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lundi 27 juillet 2026

Canada : des publications sur les réseaux sociaux désormais surveillées par les autorités

Selon le Justice Centre for Constitutional Freedoms (JCCF), organisme canadien de défense des libertés constitutionnelles, la liberté d'expression en ligne au Canada fait l'objet d'une surveillance de plus en plus préoccupante.

Le JCCF estime que cette évolution ne résulte pas du seul projet de loi C-9, mais d'un ensemble de textes législatifs qui, selon lui, renforcent progressivement les pouvoirs de surveillance de l'État dans l'univers numérique, notamment en matière de contrôle des plateformes, d'accès aux données et de régulation des contenus en ligne.

« Nous recevons des témoignages selon lesquels des Canadiens sont contactés à leur domicile par des représentants des autorités au sujet de publications sur les réseaux sociaux remontant parfois à plusieurs mois, voire plusieurs années », a écrit le JCCF dans un message devenu viral sur 𝕩. « Ces signalements surviennent après l'adoption du projet de loi C-9, la Loi sur la lutte contre la haine, qui renforce les dispositions canadiennes relatives aux discours haineux en créant de nouvelles infractions, en alourdissant les peines et en supprimant certaines garanties juridiques qui limitaient auparavant les poursuites pour expression haineuse. »

« Il n'est malheureusement pas surprenant de voir se multiplier les signalements de personnes faisant l'objet d'enquêtes en raison de leurs propos, compte tenu des signaux extrêmement préoccupants envoyés récemment par le législateur fédéral, notamment avec l'adoption du projet de loi C-9 », a déclaré à LifeSiteNews Marty Moore, avocat spécialisé en droit constitutionnel et directeur du contentieux du JCCF. « Le Canada s'est déjà engagé très loin sur la pente glissante de la police de la parole. Si aucune correction n'est apportée, nous risquons de nous retrouver, dans un avenir proche, avec un régime de censure comparable à celui du Royaume-Uni. »

Marty Moore n'a pas souhaité révéler les détails des signalements reçus par le JCCF, mais il estime que les récentes initiatives du gouvernement canadien sont particulièrement préoccupantes.

« Le projet de loi C-9 aura un effet direct sur les décisions des enquêteurs et des procureurs concernant des propos religieux qui auraient auparavant pu être considérés comme une expression de bonne foi fondée sur un texte sacré », a-t-il expliqué. Entré en vigueur après avoir reçu la sanction royale le 18 juin, le projet de loi C-9 supprime en effet la défense dite de « bonne foi », qui protégeait les personnes exprimant ou cherchant à étayer, par un raisonnement, une opinion sur une question religieuse ou une opinion fondée sur un texte religieux. Rappelons que le Bloc Québécois a fortement appuyé ce projet de loi, pensant peut-être qu'il ne viserait que les islamistes radicaux.

Selon Marty Moore, l'effet le plus préoccupant pourrait toutefois être plus diffus. « Le projet de loi C-9, mais aussi d'autres textes ayant une incidence sur la liberté d'expression, notamment les projets de loi C-8 et C-34, risquent d'envoyer aux forces de l'ordre le message que la surveillance des opinions exprimées constitue désormais une priorité gouvernementale, justifiant davantage de moyens consacrés aux enquêtes et aux poursuites. »

Le JCCF souligne par ailleurs que le projet de loi C-34, présenté comme la « Loi sur les médias sociaux sûrs », conférerait d'importants pouvoirs de contrôle de l'expression en ligne à une Commission de la sécurité numérique dont les membres seraient nommés par le gouvernement.

Ceux qui seraient tentés de juger ces inquiétudes excessives peuvent notamment relever que le gouvernement libéral qualifie officiellement le morinommage — c'est-à-dire le fait de désigner une personne transgenre par son ancien prénom — de « violence facilitée par la technologie ». Selon sa définition, il s'agit d'une forme de violence émotionnelle liée au genre, à l'identité de genre, à l'expression de genre ou au genre perçu dans l'environnement numérique. Le gouvernement affirme également que le morinommage — « utiliser l'ancien nom d'une personne sans son consentement alors que son nouveau nom est connu » — constitue « une forme d'agression dégradante et irrespectueuse » parce qu'il « nie activement son identité ».

Plus tôt cette année, Barry Neufeld, ancien administrateur d'un conseil scolaire public de Colombie-Britannique, a été condamné par le Tribunal des droits de la personne de la province à verser 750 000 $ pour vingt-quatre publications — dont la plupart sur les réseaux sociaux — critiquant l'idéologie du genre et jugées constitutives d'un discours haineux. À la suite de cette décision, un autre administrateur d'école chrétienne, Laurie Throness, a annoncé sa démission, expliquant qu'il ne se sentait plus libre d'exprimer ses opinions sans risquer d'être visé par de lourdes sanctions financières.

Le JCCF encourage les Canadiens qui seraient contactés par les autorités au sujet de leurs publications sur les réseaux sociaux à prendre des précautions. « Si des représentants du gouvernement vous interrogent à propos de vos publications en ligne, envisagez d'enregistrer la conversation », conseille l'organisme. « Si vous estimez que vos droits ont été violés ou que vous avez été injustement pris pour cible, nous vous invitons à déposer une demande d'assistance par l'intermédiaire du portail en ligne du Centre de justice. »

lundi 9 mars 2026

Ottawa serre la vis à des milliers de demandeurs d'asile

Ottawa a présenté un  projet de loi omnibus C-12 intitulé Loi visant à renforcer le système d’immigration et la frontière du Canada.

Il s’agit d’une évolution et d’une version remaniée du projet de loi C-2 déposé initialement en juin 2025.

Il a été adopté par la Chambre des communes en décembre 2025 ; il franchit sa dernière étape au Sénat en ce 9 mars 2026, ce qui rend l’entrée en vigueur imminente.

Des réfugiées à leur arrivée à l'aéroport international d'Halifax, en Nouvelle-Écosse, le 19 octobre 2022.

S'il rentre en vigueur, une demande d’asile sera jugée irrecevable si elle est déposée plus d’un an après l’arrivée au Canada (délai calculé à partir de la première entrée).

La règle s’appliquera rétroactivement jusqu’en juin 2025. Cela touche les personnes déjà présentes au pays qui n’ont pas déposé leur demande dans l’année suivant leur arrivée (y compris étudiants étrangers, travailleurs temporaires et autres résidents temporaires qui se sont dit demandeurs d’asile plus tard).

Les personnes concernées ne passent plus devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) pour une audience complète. Elles doivent plutôt soumettre un dossier papier pour un Examen des risques avant renvoi (ERAR), traité par un fonctionnaire d’IRCC. 

Le délai de soumission des documents est fixé à un mois. Il n'y a pas d’appel possible devant la CISR ; seul un recours limité à la Cour fédérale.

Des dizaines de milliers de demandeurs d’asile déjà au pays sont affectés, y compris au Québec. Selon la ministre de l’Immigration Lena Diab (citée dans le Journal de Montréal), près de 20 000 dossiers devraient changer de pile (passer de la procédure normale à l’ERAR) pour la seule période entre juin et fin octobre 2025.

Notons la différence de taux d'approbation des demandes d’asile:

  • devant les commissaires de la CISR en 2025 : environ 78 % (selon le Centre des réfugiés);
  • par les fonctionnaires via l’ERAR : 46 % (selon IRCC). 

Cette mesure vise à protéger le système d’asile contre les hausses soudaines de demandes et à renforcer l’intégrité globale du système d’immigration, en ligne avec les objectifs énoncés dans les communiqués fédéraux de 2025 sur le C-12 (qui intègre et affine les éléments du C-2 initial).

jeudi 22 janvier 2026

Réécriture de l’histoire — Pour Mark Carney, les Plaines d’Abraham, lieu de la défaite française, seraient le symbole de la coopération multiculturelle

Le 22 janvier 2026, à la Citadelle de Québec, sur les Plaines d’Abraham — un lieu hautement symbolique de l’histoire québécoise —, le premier ministre canadien Mark Carney a prononcé un discours qui a suscité une vive controverse. Devant son cabinet réuni en retraite, il a présenté la bataille de 1759, événement fondateur de la Conquête britannique et disparition de la Nouvelle-France, comme un moment marquant un « choix historique » en faveur de l’adaptation et de la collaboration.

