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dimanche 15 juin 2025

La face cachée de Wikipédia - Enquête sur les dérives de l’encyclopédie libre

   Qu’arrive-t-il à la plus célèbre des encyclopédies ? Qui sont ceux qui y contribuent ? Qui sont ceux qui l’accaparent ? Voici comment la neutralité de point de vue a été sacrifiée sur l’autel du militantisme. Voici comment une minorité prend en otage un projet savant et collectif à l’échelle planétaire. Voici l’enquête inédite sur la face cachée de Wikipédia.

   Vous avez une question ? Wikipédia a la réponse. Tout le monde consulte la plateforme et tout le monde peut la nourrir. Or si Wikipédia est globalement un outil fiable, ergonomique et structuré, des voix s’élèvent, toujours plus nombreuses, pour alerter sur ses dérives.

   Depuis quelques années, l’« encyclopédie libre » est devenue une tribune pour des activistes en tous genres. Un terrain de jeu pour les extrémistes de droite et de gauche. Un champ de bataille où les États, les personnalités publiques, les institutions et les grandes entreprises se livrent une lutte de tous les instants. Les biais sont structurels et la direction verrouille toute la structure. Les suspensions et les blocages se multiplient. Et la machine se grippe. Jusqu’à quand ?

Voilà comment l’idéologie provoque la ruine d’une utopie concrète.
    

Les auteurs

Victor Lefebvre est journaliste, passé par Le Figaro et le média en ligne Factuel. Il a contribué au livre-enquête Les derniers jours de Samuel Paty (Plon, 2023).

Michel Sandrin, est contributeur de Wikipédia depuis des années, il intervient régulièrement dans les colonnes du Point, du Figaro et de Marianne pour alerter sur la montée du militantisme sur l'encyclopédie en ligne.

La face cachée de Wikipédia: 
Enquête sur les dérives de l'encyclopédie
de Michel Sandrin et Victor Lefebvre
paru aux éditions du Cerf,
à Paris,
le 3 avril 2025,
212 pages,
ISBN-13 : 978-2204158244


Voir aussi

Wikipédia, des militants y manipulent

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Le cas de Bret Weinstein (PhD en biologie, ancien professeur d’Evergreen college) et de l’article qui lui est consacré sur Wikipédia 

mercredi 11 juin 2025

La femme n’est pas une construction sociale

Avez-vous l’impression de marcher sur des œufs quand vous essayez de faire l’état des lieux dans les rapports entre les sexes ? La tempête #metoo (#balancetonporc) a-t-elle changé durablement et positivement la dynamique entre les hommes et les femmes ? Le mouvement trans est-il allé trop loin ? Poser la question est-il même une transgression, une forme de provocation ?

L’auteure et professeure émérite, spécialiste de la littérature du XVIII, Claude Habib n’hésite pas à prendre frontalement les enjeux les plus explosifs de notre époque formidable. Dans son plus récent essai, Le privé n’est pas politique, elle rappelle les risques, grands, de transformer en champ de bataille nos zones de vie privée les plus intimes,

00:00 - Intro

02:03 - Baisse du QI dans plusieurs pays : est-ce le début d’un abrutissement collectif ?

07:48 - Nos valeurs libérales menacées. 

12:07 - La tolérance de l’Occident, une faiblesse ?

14:07 - Mineurs trans : des enfants cobayes ? 

 21:37 - La femme n’est-elle qu’une construction sociale ?

28:59 - Le néo-féminisme est misandre.

40:30 - Relation entre les sexes : « Sans doute est-on allé trop loin dans la prudence jusqu’à la pruderie. »

45:17 - Le courage masculin. 

51:01 - La douceur du foyer. 

1:03:37 - Valoriser le rôle de mère.  

1:10:09 - Le parti pris passionnel de Claude Habib : « Réprimer les désirs, les grands moments passionnels de l’existence, ça rend triste. »

vendredi 11 avril 2025

Carney maintient le cap Trudeau en ce qui a trait aux traitements chimiques et chirurgicaux des enfants qui se disent trans


Le nouveau Premier ministre désigné par le Parti Libéral, Mark Carney (ci-dessus), a affirmé sa volonté de poursuivre l’orientation libérale en matière de politiques identitaires, en s’engageant à répondre aux revendications des groupes LGBT, notamment en matière d’accès aux bloqueurs de puberté pour les mineurs, et ce, « sans exception ».

Lors d’une conférence de presse tenue le 8 avril en Alberta, M. Carney a réitéré son appui aux mesures visant à faciliter l’accès à des traitements hormonaux et chirurgicaux pour les personnes se déclarant en questionnement ou en transition de genre, qualifiant cet accès de « droit fondamental ». Cette déclaration est intervenue environ 28 minutes après le début de l’événement.

Des journalistes l’ont interrogé sur la possibilité d’inscrire ces revendications dans la Loi canadienne sur la santé, notamment en réaction à une loi récemment adoptée en Alberta qui interdit l’accès des mineurs à des bloqueurs de puberté ou à des interventions chirurgicales de « réassignation de genre ». Carney a répondu qu’il entendait défendre l’accès universel à ces traitements « sans exception », dans le cadre d’un système de santé qu’il décrit comme un droit et non un service à but lucratif.

« Le Canada est une mosaïque. Les gens doivent pouvoir être eux-mêmes, aimer qui ils aiment... L’accès aux soins n’est pas une entreprise commerciale, c’est un droit fondamental, que nous défendrons pour tous les Canadiens », a-t-il déclaré.

Cependant, plusieurs voix médicales et scientifiques mettent en garde contre les effets irréversibles de ces pratiques. Des organismes comme genethique.org  ont recensé de nombreux experts qui alertent sur les risques associés aux transitions médicales, évoquant des séquelles physiques et psychologiques durables, telles que des maladies cardiovasculaires, la perte de densité osseuse, un risque accru de cancer, des troubles de la fertilité, et une augmentation du risque suicidaire.

