrivain romain Catulle est une riposte aux critiques qui l’accusaient d’être efféminé. « Pedicabo ego vos et irrumabo », écrit Catulle, ce qui signifie (en gros) : « Je vous b*serai par la bouche et par le cul ». Ce n’est pas le genre de choses que l’on trouve dans le Times Literary Supplement de nos jours.

 Les lames reluisent donc moins. Mais elles devraient encore briller de temps en temps. Ce que l’on oublie parfois, c’est que le véritable marché des critiques n’est ni l’auteur ni le critique. C’est le lecteur. Et celui-ci veut toujours savoir, dit M. Taylor, « s’il doit dépenser 15,99 livres sterling pour un livre ». Le critique a « le devoir » de dire la vérité. En outre, si l’écrivain n’aime pas la critique publiée, il est, après tout, un écrivain. Il peut, comme l’a fait Catulle, répondre. Même s’il peut décider de mettre la pédale douce sur les grossièretés s’il veut être publié dans BuzzFeed.

Source : The Economist


jeudi 19 janvier 2023

Au Danemark, la maîtrise des flux migratoires fait consensus

La Fondapol publie une note sur cette nation où la gauche s’est convertie à la maîtrise des flux migratoires.

Une note du réseau pensant Fondapol détaille la politique migratoire menée par le Danemark depuis vingt ans, sous des gouvernements de droite et de gauche. Faite de restrictions et d’intégration, cette politique a eu pour conséquences la baisse de l’immigration et l’effondrement de l’extrême droite dans les urnes.

Ceux qui ont vu la série Borgen le savent peut-être. À Copenhague, Borgen, le château de Christiansborg, abrite à la fois le Parlement, le Premier ministre et la Cour suprême. Est-ce cette proximité géographique qui pousse à la culture du compromis ? Pour un Français, les aventures de Birgitte Nyborg sont exotiques, et pas seulement parce que la Première ministre danoise, héroïne de la série, se déplace à vélo, mais parce que la dirigeante centriste dialogue sans tabous aussi bien avec l’extrême gauche qu’avec l’extrême droite. Chose inimaginable en France, le Danemark a développé une politique du compromis, y compris sur le plus brûlant des sujets contemporains, l’immigration. « Une fermeture consensuelle », c’est d’ailleurs le titre de la note fouillée que consacre la Fondation pour l’innovation politique (réseau pensant libéral) à l’un des pays européens les moins ouverts à l’immigration. Depuis vingt ans le Danemark poursuit la même politique, initiée par la droite à son arrivée au pouvoir en 2001 et jamais remise en cause, et même poursuivie par la gauche sociale-démocrate.

 
Cette politique se caractérise par la réduction draconienne des flux migratoires, un programme d’intégration exigeant, un accès à la nationalité rendu difficile et, désormais, la volonté de recourir à un pays tiers extra-européen pour le traitement des demandes de visas.

Membre de L’UE, de l’espace Schengen et de la CEDH, le Danemark a réussi à mener sa politique singulière après avoir négocié une série de dérogations (options de retraits, aussi appelées, op-out) aux traités européens. Ce qui permet aux Danois de traiter juridiquement les ressortissants de pays tiers selon leurs propres règles.

 

La politique danoise est restrictive à tous les stades du processus d’immigration : de l’arrivée sur le territoire à l’installation en passant par l’accès aux allocations, au travail et au logement. La politique d’intégration y est vigoureuse. La naturalisation est conditionnée au passage d’un test de langue et de connaissance de l’histoire et de la société danoise. Toute peine de prison, même avec sursis, empêche définitivement l’accès à la nationalité danoise. Les biens des demandeurs d’asile peuvent être confisqués pour couvrir les frais de procédure et d’hébergement. Des plans antighettos prévoient notamment des sanctions plus élevées dans certaines zones du territoire caractérisées par un fort taux de délinquance et d’immigration. Cette politique de restriction s’accompagne d’une politique de dissuasion. Des incitations, sous forme de contraintes (arrêt des prestations sociales, prison) ou d’indemnités poussent au retour volontaire les déboutés du droit d’asile. En 2015, au plus fort de la crise des migrants, le gouvernement a même acheté des emplacements publicitaires publiés dans les journaux libanais où sont détaillées les nouvelles règles s’appliquant aux réfugiés : réduction de 50 % des aides sociales accordées aux nouveaux réfugiés et instauration d’un délai d’un an avant de pouvoir demander le regroupement familial.

Cette politique draconienne a eu deux effets notables :

  • D’abord, l’effondrement des flux. L’immigration a diminué de 28 % entre 2014, année précédant la crise des réfugiés, et 2019, année précédant la crise sanitaire. Le nombre total des demandes d’asile a chuté de 82 %, passant de 14 792 à 2 716, pour un pays de 5,8 millions d’habitants. Si on appliquait ce ratio à la France, nous n’accueillerions que 31 000 demandes d’asile par an, contre 132 000 en 2019.
  • Ensuite l’effondrement du parti du peuple danois, — l’équivalent du Rassemblement national — qui a enregistré en 2022 son plus mauvais résultat de son histoire (2,6 % des voix). « L’effondrement électoral des populistes est la conséquence de leur victoire idéologique », note la Fondapol.

