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vendredi 5 juin 2026

Les accusations fédérales américaines visant le Southern Poverty Law Center (SPLC)

Les accusations fédérales visant le Centre juridique contre la pauvreté dans le Sud (SPLC) en 2026 jettent une lumière particulièrement troublante sur certaines méthodes employées au nom de la lutte contre l’extrémisme. Longtemps présenté comme une référence morale et institutionnelle dans le combat contre les groupes suprémacistes blancs, le SPLC est aujourd’hui accusé par le Département de la Justice américain (DOJ) d’avoir entretenu, financé et parfois facilité les activités mêmes qu’il dénonçait publiquement.


Selon l’acte d’accusation fédéral, le SPLC aurait mis en place, pendant plus d’une décennie, un vaste système de paiements clandestins à des membres ou dirigeants de groupes extrémistes infiltrés comme «informateurs». Les montants évoqués atteindraient plusieurs millions de dollars entre 2010 et 2023. Une partie de ces fonds aurait transité par des sociétés-écrans, des comptes dissimulés ou des intitulés administratifs trompeurs destinés à masquer la véritable nature des dépenses.

L’un des éléments les plus frappants du dossier concerne l’usage présumé de fausses descriptions professionnelles pour dissimuler ces paiements. Selon les procureurs, certains bénéficiaires liés à des groupes néo-nazis ou au Ku Klux Klan apparaissaient dans les documents comptables sous des appellations anodines ou fictives, comme des spécialistes de livres rares (« rare books specialists ») ou des consultants indépendants. L’accusation soutient que ces mécanismes avaient pour but de tromper les banques, les auditeurs et surtout les donateurs du SPLC sur la destination réelle des fonds.

Le DOJ affirme également que certains informateurs n’étaient pas de simples observateurs passifs infiltrés dans des organisations extrémistes, mais des acteurs pleinement intégrés à leur fonctionnement. Des remboursements auraient notamment concerné l’achat de robes et capuches du KKK, du matériel utilisé lors de « incendies de croix » (croix brûlées), ainsi que diverses dépenses logistiques liées à des rassemblements ou à des activités de recrutement.

Plus troublant encore, les procureurs soutiennent que certains individus ayant exprimé le souhait de quitter ces organisations auraient été incités à y rester afin de préserver leur utilité comme sources rémunérées. Autrement dit, selon l’accusation, l’objectif n’aurait pas seulement été de surveiller des groupes extrémistes existants, mais aussi de maintenir actifs certains réseaux afin de continuer à produire du renseignement ou des sources d'incidents — et, indirectement, la justification de la mission du SPLC lui-même.

Le cas de l’informateur désigné « F-37 » occupe une place centrale dans l’acte d’accusation. Cet individu, rémunéré pendant plusieurs années par le SPLC à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars selon les procureurs, aurait participé aux discussions préparatoires entourant le rassemblement « Unite the Right » de Charlottesville en août 2017. D’après le DOJ, il faisait partie de canaux de coordination utilisés par les organisateurs, aurait contribué à certains aspects logistiques du déplacement de militants et publiait des contenus racistes dans le cadre de ses activités d’infiltration ou de provocation.

C’est ici que l’affaire prend une dimension particulièrement sensible. La défense du SPLC affirme que ces méthodes relevaient de techniques classiques d’infiltration destinées à surveiller des groupes potentiellement violents et à transmettre des renseignements aux autorités. Mais les procureurs suggèrent une lecture beaucoup plus grave : celle d’une organisation qui aurait dépassé la simple observation pour devenir, dans certains cas, un acteur indirect du maintien ou de la dynamique de ces mouvements.

Les critiques du SPLC vont plus loin encore. Elles soulignent que l’organisation a connu une croissance financière spectaculaire au cours des années marquées par la forte médiatisation de la montée de l’extrême droite américaine. Pour ses détracteurs, cette coïncidence alimente une question dérangeante : une organisation dont les ressources, l’influence médiatique et la capacité de collecte de fonds dépendent largement de l’existence d’une menace extrémiste peut-elle être tentée d’entretenir, consciemment ou non, l’écosystème qu’elle combat publiquement ?

Les procureurs ne prétendent pas que le SPLC aurait « créé » à lui seul le suprémacisme blanc américain. En revanche, l’acte d’accusation suggère qu’en rémunérant durablement certains militants radicaux, en finançant indirectement certaines de leurs activités et en maintenant sous perfusion des réseaux infiltrés, l’organisation aurait contribué à préserver ou amplifier des structures extrémistes dont elle tirait parallèlement une partie importante de sa légitimité publique et de ses revenus.

Le SPLC rejette catégoriquement ces accusations et plaide non coupable. L’organisation soutient que les paiements incriminés relevaient d’opérations de renseignement indispensables pour prévenir des violences et surveiller des groupes dangereux. Elle affirme également avoir coopéré avec les forces de l’ordre fédérales et considère les poursuites comme politiquement motivées.

Le procès devra déterminer si ces pratiques relevaient d’un programme d’infiltration agressif mais légal, ou si elles ont franchi une ligne plus grave : celle où la lutte contre l’extrémisme cesse d’être une simple surveillance pour devenir un système contribuant lui-même, directement ou indirectement, à la survie des mouvements qu’il prétend combattre.

 L'issue judiciaire est incertaine, et cette poursuite est engagée par une administration Trump notoirement hostile à l'organisation. Ces réserves sont nécessaires. Mais elles ne dissolvent pas la question structurelle. La SPLC dispose d'un patrimoine de plus de 700 millions de dollars. Son modèle économique dépend des dons, lesquels dépendent de la visibilité de la menace raciste. Une organisation qui combat le racisme et qui dépend financièrement de l'existence du racisme a, structurellement, davantage intérêt à étendre la définition du problème qu'à le résoudre. 

