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jeudi 9 juillet 2026

Vio­lence, pros­ti­tu­tion : le nau­frage de l’aide gouvernementale à l’enfance

Une marche blanche en hommage à Louis organisée dimanche dernier à Narbonne 

Le lyn­chage à mort de Louis met en lumière les dérives du sys­tème de pro­tec­tion de l’enfance, où le manque d’enca­dre­ment et la mal­trai­tance font le lit d’une vio­lence tou­jours plus décom­plexée. Une marche blanche en hommage à Louis a été organisée, dimanche, à Narbonne.

Le 19 juin der­nier, à Nar­bonne (Aude), cinq jeunes hommes rouent de coups Louis, 17 ans, le lais­sant pour mort après avoir filmé la scène. Alors que trois d’entre eux, ainsi que leur vic­time, sont ou ont été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, cette affaire en sym­bo­lise à elle seule la faillite. Sui­cides, absence de soins pédo­-psy­chia­triques, manque d’édu­ca­teurs, pros­ti­tu­tion… Cette «machine à broyer les gosses» qui suit 400000 enfants, dont un contin­gent tou­jours plus impor­tant de mineurs étran­gers non accom­pa­gnés (MNA), engendre-t-elle plus de dégâts qu’elle n’en répare? Aujourd’hui, à l’heure où le pro­jet de loi rela­tif à la pro­tec­tion de l’enfance, exa­miné à par­tir du 15 juillet, ne sus­cite pas l’enthou­siasme des pro­fes­sion­nels, «la balance béné­fice-risque d’un pla­ce­ment en pro­tec­tion de l’enfance se pose», recon­naît Lyes Louf­fok, membre du Conseil natio­nal de la pro­tec­tion de l’enfance.


Louis avait 17 ans, un trouble de l’atten­tion, et vivait dans un foyer de l’aide sociale à l’enfance (ASE) de Nar­bonne. Le 19 juin, sur un chan­tier, cinq jeunes le rouent de coups, filment la scène, le laissent pour mort. L’état, qui avait la charge de cet enfant, ne l’a pas pro­tégé. Et parmi les cinq jeunes mis en exa­men après ce lyn­chage, trois sont ou ont été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance.

Louis est devenu un de ces visages qui disent le nau­frage d’un sys­tème de pro­tec­tion de l’enfance. Une «machine broyer les gosses », dit désor­mais la dépu­tée du Modem Maud Petit. Des scan­dales, il y en a eu d’autres ces der­niers mois. Celui de ce garçon de 13 ans, frappé à terre, hur­lant sous les coups, filmé par ses cama­rades dans un foyer à Châlons-en-Champagne, en février der­nier. Cette scène insou­te­nable, dif­fu­sée sur les réseaux sociaux, a entraîné une sai­sine de la jus­tice par la ministre de la Santé, au titre de l’article 40 du code de pro­cé­dure pénale.

lundi 8 juin 2026

Pédophilie, viols : les crèches et le périscolaire parisien n'est ni un accident, ni une surprise

Ce qui s'est passé dans les crèches et le périscolaire parisien n'est ni un accident, ni une surprise. C'est le résultat d'années d'imprudence, d'indifférence et de déni politique, selon Anne Coffinier.

Dans cette vidéo, elle analyse ce drame à deux niveaux :
  • Les faits eux-mêmes — leur nature monstrueuse, mais surtout leurs conséquences à long terme sur les enfants victimes, dont on parle trop peu.
  • Le scandale dans le scandale — comment notre système judiciaire, sous-doté en juges, et notre classe politique parisienne, alertée dès 2015, ont collectivement failli.
Des rapports d'inspection existaient. Des élus ont tiré la sonnette d'alarme. Et pourtant, rien n'a vraiment changé. Pour Anne Coffinier, il est temps d'en parler sans détour.


vendredi 22 mai 2026

Entretien avec Michel Onfray – l’ex-professeur de philo se confie sur son enfance et son éducation

Dans cet entretien long format pour la chaîne Destinée, le philosophe revient sur son enfance pauvre, les violences subies en orphelinat, la découverte salvatrice des livres, et la rencontre décisive avec son maître Lucien Jerphagnon.

Il parle aussi sans détour de l'école, de l'Éducation nationale, de la foi, de l'athéisme, de l'injustice sociale, et de sa vision radicale de la transmission du savoir.


jeudi 30 avril 2026

Scènes de christanophobie en Israël: nonne française agressée, crachats et gestes obscènes devant la cathédrale Saint-Jacques (m à j)


Billet du 30 avril

La vidéo ci-dessous de la police israélienne montrant un homme de 36 ans agressant par-derrière une nonne française de 48 ans à Jérusalem, près du tombeau de David sur le mont Sion, en la projetant au sol et en la frappant.

La victime, chercheuse à l’École biblique et archéologique française, a subi des contusions au visage ; un passant est intervenu et le suspect a été arrêté le jour même pour agression, avec examen d’un possible mobile nationaliste.

La France a condamné l’acte, dans un contexte de signalements répétés d’incidents antichrétiens par des extrémistes juifs dans la Vieille Ville.

Dans un autre vidéo, un homme est filmé crachant devant la cathédrale Saint-Jacques dans la Vieille Ville, tout en faisant un doigt d’honneur en forme de croix, suite à l’agression d’une religieuse française la veille.

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Le Noël tourmenté des chrétiens d'Orient

« Certains Israélites crachent sur les chrétiens qu’ils croisent à Jérusalem », Mgr Gollnisch de l'Œuvre d'Orient

Un journaliste israélien se fait passer pour un prêtre - et se fait cracher dessus à Jérusalem (juin 2023)

Liban — « Si les chrétiens quittent le sud du pays, ils ne reviendront jamais » 

« On aime Laval. C’est comme si on était au Liban ! Il y a plus d’Arabes que de Québécois ici »

Selon l'Armée israélienne, seule une partie du couvent a été détruite: « Après vérification des faits, il est apparu que dans le cadre des activités des forces visant à détruire les infrastructures terroristes, une maison située dans un complexe religieux de la région a été endommagée, et qui ne présentait aucune caractéristique indiquant qu'il s'agissait d'un bâtiment religieux. Après avoir identifié des caractéristiques claires sur un autre bâtiment du complexe, les forces ont agi pour éviter d'autres dommages au complexe.» Notons que la destruction préventive de bâtiments civils en l'absence de combats est très probablement contraire au droit international humanitaire. L’usage de moyens lents et planifiés comme ces pelleteuses, dans une zone sans combat apparent, affaiblit fortement l’argument de nécessité militaire. On semble assister à des mesures punitives collectives.

 

mardi 24 février 2026

Québec — Qui osera encore dénoncer la DPJ ?

Après avoir dénoncé le fonctionnement de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), Geneviève Guérin a dû rester recluse chez elle pendant deux semaines, avant d’apprendre qu’elle était congédiée.

« Lorsque l’on a su que j’avais parlé à un journaliste, on m’a téléphoné à domicile. C’était vers 19 heures. On m’a ordonné de ne pas sortir et de ne parler à personne tant que le conseil d’administration — le C.A. — n’aurait pas décidé de mon sort. Cela a duré plus de quatorze jours. »

Durant cette période, elle est restée dans l’attente. Puis la décision est tombée : elle était licenciée et devait venir récupérer ses effets personnels.

« Cela a été l’une des épreuves les plus difficiles de ma vie. Ce n’est que depuis quelques mois que j’ai retrouvé une parole fluide ; auparavant, je me mettais à bégayer dès qu’une personne inconnue me posait une question. »

Travailleuse sociale depuis plus de vingt ans, Geneviève Guérin dirigeait le Centre PIE, un organisme communautaire financé en partie par des fonds publics. Cet organisme accompagne des familles suivies par la DPJ de la région Mauricie–Centre-du-Québec. Au Québec, la DPJ est un service public chargé d’intervenir lorsque la sécurité ou le développement d’un enfant est compromis — par exemple en cas de négligence, de maltraitance ou de graves conflits familiaux.