Le 1er novembre 2022, lors des élections législatives, le parti social-démocrate a été reconduit à la tête du pays, encore mieux élu qu’en 2019. Un mois plus tôt en Suède, pays voisin au modèle social similaire, c’était la droite et l’extrême droite qui l’emportaient. La différence ? Au Danemark, la gauche s’est rangée à la politique d’immigration répressive depuis 2015 et la crise des réfugiés. La Première ministre, Mette Frederiksen, a pourtant commencé à l’aile gauche du parti social-démocrate. Elle a changé brutalement de position, après avoir constaté lors de son passage comme ministre du Travail puis ministre de la Justice, les failles de la politique d’intégration. Un virage idéologique unique en son genre qui pourrait, selon Dominique Reynié, directeur de la Fondapol, être une source d’inspiration pour la gauche européenne.

D’aucuns avanceront les différences abyssales entre la France et ce petit royaume de 6 millions d’habitants enclavé dans le nord de l’Europe qui n’a eu aucune colonie et affiche un sérieux budgétaire éclatant. Justement le Danemark a au moins un point commun avec la France : l’État-providence. Et c’est au nom de la défense de ce modèle social que la classe politique danoise s’est unie sur la question migratoire. Il s’agit bien selon la formule employée par les auteurs de la note, d’un « nationalisme social assumé au nom de l’État-providence ».


jeudi 23 décembre 2021

Québec — des médecins et chercheurs sont-ils censurés ?


Au Québec, alors que la vaccination des enfants a commencé, certains experts concernés dénoncent l’absence de débat sur le sujet et sur le prolongement des mesures sanitaires. Le professeur Patrick Provost fait partie de ces rares voix dissidentes.

« Dans les médias, les seuls médecins qui osent remettre en question des décisions du gouvernement sont retraités. De peur d’être sanctionnés, les médecins qui pratiquent n’osent rien dire ! Ça en dit long sur la liberté des médecins au Québec actuellement », fustige Patrick Provost.

Professeur et chercheur à la Faculté de médecine de l’Université Laval, à Québec, M. Provost dirige depuis vingt ans un laboratoire de recherche sur la biologie des ARN. Il y a mené des travaux de recherche sur l’ARN de plusieurs virus, parmi lesquels le VIH, l’hépatite C, Ebola et plus récemment le SARS-CoV-2, qui provoque la Covid-19.

Vaccination des enfants, [autre] sujet tabou ?

Patrick Provost déplore le « climat de censure » qui empêcherait les chercheurs dans le domaine de la santé de prendre position sur les mesures sanitaires et autres décisions liées à la pandémie :

« Il est aberrant qu’aucune discussion n’ait eu lieu sur la vaccination des enfants, alors que la balance risques-bénéfices est clairement désavantageuse. C’est une loterie, puisqu’on ne connaît pas encore les effets secondaires à long terme […] On voit que les décisions sont souvent plus politiques que scientifiques », tonne le professeur au Département de microbiologie-infectiologie et immunologie de l’Université de Laval.

Le 29 novembre dernier, la direction cette même université a annoncé qu’elle se « dissociait entièrement » des propos tenus par l’un de ses professeurs de biologie, Nicolas Derome, au sujet des risques que pouvait selon lui représenter la vaccination des 5 à 11 ans. Aucune sanction n’a toutefois été annoncée à l’encontre du chercheur pour sa vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

« Ces propos ne reflètent d’aucune façon les positions de l’Université Laval et de sa Faculté des sciences et de génie quant à la crise sanitaire », a déclaré Andrée-Anne Stewart, porte-parole de cette institution.

Pour Patrick Provost, cette nouvelle affaire s’ajoute au retrait quelques heures après sa publication d’une lettre signée par le docteur René Lavigueur, parue le 26 octobre dernier dans le journal La Presse.

Un grand journal retire la lettre d’un médecin

Intitulée « Les dilemmes d’un médecin de famille en temps de pandémie », la lettre mettait l’accent sur l’importance du consentement libre et éclairé des patients pour recevoir un vaccin. Toutefois, elle contiendrait un certain nombre de fausses informations concernant la vaccination des enfants, selon une réplique parue deux jours plus tard. Un argument qui ne convainc guère notre interlocuteur, pour qui les experts qui critiquent certaines mesures font l’objet d’une bien plus grande vigilance de la part des médias que ceux qui soutiennent la politique sanitaire des autorités. Un exemple de deux poids, deux mesures ?

« L’Université Laval va toujours se dissocier des opinions contraires de ses professeurs qui ne reflètent pas la politique officielle du gouvernement du Québec sur la pandémie. […] La plupart des médecins que l’on interroge répètent que le système de santé est sur le point de s’effondrer, mais la Covid est seulement la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Accuser une goutte au lieu de vider le vase n’a pas de sens », tranche Patrick Provost.

Fin juillet 2021, le journaliste Stéphan Bureau a été étrillé par l’ombudsman (médiateur chargé de recevoir les plaintes des citoyens) du réseau Radio-Canada pour avoir invité le médecin Didier Raoult à son émission Bien entendu.