Des études, notamment une recherche suédoise, ont révélé que les personnes ayant subi une chirurgie de « changement de sexe » présentaient un taux de suicide jusqu’à 19 fois plus élevé que la population générale, ce qui soulève des interrogations sur l’efficacité de ces interventions dites nécessaires pour résoudre les problèmes de mal-être des gens qui se disent trans.

En dépit de ces données, M. Carney semble déterminé à poursuivre la politique entamée sous le gouvernement Trudeau. Au cours de sa première semaine au pouvoir, il a accordé plus de 2,1 millions de dollars à des groupes LGBT en Ontario et au Québec, dans le cadre d’initiatives destinées à « lutter contre la discrimination » et à réduire les « obstacles systémiques à l’égalité ».

Par ailleurs, sa fille aînée, Sasha Carney, qui s’identifie comme non binaire, a été suivie à la controversée clinique de genre Tavistock au Royaume-Uni fermée à la suite d'un rapport gouvernemental accablant. Diplômée de Yale, aujourd’hui âgée de 24 ans, elle est écrivaine et milite publiquement en faveur des interventions médicales liées à la transition de genre.

Voir aussi
 
 

Le Premier ministre canadien Mark Carney a invité à son conseil un confondateur de l'Initiative du Siècle

Sondage (n=1500) — Près des 2/3 des Canadiens contre le triplement de la population du Canada d'ici 2100 (le plan de l'Initiative du Siècle)

Le chef libéral Mark Carney a été accusé de s'approprier les idées des autres au cours de la campagne électorale fédérale (en anglais, Globe and Mail)

Les Britanniques avertissent que le nouveau premier ministre canadien a une « touche Midas inversée ». La réputation de Mark Carney en tant que gouverneur de la Banque d'Angleterre est plus entachée qu'il ne le laisse entendre (en anglais, National Post)

Tenir compte des avertissements sévères de la Grande-Bretagne à l'égard de Mark Carney. La presse britannique tant de gauche que de droit s'est montrée beaucoup plus critique à l'égard de notre nouveau premier ministre que la nôtre.  (en anglais, National Post)

« Transition de genre » : des « études » sous influence
 
 
 

vendredi 4 avril 2025

« Transition de genre » : des « études » sous influence

Alors que le 17 mars, CNN promouvait les résultats d’une étude selon laquelle les traitements hormonaux auraient un effet bénéfique sur la santé mentale des personnes majeures se déclarant transgenres, le lendemain on pouvait lire dans Le Monde que « la recherche a constamment démontré les effets positifs de l’accès aux soins d’affirmation de genre »[1]. Est-ce vraiment le cas ? Analyse et décryptage de la journaliste et essayiste Pauline Arrighi, auteur des Ravages du genre aux éditions du Cerf.

« La recherche a constamment démontré les effets positifs de l’accès aux soins d’affirmation de genre ». C’est ce qu’affirment deux médecins et un avocat dans un article publié dans la revue The New England Journal of Medicine (NEJM)[2] relayé par Le Monde, entendant dénoncer « les lois répressives et transphobes adoptées aux États-Unis depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche » (cf. Genre : aux États-Unis, les décrets présidentiels attaqués en justice). Ces « soins » seraient soutenus « sans équivoque » par « de grandes organisations médicales », assure de son côté le psychiatre Jack L. Turban [3]. Mais de quel type de soutien parle-t-on ?


Des intérêts économiques et financiers

Sur son site web, la revue NEJM énumère la liste de ses sponsors. Parmi eux, on compte Pfizer, Bayer, Novo Nordisk et Sandoz [4]. Ces laboratoires produisent des hormones utilisées dans les « transitions de genre »[5]. Jack L. Turban bénéficie quant à lui de financements de la part des laboratoires Arbor et Pfizer [6].

Toutes les personnes qui se déclarent transgenres ne prennent pas de traitement hormonal, mais celui-ci est présenté par les militants et les médecins « transaffirmatifs » comme un remède au sentiment de dysphorie de genre. Il s’agit de ressembler le plus possible à une personne de l’autre sexe. Les jeunes filles prendront de la testostérone de synthèse. Ces traitements existent déjà, ils sont prescrits à des hommes atteints d’hypogonadisme. Sur un organisme de jeune fille, l’effet est complètement différent, d’ailleurs les substituts de testostérone n’ont pas reçu d’autorisation de mise sur le marché pour être utilisés par cette population. Ainsi l’entreprise Bayer produit et commercialise l’Androtardyl, et Pfizer fournit du Dégo testostérone.

Les garçons qui se déclarent transgenres, prendront quant à eux des inhibiteurs de testostérone parfois combinés avec des progestatifs et œstrogènes. Ces traitements sont eux aussi déjà commercialisés, mais pour un autre public, à savoir les femmes qui ont besoin de voir soulagés leurs symptômes de la ménopause. Nous pouvons citer l’Activelle, produite par Novo Nordisk, et l’estradiol, fournie par Novartis et Sandoz.

Les « transitions de genre » offrent un nouveau débouché commercial aux hormones sexuelles de substitution déjà produites et présentes sur le marché. Pour les laboratoires pharmaceutiques, le militantisme en faveur de la « transition de genre » médicalisée est un investissement rentable.

L’influence des lobbies

L’article du Monde, toujours pour défendre l’administration de traitements hormonaux sans autorisation de mise sur le marché sur des mineurs, cite une étude des Dr Claire Vandendriessche et David Cohen [7] – « qui dirige une consultation consacrée à l’accueil des mineurs trans ou en questionnement à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris ».

Dans cet hôpital, la consultation diversité de genre déclare sur son site avoir noué un « partenariat avec les associations de personnes transgenres OUTrans, Espace Santé Trans et Acceptess-T et l’association Grandir Trans qui réunit 1300 familles d’enfants et adolescents transgenres »[8].

Les organisations OUTrans, Espace Santé Trans et Acceptess-T sont affiliées à la WPATH (Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes trans). Celle-ci est d’ailleurs plusieurs fois mentionnée dans le « Rapport relatif à la santé et aux parcours de soins des personnes trans, remis à monsieur Olivier Véran, ministre des Affaires sociales et de la Santé » en janvier 2022 [9] (cf. La fragile protection des enfants face aux lobbies trans-affirmatifs).

