Affichage des articles dont le libellé est police. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est police. Afficher tous les articles

lundi 27 juillet 2026

Canada : des publications sur les réseaux sociaux désormais surveillées par les autorités

Selon le Justice Centre for Constitutional Freedoms (JCCF), organisme canadien de défense des libertés constitutionnelles, la liberté d'expression en ligne au Canada fait l'objet d'une surveillance de plus en plus préoccupante.

Le JCCF estime que cette évolution ne résulte pas du seul projet de loi C-9, mais d'un ensemble de textes législatifs qui, selon lui, renforcent progressivement les pouvoirs de surveillance de l'État dans l'univers numérique, notamment en matière de contrôle des plateformes, d'accès aux données et de régulation des contenus en ligne.

« Nous recevons des témoignages selon lesquels des Canadiens sont contactés à leur domicile par des représentants des autorités au sujet de publications sur les réseaux sociaux remontant parfois à plusieurs mois, voire plusieurs années », a écrit le JCCF dans un message devenu viral sur 𝕩. « Ces signalements surviennent après l'adoption du projet de loi C-9, la Loi sur la lutte contre la haine, qui renforce les dispositions canadiennes relatives aux discours haineux en créant de nouvelles infractions, en alourdissant les peines et en supprimant certaines garanties juridiques qui limitaient auparavant les poursuites pour expression haineuse. »

« Il n'est malheureusement pas surprenant de voir se multiplier les signalements de personnes faisant l'objet d'enquêtes en raison de leurs propos, compte tenu des signaux extrêmement préoccupants envoyés récemment par le législateur fédéral, notamment avec l'adoption du projet de loi C-9 », a déclaré à LifeSiteNews Marty Moore, avocat spécialisé en droit constitutionnel et directeur du contentieux du JCCF. « Le Canada s'est déjà engagé très loin sur la pente glissante de la police de la parole. Si aucune correction n'est apportée, nous risquons de nous retrouver, dans un avenir proche, avec un régime de censure comparable à celui du Royaume-Uni. »

Marty Moore n'a pas souhaité révéler les détails des signalements reçus par le JCCF, mais il estime que les récentes initiatives du gouvernement canadien sont particulièrement préoccupantes.

« Le projet de loi C-9 aura un effet direct sur les décisions des enquêteurs et des procureurs concernant des propos religieux qui auraient auparavant pu être considérés comme une expression de bonne foi fondée sur un texte sacré », a-t-il expliqué. Entré en vigueur après avoir reçu la sanction royale le 18 juin, le projet de loi C-9 supprime en effet la défense dite de « bonne foi », qui protégeait les personnes exprimant ou cherchant à étayer, par un raisonnement, une opinion sur une question religieuse ou une opinion fondée sur un texte religieux. Rappelons que le Bloc Québécois a fortement appuyé ce projet de loi, pensant peut-être qu'il ne viserait que les islamistes radicaux.

Selon Marty Moore, l'effet le plus préoccupant pourrait toutefois être plus diffus. « Le projet de loi C-9, mais aussi d'autres textes ayant une incidence sur la liberté d'expression, notamment les projets de loi C-8 et C-34, risquent d'envoyer aux forces de l'ordre le message que la surveillance des opinions exprimées constitue désormais une priorité gouvernementale, justifiant davantage de moyens consacrés aux enquêtes et aux poursuites. »

Le JCCF souligne par ailleurs que le projet de loi C-34, présenté comme la « Loi sur les médias sociaux sûrs », conférerait d'importants pouvoirs de contrôle de l'expression en ligne à une Commission de la sécurité numérique dont les membres seraient nommés par le gouvernement.

Ceux qui seraient tentés de juger ces inquiétudes excessives peuvent notamment relever que le gouvernement libéral qualifie officiellement le morinommage — c'est-à-dire le fait de désigner une personne transgenre par son ancien prénom — de « violence facilitée par la technologie ». Selon sa définition, il s'agit d'une forme de violence émotionnelle liée au genre, à l'identité de genre, à l'expression de genre ou au genre perçu dans l'environnement numérique. Le gouvernement affirme également que le morinommage — « utiliser l'ancien nom d'une personne sans son consentement alors que son nouveau nom est connu » — constitue « une forme d'agression dégradante et irrespectueuse » parce qu'il « nie activement son identité ».

Plus tôt cette année, Barry Neufeld, ancien administrateur d'un conseil scolaire public de Colombie-Britannique, a été condamné par le Tribunal des droits de la personne de la province à verser 750 000 $ pour vingt-quatre publications — dont la plupart sur les réseaux sociaux — critiquant l'idéologie du genre et jugées constitutives d'un discours haineux. À la suite de cette décision, un autre administrateur d'école chrétienne, Laurie Throness, a annoncé sa démission, expliquant qu'il ne se sentait plus libre d'exprimer ses opinions sans risquer d'être visé par de lourdes sanctions financières.

Le JCCF encourage les Canadiens qui seraient contactés par les autorités au sujet de leurs publications sur les réseaux sociaux à prendre des précautions. « Si des représentants du gouvernement vous interrogent à propos de vos publications en ligne, envisagez d'enregistrer la conversation », conseille l'organisme. « Si vous estimez que vos droits ont été violés ou que vous avez été injustement pris pour cible, nous vous invitons à déposer une demande d'assistance par l'intermédiaire du portail en ligne du Centre de justice. »

jeudi 16 juillet 2026

Conducteur (avec trois affaires criminelles en cours à son dossier) filme policier, répète « raciste » et attend la phrase qui pourra être montée en épingle


Le 16 juillet 2026, un incident survenu à Mercier, en Montérégie (Québec), a rapidement enflammé les réseaux sociaux. Un policier de la Ville de Mercier a contrôlé Abel Junior Sylla, un jeune homme de 21 ans d’origine guinéenne, pour des amortisseurs défectueux (« qui rebondaient » selon M. Sylla [sic]). 

Le conducteur filmait l’interaction depuis le départ avec son téléphone. Il en a publié des extraits. Dès l’annonce du motif du contrôle, Sylla évoque une « discrimination raciale… chaque fois ». Le policier, calmement et tout en sachant qu’il est filmé, répond : « Monsieur, si vous n’êtes pas content d’être au Canada, vous avez la libre volonté de pouvoir quitter. » Sylla réplique qu’il n’a pas le droit de dire cela, puis l’insulte directement : « Raciste de merde ». Lorsque l’agent s’éloigne vers son véhicule, le conducteur lance encore : « Espèce de raciste de merde ». Selon les descriptions de la vidéo, il utilise des termes comme « raciste » à au moins deux reprises de manière explicite et injurieuse après l’échange.

Un passé judiciaire chargé

Cet incident prend une autre dimension à la lumière du lourd passé d’Abel Junior Sylla. Le jeune homme est en attente de trois procès criminels distincts :

  • Incendie criminel et décharge d’une arme à feu sur le territoire de Laval.
  • Conduite dangereuse à Montréal.
  • Port d’arme dans un dessein dangereux et menaces à Longueuil.

Il accumule par ailleurs de nombreuses contraventions impayées. Ces éléments, rapportés par plusieurs médias locaux, contrastent avec la présentation initiale de la vidéo qui met l’accent sur une allégation de racisme.

Les conséquences immédiates de la vidéo

La diffusion de la séquence (initialement sur TikTok sous le compte @meekmill2244 de Sylla, puis relayée massivement, notamment par Rebel News) a provoqué une réaction rapide des autorités municipales. 

Le policier a été retiré de ses fonctions de patrouille et assigné à des tâches administratives pendant qu’une enquête interne est menée. Le directeur général de la Ville de Mercier a confirmé ces mesures.

Sur les réseaux sociaux, la vidéo a généré des dizaines de milliers de vues et des débats très polarisés. De nombreux internautes soutiennent le policier et dénoncent une instrumentalisation de la carte raciale par un récidiviste, tandis que d’autres y voient une preuve de discrimination. L’affaire a également été reprise par des organismes comme le CRARR (Center for Research-Action on Race Relations).

Cet événement illustre une fois de plus les tensions autour des contrôles policiers, de l’immigration et de la judiciarisation des interactions filmées. La vidéo, bien que partielle (elle ne montre ni le début ni la fin de l’intervention), continue de circuler et d’alimenter les discussions sur la liberté d’expression des agents et le comportement des usagers de la route. L’enquête déterminera si des suites disciplinaires ou autres seront données.

Parallèles avec la vidéo de Mohamed Bekkali

Cet incident n’est pas sans rappeler la vidéo de Mohamed Bekkali, Montréalais d’origine marocaine, filmée en juin 2025 et devenue virale en mars 2026. Lors d’un contrôle pour vitres teintées, Bekkali avait déversé un flot d’insultes misogynes et dégradantes sur une policière du SPVM (« sale pute », « sale chienne », « tu es mon esclave ») tout en l’accusant de profilage racial, alors qu'elle restait calme et stoïque face à la provocation. 