Au fil du temps, Mme Guérin dit avoir vu passer des dossiers qui l’ont profondément troublée : des évaluations caviardées ou modifiées, des informations altérées, des documents falsifiés. Selon elle, certains enfants étaient orientés vers l’adoption de manière expéditive, « en tournant les coins très ronds », expression québécoise qui signifie agir trop rapidement ou en négligeant des étapes importantes.

Elle affirme également avoir signalé plusieurs situations à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), un organisme public indépendant chargé de veiller au respect des droits fondamentaux, notamment ceux des enfants. D’après elle, ces signalements n’ont pas été suivis d’effets.

Refusant d’accepter que certains dossiers d’adoption soient précipités ou que des informations y soient modifiées, elle a finalement décidé de parler publiquement. « Il y a eu des démarches avant d’en arriver à dire à Sébastien : “vas-y, publie.” » Le journaliste auquel elle fait référence est Sébastien Houle, du quotidien régional Le Nouvelliste.

La révélation a fait l’effet d’une bombe.

Le ministre responsable à l’époque, Lionel Carmant, a qualifié la situation d’« inacceptable ». La CDPDJ a alors décidé d’examiner 140 dossiers d’adoption traités entre le 1er janvier 2021 et le 1er janvier 2023.

Dans son rapport rendu en avril 2025, la Commission écrit avoir des raisons de croire qu’un problème systémique existait au sein de la DPJ de la Mauricie–Centre-du-Québec et que cette situation avait entraîné de nombreuses atteintes aux droits des enfants.

Les constats sont sévères :

* dans 80 % des dossiers, aucun outil clinique n’avait été utilisé ;
* dans 66 % des cas, la décision reposait uniquement sur le fait qu’un parent avait lui-même eu affaire à la DPJ durant son enfance ;
* dans 49 % des dossiers, les faits invoqués pour justifier la décision n’avaient pas été vérifiés.

La Commission a aussi relevé des informations omises, manipulées ou même inventées.

À la suite de ces révélations, le ministre Carmant avait annoncé que la DPJ serait placée « sous tutelle ». Au Québec, cela signifie normalement qu’une autorité supérieure prend temporairement le contrôle d’un organisme pour le redresser. Or, on a appris par la suite qu’il ne s’agissait en réalité que d’un accompagnement de trois mois. Au terme de cette période, la personne chargée de cet accompagnement, Sonia Mailloux, a été nommée directrice.

Quoi qu’il en soit, l’affaire a provoqué un choc important dans le réseau.

Mais Geneviève Guérin a-t-elle été remerciée d’avoir mis en lumière un problème systémique dans le traitement des dossiers d’adoption ? D’avoir contribué à une prise de conscience collective ? Évidemment non. Non seulement la lanceuse d’alerte n’a jamais retrouvé son poste, mais il lui a fallu trois ans pour décrocher un nouvel emploi, et encore dans une autre région.

Pourtant, elle avait été encouragée par plusieurs responsables politiques, dont le premier ministre du Québec François Legault, à porter plainte auprès du Protecteur du citoyen. Au Québec, cette institution joue un rôle comparable à celui d’un médiateur ou d’un ombudsman : elle enquête sur les plaintes visant l’administration publique.

Cette démarche s’appuyait sur une nouvelle loi destinée à protéger les lanceurs d’alerte — appelés au Québec « divulgateurs » ou parfois « sonneurs d’alerte » — entrée en vigueur en novembre 2024. Or, les faits dénoncés par Mme Guérin étaient antérieurs à cette loi.

« Je lui ai dit : “Monsieur Carmant, les représailles que j’ai subies datent d’avant votre loi.” Il m’a répondu : “Non, votre plainte est recevable, nous avons modifié la loi à cause de vous.” »

La décision du Protecteur du citoyen, rendue en juin, a toutefois été tout autre. L’enquêtrice a rappelé qu’une divulgation est considérée conforme à la loi lorsqu’elle est faite aux autorités compétentes — comme le Protecteur du citoyen, la Commission municipale du Québec ou le Commissaire à l’éthique et à la déontologie de l’Assemblée nationale — ou à l’intérieur même de l’organisme concerné. Cela permet, en principe, que les faits soient examinés et que des mesures correctrices soient prises.

Mais parler directement aux médias ne donne pas accès aux protections prévues contre les représailles. Par conséquent, l’examen de la plainte a été clos.

Autrement dit : dénoncer publiquement la DPJ ne permet pas de bénéficier des protections juridiques destinées aux lanceurs d’alerte.

Le paradoxe est frappant : selon plusieurs observateurs, si Geneviève Guérin n’avait pas témoigné publiquement, l’enquête d’envergure de la CDPDJ n’aurait sans doute jamais été lancée.

Quant à la directrice nationale de la DPJ, Lesley Hill, elle a plutôt pris la défense des intervenants du réseau de la DPJ. Le 7 mai, alors que Mme Guérin assistait aux travaux de l’Assemblée nationale — le parlement du Québec — et que des élus la remerciaient d’avoir attiré l’attention sur les droits bafoués de plusieurs enfants, Mme Hill diffusait une vidéo destinée au personnel de la DPJ.

Elle y évoquait la difficulté d’entendre des accusations telles que « parjure », « falsification » ou « omission volontaire », laissant entendre que les intervenants n’agissaient pas délibérément de la sorte.

Pourtant, ce sont précisément des pratiques de ce type que la Commission a relevées dans plusieurs dossiers.

Dans son message, la directrice invitait plutôt à se concentrer sur les « petits miracles » accomplis par le réseau, tout en affirmant sa solidarité avec les intervenants.

La question demeure : dans ces conditions, qui osera encore soulever le couvercle ?


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dimanche 16 novembre 2025

Paris : 52 animateurs périscolaires suspendus pour violences sexuelles sur des enfants de 3 à 6 ans

La mairie de Paris a révélé, vendredi, un bilan glaçant : 52 animateurs périscolaires ont été suspendus entre 2022 et 2025 pour des signalements de violences sexuelles sur des enfants, majoritairement scolarisés en maternelle et en primaire, donc âgés de 3 à 6 ans. En 2025 seul, 16 cas ont déjà été recensés, un rythme constant depuis trois ans.Ces affaires, qui touchent les temps d’activités périscolaires (TAP) des mardis et vendredis après-midi, ont déclenché une vague d’indignation chez les parents et une réponse institutionnelle tardive, mais ferme.

Des faits précis, des victimes très jeunes

Dans le 11e arrondissement, deux établissements ont été particulièrement secoués :
  • École maternelle Alphonse-Baudin (avril 2025) : Deux animateurs suspendus. L’un sera jugé le 25 novembre pour agressions sexuelles sur cinq mineurs de moins de 15 ans et sur une collègue. L’autre a bénéficié d’un classement sans suite, mais reste écarté.
  • École maternelle Bullourde (octobre 2025) : Trois animateurs suspendus pour exhibition, agressions sexuelles et faits à caractère sexuel. Une fillette de 3 ans est au centre de l’enquête. Un camarade du même âge a témoigné avoir vu des actes. Lors de son audition par la Brigade de protection des mineurs (BPM), l’enfant a mimé des gestes précis, jugés incompatibles avec l’imagination d’un très jeune enfant.
La famille, par la voix de Me Arié Alimi, a porté plainte mi-novembre avec constitution de partie civile pour viol aggravé sur mineure de moins de 15 ans par personne ayant autorité.  « Nous craignons un très grand nombre de victimes potentielles, des faits massifs », a déclaré l’avocat, dénonçant l’opacité totale des services d’enquête et de la mairie.

D’autres familles ont été entendues. Aucune n’a reçu de suivi régulier.

Un recrutement massif, une vigilance défaillante ?


