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mercredi 15 juillet 2026

France : mieux vaut s'appeler Victoire que Mohammed pour obtenir le bac

Cette année, le Figaro Étudiant a choisi de publier une étude analysant les prénoms des 164 348 candidats au baccalauréat lors de la session 2025 des bacs général et professionnel ayant accepté de diffuser leurs résultats. Les données des 8,1 % de candidats ayant échoué à l'examen ne sont pas disponibles et seuls les prénoms comptant plus de 30 occurrences ont été retenus, mais l'échantillon est suffisamment important pour être pertinent.


Parmi les 944 prénoms identifiés, nous allons nous concentrer sur les quinze ayant obtenu le meilleur indice de réussite – indice calculé à partir des mentions reçues –, puis sur les quinze derniers de la liste. En ce qui concerne les prénoms obtenant les meilleurs résultats, cela donne : Aliénor, Adèle, Arwen, Isaure, Victoire, Églantine, Albane, Clothilde, Adélie, Domitille, Léopold, Daphné, Aglaé, Mila, Adèle. Et pour ceux de la seconde liste : Bilel, Mohammed, Arda, Abdoul, Yacine, Driss, Issa, Achraf, Imad, Kaïs, Zakaria, Abdallah, Abdoulaye, Aymane, Abdel. Difficile de faire plus caricatural...

Dans l'article du Figaro, le commentaire de ce résultat est laissé à Baptiste Coulmont, professeur à l'ENS Paris-Saclay, auteur de La Sociologie des prénoms, ouvrage dans lequel il étudie l'évolution historique du choix des prénoms en France ainsi que leur lien avec le milieu social – de manière fort intéressante, il observe ainsi que, malgré un individualisme grandissant qui voudrait faire du prénom la marque de notre identité particulière plutôt que le signe d'une appartenance à un groupe, jamais peut-être le prénom n'a été autant un marqueur social qu'aujourd'hui – mais, ajouterons-nous, tout le paradoxe est justement que l'individualisme ne produit pas des individualités : il nous abandonne à nos penchants grégaires. Depuis plusieurs années, le sociologue s'intéresse plus particulièrement aux prénoms des différents candidats au baccalauréat, et c'était à lui que, jusqu'ici, nous devions les études sur ce sujet.

Que retient-il du classement qui nous occupe ici ? Avant tout les conséquences d'une « société de classes », et des résultats qui reflètent le milieu socio-éducatif des parents. « Depuis 1945, nous dit-il, les classes populaires ont pris une autonomie culturelle en choisissant des prénoms qui n'étaient pas d'anciens prénoms bourgeois, mais en puisant dans les registres anglophones et celtiques [souvent anglicisés comme Kevin]. Dans les années 80, ça pouvait être "Mickaël", dans les années 90 "Kevin", et "Kylian" à partir des années 2000. Aujourd'hui, les parents dont le niveau de diplôme est le plus élevé préfèrent "Zélie " et " Hippolyte " à " Kylian" et "Mehdi" ».

La tarte à la crème des inégalités sociales


Une telle analyse, sans avoir rien de faux, n'en est pas moins particulièrement réductrice ; elle nous semble au moins borgne, au pire complaisante. Il saute aux yeux à la lecture des deux listes que nous avons présentées que le problème de notre système éducatif ne saurait se résumer à la question des inégalités sociales, comme voudrait encore le faire croire une certaine gauche dans son aveuglement volontaire à tous les autres facteurs entrant en jeu dans de tels résultats.

Non pas que le facteur social ne soit pas déterminant : en effet, grâce à l'idéologie égalitariste de nos politiques si soucieux de justice sociale, nous avons produit le système le plus inégalitaire au monde – ainsi que nous le rappellent systématiquement les classements PISA depuis des années, notre école est celle qui reproduit le plus les inégalités sociales. Comment ? En supprimant les exigences et la sélection précisément sous prétexte de laisser leur chance aux enfants issus des milieux défavorisés. Ce faisant, elle leur ôte toute envie de fournir à l'école les efforts qui leur permettraient d'acquérir ce que leur milieu d'origine ne leur a pas donné.

Alors, certes, dans les deux listes en question, on observe que les enfants des classes les plus favorisées sont également ceux qui obtiennent les meilleurs résultats. Mais est-ce vraiment tout, et n'y a t-il vraiment aucun autre constat à tirer de cette succession de prénoms ? En réalité, on y voit tout ce que notre société ne veut pas voir, tout ce qu'il est de bon ton de taire au sujet de notre jeunesse et du système éducatif, à savoir : les ravages d'une immigration mal intégrée et islamisée, double facteur qui s'ajoute à la problématique sociale et la décuple. Par ailleurs, on y voit également la triste réalité de l'échec scolaire des garçons, autre phénomène dont notre société, avec son prisme féministe fanatique, se détourne pour ne se soucier des « inégalités filles-garçons » que lorsqu'elles existent au détriment des filles, et refuse de reconnaître tout ce que le laxisme de notre système scolaire a de pernicieux pour les garçons, qui deviennent matures plus tard et sont moins à même de s'autoréguler que les filles.

Sur les quinze premiers prénoms du classement, à part Mila (diminutif de prénoms slaves) et Arwen (création de Tolkien aux consonances [anglo-]celtiques), tous les prénoms peuvent être identifiés comme français, parfois avec une origine germanique, grecque ou latine. Ils renvoient à des figures historiques (Aliénor), à des mots de notre langue (Victoire), et s'inscrivent dans la sphère culturelle européenne ; en outre, presque tous appartiennent au calendrier des saints chrétiens. Par ailleurs, on ne trouve qu'un seul prénom de garçon.

 


Qu'il est loin, le travailleur immigré soucieux d'intégration !

Dans la fin du classement, à part Arda, d'origine turque, l'ensemble des prénoms est d'origine arabe ; excepté Achraf, Imad, Kaïs et Aymane, tous sont de tradition islamique, issus du Coran ou des noms de compagnons du prophète. Et l'on y trouve 100 % de prénoms de garçons.
L'effet de symétrie inversée est presque parfait. Il traduit l'absence complète de mélange réel là où l'on prétend établir la « diversité ». En réalité, la France voit désormais vivre sur son sol deux populations qui existent côte à côte mais ne partagent rien : elles ne fréquentent pas les mêmes lieux y compris lorsqu'elles vivent dans le même quartier, ne font pas les mêmes métiers, n'ont pas les mêmes loisirs, ne mangent même pas la même chose.

Elle est bien loin, l'immigration de travail de gens soucieux de partager la culture française et qui, en premier lieu, faisaient le choix d'un prénom français pour leur enfant. C'était l'époque des Jean-Pierre italiens et des François vietnamiens… Nos médias ont fait leurs gorges chaudes de ce qu'ils considéraient comme l'obsession d'Éric Zemmour pour la question des prénoms ; pourtant, elle est loin d'être anodine, comme cela se voit désormais on ne peut plus clairement à travers l'exemple que nous prenons ici.

Cette liste de prénoms fait éclater à nos yeux le phénomène du communautarisme, la réalité d'une immigration qui n'a aucun projet d'intégration, et qui au contraire manifeste par tous les moyens son appartenance à l'islam. À travers quelques prénoms alignés, elle révèle que notre modèle de laïcité à l'école ne saurait être désormais qu'une fiction. Cette attitude est loin d'être sans rapport avec la question des résultats scolaires : des jeunes élevés dans la défiance à l'égard du pays et de toutes ses institutions ne peuvent avoir les dispositions positives nécessaires à ce que l'on attend d'eux à l'école. Ils seront les premiers à contester l'autorité de l'enseignant, et jusqu'aux savoirs qu'il représente. Pourquoi prendraient-ils ensuite la peine de les apprendre ? L'absence d'intégration signifie en outre souvent une absence de pratique et de maîtrise du français, dont nous faisons aussi les frais désormais, avec des lycéens qui, souvent, ne comprennent plus un texte simple.

Le choc des civilisations est palpable dès le collège


Ces deux listes sont finalement comme une illustration du choc des civilisations ; elles donnent à voir deux jeunesses qui bientôt devront vivre ensemble, mais n'auront rien à se dire, et qui se retrouveront peut-être un jour, il faut le craindre, « face à face », pour reprendre l'expression d'un ancien ministre. Choc des civilisations car, face au bloc de culture islamique, on trouve bien ici un bloc culturel tout aussi homogène, celui de la civilisation européenne avec ses racines chrétiennes, celle que l'on croyait déjà disparue. Ce classement consacre en effet l'échec du délire individualiste qui, depuis plusieurs décennies, a conduit les Français à choisir pour leurs enfants des prénoms cultivant le goût de l'originalité, avec la quête du prénom unique, parfois inventé, refusant l'orthographe classique, mettant en avant la plus infime origine étrangère, et donnant finalement lieu à des listes de classes entières où l'on ne trouve parfois pas un prénom identifiable. Les meilleurs bacheliers, au contraire, ont des prénoms bien connus, français pour la plupart, qui s'inscrivent dans une culture commune et dans une histoire.

