mardi 20 janvier 2026

Discipline — La France est parmi les pays aux classes les plus perturbées

Alors que les élèves évoluent dans un climat scolaire toujours plus perturbé, enseignants et personnels d’éducation peinent parfois à cadrer leurs classes. D’autant que leur autorité est souvent discréditée par les parents eux-mêmes.

Le secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale, Bruno Bobkiewicz, estime qu’il faudrait s’attarder sur la santé mentale des élèves.
 
La discipline à l’école est un enjeu pour tous les établissements. Au Québec, depuis cette rentrée du mois de janvier, tous les élèves ont l’obligation de vouvoyer leurs enseignants et le personnel de l’éducation. Une nouvelle consigne formulée par le gouvernement pour instaurer davantage de civisme et de respect à l’école. Un manquement de la règle peut conduire les enfants à recevoir une retenue, voire une expulsion.

En France, les élèves sont habitués à vouvoyer les adultes, a minima au collège et au lycée. Malgré cette politesse, les élèves français figurent parmi les plus dissipés en classe.
Selon la dernière étude Pisa sur « la vie à l’école et le soutien à la maison », sortie en décembre 2023, ils travaillent dans un climat de classe nettement plus perturbé que dans la moyenne des pays de L’OCDE, avec beaucoup de bruit, de désordre et de distractions, notamment numériques.

Ainsi, l’indice de climat disciplinaire en cours de mathématiques place la France parmi les pays les plus perturbés, avec un score autour de -0,23 quand la moyenne OCDE est à 0. Environ 16,5 % des élèves français déclarent ne pas pouvoir travailler correctement durant chaque cours de maths, un niveau nettement supérieur à celui de pays très performants comme le Japon (1 %). Par ailleurs, d’après une note de la Depp, le service statistique de l’éducation nationale, sur l’année 2022-2023, le nombre d’« incidents graves » signalés dans les établissements avait augmenté par rapport à l’année précédente, passant de 3 à 4,6 élèves pour 1 000 en école publique, et de 12,3 à 13,7 en collège et lycée. Ce qui se traduit par davantage de commissions éducatives et de conseils de discipline.

Un constat qui n’a rien d’étonnant pour Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc). « Nos métiers sont très dévalorisés dans la société, à la fois par les adultes mais donc aussi par leurs enfants. Ce qui crée un problème de respect de l’autorité des enseignants. Dès qu’un parent remet en cause une punition que nous donnons à un enfant, nous perdons toute crédibilité », souffle-t-il. Un avis partagé par Aurélie Gagnier, porte-parole du premier syndicat d’enseignants, le SNUIPP-FSU, qui ajoute : « Les élèves sont davantage autonomes en classe. Ce qui les rend aussi moins dociles. Leur imposer un cadre devient alors difficile. Les enseignants ne sont pas formés pour savoir comment réagir dans ces cas-là. »

En classe, les enseignants disposent de divers outils pour faire régner l’ordre. Le ministère de l’Éducation nationale met à disposition du personnel d’éducation une fiche sur les sanctions et punitions, qui doivent être distinguées. « Elles ne visent pas des actes de même gravité », détaille la note. Les punitions scolaires sont prononcées par les professeurs, les personnels de direction, d’éducation ou de surveillance, tandis que les sanctions sont prononcées par le chef d’établissement ou par le conseil de discipline. En cas de débordement d’un élève, les enseignants peuvent rédiger un rapport sur le carnet de correspondance. Ils peuvent aussi exiger une excuse publique orale ou écrite, un devoir supplémentaire sous surveillance, ou donner une retenue. En revanche, selon une circulaire de 2011, « les punitions ou sanctions collectives sont prohibées ». D’après la même circulaire, « la note de zéro infligée à un élève en raison de motif exclusivement disciplinaire est proscrite ».