Pour Emmanuel Garot, président de la Peep (Fédération de parents d’élèves de l’enseignement public), la cause est structurelle : « Depuis la réforme des rythmes scolaires en 2013, le recrutement de 3 000 animateurs par an a été trop rapide et insuffisamment contrôlé. Des prédateurs en profitent. »


jeudi 6 novembre 2025

Cette « réconciliation » avec les Premières Nations est un désastre pour le Canada

Mise à jour 7 novembre 

L'Assemblée des Premières Nations (APN), l'Inuit Tapiriit Kanatami (ITK) et le Conseil national des Métis (CNMW) ont soumis individuellement des demandes budgétaires au gouvernement fédéral avant le budget du 4 novembre, qui totalisent 443 milliards de dollars sur au moins les 10 prochaines années.

L'APN a également demandé 367 milliards de dollars sur 10 ans en investissements en capital pour diverses infrastructures communautaires, notamment l'eau potable, les routes et la connectivité Internet, ainsi que 139 milliards de dollars uniquement pour le logement dans les communautés des Premières Nations.

Selon les données de Statistique Canada et de l'Agence du revenu du Canada, les Autochtones, dont les Premières Nations représentent environ 70 % des 1,8 million d'individus, contribuent chaque année à hauteur d'environ 11 à 14 milliards de dollars au Trésor public fédéral, principalement par le biais des impôts sur le revenu et de la TPS/TVH. En 2021, le revenu moyen des Autochtones était de 44 300 $, contre 53 300 $ pour les non-Autochtones. Plus de 55 % des Autochtones sont pleinement imposables en raison de leur résidence hors réserve ou de leur emploi non exempté en vertu de la section 87 de la Loi sur les Indiens.


Billet du 6 novembre

Des milliards de dollars versés au titre des accords de règlement. Des prières pour reconnaître les droits fonciers amérindiens avant chaque événement gouvernemental. Un accès exclusif à des parcs autrefois publics. Bientôt, peut-être, la cession de propriétés privées ordonnée par les tribunaux. Telle a été la recette du gouvernement fédéral pour la réconciliation avec les peuples autochtones au cours des dix dernières années. Recette désastreuse. 

Selon Le National Post, le Canada doit expier le traitement qu’il a réservé à ses citoyens autochtones au cours de l’histoire. Mais cela ne devrait pas impliquer de se plier aux exigences extrêmes de la gauche « Retour des Terres », solution à cette réconciliation jusqu’à présent.

Depuis des années, le discours sur la restitution des « terres volées » est populaire sur les ondes de la CBC (le diffuseur public anglophone), entre autres médias progressistes. Mais ce n’est qu’en 2025, avec la décision de la Cour suprême de la Colombie-Britannique concernant les tribus Cowichan, qui a jugé que la propriété foncière pleine et entière (entre blancs) ne remplace pas le titre aborigène, que la réalité de la restitution des « terres volées » s’est imposée.

Concrètement, cela se traduit ainsi : les propriétaires fonciers en Colombie-Britannique se voient dire par leur maire que la revendication autochtone sur leurs terres « pourrait compromettre le statut et la validité de (leur) propriété » ; les entreprises affirment se voir refuser des prêts pour des projets dans la zone concernée ; les agents immobiliers font état d’une incertitude en matière d’hypothèques.

Leurs terres ne seront pas saisies demain, et les défenseurs de la décision Cowichan Tribes vous rappelleront que les demandeurs autochtones ne l’ont pas demandé. Mais, dans ce cas-ci. les plaignants autochtones ont demandé comme réparation des terres appartenant au gouvernement et le tribunal a ordonné la remise de ces terres. À moins qu’un appel ne parvienne à renverser la nouvelle interprétation du tribunal sur le fonctionnement du droit immobilier, ces propriétaires fonciers n’auront pas beaucoup de moyens de défense.


Des centaines de personnes assistent à la séance d’information sur la décision Cowichan à l’hôtel Sheraton Vancouver Airport à Richmond, en Colombie-Britannique, le 28 octobre 2025. 

La saisie de terres est un risque réel : au Nouveau-Brunswick, où toute la province fait l’objet de revendications des Premières Nations, un juge a suggéré que les tribunaux pourraient ordonner à la Couronne de saisir des propriétés privées au nom d’un groupe autochtone et d’indemniser les propriétaires fonciers en retour. Les Québécois devraient également s’inquiéter, car les Algonquins viennent de déposer une revendication de titre sur de vastes étendues de la province.

Pour Adam Pankratz dans le National Post, la décision Cowichan provoque déjà une panique autour des droits de propriété en Colombie-Britannique.

mercredi 9 juillet 2025

Allemagne — Nouvelle campagne pour avertir que les attouchements sont interdits dans les piscines publiques

En Allemagne, le gouvernement a lancé une nouvelle campagne pour avertir les clients des piscines publiques que les attouchements sont interdits :


Comme vous pouvez le voir, sur une affiche, un homme blanc envahit l'intimité d'une femme brune ; sur la deuxième, un homme blanc saisit les fesses d'une femme brune ; sur la troisième, deux hommes blancs poussent une femme brune ; et sur la quatrième, une rousse prédatrice tripote un homme brun avec une jambe de bois.

Comme l'a souligné le journal le plus vendu d'Europe, cette campagne publicitaire est l'exacte inversion de la réalité allemande :
    Elf Tage ist es her, dass acht Mädchen in Gelnhausen bei einem Schwimmbad-Ausflug sexuell belästigt wurden. Die mutmaßlichen Täter waren vier junge Männer. Alle vier sollen derselben syrischen Familie angehören.
Ce qui signifie :
    Il y a onze jours, huit filles ont été agressées sexuellement lors d'une sortie à la piscine de Gelnhausen. Les auteurs présumés sont quatre jeunes hommes. Tous les quatre seraient issus de la même famille syrienne.
Est-ce vraiment une surprise quand on sait que l'homme qui a sodomisé un garçon de dix ans dans la piscine de Theresienbad a vu sa condamnation annulée par la Cour suprême autrichienne au motif que, étant originaire d'Irak, Amir ne pouvait pas savoir que le mignon petit marmot ne consentait pas à son viol anal ?
 
Voir aussi
 
 
 
Bureau national des statistiques britannique : En 2024, le pourcentage de naissances vivantes dont l'un des parents ou les deux sont nés hors du Royaume-Uni était de 40,4 % en Angleterre (contre 38,2 % en 2023). 

lundi 31 mars 2025

Les communautés chrétiennes en Israël font face à une hostilité croissante, selon un rapport annuel

Intervenants présents à la réunion d'information du Centre Rossing présentant le rapport « Attaques contre les chrétiens en Israël et à Jérusalem-Est » le 27 mars 2025. De gauche à droite : Hana Bendcowsky, directrice du Centre de Jérusalem pour les relations judéo-chrétiennes du Centre Rossing ; Bernard Sabella, professeur de sociologie à la retraite ; Federica Sasso (Centre Rossing), modératrice ; Hussam Elias, directeur exécutif du projet ; et le père jésuite David Neuhaus. | Crédit : Marinella Bandini
Jérusalem, 29 mars 2025


Le 27 mars à Jérusalem, le Centre Rossing pour l’éducation et le dialogue a présenté les conclusions de son rapport annuel, « Attaques contre les chrétiens en Israël et à Jérusalem-Est », et d’une enquête menée en décembre 2024 auprès de 300 chrétiens palestiniens/arabes en Israël et à Jérusalem-Est, donnant un aperçu de leurs perceptions de divers aspects de la vie.

La réunion d'information s'est tenue au Centre Notre-Dame de Jérusalem. Un panel d'experts a mis en lumière les défis et les angoisses auxquels est confrontée la population chrétienne locale, parmi lesquels Hana Bendcowsky, directrice du Centre de Jérusalem pour les relations judéo-chrétiennes du Centre Rossing ; Hussam Elias, directeur exécutif du projet ; le père jésuite David Neuhaus ; et Bernard Sabella, professeur de sociologie à la retraite.

Le rapport documente une augmentation des incidents d’intimidation et d’agression ciblant les communautés chrétiennes tout au long de 2024. Actuellement, environ 180 000 chrétiens vivent en Israël (environ 1,8 % de la population israélienne) et 78,8 % d’entre eux sont arabes.