Historique de critiques et de controverses

Le Southern Poverty Law Center (SPLC) fait depuis longtemps l’objet de critiques l’accusant d’avoir progressivement évolué d’un organisme de surveillance des mouvements extrémistes vers une organisation militante fortement polarisée, centrée sur la collecte de fonds et la mobilisation politique.

Une définition controversée des « groupes haineux »

L’un des principaux reproches adressés au SPLC concerne l’extension progressive de la catégorie des « groupes haineux ». Ses détracteurs lui reprochent de ne plus se limiter à des organisations explicitement néonazies ou suprémacistes, mais d’y inclure également des associations conservatrices traditionnelles engagées dans les débats sur l’avortement, la religion, l’identité sexuelle ou l’éducation.

Parmi les organisations régulièrement citées figurent notamment Family Research Council, Alliance Defending Freedom, certains groupes opposés à l’avortement ou encore Moms for Liberty. Les critiques estiment que cette classification contribue à placer sur un même plan des mouvements violents et des organisations participant au débat public légal et institutionnel.

Selon ces observateurs, cette extension de la notion de « haine » aurait pour effet de gonfler artificiellement les statistiques sur l’extrémisme tout en servant à discréditer des adversaires idéologiques. Plusieurs médias ou commentateurs non conservateurs, y compris dans des publications comme Politico ou The New Yorker, ont également exprimé des réserves sur certaines méthodes ou classifications employées par le SPLC.

Crises internes et accusations de culture toxique

Le SPLC a aussi été secoué par d’importantes controverses internes. En 2019, son cofondateur Morris Dees a été licencié dans un contexte marqué par des accusations de harcèlement sexuel, de discrimination raciale et de mauvaise gestion interne.

À la suite de son départ, plusieurs employés et anciens salariés ont décrit une culture organisationnelle qu’ils jugeaient toxique, dénonçant notamment des tensions raciales, des comportements sexistes et un écart important entre le discours public de l’organisation et son fonctionnement interne.

Ces révélations ont provoqué une crise majeure de gouvernance et conduit le SPLC à annoncer plusieurs réformes administratives et structurelles.

Critiques sur la gestion financière et les campagnes de collecte

Le SPLC est également critiqué pour l’ampleur de ses ressources financières. L’organisation dispose depuis plusieurs années de revenus annuels très élevés ainsi que d’importantes réserves financières et patrimoniales.

Ses détracteurs soutiennent qu’une part relativement limitée de ces ressources serait consacrée à des actions judiciaires directes ou à une assistance concrète aux victimes, comparativement aux montants investis dans la communication, la collecte de fonds et le développement institutionnel.

L’organisation est ainsi régulièrement accusée d’utiliser des campagnes de sensibilisation alarmistes sur la montée de l’extrémisme afin de stimuler les dons et d’entretenir un climat d’urgence favorable à ses activités de financement. Le SPLC rejette ces accusations et affirme que ses ressources sont nécessaires pour assurer la surveillance des mouvements extrémistes, produire des recherches, soutenir des actions éducatives et financer des procédures judiciaires de longue durée.

Des relations souvent jugées complaisantes avec les grands médias de gauche

dimanche 24 mai 2026

Les IA corrompent insidieusement les documents qu’on leur soumet

Au bout d’une succession de tâches, même les meilleurs modèles accumulent des erreurs qui transforment irrémédiablement le contenu initial.

Dix-neuf modèles d’IA ont été évalués via un test de performance sur des dizaines de tâches, mis au point par trois chercheurs de Microsoft.

Peut-on déléguer à une intelligence artificielle une suite de tâches sur un même document, sans avoir à vérifier le résultat final ? Pas encore, expliquent des chercheurs de Microsoft Research dans une étude mise en ligne sur un serveur de prépublication. Ils mettent en garde contre le fait que les grands modèles de langage (LLM) actuels, comme ChatGPT, «ne sont pas des agents fiables : ils introduisent des erreurs rares mais graves qui corrompent silencieusement les documents et se cumulent au fil de longues interactions». Un avertissement tranché, alors que dans de très nombreux secteurs de l’économie, la tentation est de plus en plus forte de remplacer des êtres humains par des IA.

Pour arriver à cette conclusion, les trois chercheurs de Microsoft ont employé les grands moyens : ils ont mis au point un test de performance sur des dizaines de tâches différentes, avec lequel ils ont évalué 19 modèles d’IA. Plusieurs versions de ChatGPT, développée par OpenAI, qui a un partenariat étroit avec Microsoft, ont fait partie du lot. Mais ils ont aussi évalué la concurrence, en incluant des modèles de Google, d’Anthropic, de xAI, l’entreprise d’Elon Musk, du français Mistral et de la société chinoise Moonshot AI. Signe que le test n’a pas été conçu pour tresser des lauriers à ChatGPT, c’est le modèle concurrent Gemini 3.1 Pro de Google qui a obtenu les meilleurs résultats. Ou plutôt, les moins mauvais.

De très nombreux tests existent déjà pour évaluer l’efficacité des modèles d’IA, mais l’équipe américaine a eu une approche originale. «D’habitude, les LLM sont évalués sur une tâche unique, la traduction ou le résumé d’un texte par exemple. Dans cette étude, ils vont beaucoup plus loin en essayant de regarder des opérations d’édition qui pourraient être faites dans plein de domaines différents, avec des tâches métiers très variées», explique Claire Gardent, directrice de recherche CNRS au Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications (Loria), près de Nancy. Les chercheurs ont ainsi retenu pas moins de 52 domaines, dont plusieurs liés à la programmation informatique (langage Python, gestion de bases de données…), d’autres à la création artistique (travail sur des sous-titres de films, des partitions musicales…), à des métiers techniques et scientifiques (crystallographie, robotique, catalogue astronomique…), utilisant des données structurées (registres comptables, courriels, agendas), et pour finir liés à des activités de la vie quotidienne (des recettes de cuisine, des horaires de transport en commun, des parties d’échecs…). « Réussir à définir des tâches représentatives et pertinentes sur un aussi grand nombre de domaines a dû demander un travail considérable», précise Claire Gardent.

