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jeudi 25 juin 2026

25 juin 1912 — L'Ontario limite l'usage et l'enseignement du français à la première et à la deuxième année du primaire

Le gouvernement ontarien adopte le Règlement 17, qui impose la langue anglaise comme seule langue d’enseignement dans les écoles élémentaires de la province recevant du financement public. Cela fait en sorte que les élèves ne peuvent plus être instruits en français au-delà des deux premières années scolaires. Des francophones et des francophiles de partout au pays s’opposent à cette mesure. 

À la suite des recommandations de la commission Scott-Merchant-Côté, qui propose la création d’un système d’écoles primaires bilingues dans la province, l’Ontario décide de tourner la page sur le Règlement 17. Ce dernier cesse donc d’être appliqué en 1927 et est complètement abandonné en 1944. 

On avait ainsi retiré ainsi aux francophones leurs droits acquis  dans le domaine de l’éducation par l‘Acte de l'Amérique du Nord Britannique de 1867 qui garantissait que les minorités, partout au Canada, conserveraient leurs droits qu’ils possédaient avant leur entrée dans la Fédération. 

Black-and-white photograph of a student demonstration. Numerous students, all dressed in black, stand in the snow in front of a school.
Manifestation d’écoliers contre le Règlement 17, devant l’école Brébeuf, square Anglesea dans la basse-ville d’Ottawa, à la fin janvier ou au début février 1916.


mardi 19 mai 2026

Canada — Les enseignants sont-ils être obligés d'arborer le drapeau LGBTQ2SAI+ ?

Matt et Nicole Alexander, deux enseignants de Cobden, en Ontario, ont tous deux été licenciés par leur conseil scolaire public pour avoir discrètement refusé de soutenir le drapeau LGBTQ et l’idéologie qu’il représente.

Pire encore, leur syndicat n’a pas défendu leurs libertés de conscience, de religion et d’expression, pourtant protégées par la Charte canadienne des droits et libertés.

D’un seul coup, la vie des Alexander a basculé. Non seulement ils ont perdu leur emploi, mais ils ont été de fait mis sur liste noire, ce qui les empêche d’obtenir des postes d’enseignants dans d’autres écoles. « Nous avons été ruinés financièrement », a déclaré Matt. « Nous avons vendu notre maison familiale plutôt que de la perdre, et la pension pour laquelle nous avons cotisé pendant plus de 20 ans a été laminée. » Aujourd’hui, tel est le prix à payer pour faire valoir la liberté de conscience et de religion au Canada.

C’est pourquoi les avocats de l'association Justice Centre for Constitutional Freedoms sont intervenus. Ce jeudi 21 mai, ces avocats plaideront devant la Commission des relations de travail de l’Ontario pour que le syndicat de Matt et Nicole défende leur liberté de conscience et de religion garantie par la Charte.

Deux enseignants qui font la différence au sein de leur communauté


Matt et Nicole Alexander étaient des enseignants dévoués originaires de Cobden, en Ontario. Matt enseignait depuis plus de 20 ans ; ces dernières années, il enseignait aux élèves de 7e et 8e années (13-15 ans), avec un parcours irréprochable.

Nicole, enseignante en maternelle depuis trois ans, recevait régulièrement d'excellentes évaluations de performance soulignant son engagement en faveur de l'équité, de l'inclusion et de la lutte contre la discrimination en classe. Ni Matt ni Nicole n'avaient jamais été accusés de maltraitance envers des élèves ou de comportement discriminatoire.

Le 17 avril 2023, le directeur de l’école de Matt lui a annoncé qu’il était suspendu et faisait l’objet d’une enquête à la suite d’une plainte vague liée à son activité sur les réseaux sociaux. Mais Matt n’avait aucun compte sur les réseaux sociaux à l’époque ! Aucun autre détail ne lui a été fourni.

Deux semaines plus tard, Nicole a découvert qu’une affiche de la fierté LGBTQ2SAI+ avait été collée sur la porte de sa classe de maternelle, à son insu et sans son consentement. Constatant qu’aucune autre porte de classe n’affichait une telle affiche et qu’aucune consigne n’avait été donnée en ce sens, elle l’a discrètement retirée et rangée dans un placard avant de commencer sa journée d’enseignement.

Plus tard dans la matinée, elle a été convoquée à une réunion avec son directeur et le directeur des études, qui l’ont interrogée sur le retrait de l’affiche. Ils l’ont immédiatement suspendue dans l’attente d’une enquête.

Matt et Nicole Alexander

Curieusement, leurs suspensions ont eu lieu après que leur fils Josh a commencé à contester publiquement la politique de son école autorisant les hommes biologiques s’identifiant comme des femmes à utiliser les toilettes des filles. Josh, élève d’un conseil scolaire totalement différent, a commencé à participer et à organiser des manifestations pacifiques au sein de la communauté au sens large. La Fédération des enseignants du primaire de l’Ontario (ETFO) a publiquement dénoncé les opinions de Josh comme étant nuisibles et haineuses et a encouragé des contre-manifestations, auxquelles ont participé des délégués syndicaux locaux.

Le 26 octobre 2023, Matt et Nicole ont tous deux été licenciés par le conseil scolaire du comté de Renfrew pour avoir prétendument manqué de « célébrer et d’affirmer les questions LGBTQ ».

« Cela a jeté le discrédit sur nous », a déclaré Matt, « mettant ainsi fin à nos carrières dans l’enseignement public. Il est devenu nécessaire de se reconvertir professionnellement. »
 
Le syndicat des Alexander a refusé de les représenter

Après leur licenciement, le syndicat des Alexander, la Fédération des enseignants du primaire de l’Ontario, a d’abord déposé des griefs en leur nom, mais a ensuite refusé de porter l’affaire devant un arbitre. Le syndicat a également refusé de faire valoir que la liberté de conscience et de religion des Alexander avait été violée. De plus, le syndicat n’a pas cherché à obtenir des mesures d’adaptation en vertu de la législation sur les droits de la personne.

En réponse, les Alexander ont déposé des plaintes auprès de la Commission des relations de travail de l’Ontario, arguant que le syndicat n’avait pas assuré une représentation équitable. Ils ont également déposé une plainte pour violation des droits de la personne contre leur conseil scolaire, alléguant une discrimination fondée sur leurs croyances religieuses – un motif protégé par l’article 15 de la Charte.

À l’issue de l’audience du jeudi 21 mai, la Commission des relations de travail de l’Ontario déterminera si le syndicat des Alexander a manqué à son devoir en refusant de défendre leurs droits garantis par la Charte.
 
La liberté d’expression comprend à la fois le droit de s’exprimer et le droit de garder le silence. Elle inclut le droit de soutenir des idées, ainsi que le droit de refuser de les soutenir. De même, la liberté de religion protège non seulement le droit de pratiquer sa foi, mais aussi le droit de s’abstenir d’affirmer des croyances qui la contredisent.

« Il est difficile de décrire l’ampleur de ce qui est arrivé à notre famille », a déclaré Matt Alexander. « Après avoir consacré plus de deux décennies à mes élèves et à mon école, il semble qu’il n’y ait plus de place pour que les chrétiens puissent vivre leur foi au sein du système éducatif. »

Les districts scolaires publics sont des entités gouvernementales et sont tenus de respecter la Charte. Si le Canada veut être véritablement un pays libre, aucun citoyen ne devrait être contraint de soutenir, d’arborer ou de célébrer un drapeau ou une idéologie quelconque.

