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dimanche 30 août 2026

La transcendance artificielle

 
« Nous espérons que le pape Léon nous considérera comme ses soldats », déclare Matthew Harvey Sanders, le dirigeant de Longbeard, une start-up catholique. Dans leur atelier situé près de l’Université pontificale grégorienne à Rome, les robots de l’entreprise numérisent méthodiquement des livres anciens, des manuscrits et des codex. Pendant des siècles, la «  la grande sagesse qui dort sur les rayonnages » des institutions catholiques est restée inaccessible, admet-il. Mais aujourd’hui, grâce à l’IA, « nous pouvons désormais comprendre les enseignements que recèlent même les textes les plus anciens et les plus usés ». Son entreprise intègre ensuite ce corpus dans un outil de communication religieuse moderne : Magisterium AI, un agent conversationnel qui s’appuie sur une bibliothèque soigneusement sélectionnée de doctrine catholique et d’ouvrages savants. Selon M. Sanders, ce dernier compte des millions d’utilisateurs répartis dans 190 pays, qui s’y tournent pour obtenir « des réponses à des questions profondes ».

Le travail de Longbeard illustre la manière dont les technologies les plus avancées au monde transforment des traditions millénaires. Il met aussi en lumière la course effrénée des institutions religieuses et des entreprises pour influencer le développement et l’usage de l’IA. Cette dernière commence à accomplir des missions traditionnellement dévolues aux religions : forger la vision du monde des individus et les guider dans leur quête de sens. Or, les grands systèmes d’IA actuels sont conçus par des laboratoires de la Silicon Valley et de Chine, avec peu d’apport religieux — une situation qui inquiète les dirigeants religieux. Dans sa première encyclique, publiée en mai, le pape Léon XIV a rappelé une vérité souvent oubliée : la technologie n’est jamais neutre. Elle porte « l’empreinte de ceux qui la conçoivent, la financent, la réglementent et l’utilisent ». Certains craignent que l’IA ne soit excessivement laïque/athée et qu’elle n’érode, voire ne supplante, les croyances religieuses.


L’IA transforme la religion d’une manière que de nombreux croyants trouvent troublante. Certaines évolutions sont d’ordre pratique, comme le recours croissant des religieux à l’IA pour préparer leurs sermons et leurs enseignements. L’Église mormone, par exemple, décourage les sermons rédigés par l’IA, car, comme l’explique Gerrit Gong, l’un de ses dirigeants, « les gens doivent puiser dans leurs propres sentiments et leur inspiration ». Se confronter aux textes originaux, plutôt qu’à leurs résumés générés par l’IA, reste essentiel à la pratique du judaïsme, entre autres confessions. Quant aux homélies conçues avec l’aide de l’IA, elles peuvent comporter des erreurs, comme des citations erronées des Écritures.

Une préoccupation plus profonde encore est que l’IA puisse modifier la relation entre le clergé et les laïcs. L’imprimerie avait déjà offert à un public chrétien bien plus large l’accès à la Bible, ouvrant la voie à de nouvelles interprétations de la foi — puis à leur diffusion, en dépit des résistances du clergé. Aujourd’hui, les conseils religieux fournis par l’IA pourraient réduire l’influence des guides spirituels. Waleed Kadous, créateur d’Ansari, un chatbot destiné aux musulmans, craint que les modèles, souvent « flagorneurs et centrés sur l’utilisateur plutôt que sur sa communauté », n’orientent les croyants vers une pratique « plus individualisée ».

À l’extrême, l’IA alimente une forme d’« improvisation religieuse », explique Beth Singler, de l’université de Zurich. À mesure que les gens interagissent avec des agents IA et des chercheurs spirituels partageant les mêmes idées, certains forment de nouvelles confessions peu structurées. Par exemple, « Theta Noir », un « collectif spirituel », attend MENA, une future superintelligence dotée de pouvoirs divins, qui accordera à l’humanité « la grande mise à niveau ».

La plus grande inquiétude des chefs religieux concernant l’IA est peut-être que de nombreuses personnes se tournent vers elle plutôt que vers les autorités spirituelles pour trouver des réponses. Shaza Nasheha, une musulmane de 37 ans originaire de Singapour, avoue ainsi interroger régulièrement ChatGPT pour éclairer des concepts islamiques. Selon le CEFE AI, une initiative de recherche impliquant plusieurs universités confessionnelles, les questions religieuses représentaient environ 5 % des échanges dans un ensemble de données public, comprenant des millions de conversations avec des robots conversationnels.

Pastoral, mais sans Dieu

Pourtant, ces modèles de pointe affichent un biais «laïque» marqué. Une analyse récente de The Economist a révélé que les outils d’OpenAI étaient moins religieux que les répondants  dans n’importe quel pays du monde. Le CEFE AI a soumis 150 questions sur le deuil, les relations, la moralité et d’autres problèmes personnels ou éthiques à 27 grands modèles linguistiques. Dans un article à paraître, l’équipe explique que ces derniers ne font référence à la religion que dans 5 à 16 % des réponses, alors que les personnes interrogées estimaient que les idées religieuses seraient pertinentes dans 45 à 59 % des cas.

Ceux qui, en quête de sens, se tournent vers l’IA risquent de se voir proposer des conseils de développement personnel plutôt que l’écoute d’un imam, d’un prêtre ou d’un rabbin. « Si les entreprises considèrent la laïcité comme la norme, la foi en pâtira », met en garde David Wingate, du CEFE AI. Certaines religions pourraient aussi être moins bien traitées que d’autres. Dans une autre étude à paraître, le CEFE AI constate que les chatbots incitent davantage les utilisateurs à se convertir au catholicisme qu’à rejoindre les Témoins de Jéhovah.


Les dirigeants religieux craignent que les assistants virtuels laïques, fondés sur l’IA, ne se contentent pas d’éroder la foi : ils risquent aussi de fragiliser les individus. Comme le souligne Audrey Tang, ancienne ministre taïwanaise, ces outils « privilégient le réconfort immédiat ». Or, de nombreuses confessions considèrent les frictions, la critique et les interactions humaines comme des éléments essentiels pour forger le caractère. Dans le taoïsme, par exemple, la tension entre les contraires est au cœur de la création. Juewei Shi, une nonne bouddhiste de l’ordre de Fugangshan, craint que les gens ne deviennent incapables d’affronter la souffrance — ou les imperfections d’autrui — s’ils s’habituent à « bénéficier d’un réconfort artificiel ». Steven Croft, évêque anglican à la retraite, renchérit : « Si le monde entier se laisse séduire par des agents IA narcissiques, la tâche des guides spirituels n’en sera que plus ardue. »

Ces préoccupations expliquent pourquoi les groupes religieux s’efforcent à la fois de façonner les modèles d’IA et d’influencer la manière dont les croyants les utilisent. Des entreprises spécialisées dans l’IA religieuse développent des « dispositifs d'encadrement » pour garantir que les chatbots restent « fidèles à la théologie », en mettant en place des garde-fous et en surveillant les contenus, explique Nick Skytland, de Gloo, une entreprise qui en développe.

Mais ce sont surtout les efforts des groupes religieux pour influencer directement le développement des modèles qui sont les plus significatifs. Waleed Kadous déplore que l’humanisme laïque ait eu bien plus d’influence sur la réflexion des laboratoires d’IA que les idées religieuses. La « constitution » de Claude et les « spécifications du modèle » d’OpenAI (préceptes qui façonnent le comportement des modèles) « omettent » pour l’essentiel la dimension religieuse, affirme-t-il. Cela s’explique en partie par le fait que l’éthique religieuse met souvent l’accent sur des traits de caractère difficiles à traduire en règles simples pour une IA. Intégrer des idées religieuses dans une technologie utilisée par des personnes de toutes confessions — ou sans confession — est un défi de taille.