Les agressions physiques sont apparues comme la catégorie la plus répandue parmi les 111 cas recensés, la majorité visant des membres du clergé, facilement identifiables à leur tenue religieuse. Les crachats ont été identifiés comme une forme courante de harcèlement physique. Des actes de vandalisme et de profanation visant des églises chrétiennes, notamment des graffitis, des jets de pierres et des incendies criminels, ont également été recensés.

Selon le rapport, les auteurs de tous les cas connus ont été identifiés comme étant des individus juifs, principalement des jeunes hommes issus de milieux ultra-orthodoxes et national-religieux, animés par un mélange de ferveur nationaliste et d’extrémisme religieux.

Ces événements font que les chrétiens se sentent menacés et mal accueillis dans leur propre pays. Ce sentiment est encore plus évident dans l'enquête, qui révèle des sentiments mitigés quant à leur acceptation par la société juive israélienne. Alors que 30,8 % des chrétiens se sentent acceptés au sein de la société israélienne, 34 % ne le sont pas, le sentiment de non-acceptation étant plus élevé (56 %) chez les 18-29 ans.


Le rapport annuel du Centre Rossing, « Attaques contre les chrétiens en Israël et à Jérusalem-Est », sera présenté le 27 mars 2025 au Centre Notre-Dame de Jérusalem. Crédit : Marinella Bandini

Après l'approbation de la loi fondamentale « Israël, État-nation du peuple juif » en 2018, 64,8 % des personnes interrogées estiment que celle-ci confirme le statut des chrétiens comme citoyens de seconde zone. Une part importante (36 %) envisage l'émigration, le pourcentage le plus élevé étant à Haïfa (48 %). Les raisons de sécurité (44 %) et la situation sociopolitique (33 %) ont été identifiées comme des facteurs de motivation clés.

En ce qui concerne la liberté religieuse, une majorité (58,5 %) se sent à l’aise de porter des symboles religieux visibles dans les zones mixtes ou à prédominance juive israélienne, bien que le malaise soit plus élevé à Jérusalem-Est (42 %).

Le thème de l’identité est très significatif : 34 % des répondants se sont identifiés comme chrétiens arabes, 23 % comme chrétiens israéliens et 13 % comme chrétiens palestiniens, ce qui indique une interaction complexe d’affiliations religieuses et nationales.

« Après la révolution iranienne de 1979, une transformation s'est produite dans toute la région », a-t-il expliqué. « Les Palestiniens et les Arabes ont commencé à s'identifier avant tout comme musulmans. En réaction, les chrétiens palestiniens et les chrétiens arabes israéliens ont commencé à s'identifier comme chrétiens. »

Sabella a mis en garde contre une importance excessive accordée à l’identité religieuse au détriment d’une identité plus large et inclusive liée au lieu.

« Le risque est de faire de la société non pas une société inclusive, mais une société divisée selon des croyances ou des différences religieuses et ethniques. On perd alors cette identité inclusive et globale qui nous unit à un lieu, quelle que soit la nation ou la religion », a-t-il déclaré.

« Si l'on s'enferme davantage dans son identité religieuse », a poursuivi Sabella, « on risque de perdre l'identité plus large à laquelle on appartient. En tant que chrétiens, nous devons trouver un espace commun avec tous les autres. »


Le Centre Notre-Dame de Jérusalem. Le 27 mars 2025, le Centre Rossing pour l'éducation et le dialogue y a présenté les conclusions du rapport annuel intitulé « Attaques contre les chrétiens en Israël et à Jérusalem-Est » et d'une enquête menée auprès des chrétiens palestiniens et arabes en Israël et à Jérusalem-Est, donnant un aperçu de leur perception de divers aspects de la vie. Crédit : Marinella Bandini

Bendcowsky a souligné une détérioration du climat politique et social, en particulier après le 7 octobre 2023 — le rapport consacre une place considérable à l’analyse du contexte — caractérisée par un extrémisme accru, une polarisation et un manque de tolérance envers les minorités.

Elle a souligné une volonté croissante des églises et des chrétiens de signaler et de dénoncer les attaques ainsi qu’une présence accrue des forces de l’ordre – bien qu’il y ait souvent un manque de dialogue réel et d’implication des autorités dans la compréhension et la réponse aux besoins des communautés chrétiennes.

La situation sur le mont Sion, où les traditions religieuses juive et chrétienne convergent dans un espace restreint, a été présentée comme un cas d'école : un lieu complexe, négligé et sujet à des agressions contre les visiteurs. Ces dernières années, le nombre d'incidents a augmenté, entraînant des actes de vandalisme contre des édifices religieux et des cimetières chrétiens, ainsi que des actes de harcèlement physique contre le clergé chrétien et les touristes.

Le rapport du Centre Rossing souligne que « le ciblage du christianisme ne fait pas partie de l’agenda politique » mais est davantage lié à « un climat sociopolitique » et à « un sentiment croissant de nationalisme, et à l’accent mis sur Israël principalement en tant qu’État pour la population juive ».

Les difficultés rencontrées par les églises dans leurs relations avec les autorités incluent les visas pour le clergé, les autorisations pour les fêtes religieuses, le statut fiscal des églises et les tentatives d'expropriation de terres. « Les chrétiens ne sont tout simplement pas une priorité et ils s'en fichent », a déclaré Bendcowsky à CNA à la fin de la réunion. « Ils ne s'en prennent pas délibérément aux chrétiens, mais ils le font délibérément pour ne pas s'en soucier. »

La réunion d'information a mis en lumière une situation complexe et préoccupante pour les communautés chrétiennes en Israël et à Jérusalem-Est. Malgré des avancées positives en matière de signalement et de sensibilisation du public, des efforts importants sont nécessaires pour garantir la sécurité, la liberté religieuse et la présence continue des communautés chrétiennes en Terre Sainte.

C'est pourquoi le rapport inclut des « recommandations » à l'intention de toutes les parties prenantes. L'accent est mis sur la compréhension mutuelle et le dialogue. Le Centre Rossing encourage une plus grande sensibilisation à ces questions aux niveaux politique et diplomatique, ainsi que des actions de condamnation de la part des autorités par les personnes concernées. 

Née et élevée en Italie, Marinella Bandini est journaliste professionnelle depuis 2008. Elle travaille pour plusieurs agences de presse et journaux en ligne dans le monde catholique. Actuellement basée à Jérusalem, elle collabore avec la Custodie de Terre Sainte. Source : CNA, traduction Belgicatho

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mercredi 5 mars 2025

Plus d'enfants maltraités par une femme que par un homme (et souvent c'est alors le compagnon non marié)


Les changements survenus au cours du siècle dernier, et plus particulièrement au cours des 50 dernières années, nous ont fourni un ensemble de données sur l'organisation familiale la plus propice au développement des enfants. La première leçon est que l'éducation des enfants par les deux parents biologiques mariés produit les meilleurs résultats et présente le moins de risques pour les enfants.

Le ministère américain de la santé et des services sociaux suit les données sur la maltraitance et la négligence des enfants depuis 1978 dans le cadre de l'étude nationale sur l'incidence (National Incidence Study - NIS). L'étude nationale sur l'incidence est une initiative périodique du ministère de la Santé et des Services sociaux des États-Unis, mandatée par le Congrès. Il y a eu quatre rapports de ce type, le dernier étant le NIS-4, publié en 2010. Ce rapport comprend une ventilation des données collectées au niveau national sur la maltraitance et la négligence des enfants par situation de vie (section 5.3.2).

Cette section de l'étude s'ouvre comme suit : 

La figure 5-9 montre les taux d'incidence des mauvais traitements selon la norme de mise en danger pour les différents sous-groupes de structure familiale et de conditions de vie. Le taux global de mauvais traitements selon les normes de mise en danger pour les enfants vivant avec deux parents biologiques mariés (15,8 enfants pour 1 000) est nettement inférieur aux taux pour les enfants dans toutes les autres circonstances (51,5 enfants ou plus pour 1 000). Les enfants vivant avec un parent dont le partenaire non marié fait partie du ménage présentent l'incidence la plus élevée de maltraitance selon la norme de mise en danger (136,1 enfants pour 1 000). Cela équivaut à plus de 13 enfants sur 100, ou à plus d'un enfant sur 8 dont le parent unique a un partenaire cohabitant dans la population générale des enfants. Le risque de maltraitance selon la norme de mise en danger de maltraitance est plus de 8 fois supérieur à celui des enfants vivant avec deux parents biologiques mariés. 