L’issue de cette affaire aura des répercussions au-delà de cette famille. Elle soulève la question plus large de la manière dont les institutions canadiennes traitent les personnes dont les convictions ne correspondent pas aux opinions dominantes. Une société libre soutient et protège la liberté des citoyens d’exprimer leur désaccord.

Voir aussi
 
 
 

dimanche 29 mars 2026

Le nombre d’écoles islamiques au Canada augmente rapidement

« Nous serions tous prêts à nous battre et à mourir pour le Canada », déclare Abraham Abougouche tandis que la neige s’abat sur la fenêtre de son bureau. Le « nous » dont parle M. Abougouche désigne le personnel et les élèves de l’Edmonton Islamic Academy (EIA), la plus grande école de ce type sur le continent américain. Il en est le directeur. Son bureau arbore les symboles d’une double identité : des gants de boxe ornés du drapeau palestinien sont accrochés en face d’une vitrine remplie de souvenirs de hockey sur glace. Cet équilibre est délicat. « L’assimilation », dit-il, peut être « dangereuse si elle se fait aveuglément… Vous allez perdre votre identité personnelle, votre lien avec vos ancêtres. »

L'entrée de la Edmonton Islamic Academy

De nombreux parents musulmans à travers le Canada partagent son inquiétude. Ils craignent que le système scolaire public du pays — qui sépare généralement la religion de l’éducation, tout en autorisant les écoles religieuses à fonctionner de manière privée — n’éloigne leurs enfants des valeurs islamiques ou ne les expose à l’islamophobie. La plupart des élèves musulmans fréquentent le système public, mais les données de l’Association des écoles islamiques du Canada montrent une augmentation des inscriptions dans les écoles islamiques privées. Il y a de longues listes d’attente pour les écoles existantes et de nouvelles s’ouvrent rapidement.

L’EIA est une source d’inspiration pour bon nombre de ces nouvelles écoles. Fondée en 1987, elle compte aujourd’hui 1 400 élèves. Son grand hall central a été conçu pour servir également de mosquée. Elle construit actuellement une extension de 80 millions de dollars canadiens (60 millions de dollars américains) pour accueillir sa liste d’attente, qui dépasse les 1 500 noms. Elle devra faire face à une certaine concurrence, car le Centre Omar Ibn Al Khattab, une mosquée située au sud de la ville, construit également une école islamique sur une terrain de plus de 16 hectares.

Les inquiétudes liées à une éventuelle islamophobie jouent un rôle dans cette expansion. Mohamed Abdallah, qui préside le conseil d’administration de la N.L. Islamic School, un réseau d’enseignement à domicile à St Johns, la capitale de la province de Terre-Neuve-et-Labrador, rapporte qu’un enseignant d’une école publique locale a dit à des enfants musulmans « de retourner dans leur pays ». Il prévoit d’ouvrir bientôt une école physique dans la région et espère que cela aidera à persuader les parents musulmans de rester dans la province.

Fuite du public

Les systèmes scolaires publics réagissent à ces critiques. Les conseils scolaires de l’Ontario, du Manitoba et de la Colombie-Britannique ont adopté des politiques contre l’islamophobie. Certains vont plus loin. Le Waterloo Region District School Board, en Ontario, aurait fait la promotion d’un « magasin de vêtements islamiques », vendant des articles arborant des slogans tels que « One Ummah, One Love » (l'Oummah signifie « nation » ou « communauté » en arabe).


Les écoles privées canadiennes doivent suivre le programme scolaire établi par leur province [Ce n'est pas rigoureusement exact, voir encadré ci-dessous]. Cela vise à maintenir le niveau en mathématiques, en sciences et en sciences sociales. M. Abougouche explique que les écoles islamiques doivent faire preuve d’« un peu de créativité » pour intégrer des cours sur l’islam. À l’école primaire Tarbiyah, près de Toronto, l’étude du cycle de l’eau en cours de sciences est ponctuée de discussions sur l’eau en tant que bénédiction d’Allah. Les cours de mathématiques dans la plupart des écoles islamiques mettent en avant l’influence des mathématiciens musulmans. À l’école Albushra d’Ottawa, les cours de sciences sociales promettent de « mettre en valeur la riche mosaïque de la civilisation islamique » à travers « la littérature, la poésie et la narration ». M. Abougouche explique que les cours de sciences sociales cherchent à comparer le sort des Autochtones canadiens à l’expérience des musulmans d’aujourd’hui.

De nombreuses écoles islamiques prolongent la journée scolaire afin que les élèves puissent apprendre à réciter le Coran. Souvent, ces séances ne sont pas facultatives. À l’École Ibn Batouta, également à Ottawa, les élèves doivent s’efforcer de mémoriser au moins un sourate (chapitre) du Coran par an, et sont encouragés à en apprendre davantage.

Ahmed (nom d’emprunt), un Ghanéen de 17 ans scolarisé à l’école ICE Islamia de Toronto, arbore fièrement une large djellaba marocaine. « J’aime être perçu comme musulman » dit-il. Fréquenter l’Islamia lui permet de conserver un cercle d’amis restreint ; il a constaté que les adolescents non musulmans sont souvent déconcertés par sa foi et le font se sentir exclu. Ses camarades de classe se lancent des défis pour lire l’intégralité du Coran pendant le ramadan. Les éducateurs publics et les sociologues craignent que le fait de céder à cette préférence pour des groupes d’amis exclusivement musulmans ne nuise à la cohésion sociale.

Tous les élèves ne sont pas comme Ahmed, note Ali Khan, son directeur. Il s’occupe d’enfants qui sont « obligés » d’être à l’école par leurs parents. « Nous essayons d’en tirer le meilleur parti », dit-il. Il en persuade certains des avantages de l’éducation islamique ; d’autres retournent vers le système public.

Les parents n’obtiennent pas tout ce qu’ils veulent. À Edmonton, M. Abougouche note qu’il s’est opposé à la demande de classes séparées par sexe. Certaines écoles laissent les parents décider si leurs filles portent le hijab. D’autres imposent cette tenue. Une école de Winnipeg exige que les filles portent le hijab dès l’âge de dix ans. L’éducation à la sexualité et au genre est un autre sujet de friction.

Certains programmes scolaires imposent désormais aux établissements d’enseigner aux élèves ce que sont les personnes homosexuelles et transgenres. De nombreuses écoles musulmanes ignorent cette directive.

La ségrégation n’est pas absolue. M. Abougouche affirme que les liens tissés avec des écoles non musulmanes permettent aux élèves de côtoyer des enfants différents d’eux. « Nous créons une bulle destinée à les protéger », explique-t-il. « Mais nous reconnaissons également que si on ne leur permet pas de sortir de cette bulle, c’est tout aussi dangereux. » Le déjeuner est composé de poutine, un plat canadien [québécois en réalité] classique. Les élèves se rendent en file indienne à la mosquée pour prier, les garçons séparés des filles. M. Abougouche souhaite qu’ils profitent de tout : la prière et la poutine.

