jeudi 31 décembre 2020

Meilleurs vœux pour 2021 !

Que la liberté de choix en éducation croisse en 2021, que les parents et leurs enfants soient protégés du monopole éducatif de l'État si c'est leur choix !
















Et puis, dans un style exotique, une belle chanson d'un peuple libre, les Cosaques...



reprise par Beethoven



lundi 28 décembre 2020

S'envoyer des vœux de Nouvel An, une pratique antirépublicaine...sous la Révolution

On sait que les révolutionnaires de 1789 tentèrent d'interdire aux Français le vouvoiement et l'usage de Monsieur ou Madame. On sait moins que le parfum et le maquillage étaient suspects et qu'ils tentèrent aussi d'interdire socialement l'envoi de vœux de Nouvel An.

 Ainsi, le Secrétaire des républicains qui paraît sous la Révolution se donne comme mission non seulement d'imposer le tutoiement et de supprimer systématiquement les usages établis sous l'Ancien Régime. « Nous ne sommes plus au temps du cérémonial », explique son auteur, qui rappelle qu'il faut désormais cesser d'envoyer à ses parents des vœux de bonne année, « cette lettre ridicule et bizarre » dont la politesse ancienne faisait une obligation : « Je ne crois pas, écrit ainsi un fils à son père que tu sois fâché de ne plus [les] recevoir [...]. C'est un usage que le républicain doit annuler. Les bienfaits d'un père sont autrement [précieux]; il n'y a point de jour marqué pour lui témoigner la reconnaissance qui, dans un fils, doit être continuelle... » Et le père d'opiner, en réponse : « Combien d'hypocrisie ! Que de faux baisers ! Il faut que le vice n'ait plus de subterfuges, et la vertu n'a plus besoin d'époque ».

Ce qui, dans ce manuel de correspondance républicaine, semble n'être qu'une recommandation prend dans la vie quotidienne un tour parfois plus menaçant. Trois ans plus tard, la République proclamée, la célébration du Jour de l'an — qui correspondant au 12 nivôse dans le calendrier républicain — est interdite : « La mort à qui fera des visites ! » commentent les Goncourt, historiens aussi partiaux que perspicaces. « La mort à qui osera des compliments ! Et les gouvernants vont jusqu'à faire décacheter, ce jour-là, toutes les lettres à la poste, pour s'assurer si tous ont bien oublié le calendrier grégorien et les souhaits de bonne année ». Plus que des historiens, les frères Concourt sont des romanciers, et l'on sent qu'ils dramatisent à plaisir la situation. Pourtant, le fait est que ceux qui célèbrent le « Jour de l'an » sont désormais des suspects, comme le note un agent secret du ministre de l'Intérieur dans un rapport du 31 décembre 1793 : « L'Ancien Régime n'est pas encore supprimé dans les cœurs. On voir partout à Paris les trois quarts des citoyens s'apprêter pour souhaiter une bonne année. » Le lendemain, un autre mouchard, Rolin, confirme dans son rapport : « Les anciens préjugés ont bien de la peine à disparaître. On a remarqué que, quoique l'année [républicaine] soit déjà au quart, beaucoup de citoyens ne la considèrent encore que commençant en ce jour. Les visites ont existé presque comme de coutume dans les rues mêmes on a entendu des citoyens se souhaiter une bonne année » — ce qui est un comble, et une information qui mérite d'être rapportée au ministre. « Il faut du temps, conclut Rolin, pour oublier des préjugés, des habitudes que nous avons contractés en naissant ».

Source : Histoire de la politesse, de Frédéric Rouvillois, pp. 38-39.




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

dimanche 27 décembre 2020

Autriche — la Cour suprême juge illégal le port obligatoire du masque à l’école

Le port obligatoire du masque à l’école et l’enseignement en alternance, deux mesures prises par le gouvernement autrichien au printemps afin de tenter d’endiguer la pandémie de coronavirus, sont des dispositions « illégales », a estimé mercredi la Cour constitutionnelle.

« Pour faire face aux conséquences de la COVID-19 dans le système scolaire, un décret publié par le ministre de l’éducation en mai 2020 a ordonné que les classes soient divisées en deux groupes et enseignées alternativement à l’école », a écrit la Cour dans un communiqué.

En Autriche, certains écoliers avaient cours le lundi et le mardi et les autres le mercredi, le jeudi et le vendredi seulement. Ils devaient rester à la maison le reste de la semaine.

« En outre, il a été décidé que toutes les personnes présentes dans le bâtiment scolaire, sauf pendant les heures de cours, devaient porter un dispositif de protection couvrant la zone de la bouche et du nez », a-t-elle ajouté.

« Dans sa décision publiée aujourd’hui, la Cour constitutionnelle a jugé que les dispositions contestées étaient illégales », ont fait savoir les juges.

Deux enfants et leurs parents avaient fait appel devant la Cour constitutionnelle, faisant valoir que ces dispositions violaient le principe d’égalité, le droit à la vie privée et le droit à l’éducation.

« Le ministre n’a pas pu expliquer de manière compréhensible pourquoi il considérait les mesures contestées comme nécessaires », a détaillé la Cour.

L’Autriche est gouvernée depuis janvier par une coalition entre les conservateurs et les écologistes. Le ministère de l’Éducation est occupé par les conservateurs du chancelier Sebastian Kurz.

samedi 26 décembre 2020

Université du Michigan publie une liste de mots à bannir : pique-nique, liste noire, indigène seraient racistes

Le groupe de travail Les Mots importent (« Words Matter Task Force ») de l’Université du Michigan mis en place par le département d’informatique a répertorié plus de deux douzaines de mots et d’expressions pouvant être perçues, selon lui, comme offensants pour certaines personnes et a fourni un terme alternatif qui pourrait ou devrait être utilisé à la place.

« Pour communiquer efficacement avec les clients, il est important que les services informatiques évaluent les termes et les conventions linguistiques qui peuvent entraver une communication efficace, nuire au moral et empêcher délibérément ou par inadvertance les gens de se sentir acceptés et ne favorisent pas une culture inclusive saine », note le groupe de travail.

Il n’est pas clair si les employés qui ne respectent pas ces recommandations seront sanctionnés.

Au lieu de dire « fou » (crazy), le personnel est encouragé à dire « impensable ».

 

Le type de bobard qui entoure le mot pique-nique ici de la part du Musée de l’esclavage de Pennsylvanie

 

Le mot « pique-nique » semble être interdit en raison de rumeurs sur Internet selon lesquelles ce mor serait associé aux lynchages de noirs aux États-Unis (« pick a nigger »). En réalité le mot pique-nique vient du mot français « pique-nique », un terme attesté dès 1694 et utilisé pour décrire un rassemblement social dans lequel les participants ont chacun contribué avec une portion de nourriture (chacun pique une nique [un peu]). Le sens est ensuite évolué pour désigner un repas champêtre, généralement pris sur l’herbe et en commun. Stendhal écrivait ainsi en 1842 « Il faisait chaud, cet été-là, et les plaisirs champêtres étaient à la mode (…) souvent (…) on faisait des pique-niques à Maisons, à Meudon, à Bissy » (Lamiel).
 
