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dimanche 12 juillet 2026

Démocratie dans l'Union européenne — Des dérives de l'antiracisme et de la fin de la vie privée

Mathieu Bock-Côté sur un projet de loi qui prévoit des peines d'inéligibilité quand quelqu'un est condamné pour racisme, dans un contexte où la définition du racisme ne cesse de s'étendre, et s'applique à ceux qui critiquent l'immigration massive.
ChatControl est le nom donné par ses détracteurs au projet de règlement européen sur la lutte contre les abus sexuels sur mineurs en ligne. L'objectif affiché par la Commission européenne est de détecter et signaler les images pédopornographiques connues ou nouvelles, ainsi que les tentatives de prise de contact d'un adulte avec un mineur à des fins sexuelles. 

De nombreuses associations de défense des libertés numériques, des spécialistes en cryptographie et certains juristes, résument leurs objections autour de plusieurs points :
  • Une surveillance de masse plutôt qu'une surveillance ciblée. Le principe de scanner les messages de tous les utilisateurs avant même qu'il existe un soupçon individuel est considéré comme une inversion du principe de présomption d'innocence.
  • Une menace pour le chiffrement de bout en bout. Pour analyser des messages chiffrés, plusieurs scénarios reposent sur le balayage sur les ordinateurs personnels avant de contacter le réseau, c'est-à-dire un contrôle effectué directement sur l'appareil des utilisateurs avant le chiffrement. Les opposants estiment que cela revient à affaiblir les garanties offertes par le chiffrement, même si celui-ci reste techniquement en place.
  • Des risques d'erreurs. Les technologies de détection, notamment lorsqu'elles utilisent l'intelligence artificielle pour identifier de nouveaux contenus ou des conversations suspectes, peuvent produire des faux positifs, conduisant à l'examen de communications parfaitement légitimes.
  • Le risque d'extension des usages. Une fois qu'une infrastructure technique permettant l'inspection des communications existe, les critiques craignent qu'elle soit progressivement utilisée pour d'autres objectifs : terrorisme, discours censément de haine, prétendue désinformation, violations du droit d'auteur, etc.
  • Une atteinte disproportionnée aux libertés fondamentales. Plusieurs opposants soutiennent que le dispositif est difficilement conciliable avec le droit au respect de la vie privée, au secret des correspondances et à la protection des données garanti par le droit européen.

mardi 2 juin 2026

Un étudiant poignardé à mort : l’affaire d’Henry Nowak bouleverse le Royaume-Uni (m à j)

L'assassin de Nowak,Vickrum Digwa, a été condamné à la prison à vie lundi et a été informé qu'il purgerait une peine minimale de 21 ans.

Caméra corporelle du policier qui menotte un Henry Nowak qui se vide de son sang. L'agent ne croit pas qu'il ait été poignardé :

Les images de la caméra corporelle montrent que l'étudiant Henry Nowak a répété à plusieurs reprises aux policiers « Je ne peux plus respirer » alors qu'il gisait, mourant, menotté après avoir été poignardé.

Cet étudiant de Southampton, âgé de 18 ans, a été menotté après que le meurtrier Vickrum Digwa, 23 ans, ait menti selon la BBC à la police sur les lieux de l'agression au couteau de 2025, affirmant qu'il avait été victime d'une attaque raciste.

Les images diffusées par la police, avec l'autorisation de la famille de Nowak, le montrent en train de supplier « J'ai été poignardé » et un policier lui répondant « Je ne pense pas, mon gars ».

Nowak a été blessé à la jambe et a reçu une blessure mortelle au cœur, infligées par une lame de 21 cm que Digwa a déclaré porter dans le cadre de sa foi sikhe. Il a été condamné à la prison à perpétuité avec une peine minimale de 21 ans.

Le Bureau indépendant chargé de la conduite de la police (IOPC) a déclaré qu’une enquête sur les agissements de la police était en cours.

Le bureau du procureur général examine également la peine de prison infligée à Digwa après avoir reçu « de multiples demandes » visant à la réexaminer dans le cadre du dispositif relatif aux peines indûment clémentes (ULS).

La famille de Nowak, originaire de Chafford Hundred, dans l’Essex, a qualifié le traitement que lui a infligé la police d’« inhumain et dégradant », et les forces de l’ordre ont présenté leurs excuses.

Son père, Mark, a déclaré : « Henry a répété neuf fois aux agents qu’il ne pouvait plus respirer. Il leur a dit qu’il avait été poignardé à quatre reprises. Henry a été traîné sur le gravier, les mains plaquées derrière le dos, puis menotté. »

Il a ajouté que le contraste entre la manière dont son fils et Digwa avaient été traités était « insupportable ».

« Henry n’aurait pas dû mourir dans les rues de Southampton alors qu’il était en garde à vue », a-t-il ajouté.

Sur la vidéo, on entend un policier arrivant sur les lieux demander : « Comment tu t'appelles, mon gars ? »

Nowak, allongé sur le dos au sol, répond faiblement : « Henry. »

La vidéo se poursuit et Digwa entre dans le champ. Il affirme que Nowak lui a retiré son turban et l'a saisi par les cheveux.

Le policier demande à Digwa s'il est blessé, ce à quoi Digwa répond : « Ouais, ouais, j'ai un œil gonflé ici, un petit bleu là. »

Les agents se tournent ensuite vers Nowak, que l'on entend répéter « On m'a poignardé », puis « Je ne peux pas respirer » alors qu'on le fait s'asseoir pour lui passer les menottes.

S'exprimant devant le tribunal, Mark, le père d'Henry Nowak, a déclaré que son fils « n'était pas mort dans la dignité ».

Alors que la vidéo se poursuit, on entend l'agent demander où Henry a été poignardé. Il ajoute ensuite : « Je ne crois pas, mon pote. »

Alors qu’on lui passe les menottes, Nowak répète « Je ne peux pas respirer » à trois reprises.

On entend l’agent dire : « Il dit qu’il a été poignardé, alors vérifions-le. » Il semble soulever brièvement la chemise de Nowak au niveau de la ceinture avant de le laisser allongé sur le côté.

On entend alors une policière demander : « Où pensez-vous qu'il a été poignardé ? Au visage ? »

Une voix masculine répond : « Il n'a pas été poignardé. »

On informe ensuite Nowak, qui semble ne pas réagir, qu'il est arrêté pour agression.


Mise à jour du 23 mai

 
 


Mise à jour du 20 mai

Réaction d'Elon Musk aux deux poids deux mesures des MÉDIAS face au scandale de la police confrontée à un particulier qui dit ne pas pouvoir respirer et meurt pendant l'intervention policière. 

Dans un cas, quand la victime au casier judiciaire chargée est noire, les médias de grand chemin de la planète s'emparent de l'affaire, en font leurs manchettes pendant des semaines et le policier est puni. 

Dans l'autre cas, quand la victime est blanche, n'est pas un criminel, la police ne croit d'abord pas que ce jeune étudiant a été poignardé, le menotte alors qu'il se vide de son sang parce que celui qui l'a poignardé l'accuse de racisme. Aucune sanction contre le policier qui a retardé ainsi les secours, le tout dans le silence médiatique en dehors de l'Angleterre.


Billet originel du 19 mai 2026
 
En décembre 2025, la mort tragique d’Henry Nowak (ci-contre), étudiant britannique de 18 ans d’origine polonaise, a profondément choqué le Royaume-Uni. Le procès en cours devant la Southampton Crown Court révèle une succession d’éléments troublants : une altercation qui tourne au drame, des accusations lancées presque instantanément, une intervention policière contestée et des comportements familiaux qui alimentent de nombreuses interrogations.

Étudiant en première année de comptabilité et de finance à l’University of Southampton, Henry était décrit comme un jeune homme apprécié, passionné de football et plein d’avenir. Dans la nuit du 3 décembre, après une sortie avec ses coéquipiers, il rentrait à pied à Southampton tout en échangeant des vidéos Snapchat avec ses amis.

L’une de ces vidéos est devenue une pièce centrale du dossier. On y voit Henry croiser Vickrum Digwa, 23 ans, qui porte ostensiblement un couteau cérémoniel sikh dans un fourreau visible sur ses vêtements. Il ne s’agit pas d’un simple objet symbolique de petite taille : la lame mesurait environ 21 centimètres. Une dimension qui, à elle seule, rapproche davantage l’objet d’un véritable couteau de combat que d’un accessoire anodin ou purement décoratif.

Un bref échange suit. Sur un ton apparemment provocateur ou moqueur, Henry lance : « Tu fais le dur [ou le caïd] ? Dis que tu fais le dur. » Digwa répond : « Je fais le dur. »

Quelques secondes plus tard, l’enregistrement s’interrompt.

Selon l’accusation, Henry reçoit alors quatre coups de couteau. Une blessure profonde à la poitrine lui transperce un poumon ; un coup entaille sa mâchoire et d’autres coups atteignent ses jambes. Grièvement blessé, il tente néanmoins de fuir, escalade une clôture et laisse derrière lui une traînée de sang. Les médecins ont expliqué au tribunal qu’il est mort d’une hémorragie interne massive — une formule particulièrement brutale a été employée : le jeune homme se serait littéralement « noyé dans son propre sang ».

Une intervention policière devenue le point le plus explosif du dossier

Le meurtre lui-même a bouleversé l’opinion ; mais la réaction des premiers policiers arrivés sur place a suscité une indignation peut-être encore plus forte.

