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vendredi 30 mai 2025

Québec ne veut pas d'enfants avec trois parents : la question des «trouples» portée en appel

Québec s’oppose à la reconnaissance d’une parentalité à trois têtes.

Le gouvernement de M. Legault, fidèle à une conception classique des fondements de la famille, a résolu de porter en appel une décision judiciaire l’enjoignant de reconnaître, en droit, la pluriparentalité. Le ministre de la Justice, Me Simon Jolin-Barrette (ci-contre), entend défendre ce qu’il qualifie de « modèle québécois », fondé sur le principe de la dualité parentale.

Il n’est pas dans les vues du gouvernement du Québec de reconnaître légalement les liens de filiation unissant un enfant à plus de deux adultes. Un trio amoureux, aussi sincère soit-il dans ses affections, ne saurait à ses yeux fonder une cellule parentale aux yeux de la loi. C’est cette position, qualifiée de principe fondamental, que le gouvernement s’apprête à faire valoir devant la Cour d’appel.

« Le modèle québécois qu’on a choisi, c’est deux parents », proclame Me Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice et Procureur général, dans un entretien accordé à notre Bureau parlementaire. Selon lui, cette norme repose sur la pierre angulaire du droit familial : l’intérêt supérieur de l’enfant.

Or, voilà qu’un jugement récent de la Cour supérieure, émis par le juge Andres C. Garin, est venu ébranler cette conception. Celui-ci a estimé que le Code civil du Québec, en restreignant la reconnaissance parentale à deux individus, portait atteinte aux droits fondamentaux consacrés par la Charte canadienne. Cette restriction constituerait une forme de discrimination à l’égard de ceux qui, selon ses termes, vivent dans un « modèle familial particulier ».

Pour appuyer sa réflexion, le magistrat a examiné trois affaires singulières : la première concernait un trio amoureux revendiquant le droit d’élever ensemble leur progéniture ; la seconde, un couple de femmes ayant sollicité l’aide d’un ami afin de concevoir un enfant ; la troisième, une femme, convalescente après un traitement de chimiothérapie, ayant fait appel à une mère porteuse et au concours fidèle d’une amie pour donner naissance à ses enfants.

Néanmoins, le gouvernement ne souhaite point s’engager sur la voie d’une reconnaissance juridique de telles configurations parentales, fussent-elles motivées par les circonstances de la vie ou la générosité des cœurs. Procréation assistée, gestation pour autrui : autant de cas particuliers qui ne sauraient, selon l’exécutif, justifier une remise en cause des fondements du droit civil québécois.

« On est en désaccord avec la décision du juge Garin », déclare sans détour Me Jolin-Barrette. Il affirme que la province portera cette cause devant le plus éminent tribunal de son ordre juridictionnel.

La filiation, un pacte à double sens


Le ministre rappelle que les parents conservent la liberté de désigner, dans la vie de leur enfant, les personnes qui leur sont chères. Toutefois, ajoute-t-il avec gravité, il revient à l’État de veiller à l’intérêt fondamental de l’enfant et à la cohérence de ses liens juridiques de filiation.

« Si on est dans la logique du jugement, il n’y a pas de limite, ça peut être quatre, cinq, six, sept, huit parents qui auraient des droits reconnus sur les enfants. Donc on se retrouve dans une situation où, en cas de conflit, en cas de séparation, ça pourrait être pas nécessairement dans l’intérêt de l’enfant, [...] qui ne choisit pas cette situation. »

Et ce lien de filiation, précise le ministre, n’est point unilatéral. Le droit québécois reconnaît que si les parents sont tenus de subvenir aux besoins matériels et moraux de leurs enfants, les enfants, à leur tour, doivent assistance à leurs géniteurs.

« L’enfant [devenu majeur] a des obligations alimentaires et financières envers ses parents », rappelle Me Jolin-Barrette. Dès lors, l’on peut concevoir qu’une multiplication des liens de filiation pourrait engendrer, dans les années futures, des situations complexes où un adulte serait appelé à soutenir un nombre croissant de personnes légalement reconnues comme ses parents.

Un choix de civilisation

Par sa décision de contester ce jugement, le Québec affirme une volonté d’autonomie doctrinale, distincte des orientations adoptées ailleurs au Canada. Provinces et territoires tels que l’Ontario, la Colombie-Britannique, la Saskatchewan ou le Yukon ont déjà reconnu la légalité de la pluriparentalité. Le Québec, pour sa part, entend s’en tenir à sa propre voie.