« Les individus cosmopolites que nous étions spontanément font, sous le choc de l'altérité, la découverte de leur être », écrivait Alain Finkielkraut dans L'Identité malheureuse. On se prendrait à rêver que cela soit réellement le cas quand on regarde la liste des prénoms des meilleurs bacheliers de France… Cependant, ces prénoms manifestent-ils vraiment la renaissance d'une jeunesse française, consciente d'appartenir à une nation millénaire, et riche d'un passé retrouvé après des décennies d'oubli ? Ou ne sont-ils que le marqueur d'une recherche effrénée de « distinction sociale », selon l'expression de Bourdieu, pour des enfants destinés par leurs parents à la réussite individuelle au sein d'une société fracturée ? Cela, l'avenir seul nous le dira.

 Source : Valeurs actuelles 

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dimanche 18 janvier 2026

Selon étude, les enfants prodiges deviennent rarement des adultes prodiges

Novak Djokovic a pris une raquette de tennis pour la première fois à l'âge de quatre ans. À 12 ans, il a quitté sa Serbie natale pour intégrer une académie de tennis en Allemagne. Il a remporté son premier titre majeur, les Internationaux d'Australie 2008, à l'âge de 20 ans. Aujourd'hui, il compte 23 autres titres majeurs à son palmarès et a passé plus de temps à la première place mondiale que tout autre joueur.

La brillante carrière de M. Djokovic correspond à l'idée courante de l'excellence humaine : un enfant prodige, formé de manière intensive dès son plus jeune âge, qui finit par conquérir le domaine qu'il a choisi. Mais un article publié dans Science à la fin de l'année dernière suggère qu'il pourrait s'agir d'une exception plutôt que d'une règle. Il conclut que les meilleurs talents, dans tous les domaines, au-delà du sport, ont tendance à suivre un parcours assez différent.

Cette étude, menée par Arne Güllich, scientifique du sport à l'université RPTU de Kaiserslautern-Landau, en Allemagne, a analysé les données de plus de 34 000 athlètes d'élite dans plusieurs domaines, notamment le sport, les échecs, la musique classique et le monde universitaire. Elle a conclu que, bien qu'ils atteignent souvent un niveau élevé, les adolescents les plus performants et les plus intensément entraînés ont tendance à ne pas devenir de véritables vedettes à l'âge adulte. En revanche, ceux qui atteignent ce niveau ont tendance à ne pas se démarquer dès le début. Ils mettent plus de temps à atteindre leur apogée et semblent conserver plus longtemps des intérêts plus variés.

Ce n'est pas un hasard si le Dr Güllich et l'un de ses coauteurs sont des scientifiques du sport (les deux autres sont des psychologues).

Le sport constitue un excellent laboratoire pour étudier le développement de l'excellence. Les volontaires ne manquent pas, sous la forme de jeunes talents qui rêvent de devenir célèbres. Les performances sont faciles à mesurer. Et comme il est essentiel pour les équipes professionnelles de repérer les futures étoiles, il existe de nombreuses équipes juniors bien financées.

Selon la sagesse populaire – et la logique sur laquelle reposent ces centres – la meilleure façon de former les jeunes talents est de les repérer tôt et de les entraîner sans relâche. Mais la plupart des recherches qui soutiennent cette approche ne se sont intéressées qu'aux athlètes de niveau scolaire ou universitaire, explique le Dr Güllich. Elles n'ont pas suivi leurs sujets dans leur carrière professionnelle à l'âge adulte.

Certaines études plus récentes l'ont toutefois fait. Le Dr Güllich et ses collègues les ont rassemblées et ont trouvé le point de départ de leur nouvelle hypothèse, car toutes ces études s'accordaient à dire que la sagesse populaire était erronée et que les performances précoces n'étaient pas un indicateur fiable des résultats à l'âge adulte. Poussés à agir, ils ont étendu leur analyse au-delà du domaine sportif et sont parvenus à des conclusions similaires.

Il leur a fallu deux ans pour recueillir des données dans d'autres domaines. Les échecs étaient assez simples. Les fédérations nationales et internationales d'échecs tiennent à jour des classements Elo des joueurs. Ceux-ci donnent une évaluation numérique des forces de ces joueurs. Les universitaires peuvent être classés de la même manière grâce à des bases de données qui utilisent les citations de leurs travaux comme indicateur de leur influence, ainsi que par l'attribution de prix tels que les Nobel ou la médaille Fields.

La musique a été le domaine le plus délicat, explique le Dr Güllich. Pour cela, lui et ses collègues se sont en partie appuyés sur une étude menée à l'université de Californie à Davis, qui a tenté de classer les compositeurs classiques en se basant sur le consensus des experts, les mentions dans les encyclopédies musicales et (pour ceux qui ont écrit de telles œuvres) la fréquence à laquelle leurs opéras ont été joués dans les meilleurs opéras du monde.

Lorsqu'ils ont analysé leurs données, une tendance fiable s'est dégagée. Dans tous les domaines, les jeunes talents et les adultes talentueux formaient des groupes presque totalement distincts. Environ 90 % des étoiles adultes n'étaient pas des étoiles dans leur enfance, tandis que seulement 10 % des enfants de haut niveau étaient devenus des adultes exceptionnels (voir graphique 1). Non seulement les performances exceptionnelles dans l'enfance ne prédisaient pas des performances exceptionnelles à l'âge adulte, mais les deux étaient en fait négativement corrélées, explique le Dr Güllich.

Rêver d'être différent

Les superstars adultes avaient également une approche de leur domaine très différente de celle des enfants prodiges, dans la mesure où ils semblaient conserver d'autres centres d'intérêt que celui qui les avait finalement menés à l'élite. Les meilleurs sportifs avaient généralement pratiqué plusieurs sports à un niveau relativement élevé (et avaient même suivi un entraînement officiel) pendant beaucoup plus longtemps que leurs confrères moins performants. Leurs performances dans le sport qu'ils ont finalement pratiqué étaient inférieures à celles de leurs pairs plus spécialisés lorsqu'ils étaient jeunes. Mais lorsqu'ils se sont spécialisés, leurs progrès ont été beaucoup plus rapides : ils avaient une meilleure « efficacité d'entraînement », selon le jargon des sciences du sport.

Il en allait de même dans d'autres disciplines. Les scientifiques lauréats du prix Nobel étaient moins susceptibles d'avoir obtenu des bourses d'études que ceux qui avaient été sélectionnés pour le prix Nobel sans l'avoir remporté. Ils mettaient également plus de temps à atteindre des postes universitaires de haut niveau, avaient des publications moins impressionnantes au début de leur carrière et conservaient un intérêt pour des domaines autres que celui pour lequel ils avaient remporté leur prix (voir graphique 2).

Il est difficile d'expliquer pourquoi tant de personnes exceptionnelles présentent le même profil, à savoir des intérêts variés et un épanouissement tardif. Mais les chercheurs ont tout de même tenté de répondre à cette question. Ils ont passé au crible les publications sur l'excellence afin de trouver des théories expliquant son origine, mais aucune ne semblait compatible avec leurs données. Ils ont donc proposé trois théories de leur cru.

La première, intitulée «recherche et correspondance», est issue de l'économie du marché du travail. Elle soutient que le fait d'avoir un large éventail d'intérêts et d'attendre avant de choisir dans quel domaine se spécialiser augmente les chances de trouver le domaine le mieux adapté à ses talents. Le jeune Rafael Nadal, autre grand joueur de tennis de tous les temps, a caressé l'idée d'une carrière dans le football avant de se lancer dans le tennis.

La deuxième est l'« apprentissage amélioré », l'idée que l'apprentissage est en soi une compétence qui s'acquiert et qu'un bon moyen de la perfectionner est de s'adonner à diverses activités. Lorsque vient le moment de se concentrer sur l'une d'entre elles, une meilleure capacité d'apprentissage rend la formation plus efficace, ce qui signifie que les progrès sont plus rapides.

La dernière possibilité est l'hypothèse du risque limité, un nom ronflant pour désigner l'idée simple selon laquelle éviter la pépinière de jeunes talents, au moins pendant un certain temps, peut empêcher les jeunes de s'épuiser, de se lasser des entraînements incessants ou simplement de se lasser d'une activité après avoir passé des années à la pratiquer à l'exclusion de toute autre chose.

Les chercheurs espèrent étendre leur analyse à d'autres domaines, tels que les affaires et l'art. En attendant, le Dr Güllich tient à souligner que son équipe ne dit pas que le modèle de la pépinière ne fonctionne pas. C'est un moyen fiable, dit-il, de former des personnes hautement compétentes, mais pas nécessairement de classe mondiale. En d'autres termes, les écoles de sport, les écoles sélectives et les conservatoires haut de gamme devraient peut-être repenser leur façon de faire. 