D’après les éléments présentés au procès, des proches de Digwa seraient arrivés très rapidement. Immédiatement, un récit alternatif semble prendre forme : Henry est décrit comme ivre, agressif et animé d’intentions racistes. Ces accusations sont formulées avec une rapidité frappante, avant toute reconstitution sérieuse des faits, alors même que Digwa nie encore avoir utilisé un couteau.

Le problème est qu’au même moment, Henry affirme à plusieurs reprises avoir été poignardé.

« J’ai été poignardé. »

« Je n’arrive plus à respirer. »

Selon les témoignages évoqués au procès, un policier lui aurait répondu : « Je ne te crois pas quand tu dis avoir été poignardé. »

Cette phrase est devenue centrale dans les critiques visant l’intervention policière. Elle ne traduit pas seulement une erreur d’appréciation potentielle ; elle donne l’impression, pour de nombreux observateurs, qu’une conviction s’est installée très tôt dans l’esprit des agents : Henry n’était pas spontanément considéré comme une victime crédible.

Le détail est d’autant plus troublant qu’il existait déjà des indices matériels difficiles à ignorer. Henry saignait abondamment. Il peinait à respirer. Et surtout, selon les éléments présentés au procès, il avait laissé derrière lui une véritable traînée de sang après sa tentative de fuite.

Beaucoup se sont demandé comment un homme répétant qu’il a été poignardé, présentant des signes visibles de détresse extrême et entouré d’indices physiques aussi évidents a pu être perçu avant tout comme un suspect potentiel.

Malgré cela, les policiers l’ont menotté pour suspicion d’agression.

L’image est restée gravée dans les esprits : un garçon de 18 ans gravement blessé, affirmant qu’il vient d’être poignardé, menotté alors que son état se détériore rapidement.

Quelques instants plus tard, Henry s’effondre.

Malgré l’intervention des secours et d’un médecin héliporté, il décède à 0 h 37.

Par la suite, plusieurs éléments sont venus fragiliser les accusations initiales. La vidéo retrouvée sur le téléphone d'Henry Nowak retrouvé dans la poche de Vickrum Digwa ne contiendrait aucune insulte raciale explicite.
(Aucune explication n'a été fournie à notre connaissance expliquant pourquoi le téléphone de Nowak se trouvait dans la poche de Digwa.) Les analyses toxicologiques ont également montré qu’il avait consommé de l’alcool, mais à un niveau inférieur à la limite légale de conduite : une situation bien éloignée du portrait d’un homme fortement ivre avancé dans les premières minutes.

Le comportement particulièrement troublant de la mère

Un autre aspect du dossier a retenu l’attention : l’attitude de Kiran Kaur, la mère de l’accusé.

Des images présentées au tribunal montreraient la femme revenant sur les lieux après les faits pour récupérer l’arme avant de la rapporter au domicile familial voisin.

Ce geste soulève des questions évidentes. Revenir chercher précisément l’objet central d’une affaire de meurtre, puis le déplacer hors de la scène des faits, paraît difficilement conciliable avec une simple réaction de panique.

Les analyses ont retrouvé du sang et des tissus d’Henry sur la lame, tandis que des cheveux de Digwa ainsi que l’ADN de sa mère ont été retrouvés sur le fourreau.

Elle est poursuivie pour avoir aidé un auteur présumé d’infraction après les faits. La mère conteste les accusations.

L’affaire est désormais devenue bien plus qu’un dossier criminel : elle nourrit un débat national sur les réflexes institutionnels, les accusations de racisme, la manière dont se construisent les premiers récits policiers et les conséquences parfois irréversibles d’erreurs commises dans les toutes premières minutes d’une intervention.

lundi 27 avril 2026

Mathieu Bock-Côté de A à Z


Petit abécédaire rédigé par Valeurs actuelles sur Mathieu Bock-Côté qualifié d'homme incarné, nuancé et subtil, adversaire résolu du politiquement correct, tel qu'il se donne à voir dans ses échanges passionnants avec Laurent Dandrieu dans le livre d'entretien récemment publié Le Pessimiste joyeux (Fayard, 272 pages).
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30 octobre 1995

Pour moi, l'indépendance [du Québec] allait de soi. La journée du référendum, nous sommes persuadés de l'emporter - les sondages des derniers jours le laissaient croire. Et quand on perd, le soir, après une longue soirée référendaire, je ressens une forme d'effondrement mental : ce qui devait arriver n'était pas advenu, le Québec ne devenait pas un pays.

Banquet

​J'ai toujours aimé la figure du banquet. J'aime tout ce qui est excessif, ce qui déborde, ce qui ne rentre pas dans les cases. J'aime que partout la vie déborde, or le régime n'aime pas ce qui déborde. C'est pourquoi il y a aujourd'hui une guerre contre l'alcool, une guerre contre ci, une guerre contre ça. Plus que la santé publique, ce qui guide cela implicitement, c'est l'idéal d'une existence normalisée. Toute forme de spiritualité un tant soit peu radicale va être traitée sur le mode sectaire. Tout tempérament plus conquérant va être vu comme extrémiste [… ]. Le banquet est l'ultime forme de résistance, parce que ça rassemble tout : l'excès, la fête, la conversation brillante et, en même temps, les chants paillards. Et aussi cette relation égalitaire, exceptionnelle, qu'est l'amitié. Et encore aussi la figure du désir pour l'autre sexe.

Dieu

Sur le plan politique, il n'importe pas de savoir si on croit en Dieu ou non, il importe de savoir si on se prend pour Dieu ou non. Or, les modernes ont la tentation de se prendre pour Dieu. Mais l'homme n'est pas créateur du monde. Il peut l'aménager, l'améliorer, le transformer, le magnifier, le détruire, mais il ne le crée pas. S'il veut le créer, ou le recréer, il est condamné à l'anéantir : c'est la malédiction de l'homme-démiurge.

Diversité

La diversité, avant d'être une richesse, comme ils disent (et c'en est une pour le patronat qui cherche une main-d'œuvre à bas salaire, c'en est une pour les partis de gauche qui croient trouver là un électorat de substitution, c'en est une pour les racistes anti-blancs qui rêvent d'un multiculturalisme agressif pour débarrasser l'Occident de ses vieux peuples), est un projet. Le progressisme tel qu'il se transforme au cours des années 1950 et 1960 entend détraditionaliser les sociétés occidentales, les décoloniser de l'intérieur, si l'on veut, en faisant tomber la figure de l'homme blanc hétérosexuel, et tout l'univers symbolique qu'on lui associait.

Do you speak English ?

​On ne m'entendra jamais dire un mot d'anglais au Québec. Et si on insiste vraiment : « But don't you speak English ? » « Never at home ! » Je parle anglais, je le lis chaque jour, je l'écris correctement, mais je refuse de le parler au Québec. Jamais, vous ne m'entendrez parler anglais dans mon propre pays - c'est une belle langue, c'en est une grande, mais chez moi, c'en est d'abord une qui s'impose dans un rapport néocolonial.

Droite/gauche

Je ne sens pas le besoin de me dire de droite comme la gauche se dit de gauche. La gauche s'autoproclame gauche, puis renvoie à droite tout ce qu'elle n'aime pas. Je n'ai pas vraiment envie de rentrer dans son jeu. Ceux qui se couchent, elle les assimile au centre. Ceux qui chouinent sans la combattre vraiment, elle les nomme droite. Ceux qui lui tiennent vraiment tête, elle les nomme extrême droite. Et ceux qui se retrouvent à droite sont généralement malheureux de l'être. Ils auraient préféré être ailleurs. De là la droite complexée, la seule tolérée, à la différence de la droite décomplexée, qui est une droite désinhibée, ayant oublié d'être honteuse.

​Finkielkraut (Alain)

J'ai une admiration infinie pour Alain Finkielkraut, et beaucoup d'affection aussi ; je lui dois énormément - nous sommes nombreux dans cette position, d'ailleurs. Fink a une belle formule : « On ne pense pas par soi-même de soi-même. » Je dirais, de ce point de vue, que j'ai appris à penser par moi-même en bonne partie grâce à lui, à la fois parce qu'il traduisait philosophiquement certaines de mes intuitions les plus profondes, mais aussi parce qu'il nous mettait sur la piste d'auteurs appelés à marquer profondément l'esprit de ceux qui les lisaient vraiment.

​Flaque

Le progressisme prétend nous délivrer de tout, couche après couche, couche culturelle, couche sociale, couche ethnique, couche religieuse, pour faire de nous des individus absolument libres, sans détermination. À terme, nous condamnant au modèle de l'identité fluide, il nous conduit à la flaque finale.


Le père de MBC, Serge Côté est décédé le 28 avril 2026 à l’âge de 84 ans

Fraise

​Je me souviens d'une balade, aux îles de la Madeleine, dans le golfe du Saint-Laurent [à 915 km à l'est de Montréal à vol d'oiseau]. Au loin, je vois une grande croix plantée dans le sol, au sommet d'une colline. Je décide de m'y rendre, je marche une trentaine de minutes, j'y arrive. Et d'un coup, je m'agenouille, et à ce moment, je me sens terriblement ridicule. Parce qu'une part de moi dit : "Tu fais ce que tu as à faire, devant la Croix, on s'agenouille, c'est d'ailleurs dans cette position qu'il faut la contempler. " Mais l'autre partie dit : "Arrête de te faire croire des choses ; tu sais très bien que tu as la densité spirituelle d'une fraise!"

mercredi 14 janvier 2026

Diffusion et effets de l’idéologie de la « justice sociale critique » dans les écoles américaines

Publié en février 2023 par le Manhattan Institute, un laboratoire d'idées américain d’orientation conservatrice, le rapport intitulé School Choice Is Not Enough: The Impact of Critical Social Justice Ideology in American Education a été rédigé par Zach Goldberg, analyste politique, et Eric Kaufmann, chercheur associé.