« C’est le choix comme société que nous faisons, clame Simon Jolin-Barrette. Au Québec, on a le droit de faire nos propres choix en fonction de notre propre modèle, [...] qui place l’enfant au cœur des décisions. »

Ainsi s’exprime le ministre, soucieux de préserver une conception structurée de la famille, qui, à ses yeux, demeure l’un des piliers de la stabilité sociale. 

jeudi 20 février 2025

Stéphane Vigneault du mouvement L’école ensemble veut forcer les écoles tirées au sort à participer à l'étude PISA

Tiré de la conférence de presse le mercredi 19 février à Québec avec Stéphane Vigneault, coordonnateur du mouvement L’école ensemble. (Sur la mission que c'est donné ce mouvement, nous sommes opposés à la nationalisation du réseau privé. Il faudrait plutôt ouvrir encore plus d'écoles vraiment privées et instaurer un chèque éducation pour en faciliter l'accès aux candidats méritants. Nous nous opposons à l'idée d'une même taille pour tous.).

Journaliste — Et puis qu'est-ce que vous répondez à François Legault, en Chambre, aujourd'hui, qui brandissait les chiffres de PISA, l'étude PISA?

M. Vigneault (Stéphane) — Je pense qu'il faut qu'il soit très prudent avec les chiffres de PISA parce que l'échantillon du Québec n'est... est... très probablement, n'est pas valide. Et il y a un taux de participation des écoles et des élèves du Québec à PISA qui est très faible, un des plus faibles au monde. Si le Québec était un pays, il ne serait... il serait sorti de PISA parce que notre taux de participation est trop faible. Ce qu'on pense qui arrive, c'est que les écoles publiques ordinaires sont très nombreuses, si elles sont choisies dans l'échantillon, à dire : Non, nous, on n'a pas le temps de faire ça, l'examen PISA. Et donc ça fait qu'il y a une surreprésentation d'écoles publiques sélectives. Et la même chose, après, on demande aussi aux élèves, et ça, les autres pays ne le font pas. On dit aux élèves... bien, à leurs parents : Est-ce que vous voulez que votre enfant fasse l'examen? Et là il y a beaucoup d'élèves... de parents qui disent : Non, il y a déjà des difficultés, donc j'aime mieux qu'il ne le fasse pas. Donc, notre échantillon est très faible, très peu de participation. Donc, moi, je serais très prudent avec ces données-là. Puis j'aimerais ça, en fait, je mettrais même le ministre Drainville au défi, obliger les écoles choisies dans l'échantillon à faire l'examen, obliger les élèves à faire l'examen, et là on va avoir l'heure juste, et c'est à peu près certain que notre cote descendrait beaucoup dans l'examen PISA.

vendredi 6 décembre 2024

École — Complément cahier « Françoise David »  — Le massacre de la Polytechnique (rediff)

En février 2009, M. Benoit Dutrizac avait invité à son micro Mme Françoise David pour s'insurger ensemble du concours lancé par Sylvain Bouchard contre la présence de Mme Françoise David sur trois pages dans un cahier d'éthique et de culture religieuse. Aucun autre politicien ne bénéficie du même traitement de faveur. Mme Françoise David est la co-présidente du parti Québec solidaire (1 siège à l'Assemblée nationale). On peut qualifier Québec solidaire de parti résolument à gauche. Benoit Dutrizac n'avait pas hésité à affirmer que Sylvain Bouchard aurait dû se taire alors que sortait au cinéma le film Polytechnique… Il était donc interdit de dénoncer la partialité d'un cahier d'éthique et de culture religieuse écrit par deux auteurs qui se disent féministes et qui font la part belle à une figure de proue du féminisme, alors qu'on commémore sur les grands écrans du Québec la mort de martyrs du féminisme.

Ce massacre par un déséquilibré nommé Marc Lépine (né Gamil Gharbi, fils d'un musulman algérien qui battait sa femme et son fils) sert aujourd'hui à faire taire toute critique vis-à-vis du féminisme, de ses prétentions et empêche toute distance envers l'hagiographie d'une figure du féminisme québécois dans un cahier du programme gouvernemental d'éthique et de culture religieuse devenu récemment obligatoire dès six ans au Québec.

lundi 9 septembre 2024

Seuls 30 % des Québécois en faveur de l'interdiction prévue des véhicules hydrides et à essence d'ici 2035




Seuls partisans du parti d'extrême gauche Québec Solidaire sont favorables à cette interdiction, à 54 %.