La polémique Didier Raoult

L’ombudsman a estimé que le célèbre journaliste avait enfreint les normes et pratiques journalistiques en se montrant trop complaisant envers le directeur de l’IHU Méditerranée Infection. Une autre affaire illustrant le manque d’ouverture envers les points de vue divergents au Québec, estime le professeur Patrick Provost :

« Je ne suis pas une marionnette. Pourquoi ne parle-t-on pas à des chercheurs indépendants qui ne sont pas en situation de conflit d’intérêts ? […] De quoi ont-ils vraiment peur, les scientifiques qui portent la parole du gouvernement ? Si un argument évoqué par un collègue ne tient pas la route, ils ont juste à le contredire. »
Le gouvernement québécois de François Legault a décrété l’état d’urgence sanitaire le 13 mars 2020 durant la première vague de la pandémie. Il n’a jamais été levé depuis, ce qui lui permet de contourner nombre de procédures à l’Assemblée nationale. Le Premier ministre a annoncé qu’il n’abandonnerait pas les pouvoirs exceptionnels qui lui sont confiés avant la fin de la vaccination des 5 à 11 ans, courant 2022.

Source

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samedi 30 octobre 2021

La Presse élimine un texte du docteur René Lavigueur contre la vaccination des enfants publié la veille (m à j)

Devant le tollé suscité par la disparition sans explication de cet article, La Presse s’est expliquée. Cette lettre contiendrait des « faussetés et des demi-vérités ». Il est bon d’en débattre. De nombreux articles des gros médias subventionnés sont aussi tendancieux et peuvent également induire en erreur (mais bien sûr pour la bonne cause, ce sont de nobles demi-vérités). 

Nous ne voyons pas pourquoi des erreurs devraient aboutir sur la disparition d’un texte déjà publié et sa censure insidieuse : il faut réfuter les erreurs, en débattre, pas faire taire.

Le lecteur n’ayant pas accès à la lettre censurée ne peut pas juger pour voir si le censeur ne se concentre pas que sur les aspects douteux il est vrai, mais mineurs du texte ; tout en ne répondant pas à des aspects soulevés par l’auteur qui méritent réponse. Les critiques ne semblent pas avoir répondu à une question pourtant centrale : comment justifier la vaccination des jeunes enfants qui ne sont pas à risques de la Covid-19 ?

La Presse (ou un autre organe de presse) publiera-t-elle la réponse du Dr Lavigueur à ces articles qui le traite de désinformateur ? On peut en douter.

Une chose est sûre la censure est efficace au Québec (le nombre de médias est très petit, ils sont sous perfusion), pour notre bien collectif bien sûr.

En France, les choses vont autrement voir sur le sujet le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l’hôpital Hôtel Dieu, pourtant pro-vaccins, très sceptique par rapport à la vaccination des enfants contre la Covid-19. Voir vidéo ci-dessous (mais c'est sur une radio privée qui ne vit pas de subventions).

Aussi : Dernières nouvelles sur la Covid-19 (résumés de plusieurs études).




Billet du 27 octobre 


L’article ci-dessous du docteur René Lavigueur sceptique par rapport à la vaccination des enfants a été publié dans La Presse d’hier, puis retiré cette nuit de leur site. Sans explication...

À quoi ressemble la page de l'article (écran 8) aujourd'hui

VACCINATION DES ENFANTS

LES DILEMMES D’UN MÉDECIN DE FAMILLE EN TEMPS DE COVID-19

RENÉ LAVIGUEUR

MÉDECIN, SAINTE-ANNE-DES-MONTS

Médecin de famille, je suis doublement vacciné et mon témoignage apporte l’éclairage d’un homme de terrain aux prises avec les dilemmes quotidiens particuliers qu’occasionne la crise du coronavirus.

À quoi ressemblait l'article hier

La pensée unique et la peur qu’ont entraînées 19 mois de campagne médiatique ont divisé cruellement et inutilement les familles, les professionnels, bref la société tout entière. Cette pensée interdit toute discussion et tout débat par peur de représailles.

UN CODE DE DÉONTOLOGIE MIS À MAL

Le médecin de famille est soumis à un code de déontologie qui comprend des articles visant la protection du public et le respect du droit des patients à un consentement libre et éclairé.

Je suis, en tant que médecin de famille, placé devant des choix déchirants lorsque l’application de ces principes entre en conflit avec la gestion politique de cette pandémie, gestion préconisée par les autorités de santé publique et soutenue par le Collège des médecins du Québec. Toute ma pratique s’est articulée autour d’un souci constant : celui de ne pas nuire. Mon allégeance première est envers la mère, l’enfant et toute personne qui sollicite mon aide. On me consulte donc au sujet de la vaccination des enfants, de la sécurité du vaccin, de l’obligation vaccinale, des complications du vaccin.

Je constate au quotidien, tout comme les psychologues et les travailleurs sociaux, les dommages non seulement de la COVID-19, mais aussi de sa gestion.

Pour respecter le droit de mes patients à un consentement éclairé, voici ce que je crois devoir leur dire concernant la vaccination des enfants :

« Acceptez-vous que votre enfant reçoive le vaccin à ARN messager ? Ce vaccin est différent de tous les vaccins que vous connaissez. Ce vaccin comporte une balance risques/bénéfices incertaine chez les enfants en bonne santé et sans facteurs de risque. Le fabricant ignore les effets à long terme de son produit. L’Organisation mondiale de la santé ne le recommande pas et il n’est pas encore approuvé par la Food and Drug Administration aux États-Unis, ni par Santé Canada pour les 5 à 11 ans. Il est offert aux enfants dans l’espoir de contribuer à limiter la contamination des personnes âgées et/ou vulnérables par la COVID-19. Acceptez-vous que votre enfant reçoive ce vaccin ? »

On aurait pu ajouter que la mortalité chez les enfants âgés de 0 à 9 ans est nulle depuis le début de la pandémie (données de l’INSPQ). La balance risques/bénéfices est donc a priori difficile à défendre pour cette tranche d’âge, tout comme chez les jeunes en général.