Parmi les autres enseignements importants de ce rapport, citons les suivants : 

  • Les enfants vivant avec un parent seul dont le partenaire n'est pas marié sont ceux qui ont subi le plus de violences physiques, et de loin, soit plus de 10 fois le taux le plus bas.
  • Seuls 0,7 pour 1 000 enfants vivant avec deux parents biologiques mariés ont été victimes d'abus sexuels, contre 12,1 pour 1 000 enfants vivant avec un parent célibataire ayant un partenaire non marié.  
  • En ce qui concerne la violence psychologique, le taux de 15,0 pour 1 000 enfants vivant avec un parent célibataire ayant un partenaire non marié est plus de 8 fois supérieur à celui des enfants dont les deux parents biologiques sont mariés.
  • L'incidence la plus faible de mise en danger de la vie d'autrui (négligence physique) a été observée chez les enfants vivant avec deux parents biologiques mariés (6,5 enfants pour 1 000), ce qui est nettement inférieur aux taux observés pour les enfants vivant dans toutes les autres conditions de vie.
  • Le taux de négligence physique le plus élevé concerne les enfants vivant avec un parent seul ayant un partenaire cohabitant (47,4 enfants pour 1 000), ce qui est plus de 7 fois supérieur au taux le plus bas.
  • Les enfants dont le parent unique avait un partenaire non marié présentaient également le taux le plus élevé de négligence émotionnelle, soit 68,2 pour 1 000 enfants, ce qui représente un facteur de plus de 10 fois supérieur au taux le plus bas.
  • L'incidence des enfants ayant subi des sévices graves en raison de mauvais traitements de type « mise en danger » était significativement plus faible chez les enfants vivant avec leurs parents biologiques mariés (2,8 enfants pour 1 000), par rapport aux taux d'incidence des enfants vivant dans d'autres conditions (9,5 enfants ou plus pour 1 000).
  • La gravité des sévices physiques varie en fonction de l'éloignement parental qui sépare l'auteur des sévices de l'enfant. Un enfant maltraité physiquement était plus susceptible de subir une blessure grave lorsque l'agresseur n'était pas un parent.

L'une des conclusions les plus pertinentes et les plus surprenantes est peut-être la suivante : 68% des enfants maltraités l'ont été par une femme, tandis que 48% l'ont été par un homme (certains enfants ont été maltraités par les deux). Parmi les enfants maltraités par leurs parents biologiques, les mères ont maltraité la majorité d'entre eux (75%), tandis que les pères ont maltraité une minorité non négligeable (43%). En revanche, les auteurs masculins étaient plus fréquents pour les enfants maltraités par des parents non biologiques ou par les partenaires des parents (64%) ou par d'autres personnes (75%).

Cette statistique est l'élément le plus illustratif des données prouvant que l'éloignement du père biologique de l'enfant est le plus grand facteur de risque de maltraitance. Cela semble confirmer l'affirmation selon laquelle les pères, les patriarches de la famille, ont le plus grand intérêt et le plus grand effet protecteur sur la vie des enfants. Ils sont moins susceptibles de commettre des abus que les mères biologiques et, une fois retirés, font des foyers de mères célibataires une cible facile pour les prédateurs qui n'ont pas de lien de parenté avec l'enfant. 

Deuxièmement, ce sont les mères, et non les pères, qui sont les plus susceptibles de maltraiter ou de négliger les enfants. En 2021, environ 210 746 enfants aux États-Unis ont été maltraités par leur mère, alors que 132 363 enfants ont été maltraités par leur père cette même année. (Source : Département américain de la santé et des services sociaux ; Administration for Children & Families) Ce constat est cohérent avec l'ensemble des données du NIS.  

Les défenseurs du féminisme s'opposent principalement à ces données en soulignant que les mères sont plus susceptibles d'être les principales pourvoyeuses de soins et de passer le plus de temps avec les enfants, ce qui, selon eux, explique pourquoi les taux de maltraitance sont plus élevés de la part des mères que des pères. Toutefois, une tendance permet de vérifier cette hypothèse. Le nombre d'enfants vivant avec leur père a plus que quadruplé, passant de 0,8 million (1 %) à 3,3 millions (4,5 %) entre 1968 et 2020. Dans ces conditions, on pourrait s'attendre à une augmentation de la violence à l'égard des pères au cours de cette même période, en corrélation avec l'augmentation de la garde principale et du temps parental des pères. Or ce n'est pas le cas. Le fait est que les données sont très cohérentes à cet égard au cours des 45 dernières années d'études de l'ENI, ce qui signifie que on n'a pas constaté d'augmentation de la maltraitance à mesure que les pères deviennent une part plus importante des principaux gardiens et dispensateurs de soins. 

mercredi 12 février 2025

Royaume-Uni — employée d'une école anglicane licenciée pour avoir critiqué l'idéologie transgenre gagne son procès

La Cour d’appel du Royaume-Uni a statué que l’expulsion de Kristie Higgs en raison de publications critiquant l’éducation sexuelle et l’idéologie transgenre dans l’école de son fils constituait une « discrimination illégale fondée sur la religion et les convictions ».

Kristie Higgs, au centre, a été rejointe par plusieurs sympathisants lors de l’audience en octobre dernier

Une employée d’une école anglicane a obtenu une victoire importante devant la Cour d’appel à la suite de son licenciement pour avoir exprimé son opinion sur l’enseignement des relations LGBT+. Kristie Higgs, anciennement administratrice pastorale et responsable de l’expérience professionnelle à la Farmor’s School, dans le Gloucestershire, a été licenciée en 2019 après avoir partagé sur Facebook des messages critiquant les projets visant à enseigner les relations LGBT dans les écoles primaires.

La mère de deux enfants a d’abord essuyé un verdict contre elle en juin 2023 de la part du tribunal d’appel de l’emploi.

Dans un jugement remarquable rendu mercredi, les juges de la Cour d’appel ont donné raison à Mme Higgs, estimant que l’instruction précédente de renvoyer l’affaire devant le tribunal du travail était « illégalement discriminatoire ». Exprimant le point de vue de la Cour, le juge Underhill, accompagné du juge Bean et du juge Falk, a expliqué : « Dans la présente affaire, la demanderesse, qui était employée dans une école secondaire, avait posté des messages et avait cité principalement d’autres sources, s’opposant à la politique du gouvernement en matière d’éducation sexuelle dans les écoles primaires en raison de sa promotion de la “fluidité des genres” et de l’assimilation du mariage homosexuel au mariage entre un homme et une femme. »

Le tribunal a reconnu que les opinions de la demanderesse sur le genre et le mariage homosexuel relevaient de la protection de la loi sur l’égalité, déclarant : « Il n’a pas été contesté […] que les convictions de la plaignante selon lesquelles le genre est binaire et que le mariage homosexuel ne peut être assimilé au mariage entre un homme et une femme sont protégées par la loi sur l’égalité ».

Les juges ajoutent : « L’école a cherché à justifier son licenciement sur la base que les publications en question étaient exprimées de manière intempestive et comprenaient des références insultantes aux promoteurs de la fluidité des genres et à “la bande LGBT” qui étaient susceptibles de nuire à la réputation de l’école dans la communauté : les publications avaient été signalées par un parent et pourraient être vues par d’autres personnes. »

Le tribunal a toutefois jugé insuffisant le motif d’atteinte potentielle à la réputation de l’école pour justifier le licenciement : « Toutefois, ni le langage utilisé dans les messages ni le risque d’atteinte à la réputation ne pouvaient justifier le licenciement de la plaignante alors qu’elle n’avait rien dit de tel au travail et qu’elle n’avait manifesté aucune attitude discriminatoire dans sa façon de traiter les élèves ».