Les parallèles sont nombreux : dans les deux cas, les conducteurs filment eux-mêmes l’interaction, revendiquent immédiatement un traitement raciste, diffusent la vidéo pour dénoncer la police, et cumulent antécédents ou interpellations répétées. 

Les agents (un homme posé à Mercier, une femme impassible à Montréal) maintiennent un calme exemplaire.

Ces affaires soulignent une même dynamique : asymétrie de conséquences (enquête rapide contre le policier de Mercier, simple amende pour Bekkali pour des vitres trop foncées faute de règlement anti-insultes à Montréal à l’époque), instrumentalisation des allégations de racisme et provocation filmée (pour faire des vues?) et injures envers les forces de l’ordre.

mardi 2 juin 2026

Un étudiant poignardé à mort : l’affaire d’Henry Nowak bouleverse le Royaume-Uni (m à j)

L'assassin de Nowak,Vickrum Digwa, a été condamné à la prison à vie lundi et a été informé qu'il purgerait une peine minimale de 21 ans.

Caméra corporelle du policier qui menotte un Henry Nowak qui se vide de son sang. L'agent ne croit pas qu'il ait été poignardé :

Les images de la caméra corporelle montrent que l'étudiant Henry Nowak a répété à plusieurs reprises aux policiers « Je ne peux plus respirer » alors qu'il gisait, mourant, menotté après avoir été poignardé.

Cet étudiant de Southampton, âgé de 18 ans, a été menotté après que le meurtrier Vickrum Digwa, 23 ans, ait menti selon la BBC à la police sur les lieux de l'agression au couteau de 2025, affirmant qu'il avait été victime d'une attaque raciste.

Les images diffusées par la police, avec l'autorisation de la famille de Nowak, le montrent en train de supplier « J'ai été poignardé » et un policier lui répondant « Je ne pense pas, mon gars ».

Nowak a été blessé à la jambe et a reçu une blessure mortelle au cœur, infligées par une lame de 21 cm que Digwa a déclaré porter dans le cadre de sa foi sikhe. Il a été condamné à la prison à perpétuité avec une peine minimale de 21 ans.

Le Bureau indépendant chargé de la conduite de la police (IOPC) a déclaré qu’une enquête sur les agissements de la police était en cours.

Le bureau du procureur général examine également la peine de prison infligée à Digwa après avoir reçu « de multiples demandes » visant à la réexaminer dans le cadre du dispositif relatif aux peines indûment clémentes (ULS).

La famille de Nowak, originaire de Chafford Hundred, dans l’Essex, a qualifié le traitement que lui a infligé la police d’« inhumain et dégradant », et les forces de l’ordre ont présenté leurs excuses.

Son père, Mark, a déclaré : « Henry a répété neuf fois aux agents qu’il ne pouvait plus respirer. Il leur a dit qu’il avait été poignardé à quatre reprises. Henry a été traîné sur le gravier, les mains plaquées derrière le dos, puis menotté. »

Il a ajouté que le contraste entre la manière dont son fils et Digwa avaient été traités était « insupportable ».

« Henry n’aurait pas dû mourir dans les rues de Southampton alors qu’il était en garde à vue », a-t-il ajouté.

Sur la vidéo, on entend un policier arrivant sur les lieux demander : « Comment tu t'appelles, mon gars ? »

Nowak, allongé sur le dos au sol, répond faiblement : « Henry. »

La vidéo se poursuit et Digwa entre dans le champ. Il affirme que Nowak lui a retiré son turban et l'a saisi par les cheveux.

Le policier demande à Digwa s'il est blessé, ce à quoi Digwa répond : « Ouais, ouais, j'ai un œil gonflé ici, un petit bleu là. »

Les agents se tournent ensuite vers Nowak, que l'on entend répéter « On m'a poignardé », puis « Je ne peux pas respirer » alors qu'on le fait s'asseoir pour lui passer les menottes.

S'exprimant devant le tribunal, Mark, le père d'Henry Nowak, a déclaré que son fils « n'était pas mort dans la dignité ».

Alors que la vidéo se poursuit, on entend l'agent demander où Henry a été poignardé. Il ajoute ensuite : « Je ne crois pas, mon pote. »

Alors qu’on lui passe les menottes, Nowak répète « Je ne peux pas respirer » à trois reprises.

On entend l’agent dire : « Il dit qu’il a été poignardé, alors vérifions-le. » Il semble soulever brièvement la chemise de Nowak au niveau de la ceinture avant de le laisser allongé sur le côté.

On entend alors une policière demander : « Où pensez-vous qu'il a été poignardé ? Au visage ? »

Une voix masculine répond : « Il n'a pas été poignardé. »

On informe ensuite Nowak, qui semble ne pas réagir, qu'il est arrêté pour agression.


Mise à jour du 23 mai

 
 


Mise à jour du 20 mai

Réaction d'Elon Musk aux deux poids deux mesures des MÉDIAS face au scandale de la police confrontée à un particulier qui dit ne pas pouvoir respirer et meurt pendant l'intervention policière. 

Dans un cas, quand la victime au casier judiciaire chargée est noire, les médias de grand chemin de la planète s'emparent de l'affaire, en font leurs manchettes pendant des semaines et le policier est puni. 

Dans l'autre cas, quand la victime est blanche, n'est pas un criminel, la police ne croit d'abord pas que ce jeune étudiant a été poignardé, le menotte alors qu'il se vide de son sang parce que celui qui l'a poignardé l'accuse de racisme. Aucune sanction contre le policier qui a retardé ainsi les secours, le tout dans le silence médiatique en dehors de l'Angleterre.


Billet originel du 19 mai 2026
 
En décembre 2025, la mort tragique d’Henry Nowak (ci-contre), étudiant britannique de 18 ans d’origine polonaise, a profondément choqué le Royaume-Uni. Le procès en cours devant la Southampton Crown Court révèle une succession d’éléments troublants : une altercation qui tourne au drame, des accusations lancées presque instantanément, une intervention policière contestée et des comportements familiaux qui alimentent de nombreuses interrogations.

Étudiant en première année de comptabilité et de finance à l’University of Southampton, Henry était décrit comme un jeune homme apprécié, passionné de football et plein d’avenir. Dans la nuit du 3 décembre, après une sortie avec ses coéquipiers, il rentrait à pied à Southampton tout en échangeant des vidéos Snapchat avec ses amis.

L’une de ces vidéos est devenue une pièce centrale du dossier. On y voit Henry croiser Vickrum Digwa, 23 ans, qui porte ostensiblement un couteau cérémoniel sikh dans un fourreau visible sur ses vêtements. Il ne s’agit pas d’un simple objet symbolique de petite taille : la lame mesurait environ 21 centimètres. Une dimension qui, à elle seule, rapproche davantage l’objet d’un véritable couteau de combat que d’un accessoire anodin ou purement décoratif.

Un bref échange suit. Sur un ton apparemment provocateur ou moqueur, Henry lance : « Tu fais le dur [ou le caïd] ? Dis que tu fais le dur. » Digwa répond : « Je fais le dur. »

Quelques secondes plus tard, l’enregistrement s’interrompt.

Selon l’accusation, Henry reçoit alors quatre coups de couteau. Une blessure profonde à la poitrine lui transperce un poumon ; un coup entaille sa mâchoire et d’autres coups atteignent ses jambes. Grièvement blessé, il tente néanmoins de fuir, escalade une clôture et laisse derrière lui une traînée de sang. Les médecins ont expliqué au tribunal qu’il est mort d’une hémorragie interne massive — une formule particulièrement brutale a été employée : le jeune homme se serait littéralement « noyé dans son propre sang ».

Une intervention policière devenue le point le plus explosif du dossier

Le meurtre lui-même a bouleversé l’opinion ; mais la réaction des premiers policiers arrivés sur place a suscité une indignation peut-être encore plus forte.

D’après les éléments présentés au procès, des proches de Digwa seraient arrivés très rapidement. Immédiatement, un récit alternatif semble prendre forme : Henry est décrit comme ivre, agressif et animé d’intentions racistes. Ces accusations sont formulées avec une rapidité frappante, avant toute reconstitution sérieuse des faits, alors même que Digwa nie encore avoir utilisé un couteau.

Le problème est qu’au même moment, Henry affirme à plusieurs reprises avoir été poignardé.

« J’ai été poignardé. »

« Je n’arrive plus à respirer. »

Selon les témoignages évoqués au procès, un policier lui aurait répondu : « Je ne te crois pas quand tu dis avoir été poignardé. »

Cette phrase est devenue centrale dans les critiques visant l’intervention policière. Elle ne traduit pas seulement une erreur d’appréciation potentielle ; elle donne l’impression, pour de nombreux observateurs, qu’une conviction s’est installée très tôt dans l’esprit des agents : Henry n’était pas spontanément considéré comme une victime crédible.

Le détail est d’autant plus troublant qu’il existait déjà des indices matériels difficiles à ignorer. Henry saignait abondamment. Il peinait à respirer. Et surtout, selon les éléments présentés au procès, il avait laissé derrière lui une véritable traînée de sang après sa tentative de fuite.