Autre particularité, l’étude n’évalue pas directement la qualité du travail effectué, mais les pertes d’informations et les transformations apportées au document de départ au fur et à mesure du travail effectué par l’IA. « Les chercheurs utilisent pour cela des tâches réversibles, en regardant les dégradations apportées en allant d’un état A à B, puis en faisant l’opération inverse, de B à A, et en vérifiant à la fin si on retrouve bien l’état initial », explique François Yvon, directeur de recherche CNRS à l’institut des systèmes intelligents et robotique à Sorbonne université. «C’est une technique connue depuis très longtemps pour évaluer la traduction entre deux langues, mais qui a ici été élargie à de très nombreux domaines. » Pour l’analyse sur un registre comptable, l’opération demandée à l’IA a par exemple consisté à extraire les dépenses et les recettes, puis prendre ces deux listes créées par l’IA et les rassembler, avec classement chronologique. Une autre opération encore plus simple a consisté à demander à l’IA de manipuler des taux de change, avec par exemple un passage de montants en dollars en euros, avant de revenir à des dollars.

Ce couple d’opérations a ensuite été répété, jusqu’à une dizaine d’allers et retour, en mesurant à chaque étape les pertes d’informations et les erreurs ajoutées. «Ces opérations, individuellement, ne sont pas particulièrement complexes, mais quand on les répète de proche en proche, par un effet de téléphone arabe, elles finissent par devenir catastrophiques pour tous les modèles, même ceux qui avaient l’air de plutôt bien se comporter après le premier tour », résume François Yvon. Le modèle le moins efficace, ChatGPT5 Nano, décroche même après le premier aller et retour, avec un score de conservation de l’information de départ catastrophique de seulement 30 %. Au terme de la simulation, après 20 tâches successives, le score moyen de tous les modèles n’est que de 50 %, ce qui correspond à une perte de la moitié des informations de départ. Les trois modèles qui arrivent en tête de l’étude, Gemini 3.1 Pro, Claude 4.6 Opus d’Anthropic et ChatGPT 5.4 d’OpenAI, semblent bien résister après deux passages, avec des scores proches de 95 %. Mais en fin de test, après 20 tâches successives, ils accumulent quand même 25 % d’erreurs par rapport au document initial. Sur un texte, cela fait un quart de la longueur qui n’a plus aucun rapport avec le point de départ… alors que l’opération demandée est conçue pour être réversible. « Avec ce genre de résultats, on constate que ces modèles de langage ne sont pas prêts à se voir confier des tâches réelles qui se succèdent», estime François Yvon. 

 Exemple concret tiré de l’étude Microsoft. Elle illustre de façon visuelle et frappante le problème central de l'étude: la dégradation progressive et irréversible d’un document lorsqu’on enchaîne de nombreuses tâches sur lui avec un LLM. 
Les chercheurs ont conçu des paires de tâches réversibles (exemple dans l’étude) :
« Applique un schéma de couleurs automnales ». Puis : « Restaure les matériaux et couleurs d’origine à partir de la sauvegarde ».
Ou : « Sépare le tronc et le feuillage en deux fichiers » → « Fusionne-les à nouveau en un seul fichier palmier ». 
Départ (0 tâches, à gauche) — Palmier vert complet, en bonne santé → 100 % de conservation.
 
Fin (après ~20 tâches, à droite) — Il ne reste plus qu’un vague bâton marron avec une petite feuille ou un trait → seulement 6 % de fidélité au document d'origine.

Pour Pierre Colombo, ancien chercheur à CentraleSupélec qui a rejoint la société canadienne en IA Cohere, « l’accumulation de ces erreurs n’est pas du tout une surprise. C’est complètement lié à ces modèles qui ont un fonctionnement autorégressif, où on prédit le mot suivant en regardant ceux qui précèdent. Si une erreur apparaît à un moment T, elle se propage, sans que le modèle puisse la corriger ». Les chercheurs précisent qu’ils ont volontairement augmenté la difficulté en faisant travailler les modèles avec des documents de taille « réelle », d’une longueur équivalente à quelques milliers de mots (l’équivalent d’un chapitre de livre ou d’un rapport de plus d’une dizaine de pages). « L’un des gros défis pour les modèles d’IA avec des interactions successives sur un même travail, c’est de garder la mémoire de tout ce qui a été fait, avec un contexte qui grossit, explique Pierre Colombo. Les données sont représentées dans un espace, mais comme dans une conversation entre deux personnes, plus l’information est ancienne, plus il est difficile de s’en souvenir. »

Sur les 52 domaines étudiés, le seul qualifié de «prêt pour une délégation à L’IA » par les chercheurs de Microsoft est la programmation en Python, avec des scores après 20 tâches qui dépassent 98 % pour la majorité des modèles testés.

