Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
Le dernier sondage national d’Abacus a révélé que seuls 13 % des Canadiens citent « le changement climatique et l’environnement » parmi leurs trois principales préoccupations. Au Québec, ce chiffre atteint 18 %, mais en Saskatchewan et au Manitoba, il tombe à 6 %. Chez les conservateurs, il n’est que de 4 %. Même les partisans libéraux n’atteignent que 18 %.
Le climat n’a pas totalement disparu du palmarès des préoccupations des sondés, mais il a été relégué loin des premières places.
En tête des préoccupations des Canadiens, figurent la hausse du coût de la vie (66 %), l’économie (39 %) et les soins de santé (35 %), le logement abordable (33 %) et l’immigration (25 %). L’opinion publique est fortement concentrée sur les pressions quotidiennes.
On a observé la même tendance lors du sondage final d’Abacus pour les élections fédérales de 2025. Lorsqu’on a demandé aux électeurs potentiels quels étaient les deux facteurs les plus importants dans leur décision de vote, 45 % ont choisi « la réduction du coût de la vie », suivis par 30 % pour la gestion de Donald Trump et l’impact de ses décisions. Le changement climatique n’a été mentionné que par 5 % des personnes interrogées, se classant ainsi parmi les derniers de la liste.
Dans une annonce récente, le gouvernement Carney a détaillé plus de 14,4 millions de dollars de nouvelles dépenses pour 17 projets visant à « donner aux jeunes Canadiens les moyens de lutter contre le changement climatique ». Ces 14,4 millions de dollars ne sont que la dernière tranche d'un financement total de 206 millions de dollars prévu sur cinq ans. L'objectif du « Fonds d'action et de sensibilisation au climat », comme l'appelle le gouvernement, est essentiellement d'accroître la préoccupation du public à l'égard du changement climatique.
Pour justifier ces dépenses de 14,4 millions de dollars, le député libéral Taleeb Noormohamed a déclaré : « À ce moment critique, alors que notre planète est confrontée à une urgence climatique, il est essentiel que les jeunes acquièrent des connaissances en matière d'environnement. »
Ironiquement, si l'objectif est d'améliorer les connaissances en matière d'environnement, l'une des premières choses que le gouvernement devrait faire est de cesser d'utiliser l'expression « urgence climatique », une expression tout à fait inexacte qui vise à susciter l'inquiétude. Les données disponibles ne corroborent tout simplement pas les affirmations selon lesquelles nous serions confrontés à une urgence climatique. En effet, par rapport à une planète hypothétique sans changement climatique, même les scénarios les plus pessimistes suggèrent que le changement climatique ne réduirait probablement le PIB mondial par habitant (un indicateur du niveau de vie) que d'environ 16,5 % d'ici 2200.
Certes, 16,5 % du PIB, c'est beaucoup. Mais même avec une baisse de 16,5 % des revenus actuels, nous serions toujours bien mieux lotis que les gens qui vivaient il y a 175 ans. Une baisse de 16,5 % des revenus des personnes vivant dans 175 ans leur permettrait très certainement d'être encore bien mieux loties que nous ne le sommes aujourd'hui. Ce n'est pas une urgence.
La description des 17 projets ébranle encore davantage l'idée d'une situation d'urgence. Un projet qui devrait recevoir 939 592 dollars provenant des contribuables est « destiné aux jeunes Canadiens (en particulier les Autochtones, les personnes noires et de couleur, les jeunes membres de la communauté 2ELGBTQ+, ainsi que d’autres communautés mal desservies), leur permettra d’acquérir des connaissances sur l’environnement et leur offrira des possibilités d’apprentissage par le service communautaire et de leadership. Ce projet fera participer les jeunes à des actions communautaires liées aux grandes crises environnementales et formera les éducateurs pour qu’ils puissent mieux intégrer la sensibilisation à l’environnement dans leur enseignement. ».
Imaginez une véritable urgence pour laquelle vous composez le 9-1-1, par exemple un immeuble en feu. Vous voulez simplement que les pompiers arrivent et éteignent l'incendie le plus rapidement possible. Vous ne vous souciez pas de savoir si les pompiers sont autochtones, noirs ou issus d'une minorité sexuelle. De même, si le changement climatique était vraiment une urgence, le gouvernement affecterait toutes les ressources à ceux qui pourraient le mitiger le plus efficacement, plutôt que de répartir les ressources en fonction d'objectifs de diversité raciale ou autres.
Parmi les autres projets financés par les contribuables, 782 922 dollars sont destinés à aider les enfants autochtones et les jeunes du nord-ouest de l'Ontario et de l'est du Manitoba à « des chefs de file en matière de climat dans leurs communautés et qu’ils participent à l’économie verte émergente. La programmation combinera la science du climat occidentale et les connaissances traditionnelles des Anishinaabe propres au Traité no 3. ». Et 342 524 dollars sont destinés à donner aux jeunes, en particulier en Alberta, « des compétences et des perspectives qui les aideront à surmonter les défis environnementaux actuels et à faire la promotion des pratiques écologiques. ».
Une autre somme de 396 213 dollars sera versée à une organisation qui créera « du matériel d’éducation environnementale expérientiel et élaboré par des Autochtones pour aider les enseignants de la maternelle à la 12e année dans les écoles des Six Nations et de Hamilton à ancrer la culture environnementale des jeunes dans les perspectives culturelles des Haudenosaunee. » Selon le blog de cette organisation, la « résilience climatique » exige que nous « rejetions le capitalisme et l'hétéronormativité » ainsi que le « racisme environnemental ».
Au vu des descriptions des projets et des organisations bénéficiaires des fonds publics, une personne raisonnable pourrait en déduire qu'au moins une partie importante des 14,4 millions de dollars de la dernière série de financements – et des 206 millions de dollars au total sur cinq ans – servira à financer des actions militantes à caractère politique ciblant les jeunes, et non des initiatives éducatives concrètes. Ces dépenses devraient être annulées.
Le célèbre psychologue Jordan Peterson a publié une critique cinglante du livre-programme de Mark Carney, Value(s), paru en novembre 2022. En voici de larges extraits traduits par nos soins. Le livre du nouveau Premier ministre désigné du Canada n’a pas été traduit en français.
Value(s) est un livre étrange, pris dans son ensemble, même s’il est considéré comme une simple entreprise littéraire. Il commence par une évaluation des valeurs, comme promis, mais s’enfonce ensuite dans une initiation à l’économie, proche d’un texte d’introduction dans ce domaine, et en reste précisément là pendant la majeure partie de l’aventure. Vers la fin, pour être juste, nous sommes à nouveau amenés à discuter des valeurs — une réaffirmation et un prolongement de la préface. Cependant, ce retour prend un certain temps et l’on se demande pourquoi le livre ne fait pas 200 pages plutôt que les plus de 600 pages actuelles.