Beaucoup se sont demandé comment un homme répétant qu’il a été poignardé, présentant des signes visibles de détresse extrême et entouré d’indices physiques aussi évidents a pu être perçu avant tout comme un suspect potentiel.

Malgré cela, les policiers l’ont menotté pour suspicion d’agression.

L’image est restée gravée dans les esprits : un garçon de 18 ans gravement blessé, affirmant qu’il vient d’être poignardé, menotté alors que son état se détériore rapidement.

Quelques instants plus tard, Henry s’effondre.

Malgré l’intervention des secours et d’un médecin héliporté, il décède à 0 h 37.

Par la suite, plusieurs éléments sont venus fragiliser les accusations initiales. La vidéo retrouvée sur le téléphone d'Henry Nowak retrouvé dans la poche de Vickrum Digwa ne contiendrait aucune insulte raciale explicite.
(Aucune explication n'a été fournie à notre connaissance expliquant pourquoi le téléphone de Nowak se trouvait dans la poche de Digwa.) Les analyses toxicologiques ont également montré qu’il avait consommé de l’alcool, mais à un niveau inférieur à la limite légale de conduite : une situation bien éloignée du portrait d’un homme fortement ivre avancé dans les premières minutes.

Le comportement particulièrement troublant de la mère

Un autre aspect du dossier a retenu l’attention : l’attitude de Kiran Kaur, la mère de l’accusé.

Des images présentées au tribunal montreraient la femme revenant sur les lieux après les faits pour récupérer l’arme avant de la rapporter au domicile familial voisin.

Ce geste soulève des questions évidentes. Revenir chercher précisément l’objet central d’une affaire de meurtre, puis le déplacer hors de la scène des faits, paraît difficilement conciliable avec une simple réaction de panique.

Les analyses ont retrouvé du sang et des tissus d’Henry sur la lame, tandis que des cheveux de Digwa ainsi que l’ADN de sa mère ont été retrouvés sur le fourreau.

Elle est poursuivie pour avoir aidé un auteur présumé d’infraction après les faits. La mère conteste les accusations.

L’affaire est désormais devenue bien plus qu’un dossier criminel : elle nourrit un débat national sur les réflexes institutionnels, les accusations de racisme, la manière dont se construisent les premiers récits policiers et les conséquences parfois irréversibles d’erreurs commises dans les toutes premières minutes d’une intervention.

lundi 8 septembre 2025

La dérive du Royaume-uni vers une police politique

Texte de Mathieu Bock-Côté dans le Figaro.

L’histoire des derniers siècles nous a amenés à croire que les Britanniques avaient une passion particulière pour les libertés. Mais l’histoire des dernières années, et plus encore des derniers mois, nous oblige à constater qu’ils y sont devenus indifférents, peut-être même hostiles.

La séquence hallucinante mettant en scène bien malgré lui Graham Linehan nous en convaincra. Le 1er septembre, l’humoriste irlandais, s’est posé à Heathrow, au Royaume-uni, et fut à sa grande surprise accueilli par cinq policiers armés, qui l’amenèrent au poste, avant de l’emprisonner et de l’interroger plusieurs heures. On lui reprochait trois tweets, parus en avril, et décrétés haineux, où il s’en prenait vertement, avec un humour « trash », à l’idéologie transgenre, postulant qu’il suffit pour un individu de se proclamer d’un genre, sans égard pour son sexe biologique, pour être reconnu ainsi.

Cette autoproclamation serait même à inscrire dans le registre de la vérité - qui s’opposera à cette thèse sera dans le « faux ». Il conjuguera donc la haine et la désinformation, en plus de mettre en danger la vie des trans, qui seraient pour cela condamnés à évoluer dans un environnement toxique, il inciterait à l’agression contre eux, ou les pousserait au suicide. Au cœur de cette théorie, on trouve une révolution anthropologique, vécue comme une révélation religieuse, absolument indiscutable. Au terme de son interrogatoire, Linehan fut remis en liberté, à condition toutefois de ne pas publier sur X. Comment ne pas y voir une censure ?


Plusieurs ont vu le Royaume-uni confirmer là sa dérive vers l’état policier. Cette impression n’est pas sans lien avec le plus vaste contexte qui a vu les autorités britanniques, à l’automne 2024, réprimer férocement des hommes ordinaires coupables eux aussi d’avoir publié des tweets trop virulents contre l’immigration massive et ses conséquences. Le Royaume-uni marquait là sa volonté de punir sévèrement ceux qu’il faut bien considérer comme des délinquants idéologiques transgressant les principes que le régime diversitaire juge non négociables.

L’épisode est à bien des égards indissociable de la récente polémique autour du drapeau dans ce pays. On l’a vu, de nombreux Britanniques revendiquent le droit de hisser les couleurs du Royaume-uni, et même de l’Angleterre, sous le signe de la protestation patriotique, et même nationaliste, pour peu qu’on ne connote pas négativement ce terme. Encore une fois, les forces de l’ordre sont intervenues pour sanctionner cette manifestation politique que le régime diversitaire assimile de plus en plus à la haine.

Naturellement, l’état de droit, comme il aime se présenter, formule ces interdictions et ces sanctions dans des termes généraux, indirects, qui lui permettent de sanctionner les déviants en laissant croire qu’il a seulement le souci de l’ordre public. Ce qui permet ensuite d’affirmer publiquement que tel homme ou telle femme n’ont pas été arrêtés parce qu’ils brandissaient le drapeau du pays mais parce qu’ils manifestaient sans en avoir le droit, par exemple. De même, les manifestations d’opposition à l’immigration massive sont systématiquement caractérisées par la plupart des grands médias comme racistes et haineuses.

Nos sociétés, et le Royaume-uni ne fait pas exception, sont aujourd’hui marqués par une criminalité conquérante, et il peut sembler étonnant de consacrer les ressources de la police et de la justice à la lutte contre les mauvaises pensées des uns et des autres, alors que la sécurité au quotidien de la population est compromise. Mais ce ne l’est qu’à condition d’oublier ce qui est le propre d’un régime idéocratique, d’abord occupé à maintenir le dogme sur lequel il repose. Quand la diabolisation et la peur de la mort sociale ne suffisent plus, il n’hésite pas à se radicaliser, à pénaliser tout simplement les propos qu’il réprouve, le délit d’opinion se présentant ici comme un délit de blasphème.

Il n’hésite même pas à se couvrir de ridicule, comme on l’a vu en avril 2005, quand le gouvernement britannique a refusé de laisser entrer sur son territoire Renaud Camus. Sa présence avait été déclarée « non propice à l’intérêt public ». On pensera ce qu’on veut de l’écrivain, associé pour le grand public au thème du « grand remplacement », mais on pourra difficilement ne pas s’amuser de ce refus quand on sait que le même pays accueille régulièrement, et sans souci, les prêcheurs islamistes les plus fanatiques.

Le régime diversitaire se sait contesté, et se radicalise. Ce n’est plus l’immigration massive qui fait scandale, mais le fait de s’y opposer, et le régime diversitaire, partout, se donne les moyens de mater les rebelles qui le défient, lui et ses dogmes. Le Royaume-uni n’est peut-être que le miroir grossissant de ce qui arrive partout en Europe occidentale où la police se voit assigner une fonction de plus en plus ouvertement politique.



lundi 19 mai 2025

La police britannique restreint la liberté d'expression de manière inquiétante

Des lois confuses donnent à la police britannique un large pouvoir d'appréciation.

La police s'est présentée à la porte de Maxie Allen le 29 janvier à midi. Aucun des six agents ne semblait savoir pourquoi ils étaient là, se souvient M. Allen. Mais ils ont lu une liste de chefs d'accusation et ont fouillé la maison, avant de les arrêter, lui et sa compagne, et de les emmener au poste de police, où ils ont été détenus pendant huit heures. Le crime présumé du couple ? Avoir envoyé des courriels et des messages WhatsApp désobligeants au sujet de l'école primaire de leur fille.

La liberté d'expression en Grande-Bretagne est sous les feux de la rampe. J.D. Vance, le vice-président américain, cite fréquemment des cas impliquant des activistes religieux. Elon Musk, un magnat de la technologie, a affirmé que des milliers de personnes étaient enfermées pour avoir publié des messages sur les médias sociaux. [...] Pourtant, les Américains ont raison sur un point essentiel : La Grande-Bretagne est confrontée à un grave problème.

La liberté d'expression est restreinte, en particulier en ligne, de manière alarmante et à un rythme de plus en plus rapide. Le nombre d'arrestations - plus d'un millier par mois pour des messages en ligne - montre qu'il ne s'agit plus de quelques cas isolés. L'origine de ce phénomène se trouve dans la législation nationale sur la liberté d'expression, qui est un véritable fouillis et qui n'est pas adaptée à l'ère numérique : Les Britanniques sont poursuivis pour des conversations qu'ils auraient eues au pub. Et les choses sont appelées à empirer.