Cette organisation a pour objet d’« offrir des conseils cliniques aux professionnels de santé pour soutenir les personnes transgenres et diverses dans leur genre (transgender and gender diverse) dans l’accès à des parcours sûrs et effectifs pour atteindre un confort personnel durable avec leur être genré ». Qu’entendent ces personnes par « diverses dans leur genre » ? et par « être genré » ? Ces notions ont une définition circulaire et ne correspondent à rien de concret [10].

Les recommandations de la WPATH n’ont en outre aucune base scientifique. La première prescription de suppression de puberté, en 2001, prenait appui sur une étude portant sur une seule personne [11]. La deuxième, en 2012, reposait sur le Protocole néerlandais (Dutch Protocole), dont les erreurs ont été démontrées par la suite (cf. Changement de genre chez les mineurs : la WPATH « coupable » d’une « fraude scientifique majeure et inqualifiable »).

Depuis, la publication de documents fuités aurait dû ébranler, pour le moins, la confiance des dirigeants politiques vis-à-vis de cette instance. Le 4 mars 2024 en effet, le président de l’ONG Environmental Progress, Michael Shellenberger, et la journaliste Mia Hughes ont révélé au grand jour des échanges entre membres de la WPATH sur un forum [12]. Il s’avère que les experts à la tête de l’organisation ont conscience du manque de fiabilité de leurs méthodes (cf. La prise d’hormones croisées diminue-t-elle le risque de dépression chez les adultes transgenres ? Décryptage).

« Ils reconnaissent que leurs patients sont parfois trop jeunes pour comprendre les effets des hormones sur leur fertilité. »[13]. Les enfants ne peuvent pas consentir librement au fait de devenir infertiles – ni à renoncer à toute capacité de ressentir du plaisir sexuel. Les médecins reconnaissent aussi que parfois, les parents eux-mêmes ne comprennent pas les conséquences des traitements qui sont administrés à leurs enfants.

Sur le forum dont les messages ont fuité, certains membres de l’organisation expriment des doutes quant à la capacité de consentir à des traitements de la part de patients psychotiques. Ces inquiétudes sont balayées d’un revers de main par leurs collègues, et rien ne change. Les « transitions de genre », notamment celles des mineurs, continuent à être promues par des lobbies idéologiques et financiers. Sous couvert de rigueur scientifique.


 Source : Généthique

[1] Lilas Pepy, Transidentités : une étude française contredit une théorie antitrans, Le Monde, 18 mars 2025

[2] David R.A. Coelho, M.D., M.P.H., Alexander L. Chen, J.D (2025) “Advancing Transgender Health amid Rising Policy Threats” DOI: 10.1056/NEJMp2416382

[3] Turban JL, King D, Kobe J, Reisner SL, Keuroghlian AS (2023) “Access to gender-affirming hormones during adolescence and mental health outcomes among transgender adults”. PLOS ONE 18(6): e0287283. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0287283

[4] https://www.jwatch.org/about/sponsor-distribution

[5] https://www.linkedin.com/pulse/top-10-hormone-replacement-therapy-industry-companies-john-campbell-k88sc/

[6] Voir la mention “Funding: JLT received a pilot research award for general psychiatry residents from The American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, supported by Industry Sponsors (Arbor and Pfizer)” dans Turban JL, King D, Kobe J, Reisner SL, Keuroghlian AS (2023) Correction: Access to gender-affirming hormones during adolescence and mental health outcomes among transgender adults. PLoS ONE 18(6): e0287283. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0287283

[7] Vandendriessche, C., Cohen, D. Social factors behind the AFAB predominance in LGBT youths: evidence from a large European survey. Eur Child Adolesc Psychiatry (2024). https://doi.org/10.1007/s00787-024-02595-4

[8] Page « Consultation diversité de genre » du site de l’Ideal, Institut des Pathologies du développement de l’enfant et de l’adolescent https://ideal.aphp.fr/formations/consultation-identite-sexuee/

[9] https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_sante_des_personnes_trans_2022.pdf

[10] Voir les définitions sibyllines du Planning familial, qui intervient auprès des établissements d’enseignement secondaire public https://www.planning-familial.org/sites/default/files/2020-10/Lexique%20trans.pdf

[11] Cohen-Kettenis, P., van Goozen, S. Pubertal delay as an aid in diagnosis and treatment of a transsexual adolescent. European Child & Adolescent Psychiatry 7, 246–248 (1998). https://doi.org/10.1007/s007870050073

[12] Dans un rapport de plus de deux cents pages intitulé « The WPATH Files : Pseudoscientific Surgical and Hormonal Experiments on Children, Adolescents and Vulnerable Adults » (« Les fichiers de la WPATH : expérimentations chirurgicales et hormonales sur enfants, adolescent.es et adultes vulnérables ») https://environmentalprogress.org/big-news/wpath-files

[13] Hanna Barnes, Why disturbing leaks from US gender group WPATH ring alarm bells in the NHS, The Guardian, 9 mars 2024

mercredi 24 juillet 2024

Association mondiale pour la santé des personnes transgenres « coupable » d’une « fraude scientifique majeure et inqualifiable »

Dans une tribune parue dans Le Point le 23 juillet, Dominique Crestinu, gynécologue-endocrinologue, Beryl Koener, pédopsychiatre, Céline Masson, professeur des universités en psychologie de l’enfant et de l’adolescent, et Jacques Robert, professeur émérite de cancérologie, PUPH, tous membres de l’Observatoire de la Petite Sirène (OPS), réagissent à la « fraude scientifique » entourant les protocoles médicaux prescrits par l’Association mondiale pour la santé des personnes transgenres (WPATH).