Cette étude analyse la diffusion et les effets de ce que les auteurs désignent comme l’idéologie de la « justice sociale critique » (Critical Social Justice, CSJ) dans l’enseignement primaire et secondaire aux États-Unis.


La CSJ regroupe un ensemble de concepts issus principalement de la théorie critique de la race (Critical Race Theory, CRT) et de certaines approches radicales de l’idéologie du genre : privilège blanc, racisme systémique, patriarcat, ou encore l’idée selon laquelle l’identité de genre serait indépendante du sexe biologique.

Le rapport conteste l’affirmation selon laquelle ces notions seraient marginales ou cantonnées à quelques établissements militants. Il soutient au contraire qu’elles sont largement diffusées dans le système éducatif américain, y compris dans les écoles privées et religieuses, et qu’elles exercent une influence durable sur les attitudes politiques, raciales et civiques des élèves.

Méthodologie

L’étude repose sur une enquête menée auprès d’un échantillon national représentatif de 1 505 jeunes Américains âgés de 18 à 20 ans. Les participants ont été interrogés sur :

  • leur exposition à huit concepts centraux de la CSJ ;
  • la manière dont ces idées leur ont été présentées (comme des vérités établies ou comme des points de vue parmi d’autres) ;
  • leurs opinions politiques, leurs attitudes à l’égard des relations raciales et leur vécu scolaire.

Les données ont été croisées avec des variables démographiques (origine ethnique, sexe, région, type d’établissement fréquenté) et contextuelles (orientation politique du comté, niveau de revenu familial).
Les auteurs soulignent que l’école constitue la deuxième source d’exposition initiale à ces idées (23 %), derrière les réseaux sociaux (40 %), ce qui relativise sans l’annuler la responsabilité du cadre scolaire.

Ampleur de l’exposition aux concepts de justice sociale critique

Les résultats font apparaître une diffusion très large de ces notions.

Ainsi, 93 % des répondants déclarent avoir été exposés à au moins l’un des huit concepts par un enseignant ou un adulte dans le cadre scolaire. La proportion atteint 90 % pour les concepts liés à la théorie critique de la race et 74 % pour ceux associés à l’idéologie de genre.

En moyenne, les jeunes interrogés ont été confrontés à plus de la moitié de ces concepts. Cette exposition concerne tous les types d’établissements :

  • 73 % dans les écoles paroissiales,
  • 82 % dans les écoles privées non confessionnelles,
  • 83 % parmi les élèves instruits à domicile.

Les écoles publiques se distinguent par une présence plus marquée des thématiques liées au genre. Des variations démographiques apparaissent également : les élèves noirs et hispaniques sont davantage exposés aux concepts issus de la CRT, tandis que les zones urbaines et les comtés à majorité démocrate présentent des taux plus élevés concernant les questions de genre.

Point particulièrement préoccupant pour les auteurs : dans près de 70 % des cas, ces idées sont perçues comme ayant été présentées sans contre-discours, non comme des hypothèses discutables, mais comme des vérités allant de soi.

Effets sur les opinions politiques et idéologiques

L’un des constats centraux du rapport est l’existence d’une corrélation forte entre l’exposition à la CSJ et un déplacement des opinions politiques vers la gauche.

Chez les jeunes n’ayant été exposés à aucun de ces enseignements, l’identification partisane reste relativement équilibrée (27 % se déclarent républicains, contre 20 % démocrates). À l’inverse, chez ceux ayant connu une exposition maximale, l’écart devient très marqué : 53 % se déclarent démocrates, contre seulement 7 % républicains.

L’auto-identification comme « libéral » progresse également de manière significative, passant de 28 % en l’absence d’exposition à plus de 50 % chez les individus fortement exposés.

Le soutien à des politiques explicitement différenciées selon l’origine ethnique, telles que l’embauche préférentielle en faveur des Noirs, augmente de 17 % à 44 % avec l’intensité de l’exposition.

Ces effets persistent après prise en compte de l’environnement familial et géographique, ce qui suggère que l’école joue un rôle propre dans la formation des convictions, parfois en tension avec les valeurs transmises par la famille.

Attitudes raciales, culpabilité collective et rapport à la nation

Le rapport met également en lumière un renforcement des croyances selon lesquelles les Blancs porteraient une responsabilité spécifique dans la persistance des inégalités raciales. Parmi les élèves exposés à cinq concepts relevant de la CRT, 75 % adhèrent à cette idée.

Chez les répondants blancs, le sentiment de culpabilité lié à l’appartenance raciale progresse sensiblement, passant de 39 % à 58 % en cas de forte exposition. Les auteurs observent parallèlement une augmentation du sentiment de honte à l’égard de l’histoire et de l’identité nationales.

Sans nier la nécessité d’un regard lucide sur le passé, le rapport s’inquiète d’une pédagogie qui tendrait à substituer l’examen critique à une mise en accusation morale durable, au risque de fragiliser le lien civique.

Climat scolaire et liberté d’expression

Un autre résultat préoccupant concerne le climat de discussion dans les établissements. Les élèves exposés aux concepts de la CSJ déclarent se sentir nettement moins libres d’exprimer un désaccord.
La crainte d’être sanctionné, humilié ou mis à l’écart augmente fortement, passant de 38 % à près de 70 %, et jusqu’à 74 % chez les élèves se déclarant républicains.

L’exposition aux concepts de la CRT réduit également la disposition à critiquer un camarade noir, même de manière constructive. La proportion d’élèves se disant mal à l’aise dans une telle situation passe de 32 % à 50 %. Les auteurs soulignent le risque paradoxal que cette retenue excessive fasse obstacle à l’exigence académique et à l’égalité réelle des attentes.

Conclusions et implications

Les auteurs concluent que la promotion du libre choix de l’école — qu’il s’agisse de l’enseignement privé, des écoles à charte ou de l’instruction à domicile — ne suffit pas à elle seule à protéger les élèves de l’influence de cette idéologie, dès lors qu’elle imprègne l’ensemble du paysage éducatif et culturel.

Ils plaident en conséquence pour une intervention des pouvoirs publics visant à :

  • interdire la présentation de ces doctrines comme des vérités indiscutables ;
  • renforcer la transparence des programmes et des supports pédagogiques ;
  • garantir un véritable pluralisme intellectuel, incluant les traditions libérales classiques ;
  • réaffirmer l’enseignement des principes du Premier Amendement ;
  • mettre en place des mécanismes de recours pour les élèves et les familles.

Faute de telles réformes, préviennent-ils, ces approches continueront de façonner durablement les préférences politiques et la vision du monde des générations futures, au détriment du pluralisme, de la liberté de pensée et de la cohésion nationale.

Fondé sur un ensemble de données empiriques substantiel, ce rapport contribue utilement au débat sur la neutralité idéologique de l’école américaine. Sans verser dans l’alarmisme, il met en évidence des tendances profondes qui interrogent le rôle de l’institution scolaire : former des citoyens capables de juger par eux-mêmes, ou orienter implicitement leurs convictions au nom d’une morale présentée comme indiscutable.


mardi 6 janvier 2026

Fraudes massives au Minnesota : l’ampleur du scandale des garderies et l’effet catalyseur de l’enquête de Nick Shirley

Mise à jour

 Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a déclaré lundi dans un communiqué qu'il mettait fin à sa campagne de réélection et ne briguerait pas un troisième mandat.

Walz, candidat démocrate à la vice-présidence en 2024, a invoqué l'attention accrue portée aux allégations de fraude dans le Minnesota, ajoutant que « les manœuvres politiques des républicains ne font que rendre cette lutte plus difficile à gagner ».

« Mais après avoir réfléchi à cette situation avec ma famille et mon équipe pendant les vacances, j'en suis venu à la conclusion que je ne peux pas me consacrer pleinement à une campagne politique », a-t-il déclaré.

Cette annonce intervient alors que l'État fait l'objet d'une surveillance accrue concernant la fraude présumée dans le domaine de la garde d'enfants. La sénatrice Amy Klobuchar envisage actuellement de se présenter au poste de gouverneur.

Source : NBC

 

 
Billet originel du 31 décembre 2025
 
Fin décembre 2025, le Minnesota se retrouve au centre d’un scandale de fraudes d’une ampleur exceptionnelle touchant plusieurs programmes sociaux majeurs, notamment les aides aux garderies, les thérapies pour l’autisme et les dispositifs d’aide alimentaire. Selon des procureurs fédéraux, le montant total des fonds publics potentiellement détournés depuis 2018 pourrait dépasser 9 milliards de dollars. Une part significative des structures mises en cause serait liée à des organisations gérées par des membres de la communauté somalienne, qui constitue la plus importante diaspora somalienne des États-Unis. 