Selon M. Carney, les Plaines d’Abraham représenteraient à la fois un champ de bataille et l’endroit où le Canada aurait amorcé un parcours fondé sur le partenariat plutôt que la domination et sur la collaboration plutôt que la division. Cette lecture, qui tend à réinterpréter un épisode de guerre coloniale en symbole de compromis, a été perçue par plusieurs comme une vision excessivement idéalisée de l’histoire.


Pour ses critiques, cette interprétation relève d’une réécriture problématique du passé. Elle minimise les conséquences de la Conquête pour les Canadiens français — perte de souveraineté, marginalisation politique et tentatives répétées d’assimilation — au profit d’un récit consensuel visant à renforcer l’unité canadienne contemporaine. Dans ce cadre, les conflits historiques seraient relégués au second plan afin de promouvoir une vision d’un Canada post-national et multiculturel, au risque d’effacer des mémoires collectives encore vives au Québec.


Un rappel des faits historiques s’impose. En septembre 1759, les troupes britanniques commandées par le général Wolfe vainquent celles de Montcalm, entraînant la chute de la Nouvelle-France et l’établissement durable de la domination britannique en Amérique du Nord. Il ne s’agit pas d’un partenariat volontaire, mais bien d’une conquête militaire, suivie de politiques visant, explicitement ou implicitement, l’assimilation des Canadiens français — des déportations acadiennes au rapport Durham, en passant par les rébellions de 1837-1838. Rappelons que le 17 juillet 1761 la Nouvelle-France avait 14 % d'habitants de moins qu'en 1759. L’évocation par M. Carney d’un « pacte » renouvelé lors des référendums de 1980 et 1995 est également contestée, ces consultations ayant été marquées, selon plusieurs, par des interventions fédérales controversées et de promises non respectées.


Jean-Denis Garon est député bloquiste de Mirabel, titulaire d'un Ph.D. en économie et professeur à l'ESG-UQAM

Cette relecture de l’histoire s’inscrit, selon ses détracteurs, dans une narration libérale qui cherche à présenter le Canada comme un modèle d’harmonie multiculturelle, quitte à atténuer la réalité des rapports de force historiques. Or, pour une grande partie des Québécois, les Plaines d’Abraham demeurent avant tout un symbole de défaite, mais aussi de survivance et de résistance culturelle. Le choix de ce lieu pour défendre un plaidoyer en faveur de l’unité canadienne est ainsi perçu comme maladroit et déconnecté de la sensibilité historique québécoise.

Mark Carney lors d'un point de presse à Québec le 22 janvier 2026

Plusieurs figures publiques ont exprimé leur désaccord. Le sociologue Mathieu Bock-Côté a dénoncé ce qu’il considère comme une falsification du passé, appelant les médias à ne pas banaliser ce type de discours. Le chercheur Frédéric Lacroix y voit, pour sa part, une tentative de légitimer la domination politique et culturelle du Canada sur le Québec en la présentant comme un choix partagé. Des élus du Bloc québécois, dont Maxime Blanchette-Joncas et Denis Trudel, ont également critiqué une lecture qu’ils jugent incompatible avec les réalités historiques de la Conquête et de ses conséquences.

mercredi 17 décembre 2025

Le Canada vient d’enregistrer la plus forte baisse de population depuis les années 1940

Le Canada a enregistré sa plus forte diminution de population depuis les années 1940 après les changements apportés au système d'immigration par Ottawa, selon les données démographiques publiées mercredi par Statistique Canada. 

Au total, il y a environ 76 000 personnes de moins au Canada au cours du troisième trimestre, soit une baisse de 0,2 %. Le principal facteur est la chute du nombre d’étudiants étrangers, et plus largement des résidents temporaires.

Fait étonnant, presque l’entièreté de cette baisse a été enregistrée en Ontario (- 67 000) et en Colombie-Britannique (- 14 000). Durant la même période, le Québec a seulement noté 208 habitants de moins.

«Il s’agit de la première contraction démographique jamais enregistrée depuis 1946, à l’exception d’un très léger recul observé pendant la pandémie», plus précisément au quatrième trimestre de 2020, a constaté l’économiste de Desjardins LJ Valencia.

Ce virage fait suite à quelques années de hausse très importantes de l’immigration, et surtout de l’immigration temporaire, qui a donné lieu à un ressac important auprès de la population.

Il y a deux ans, le Canada enregistrait sa croissance démographique de population la plus importante depuis 1957. Pendant les trois mois du troisième trimestre de 2023, la population avait explosé de près de 420 000. Ici encore, cela était principalement dû à l’entrée d’étudiants étrangers et de travailleurs étrangers temporaires.

Puis, au troisième trimestre de 2024, le nombre de résidents temporaires a atteint un pic de 7,6 % de la population générale et diminue lentement depuis.

À la fin de son règne, Justin Trudeau avait reconnu que le gouvernement avait perdu le contrôle et que cela avait exercé de la pression sur les services publics et sur le prix des loyers.

Son ministre de l’Immigration de l’époque, Marc Miller, avait adopté un plan de réduction progressive des seuils. L’objectif actuel est de ramener la proportion de résidents temporaires à 5 % de la population d’ici la fin de 2027.

Desjardins estime que ces nouveaux seuils mèneront à une hausse du PIB réel par habitant, mais que l’économie dans son ensemble ralentira.

Aujourd’hui, le gouvernement de Mark Carney se vante du virage effectué et affirme qu’il fallait continuer dans le même sens.

«Nous sommes d’accord, monsieur [François Legault] et moi [...], qu’il faut réduire le rythme d’immigration parce que les niveaux d’immigration sont plus grands que la capacité d’accueil et la capacité d’intégration à Montréal et au Québec», a déclaré Mark Carney en entrevue à LCN mardi.

Statistique Canada a dévoilé hier qu’entre janvier et octobre 2025, le Canada a accueilli 60% moins de nouveaux étudiants et 48% moins de travailleurs étrangers par rapport à la même période l’année dernière.

Au 1er octobre, la population du Canada était de 41 575 585, estime l’agence fédérale.

Voir aussi

Valeurs — L'écart de fécondité entre conservateurs et « progressistes » se creuse

 
 

 


samedi 13 décembre 2025

National Post : Statistique Canada semble penser que les enfants de deux ans peuvent être transgenres.

Michael Higgins dans le National Post critique vivement Statistique Canada pour sa gestion des données du recensement de 2021 sur l'identité de genre des enfants et jeunes (0-14 ans) transgenres ou non-binaires. L'agence a collecté ces données mais ne les a pas publiées, préférant consulter uniquement des « experts en la matière » (principalement des chercheurs et militants pro-affirmation de genre) via un guide de consultation.

Points principaux du document de Statistique Canada critiqués :  
  • Affirmation que les enfants dès 18-24 mois peuvent reconnaître les normes de genre et exprimer des comportements genrés, et que les enfants trans ou non-binaires peuvent identifier leur genre de manière cohérente dès 2-3 ans.  
  • L'identité de genre n'est pas statique et peut évoluer tout au long de la vie (sans mention d'études contraires).  
  • Craintes que les données sensibles soient utilisées de manière « marginalisante » par des groupes niant l'existence des personnes trans, et insinuation que le discours public canadien reflète souvent de l'ignorance ou de l'intolérance.  
  • Ne faudrait-il pas imposer des seuils d'âge (ex. : à partir de 10 ans) pour publier les données, ou les restreindre ?
Pour Michael Higgins, Statistique Canada semble captée par l'idéologie du genre, acceptant sans critique des affirmations controversées sur l'identité de genre chez les très jeunes enfants.  

Le ton du document est condescendant, sous-entendant que les Canadiens sont intolérants (exemples : débats sur les pronoms, soins d'affirmation de genre, sports).  

Dans ce document, Statistique Canada donne des exemples où le « discours public » agaçant ne reflétait pas le point de vue des personnes transgenres.

« Par exemple, des discussions sont en cours et des modifications législatives ont récemment été apportées dans certaines provinces concernant l'utilisation des noms et des pronoms dans les écoles, l'accès aux soins de santé affirmant le genre pour les enfants et les jeunes transgenres et non binaires, et la participation des athlètes transgenres et non binaires aux sports », indique le document.