Pourquoi cette étude ne condamne pas les écoles sélectives classiques

Si l’étude citée met justement en évidence que la spécialisation trop étroite et trop précoce dans une discipline unique tendrait à freiner l’émergence de trajectoires d’exception — en raison sans doute d’une diversification insuffisante —, cette critique ne saurait s’appliquer aux écoles sélectives proposant une formation classique, exigeante et intrinsèquement pluridisciplinaire.

Ces établissements, en recrutant des élèves motivés pour un cursus équilibré associant sciences, humanités, arts et langues, s’inscriraient au contraire pleinement dans les enseignements des recherches sur la « diversification précoce », popularisées notamment par David Epstein dans Range, qui suggèrent que les profils généralistes et polyvalents disposeraient d’un avantage à long terme.

S’opposer à de telles écoles au nom de cette étude reviendrait donc à méconnaître leurs effets potentiellement positifs en matière de stimulation intellectuelle globale, d’émulation collective et de développement d’esprits adaptables — autant de conditions qui seraient essentielles non seulement à la formation d’experts solides, mais aussi à l’émergence de d'innovateurs dans un monde complexe et incertain.

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vendredi 17 octobre 2025

États-Unis — le succès des immigrants Africains remet-il en question le racisme comme principal frein

En 1960, moins de 1 % des immigrants américains provenaient du continent africain. En 2020, ce chiffre avait grimpé à 11 %, marquant une transformation profonde de la démographie noire aux États-Unis.Au cours des 30 dernières années, environ 2 millions d’Africains ont immigré aux États-Unis, un chiffre quatre fois supérieur au nombre d’Africains déportés sur le continent nord-américain pendant toute la traite négrière transatlantique.

Aujourd’hui, plus d’un quart de la main-d’œuvre noire est née à l’étranger ou a des parents nés à l’étranger, redéfinissant radicalement ce que signifie être noir en Amérique. Les Africains, qui représentent désormais près de la moitié des immigrants noirs, forment l’un des groupes à la croissance la plus rapide. Les Caribéens et les Latino-Américains noirs contribuent également à cette diversification.Une étude récente de Rong Fu (université Waseda, Japon), Neeraj Kaushal (université Columbia) et Felix Muchomba (université Rutgers) démontre que cette vague d’immigration noire réduit l’écart de revenus entre Noirs et Blancs, stagnant depuis des décennies. 

Les immigrants noirs, souvent mieux éduqués que les Noirs nés aux États-Unis et les autres immigrants, s’installent dans des quartiers plus prospères, à majorité blanche, avec des écoles de qualité. Le succès des immigrants noirs semble promis à s’amplifier. Les fils d’immigrants gagnent davantage que ceux des
Noirs américains, bien qu’en deçà des Blancs. Plus frappant encore, leurs filles surpassent en moyenne les femmes blanches en termes de revenus. « Les Africains noirs sont en passe de devenir la prochaine minorité modèle », affirme Neeraj Kaushal, soulignant leur ambition et leur ténacité.

Ce dynamisme peut toutefois susciter des tensions. Autour d’un plat de bananes plantains frites au gingembre, Yvonne McCowin, consul honoraire du Ghana en Géorgie, confie que certains Africains jugent les Noirs américains insuffisamment combatifs face aux opportunités.De nombreux immigrants, ayant survécu à des conflits dévastateurs, adoptent une approche pragmatique face au racisme en Amérique. 

Olivia Mugenga, avocate rwandaise spécialisée dans les droits humains, dont la mère et les grands-parents ont péri lors du génocide contre les Tutsis, illustre ce point : « Les Noirs américains nous perçoivent parfois comme des ‘serviteurs domestiques’, un terme popularisé par Malcolm X pour désigner ceux qui s’accommodent d’un système oppressif pour réussir. Je ne suis pas une servante domestique ; je n’ai simplement pas le temps de prouver mon humanité aux Blancs. »

Les conservateurs citent souvent les immigrants caribéens et africains comme preuve que les Noirs peuvent prospérer aux États-Unis malgré les préjugés. Colin Powell, fils d’immigrants jamaïcains, l’a résumé ainsi : « J’ai surmonté le racisme. » Pourtant, Camilla Moore, présidente du Georgia Black Republican Council, rejette cette comparaison. « Les Africains et les Noirs américains n’ont rien en commun », déclare-t-elle. « Ils ressemblent davantage aux immigrants chinois ou allemands, dont les familles ont les moyens d’accéder à des institutions comme Harvard. » Elle ironise sur l’idée de discuter des droits civiques avec un Nigérian.

Un coiffeur d’un quartier noir d’Atlanta observe une nouvelle clientèle africaine croissante. Ce qui le frappe, au-delà des tensions, ce sont leurs choix de coupes : les Noirs américains privilégient des « afros bouclées, élégantes », tandis que les Africains optent pour un style sobre, « court et rasé près du cuir chevelu ». Pour lui, cela reflète une différence d’état d’esprit : « Les Africains cherchent avant tout à s’intégrer. »

[Note du carnet : Si l'étude ajuste les écarts de revenus pour l'éducation et analyse les tendances d'installation par État via une simulation, elle ne semble pas inclure d'ajustement explicite pour le coût de la vie. Or les immigrants africains se concentrent dans les villes où les salaires sont certes plus importants que dans les campagnes mais où le coût de la vie est plus haut. L'absence d'ajustement pour le coût de la vie rend la comparaison potentiellement biaisée, en faveur des immigrants urbains. Ces résultats pourraient surestimer le "succès" financier des immigrants noirs en ignorant le coût plus élevé des zones qu'ils choisissent (par exemple : New York) par rapport aux zones rurales du Sud, où vivent plus de natifs noirs américains.]


Source : The Economist

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jeudi 9 octobre 2025

Danemark : le retard scolaire n'est pas comblé après plusieurs générations pour les non-Occidentaux

Ce bref article propose un survol de la performance scolaire des immigrés au Danemark, en mettant particulièrement l’accent sur le degré d’assimilation observé d’une génération à l’autre.

Première génération : une progression initiale limitée

Une récente étude issue des travaux de Hassan et al. (2023) met en lumière les résultats scolaires des réfugiés au Danemark. Sans surprise, ces derniers accusent, à leur arrivée, un retard beaucoup plus marqué en danois qu’en mathématiques — un écart aisément compréhensible compte tenu de la barrière linguistique.


Au fil du temps, on observe des progrès dans les deux matières, mais nettement plus prononcés en danois. Après environ sept années, les résultats tendent à se stabiliser : l’écart entre les matières s’estompe, mais le niveau moyen demeure à environ un demi écart-type en dessous de la moyenne nationale — et légèrement plus bas encore que celui des natifs danois. Passé ce point, le rattrapage ne progresse plus de manière importante. C’est statistiquement significatif. Ce n’est pas énorme, mais c’est un retard réel et stable, surtout quand il ne se comble plus avec le temps.

De la première à la deuxième génération : des gains substantiels

Les enfants d’immigrés — communément appelés immigrés de seconde génération — présentent des résultats scolaires sensiblement meilleurs que leurs parents. Cela ne saurait étonner, dans la mesure où ces enfants grandissent au sein du système scolaire danois, avec le danois pour langue maternelle — un avantage dont leurs parents ne bénéficiaient pas.

Les données fournies par Statistiques Danemark révèlent une amélioration marquée. Chez les garçons, les notes moyennes augmentent de manière significative entre la première et la seconde génération, tous tests confondus. L’amélioration est particulièrement notable en danois, plus modéré en mathématiques — une tendance attendue.

Autre fait notable : les descendants d’immigrés originaires de pays occidentaux obtiennent des résultats très proches de ceux des Danois d’origine. En revanche, les enfants d’immigrés non occidentaux accusent toujours un retard scolaire important, même en seconde génération.

De la deuxième à la troisième génération : une stagnation inattendue

Si le passage de la première à la deuxième génération s’accompagne d’un net progrès, l’idée selon laquelle chaque génération bénéficierait d’une assimilation croissante n’est pas confirmée par les données.

En effet, tant la deuxième que la troisième génération ont grandi dans un contexte linguistique et scolaire identique : danois comme langue maternelle, scolarité complète au Danemark. Statistiquement, aucune différence notable n’apparaît entre les deux groupes. Les données de officielles danoises (2023) indiquent des résultats presque parfaitement superposés.

Cela remet en question l’hypothèse d’une assimilation linéaire et continue au fil des générations. Il convient néanmoins de nuancer cette conclusion : des différences de composition selon les origines nationales entre la deuxième et la troisième génération pourraient masquer de faibles évolutions.

Pourquoi les immigrés non occidentaux restent-ils à la traîne ?

Au Danemark, les descendants d’immigrés occidentaux affichent en moyenne des résultats comparables à ceux des natifs. Le retard persistant concerne essentiellement les descendants d’immigrés non occidentaux.