J’aimerais bien pouvoir dire cela librement, sans risque de représailles. Le médecin, comme les parents, devrait pouvoir défendre le « principe de précaution » et la prudence en ce qui concerne la santé des enfants.

Les vaccinés, tout comme les non-vaccinés, peuvent héberger et transmettre le virus. Les enfants sont de mauvais propagateurs du virus dans la communauté. Alors, comment justifier la vaccination imposée aux enfants ?

Il y a un grave problème éthique à forcer la vaccination chez des enfants sains dans le but hypothétique d’en faire profiter un autre segment de la population (les personnes âgées avec comorbidités). Les enfants n’ont-ils pas déjà assez souffert ? Pourquoi risquer de compromettre davantage leur santé ?

Les parents ont eu le choix douloureux de signer l’autorisation vaccinale de leurs enfants ou de les condamner à l’exclusion et au rejet. C’est donc une vaccination obligatoire, mais qui ne s’affiche pas comme telle. Or, notre code de déontologie impose un « consentement libre » pour toute décision, c’est-à-dire sans pression, menace ou contrainte. Comment puis-je conseiller le parent inquiet qui ne veut pas que son enfant soit marginalisé ? Que gagne-t-on avec cette vaccination ? Pourquoi punir l’enfant non vacciné ?

UN VACCIN QUI ÉCHAPPE À TOUTE SURVEILLANCE

Je traite des adultes avec des séquelles graves à la suite de l’administration de ce vaccin. Pour une population de 11 300 habitants, j’ai déjà signalé à la Santé publique deux décès, des cas d’ACV, de paralysie de Bell, de saignements menstruels, de palpitations et de fatigue extrême consécutifs à l’administration des vaccins.

Des milliers de morts, des dizaines de milliers d’effets secondaires graves dus au vaccin sont rapportés à travers le monde. Pourquoi ignorer, au Québec, les risques associés à ces vaccins ? Si le fabricant n’est responsable de rien, s’il a pu négocier une immunité judiciaire, alors qui sera responsable des dommages bien réels de ces vaccins ?

 

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Le vaccin d'AstraZeneca suspendu pour les moins de 55 ans [Le Soleil 29 mars 2021 : « Après avoir clamé sur tous les fronts que le vaccin d’AstraZeneca est efficace et sécuritaire, les autorités fédérales et provinciales en suspendent maintenant l’utilisation pour les personnes de moins de 55 ans. »] 

«Un nombre important de cas d'échec du vaccin Janssen a été rapporté, avec notamment des formes graves (décès, réanimation) ainsi qu'une surreprésentation des patients vaccinés par Janssen en réanimation dans deux CHU» (Centres Hospitaliers Universitaires), à Marseille (sud) et Tours (ouest), note l'ANSM dans son rapport périodique de surveillance des vaccins.

 

 

samedi 7 août 2021

Publicité Covid-19 — le gouvernement québécois a dépensé trois fois plus que le fédéral dans le Canada entier

Les dépenses en publicités liées à la COVID par le gouvernement Legault sont très importantes.

Les contrats de publicité comprennent-ils une clause où les médias (mis à mal par la concurrence des GAFAM) s’engagent à promouvoir ou à ne pas critiquer les mesures sanitaires du gouvernement Legault ?

Comment se fait-il que le gouvernement du Québec dépense, à lui seul, trois fois plus que le Canada en entier ?

Le gouvernement Legault paie-t-il actuellement beaucoup plus cher que n’importe quel autre annonceur ? S’agit-il de s’acheter l’absence de critique dans les médias ?


lundi 23 novembre 2020

« Complotisme », ce mot des « élites » pour disqualifier toute critique

Chronique d'Éric Zemmour dans le Figaro Magazine du 20 novembre 2020. Nous partageons son avis sur le documentaire Hold Up, original et instructif  par moments, mais bien trop long (2 h 38), très inégal, beaucoup trop « ambitieux » car il va bien au-delà de la Covid-19 et même étrange parfois.. Que signifie ainsi ce recours en générique de fin à une « profileuse » pour se moquer de Laurent Alexandre sur la base de sa photo ?

Complotisme. C’est le mot qui fâche, qui délégitime, qui tue. Enfin, qui veut tuer. Qui doit tuer. Complotisme est le mot des élites, le mot des bien-pensants, l’arme suprême du politiquement correct lorsqu’il est attaqué, contesté, déconstruit. Le mot qui interdit toute analyse iconoclaste, qui regarde ce qu’il y a derrière le rideau du discours dominant. La frénésie autour du documentaire Hold-Up en est la dernière preuve. Ce documentaire, pourtant, ne mérite ni cet excès d’honneur ni cet excès d’indignité. Trop long, interminable même, il mêle des analyses fouillées, des informations inédites, des témoignages percutants, pour l’englober dans une théorie finaliste : le virus de la Covid-19, fabriqué dans les laboratoires de l’Institut Pasteur, avant d’être livré aux Chinois, serait utilisé par les partisans affichés d’un gouvernement mondial (Bill Gates, Jacques Attali, etc.) pour imposer à des populations apeurées la cryptomonnaie, arme suprême du Big Brother de demain.