Source : The Economist 


La liberté pédagogique des écoles privées au Canada : une mosaïque provinciale

Au Canada, l’éducation relève exclusivement des provinces, ce qui crée une grande diversité dans la régulation des écoles privées (subventionnées ou non). Contrairement à une idée répandue, toutes les écoles privées ne sont pas tenues de suivre strictement le programme provincial. La liberté pédagogique — c’est-à-dire la capacité de choisir les contenus, méthodes et approches (y compris confessionnelles) — varie énormément selon la province, le statut de financement et le type d’établissement. Les écoles juives, huttérites ou mennonites illustrent bien ces différences.

Québec : le moins de liberté pédagogique

Le Québec est la province où les écoles privées disposent de la plus faible marge de manœuvre. Toutes les écoles privées, qu’elles soient subventionnées ou entièrement financées par les parents, doivent détenir un permis et offrir le Programme de formation de l’école québécoise (PFEQ) dans son intégralité. Les enseignants sont généralement certifiés par la province, et les écoles participent souvent aux évaluations provinciales. Même les établissements religieux (juifs, catholiques ou autres) ne peuvent déroger au cadre laïque : les cours comme l’ancien Éthique et culture religieuse (aujourd’hui Culture et citoyenneté québécoise) devaient être enseignés de manière « neutre » partout y compris dans des écoles catholiques privées comme Loyola qui s'est opposée à cette contrainte et a gagné en Cour Suprême. Les éléments confessionnels ne sont autorisés qu’en supplément, jamais en remplacement. [Québec : la guerre contre l'école privée est une guerre injuste,  Loi 9 sur la laïcité (lutte à l'entrisme islamiste à l'école publique) : école privée protestante menacée de fermeture]

Résultat : très peu de liberté pédagogique, même pour les écoles non subventionnées.

Provinces de l’Ouest : flexibilité variable selon le financement

En Alberta, Saskatchewan et Manitoba, les écoles privées financées (ou accréditées) doivent généralement suivre le curriculum provincial et employer des enseignants certifiés.

En revanche, les écoles indépendantes non financées bénéficient d’une plus grande autonomie sur les contenus et méthodes. Les communautés huttérites et mennonites profitent souvent d’un statut hybride : leurs écoles sur colonie sont généralement gérées par les divisions scolaires publiques (donc financées), mais adaptées culturellement. Les enseignants provinciaux certifiés dispensent le curriculum de base, avec des exemptions limitées et des cours de religion ou d’allemand hors horaire scolaire.

Les écoles mennonites privées suivent un modèle similaire, avec plus ou moins de liberté selon qu’elles demandent ou non du financement.

En Colombie-Britannique, les écoles indépendantes sont classées en groupes : les plus financées doivent respecter le curriculum provincial, tandis que les écoles non financées ont une plus grande latitude.

Ontario : une des plus grandes libertés

L’Ontario offre l’un des cadres les plus souples. Les écoles privées élémentaires (et les secondaires non inspectées) ne sont pas obligées de suivre le curriculum provincial. Elles doivent simplement enseigner des matières générales et respecter les lois sur la fréquentation scolaire.

Seules les écoles secondaires inspectées qui délivrent des crédits officiels doivent s’aligner sur le programme.

Cela profite particulièrement aux écoles juives, chrétiennes ou autres confessionnelles non financées, qui peuvent intégrer librement leurs valeurs et approches pédagogiques.

Les provinces maritimes et le reste du pays

Dans les provinces de l’Est (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, etc.), les écoles privées reçoivent rarement du financement public et jouissent donc d’une grande autonomie pédagogique, à condition de respecter les exigences minimales de fréquentation et de sécurité.

En résumé

La liberté pédagogique des écoles privées au Canada n’est pas uniforme : elle est maximale dans les écoles non financées en Ontario et dans certaines provinces de l’Ouest, et minimale au Québec, où même les établissements indépendants doivent s’aligner strictement sur le PFEQ et le cadre laïque. Les communautés religieuses tirent parti de ces variations provinciales pour maintenir leur identité éducative.

dimanche 15 mars 2026

Remise de diplômes à Hamilton : célébrations devront être conçues selon un prisme anti-oppressif, antiraciste et anticolonial

Une note de service du conseil scolaire Hamilton-Wentworth (HWDSB), en Ontario, révèle jusqu’où peut aller la réécriture symbolique de l’identité canadienne. Daté du 11 décembre 2025 et signé par Lindsay Snell, surintendante de l’Équité et de la Réussite étudiante, ce document de quatre pages, adressé aux directions des écoles primaires et secondaires, énonce les « principes directeurs » qui devront encadrer les cérémonies de remise de diplômes pour l’année scolaire 2025-2026. Ce conseil scolaire rassemble environ 50 000 élèves dans 93 écoles (primaires et secondaires).

Dès la première page, le ton est donné : toutes les célébrations devront être conçues selon une perspective anti-oppressive, antiraciste et anticoloniale. Parmi les obligations concrètes figure celle-ci, formulée sans détour dans un tableau récapitulatif : « En tant que citoyens de l’Île de la Tortue, les écoles incluront la reconnaissance territoriale du HWDSB dans tous les événements de remise de diplômes. » Le document ajoute également que, lors de l’hymne canadien, « tous les élèves et invités présents peuvent choisir de ne pas se lever », au nom d’une « célébration équitable » pour chaque élève.


L’Île de la Tortue, ou la sacralisation d’un mythe amérindien instrumentalisé

« L’Île de la Tortue » n’est ni un terme neutre ni une appellation universelle. L’expression provient de récits de création présents dans certaines traditions autochtones du Nord-Est de l’Amérique du Nord, notamment chez plusieurs peuples iroquoiens, comme les Mohawks — appelés Agniers par les Français —, ainsi que chez d’autres peuples des régions voisines. Selon ces récits, la terre aurait émergé du dos d’une tortue à la suite d’un déluge primordial.

Aujourd’hui, cette expression tend à être élevée au rang de référence institutionnelle. La note de servicedu HWDSB ne se contente pas de la mentionner : il en fait la désignation identitaire des élèves, des familles et du personnel. On ne parle plus de « Canadiens » ou d’« Ontariens », mais de « citoyens de l’Île de la Tortue ». La reconnaissance territoriale cesse ainsi d’être une marque de courtoisie facultative pour devenir une obligation. Le passé autochtone n’est plus seulement enseigné : il est placé au centre même de la cérémonie qui marque l’aboutissement de douze années d’école publique.


Le terme île de la Tortue désigne l'Amérique du Nord dans les cercles militants 

Un héritage européen relégué au rôle de faute historique

Dans ce cadre, que devient l’autre récit fondateur ? Celui de la Nouvelle-France, des colons français, des alliances conclues avec les Premières Nations, de la langue, de la foi catholique et du droit civil qui ont largement contribué à la formation du Canada ? Le mémo n’y fait aucune référence. Plus encore : cet héritage est implicitement rangé dans la catégorie du « colonial » qu’il conviendrait de « déconstruire ».

L’« anticolonialisme » n’y apparaît pas comme une perspective parmi d’autres, mais comme le filtre principal à travers lequel doivent désormais être interprétés l’histoire, les symboles canadiens — l’hymne compris — et l’identité collective. D’un côté, on valorise un récit précolonial autochtone jusqu’à acquérir une dimension quasi sacrée ; de l’autre, l’héritage européen est présenté comme un poids oppressif dont il faudrait publiquement se dissocier.

Par omission, le message se fait culpabilisant : la Nouvelle-France n’est jamais nommée comme fondation légitime, et aucune reconnaissance comparable n’est accordée à l’apport français. Il en résulte l’idée implicite que seule la présence des premiers occupants conférerait une pleine légitimité morale, tandis que le reste de l’histoire serait relégué au rang d’erreur originelle à expier.