Ajoutons que le mot « pique-nique » était universel et facilement traduisible d’une langue à l’autre.

Entrée du Dictionnaire historique de la langue française
 
 
La liste des mots honnis en question :


vendredi 25 décembre 2020

Joyeux Noël 2020 !



Venez, divin messie
 
Gaudete

The trumpet shall sound

Entre le bœuf et l'âne gris
 

Adeste fideles !

 
O du Fröhliche, o du selige !

Noël nouvelet

Ihr Kinderlein kommet !

Et lux in tenebris

Minuit, chrétiens !

Es ist ein Ros' entsprungen

Messe de minuit pour Noël de Charpentier

Nȣel huron de Jean de Brébeuf (sur l'air d'Une Jeune Fillette)

Mot du jour : crèche


jeudi 24 décembre 2020

Les contes de Noël publiés aujourd’hui diluent voire effacent les valeurs chrétiennes

Pourquoi est-il important de lire des contes aux enfants ?

Les contes véhiculent un imaginaire qui permet de structurer leur intelligence et leur apprend à construire leur univers intérieur. Parce qu’ils placent d’emblée le récit hors du temps, hors de la réalité, les contes ont la vertu de stimuler l’imagination de l’enfant, de lui montrer que le champ des possibles est ouvert devant lui, et de le pousser ainsi à grandir, à devenir adulte. On voit malheureusement se développer toute une littérature destinée aux enfants qui consiste essentiellement à explorer des problèmes psychologiques auxquels ils peuvent être confrontés. C’est un dévoiement de la lecture, parce qu’on les prive dans ces livres de la dimension imaginaire, si structurante à leur âge.

Quels sont les ingrédients d’un bon conte de Noël ?

Comme dans tous les contes, il faut qu’il délivre une morale qui élève l’enfant. Pour Noël, cette morale est par essence chrétienne. Et il faut de belles illustrations, car l’image est pour les enfants une porte d’entrée dans la lecture. À Noël, cette nécessité de créer une ambiance qui fasse rêver et donne envie de lire est plus importante encore, car c’est une période de l’année où la vue est très sollicitée, on le voit bien avec les illuminations dans les rues, les vitrines de Noël… C’est le moment par excellence où l’on peut toucher les enfants par de beaux livres illustrés.


Les contes de Noël sont-ils en voie de disparition ?

De nombreux contes liés à Noël continuent d’être publiés chaque année. Ce qui, en revanche, est en voie de disparition, c’est le conte de Noël traditionnel, celui qui est pétri de traditions chrétiennes. Dans les contes de Noël publiés aujourd’hui, ces valeurs chrétiennes sont très souvent diluées, voire effacées. Seule persiste la connotation positive de Noël. On continue d’y trouver l’idée du don de soi, souvent d’ailleurs à travers les cadeaux qui sont une tradition païenne, l’idée de convivialité, de rassemblement, d’esprit de famille qui disent quelque chose de ce qu’est l’amour.

Est-ce pour cette raison que vous ne choisissez que des contes de Noël plus anciens ?

Le principe de TétrasLire est de mettre à la portée des enfants la littérature classique à laquelle ils n’ont plus vraiment accès, notamment parce qu’il y a de moins en moins de bibliothèques familiales dans lesquelles ils peuvent puiser. Chaque mois, nous leur faisons découvrir un auteur classique et les aidons à entrer dans son œuvre. Nos numéros de Noël n’échappent pas à cette logique, et la plupart des contes antérieurs au XXe siècle sont imprégnés de tradition chrétienne, y compris chez les auteurs non croyants. C’est le cas par exemple de l’auteur américain O. Henry, dont nous avons publié le conte Le Cadeau des rois mages, ou d’Alphonse Daudet avec Les Trois Messes basses. Nous avons à cœur de faire découvrir des contes vraiment liés à la tradition chrétienne de Noël qui donnent à cette période de fêtes une dimension spirituelle, et qui présentent la naissance de Jésus comme la révélation de l’amour faite au monde.

Il arrive toutefois que des contes anciens soient revisités et vidés de ces valeurs chrétiennes…

Oui, il arrive fréquemment que des contes soient réécrits pour s’inscrire dans un registre plus matériel en phase avec la société actuelle. L’exemple le plus flagrant est probablement La Reine des neiges que les enfants connaissent à travers la version complètement modifiée qu’en a donné Disney. La version initiale, écrite par Andersen, raconte l’histoire de deux enfants liés par une amitié très forte qui se dévouent l’un pour l’autre afin d’échapper à la reine des neiges qui incarne le mal, la froideur et l’extinction de l’amour dans le monde. Ce conte qui célébrait le triomphe de l’amour sur le mal a été vidé de son message.


Comment s’assurer que l’on achète la bonne version d’un conte ?

Il est difficile de s’y retrouver, car les éditeurs donnent généralement peu d’indications sur la nature des contes qu’ils publient. Et surtout, la plupart des contes proviennent du folklore, de la tradition orale. Cette absence d’auteur laisse une totale liberté à ceux qui souhaitent les retranscrire. Or, on observe aujourd’hui une large tendance à retourner les contes pour casser les stéréotypes culturels et moraux. Il y a une volonté de les transformer jusqu’à obtenir quelque chose de totalement subversif. On se retrouve ainsi avec un petit chaperon rouge qui mange le loup ou une princesse qui envoie balader son prince charmant. Ce phénomène affecte tous les contes, ceux de Noël y compris. Le seul conseil que je peux donner, c’est de feuilleter les livres avant de les acheter pour vérifier qu’ils sont bien écrits et que la morale n’a pas été escamotée ou l’histoire transformée.

Source : Famille chrétienne

Voir aussi

Angleterre — Plus du tiers des enfants de 10 à 13 ans ne savent pas ce que Noël fête   

Faites attention à quelles bandes dessinées vos enfants lisent (Bichon, Titeuf, Mauvais Genre)

Littérature jeunesse — entretien avec Madame Chouette

Manuel ECR (au procès de Drummondville) :  Mme Lavallée a fait ressortir des paragraphes montrant que le vocabulaire et contenu sont « tendancieux, superficiel, complexe et parfois irrespectueux » et que des « récits invraisemblables, le réveillon des souris voisine sur un pied d'égalité le récit de la naissance de Jésus ». Et ce que la Presse en a dit : Bêlements de Panurge au groupe Gesca.