« Ce n’est pas complètement surprenant, estime Claire Gardent. Le code de programmation est bien plus structuré qu’un langage naturel, avec une syntaxe plus limitée et une complexité moindre. » « Je ne vois pas comment éviter complètement ces accumulations d’erreurs, à moins de mettre des vérifications en sortie du modèle, ce qui est loin d’être facile à mettre en place, résume François Yvon. Le piège, c’est que, comme l’interaction en langage naturel avec ces IA est très facile, on pense qu’elles sont intelligentes, et on oublie leurs limites. » 


Source : Le Figaro


mardi 6 janvier 2026

Fraudes massives au Minnesota : l’ampleur du scandale des garderies et l’effet catalyseur de l’enquête de Nick Shirley

Mise à jour

 Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a déclaré lundi dans un communiqué qu'il mettait fin à sa campagne de réélection et ne briguerait pas un troisième mandat.

Walz, candidat démocrate à la vice-présidence en 2024, a invoqué l'attention accrue portée aux allégations de fraude dans le Minnesota, ajoutant que « les manœuvres politiques des républicains ne font que rendre cette lutte plus difficile à gagner ».

« Mais après avoir réfléchi à cette situation avec ma famille et mon équipe pendant les vacances, j'en suis venu à la conclusion que je ne peux pas me consacrer pleinement à une campagne politique », a-t-il déclaré.

Cette annonce intervient alors que l'État fait l'objet d'une surveillance accrue concernant la fraude présumée dans le domaine de la garde d'enfants. La sénatrice Amy Klobuchar envisage actuellement de se présenter au poste de gouverneur.

Source : NBC

 

 
Billet originel du 31 décembre 2025
 
Fin décembre 2025, le Minnesota se retrouve au centre d’un scandale de fraudes d’une ampleur exceptionnelle touchant plusieurs programmes sociaux majeurs, notamment les aides aux garderies, les thérapies pour l’autisme et les dispositifs d’aide alimentaire. Selon des procureurs fédéraux, le montant total des fonds publics potentiellement détournés depuis 2018 pourrait dépasser 9 milliards de dollars. Une part significative des structures mises en cause serait liée à des organisations gérées par des membres de la communauté somalienne, qui constitue la plus importante diaspora somalienne des États-Unis. 

L’enquête virale de Nick Shirley : un accélérateur décisif

Le 26 décembre 2025, le journaliste indépendant et vidéaste Nick Shirley publie une enquête de 42 minutes intitulée I Investigated Minnesota’s Billion Dollar Fraud Scandal. Réalisée avec l’aide d’un enquêteur local se présentant sous le pseudonyme de « David », la vidéo documente la visite d’une dizaine de garderies à Minneapolis et dans ses environs, officiellement enregistrées comme accueillant des dizaines d’enfants.

Les images montrent pourtant des établissements apparemment inactifs : portes closes, fenêtres obturées, absence totale d’enfants ou de personnel,
et signalétique parfois approximative, comme une enseigne affichant « Quality Learing [sic] Center ». Or, ces structures auraient perçu des sommes considérables via le Child Care Assistance Program (CCAP). Le seul Quality Learning Center aurait ainsi reçu environ 1,9 million de dollars en 2025, et jusqu’à 4 millions de dollars cumulés, malgré des indices manifestes d’inactivité.

Selon Shirley, une seule journée d’investigation aurait permis d’identifier plus de 110 millions de dollars de paiements jugés suspect.

La diffusion de la vidéo provoque une onde de choc immédiate : elle cumule, en quelques jours, plus de 129 millions de vues sur X et 1,6 million de vues sur YouTube (chiffres au 30 décembre 2025). Relayée par Elon Musk, JD Vance et plusieurs figures conservatrices de premier plan, elle précipite une réaction fédérale rapide.

dimanche 17 août 2025

Afrique du Sud — Les coûts exorbitants des politiques dites d'émancipation économique des Noirs

Après la fin de l'apartheid, l'Afrique du Sud s'est lancée dans l'une des tentatives les plus ambitieuses au monde pour corriger les inégalités raciales. Au cœur de cette initiative se trouve le Black Economic Empowerment (BEE), un ensemble de politiques qui, dans les faits, obligent les entreprises à vendre des actifs à prix réduit à des investisseurs noirs, à embaucher davantage de cadres noirs et à acheter davantage auprès de fournisseurs noirs. Bien que fortement soutenu par l'African National Congress (ANC), le parti au pouvoir depuis 1994, le BEE est aujourd'hui remis en question comme jamais auparavant.

L'administration Trump invoque le BEE pour justifier l'imposition de droits de douane de 30 % sur le pays. En Afrique du Sud, on s'inquiète de plus en plus du fait que ces politiques, si elles étaient peut-être nécessaires au départ, ne sont plus utiles aujourd'hui. Le BEE a principalement profité à une petite élite noire tout en freinant la croissance économique et en sapant la stabilité sociale qu'il était censé soutenir.

Le BEE a été conçu par les plus grands conglomérats sud-africains, dont six représentaient au début des années 1990 86 % de la valeur de la Bourse de Johannesburg (JSE). Pour convaincre l'ANC, jusqu'alors engagé dans la nationalisation de l'économie, des mérites du capitalisme, ils avaient besoin de capitalistes noirs. Ils ont donc vendu des actions ou des parts à prix réduit à des personnalités de l'ANC telles que Cyril Ramaphosa, aujourd'hui président de l'Afrique du Sud. La réponse de l'ANC aux critiques selon lesquelles cette politique était une manœuvre de l'élite a été la loi de 2003 sur l'émancipation économique élargie des Noirs (Broad Based Black Economic Empowerment Act). Cette loi a transformé l'expiation ponctuelle des entreprises en un vaste système réglementaire.