À la suite du jugement rendu devant la Cour royale de justice, Mme Higgs a exprimé son espoir : « Je prie pour qu’aujourd’hui soit un jour marquant pour les libertés chrétiennes et la liberté d’expression ».

Elle a poursuivi son plaidoyer en faveur du droit des chrétiens à partager leurs opinions sans encourir de sanctions sur leur lieu de travail : « Les chrétiens ont le droit d’exprimer leurs croyances sur les médias sociaux et dans d’autres contextes non liés au travail sans craindre d’être sanctionnés par leur employeur. »

Mme Higgs s’est retrouvée plongée en pleine tourmente après avoir publié un contenu en ligne critiquant le programme d’éducation relationnelle « No Outsiders In Our School » (Pas d’étrangers dans notre école), destiné aux élèves de l’école primaire, qui comprenait l’apprentissage de la loi anti-discriminatoire (pro-LGBT) par le biais de livres.

Mme Higgs, qui a utilisé son nom de jeune fille pour publier des messages sur une page privée, a partagé deux messages en octobre 2018 avec une centaine d’amis. Une plainte anonyme a conduit l’école à suspendre Mme Higgs et, à la suite d’une audience disciplinaire, elle a été licenciée pour faute grave.

L’école a précédemment réfuté les allégations selon lesquelles Mme Higgs avait été licenciée en raison de ses convictions religieuses, déclarant que le langage utilisé dans ses messages était la raison de son licenciement. Dans un jugement rendu en 2020, un tribunal du travail avait reconnu que la religion de Mme Higgs était une « caractéristique protégée » en vertu de la loi sur l’égalité, mais avait soutenu que le licenciement de l’école était légal.

Cette décision a été annulée par le tribunal d’appel de l’emploi en 2023, et l’affaire a été renvoyée pour réexamen. Toutefois, Richard O’Dair, qui représente Mme Higgs, a fait valoir dans des observations écrites adressées à la Cour d’appel en octobre dernier que le Tribunal d’appel de l’emploi avait fourni des « directives très insatisfaisantes », ce qui risquait de nuire une fois de plus au droit de Mme Higgs à un procès équitable.

Il a déclaré que ses messages étaient « un discours politique contribuant au débat en cours sur une question d’intérêt public » et « une manifestation de ses convictions religieuses ». Il a également noté que Mme Higgs, qui nie être homophobe ou transphobe, avait travaillé avec des élèves qui se disaient LGBT sans qu’aucune allégation de discrimination n’ait été formulée à leur encontre.

Argument de l’avocat de l’école

Me Sean Jones, représentant l’école, a suggéré dans ses observations écrites au tribunal que le renvoi de l’affaire était « la voie appropriée », car des « raisons plus complètes » pour la décision étaient nécessaires.

Il a ajouté : « (Mme Higgs) n’a pas été licenciée pour avoir manifesté (ses convictions), mais parce que la manière dont elle les a manifestées aurait pu raisonnablement amener et a effectivement amené d’autres personnes à penser qu’elle exprimait des opinions homophobes ou transphobes ».

Réaction du Christian Legal Centre

« La décision confirme que la loi sur l’égalité protège les croyances chrétiennes traditionnelles sur les questions sociales, telles que l’opposition aux idées de transgenrisme et de “fluidité de genre” et l’opposition au mariage homosexuel », a déclaré le Christian Legal Centre qui soutenait Mme Higgs.

La Cour a également noté dans sa décision qu’il n’y avait pas eu de plaintes concernant un traitement discriminatoire potentiel des élèves par Mme Higgs.

Le tribunal a annulé la décision du tribunal d’appel du travail qui avait demandé un nouveau procès de l’affaire et a conclu que « nous devrions nous-mêmes conclure que le licenciement du demandeur constituait une discrimination illégale fondée sur la religion et les convictions ».

Andréa Williams, directrice générale du Christian Legal Centre, a déclaré : « C’est une grande victoire pour Kristie, qui a perdu son emploi et son gagne-pain pour n’avoir fait qu’exprimer sa consternation face aux idées absurdes de fluidité de genre enseignées à son enfant dans une école primaire de l’Église d’Angleterre. »

« C’est aussi une victoire pour beaucoup d’autres qui ont précédé Kristie, comme Victoria Wasteney et le regretté Richard Page, qui ont également été licenciés pour leurs croyances chrétiennes dans les années passées, et ont cherché justice en vain », a-t-elle poursuivi. Pourtant, d’un trait de plume, des décennies de décisions injustes qui ont nié la justice aux chrétiens ont maintenant été réinterprétées par la Cour d’appel et expliquées comme de simples exceptions qui confirment la règle.

« Pour tous ceux qui se sont tenus à nos côtés pendant des jours beaucoup plus sombres de notre bataille de 16 ans pour la liberté, il est maintenant temps de se réjouir et de rendre grâce à Dieu », a conclu Williams.

samedi 8 février 2025

« Ce n’est pas l’expression qui engendre la violence, mais l’interdiction du débat qui alimente la radicalisation »

Le Figaro a publié un grand entretien avec Peggy Sastre, docteur en philosophie des sciences, spécialiste de Nietzsche et de Darwin. Elle a publié « Ce que je veux sauver » (Anne Carrière). Elle est également journaliste au « Point ». Peggy Sastre Chaque fois que la liberté d’expression a été sacrifiée à la stabilité, c’est la démocratie elle-même qui a fini par s’effondrer souligne l’essayiste, qui plaide pour une liberté de parole maximale et souligne l’inefficacité de la censure.


LE FIGARO. — On débat beaucoup en ce moment de la liberté de parole qui s’exerce sur les réseaux sociaux et qui serait, selon certains, une menace pour la démocratie. Est-ce que, selon vous, il y a une différence culturelle entre la liberté d’expression « à l’américaine » et celle qui est développée en Europe ?

PEGGY SASTRE. — Oui, il existe une différence fondamentale entre la conception américaine et européenne de la liberté d’expression. Aux États-unis, la liberté d’expression est protégée de manière maximale par le Premier Amendement, qui empêche pratiquement toute restriction sur les discours politiques, y compris ceux considérés comme offensants ou haineux. Ce à quoi il convient de rappeler, car on a tendance à l’oublier ou à ne pas le savoir, que la loi américaine punit les menaces directes et immédiates de dommages physiques, tout comme le harcèlement, le vandalisme et l’intimidation, sans même parler de la diffamation ou des secrets industriels ou militaires…

En Europe, en revanche, cette liberté est bien plus encadrée : la législation inclut souvent des limites liées aux « discours de haine » ou encore à la protection de la dignité humaine. Cette différence se traduit aussi dans les pratiques culturelles. En Europe, les lois et la sensibilité collective tolèrent moins les provocations publiques qui pourraient heurter certaines communautés. Comme le détaille le rapport «The Free Speech Recession Hits Home» du think-tank The Future of Free Speech, de Jacob Mchangama, plusieurs démocraties européennes ont adopté des lois de plus en plus restrictives sous prétexte de lutte contre la désinformation, la haine en ligne ou la protection de la cohésion nationale.

 — Pourtant le droit à la caricature semble moindre aux États-unis. Pas un seul journal ne pourrait publier des caricatures hostiles à l’islam comme elles sont publiées en France dans Charlie Hebdo. Comment expliquer ce paradoxe ?

 — Par une différence entre les principes juridiques et les normes culturelles. Aux États-Unis, la liberté d’expression est juridiquement plus large, mais dans la pratique, l’autocensure y est plus présente, notamment sous la pression sociale et économique. Les médias américains sont particulièrement vulnérables aux pressions des groupes militants, aux boycotts, voire à la menace physique, ce qui les pousse à éviter certains sujets trop polémiques. C’est un point que j’aborde dans Ce que je veux sauver en analysant comment certaines formes de censure ne viennent pas nécessairement de l’état, mais d’une dynamique sociale où la peur des représailles (y compris économiques) limite la liberté de parole. En France, la tradition satirique et la laïcité républicaine ont installé une tolérance culturelle plus large envers la critique des religions. L’affaire des caricatures de Charlie Hebdo en est un exemple frappant : malgré les menaces, l’hebdomadaire a continué à publier des dessins provocateurs, alors qu’aucun grand journal américain n’a osé les reproduire dans leur intégralité.