Chloe Lubinski, qui dirige les recherches d’Anthropic sur les « traditions de sagesse », explique que son entreprise veille à ne pas aligner « le modèle sur une tradition en particulier » et qu’elle est confrontée à des défis « dans la mise au point d’une technologie pluraliste ». M. Kadous a participé à des réunions organisées par Anthropic aux côtés de représentants d’autres confessions, comme M. Skytland. Il affirme que l’islam a des enseignements utiles à partager, notamment sur la hiérarchie des impératifs moraux. Mme Lubinski, qui préside ces rencontres, explique que son entreprise cherche à définir « ce qu’est un bon caractère », car la « formation morale » d’un modèle d’IA « aura un impact considérable » sur ses utilisateurs — tout comme, dit-elle, les lecteurs de Harry Potter sont influencés par ses personnages. Elle transmet ensuite les retours de ces réunions à la direction d’Anthropic.

L’Église catholique, en particulier, a noué des liens étroits avec les laboratoires d’IA. En mai, Chris Olah, cofondateur d’Anthropic, a pris la parole lors de la présentation de l’encyclique du pape Léon à Rome. Ce document a permis aux développeurs de s’interroger plus facilement sur l’éthique de leurs créations, explique un chercheur en IA travaillant pour une grande entreprise technologique de la Silicon Valley. Depuis des années, les dirigeants américains du secteur technologique dialoguent avec des responsables catholiques lors de rencontres appelées les « Minerva Dialogues ». Anthropic a d’ailleurs consulté des penseurs catholiques lors de la rédaction de la « constitution » de Claude.

À l’heure actuelle, il reste difficile d’interpréter le fonctionnement interne des modèles les plus avancés, en raison de la complexité des calculs impliqués. En réponse, de nombreux croyants ont créé des chatbots religieux sur mesure, de GitaGPT à Salaam World, pour aider les utilisateurs à aborder les questions existentielles. Certains gouvernements développent aussi leurs propres modèles, intégrant les valeurs religieuses dès la conception. Le Qatar soutient ainsi Fanar, une famille de modèles en arabe conçus pour refléter les valeurs islamiques et répondre aux questions de foi. Depuis 2023, le gouvernement taïwanais organise des « assemblées d’alignement », où les citoyens délibèrent sur le comportement que devrait adopter l’IA. Les conclusions de ces débats ont servi à façonner des modèles locaux, y compris ceux reflétant les croyances spirituelles des communautés. Pour Audrey Tang, les utilisateurs devraient pouvoir « personnaliser les modèles qu’ils utilisent déjà », ainsi qu’avoir accès à des versions plus légères. Cela permettrait, selon elle, d’éviter un « nivellement » des croyances que les modèles grand public pourraient autrement imposer.

Artificiel, mais spirituel 

Alors que certains chefs religieux s’inquiètent de la prolifération des chatbots spirituels, d’autres y voient une occasion à saisir. Les Églises occidentales font face depuis longtemps à une pénurie de clergé et à des exigences administratives croissantes, laissant aux prêtres moins de temps pour la réflexion théologique, la pastorale et les échanges avec leurs fidèles. Christopher Benek, pasteur à Miami, utilise ainsi l’IA pour accélérer les tâches administratives et de recherche, qui lui prenaient autrefois des heures. Cela lui permet de consacrer plus de temps à l’étude biblique et à l’accompagnement pastoral en face à face. Certains pasteurs sont allés plus loin en créant des « jumeaux » numériques d’eux-mêmes, formés à partir de leurs sermons passés.

Longbeard a récemment développé « Ephrem », un petit modèle linguistique conçu pour aider les humains à devenir des saints. Il élabore pour chacun un plan de vie en s’appuyant sur les récits de la vie des saints. M. Sanders le décrit comme « un petit ange sur votre épaule qui veille à ce que vos priorités soient bien définies ». Des outils similaires pourraient aussi servir au prosélytisme. Une étude à paraître, menée par des chercheurs de l’université d’Oxford et d’autres institutions, a opposé une IA conversationnelle à des orateurs chevronnés, dont des champions de débat. Résultat : l’IA s’est révélée « nettement plus persuasive ».

« Le travail pastoral sera l’un des moins menacés par l’IA », estime Andrew Davison, de l’université d’Oxford. En effet, de nombreux prêtres consacrent moins de temps à donner des conseils qu’à célébrer des rituels. Peu de croyants souhaitent que des chatbots président à des mariages, des funérailles ou des baptêmes. De plus, alors que les gens passent davantage de temps seuls et en ligne, certains guides spirituels pensent que l’attrait pour les activités collectives dans le monde réel, comme les rituels religieux, pourrait même croître. « Nous aspirerons à des relations authentiques — entre humains, et entre l’humanité et le divin », déclare M. Gong.

Source : The Economist

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mercredi 12 août 2026

Euthanasie : « On a l’eugé­nisme qu’on peut, selon les vices qu’on entre­tient »

Texte de Chantal Delsol paru dans Valeurs Actuelles du 22 Juillet 2026. Depuis, le 15 juillet 2026, l’Assemblée nationale française a adopté définitivement la proposition de loi créant un « droit à l’aide à mourir », par 291 voix contre 241 et 29 abstentions. Le texte n’est toutefois pas encore une loi applicable : des saisines du Conseil constitutionnel ont été annoncées. Il doit donc encore être examiné par le Conseil constitutionnel, puis promulgué.

La léga­li­sa­tion pro­chaine de l’eutha­na­sie et du sui­cide assisté marque l’abou­tis­se­ment d’un long pro­ces­sus de glis­se­ment du cri­tère de la valeur humaine. Pour nos socié­tés contem­po­raines ce n’est plus la vie qui compte mais le confort.

La loi « fin de vie » qui vient actuel­le­ment au vote final après des années de débats mou­ve­men­tés, enre­gistre et confirme la fin de l’influence chré­tienne sur nos mœurs, la fin de notre manière chré­tienne de pen­ser et de vivre. Les deux siècles pré­cé­dents ont été nour­ris de mul­tiples débats, par­fois vol­ca­niques, oppo­sant les tenants de la tra­di­tion morale mil­lé­naire et les pro­gres­sistes par­ti­sans d’une éman­ci­pa­tion – les lois sur le divorce, en France et plus encore en Ita­lie, ont signé pen­dant des décen­nies une sorte de ques­tion d’orient, tou­jours en que­relle et tou­jours ful­mi­nante. La loi « fin de vie » appar­tient à la fin de ce cycle.

De quoi s’agit-il? D’un dépla­ce­ment de la valeur, dépla­ce­ment qui ne s’opère pas seule­ment chez une petite élite pres­crip­tive, mais chez des peuples entiers – ici le peuple français. Il s’agit de mou­rir et de tuer. Le « Tu ne tue­ras pas » est ins­crit au fron­ton de toutes les cultures sans excep­tion. C’est une maxime qui fait par­tie de la morale uni­ver­selle, celle que l’écri­vain bri­tan­nique C. S. Lewis appe­lait « l’ensemble des pla­ti­tudes notoires ». Pour­tant le monde humain est ce qu’il est, dur et violent, semé d’embûches, et dans toutes les cultures on admet des excep­tions, consi­dé­rées comme légi­times, à l’inter­dit de tuer. Ces excep­tions ne sont pas les mêmes par­tout, parce que les cultures n’accordent pas la valeur majus­cule aux mêmes enti­tés.

Toutes les cultures, sauf la nôtre depuis peu, ont admis la peine de mort pour les grands cri­mi­nels. Toutes admettent bien que les guerres tuent, sous des condi­tions che­va­le­resques. Les anciens Grecs et Romains, et les Chi­nois jusqu’à Mao, lais­saient au père le loi­sir de tuer le bébé mal venu. Chose que les chré­tiens ont tou­jours refusé de faire, mais l’église catho­lique aux siècles pré­cé­dents emprun­tait pério­di­que­ment l’armée royale pour aller mas­sa­crer par mil­liers les Vau­dois héré­tiques dans les val­lées des Alpes.

Lorsque l’ortho­doxie est essen­tielle, elle peut avoir plus de valeur que la vie des héré­tiques, lorsque la volonté du père est essen­tielle, elle a plus de valeur que la vie du nour­ris­son. Ce qui est  [devenu] essen­tiel dans les socié­tés occi­den­tales contem­po­raines, c’est la capa­cité pour chaque indi­vidu de déci­der de son propre des­tin, sans être sou­mis à aucune norme exté­rieure. Aussi la plu­part de nos conci­toyens ne com­prennent-ils pas du tout à quel titre on peut empê­cher quelqu’un de se sui­ci­der. Et comme la morale contem­po­raine, dès lors sans reli­gion ni doc­trine, se résume au soin de l’autre (le care), au simple secours que nous devons à l’autre direc­te­ment et sans loi exté­rieure, alors peu d’entre nous com­prennent pour­quoi nous pour­rions refu­ser à l’autre la grâce de la mort si c’est lui qui la demande.