L’enquête virale de Nick Shirley : un accélérateur décisif

Le 26 décembre 2025, le journaliste indépendant et vidéaste Nick Shirley publie une enquête de 42 minutes intitulée I Investigated Minnesota’s Billion Dollar Fraud Scandal. Réalisée avec l’aide d’un enquêteur local se présentant sous le pseudonyme de « David », la vidéo documente la visite d’une dizaine de garderies à Minneapolis et dans ses environs, officiellement enregistrées comme accueillant des dizaines d’enfants.

Les images montrent pourtant des établissements apparemment inactifs : portes closes, fenêtres obturées, absence totale d’enfants ou de personnel,
et signalétique parfois approximative, comme une enseigne affichant « Quality Learing [sic] Center ». Or, ces structures auraient perçu des sommes considérables via le Child Care Assistance Program (CCAP). Le seul Quality Learning Center aurait ainsi reçu environ 1,9 million de dollars en 2025, et jusqu’à 4 millions de dollars cumulés, malgré des indices manifestes d’inactivité.

Selon Shirley, une seule journée d’investigation aurait permis d’identifier plus de 110 millions de dollars de paiements jugés suspect.

La diffusion de la vidéo provoque une onde de choc immédiate : elle cumule, en quelques jours, plus de 129 millions de vues sur X et 1,6 million de vues sur YouTube (chiffres au 30 décembre 2025). Relayée par Elon Musk, JD Vance et plusieurs figures conservatrices de premier plan, elle précipite une réaction fédérale rapide.

mardi 11 novembre 2025

Pierre-André Taguieff sur le déni d’existence du racisme anti-Blancs


Pour Pierre-André Taguieff, une des clés d’explication du déni d’existence du racisme anti-Blancs est liée à une vision simpliste du racisme. Le philosophe poursuit son analyse critique de l’emploi du terme “racisme”. Entretien paru dans Valeurs Actuelles. 


Comme l’illustre le meurtre de Thomas Perotto à Crépol, le 19 novembre 2023, le racisme anti-Blancs fait débat dans la société française. L’observer revient à faire partie de l’extrême droite. En effet, explique le philosophe et historien des idées Pierre-André Taguieff, une « vision “coloriste”, privilégiant l’opposition entre “Blancs” et “Noirs”, est présupposée par la plupart des approches du racisme en tant que phénomène moderne ». Cette approche biaisée empêche de correctement appréhender la réalité. Le nouvel ouvrage de l’intellectuel propose de réexaminer les concepts afin de comprendre comment ce racisme contre les Blancs a même fait émerger un antiracisme anti-Blancs.

— Pourquoi le racisme anti-Blancs est-il taxé d’invention de l’extrême droite ?

— D’abord, parce qu’attribuer l’invention d’un phénomène social supposé fictif à “l’extrême droite”, catégorie floue et à géométrie variable, mais surtout instrument de disqualification de l’adversaire, est la manière la plus simple d’en nier l’existence. Ensuite, pour les nouveaux militants gauchistes qui se disent “progressistes”, cela permet de diaboliser tous ceux qui osent braver le politiquement correct en affirmant l’existence du racisme anti-Blancs. Ils sont ainsi classés parmi les “fascistes”, les “réactionnaires”, etc. Dans la guerre idéologique et culturelle, le simple fait de reconnaître, sur la base de nombreux indices, l’existence du racisme anti-Blancs fait de vous un ennemi de l’antiracisme et de l’antifascisme, atteint de “crispation identitaire”.

Enfin, c’est préserver la principale idée reçue sur le racisme, à savoir qu’il est nécessairement et exclusivement un “racisme blanc” dont les victimes sont des “non-Blancs”. Il s’agit de rendre inattaquable le postulat que le racisme est un instrument de domination, d’exploitation et de discrimination fabriqué par “les Blancs”, c’est-à-dire les peuples européens ou occidentaux et eux seuls, lesquels, en conséquence, sont coupables d’infériorisation et de déshumanisation des “autres”.

—  Que révèle cette volonté de ne dénoncer qu’un seul racisme, celui de “Blancs” à l’encontre des “non-Blancs”?

— Il s’agit d’une mise en accusation des peuples “blancs”, dénoncés comme animés d’une “haine de l’autre” théorisée ou idéologisée, dont on ne trouverait aucune trace chez les non-Blancs. C’est là, selon les types d’accusateurs, un mythe, un mensonge de propagande ou l’expression d’une ignorance prétentieuse. Les intellectuels militants qui se veulent antiracistes, en disciples appliqués des universitaires d’extrême gauche à l’américaine, réduisent désormais la “blanchité” (whiteness) à une construction sociale occidentale, donc liée à la “domination blanche” et au “privilège blanc”. Certains néoantiracistes dénoncent le “pacte de blanchité” qui unirait tous les Blancs, soucieux d’assurer leur domination. D’où les usages exclusivement péjoratifs du mot, qui fonctionne ordinairement comme un terme polémique.

Il faut rappeler ici que de très nombreux ouvrages “antiracistes” sur le racisme parus aux États-Unis depuis les années 1980 soutiennent la thèse de “la nature indélébile du racisme blanc”. Traduisons : les Blancs ne peuvent cesser d’être racistes, car la “race blanche”, pour être une construction sociale, n’en est pas moins porteuse de racisme. La référence à la race n’a donc pas disparu. Le racisme est devenu l’attribut principal de la blanchité. Mais, alors que les Blancs sont accusés de racisme, ils seraient les seuls à l’être. D’où le rejet sans discussion de la notion de racisme anti-Blancs.

— « Le caractère pluridimensionnel du racisme n’est pas pris en compte », observez-vous. Quelles conséquences ?

— La complexité du phénomène nommé “racisme” est généralement méconnue, en particulier par ceux qui emploient le mot dans une intention polémique et ont intérêt à l’utiliser comme un mot-massue. La distinction entre le racialisme, vision de la diversité humaine en termes de races différentes et (le plus souvent) inégales, et le racisme, théorie et pratique d’un projet de domination ou d’exclusion, est un préalable obligé. Disons qu’en tout racialisme prévaut une visée cognitive s’accompagnant souvent d’illusions scientistes prises pour des explications scientifiques, alors qu’en tout racisme, ce sont les conclusions normatives et prescriptives qui prévalent, impliquant des appels à la haine et à la violence, à la discrimination, à la ségrégation ou à l’expulsion, voire à l’extermination.

— Vous proposez de gagner en nuances…

— Pour rompre avec le simplisme, j’ai construit le modèle des cinq dimensions du racisme, qui renvoient à autant de domaines où le racisme est observable et qui s’articulent entre eux de diverses manières. Le premier domaine concerne les attitudes (opinions, croyances, préjugés, stéréotypes), produits de divers héritages culturels ; le deuxième s’intéresse aux comportements individuels ou collectifs, qui vont de l’évitement à la discrimination, et de l’agression à la persécution, liés ou non à des mobilisations de masse ; le troisième se rapporte à la sphère dite institutionnelle, c’est-à-dire les fonctionnements institutionnels comme la ségrégation ou la discrimination, qui ne sont pas toujours reconnus comme tels, notamment lorsqu’ils se rencontrent sous de nouvelles formes (voilées, euphémisées, non revendiquées), dans ce qu’il est convenu d’appeler le “racisme systémique” ou dans le “racisme symbolique”, formation de compromis entre les valeurs-normes antiracistes et les attitudes racistes ; le quatrième englobe l’espace affectivoimaginaire, c’est-à-dire le monde des représentations, parfois délirantes — notamment complotistes —, associées à des investissements affectifs et se manifestant par des réactions émotives ou passionnelles négatives (peur, dégoût, haine, mépris, irrespect, etc.), s’exprimant le plus souvent par un imaginaire racialiste, comme c’est le cas du racisme anti-Blancs; enfin, la sphère des croyances structurées et des discours idéologiques explicites, celle donc des idéologies ou des doctrines racistes, constitue le cinquième domaine.

Les néo-antiracistes qui nient l’existence du racisme anti-Blancs refusent de reconnaître qu’il est observable dans les domaines des attitudes, des comportements, de l’imaginaire social et des idéologies, voire dans les mesures de discrimination dite positive prises pour combattre le racisme (supposé blanc), selon la formule magique qui, importée des États-Unis, traduit les trois valeurs-normes résumant le programme woke : diversité, équité, inclusion (DEI). Le néo-antiracisme se dévoile ainsi comme un pseudo-antiracisme tout en contribuant à banaliser la vision des Blancs comme ontologiquement racistes.

— Vous montrez que le racisme anti-Blancs a généré un antiracisme anti-Blancs. En quoi ce dernier est-il inquiétant ?

— Le racisme anti-Blancs était naguère confiné dans les mouvements nationalistes dits de libération à l’époque de la décolonisation. Aujourd’hui, l’intégration de la thématique anti-Blancs dans le discours antiraciste militant, sous l’influence des idéologues décoloniaux, légitime et banalise la haine des Blancs.

— Comment bien penser le racisme ?

— En commençant par cesser de mettre le mot “racisme” à toutes les sauces pour les besoins de telle ou telle propagande politique. Dans la Force du préjugé, en 1988, j’ai identifié les deux grandes catégories de déni racisant, et appelé à distinguer clairement le déni d’humanité du déni d’identité. Le premier est à la source du racisme différentialiste, le second, à l’origine du racisme universaliste. La négation de l’appartenance au genre humain, la déshumanisation de “l’autre”, n’est pas le seul geste idéologique qui produit du racisme. La négation de l’identité collective dans laquelle se reconnaît un individu ou un groupe est tout aussi productrice de racisme. C’est là jouer brutalement et avec bonne conscience la carte de l’universel abstrait contre le particulier vécu, abaissé ou nié. Dans chaque situation concrète porteuse de conflits, il faut résoudre le difficile problème suivant : comment combiner le regard universaliste avec la reconnaissance du droit à la différence ?