M. Vance, qui a réitéré ses critiques lors d'un événement organisé le 7 mai, s'est concentré sur le « recul des droits de la conscience » en Grande-Bretagne et considère que la vie religieuse est étouffée par le conformisme. Mais la différence entre l'Amérique et l'Europe dans la manière dont elles traitent les discours problématiques a moins à voir avec les récents travaux qu'avec l'évolution des lois et des attitudes au cours des siècles.

Le premier amendement américain offre de loin les protections les plus solides au monde en matière de liberté d'expression ; les pères fondateurs ont inscrit dans la constitution que « le Congrès ne fera aucune loi » limitant la liberté d'expression. Cette protection a été mise à l'épreuve et élargie, en particulier au cours du XXe siècle. Les Européens [et les Canadiens], quant à eux, n'ont codifié un tel droit qu'au milieu du XXe siècle et, même alors, il comportait des limites claires. Les législateurs ont longtemps cherché à trouver un équilibre entre le droit à la liberté d'expression et le préjudice qu'elle peut causer.

[...Récemment] Quelques dizaines de personnes ont été poursuivies pour des messages en ligne. Parmi eux, on trouve des personnes qui ont dit des choses comme « faites sauter la mosquée » et « mettez le feu à tous les putains d'hôtels remplis de ces bâtards ». Selon Gavin Phillipson, de l'université de Bristol, ces propos auraient probablement été légaux en Amérique, car ils ne présentent pas un danger clair et imminent. En vertu des lois en vigueur en Grande-Bretagne et dans une grande partie de l'Europe, il est probable que cela soit considéré comme une incitation à la violence.

D'autres, en revanche, ont été poursuivis pour des déclarations plus anodines. Jamie Michael a publié sur Facebook, après les coups de couteau, une vidéo de 12 minutes dans laquelle il fulminait contre l'immigration clandestine et prévenait que le pays était « attaqué ». Il a été arrêté et détenu pendant 17 jours pour « incitation à la haine raciale », avant d'être acquitté.

La Grande-Bretagne a un problème

Prenons trois exemples plus récents. Un homme a posté une photo de lui se rendant à une fête d'Halloween habillé comme l'islamiste qui a perpétré un attentat terroriste à Manchester en 2017. Un autre homme a critiqué les manifestants pro-palestiniens, en tweetant : « À un pas de prendre d'assaut Heathrow à la recherche d'arrivées juives ». Six policiers à la retraite auraient envoyé des messages racistes dans un groupe de discussion WhatsApp appelé « Old Boys Beer Meet-Wales ».

Le premier homme risquait jusqu'à deux ans de prison avant que son procès ne soit annulé en avril. La police a saccagé la maison et inspecté les étagères du second - bizarrement soupçonné d'antisémitisme - et l'a interrogé dans un poste de police avant de le relâcher. Les anciens policiers ont tous été condamnés à des peines avec sursis et à des travaux d'intérêt général.
 
Ses problèmes découlent en grande partie de deux lois dépassées : la loi de 1988 sur les communications malveillantes (Malicious Communications Act) et la loi de 2003 sur les communications (Communications Act).

La première se concentre sur les informations indécentes, offensantes, menaçantes ou fausses.

La seconde érige en infraction le fait d'être « grossièrement offensant » sur tout « réseau public de communications électroniques ».

En vertu de ces lois, la police britannique arrête plus de 30 personnes par jour pour des publications en ligne, soit deux fois plus qu'en 2017. Certains sont des délinquants graves, comme des harceleurs. Beaucoup ont simplement dit quelque chose que quelqu'un d'autre considère comme offensant.

La police est peu diserte quant à l'origine exacte de la hausse des arrestations. Mais il semble qu'il y ait plusieurs facteurs. Les agents doivent enquêter sur chaque message qui leur est signalé, et le volume de contenu qu'ils reçoivent a fortement augmenté. En conséquence, un plus grand nombre d'agents ont été affectés à cette tâche. En 2010, la police métropolitaine de Londres a créé une petite équipe de 24 agents chargée de surveiller les activités illicites sur les médias sociaux, la première du genre. Aujourd'hui, tous les services de police du pays disposent d'une équipe qui passe au crible les messages des internautes pour tenter de déterminer ce qui dépasse un seuil indéfini. « C'est un véritable cauchemar », reconnaît un policier.

Le public pourrait bien se demander pourquoi tant de temps y est consacré, alors que les cambriolages ne sont généralement pas élucidés. [...]

Quoi qu'il en soit, l'arbitraire se poursuit devant les tribunaux. Ces affaires doivent être entendues par des tribunaux de première instance, ce qui signifie qu'elles sont plaidées devant des magistrats non professionnels qui ne connaissent pas ou peu la jurisprudence. Souvent, les défendeurs ne connaissent pas non plus leurs droits. La Free Speech Union, une organisation à but non lucratif, a commencé à contester, et à annuler avec succès, certaines condamnations (y compris celle de l'homme au costume grossier). Pourtant, il est clair que la Grande-Bretagne ne parvient pas à faire la part des choses.

Elle n'est d'ailleurs pas la seule. Frustrés par leur faible emprise sur les plates-formes américaines, les responsables politiques européens ont eu du mal à trouver une approche cohérente. Selon David Kaye, de l'université de Californie à Irvine, il en résulte des lois vagues à portée large qui confèrent un pouvoir discrétionnaire excessif aux autorités publiques. La Grande-Bretagne et l'Union européenne ont toutes deux introduit une législation qui accroît la pression sur les plateformes pour qu'elles retirent les contenus « illégaux » sous peine d'amendes. Cela risque d'avoir un effet dissuasif. Un conflit se prépare entre les régulateurs et la plateforme de M. Musk, X.

Mais c'est en Grande-Bretagne que l'imbroglio est le plus complet. Une préoccupation particulière est l'intrusion croissante dans les messages privés. Cela découle de la loi de 2003 ; une clause écrite pour empêcher les parasites de harceler les téléphonistes est utilisée pour passer au crible les discussions sur WhatsApp. « En droit anglais, il n'y a pas de concept de conversation privée en ligne », explique Adam King, avocat. En outre, une loi de 2022 a élargi le champ d'application des délits d'ordre public. Cela a permis à la police d'adopter une approche draconienne à l'égard des manifestations en faveur de Gaza ; elle a récemment perquisitionné le domicile d'un journaliste.

[...]

Source : The Economist 

Voir aussi 

La police britannique procède à 30 arrestations par jour pour des messages « offensants » sur Internet

Douglas Murray sur les gangs musulmans violeurs, Tommy Robinson et ce qui cloche en Grande-Bretagne

Scandale des gangs sexuels pakistanais au Royaume-Uni

Déboulonner les déboulonneurs de gangs de violeurs pédophiles (en anglais), sur la minimisation dans les médias au sujet de ce scandale

 
 
 
 

samedi 5 avril 2025

La police britannique procède à 30 arrestations par jour pour des messages « offensants » sur Internet

Les groupes de défense des libertés civiles en Grande-Bretagne affirment que les autorités surveillent trop l'internet et menacent la liberté d'expression en utilisant des lois vagues.


Maxie Allen et Rosalind Levine ont été arrêtés pour harcèlement, communication malveillante et nuisance sur le terrain de l'école.

La police procède à plus de 30 arrestations par jour en raison de messages offensants publiés sur les médias sociaux et d'autres plateformes.

Des milliers de personnes sont détenues et interrogées pour avoir envoyé des messages qui causent des « ennuis », des « désagréments » ou de l'« anxiété » à d'autres personnes via l'internet, le téléphone ou le courrier.

Les données relatives aux gardes à vue obtenues par le Times de Londres montrent que les agents procèdent à environ 12 000 arrestations par an en vertu de l'article 127 de la loi britannique sur les communications de 2003 et de l'article 1 de la loi britannique sur les communications malveillantes de 1988 (Malicious Communications Act 1988).

Augmentation des arrestations au fil du temps

Nombre d'arrestations effectuées par les forces de police en Angleterre et au Pays de Galles pour des personnes envoyant des messages grossièrement offensants qui causent des ennuis, des désagréments ou de l'anxiété en ligne,

Données pour 35 forces de police. Graphique : The Times et The Sunday Times
Source : Demande d'accès à l'information

Ces lois rendent illégal le fait de causer de la détresse en envoyant des messages « grossièrement offensants » ou en partageant des contenus « indécents, obscènes ou menaçants » sur un réseau de communications électroniques.

vendredi 21 février 2025

Allemagne — La police d'État se pointe à l'aube et saisit un ordi et un téléphone à cause d'une caricature (m à j)

 L'allemande Marie-Thérèse Kaiser a été condamnée à une amende de 6000 euros pour avoir republié des statistiques (non remis en doute par le tribunal) sur la répartition des violeurs en Allemagne selon leur groupe ethnique.