J’ai eu du mal à me défaire du soupçon que le livre s’oriente vers l’histoire pure, d’abord parce que Carney n’a pas grand-chose à dire sur les valeurs en soi, et ensuite parce qu’il veut se convaincre et nous convaincre, alors qu’il parcourt les monts et les vallées de la théorie économique et de sa carrière, qu’il sait de quoi il parle et qu’il est l’homme qu’il faut pour le moment. Cependant, le simple fait qu’il puisse écrire un traité d’introduction au monde de la finance, conceptuel et institutionnel, nous en dit très peu sur sa capacité à entreprendre la tâche plus difficile concernant les valeurs, en soi, qu’il promet de gérer. Et quelle est cette tâche, précisément ?
M. Carney est conscient, comme il se doit, que les systèmes de marché ne peuvent à eux seuls résoudre tous les problèmes du monde. Rien ne le peut. Il est impossible de résoudre « tous les problèmes », car les faits bruts de notre ignorance, de notre mortalité et de notre faillibilité signifient que toutes les solutions que nous parvenons à élaborer face aux difficultés de la vie sont imparfaites et partielles.
En outre, il est tout à fait vrai — et il s’agit là d’une conviction conservatrice fondamentale ou même libérale classique — que les sociétés et les marchés libres opèrent dans un cadre de valeurs plus large. En Occident, pour le meilleur ou pour le pire (et certainement pour le meilleur comparativement), ce cadre est judéo-chrétien, religieux et culturel dans son essence — un cadre qui a établi les principes de « l’évidence » auxquels les auteurs et les signataires de la Déclaration d’indépendance américaine ont fait référence de manière si célèbre.
Il s’agit notamment des propositions suivantes : tous les individus ont une valeur intrinsèque, puisqu’ils sont à l’image de Dieu ; chacun doit à tous les autres le respect que cette valeur exige, y compris la responsabilité d’échanger des biens, des idées, de coopérer et de rivaliser, de manière honnête et équitable, en vue d’un succès mutuel ; et chacun d’entre nous, y compris nos dirigeants (et peut-être avant tout), doit rendre hommage à ce qui est véritablement transcendant et divin.
C’est ce cadre que Carney prétend remplacer, même s’il n’est pas évident qu’il le comprenne ou qu’il ait développé une quelconque compréhension de la culture qu’il veut remodeler à partir de principes premiers. Il sait, ou a l’intuition, qu’il existe des règles du jeu a priori ou axiomatiques, pour ainsi dire — des déclarations de foi, même — qui doivent sous-tendre ou définir la civilisation elle-même, et qui fournissent la structure nécessaire au marché libre, de sorte que ses calculs collectifs puissent développer et distribuer les ressources d’une manière maximalement productive, efficace et juste.
Quelles sont ses suggestions concernant le remplacement d’un tel cadre ? C’est ici que le bât blesse ou, plus exactement, que le train déraille. Au lieu d’affronter sérieusement le problème des valeurs (et c’est le plus grave des problèmes) — au lieu de faire le difficile voyage à travers les paysages complexes de la théologie et de la philosophie qui est vraiment nécessaire avant qu’une telle tentative puisse être tentée — Carney dévoile son alliance avec les pires idées préconisées au cours des vingt ou trente dernières années et les présomptions intellectuelles généralement radicales du siècle dernier, qui sont encore pires.
Tout d’abord — et cela se trouve dans la préface, réaffirmé dans la conclusion (le véritable cœur du livre) — il nous assure que le changement climatique apocalyptique sur lequel insistent tant de personnes déterminées à justifier leur quête d’un pouvoir illimité par des raisons morales équivaut, en fait, à l’apocalypse. La lutte contre le changement climatique est donc l’enjeu numéro un de notre époque, comme tous les acteurs moraux doivent en convenir — sinon… C’est sa première vérité évidente en soi, mais ce n’est pas la seule, comme nous le verrons. Cela signifie que la « préservation de la planète » est sa valeur première et l’étoile polaire qui doit guider toutes — et il dit bien toutes — les décisions personnelles et économiques. Cela signifie également (notez-le bien) qu’il est prêt à, et même qu’il doit, utiliser la peur pour façonner sa politique ; la peur même d’une urgence cataclysmique imminente qui a toujours été exploitée même par les tyrans les plus explicitement réticents pour s’assurer que leurs diktats théoriquement bienveillants sont appliqués absolument partout et tout de suite. À titre d’exemple :
Notre objectif a été de mettre en place les informations, les outils et les marchés nécessaires pour que chaque décision financière prenne en compte le changement climatique — pour créer un système financier dans lequel les contributions d’une entreprise au changement climatique et à la solution climatique sont des déterminants fondamentaux de sa valeur. Pour que la valeur reflète les valeurs. Lors de la COP26 à Glasgow, nous avons mis en place vingt-quatre réformes majeures pour transformer les informations, les outils et les marchés au cœur de la finance. Il s’agit notamment de tests de résistance aux chocs climatiques, de plans de transition nette zéro et d’informations claires, comparables et utiles à la prise de décision sur le climat, afin que les marchés financiers puissent gérer les risques et saisir les avantages découlant de la transition climatique.
Face à de telles affirmations, il est préférable de lire sérieusement entre les lignes. Tout d’abord, considérons « chaque décision financière.... » Vraiment ? Chaque décision financière ? Littéralement « chaque décision financière » doit tenir compte du « changement climatique » ? Ce que les bien-pensants qui prétendent être les sauveurs de la planète, ou leurs partisans tout aussi vertueux, ne reconnaissent pas, à leurs risques et périls, et pire, aux nôtres, c’est qu’une telle déclaration accorde une licence illimitée à la tyrannie.
Mark Carney le nouveau Premier ministre du Canada
Si le sort de la planète — tous ses écosystèmes, toute sa beauté, tout ce qu’elle offre à l’humanité — est littéralement en jeu chaque fois qu’une décision financière est prise, à tous les niveaux, individuel, corporatif et étatique, alors tous les aspects de la vie doivent clairement être réglementés en fonction de cet objectif — et cela signifie tous les aspects de la vie. Comment comprendre cet état de fait ? Nous pourrions nous tourner vers les objectifs déclarés du consortium de grandes villes C40, et leurs objectifs ouvertement similaires à ceux de Carney, pour en avoir une compréhension différenciée et immédiate.