Bien sûr, il s’agit d’une trans­for­ma­tion anthro­po­lo­gique à l’œuvre depuis deux siècles, au sens où le cri­tère de la valeur humaine s’est déplacé. Chez nous en Occi­dent, au départ l’être humain était digne parce qu’image de Dieu. L’être humain contem­po­rain est digne parce que déci­dant pour lui-même de son propre des­tin. Ce qu’il est impor­tant de sou­li­gner, c’est l’ampleur popu­laire de ce glis­se­ment. La loi « fin de vie » n’est pas le fait de je ne sais quelle obs­cure cote­rie. La plu­part des Français (et c’est vrai pour beau­coup d’occi­den­taux contem­po­rains) ne voient abso­lu­ment pas pour quelle rai­son on pour­rait refu­ser la mort à un malade de Char­cot (c’est tou­jours l’exemple avancé), s’il la sou­haite: au nom de quoi? au nom de quelle loi hété­ro­nome ou trans­cen­dante ou royale à laquelle per­sonne ne croit plus ? Voilà l’his­toire.

Natu­rel­le­ment, on voit poindre à l’hori­zon proche les dérives glaçantes qui ne man­que­ront pas de se pro­duire, et ce d’autant que cer­tains pays voi­sins, plus « avan­cés » que nous, en mani­festent déjà les hor­reurs. Qu’est-ce que la volonté d’un malade et comme il est facile de la sus­ci­ter… Nous savons, et toutes les études le disent, que la grande majo­rité des Français sou­hai­te­raient que l’on déve­loppe d’abord par­tout des soins pal­lia­tifs de haut niveau. Mais c’est un vœu pieux: la ques­tion serait plu­tôt de se deman­der ce que les Français seraient prêts à sacri­fier en termes d’allo­ca­tions, rem­bour­se­ments, soins gra­tuits ou allo­ca­tions diverses, pour finan­cer les soins pal­lia­tifs. Et ils ne sont prêts à rien sacri­fier du tout.

On lais­sera donc à l’aban­don les ser­vices de soins pal­lia­tifs qui coûtent cher, et alors, sans soins effi­caces contre la dou­leur, la mort active sera la seule solu­tion. Les chiffres des pays déjà nan­tis de ce genre de lois montrent bien que les malades sans res­sources sont les pre­miers can­di­dats à la mort volon­taire. Le Canada se vante ouver­te­ment des gains finan­ciers per­mis par l’aide à mou­rir. Autre­ment dit, dans les cir­cons­tances d’aujourd’hui c’est l’éco­no­mie qui pas­sera avant la vie.

Si l’on veut cher­cher dans l’his­toire humaine une com­pa­rai­son pour mieux appré­hen­der ce qui nous arrive, on la trou­vera dans les époques pré­chré­tiennes ou chez des peuples étran­gers à notre culture, où le vieillard inutile est sommé de tom­ber du coco­tier afin de faire place aux géné­ra­tions sui­vantes. Ici: afin de ne pas dépen­ser en soins exces­sifs l’argent de la géné­ra­tion sui­vante. Autre­ment dit, nous en arri­vons à cette eutha­na­sie dite libé­rale pour citer Haber­mas, qui la dif­fé­ren­ciait ainsi de l’eutha­na­sie des nazis orga­ni­sée par le pou­voir dans un des­sein raciste. Enfin pas si « libé­rale » que cela, parce que tout de même les pauvres et les aban­don­nés de famille seront bien contraints de signer leur arrêt de mort, d’une contrainte qui ne dira pas son nom. De même les diag­nos­tics géné­tiques, ceux déjà pré­sents ou ceux à venir (DPI-A [diagnostic avant l'implantation de l'embryon]) rendent ou ren­dront l’eugé­nisme obli­ga­toire par simple pres­sion éco­no­mique. On a l’eugé­nisme qu’on peut, selon les vices qu’on entre­tient. Notre vice n’est plus le racisme, c’est la pas­sion du confort [ou le refus contemporain d'accepter certaines contraintes, dépendances et souffrances comme des composantes possibles de l'existence.].  La dignité des grands malades passe après.

[Note du carnet : Plus une société dispose de moyens pour détecter à l’avance les caractéristiques d’un enfant, qu’elles résultent d’une fécondation naturelle ou in vitro, plus elle doit affronter une question qu’elle pouvait jadis éluder : voulons-nous accueillir l’enfant qui vient, ou choisissons-nous, de plus en plus, quel enfant a le droit de naître ?

À quel moment le dépistage anténatal cesse-t-il d’être une simple information médicale pour devenir implicitement une incitation adressée aux parents à mettre fin à une grossesse qui ne répond pas aux attentes ?

Il ne sera pas nécessaire d’imposer directement cette décision aux parents si les normes sociales, les médecins, les assurances, les coûts et les attentes collectives quant à ce qui constitue une vie digne rendent certaines options progressivement « inévitables ».
]


Le dis­cours lar­moyant et com­pas­sion­nel qui accom­pagne la loi est à lui seul un aveu contraire. On a bien remar­qué que les lotis­se­ments les plus moches reçoivent tou­jours des noms de fleurs mer­veilleuses, et que les lois liber­ti­cides des dic­ta­teurs se réclament toutes de la liberté. Ici on fait appel à la dignité pour y glis­ser la mort, récu­pé­rant le plus beau de nos héri­tages pour en déco­rer l’infâme – et on se sou­vient que Bin­ding et Hoche, auteurs en 1920 du libelle Le droit de détruire la vie dénuée de valeur, avaient déjà eu la même idée… (Ci-contre couverture d'une réédition moderne de l'ouvrage en allemand).

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Canada : sa fille autiste dit vouloir mourir, la justice donne son feu vert contre l'avis du père

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mardi 10 mars 2026

Hausse de la violence envers le personnel scolaire : un symptôme du bouleversement des écoles québécoises

La hausse des incidents impliquant des élèves et du personnel scolaire au Québec s’inscrit dans un contexte plus large de transformation du système éducatif. Selon les données compilées par les organisations syndicales et relayées dans les médias, les réclamations pour violence envers le personnel scolaire ont augmenté d’environ 77 % entre 2020 et 2023. Les situations rapportées incluent des insultes, de l’intimidation, des menaces et, dans certains cas, des agressions physiques.

Plusieurs épisodes récents ont attiré l’attention du public, notamment des altercations dans ou autour d'écoles de Brossard sur la Rive-Sud de Montréal et des incidents signalés dans des établissements de Repentigny ou chez un dépanneur proche d'une école de Repentigny (ci-dessous). Pris isolément, ces événements restent ponctuels, mais pour de nombreux enseignants ils témoignent d’un climat scolaire plus tendu qu’auparavant.

Une transformation démographique rapide

Ces difficultés apparaissent dans un contexte de changement démographique marqué.

Selon l’Institut de la statistique du Québec et le ministère de l’Éducation :
  • environ 36 % des élèves du Québec sont immigrants ou enfants d’immigrants (première ou deuxième génération) ;
  • dans la région de Montréal, cette proportion dépasse 60 % dans le réseau scolaire francophone ;
  • dans plusieurs établissements urbains, les élèves issus de l’immigration constituent un très grande majorité des cohortes.

Parallèlement, la fécondité des Québécois a fortement diminué. L’indice synthétique de fécondité se situe autour de 1,33 enfant par femme en 2024, bien en dessous du seuil de remplacement des générations (2,1). Une part croissante des nouvelles cohortes scolaires provient donc de l’immigration récente.


Des univers sociaux parfois séparés

Plusieurs recherches en sociologie de l’éducation ont observé que, dans les écoles très diversifiées, les élèves ont tendance à se regrouper par affinités linguistiques, culturelles ou communautaires. Les chercheurs décrivent souvent ce phénomène comme une segmentation sociale informelle : les amitiés et les réseaux d’élèves se structurent fréquemment autour d’origines communes.