Il s'agit vraisemblablement d'une référence à l'Alberta, où le gouvernement provincial a adopté cette semaine un projet de loi qui obligerait les parents à donner leur consentement pour que les écoles utilisent des noms ou des pronoms différents pour leurs enfants, qui interdirait aux filles transgenres de pratiquer des sports féminins et qui interdirait aux médecins de prescrire des bloqueurs de puberté ou des traitements hormonaux aux jeunes de moins de 16 ans.

Il s'agit là de mesures tout à fait sensées qui défendent les droits des parents, protègent les jeunes vulnérables et permettent aux filles d'accéder à leurs propres sports.

Le gouvernement de l'Alberta est en phase avec la plupart des Canadiens. Un sondage Léger réalisé en 2024 a montré que 42 % des Canadiens s'opposent aux bloqueurs de puberté et aux traitements hormonaux pour les jeunes de moins de 17 ans, tandis que 26 % les soutiendraient avec le consentement des parents. Dans le même sondage, 68 % des Canadiens se sont déclarés opposés à ce que les athlètes nés de sexe masculin puissent participer à des compétitions sportives féminines.

Le document de consultation de Statistique Canada fait référence à diverses études, dont l'une a été co-rédigée par Greta Bauer, professeure au département d'épidémiologie et de biostatistique de l'Université Western, à London, en Ontario.

C'est Mme Bauer qui a témoigné lors de l'audience contre Amy Hamm, l'infirmière (et chroniqueuse au Post) qui a fait l'objet de poursuites disciplinaires par le British Columbia College of Nurses and Midwives pour avoir osé affirmer que le sexe est binaire. Ce n'est pas ce que croit Mme Bauer.

Une copie du jugement indique que Mme Bauer « n'est pas d'accord avec les affirmations selon lesquelles il n'y a que deux sexes, que les êtres humains ne peuvent pas changer de sexe et que les chromosomes sexuels sont immuables ».

Il ajoute : « Le Dr Bauer a expliqué que le terme « femme » dans le langage courant est généralement compris comme une catégorie d'identité sociale plutôt que comme une réalité biologique. » Statistique Canada est donc influencé par des experts qui ne croient pas à la réalité biologique des femmes.

Consultation exclusive d'une minorité d'experts (comme Greta Bauer, qui nie la binarité biologique du sexe) exclut la majorité des Canadiens, contredisant le mandat de l'agence.  

Statistique Canada devrait publier ces données mais en impliquant davantage le public, plutôt que de procéder dans une opacité influencée par des idéologues, ce qui constitue un manque de confiance envers les Canadiens.


mercredi 10 décembre 2025

Alliance des Libéraux et du Bloc québécois pour punir l'expression de croyances religieuses qui seraient « haineuses »

La politique fédérale est en effervescence depuis qu’on a appris que les libéraux minoritaires, mais au pouvoir, ont conclu un accord avec le Bloc québécois (ci-contre le chef du BQ) pour faire adopter leur projet de loi sur la réforme des crimes haineux en supprimant la défense spéciale fondée sur les croyances religieuses dans le cadre des poursuites pénales pour promotion délibérée de la « haine ». 

La société civile et les groupes religieux ont exprimé leur inquiétude quant au fait que cette mesure expose les fidèles à des risques juridiques et pourrait décourager le discours religieux en raison de la menace de poursuites. 

— Qu’est-ce que la défense fondée sur la croyance religieuse de bonne foi ?

Selon l’article 319 (2) du Code criminel du Canada, le fait de communiquer publiquement et délibérément des déclarations qui encouragent la haine envers un groupe identifiable constitue l’un des très rares cas où un Canadien peut être condamné à une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux ans uniquement pour des paroles ou des écrits.

Mais la loi prévoit actuellement quatre moyens de défense absolus. Personne ne peut être condamné pour avoir délibérément encouragé la haine ou l’antisémitisme, par exemple, « si, de bonne foi, la personne a exprimé ou tenté d’établir par un argument une opinion sur un sujet religieux ou une opinion fondée sur la croyance en un texte religieux ».

C’est ce que le nouveau projet de loi sur les crimes haineux propose de supprimer. Les autres moyens de défense comprennent la véracité des déclarations en question, la croyance raisonnable en leur véracité et leur pertinence pour l’intérêt public, et le fait de signaler les discours haineux dans le but de les dénoncer.

Telles sont les limites de la promotion délibérée de la haine, qui fait rarement l’objet de poursuites, mais reste l’une des lois les plus controversées sur le plan politique au Canada.

mardi 9 décembre 2025

Canada — 125 églises incendiées ou vandalisées depuis l'annonce de la découverte de tombes à l'ancien internat de Kamloops

Mise à jour du 9 décembre 2025 


À travers le Canada, au moins 123 églises chrétiennes à travers le Canada ont été vandalisées, incendiées ou profanées, et à ce jour, AUCUNE enquête fédérale n'a été ouverte à ce sujet à ce jour.

La vague de violence contre les lieux de culte chrétiens a éclaté après la prétendue découverte de tombes anonymes près d'un pensionnat indien à Kamloops, en Colombie-Britannique. Bien que la Première Nation elle-même ait qualifié ces découvertes d'« anomalies » et n'ait pas confirmé qu'il s'agissait bien de tombes, la tempête médiatique qui a suivi a déclenché une vague de haine anti-chrétienne. 

Quelques églises incendiées ces derniers mois:

Église orthodoxe ukrainienne All Saint’s, Bellis, Alberta

Une église orthodoxe ukrainienne vieille de près de 100 ans située à Bellis, en Alberta, a été détruite dans un incendie survenu le 21 septembre 2025. Selon la GRC, cet incendie aurait été allumé délibérément dans le cadre d’une série de crimes violents comprenant des vols de véhicules, des agressions contre des policiers et des incendies criminels. Trois suspects de la Première Nation de Saddle Lake, dont un jeune, ont été arrêtés et inculpés.

Église Thunderchild Word, Première Nation de Thunderchild, Alberta

La GRC enquête sur un incendie survenu le 1er septembre 2025 qui a détruit l'église Thunderchild Word Church de la Première Nation Thunderchild, au nord-ouest de North Battleford, causant plus de 250 000 dollars de dommages, mais sans faire de blessés. Bien que la cause n'ait pas encore été déterminée, les députés locaux et les dirigeants de l'église affirment que cet incendie reflète une augmentation inquiétante des crimes haineux contre les lieux de culte, et la congrégation s'est engagée à reconstruire l'église.

Grace United Church, Lloydminster, Alberta

Le 3 juillet 2025, les pompiers de Lloydminster ont rapidement maîtrisé un incendie mineur à la Grace United Church après avoir reçu un appel à 13 h 18 et être arrivés sur les lieux en moins de trois minutes. Bien que l'incendie ait produit une épaisse fumée et des résidus d'extincteur, aucun blessé n'a été signalé et l'enquête sur les causes se poursuit.

Notre-Dame-des-Neiges, Colville Lake, Territoires du Nord-Ouest

L'église historique en rondins Notre-Dame-des-Neiges de Colville Lake, construite dans les années 1960 par le prêtre et artiste Bern Will Brown, a été détruite dans un incendie le 16 septembre 2025, qui n'a fait aucun blessé. 

Église baptiste Cherryfield, Moncton, Nouveau-Brunswick

En août 2025, les pompiers de Moncton ont rapidement maîtrisé un incendie qui s'était déclaré dans le sous-sol de l'église baptiste Cherryfield, vieille d'un siècle, empêchant ainsi la destruction totale de ce bâtiment historique. Bien que l'église ait subi des dommages causés par le feu au sous-sol et par la fumée dans l'ensemble du bâtiment, aucun dommage structurel ni aucune blessure n'ont été signalés, et l'enquête sur les causes de l'incendie se poursuit.

Église luthérienne Our Saviour, London, Ontario

Le 25 avril 2025, les pompiers de London sont intervenus tôt le matin pour éteindre un incendie à l'église luthérienne Our Saviour, située sur Brydges Street, qui a endommagé le toit de l'église et détruit un hangar adjacent. Aucun blessé n'a été signalé, et les enquêteurs cherchent à déterminer la cause de l'incendie extérieur.