L'unanimité des députés nous imposent donc les politiques du parti le plus à gauche, très minoritaire au Québec.

 Le gouvernement du Québec a confirmé en juillet son intention d’aller de l’avant avec l’interdiction de la vente de véhicules à essence à compter de 2035 avec le dépôt d’un projet de règlement.

mercredi 26 juillet 2023

Comptabilité woke de la part de la candidate préférée de Québec Solidaire

Selon le Journal de Montréal : «

La professeure de l’Université Laval Christine Gilbert a confirmé au Journal qu’elle souhaite porter les couleurs de la formation [Québec solidaire] lors de l’élection partielle rendue nécessaire par la démission-surprise de Joëlle Boutin. 

Mme Gilbert était candidate de Québec solidaire dans Lotbinière-Frontenac, le comté où elle réside, lors des dernières élections générales. Elle avait terminé loin derrière, avec un peu plus de 9 % des voix. 

Il s’agit d’une candidature économique pour la formation de gauche. La professeure agrégée en comptabilité est notamment spécialisée dans les questions de dette publique. »

Gabriel Nadeau-Dubois (au centre)  sous le regard sévère de Christine Gilbert lors de la campagne électorale de 2022

 Elle semble surtout être une féministe très à gauche. Il suffit de consulter sa très maigre publiographie :

  • Gilbert, C. (2022). A Herstory of Accounting: Reconsidering the relationship between accounting and capitalism through the lens of matriarchal societies. Conférence A-CEASAR, Wellington, Nouvelle Zélande. (recyclée en 2023 en Colombie)
  • Gilbert, C. (2022). Countering Neoliberal Hegemony: The Use of Accounting in Public Space. AARG Seminar, Royaume-Uni. (recyclée deux fois)
  • Gilbert, C. (2022). Investigación contable: ¿Para quién? ¿ Para qué?: El papel del los académicos para el cambio social. Keynote speaker principal à la Conférence QRCA, Medellin, Colombie.
  • Gilbert, C. (2022). Resistance, hegemony, and critical accounting interventions: Lessons from debates over government debt. European Accounting Association Conference
Aucune communication en français. Elle est pourtant professeur/professeure/professoresse/professeuse dans une université francophone.
 
« Herstory » est un néologisme de l’extrême gauche féministe anglo-saxonne analysant (ou feignant d’analyser) le mot anglais history (issu du grec Ἱστορία à savoir « enquête »),  comme une histoire centrée sur l’homme (his),  son « histoire à lui », par opposition à la femme (her), son « histoire à elle ». « An accounting herstory » serait donc une histoire de la comptabilité d’une perspective féministe. Le reste du titre de la communication signifie : « Reconsidérer la relation entre la comptabilité et le capitalisme à travers le prisme des sociétés matriarcales ».
 

mardi 18 avril 2023

Unanimisme — L’Assemblée nationale se porte à la défense des travelos lecteurs de contes pour enfants

 Réaction de Denise Bombardier à cet unanimisme et au manque de débats au Québec sur ces sujets.

Nous sommes sceptiques quant au cliché éculé de l’éducation catholique qui tarauderait les Québécois et les empêcherait de s’exprimer et de débattre. Après tout, Dieu vomit les tièdes et le travestissement est explicitement décrit comme une « abomination » dans la Bible, au livre du Deutéronome (22:5).

Cet unanimisme s’explique sans doute mieux par le manque de diversité dans les médias (le marché est étroit, la SRC hypersubventionnée y fait une concurrence déloyale), dans les écoles (tout le monde doit suivre le même programme même dans sa façon de le donner, voir les procès autour de l’imposition d’ECR à des écoles catholiques comme Loyola). Ajoutons sans doute le réflexe de faire corps sur un continent anglo-saxon où cette cohésion peut permettre d’assurer la survie d’une très petite minorité. De surcroît, la médiocrité de la députation et le poids de la discipline des partis dans un système non proportionnel ne favorisent pas l’expression de pensées hétérodoxes.

 

Le travelo au nom de scène « Barbada »

Depuis leur rejet du catholicisme et de sa morale bornée, les Québécois sont devenus allergiques à tout interdit. Ils aiment les tendances de tout acabit, les modes dans tous leurs délires et les minorités les plus visiblement provocatrices et tapageuses.