Une controverse qui dépasse Hamilton

Le document n’a pas tardé à susciter une vive réaction sur les réseaux sociaux. Pour de nombreux Canadiens, il ne s’agit pas d’inclusion, mais d’une forme de revanche symbolique : on rebaptise le pays, on redéfinit l’identité des jeunes et l’on transforme une fête de fin d’études en un rituel chargé de repentance.

Le choix même de l’expression « citoyens de l’Île de la Tortue » pour des élèves majoritairement non autochtones est perçu par certains comme un geste militant assumé. Il ne s’agirait plus simplement d’enseigner l’histoire autochtone — ce qui relèverait d’un travail légitime de transmission — mais de la substituer au récit canadien.

Le HWDSB n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Depuis la publication du rapport de la Commission de vérité et réconciliation en 2015, cette perspective « anti-oppressive » s’est progressivement diffusée dans diverses politiques scolaires provinciales. Mais ici, la logique semble franchir un seuil supplémentaire : il ne s’agit plus seulement de reconnaître le passé autochtone, mais d’inviter l’ensemble des citoyens à s’y identifier comme à une nouvelle référence collective.

L’« Île de la Tortue » cesse alors d’être une simple métaphore culturelle pour devenir un instrument politique. Et, en juin prochain, les diplômés de Hamilton ne célébreront pas seulement la fin de leurs études : ils participeront aussi, souvent sans en avoir pleinement conscience, à une nouvelle manière de nommer et de penser leur propre pays.

Voir aussi

L'utilité de la glorification des Premières Nations

Ontario — Des écoles détruisent 5000 livres jugés néfastes aux Autochtones, dont Tintin et Astérix (m à j)

Canada : quand le droit glisse vers une application différente selon le groupe ethnique

Racialisation de la justice : un Amérindien invoque ses origines pour écoper d'une peine moins lourde (2024, affaire Joseph George Sutherland)

Cette « réconciliation » avec les Premières Nations est un désastre pour le Canada

 Critique du documentaire Sugarcane, Les Ombres d'un pensionnat (2024)

Manitoba — « La honteuse disparition de l'évêque Grandin »

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Steven Guilbeault : la lutte contre les changements climatiques passe par le savoir et le leadership autochtone  

ECR — obsession pour les Amérindiens écologistes 

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne

 

dimanche 31 août 2025

Université de Waterloo : chaire en mathématiques, hommes interdits de postuler

 
« Le département de mathématiques appliquées de la faculté de mathématiques de l'université de Waterloo recherche un universitaire et chercheur exceptionnel pour pourvoir en interne un poste de titulaire de chaire de recherche du Canada de niveau 1. [Les chaires de niveau 1 sont attribuées pour une période de 7 ans, renouvelable une fois. Elles offrent un financement annuel de 200 000 $ CAD pour appuyer les activités de recherche, incluant les salaires, l'équipement et les équipes de recherche.]

La date de début prévue est le 1er septembre 2026. Afin de respecter les exigences légales relatives au soutien des groupes sous-représentés dans le programme des chaires de recherche du Canada, les candidats éligibles à cette recherche doivent s'identifier comme étant une femme ou un groupe en quête d'égalité des sexes, ce qui inclut les personnes qui s'identifient comme étant des femmes, des personnes transgenres, de genre fluide, non binaires et bispirituelles.

Le département de mathématiques appliquées recherche des candidats titulaires d'un doctorat ou d'un diplôme équivalent en mathématiques appliquées ou dans une discipline connexe, qui occupent un poste permanent au sein du département.

Les candidats dont les recherches correspondent aux orientations stratégiques de l'université et du département, telles qu'elles sont exprimées dans les cinq Global Futures, seront privilégiés. 

[Dont voici les crises auxqueles serait confronté le monde :    
  • La pandémie de COVID-19 a exacerbé les inégalités sociales et économiques et mis en évidence la fragilité de nos systèmes de santé et d'éducation.
  • L'effondrement de l'ordre international fondé sur des règles a amplifié les tensions géopolitiques et les conflits armés en cours dans de nombreuses régions du monde.
  • Les transitions démographiques entraîneront dans de nombreux pays, y compris le nôtre, un vieillissement important de la population, tandis que d'autres régions, comme l'Afrique, connaîtront une croissance démographique significative.
  • La technologie bouleverse profondément notre façon de travailler, de vivre et de communiquer.
  • Nous sommes confrontés aux séquelles persistantes du colonialisme, à la nécessité de nous réconcilier avec les peuples autochtones et à la nécessité de prendre des mesures pour lutter contre les injustices et les violences motivées par la haine.
  • Notre plus grande menace reste la catastrophe climatique, qui rend plus urgente que jamais la survie même de notre planète.]

L'Université de Waterloo reconnaît qu'une grande partie de son travail se déroule sur le territoire traditionnel des peuples Neutre, Anichinaabé et Iroquois. Notre campus principal est situé sur le Haldimand Tract, le territoire accordé aux Six Nations qui comprend six miles de chaque côté de la rivière Grand. Nos efforts actifs en faveur de la réconciliation se déroulent sur l'ensemble de nos campus à travers la recherche, l'apprentissage, l'enseignement et le développement communautaire, et sont centralisés au sein de notre bureau des initiatives autochtones (initiatives https://uwaterloo.ca/human-rights-equity-inclusion/indigenous).

L'université apprécie la diversité et l'intersectionnalité des identités de ses étudiants, de ses professeurs et de son personnel.

L'université considère l'équité et la diversité comme faisant partie intégrante de l'excellence académique et s'engage à garantir l'accessibilité à tous ses employés. L'Université de Waterloo recherche des candidats qui adhèrent à nos valeurs d'équité, de lutte contre le racisme et d'inclusion. À ce titre, nous encourageons les candidatures de personnes qui ont été historiquement défavorisées et marginalisées, notamment les candidats qui s'identifient comme autochtones (par exemple, Premières Nations, Métis, Inuits/Inuk), noirs, racialisés, personnes handicapées, femmes et/ou 2SLGBTQ+.

 »




vendredi 30 mai 2025

Québec ne veut pas d'enfants avec trois parents : la question des «trouples» portée en appel

Québec s’oppose à la reconnaissance d’une parentalité à trois têtes.

Le gouvernement de M. Legault, fidèle à une conception classique des fondements de la famille, a résolu de porter en appel une décision judiciaire l’enjoignant de reconnaître, en droit, la pluriparentalité. Le ministre de la Justice, Me Simon Jolin-Barrette (ci-contre), entend défendre ce qu’il qualifie de « modèle québécois », fondé sur le principe de la dualité parentale.

Il n’est pas dans les vues du gouvernement du Québec de reconnaître légalement les liens de filiation unissant un enfant à plus de deux adultes. Un trio amoureux, aussi sincère soit-il dans ses affections, ne saurait à ses yeux fonder une cellule parentale aux yeux de la loi. C’est cette position, qualifiée de principe fondamental, que le gouvernement s’apprête à faire valoir devant la Cour d’appel.

« Le modèle québécois qu’on a choisi, c’est deux parents », proclame Me Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice et Procureur général, dans un entretien accordé à notre Bureau parlementaire. Selon lui, cette norme repose sur la pierre angulaire du droit familial : l’intérêt supérieur de l’enfant.