Ce phénomène n’implique pas nécessairement de conflit ouvert, mais il peut limiter les interactions entre groupes et réduire la formation d’une culture commune à l’échelle de l’établissement.

Dans certaines écoles montréalaises, des études ont montré que les contacts sociaux entre élèves francophones d’origine et élèves issus de l’immigration restent relativement limités, en particulier dans les milieux où aucun groupe ne constitue une majorité claire.

Une faible intégration culturelle 

Les données disponibles suggèrent également que l’intégration identitaire au Québec se fait de manière variable selon les parcours.

Les enquêtes sur l’identité montrent que :
  • une majorité de francophones se disent d’abord Québécois avant Canadiens ;
  • chez les allophones, l’identification au Canada est souvent plus forte que l’identification au Québec
  • les allophones s'inscrivent en plus grand nombre aux cégeps et universités anglophones ce qui tend à montrer un faible attachement au français (en 2020, les allophones représentaient environ 37 % des effectifs des cégeps anglophones, tandis que les francophones en composaient environ 26,6 % alors la proportion d’allophones dans l’ensemble de la population québécoise était autour de 7,9 % en 2021).
Chez les jeunes issus de l’immigration ayant étudié au Québec, plusieurs recherches indiquent que l’adoption d’une identité québécoise se produit parfois plus tard dans le parcours, notamment au cégep ou à l’université. Dans d’autres cas, l’identité demeure principalement liée à l’origine familiale ou à une identité canadienne plus large.

La question de la culture commune

Un autre élément souvent évoqué par les chercheurs concerne la consommation culturelle des jeunes. L’univers médiatique des adolescents est aujourd’hui largement internationalisé et dominé par la culture anglophone nord-américaine. Dans ce contexte, la culture québécoise joue parfois un rôle limité dans les références culturelles quotidiennes des élèves, en particulier dans les milieux très diversifiés.

Un angle encore peu étudié (tabou ?)

Certains enseignants et intervenants scolaires affirment également entendre, dans des situations de conflit ou de provocation, des propos exprimant une distance ou un rejet de la culture québécoise.

Cependant, ces perceptions reposent pour l'instant surtout sur des témoignages individuels. À ce jour, il existe peu d’enquêtes systématiques mesurant directement les attitudes des élèves envers la culture québécoise, leurs enseignants ou les institutions francophones. Dans quelle proportion considèrent-ils, par exemple, que l'école québécoise et le français sont des options inférieures ? Y a-t-il une forme de mépris pour la culture d'accueil qui est non seulement minoritaire en Amérique du Nord, mais considérée comme décadente ? 

La question reste empiriquement peu documentée, non parce qu’elle serait impossible à étudier, mais parce que les données quantitatives sur ces perceptions sont encore limitées, peut-être parce qu'il s'agit de sujets sensibles pour une société qui croit dans l'assimilation facile de toute immigration.

Le progressisme enseigné à l'école sape-t-il le respect envers les éducateurs ?

Plusieurs études, dont celles menées par le groupe militant LGBTQ GRIS‑Montréal et analysées par le politologue de gauche Francis Dupuis‑Déri (UQAM), montrent une augmentation du malaise des élèves face aux contenus liés à la diversité sexuelle et de genre entre 2017 et 2024. Par exemple, la proportion d’élèves se disant inconfortables avec l’orientation sexuelle d’un ami homosexuel est passée de 25 % à 40 %, et pour l’homoparentalité, de 10 % à 24 % sur la même période. Ces attitudes, principalement observées chez les jeunes issus de familles religieusement pratiquantes (lesquels sont issus très majoritairement de l'immigration), ont un effet indirect sur la perception de l’autorité et de la légitimité de l’école.

Dans la pratique, cela se traduit par des incidents de contestation ponctuels, tels que le refus de participation ou les moqueries envers les enseignants, signalés récemment dans des écoles de la Rive-Sud, de Brossard à Repentigny. Bien que minoritaires, ces comportements mettent en évidence que certains élèves perçoivent l’école québécoise comme un système en décalage avec leurs valeurs, ce qui peut fragiliser le respect des enseignants et des administrateurs. 
 
 
 
Le programme scolaire ECR (récemment aboli) a-t-il miné l'intégration ?

On se rappellera que l'État québécois a imposé le cours d'Éthique et de culture religieuse dont le but était précisément le vivre-ensemble, l'ouverture à la différence, célébrer la diversité (y compris des formes familiales). On peut se demander si son effet majeur n'aura pas été de dire que les Québécois ne pouvaient imposer leur culture aux arrivants, que toutes les religions et croyances se valaient.

vendredi 10 octobre 2025

Moins de catéchisme, moins d’enfants : quand la fin de l’enseignement religieux façonne la société allemande

La suppression progressive des cours religieux obligatoires dans les écoles allemandes entre 1972 et 2004 a laissé une empreinte durable sur les adultes d’aujourd’hui : pratiques religieuses réduites, revenus et emploi en hausse… mais moins d’enfants. Cette étude montre que l’école ne se contente pas de transmettre des savoirs : elle façonne profondément croyances, comportements et choix de vie.
 
Une étude publiée en octobre 2025 dans le Journal of Human Resources par Benjamin Arold, Ludger Woessmann et Larissa Zierow apporte un éclairage rare sur la manière dont l’école façonne durablement les croyances religieuses et certains comportements de vie.

L’école peut façonner les croyances et comportements bien au-delà de l’acquisition de connaissances. C’est la conclusion d’une étude publiée dans le Journal of Human Resources par Benjamin Arold, Ludger Woessmann et Larissa Zierow, qui s’appuie sur l’expérience allemande unique d’une abolition progressive de l’enseignement religieux obligatoire entre 1972 et 2004. Environ 1000 heures de cours religieux sur la scolarité, soit plus de quatre fois le volume consacré à la physique, sont devenues optionnelles dans différents Länder, les élèves pouvant choisir entre religion et cours d’« éthique » non religieux.

Pour mesurer l’impact de cette réforme, les auteurs exploitent trois grandes enquêtes représentatives : le National Educational Panel Study (NEPS), le German General Social Survey (ALLBUS) et le German Socio-Economic Panel (SOEP). Leur base fusionnée contient jusqu’à 58 000 observations d’adultes entrés à l’école primaire entre 1950 et 2004. L’approche économétrique utilise un modèle à effets fixes sur l’état et la cohorte, contrôlant pour les caractéristiques individuelles, et compare les trajectoires des élèves exposés ou non à l’enseignement religieux obligatoire.

Les résultats sont clairs : la fin des cours religieux obligatoires réduit significativement la religiosité à l’âge adulte. Les anciens élèves pratiquent moins la prière, fréquentent moins l’église et adhèrent moins souvent à une Église, avec des effets plus marqués dans les régions majoritairement catholiques. Les analyses temporelles indiquent que l’effet sur la prière se développe progressivement, tandis que celui sur l’adhésion à l’Église correspond à un changement quasi immédiat.

La réforme a également des conséquences sur la vie économique et familiale. Les adultes ayant suivi des parcours scolaires plus séculiers affichent une participation accrue au marché du travail, plus d’heures travaillées et des revenus plus élevés, tandis que leur fécondité diminue, reflétant la moindre influence des valeurs religieuses sur les choix familiaux. En revanche, aucun effet n’est observé sur les valeurs éthiques (réciprocité, confiance, bénévolat, satisfaction de vie) ni sur les valeurs politiques (intérêt politique, vote, satisfaction de la démocratie).

Loin d’être neutre, la place donnée à la religion — ou à son absence — dans les programmes scolaires semble façonner la sécularisation et certains choix de vie au cœur des sociétés modernes. 

La robustesse des résultats a été testée de multiples manières : aucune relation n’est observée avec des variables placebo comme la durée de scolarité ou l’âge du premier emploi, et les effets demeurent stables en contrôlant d’autres réformes éducatives contemporaines ou en comparant des comtés voisins situés de part et d’autre des frontières d’État. Les auteurs confirment également la fiabilité de leurs estimations avec des tests récents sur les modèles à deux effets fixes.