Les membres de ces minorités très militantes ont le champ plus libre, car les Québécois, qui ont déjà de la difficulté à s’exprimer en groupe, ont tendance à se réfugier individuellement dans le silence. En clair, ils sont peureux.

Ils sont habités par des phobies réelles, violentes et contradictoires. D’abord, ils craignent d’être rejetés. Disons que leur estime de soi est toujours susceptible d’être abaissée par un interlocuteur grossier qui dégaine verbalement plus vite qu’eux.

Victimes de l’éducation marquée par le péché mortel [hmmm] pour les plus âgés, ils culpabilisent à tort ou à raison. Une majorité de Québécois a la phobie de ne pas être reconnue comme progressiste selon les critères imposés par des militants idéologiques qui les font taire.

Silence

En fait, trop de Québécois sont atteints de carences affectives. La peur de ne pas être aimés par ceux qui les impressionnent ou les manipulent explique aussi pourquoi ils se taisent. D’où la rage intérieure qui les habite et fait même exploser les plus blessés psychologiquement.

Certaines minorités parmi les minorités au Québec sont intouchables d’une certaine façon. Elles arrivent à imposer leur vision, leurs règles et leurs excès sans être contredites. Les Québécois majoritaires n’osent pas blâmer ceux et celles qui deviennent des vedettes d’un soir grâce aux médias qui leur offrent l’antenne. [La télé d’État fédéraliste qui invite un travelo à son émission phare de Tout le Monde en parle et l’interroge complaisamment.]

C’est ainsi que l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une motion présentée par Québec solidaire le 3 avril dernier pour déplorer les propos haineux à l’endroit des drag-queens lors d’une manifestation contre la présence de Barbada à la bibliothèque de Sainte-Catherine, en Montérégie.

Les propos haineux sont intolérables en toutes circonstances. [Il faudrait déjà les définir. Ne pas vouloir de drag-queen est-ce haineux ? Jusqu’à quel point. Les gens qui crient au fasciste sont-ils haineux ?] Mais il faut noter le silence qui s’est abattu sur le Québec depuis cet événement. C’est comme si la présence d’une drag-queen dans les écoles auprès de nos petits enfants ne pose aucun problème. Cet événement en dit long sur la capacité des Québécois à s’exprimer et à débattre une initiative présentée comme une banalité.

Militantisme

Barbada est un militant actif qui sensibilise les enfants de quatre ans et plus à la notion de genre. Il parle de diversité, d’équité et d’égalité à travers ses histoires. Et cela est maintenant institutionnalisé à cause de la motion unanime de l’Assemblée nationale.

Aucun débat sérieux mené non pas par des militants actifs, mais par des spécialistes n’a eu lieu. [Ne parlons même pas du peuple… Les « experts » devraient-ils décider ?] Comme si le Québec entier acquiesçait sans dire un mot à cette pédagogie nouvelle, qui amène les enfants à aimer la lecture, a déclaré spontanément la ministre Martine Biron. [Voir Ministre de la Condition féminine défend hommes trans et annonce dépenses de 0,8 million $. Et « vos yeules ! »]

Barbada, on me permettra cette remarque, pousse le déguisement féminin au-delà de l’outrance. En tant que femme, j’éprouve un malaise en la voyant exposer cette image à des tout-petits. La drag-queen n’est pas un statut. C’est un personnage dans un spectacle pour adultes où la grivoiserie et les transgressions sexuelles sont appréciées.

Et le Québec se tait, partagé entre une vision naïve et une sidération qui permet que nos écoles soient ouvertes à de telles « activités parascolaires ».

Mise à jour du 11 avril

La réaction d’Alexandre Cormier-Denis à cette résolution unanime.

Version Odysee (puisque tout Rumble est censuré en France)


 
 
Billet originel du 4 avril
 

mardi 6 septembre 2022

Menu végétarien par défaut: 94 % des parents grenoblois s'y opposent, Québec Solidaire songe-t-il à imiter la mairie de Grenoble ?

La mairie « écologiste » de Grenoble a choisi de mettre par défaut des menus végétariens à la cantine si les parents ne choisissaient pas. Ceux-ci ont refusé à 94 %.

Grenoble voulait plus de menus végétariens, mais les parents ne suivent pas. Le maire de Grenoble, Éric Piolle, pour la première fois, avait dit que, si les parents ne demandaient pas expressément le contraire, eh bien des menus végétariens seraient servis aux enfants. Les parents ont refusé à une écrasante majorité. 