Ce phénomène n’est pas propre au Danemark. De nombreuses études internationales ont établi une corrélation entre les performances scolaires des élèves issus de l’immigration et celles des populations de leurs pays d’origine. Cette corrélation perdure à travers les générations (De Philippis & Rossi, 2020 ; Carabaña, 2011). Les différences observées semblent être le reflet de disparités de capital humain existant entre pays, qui se transmettent de manière intergénérationnelle.

Dans les cas où les immigrés surpassent nettement la moyenne de leur pays d’origine — comme c’est parfois le cas pour les immigrés provenant d'Inde —, cela s’explique souvent par une forte sélection à l’entrée (van de Werfhorst & Heath, 2019 ; Cattaneo & Wolter, 2015).

Conclusion

En matière de performance scolaire, l’assimilation des immigrés au Danemark est nette entre la première et la deuxième génération — un phénomène logique, lié à l’exposition complète à la langue et à l’école danoise.

En revanche, au-delà de la deuxième génération, aucune amélioration significative n’est observable. En moyenne, les descendants d’immigrés non occidentaux continuent de présenter des résultats scolaires inférieurs à ceux des Danois d’origine, et ce constat reste vrai pour la troisième génération.  

 
 

 Performances des immigrants de deuxième génération et des autochtones. Source : De Philippis & Rossi (2020) 

Comment lire le graphique ci-dessus. 

La ligne pointillée est la bissectrice 𝑦 = 𝑥

Elle indique l’égalité parfaite entre les deux moyennes (natifs et immigrés de deuxième génération).

Si un pays se trouve sur cette ligne, cela signifie que les enfants d’immigrés obtiennent le même score moyen que les natifs.

Si un pays est au-dessus, les enfants d’immigrés réussissent mieux que les natifs.

Si un pays est en dessous, ils réussissent moins bien. 

La ligne pleine est une droite de régression : elle montre la tendance moyenne entre les deux variables (la relation empirique observée entre scores des natifs et scores des enfants d’immigrés).

  • Elle a souvent une pente proche de 1 : les pays où les natifs ont de bons scores sont aussi ceux où les enfants d’immigrés réussissent bien.

  • Mais l’interception (et les écarts autour de cette droite) indiquent des différences structurelles selon les pays.

Un score de 0 correspond à la moyenne globale (souvent sur l’ensemble de l’échantillon international).

Un score de +1 veut dire une performance supérieure d’un écart-type à la moyenne mondiale, et -1 une performance inférieure d’un écart-type. C’est donc une échelle relative.

Le point USA est sous la ligne pointillée, ce qui signifie :

Les enfants d’immigrés de 2e génération obtiennent des scores plus faibles que les natifs américains.

Et comme ce point est aussi en dessous de la ligne de tendance, cela veut dire que les États-Unis font un peu moins bien que la moyenne internationale, même compte tenu du niveau des natifs. Autrement dit, l’écart entre natifs et enfants d’immigrés y est plus marqué que dans d’autres pays au même niveau de performance globale.


Le point IND dans le graphique.

Position sur l’axe horizontal (x) : score moyen des natifs indiens — souvent plutôt faible en comparaison internationale (l’Inde a un système éducatif très inégal, et les évaluations internationales y sont limitées à des régions pilotes).

Position sur l’axe vertical (y) : score moyen des enfants d’immigrés indiens (de 2ᵉ génération) vivant dans d’autres pays.

Le point IND est donc très au-dessus de la diagonale,l es enfants d’immigrés indiens réussissent donc beaucoup mieux que les natifs indiens.

Pourquoi un tel écart ? Cela tient à la sélection migratoire.

L’émigration indienne moderne (vers les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, etc.) est hautement sélective sur le plan éducatif et socioéconomique :

  1. une très grande part des migrants sont diplômés universitaires (souvent en ingénierie, informatique, médecine) ;
  2. ils viennent de couches moyennes et supérieures ;
  3. leurs enfants bénéficient d’un capital éducatif et linguistique élevé et d’une forte pression académique.
Les enfants d’immigrés indiens (2ᵉ génération) obtiennent souvent des scores supérieurs à la moyenne nationale du pays d’accueil, et très nettement supérieurs à ceux des natifs indiens.

 

vendredi 13 juin 2025

France — Sciences Po renoue (un peu plus) avec les grands lycées parisiens publics et privés

Le nombre d’élèves admis venus d’établissements élitistes de la capitale a progressé cette année. Depuis la suppression du concours écrit en 2021, il avait considérablement baissé.
 
Depuis la suppression du concours écrit d’entrée à Sciences Po en 2021, de grands lycées parisiens, publics et privés, avaient vu le nombre de leurs élèves admis Rue Saint-Guillaume se réduire à peau de chagrin. La procédure 2025 montre une inversion de tendance. 

Selon des chiffres que Le Figaro s’est procurés, le lycée Louis Le Grand compte cette année 11 admis, contre 4 l’année dernière. Il est ainsi le premier établissement représenté à Sciences Po. Henri IV reste stable par rapport à 2024, avec 4 élèves admis. Du côté du privé, l’établissement catholique Franklin passe de zéro à 4. Stanislas, lui, compte un admis, contre zéro l’an dernier. 

Ces données doivent être mises en regard avec le nombre de places ouvertes à Sciences Po chaque année, seulement 1000 environ, pour 18 000 candidats. Mais surtout, elles semblent traduire un retour à la recherche de l’excellence. Depuis que le concours écrit avait cédé la place en 2021 à une sélection sur dossier, agrémentée d’un entretien, l’idée d’un «malus» à l’élitisme et au privé, et d’un recrutement empreint d’idéologie, s’était répandu comme une traînée de poudre dans les cercles parisiens. C’est ébahi que certains avaient alors constaté que Franklin, établissement jésuite du 16e arrondissement qui alimentait historiquement les rangs des étudiants à Sciences Po, ne comptait plus aucun admis. La presse s’était fait l’écho de témoignages de candidats recalés. 

Face à l’accusation de boycott, la direction s’était défendue de toute volonté de discriminer et justifiait cela par l’entrée de l’école sur la plateforme Parcoursup, qui avait provoqué un afflux mécanique de candidats. 

L'amphi « Gaza » de Sciences Po

En 2023, Mathias Vicherat, alors directeur, constatait cependant avec satisfaction que l’école n’était plus « le petit monde d’il y a 20 ou 25 ans, qui avait les mêmes origines sociales, les mêmes origines géographiques».
« Beaucoup de familles bourgeoises parisiennes considéraient que Sciences Po était une forme de prébende pour leurs enfants », ajoutait-il. 

Mais les temps ont changé Rue Saint-Guillaume. Cette sélection survalorisant l’engagement, plutôt à gauche, des étudiants, n’est plus au goût du jour. L’amphi Boutmy rebaptisé le 12 mars 2024 «amphi Gaza» (image ci-dessus) par des militants propalestiniens et les mobilisations qui avaient jalonné la fin de l’année, avec une forte résonance politique et médiatique, ont largement écorné l’image.  Nouveau directeur arrivé à l’automne, 

Luis Vassy a rapidement envoyé des signaux de retour à une procédure de sélection plus objective, basée sur l’excellence académique. Cette année, la note obtenue au bac de français a donc compté pour 60%, là où elle ne pesait qu’à 7 à 8%. Les essais qui étaient demandés aux candidats ont été supprimés. Demander à des élèves de 16 ans de démontrer leur engagement social, c’est « faire peser une responsabilité très lourde» sur leurs épaules et celles de leurs familles, estimait le directeur à l’automne 2024. [C'était surtout très idéologique.]

La valorisation du bac de français semble donc avoir eu un impact sur la procédure 2025. Luis Vassy a également pris soin de faire savoir aux grands lycées d’élite que leurs élèves étaient toujours les bienvenus. Reste que le lycée Stanislas n’a pas présenté cette année beaucoup de candidats, ce qui explique qu’un seul de ses élèves ait été admis. Outre ces lycées bien connus, Janson-de-Sailly, Saint-Michel de Picpus, mais aussi des lycées internationaux ou de l’étranger ont vu le nombre de leurs élèves progresser. Dans ce contexte, la proportion de candidats admis issus de l’Île-de-France, située en 2024 à 22%, devrait elle aussi progresser. 

L’école détaillera ces données lors de sa conférence de rentrée prévue fin septembre, à l’issue de la procédure Parcoursup actuellement toujours en cours. L’occasion, aussi, de donner davantage de détails sur le retour annoncé d’une procédure écrite pour l’année 2026.


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La Chute de la maison Sciences Po

jeudi 20 février 2025

Stéphane Vigneault du mouvement L’école ensemble veut forcer les écoles tirées au sort à participer à l'étude PISA

Tiré de la conférence de presse le mercredi 19 février à Québec avec Stéphane Vigneault, coordonnateur du mouvement L’école ensemble. (Sur la mission que c'est donné ce mouvement, nous sommes opposés à la nationalisation du réseau privé. Il faudrait plutôt ouvrir encore plus d'écoles vraiment privées et instaurer un chèque éducation pour en faciliter l'accès aux candidats méritants. Nous nous opposons à l'idée d'une même taille pour tous.).