Mémoire en Cour  suprême :  « Ce traitement morcelé et superficiel des religions entraîne des distorsions dans la représentation de toutes les religions, distorsions reproduites dans les manuels d’ECR pour élèves. Ce nivellement donne l’impression que les religions sont équivalentes. Il ne s’agit pas là d’un portrait objectif de la religion, de leur essence et des valeurs complexes qui les sous-tendent. L’effet est frappant quand on consulte les manuels du primaire : les récits religieux historiques comme Noël (sans explication sur le fondement spirituel) côtoient des récits animaliers (le réveillon des souris !)19 et des contes autochtones clairement mythiques. Cette banalisation, cette réduction de la religion à la dimension humaine festive et l’omission de la dimension transcendante renforce le message qu’il n’existe pas d’absolu, de vérité religieuse, que les croyances sont interchangeables, aléatoires, d’égale valeur et relatives. Ces juxtapositions sont légion dans les exemples du programme : récit d’Abraham comparé au récit de Glouskap (p.759), Pâques à la fête des Mères (p.759), Jésus au guru Nanak (p.763). Cette approche phénoméniste discrédite le christianisme et mène à l’inculture religieuse. »

Laïcité — Dessin animé de Noël retraçant la naissance de Jésus arrêté en pleine séance scolaire  

ECR — Élève : à Noël on fête la naissance de Jésus, enseignant : c'est faux 

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Italie : appui des ministres de l'Éducation et de l'Intérieur aux crèches de Noël et aux crucifix dans les écoles

 Disney+ fait précéder ses films « culturellement datés » d'un avertissement

Astérix chez les féministes, parents homos et les rebelles aux enfants métissés

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Simplification des Martine (1987/2016)

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Littérature jeunesse : comment s’y retrouver ?

Comtesse de Ségur épurée

La Comtesse de Ségur déchiffrée : son vocabulaire est-il encore compris aujourd’hui ?

« Le Club des Cinq » caviardé car trop politiquement (et religieusement) incorrect et à la langue trop compliquée

Après le Club des Cinq et la Comtesse de Ségur, les éditeurs « modernisent » Martine, mais est-elle seulement d’accord ?

États-Unis : plus de prix « Laura Ingalls Wilder » pour cause de Petite maison censément raciste

C’est ça l’école québécoise moderne : Pas de classiques de la littérature, mais la lutte contre l’hétérosexisme en classe de français, d’anglais, d’histoire et de mathématiques 

mercredi 23 décembre 2020

Noël dans 30 ans, enfin laïque, bio, tolérant et morne ?


À force de gommer les différences, de multiplier les règlements et d’aplanir les cultures, voilà à quoi pourrait ressembler Noël dans trente ans...

par Marc Fourny

L’horreur des Noëls nordiques d’antan : patriarcaux, traditionnels, familiaux et religieux.
 
La famille attablée autour d’un foie gras prometteur, le sapin qui clignote, un feu ronflant dans la cheminée, les santons de Provence au garde-à-vous dans du papier rocher en attendant la naissance du petit Jésus... L’image d’Épinal d’un Noël bientôt révolu ? En exagérant un peu, et avec une pointe d’ironie, on pourrait supposer qu’on n’en est plus très loin, surtout si l’État, qui se mêle de tout sauf de l’essentiel, continue à nous casser les pieds.

À quoi pourrait bien ressembler Noël dans trente ans ? Disparue la crèche, cette manifestation gothique, dangereuse et tendancieuse, au nom de la laïcité et du « vivre ensemble ». Même les églises n’oseront plus la dresser sur les parvis pour éviter toute polémique. Seuls les plus fervents catholiques, comme jadis sous la Révolution, oseront perpétuer encore la tradition au fond de leur salon. Le sapin ? Il est en plastique, interdiction de couper de vrais arbres, et tout juste toléré : pas d’étoile au sommet, qui pourrait rappeler celle de Bethléem, plus d’anges, ces créatures fantasques issues de textes sacrés, encore moins de guirlandes clignotantes, car les écologistes ont si bien œuvré qu’il est désormais interdit, pour cause d’économies de bout de chandelle — c’est le cas de le dire —, d’utiliser ces serpentins électriques. Sans compter le sacro-saint principe de précaution qui a été brandi pour éviter tout risque d’incendie.

La messe de minuit désertée

Et la messe de minuit ? Cela fait belle lurette qu’on la déserte : il n’y a plus un curé à trente kilomètres à la ronde, on ne va pas brûler de l’essence pour aller se geler dans des édifices mal entretenus, faute de moyens et de fidèles. On pourra toujours regarder la cérémonie du Vatican retransmise en direct sur la Toile, car voilà bien longtemps qu’aucune chaîne de France n’a plus l’audace de la programmer sur son antenne. Et pour ceux qui sont adeptes des carillons qui bourdonnent, tant pis : les clochers sont sommés de rester silencieux pour ne pas choquer les autres confessions.


Messe de minuit

Heureusement, il reste les agapes, ce réveillon qui réveille les papilles et resserre, pour un temps, la famille dispersée. Mais, là encore, tout a changé : le foie gras est désormais interdit, le Sud-Ouest s’est définitivement reconverti dans le chocolat bio, l’État a finalement cédé face au combat mené par les défenseurs de la cause animale. Personne n’ose peler des clémentines et des oranges sur la majeure partie du territoire français depuis qu’on est tenu de manger local sous peine d’amende. Quant à la bûche de Noël, elle n’est plus à la mode : elle avait un côté chrétien dérangeant et rappelait avec trop de perversité l’agonie de nos forêts décimées...

« Il est né, le divin enfant », bien trop clivant

Au petit matin, les enfants se précipitent autour d’une cheminée décorative qui ne crépite plus depuis maintenant vingt ans : on n’a plus le droit de faire des feux de bois, trop polluants. Les chorales de circonstance entonnent encore timidement quelques chants, mais surtout pas « Il est né, le divin enfant » ou « Douce Nuit », bien trop clivant, on se reporte à la rigueur sur « Vive le vent » ou « Mon beau sapin ». La Manécanterie des Petits Chanteurs à la croix de bois, rebaptisée à la hâte, a revu tout son répertoire et laissé les aubes au vestiaire. Saint Nicolas n’a plus le droit de cité à Strasbourg — un évêque qui distribue des bonbons, ça va pas la tête ? — et le père Noël se fait rarissime : ce vieillard autoritaire finissait par traumatiser les enfants, les psychologues ont fini par avoir sa peau. Sans compter que ses amples vêtements pouvaient cacher une bombe : bien trop dangereux pour un rassemblement, le costume est désormais proscrit dans les lieux publics.

L’horreur des Noëls nordiques d’antan (suite)


Bref, Noël pourrait ressembler demain à une grande fête collective où seuls subsistent les cadeaux que l’on s’offre avec excitation autour d’une date symbolique, avec le vague souvenir qu’il s’agit d’un anniversaire. De qui déjà ? Chut, dire son prénom, c’est politiquement incorrect. Allez, joyeux Noël — pardon, joyeux décembre ! — quand même...