Or, voilà qu’un jugement récent de la Cour supérieure, émis par le juge Andres C. Garin, est venu ébranler cette conception. Celui-ci a estimé que le Code civil du Québec, en restreignant la reconnaissance parentale à deux individus, portait atteinte aux droits fondamentaux consacrés par la Charte canadienne. Cette restriction constituerait une forme de discrimination à l’égard de ceux qui, selon ses termes, vivent dans un « modèle familial particulier ».

Pour appuyer sa réflexion, le magistrat a examiné trois affaires singulières : la première concernait un trio amoureux revendiquant le droit d’élever ensemble leur progéniture ; la seconde, un couple de femmes ayant sollicité l’aide d’un ami afin de concevoir un enfant ; la troisième, une femme, convalescente après un traitement de chimiothérapie, ayant fait appel à une mère porteuse et au concours fidèle d’une amie pour donner naissance à ses enfants.

Néanmoins, le gouvernement ne souhaite point s’engager sur la voie d’une reconnaissance juridique de telles configurations parentales, fussent-elles motivées par les circonstances de la vie ou la générosité des cœurs. Procréation assistée, gestation pour autrui : autant de cas particuliers qui ne sauraient, selon l’exécutif, justifier une remise en cause des fondements du droit civil québécois.

« On est en désaccord avec la décision du juge Garin », déclare sans détour Me Jolin-Barrette. Il affirme que la province portera cette cause devant le plus éminent tribunal de son ordre juridictionnel.

La filiation, un pacte à double sens


Le ministre rappelle que les parents conservent la liberté de désigner, dans la vie de leur enfant, les personnes qui leur sont chères. Toutefois, ajoute-t-il avec gravité, il revient à l’État de veiller à l’intérêt fondamental de l’enfant et à la cohérence de ses liens juridiques de filiation.

« Si on est dans la logique du jugement, il n’y a pas de limite, ça peut être quatre, cinq, six, sept, huit parents qui auraient des droits reconnus sur les enfants. Donc on se retrouve dans une situation où, en cas de conflit, en cas de séparation, ça pourrait être pas nécessairement dans l’intérêt de l’enfant, [...] qui ne choisit pas cette situation. »

Et ce lien de filiation, précise le ministre, n’est point unilatéral. Le droit québécois reconnaît que si les parents sont tenus de subvenir aux besoins matériels et moraux de leurs enfants, les enfants, à leur tour, doivent assistance à leurs géniteurs.

« L’enfant [devenu majeur] a des obligations alimentaires et financières envers ses parents », rappelle Me Jolin-Barrette. Dès lors, l’on peut concevoir qu’une multiplication des liens de filiation pourrait engendrer, dans les années futures, des situations complexes où un adulte serait appelé à soutenir un nombre croissant de personnes légalement reconnues comme ses parents.

Un choix de civilisation

Par sa décision de contester ce jugement, le Québec affirme une volonté d’autonomie doctrinale, distincte des orientations adoptées ailleurs au Canada. Provinces et territoires tels que l’Ontario, la Colombie-Britannique, la Saskatchewan ou le Yukon ont déjà reconnu la légalité de la pluriparentalité. Le Québec, pour sa part, entend s’en tenir à sa propre voie.

« C’est le choix comme société que nous faisons, clame Simon Jolin-Barrette. Au Québec, on a le droit de faire nos propres choix en fonction de notre propre modèle, [...] qui place l’enfant au cœur des décisions. »

Ainsi s’exprime le ministre, soucieux de préserver une conception structurée de la famille, qui, à ses yeux, demeure l’un des piliers de la stabilité sociale. 

samedi 26 avril 2025

Mark Carney et le Québec, un rapport trouble (euphémisme)

Texte du chroniqueur Jean-François Lisée. 


On sous-estime l’ampleur de l’intervention passée de Mark Carney (ci-dessus) au Québec. Lorsqu’il était gouverneur de la Banque du Canada, il s’est trouvé devant un cas sans précédent. Comme ailleurs dans le monde, des banques et institutions canadiennes avaient investi des milliards de dollars dans un outil beaucoup plus risqué qu’il n’y paraissait, appelé papier commercial adossé à des actifs (PCAA). On découvrait soudainement que ces actifs n’étaient pas solides et que ceux qui s’y étaient adossés allaient se retrouver le nez sur le sol.

Il fallait agir. Mark Carney était l’homme qu’il fallait. Toutes les grandes banques canadiennes pouvaient compter sur lui. Des prêts d’urgence s’élevant à 41 milliards de dollars furent débloqués par Carney, puis, par le truchement de la Société canadienne d’hypothèque et de logement, 70 milliards supplémentaires ont servi à racheter des banques les investissements pourris dans lesquels elles s’étaient empêtrées.

Carney était sur tous les fronts, lançait à tous des bouées de sauvetage, rappelait tout le monde. Sauf une personne, Henri-Paul Rousseau.

L’homme représentait pourtant le plus grand détenteur de ces investissements au Canada, pour une somme de 14 milliards de dollars : la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ). Après plusieurs tentatives ratées de parler à la haute direction de la Banque du Canada, Rousseau doit se rendre à l’évidence : contrairement aux grandes banques canadiennes, qui se tireront indemnes de la débâcle grâce à l’aide de la Banque du Canada, la Caisse de dépôt, elle, devra totalement assumer la perte de ses actifs. Elle est larguée par Carney.

Le récit fouillé de cet épisode est narré par Jean-Jacques Pelletier dans son récent Le bas de laine mangé par les mythes (Septentrion). Il explique que, pour ainsi faire sortir la CDPQ du giron des institutions à sauver, Carney a introduit in extremis une distinction que personne n’avait auparavant notée. Ceux qui détenaient des PCAA émis par des banques seraient protégés : c’était le cas des grandes banques. Ceux qui détenaient des PCAA émis par d’autres institutions que des banques seraient ignorés : c’était le cas de la Caisse de dépôt.

Ayant ce précédent en tête, comprend-on mieux les bizarres décisions asymétriques envers le Québec prises par Carney, désormais premier ministre ?

Il a pris la décision de consacrer 3,7 milliards d’argent public pour distribuer des chèques de 220 à 440 $ à chaque Canadien, mais pas aux Québécois et aux Britanno-Colombiens. Le prétexte ? Les chanceux ont payé, dans le passé, la taxe carbone pour laquelle ils ont déjà été surremboursés. Si vous estimez que cet argument est indigne d’un banquier, vous n’êtes pas le seul. C’est aussi l’opinion de toute l’Assemblée nationale. D’autant que, pour payer ces chèques à nos voisins, Carney a utilisé l’argent des contribuables québécois. Grâce à lui, on vient de transférer 800 millions aux autres Canadiens. Souvent interrogé par les journalistes à ce sujet, Carney fait semblant de ne pas comprendre la question. (Il ne la comprend pas en anglais non plus.)

Yves-François Blanchet aime répéter que, aux premiers jours de la crise des tarifs, Carney a dégagé 2 milliards de dollars pour venir en aide au secteur de l’automobile canadien. Mais 2 milliards, c’est la somme que l’industrie québécoise du bois d’œuvre est forcée de payer, au total depuis quatre ans, en droits compensateurs imposés par les États-Unis, droits qui viennent de bondir. Pour compenser ces coûts, Carney semble avoir égaré son chéquier.