« Deux sexes et seulement deux »

Alors qu’une proposition de loi « visant à encadrer les pratiques médicales mises en œuvre dans le prise en charge des mineurs en questionnement de genre » a été adoptée par le Sénat français le 28 mai dernier, et qu’un rapport réalisé par le Dr Hilary Cass, ancienne présidente du Royal College of Paediatrics and Child Health a été rendu public le 10 avril, l’Observatoire de la Petite Sirène a organisé un congrès international les 28 et 29 juin, en partenariat avec la Society for Evidence-Based Gender Medicine (SEGM). Réunissant près de cinquante médecins, pédopsychiatres, psychologues et chercheurs de toutes disciplines et de différents pays, ce congrès avait pour objectif de faire le point et d’échanger des informations récentes sur le traitement des enfants et des adolescents souhaitant changer de genre (cf. Genre : 140 médecins et intellectuels appellent à informer les jeunes objectivement).

Rappelant qu’il « existe deux sexes et seulement deux », mâle et femelle, les membres du Bureau de l’OPS expliquent qu’« on ne peut parler de “sexe assigné à la naissance” » car « ce n’est pas une question d’appréciation » (cf. Théorie du genre : un ancien transgenre dénonce « un prosélytisme général »). « Taille des gamètes, chromosomes, caractères sexuels primaires et secondaires visibles ou non, il est impossible de se tromper dans l’immense majorité des cas » précisent-ils. Ainsi, « l’idée que véhiculent certaines associations que “le sexe est un spectre” ou que les enfants peuvent “choisir le sexe qui leur convient” relève de la pure idéologie ».

Des « traitements irréversibles et dangereux »


Cependant, à l’approche de l’adolescence, certains jeunes souffrent de dysphorie de genre, autrement appelée « angoisse de sexuation pubertaire ». Il s’agit d’un trouble caractérisé par le sentiment d’appartenir à l’autre sexe. Alors que certains pays ont développé des structures spécialisées comme la clinique Tavistock en Angleterre, des organismes nationaux et internationaux, comme la WPATH (World Professional Association for Trangender Health) ou la Society for Evidence-Based Gender Medicine (SGEM), ont été mis en place pour coordonner ce type de traitement et élaborer des directives a priori consensuelles afin de faire bénéficier les adolescents de tous les pays des meilleures approches disponibles.

Mais, la WPATH et d’autres associations professionnelles recommandent d’appliquer le « Dutch protocol », mis en place par une équipe néerlandaise, dans une situation qui n’est pas celle pour laquelle il a été élaboré. La WPATH recommande la prescription de « bloqueurs de puberté » et d’« hormones sexuelles “inversées” » alors qu’il s’agit de traitements « irréversibles et potentiellement dangereux » (cf. « La transition de genre est devenue incontrôlable » : l’alerte d’une psychiatre « pionnière » dans ce domaine). En effet, l’utilisation des bloqueurs de puberté n’a pas reçu d’autorisation de mise sur le marché de l’Agence nationale de la santé et du médicament (ANSM) et présente des risques qui n’ont pas été évalués (cf. Bloqueurs de puberté : des données « insuffisantes »). Concernant les hormones du sexe opposé, « il existe des risques à long terme dont l’incidence dans la population des adolescents est à l’heure actuelle inconnue faute d’un recul suffisant ».

Une « fraude scientifique majeure et inqualifiable »

L’Observatoire s’est alarmé « des risques que faisait courir aux enfants et adolescents la prescription de traitements non validés ». Il reproche à la WPATH d’être « coupable » d’une « fraude scientifique majeure et inqualifiable » après avoir exigé « d’un collège d’experts indépendants qu’elle avait missionné, tous chercheurs de la Johns Hopkins University à Baltimore, de faire état de ses conclusions avant de réaliser les études qu’elle lui avait commandées ».

Comme l’incite le rapport d’Hilary Cass, il faudrait « ne prendre en charge ces adolescents que sous l’angle de la psychologie ou de la pédopsychiatrie » car « nous ne disposons pas du moindre argument scientifique permettant de justifier la prise en charge de ces adolescents par des “bloqueurs de puberté” et/ou des hormones “inversées” ». « L’objectif de l’OPS est exclusivement la protection des adolescents contre la mise en place de traitements non validés dont la sécurité n’est pas assurée, cette protection dût-elle s’exercer contre les adolescents eux-mêmes », expliquent les quatre auteurs de la tribune. « Les devoirs des parents vis-à-vis des enfants sont tout aussi primordiaux que les droits des enfants (…). A nous de faire en sorte qu’ils ne nous reprochent pas de leur avoir laissé la liberté d’asservir leur corps en cédant trop vite à un désir souvent transitoire » concluent-ils.

 


Source : Le Point, tribune de quatre membres de l’Observatoire La Petite Sirène (23/VII/2024), via Généthique

samedi 25 mai 2024

Existe-t-il un « lobby trans » ?

« Il existe un lobby trans, il y a des intérêts financiers majeurs de l'industrie pharmaceutique. Il y a une militance pour laisser les enfants transitionner. Une fois qu'ils entrent dans ce parcours, ils seront clients à vie de cette industrie » Dora Moutot, autrice du livre Transmania.

dimanche 3 mars 2024

Trans — Recours constitutionnel d'une enseignante québécoise obligée de mentir aux parents

Lors d’un récent entretien, Olivier Séguin, avocat pour le Centre Juridique pour les Libertés Constitutionnelles (CJLC), a fourni des éclaircissements sur un cas litigieux impliquant une enseignante de troisième année dans une école de Montréal. Cet enseignant a souligné les problèmes liés au guide ministériel intitulé « Pour une meilleure prise en compte de la diversité sexuelle et de genre ».

Le Centre de justice pour les libertés constitutionnelles a annoncé le lancement d’un recours constitutionnel devant la Cour supérieure du Québec contre le ministère de l’Éducation. Cette action est intentée au nom d’une enseignante qui a refusé de mentir aux parents d’un élève de 14 ans souhaitant une transition de genre féminin-masculin, comme la direction de son école lui avait ordonné de le faire.