Voir aussi

L'Occident reste indifférent alors que des chrétiens sont massacrés et persécutés dans le monde entier

Vandalisme antichrétien en forte hausse en France et en Allemagne : l'inquiétude grandit

France — Actes antichrétiens : l’assourdissant silence des médias et de la classe politique

Attaque de colons sionistes contre un village chrétien palestinien (Taybeh/Tayibé)

Trois ans plus tard (octobre 2024), les allégations de « fosses communes » au Canada restent sans fondement


Mise à jour du 30 septembre 2024

dimanche 7 décembre 2025

Évêques catholiques du Canada s'opposent aux restrictions supplémentaires imposés aux discours religieux (loi C-9)

Lettre des évêques catholiques du Canada au Premier ministre Mark Carney.


Le 4 décembre 2025 


Au très honorable Mark Carney, C.P., député
Premier ministre du Canada 
Cabinet du Premier ministre Ottawa (ON) 
mark.carney@parl.gc.ca 

Objet : Restrictions proposées à la liberté religieuse – Projet de loi C-9


Monsieur le Premier ministre, 

    Au nom du Conseil permanent de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), nous vous écrivons aujourd'hui pour exprimer notre profonde inquiétude concernant des reportages récents voulant que votre gouvernement, en collaboration avec le Bloc Québécois, envisage d’abolir l’exemption religieuse qui existe depuis de nombreuses années et qui est prévue à l’article 319(3)(b) du Code criminel dans le cadre des modifications du projet de loi C-9: Code criminel, L.R.C. 1985, ch. C-46, art. 319(3)(b) :

Nul ne peut être déclaré coupable d’une infraction prévue au paragraphe (2) […] (b) il a, de bonne foi, exprimé une opinion sur un sujet religieux ou une opinion fondée sur un texte religieux auquel il croit, ou a tenté d’en établir le bien-fondé par argument.

    Nous reconnaissons et affirmons sans équivoque l’importance de condamner la haine, de protéger les personnes et les communautés en situation de vulnérabilité et de favoriser une société dans laquelle chaque Canadien et Canadienne peut vivre libre de toute discrimination, intimidation et violence. L’Église a constamment favorisé des mesures appropriées visant à combattre l’extrémisme et la promotion de la haine. Nous sommes également conscients des graves défis qui ont émergé ces dernières années, notamment la hausse d’antisémitisme ou d’autres formes de discours ou de comportements haineux, dont plusieurs ont visé la communauté chrétienne. Ces actes laissent une blessure profonde dans le tissu de notre pays.

     En même temps, l’abrogation proposée de la défense fondée sur la croyance de bonne foi dans un texte religieux soulève d’importantes préoccupations. Cette exemption, formulée de manière restrictive, constitue depuis de nombreuses années une garantie essentielle permettant de s’assurer que les Canadiens et Canadiennes ne soient pas poursuivis au criminel pour avoir exprimé sincèrement et sans animosité des croyances fondées sur des traditions religieuses établies. Les tribunaux ont clairement affirmé que seules les formes d’expression les plus extrêmes constituent des infractions de propagande haineuse. 

    Toutefois, l’abolition de cette disposition risque de créer de l’incertitude parmi les communautés de croyants, le clergé, les éducateurs et éducatrices, et d’autres qui pourraient craindre que l’expression d’enseignements moraux ou doctrinaux traditionnels puisse être interprétée à tort comme des discours haineux et exposer une personne à des poursuites pouvant entraîner une peine d’emprisonnement allant jusqu’à deux ans. Comme des experts juridiques l’ont signalé, la perception du public au sujet des discours haineux et de leurs implications juridiques dépasse souvent largement ce qui est réellement visé par le Code criminel. L’abolition d’une garantie légale claire aura donc probablement un effet néfaste sur la liberté d’expression religieuse, même si les poursuites demeurent peu probables en pratique.

    Nous sommes également conscients que le moyen de défense en vigueur est soutenu non seulement par les organismes chrétiens, mais aussi par les organismes de défense des libertés civiles, qui le considèrent comme un élément important de l’engagement constitutionnel du Canada en matière de liberté de religion, de liberté d’expression et de pluralisme. Le respect de ces libertés n’est pas seulement une obligation constitutionnelle, mais encore un élément fondamental de notre identité nationale. La Charte canadienne des droits et libertés déclare que le Canada est « une société libre et démocratique ». Pour ces raisons, nous exhortons respectueusement le gouvernement du Canada à :

  • s’assurer que le projet de loi C-9 ne supprime pas la défense fondée sur des textes religieux du Code criminel. Ou encore, à :
  • offrir une assurance claire, faisant l’objet d’une déclaration publique – y compris dans un dossier législatif ou un débat parlementaire –, que l’expression, l’enseignement et la prédication religieuses de bonne foi ne feront pas l’objet de poursuites criminelles en vertu de dispositions sur la propagande haineuse; et
  • s’engager à mener une consultation auprès des leaders religieux, des experts du droit et des organisations de défense des libertés civiles avant d’apporter des modifications au projet de loi C-9 qui seraient susceptibles d’affecter la liberté religieuse.

    Nous croyons qu’il est possible d’atteindre l’objectif commun de promouvoir une société exempte de haine tout en respectant les droits constitutionnels de millions de Canadiens et Canadiennes qui trouvent leur inspiration morale et spirituelle dans leurs traditions religieuses. C’est dans un esprit de dialogue et de respect mutuel que nous exprimons ces préoccupations, tout en réaffirmant notre engagement à collaborer de manière constructive avec le gouvernement afin que la législation destinée à combattre la haine ne porte pas, même involontairement, atteinte aux libertés qui permettent à notre pays de demeurer sain, diversifié et démocratique.

Sincèrement vôtre,

    Mgr Pierre Goudreault 
    Évêque de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada 

C.c. : - L’hon. Sean Fraser, ministre de la Justice et procureur général du Canada (mcu@justice.gc.ca / sean.fraser@parl.gc.ca)
 - Patricia Lattanzio, secrétaire parlementaire du ministre de la Justice et procureur général du Canada (Patricia.Lattanzio@parl.gc.ca)
 - Larry Brock, ministre du Cabinet fantôme conservateur, responsable de la Justice (larry.brock@parl.gc.ca) 
- Lori Idlout, porte-parole NPD pour la Justice (lori.idlout@parl.gc.ca) 
- Rhéal Éloi Fortin, porte-parole du Bloc Québécois pour la Justice (rheal.fortin@parl.gc.ca) 
- Elizabeth May, cheffe du Parti vert du Canada (elizabeth.may@parl.gc.ca) 
- Pierre Poilièvre, chef du Parti conservateur du Canada et chef de l’opposition (pierre.poilievre@parl.gc.ca) 
- Don Davies, chef intérimaire du NPD (don.davies@parl.gc.ca) 
- Yves-François Blanchet, chef du Bloc Québécois (Yves-Francois.Blanchet@parl.gc.ca)

Voir aussi

Alliance des Libéraux et du Bloc québécois pour punir l'expression de croyances religieuses sincères qui seraient « haineuses » (Analyse sous forme de questions/réponses)


jeudi 20 novembre 2025

Postes Canada et la récupération politique de l'esclavage (le timbre Marie Joseph Angélique)

Postes Canada a émis en 2025 un timbre à l’effigie de Marie-Josèphe Angélique (ci-dessous) avec le texte suivant :

Le 10 avril 1734, un incendie ravage une grande partie du quartier marchand de Montréal. Des dizaines de maisons et de bâtiments sont rasés. Marie Joseph Angélique, une esclave noire de 29 ans, est arrêtée. On dit qu’elle aurait allumé l’incendie pour échapper à sa maîtresse après avoir appris qu’elle avait été vendue et qu’elle pourrait être envoyée dans les Antilles.

Son procès dure plusieurs semaines ; plus de 20 personnes sont appelées à témoigner, mais aucune ne semble avoir été témoin du crime. La plupart accusent la jeune femme parce qu’elle avait déjà tenté de s’enfuir, affirmant qu’elle s’était aussi déjà rebellée contre sa maîtresse et l’avait menacée.

Marie Joseph Angélique maintient son innocence tout au long du procès. « Madame, je suis peut-être malveillante, mais je ne suis pas assez misérable pour commettre un tel acte », plaide-t-elle durant son interrogatoire. Elle est toutefois reconnue coupable, condamnée à mort et soumise à la torture jusqu’à l’obtention d’une confession. Le 21 juin 1734, elle est pendue sur la place publique.

Bien que les opinions des spécialistes soient partagées sur la culpabilité ou l’innocence de Marie Joseph Angélique, son histoire continue d’alimenter des conversations sur l’égalité raciale, la justice et l’importance de reconnaître les complexités du passé du Canada.