D’où une double obligation morale : ne jamais se montrer aveugle à l’humanité incarnée par des individus ou des groupes perçus comme différents ou étrangers, et ne jamais nier ou considérer avec mépris les identités ethniques, culturelles ou politiques (telles les identités nationales) auxquelles tiennent les individus ou les groupes. Cette double référence à une vision positive de l’universalité et à un respect des identités particulières donne son sens et sa valeur à la vie humaine. 

​Du racisme en général et du racisme anti-Blancs en particulier, 
par Pierre-André Taguieff,
paru le 15 octobre 2025,
chez H&O éditions, 
204 pages, 
ISBN-10 ‏ : ‎ 2845474334
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2845474338

Présentation de l'éditeur

Le racisme anti-Blancs n’existe pas. Telle est la thèse des néo-antiracistes pour qui le phénomène raciste est essentiellement lié à la « domination blanche » et à l’histoire prédatrice de la civilisation occidentale. Oser prétendre que différentes formes de racisme coexistent d’une façon conflictuelle fait de vous un complice objectif du fascisme et un « facho » vous-même.

Le racisme anti-Blancs est partout. Il prédomine dans nos sociétés et dans le monde tout entier. C’est la seule forme de racisme qui doive nous préoccuper, affirment, de leur côté, certains tenants de la droite extrême.

Alors, comment faire la part des choses dans ce débat truqué ? Comment expliquer, comprendre et évaluer correctement un phénomène que l’on nie ou dont on exagère l’importance ? Pour contourner ces biais idéologiques et cognitifs, Pierre-André Taguieff nous propose tout d’abord de revenir sur la définition même du racisme afin d’appréhender son caractère pluridimensionnel, dont la composante antisémite ne doit pas être sous-évaluée. Il examine ensuite comment le racisme blanc a enfanté l’antiracisme anti-Blancs, dans lequel il voit une forme masquée de racisme, et nous éclaire sur les raisons du déni que ce dernier engendre. Enfin, il nous alerte sur les limites et les effets pervers de ce nouvel antiracisme dévoyé.


vendredi 17 octobre 2025

États-Unis — le succès des immigrants Africains remet-il en question le racisme comme principal frein

En 1960, moins de 1 % des immigrants américains provenaient du continent africain. En 2020, ce chiffre avait grimpé à 11 %, marquant une transformation profonde de la démographie noire aux États-Unis.Au cours des 30 dernières années, environ 2 millions d’Africains ont immigré aux États-Unis, un chiffre quatre fois supérieur au nombre d’Africains déportés sur le continent nord-américain pendant toute la traite négrière transatlantique.

Aujourd’hui, plus d’un quart de la main-d’œuvre noire est née à l’étranger ou a des parents nés à l’étranger, redéfinissant radicalement ce que signifie être noir en Amérique. Les Africains, qui représentent désormais près de la moitié des immigrants noirs, forment l’un des groupes à la croissance la plus rapide. Les Caribéens et les Latino-Américains noirs contribuent également à cette diversification.Une étude récente de Rong Fu (université Waseda, Japon), Neeraj Kaushal (université Columbia) et Felix Muchomba (université Rutgers) démontre que cette vague d’immigration noire réduit l’écart de revenus entre Noirs et Blancs, stagnant depuis des décennies. 

Les immigrants noirs, souvent mieux éduqués que les Noirs nés aux États-Unis et les autres immigrants, s’installent dans des quartiers plus prospères, à majorité blanche, avec des écoles de qualité. Le succès des immigrants noirs semble promis à s’amplifier. Les fils d’immigrants gagnent davantage que ceux des
Noirs américains, bien qu’en deçà des Blancs. Plus frappant encore, leurs filles surpassent en moyenne les femmes blanches en termes de revenus. « Les Africains noirs sont en passe de devenir la prochaine minorité modèle », affirme Neeraj Kaushal, soulignant leur ambition et leur ténacité.

Ce dynamisme peut toutefois susciter des tensions. Autour d’un plat de bananes plantains frites au gingembre, Yvonne McCowin, consul honoraire du Ghana en Géorgie, confie que certains Africains jugent les Noirs américains insuffisamment combatifs face aux opportunités.De nombreux immigrants, ayant survécu à des conflits dévastateurs, adoptent une approche pragmatique face au racisme en Amérique. 

Olivia Mugenga, avocate rwandaise spécialisée dans les droits humains, dont la mère et les grands-parents ont péri lors du génocide contre les Tutsis, illustre ce point : « Les Noirs américains nous perçoivent parfois comme des ‘serviteurs domestiques’, un terme popularisé par Malcolm X pour désigner ceux qui s’accommodent d’un système oppressif pour réussir. Je ne suis pas une servante domestique ; je n’ai simplement pas le temps de prouver mon humanité aux Blancs. »

Les conservateurs citent souvent les immigrants caribéens et africains comme preuve que les Noirs peuvent prospérer aux États-Unis malgré les préjugés. Colin Powell, fils d’immigrants jamaïcains, l’a résumé ainsi : « J’ai surmonté le racisme. » Pourtant, Camilla Moore, présidente du Georgia Black Republican Council, rejette cette comparaison. « Les Africains et les Noirs américains n’ont rien en commun », déclare-t-elle. « Ils ressemblent davantage aux immigrants chinois ou allemands, dont les familles ont les moyens d’accéder à des institutions comme Harvard. » Elle ironise sur l’idée de discuter des droits civiques avec un Nigérian.

Un coiffeur d’un quartier noir d’Atlanta observe une nouvelle clientèle africaine croissante. Ce qui le frappe, au-delà des tensions, ce sont leurs choix de coupes : les Noirs américains privilégient des « afros bouclées, élégantes », tandis que les Africains optent pour un style sobre, « court et rasé près du cuir chevelu ». Pour lui, cela reflète une différence d’état d’esprit : « Les Africains cherchent avant tout à s’intégrer. »

[Note du carnet : Si l'étude ajuste les écarts de revenus pour l'éducation et analyse les tendances d'installation par État via une simulation, elle ne semble pas inclure d'ajustement explicite pour le coût de la vie. Or les immigrants africains se concentrent dans les villes où les salaires sont certes plus importants que dans les campagnes mais où le coût de la vie est plus haut. L'absence d'ajustement pour le coût de la vie rend la comparaison potentiellement biaisée, en faveur des immigrants urbains. Ces résultats pourraient surestimer le "succès" financier des immigrants noirs en ignorant le coût plus élevé des zones qu'ils choisissent (par exemple : New York) par rapport aux zones rurales du Sud, où vivent plus de natifs noirs américains.]


Source : The Economist

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dimanche 17 août 2025

Afrique du Sud — Les coûts exorbitants des politiques dites d'émancipation économique des Noirs

Après la fin de l'apartheid, l'Afrique du Sud s'est lancée dans l'une des tentatives les plus ambitieuses au monde pour corriger les inégalités raciales. Au cœur de cette initiative se trouve le Black Economic Empowerment (BEE), un ensemble de politiques qui, dans les faits, obligent les entreprises à vendre des actifs à prix réduit à des investisseurs noirs, à embaucher davantage de cadres noirs et à acheter davantage auprès de fournisseurs noirs. Bien que fortement soutenu par l'African National Congress (ANC), le parti au pouvoir depuis 1994, le BEE est aujourd'hui remis en question comme jamais auparavant.

L'administration Trump invoque le BEE pour justifier l'imposition de droits de douane de 30 % sur le pays. En Afrique du Sud, on s'inquiète de plus en plus du fait que ces politiques, si elles étaient peut-être nécessaires au départ, ne sont plus utiles aujourd'hui. Le BEE a principalement profité à une petite élite noire tout en freinant la croissance économique et en sapant la stabilité sociale qu'il était censé soutenir.

Le BEE a été conçu par les plus grands conglomérats sud-africains, dont six représentaient au début des années 1990 86 % de la valeur de la Bourse de Johannesburg (JSE). Pour convaincre l'ANC, jusqu'alors engagé dans la nationalisation de l'économie, des mérites du capitalisme, ils avaient besoin de capitalistes noirs. Ils ont donc vendu des actions ou des parts à prix réduit à des personnalités de l'ANC telles que Cyril Ramaphosa, aujourd'hui président de l'Afrique du Sud. La réponse de l'ANC aux critiques selon lesquelles cette politique était une manœuvre de l'élite a été la loi de 2003 sur l'émancipation économique élargie des Noirs (Broad Based Black Economic Empowerment Act). Cette loi a transformé l'expiation ponctuelle des entreprises en un vaste système réglementaire.

Aujourd'hui, le BEE est une forme de discrimination affirmée qui ressemble à un jeu. Les entreprises reçoivent des points en fonction de critères tels que la part de l'entreprise détenue par des actionnaires noirs, le nombre de cadres supérieurs noirs, les investissements dans les compétences des employés noirs, les contributions caritatives et les achats auprès d'entreprises détenues par des Noirs. Les entreprises ayant un faible score ont du mal à obtenir des contrats et des permis publics ou à attirer des partenaires commerciaux. « Votre note BEE déterminera votre réussite commerciale dans 90 % des cas », affirme Deirdre Mitchell, de Honeycomb, une agence de notation BEE.