La thèse ne convainc guère, mais permet à tous les défenseurs de l’ordre sanitaire, à tous les ennemis du docteur Raoult, à tous les thuriféraires du confinement d’occulter les critiques acerbes et fondées de la réaction du gouvernement français à cette épidémie. Le passé du réalisateur – journaliste passionné par la Vierge, mystique lui-même – permet de clouer son cercueil sans rémission : mystique, donc, fou, donc complotiste. Circulez, il n’y a rien à voir. On connaît la rengaine : le sage montre la lune, l’idiot voit le doigt. Mais l’idiot n’est pas idiot. L’idiot est notre maître et ne veut surtout pas qu’on regarde la lune. L’idiot s’est auto-intronisé il y a longtemps « cercle de la raison » et n’entend pas abdiquer son pouvoir ni sa légitimité. Il y a une vérité, elle est officielle, et il est interdit de la contester.

Pourtant, ce sont ces mêmes élites qui nous ont appris, depuis les campus américains des années 1960, que la vérité était toute subjective, qu’on disait ce qu’on était, et qu’on était d’où on venait, classes sociales naguère et désormais race ou genre. Que la langue ne pouvait être crédible car elle était elle-même un enjeu de combat, que les mots étaient biaisés, qu’ils étaient le produit de la domination de la bourgeoisie, de l’homme blanc, de l’hétérosexuel. Qu’il fallait les retourner, les effacer, les remplacer. Que l’histoire qu’on nous avait apprise était un tissu d’erreurs à ridiculiser ou à délégitimer. Qu’il n’y avait pas de nation, de peuple, de famille, rien que des individus, nomades hors-sol avec des vérités changeantes et subjectives, liquides et floues, comme leur identité et même leur « genre » sexuel.

Nos élites peuvent être contentes d’elles. Elles nous ont bien éduquées. Nous savons déconstruire leur discours. Parfois, on leur prête même des intentions machiavéliennes alors qu’elles ne sont que stupides et dépassées. On les surestime. C’est notre dernière révérence, trace ultime de notre respect disparu.


lundi 9 novembre 2020

Les Québécois les plus anti-Trump... Informés par des médias partiaux ?

Selon des chiffres d’un sondage fourni par Jean-François Lisée, les Québécois sont les chauds partisans de Joe Biden. M. Lisée s’en réjouit.


C’est possible. Mais que prouveraient ces chiffres ? Que les gens au Québec utilisent un filtre (TVA, SRC, La Presse, Le Journal de Montréal) pour avoir de l’« information » sur la politique américaine et que ce filtre (en français) est très biaisé unanimement en faveur de Biden ? Ou plutôt, unanimement contre Trump, car personne ne sait vraiment ce que Biden représente ?  Unanimité nettement moins perceptible dans le Canada anglais où les gens obtiennent souvent leurs informations à la source : ils regardent, écoutent et lisent les médias américains en nettement plus grand nombre.

Cette unanimité des médias québécois nous laisse d’ailleurs songeurs : quel avantage un groupe comme TVA/Journal de Montréal a-t-il à n’être qu’une pâle copie moins subventionnée de Radio-Canada ? Ce consensus qui parcourt les médias est vrai pour toute une série de sujets : la politique américaine, la défense des valeurs progressistes, mais aussi la gestion de la pandémie (peu critiquée dans tous les médias subventionnés).

C’est très différent de ce que l’on observe dans d’autres pays. Ce consensus est-il dû à l’étroitesse du marché québécois ? Tous les journalistes québécois se connaissent, beaucoup savent que leur poste est précaire et que leur prochain employeur pourrait leur reprocher de ne pas suivre le mouvement.  Nous attendons qu’un seul média québécois produise une tribune comme celle-ci (tirée du Figaro). Nous n’avons rien lu de positif sur Trump dans les médias québécois.

Christopher Caldwell: “Le Bilan de Trump a été, à bien des égards, impressionnant”.

Christopher Caldwell est éditeur à la Claremont Review of Books (Los Angeles), contributeur d’opinion au « New York Times » et auteur d’« Une révolution sous nos yeux » (L’Artilleur) et « The Age of Entitlement: America Since the Sixties ». Il est membre du comité de rédaction de la revue « Commentaire ». L’essayiste et journaliste américain affirme que sans la crise du coronavirus Donald Trump aurait probablement été réélu. Il attribue les bons scores du président sortant à ses résultats économiques.

LE FIGARO. — Alors que beaucoup prédisaient une victoire facile pour Joe Biden, l’élection a été très serrée. Qu’est-ce que ce décalage révèle ?