Aujourd'hui, le BEE est une forme de discrimination affirmée qui ressemble à un jeu. Les entreprises reçoivent des points en fonction de critères tels que la part de l'entreprise détenue par des actionnaires noirs, le nombre de cadres supérieurs noirs, les investissements dans les compétences des employés noirs, les contributions caritatives et les achats auprès d'entreprises détenues par des Noirs. Les entreprises ayant un faible score ont du mal à obtenir des contrats et des permis publics ou à attirer des partenaires commerciaux. « Votre note BEE déterminera votre réussite commerciale dans 90 % des cas », affirme Deirdre Mitchell, de Honeycomb, une agence de notation BEE.

Pour ses partisans, le BEE est une source d'harmonie. « Si nous avions maintenu le statu quo pré-démocratique, l'Afrique du Sud aurait fini par imploser », estime Tshediso Matona, qui dirige l'organisme de réglementation du BEE. Il affirme que cette politique a également contribué à l'essor de la classe moyenne noire.

Pourtant, l'Afrique du Sud, qui affiche l'un des taux d'homicides les plus élevés au monde et connaît des troubles périodiques, est loin d'être tranquille. Les inégalités sont plus importantes aujourd'hui qu'en 1994, en partie à cause de l'augmentation des inégalités entre les Sud-Africains noirs. Une étude suggère que le revenu réel brut des 10 % des Noirs les plus riches a triplé entre 1993 et 2019, tandis que celui des 50 % les plus pauvres a diminué. Cela reflète le taux de chômage élevé causé par la lenteur de la croissance économique. Moins de 40 % des Sud-Africains noirs en âge de travailler ont un emploi formel.

Selon les estimations « très, très prudentes » de William Gumede, un universitaire qui a travaillé dans les années 2000 sur une étude du BEE, plus de 1 000 milliards de rands (56 milliards de dollars) d'actifs auraient été transférés à moins de 100 personnes depuis le lancement du BEE.

Les principaux bénéficiaires ont été une élite principalement liée au monde politique et les facilitateurs (principalement blancs) qui ont pris des commissions importantes. Un banquier affirme qu'un « transfert sur papier » de 25 % du capital d'une entreprise finit généralement par valoir 100 % du capital. Les principaux bénéficiaires ont été une élite principalement liée au monde politique [noir] et les facilitateurs (principalement blancs) qui ont pris des commissions importantes. Un banquier affirme qu'un « transfert sur papier » de 25 % du capital d'une entreprise finit généralement par valoir 8 %, une fois les frais de transaction et les prêts pour l'achat des actifs remboursés. M. Gumede qualifie le BEE de « l'une des stratégies de redistribution les plus coûteuses, inefficaces et sources de gaspillage jamais conçues dans une société postcoloniale ».

Le BEE a-t-il favorisé l'émergence d'une classe moyenne noire ? Le nombre d'entreprises détenues par des Noirs a doublé entre 2002 et 2019, mais cela se serait peut-être produit de toute façon. La croissance de l'emploi des Noirs dans le secteur public a été plus importante. Aujourd'hui, 75 % des cadres supérieurs de la fonction publique sont noirs (ce qui correspond à peu près aux 82 % de la population noire), contre 15 % dans le secteur privé (voir graphique). Ce dernier chiffre pourrait être la preuve d'un racisme persistant ou des effets résiduels de l'éducation dispensée à l'époque de l'apartheid sur les compétences des Sud-Africains noirs.

En juin, le Free Market Foundation, un groupe de réflexion, a estimé que le coût annuel de la mise en conformité avec le BEE pour les entreprises était de 145 à 290 milliards de rands, soit 2 à 4 % du PIB. Bien qu'il y ait des raisons de contester la méthodologie, le BEE entraîne certainement des coûts supplémentaires et crée des incitations perverses.

Les entreprises maximisent leurs points en achetant auprès d'entreprises détenues par des Sud-Africains noirs, avec des points supplémentaires si elles sont détenues par des femmes. Cela signifie souvent « trois personnes dans la chaîne d'approvisionnement au lieu de deux », explique Mme Mitchell. Selon l'Institute of Race Relations, un autre groupe de réflexion, l'État peut dépenser 25 % de plus que le coût réel si un bien ou un service provient d'un fournisseur noir. Ces « primes BEE » viennent s'ajouter à une dette publique déjà galopante. Les règles en matière de marchés publics fournissent un prétexte pour attribuer des contrats à des amis.

Le BEE est en proie à la « dépensite », qui consiste à attribuer des points pour les dépenses engagées et non pour les résultats obtenus. Les entreprises peuvent obtenir des points en payant des cours qui ne sont jamais suivis jusqu'au bout. Cela a donné naissance à une mini-industrie de personnes qui s'inscrivent à de multiples programmes de formation professionnelle appelés « apprentissages » sans jamais les terminer. Seules les entreprises comptant au moins 50 employés sont tenues de respecter les quotas raciaux. Les entreprises renoncent donc à leur croissance ou se scindent en unités plus petites.

Certaines entreprises tentent de contourner le BEE en recourant à des hommes de paille. Dans sa forme la plus grossière, cela consiste pour une entreprise à berner un Sud-Africain noir, par exemple son chauffeur, pour qu'il devienne son « partenaire BEE » sur le papier, tout en ne lui accordant que peu d'avantages. M. Matona affirme que sa commission a reçu plus de 1 300 plaintes concernant des hommes de paille depuis 2017.

Les entreprises étrangères peuvent obtenir des dérogations aux règles de propriété du BEE grâce à des programmes d'« équivalence en capital ». Microsoft, par exemple, a financé des jeunes pousses locales. Starlink, l'entreprise d'Internet par satellite d'Elon Musk, pourrait conclure un accord similaire. Mais cela représente tout de même des coûts supplémentaires pour les entreprises qui pourraient investir ailleurs, ce qui accentue le manque de dynamisme de l'Afrique du Sud. Le taux d'entrée et de sortie des entreprises de l'économie est trois fois moins élevé que dans les autres pays à revenu intermédiaire.