Depuis le 5 juillet 1890, « le pensum, le piquet, la suppression de récréation ou les travaux forcés sont prohibés », explique Claude Lelièvre, historien de l’éducation. Les châtiments corporels ont aussi été interdits sous Jules Ferry. Mais d’après une étude de 1987, du psychologue Bernard Douet, intitulée «Discipline et punition à l’école », 15 % des instituteurs déclaraient deux ans plus tôt qu’ils avaient eux-mêmes pratiqué la fessée sur leurs élèves, pourtant interdite depuis un siècle. « Il y a encore quelques décennies, les tribunaux considéraient que l’enseignant était un délégué du parent d’élève. On ne s’inquiétait pas encore vraiment des violences éducatives ordinaires, interdites officiellement depuis 2023 également dans le cadre familial », indique Claude Lelièvre. « Aujourd’hui, nous évitons également de donner des lignes à copier, car il n’y a pas vraiment d’enjeu pédagogique », ajoute Jean-Rémi Girard.

Au-delà des punitions et des sanctions, pour calmer les tensions au sein de la classe, Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale (SNPDEN-UNSA), estime qu’il faudrait s’attarder sur la santé mentale des élèves. « Il y a une hausse du nombre d’élèves qui vont mal et qui perturbent le bon fonctionnement de la classe. Parmi eux, certains devraient d’ailleurs être orientés vers des classes adaptées, notamment en institut médico-éducatif. Tant que l’on n’ouvrira pas les yeux sur ce problème, il ne pourra pas disparaître », conclut-il.


Source: Le Figaro

21 janvier 1948 — le drapeau du Québec flotta pour la première fois sur l’Hôtel du Parlement

C’est en l’an 507 qu’apparaît pour la première fois la fleur de lys sur le drapeau de Clovis, Roi des Francs. La fleur de lys devait à jamais symboliser la royauté française.

Au XVIe siècle, la fleur de lys fait son apparition en Nouvelle-France lorsque Jacques Cartier, débarquant à Gaspé, plante une croix portant les armoiries de la France où sont représentées trois fleurs de lys d’or.

L’ancêtre direct de notre drapeau actuel est la bannière dite de « la bataille de Carillon ». De couleur bleu ciel, elle portait au centre l’écu de France et les coins étaient ornés de quatre fleurs de lys d’argent.

Après la chute de Québec en 1760, les couleurs françaises disparaissent de notre coin de pays. Elles furent remplacées par celles de la Grande-Bretagne, soit l’Union Jack.

Après 1760, le peuple du Québec manifeste régulièrement son intention d’adopter un drapeau national. En 1832, les Patriotes choisissent le tricolore vert blanc et rouge disposé en bandes horizontales. Il deviendra le drapeau de la révolte de 1837-38. Il sera cependant abandonné après que la révolte des Patriotes fut écrasée.

En 1902, l’abbé Filiatrault, de Saint-Hyacinthe, hisse sur son presbytère un drapeau semblable à celui de Carillon, sauf que les fleurs de lys sont blanches. Ce drapeau fut, à ce qu’on dit, très bien accueilli par la population.

En 1903, on ajoute à ce drapeau un Sacré-Coeur entouré de feuilles d’érables. Ce drapeau deviendra en 1926, par vote de l’Assemblée législative, l’emblème de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec.

En 1935, l’Assemblée législative décide d’enlever le Sacré-Coeur sur le drapeau, car la présence d’un emblème religieux pose des problèmes. Cette année-là, le drapeau prend le nom de fleurdelisé.

Le 2 décembre 1947, le député René Chaloult dépose une motion à l’Assemblée qui doit être débattue le 21 janvier 1948. Maurice Duplessis est alors Premier ministre du Québec. Il n’est pas opposé au fleurdelisé mais il a quelques réserves. Il pense placer au centre les armoiries du Québec, ou encore une couronne rouge, qui symboliserait celle de France ou d’Angleterre.

Le matin même où la motion Chaloult doit être discutée en Chambre, un arrêté reçoit l’approbation unanime du Conseil des ministres, consacrant le fleurdelisé comme drapeau officiel du Québec.

C’est donc le 21 janvier 1948, peu avant trois heures, que le drapeau du Québec, tel que nous le connaissons aujourd’hui, flotta pour la première fois sur l’Hôtel du Parlement. Devant les députés qui l’ovationnent, Maurice Duplessis présente son drapeau au Québec. Le fleurdelisé devient l’emblème distinctif du Québec, des Québécoises et des Québécois.

Voir aussi

Histoire — Le 8 juillet 1758 eut lieu la victoire de Fort Carillon