Christopher CALDWELL. — Évidemment un échec des journalistes et des sondeurs. Considéré, à juste titre, comme une faute professionnelle. Mais cela reflète aussi un problème plus profond. Avec la mondialisation, les citoyens occidentaux ont cédé une grande partie de leur pouvoir de décision démocratique à des experts : banquiers centraux, concepteurs d’algorithmes de moteurs de recherche, épidémiologistes… mais aussi sondeurs et journalistes. Donald Trump, comme d’autres populistes, ne fait pas confiance aux motivations de ces experts. Il se méfie de leur expertise même. Il dit qu’ils ne servent pas le pays, mais l’exploitent. Un échec comme celui des sondeurs de mardi semble confirmer le point de vue de Trump.

— Quelles sont les sources de la popularité de Donald Trump dans une partie de l’Amérique ?

Il ne s’agit pas juste d’une partie de l’Amérique ! Trump a remporté 85 % des comtés des États-Unis en 2016 et fera probablement un score aussi bon cette année. Pourquoi ? L’explication est analogue à celle que fait en France votre Christophe Guilluy, qui voit une fracture entre ces lieux qui participent à l’économie mondiale et ces quartiers périphériques qui n’y participent pas. Les démocrates représentent les élites financières et technologiques des villes mondialisées, et ceux qui en dépendent, surtout les minorités raciales et sexuelles qui bénéficient de leur hégémonie sur l’appareil judiciaire des droits de l’homme. Trump représente le reste. Cela aboutit à une division du pays à 50-50.

— Que retiendra-t-on du mandat de Donald Trump ? Quel est son bilan en termes de politique intérieure et extérieure ?

Une loi de réduction d’impôt mise à part, Trump n’a adopté aucune loi digne d’être mentionnée — aucune. Ce n’est pas une faute qui lui est propre. C’est le résultat d’un effondrement des institutions américaines. Le plan baroque de réforme des soins de santé de Barack Obama et la réforme de l’éducation de George W. Bush, bâclés l’un et l’autre, sont les seules lois importantes de ce siècle. Mais la législation n’est pas le seul moyen de changer un pays, et le bilan de Trump a été, à bien des égards, impressionnant. Il a été élu pour mettre fin aux interventions dites « humanitaires » et il l’a fait. Il a annulé l’« accord » de Barack Obama qui aurait donné à l’Iran une voie vers les armes nucléaires. Trump a, de surcroît, renforcé la position d’Israël au Moyen-Orient. Son insistance pour que les pays européens participent davantage aux coûts de leur propre défense a été grossière et peut-être impopulaire parmi les alliés. Mais comme la plupart des citoyens européens le savent, il a raison. De nombreux Américains admirent l’économie d’exportation allemande, mais ils ne souhaitent pas la subventionner. Et il a complètement changé la façon dont les Américains des deux parties pensent leur dépendance aux produits chinois bon marché. C’est en réalité une victoire pour la nuance : le commerce est bon, mais pas en tout temps et en tout lieu. Lorsqu’un pays industriel supposé avancé est incapable de fabriquer des masques chirurgicaux, des lingettes pour les mains et de l’ibuprofène pendant une pandémie, c’est qu’il a poussé la mondialisation trop loin. Mais la plus grande réussite de Trump concerne l’économie. D’autres présidents ont permis une croissance économique régulière. Mais pendant les trois premières années de la présidence Trump, une part disproportionnée des gains est allée aux travailleurs à faible revenu. Il a apporté une croissance salariale de près de 5 % pour les travailleurs du quart le plus bas des revenus. Il s’agissait du premier nivellement soutenu des revenus et des richesses depuis le siècle dernier. C’est pourquoi les électeurs des régions oubliées du pays ont voté pour Trump en 2016. C’est pourquoi un nombre surprenant de jeunes Latinos et de Noirs s’est tourné vers sa candidature cette année. Pourquoi les politiques économiques de Trump ont-elles eu des effets aussi égalitaires ? Ce n’est toujours pas très clair. Peut-être ses restrictions à l’immigration ont-elles réduit la concurrence salariale pour les pauvres américains. Quelle qu’en soit la raison, les futurs présidents souhaiteront l’étudier. Le coronavirus a tout inversé, mais les électeurs s’en sont souvenus et une majorité d’entre eux approuvent sa politique économique, même maintenant.

— S’il n’y avait pas eu la crise du coronavirus, aurions-nous assisté à une vague trumpiste ?

Trump aurait probablement été réélu facilement, car le point central de la campagne aurait été l’économie, pas les manifestations raciales et les émeutes urbaines du début de l’été. Malheureusement pour lui, le Wisconsin, un État crucial qu’il a remporté en 2016 et perdu en 2020, a été dévasté à la fois par le virus et les émeutes des jours précédant les élections. Une véritable « vague » Trump aurait été peu probable. Mais il faut néanmoins souligner que les républicains ont réussi une bien meilleure performance qu’attendue aux élections législatives de cette semaine.

— L’Amérique sort de cette élection plus divisée que jamais. Comment réconcilier les deux Amériques ?

Ce qui est le plus inquiétant, ce n’est pas que les deux Amériques soient divisées sur ce que le pays devrait faire, c’est l’état normal des affaires dans une démocratie. C’est que les deux parties ne puissent plus s’entendre sur ce que le pays devrait être.