Même si vous n'avez jamais entendu parler de Michael Mann, vous avez certainement ressenti son influence néfaste sur vos factures d'énergie. Il est l'inventeur du graphique en forme de crosse de hockey, qui montre une forte augmentation des températures mondiales à la fin du XXe siècle, comme la lame du bâton de hockey sur glace. Ce graphique a déclenché la peur du changement climatique et a servi d'excuse aux décideurs politiques pour faire grimper en flèche les taxes, les droits de douane et les réglementations [dites] en faveur de l'environnement.
Mann était un obscur universitaire qui venait d'obtenir son doctorat à l'université du Massachusetts lorsque son graphique a été publié dans la revue Nature en 1998. En l'espace de quelques mois, il est devenu le porte-étendard de la prétendue apocalypse du réchauffement climatique, acclamé partout, du New York Times au Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Jamais auparavant un scientifique n'avait démontré la menace d'une catastrophe climatique imminente de manière aussi graphique et spectaculaire.
Mais dès le début, la thèse de Mann a été attaquée par toute une série de critiques. Ceux-ci affirmaient, par exemple, que les données indirectes que Mann avait utilisées pour recréer les premières températures (par exemple, les cernes des arbres) n'étaient pas fiables, que sa méthodologie statistique était défectueuse et que ses algorithmes étaient tellement viciés que, quelles que soient les données introduites, on obtenait toujours la même forme de crosse de hockey non scientifique et politiquement motivée.
Ces critiques ont enfin été confortées. Non pas, malheureusement, par un réexamen officiel du graphique de Mann, ce qui n'arrivera jamais parce qu'il y a trop d'intérêts en jeu. Mais plutôt dans le cadre improbable d'un procès interminable, que Mann a intenté il y a des années dans le but d'appauvrir et d'humilier ses détracteurs, mais qui s'est récemment retourné contre lui de manière spectaculaire.
Le procès traîne dans les tribunaux américains depuis 2012, lorsque Mann a intenté une action en diffamation contre deux journalistes. L'un d'eux, le Canadien Mark Steyn, ancien critique du Spectator, avait qualifié le travail de Mann de « frauduleux ». L'autre, Rand Simberg du Competitive Enterprise Institute, avait déclaré que Mann avait « molesté et torturé des données “, le qualifiant de ” Jerry Sandusky de la science climatique », allusion à un pédophile condamné.
Au cours des premières années de ce long exercice de guerre juridique, Mann a semblé mener la danse. « La procédure est la punition », dit-on souvent à propos de ces affaires, qui sont conçues pour s'éterniser jusqu'à ce que les accusés ne puissent plus se permettre d'être représentés par un avocat et soient contraints à une capitulation humiliante et coûteuse. Steyn et Simberg ont riposté en accusant Mann de SLAPP (« strategic lawssuits against public participation »), c'est-à-dire d'utiliser la loi pour censurer des critiques légitimes. Mais pendant une longue période, il a semblé que leur lutte héroïque contre Mann et ses commanditaires qui semblent avoir les poches pleines (on ne sait pas qui paie ses frais d'avocat) allait être vaine. À un moment terrifiant, au début de l'année dernière, un jury a décidé que pour avoir procédé à une analyse critique tranchante, Steyn devrait être redevable à Mann d'un million de dollars de dommages-intérêts punitifs.
Plus récemment, cependant, Michael Mann s'est retrouvé au pied du mur. Ce mois-ci, le juge a rendu son jugement final, réduisant les dommages-intérêts punitifs de Steyn, qui s'élevaient à 1 million de dollars, à un montant beaucoup plus raisonnable de 5 000 dollars. La semaine dernière, le juge a pris l'initiative inhabituelle de démolir publiquement le caractère moral de M. Mann et de ses avocats. Il a déclaré qu'ils avaient agi de « mauvaise foi » à de multiples reprises. Pire encore, les deux avocats principaux ont « chacun fait sciemment une fausse déclaration de fait à la cour », tandis que Mann a « sciemment participé à cette fausseté », allant même jusqu'à utiliser « des informations erronées et trompeuses ». Il est intéressant de noter que cela rendra Mann responsable d'une partie des frais de justice des hommes qu'il essayait de poursuivre.
La grande question qui se pose maintenant est la suivante : si l'on ne peut même pas faire confiance à Mann pour dire la vérité lorsqu'il est sous serment et devant un tribunal sous peine de parjure, pourquoi diable devrions-nous le prendre au sérieux sur le sujet du réchauffement climatique ? Et pourquoi un homme ayant des antécédents de tromperie et de mensonge aurait-il été autorisé à jouer un rôle aussi central dans tout ce qui touche à l'avenir de l'économie mondiale et au genre d'absurdités alarmistes que nos enfants sont forcés d'apprendre dans les cours de sciences et de géographie ?
La crosse de hockey, ne l'oublions jamais, a été présentée comme le dernier clou dans le cercueil du climato-scepticisme. « Il est difficile de surestimer l'influence de cette étude », a déclaré un journaliste de la BBC, et en cette rare occasion, ce journaliste de la BBC avait raison. La crosse de hockey a été fréquemment citée dans le troisième rapport d'évaluation du GIEC ; elle a été utilisée pour soutenir le traité de Kyoto ; elle est apparue dans les manuels scolaires ; elle a été citée par les hommes politiques comme la preuve qu'il était urgent d'agir.
Pourtant le théorème de la crosse de hockey a toujours été remis en question. Et il n'était pas nécessaire d'être un scientifique, un statisticien ou un quelconque « expert » pour le savoir. Il y avait bien assez d'amateurs éclairés, comme les Canadiens Steve McIntyre et Ross McKitrick, qui proposaient des démonstrations érudites et détaillées. Ni Mann ni aucun de ses soi-disant alliés de l'équipe de hockey n'ont pu les réfuter. Tout ce qu'ils ont pu faire, c'est de l'ad hominem (« J'espère que vous n'êtes pas dupe des mythes sur la crosse de hockey qui sont perpétués par les anticonformistes, les groupes de réflexion de droite et les désinformateurs de l'industrie des combustibles fossiles », a bafouillé Mann), des appels à l'autorité et de l'indignation à l'emporte-pièce.
La crosse de hockey de Mann est toujours brandie pour mater les critiques, mais il s'avère qu'il est un menteur et que son funeste héritage - des éoliennes qui saccagent votre horizon aux règlements « net-zero » qui tuent votre entreprise - perdure.
