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jeudi 25 juin 2026

Humour — l'IA au bac

 


La Rhénanie-du-Nord-Westphalie veut évaluer les capacités des élèves à utiliser l’IA (octobre 2025)

Les élèves de ce Land de l’ouest de l’Allemagne pourront bientôt utiliser l’intelligence artificielle lors de certaines évaluations comptant pour l’équivalent du baccalauréat. Les autorités régionales se sont donné cinq ans pour mettre en place un tel dispositif, qui inclura une réflexion critique sur l’IA.

Source : Courrier international

“À partir de 2030, ceux qui passent leur Abitur [l’équivalent du baccalauréat français] en Rhénanie-du-Nord-Westphalie pourront utiliser des outils boostés à l’intelligence artificielle lors de leurs évaluations”, annonce Der Spiegel. La ministre de l’Éducation de ce Land de l’ouest de l’Allemagne a déclaré à la mi-octobre que les lycéens seraient autorisés à y recourir dès 2030, non pas pendant l’examen final, mais lors de contrôles pouvant compter pour leur diplôme. “Seront évaluées les capacités [des élèves] à utiliser l’IA correctement, mais aussi leurs réflexions critiques sur la manière dont les réponses sont générées” a précisé Dorothee Feller.

L’annonce de la ministre chrétienne-démocrate est saluée par l’hebdomadaire de centre gauche. “Le fait que l’école favorise non seulement les compétences [liées à l’IA], mais aussi qu’elles les évaluent, va de soi dans un système fondé sur les diplômes, estime-t-il, dans un éditorial. Il était donc temps d’intégrer l’utilisation de l’IA aux évaluations en milieu scolaire.” Des cours pour bien utiliser les logiciels et les robots conversationnels seront mis en place à cet effet.

Ces éléments ont été réaffirmés dans des communiqués officiels du ministère et des articles récents (avril 2026 notamment). La réforme est en discussion au Landtag et suit son calendrier préu. 
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samedi 24 décembre 2022

ChatGPT, l’intelligence artificielle qui inquiète les profs : « Elle réussit l’examen d’entrée pour les ingénieurs ! »

ChatGPT : c’est le nom de la nouvelle intelligence artificielle qui agite le monde de la « tech ». Pourtant, elle n’est qu’au stade de développement. Pourquoi alors en parle-t-on tellement et qu’est ce qui explique son succès ?

Elle a déjà gagné 1 million d’utilisateurs en 1 semaine. Premièrement, parce qu’il y a Elon Musk derrière. Deuxièmement, parce que chacun peut tester derrière son écran d’ordinateur cette version bêta. Troisièmement : parce qu’on a tenté l’expérience et que c’est bluffant.

Exemple de requête à ChatGPT (faite en français) et sa réponse (en français)

 Alors c’est quoi exactement ?

Imaginez que vous avez une question précise et que vous voulez avoir une réponse dans la seconde. C’est ce que propose ChatGPT : plus besoin de chercher des heures sur internet. Et puis et surtout, l’intelligence vous pond un texte, bien rédigé, sur des questions qui sont parfois existentielles. ChatGPT n’est pas sans faille : elle ne peut évidemment pas prédire l’avenir et ses compétences se limitent au savoir acquis. Plus intéressant qu’un Google, elle permet d’écrire en clic de souris des dissertations ou de la poésie avec le nombre de mots que vous souhaitez.

Un exemple de question : L’intelligence artificielle va-t-elle remplacer l’être humain ?

Réponse de ChatGPT : « Il est vrai que l’intelligence artificielle est en train de devenir de plus en plus avancée et qu’elle pourrait un jour être capable de remplacer l’être humain dans certaines tâches. Cependant, il est important de garder à l’esprit que l’IA ne peut pas remplacer l’être humain dans toutes les situations. Les êtres humains ont des qualités uniques, comme l’empathie et la créativité, qui ne peuvent pas être reproduites par l’IA. De plus, il est important de veiller à ce que l’IA soit utilisée de manière éthique et responsable pour ne pas nuire aux êtres humains. »

Une aide à la triche

Et puis — vous me voyez venir —, c’est un bon moyen pour certains de gagner du temps, pour les étudiants de composer un travail de fin d’année en un clic de souris. Nous avons fait l’exercice sur une dissertation de 6e secondaire.