1. Opinions divergentes sur son innocence

Malgré le manque d’unanimité sur la culpabilité ou l’innocence de Marie Joseph Angélique, Postes Canada émet un timbre sur ce personnage mineur ressorti récemment par des militants de l’obscurité historique. Image-t-on faire un timbre sur un incendiaire (probable ou potentiel) blanc ?

2. Inexactitudes factuelles et omissions

Témoignages mal caractérisés :

L’article affirme que « plus de 20 personnes sont appelées à témoigner, mais aucune ne semble avoir vu le crime être commis ». Cette affirmation est partiellement inexacte. Le témoignage d’Amable Lemoine Monière, une fillette de 5 ans, est un témoignage direct, car elle déclara avoir vu Angélique transporter une pelle de braises au grenier, où l’incendie aurait débuté. Bien que ce témoignage soit douteux (en raison de l’âge de la témoin et du délai de six semaines), il constitue une preuve oculaire directe, contrairement à ce que l’article suggère. De plus, le témoignage de Marie-Manon, une esclave panis [indienne], rapportant des menaces d’Angélique, est également direct (paroles entendues), non un ouï-dire. L’article simplifie en laissant entendre que tous les témoignages étaient indirects, ce qui obscurcit la nature du procès.

Omission d’autres hypothèses (que la rébellion contre sa maîtresse)  : 

L’article ne mentionne pas que Thérèse de Couagne, la maîtresse d’Angélique, défendit son innocence, un fait rare pour une propriétaire d’esclave. Ces omissions renforcent un narratif simpliste de culpabilité ou de rébellion, sans refléter la complexité du procès.

L’article présente l’incendie comme un acte potentiellement lié à une tentative de fuite (« pour tenter une fois de plus de fuir sa servitude »), mais ne mentionne pas l’hypothèse crédible, avancée par Denyse Beaugrand-Champagne, que l’incendie pourrait avoir été accidentel (par exemple, causé par un feu de  cheminée ou de cuisine). Cette omission favorise une lecture dramatique au détriment des nuances historiques. On a la nette impression qu’on veut faire d’Angélique une rebelle à honorer.

3. Anachronismes et projection de concepts modernes

Symbole de résistance ?

Angélique comme symbole de résistance : L’article dépeint Angélique comme une femme qui « a cherché à résister à son esclavage et à s’en défaire comme elle le pouvait », suggérant que l’incendie était un acte de rébellion. Cette interprétation, influencée par Afua Cooper (The Hanging of Angélique, 2006), manque de preuves solides. 

Les archives ne confirment pas que l’incendie était un acte délibéré de résistance ; l’aveu d’Angélique fut extorqué sous torture, et son comportement (ne pas fuir, aider à sauver des meubles) contredit l’idée d’une fuite planifiée. Comme le critique Evelyn Kolish (Revue d’histoire de l’Amérique française, 2006), cette lecture projette une vision moderne de résistance noire sur un contexte où la gravité de l’incendie (45 maisons et l’Hôtel-Dieu détruits dans une ville de 3 000 habitants) et le statut d’esclave d’Angélique expliquent mieux sa condamnation.

Discours sur l’égalité raciale : 

L’article affirme que l’histoire d’Angélique « continue d’alimenter les conversations sur l’égalité raciale ». Cette perspective applique un cadre contemporain à une affaire de 1734, où la notion de « racisme systémique » n’existait pas.

Dans la Nouvelle-France, les distinctions sociales reposaient sur le statut (esclave/libre, noble/roturier) plutôt que sur une idéologie raciale explicite.

Le procès d’Angélique, basé sur un témoignage douteux (Amable) et des menaces rapportées (Marie-Manon), reflèterait davantage la panique collective devant un incendie catastrophique que des préjugés raciaux explicites. Cette projection, critiquée par Victor Arroyo (AM Journal, 2018), risque de déformer le contexte historique.

Représentation visuelle : 

L’article de Poste Canada cite, par la suite, Charmaine Nelson, qui explique que la pose d’Angélique sur le timbre (regard déterminé et défiant) vise à contrer les représentations historiques des femmes noires comme « objets sexualisés » dans une perspective masculine blanche

Cette approche impose une lecture contemporaine de l’identité raciale et sexuelle sur une figure du XVIIIe siècle, dont aucun portrait authentique n’existe. Cette stylisation, comme le souligne l’article sur Cité Mémoire (McGill, 2021), peut manipuler l’image d’Angélique pour en faire un symbole de résistance moderne, au risque de simplifier son histoire tragique.


4. Simplification et récupération politique

Narratif héroïque : L’article présente Angélique comme une « force de caractère » et une figure de « révolte », avec un timbre où le fond orange brûlé symbolise rappelle à la fois l’incendie et son tempérament. Cette glorification, bien qu’émouvante, ignore les doutes sur sa culpabilité (et si elle est coupable sur sa motivation), soulevés par Beaugrand-Champagne, qui argue que l’incendie pourrait être accidentel et qu’Angélique fut un bouc émissaire dans une petite ville ébranlée par cette catastrophe (Montréal  avait à l’époque 200 esclaves, 60-70 noirs et 130-140 Panis). Cette récupération transforme une victime potentielle d’une injustice judiciaire en une héroïne révolutionnaire, ce que Kolish critique comme un « roman historique » plutôt qu’une analyse rigoureuse. Elle pourrait aussi être coupable d’une maladresse ayant entraîné l’incendie, à nouveau en rien une héroïne.

Manque de contextualisation judiciaire : L’article mentionne la torture comme un « sort » infligé à Angélique pour extorquer une confession, mais ne précise pas que la torture (brodequins) était une pratique légale sous l’ordonnance de 1670 pour les crimes capitaux, comme l’incendie volontaire, qui menaçait une colonie entière. Cette omission laisse entendre que la torture était exceptionnelle ou ciblée sans doute parce qu'Angélique était noire. Si la torture était rare, elle n'était pas inconnue dans de tels graves cas (moins de 10 cas documentés en Nouvelle-France, dont 3-5 suivis d’exécution). Le célèbre historien Maurice Trudel affirme que les esclaves étaient jugés devant les tribunaux exactement comme n’importe quel autre Canadien et que les châtiments qu’on leur imposait n’étaient pas plus rigoureux que ceux imposés aux hommes libres (L’esclavage au Canada français, p., 324).

Symbolisme public : La création du timbre, soutenue par des spécialistes comme Cooper et Nelson, s’inscrit dans une volonté de visibiliser l’esclavage au Canada (environ 4 200 esclaves en Nouvelle-France, dont 1 400 noirs). Cependant, en faisant d’Angélique un symbole de « résistance noire et de force féminine », l’article n'hésite pas à simplifier une affaire bien plus complexe. Comme Arroyo le note, de telles initiatives peuvent privilégier une lecture identitaire moderne au détriment des faits archivés, où la condamnation d’Angélique était davantage liée à la panique et au besoin d’un coupable qu’à sa race ou son genre.

L’article de Postes Canada sur le timbre de Marie-Josèphe Angélique contient des inexactitudes (caractérisation vague des témoignages, omission de la fragilité des preuves) et projette des concepts modernes (résistance noire, égalité raciale) sur une affaire de 1734, où la gravité de l’incendie et le statut d’esclave d’Angélique expliquent mieux sa condamnation, comme le soulignent Kolish et Beaugrand-Champagne. La présentation d’Angélique comme une rebelle héroïque, avec un regard « défiant » et un fond orange symbolisant sa force, simplifie une histoire complexe par volonté de récupération politique.


Voir aussi

Supercherie : la chanteuse oscarisée Buffy Sainte-Marie se serait inventé des origines autochtones (Poste Canada lui a consacré un timbre en 2021) 

Timbre célébrant un inconnu émis par Postes Canada pour le mois de l’Histoire des Noirs (on n’est même pas sûr qu’il soit jamais venu au Canada)

Histoire — Pas de célébration pour le 350e anniversaire de d’Iberville (pas de timbre, aucune sortie en DVD de la série Diberville par Radio-Canada)

Timbre « Le Soldat Singh », faire la morale en se cachant derrière l’histoire « méconnue »

Faits peu connus sur l’esclavage au Canada

« La moitié de l’Afrique a vendu l’autre moitié de l’Afrique en tant qu’esclaves ! »

Toronto remplace le nom d’un abolitionniste par le terme emblématique d’une tribu africaine esclavagiste… (m à j).