Marie-Thérèse Kaiser s'est appuyée sur des statistiques officielles du Bureau fédéral de la police criminelle d'Allemagne (BKA) pour appuyer son post sur les réseaux sociaux concernant les crimes commis par des immigrants, notamment les Afghans. Selon les web results fournis, notamment les articles de Wikipedia, du magazine The Critic, et d'autres sources comme InfoMigrants et le BBC, les statistiques qu'elle a citées reflétaient des données réelles sur la surreprésentation de certains groupes d'immigrants, y compris les Afghans, dans des crimes spécifiques, tels que les infractions sexuelles.

Marie-Thérèse Kaiser a violé l'article 130 du Code pénal allemand, qui interdit l'incitation à la haine, y compris les actions qui attaquent la dignité humaine d'un groupe défini par sa nationalité. Le tribunal de district de Rotenburg a jugé que son post sur les réseaux sociaux concernant les réfugiés afghans risquait d'être perçu comme une incitation à la haine, ce qui lui a valu une amende de 100 jours-amende de 60 € chacun en 2023. Le tribunal régional de Verden a confirmé ce verdict en mai 2024, réaffirmant que son post avait consciemment créé une image conduisant à la haine contre un groupe défini nationalement, prévalant sur son invocation de la liberté d'expression.



Billet du 17 février

La police d’État de Basse-Saxe, armée, a mené une descente à 6 heures du matin au domicile d’un citoyen allemand, confisquant ses appareils électroniques.

Leur crime présumé n’était pas le terrorisme ou les menaces, mais le partage d’une caricture que les autorités jugeaient offensant.

Et ce n’était pas le seul domicile perquisitionné ce matin-là.

Plus de 50 raids similaires ont eu lieu simultanément dans toute l’Allemagne.

Parce qu’il n’y a rien de mieux pour « protéger la démocratie » que des policiers à votre porte pour avoir posté des caricatures.
Une autre de ces descentes, en Franconie cette fois

Un matin, le retraité Stefan Niehoff a reçu une visite inattendue : celle de la police. Le ministre de gauche écologiste Robert Habeck en personne a porté plainte contre lui.

L’homme de 64 ans a partagé sur X un billet dans lequel le ministre est traité de « débile » (Swachkopf, littéralement tête faible). Mais ce n’est pas le seul reproche. L’affaire fait désormais des vagues jusqu’au Berlin politique.

Est-ce que c’est un tournant ? Le cas de Stefan Niehoff, retraité de Basse-Franconie et ancien sergent de l’armée allemande, fait actuellement couler beaucoup d’encre dans les médias en ligne ainsi qu’auprès des autorités judiciaires et des politiciens. Et il se pourrait bien que l’État ait dépassé les bornes dans sa « lutte contre la haine et l’incitation à la haine ». C’est en tout cas ce que l’on peut comprendre des propos tenus par la justice bavaroise et les politiciens juridiques au Bundestag à propos de cette affaire.

Niehoff avait osé retweeter un mème sur lequel le ministre fédéral de l’économie Robert Habeck (Verts) était traité de « tête de con ». Il gère un compte sur X appelé « IchBinsFeinet ».  Sa photo de profil porte le slogan « Vert ? — Non merci ! », un petit personnage y jette un tournesol dans une corbeille à papier. Tout cela est bien anodin. Mais la justice a frappé fort avec une perquisition et une enquête du procureur contre Niehoff — et doit à son tour faire face à de vives critiques.

Niehoff a partagé cette image parodique à propos de Habeck sur X. Il fait référence de manière parodique à la marque de cosmétiques capillaires Schwarzkopf Professional (Schwarzkopf = tête noire le nom des cosmétiques, Schwachkopf = tête vide, idiot avec CH).

Au petit matin du 12 novembre — il faisait frais, humide et sombre — une commissaire principale de la police judiciaire et un commissaire principal de la police judiciaire se sont assis dans leur voiture d’intervention au poste de police de Schweinfurt. Il était environ 5 h 45 lorsqu’ils ont pris la route en direction du petit village de Burgpreppach. Ils ont parcouru les 37 kilomètres à travers les collines franconiennes en une demi-heure.

dimanche 5 janvier 2025

Royaume-Uni — Comment le scandale des gangs de violeurs pédophiles a été étouffé

Les enfants victimes de viols ont été privés de justice et de protection par l'État afin de préserver l'image d'une société multiculturelle heureuse.

La décision de Jess Phillips, ministre de la Protection de l'Enfance, de bloquer une enquête publique sur les gangs de violeurs d'Oldham semble, de l'extérieur, presque inexplicable. Des enfants ont été violés et abusés par des bandes d'hommes, sans que les autorités ne les protègent.

Quelques-uns des violeurs pédophiles en bande musulmans d’Oxford


Un rapport sur les abus commis à Oldham a été publié en 2022, mais son mandat ne couvrait que la période 2011-2014. Les survivants de la ville ont déclaré qu'ils souhaitaient que l'enquête menée par le gouvernement couvre une période plus longue et qu'elle permette de combler les lacunes de l'enquête précédente. Dans sa lettre au conseil municipal, révélée par GB News, Jess Phillips a déclaré qu'elle comprenait la force des sentiments dans la ville, mais qu'elle pensait qu'il était préférable qu'un autre examen soit effectué au niveau local.

Il s'agit d'un scandale qui devrait être totalement élucidé et qui devrait faire l'objet d'une enquête de la part de l'État britannique dans toute sa puissance. Des voix allant d'Elon Musk à Kemi Badenoch [qui dirige le parti conservateur] se sont jointes aux appels à l'ouverture d'une enquête. Pourtant, le gouvernement semble curieusement réticent à enquêter sur les manquements des fonctionnaires.

Cette réticence n'est pas nouvelle. Dans tout le pays, dans les villes, dans nos rues et dans les institutions publiques conçues pour protéger les membres les plus vulnérables de notre société, les autorités ont délibérément fermé les yeux sur d'horribles sévices infligés à des enfants en grande partie blancs par des bandes d'hommes majoritairement d'origine pakistanaise.

Au fil du temps, des détails ont été révélés sur les abus commis à Rotherham, à Telford, à Rochdale et dans des dizaines d'autres endroits. Mais comme les histoires sont publiées au compte-gouttes et que les détails sont si horribles qu'ils en sont presque illisibles, l'ampleur du scandale n'a pas encore été révélée au public.

La souffrance des enfants

Le paragraphe suivant est difficile à lire. Mais vous devriez le lire, si vous le pouvez. Il est tiré de la sentence prononcée en 2013 par le juge Peter Rook à l'encontre de Mohammed Karrar à Oxford.

Mohammed a préparé sa victime « à un viol anal collectif en utilisant une pompe... Vous l'avez soumise à un viol collectif par cinq ou six hommes. À un moment donné, quatre hommes étaient à l'intérieur d'elle. Une balle rouge a été placée dans sa bouche pour la faire taire ».

Son histoire est horrible. Elle est loin d'être unique.

Douglas Murray sur les gangs musulmans violeurs, Tommy Robinson et ce qui cloche en Grande-Bretagne

Douglas Murray, essayiste et chroniqueur au Spectator, rejoint Freddy Gray, animateur de l’émission Americano et rédacteur en chef adjoint du Spectator. Cette semaine, la ministre travailliste britannique de l’Intérieur Jess Phillips a rejeté la demande du conseil municipal d’Oldham, qui souhaitait une enquête gouvernementale sur l’horrible scandale des gangs de conditionnement psychologique et de viols dans des dizaines de villes britanniques. Sa décision a suscité une véritable levée de boucliers : Elon Musk, propriétaire de 𝕏, a appelé à l’emprisonnement de Jess Phillips et à la dissolution du parlement par le roi. Les hommes politiques ont-ils sous-estimé la force de l’opinion publique au Royaume-Uni et aux États-Unis ? Douglas Murray et Freddy Gray évoquent également les émeutes de Southport qui se sont conclues par l’emprisonnement de manifestants trop peu politiquement correct et la libération de criminels pour faire de la place en prison pour les manifestants, les passants présents lors de ces manifestations et les twitteurs trop bruyants et trop francs. Ils se demandent pourquoi certains hommes politiques ne veulent pas affronter les problèmes de société au nom du correctivisme politique.

Transcription résumée de la vidéo de Douglas Murray ci-dessus.

Cela fait maintenant un quart de siècle que l’histoire des réseaux de violeurs enfle en Grande-Bretagne.

vendredi 29 novembre 2024

Inde — Le scandale de la triche organisée des examens d'État

Imaginez que le baccalauréat ou les examens d’État soient volés et vendus.

C’est exactement ce qui se passe en Inde, où un réseau criminel a divulgué pendant des années les questions des examens gouvernementaux.

Dans un cas, un médecin a physiquement volé des questions d’examen dans un entrepôt et les a vendues.

Au cours des cinq dernières années, pas moins de 40 examens dans 15 États ont été divulgués, ce qui a affecté 14 millions de personnes, dont beaucoup étaient en lice pour des emplois gouvernementaux qui allaient changer leur vie.

Lors d’un examen récent, 5 millions de candidats se sont battus pour 60 000 postes à peine, avant de découvrir que l’examen était truqué, ce qui les a obligés à le repasser. Voir ci-dessous pour les détails révélés par le New York Times.