En résumé, cette étude illustre la puissance durable de la socialisation scolaire sur la religiosité et certains choix de vie. La place accordée à la religion à l’école influence non seulement la pratique spirituelle mais aussi les comportements économiques et familiaux, renforçant l’idée que l’éducation façonne profondément la société.


mardi 26 août 2025

Québec — Comité préconise d’abolir le financement public des écoles religieuses dites privées

Christiane Pelchat et Guillaume Rousseau ont dévoilé mardi leurs 50 recommandations censées renforcer « la laïcité » au Québec.

Ces coprésidents recommandent notamment de mettre fin de façon progressive aux avantages fiscaux et aux subventions accordés aux organismes religieux ainsi qu’au financement étatique (qui n'est que partiel) des écoles dites privées et religieuses.

Jusqu’ici, le Premier ministre du Québec, François Legault, s’est opposé à définancer les écoles privées religieuses, plaidant que cela nuirait à des institutions qui appliquent le programme scolaire. Rappelons qu'aucune école au Québec n'est vraiment libre de choisir son programme scolaire ni sa pédagogie et que toutes, mêmes celles qui ne reçoivent pas de subventions, fait rare dans les démocraties, doivent appliquer tout le programme scolaire, voir la saga entourant l'imposition du défunt programme ECR.

Résumons :
 
Pourquoi ne pas se concentrer sur les écoles publiques ? Pourquoi ne pas limiter l'immigration des personnes qui poseraient des problèmes d'intégration ? Le problème est démographique. La France est plus laïque que le Québec et elle n'échappe pas aux problèmes décriés par les critiques de l'entrisme islamiste.

Rappelons qu'il n’existe pas de répertoire public exhaustif et à jour des écoles privées religieuses au Québec, car le ministère de l’Éducation ne compile plus de statistiques spécifiques sur les écoles selon leur confession religieuse. Selon un rapport de Radio-Canada de 2022, environ 50 écoles privées subventionnées au Québec ont une vocation religieuse explicite, parmi les 165 écoles privées subventionnées. Cela inclut 27 écoles catholiques, 14 juives, 4 musulmanes, 2 arméniennes, 2 protestantes évangéliques et 1 grecque orthodoxe.


Voir aussi
 
« C’est la démographie, stupide! » (l'immigration massive musulmane)
 
 
 
 
 

Le gouvernement québécois ne veut plus de religion dans les garderies communautaires (2010, pas d'explications de la crèche de Noël ?)

 


 

jeudi 24 juillet 2025

Parents catholiques et leurs inquiétudes par rapport au nouveau cours obligatoire de Culture et citoyenneté (CCQ)

Sommaire

  • Comprendre la nature du cours CCQ
  • Témoignage de terrain : Le cas d'Élodie
  • Rapport du comité des sages
  • La question légale et la perte de l'autorité parentale
  • Souper bénéfice Théovox
  • Enjeux politiques : Instrumentalisation idéologique ?
  • Conclusion et mot de la fin de Jean-François

Liste des associations pour la mise en place d'enseignement à la maison :

Site web de L'association Ensemble Pour Protéger Nos Enfants (EPPNE)

Suivez Richard Décarie et Union Conservatrice

 

 

 

 

 

 

 

 

 

vendredi 6 décembre 2024

École — Complément cahier « Françoise David »  — Le massacre de la Polytechnique (rediff)

En février 2009, M. Benoit Dutrizac avait invité à son micro Mme Françoise David pour s'insurger ensemble du concours lancé par Sylvain Bouchard contre la présence de Mme Françoise David sur trois pages dans un cahier d'éthique et de culture religieuse. Aucun autre politicien ne bénéficie du même traitement de faveur. Mme Françoise David est la co-présidente du parti Québec solidaire (1 siège à l'Assemblée nationale). On peut qualifier Québec solidaire de parti résolument à gauche. Benoit Dutrizac n'avait pas hésité à affirmer que Sylvain Bouchard aurait dû se taire alors que sortait au cinéma le film Polytechnique… Il était donc interdit de dénoncer la partialité d'un cahier d'éthique et de culture religieuse écrit par deux auteurs qui se disent féministes et qui font la part belle à une figure de proue du féminisme, alors qu'on commémore sur les grands écrans du Québec la mort de martyrs du féminisme.

Ce massacre par un déséquilibré nommé Marc Lépine (né Gamil Gharbi, fils d'un musulman algérien qui battait sa femme et son fils) sert aujourd'hui à faire taire toute critique vis-à-vis du féminisme, de ses prétentions et empêche toute distance envers l'hagiographie d'une figure du féminisme québécois dans un cahier du programme gouvernemental d'éthique et de culture religieuse devenu récemment obligatoire dès six ans au Québec.

vendredi 25 octobre 2024

Retombées de la dérive islamiste à l'école publique Bedford — Le gouvernement continuera à financer la cinquantaine d’établissements semi-privés

Le gouvernement caquiste entend continuer à financer la cinquantaine d’établissements semi-privés très majoritairement chrétiens et juifs qui reçoivent chaque année environ 160 millions $ de l’État. La CAQ a d’ailleurs battu, jeudi à l’Assemblée nationale, une motion du Parti Québécois qui réclamait entre autres la fin de leur financement partiel par l’État, dans la foulée des dérives islamistes à l’école PUBLIQUE Bedford.

Le Premier ministre n’a rien contre les écoles privées catholiques créées jadis « par des membres du clergé ». « Selon nous, il n’y en a pas de problème avec ces écoles-là ! », a-t-il tonné.

François Legault accuse les partis d’opposition de vouloir ainsi couper les vivres à des établissements comme les collèges Brébeuf ou Notre-Dame à Montréal, ou les collèges Jésus-Marie ou François-de-Laval à Québec. Il estime cependant que le régime pédagogique doit être respecté.

« Les écoles privées religieuses sont financées à 60 % par le gouvernement, ça veut dire que le 40 % qui vient du privé, on le perdrait demain matin, donc il n’y en aurait pas d’économies ! », a insisté le Premier ministre.


Combien y a-t-il d’écoles religieuses ?

Le ministère de l’Éducation n’en a aucune idée, car les établissements ne sont pas classés selon leur statut confessionnel.

Il y a plus de 10 ans, un comité ministériel recensait 138 écoles religieuses (catholique, grecque orthodoxe, arménienne apostolique, évangélique, juive, musulmane, etc.). Il y a deux ans, une revue de Radio-Canada en dénombrait une cinquantaine : v
ingt-sept d’entre elles sont catholiques, 14 juives, quatre musulmanes, deux protestantes évangéliques, deux arméniennes et une grecque orthodoxe.

Dans ces écoles, la religion est enseignée au même titre que le programme d’enseignement officiel du Québec. La loi québécoise 21 sur la laïcité de l’État, qui interdit aux personnes en position d’autorité — y compris les enseignants — de porter des symboles religieux tels qu’un crucifix ou un hijab sur leur lieu de travail, ne s’applique pas à ces écoles.

Si certaines de ces écoles — comme le Collège Brébeuf à Montréal, fondé par l’ordre religieux des Jésuites — ont décidé de devenir laïques au fil des ans, d’autres, comme la Loyola High School à Montréal, ne l’ont pas fait et ont défendu leur droit d’offrir des cours religieux devant les tribunaux et ont obtenu gain de cause.

Il est faux de dire que ces écoles sont privées dans les faits le Monopole de l’Éducation du Québec y impose un grand nombre de contraintes : en commençant par un programme éducatif strict et parfois même une pédagogie (voir la victoire de Loyola en justice contre la « neutralité » que devait exercer l’école en parlant de la religion ou de morale).

Front laïciste commun de l’opposition

Péquistes, libéraux et solidaires font désormais front commun pour définancer les écoles confessionnelles au nom de la laïcité des établissements scolaires. C’est un changement de cap et une toute nouvelle position pour le Parti libéral du Québec, poussé dans cette direction par la députée Marwah Rizqy (d’origine marocaine).

On est en 2024… (et ?)

