mardi 28 avril 2026

Xénophobie — Scènes chaotiques et tendues devant les grilles d’une école primaire sud-africaine

La vidéo ci-dessous montre des scènes chaotiques et tendues devant les grilles d’une école primaire sud-africaine. On y voit des membres de groupes anti-immigration, dont Operation Dudula, bloquer l’accès aux enfants et parents étrangers (principalement d’autres pays africains), dans une ambiance de confrontation et de cris. 

L’incident s’est déroulé à Durban (KwaZulu-Natal), précisément devant l’Addington Primary School, dans le quartier de Point / South Beach. Les faits remontent principalement au 21 janvier 2026 (avec des protestations ayant commencé dès la rentrée scolaire autour du 14 janvier). 

Des parents sud-africains, soutenus par Operation Dudula, le mouvement March and March et des sympathisants du parti uMkhonto weSizwe (MK Party) fondé par l'ancien président Zuma, accusaient l’école de prioriser les enfants de ressortissants étrangers au détriment des élèves locaux.La police sud-africaine était présente en nombre important. 

Elle est intervenue pour disperser la foule à l’aide de canons à eau et de grenades assourdissantes, afin de protéger les élèves et de maintenir l’ordre. Des enquêtes pour incitation à la violence publique ont été ouvertes contre certains organisateurs des manifestations.

Dans cette autre vidéo, un homme noir crie « Retournez dans votre fichu pays, bande d'inutiles. Vous n'êtes pas capables de vous battre contre votre propre gouvernement, alors vous venez en Afrique du Sud. Bande de salauds. » Avant cela, une femme noire en vert crie « Voertsek parapara» (Foutez le camp parasites, voertsek = ouste, dégage !, c'est le terme afrikaans pour chasser un animal importun, alors que parapara signifie parasite en tsotsitaal.)

Qu’est-ce qu’Operation Dudula ?

Operation Dudula est un mouvement citoyen vigilante sud-africain, né vers 2021-2022, qui milite pour « mettre les Sud-Africains d’abord ». Il cible particulièrement l’immigration illégale, la concurrence sur les emplois, les logements et les services publics (écoles et hôpitaux). 

Le groupe organise régulièrement des patrouilles et des protestations contre les migrants, souvent accusé de xénophobie, surtout envers les autres Africains noirs.Le nom « Dudula » vient de l’isiZulu (langue zouloue, majoritaire au KwaZulu-Natal). Il signifie « forcer dehors », « repousser », « expulser » ou « renverser ». Il reflète directement l’objectif affiché du mouvement : expulser les immigrants non documentés pour réserver les ressources aux citoyens sud-africains.

Cet événement s’inscrit dans un contexte plus large de fortes tensions socio-économiques en Afrique du Sud : chômage élevé, pression sur les infrastructures publiques et débats récurrents sur l’immigration. La Constitution sud-africaine garantit cependant le droit à l’éducation pour tous les enfants présents sur le territoire, indépendamment du statut migratoire de leurs parents.

France — Baisse des résultats en sciences au collège : une chute concentrée sur les meilleurs élèves

Selon l’évaluation nationale Cedre Sciences 2024 publiée par la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale), les résultats des élèves de troisième (dernière année du collège, correspondant à des élèves âgés d’environ 14 à 15 ans) poursuivent leur dégradation. Le résultat moyen passe de 250 points en 2013 à 238 en 2018, puis à 232 en 2024.

Mais derrière cette baisse globale se dessine une réalité plus préoccupante : le recul se concentre fortement sur les « bons élèves ».

Le rapport officiel met en évidence un net glissement des élèves des groupes de haute performance vers des groupes plus faibles. Voici les principaux chiffres :

Évolution des résultats en sciences (Cedre, élèves de 3e — 14-15 ans)
Année Résultat moyen Élèves les plus faibles (groupes <1 + 1) Élèves les plus performants (groupes 4 + 5) Dont groupe 5 (les meilleurs)
2013 250 15 %  26,1 % 9,2 %
2018 238 22 % (+7 pts) 19,9 % 5,3 %
2024 232 25 % (+10 pts depuis 2013) 16,8 % 4,4 %

La part des meilleurs élèves (groupe 5) a été divisée par près de deux en onze ans. Le groupe 4 (deuxième niveau de performance) a, lui aussi, reculé de 3 points entre 2018 et 2024, passant de 15 % à 12,4 %. À l’inverse, la proportion d’élèves en difficulté progresse nettement, passant de 15 % à 25 % sur la période.

La DEPP constate ce phénomène sans en proposer d’explication : elle évoque simplement un « glissement du pourcentage d’élèves des groupes de performance élevée vers des groupes de performance plus faible ». Le décrochage est plus marqué chez les garçons que chez les filles, dans le public que dans le privé, dans les collèges socialement défavorisés que dans ceux dits « privilégiés ».

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Cette évolution, observée au fil des évaluations successives depuis 2007, soulève des interrogations quant à l’organisation de l’enseignement des sciences (SVT, physique-chimie, technologie) en fin de collège : réduction des horaires, hétérogénéité accrue des classes après la suppression des groupes de niveau, ou encore évolution des pratiques pédagogiques sont régulièrement avancées par les enseignants, sans que le rapport officiel ne tranche.

Un signal fort, donc, pour un enseignement des sciences qui semble perdre en exigence et en efficacité auprès des élèves les plus performants. La France, qui plaçait autrefois la barre haut en sciences au collège, voit aujourd’hui le sommet de sa hiérarchie scolaire s’éroder.

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