L’appel retentit : il fallait y aller. Le médecin se précipita à l’aéroport pour une opération de minuit à des centaines de kilomètres de là, dans l’ouest de l’Inde.

Mais cette mission n’avait pas pour but de sauver des vies. Le médecin transportait un tournevis, une pince, une lame et un téléphone cellulaire — des outils pour un casse. Sa cible était quelque chose dont la valeur dépasse celle de l’or dans la course effrénée aux emplois publics et aux stages universitaires en Inde : les sujets de l’examen d’agent de police.

Après avoir atterri dans la ville d’Ahmedabad, le médecin, Shubham Mandal, a été conduit en toute hâte dans un entrepôt de fret situé à la périphérie de la ville, selon des documents de la police et des entretiens menés par le New York Times avec l’enquêteur principal. Pour éviter les caméras de surveillance, le docteur Mandal est entré par une fenêtre arrière dans une pièce remplie de caisses. C’est là, selon la police, qu’il a ouvert une boîte portant la mention « confidentiel » et en a sorti une enveloppe.

Il a utilisé l’appareil photo de son téléphone pour photographier chaque page à l’intérieur avant de recoller l’enveloppe et de refermer à clé la boîte. Il a répété l’exercice au moins une fois dans les nuits qui ont suivi, au fur et à mesure que de nouveaux documents arrivaient à l’entrepôt en provenance de l’imprimerie, pendant qu’il séjournait dans un hôtel une étoile situé à proximité. Chaque fois, trois hommes attendaient dans une voiture, dont, selon la police, le cerveau du cambriolage, Ravi Atri.

M. Atri se considérait à la fois comme un criminel et un Robin des Bois. Il avait passé cinq fois l’examen national d’entrée à l’école de médecine, qu’il avait finalement réussi, mais n’était jamais devenu médecin. Au lieu de cela, il s’est tourné vers le vol d’examens pour aider les autres.

Étudiants se préparent à un examen de la fonction publique dans un parc de Delhi


Sa bande et lui ne reculaient devant aucune tâche. Selon la police, il avait déjà participé à la fuite de sujets d’examen pour des postes d’infirmières, de banquiers, d’enseignants et des places dans des instituts professionnels, et avait été emprisonné au moins deux fois.

L’examen d’agent de police, sa dernière proie, était organisé en février de cette année à près de cinq millions de candidats postulant à 60 000 postes vacants dans l’État d’Uttar Pradesh, au nord du pays, où M. Atri est domicilié. Un nouvel agent est payé environ 400 dollars par mois. Mais même les emplois gouvernementaux les moins bien payés en Inde sont convoités pour leur stabilité, et les candidats endurent des mois d’études exténuantes dans des centres de formation coûteux pour se préparer aux examens qui déterminent l’embauche.

M. Atri offrait un coup de pouce. Et maintenant, avec l’examen d’agent de police entre les mains, la course était lancée. M. Atri a envoyé le signal à son vaste réseau de correspondants locaux dans l’Uttar Pradesh. Ils avaient déjà réservé une grande salle de restaurant et une station balnéaire luxuriante où des milliers de ses clients seraient transportés par autocar pour suivre un cours accéléré consacré aux réponses.

Il ne leur restait plus qu’à éviter de se faire prendre.

« Si cela fonctionne, vous gagnerez tellement d’argent que vous n’aurez plus besoin de faire quoi que ce soit d’autre dans votre vie », a déclaré M. Atri à l’un des ouvriers de l’entrepôt dont il avait patiemment appris à connaître pour obtenir l’accès à l’examen, selon un rapport de police. « Et vous obtiendrez également un emploi dans la fonction publique ».

Un énorme déséquilibre

M. Atri et ses semblables tirent parti de ce qui est depuis longtemps un problème structurel de l’économie indienne : trop de jeunes gens instruits pour trop peu d’emplois.

L’économie indienne est l’une des plus dynamiques au monde. Mais une grande partie de cette croissance provient du secteur des services, qui ne génère pas suffisamment d’emplois pour l’énorme population en âge de travailler du pays. La part de l’industrie manufacturière à forte intensité de main-d’œuvre dans l’économie s’est réduite comme peau de chagrin avant même d’avoir eu la possibilité de faire de l’Inde une nation développée. Près de la moitié des Indiens travaillent encore à la ferme et la grande majorité des emplois privés en Inde sont informels.
 

Un quartier de Delhi avec de nombreux centres d’études

C’est pourquoi les emplois gouvernementaux sont très prisés. L’année dernière, 1,3 million de personnes ont postulé pour 1 000 places dans la prestigieuse fonction publique du gouvernement central. Les journaux publient fréquemment des articles sur un grand nombre de personnes titulaires de diplômes de haut niveau qui se disputent des emplois subalternes tels que balayeur ou « péon ».

L’attribution des emplois sur la base des résultats des examens donne un sentiment d’équité. Mais avec une concurrence aussi féroce, la tentation de chercher des raccourcis peut être forte.

Certains candidats, tout en passant de longues heures dans des groupes d’étude, gardent également un œil sur des figures de l’ombre qui proposent l’accès aux sujets des examens. Ils échangent leurs numéros de téléphone avec des intermédiaires locaux, négocient des prix provisoires, souvent de l’ordre de centaines de dollars ou plus, et prient pour que le stratagème réussisse.

« Lorsque quatre millions d’étudiants se préparent à un examen, la moitié d’entre eux tentent également d’obtenir les sujets à l’avance - pas seulement eux, mais aussi leurs parents, leurs grands-parents, tout le monde », a déclaré Brijesh Kumar Singh, un officier de police supérieur de la ville de Meerut, dans l’Uttar Pradesh, qui enquête sur le crime organisé, et qui consacre une grande partie de son temps aux gangs qui recherchent des fuites d’examens.

Une enquête menée par l’un des plus grands journaux indiens, The Indian Express, a révélé que plus de 40 examens avaient été compromis par des fuites au cours des cinq dernières années, affectant 14 millions de candidats dans 15 États.

Cette année, l’examen national de sélection pour les écoles de médecine a fait l’objet de nombreuses interrogations après qu’un nombre inhabituel de deux millions de candidats ont obtenu des notes parfaites. Alors que le gouvernement tentait de limiter les retombées de cette affaire, il a annulé un examen national pour l’obtention de bourses d’études supérieures et de postes subalternes dans les universités en raison d’une fuite.

Des manifestants campèrent devant le domicile du ministre de l’Éducation à New Delhi. La colère n’a fait que croître lorsque deux jeunes hommes qui se préparaient à un examen se sont noyés dans la cave d’un centre d’études, les rues ayant été inondées à la suite des pluies de la nuit.
« Nous travaillons dur depuis plusieurs années et les étudiants riches profitent du système en dépensant de l’argent », a déclaré Harsh Dubey, 22 ans, qui tentait de passer le test d’entrée à l’école de médecine depuis quatre ans, lors d’une manifestation à Delhi.

Un système pyramidal

Des aspirants policiers se préparent aux examens à Meerut en août

M. Atri avait à une époque espéré réussir à l’ancienne.

Après avoir terminé ses études secondaires, il a fait ses valises dans l’Uttar Pradesh et est parti pour Kota, une petite ville du Rajasthan connue dans toute l’Inde pour ses centaines de centres de préparation aux examens qui brassent des centaines de millions de dollars par an.

Mais comme il ne cessait d’échouer au test d’entrée à l’école de médecine (après avoir réussi l’examen, il n’a pas terminé ses études de médecine), il a commencé à se concentrer davantage sur l’industrie des examens elle-même et moins sur le travail auquel l’examen pouvait mener.

Personnel de police vérifiant les données d’identification des personnes attendant de passer l’examen de police à Meerut

À l’autre extrémité du spectre, dans des milliers de petites villes dotées de leurs propres mini-Kotas, on trouve des tuteurs aux nombreux adeptes, ainsi que des gérants de « bibliothèques » où les gens peuvent payer pour un bureau et étudier jusqu’à tard dans la nuit.

M. Atri a d’abord proposé ses services en tant que « solutionneur », c’est-à-dire qu’il passait des examens pour d’autres personnes. Plus tard, il s’est lancé dans le commerce de gros du vol d’examens, selon les autorités.

À l’époque où il a commencé, un scandale lié aux examens dans l’État du Madhya Pradesh en 2015 a clairement montré à quel point ce trafic était lucratif, des milliards de dollars de pots-de-vin ayant été attribués à des politiciens, à des gangs criminels et à d’autres personnes.

M. Singh, policier à Meerut, a expliqué les irrégularités en matière d’examens comme un modèle pyramidal. Au sommet se trouve l’auteur de la fuite. Au-dessous de lui se trouvent les intermédiaires. Ils travaillent avec des représentants au niveau des villages, qui recrutent des clients.

Avant le vol des sujets de l’examen pour devenir agent de police, M. Atri avait été présenté au Dr Mandal, qui, selon la police, est devenu son voleur à gages.