Source : Le Point

Le Livre de Noël de Selma Lagerlöf

Chouette un livre, un site qui conseille des lectures pour les enfants, propose Le Livre de Noël de Selma Lagerlöf.


« Nulle part ailleurs dans la région qu’à Mårbaka on distribue ainsi les cadeaux de Noël après avoir mangé le riz au lait traditionnel. Mais à Mårbaka subsistent d’anciennes coutumes et qui nous conviennent. Rien ne peut égaler cette attente qui, des heures durant, tout au long de la veille de Noël, se prolonge parce que l’on sait que le meilleur reste à venir. » Le meilleur, c’est pour la petite Selma, dix ans, ce n’est pas vraiment la boîte à ouvrage et ses accessoires, devant rappeler à la demoiselle qu’elle n’est pas très douée pour coudre et broder. Non, ce qu’elle attend, c’est un livre qu’elle lira à la lumière de sa bougie… Mais ce livre commence par « Il était une fois un roi » — en français ! 

Après ces souvenirs aigres-doux, Selma Lagerlöf conte la légende christianisée de sainte Lucie, celle de la manière dont la gorge du rouge-gorge devint rouge, celle du Nouvel An des animaux, et plusieurs autres, parfois un peu moralisatrices, mais pleines de cet inimitable charme des Noëls scandinaves. 

Avec quelques illustrations de Carl Larsson.

Dès 12 ans


Selma Lagerlöf, Le Livre de Noël, Actes Sud, 2007, 107 p., 6,60 €
2e édition, 2018, 133 pages, 15 €, ISBN-13 : 978-2330114435.


mardi 22 décembre 2020

Origine des cartes de vœux

Si l’usage des étrennes nous vient des Romains (les premiers qui aient sacrifié à la déesse Strena), celui des cartes de vœux agrémentées de quelques mots de politesse ou vierges de toute mention, et envoyées aux personnes avec qui l’on a eu commerce d’amitié ou d’affaires pendant l’année, est plus obscur.

Cette tradition d’envoyer ses vœux pour la nouvelle année serait, pour certains, venue du Moyen-Âge : les religieuses de certains ordres, séparées de leur famille, avaient le droit de leur écrire ce jour-là un petit mot. D’autres prétendent qu’il faut faire remonter cet usage à la Chine ancienne : les habitants du Céleste Empire envoyaient autrefois à leurs amis des feuilles de papier de riz dont la dimension devait être en rapport avec l’importance du destinataire. Ces feuilles pouvaient atteindre un à deux mètres de long.




Les Célestiaux se servaient bien avant nous de ces cartes autrefois dénommées cartes de visite ; seulement, chez eux, les cartes étaient de grandes feuilles de papier de riz, dont la dimension augmentait ou baissait suivant l’importance du destinataire et au milieu desquelles, avec des encres de plusieurs nuances, on écrivait les nom, prénoms et qualités de l’envoyeur. Il paraît que, quand la carte était à l’adresse d’un mandarin de 1re classe, elle avait la dimension d’un de nos devants de cheminée !

 
Carte de vœux pour l’année 1906

La distribution des cartes de vœux à Stuttgart, dans le Wurtemberg, était autrefois le prétexte d’une scène piquante : pendant l’après-midi du Premier de l’an, sur une place publique, se tient une sorte de foire ou de bourse aux cartes de visite. Tous les domestiques de bonne maison et tous les commissionnaires de la ville s’y donnent rendez-vous, et là, grimpé sur un banc ou sur une table, un héraut improvisé fait la criée des adresses.

À chaque nom proclamé, une nuée de cartes tombe dans un panier disposé à cet effet, et le représentant de la personne à laquelle ces cartes sont destinées peut en quelques minutes emporter son plein contingent. Chacun agit de même, et, au bout de peu d’instants, des centaines, des milliers de cartes sont parvenues à leur destination, sans que personne se soit fatigué les jambes.

L’usage des cartes de visite du Nouvel An est apparu assez tard chez nous. Jusqu’au XVIIe siècle, les visites se rendaient toujours en personne. On peut noter cependant, comme un acheminement vers les cartes, l’usage dont nous parle Lemierre dans son poème des Fastes et qui était courant vers le milieu du grand siècle. À cette époque, des industriels avaient monté diverses agences, qui, contre la modique somme de deux sols, mettaient à votre disposition un gentilhomme en sévère tenue noire, lequel, l’épée au côté, se chargeait d’aller présenter vos compliments à domicile ou d’inscrire votre nom à la porte du destinataire.

Mais un temps vint où le gentilhomme lui-même fut remplacé par la carte de visite. Cela se passa sous Louis XIV, dans les dernières années de son règne, comme l’atteste ce sonnet-logogriphe du bon La Monnoye :

Souvent, quoique léger, je lasse qui me porte ;
Un mot de ma façon vaut un ample discours ;
J’ai sous Louis-le-Grand commencé d’avoir cours,
Mince, long, plat, étroit, d’une étoffe peu forte.
Les doigts les moins savants me traitent de la sorte ;
Sous mille noms divers, je parais tous les jours ;
Aux valets étonnés je suis d’un grand secours ;
Le Louvre ne voit pas ma figure à sa porte.

Une grossière main vient la plupart du temps
Me prendre de la main des plus honnêtes gens.
Civil, officieux, je suis né pour la ville.
Dans le plus dur hiver, j’ai le dos toujours nu,
Et, quoique fort commode, à peine m’a-t-on vu
Qu’aussitôt négligé je deviens inutile.


Les Révolutionnaires abolirent en décembre 1791 la coutume du Jour de l’An. Elle ne fut rétablie que six ans après, en 1797. Nos pères conscrits, qui ne barguignaient pas avec les délinquants, avaient décrété la peine de mort contre quiconque ferait des visites, même de simples souhaits de jour de l’An. Le cabinet noir fonctionnait, ce jour-là, pour toutes les correspondances sans distinction. On ouvrait les lettres à la poste pour voir si elles ne contenaient pas des compliments.

Et pourquoi cette levée de boucliers contre la plus innocente des coutumes ? Le Moniteur va nous le dire. Il y avait séance à la Convention. Un député, nommé La Bletterie, escalada tout à coup la tribune. « Citoyens, s’écria-t-il, assez d’hypocrisie ! Tout le monde sait que le Jour de l’An est un jour de fausses démonstrations, de frivoles cliquetis de joues, de fatigantes et avilissantes courbettes... »
Bonne année 1921

Il continua longtemps sur ce ton. Le lendemain, renchérissant sur ces déclarations ampoulées, le sapeur Audoin, rédacteur du Journal universel, répondit cette phrase mémorable : « Le Jour de l’An est supprimé : c’est fort bien. Qu’aucun citoyen, ce jour-là, ne s’avise de baiser la main d’une femme, parce qu’en se courbant, il perdrait l’attitude mâle et fière que doit avoir tout bon patriote ! » Le sapeur Audoin prêchait d’exemple. Cet homme, disent ses contemporains, était une vraie barre de fer. Il voulait que tous les bons patriotes fussent comme lui ; il ne les imaginait que verticaux et rectilignes.