Forage de gaz de schiste au Québec avant l'interdiction de 2022
Ces jours-ci, nous analysons les boîtes de biscuits et les bouteilles de shampooing pour essayer d’acheter local. Surtout, les citoyens furieux face à l’outrecuidance de Donald Trump utilisent leur pouvoir de consommateur en évitant de favoriser les produits américains.
Ici, je parle d’une multitude de petits achats faits par les ménages, à coups de quelques dollars. Nous nous convainquons, avec raison, que tous ces gestes additionnés finissent par avoir un impact réel. Publicité
Mais il est de ces achats que nous faisons collectivement, en vrac, à coups de centaines de millions de dollars. Dans ces cas, chaque consommateur est impuissant pour en choisir la provenance.
Par exemple: le pétrole et le gaz naturel. Vous vous présentez à la pompe. Pétrole canadien, américain ou d’ailleurs? Comment savoir? Tout relève d’une chaîne d’approvisionnement complexe... et de décisions politiques passées.
Made in USA
S’il est impossible de savoir d’où provient exactement le gaz ou le pétrole que vous consommez aujourd’hui, il y a deux choses que nous savons avec précision.
La première: depuis une décennie, une grande partie de notre pétrole et de notre gaz arrive des États-Unis.
La seconde: nous importons tout puisque nous avons fait le choix de ne rien produire.
Nous dépendons des États-Unis pour au moins la moitié de nos besoins parce que nous avons refusé les projets de pipelines qui auraient acheminé le pétrole canadien vers le Québec.
Ce choix a donné lieu à de grands discours politiques anti-pétrole de l’Ouest. Ces discours furent politiquement payants. Mais furent-ils bien fondés à la lumière de ce que nous vivons aujourd’hui?
Nous importons tout pour la simple raison que nous avons décidé de renoncer à toute exploitation locale. Après avoir mis les bâtons dans les roues d’une industrie naissante, le gouvernement du Québec a fait adopter en 2022 une loi assez radicale. Toute exploitation et même toute exploration des hydrocarbures sont interdites au Québec.
À ce moment, la CAQ arrivait en campagne électorale et voulait calmer les critiques en matière d’environnement. Le plus ridicule, c’est que malgré ce geste extrême, la CAQ a continué à se faire reprocher par les mêmes critiques de négliger les changements climatiques.
Potentiel énorme
J’ai obtenu copie d’un rapport que le gouvernement avait entre les mains au moment de freiner tout développement. On y découvre l’ampleur du potentiel gazier du Québec.
Les résultats de l’exploration déjà faite montrent que le Québec aurait la capacité de s’autosuffire en gaz pour une période de 60 ans. Nous sommes assis sur des réserves énormes.
La valeur de production pourrait dépasser les 200 milliards $. Nous boudons nos richesses et nous préférons verser des milliards aux États-Unis pour nous approvisionner. Je ne parle même pas des retombées économiques annuelles de centaines de millions que rapporteraient les opérations.
Le jour où nos députés ont adopté cette loi, sommes-nous vraiment devenus plus verts... ou plus dépendants des États-Unis?
Le réchauffement climatique entraîne effectivement une augmentation des décès dus à la chaleur. Mais le froid fait beaucoup plus de victimes, selon un article de Bjorn Lomborg.
Chaque fois qu'il y a une vague de chaleur - que ce soit dans notre pays ou à l'étranger - les médias s'y intéressent. Les hommes politiques et les militants interviennent alors pour avertir que le changement climatique est en cause et qu'il faut réduire les émissions de carbone. Mais ils ne nous racontent qu'une petite partie de l'histoire et leurs conseils sont franchement terribles.
Le réchauffement de la planète entraîne une augmentation des vagues de chaleur, ce qui accroît le risque de décès dû à la chaleur. Mais il entraîne également une diminution des températures froides, ce qui réduit le risque de décès par le froid. Presque partout dans le monde, et pas seulement au Canada, le froid tue cinq à quinze fois plus de personnes que la chaleur.
La chaleur fait l'objet d'une grande attention, à la fois en raison de son lien évident avec le changement climatique et parce qu'elle est visible et photogénique. Elle tue généralement dans les quelques jours qui suivent une température trop élevée, car elle modifie l'équilibre hydroélectrolytique des personnes les plus faibles, souvent les plus âgées.
Le froid, quant à lui, tue lentement, souvent sur plusieurs mois. À basse température, le corps resserre les vaisseaux sanguins extérieurs pour conserver la chaleur, ce qui fait monter la tension artérielle. L'hypertension artérielle est la première cause de mortalité dans le monde, responsable de 19 % des décès.
Selon l'endroit où nous vivons et en tenant compte des infrastructures, comme les systèmes de chauffage et de refroidissement, et des autres moyens que nous utilisons pour nous maintenir à l'aise, il existe une température à laquelle les décès sont réduits au minimum. Si la température se réchauffe ou se refroidit, le nombre de décès augmente.
Une étude récente du Lancet montre que si l'on compte tous les décès supplémentaires dus à des températures trop élevées dans le monde, la chaleur tue près d'un demi-million de personnes par an. En revanche, les températures trop froides sont neuf fois plus meurtrières, tuant plus de 4,5 millions de personnes.
Au Canada, il n'est pas surprenant que le froid soit plus de 12 fois plus mortel que la chaleur. Chaque année, environ 1 400 Canadiens meurent à cause de la chaleur, mais plus de 17 000 meurent à cause du froid.
Il est très, très facile, lorsque vous êtes dans une situation de survie à court terme : je dois payer le loyer ce mois-ci, je dois pouvoir acheter des provisions pour mes enfants, de dire « d'accord, accordons une priorité légèrement moindre au changement climatique ».
Et c'est quelque chose d'instinctif quand la tempête arrive, vous voulez vous blottir, vous recroqueviller et attendre qu'elle se calme. Nous ne pouvons pas faire cela avec le changement climatique. Et malheureusement, nous avons beaucoup d'amplification politique du type de récit qui est directement opposé à cela.
Il est très, très facile, lorsque vous êtes dans une situation de survie à court terme : je dois payer le #loyer ce mois-ci, je dois pouvoir acheter des #provisions pour mes #enfants, de dire « d'accord, mettons le #changement climatique comme une priorité… pic.twitter.com/ibWNBrPiwZ
Le modérateur de l'émission ne dit rien, mais dodeline de la tête.
—Jean-François Lisée, ancien ministre, ancien chef du Parti québécois : « mes petits-enfants vont me dire quand la température sera à 45 degrés, + 45°, en février »
— Michelle Courchesne, ancienne ministre, « dans 15-20-25 ans une grosse partie de la planète n'existera plus ».