Son histoire est similaire à celle de M. Atri : tout en poursuivant ses études de médecine, qu’il a menées à bien en 2021, Le Dr Mandal a gardé un pied dans le monde lucratif des fuites d’examens. Il a fini par se faire connaître dans les milieux du vol d’examens pour ses compétences précises en matière d’ouverture de boîtes. Il a été emprisonné en 2017 pour avoir contribué à la fuite d’un examen de médecine, selon les dossiers de la police.

Cette année, alors que le Dr Mandal travaillait dans une clinique de l’État du Bihar, M. Atri l’a mis en attente. Si M. Atri entendait parler d’un envoi de sujets d’examen par l’une des personnes qu’il avait mandatées le long de la chaîne d’approvisionnement, le Dr Mandal recevait un appel.

Un tour supplémentaire

L’appel pour le contrat d’Ahmedabad avait été lancé, les clients de M. Atri avaient passé l’examen de policier — et le Dr Mandal voulait son argent.

Mais il y avait un hic : après l’examen, on a appris que les questions avaient fait l’objet d’une fuite.

Cela ne signifiait pas pour autant que le Dr Mandal, qui, selon la police, s’était vu promettre un paiement final d’environ 20 000 dollars pour avoir volé l’examen, ne serait pas dédommagé. Selon l’accord conclu avec M. Atri, il serait payé tant que les résultats de l’examen ne seraient pas annulés. Cela n’arrive généralement que lorsqu’une fuite est avérée.

C’était le cas ; les résultats ont été annulés. M. Atri a cessé de répondre aux appels du Dr Mandal.

Le réseau de M. Atri a été démantelé grâce à un travail de routine de la police. En enquêtant sur une autre affaire de fuite, la police a trouvé des preuves de la divulgation des sujets de l’examen de policier.
La police a essentiellement remonté la filière du bas de la pyramide jusqu’au sommet, en remontant la chaîne de la fuite depuis un représentant villageois jusqu’à M. Atri et M. Mandal.

« Nous avons trouvé sur leur téléphone les épreuves de l’examen d’agent de police de l’Uttar Pradesh — et lorsque nous avons vérifié la date, c’était avant l’examen », a déclaré M. Singh, qui était l’enquêteur en chef de l’affaire.

Les autorités de l’Uttar Pradesh ont déclaré qu’il y aurait un nouvel examen avec des questions différentes — cette fois-ci, un examen plus sécurisé. Une nouvelle fuite serait une humiliation.

Six mois après la première épreuve, à la fin du mois d’août, des millions de candidats ont à nouveau afflué dans les villes pour passer l’examen. Aux arrêts de bus et dans les gares, c’était le chaos.

À Meerut, les quais de gare étaient bondés de gens qui s’installaient confortablement pour la nuit. La gare routière voisine était envahie de jeunes portant des sacs à dos. Alors qu’ils s’apprêtaient à dormir sur le trottoir, certains regardaient des vidéos YouTube en accéléré de professeurs donnant des cours devant un tableau blanc.

Des millions de candidats ont dû se déplacer pour repasser l’examen d’agent de police dans l’État d’Uttar Pradesh en août

Le jour du nouvel examen, un nouveau policier nommé Raghvendra Kumar Mishra a eu la difficile tâche de s’assurer que tout se passait bien à Meerut. La fourrière de motos confisquées devant son bureau évoquait son travail habituel : il est chargé de la circulation dans la ville.

Son grand bureau avait été transformé en salle de crise. Une demi-douzaine d’officiers regardaient les images des 36 centres où se déroulait l’examen.

Dans l’un des centres d’examen, des policiers vérifiaient les documents alors qu’une file d’étudiants se frayait un chemin sous un panneau publicitaire vantant les mérites d’un tonique capillaire contre la calvitie.

« Seuls les stylos sont autorisés », annonce un policier dans un mégaphone. « Chaussures à la main à l’entrée. Les ceintures sont interdites à l’intérieur. Les bijoux sont interdits. Les manches ne doivent pas être repliées. »

Parmi les candidats se trouvait Subhash Gupta, 24 ans, venu du centre de l’Inde pour passer le concours pour la deuxième fois, en plus d’essayer tous les concours qu’il pouvait passer dans son État d’origine. Lui et son frère jumeau, qui travaillait à temps partiel comme tuteur, avaient quitté leur village avec une seule idée en tête : trouver un emploi dans la fonction publique, n’importe où et à n’importe quel prix.

Lorsqu’il a quitté la salle d’examen en début d’après-midi, il a déclaré avoir réussi à répondre à 138 questions sur 150. Les questions de mathématiques étaient faciles, mais son point faible était la culture générale.

Avant de monter dans un bus pour rejoindre son jumeau, qui passait le même examen dans un autre district, il a résumé les raisons pour lesquelles il tenait absolument à obtenir un emploi dans la fonction publique.

« La mentalité est telle dans la société que seul celui qui décroche un emploi gouvernemental est considéré comme ayant réussi », a-t-il déclaré.

M. Atri et le Dr Mandal, les hommes qui, selon la police, ont forcé des millions de personnes à repasser l’examen de policier, ont tous deux été arrêtés dans cette affaire. M. Atri est actuellement en prison, dans l’attente de son procès. Ses avocats ont fait valoir qu’il avait été faussement impliqué. Le Dr Mandal a été libéré sous caution.

Le père de M. Atri, Gorakh Singh, l’a décrit comme un travailleur acharné, affirmant qu’il restait debout toute la nuit à étudier des livres pendant ses années d’études. « Il est peut-être un malfaiteur pour la police, a déclaré son père, mais pas pour nous. »

Il a déclaré que les frais de justice de son fils avaient ramené la famille 10 à 15 ans en arrière. Si son fils est effectivement dans son tort, il préférerait que le gouvernement l’achève lors d’une « rencontre » — un assassinat extrajudiciaire par la police.

« Nous pleurerions pendant dix jours, puis nous reprendrions nos activités quotidiennes », a-t-il déclaré. « Notre persécution prendrait fin ».

Voyage en autocar vers un centre d’examens à Meerut

Source : New York Times

mercredi 14 août 2024

Dernières nouvelles de l'Angleterre par Mark Steyn (m. à j. condamnations)

La dernière agression au couteau d’une fillette anglaise — âgée de onze ans — a été rapportée principalement parce que la figure héroïque qui s’est interposée pour désarmer le « coutelier » (une expression récente, mais désormais habituelle à Fleet Street) était un courageux musulman du nom d’Abdoullah.

La police sur la scène du crime (Leicester Square à Londres)

Tant mieux pour lui, même si le message sous-jacent, peu subtil, des reportages était le suivant : « Vous avez pigé, bande d’islamophobes ? Nous avons besoin d’immigrés pour faire le travail que les Britanniques ne veulent pas faire — comme sauver la petite fille des coups de couteau assénés par d’autres immigrés que nous avons laissés entrer. » La prochaine fois que vous commanderez un macchiato décaféiné et qu’une agression à l’arme blanche se produira, vous feriez mieux d’espérer qu’il y ait un Abdallah à l’esprit civique sur place, car il n’y a assurément rien qui ressemble à un Londonien parmi les baristas et les vendeurs du West End.

Il s’avère que le coupable est un certain « Ioan Pintaru » sans domicile fixe. Avec ce nom, son domicile a dû être fixé à un moment donné en Roumanie ou dans les environs. Mais c’est ce qu’il y a de bien avec toute cette « diversité » dynamique : les indigènes sont ramenés à la portion congrue. Héros mahométan, méchant balkanique : aucun Anglo-Celte n’a besoin d’être associé à cette histoire de la nouvelle Cité sans voiles — sauf la victime, bien sûr.

À la réflexion, on ne peut même pas l’affirmer avec certitude : le pauvre enfant pourrait être tadjik ou bhoutanais. Londres a désormais atteint les sommets exquis et raréfiés de la diversité, où l’on trouve de tout, sauf des Londoniens.

Quelque part dans Le Prisonnier de Windsor, je cite la célèbre phrase de Metternich selon laquelle les Balkans commencent dans la Landstraße. [Une rue de Vienne. Au XIXe siècle, c’était le point de départ des routes menant vers la Hongrie et les Balkans].

Dans la grande ville mondiale de Sadiq Khan, les Balkans et le dar al-Islam commencent dès Leicester Square.  Cela semble être une manœuvre judicieuse.

Mais ce qui m’a le plus frappé, plus que le héros de la fête, c’est que des petites filles et leurs mères peuvent désormais être poignardées en plein jour au cœur de la ville touristique de Londres. Ce n’est pas la même chose que de rentrer chez soi tard le soir dans une rue sombre d’un quartier malfamé.
Leicester Square est l’une des adresses les plus célèbres au monde.
Elle figure dans les chansons :

Goodbye, Piccadilly!
Adieu, Leicester Square !
La route est très longue jusqu’à Tipperary…


En fait, elle n’est plus aussi longue que naguère. Le comté de Tipperary compte aujourd’hui plusieurs mosquées et centres culturels islamiques. Le contraste établi dans la chanson entre la grande métropole et la petite ville des grands-parents de l’auteur ne s’applique donc plus : il faut s’éloigner beaucoup plus de Leicester Square pour se libérer de la « diversité ».