Mais enfin le sapeur Audoin et son compère La Bletterie n’obtinrent sur la tradition qu’une victoire éphémère. Ni le calendrier républicain ni les fêtes instituées par la Convention pour symboliser l’ère nouvelle ne réussirent à prévaloir contre des habitudes plusieurs fois séculaires. Les institutions révolutionnaires tombèrent avec les temps héroïques qui les avaient enfantées. Le Premier de l’an fut rétabli. Il dure encore.


Voir aussi

S’envoyer des vœux de Nouvel An, une pratique antirépublicaine...


lundi 21 décembre 2020

« Joyeux Noël ! », un geste de bienvenue et d'intégration

Chronique de Nathalie Elgrably-Lévi :

Il fut une époque où souhaiter « Joyeux Noël » était naturel et bien accueilli de tous, indépendamment des croyances de chacun. Mais les temps ont changé.

Aujourd’hui, partout en Occident, Noël est un mot tabou qu’il faut rayer de son vocabulaire, sans quoi l’insoumis s’expose aux foudres des intégristes de la laïcité et du multiculturalisme.

Aberration

Pourquoi ? Parce que souhaiter « Joyeuses Fêtes » à un non-chrétien serait plus « inclusif » que le traditionnel « Joyeux Noël ». Quelle aberration !

D’abord, dans une société judéo-chrétienne où la vaste majorité des citoyens fêtent Noël, certains par tradition, d’autres par conviction, et d’autres encore simplement par plaisir, c’est justement le fait de souhaiter « Joyeux Noël » qui symbolise l’inclusion. Par ces paroles, la majorité indique à la minorité qu’elle n’est pas mise à l’écart, mais au contraire qu’elle est incluse dans ce qui a toujours été l’événement le plus important de l’année. C’est une invitation à s’unir pour partager l’héritage culturel du pays d’accueil. On peut difficilement imaginer plus inclusif que ça !

Négationnisme

Ensuite, que ça plaise ou non, Noël commémore la naissance de Jésus. Quel mal y a-t-il donc à appeler chaque fête par son nom et lui reconnaître sa signification ? Pourquoi diluer Noël dans des expressions aseptisées et génériques ? Dénaturer une fête, ce n’est pas de l’inclusion, c’est du négationnisme.

Certes, l’État doit être laïc. Mais la société, elle, n’y est pas tenue. Ce n’est donc pas parce qu’une société est accueillante et tolérante qu’elle doit gommer ses traditions et renier son patrimoine culturel. Et ce n’est pas rejeter l’autre que d’affirmer sa propre identité et célébrer son héritage et ses valeurs. Au contraire ! La nature a horreur du vide. Si l’Occident renonce à son identité judéo-chrétienne, une autre s’imposera et dominera. « Joyeux Noël » est donc bien plus qu’un simple souhait. C’est un acte de résistance contre une disparition tranquille.

Quelles sont les origines des Québécois canadiens français ?

Les Canadiens français sont les descendants des pionniers venus s’établir en Nouvelle-France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Tout au cours de cette période et des siècles qui ont suivi, des immigrants d’origines autres que françaises se sont aussi établis sur le territoire de ce qui est aujourd’hui la province de Québec et se sont intégrés à des degrés divers à la population canadienne-française.

Les mesures réalisées sur divers groupes de fondateurs font ressortir la prédominance de la contribution française, mais elles montrent aussi que celle des autres immigrants, quoique bien inférieure, n’est pas négligeable.

Au cours des siècles, des Amérindiens ont épousé des Canadiens français et se sont ainsi intégrés à la population d’origine européenne. La mesure de ce métissage et de la contribution des Amérindiens au bassin génétique canadien-français a depuis plusieurs années suscité l’intérêt des chercheurs et soulevé bien des controverses. Les avis étaient partagés, certains estimant sur la base généalogie que cette contribution se situait à moins de 1 % du pool génique [1], alors que d’autres considèrent qu’elle est certainement sous-estimée, car il aurait existé des préjugés défavorables à consigner sur un registre paroissial un ancêtre amérindien (Denys Delâge dans [2]) et qu’elle pourrait même être de l’ordre de 5 à 10 % (Jacques Beaugrand dans [2]). Dans leur étude, Bherer et ses collègues (2011) ont trouvé que 47 % des 2221 généalogies analysées comportaient au moins un fondateur (souvent très éloigné) amérindien. Sur la base de ces généalogies, les fondateurs amérindiens représentaient 1,2 % de l’ensemble des fondateurs, mais leur contribution génétique n’était que de 0,2 % (ils ont eu moins d’enfants que d’autres ancêtres).

On entend régulièrement des affirmations douteuses par rapport à ce groupe ethnique, visant à conforter des dogmes idéologiques ou des modes (il est chic auprès de certains de déclarer avoir un ancêtre indien ou de se dire métissé). Parfois, on entend dire que le Québécois de souche n’existerait plus, que le sang français aurait été fortement dilué sous les vagues successives d’immigrants ou encore par métissage avec les Amérindiens. Selon les excellents travaux publiés en 2005 par la chercheuse Hélène Vézina, les Canadiens français nés entre 1945 et 1965 ont un bagage héréditaire qui provient à 95 % de la France et le reste de la Grande-Bretagne (1,5 %), des Amérindiens (1,4 %), des autres pays européens (2 %). Les 0,6 % restants sont inconnus. Les principaux résultats des travaux de la chercheuse sont résumés dans le tableau ci-dessous [3].

 Origine génétique des individus nés entre 1945 et 1965

Contribution génétique
des ancêtres (%)
  Hommes    Femmes
France 90,8 88,7
Grande-Bretagne 1,9 1,0
Allemagne 0,5 0,2
Irlande 0,6 0,5
Autre pays européen 1,4 0,6
Acadie 3,6 6,4
Amérindiens 0,8 1,9
Inconnue 0,5 0,8

Dans des travaux plus récents [4], Hélène Vézina a mesuré la contribution des ancêtres amérindiens aux généalogies de 794 participants résidant sur l’île de Montréal, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, en Gaspésie et sur la Côte-Nord. Les ancêtres amérindiens ont été identifiés à partir de sources généalogiques et des données génétiques provenant de l’analyse de l’ADN mitochondrial des participants. Les résultats indiquent que, dans chacune des régions, plus de la moitié des participants ont au moins un ancêtre amérindien dans leur généalogie, et cette proportion atteint même 85 % sur l’île de Montréal. Bien que la majorité des participants soient porteurs de gènes reçus de fondateurs lointains amérindiens, la contribution génétique totale de ces ancêtres aux quatre groupes régionaux demeure cependant assez faible. En effet, elle est de moins de 1 % au Saguenay–Lac-Saint-Jean et sur l’île de Montréal et dépasse à peine cette valeur sur la Côte-Nord et en Gaspésie. (Un ancêtre, il y a 10 générations, soit il y a environ 250 ans, ne contribue habituellement qu’à 1/1024e du patrimoine génétique, ce chiffre peut augmenter si le même fondateur apparaît à plusieurs endroits de l’arbre généalogique.)