Moeletsi Mbeki, commentateur, affirme que le BEE a créé un « cercle parasitaire » de Sud-Africains noirs qui (à quelques exceptions près) se contentent de prendre leur part dans les entreprises existantes plutôt que de créer les leurs. Combiné aux salaires élevés du secteur public (la masse salariale de l'État représente 15 % du PIB, contre 10 % en moyenne dans les pays de l'OCDE), cela conduit à un faible niveau d'entrepreneuriat chez les Noirs, affirme-t-il.

Tshepo Mahloele, l'un des hommes les plus riches d'Afrique du Sud, soutient la transformation, mais s'inquiète de la façon dont le BEE peut ajouter une nuance au succès des Noirs. Âgé de 57 ans, il a participé à des transactions BEE, mais a également investi avec succès en dehors de l'Afrique du Sud. Il affirme que, aux yeux de certains, « lorsque j'entre dans une pièce... je ne suis pas d'abord un homme d'affaires, je suis un homme d'affaires noir ».

Un récent sondage Ipsos a révélé que 44 % des Sud-Africains souhaitent que le BEE se poursuive. Environ 36 % pensent qu'il devrait prendre fin et 20 % sont indécis. Ceux qui affirment qu'il ralentit la croissance sont deux fois plus nombreux que ceux qui pensent qu'il la favorise. Une majorité estime qu'il est « dépassé et source de divisions ». Un sondage réalisé par la Social Research Foundation révèle qu'environ 80 % des personnes interrogées estiment que les gouvernements devraient embaucher les meilleurs candidats et acheter les produits les moins chers, sans distinction de race.

L'ANC reste attaché au programme BEE, malgré les pressions exercées par l'administration Trump et par son principal partenaire de coalition, l'Alliance démocratique libérale. En effet, sa solution aux problèmes liés à cette politique semble être un contrôle accru de l'État. Il souhaite mettre en place un « fonds de transformation » géré par l'État et financé par les entreprises. Les modifications adoptées cette année ont imposé des quotas plus stricts.

M. Ramaphosa affirme que le BEE n'est « pas seulement un choix politique, mais un impératif constitutionnel ». Il estime qu'il est « faux de penser que nous devons choisir entre la croissance et la transformation ». La vérité est que, plus de 30 ans après l'apartheid, son pays manque cruellement des deux. 

Source : The Economist

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lundi 11 août 2025

Afrique du Sud — 48 milliards d'euros détournés par 100 personnes liées à l'ANC depuis 1994

Selon une évaluation réalisée par le professeur William Gumede de la Wits School of Governance, plus de 1 000 milliards de rands (48 milliards d'euros, 77 milliards de dollars canadiens) ont été transférés, depuis 1994, à moins de cent individus politiquement liés, via le programme Black Economic Empowerment (BEE, c'est-à-dire la Promotion économique des Noirs). 

Le prof Gumede dénonce une concentration de la « redynamisation économique » entre les mains d’une élite noire étroitement associée à l’ANC et aux syndicats, qui bénéficie de réinvestissements successifs. Selon lui, de véritables entrepreneurs noirs, sans connexions politiques, en sont exclus. Cet argent aurait pu être mieux utilisé pour financer des infrastructures, des logements ou des écoles, ce qui aurait eu un impact bien plus large dans la société. L’Institut de Race Relations (IRR) exige quant à lui que le Parlement assume ses responsabilités face à ces dérives et à leurs conséquences sur l’emploi et les investissements.

La mise en œuvre du BEE semble avoir dévié de son objectif initial d’émancipation économique pour devenir un système de captation de rente par une petite élite noire. Ces bénéficiaires sont souvent des personnalités déjà influentes, recyclées dans les cercles du pouvoir.

Ce détournement représente une perte considérable pour les budgets publics et pour le développement de longue durée — des sommes massives qui auraient pu être réaffectées à des programmes ayant un effet structurant, comme l’amélioration du système éducatif ou des services publics.

Le professeur Gumede a alerté que le modèle actuel favorise la corruption, notamment via la création de sociétés-écrans destinées uniquement à décrocher des contrats publics. L’IRR, elle, appelle le Parlement à répondre de cette politique qui, selon elle, va à l’encontre de la création d’emplois et de la responsabilisation économique.

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vendredi 28 février 2025

Elon Musk et les organisations dites non gouvernementales mais qui sont massivement financées par l'État


Elon Musk au micro de Joe Rogan — Les ONG sont un véritable cauchemar. Et c'est un terme erroné car si on a une organisation non gouvernementale financée par le gouvernement, on est tout simplement en face d'une organisation financée par le gouvernement. C'est un oxymore.

Joe Rogan — Oui, c'est une échappatoire.

Elon Musk — Oui, en fait, les ONG financées par le gouvernement sont un moyen de faire des choses qui seraient illégales s'il s'agissait du gouvernement, mais qui sont en quelque sorte rendues légales si les fonds sont envoyés à une soi-disant organisation à but non lucratif. Mais ces organisations à but non lucratif sont ensuite utilisées, les gens retirent de l'argent de ces organisations à but non lucratif. Ils deviennent très riches grâce aux organisations à but non lucratif, ils se versent des sommes énormes par le biais de ces organisations.

Joe Rogan — C'est insensé. De voir que cela dure depuis si longtemps.

Elon Musk — C'est une gigantesque escroquerie. L'une des plus grandes, peut-être la plus grande escroquerie de tous les temps.

Joe Rogan — Et combien y a-t-il d'ONG ?