Journaliste — Et puis qu'est-ce que vous répondez à François Legault, en Chambre, aujourd'hui, qui brandissait les chiffres de PISA, l'étude PISA?

M. Vigneault (Stéphane) — Je pense qu'il faut qu'il soit très prudent avec les chiffres de PISA parce que l'échantillon du Québec n'est... est... très probablement, n'est pas valide. Et il y a un taux de participation des écoles et des élèves du Québec à PISA qui est très faible, un des plus faibles au monde. Si le Québec était un pays, il ne serait... il serait sorti de PISA parce que notre taux de participation est trop faible. Ce qu'on pense qui arrive, c'est que les écoles publiques ordinaires sont très nombreuses, si elles sont choisies dans l'échantillon, à dire : Non, nous, on n'a pas le temps de faire ça, l'examen PISA. Et donc ça fait qu'il y a une surreprésentation d'écoles publiques sélectives. Et la même chose, après, on demande aussi aux élèves, et ça, les autres pays ne le font pas. On dit aux élèves... bien, à leurs parents : Est-ce que vous voulez que votre enfant fasse l'examen? Et là il y a beaucoup d'élèves... de parents qui disent : Non, il y a déjà des difficultés, donc j'aime mieux qu'il ne le fasse pas. Donc, notre échantillon est très faible, très peu de participation. Donc, moi, je serais très prudent avec ces données-là. Puis j'aimerais ça, en fait, je mettrais même le ministre Drainville au défi, obliger les écoles choisies dans l'échantillon à faire l'examen, obliger les élèves à faire l'examen, et là on va avoir l'heure juste, et c'est à peu près certain que notre cote descendrait beaucoup dans l'examen PISA.

mercredi 17 mai 2023

France — « Ils ont accusé les enfants d'être transphobes » à l'École alsacienne, où le ministre de l'Éducation a placé ses enfants...

 

Une intervention de l’association militante OUTrans devant des classes de 4ème de la prestigieuse école alsacienne, un établissement privé, a ému de nombreux parents. Ils dénoncent une prise à partie militante, et même agressive, de leurs enfants.

Cette association qui prône la lutte contre la transphobie et l’aide aux personnes trans est intervenue lundi devant trois classes de 4e de l’École alsacienne. Mais la teneur de l’intervention, supposément centrée sur la prévention des LGBTphobies (et finalement consacrée uniquement à la question trans) a scandalisé de nombreux parents d’élèves, obligeant la direction du collège d’empêcher la tenue ultérieure de nouvelles interventions d’OUTrans.

Choqués et en colère face à ce qu’ils qualifient de «propagande» en faveur du «militantisme trans», des parents se sont par la suite ouverts à «l’Observatoire du décolonialisme», un collectif d’universitaires regroupés autour de la défense de l’universalisme dans l’enseignement.

Les élèves ont par exemple été invités à s’exprimer sur leurs représentations du masculin et du féminin. Quand un intervenant explique qu’aujourd’hui, des hommes peuvent être « enceints», des élèves ont protesté – avant d’être sèchement recadrés par les intervenants : « ils ont accusé les enfants d’être transphobes», se plaint un parent d’élève.

Quand des collégiens expriment leur difficulté à imaginer partager les toilettes des filles avec des hommes trans, les intervenants leur ont de nouveau reproché d'être pétris de préjugés discriminatoires.

D'autres parents soulignent que la séance s'apparentait même à du « prosélytisme en faveur du transgenrisme». Leurs enfants se sont vus expliquer que « si un adolescent n'est pas bien dans sa peau, c'est qu'il est peut-être trans », et que cette question n'a pas forcément à être abordée avec un psychologue. « Être trans c'est un feeling », ont ajouté les intervenants, qui ont également déclaré devant leur jeune public : « dire qu'il y a seulement deux sexes, c'est une représentation datée et c'est faux ».

« Ce qui me frappe, c’est l’intolérance de ces gens qui étaient là pour prôner au contraire la tolérance» reconnaît le président de l’Association des parents d’élèves de l’École alsacienne.

Hasard ou coïncidence ? L'un des enfants du ministre de l'Éducation nationale est précisément scolarisé en classe en 4ème à l'École alsacienne - et certains parents en font état, soupçonnant Pap Ndiaye d'avoir lui-même recommandé directement de faire intervenir HandsAway à l'école. Ce que réfute catégoriquement la direction de l'établissement.

Source : Le Figaro


Billet du 26 juin 2022

France – Le ministre de l'Éducation, Pap Ndiaye, a placé ses enfants dans une école privée élitiste pour avoir une « scolarité sereine » 

Le controversé ministre de l'Éducation en France, nommé récemment par Emmanuel Macron, assure d'ailleurs que ce choix du privé élitiste était celui de parents soucieux du bon développement de leurs enfants.

Pap Ndiaye, ministre de l'Education nationale de France

L’école publique, c’est comme les éoliennes : tout le monde dit aimer cela, mais pas chez soi. Le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye, semble être de ceux qui pourraient correspondre à cette expression. Très critiqué depuis sa nomination, notamment pour ses prises de position sur l’antiracisme, il avait notamment dû faire face à certaines remontrances quant à la scolarité de ses enfants. Peu après sa nomination, Paris Match révélait que ces derniers avaient été scolarisés dans la très prestigieuse École alsacienne, dans le 6e arrondissement de Paris. Un établissement privé sous contrat réputé pour son élitisme revendiqué.

Une incongruité pour un homme désormais censé incarner l’école républicaine, publique et laïque. Dans un entretien accordé au Parisien, samedi 25 juin, Pap Ndiaye est cependant revenu sur le sujet, en assumant sans difficulté la scolarité de ses enfants. Le quotidien francilien, qui ne confirme pas que les enfants du ministre sont toujours inscrits à l’École alsacienne, évoque un « établissement privé et élitiste ». Un qualificatif que ne renie pas le ministre de l’Éducation nationale, qui admet que ses deux enfants sont « scolarisés dans un établissement privé sous contrat ». Une école qui, précise-t-il, « remplit donc une mission de service public ».

Un passage en « REP+ »

« Il y a des moments qui, dans le développement de l’enfant, peuvent être compliqués », se justifie-t-il, évoquant « le choix de parents » dont les enfants ne bénéficiaient plus « des conditions [nécessaires] à une scolarité sereine et heureuse ». Pap Ndiaye précise que ses enfants étaient, auparavant, scolarisés « en REP+ » – l’acronyme désignant les « réseaux d’éducation prioritaire renforcée » [souvent en banlieue immigrée]. Pas sûr, cependant, qu’une telle réponse suffise à convaincre les parents d’élèves qui n’ont pas d’autre solution que l’école publique…

Source : Valeurs actuelles

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Bock-Côté sur Pap Ndiaye, le controversé nouveau ministre de l'Éducation en France

jeudi 27 octobre 2022

Très fort tropisme à gauche des étudiants de Sciences Po (Paris)

Vingt ans après une première consultation ayant cerné le profil sociopolitique des étudiants de Sciences Po (IEP Paris), le CEVIPOF a réalisé une nouvelle enquête pour en saisir les évolutions les plus remarquables. 

Le profil sociopolitique des étudiants et son évolution de 2002 à 2022. Déjà très marqué, le tropisme de gauche (pro-immigration, woke) s’est encore renforcé.

Les résultats donnent un aperçu de ce que seront les futurs responsables économiques, culturels et politiques.


Plus à gauche que la moyenne des 18 à 26 ans

L’enquête menée il y a vingt ans avait mis en évidence l’orientation à gauche majoritaire parmi les étudiants de la rue Saint-guillaume. En 2002, 57 % d’entre eux se positionnaient à gauche. Aujourd’hui, cette orientation idéologique s’est renforcée et ce sont 71 % des étudiants qui revendiquent cette inclinaison (plus 14 points). Le positionnement à droite a quant à lui reculé, passant de 22 % à 14 % (moins 8 points). Les étudiants de Sciences Po se distinguent des autres jeunes de leur génération. En effet, seuls 41 % des 18-26 ans se situent à gauche (soit 30 points de moins que les étudiants de Sciences Po), 38 % se situent à droite (plus 24 points). Enfin, 21 % se situent en position centrale (plus 11 points). [Notons que le recrutement a fortement changé à Sciences Po, exit les épreuves de cultures générales, les examens sur table, importance accrue des oraux, de la sélection par dossiers, des bourses accordées aux étudiants au « bon profil ».]