Les travaux d’analyse génétique d’Hélène Vézina se poursuivent, mais comme elle concluait son étude de 2012 « si l’on considère l’ensemble des fondateurs qui ont participé à la constitution du pool génique des Québécois d’origine canadienne-française, l’impact de la contribution amérindienne est faible et le chiffre précédemment avancé de 1 % pourrait s’avérer assez juste. »


La population européenne éclipsa assez tôt la population autochtone. Les interactions entre les groupes raciaux étaient assez différentes en Amérique du Nord à ce qui se passa en Amérique centrale et du Sud. Les tribus ont maintenu leurs propres communautés insulaires et la plupart des scénarios de mariages interraciaux ont eu lieu dans ce contexte tribal et non dans la vallée du Saint-Laurent.

Sources :

[1] Beauregard, Y., 1993. « Mythe ou réalité. Les origines amérindiennes des Québécois : entrevue avec Hubert Charbonneau », Cap-aux-diamants, 34, pp. 38-42.

[2] Dubé, C., 2008. « Un génome bien accommodant », Québec Sciences, été 2008 : pp. 41-43.

[3] Les Canadiens français deviendraient minoritaires au Québec en 2042

[4] Vézina, H., 2012, « L’apport des données génétiques à la mesure généalogique des origines amérindiennes des Canadiens français », Cahiers québécois de démographie, Volume 41, Printemps 2012, pp. 87–105.


dimanche 20 décembre 2020

Explosion de jeunes ados qui se disent « transgenres » à l'école... Épidémie psychologique à la mode ?

Le nombre d’adolescents qui se présentent aux cliniques d’identité de genre avec une dysphorie du genre a grimpé en flèche ces dernières années au Canada. Alors qu’un nombre croissant de jeunes disent avoir besoin d’aide, certains parents, des professionnels de la santé mentale et d’autres s’inquiètent de la façon dont ils sont traités.

La fille de Mary était à l’école primaire lorsqu’elle s’est dite d’abord bisexuelle, puis lesbienne. Mais ce qui s’est passé lorsque la fille est entrée en 9e année dans une école secondaire en Ontario était inattendu. La jeune femme a voulu rencontrer d’autres élèves LGBTQ, dont un garçon transgenre. Puis, l’année suivante, cet automne, le garçon n’était plus seul : au moins une demi-douzaine d’autres filles biologiques du même groupe d’amis élargis, y compris la fille de Mary, se sont dites transgenres.

« C’est devenu beaucoup plus important en un an », a déclaré la mère, qui a demandé que son nom complet et celui de l’école ne soient pas divulgués au National Post pour protéger la vie privée de la famille. « Cela ne semble pas statistiquement possible. » Pourtant, une école primaire de l’est de l’Ontario a connu le même phénomène il y a quatre ans. Quelques mois après la présentation d’un groupe extérieur sur l’identité de genre à une classe de 7e année [habituellement 12/13 ans], au moins cinq des 32 élèves ont déclaré qu’ils étaient transgenres, a déclaré Carolyn, un parent de l’école. Son fils de 11 ans était parmi eux, annonçant qu’il était une « demi-fille ». « On leur a dit en quelque sorte (à l’école) que si vous n’êtes pas à l’aise dans votre corps, vous pourriez être transgenre », a déclaré la mère, qui est également assistante sociale et conseille les jeunes en difficulté. « Cela a fait tilt pour plusieurs enfants dans cette classe. »

Ces surprenantes éclosions de dysphorie de genre — le sentiment d’avoir une identité de genre différente de son sexe de naissance — sont apparues alors que le nombre d’adolescents canadiens qui se présentent aux cliniques d’identité de genre avec dysphorie a grimpé en flèche ces dernières années, une grande majorité d’entre eux étant des filles.

Certains experts expliquent cette soudaine poussée par des facteurs comme une « contagion sociale » au sein de groupes de connaissances. Voir à ce sujet : Jordan Peterson et les jeunes « trans » (M-à-j avis de Debra Soh sur l’augmentation de ceux-ci) et Démystifier les mythes diversitaires sur le sexe et l’identité de genre.

Beaucoup de ces jeunes patients souffrent de divers autres problèmes de santé mentale. Mais le « traitement » standard proposé par les militants transgenres est ce que l’on appelle l’« affirmation » — une acceptation immédiate de la conviction d’un patient que son genre est différent de son sexe biologique. Suit souvent la transition médicale : des médicaments qui bloquent la puberté, puis des hormones sexuelles comme la testostérone et des modifications chirurgicales.

Les critiques condamnent le fait que ces militants s’abstiennent de traiter ces problèmes psychologiques complexes et multiformes et ne proposent que des traitements médicaux qui peuvent être irréversibles.

Sadie, qui a demandé que son nom complet ne soit pas publié, a déclaré que l’hôpital de Colombie-Britannique pour enfants lui a prescrit de la testostérone alors qu’elle avait 17 ans, après seulement deux heures de séances avec des psychologues. Elle pensait alors qu’elle était un garçon trans. « Même moi, je pensais que cela allait trop vite et pourtant je le voulais », a déclaré Sadie. « Je me souviens d’une [thérapeute], je parlais d’anxiété, de dépression et elle me répondait : “Oh oui, cela disparaîtra une fois que vous prendrez des T.” Et j’ai pensé : “Oh, pas très utile, mais merci, je suppose.” » Aujourd’hui âgée de 21 ans, elle dit avoir un genre fluide ou non binaire et qu’elle était reconnaissante de ne jamais avoir modifié médicalement son corps.

Les « détransitionneurs » partagent des inquiétudes similaires, il s’agit de personnes qui ont « transitionné » de sexe et en viennent à regretter leur décision. Un nouveau groupe canadien détrans (https://detranscanada.com/) fait partie de ce qui pourrait bien devenir une cohorte grandissante.