Elon Musk — Euh, je pense, un total d'ONG... probablement des millions. Mais en termes de grandes ONG, des dizaines de milliers. C'est une sorte de piratage du système. Lorsque quelqu'un parvient à créer une ONG pour une somme d'argent relativement modeste, George Soros est vraiment doué pour cela. George Soros est comme un « pirate » du système, il a compris comment pirater le système. C'est un génie de la médiation. Je veux dire, de nos jours, il est assez vieux, mais c'est un génie de de l'effet de levier. Il a donc compris qu'il était possible d'utiliser une petite somme d'argent pour créer une organisation à but non lucratif, puis de faire pression sur les politiciens pour qu'ils envoient une tonne d'argent à cette organisation à but non lucratif. Ainsi, vous pouvez prendre ce qui pourrait être un don de 10 millions de dollars à une organisation à but non lucratif pour la créer et la transformer en une ONG d'un milliard de dollars. Sans but lucratif est un mot bizarre, il s'agit simplement d'une organisation non gouvernementale que le gouvernement continue de financer chaque année. Elle portera un nom qui sonne bien, comme « Institut pour la paix » ou quelque chose comme ça. Mais en réalité, il s'agit d'une mine de pots-de-vin. 

dimanche 9 février 2025

Trump déclare qu'il supprime tout financement à l'Afrique du Sud en raison de la discrimination anti-blanche

Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il supprime tout financement à l’Afrique du Sud en raison de la discrimination et des violations des droits de l’homme à l’encontre des Blancs. Le ministre des Affaires étrangères, Marco Rubio, a également déclaré : « Je ne participerai pas au sommet du G20 à Johannesbourg. » « L’Afrique du Sud fait de très mauvaises choses, a écrit le secrétaire d’État américain sur le réseau social X, citant notamment « l’expropriation des propriétés privées ».

AfriForum, une ONG sud-africaine de défense des droits civils, a souligné que le décret exécutif émis hier par le président Donald Trump, président des États-Unis, concernant la situation des Afrikaners en Afrique du Sud est le résultat direct des actions et politiques irresponsables du président Cyril Ramaphosa et de son gouvernement.

Menaces, discriminations et climat délétère causés par l’ANC

AfriForum avait écrit au président de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, en avril 2024 pour lui demander de renvoyer la Loi sur l’expropriation devant le Parlement, car l’article 12 (3) — qui rend possible l’expropriation sans compensation et qui ne limite pas réellement les circonstances dans lesquelles elle est appliquée — fera fuir les investisseurs.

« Malheureusement, Cyril Ramaphosa a ignoré cette demande. Il a signé cette loi et le président doit donc porter l’entière responsabilité des fruits amers que ce pays et son peuple doivent maintenant récolter », a déclaré Kallie Kriel, président d’AfriForum.

Ernst J. van Zyl, responsable des relations publiques d’AfriForum, estime que les déclarations et le comportement du gouvernement de l’ANC avant la signature de la loi sur l’expropriation justifient les inquiétudes suscitées par cette loi : « Les tentatives d’amendement de la Constitution pour détruire les droits de propriété privée, l’éloge et le culte du héros des accapareurs de terres tels que [l'ancien président du Zimbabwe] Robert Mugabe, et la déclaration selon laquelle l’objectif de la loi sur l’expropriation est de permettre l’expropriation sans compensation, ne sont que quelques exemples des déclarations et des comportements du gouvernement ANC qui suscitent des inquiétudes. »

Selon Jacques Broodryk, porte-parole pour la sécurité des communautés à AfriForum la violation des droits de propriété par l’accaparement des terres en Afrique du Sud suscite de plus en plus d’inquiétudes au niveau international : « Bien que le gouvernement ne soit pas directement responsable d’accaparements de terres, il en est indirectement responsable parce que la police, dans de nombreux cas, n’agit pas contre les occupants et que la législation rend difficile l’expulsion des accapareurs des terres occupées. »

« En outre, des conseillers municipaux de l’ANC ont par le passé été liés à des accaparements illégaux de terres », ajoute Jacques Broodryk.

Se référant aux préoccupations du président Donald Trump selon lequel des minorités sont « très mal traitées », M. Kriel souligne que M. Ramaphosa a signé la loi de modification des lois sur l’éducation de base (BELA) qui menace spécifiquement l’existence continue des communautés culturelles de langue afrikaans en ciblant les écoles afrikaans.

Selon Kallie Kriel, c’est également sous le gouvernement contrôlé par l’ANC — que l’Afrique du Sud compte 141 lois raciales, dont 116 nouvelles, toujours dans les recueils de lois.

Afrikaners reconnaissants, mais opposés à l’émigration

AfriForum a exprimé sa grande reconnaissance envers Donald Trump et les États-Unis pour avoir souligné l’injustice dont sont victimes les Afrikaners en Afrique du Sud.

Toutefois, AfriForum et d’autres organisations sœurs ont rejeté l’offre de Trump de réinstallation des Afrikaners aux États-Unis : « Les Afrikaners ne survivront que sur le sol local en tant que communauté culturelle. L’émigration n’offre de perspectives qu’aux Afrikaners qui sont prêts à sacrifier l’identité culturelle de leur postérité en tant qu’Afrikaners. »

Le décret de Donald Trump sur l’Afrique du Sud

Défense des écoles afrikaans, du droit de propriété

D’après Kallie Kriel, président d’Afriforum, les propositions d’AfriForum comprennent, entre autres, les éléments suivants : 

  1. Le dépôt d’amendements sur la loi d’amendement de la loi sur l’éducation de base (Bela), qui menace spécifiquement l’existence des écoles afrikaans et des communautés culturelles ; et la loi sur l’expropriation qui menace les droits de propriété.
  2. Le retour de l’Afrique du Sud à une politique étrangère neutre vis-à-vis des conflits internationaux. La politique étrangère anti-occidentale et anti-américaine inconsidérée du gouvernement sud-africain contribue directement au fait que le bien-être économique de
  3. La conclusion d’un accord culturel entre le gouvernement sud-africain et les Afrikaners et autres communautés culturelles qui le souhaiteraient, selon lequel un espace culturel sera offert aux institutions et communautés culturelles africaines.
  4. La cessation de la discrimination raciale contre les Afrikaners et les autres minorités.
  5. L’arrêt des déclarations haineuses envers les Afrikaners et les autres minorités, comme l’utilisation du chant Kill the Boer (Tue le Boer !, voir vidéo ci-dessous).