Voir aussi

 Le cours ECR, école de l'unanimisme politiquement correct  

Élections américaines — propagande, chaos, fraudes, urnes et tradition...

vendredi 31 juillet 2020

Construire la Science en prohibant tout débat contradictoire et en traquant les dissidents

Nous reprenons ci-dessous l’essentiel d’un billet de Jean-Dominique Michel, anthropologue de la santé suisse. Pour notre part, nous ne savons pas si l’hydroxycholoroquine guérit, mais il nous semble inacceptable de censurer le débat sur le sujet — et cela entre médecins — alors que d’autres médicaments peu testés, mais fort coûteux (comme le remdesivir de Gilead) sont rapidement propulsés sur le marché (le Canada l’a déjà approuvé pour guérir de la Covid-19 !). Ajoutons que le médecin, Simone Gold, qui présidait la conférence de presse tenue devant la Cour suprême des États-Unis a été licenciée « pour l’embarras à son employeur » causé par cette conférence... Ce genre de pressions nous semble inacceptable quand on prétend être « pour la science ».



La vague de censure lancée contre les médecins témoignant ou publiant au sujet de l’efficacité de l’HQ contre la Covid sur les « réseaux sociaux » n’aura échappé à personne. Une campagne sans précédent, dans la droite suite des manœuvres dénoncées sur ces pages depuis le mois de mars.

Comme quoi « hurler au complotisme ! » ne suffit pas toujours à noyer le poisson. La bêtise du procédé n’est invisible qu’à ses auteurs, qu’il s’agissent de certains rédacteurs en chef ou de certains médecins cantonaux (pas tous, Dieu merci, l’amalgame ferait injure à ceux qui ont toute leur intégrité ou leur raison.)

Les nouveaux maîtres du monde le revendiquent désormais haut et fort : tout ce qui conteste le Dogme imposé par Big Pharma par le truchement de l’OMS sera effacé séance tenante. Le CEO d’Alphabet, maison-mère de Google, l’a expliqué devant la commission d’enquête du Congrès américain, de même que Mark Zuckerberg : tout contenu qui osera prétendre que l’HCQ a un effet thérapeutique contre la Covid sera traqué et détruit.

Et vive la science ! dont on sait bien sûr qu’elle se construit en prohibant tout débat contradictoire et en traquant les dissidents.

Et vive l’intégrité, puisqu’une compilation de 65 essais cliniques (dont 39 révisés par des comités de lecture) conclut à l’efficacité manifeste de ce médicament !

Les lectrices et lecteurs de ce carnet se souviendront du commentaire déjà cité ici de Peter Gotzsche, un des tout meilleurs épidémiologistes au monde. Commentant la censure sur les réseaux sociaux comme dans certaines revues médicales d’articles scientifiques contestant les positions de l’OMS, il écrivait ceci :
Quand un article honnête et informé sur un problème majeur de santé se trouve censuré au simple motif qu’il serait « contraire aux recommandations autorisées », nous n’avons pas seulement contracté un virus chinois. Nous avons aussi attrapé une censure de style chinois. Est-ce ce que nous voulons ?
On sait comment le personnel de bord des avions vous souhaite la bienvenue à votre destination qu’ils viennent d’atteindre avec vous. Donc :

« Bienvenue chers lectrices et chers lecteurs dans le monde de la censure idéologique assurée par les GAFAM et nos dictatures sanitaires ! »

Avec, pour résultat, qu’un informaticien fait mondialement l’apologie des vaccins pendant qu’on bâillonne des médecins qui entendent simplement témoigner d’un traitement qu’ils considèrent efficace et qui sauveraient des vies sans rien coûter face à la Covid !





CNN a fait grand cas ce dimanche des prédictions d’un informaticien (Bill Gates) sur le fait que le virus reviendra en octobre et novembre en masse aux États-Unis « si nous ne limitons pas notre comportement plus qu’il n’y paraît pour le moment ».


Ce genre de propos alarmistes de la part d’un non-spécialiste est largement diffusé, peut-être parce qu’alarmiste. Il faut dire que ce n’est sans doute pas sans arrière-pensées politiques puisque cela pourrait faire dérailler la campagne présidentielle américaine. La pandémie semble, en effet, actuellement profiter dans les sondages à un Joe Biden, pas toujours cohérent intellectuellement, [voir aussi Sky News cette semaine sur Biden] qui paraît se terrer et éviter les journalistes qui posent des questions difficiles. Il est étrange d'ailleurs qu'elle favorise le camp démocrate alors que la gestion de la santé est très décentralisée aux États-Unis (comme au Canada) et que cette pandémie frappe des États autant démocrates (New York, la Californie) que républicains (le Texas). Les propos d’un informaticien ne sont donc en rien censurés alors que ceux de médecins qui disent qu’ils ont un cocktail de médicaments qui peut aider certains patients contre la Covid-19, eux, sont censurés par les Gafam. Le M de Gafam représente Microsoft.

Parlant de deuxième vague, personne ne sait si elle aura lieu même si on l’a déjà souvent prédite, comme le rappelle le Professeur Jean-François Toussaint cette même semaine à l’antenne de LCI. Mais il n’est que médecin.

Pr J-François Toussaint : sur une deuxième vague si souvent annoncée

mercredi 1 juillet 2020

Qu’a-t-on mis dans la tête des jeunes ?