Évolution des températures moyennes annuelles sur le Québec de 1950 à 2100. La partie gauche montre le climat récent intégrant des observations, la partie droite montre le climat projeté. Le SSP2-4.5 est un scénario d’émissions de GES médian, le SSP3-7.0 est un scénario élevé. Tiré des Portraits climatiques d’Ouranos basés sur CMIP6.
Avec le « pire » des scénarios SSP3-7.0 (peu probable), la température moyenne du Québec sera(it) celle de la Belgique en 2100 (12 °C en moyenne l'année), personne ne trouve que la Belgique actuellement à un climat ne fût-ce que chaud, il ne fera jamais +45 °C en plein hiver...
On remarquera, en outre, que les valeurs observées (en bleu) n'indiquent pas un emballement quelconque.
Ouranos poursuit:
Températures hivernales
Les températures hivernales ont aussi tendance à se réchauffer, et ce de façon plus marquée dans le nord de la province avec des augmentations atteignant 8 à 13 °C à la fin du siècle pour un scénario d’émissions de GES élevé. La partie nord du Nunavik verra ainsi le nombre de jours avec un minimum hivernal inférieur à -25 °C passer de 60 jours durant les dernières décennies à 35 jours à l’horizon 2050. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean perdra environ 15 jours de grands froids, alors qu’en Montérégie, la diminution se situe autour de 2 jours.
Selon une étude publiée par des chercheurs du Colby College du Maine, les films hollywoodiens ne parlent pas assez des changements climatiques. Mais est-ce qu’il est dans le devoir d’Hollywood de parler absolument de cet enjeu ? Et en parle-t-il vraiment peu ?
Entrevue avec Arthur de Watrigant, directeur de la rédaction du magazine L’incorrect et chroniqueur sur CNEWS.
Davis Barker a publié un article dans Econ Journal Watch qui démonte une étude largement citée qui prétend démontrer que des températures plus élevées entraînent une croissance économique plus faible. C’est assez dévastateur, mais les méthodes utilisées dans l’étude de référence visée semblent tellement mauvaises qu’il est étonnant qu’elle ait pu être prise au sérieux.
Selon un célèbre article publié en 2012 par les économistes Melissa Dell, Benjamin Jones et Benjamin Olken, le changement climatique nuit à l’économie. Cet article figure parmi les 1 % les plus importants de toutes les publications économiques universitaires quant au nombre de citations, et il a fait l’objet d’une couverture médiatique élogieuse. Les auteurs enseignent respectivement à Harvard, à Northwestern et au Massachusetts Institute of Technology, et ont reçu certaines des plus hautes récompenses de la profession. Je me suis penché de plus près sur leur étude, et elle ne tient pas la route.
L’étude affirme que les températures élevées freinent la croissance économique dans les pays pauvres. Cette affirmation s’effondre lorsque l’on examine leurs définitions. Les auteurs étudient la période 1961-2003 et attribuent à chaque pays une désignation binaire de « pauvre » ou de « riche » selon que leur produit intérieur brut par habitant était inférieur ou supérieur à la médiane des pays en 1960.
Mais certains pays ont vu leur situation changer radicalement à l’époque.
La Corée du Sud est « pauvre », selon les auteurs. En réalité, elle était très pauvre au début des années 1960 et est ensuite devenue très riche. Lorsque j’ai simplement reclassé la Corée du Sud en tant que pays pauvre de 1961 à 1976 et riche de 1977 à 2003, les résultats de l’étude disparaissent presque complètement. Lorsque j’ai permis aux classifications de tous les pays de changer lorsqu’ils passaient au-dessus ou au-dessous de la médiane du PIB par habitant, les résultats ont complètement disparu. Toute étude dont les résultats s’effondrent après un changement de spécification aussi simple ne devrait pas être publiée dans une revue universitaire à comité de lecture.
J’ai également constaté que des circonstances économiques inhabituelles influençaient grandement les résultats des pays. Le PIB par habitant du Rwanda a chuté de 63 % en 1994, année du génocide. Il se trouve que cette année-là a été plus chaude que la moyenne, ce qui a trompé le modèle en montrant que les températures élevées entraînent une baisse du PIB. L’élimination de 16 observations inhabituelles de pays et d’années sur 4 924 a permis d’éliminer l’effet principal rapporté par l’étude. D’autres aspects apparemment arbitraires de leur technique, lorsqu’ils ont été modifiés, ont affaibli ou éliminé leurs résultats.
J’ai étendu les données utilisées par les auteurs aux années 2003 à 2017 et j’ai ajouté des pays supplémentaires à l’échantillon. J’ai constaté à nouveau que le fait de classer correctement les pays en tant que pauvres ou riches avait pour effet d’éliminer les conclusions de l’étude. En revenant à la source originelle de leurs données, j’ai découvert que des températures mensuelles sont disponibles, bien que les auteurs n’aient utilisé que des données annuelles sur les températures. Si les températures élevées réduisent réellement la croissance du PIB, il semble probable que cet effet soit le plus important au cours des mois les plus chauds de l’année. Je n’ai trouvé aucune preuve à l’appui de cette hypothèse dans les données originales ou étendues. J’ai également utilisé un ensemble de données complètement différent sur le PIB par pays et je n’ai trouvé aucun effet de la température sur la croissance.
Les défenseurs du climat ont besoin de preuves que les températures élevées réduisent la croissance économique pour faire avancer leurs politiques. Les économistes responsables ont constaté que les températures élevées n’ont que de faibles effets sur le niveau du PIB. Si les températures augmentent comme le prévoit le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat — en supposant qu’il n’y ait aucune atténuation des émissions de CO2 — alors, selon les économistes responsables, le PIB mondial en 2100 sera inférieur d’environ 2,6 % à ce qu’il serait s’il n’y avait pas d’augmentation de la température. Avec une croissance économique normale, le PIB par habitant en 2100 sera cinq fois plus élevé qu’aujourd’hui. Une réduction de 2,6 % du PIB en 2100 signifierait une croissance du PIB multipliée par 4,9 au lieu de 5, ce qui n’est pas vraiment une catastrophe. Mais si les chercheurs parviennent à démontrer que des températures plus élevées affecteront le taux de croissance du PIB, alors les effets de la chaleur d’ici 2100 pourraient être significatifs. C’est pourquoi les chercheurs pro-climat [alarmistes] souhaitent tant trouver un effet négatif de la température sur la croissance.