« Le PLQ a 157 ans et a toujours été un parti de son temps. Et on considère qu’on est rendus là en 2024 », a soutenu le chef intérimaire Marc Tanguay. Il reconnaît néanmoins que cette nouvelle position a engendré des discussions au sein du caucus.

Les partis d’opposition accusent François Legault de créer la confusion en faisant référence à des écoles comme le Collège Brébeuf, qui sont laïques depuis bon nombre d’années déjà.

Brandissant le rapport de la Commission consultative de l’enseignement [dit] privé, Gabriel Nadeau-Dubois a soutenu que le fameux cours Culture et citoyenneté québécoise (CCQ), si cher au gouvernement de la CAQ et qui a remplacé le cours d’Éthique et culture religieuse (ECR), n’était pas donné dans certaines de ces écoles, comme à l’école secondaire catholique Loyola. Cet établissement s’est rendu jusqu’en Cour suprême pour être exempté de l’obligation d’offrir le cours d’ECR. Ce programme est pourtant critiqué dans sa composante sexualité en dehors des cercles religieux…  Voir Critique de la définition du sexe dans un manuel approuvé par le ministère de l'Éducation du Québec

En début d’année, Québec a renouvelé le permis de l’école juive Belz d’Outremont, même si elle n’applique pas entièrement le programme éducatif québécois. L’établissement a donc encore droit à ses subventions publiques.

Le ministre responsable du Monopole de l’Éducation, Bernard Drainville, a promis de « vérifier » si toutes les écoles du Québec respectaient le régime pédagogique, comme elles se doivent de le faire. « Nous allons faire des vérifications pour s’assurer qu’ils enseignent [sic, recte : donnent] le cours CCQ et s’ils ne l’enseignent pas, ils devront l’enseigner », a-t-il ajouté.

Citations :

« Tant qu’on continue à subventionner les écoles privées religieuses, la déconfessionnalisation de l’école québécoise est inachevée. Le ministre de l’Éducation, qui a écrit la loi n° 118 il y a 25 ans, est ici avec nous aujourd’hui. Il est maintenant Premier ministre du Québec » — Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. Doit-on comprendre qu’elles seront privées de subventions parce que tradition religieuse, mais que les écoles « athées » dites privées pourraient avoir des subventions ?

« Dans un Québec qui a fait beaucoup de débats sur la laïcité, qui a adopté une loi sur la laïcité, maintenant ça prend des gestes de cohérence pour compléter » —Le député péquiste Pascal Bérubé

« Toutes les écoles du Québec, qu’elles soient publiques, privées subventionnées ou privées non subventionnées, doivent enseigner le contenu du régime pédagogique et ça inclut le cours de Culture et citoyenneté québécoise » —Le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville. Pourquoi ? Pourquoi pas un programme libéralement équivalent (ou meilleur) selon le choix des parents ?

Voir aussi
 
 
 
La HSLDA fait appel dans un dossier portant sur la notion de programme équivalent [Nouvel épisode dans la série, appareil éducatif du Québec juge et partie] 

mercredi 4 septembre 2024

Le nouveau cours Culture et citoyenneté québécoise reproduit les tares du cours Éthique et culture religieuse (ECR)

Un texte de Mathieu Bock-Côté paru dans le Journal de Québec :

Pascal Bérubé vient de sonner l’alarme: le nouveau cours Culture et citoyenneté québécoise, qui a pris le relais du cours Éthique et culture religieuse (ECR), semble reproduire ses tares.

On s’en souvient, le cours ECR est devenu un objet de polémique permanent lorsqu’on a compris qu’il avait surtout pour fonction d’imposer une propagande multiculturaliste aux étudiants québécois.

Ce cours poussait les jeunes Québécois à embrasser aveuglément les accommodements raisonnables, et à dédaigner leur propre culture.

D’ailleurs, ses théoriciens et concepteurs le reconnaissaient sans gêne: ils voulaient fragiliser la culture québécoise pour la rendre plus ouverte à la «diversité».

Idéologues

Autrement dit, à défaut de convaincre les adultes de la vertu de l’idéal diversitaire, on allait l’imposer aux enfants, plus facilement manipulables.

Je suis de ceux qui ont applaudi la disparition d’ECR.

Je note toutefois que dans le discours public, c’est la trop grande place accordée dans ce cours à la religion qui motivait son rejet. On lui reprochait d’avoir une vision sans nuance, trop positive, presque bigote, du fait religieux.

Si je rappelle tout cela, c’est que cela n’est pas sans lien avec les problèmes du cours qui l’a remplacé.

Certes, on a congédié les excès religieux du cours Culture et citoyenneté québécoise. [Le cours ECR supprimé était foncièrement relativiste en matière religieuse, mettant sur un pied d'égalité, les contes de Noël [Le Noël des souris dans un des manuels], les légendes autochtones, l'islam et le christianisme.

Pour l’avocat Me Mark Phillips qui a plaidé en Cour suprême sur le sujet, ECR est tout sauf un cours d’histoire des religions. En réalité, le programme ECR interdit de donner un tel cours :

Ainsi, le programme ECR interdit de présenter les religions de manière séquentielle et linéaire, mais prescrit qu’elles doivent être présentées en juxtaposition entre elles et avec des êtres mythiques et surnaturels. Ce qui ne veut pas dire, en passant, que tous les professeurs suivent ces prescriptions.
]


Mais on y a globalement recyclé tout le contenu idéologique d’ECR, tout en l’adaptant aux temps présents.

On y a même fourgué la fameuse référence à la discrimination «systémique» à laquelle François Legault s’était courageusement opposé en 2020 – on parlait alors de racisme systémique.

De même, il sert à normaliser des concepts absurdes comme celui du sexe assigné à la naissance, comme si un médecin, à la naissance de l’enfant, ne constatait pas son sexe, mais le décrétait arbitrairement. Ce nouveau cours normalise la théorie du genre.


Pour ce manuel de CCQ, le sexe est assigné à la naissance et associé à un genre. Cahier d'apprentissage de 1re secondaire, éditions CEC, 2024, à Anjou (Québec)

En fait, nous dit à sa façon Bérubé, le cours Culture et citoyenneté québécoise vire dans le wokisme.

Ce qui nous rappelle une chose simple: le ministère de l’Éducation, au Québec, mais ailleurs aussi en Occident, ne cherche pas à transmettre une culture et un patrimoine de civilisation.

Il veut faire de l’école le laboratoire à partir duquel construire une société multiculturaliste, néo-socialiste, écologiste radicale, honteuse d’être occidentale.

Les enfants sont ici des cobayes. Autrement dit, les idéologues du ministère, alliés aux idéologues déguisés en savants universitaires, se contrefichent de ce que veut le gouvernement du Québec. Ils ont construit un cours qui permet la poursuite d’ECR par d’autres moyens.

Le ministère de l’Éducation mène une politique qui n’a jamais été approuvée par la population et ses élus. C’est le cas d’autres ministères aussi.


Technocratie

On doit aussi nommer les agences bureaucratiques de l’État, comme la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qui maquillent derrière la promotion des «droits» la promotion de l’idéologie diversitaire, en plus d’imaginer des discriminations partout.

Les Québécois, avec leurs impôts, paient d’immenses structures technocratiques qui se sont donné pour mission de les endoctriner.

D’un point de vue démocratique, il serait indispensable de sortir de ce piège.

[Il faudrait déjà simplement rendre ce cours optionnel... et rendre la liberté aux écoles surtout celles privées...]

Voir aussi
 

lundi 2 septembre 2024

Russie : une rentrée sous le signe du patriotisme et du conservatisme social

Les élèves suivront de nouveaux cours sur la défense du pays ainsi que sur les « valeurs familiales traditionnelles ».

Les collégiens et lycéens de la Fédération de Russie font ce lundi leur rentrée. L’enseignement connaîtra un renforcement des thématiques « patriotiques » et de défense des valeurs familiales. Les élèves de la 8e à la 11 année (14 à 17 ans à l'entrée) devront suivre un nouveau cours hebdomadaire intitulé « Principe de base de la sécurité et la défense de la patrie », dispensé par des professeurs mais aussi par des anciens combattants de ce que l’on nomme officiellement l’« opération militaire spéciale » en Ukraine.