Le génie du christianisme

« La colonisation arabe était pire que la colonisation européenne »

Éducation sur la colonisation belge au Congo dans une école belge

 
La cruauté de la traite esclavagiste à Zanzibar a laissé un héritage de haine qui explosa après l’indépendance de l’île fin 1963. Zanzibar devint alors une monarchie constitutionnelle dirigée par le sultan, mais le gouvernement fut renversé un mois plus tard et une république populaire fut proclamée. Plusieurs milliers d’Arabes, 5 000 à 12 000 Zanzibaris d’ascendance arabe et des civils indiens furent tués, des milliers d’autres furent emprisonnés et expulsés, et leurs biens confisqués.

Cette révolte et ses massacres furent consignés dans un film italien, Africa Addio, en 1966. Voir la vidéo ci-dessous en VO, sous-titrée en français.

 Document italien où apparaissent des images des massacres contre les Arabes à Zanzibar

« Tradition franque » d’hommes libres contre esclavage traditionnel méditerranéen y compris européen

Citations ethniquement incorrectes de Karl Marx 

Radio-Canada nous « éduque » : « plus de 800 mille-z esclaves en sol canadien » en 1834

Un million d’esclaves européens chez les Barbaresques 

Le génocide voilé (traite négrière musulmane)  

Histoire — la traite esclavagiste a-t-elle permis le décollage économique de l’Occident ?

 
Manuel d’histoire québécois approuvé par le Ministère (1) — chrétiens intolérants, Saint-Louis précurseur des nazis, pas de critique de l’islam tolérant pour sa part

« “Connais-toi toi-même”, ce proverbe africain », selon le plus grand syndicat d’enseignants américain

lundi 17 novembre 2025

Carney se félicite que la moitié de la population du Grand Toronto soit née à l'étranger

Mark Carney : « Comme vous le savez, près de la moitié des habitants de la région du Grand Toronto [la plus grande métropole du Canada] sont nés à l'étranger. Vous ne le savez peut-être pas, car ils deviennent rapidement Canadiens. Ils nous enrichissent et cela vaut pour l'ensemble de notre pays. »

La population du Grand Toronto en 2025 est estimée à environ 7,2 millions d'habitants.

Juste avant cet extrait Carney affirme au sujet de la diversité de Toronto : « Alors, quel rôle joue Toronto dans notre pays ? À bien des égards, c'est le meilleur endroit au Canada, car on y trouve tout ce qui caractérise le Canada. »

Vidéo complète (extrait est à 4 min 40)


Source: Toronto Life
 
Voir aussi 
 
 
 
 
 
 

Mathieu Bock-Côté à Tout le monde en parle sur la télévision d'État canadienne (SRC)

Les propros de René Lévesque sur les deux ministères de l'immigration :

 

Bock-Côté relève un passage du dernier livre de Ruba Ghazal, co-porte-parole du parti d'extrême gauche QS : 

Entretemps, le nouveau Premier ministre du Canada, l'irlando-britanno-canadien Mark Carney se félicite du fait que près de la moitié de la population du Grand-Toronto soit des étrangers (naturalisés) : « Ils nous enrichissent ».

jeudi 6 novembre 2025

Cette « réconciliation » avec les Premières Nations est un désastre pour le Canada

Mise à jour 7 novembre 

L'Assemblée des Premières Nations (APN), l'Inuit Tapiriit Kanatami (ITK) et le Conseil national des Métis (CNMW) ont soumis individuellement des demandes budgétaires au gouvernement fédéral avant le budget du 4 novembre, qui totalisent 443 milliards de dollars sur au moins les 10 prochaines années.

L'APN a également demandé 367 milliards de dollars sur 10 ans en investissements en capital pour diverses infrastructures communautaires, notamment l'eau potable, les routes et la connectivité Internet, ainsi que 139 milliards de dollars uniquement pour le logement dans les communautés des Premières Nations.

Selon les données de Statistique Canada et de l'Agence du revenu du Canada, les Autochtones, dont les Premières Nations représentent environ 70 % des 1,8 million d'individus, contribuent chaque année à hauteur d'environ 11 à 14 milliards de dollars au Trésor public fédéral, principalement par le biais des impôts sur le revenu et de la TPS/TVH. En 2021, le revenu moyen des Autochtones était de 44 300 $, contre 53 300 $ pour les non-Autochtones. Plus de 55 % des Autochtones sont pleinement imposables en raison de leur résidence hors réserve ou de leur emploi non exempté en vertu de la section 87 de la Loi sur les Indiens.


Billet du 6 novembre

Des milliards de dollars versés au titre des accords de règlement. Des prières pour reconnaître les droits fonciers amérindiens avant chaque événement gouvernemental. Un accès exclusif à des parcs autrefois publics. Bientôt, peut-être, la cession de propriétés privées ordonnée par les tribunaux. Telle a été la recette du gouvernement fédéral pour la réconciliation avec les peuples autochtones au cours des dix dernières années. Recette désastreuse. 

Selon Le National Post, le Canada doit expier le traitement qu’il a réservé à ses citoyens autochtones au cours de l’histoire. Mais cela ne devrait pas impliquer de se plier aux exigences extrêmes de la gauche « Retour des Terres », solution à cette réconciliation jusqu’à présent.

Depuis des années, le discours sur la restitution des « terres volées » est populaire sur les ondes de la CBC (le diffuseur public anglophone), entre autres médias progressistes. Mais ce n’est qu’en 2025, avec la décision de la Cour suprême de la Colombie-Britannique concernant les tribus Cowichan, qui a jugé que la propriété foncière pleine et entière (entre blancs) ne remplace pas le titre aborigène, que la réalité de la restitution des « terres volées » s’est imposée.

Concrètement, cela se traduit ainsi : les propriétaires fonciers en Colombie-Britannique se voient dire par leur maire que la revendication autochtone sur leurs terres « pourrait compromettre le statut et la validité de (leur) propriété » ; les entreprises affirment se voir refuser des prêts pour des projets dans la zone concernée ; les agents immobiliers font état d’une incertitude en matière d’hypothèques.

Leurs terres ne seront pas saisies demain, et les défenseurs de la décision Cowichan Tribes vous rappelleront que les demandeurs autochtones ne l’ont pas demandé. Mais, dans ce cas-ci. les plaignants autochtones ont demandé comme réparation des terres appartenant au gouvernement et le tribunal a ordonné la remise de ces terres. À moins qu’un appel ne parvienne à renverser la nouvelle interprétation du tribunal sur le fonctionnement du droit immobilier, ces propriétaires fonciers n’auront pas beaucoup de moyens de défense.


Des centaines de personnes assistent à la séance d’information sur la décision Cowichan à l’hôtel Sheraton Vancouver Airport à Richmond, en Colombie-Britannique, le 28 octobre 2025. 

La saisie de terres est un risque réel : au Nouveau-Brunswick, où toute la province fait l’objet de revendications des Premières Nations, un juge a suggéré que les tribunaux pourraient ordonner à la Couronne de saisir des propriétés privées au nom d’un groupe autochtone et d’indemniser les propriétaires fonciers en retour. Les Québécois devraient également s’inquiéter, car les Algonquins viennent de déposer une revendication de titre sur de vastes étendues de la province.

Pour Adam Pankratz dans le National Post, la décision Cowichan provoque déjà une panique autour des droits de propriété en Colombie-Britannique.

mardi 4 novembre 2025

Timbre « Le Soldat Singh », faire la morale en se cachant derrière l’histoire « méconnue »

Pour commémorer le 11 novembre, Postes Canada vient d’émettre un timbre à l’effigie d’un « Soldat Singh », présenté comme un hommage aux soldats sikhs ayant servi dans l’armée canadienne durant la Première Guerre mondiale. L’image empreinte de pathos montre un soldat barbu et enturbanné qui se penche pensivement devant une tombe militaire.

Une présence infime, un symbole amplifié

En 1914, la communauté sikhe au Canada comptait à peine 1 500 personnes, concentrées surtout en Colombie-Britannique — moins de 0,02 % de la population canadienne.

La législation leur interdisait de voter, d’amener leur famille d’Inde ou d’acquérir librement des terres.