Comme les autres jeunes de leur génération, les étudiants de Sciences Po ont adopté les comportements et les attitudes d’une culture politique protestataire qui s’est assez largement diffusée. Près des deux tiers d’entre eux ont déjà participé à une manifestation (contre 54 % en 2002). Toutefois, contrairement à une frange croissante des jeunes de leur génération, leur protestation ne va pas jusqu’à rejeter le système de la démocratie représentative. Leur protestation reste davantage insérée dans le système politique. En témoigne le fait que les personnalités politiques qu’ils admirent le plus sont non seulement des femmes, mais deux figures internationales d’élues de premier plan et au cœur du dispositif de la représentation démocratique : Alexandria Ocasio-Cortez (membre démocrate de la Chambre des représentants aux États-Unis) et Jacinda Ardern (Première ministre de la Nouvelle-Zélande). Dans ce palmarès, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon occupent respectivement les troisième et quatrième places, juste avant l’ukrainien Volodymyr Zelensky. Par ailleurs, ils ne sont pas vraiment gagnés par le syndrome de l’abstention (plus de neuf étudiants sur dix ont voté lors de la dernière élection présidentielle) et la violence politique ne séduit qu’une minorité d’entre eux. Ils sont davantage à la recherche d’une amélioration de la démocratie représentative qu’à celle d’un substitut à celle-ci. 

55 % pour Mélenchon (le candidat d’extrême gauche) au 1er tour de la présidentielle de 2022 La prédominance renforcée d’une culture politique de gauche est visible dans les choix électoraux exprimés lors de la dernière élection présidentielle. Encore plus politisés qu’en 2002, les étudiants de Sciences Po ont accordé leurs suffrages en premier lieu à la gauche radicale et à son leader Jean-Luc Mélenchon. Au premier tour du scrutin présidentiel, ce vote concerne plus d’un étudiant sur deux (55 %), soit +24 points par rapport à l’ensemble des jeunes Français âgés de 18 à 24 ans ayant voté. De jospiniste et socialiste en 2002, la gauche des étudiants de Sciences Po est devenue mélenchoniste et insoumise en 2022. Certes, en vingt ans, l’offre politique à gauche s’est assez largement recomposée — comme, du reste, à droite —, et la disruption macronienne a pu encore troubler le jeu. Mais l’on retiendra que les étudiants n’ont pas résisté au mélenchonisme, délaissant la mouvance socialiste, et même le parti écologiste Europe Écologie-les Verts, en tout cas électoralement. Ils se sont inscrits pleinement dans un mouvement d’homogénéisation des votes à gauche. En 2002, Lionel Jospin avait fédéré 60 % des votes de gauche des étudiants de Sciences Po ; en 2022, Jean-Luc Mélenchon a capté 77 % d’entre eux. Cette translation en faveur de La France insoumise indique, si ce n’est une radicalisation politique au sein de l’établissement, en tout cas une tentation pour la radicalité portée et revendiquée par cette famille politique au sein de la gauche.


Dans cet univers politique assez univoque, il reste peu de place pour les cultures politiques de la droite. Si l’on remonte vingt ans en arrière, la droite de gouvernement [la droite économique molle sur tous les enjeux sociaux] n’était déjà pas très représentée au sein de la population étudiante. Aujourd’hui, elle a quasiment disparu, et ce même si les étudiants militants dans ce camp politique, notamment au sein des Républicains, se montrent parmi les étudiants les plus mobilisés et les plus actifs au sein de Sciences Po. Même s’il existe un vote de droite caché dans le choix d’Emmanuel Macron, la droite n’a jamais été aussi faible à Sciences Po : alors que ses candidats rassemblaient 28 % des intentions de vote en 2002, les quatre candidats de droite n’attirent en 2022 que 7 % des suffrages étudiants. L’extrême droite lepéniste reste très marginale sur les bancs de l’école, comme en 2002 (Marine Le Pen recueille 1 % des suffrages). Quant à Éric Zemmour, il obtient 3 % du vote des étudiants, soit autant que Valérie Pécresse. L’affaiblissement de la droite est visible y compris dans les filiations politiques des étudiants et surtout des étudiantes, qui sont nombreuses à témoigner de ruptures d’allégeances par rapport à leurs parents de droite. Par ailleurs, même les étudiants s’inscrivant dans une filiation de droite votent autant en faveur d’Emmanuel Macron plutôt qu’en faveur des autres candidats de droite. La base électorale et politique de la macronie reste relativement limitée. Le président réélu n’a obtenu les suffrages que de 21 % des jeunes électeurs de Sciences Po. Les étudiants qui se définissent comme étant plutôt de gauche ont boycotté le président sortant (8 %), alors que les étudiants de droite ont voté à une courte majorité absolue (50 %) pour lui, les étudiants refusant le clivage gauche-droite le plébiscitant à hauteur de 63 %. Le déplacement du centre de gravité de la gauche vers la droite qu’a connu l’électorat Macron de 2017 à 2022 est bien visible.


Croissance de l’engagement militant

Les étudiants de Sciences Po témoignent d’un engagement partisan relativement élevé. 11 % déclarent être membres d’un parti politique. C’est plus qu’en 2002 (8 %). Dans l’ensemble de la population du même âge, c’est entre 1 et 2 %. Le militantisme au sein des partis a donc une place à Sciences Po et connaît même une relative vitalité dans le contexte actuel : 48 % des étudiants se disent prêts à adhérer à un parti ou à un mouvement politique. Néanmoins, c’est le militantisme associatif ou alternatif qui s’impose et prévaut. Plus du tiers des étudiants font partie d’une association humanitaire ou caritative (36 %), soit le double d’il y a vingt ans. Et 16 % d’entre eux font partie d’une association de défense de l’environnement, soit trois fois plus qu’en 2002. Une large majorité des étudiants de Sciences Po fait donc preuve d’engagements concrets, faisant partie d’une organisation politique traditionnelle ou associative (58 % contre 35 % en 2002). Ces engagements vont de pair avec les causes et les luttes qui les animent ou les inquiètent. Sans surprise, ils appartiennent à une génération où le combat contre les inégalités et la lutte contre le réchauffement climatique dominent leurs mobilisations et leurs manières de voir le monde. Pour eux, la politique est avant tout un moyen de régler les conflits à l’origine des désordres de la société et moins une finalité.

Source : Le Figaro

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Sciences Po secouée par l’affaire Duhamel, Des étudiants veulent la démission du directeur de l’école Frédéric Mion. Il aurait eu vent des rumeurs d’inceste et de pédophilie homosexuelle visant le président de la Fondation nationale des sciences politiques.

En 2011, Sciences Po annonçait la suppression l'épreuve de culture générale. Richard Descoings, son directeur mort dans des circonstances sordides en avril 2012 aux États-Unis qu'il adulait, avait supprimé du concours d’entrée l’épreuve écrite de culture générale pour les titulaires d’une mention "Très Bien" au baccalauréat et instauré une procédure d’entrée "convention d’éducation prioritaire" [zone d'éducation prioritaire est un euphémisme pour banlieue immigrée] afin d'ouvrir «socialement» l’école.

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mardi 21 décembre 2021

Stratagème pour éviter le concours à Sciences Po : les profs inscrivent leurs enfants dans écoles de banlieue sélectionnées

Dans son dernier livre La France n’a pas dit son dernier mot, Éric Zemmour relate un entretien qu’il a eu l2 septembre 2016 avec Frédéric Mion, directeur de l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po) de 2013 à 2021. Il a démissionné en 2021 dans le cadre d’une affaire d’inceste qu’il avait cachée. La macronie sachant protéger les siens, Mion a réintégré le Conseil d’État à partir du 10 février 2021.

Dans sa conversation avec Zemmour, Mion concède que certaines critiques de Zemmour à l’encontre de Sciences Po étaient fondées :

À un moment, il baissa la voix : « je vous avoue que le système mis en place par Richard Descoings [prédécesseur de Mion à la tête de Sciences Po] est un peu à bout de souffle. Les profs ont repéré les lycées de banlieue que nous avons sélectionnés et y mettent leurs enfants pour qu’ils soient dispensés des épreuves écrites. Autant les supprimer pour tous.

[…] Il faut bien que vous compreniez, un parcours comme le vôtre serait impossible aujourd’hui. Il y a une trop grande différence entre un élève d’un lycée de banlieue et celui d’un grand lycée parisien. Il lui faudrait cent ans pour rattraper ce retard. »

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dimanche 5 décembre 2021

Propositions d'Éric Zemmour en éducation : vidéo et extraits transcrits de son discours de Villepinte ce dimanche

Transcriptions

[Tout au long de cette campagne], je continuerai de rendre publiques les mesures que je propose pour la France. Notre projet politique s’inscrit dans la durée. Nous nous engageons pour les décennies suivantes et pour les prochaines générations et sur le long terme puissance rime avec éducation.

Pour l’école, nous serons du côté de l’excellence.

[Applaudissements]

Le modèle scolaire français doit revenir à ses fondamentaux avec une attention particulière pour les mathématiques et les humanités.