280 « demandeurs d'asile » implantés sous la protection de la police irlandaise dans un petit village de 200 âmes dans le comté de Tipperary.


Sur GB News, Matt Goodwin a déclaré que les Blancs britanniques de souche deviendraient une minorité de la population d’ici 2070 :

J’aurai quitté ce bas monde depuis longtemps d’ici là, mais je parierais que le Rubicon sera franchi bien avant 2070. 

Dire simplement à haute voix ce que l’on pense tout bas :  « La population britannique blanche a diminué de 600 000 personnes, tandis que la population minoritaire a augmenté de 1,2 million.
Alors oui, les gars, nous gagnons. »

Il faudrait être extrêmement optimiste pour parier que la Grande-Bretagne a encore quarante-six ans devant elle.

Cela devrait faire les grands titres — le suicide des nations qui ont construit le monde moderne. Comme je l’ai dit à Steve Paikin à la télévision canadienne il y a plus de quinze ans, c’est la plus grande histoire de notre temps : si vous êtes écrivain, pourquoi ne voudriez-vous pas écrire sur ce sujet ? On me demandait souvent d’étoffer les scripts de comédies musicales remises au goût du jour, ce que j’aimais bien, surtout si on le compare à la rédaction d’articles sur des écolières poignardées. Mais il n’y aura plus de comédies musicales dans le West End de demain, ni de Noël Coward, ni de rock classique, ni de mille autres choses. Parce que les nouveaux Londoniens ne les aiment pas. Parce que lorsqu’on perd son avenir, on perd aussi son passé. Alors, autant écrire sur la plus grande histoire de notre temps, celle qui déterminera les autres que nous pourrons écrire.

Pourtant, seize ans après mon observation à M. Paikin, les autorités préfèrent toujours que « la plus grande histoire de notre temps » ne soit pas racontée. Il y a une semaine, j’écrivais :

Starmer n’est pas, comme on l’a suggéré, simplement « insensible à ce qui se passe ». Il profite de l’occasion, comme Washington l’a fait pour le 6 — Janvier [les condamnations sévères des émeutiers] et comme Justin l’a fait pour les camionneurs canadiens [gel de leurs comptes bancaires sans procès ni décision judiciaire].
Vous savez ce que cela a donné pour les mamies respectueuses de la loi lors de leur premier voyage dans la capitale américaine, ou pour les donateurs des Prairies qui avaient déboursé 50 dollars par carte de crédit pour le convoi d’Ottawa. Et vous savez à quel point les protestations publiques [du camp conservateur] ont été étouffées dans les deux pays depuis lors. Les pleins pouvoirs du « système d’espionnage » britannique — l’État panoptique fonctionnant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 — sont sur le point de s’abattre sur les masses méprisées. Parce que le 6 — Janvier concernait une élection douteuse et que les camionneurs protestaient contre les confinements et les mandats de vaccination, mais qu’un retour en arrière contre l’immigration de masse constitue une menace pour le fondement absolument inviolable de la politique de l’uniparti [voter pour la droite ou la gauche, vous votez toujours pour le même parti qui met en œuvre les mêmes politiques, l’uniparti.]
Et c’est ce qui s’est produit une semaine plus tard. Brendan O’Neill :
Je crains que la justice ne se transforme en une sorte de vengeance. Qu’il ne s’agisse pas seulement de la loi et de l’ordre, mais aussi d’une sorte de vengeance centriste contre les classes inférieures. Ai-je tort ?
Il cite quelques exemples :
Stacey Vint, de Middlesbrough, a été condamnée à 20 mois de prison pour avoir poussé une poubelle à roulettes sur une rangée de policiers anti-émeutes avant de se retrouver à plat ventre sur le sol. C’est une idiote, c’est clair. C’est peut-être aussi une vilaine personne, je ne sais pas. Mais près de deux ans de prison pour une tentative ratée d’attaque avec une poubelle contre des policiers lourdement armés ? Admettez-le, c’est un peu fort.
Ou que dire du couple homosexuel de Hartlepool, dont le principal crime, pour autant que je sache, a été de « danser et de gesticuler devant une rangée de policiers » ? Ils se sont également débattus lors de leur arrestation. Ils ont tous deux été condamnés à 26 mois de prison. Ne revenons pas sur le débat de la « police à deux vitesses », dont nous avons tous été abreuvés, mais il est bon de rappeler que l’homme au couteau qui a terrorisé le personnel d’un supermarché cachère à Golders Green en janvier, en exigeant de connaître leur opinion sur « Israël et la Palestine », a été condamné à une peine avec sursis.
Le Royaume-Uni, comme je le dis toujours, est le pays où tout est régi par la police, sauf le crime. À Scotland Yard et dans les autres services de police britanniques, les condamnations pour viols et vols signalés sont à des niveaux statistiquement indétectables. En revanche, les troupes de Starmer savent traquer les crimes de pensée avec une efficacité impitoyable. Le couple homo de Hartlepool est un exemple instructif de la hiérarchie émergente des groupes identitaires. Ils revenaient du bingo, peut-être un peu trop éméchés, lorsqu’ils sont tombés sur une « émeute » d’extrême droite :
C’est à ce moment-là qu’il a perçu un « brouillard rouge » et qu’il est intervenu pour défendre Mailen. Il a été filmé en train d’agiter un doigt en direction des policiers et de leur crier : « Je paie votre salaire ».

Il a également refusé de reculer et un chien policier a été lancé sur lui, l’animal s’est accroché à sa fesse et a failli lui arracher son short, ce qui, selon Mme Masters, [procureur de la Couronne], « a eu pour effet de disperser la foule ».
Et ne croyez pas qu’il faille danser en caleçon et commettre le crime de crier « Je paie votre salaire ». Le simple fait d’être un spectateur léthargique suffit amplement. De Belfast :
Vous vous verrez refuser la libération sous caution même si vous n’avez fait que regarder les émeutes depuis le bord de la rue, prévient un juge.

[Mise à jour, l'Obs fournit des statistiques et d'autres exemples de condamnations draconiennes :

Une cinquantaine de mineurs ont été inculpés. Mais tous les âges sont concernés : un homme de 69 ans a été accusé de vandalisme à Liverpool. Afin d’enrayer la violence, le gouvernement a promis une réponse judiciaire ferme et rapide et les forces de l’ordre ont procédé à plus de 1 000 arrestations et plus de 500 inculpations.

Impliquant enfants, adolescents et personnes âgées, les comparutions et les condamnations qui suivent désormais dans les tribunaux révèlent les profils très variés des émeutiers, que le Premier ministre Keir Starmer a qualifiés de « bande de voyous ».

Près de 70 peines ont été prononcées, quasiment toutes de prison ferme : 26 mois pour un homme qui avait jeté un aspirateur à travers une fenêtre, trois ans pour un autre qui s’était emparé de la matraque d’un policier, etc.

Elles laissent entrevoir des problèmes profonds affectant les populations défavorisées du Royaume-Uni, au-delà de la responsabilité des groupuscules d’extrême droite mis en cause par la police, tel la Ligue de défense anglaise [inexistante depuis une bonne décennie selon son fondateur Tommy Robinson réfugié à l'étranger], un mouvement islamophobe créé par des hooligans.

Dans la petite salle du tribunal de Basingstoke, une adolescente de 13 ans tient la main de sa mère au moment de plaider coupable : elle fait partie des centaines d’émeutiers traduits en justice pour les violences racistes et islamophobes qui ont secoué le Royaume-Uni.

La collégienne, vêtue d’un pull couleur crème et d’un short cycliste, apprend par la voix du procureur qu’elle risque la prison pour avoir donné des coups de poing et de pied sur la porte d’un hôtel accueillant des demandeurs d’asile le 31 juillet dans la ville voisine d’Aldershot, dans le sud de l’Angleterre. […]

La famille de Kieron Gatenby, 19 ans, a éclaté en sanglots au tribunal au moment de sa condamnation à 16 mois de détention dans un établissement pour jeunes délinquants, après avoir été filmé en train de jeter un oeuf au cours des émeutes à Hartlepool (nord-est). Son avocat a affirmé que le jeune homme n’avait jamais exprimé d’idées racistes mais qu’il avait « été entraîné dans une vague de folie ».
]

Ils vous apprennent une leçon : entrez gentiment dans la nuit euro-arabe [allusion en anglais aux mille et une nuits], sinon…

Ce faisant, ils s’assurent que de nombreuses autres écolières poignardées se retrouveront sur le bûcher funéraire de la Grande-Bretagne.

Sur cette question, les politiciens, les policiers et les juges ont manqué à leur devoir envers la population. Si la protestation pacifique (« regarder les émeutes depuis le bord de la rue ») n’est pas autorisée, il ne reste plus que l’autre type de protestation.


Voir aussi