Suivant les directives du Guide et procédures du ministre de l’Éducation sur l’identité de genre des personnes trans et non binaires, l’école secondaire montréalaise de l’élève a créé un ensemble de procédures rendant illégal le fait d’informer les parents (ou les tuteurs) lorsque leur enfant cherche à effectuer une transition de genre.

Au début du mois d’octobre 2023, les administrateurs de l’école ont informé les enseignants qu’ils devaient désigner l’élève de 14 ans par les pronoms masculins « il/lui » en classe. Mais lorsqu’ils ont affaire aux parents de l’élève, les enseignants ont reçu l’ordre d’utiliser le prénom féminin de l’élève et les pronoms féminins. Ils ont donné cet ordre alors qu’il n’y avait ni preuve ni soupçon de maltraitance parentale.

L’enseignante a informé l’administration que, tout en acceptant de respecter les préférences de l’élève en matière de pronoms, elle s’opposait à l’obligation de mentir aux parents sur le changement de sexe de leur enfant, en particulier lors d’une future rencontre entre les parents et l’enseignante.

Cette rencontre n’a pas eu lieu. Au lieu de cela, l’école a autorisé l’enseignant à soumettre un rapport écrit à l’élève, avec copie aux parents, qui évitait l’utilisation de pronoms. Tout en accordant cette exception, l’école a précisé que l’enseignant serait tenu de rencontrer les parents lors de la rencontre parents/professeurs prévue au printemps si les parents en faisaient la demande. Les administrateurs ont notifié à l’enseignante que si elle divulguait des informations sur la transition de genre de l’enfant à l’école au cours de cet entretien, elle serait immédiatement licenciée.

À ce moment-là, l’enseignante, assistée par le Centre de justice, a déposé un recours constitutionnel visant à annuler le guide et les procédures du ministre de l’Éducation, notamment parce qu’ils « contreviennent aux droits parentaux protégés par l’article 7 de la Charte canadienne des droits et libertés… au mépris des principes de justice fondamentale et sans justification suffisante dans une société libre et démocratique ». L’enseignante estime également que le guide et les procédures violent son droit à la liberté de conscience garanti par l’article 2 de la Charte.

Le fait de devoir mentir aux parents de ses élèves a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour l’enseignante plaignante. « Je ne pourrais pas vivre avec moi-même si je faisais cela », a déclaré l’enseignante. « Je ne pourrais pas les regarder dans les yeux et leur mentir intentionnellement sur le fait que nous permettons à leur enfant de subir une intervention psychosociale importante à leur insu ».

Selon l’avocat de l’enseignante, Olivier Séguin, ce serait la première fois qu’une action en justice soulève la question de la liberté de conscience sans soulever également la question de la liberté de religion. L’article 2 (a) de la Charte garantit à la fois la liberté de conscience et la liberté de religion.

« Il est vrai que l’interdiction de mentir est commune à toutes les religions, mais l’objection de conscience de mon client n’est pas de nature religieuse », explique Me Séguin.

L’enseignant a ajouté : « Une collaboration transparente avec les parents est essentielle à mon rôle d’enseignant et au bien-être à long terme des enfants. Mentir aux parents sur la façon dont nous traitons leurs enfants, ou sur ce qui se passe avec les enfants à l’école, viole les principes de ma vocation ».

S’il est vrai que la loi ne mentionne pas expressément la manière dont les écoles doivent traiter les cas comme celui-ci, affirme M. Séguin, les auteurs du Guide semblent avoir émis une directive ministérielle en catimini, par le biais d’un « guide » destiné aux écoles, dans lequel ils font dire à la loi des choses qu’elle ne dit tout simplement pas.

Par exemple, dans sa section intitulée « Encadrements légaux » [sic, calque de l’anglais, cadre juridique] (page 8), le Guide cite l’article 60 du Code civil du Québec, qui prévoit que la demande de changement de nom peut être faite à l’initiative d’un mineur âgé de 14 ans ou plus, mais le Guide ignore l’article 62, situé juste à côté, qui prévoit que les parents doivent être avisés de la demande de changement de nom et qu’ils ont le droit de s’y opposer:

62. À moins d’un motif impérieux, le changement de nom à l’égard d’un enfant mineur n’est pas accordé si, selon le cas, les père et mère ou les parents de l’enfant mineur à titre de tuteurs légaux, le tuteur, le cas échéant, ou le mineur de 14 ans et plus n’ont pas été avisés de la demande ou si l’une de ces personnes s’y oppose.

Les auteurs du guide citent également l’article 71 du même Code civil qui prévoit, comme l’article 60, que la demande de changement de sexe peut être faite à l’initiative d’un mineur âgé de 14 ans ou plus. Mais là encore, les auteurs du Guide omettent de mentionner l’article 73[.1], qui prévoit que les parents doivent pouvoir s’opposer à un tel changement. [Ceci n'est pas évident, l'article parle plutôt du fait qu'un tuteur peut s'opposer à la décision de l'autre devant un juge.]

M. Séguin ne considère pas le ministre de l’Éducation Bernard Drainville comme responsable de ces omissions. Le journal québécois Le Devoir avait déjà souligné qu’en s’opposant aux toilettes mixtes dans les écoles, il s’était placé en contradiction avec « les recommandations de son propre ministère », c’est-à-dire les recommandations énoncées dans le Guide.

Dans le même article, Le Devoir rapporte que le Guide est le fruit d’une collaboration entre (1) le ministère de la Justice et (2) le ministère de la Famille, (3) le Bureau de lutte contre l’homophobie et la transphobie, (4) la Chaire de recherche sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres de l’Université du Québec à Montréal, et (5) la Table nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie dans les réseaux de l’éducation.

M. Séguin affirme qu’il ne croit pas que les omissions soient le fruit d’une incompétence involontaire, déclarant : « Les irrégularités dont le Guide est truffé sont à la fois trop évidentes et trop nombreuses pour y voir autre chose qu’une volonté d’induire les lecteurs en erreur en prétendant faussement traduire la lettre de la loi. J’y vois une forme d’usurpation de pouvoir, un déni de démocratie ».