Econ Journal Watch, qui a publié ma réfutation, a contacté les auteurs de l’étude de 2012 pour leur donner l’occasion de réagir à mon travail. Ils ont refusé. Il est étonnant que d’éminents économistes, travaillant dans des universités et disposant de vastes ressources leur permettant de rassembler des preuves, aient choisi d’ignorer ma critique. Mais les médias grand public ignoreront tout ce qui révèle les faiblesses de la recherche sur le climat, et les revues universitaires continueront à publier des travaux de piètre qualité qui confirment le dogme de l’hystérie climatique.
David Barker a enseigné l’économie et la finance à l’université de Chicago et à l’université de l’Iowa. Il est titulaire d’un doctorat de l’Université de Chicago et a travaillé comme économiste à la Banque fédérale de réserve de New York. Il dirige actuellement une société immobilière et financière dans l’Iowa. immobilière et financière dans l’Iowa et est membre du Conseil de surveillance des universités publiques de l’Iowa.
Les changements climatiques sont la troisième plus grande source de stress des Québécois, après l’argent, selon un sondage du Journal de Québec (qui valorise le militantisme pour gérer cette écoanxiété, alors que cela risque d’empirer cette angoisse dans la société et ne pas changer grand-chose aux équilibres climatiques…)
Pourtant, objectivement, le Québec n’a pas grand-chose à craindre du réchauffement climatique. La hausse des températures pourrait même y être globalement positive. Celle du niveau de la mer y est très modérée, car la plaque continentale se soulève lentement au nord de l’Amérique du Nord, contrecarrant en grande partie la petite hausse du niveau de la mer. Le catastrophisme écologisme ambiant dans les médias ignore totalement les aspects positifs d’un réchauffement climatique ou de la faculté d’adaptation de l’homme : 26 % du territoire habité des Pays-Bas sont sous le niveau de la mer.
Il faut moins militer dès l’école et plus instruire.
Il y a cinq ans Greta Thunberg gazouillait :
« Un
éminent scientifique spécialiste du climat avertit que le changement
climatique anéantira toute l’humanité si nous ne cessons pas d’utiliser les
combustibles fossiles au cours des cinq prochaines années ».
Même
l’interprétation la plus généreuse — selon laquelle, en ne mettant pas fin à
l’utilisation des combustibles fossiles à cette date (c’est-à-dire aujourd’hui
21 juin 2023), nous sommes condamnés à un avenir funeste, que nous avons franchi
le point de non-retour fatal et que notre fin est scellée — est aussi
absurde que l’interprétation moins généreuse du tweet ci-dessus, lequel aurait
d’ailleurs récemment été supprimé. Il
serait archivé ici :
À l’heure du réchauffement climatique, devenu changement climatique (c’est plus sûr, ça marche à tous les coups, le climat changeant sans cesse), puis dérèglement climatique pour certains militants afin de « mobiliser » les bourgeois assoupis, il est grand temps de lire l’excellent livre d’Olivier Postel-Vinay, Sapiens et le climat, une histoire bien chahutée, consacré aux changements climatiques qu’a connu notre espèce.
Olivier Postel-Vinay montre que notre espèce fut confrontée tout au long de son histoire à des changements climatiques brutaux de durées et intensités sans commune mesure avec ceux de notre époque.
Sapiens et le climat Une histoire bien chahutée
par Olivier Postel-Vinay,
paru aux Presses de la Cité,
à Paris,
le 8 septembre 2022,
352 pp,
ISBN-13 : 978-2258200937
Résumé de quelques changements climatiques récents mentionnés par Olivier Postel-Vinay
• L’Optimum Romain est marqué par un climat d’une stabilité exceptionnelle avec des siècles chauds bien arrosés et des pluies de printemps abondantes, favorisant l’essor de Carthage et de Rome, sur le pourtour méditerranéen.
C’est au cours de cet Optimum qu’Hannibal traversa (en 218 av. J.-C) les Alpes avec ses éléphants, situation impensable aujourd’hui. Cet Optimum climatique romain (OCR) connu depuis assez longtemps (au moins depuis 1999 avec la première mention dans un article de Nature) est resté assez discret dans la littérature, cette dernière se portant plus volontiers sur l’Optimum climatique médiéval (autour de l’an mil), plus proche de nous. Pourtant de nombreux articles suggéraient que l’OCR est l’Optimum le plus chaud de la période récente, du moins pour les deux ou trois derniers millénaires. Un article récent de Maragritelli et coll. (2020), en Open Access dans Nature, a montré que c’est bien le cas, à savoir que l’OCR fut la période la plus chaude de ses 2000 dernières années (de plus 2 °C, en moyenne par rapport à aujourd’hui dans la région étudiée de la Sicile et de la Méditerranée occidentale) et que l’augmentation de température fut principalement le fait de l’activité solaire (Margaritelli et coll., 2016).
Selon Olivier Postel-Vinay, « les années 21-50 apr. J.-C. représentent les trente années les plus chaudes de notre ère jusqu’aux années 2000, avec des températures de juillet d’au moins 2 °C supérieures à celles du milieu du XXe siècle. Une détérioration du climat a lieu vers 150 apr. J.-C. et le climat devient plus instable à partir de 250 apr. J.-C. avec refroidissement et sécheresse. Le grand glacier d’Aletsch en Suisse recommence à grossir. Il existe une coïncidence entre “la crise climatique” du IIIe siècle et la première chute de Rome. Cette crise du climat en Méditerranée et en Europe de l’Ouest a aussi affecté l’Europe centrale, et une terrible sécheresse entre 338 et 377 apr. J.-C. dans les steppes d’Asie centrale sera à l’origine d’une migration des Huns vers l’Europe ». Notons également, sur d’autres continents, « une sécheresse centenaire, par exemple dans le bassin de Mexico vers 550 apr. J.-C., à l’origine de migrations de populations à la recherche de meilleurs pâturages, suivie par trois siècles de grande sécheresse qui verront l’abandon des populations mexicaines de Monte Alban ».
• L’épisode PEGAT (ou Petite ère glaciaire de l’Antiquité tardive) marque un refroidissement avec multiplication des famines. La température de la Méditerranée baisse, deux énormes éruptions volcaniques dans l’hémisphère Nord font des années 536 apr. J.-C. et 540 apr. J.-C. des années « sans été ». Les cernes des arbres des Alpes autrichiennes et de l’Altaï suggèrent que la décennie 540 apr. J.-C. est dans cette région du monde la plus froide de tout l’Holocène. Une synthèse est proposée par Büntgen et coll. (2016) pour la période de 536 apr. J.-C. à 660 apr. J.-C.