 — Est-ce qu’une liberté d’expression absolue n’aboutit pas à la tyrannie des susceptibilités ?

 — La liberté d’expression absolue n’existe pas, d’une part. Si on parle de liberté d’expression maximale, comme elle est consacrée par le Premier Amendement de la Constitution américaine, non, je ne pense pas qu’elle conduise à la tyrannie des susceptibilités, mais plutôt à leur confrontation ouverte. On en a un exemple avec le « retour de bâton » contre le wokisme aux États-unis : à la fois le wokisme a été le plus fort chez eux, mais en même temps il aura généré des réactions – pas toujours finaudes, mais c’est un autre débat – qui auront permis de le faire reculer avec une vitesse impressionnante. En France, je crains qu’on manque de tels contre-pouvoirs et, globalement, d’une culture qui, en fin de compte, empêche toute orthodoxie trop massive de faire souche… Ensuite, l’argument selon lequel la liberté d’expression illimitée pourrait créer un climat de violence est souvent avancé pour justifier des restrictions, mais il repose sur une logique qui inverse la causalité : ce n’est pas l’expression qui engendre la violence, mais l’interdiction du débat qui alimente la radicalisation.

Je me réfère encore au rapport « The Free Speech Recession Hits Home », qui est une mine sur le sujet. Il montre que les législations contre les discours de haine et la désinformation ont rarement prouvé leur efficacité à contenir les tensions sociales. Au contraire, elles donnent souvent une aura de martyre aux discours interdits, les renforçant au lieu de les affaiblir. C’est aussi un point que je traite dans mon livre, en soulignant que la répression des idées jugées « dangereuses » aboutit souvent à leur diffusion clandestine, les rendant encore plus toxiques. La seule réponse efficace à une idée délétère reste de lui opposer une meilleure idée, et non de la censurer. Je suis aussi très sensible à une sorte d’argument mitochondrial (en biologie, cellule chargée de récupérer l’énergie fournie par les molécules afin de les stocker pour une utilisation future, NDLR) pour la liberté d’expression maximale : quand on étouffe une idée, même et surtout atroce, on empêche par la même occasion toutes les autres idées qu’elle aurait pu faire naître. Et il est impossible, a priori, de connaître la descendance d’une idée…

La transparence est préférable à l’obscurité. Une idée exposée à la critique peut être combattue, alors qu’une idée interdite se propage en sous-main, » sans opposition

 — On entend un discours selon lequel la liberté d’expression serait devenue l’ennemie de la liberté, et même de la démocratie. Ce discours est-il nouveau ?

 — Non, ce discours n’est pas du tout nouveau. Il s’inscrit dans une tradition qui remonte aux régimes autoritaires et aux idéologies totalitaires du XXe siècle, qui trouvent leur genèse dans la dégénérescence de la Révolution française en Terreur. Soit un exemple emblématique d’une période où les crises politiques et sociales conduisent à un rejet de la liberté d’expression, souvent au nom de la préservation de l’ordre et de la sécurité. Initialement, la Révolution a promu la liberté d’expression comme un droit fondamental, avant de sombrer dans la Terreur et d’adopter des politiques de censure et de répression politique. En 1789, l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclamait que « tout citoyen peut parler, écrire, imprimer librement», mais dès 1793, la Révolution basculait dans un régime de répression où les « ennemis de la liberté » étaient pourchassés. La loi des suspects permettait d’arrêter toute personne dont les propos étaient jugés hostiles au régime, et la loi de Prairial, de 1794, instituait la peine de mort pour de simples infractions verbales, comme critiquer la Convention nationale ou diffuser des « fausses nouvelles » (cela vous rappelle quelque chose ?). En on arrive à 17 000 exécutions, souvent pour des délits d’opinion. La Révolution est peut-être le cas d’école de ce paradoxe récurrent : ceux qui prétendent défendre la liberté sont souvent les premiers à l’étouffer lorsqu’ils estiment que son exercice met en péril leur projet politique. L’argument selon lequel la liberté d’expression mettrait en danger la démocratie est souvent employé par ceux qui souhaitent encadrer le débat public et imposer une norme idéologique unique. Dans Ce que je veux sauver, j’analyse l’évolution des totalitarismes modernes qui, au lieu d’imposer un contrôle direct, créent des formes de censure par pression sociale, comme le wokisme ou les lois contre la « désinformation ». Les travaux de Jacob Mchangama et de son think-tank mettent aussi en évidence la manière dont plusieurs démocraties utilisent la lutte contre la « haine en ligne » pour restreindre des opinions qui ne sont pas forcément haineuses mais simplement dissidentes, le tout selon cette règle : plus un régime démocratique s’inquiète pour sa stabilité, plus il a tendance à restreindre la liberté d’expression.

En Allemagne, la législation sur les discours haineux a entraîné des milliers d’arrestations pour des commentaires postés sur internet, avec des descentes de police à l’aube pour des individus accusés d’avoir insulté des personnalités publiques. En France, des lois comme celle contre « l’apologie du terrorisme » ont été utilisées de manière abusive, parfois contre des enfants ou des militants, criminalisant des opinions sans appel clair à la violence. Autant de dérives qui partagent la logique de la dégénérescence de la Révolution française : la liberté d’expression est d’abord célébrée comme un principe fondateur, puis progressivement restreinte dès qu’elle est perçue comme une menace par le pouvoir en place. Le risque majeur de cette logique est que la démocratie elle-même commence à fonctionner comme un régime autoritaire sous prétexte de se défendre contre ses ennemis. Comme l’explique Mchangama, l’histoire montre que les démocraties qui restreignent excessivement la liberté d’expression finissent par affaiblir les principes qu’elles prétendent protéger, en renforçant notamment les mouvements qu’elles cherchent à combattre. En somme, le discours affirmant que «trop de liberté d’expression nuit à la démocratie » est une vieille rengaine qui accompagne toutes les périodes de crise. Ce qui est nouveau, c’est l’ampleur de son acceptation dans les démocraties modernes, notamment sous couvert de protection contre la désinformation et les discours de haine. Mais comme l’a montré l’histoire, chaque fois que la liberté d’expression a été sacrifiée à la stabilité, c’est la démocratie elle-même qui a fini par s’effondrer.

 — Vous dites que la censure ne fonctionne pas. Avez-vous des exemples concrets de censure qui ait empiré le mal ?

 — Oui, plusieurs exemples plus ou moins récents montrent que la censure ne fait que renforcer les idées qu’elle prétend combattre. Le plus éloquent, et bizarrement le moins connu, concerne l’Allemagne prénazie. Voyez les travaux de Timothy Garton Ash : l’Allemagne de Weimar avait adopté des lois strictes contre les discours antisémites, poursuivant et emprisonnant plusieurs propagandistes nazis, notamment Julius Streicher, éditeur de Der Stürmer. Plutôt que d’étouffer leurs idées, ces procès leur ont offert une tribune et un statut de martyrs qui ont contribué à la montée du nazisme. Je pense aussi à l’interdiction de Dieudonné en France. Ses spectacles ont été interdits, Manuel Valls en a fait une croisade personnelle et quoi ? Cela l’a transformé en figure de la « liberté d’expression contre le système», renforçant son influence auprès d’un public complotiste qui aurait pu rester marginal. Concernant le cordon sanitaire médiatique en Belgique, contrairement à ce que certains prétendent, l’interdiction médiatique des partis d’extrême droite en Wallonie n’a pas empêché leur progression ailleurs, notamment en Flandre. La logique est toujours la même : en excluant certaines idées du débat public, on les pousse dans des sphères où elles prospèrent sans contradiction.