Dans la gestion des tarifs et des contre-tarifs, Carney a su faire de la dentelle avec l’industrie ontarienne de l’automobile : les pièces provenant des États-Unis et qui sont utilisés dans la fabrication de voitures canadiennes sont exemptées de contre-tarifs pour protéger la compétitivité de l’industrie locale.

Mais où est passée la dentellière pour l’industrie québécoise de l’aluminium? Les contre-tarifs de Carney sur l’aluminium importé des États-Unis ont deux effets boomerang néfastes. D’abord, le prix de l’aluminium nord-américain est uniformisé, donc tout tarif ou contre-tarif en augmente le prix pour la totalité des acheteurs — la surenchère nuit ainsi à notre industrie. Ensuite, les allers-retours de produits transformés de l’aluminium des deux côtés de la frontière font en sorte que les tarifs Carney s’ajoutent aux tarifs Trump dans le coût de plusieurs produits fabriqués ici. Le premier ministre ne semble pas sensible à cette problématique principalement québécoise.

Voilà pour les sujets que l’ex-banquier doit maîtriser sur le bout de ses doigts. Mais qu’en est-il des questions identitaires et migratoires, où il sort de sa zone de confort ?

Sur l’immigration, il vient de déclarer vouloir faire croître la population canadienne de 1 % par an, même si notre capacité de loger ces nouveaux venus n’augmentera pas, c’est certain, au même rythme. Cette progression forcerait le Québec à accueillir 80 000 nouveaux permanents par an, ce qui excède notre capacité d’accueil. Sur les temporaires, il est d’accord pour en réduire le nombre. Le plus simple serait de déléguer au Québec la gestion du programme fédéral de travailleurs temporaires, ce que propose Pierre Poilievre. C’est manifestement trop demander aux libéraux de Carney.

Sur la laïcité, il est comme tout bon libéral opposé à la loi québécoise, ce qui est son droit. Mais plutôt que de respecter la volonté québécoise et de laisser les règles du jeu en l’état, il promet de tenter de convaincre la Cour suprême d’enlever au Québec le seul levier qui lui permette d’assumer sa différence, la disposition de dérogation, mieux nommée clause de souveraineté parlementaire.

Au sujet de la langue française, de même, il se montre plus enthousiaste que les autres chefs de partis fédéraux à l’idée de dépouiller la loi québécoise de l’usage de la disposition de dérogation et de laisser les juges fédéraux, nommés par Ottawa, en arracher goulûment des morceaux, souvent les plus efficaces.



En janvier, Ottawa avait remarquablement choisi un opposant à la Loi sur la laïcité de l’État québécois, Robert Leckey, pour siéger à la Cour supérieure (comme il l’avait fait pour un juge québécois à la Cour suprême, avec Mahmud Jamal). L’Assemblée nationale a voté une résolution demandant que, dorénavant, ces nominations se fassent à partir de candidats proposés par Québec. Un premier ministre canadien respectueux de la nation québécoise aurait peut-être au moins fait semblant d’examiner posément la proposition ; Mark Carney l’a rejetée dans l’heure.

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Sondage (n=1500) — Près des 2/3 des Canadiens contre le triplement de la population du Canada d'ici 2100 (le plan de l'Initiative du Siècle)

Le chef libéral Mark Carney a été accusé de s'approprier les idées des autres au cours de la campagne électorale fédérale (en anglais, Globe and Mail)

Les Britanniques avertissent que le nouveau premier ministre canadien a une « touche Midas inversée ». La réputation de Mark Carney en tant que gouverneur de la Banque d'Angleterre est plus entachée qu'il ne le laisse entendre (en anglais, National Post)

Tenir compte des avertissements sévères de la Grande-Bretagne à l'égard de Mark Carney. La presse britannique tant de gauche que de droit s'est montrée beaucoup plus critique à l'égard de notre nouveau premier ministre que la nôtre.  (en anglais, National Post)

Pourquoi les libéraux fédéraux de Carney veulent autant dépenser («Le banquier Carney semble adhérer aux principes de la comptabilité créative. Il n’est pas différent en cela de cette caste d’oligarques et de technocrates mondialistes qui ont conduit l’Occident dans le mur en trente ans.»)

mercredi 12 mars 2025

Agents de police de Toronto se félicitent du nombre de conversions à l'islam après le 7-octobre

Des agents de police de Toronto en uniforme dans un poste de police se félicitant des taux de conversion (les « reversions » en parler islamiste) à l'islam, conséquence directe du 7 octobre, les attaques du Hamas contre les civils et militaires israéliens près de Gaza. Selon un des policiers, les gens se convertiraient après avoir fait des recherches sur l'islam pour comprendre pourquoi l'islam est tellement détesté.

jeudi 5 décembre 2024

TEIMS/TIMSS 2023 - Résultats inquiétants pour les élèves de 4e année/CM1 en Belgique francophone et France, Québec dans la moyenne basse

L’étude Tendances de l’enquête internationale sur les mathématiques et les sciences (TEIMS) est une évaluation internationale qui mesure les connaissances et les compétences des élèves de 4e année en mathématiques et en sciences; le projet est parrainé par l’Association internationale pour l’évaluation du rendement scolaire (AIE). La TEIMS a lieu tous les quatre ans depuis 1995. Plus de 60 pays ont participé à la TEIMS 2023. L'Ontario et le Québec y ont aussi participé à titre séparé. L'enquête est connue en France sous son abréviation anglaise : TIMSS.

Les résultats de l'enquête 2023 sur le niveau des élèves de 4e année (CM1 en France) en mathématiques et en sciences ont été publiés.

Le niveau des élèves français est toujours très inquiétant. Les élèves québécois s'en sortent mieux, mais sont dans la moyenne basse de l'OCDE.


En France comme au Québec et en Ontario, l’écart entre garçons et filles s’accroit depuis les précédentes enquêtes, en sciences comme en maths :


Comme précédemment, la France présente des écarts particulièrement criants entre élèves de milieux favorisés et défavorisés. Même les élèves français les plus favorisés ont un niveau bien inférieur aux élèves similaires des autres pays de l’OCDE :


Les allophones (ceux qui ne parlent ni le français ni l'anglais comme langue maternelle en Ontario et au Québec) ont de meilleurs résultats que les locuteurs francophones et anglophones de langue maternelle. Ce n'est pas le cas en Belgique ou en Allemagne. Dans le tableau ci-dessous, on remarque que le Québec est la juridiction avec le moins d'élèves dont la langue toujours parlée à la maison est celle du test (49%) et ce sont ceux avec le pire résultat pour le Québec.
 