Quant à la position de son client, il déclare : « Le secret à l’égard des parents, qui revient en pratique à leur mentir, est une violation grave du contrat juridique qui lie l’État et ses citoyens. »

vendredi 5 janvier 2024

M à j : François recule un peu (Bénédiction des couples homosexuels : une révolution qui ne dit pas son nom et qui divise)

Dans une note publiée jeudi, Rome révise les modalités de sa décision polémique : les évêques auront le choix de l’appliquer ou non.

Avant ce recul de Rome, des évêques de France s’étaient déjà opposés à cette bénédiction, celui de Bayonne, mais aussi, depuis le 1er janvier, neuf évêques de Bretagne.

Sans revenir sur son feu vert aux bénédictions de couples homosexuels, qui a suscité le rejet - notamment de plusieurs conférences épiscopales, dont une majorité en Afrique -, le Vatican vient de réviser les modalités de leur application. Il a finalement concédé aux évêques, ce jeudi, la responsabilité d’exécuter ou de reporter, selon le « contexte » de leur diocèse, la mise en œuvre de cette « déclaration » du dicastère pour la Doctrine de la foi, intitulée « Fiducia supplicans », datée du 18 décembre dernier.

Avant cet amendement romain, des évêques avaient déjà édicté leurs propres consignes à leur diocèse. Comme Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, qui avait demandé à ses prêtres et diacres, le 29 décembre, de ne pas bénir des « couples » de même sexe mais seulement « chaque personne individuellement ». Ce qui lui a valu d’être mis en cause par l’association SOS Homophobie. Mais sa démarche en a inspiré d’autres : le 1er janvier, ce sont les neuf évêques et un administrateur apostolique de la province ecclésiastique de Bretagne, dont Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, est en charge, qui ont envoyé de façon unitaire, une circulaire « aux prêtres et diacres des diocèses de Quimper, Rennes, Saint-Brieuc, Vannes, Angers, Laval, Le Mans, Luçon, Nantes». Elle les appelle bénir « individuellement chacune des deux personnes formant un couple, quelle que soit leur orientation sexuelle », et non pas « en couple ».

Le texte s’étonne que « la déclaration n’explicite pas le raisonnement qui la fait passer des “personnes” aux “couples”, terme absent des deux premières parties ». Les évêques bretons estiment que cette « possibilité » donnée par le texte romain «n’est pas une obligation de bénir les “couples de même sexe”», d’autant que Rome, pensent-ils, «invite à opérer un discernement » pour ne pas «créer de la confusion» ou du « scandale ». L’enjeu, pour eux, est plutôt celui de «notre société, où le mariage a été banalisé en devenant une notion de droit civil », lequel «ignore la spécificité fondatrice de la différence sexuelle ».

Le communiqué de presse romain du 4 janvier est signé par le cardinal Victor-Emmanuel Fernandez, ami argentin de François, que ce dernier a nommé à ce poste il y a six mois. Le prélat ne remet pas du tout en cause le fond de «Fiducia supplicans», à savoir la possibilité de bénir des couples homosexuels. Il reconnaît seulement que les réactions de «certaines conférences épiscopales» - la France est restée muette sur le sujet - sont « compréhensibles ». À condition, toutefois, prévient-il, que ces prises de position ne soient pas «une opposition doctrinale, parce que le document est clair et classique sur le mariage et la sexualité ».

« Hors de toute idéologie »

Quant à « certains évêques » qui ont fait valoir leur « pouvoir de discernement in loco, dans le lieu concret», cela « ne pose pas de problème », mais à la même condition : qu’ils soient «dans le respect d’un texte signé et approuvé par le souverain pontife lui-même, en cherchant à accueillir la réflexion qu’il contient», et non comme une «négation totale ou définitive du chemin proposé» pour ces bénédictions.

Que ce soit donc, dans les deux cas, « hors de toute idéologie », insiste le cardinal Fernandez. Car, pour lui, le cap est clair : « Nous devrons nous habituer à accepter que, si un prêtre donne ce genre de bénédiction simple, il n’est pas hérétique, il ne ratifie rien et il ne nie pas la doctrine catholique. » Et de répéter : « Ce qui est important, c’est que ces conférences épiscopales ne défendent pas une doctrine différente de celle de la déclaration approuvée par le pape, puisqu’elle est la doctrine établie. »

Autre mise au point de Mgr Fernandez, la « déclaration » du 18 décembre ne peut être considérée « comme hérétique, contraire à la tradition de l’église ou blasphématoire ». Il répond directement ici au cardinal Gerhard Müller – qui a occupé le même poste de préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi jusqu’en 2017, nommé par Benoît XVI en 2012. Il a en effet publiquement qualifié « Fiducia supplicans» de texte « blasphématoire ».

Si le cardinal Fernandez concède aux évêques le soin de décider de bénir ou non des couples homosexuels, c’est seulement en raison du « contexte » de certains pays, notamment dans ceux où l’homosexualité est un délit, afin de protéger ces personnes. « Il est évident que les évêques ne veulent pas exposer les personnes homosexuelles à la violence », souligne-t-il. [Hmm...] Le prélat de marteler encore : «Ces bénédictions non ritualisées ne sont pas une consécration de la personne ou du couple qui les reçoit, elles ne sont pas une justification de toutes leurs actions, elles ne sont pas une ratification de la vie qu’ils mènent.» D’autant qu’elles doivent être «très brèves», «dix ou quinze secondes », «sans rituel et sans livre des bénédictions ». [Pour le moment...car il faut d'abord habituer à accepter ce concept ?]

Sources : AFP et Le  Figaro



Billet originel du 22 décembre

Bénédiction des couples homosexuels par l'Église catholique : une révolution qui ne dit pas son nom et qui divise)

En autorisant la bénédiction des unions homosexuelles, le pape François divise l’Église et crée une faille profonde dans la doctrine catholique sur le mariage.