Pour ses partisans, le BEE est une source d'harmonie. « Si nous avions maintenu le statu quo pré-démocratique, l'Afrique du Sud aurait fini par imploser », estime Tshediso Matona, qui dirige l'organisme de réglementation du BEE. Il affirme que cette politique a également contribué à l'essor de la classe moyenne noire.

Pourtant, l'Afrique du Sud, qui affiche l'un des taux d'homicides les plus élevés au monde et connaît des troubles périodiques, est loin d'être tranquille. Les inégalités sont plus importantes aujourd'hui qu'en 1994, en partie à cause de l'augmentation des inégalités entre les Sud-Africains noirs. Une étude suggère que le revenu réel brut des 10 % des Noirs les plus riches a triplé entre 1993 et 2019, tandis que celui des 50 % les plus pauvres a diminué. Cela reflète le taux de chômage élevé causé par la lenteur de la croissance économique. Moins de 40 % des Sud-Africains noirs en âge de travailler ont un emploi formel.

Selon les estimations « très, très prudentes » de William Gumede, un universitaire qui a travaillé dans les années 2000 sur une étude du BEE, plus de 1 000 milliards de rands (56 milliards de dollars) d'actifs auraient été transférés à moins de 100 personnes depuis le lancement du BEE.

Les principaux bénéficiaires ont été une élite principalement liée au monde politique et les facilitateurs (principalement blancs) qui ont pris des commissions importantes. Un banquier affirme qu'un « transfert sur papier » de 25 % du capital d'une entreprise finit généralement par valoir 100 % du capital. Les principaux bénéficiaires ont été une élite principalement liée au monde politique [noir] et les facilitateurs (principalement blancs) qui ont pris des commissions importantes. Un banquier affirme qu'un « transfert sur papier » de 25 % du capital d'une entreprise finit généralement par valoir 8 %, une fois les frais de transaction et les prêts pour l'achat des actifs remboursés. M. Gumede qualifie le BEE de « l'une des stratégies de redistribution les plus coûteuses, inefficaces et sources de gaspillage jamais conçues dans une société postcoloniale ».

Le BEE a-t-il favorisé l'émergence d'une classe moyenne noire ? Le nombre d'entreprises détenues par des Noirs a doublé entre 2002 et 2019, mais cela se serait peut-être produit de toute façon. La croissance de l'emploi des Noirs dans le secteur public a été plus importante. Aujourd'hui, 75 % des cadres supérieurs de la fonction publique sont noirs (ce qui correspond à peu près aux 82 % de la population noire), contre 15 % dans le secteur privé (voir graphique). Ce dernier chiffre pourrait être la preuve d'un racisme persistant ou des effets résiduels de l'éducation dispensée à l'époque de l'apartheid sur les compétences des Sud-Africains noirs.

En juin, le Free Market Foundation, un groupe de réflexion, a estimé que le coût annuel de la mise en conformité avec le BEE pour les entreprises était de 145 à 290 milliards de rands, soit 2 à 4 % du PIB. Bien qu'il y ait des raisons de contester la méthodologie, le BEE entraîne certainement des coûts supplémentaires et crée des incitations perverses.

Les entreprises maximisent leurs points en achetant auprès d'entreprises détenues par des Sud-Africains noirs, avec des points supplémentaires si elles sont détenues par des femmes. Cela signifie souvent « trois personnes dans la chaîne d'approvisionnement au lieu de deux », explique Mme Mitchell. Selon l'Institute of Race Relations, un autre groupe de réflexion, l'État peut dépenser 25 % de plus que le coût réel si un bien ou un service provient d'un fournisseur noir. Ces « primes BEE » viennent s'ajouter à une dette publique déjà galopante. Les règles en matière de marchés publics fournissent un prétexte pour attribuer des contrats à des amis.

Le BEE est en proie à la « dépensite », qui consiste à attribuer des points pour les dépenses engagées et non pour les résultats obtenus. Les entreprises peuvent obtenir des points en payant des cours qui ne sont jamais suivis jusqu'au bout. Cela a donné naissance à une mini-industrie de personnes qui s'inscrivent à de multiples programmes de formation professionnelle appelés « apprentissages » sans jamais les terminer. Seules les entreprises comptant au moins 50 employés sont tenues de respecter les quotas raciaux. Les entreprises renoncent donc à leur croissance ou se scindent en unités plus petites.

Certaines entreprises tentent de contourner le BEE en recourant à des hommes de paille. Dans sa forme la plus grossière, cela consiste pour une entreprise à berner un Sud-Africain noir, par exemple son chauffeur, pour qu'il devienne son « partenaire BEE » sur le papier, tout en ne lui accordant que peu d'avantages. M. Matona affirme que sa commission a reçu plus de 1 300 plaintes concernant des hommes de paille depuis 2017.

Les entreprises étrangères peuvent obtenir des dérogations aux règles de propriété du BEE grâce à des programmes d'« équivalence en capital ». Microsoft, par exemple, a financé des jeunes pousses locales. Starlink, l'entreprise d'Internet par satellite d'Elon Musk, pourrait conclure un accord similaire. Mais cela représente tout de même des coûts supplémentaires pour les entreprises qui pourraient investir ailleurs, ce qui accentue le manque de dynamisme de l'Afrique du Sud. Le taux d'entrée et de sortie des entreprises de l'économie est trois fois moins élevé que dans les autres pays à revenu intermédiaire.

Moeletsi Mbeki, commentateur, affirme que le BEE a créé un « cercle parasitaire » de Sud-Africains noirs qui (à quelques exceptions près) se contentent de prendre leur part dans les entreprises existantes plutôt que de créer les leurs. Combiné aux salaires élevés du secteur public (la masse salariale de l'État représente 15 % du PIB, contre 10 % en moyenne dans les pays de l'OCDE), cela conduit à un faible niveau d'entrepreneuriat chez les Noirs, affirme-t-il.

Tshepo Mahloele, l'un des hommes les plus riches d'Afrique du Sud, soutient la transformation, mais s'inquiète de la façon dont le BEE peut ajouter une nuance au succès des Noirs. Âgé de 57 ans, il a participé à des transactions BEE, mais a également investi avec succès en dehors de l'Afrique du Sud. Il affirme que, aux yeux de certains, « lorsque j'entre dans une pièce... je ne suis pas d'abord un homme d'affaires, je suis un homme d'affaires noir ».

Un récent sondage Ipsos a révélé que 44 % des Sud-Africains souhaitent que le BEE se poursuive. Environ 36 % pensent qu'il devrait prendre fin et 20 % sont indécis. Ceux qui affirment qu'il ralentit la croissance sont deux fois plus nombreux que ceux qui pensent qu'il la favorise. Une majorité estime qu'il est « dépassé et source de divisions ». Un sondage réalisé par la Social Research Foundation révèle qu'environ 80 % des personnes interrogées estiment que les gouvernements devraient embaucher les meilleurs candidats et acheter les produits les moins chers, sans distinction de race.

L'ANC reste attaché au programme BEE, malgré les pressions exercées par l'administration Trump et par son principal partenaire de coalition, l'Alliance démocratique libérale. En effet, sa solution aux problèmes liés à cette politique semble être un contrôle accru de l'État. Il souhaite mettre en place un « fonds de transformation » géré par l'État et financé par les entreprises. Les modifications adoptées cette année ont imposé des quotas plus stricts.

M. Ramaphosa affirme que le BEE n'est « pas seulement un choix politique, mais un impératif constitutionnel ». Il estime qu'il est « faux de penser que nous devons choisir entre la croissance et la transformation ». La vérité est que, plus de 30 ans après l'apartheid, son pays manque cruellement des deux. 

Source : The Economist

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lundi 11 août 2025

Afrique du Sud — 48 milliards d'euros détournés par 100 personnes liées à l'ANC depuis 1994

Selon une évaluation réalisée par le professeur William Gumede de la Wits School of Governance, plus de 1 000 milliards de rands (48 milliards d'euros, 77 milliards de dollars canadiens) ont été transférés, depuis 1994, à moins de cent individus politiquement liés, via le programme Black Economic Empowerment (BEE, c'est-à-dire la Promotion économique des Noirs). 

Le prof Gumede dénonce une concentration de la « redynamisation économique » entre les mains d’une élite noire étroitement associée à l’ANC et aux syndicats, qui bénéficie de réinvestissements successifs. Selon lui, de véritables entrepreneurs noirs, sans connexions politiques, en sont exclus. Cet argent aurait pu être mieux utilisé pour financer des infrastructures, des logements ou des écoles, ce qui aurait eu un impact bien plus large dans la société. L’Institut de Race Relations (IRR) exige quant à lui que le Parlement assume ses responsabilités face à ces dérives et à leurs conséquences sur l’emploi et les investissements.

La mise en œuvre du BEE semble avoir dévié de son objectif initial d’émancipation économique pour devenir un système de captation de rente par une petite élite noire. Ces bénéficiaires sont souvent des personnalités déjà influentes, recyclées dans les cercles du pouvoir.

Ce détournement représente une perte considérable pour les budgets publics et pour le développement de longue durée — des sommes massives qui auraient pu être réaffectées à des programmes ayant un effet structurant, comme l’amélioration du système éducatif ou des services publics.