[Applaudissements]

Nous devons retrouver ce modèle qui a fait notre succès hier et qui fait aujourd’hui la réussite des pays asiatiques qui nous ont imités :

  • culture classique,
  • études scientifiques,
  • valorisation des savoir-faire manuel,
  • transmission des savoirs et
  • culte du mérite et de l’excellence.

[Applaudissements]

Dès la rentrée prochaine, nous referons de l’école l’instrument de l’assimilation à la française et nous chasserons des classes de nos enfants :

  • le pédagogisme,
  • l’islamo gauchisme et
  • l’idéologie LGBT.

[Applaudissements]

Nous redonnerons aux enseignants les moyens de travailler, nous rétablirons leurs autorités.

Nous interdirons

  •  l’usage de l’écriture inclusive et
  •  nous bannirons toute forme de discrimination positive.

[Applaudissements]

Oui, oui, je le promets, oui, je le promets : l’école ne sera plus laboratoire idéologique de la gauche et nos enfants ne seront plus ses cobayes.

L’école de la République l’école de la République doit redevenir le sanctuaire qu’elle fut et l’école libre, à qui nous devons tant, doit rester libre.

[Applaudissements]

L’école doit retrouver son objectif prioritaire : la transmission des savoirs, seule à même de réduire les inégalités elle ne doit plus chercher, elle ne doit plus chercher à toute force être la plus « inclusive » possible, mais au contraire rétablir le culte du mérite et de l’effort.

[Applaudissements]

Et, c’est parce qu’on transmettra de nouveau les savoirs, parce qu’on rétablira le culte de l’effort et du mérite qu’on luttera efficacement contre les inégalités sociales.

[Applaudissements]

Je veux, je veux en finir avec ce pédagogisme qui n’aura eu de cesse depuis quarante ans que de rabaisser le niveau scolaire. Au nom de l’égalité entre tous les élèves, ils les ont privés de culture.

Ils ont empêché les évaluations, ils ont banni les classements. Ils pensaient rendre service aux élèves, ils les ont privés d’excellence les empêchant de démontrer leur talent, leur intelligence et leur travail.

C’était l’école de mon enfance et, j’en suis sûr, celle de beaucoup d’entre vous ici. Cette école qui permettait en une génération de gravir les plus hauts échelons de la République. Souvenez-vous de Georges Pompidou, normalien agrégé de lettres, haut fonctionnaire, chef de l’État, dont les parents étaient enseignants et les grands-parents de modestes paysans. C’est ce type de destinée que je veux pour les prochaines générations de Français, quel que soit leur milieu social.

[Applaudissements]

Oui, oui, cette France oubliée, notre France oubliée, a le droit de retrouver une école de qualité. Cette France méprisée a le droit de retrouver des services publics. Cette France abandonnée qui manque de commissariats, qui manque de trains, qui manque de médecins, qui manque d’hôpitaux, on la prive aussi d’une école à la hauteur de ses rêves pour ses enfants. C’est injuste et c’est inadmissible.

[Applaudissements]

Mais, mais impossible n’est pas français. L’État peut partir à la reconquête de cette France abandonnée. Il doit revenir dans chaque village, dans chaque commune, dans chaque département pour proposer son modèle fondé sur l’excellence : l’excellence industrielle, l’excellence scientifique, l’excellence scolaire, l’excellence de nos services publics.

[Applaudissements]

Oui, notre combat est celui de l’excellence. Mais notre combat est avant tout celui pour la France, car face aux changements de peuples qui s’accélère, nous sommes les seuls qui osons dire la vérité les seuls à prononcer les mots qui fâchent et à proposer les mesures qui s’imposent.

Par ailleurs, dans ses priorités affichées sur son site internet, Éric Zemmour affirme:

L’apprentissage des savoir-faire fondamentaux à l’école primaire, la suppression du collège unique ou encore le relèvement du niveau du baccalauréat sont autant de mesures urgentes à mettre en œuvre pour redresser le niveau global.

jeudi 21 octobre 2021

Cégep — « La ministre McCann doit être à l’écoute du corps enseignant »

Depuis plusieurs semaines, le président de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay, s’exprime sur toutes les tribunes pour donner son avis sur les rapports entre la réussite scolaire et l’enseignement du français au collégial. Et la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, semble n’avoir d’oreille que pour lui : le Plan d’action pour la réussite en enseignement supérieur 2021-2026, qu’elle a présenté au début du mois de septembre, est calqué sur la position de la Fédération des cégeps.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que Bernard Tremblay prétend parler au nom des cégeps, alors que les comités des enseignantes et enseignants de la formation générale ont été exclus jusqu’à présent de la consultation du gouvernement. Rappelons que ceux-ci ne sont pas représentés par la Fédération des cégeps, qui n’a aucune légitimité démocratique et qui ne parle pas au nom de tous les acteurs de l’enseignement au collégial.

L’analyse de la Fédération repose en partie sur une comparaison des taux de diplomation entre les cégeps français et anglais. C’est une litanie que nous connaissons. Depuis plusieurs années déjà, les cours de philosophie sont comparés aux cours dits équivalents dans les cégeps anglais, qui font partie du programme « Humanities ». Mais cette comparaison ne tient pas la route. Ces cours ne sont pas équivalents, pas plus que les résultats moyens des étudiantes et étudiants dans les deux réseaux. […]

Plutôt que d’accuser hâtivement certains cours de la formation générale pour leurs plus faibles taux de réussite en les qualifiant prestement de « cours écueils », il faudrait s’interroger collectivement sur les véritables causes d’un tel écart. Qu’en est-il des inégalités sociales et scolaires entre les élèves qui proviennent des trois filières d’études du secondaire (public régulier, public enrichi et privé) ? Pourquoi un nombre important d’étudiantes et d’étudiants qui font leur entrée au cégep n’ont pas le niveau suffisant en français pour réussir leurs études ? Qu’est-ce qui pousse les meilleurs élèves à migrer vers le cégep anglais ?

La Fédération des cégeps se trompe lorsqu’elle affirme que le collégial n’est pas en cause dans l’anglicisation du Québec. Certes, les cégeps ne sont pas l’unique cause du phénomène, mais il y a une tendance lourde actuellement dans le réseau collégial : les collèges anglophones sont devenus des cégeps d’élite dans le secteur préuniversitaire et attirent un nombre important d’allophones ainsi qu’une proportion croissante de francophones, particulièrement dans les milieux favorisés. Il se produit alors un effritement du français dans les études supérieures au Québec et un « écrémage » du cégep français.

Nous apprenions récemment qu’un groupe de travail avait été mis en place par le ministère de l’Enseignement supérieur pour produire un rapport sur la maîtrise du français au collégial. Or, le groupe de travail est formé de trois expertes qui n’enseignent pas dans les cégeps et qui n’auraient pas le mandat de consulter le comité-conseil de la formation générale, lequel regroupe notamment les représentants des enseignantes et enseignants de philosophie et de littérature, ce que nous déplorons.

Les enseignantes et enseignants de philosophie au collégial ont à cœur la réussite étudiante ; ils sont ouverts à participer à une réflexion commune sur les exigences langagières et la réussite des cours de philosophie au collégial. Encore faudrait-il qu’ils soient invités à une consultation dont les conclusions ne sont pas tirées d’avance par la Fédération des cégeps et que leurs représentantes et représentants aient les ressources suffisantes pour y participer activement.

* Cette lettre publiée dans Le Devoir est cosignée par:
Simon Blouin, Cégep de Granby
Pierre-Olivier Bois, Collège Montmorency
Isabelle Bouchard, Cégep de Trois-Rivières
Félix Brunetta, Cégep régional de Lanaudière
Alexandre Comeau, Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu
Tony Patoine, Cégep du Vieux Montréal
Vicki Plourde, Cégep Garneau
Patrice Létourneau, Cégep de Trois-Rivières
Richard Vaillancourt, Collège de Bois-de-Boulogne
Marc-André Vaudreuil, Cégep Gérald-Godin
Pour le comité des enseignantes et enseignants de philosophie au collégial


mercredi 19 mai 2021

France — Histoire du baccalauréat

Une histoire du baccalauréat qui est aussi une sorte d’histoire de France depuis Napoléon. Un voyage dans les évolutions du système éducatif français et de ses impasses actuelles. L’auteur, Robert Colonna d’Istria, est historien et écrivain, auteur de nombreux ouvrages dont Une famille corse (Plon, 2018), finaliste du prix Renaudot. Une recension d’Éric Zemmour.

Les images reviennent chaque année en juin. Des images de jeunes gens joyeux, complaisamment filmés par les caméras de télévision — surtout les jeunes filles et les représentants de la « diversité » — qui exultent dans la rue pour célébrer leur baccalauréat. Des images qui font plaisir aux intéressés et sourire de tendresse leurs parents, mais qui apparaissent au mieux ridicules, au pire indécentes à tous les autres.