Depuis 2022, les écoles russes organisent le lundi matin, avec le lever des couleurs russes et l’hymne national, des « Conversations sur des sujets importants » portant sur différents sujets notamment sur les opérations militaires actuelles. Les nouveaux cours seront notamment consacrés à « la manière de se comporter en cas de menace militaire », aux« armes à feu », aux « premiers secours sur le champ de bataille » et aux « drones », selon les explications fournies le 28 août par le journal Komsomolskaïa Pravda.


Les écoles russes vont proposer un cours d'« études familiales » aux élèves adolescents à partir de la nouvelle année scolaire débutant en septembre, a annoncé l'Institut pour la stratégie de développement de l'éducation du pays dans un document partagé par le média indépendant Verstka jeudi.

Ce cours extrascolaire facultatif vise à « présenter aux jeunes le système traditionnel de valeurs familiales de notre patrie » et à encourager les « valeurs et attitudes pro-famille », notamment le mariage, le fait d'avoir plusieurs enfants et l'abstinence, parmi les élèves âgés de 11 à 15 ans, indique le document.

Dans 34 cours répartis sur l'année scolaire, les élèves discuteront de sujets tels que « la masculinité et la féminité », « le fait d'avoir plusieurs enfants en tant que composante importante d'un environnement familial sain », et « la fonction reproductive de la famille et son importance dans la résolution des problèmes démographiques auxquels la Russie moderne est confrontée ».

Le programme vise également à modifier la perception qu'ont les adolescents de la « valeur de la famille », qui, selon le document, est « souvent diminuée sous l'influence négative d'éléments d'une idéologie destructrice ».

Un cours soulignant l'importance de la famille a été proposé par la législatrice Nina Ostanina, qui préside la commission de la Douma d'État sur la protection de la famille, les questions relatives à la paternité, à la maternité et à l'enfance, en 2023. Sa collègue de la commission, Yelena Vtorygina, a fait valoir qu'enseigner aux élèves l'institution de la famille « empêcherait la Russie de tomber dans un abîme démographique ».

À la fin août, Vladimir Poutine a signé un décret rationalisant le processus d'immigration pour les étrangers attachés aux « valeurs familiales traditionnelles » et qui souhaitent s'installer en Russie, en dispensant ces personnes qui s'opposent à « l'idéologie néolibérale » de leur pays d'origine de passer les tests de langue et d'histoire habituellement obligatoires.

En 2025 d’ailleurs, selon l’institut fédéral des mesures pédagogiques (Fipi), l’examen sanctionnant la fin des études secondaires, appelé « examen d’état unifié », ou EGE, devra être purgé des citations relevant de « matériel extrémiste » et des « idées antiétatiques ». Des points seront en effet retirés à un candidat si le correcteur trouve dans sa copie, par exemple, des mots étrangers pouvant être remplacés par des mots russes.


dimanche 1 septembre 2024

Culture et citoyenneté québécoise - Ce que l'APCQ veut que vous sachiez sur ce cours

L'idéologie du genre serait enseignée au Québec de la maternelle au secondaire 5 à partir du mois d'août 2024. 

 
 
Description des auteurs de la vidéo : «Cette entrevue avec le président de l'APCQ, Jean-Léon Laffitte, permet de mettre en lumière plusieurs informations et incohérences jamais présentées dans les médias québécois de masse sur le cours CCQ. Nous abordons aussi les racines de l'idéologie du genre, le rôle de l'UNESCO dans sa diffusion mondiale, les études qui l'appuient et s'y opposent, le contenu du cours CCQ, l'objectif caché qu'il semble poursuivre, l’utilisation de menaces d'enquête parentale et de signalement à la DPJ par l'État envers tout parents qui tenteront de retirer leurs enfants du cours, et l'inutilité de la Charte Canadienne des Droits et Libertés à les protéger. Nous constatons la tendance des gouvernements et média libéraux occidentaux à fermer les yeux sur les évidences scientifiques et à brimer la liberté d'expression. Nous apprendrons enfin comment l'Angleterre - qui a aussi agit de la sorte - est maintenant en train de faire demi-tour et de retirer l'idéologie du genre du curriculum de ses écoles.

1-Étude sur le suicide des personnes transgenre :
https://www.genethique.org/les-chirur...

2-Sur le fait qu'il n'y a pas d'études probantes et fiables sur les effets bénéfiques des bloqueurs de puberté et la prise d'hormones :

https://www.genethique.org/bloqueurs-...
https://www.genethique.org/transition..

»

Voir aussi
 
 
 
 
Aucune étude fondée sur les preuves démontre le bénéfice d’affirmer la transition de genre d’un mineur sur l’argument du risque suicidaire

Angleterre — La chirurgie transgenre a endommagé mon corps pour toujours — « ce n’est pas une chirurgie sûre »

Étude — Plus on est « progressiste », plus idéaliserait-on ou nierait-on la réalité ?

jeudi 22 août 2024

Culture et citoyenneté québécoise : des enseignants réticents à enseigner le volet « sexualité »

À partir de cette rentrée scolaire, le nouveau cours intitulé Culture et citoyenneté québécoise (CCQ) deviendra obligatoire dans toutes les écoles primaires et secondaires du Québec. Ce cours remplace le programme d'Éthique et culture religieuse (ECR), que le gouvernement Legault avait promis de réformer dès 2019.

Cependant, plusieurs enseignants expriment des réserves quant à la mise en place de ce nouveau programme.

Comme l'indique le changement de nom, l'aspect religieux disparaît du curriculum, laissant place à un volet sociologique. Les apprentissages sont désormais centrés sur le Québec et sa culture.

L’implantation obligatoire du programme à l'échelle provinciale était initialement prévue pour 2023-2024, après une phase pilote impliquant 29 écoles. De nombreux éducateurs avaient alors demandé un report, demande à laquelle le ministère de l’Éducation avait finalement accédé.


Le Ministère avait donné aux écoles la possibilité de choisir entre le cours de CCQ ou d’ECR pour l'année 2023-2024. Toutefois, à partir de cet automne, le cours de CCQ devient obligatoire.

Aux yeux de nombreux éducateurs, il serait cependant préférable de repousser encore le lancement du programme, ou au moins de l'introduire progressivement, en raison des divers problèmes soulevés.

Outre la quantité de matière à enseigner, plusieurs enseignants soulignent également la complexité et la délicatesse de certains sujets comme le consentement sexuel et les violences sexuelles, par exemple.

Selon la SRC, Félix Deschamps, enseignant de CCQ à l'école Félix-Leclerc de Pointe-Claire, se sent somme toute assez prêt pour transmettre la majorité de la matière du nouveau cours à ses étudiants. Il dit avoir participé aux formations facultatives et indique qu'il est habitué aux changements de dernière minute en raison de sa réalité de "jeune prof".

L'enseignant fait partie de ceux dont les manuels scolaires ne sont pas prêts, mais il croit tout de même avoir accès à suffisamment de matériel et de ressources pour préparer ses cours.

Il formule cependant des réticences quant à l’enseignement de la sexualité, expliquant que la plupart des gens qui ont étudié pour devenir enseignants d'ECR ne s'attendaient pas à devoir aborder les questions entourant la sexualité.

"C’est difficile à enseigner, souligne-t-il. En secondaire 4, on doit parler des violences sexuelles. J’ai peut-être des élèves qui ont vécu des violences sexuelles et je ne me sens pas outillé, malgré la formation, pour ça."

L'enseignant ajoute qu'il a eu dans ses classes des élèves qu'il dit homophobes et transphobes avec qui aborder certains sujets était difficile, de peur de blesser les autres élèves de la classe. Il admet ainsi qu’il aurait été particulièrement difficile pour lui d’aborder les questions d’homosexualité et d’identité de genre, chose qu’il n’aura pas à faire cette année.

Dans notre réalité, on a une certaine clientèle qui ne répond pas bien du tout à ce contenu, dont les parents ont déjà fait des demandes d’exemption.
    Une citation de Félix Deschamps, enseignant de CCQ à l'école Félix-Leclerc de Pointe-Claire
M. Deschamps affirme qu'il a eu vent que certains collègues vont tout simplement faire fi du volet sexualité.

lundi 11 septembre 2023

Programme Culture et citoyenneté québécoise (CCQ) contient des notions de « discrimination systémique », un concept rejeté par Legault...