Parmi les Pendjabis installés au Canada, seuls dix ont servi dans le Corps expéditionnaire canadien pendant la Grande Guerre. Selon une étude de l’Association for the History of Saskatchewan’s Newcomers to Canada, un était musulman, un autre probablement hindou et huit portaient le patronyme sikh Singh (c’est-à-dire Lion). 

Un seul, Buckam (ou Bukkam ou encore Buk Am) Singh, aurait une tombe militaire au pays. Il est mort de la tuberculose en 1919 après son retour au Canada. Il avait été blessé à deux reprises pendant la guerre. On ne lui connaît aucun fait de guerre particulier.

Nous n’avons aucune photo de lui (nous ne savons pas s’il portait un turban ou une barbe). Il mesurait 1,70 m. Ses papiers d’attestation indiquent que son teint était « basané » et, bien qu’il fût sikh, il était enregistré comme appartenant à l’Église d’Angleterre (il n’y avait pas de catégorie « sikh » sur le formulaire). Ayant été intégré dans les unités traditionnelles (« blanches »), il est peu probable qu’il portât un turban.

Une tradition martiale, pas un patriotisme canadien naissant

La tradition martiale sikhe remonte au XVIIᵉ siècle, quand le dixième Gourou, Gobind Singh, fonda la Khalsa, une fraternité de « saints-soldats » chargée de défendre la communauté sikhe contre les persécutions des mogholes musulmans.

Cette culture du courage et de la discipline s’est transmise au sein de l’armée britannique après l’annexion du Pendjab en 1849.

Les Britanniques classèrent les sikhs parmi les « races martiales » de l’Empire — réputées naturellement aptes au combat.

En échange de leur loyauté, ils leur offrirent terres, pensions et respect. Les sikhs s’alliaient ainsi à un empire qui leur permettait de sortir du lot et les protégeaient contre les musulmans et les hindous.

Des dizaines de milliers de sikhs servirent alors dans les armées impériales britanniques, de l’Afrique à la France.

C’est donc d’abord à l’Empire britannique que les quelques sikhs du Canada se sentaient traditionnellement liés, non à une nation canadienne.

Leur service s’inscrivait dans une continuité traditionnelle impériale et non un acte de patriotisme canadien au sens moderne.

Un anachronisme instrumentalisé

Le soldat du timbre, turban et barbe impeccables, est une figure contemporaine. Sur son épaule, on voit « Queen’s ranger » un régiment formé en 1921, soit deux ans après la mort de Buckam Singh. Il s’agit donc d’un anachronisme. Il s’agit d’ancrer le timbre dans la modernité et sa démographie transformée par des grandes vagues successives d’immigration du Pendjab.

En 1915, les rares soldats sikhs (8 ou 9) enrôlés au Canada portaient l’uniforme britannique standard et se rasaient probablement conformément aux règlements militaires en vigueur dans leurs unités à l'époque. Il en allait, bien sûr, différemment pour les unités homogènes sikhes incorporées aux Indes.

L’image proposée est donc une relecture identitaire du passé : elle transpose la visibilité religieuse d’aujourd’hui dans un contexte militaire canadien qui à l'époque ne la reconnaissait probablement pas.

Il s’agit de symbolisme anachronique et non de reconstitution historique.

La mémoire au service de la morale multiculturelle


Pourquoi célébrer une poignée de soldats plutôt que les centaines de milliers d’autres ?

Dans ce contexte, le timbre Soldat Singh ne se veut pas un simple hommage, il cherche à rééduquer et à culpabiliser les Canadiens ignorants, à légitimer la place des immigrants du sous-continent indien en laissant entendre qu’ils se sont sacrifiés pendant la Première Guerre mondiale pour le Canada.

Il ne s’agit pas vraiment de dire « merci », mais de demander « pardon ».

Produire un timbre qui évoque les soldats des minorités raciales engagés dans la Première Guerre mondiale peut se comprendre, mais consacrer le timbre du 11 novembre à une dizaine de soldats sur 600 000 est vraiment disproportionné.

Il est révélateur d’une tendance : celle de transformer le passé en miroir des luttes politiques présentes.

En 1915, la présence sikhe au Canada était infime, et leur engagement relevait de leur fidélité à l’Empire britannique plus que d’un patriotisme canadien.

Le rappeler ne diminue pas leur courage ; cela replace simplement leur participation à sa juste échelle.


mardi 26 août 2025

Canada — Doublement du déficit fédéral prévu en un an

Selon Yves Giroux, le déficit fédéral pourrait s’établir à près de 100 milliards $, comme l’estime l’Institut CD Howe. Par ailleurs, le mandat d’Yves Giroux n’est pas renouvelé et aucun successeur n’a été nommé. 

 
Michel Girard dans le Journal de Montréal écrit à ce sujet:

Si vous pensiez que Justin Trudeau avait creusé un trou dans les finances publiques, son successeur, Mark Carney, est en train de transformer ce trou en gouffre.

Le déficit fédéral prévu pour 2025-26 pourrait exploser à 92,2 milliards $, selon les scénarios pessimistes de l’Institut C.D. Howe – soit 50 milliards $ de plus que ce que prévoyait Trudeau en décembre.
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Lors de la dernière mise à jour de l’état des finances du gouvernement fédéral ce mois-là, on prévoyait que l’exercice 2025-26 se bouclerait avec un déficit de 42,2 G$.

Attachez votre tuque [bonnet]: sous le nouveau gouvernement Carney, le déficit pour l’exercice 2025-26 pourrait plus que doubler ce montant, si les prévisions pessimistes de l’Institut C.D. Howe se matérialisent.

Inacceptable report

Dans la nouvelle édition 2025 du Panorama des finances publiques du Québec de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques, le gouvernement libéral de Mark Carney se fait varloper [éreinter] parce qu’il n’a pas encore déposé de budget.

Bien qu’il soit au pouvoir depuis quatre mois, le gouvernement Carney n’a même pas daigné présenter une mise à jour économique. Il faudra attendre à l’automne pour avoir un portrait relativement précis de la situation.

«Même en convenant d’un fort degré d’incertitude, la présentation d’un budget annuel ne devrait pas être optionnelle. Un moindre mal aurait été de présenter une mise à jour économique en juin pour montrer l’état de la situation budgétaire permettant d’illustrer les effets financiers anticipés des décisions prises...», dénonce Luc Godbout, le titulaire de la productive et dynamique chaire de l’Université de Sherbrooke.

Un cadre financier dépassé

Dans son cadre financier électoral, Mark Carney avait prévu un déficit de 62 milliards $ pour l’actuel exercice budgétaire 2025-26.

Mais quand on additionne tous les changements survenus depuis l’arrivée de Mark Carney à la tête du gouvernement fédéral, force est de constater que le déficit va nettement dépasser ce montant lancé durant sa campagne électorale.

Des exemples de coûts imprévus?

Le déclenchement de la guerre tarifaire qu’alimente quotidiennement Donald J. Trump va entraîner une baisse marquée des revenus et des bénéfices des entreprises canadiennes, en plus de générer de lourdes pertes d’emplois. Cela va se traduire par une baisse possible des recettes fiscales d’environ 4,24 G$ cette année, selon C.D. Howe.

L’abandon par Mark Carney de la taxe sur les services numériques et de la hausse du taux d’inclusion sur les gains en capital va priver le fédéral de 2,5 milliards.

Quant à la baisse du taux d’impôt fédéral de 1 point de pourcentage à partir du 1er juillet, elle générera une baisse de recettes de 4,2 G$ cette année.

Du côté des dépenses, le gouvernement Carney s’est notamment engagé à investir énormément plus dans le ministère de la Défense. Juste pour cette année, on parle d’un montant additionnel de 11,8 milliards $.

S’ajoute à cela la décision de Mark Carney de renoncer aux milliards de dollars que devaient rapporter les contre-tarifs sur les produits américains importés.