Les écoles promeuvent aussi parfois activement la transition entre les sexes, acceptant même les changements de nom sans en informer les parents. Pam Buffone, une résidente d’Ottawa, a déclaré au National Post que son enfant de six ans est rentrée à la maison bouleversée après une leçon sur l’identité de genre dans laquelle son enseignante a dit que « les garçons ne sont pas réels et les filles ne sont pas réelles ». Le Tribunal des droits de la personne de l’Ontario prévoit une audience sur la plainte de la mère à ce sujet. Voir à ce sujet : Jordan Peterson : La théorie du genre n’a pas sa place en classe (M-à-j : poursuite judiciaire).

« Ce qui se passe au Canada est une expérience médicale incontrôlée sur des enfants sans aucune surveillance indépendante ni aucune obligation de suivi médical », a déclaré Buffone, qui dirige le Canada Gender Report, un groupe qui soulève des questions sur ces problèmes. « Nous avançons totalement à l’aveuglette. »

On assiste à un certain ressac. À la demande d’une mère, un juge de la Colombie-Britannique a imposé une injonction pour retarder temporairement une mastectomie à une fille de 17 ans qui dit être un garçon. Mais plutôt que de faire une pause et de réévaluer les méthodes actuelles, la législation soumise par le gouvernement libéral de Justin Trudeau à l’examen du Parlement pourrait encore renforcer la solution prônée par la coterie LGBTQ2SAI+ : l’affirmation. C’est ainsi que le projet de loi C-6 interdit la « thérapie de conversion », les traitements conçus pour corriger l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne, ce projet de loi pourrait aboutir à criminaliser les options non médicales, comme la psychothérapie, pour traiter la dysphorie de genre. Voir : Est-il permis d’être LGBT, d’être mal dans sa peau et de vouloir devenir hétéro « cisgenre » ?

Pendant ce temps, certains autres pays qui ont connu des tendances similaires reconsidèrent cette stratégie. La Haute Cour du Royaume-Uni a statué plus tôt ce mois-ci qu’il était très peu probable que des enfants de moins de 16 ans puissent dûment consentir à prendre des bloqueurs de puberté. La Haute Cour a suggéré qu’une ordonnance du tribunal s’imposerait pour autoriser ce traitement « expérimental ». Voir La justice britannique recommande l’arrêt des transitions de genre avant 16 ans.

Le gouvernement suédois de centre gauche a mis de côté son plan visant à abaisser l’âge minimum pour la chirurgie de changement de sexe, et a préféré lancer une révision du traitement de la dysphorie de genre.

Au Canada, le nombre de clients mineurs dans 10 cliniques de genre à travers le pays augmente régulièrement. Ce nombre est passé de presque zéro en 2004 à plus de 1000 en 2016, selon Trans Youth Can !, une étude sur le traitement hormonal de la dysphorie. Plus de 80 % étaient des enfants nés filles qui se disent des garçons et les deux tiers se sont présentés aux cliniques à 14 ou 15 ans, selon les données du projet.

En Ontario, l’assurance-maladie provinciale a remboursé une chirurgie de changement de sexe pour 1460 personnes en 2018 alors que ce nombre n’était que de 59 en 2010, rapporte l’Association professionnelle canadienne pour la santé des transgenres. On ne sait pas combien d’entre elles étaient mineures.

Pour mettre en lumière des perspectives plus critiques, le National Post s’est entretenu avec sept parents d’enfants qui se sont révélés transgenres, des jeunes qui ont abandonné ou inversé leur transition, et des scientifiques sceptiques quant à l’approche thérapeutique dominante. Les non-experts ont demandé que leurs noms complets ne soient pas publiés, craignant d’exacerber les tensions familiales ou d’exposer les enfants au harcèlement.

Les parents ont affirmé être d’esprit ouvert quant à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre, mais ils estimaient que l’on encourageait avec précipitation leurs propres enfants vers la « transition ». Ils ont décrit les souffrances émotionnelles et psychologiques de leur progéniture — dépression, anxiété, troubles de l’alimentation, automutilation, TDAH, brimades — avant que celle-ci déclare brusquement au milieu de la puberté ou du début de l’adolescence qu’ils étaient transgenres. Certains ont abandonné par la suite cette identification à des transgenres.

Chris, qui vit dans la région du Grand Toronto, a déclaré que sa fille souffrait de dépression et d’anxiété, mais qu’elle semblait par ailleurs être une fille « typique », jusqu’à ce qu’elle déclare, l’été après la 9e année, qu’il était un garçon. Il s’est avéré qu’elle avait déjà adopté un prénom à consonance masculine et des pronoms masculins à l’école ; le personnel de l’école a expliqué plus tard qu’il n’informait pas les familles de tels changements de peur que les parents ne soient pas d’accord…

Chris a déclaré que le personnel de la clinique transgenre de l’Hôpital pour enfants malade de Toronto avait recommandé, après la deuxième de deux séances relativement brèves, que l’enfant commence à bloquer la puberté. Techniquement appelés « agonistes de l’hormone de libération de la gonatropine », les médicaments gagnent essentiellement du temps, permettant à un jeune de décider s’il veut faire la transition avant que des caractéristiques plus masculines ou féminines ne s’installent.

On ne sait pas si les médicaments expérimentaux pourraient avoir des effets négatifs à long terme sur des questions telles que le développement des os et du cerveau a conclu la décision du tribunal britannique. Certaines recherches préliminaires, en revanche, ont suggéré qu’elles réduisent la probabilité que les personnes transgenres se suicident. Chris, convaincu qu’il était trop tôt pour faire une telle démarche et inquiet des effets secondaires des médicaments, n’a jamais ramené son adolescent à la clinique.

M., une mère d’une ville de taille moyenne de l’Ontario, a déclaré que sa fille avait déclaré à 15 ans — « à l’improviste », alors qu’elle souffrait d’une grave anxiété — qu’elle était transgenre, et a clairement indiqué qu’elle souhaitait passer rapidement à un traitement à la testostérone et subir une chirurgie de changement de sexe.

À son lycée, il y avait « neuf ou dix » autres « filles de naissance » qui se disaient garçons trans, y compris une copine qui était déjà en transition médicale.

« Cela m’a brisé le cœur d’entendre une de ses amies prendre des hormones, entendre sa voix commencer à changer », a déclaré M. « J’étais terrifié à propos de ma fille, parce que tu n’en reviens pas. » Finalement, elle n’a pas fait de transition médicale, semble plus heureuse et se considère comme bisexuelle ou lesbienne, selon la mère.

James Cantor a une théorie pour expliquer le flot soudain de filles se déclarant être des garçons trans à l’adolescence. Ancien scientifique du comportement sexuel au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) de l’Ontario, Cantor critique le traitement actuel. Il pense que ces filles sont tout simplement mal diagnostiquées, tout comme les problèmes de santé mentale d’une génération précédente ont souvent été imputés à des souvenirs réprimés d’abus sexuels durant l’enfance, théorie depuis largement discréditée. Cantor soupçonne que beaucoup souffrent d’un trouble de la personnalité limite (TPL), une condition marquée en partie par une identité de soi peu sûre et des pensées suicidaires.