Le professeur Gumede a alerté que le modèle actuel favorise la corruption, notamment via la création de sociétés-écrans destinées uniquement à décrocher des contrats publics. L’IRR, elle, appelle le Parlement à répondre de cette politique qui, selon elle, va à l’encontre de la création d’emplois et de la responsabilisation économique.

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L'Afrique du Sud s'apprête à assouplir la discrimination anti-blanche pour attirer Starlink d'Elon Musk

 
Trump déclare qu'il supprime tout financement à l'Afrique du Sud en raison de la discrimination anti-blanche (extraits de la loi sur l'Éducation de base et sur l'expropriation sans compensation).
 
 

Une semaine à Orania, cette petite ville qui refuse le multiculturalisme sud-africain

 
 

Uniformiser les universités de la « nation arc-en-ciel » au nom de l’« unité » ?

Afrique du Sud — volonté de spolier les terres et d’angliciser les écoles malgré la constitution

Le père d'Elon Musk, Errol Musk, a été attaqué sur sa ferme alors qu'il s'y trouvait avec sa fille de six ans. Il a repoussé l'attaque et tué trois des assaillants noirs (ci-dessus au début de la vidéo, en anglais).

 

vendredi 20 juin 2025

France — Vidéo explique que vos parents (blancs, on s'entend) sont racistes

Les élèves de seconde peuvent remplacer leur stage professionnel obligatoire par une participation au SNU (Service National Universel).

Selon Parents Vigilants, voici ce qui a été diffusé il y a quelques jours aux lycéens réalisant leur SNU au centre de Ménétreux-le-Pitois (Côte d’Or). 

samedi 7 juin 2025

Des chercheurs anglophones dénoncent le guide gastronomique Michelin comme étant « raciste, eurocentré et élitiste »...

Le guide Michelin des restaurants serait raciste, eurocentrique et élitiste, affirment des universitaires.

Le célèbre guide, publié pour la première fois par la société française de pneumatiques en 1900, couvre aujourd'hui plus de 30 pays et s'est vendu à plus de 30 millions d'exemplaires.

Son système de notation par étoiles - une étoile pour une cuisine de haute qualité, deux pour l'excellence et les célèbres trois étoiles pour une cuisine exceptionnelle - est convoité par les restaurateurs du monde entier. De nombreux cuisiniers le considèrent comme l'honneur suprême et les chefs étoilés, tels que Gordon Ramsay et Heston Blumenthal, sont souvent devenus des célébrités à part entière.

Dans la version la plus récente du guide pour la Grande-Bretagne et l'Irlande, qui contient 1 147 restaurants, 220 sont étoilés, dont le premier restaurant grec à recevoir cette distinction, un restaurant anglo-thaïlandais et un restaurant coréen. Deux restaurants d'Afrique de l'Ouest situés dans le quartier londonien de Fitzrovia ont été étoilés en 2024.

Malgré une certaine variété dans les guides, les critiques affirment que l'approche de Michelin est généralement « trop locale » et qu'elle ignore « d'immenses pans du monde ».

Ces omissions pourraient être dues au racisme, suggère Tulasi Srinivas, professeur d'anthropologie, de religion et d'études transnationales à l'Emerson College, à Boston.

« Il n'y a pas de Guide Michelin en Inde, l'une des plus grandes et des plus anciennes cuisines du monde, ni en Afrique avec sa multiplicité de saveurs culturelles. Vous prendrez un peu de racisme avec le bœuf bourguignon ? », écrit-elle dans un blog sur le site The Conversation.

Au lieu de promouvoir les restaurants d'autres régions du monde, elle reproche au guide « intrinsèquement élitiste » de célébrer des procédés gastronomiques européens « obscurs » tels que la « cuisine au feu » à Stockholm et la « gastronomie moléculaire » en Espagne.

« Malgré un mouvement visant à décoloniser l'alimentation en repensant aux héritages coloniaux du pouvoir et aux modes d'alimentation extractifs, le guide Michelin a tiré sa réputation de la cuisine européenne métropolitaine », a-t-elle déclaré.

L'expansion du guide Michelin dans de nouvelles régions est souvent financée par les offices du tourisme ou les gouvernements locaux. La Thaïlande, par exemple, a payé plus de 5,5 millions de dollars canadiens (3,5 millions d'euros) pour que le guide classe les restaurants de Bangkok. Selon le professeur, cet arrangement s'apparente à du « chantage » : des étoiles en échange d'argent.

D'autres universitaires décrivent le guide Michelin comme le « gardien » de la gastronomie, privilégiant les restaurants blancs et eurocentriques et contrôlant les styles de cuisine qui valent la peine d'être payés plus cher.

Zeena Feldman, professeur de culture numérique au King's College de Londres, a comparé les critiques des influenceurs alimentaires sur les médias sociaux au guide Michelin et a conclu que le premier donnait la parole à des « cuisines sous-représentées » de différentes parties du monde. « Culturellement et économiquement, la critique gastronomique sur Instagram est beaucoup plus inclusive que celle du guide Michelin », a-t-elle déclaré dans un blog séparé sur le site The Conversation.

Mais les partisans du guide ont répliqué. Chris Watson, un ancien inspecteur du guide Michelin qui dirige un cabinet de conseil en ressources humaines, a rejeté les allégations de racisme et a déclaré qu'il y aurait toujours un élément d'exclusivité dans les guides gastronomiques qui notent les restaurants.

« Michelin a introduit un prix «Bib Gourmand» représentant des expériences gastronomiques d'un bon rapport qualité-prix, et il y a actuellement plus de 3 200 Bib Gourmand dans les guides Michelin du monde entier », a-t-il déclaré.

« Il a également introduit l'étoile verte, en 2020, pour récompenser les restaurants qui utilisent 100 % d'ingrédients locaux - ce qui est loin d'être élitiste. Il existe d'ailleurs une multitude de restaurants indiens dans le monde qui ont reçu ces étoiles. C'est loin d'être raciste ».

Une porte-parole du Guide Michelin a déclaré : « Le Guide Michelin évalue toutes les cuisines selon cinq critères universels, sans quotas ni favoritisme eurocentrique. Son expansion au-delà de l'Europe l'a conduit à être présent aujourd'hui dans plus de 60 destinations dans le monde, du Mexique à la Thaïlande, en passant par le Brésil et la Turquie. Le guide célèbre la richesse et la diversité des cultures culinaires en mettant en avant plus de 200 styles de cuisine, résultat d'inspections rigoureuses menées par des inspecteurs de plus de 30 nationalités.

Trésind Studio, le premier restaurant indien de Dubaï récompensé par trois étoiles Michelin, El Califa de León, une Taquería étoilée au Mexique, les célèbres hawker centers de Singapour ou encore les kebab shops d'Istanbul sont autant d'exemples qui illustrent parfaitement cette ambition : célébrer l'excellence culinaire universelle, sans frontières.

Cette diversité se reflète également dans le large éventail de prix pratiqués par les restaurants sélectionnés par le guide Michelin. Par exemple, certains établissements étoilés en France proposent des menus de trois plats pour moins de 40 euros, tandis que certains restaurants étoilés en Asie servent des plats pour moins de 10 dollars américains ».

Source : The Telegraph


mardi 3 juin 2025

L'Armée canadienne, la plus « woke »

L'un des objectifs déclarés du gouvernement Carney est de réorganiser les différentes relations militaires du Canada. Après avoir suivi pendant des décennies les États-Unis sur les questions de défense, les libéraux annoncent leur intention de se rapprocher de l'Europe.


Dans son discours du trône de cette semaine, le roi Charles III a déclaré que le Canada allait rejoindre « ReArm Europe », un vaste programme de renforcement de la puissance militaire du continent, largement considéré comme un moyen de contrer la Russie.

Mais alors que le Canada s'efforce de se faire de nouveaux amis, ces nouveaux alliés pourraient découvrir une armée canadienne légèrement différente de celle dont ils se souviennent. Même pour les armées occidentales qui ont adopté les principes d'équité et d'inclusion, le Canada est allé plus loin qu'elles à bien des égards.

Le code vestimentaire de l'armée canadienne est désormais le plus laxiste au monde

C'est en 2022 que les Forces armées canadiennes ont considérablement assoupli leurs normes en matière d'habillement, de toilette et de présentation. Il n'y a plus aucune restriction concernant la longueur ou la couleur des cheveux, et tout, des boucles d'oreilles aux écarteurs d'oreilles en passant par les extensions de cils, peut désormais être porté librement sur les places d'armes.

Le Canada a reconnu à l'époque que personne d'autre ne faisait cela. Wayne Eyre, alors chef des forces armées canadiennes, a déclaré à l'époque que le Canada était « à l'avant-garde » en matière de codes vestimentaires militaires du XXIe siècle. « Nous avons consulté nos alliés, qui nous ont dit que nous avions plusieurs années d'avance sur eux », a déclaré M. Eyre.

Trois ans plus tard, le Canada reste une exception avec ses unités remplies de barbus, de cheveux verts, de piercings faciaux et de favoris. Partout en Europe, l'interdiction de la barbe est la norme, avec des exceptions autorisées sous des conditions strictes. L'armée norvégienne, par exemple, n'autorise la barbe qu'avec une autorisation écrite explicite.