Denise Bombardier se demande (ci-dessous) dans les colonnes du Journal de Québec ce qu’on a bien pu mettre dans la tête des jeunes. Nous pensons que ce désastre était annoncé de longue date, tous les partis politiques (PQ, CAQ, PLQ) ont imposé par le Monopole de l’Éducation du Québec une éducation qui livre ses fruits.

Les souverainistes et autres nationalistes ont approuvé les réformes de l’éducation, l’imposition du multiculturalisme à l’école, l’immigration de masse qui rend vaine toute tentative d’assimilation des jeunes immigrants à la majorité « francophone » dans les villes comme Montréal, les jeunes immigrants étant désormais la majorité des jeunes...


Ces mêmes nationalistes appuient toujours, bien sûr, les mesures et valeurs sociales qui dépriment la natalité. Ils n’osent même plus en parler. Or, la population québécoise francophone de souche se contracte ; l’allongement de l’espérance de vie cache ce phénomène pour l’instant. Il apparaîtra brutalement quand les très nombreux babyboumeurs mourront. En effet, avec 1,5 enfant/femme francophone au Québec, chaque génération est 25 % plus petite que la précédente : 8 grands-parents, 6 parents, 4,5 enfants.

Entretemps, les « nationalistes modernes » semblent vouloir se concentrer sur l’éphémère, l’évènement du jour, une dernière salve jouissive contre la religion catholique qui n’en peut mais. On aime tirer sur les ambulances au Québec. Rappelons que Pauline Marois (ci-contre), censément nationaliste, a approuvé l’imposition du seul programme controversé d’éthique et de culture religieuse, relativiste et multiculturaliste dans l’âme, pour enfin chasser la religion (catholique) de l’école alors que les parents québécois n’en demandaient pas tant.



Le choc des générations a toujours existé. Il est normal et sain que les plus jeunes contestent les acquis transmis par les parents. Mais encore faut-il qu’ils reçoivent en héritage une éducation qui les prépare intellectuellement pour l’avenir.

Le pari de la démocratisation de l’enseignement est de faire accéder tous les jeunes aux connaissances afin de les armer pour comprendre la vie et leur vie.

Dans les dernières décennies, il semble que l’approche psychologique s’est idéologisée. À la morale inspirée de la religion s’est imposé un relativisme qui mène les jeunes dans un cul-de-sac.


Nombre de jeunes font, par exemple, l’amalgame entre l’Église catholique et le mouvement de Raël. On leur a enseigné aussi à ne juger personne. Sauf ceux qui ne pensent pas comme eux si on fréquente les réseaux sociaux.

Multiculturalistes

Les jeunes sont nombreux à croire que la défense de l’identité québécoise a des relents d’intolérance, car vivant selon les valeurs multiculturalistes à la Justin Trudeau, ils en adoptent le catéchisme. La loi 21 sur la laïcité en rebute plusieurs. Le voile pour eux est l’équivalent d’un bandana ou d’un capuchon de veste molle.

Ils ignorent les valeurs universelles héritées des grands écrivains du XVIIIe siècle, celui des Lumières, qui a apporté la modernité au monde occidental. À la limite, ils croient que le siècle des Lumières est celui de l’électricité grâce à la fabrication de l’ampoule électrique par Thomas Edison.

Les jeunes se réclament d’une planète sans frontières où ils peuvent se déployer.

Ils se définissent comme des êtres humains avant tout. Et la langue de communication, l’anglais jusqu’à nouvel ordre, ils la parlent plus ou moins, mais sans problème. D’ailleurs, les jeunes Québécois sont aussi devenus décomplexés quant à la langue française. Leur franglais a remplacé le joual d’antan. En fait, ils sont plutôt fiers du franglais, car cela les différencie des « vieux » nationalistes. 

[Le franglais étant évidemment aussi la solution de facilité, dans un contexte de colonisation américaine : pas d’effort s’il vous plaît nous avons été « socialisé » à l’école québécoise.]

Culpabilisation

Ils sont antiracistes, ce qui est une qualité. Sauf qu’ils s’affichent comme racialistes même en ignorant le mot. Car ils se revendiquent comme Blancs et à ce titre se croient les héritiers des esclavagistes et se culpabilisent. Certains ont même honte d’être Blancs.

Car la rectitude politique est leur credo. Ils sont à l’affût de tout ce qui semble socialement inacceptable. Ainsi, ils ne se scandaliseraient pas si le livre de Pierre Vallières, Nègres blancs d’Amérique, était interdit, voire brûlé. Mais on doute qu’ils connaissent le mot « autodafé » ou même « l’Inquisition ».  [Voir Journaliste sanctionnée pour avoir cité le titre du livre Nègres Blancs d’Amérique.]

N’étant pas à une contradiction près, les jeunes d’aujourd’hui qui veulent racialiser de nouveau la société adhèrent souvent à la déconstruction des genres. Ils estiment que le féminin et le masculin sont des concepts discriminatoires et non des réalités biologiques. Leur ouverture d’esprit à cet égard correspond à l’obsession actuelle d’être dans l’air du temps. Ou à la mode, à dire vrai. Car vieillir n’a aucun sens pour eux dont la vie se décline seulement dans le présent.

L’école a failli

La jeune génération a été privée de mémoire, de la protection d’adultes, de parents, mais aussi de maîtres au sens ancien du terme. L’école et la société ont failli à la tâche. Oui, il y a de quoi en pleurer.

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