« En tant que clinicien-chercheur, il faut être curieux », de déclarer Ken Zucker, qui a dirigé la clinique de genre du CAMH jusqu’à sa fermeture en 2015. « Nous voyons désormais un ensemble d’enfants que nous ne voyions jamais auparavant. Que se passe-t-il ? … Quiconque voit des adolescents atteints de dysphorie du genre doit y réfléchir. » Un article très controversé publié en 2018 par le professeur de santé publique de l’Université Brown, le Dr Lisa Littman, a même inventé un terme pour le phénomène possible — dysphorie de genre à apparition rapide (ROGD) — et a émis l’hypothèse que ce phénomène récent s’expliquerait par une contagion sociale.

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Démystifier les mythes diversitaires sur le sexe et l’identité de genre  

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Gigantesque étude : il n’existe pas de gène « gay » 

À la lumière de six études Remafedi trouve que le suicide chez les jeunes homosexuels s’explique peu par l’homophobie, mais davantage par la prostitution, la famille désunie, l’agression sexuelle en bas âge, les peines d’amour et l’étiquetage prématuré de l’orientation sexuelle.

  Jordan Peterson et les jeunes « trans » (M-à-j avis de Debra Soh sur l’augmentation de ceux-ci)

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Bobard : le New-York Times s'excuse de s’être laissé avoir par un affabulateur

Dean Baquet, rédacteur en chef du journal, a déclaré vendredi que l’échec n’était pas imputable à un journaliste. « Je pense que c’était un échec institutionnel », a-t-il lancé.

Le New York Times a reconnu vendredi qu’il ne pouvait pas confirmer les récits d’un individu résidant au Canada, qui racontait avoir commis des atrocités pour l’État islamique en Syrie.

Cette histoire était au cœur d’un feuilleton audio du journal intitulé « Califat » en 2018.

La série avait remporté un prix Peabody, le tout premier obtenu par le New York Times pour un de ses balados. Elle était également finaliste pour un prix Pulitzer.

Le NY Times a ajouté une correction audio au début de chacun des 12 épisodes de la série. Il a publié vendredi une contre-enquête. La journaliste Rukmini Callimachi sera réaffectée à l’extérieur du domaine du terrorisme, a indiqué le journal.

Le Times a chargé une équipe d’enquêteurs de se pencher sur l’histoire après que la police canadienne a arrêté en septembre Shehroze Chaudhry, alias Abu Huzayfah, pour avoir commis un canular terroriste. Il a déclaré au Times qu’en tant que soldat de l’État islamique, il avait tiré à la tête d’une victime et en avait poignardé une autre au cœur.

L’histoire de Chaudhry s’est effondrée après un examen plus approfondi. Les enquêteurs ont conclu qu’ils ne pouvaient pas être sûrs qu’il s’était jamais rendu en Syrie et qu’il n’avait presque certainement pas commis les atrocités qu’il avait revendiquées. Des preuves supposées qu’il a proposées pour étayer son histoire, y compris des photos de Syrie, ont été recueillies auprès d’autres sources. Le Times a conclu qu’il était un « affabulateur » qui a concocté des histoires pour échapper à sa vie routinière dans une banlieue de Toronto ou chez ses grands-parents au Pakistan.

Le Times avait pourtant de nombreuses raisons de se méfier du récit de Chaudhry, puisqu’un épisode de « Califat » était consacré à des divergences dans son histoire et à sa propre vérification des faits. Mais Baquet a comparé cela à un biais de confirmation, la volonté de croire ce qui semblait être une bonne histoire.

« C’est l’un de ces cas où je pense que nous n’avons tout simplement pas écouté assez fort ce qui remettait en question l’histoire ou les signes que l’histoire n’était pas aussi forte que nous le pensions », a-t-il déclaré.

Dans une interview avec la radio subventionnée progressiste NPR, Baquet a déclaré que les rédacteurs habitués à réviser des pièces écrites étaient plus respectueux du matériel audio présentant un fil narratif convaincant.

Déclaration qui a suscité l’ire de Madhulika Sikka, une ancienne cadre de NPR qui était également productrice exécutive audio au Washington Post avant de se lancer dans l’édition. Elle a tweeté que si les produits audio étaient évalués selon des règles différentes de celles du reste de la salle de rédaction, le problème venait de la salle de rédaction, pas du médium.

« S’il s’était agi d’un article imprimé, y aurait-il eu des règles différentes appliquées ? » Sikka a déclaré dans une interview. « Je ne sais pas. C’est l’implication de la citation de Dean Baquet que j’ai trouvée répréhensible. »

Voir aussi 

Bobard — Selon le Wall Street Journal la Suède abandonne son modèle et met désormais en place des restrictions obligatoires (en réalité, de telles restrictions existaient déjà au printemps et le reste du monde s’est rapproché du modèle Suédois, les écoles ont par exemple rouvert). 

CNN, FoxNews, Slate, The Hill et al. prétendent que les cloches ont sonné en France pour célébrer la victoire de Biden (m à j) (elles sonnaient les vêpres, comme d’habitude) 

« Chroniques de Richard Martineau alimentent l’islamophobie, selon une étude » lue par Radio-Canada

« Vérification des faits » par JdM : l’avortement est (et devrait continuer d’être ?) un soin de santé…  

Bobards — Incendies en Australie : cinq images qui ont trompé des milliers de personnes

Médias — Membre de l’équipe chasseur d’intox du Monde condamné pour intox

Les gros médias dont la SRC mettent en avant une étude contre la chloroquine et occultent une autre en faveur
 
Rétractation de l’étude du Lancet, était Les médias ont-ils trop vite sauté sur une étude du Lancet ?
 
Ces médias de grand chemin qui se plaisaient à annoncer la chute prochaine du méchant Boris Johnson

Étude (Journal of Personality and Social Psychology) — Plus on est « progressiste », plus idéaliserait-on ou nierait-on la réalité ? 
 
Programme pour enfants de Radio-Canada (CBC) traite J. K. Rowling de transphobe

Le Monde et France Culture inventent une citation de Maurice Barrès à des fins idéologiques

Médias — La bien-pensance et les bobards d’un gros médias

« 340 millions menacés par la hausse du niveau de la mer en 2050 », quand les gros médias prennent l’eau

Un historien canadien, « expert en études du genre », avoue avoir falsifié ses recherches
 
« Femmes célibataires sans enfant sont plus heureuses » ? Les données montrent plutôt l’inverse…
 
Bobards et intox — Journaliste primé du « Spiegel » licencié
 
Médias : la nouvelle Inquisition ?

Cours de rhétorique et de décryptage des médias à l’école

Les Marchands de nouvelles