Même la France, un pays connu pour ses codes vestimentaires libéraux sur le lieu de travail, oblige ses soldats à se raser avant de défiler dans Paris le jour de la fête nationale.

Aucune autre armée n'impose l'utilisation de tampons dans les toilettes pour hommes

Pratiquement toutes les armées européennes comptent désormais des membres ouvertement transgenres et ont adopté des politiques visant à protéger ces derniers contre la discrimination. La Pologne est probablement l'exception la plus notable, mais même cela pourrait changer, car des signes récents indiquent que le transgenre ne sera plus un motif d'exclusion du service militaire.

Selon l'armée britannique, la première femme à avoir servi en première ligne est transgenre ; il s'agit d'un soldat qui a été recruté en tant qu'homme, mais qui a « changé de sexe » pendant son service. L'Allemagne compte une commandante de bataillon transgenre : le lieutenant-colonel Anastasia Biefang, qui a fait l'objet d'un documentaire en 2019.

Mais là où le Canada va encore plus loin, c'est en imposant à l'ensemble de l'armée de fournir des tampons dans les toilettes pour hommes, qu'il y ait ou non des hommes transgenres dans l'unité.

Comme le rappellent rapidement les initiés de l'armée aux détracteurs, cette politique n'est pas propre aux Forces armées canadiennes. Le ministère de la Défense est simplement soumis à un mandat plus large qui exige la mise à disposition gratuite de tampons dans tous les lieux de travail réglementés par le gouvernement fédéral.

Mais cela signifie que les bases militaires et les navires de guerre canadiens sont les seuls au monde (et dans l'histoire de l'humanité) où il est obligatoire de stocker des tampons à côté des urinoirs.

Les pays les plus proches sont peut-être la Norvège et la Suède. Ces deux pays ont un service militaire obligatoire pour les deux sexes et fournissent gratuitement des produits menstruels à leurs recrues féminines. En Norvège, les hommes et les femmes partagent même des casernes et des toilettes mixtes. Pourtant, même en Scandinavie, cela ne s'est pas traduit par une politique imposant la mise à disposition gratuite de tampons dans toutes les toilettes.

Les quotas diversitaires (raciaux et sexistes) au Canada sont bien plus explicites qu'ailleurs

Pratiquement toutes les grandes armées de l'Union européenne et de l'OTAN ont fait des ouvertures en faveur de la « diversité et de l'inclusion ». Être soldat dans une armée occidentale du XXIe siècle, c'est participer à au moins un atelier sur l'importance de la diversité, de l'équité ou de l'égalité des sexes.

L'OTAN publie désormais un rapport annuel sur la « diversité et l'inclusion » qui recense le sexe, la nationalité et l'âge de son personnel militaire. Chaque unité de l'armée britannique dispose désormais d'un conseiller désigné pour la « diversité et l'inclusion ».

La Bundeswehr allemande explique aux recrues qu'elles rejoignent une organisation où tous les âges, toutes les capacités et toutes les origines nationales sont les bienvenus. « Ils insufflent de la vie aux troupes, représentent la diversité de la Bundeswehr et renforcent ses liens avec notre société diversifiée », peut-on lire sur le site officiel de l'armée allemande.

Les Forces armées canadiennes ont peut-être suscité des réactions mitigées ces dernières années en déployant des conseillers en matière de genre dans des zones sensibles telles que Haïti et l'Ukraine, mais de telles mesures sont désormais monnaie courante dans les armées occidentales. Ce poste a même son propre acronyme militaire reconnu à l'échelle internationale : GENAD (GENder ADvisor).

Néanmoins, toutes ces initiatives en faveur de la diversité visent généralement à rendre la vie militaire plus accueillante pour les femmes et les minorités, et à supprimer les obstacles au recrutement et à la promotion.

Le Canada est allé plus loin en précisant explicitement le nombre idéal de femmes et de membres de minorités qu'il souhaite voir porter l'uniforme. Les Forces armées canadiennes, à l'instar du gouvernement fédéral dans son ensemble, fixent des objectifs précis quant au nombre de membres non masculins et non blancs qu'elles doivent recruter.

Dès 2018, le ministère de la Défense a fixé un quota de diversité pour 2026, selon lequel au moins 11,8 % des militaires seraient issus de minorités visibles, 3,5 % seraient autochtones et 25 % seraient des femmes.

Lorsque tous ces groupes ont systématiquement échoué à se présenter en nombre suffisant dans les centres de recrutement, l'armée a imputé la responsabilité à la discrimination systémique. Il y a trois ans à peine, un rapport officiel du ministère de la Défense déclarait que « le racisme au Canada n'est pas un dysfonctionnement du système ; il est le système. Le colonialisme et les systèmes interdépendants tels que le patriarcat, l'hétéronormativité et le capacitisme constituent les causes profondes de l'inégalité au Canada ».

Source : National Post

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lundi 26 mai 2025

L'Afrique du Sud s'apprête à assouplir la discrimination anti-blanche pour attirer Starlink d'Elon Musk

Le gouvernement sud-africain de l'ANC a fait un pas important vers la modification de ses lois discriminatoires BEE strictes dans le secteur des télécommunications.

Le projet de loi intervient quelques jours après la rencontre entre le président sud-africain Cyril Ramaphosa et son homologue américain. (Voir ici : Échange tendu entre le président sud-africain et donal Trump devant la presse internationale)

Le gouvernement sud-africain a fait un pas important vers la modification de ses lois strictes sur le Black Economic Empowerment (BEE) dans le secteur des télécommunications, introduisant un changement de politique qui pourrait ouvrir la voie au service Internet par satellite d'Elon Musk, Starlink, pour lancer des opérations dans le pays.

Cette décision fait suite à des discussions tendues entre le président sud-africain Cyril Ramaphosa et le président américain Donald Trump visant à réparer les relations diplomatiques et économiques qui s'effritent.

Blancs défavorisés

Actuellement, les opérateurs de télécommunications en Afrique du Sud sont tenus de céder 30 % de leurs parts à des groupes dit historiquement défavorisés - une réglementation conçue pour remédier à l'héritage de l'apartheid (quand l'Afrique du Sud puissance économique de l'Afrique) et favoriser des groupes d'investisseurs noirs.

M. Musk, qui est né en Afrique du Sud, a vivement critiqué ces politiques discriminatoires, qu'il a qualifiée d'« ouvertement raciste » et qu'il accuse d'être à l'origine du retard de l'absence de Starlink en Afrique du Sud alors que ses voisins y ont accès (voir la carte ci-dessus, le bleu clair représente les zones couvertes par Starlink).


Vendredi, le ministre des communications et des technologies numériques, Solly Malatsi, a dévoilé un projet de directive qui propose d'autoriser un programme d'équivalence en actions au lieu de transferts directs de propriété.

Selon ce modèle, les entreprises pourraient remplir leurs obligations en matière de prise de contrôle par des noirs en investissant dans des fournisseurs locaux, en créant des emplois ou en finançant des petites entreprises détenues par des Noirs.


« La politique vise à fournir la certitude politique nécessaire pour attirer les investissements dans le secteur des TIC », a déclaré le ministère dans un communiqué, ajoutant que le changement bénéficierait aux diffuseurs, aux fournisseurs d'accès à Internet et aux opérateurs de réseaux.

Le projet de règlement est maintenant ouvert à la consultation publique pendant 30 jours avant d'être finalisé.

Précédent d'équivalence d'actions

L'Afrique du Sud a déjà autorisé des modèles d'équivalence d'actions pour des géants mondiaux de la technologie tels que Microsoft, Hewlett Packard et Samsung Electronics.

Une exception similaire a été accordée à l'industrie automobile en 2019, afin d'encourager les investissements tout en respectant les objectifs de discrimination pro-noire.

Le changement de politique est largement considéré comme faisant partie d'un effort plus large de l'administration Ramaphosa pour stimuler les investissements étrangers et stabiliser les relations commerciales avec les États-Unis, qui se sont fortement détériorées sous Trump.

Le président américain a réduit l'aide, expulsé l'ambassadeur sud-africain et menacé de nouveaux tarifs douaniers.

Les deux gouvernements ont publié une déclaration commune après leur réunion à Washington, s'engageant à renforcer les échanges commerciaux, à augmenter les investissements bilatéraux et à coopérer en matière d'échanges technologiques.

Bien que la question de Starlink ait été abordée, les responsables ont précisé que le changement de politique proposé devait bénéficier à l'ensemble du secteur des télécommunications.

Dans le même ordre d'idées, le Lesotho a accordé une licence d'exploitation à Starlink quelques heures après avoir nié que cette décision était liée à des concessions commerciales américaines.

S'il est mis en œuvre, le projet de politique pourrait donner lieu à une nouvelle vague d'investissements dans les infrastructures technologiques en Afrique du Sud, en particulier dans les zones rurales, où l'accès à l'internet reste rare.

Selon une étude gouvernementale réalisée en 2023, seuls 1,7 % des ménages ruraux du pays disposent d'un accès fiable à l'internet.

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Trump déclare qu'il supprime tout financement à l'Afrique du Sud en raison de la discrimination anti-blanche (extraits de la loi sur l'Éducation de base et sur l'expropriation sans compensation).
 
 

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Le père d'Elon Musk, Errol Musk, a été attaqué sur sa ferme alors qu'il s'y trouvait avec sa fille de six ans. Il a repoussé l'attaque et tué trois des assaillants noirs (ci-dessus au début de la vidéo, en anglais).