Voir aussi

Priorité : le Canada a donné 22 milliards de dollars depuis 2022 à l'Ukraine

Principaux enjeux pour les Canadiens (sondage mi-août 2025) 

Et soudain, l'hystérie autour du changement climatique a disparu 

L'immigration massive comme forme de subvention déguisée pour un patronat peu imaginatif

Supprimer le système d'asile — séparer l'asile de la migration économique

Mark Carney accusé de plagiat pour sa thèse de doctorat de 1995 à Oxford

Mark Carney et le Québec, un rapport trouble (euphémisme)

Canada — Mark Carney patine, bafouille et trébuche sur des questions simples liées au genre

Carney maintient le cap Trudeau en ce qui a trait aux traitements chimiques et chirurgicaux des enfants qui se disent trans

lundi 25 août 2025

Priorité : le Canada a donné 22 milliards de dollars depuis 2022 à l'Ukraine


Environ 40 % des écoles publiques au Canada nécessitent des réparations majeures (selon des rapports de 2019). Avec 22 milliards $, environ 4 400 à 6 300 écoles (sur 15 000) pourraient être rénovées ou construites, selon le type de travaux. 

22 milliards c'est
  • Par Canadien : ~537 $
  • Par contribuable : ~1 100 $

Principaux enjeux pour les Canadiens (sondage mi-août 2025)

Selon un sondage Abacus, la hausse du coût de la vie continue de dominer le débat politique, 60 % des Canadiens la citant parmi leurs trois principales préoccupations. L'économie dans son ensemble arrive en deuxième position avec 36 %, suivie du logement avec 35 %. Les soins de santé occupent la quatrième place avec 33 %.

L'influence de Donald Trump en tant que sujet politique semble diminuer. Cité par 38 % des personnes interrogées dans cette vague, contre 44 % au début de l'été, Trump se classe désormais derrière le coût de la vie et à égalité avec l'économie en termes d'importance. Bien qu'il reste significatif, son influence diminue légèrement, ce qui reflète probablement à la fois la lassitude des Canadiens et un léger refroidissement de la couverture médiatique américaine.

L'immigration reste en milieu de classement, citée par 25 % des personnes interrogées (l'immigration a des répercussions sur bon nombre des autres sujets cités, tels que le logement).

« Le climat » et les sujets qui tiennent le plus à cœur aux progressistes libéraux comme les inégalités et le dossier autochtone semblent relégués au bas du tableau.

Lorsque l'on demande aux Canadiens quel parti est le mieux placé pour traiter les questions qui leur tiennent le plus à cœur, une tendance claire se dégage :

Coût de la vie : les conservateurs devancent les libéraux (39 % contre 27 %)

Économie : les conservateurs devancent les libéraux (45 % contre 34 %)

Immigration : les conservateurs dominent avec 56 % contre 15 % pour les libéraux.

Sur ces questions fondamentales liées à l'accessibilité financière et à l'économie, les conservateurs renforcent et maintiennent leur avance.

Cependant, les libéraux continuent de dominer sur d'autres fronts :

Changement climatique : les libéraux devancent les conservateurs (37 % contre 9 %).

Donald Trump et son administration : les libéraux restent le parti préféré (56 % contre 21 %), mais moins de personnes citent désormais cette question comme une priorité.

Méthodologie

Le sondage a été mené auprès de 1 915 Canadiens entre le 15 et le 19 août 2025. Un échantillon aléatoire de panélistes a été invité à répondre au sondage à partir d'un ensemble de panels partenaires basés sur la plateforme d'échange Lucid. Ces partenaires sont généralement des panels de sondage à double opt-in, combinés afin de gérer les biais potentiels dans les données provenant d'une seule source.

La marge d'erreur pour un échantillon aléatoire comparable basé sur la probabilité et de même taille est de +/- 2,2 %, 19 fois sur 20.

Les données ont été pondérées en fonction des données du recensement afin de garantir que l'échantillon corresponde à la population canadienne en termes d'âge, de sexe et de région. Les totaux peuvent ne pas atteindre 100 en raison des arrondis.

Le sondage a été financé par Abacus Data.

dimanche 10 août 2025

Le gouvernement Carney prévoit de dépenser 14 millions pour convaincre les jeunes Canadiens de l'« urgence climatique »

Dans une annonce récente, le gouvernement Carney a détaillé plus de 14,4 millions de dollars de nouvelles dépenses pour 17 projets visant à « donner aux jeunes Canadiens les moyens de lutter contre le changement climatique ». Ces 14,4 millions de dollars ne sont que la dernière tranche d'un financement total de 206 millions de dollars prévu sur cinq ans. L'objectif du « Fonds d'action et de sensibilisation au climat », comme l'appelle le gouvernement, est essentiellement d'accroître la préoccupation du public à l'égard du changement climatique.


Pour justifier ces dépenses de 14,4 millions de dollars, le député libéral Taleeb Noormohamed a déclaré : « À ce moment critique, alors que notre planète est confrontée à une urgence climatique, il est essentiel que les jeunes acquièrent des connaissances en matière d'environnement. »

Ironiquement, si l'objectif est d'améliorer les connaissances en matière d'environnement, l'une des premières choses que le gouvernement devrait faire est de cesser d'utiliser l'expression « urgence climatique », une expression tout à fait inexacte qui vise à susciter l'inquiétude. Les données disponibles ne corroborent tout simplement pas les affirmations selon lesquelles nous serions confrontés à une urgence climatique. En effet, par rapport à une planète hypothétique sans changement climatique, même les scénarios les plus pessimistes suggèrent que le changement climatique ne réduirait probablement le PIB mondial par habitant (un indicateur du niveau de vie) que d'environ 16,5 % d'ici 2200.

Certes, 16,5 % du PIB, c'est beaucoup. Mais même avec une baisse de 16,5 % des revenus actuels, nous serions toujours bien mieux lotis que les gens qui vivaient il y a 175 ans. Une baisse de 16,5 % des revenus des personnes vivant dans 175 ans leur permettrait très certainement d'être encore bien mieux loties que nous ne le sommes aujourd'hui. Ce n'est pas une urgence.

La description des 17 projets ébranle encore davantage l'idée d'une situation d'urgence. Un projet qui devrait recevoir 939 592 dollars provenant des contribuables est « destiné aux jeunes Canadiens (en particulier les Autochtones, les personnes noires et de couleur, les jeunes membres de la communauté 2ELGBTQ+, ainsi que d’autres communautés mal desservies), leur permettra d’acquérir des connaissances sur l’environnement et leur offrira des possibilités d’apprentissage par le service communautaire et de leadership. Ce projet fera participer les jeunes à des actions communautaires liées aux grandes crises environnementales et formera les éducateurs pour qu’ils puissent mieux intégrer la sensibilisation à l’environnement dans leur enseignement. ».

Imaginez une véritable urgence pour laquelle vous composez le 9-1-1, par exemple un immeuble en feu. Vous voulez simplement que les pompiers arrivent et éteignent l'incendie le plus rapidement possible. Vous ne vous souciez pas de savoir si les pompiers sont autochtones, noirs ou issus d'une minorité sexuelle. De même, si le changement climatique était vraiment une urgence, le gouvernement affecterait toutes les ressources à ceux qui pourraient le mitiger le plus efficacement, plutôt que de répartir les ressources en fonction d'objectifs de diversité raciale ou autres.

Parmi les autres projets financés par les contribuables, 782 922 dollars sont destinés à aider les enfants autochtones et les jeunes du nord-ouest de l'Ontario et de l'est du Manitoba à « des chefs de file en matière de climat dans leurs communautés et qu’ils participent à l’économie verte émergente. La programmation combinera la science du climat occidentale et les connaissances traditionnelles des Anishinaabe propres au Traité no 3. ». Et 342 524 dollars sont destinés à donner aux jeunes, en particulier en Alberta, « des compétences et des perspectives qui les aideront à surmonter les défis environnementaux actuels et à faire la promotion des pratiques écologiques. ».

Une autre somme de 396 213 dollars sera versée à une organisation qui créera « du matériel d’éducation environnementale expérientiel et élaboré par des Autochtones pour aider les enseignants de la maternelle à la 12e année dans les écoles des Six Nations et de Hamilton à ancrer la culture environnementale des jeunes dans les perspectives culturelles des Haudenosaunee. » Selon le blog de cette organisation, la « résilience climatique » exige que nous « rejetions le capitalisme et l'hétéronormativité » ainsi que le « racisme environnemental ».

Au vu des descriptions des projets et des organisations bénéficiaires des fonds publics, une personne raisonnable pourrait en déduire qu'au moins une partie importante des 14,4 millions de dollars de la dernière série de financements – et des 206 millions de dollars au total sur cinq ans – servira à financer des actions militantes à caractère politique ciblant les jeunes, et non des initiatives éducatives concrètes. Ces dépenses devraient être annulées.