Le cours Culture et citoyenneté québécoise (CCQ), qui remplacera l’an prochain celui d’Éthique et culture religieuse (ECR), contient des notions de « discrimination systémique », un concept longuement rejeté par le gouvernement de François Legault.

Selon des documents pédagogiques fournis aux enseignants cet été, cette idée fera partie des notions qui pourront être enseignées dans les classes de 4e secondaire lorsque se mettra en branle l’année 2024-2025. Même chose pour l’« appropriation culturelle », l’« ethnocentrisme », ou encore le « profilage racial », des notions qui apparaissent toutes dans le cursus de cinquième secondaire du Programme de formation de l’école québécoise.

Le premier ministre François Legault n’a jamais reconnu les termes « racisme systémique » et « discrimination systémique ».

Appelé à le faire à plusieurs reprises en 2020, il s’est contenté de répéter comme un leitmotiv qu’« il y a du racisme au Québec », mais que « la majorité des Québécois ne sont pas racistes ». Et surtout : « on ne peut pas prétendre que le système dans son ensemble est raciste », a-t-il maintes fois affirmé.
 
« Développer l'esprit critique face à ses concepts »  ?

Jeudi, la porte-parole [du parti d'extrême gauche] Québec solidaire en matière d’éducation et candidate au poste de co-porte-parole du parti, Ruba Ghazal, a incité le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, à ne pas s’immiscer dans le dossier, même si la discrimination systémique n’a pas été reconnue par son gouvernement.

« Le programme a été pensé par des experts, des spécialistes de ces enjeux qui vont être enseignés aux élèves. S’ils trouvent que c’est pertinent de l’enseigner, c’est important que ça reste », a-t-elle dit en entrevue au Devoir.

Lancé à ce sujet, le cabinet de M. Drainville a assuré qu’aucun changement ne serait apporté au cours. « Les concepts présentés font partie du débat public et sont donc sujets à la discussion et à la réflexion critique. Il est donc souhaité que de tels concepts soient abordés afin que les élèves puissent en discuter et en débattre, développer un esprit critique face à ces concepts, et en bout de ligne, se faire une tête par eux-mêmes », a indiqué dans une réponse écrite l’attachée de presse du ministre, Florence Plourde.

Selon le porte-parole du Parti québécois en matière d’éducation, Pascal Bérubé, le gouvernement doit à tout prix « faire en sorte que le nouveau cours de Culture et citoyenneté ne soit pas empreint d’une idéologie particulière ». « On peut certes enseigner le débat autour de ce terme, mais pas le présenter comme notion éducative, alors que plusieurs sont d’avis que cette théorie n’est pas du tout applicable au Québec », a affirmé l’élu péquiste dans une déclaration écrite.

La présidente de l’Association québécoise en éthique et culture religieuse, Line Dubé, rappelle que les concepts enseignés dans le cadre du nouveau cours de CCQ seront « objectivés ».

« Ce qui est demandé à l’enseignant, c’est que, peu importe le sujet à l’étude, il a une obligation de neutralité. On tend le plus possible à rester dans ces paramètres. Parce que presque tout le programme porte sur des questions socialement vives ou sensibles », a-t-elle souligné au Devoir. « Donc, comme prof, on ne doit pas exprimer son opinion. »

Les écoles du Québec dispenseront le cours de CCQ à partir de la prochaine rentrée automnale. Quoique dès cette année, une période de transition offre aux enseignants le choix de donner l’ancien cours d’ECR ou le nouveau. Il vise à transmettre aux élèves des aptitudes pour « participer de manière éclairée et active à la discussion collective ». Les sujets abordés vont des violences sexuelles aux institutions démocratiques et juridiques, en passant par la diversité de genre et l’écocitoyenneté.

Source : Le Devoir

samedi 19 août 2023

« Les contestations juridiques du programme [ECR] ont miné la confiance du public »

Georges Leroux est un des pères du programme contesté d’éthique et de culture religieuse (ECR) qui a été imposé (pardon « offert ») aux élèves du Québec en 2008, qu’ils soient inscrits dans des écoles publiques ou privées. Le tout censément afin d’imposer le respect de la « diversité » en forçant l’enseignement d’un programme unique gouvernemental à la place de la diversité de programmes préexistants : catholiques, protestants ou laïques. Ce professeur militant a été jusqu’à défendre ce programme « audacieux » plusieurs fois devant les tribunaux.

Il reconnaît dans les colonnes du Devoir que la stratégie des parents de contester ce programme en justice a porté ses fruits malgré les ressources importantes de l’État québécois pour imposer ECR.
Les multiples contestations juridiques du programme ont miné la confiance du public, selon lui. « Ça nous a fait perdre beaucoup de temps. Ça a donné l’impression que quelque chose n’allait pas dans cette maquette-là », dit-il.
Le même article du Devoir relate ces propos de Mireille Estivalèzes de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal :
La professeure est convaincue que ce programme faisait l’affaire de la majorité silencieuse. Elle reconnaît qu’il a été contesté de toutes parts — y compris jusqu’en Cour suprême —, pour les mauvaises raisons, selon elle. Les catholiques le trouvaient trop multireligieux, les religieux le trouvaient trop laïque, les athées le trouvaient trop religieux, les nationalistes identitaires y voyaient une promotion du multiculturalisme à la Trudeau…
Il s’agit apparemment d’une croyance qui relève de la foi, car Mme Estivalèze ne fournit aucune preuve alors que, d’une part, mécontenter les catholiques, les religieux, les athées et les nationalistes cela fait beaucoup de monde et, d’autre part, que plusieurs sondages ont montré que la majorité des parents — malgré la propagande gouvernementale et médiatique en faveur du programme ECR — n’appuyait pas l’imposition de ce programme contesté.

54 % contre l’imposition du programme ECR

En octobre 2008, un autre sondage Léger-Marketing indiquait que 72 % des Québécois étaient en accord avec cette proposition : « Seriez-vous d’accord pour que les parents aient le choix entre l’enseignement religieux confessionnel et le cours d’éthique et de culture religieuse ? » Enfin, en mai 2009, la même question à nouveau posée par Léger-Marketing recueillait désormais 76 % d’appui dans la population (voir les résultats du sondage). Ces deux sondages n’ont été publiés par aucun journal québécois alors que tous ont reçu un communiqué portant sur ceux-ci.

On a aussi l’impression que Mme Estivalèzes pense que les opposants ne pouvaient tous avoir raison en même temps (et donc que les critiques étaient infondées). Or, le même programme peut être trop relativiste, trop multiculturaliste, trop multireligieux et trop teinté de vague religiosité en même temps selon la perspective propre de chaque parent, car les parents ont diverses perspectives. Et c’est pourquoi ce carnet a toujours milité pour rendre ce programme optionnel ou l’éliminer.

Mme Estivalèzes affirme encore que « le programme d’ECR présentait les religions comme un sujet d’étude et n’avait rien à voir avec du prosélytisme ». Si elle prétend par là que le programme ECR ne présentait que des faits sur les religions, qu’il était neutre, froid et encyclopédique, elle est contredite par Georges Leroux qui le dit très clairement : « Dans l’univers très riche des programmes formulés selon des compétences, nous ne travaillons pas à partir de contenus prédéterminés : les jeunes ne recevront pas dans ce programme des connaissances encyclopédiques sur telle ou telle religion, ou doctrine morale ». L’important dans le programme ÉCR, ce sont les « compétences » et les « visées éducatives ».

Quelles sont ces visées éducatives ? Selon le rapport Proulx (p. 90) qui a servi de base théorique à l’imposition de ce programme, il s’agit de développer « l’ouverture et la tolérance ».  Dans le programme, l’accent était mis sur les « attitudes » et les « comportements » que les enfants doivent adopter à l’égard de la diversité religieuse, et non sur la transmission de connaissances, car ces connaissances ne faisaient même pas partie du programme comme tel, mais elles n’étaient qu’au strict service des compétences d’ouverture à la diversité.

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