• L’Optimum médiéval est la dernière période la plus chaude proche du XXe siècle. Le premier Viking arrive accidentellement en Islande en 860 apr. J.-C. à la faveur d’une tempête au large des Hébrides, au nord-ouest de l’Écosse. Ensuite Erik le Rouge découvrira le Groenland en 982 apr. J.-C.. Lors de cet Optimum, il faisait un peu plus chaud qu’aujourd’hui et aussi chaud (voire plus) que lors de la première partie de l’Optimum romain, de 230 av. J.-C. à 40 apr. J.-C.. Vers 1100 un chroniqueur de Liège note que les fraises sont mûres à Noël… Tous les hivers ne sont pas aussi doux, ils furent par exemple plus froids qu’aujourd’hui entre 1070 apr. J.-C. et 1179 apr. J.-C.. La Meuse gèle à Waulsort (près de Dinant) en 1143 apr. J.-C.. La tendance générale pendant deux siècles au moins, jusqu’en 1300 apr. J.-C., est qu’il faisait aussi chaud qu’aujourd’hui.
En se basant sur les différents types de cultures, les dates de moissons et vendanges, etc., les historiens ont accumulé de nombreuses données paléoclimatiques et par exemple montré que le vignoble européen s’étendait à l’époque de 500 km au-delà de sa limite septentrionale actuelle (Lamb, 1964, Le Roy Ladurie, 1967, Deconinck, 2009). La vigne était cultivée dans des régions où elle était absente auparavant, comme la Belgique, l’Angleterre, l’Allemagne dès le IXe siècle. Elle disparaîtra de ces régions vers l’an 1350. Durant l’Optimum climatique médiéval, on note aussi la faible extension des glaciers alpins bien en dessous des valeurs actuelles (Le Roy Ladurie, 1967). Une des premières études détaillées de cet épisode est celle de Lamb (1964) de l’Office Météorologique d’Angleterre. Il estima à partir de données historiques, faunistiques, botaniques, glaciologiques et météorologiques que la température en Angleterre fut de 1,2-1,4 °C supérieur à « la température moyenne globale » actuelle et que les précipitations étaient de 10 % supérieures. À l’échelle mondiale, des températures plus élevées d’environ 1-2 °C étaient la règle, et localement jusqu’à 4 °C de plus le long de la côte du Groenland.
La vigne est remontée vers le nord, à la suite de la petite période chaude de Charlemagne en 800, ensuite le climat se refroidit jusqu’en 1200 avec des tempêtes monstrueuses (Van Vliet-Lanoë et coll. 2014) en relation avec une forte instabilité des courants-jets (contraste thermique entre Arctique froid et tropiques chauds, comme actuellement). Ensuite la vigne remontait jusqu’au sud du Danemark. Le glacier du Théodull à côté du Cervin dans les Alpes n’existait plus et le col qu’il recouvrait servait de passage pour les échanges commerciaux avec l’Italie.
Le Groenland connaissait des « températures moyennes annuelles » de 2-4 °C supérieures à l’actuelle. Il faut simplement retenir que l’OCM était caractérisé par des températures élevées, au moins égales aux actuelles, probablement supérieures. De nombreux indicateurs historiques montrent clairement que l’OCM était en effet une période particulièrement chaude, mais instable.
Terminons cet Optimum Médiéval avec la question très discutée des températures. Selon Olivier Postel-Vinay (p.207) « Après des décennies de débats parfois houleux, les paléoclimatologues confirment que les étés entre 1100 apr. J.-C. et 1320 apr. J.-C. étaient chauds et secs, avec des températures de 1 °C à 2 °C supérieures à celles de la période de référence des années 1961-1990 ».
• La Petite Ère glaciaire met un terme à l’Optimum climatique médiéval avec l’apparition d’une période de plus en plus froide illustrée dans les tableaux de Brueghel et caractérisée par une forte poussée des glaciers alpins. Emmanuel Le Roy Ladurie (1967, 2009) en a donné une excellente description résumée ci-dessous.
Paysage hivernal (1565) près d’Anvers (Belgique). Il ne gèle plus ainsi depuis longtemps en Flandre belge. Peinture de Pierre Brueghel l’ancien.
Les premières manifestations apparaissent à la fin de XVIe siècle, précisément en 1588 dans les Alpes suisses où le glacier de Grindelwald défonce sa moraine terminale. Dès lors, la fin de la décennie et les trois siècles suivants verront les glaciers descendre de plus en plus bas dans les vallées avec tous les dégâts que cela suppose. Une chronologie des poussées glaciaires « agressives » est établie à partir de nombreux documents historiques (dates des vendanges, datation des arbres fossiles pris sous les moraines, avancées morainiques et modifications des topographies). Les maxima historiques des glaciers alpins se situent en 1599-1600 et entre 1640 et 1650. Dès 1660 un reflux modéré a lieu dans les Alpes témoignant d’une variabilité du climat à l’échelle décennale. Ces périodes d’avancées (« crues glaciaires ») et de reflux sont la règle tout au long de ces siècles de période globalement plus froide. Ces reflux sont également moindres que les reflux de notre époque plus chaude : par exemple le retrait alpin à la fin du XVIIe siècle et à l’extrême début du XVIIIe siècle est limité à 500 m au plus, au lieu de 1 à 2 km au XXe siècle. Il faut noter que ces oscillations présentent un caractère local à l’échelle pluridécennale (entre 25 et 50 ans) comme le montrent notamment les positions des langues glaciaires terminales (Lliboutry, 1964). Pour cet auteur, ce décalage serait plus le fait de facteurs météorologiques (locaux) que des caractéristiques intrinsèques des glaciers (temps de réaction, dimension, débit). Au final les phases paroxysmales des glaciers alpins de la Petite Ère Glaciaire se sont individualisées en 1660-1610, 1628, 1640-1650, 1676-1680 et 1716-1720 avec la plupart du temps des glaciers nettement plus importants qu’au XXe siècle. Des périodes de décrue secondaire ont parfois lieu avec par exemple 200 à 300 m de retrait horizontal à Chamonix en 1784-1790. La période paroxysmale des glaciers est autour de 1740-1750 pour l’hémisphère Nord.
Le reflux commencera ensuite dès les années 1860-1870 et concerne tous les glaciers alpins : l’ampleur du recul est considérable, et pour la première fois depuis trois siècles un point de non-retour est assez rapidement atteint. La mer de Glace (Chamonix) recule de 150 m en un an (1867-1868) et de 757 m en dix ans (4 nov. 1868 – 27 sept. 1878), soit 76 m par an. La phase multiséculaire de crue glaciaire est donc terminée et inaugure la période actuelle. Le réchauffement se marquera par de premières neiges plus tardives et de dernières neiges plus précoces, traduisant le raccourcissement de la saison froide.