L’autorisation donnée par le pape François de bénir les couples homosexuels semble devoir être à son pontificat ce que le fiasco de la loi immigration est à la macronie, c’est-à-dire un accélérateur de division. Depuis la publication, lundi 18 décembre, par la Congrégation pour la doctrine de la foi, présidée depuis peu par un proche du pape, le cardinal Victor Manuel Fernandez, de la déclaration Fiducia supplicans, autorisant la bénédiction par les prêtres catholiques de couples homosexuels, les réactions négatives, issues d’évêques du monde entier, se multiplient.

Venues d’Afrique notamment, où les épiscopats du Malawi et de Zambie ont déjà déclaré que la déclaration ne serait pas appliquée dans leur pays, quand celui du Kenya déclarait que certains aspects du texte « provoquaient de l’anxiété et même de la confusion parmi les chrétiens et, en général, parmi le peuple de Dieu ». Mais aussi d’Europe, où la conférence des évêques d’Ukraine a alerté sur le fait que « la notion de bénédiction des couples de même sexe, ou des couples irréguliers sur le plan sacramentel, peut être perçue comme une légalisation de ces relations », et regretté « que le texte ne fasse pas clairement la distinction entre une personne et sa situation : acceptant avec miséricorde cette personne et exprimant son désaccord avec son péché. » Tandis que l’évêque d’Astana, au Kazakhstan, a carrément interdit de telles bénédictions dans son diocèse et qu’en Angleterre, plus de 500 prêtres et diacres, réunis dans la Confraternité britannique du clergé catholique, ont déclaré que « de telles bénédictions sont théologiquement, pastoralement et pratiquement inadmissibles ». Last but not least, le cardinal Müller, ancien préfet de la congrégation pour la doctrine la foi avant d’être démis de ses fonctions par le pape François, a jugé, ni plus ni moins, que « les bénédictions pour les couples homosexuels sont blasphématoires ». Nombre d’évêques, comme celui de Copenhague ou celui d’Alicante, sans juger négativement le fond du document, ont alerté sur le risque d’interprétations erronées auxquelles il prête le flanc.

samedi 6 mai 2023

Liberté des médias — Après l'interdiction de RT, le CRTC songerait à interdire Fox News

Le CRTC a lancé une consultation publique sur l’opportunité de bannir Fox News des ondes canadiennes à la suite d’une plainte qui prétend que des commentaires incendiaires à l’égard des personnes LGBTQ2SAI+ ont été diffusés sur le réseau d’information américain. 
 
Le CRTC avait déjà interdit la diffusion de Russia Today et de RT France l’année passée. En 2013, les partisans de Sun News Network ont reproché au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de ne pas lui accorder le même accès qu’à ses concurrents CBC et CTV, ce qui a entraîné sa fermeture.

L’organisme de réglementation de la radiodiffusion a publié l’avis sur son site web mercredi, indiquant qu’il accepte les commentaires des parties intéressées et du public jusqu’au 2 juin.
 
La consultation publique, qui a débuté au début du mois, a été déclenchée par une lettre ouverte du lobby militant Egale Canada.
Une enfant pleure dans le bus qui l’emmène de l’école chrétienne Covenant, à la suite de la fusillade par une transgenre

« Les Canadiens méritent de savoir que les nouvelles diffusées sur les ondes canadiennes sont fiables et objectives, et les groupes marginalisés doivent être protégés contre la propagande malveillante », a écrit la directrice générale du groupe, Helen Kennedy.

Mme Kennedy a notamment accusé l’ancien animateur de grande écoute Tucker Carlson de provoquer « la haine et la violence » contre les personnes transgenres en faisant des « affirmations fausses et horribles » dans un segment qui comprenait également le nom et le logo d’Égale.

« Le mouvement transgenre s’en prend aux chrétiens, y compris avec violence », a déclaré M. Carlson dans une séquence diffusée en mars à la suite d’une fusillade dans une école chrétienne de Nashville par une activiste transgenre qui se disait homme.

« Egale a fait l’expérience directe de la haine générée par une seule séquence diffusée sur Fox News au Canada », a écrit M. Kennedy. « Cette émission est en violation flagrante des normes de radiodiffusion canadiennes [qui visiblement n’admettraient qu’un seul son de cloche] et n’a pas sa place sur les réseaux de radiodiffusion canadiens.

Dans sa lettre, M. Kennedy demande instamment au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) d’organiser des consultations publiques sur l’interdiction de Fox News sur les réseaux câblés canadiens en raison de son contenu “abusif”. Le CRTC réglemente la télévision, la radio et les autres télécommunications dans le pays.

“Nous demandons au CRTC d’entamer des consultations publiques sur le retrait de Fox News de la liste des programmes non canadiens autorisés à être distribués au Canada”, a déclaré M. Kennedy.

Depuis l’ouverture des consultations publiques le 3 mai, plus de 160 Canadiens ont soumis des commentaires, certains défendant Fox News et d’autres soutenant la demande de M. Kennedy d’interdire la chaîne.

“Pourquoi voudrions-nous qu’un radiodiffuseur propage des mensonges et porte atteinte à notre démocratie comme il l’a fait aux États-Unis ?

“Éliminer les sources d’information contenant des pensées alternatives à votre agenda personnel est antidémocratique et va à l’encontre de la liberté d’expression”, a déclaré un autre.

“En tant que personne qui s’identifie comme LGBTQ2SI, je crois fermement que les Canadiens sont capables de décider eux-mêmes des chaînes câblées qu’ils veulent ou ne veulent pas, et que les Canadiens sont capables de discerner l’opinion de la réalité sans que des options soient supprimées en leur nom”, a déclaré une personne du Nouveau-Brunswick.