Les parents d’élèves de Grenoble préfèrent depuis la rentrée choisir un autre menu que celui végétarien, proposé par défaut par la mairie écologiste. 94 % des parents choisissent soit le menu bleu à base de poisson, soit le menu rouge qui alterne poisson et viande. C’est le cas de Mickaël, papa de deux garçons scolarisés en primaire à Grenoble. « Nous, on a toujours mangé de la viande à la maison. Ça fait partie de mon alimentation principale. Et du coup, les enfants ne sont pas réfractaires à ça. Chacun a le droit de manger ce dont il a envie. Mais par contre, effectivement, il faut arrêter d’imposer aux autres son alimentation », dit-il.

En plaçant le menu végétarien d’office, par défaut si les parents ne font aucun choix, la mairie de Grenoble veut cette année sensibiliser sur l’impact environnemental de l’élevage intensif. Le discours séduit quelques parents, 5 % au total.

Québec solidaire veut des repas végétaliens dans les écoles et les hôpitaux

Québec solidaire (QS) propose un virage « vert » dans les assiettes des cafétérias du secteur public en offrant un menu constitué à 50 % de « repas d’origine végétale ». Gabriel Nadeau-Dubois tente lui-même de manger moins de viande pour réduire son empreinte carbone.

QS propose d’« adopter une politique d’achat alimentaire dans le secteur public incluant 70 % d’aliments locaux et 50 % de repas d’origine végétale », ainsi que d’« offrir un soutien technique et financier pour le passage de l’agriculture conventionnelle à l’agriculture biologique et rembourser la certification biologique », des subventions supplémentaires donc. Le parti veut modifier les menus des cafétérias du secteur public, notamment ceux des écoles, des hôpitaux et des musées, pour « offrir » à tous une option végétalienne. Rien n’empêche aujourd’hui cette offre, chaque cantine est libre de l’offrir, on peut donc craindre que l’« offre » de QS consiste à limiter le choix (en imposant la présence d’un menu végétalien ce qui limitera l’offre d'autres menus, les cantines ne pouvant supporter les coûts de trop nombreux menus) et à faire subventionner ce choix par les contribuables.

À terme, le plan climat prévoit une diminution de la production de viande au Québec qui serait remplacée par de la culture maraîchère. La modélisation de sa « Vision 2030 » par la firme Esmia Consultants, en collaboration avec Dunsky Énergie + Climat, prévoyait donc une « substitution d’une partie de la production laitière et de bœuf, de porc et de volaille, ainsi que des grains et céréales destinés à l’alimentation animale (— 5 % à — 12 % d’ici 2030 par rapport à la référence) vers une augmentation de la production de fruits, légumes et grains et céréales ».

Le chef parlementaire de Québec solidaire s’engage également à « accompagner les agriculteurs vers les cultures moins polluantes ». Il aura l’occasion de présenter sa vision de l’agriculture verte ce mercredi lors d’une rencontre avec l’Union des producteurs agricoles.

Sources RTL, La Presse de Montréal.

Voir aussi

Écologie — Soyez écolo, mangez de la viande ! (m à j)

mercredi 4 décembre 2019

Le syndicalisme CPE : «un des pouvoirs les plus forts au Québec»

L'État québécois a créé un nouveau pouvoir ces dernières années. Un énorme monopole qui empêche toute remise en question du réseau de garderies extrêmement coûteux et donc toute remise en question de la politique familiale québécoise qui n'a, notamment, aucun impact sur la natalité ni même sur les résultats scolaires (les résultats du Québec dans les tests internationaux n'ont pas augmenté depuis leur mise en place).

Devant ce qui semble être une réelle volonté du gouvernement Legault de mettre de l’avant les classes de maternelle quatre ans, Mario Dumont dévoile une des réelles forces derrière l’opposition «démesurée» au projet.


S’avouant d’entrée de jeu peu enthousiaste devant cette proposition de la CAQ, l’animateur se dit toutefois encore surpris des violentes critiques qu’elle suscite. «Tu as l’impression que le gouvernement veut fermer des hôpitaux», image-t-il pour décrire la réaction de partis d’opposition comme le Parti québécois (PQ) et Québec Solidaire (QS).

«Ils ne diront jamais la vérité parce qu’ils ont les mains attachées par le syndicalisme CPE. C’est un des pouvoirs les plus forts au Québec», juge Mario Dumont.