La Loi d’expropriation (2024) sans compensation

Son article 12 (3) précise que :

(3) Il peut être juste et équitable qu’aucune indemnité ne soit versée lorsqu’un terrain est exproprié pour cause d’utilité publique, compte tenu de toutes les circonstances pertinentes, y compris, mais non exclusivement, les suivantes

(a) lorsque le terrain n’est pas utilisé et que l’objectif principal du propriétaire n’est pas de développer le terrain ou de l’utiliser pour générer des revenus, mais de bénéficier de l’appréciation de sa valeur marchande ;

(b) lorsqu’un organe de l’État détient un terrain qu’il n’utilise pas pour ses fonctions essentielles et qu’il n’est pas raisonnablement susceptible d’avoir besoin du terrain pour ses activités futures à cet égard, et que l’organe de l’État a acquis le terrain à titre gratuit ;

(c) nonobstant l’enregistrement de la propriété en vertu de la loi de 1937 sur le registre des actes (loi n° 47 de 1937), lorsqu’un propriétaire a abandonné le terrain en n’exerçant pas de contrôle sur celui-ci alors qu’il était raisonnablement en mesure de le faire ;

(d) lorsque la valeur marchande du terrain est équivalente ou inférieure à la valeur actuelle de l’investissement direct de l’État ou de la subvention pour l’acquisition et l’amélioration bénéfique du capital du terrain.

Comme on le voit, l’article 12, paragraphe 3, laisse à l’autorité expropriante le pouvoir discrétionnaire de déterminer s’il est juste et équitable de ne verser aucune indemnité. Toutefois, la loi ne contient pas de lignes directrices sur la manière dont ce pouvoir discrétionnaire doit être exercé. L’indemnisation nulle n’est pas nécessairement limitée aux cas énumérés dans cet article.

L’article 25 paragraphe 4 de la Constitution sud-africaine stipule que

(4) Aux fins du présent article —
(a) l’intérêt public comprend l’engagement de la nation envers la réforme agraire et les réformes visant à assurer un accès équitable à toutes les ressources naturelles de l’Afrique du Sud, et
(b) la propriété ne se limite pas à la terre.
Lu à la lumière de cet article (25) (4) (a), « l’intérêt public » comprend « l’engagement de la nation envers la réforme agraire. »

Certains ont interprété cela comme signifiant que l’article 25 fournit un cadre pour les cas où aucune compensation ne serait accordée pour les biens expropriés, en particulier en ce qui concerne les terres. À savoir que l'expropriation dans le cadre de la réforme agraire est en soi de l'intérêt public et ne doit donc pas nécessairement être justifié autrement (les clauses (a) à (d) n'étant que des exemples en rien limitatifs).

L’Afrique du Sud, en tant que membre de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), est signataire du protocole de la SADC sur la finance et l’investissement. Ce protocole vise à fournir un cadre politique pour encourager les États membres à instaurer un climat économique favorable à l’investissement et à l’esprit d’entreprise.

L’article 5 du protocole stipule que l’expropriation d’un terrain n’est légale que si elle est effectuée dans un but d’utilité publique, dans le cadre d’une procédure légale régulière, de manière non discriminatoire et accompagnée d’une indemnisation juste et adéquate.

La loi sur l’expropriation en son article 12 (3) pourrait entrer en conflit avec l’exigence d’une « indemnisation juste et adéquate » du Protocole.

La section 12 (3) (a) est particulièrement préoccupante, car elle prévoit que l’indemnisation pour un terrain peut être nulle si le terrain n’est pas utilisé et que le propriétaire n’a pas l’intention de développer le terrain ou de générer des revenus à partir du terrain, mais plutôt de bénéficier de l’appréciation de la valeur du marché.

La section 23 (3) (c) prévoit que les terres peuvent être prises sans compensation lorsqu’elles ont été abandonnées parce que le propriétaire n’a pas exercé de contrôle sur les terres, bien qu’il ait été raisonnablement en mesure de le faire, et la section 23 (3) (d) prévoit qu’aucune compensation ne doit être payée lorsqu’un investissement direct de l’État excède la valeur des terres.

L’Afrique du Sud a conclu plusieurs traités bilatéraux d’investissement avec la Chine, les États-Unis et des pays de l’UE, dont la plupart exigent une compensation à la valeur marchande totale en cas d’expropriation.

L’expropriation sans compensation pourrait constituer une violation de ces traités et déclencher des demandes d’arbitrage international de la part d’investisseurs étrangers.

Le protocole sur l’investissement de la zone de libre-échange continentale africaine, auquel l’Afrique du Sud est liée en tant que signataire, prévoit également des protections contre l’expropriation sans compensation.

L’article 19 du protocole de la zone de libre-échange prévoit des règles relatives à l’expropriation des biens. Celles-ci exigent que l’expropriation soit effectuée dans un but d’utilité publique, conformément à la procédure établie par l’État dans lequel l’investissement est détenu, de manière non discriminatoire et, conformément à l’article (19) (1) (d), qu’elle donne lieu à une indemnisation juste et adéquate.

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