Autre requête (il n’y a pas d’exemples précis dans ce cas…)

 

Résultat : l’intelligence artificielle a reçu la cote de 5 sur 5. « J’ai toutefois repéré que c’était écrit par un ordinateur : le style, le peu de fautes d’orthographe (sic), le manque d’humour ou de prise de position », nous explique Lionel Dohet-Eraly, professeur de français. « Mais à part cela, c’est excellent. Il faudra être attentif et se réinventer : demander des dissertations plus créatives aux étudiants. »

« Il réussit l’examen d’entrée pour les ingénieurs ! », constate Axel Legay, professeur d’informatique à l’Université catholique de Louvain. « En tout cas, je crois que cela signe la mort des examens à distance, comme on le faisait pendant le Covid. »

ChatGPT est capable d’écrire de petits programmes simples. Il est nettement moins bon quand l’énoncé est plus compliqué. Exemples ci-dessous de programmes produits erronés.

 

Il faudra que les profs soient vigilants. Oui, mais comment ? En vérifiant sur ChatGPT ? Ce sera compliqué. Il faudra également être attentif pour qu’elle ne diffuse pas de fausses informations, ou, qui sait, qu’elle crée de nouvelles arnaques via des personnes malintentionnées.

Source : RTBF

Autres exemples :

mardi 4 décembre 2012

Les parents veulent s'investir dans les devoirs de leurs enfants

À l’heure où le ministère de l’éducation nationale est à la recherche d’un scénario pour supprimer les devoirs à la maison — suppression préconisée dans le rapport issu de la concertation pour la « refondation de l’école » convoquée cet été —, Séverine Kakpo, enseignante-chercheuse en sciences de l’éducation, publie une enquête sur la mobilisation des familles populaires autour de cet enjeu. Un travail de terrain d’une année environ que cette ex-professeure de lettres en Seine-Saint-Denis a mené, dans les quartiers populaires de la périphérie parisienne, auprès d’une vingtaine de familles dont les enfants sont scolarisés à la charnière de l’école primaire et du collège. Les résultats de ce travail ethnographique viennent étayer les données de l’Insee : loin du cliché sur la «  démission parentale », les familles populaires ont foi en l’utilité des devoirs, s’investissent chaque soir — ou presque. Et si l’abolition des devoirs, officiellement interdits depuis 1956, n’était pas le véritable enjeu ?

S'appuyant sur les résultats d'une enquête ethnographique conduite auprès de familles appartenant aux couches sociales modestes mais encore suffisamment préservées par la précarisation de l'emploi et des conditions de vie pour s'autoriser le développement de « dispositions scolastiques », le livre de Séverine Kapko opère une plongée dans le quotidien de la préoccupation scolaire des familles et montre comment les parents transforment leur foyer en institution de sous-traitance scolaire mais aussi en institution pédagogique autonome puisqu'ils sont bien souvent prescripteurs de travail « en plus ». L'enquête montre que ces familles qui donnent, sur le plan social, tous les gages de conformité aux attendus de l'école font souvent, sur le plan des savoirs, l'expérience d'une profonde désorientation, peinant à se retrouver dans les méandres opaques du curriculum scolaire contemporain (programmes changé à dessein selon des gens comme Alain Finkielkraut pour empêcher la reproduction des élites, alors que le résultat inverse a été obtenu !)

Les familles sont déçues, comme un des pères interrogés, face à des manuels comme celui de sciences de la vie et de la terre de son fils : « Il n'y a que des images, pas trop de textes, que de l'illustration… » L'apprentissage de la lecture, avec la méthode désormais « semi-globale », désarçonne aussi. « Ils apprennent à lire par cœur » des mots entiers, s'étonne une mère qui s'étonne de cette méthode contraire au code de l'écriture..

À l'autre bout de l'échelle sociale, bien des familles réprouvent également certaines de ces pédagogies. « La différence tient au fait que les familles plus aisées comprennent la démarche », estime Séverine Kakpo qui semble désapprouver la « désorientation des parents ». Il n'empêche : mêmes ces familles plus aisées n'adhèrent pas et vont chercher ailleurs — du côté des établissements privés sous contrat, voire hors contrat, et des organismes de soutien (les percepteurs modernes) — ce que l'école n'apporte pas à leurs enfants.