 Les dirigeants de CBS ont interdit le mot “transgenre” dans les reportages sur la tireuse de Nashville
 
 
 
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jeudi 18 août 2022

« La jeunesse queer et fière de Trois-Rivières »

Les murs du local sont bardés d’affiches qui prônent l’ouverture, l’estime de soi et le partage. Au centre de la pièce, une quinzaine d’élèves de 12 à 16 ans sont rassemblés autour d’une grande table. Tous et toutes font partie de la communauté LGBTQ+. Et on ne les empêchera certainement pas d’exister…

« Je suis bisexuelle, sauf que mes parents ne l’acceptent pas. Je me fais intimider par ma propre famille ! Ici, au moins, je suis libre. »

« On me dit qu’à 12 ans, je suis trop jeune pour savoir quoi que ce soit sur ma sexualité, mais c’est faux ! Ça dépend de chaque personne et de l’ouverture de la société dans laquelle on évolue… »

« J’aimerais expliquer à ma mère comment je fais pour savoir que je suis non binaire, mais je n’y arrive pas. Je suis née fille, mais je ne me sens pas fille. Ni gars. Je me sens… non binaire ! »

Je ne passerai qu’une heure avec les élèves du comité LGBTQ+ de l’école secondaire des Pionniers, à Trois-Rivières. Le temps d’un dîner de cafétéria englouti entre deux cloches. Pourtant, je quitterai l’endroit avec une pléthore de témoignages qui ne feront qu’augmenter l’admiration que je voue à la jeunesse queer d’aujourd’hui… [une journaliste objective et non militante… qui s’appellerait « Rose-Aimée Automne T. Morin », sérieux !]

Quand j’avais leur âge, personne n’était ouvertement gai dans ma cohorte. Encore moins pansexuel ou aromantique… C’était le début des années 2000, c’était aussi une petite ville. Difficile alors de trouver la sécurité et l’espace nécessaires pour s’affirmer. Les temps ont changé, heureusement. Reste qu’il y a encore peu de comités LGBTQ+ dans les écoles secondaires du Québec. J’étais donc curieuse de découvrir ce qui se tramait, en ce début d’année scolaire, à Trois-Rivières…

« Je n’aurais jamais cru fonder un comité LGBTQ ! », me confie Line Desgagné, tandis qu’on attend l’arrivée du groupe. L’animatrice de vie spirituelle et engagement communautaire [l'ancienne pastorale « modernisée »] me raconte qu’il y a quatre ans, un élève de 4e secondaire lui a demandé un coup de main : « Il voulait créer un comité parce qu’il était homosexuel et que son coming-out était fait, mais qu’il connaissait des personnes en questionnement qui se sentaient isolées. Environ cinq élèves ont assisté aux premières rencontres… À la fin de l’année, il y en avait 15 ! Cette année, on a déjà une trentaine d’inscriptions et ça vient tout juste de commencer. Un record ! »

Line m’indique que la plupart des jeunes impliqués sont bisexuels, que quelques-uns sont gais, qu’il y a aussi des élèves non binaires, des personnes trans et d’autres en questionnement sur leur genre. Sans oublier les alliés hétérosexuels, là pour soutenir leurs amis.

Ce qui me frappe le plus chez les jeunes de la communauté LGBTQ, c’est à la fois leur ouverture et leur solitude. Plusieurs de ceux que tu vas rencontrer aujourd’hui ne parlent pas de leur situation avec leur famille. Ça ne passerait pas nécessairement…

C’est d’ailleurs pourquoi les élèves m’ont demandé de préserver leur anonymat dans la présente chronique. J’ai évidemment acquiescé en essayant de leur transmettre beaucoup d’amour avec mon regard.

Appui (subventionné ?)

Lorsqu’elle a créé le comité, Line Desgagné a pu compter sur l’appui du GRIS Mauricie — Centre-du-Québec. L’organisme a pour mission de favoriser l’émergence de groupes LGBTQ+ et d’accompagner les établissements scolaires dans le déploiement d’actions concrètes.

Sarah Lemay, intervenante aux services d’écoute et de soutien au GRIS, m’explique, en entrevue téléphonique, que les pronoms font partie des enjeux souvent nommés par les jeunes : « Je comprends les directions d’être un peu mélangées. Contrairement à nous, elles ne sont pas plongées chaque jour dans les préoccupations des personnes de la diversité ! Mais le GRIS peut les aider à être plus neutres. Par exemple, plutôt que de faire des équipes de gars ou de filles, pourquoi ne pas diviser un groupe entre élèves nés de janvier à juin et de juillet à décembre ? »

Dans le même esprit de neutralité, la question des toilettes non genrées est également une priorité pour bien des élèves, m’explique Sarah. D’ailleurs, il en est question, lors du dîner auquel j’assiste…

« Ça fait longtemps que je sais que je suis un gars. Mais comme j’ai un sexe féminin, il faut quand même que j’aille aux toilettes des filles…

— Moi aussi ! Pourtant, c’est assez simple de passer à une toilette non genrée ! Tu changes juste le logo… Pas besoin de mettre un bonhomme de garçon ou de fille ; c’est une salle de bains, tout le monde peut l’utiliser. »


Suite


Cet article a suscité l’indignation de deux commentateurs « droitards » dans la vidéo ci-dessous.

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dimanche 16 janvier 2022

La loi contre les « Thérapies de conversion »

Tiré de la Loi modifiant le Code criminel (thérapie de conversion) L.C. 2021, ch. 2 adoptée en décembre 2021, cette étrange définition de la « thérapie de conversion » qui nous semble bien trop large :


Ce texte est :

  • unilatéral (aucune prohibition à réprimer un comportement hétérosexuel par exemple) ;
  • un homosexuel ne peut pas demander à recevoir des services psychologiques ou l’assistance d’un tiers pour se débarrasser de cette attirance qu’il réprouverait ;
  • un pasteur peut aller en prison pour avoir simplement prié pour une personne LGBTQ (même lorsque cette personne l’a demandé), lorsque cela concerne sa sexualité et son identité de genre.

Cette dernière question a été soulevée à maintes reprises par les conservateurs-progressistes du PCC, mais les libéraux de Justin Trudeau ont refusé catégoriquement le moindre compromis au sujet de projet de loi prioritaire à leurs yeux en pleine pandémie. Le PCC mené par le très libéral, O’Toole, a capitulé et a adopté le projet de loi à l’unanimité sans aucun gain politique par ailleurs.

Voir aussi 

Le Sénat du Canada adopte en priorité le projet de loi C-4 interdisant les « thérapies de conversion »