 — Quels sont vos arguments pour faire valoir qu’une maximisation de la liberté d’expression comporte moins de dangers que sa limitation ?

 — D’abord parce que la transparence est préférable à l’obscurité. Une idée exposée à la critique peut être combattue, alors qu’une idée interdite se propage en sous-main, sans opposition. Ensuite, comme je l’ai mentionné, l’histoire prouve que la censure renforce ce qu’elle cherche à éliminer : le nazisme, le fondamentalisme islamiste et même certaines formes de radicalisation politique ont prospéré précisément là où l’expression était contrainte. Enfin, la liberté d’expression est un rempart contre le totalitarisme : une société qui commence à limiter l’expression ouvre la porte à des restrictions toujours plus grandes, jusqu’à étouffer toute dissidence. Si la censure pouvait réellement empêcher la haine et la violence, nous vivrions dans un monde pacifié. Or, les sociétés qui l’appliquent le plus rigidement ne sont pas les plus démocratiques, bien au contraire.

Source : Le Figaro


dimanche 5 janvier 2025

Royaume-Uni — Comment le scandale des gangs de violeurs pédophiles a été étouffé

Les enfants victimes de viols ont été privés de justice et de protection par l'État afin de préserver l'image d'une société multiculturelle heureuse.

La décision de Jess Phillips, ministre de la Protection de l'Enfance, de bloquer une enquête publique sur les gangs de violeurs d'Oldham semble, de l'extérieur, presque inexplicable. Des enfants ont été violés et abusés par des bandes d'hommes, sans que les autorités ne les protègent.

Quelques-uns des violeurs pédophiles en bande musulmans d’Oxford


Un rapport sur les abus commis à Oldham a été publié en 2022, mais son mandat ne couvrait que la période 2011-2014. Les survivants de la ville ont déclaré qu'ils souhaitaient que l'enquête menée par le gouvernement couvre une période plus longue et qu'elle permette de combler les lacunes de l'enquête précédente. Dans sa lettre au conseil municipal, révélée par GB News, Jess Phillips a déclaré qu'elle comprenait la force des sentiments dans la ville, mais qu'elle pensait qu'il était préférable qu'un autre examen soit effectué au niveau local.

Il s'agit d'un scandale qui devrait être totalement élucidé et qui devrait faire l'objet d'une enquête de la part de l'État britannique dans toute sa puissance. Des voix allant d'Elon Musk à Kemi Badenoch [qui dirige le parti conservateur] se sont jointes aux appels à l'ouverture d'une enquête. Pourtant, le gouvernement semble curieusement réticent à enquêter sur les manquements des fonctionnaires.

Cette réticence n'est pas nouvelle. Dans tout le pays, dans les villes, dans nos rues et dans les institutions publiques conçues pour protéger les membres les plus vulnérables de notre société, les autorités ont délibérément fermé les yeux sur d'horribles sévices infligés à des enfants en grande partie blancs par des bandes d'hommes majoritairement d'origine pakistanaise.

Au fil du temps, des détails ont été révélés sur les abus commis à Rotherham, à Telford, à Rochdale et dans des dizaines d'autres endroits. Mais comme les histoires sont publiées au compte-gouttes et que les détails sont si horribles qu'ils en sont presque illisibles, l'ampleur du scandale n'a pas encore été révélée au public.

La souffrance des enfants

Le paragraphe suivant est difficile à lire. Mais vous devriez le lire, si vous le pouvez. Il est tiré de la sentence prononcée en 2013 par le juge Peter Rook à l'encontre de Mohammed Karrar à Oxford.

Mohammed a préparé sa victime « à un viol anal collectif en utilisant une pompe... Vous l'avez soumise à un viol collectif par cinq ou six hommes. À un moment donné, quatre hommes étaient à l'intérieur d'elle. Une balle rouge a été placée dans sa bouche pour la faire taire ».

Son histoire est horrible. Elle est loin d'être unique.

jeudi 2 janvier 2025

« Protection de la jeunesse » du Québec — 42 de ses employés pincés pour inconduites sexuelles


Publicité de la DPJ, avec ce qui serait des enfants québécois typiques...

Les cas se sont étalés sur six ans à travers différents centres jeunesse du Québec.

Au moment où la Direction de la protection de la jeunesse de Montréal est sous le feu des critiques, plus d’une quarantaine de cas d’inconduites sexuelles survenus dans des centres jeunesse à l’extérieur de la métropole se sont ajoutés.

C’est ce que révèlent des données obtenues par Le Journal du Québec.

« Ce n’est pas tant le nombre que le fait que nos pratiques de gestion en ressources humaines sont défaillantes depuis les dernières années. Il faut mettre en place ce qu’il faut pour assurer la sécurité des enfants », résume Lesley Hill, directrice nationale de la Direction de la protection de la jeunesse.

Un scandale a frappé cet automne le Centre de réadaptation pour les jeunes en difficulté d’adaptation de la Cité-des-Prairies, à Montréal. Des gestes à caractère sexuel entre des usagers et plusieurs éducatrices ont été allégués.

Depuis, Le Journal du Québec a sondé l’ensemble des établissements de la province afin de savoir combien d’employés de centres jeunesse avaient été congédiés, suspendus ou encore sanctionnés pour diverses inconduites sexuelles depuis 2019.

Ironiquement, seul le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, qui chapeaute Cité-des-Prairies, a refusé de répondre à la requête du Journal.

DU TRAVAIL AILLEURS

Qu’importe ! Les réponses obtenues révèlent un portrait troublant : au cours des six dernières années, il y a eu au moins 42 cas d’inconduites sexuelles dans des centres jeunesse hors de Montréal. Une dizaine d’employés ont démissionné en cours d’enquête, laissant craindre qu’ils ne se trouvent du travail dans un autre centre.

« Ce modus operandi de démissionner au lieu de congédier, ça aussi, il faut qu’on mette fin à ça », insiste Lionel Carmant, ministre responsable des Services sociaux. « Avec Santé Québec, maintenant, les dossiers vont suivre d’un établissement de santé à l’autre. »

À Laval, on recense quatre congédiements et trois démissions pour des comportements de nature sexuelle avec les usagers. Dans Lanaudière, six situations ont été répertoriées depuis 2021, dont quatre en 2024 seulement.

Cela s’explique par « une hausse de dénonciations provenant notamment du personnel en Centre jeunesse », selon le cabinet de Lionel Carmant.

« Est-ce qu’on est en train de faire toutes les vérifications avant d’embaucher quelqu’un ? » se demande Lesley Hill.

CRÉDIBILITÉ AFFECTÉE


« Ce sont des jeunes qui ont besoin d’être encadrés, structurés, dit Louis-Georges Cournoyer, professeur à l’École de criminologie de l’Université de Montréal. Quel est l’impact à long terme [sur eux] ? C’est très difficile de spéculer. C’est sûr que ça affecte la crédibilité des centres jeunesse. »

Le ministre Lionel Carmant déplore que le CIUSSS du Centre-Sud n’ait pas donné suite aux demandes du Journal.

« C’est dommage dans le contexte, parce que ce qu’on veut, c’est un changement de culture », a-t-il commenté.

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Juger la vie privée de Simone de Beauvoir  (Elle a eu une relation avec une élève de 15 ans qui lui aurait valu son congédiement du lycée Molière à la fin des années 30. On relate aussi ses relations amoureuses avec de jeunes femmes qui étaient aussi ses étudiantes, qu’elle « rabattait » ensuite vers son compagnon Jean-Paul Sartre. En 2008, la Britannique Carole Seymour-Jones, auteure du livre A Dangerous Liaison, décrivait le comportement de Beauvoir comme un « abus d’enfant » se rapprochant de la « pédophilie ». En 2015, dans Simone de Beauvoir et les femmes, Marie-Jo Bonnet qualifiait de « contrat pervers » le modus operandi entre Beauvoir et Sartre. Le blogueur du Journal de Montréal Normand Lester accuse quant à lui Beauvoir d’être une « prédatrice sexuelle ».)

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