Pour visualiser ces oscillations, se reporter à Emmanuel Le Roy Ladurie (2007) retraçant l’histoire complexe des grands glaciers alpins du XVIe au XXe siècle.
Ces événements sont documentés par Olivier Postel-Vinay qui en élargit la géographie hors Europe : « famines, pandémies, tempêtes de sable et neige récurrentes (1368, 1587, 1618) en Chine à Pékin et dans le delta du Yang Tsé (fleuve Bleu). En 1587, la population du fleuve Jaune se nourrit d’herbes et de plantes sauvages… Dans le Guangxi (Kouang-Si) les gens se mangent les uns les autres et les cadavres jonchent le sol… le froid s’accentue en décembre 1633 et le cours moyen du fleuve Jaune est pris par les glaces… les affamés mangent jusqu’aux graines trouvées dans les excréments des oies.. ». Une éruption volcanique aux Philippines accentue les effets de la Petite Ère glaciaire. En Europe, « le vin gèle dans les caves, il faut le casser à la hache… l’encre gèle dans les encriers… le Rhin et le Rhône gèlent jusqu’au fond de leur lit… le port de Marseille gèle… il pleut des grêlons de 600 grammes… ». L’éruption en 1815 du Tambora en Indonésie injectant des aérosols soufrés dans l’atmosphère, est ressentie dans de nombreuses régions : « année sans été appelée année du mendiant en Allemagne… famine et épidémie en Irlande… destruction des récoltes aux États-Unis… sécheresse dramatique en Afrique du Sud… famine dans le Yunnan… ».
Hors Europe où il fut défini, la Petite Ère glaciaire a connu aux XIVe et XVe siècles une série de fortes sécheresses, sans équivalent actuel, pendant plusieurs années et décennies (presque un siècle) en Asie, dans le nord de Chine, l’Inde centrale et le Vietnam Sud. Elles étaient liées à un régime des moussons particulièrement actif (Sinha et al. 2010).
• La Période Moderne connaît aussi de nombreux aléas climatiques. Citons quelques événements repris par Olivier Postel-Vinay : « dans les années 1930, le Dust Bowl, dans les plaines centrales des États-Unis, représente la plus grande catastrophe climatique de ce pays. L’arrivée de tsunamis de particules de terre et de sables hauts comme un gratte-ciel ou davantage ensevelit tout… Les cultures étaient anéanties par la couche de poussière, ou “blizzards noirs”, jusqu’à 6 m par endroits, et le bétail mourrait… ». L’événement est lié à plusieurs années de sécheresse de grande étendue accompagnée par une forte augmentation des températures. « D’autres sécheresses encore plus sévères étalées sur des décennies avaient déjà affecté ce territoire, et par exemple avaient conduit à la disparition de la civilisation des Pueblos à la fin du XIIIe siècle ». L’URSS « connaît dans les années 1930 une série de sécheresses catastrophiques de l’Ukraine à l’Oural ». Un refroidissement « est sensible dans tout l’hémisphère Nord, de l’Europe à la Chine… En 1956, la lagune gèle à Venise et en France les ceps gèlent… En Angleterre, c’est l’hiver le plus froid depuis 1740… ».
Les alertes à un mini retour de la Petite Ère glaciaire ou d’un refroidissement planétaire firent la une de la presse américaine (Newsweek, New York Times, Time). Citons l’exemple du « The Coming Ice Age » annoncé par Stephen Schneider, 1978. Olivier Postel-Vinay mentionne un rapport de la NASA (1971) montrant que la densité d’aérosols dans l’atmosphère l’emporte de beaucoup sur le réchauffement de l’augmentation du gaz carbonique : « ce rapport conclut qu’un accroissement seulement d’un facteur 4 de la concentration moyenne d’aérosols peut suffire à entraîner une baisse de température de 3,5 degrés ».
Les températures étant redevenues clémentes, la thèse du refroidissement global passe aux oubliettes. Elle est remplacée à partir de 1988 par la thèse du réchauffement climatique sans précédent d’origine anthropique (Hansen, 1988). Depuis lors le réchauffement est entièrement expliqué par le « bouton CO2 », toute autre explication pour le phénomène complexe qu’est la variabilité du climat reçoit une fin de non-recevoir.
M. Trudeau veut importer un demi-million d’immigrés par an au Canada, très peu provenant d’Europe. Il se dit aussi très soucieux du bilan carbone du Canada. Comment ces deux buts sont-ils conciliables alors que chaque habitant en Amérique du Nord a une empreinte carbone très largement supérieure à celle des pays d’où proviennent les immigrés ?
Chaque personne qui immigre au Canada en provenance du Sud détériore donc le bilan carbone de la planète, il aurait eu une empreinte carbone nettement moindre s’il était resté dans son pays ou avait immigré dans un pays avec une moindre empreinte carbone (soit quasiment tous les pays du monde).
Il existe sans doute une solution pour concilier à la fois la mégalomanie immigrationniste du fils Trudeau et diminuer le bilan carbone du Canada : réduire considérablement notre niveau de vie en augmentant sensiblement le prix de l’énergie. Le confort, le transport, l’industrie et l’automatisation ne sont qu’énergie transformée. En réduisant sensiblement notre niveau de vie, l’État pourra imposer la simplicité « involontaire » à tous et accueillir plus d’immigrants tout en baissant le bilan carbone du pays. Quel avenir radieux ! Est-ce là la voie ensoleillée dont nous parlait Trudeau en 2015 ?
La hauteur correspond aux émissions moyennes exprimées en tonnes de CO2
par personne et par an. La largeur désigne la taille de la population. Le Canada est à 15,2 tonnes (tout en haut en vert) alors que l’Inde est à 1,7 tonne…
Les calculs d’un groupe d’économistes de l’École d’économie de Paris (PSE) sont légèrement différents avec des données de 2019 et en comptabilisant les importations nettes de biens et services. En moyenne, chaque être humain émet 6,6 tonnes de CO2 par an. Comme l’indique notre carte, cette moyenne varie de 1,6 tonne par personne en Afrique subsaharienne, à 20,8 tonnes par habitant en Amérique du Nord. Sur le Vieux Continent, le niveau d’émissions de CO2, qui inclut l’impact des biens et services importés d’autres régions, se situe actuellement à 9,7 tonnes par Européen.
Pour ce qui est de l'impact de la hausse des coûts de l'énergie sur l'économie, il suffit de considérer ce qui se passe en Europe actuellement.