Certaines développent en outre des formes actives de résistance pédagogique : ils continuent à enseigner à l'ancienne, achètent des livres d'apprentissage de la lecture syllabique, demandent à leurs enfants d'apprendre des faits, des règles, des dates, font des dictées. Au grand chagrin des pédagogistes modernes en cour. Ouvrant la « boîte noire » des pédagogies familiales, l'ouvrage analyse la manière dont les parents réinterprètent le curriculum et met en évidence l'existence de dissonances entre codes scolaires et codes familiaux.

Les devoirs à la maison,
Mobilisation et désorientation des familles populaires
de Séverine Kakpo
aux Presses universitaires de France (PUF)
publié en septembre 2012
192 pages.

Voir aussi

« Les moments passés avec les enfants sur les devoirs sont précieux »

Pourquoi 68 % des Français sont opposés à la suppression des devoirs scolaires





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mercredi 10 octobre 2012

Pourquoi 68 % des Français sont opposés à la suppression des devoirs scolaires

Alors que [le ministre français de l'Éducation] Vincent Peillon doit s’exprimer demain sur la modification des rythmes scolaires et sur l’organisation du temps scolaire hebdomadaire, un sondage Ifop pour Radio Alouette publié ce 9 octobre indique que 68 % des Français sont opposés à la suppression des devoirs scolaires à la maison pour les élèves du primaire. Ils sont 78% parmi les professions libérales et cadres supérieurs et 63% chez les employés et ouvriers.

Pourtant, faire faire leurs devoirs aux enfants n’est une sinécure pour personne, surtout quand les deux parents exercent une profession, comme c’est le cas la plupart du temps aujourd’hui. Si les Français sont si massivement favorables aux devoirs à la maison, c’est qu’ils sont vivement attachés à une certaine conception de l’école qui justifie pleinement le travail personnel à domicile : la conception qui veut que l’école ait pour finalité première de transmettre les connaissances, c’est-à-dire d’instruire, ce qui suppose de répéter chez soi ce que l’on a vu en classe, de faire un effort de mémorisation et d’effectuer des exercices d’entrainement pour parfaire la maîtrise de ces nouvelles connaissances et les ancrer durablement dans la mémoire.

Pourtant la FCPE, principale association de parents d’élèves, a demandé officiellement au ministre la suppression des devoirs à la maison au primaire. On peut lire sur son site « La FCPE et l’ICEM-Pédagogie Freinet dénoncent la persistance des devoirs à la maison. Personne n'en a jamais prouvé l'utilité ». Constat qui ne manque pas de sel au regard des résultats du sondage IFOP. Pourquoi cette position de la FCPE à rebours de celle des parents ? Parce que la FCPE est historiquement acquise à l’idée que le but premier de l’école est un but social et politique : transformer la société par l’école, en faisant de cette dernière un moyen d’annihiler les différences sociales.  [Au Québec, ce rôle est officiellement inscrit dans une des trois missions de l'école : elle doit « socialiser » l'enfant. En fonction de quelles règles et valeurs ? Celles des parents ou celles que l'État édicte ?] En clair, l’école nouvelle manière doit être telle que le fils de notaire ne soit pas avantagé à l’école par rapport au fils d’ouvrier. La FCPE le reconnaît sans s’en cacher sur son site internet : « [Les devoirs à la maison] ne font qu’accentuer les inégalités entre les enfants selon qu’ils peuvent ou non bénéficier d’aide à la maison. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils sont proscrits en primaire par une circulaire de 1956. »

Ce sondage doit donc donner l’occasion au Ministre d’oser poser publiquement la finalité de l’école : a-t-elle pour but premier d’instruire (transmettre les connaissances) ou bien de réduire les inégalités sociales au moyen de l’enseignement ? C’est une question qui mériterait d’être posée au peuple dans le cadre d’un référendum. Rester dans le flou sur cette question, c’est prendre la responsabilité de refonder l’école sur les sables mouvants d’un malentendu majeur. C’est travailler sur les moyens pédagogiques sans avoir précisé préalablement au service de quelles finalités on en devait juger l’efficacité. Il est clair que cette ambiguïté n’est pas étrangère à la baisse de niveau de l’école française, depuis que cette dernière a fait passer les objectifs politiques (changer la société par l’école) au détriment d’objectifs scientifiques (transmettre les savoirs).

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