Le bac a plus de deux siècles. Comme la plupart de ces « masses de granit » qui ont fait la France moderne, c’est une création de Napoléon. En 1808, pour la première année, il y a 32 lauréats. Faire l’histoire du bac, c’est faire une histoire de France. C’est ce qu’a compris et voulu Robert Colonna d’Istria. Notre historien se fait aussi conteur lorsqu’il nous décrit les affres de la première femme reçue, les fraudes et les triches, les résultats du jeune Flaubert ou encore l’échec de Zola.

Mais derrière l’anecdote, il y a la politique. Le bac est une grande question politique. Depuis l’origine. Lorsque Napoléon choisit Fontanes contre Fourcroy pour être le premier « patron » de son institution naissante, il engage l’école française pour un siècle. Fontanes est un catholique, monarchiste, favorable aux humanités. Fourcroy est un révolutionnaire, favorable aux sciences. À Sainte-Hélène, Napoléon regrettera son choix et pas seulement parce que Fontanes l’aura trahi en 1814. Lui qui était à la fois un grand lecteur et un féru de mathématiques aurait voulu une synthèse harmonieuse entre les deux. En 1870, Bismarck vainqueur de l’armée française, se moquera de ces élites françaises qui ne se sont pas intéressées à la science à l’époque de la révolution industrielle.

Entre-temps, le bac aura pris ses quartiers de bourgeoisie, cette classe désormais dominante s’en servant à la fois comme d’une barrière pour se protéger de l’invasion des « barbares » populaires mais aussi comme moyen de sélection des meilleurs, afin de ne pas renouveler l’erreur de l’aristocratie au XVIIIe siècle qui s’était enfermée jusqu’à l’explosion révolutionnaire : c’est le principe de la « méritocratie » qui irrigue tout ce siècle, quel que soit le régime, monarchiste, impérial ou républicain.

C’est Victor Duruy, ministre de Napoléon III, qui instaure l’épreuve de philosophie ; c’est Jules Ferry, ministre républicain, qui impose la composition de français. Tous ont le même objectif : rendre le bac de plus en plus difficile. Et tous utilisent la même arme : substituer aux oraux des origines des épreuves écrites.

Cette politique « méritocratique » sera maintenue jusqu’à la moitié du XXe siècle : en 1945, il y a 28 000 bacheliers. On est passé de 2 à 3 % d’une classe d’âge.

Après commence la grande Révolution qui va abattre « l’élitisme républicain » au nom de « la démocratisation ». Une révolution qui se fera en trois temps. Il revenait à deux communistes de donner le premier coup de pioche avec le fameux rapport Langevin-Wallon de 1945 : la « démocratisation » concurrence désormais la transmission des savoirs. Un ministre giscardien, pétri d’angéliques intentions, René Haby, leur donne la main trente ans plus tard : c’est la fameuse loi Haby, qui instaure le « collège unique ». Enfin, c’est paradoxalement le chantre de « l’élitisme républicain », Jean-Pierre Chevènement, qui lui donne le coup de grâce, avec son objectif de « 80 % d’une génération au niveau bac ».

Dans les années 1960-1970, le dynamisme de l’économie, le développement des nouveaux métiers de « cadres », le niveau exceptionnel de l’école primaire et secondaire héritée de la IIIe République, tout permet de marier vaille que vaille démocratisation et élitisme.

À partir des années 1980, la démocratisation devient massification. C’est le temps du « bac pour tous » et du droit au bac : « On remonte les notes sur injonction du rectorat, on invite à la bienveillance ; on multiplie les options pour gagner des points ; on insiste sur les “compétences”. »

Tous les observateurs lucides s’accordent sur la décadence du parchemin : « Le bac joue le rôle social que tenait le certificat d’études primaires jusque dans les années 1960 et la licence celui qu’il tenait il y a près d’un demi-siècle. »

Mais la valeur juridique du bac n’a pas changé — le droit d’entrer à l’université — et sa valeur sentimentale auprès des Français reste élevée : d’où la désillusion, en particulier des classes populaires, quand elles constatent que leurs enfants bacheliers ont souvent des situations sociales inférieures aux leurs.

Alors que faire ? Achever le bac, que des générations de ministres depuis quarante ans ont consciencieusement étranglé ? Le dernier en date est Jean-Michel Blanquer qui, avec un discours sur l’élitisme républicain, est revenu aux épreuves orales d’origine, pour mieux cacher les béances dans l’expression écrite et le raisonnement de la plupart des élèves. Comme s’il signait discrètement son forfait.

L’alternative est donc simple, en tout cas en théorie : soit prendre acte que le bac est mort et le supprimer. Soit prendre acte que les Français y restent attachés, et reprendre la politique suivie au XIXe siècle, c’est-à-dire le rendre de plus en plus difficile et réduire sévèrement le nombre de bacheliers. En Allemagne, le nombre d’Abitur est de 33 % d’une classe d’âge, et en Suisse, les « matu » ne sont que 20 %. En France, le bac coûte cher (200 à 300 millions d’euros) et le niveau est d’une médiocrité affligeante. Mais, comme le remarque Robert Colonna d’Istria avec finesse : « Si on observait le niveau des 2 % à 3 % des meilleurs candidats au baccalauréat, on constaterait probablement qu’il est strictement identique à celui de leurs camarades bacheliers diplômés cent ans plus tôt, à l’époque où dans une tranche d’âge il n’y avait que 2 ou 3 % de diplômés. Comprenne qui pourra. »

On pourrait transposer la célèbre apostrophe révolutionnaire de Sieyès sur le Tiers-État au baccalauréat : « Qu’est-ce que le bac aujourd’hui ? Rien. Qu’a-t-il été : Tout. Que veut-il ? Redevenir quelque chose. » Mais qui osera faire la Révolution ?

 


La grande histoire du baccalauréat, 
par Robert Colonna d’Istria,
paru le 6 mai 2021,
chez Plon, 
à Paris,
352 pp.
ISBN-10 : 2 259 304 990 
ISBN-13 : 978-2259304993


jeudi 21 janvier 2021

À l’instar des universités anglo-saxonnes, Sciences Po de Paris supprime les épreuves sur table


Sciences Po Paris abandonnera au printemps 2021 son concours d’entrée au profit d’un examen du dossier scolaire des bacheliers et d’un entretien d’admission. Une révolution, déjà annoncée il y a plus d’un an, que son controversé directeur, Frédéric Mion, aime parfois à présenter comme une réponse à la crise des «gilets jaunes» [?!]. Il espère que cette nouvelle admission conduira des élèves qui ne l’osaient pas à se présenter. L’objectif est aussi de hausser le taux actuel d’étudiants boursiers de 25 % à 30 % alors qu’il atteint 40 % dans les universités, parents pauvres de l'éducation supérieure en France.

Avec le nouveau concours, la moitié des critères de sélection concerne les notes obtenues au lycée: en l’occurrence, la moyenne des écrits au bac et les bulletins scolaires du lycée [mais un 18 en banlieue en difficulté vaut-il un 18 dans un lycée très sélectif?]. Terminées, en revanche, les épreuves sur table [écrites et surveillées] qui prévalaient depuis des décennies. Outre le fait que ces écrits auraient doublonner avec les examens du bac, ils sont considérés par la direction de l’IEP comme un frein à la diversité. La sélection repose par ailleurs “sur trois écrits portant sur les activités et les centres d’intérêt du candidat, sa motivation à faire Sciences Po et sa capacité à s’exprimer à travers l’écriture créative“, détaille Olivier Nafissi, directeur de Prépasup (groupe Ipesup). 

 À l’instar des universités anglo-saxonnes, il s’agit de rédiger un texte personnel en réponse à des questions aussi diverses que: “qu’avez-vous accompli dont vous êtes les plus fier, et pourquoi?”; “parmi les ouvrages que vous avez étudiés au lycée, quel est celui que vous conseilleriez à un ami et pourquoi?”; “pour quelle cause refuseriez-vous de prendre position et pourquoi?”; “si vous aviez l’occasion de discuter avec un dirigeant politique important de votre pays: de qui s’agirait-il, que lui diriez-vous et pourquoi?” ou encore “qu’est-ce qui vous apporte de la joie? Expliquez-vous et développez”. 

À travers ces écrits, un portrait [idéologique ?] de l’élève doit se dessiner pour permettre à l’école de “distinguer les talents de demain”. Ensemble avec les bulletins scolaires et les notes du bac, ces trois blocs détermineront l’admissibilité du candidat.

Les épreuves écrites (histoire, anglais et option) sont donc supprimées au profit de l’examen du dossier scolaire, en particulier des notes aux enseignements de spécialité. L’oral d’admission est quant à lui conservé, et intégrera une nouveauté sous la forme d’une discussion autour d’un document. Désormais donc, l’entrée en première année au collège universitaire se cale sur la procédure d’admission très anglo-saxonne déjà mise en place par Sciences Po Paris, il y a 3 ans, pour sa maîtrise (« master » dans l'Hexagone).

Sources : Challenges, Le Figaro, Les ÉChos

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