Les étudiants parlent la langue du test à la maison

 (mathématiques 4e année/CM1)


ToujoursPresque toujours Parfois Jamais
Pays%
d'étu-diants
Résultat Moyen%
d'étu-diants
Résultat Moyen%
d'étu-diants
Résultat Moyen%
d'étu-diants
Résultat Moyen
Allemagne 56
(1,0)
535
(2,3)
19
(0,6)
529
(4,5)
22
(0,8)
505
(3,8)
4
(0,3)
492
(7,7)
Belgique (Flandres) 56
(1,3)
534
(2,2)
15
(0,6)
524
(3,5)
25
(1,1)
497
(4,3)
4
(0,4)
508
(9,5)
Belgique (Franco) 55
(1,2)
497
(2,5)
19
(0,7)
495
(3,8)
23
(1,0)
470
(3,7)
3
(0,3)
467
(7,6)
France 64
(1,3)
488
(3,2)
15
(0,7)
498
(3,6)
19
(0,9)
464
(4,7)
2
~
~
~
Moyenne
internationale
62
(0,2)
505
(0,5)
16
(0,1)
512
(0,7)
18
(0,1)
496
(0,8)
4
(0,1)
461
(1,8)
Ontario 52
(1,5)
496
(3,8)
17
(1,0)
524
(5,4)
27
(1,2)
504
(5,2)
4
(0,7)
511
(21,2)
Québec 49
(1,9)
507
(3,4)
20
(0,9)
528
(3,7)
25
(1,6)
517
(4,0)
6
(0,6)
530
(6,4)

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Voir aussi

La France dernière du classement européen en maths selon une nouvelle enquête

mardi 5 novembre 2024

Émeutes violentes à Toronto dans un quartier « multiculturel »

Depuis dimanche, on assiste à de violentes émeutes à Brampton (650.165 habitants dont 523.850 font partie d'une « minorité » visible, soit plus de 80 %), près de Toronto.

Le tout a commencé par une manifestation de sikhs, plus précisément de partisans de l’indépendance du Khalistan, devant un temple hindou où se trouvaient des diplomates indiens. Puis, en représailles, il y eut une marche d’hindous, dont certains étaient armés, vers un lieu de culte sikh. Cette marche a toutefois été bloquée par la police. Résultats: des voitures vandalisées, des jets de pierres, des coups de bâtons, des blessés, dont un policier envoyé à l’hôpital, des arrestations, la suspension d’un policier qui a participé à une manifestation, un maire qui menace d’interdire les manifestations devant les lieux de culte et une aggravation de la crise diplomatique entre le Canada et l’Inde. Même le premier ministre indien s’en est mêlé, en dénonçant l’attaque contre un temple hindou.
Comme cette crise touche tout le Canada, pourquoi est-ce principalement à Brampton que de violentes émeutes éclatent? Peut-être est-ce parce que la population de cette ville vient à 58% du sous-continent indien, ou qu’elle est à 25% de confession sikhe et à 18% de confession hindoue? 
 
 
Mais, selon certains c'est aussi le résultat d'une absence de politique d’intégration tout aussi forte, plutôt que d’une politique du multiculturalisme qui encourage les immigrants à garder intactes leurs identités d’origine. Le maire de Brampton est un multiculturaliste radical, il a pris la tête du mouvement des villes canadiennes-anglaises qui ont financé illégalement la contestation de la Loi québécoise sur la laïcité de l’État québécois.

mercredi 23 octobre 2024

Toronto — La nouvelle faculté de médecine réservera 75 % de ses places aux autochtones, aux Noirs et aux 2SLGBTQ+

La toute nouvelle faculté de médecine du Canada sélectionnera les étudiants non pas en fonction de leurs compétences, mais de leur identité. Comme si le système de santé canadien n’était pas déjà assez mauvais.

La faculté, qui ouvrira ses portes à l’automne prochain à l’Université métropolitaine de Toronto (TMU), réservera 75 % de ses places aux autochtones, aux Noirs et à d’autres groupes « méritant l’équité », y compris les 2SLGBTQ+. Ces étudiants devront avoir une moyenne générale de seulement 3,3 sur une échelle de 4 points, voire moins. À titre de comparaison, la moyenne générale acceptée par l’école de médecine de l’Université de Toronto est de 3,95. Les étudiants blancs hétérosexuels valides ne peuvent pas postuler pour ces places. C’est la faculté de discrimination négative de la TMU pour les médecins qui ne seront pas admis en fonction de leurs mérites. Au Canada, la discrimination raciale et sexuelle est désormais totale. Comment en sommes-nous arrivés là ? La Cour suprême du Canada y est pour beaucoup.

 
L’année dernière, la Cour suprême des États-Unis a mis fin aux admissions fondées sur la race dans les universités américaines. L’université de Harvard, entre autres, préférait les étudiants noirs et bruns aux étudiants asiatiques et blancs au nom de la « diversité ». La Cour a déclaré que cette pratique violait la clause d’égale protection de la Constitution américaine. L’égalité de protection « ne peut signifier une chose lorsqu’elle est appliquée à un individu et quelque chose d’autre lorsqu’elle est appliquée à une personne d’une autre couleur ». Aux États-Unis, l’égalité de traitement devant la loi est une exigence constitutionnelle.

Mais pas au Canada. La Charte canadienne des droits et libertés stipule à son article 15 (1) que “la loi ne fait acception de personne et s’applique également à tous, et tous ont droit à la même protection et au même bénéfice de la loi, indépendamment de toute discrimination […]”. Cependant, la Cour suprême du Canada a longtemps insisté sur le fait que cette clause ne signifiait pas l’égalité de traitement, mais l’équité.

L’équité, également connue sous le nom d’“égalité réelle” ou d’“égalité de résultat”, consiste à traiter différemment des groupes différents. Il s’agit d’appliquer des normes et d’accorder des droits pour compenser les avantages, les désavantages, les forces et les faiblesses perçus. L’équité est un droit accordé non pas aux individus en tant que tels, mais aux membres des groupes.

L’égalité de traitement et l’équité sont des notions antinomiques. La loi ne peut pas appliquer les mêmes lois et normes à tout le monde et les adapter en fonction du groupe. Comme l’a déclaré Friedrich Hayek, “du fait que les gens sont très différents, il s’ensuit que, si nous les traitons de manière égale, il doit en résulter une inégalité dans leur situation réelle, et que la seule manière de les placer dans une situation d’égalité serait de les traiter différemment”. L’égalité devant la loi et l’égalité matérielle ne sont donc pas seulement différentes, mais elles entrent en conflit l’une avec l’autre ; nous pouvons réaliser l’une ou l’autre, mais pas les deux en même temps.

Que s’est-il passé ? Ce n’est qu’en 1989 que la Cour suprême du Canada a rendu sa première décision sur la base de la disposition relative à l’égalité, l’article 15 (1). Dans l’intervalle, le gouvernement fédéral a créé une Commission royale sur l’égalité en matière d’emploi, également connue sous le nom de Commission Abella, du nom de sa commissaire Rosalie Abella. Abella, aujourd’hui à la retraite, deviendra plus tard la juge la plus activiste (à gauche) de la Cour. Le rapport de la commission, publié en 1984, préconisait des politiques d’équité en matière d’emploi au sein du gouvernement fédéral et des entreprises sous réglementation fédérale. Il déboucha sur l’adoption de la loi fédérale sur l’équité en matière d’emploi en 1986, qui imposait des programmes de discrimination négative accordant la préférence aux candidats de certains groupes par rapport à d’autres.

