Le Bye Bye est une émission spéciale (censément) humoristique diffusée par Radio-Canada le 31 décembre. Depuis 1968, elle propose une revue satirique de l’actualité de l’année écoulée à travers une série de sketches.
Caricature
La vidéo en cause (visible ci-dessous) est un extrait du Bye Bye 2025, intitulé « Une famille comme les autres », interprété par Pierre-Yves Roy-Desmarais et Katherine Levac. Sur un air de musique country, le sketch met en scène un une famille caricaturale dite traditionnelle : femme au foyer, homme viril, nombreux enfants, valeurs chrétiennes affirmées, refoulement de tendances au travestissement et rejet des modes modernes. Le ton bascule rapidement dans une moquerie appuyée, notamment par l’utilisation d’un crucifix sorti du pantalon ou par des allusions à l’homophobie, comme la suggestion de brûler un drapeau LGBTQ.
Des cotes d’écoute en baisse
Comme le rapporte TVA Nouvelles dans un article du 2 janvier 2026, l’édition 2025 a enregistré une baisse notable d’audience par rapport aux années précédentes (baisse de 12% par rapport à ceux de l’an 2024), confirmant une tendance déjà observée depuis plusieurs années. Cette érosion témoigne d’un détachement progressif du public, de plus en plus nombreux à juger l’humour prévisible, polarisant et déconnecté des réalités de nombreuses familles québécoises.
Émission très coûteuse et déficitaire
L’émission,
bien qu’elle engendre des revenus publicitaires importants — les tarifs
des annonces comptant parmi les plus élevés de l’année télévisuelle
québécoise — demeure une production extrêmement coûteuse pour le
contribuable. Elle est déficitaire.
Dans un contexte où Radio-Canada dépend largement de fonds publics, financer un spectacle clivant, dont l’audience est en déclin, soulève des questions légitimes quant à la gestion responsable de l’argent public. Si le Bye Bye n’est pas réellement « rentable » au sens commercial strict, il l’est encore moins lorsque l’on considère son
rendement culturel et social pour l’ensemble des Québécois.
À sens unique
Le sketch cible exclusivement une parodie de familles chrétiennes traditionnelles, présentées comme arriérées, oppressives, intolérantes avec des tendances étranges refoulées. On y ridiculise la femme au foyer, l’homme rural, la foi catholique pratiquante et l’idée même de la famille nombreuse. Or, comme le soulignent de nombreux observateurs, il serait impensable pour Radio-Canada de produire un équivalent satirique visant une famille musulmane traditionnelle, une communauté autochtone conservatrice ou certains stéréotypes associés aux minorités sexuelles ou aux femmes dites « progressistes ». À quand une saynète représentant des femmes dite libérées, dépressives, sans enfant, délaissées et qui récitent avec une foi de charbonnier leur chapelet progressiste à leur dernier compagnon, leur chien, le tout dans un appartement sinistre de Montréal ? Cette asymétrie révèle un biais idéologique marqué, où seule une frange conservatrice ou traditionnelle « blanche »est jugée socialement « attaquable ». Un humour financé par tous devrait pourtant aspirer à une satire plus équilibrée, plutôt que de conforter les certitudes d’une bulle progressiste urbaine.
En pleine crise démographique
Le Québec traverse actuellement l’une des crises de natalité les plus sévères du monde occidental, avec un indice de fécondité (1,33 enfant/femme) largement inférieur au seuil de remplacement des générations. Dans ce contexte, diffuser un sketch qui ridiculise les familles nombreuses et les valeurs qui les soutiennent — stabilité conjugale, investissement parental à temps plein, transmission culturelle et religieuse — apparaît non seulement maladroit, mais irresponsable. Cela revient à financer, par des fonds publics, une forme de propagande qui décourage indirectement la natalité et fragilise les liens familiaux traditionnels, pourtant historiquement centraux dans la survie du peuple québécois. Il est vrai que pour certaines féministes militantes : « Les femmes enceintes, ça me dérange ».
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| Avec 1,33 enfant/femme, quatre grands-parents ont moins de 2 petits-enfants (cette génération descendants est donc deux fois moins nombreuse, c'est l'implosion démographique) |
Stéréotypes grossiers insultants, mépris de classe
À ces reproches s’ajoutent plusieurs aspects aggravants. L’humour repose largement sur des stéréotypes grossiers — accent campagnard, vêtements caricaturaux, allusions sexuelles gratuites — qui frôlent le mépris de classe envers les Québécois ruraux ou « de souche ». L’offense religieuse, incarnée par l’usage trivial du crucifix, heurte inutilement une population encore attachée à son héritage catholique, sans apporter de réelle profondeur satirique. Enfin, dans une société déjà fragmentée, une émission censée rassembler les Québécois lors du passage à la nouvelle année en vient à aliéner une portion significative du public, renforçant l’impression que Radio-Canada s’adresse avant tout à une élite montréalaise plutôt qu’à l’ensemble de la nation.
Diffuseur gouvernemental hypersubventionné
Radio-Canada reçoit annuellement plus de 1,4 milliard de dollars en subventions du gouvernement fédéral, un montant relativement stable au fil des dernières années, malgré certains ajustements. Une part de cette somme considérable finance des contenus « progressistes » comme ce sketch qui se veut satirique, ce qui rend d’autant plus légitime le débat sur la pertinence, l’équilibre et l’impartialité dans l’utilisation de ces fonds publics.
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