La loi ne fixait pas l’interprétation de la Charte par la Cour suprême, mais elle venait d’être mise en place lorsque la Cour suprême a entendu l’affaire David Mark Andrews, citoyen britannique et résident permanent du Canada, avocat agréé, qui contestait l’obligation faite par la Colombie-Britannique aux avocats d’être des citoyens canadiens. Dans sa décision de 1989, la Cour a annulé cette exigence. Le juge William McIntyre a écrit : “… une loi qui traite tout le monde de manière identique et qui assure l’égalité de traitement entre ‘A’ et ‘B’ pourrait bien entraîner une inégalité pour ‘C’, en fonction des différences de caractéristiques et de situations personnelles. Pour s’approcher de l’idéal d’une pleine égalité devant et en vertu de la loi, la principale considération doit être l’impact de la loi sur l’individu ou le groupe concerné…”

Depuis, la Cour n’a cessé d’insister sur l’équité. Contrairement à la Constitution américaine, la Charte contient une exception à sa garantie d’égalité. L’article 15 (2) autorise les programmes de discrimination négative à l’encontre des membres de certains groupes afin de favoriser le sort d’autres groupes. Il devait s’agir d’une exception, mais la Cour suprême en a fait la règle générale.

Au Canada, la Charte ne s’applique peut-être même pas aux politiques d’admission des universités (car les universités ne relèvent pas de l’État), mais les codes des droits de l’homme, eux, s’appliquent. Tout comme l’article 15 (1) de la Charte, les codes des droits de l’homme promettent un droit à l’égalité de traitement. Mais conformément à la jurisprudence de la Cour suprême en matière d’égalité, les droits de l’homme en sont venus à signifier également l’équité. En 2022, le Tribunal des droits de l’homme de l’Ontario a déclaré que les Blancs ne pouvaient pas se plaindre de discrimination. “Une allégation de discrimination raciale ou de discrimination fondée sur la couleur, écrit-il, n’est pas une allégation qui peut être ou a été revendiquée avec succès par des personnes blanches et non racialisées”.

Grâce à la Cour suprême, les droits à l’égalité sont devenus des armes brandies par des groupes privilégiés pour obtenir un assouplissement des critères et des retombées plus avantageuses pour ces mêmes groupes. Au Canada, certaines personnes sont plus égales que d’autres. Souvenez-vous-en la prochaine fois que vous attendrez de voir votre médecin fraichement diplômé.

Source : National Post

Voir aussi

Islamisme d’État au Canada ?

Québec — 70 % des médecins seraient bientôt des femmes, “une bonne nouvelle”

La réglementation anti-blanche expliquerait pourquoi Starlink ne dessert pas l’Afrique du Sud alors que ses voisins sont connectés

Baisse de niveau à Sciences Po, l’école recrute sur d’autres critères que ceux de l’excellence scolaire, dont l’engagement associatif

Canada — Justice plus laxiste pour les personnes noires recommandée

Logements réservés aux minorités ethniques : “C’est pas discriminatoire. C’est fait pour des clientèles ciblées”

 
 
 
 
 
Programme de subventions fédérales en agriculture de 10 % de plus pour les femmes, les racisés, les LGBTQ2SAI+, les autochtones, etc.

Racialisation de la justice : un Amérindien invoque ses origines pour écoper d’une peine moins lourde

 
 
 
 
 

mardi 24 septembre 2024

Les étudiants internationaux submergent les banques alimentaires et les soupes populaires de la région de Waterloo

Certaines banques alimentaires et soupes populaires de la région de Waterloo sont débordées en raison de l'afflux massif d'étudiants étrangers dans la région.

Les autorités municipales ont reçu le profil démographique de 2024, qui fait état d'une augmentation massive de l'immigration. Certaines régions, comme Cambridge, ont vu leur nombre de résidents permanents augmenter de 138 %.

Selon le conseiller Doug Craig, la situation est d'autant plus grave que le seul Conestoga College a admis plus de 30 000 étudiants étrangers l'année dernière.

Ce nombre sans précédent d'étudiants étrangers, originaires pour la plupart d'Inde, a mis à rude épreuve certaines banques alimentaires et d'autres services communautaires, les étudiants cherchant à obtenir un repas gratuit.

M. Craig a déclaré que la région « ne s'en sortait pas bien ».

« Certains services communautaires sont débordés par ce facteur », a déclaré M. Craig à propos des étudiants étrangers.

« Je pense que nous devons régler ce problème d'une manière ou d'une autre, par l'intermédiaire du Conestoga College ou d'un autre organisme, et commencer à en parler et à le résoudre.

En début de semaine, la directrice générale de Feed Ontario, Carolyn Stewart, a révélé que le nombre de personnes ayant recours aux banques alimentaires dans la province avait atteint un « niveau record ».

« Cela signifie qu'un million de personnes en Ontario n'ont pas assez à manger, qu'un million de personnes doivent faire des choix impossibles entre le paiement du loyer et l'épicerie pour leur famille. Et un million de personnes incapables de garder la tête hors de l'eau et qui ont besoin d'aide », a déclaré M. Stewart.

Dans la région de Waterloo, un ménage sur dix a eu recours aux services communautaires pour se nourrir.

L'année dernière, ce chiffre était de 1 ménage sur 14 et en 2022, de 1 sur 20.



À la fin de l'année 2023, plus de 1 000 000 d'étudiants étrangers seront présents au Canada, selon le Bureau canadien de l'éducation internationale.

Au début de l'année, le gouvernement libéral s'est engagé à réduire le nombre de permis accordés aux étudiants étrangers. Le ministre de l'immigration, Marc Miller, a déclaré que ces étudiants ne devaient pas s'attendre à ce que leur visa soit un « moyen bon marché » d'obtenir un permis de séjour permanent.
 
La population totale de la région de Waterloo est estimée à 673 910 personnes à la fin de l'année 2023, y compris les étudiants des universités et des collèges qui résideraient normalement dans la région pendant qu'ils étudient dans nos établissements locaux. Cela représente une augmentation de 28 490 personnes, soit un taux de croissance de 4,4 % par rapport à la fin de l'année 2022

Estimation des étudiants de l'enseignement post-secondaire

La population étudiante temporaire contribue de manière substantielle à la population totale de la région de Waterloo. Les estimations de la population étudiante post-secondaire et du logement sont basées sur des données récentes obtenues auprès de l'Université de Waterloo, de l'Université Wilfrid Laurier et du Conestoga College.

En novembre 2023, 90 800 étudiants de niveau postsecondaire étaient inscrits à des programmes à temps plein au Conestoga College, à l'Université de Waterloo et à l'Université Wilfrid Laurier, sur les campus situés dans la région de Waterloo.

Avant 2016, la croissance du nombre d'étudiants étrangers était minime. Entre 2016 et 2022, les inscriptions internationales représentaient environ 20 % du total des inscriptions dans les établissements locaux. Cependant, en 2023, la croissance du nombre d'étudiants internationaux a augmenté de manière significative, représentant désormais 37 % du nombre total d'inscriptions.

L'augmentation du nombre d'étudiants étrangers a un effet sur la population de la région de Waterloo, car la plupart d'entre eux ont besoin d'un logement dans la région, contrairement aux étudiants nationaux, dont beaucoup font la navette depuis d'autres juridictions ou vivent déjà dans la région. La croissance globale des inscriptions en 2023 a été nettement supérieure à celle des années précédentes. Entre 2016 et 2022, le nombre total d'inscriptions a augmenté de 3,4 % par an, en moyenne. En 2023, les effectifs ont augmenté de 16,5 %. Cette croissance a été entièrement alimentée par l'augmentation du nombre d'étudiants étrangers.

Parmi les étudiants à temps plein qui étudient sur les campus locaux, on estime qu'au cours d'une année normale, plus de 73 400 résident dans la région de Waterloo et que les 17 300 étudiants restants vivent en dehors de la région.
 
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