«C’est devenu une idéologie [...] On dit que la science est derrière les CPE, mais ce sont des universitaires qui ont tout misé là-dessus. Toute leur pensée et leur carrière sont basées dessus», ajoute-t-il.

«S’il y en a un qui peut parler de ça au Québec, c’est moi. J’ai voulu m’attaquer au monopole des CPE et c’est probablement une des raisons politiques pour lesquelles j’ai fini comme un gruyère plein de trous», conclut l’ex-politicien.

Entretemps, le ministre de l'Éducation est plus déterminé — diront les âmes charitables — que jamais au sujet du projet des classes de maternelle 4 ans. Il va annoncer plus de 300 nouvelles classes, dès l'an prochain. Les critiques savent que l'ancien instituteur devenu ministre ne brille pas par sa modération ou sa capacité à mettre en doute ses projets préférés. C'est pourtant le dossier le plus impopulaire de la CAQ selon un sondage Léger souligne Mario Dumont.

Actuellement, ce sont 18 000 enfants de 4 ans qui n'ont accès à aucun service éducatif. Voilà pourquoi il n’est pas question de ralentir la cadence. L'an prochain, 350 classes s'ajouteront aux 660 déjà existantes.

«En septembre 2020, 1000 classes de maternelle 4 ans. Et chacune de ces classes-là a été validée par les commissions scolaires, parce qu'il y a de la place», assure le ministre Jean-François Roberge.

Source


jeudi 8 février 2018

Éducation: libre choix du privé ou du public aux parents

Sylvain Lévesque rappelle quelques faits intéressants dans le Journal de Québec. Rappelons que pour ce carnet, la liberté des parents doit aller au-delà de choisir une école dans le réseau public ou privé, les écoles devraient avoir plus de libertés en termes de recrutement, de pédagogie et de programme.

Québec solidaire promet, s’ils remportent les prochaines élections, de mettre fin au financement gouvernemental aux écoles privées. Le parti de gauche pense ainsi faire épargner 100 M$ à l’État tout en augmentant le soutien aux écoles publiques, elles qui recevraient 63 000 étudiants de plus au sein de leur réseau.

Quelques chiffres intéressants

  • 125 000 étudiants fréquentent les écoles privées du Québec (Source gouvernement).
  • Il en coûte environ 12 000 $ par enfant dans le réseau public, par élève au secondaire.
  • Dans les écoles privées, les parents assument 40 % des droits de scolarité de leur enfant, c’est-à-dire, une moyenne de 4500 $ par individu. (Voir ici tableau 1, page 13. Indexé pour 2017)


Une économie ?

Québec solidaire prétend qu’en coupant le financement public aux écoles privées, 50 % des 125 000 élèves ne pourraient encaisser cette hausse et s’inscriraient dans une école publique.

Sans aide gouvernementale, je m’excuse, mais beaucoup plus de parents n’auraient tout simplement plus les moyens d’envoyer leurs enfants dans ces écoles et n’auraient d’autre choix que de renoncer à ce choix. Est-ce 70 %, 80 % ou 90 % ? Je l’ignore, mais c’est certainement au-delà de 50 %.


Ceci étant dit, si le gouvernement se trouve à payer 100 % de la facture d’éducation au lieu du 60 % de 80 000 à 100 000 enfants supplémentaires, il est évident qu’au lieu d’avoir des économies, nous paierons collectivement davantage. En fait, 100 000 élèves de plus coûteraient 450 millions $ de plus. À ce montant, nous devons retrancher les subventions données aux écoles privées que nous ne verserions plus, c’est-à-dire (7500 $ x 25 000 élèves = 187,5 millions $).

De plus, est-ce que les écoles publiques actuelles ont la capacité d’accueillir 100 000 étudiants de plus à la prochaine rentrée ? Sinon, combien faudra-t-il investir pour agrandir les écoles ou pour en construire de nouvelles ?

Un choix individuel

Il est faux de prétendre que la majorité des parents qui font le choix de l’école privée sont tous des « riches ». Je connais plusieurs couples avec des revenus familiaux de 80 000 à 100 000 $ avant impôt qui ont fait ce choix. Ces parents, ils se serrent la ceinture, il renonce aux vacances d’été et aux petites sorties pour offrir à leurs enfants la meilleure éducation qui soit.

Comprenez-moi bien, je ne dis pas que les écoles publiques n’offrent pas une bonne qualité d’enseignement, mais l’encadrement des élèves y est en général supérieur dans les écoles privées, ne serait-ce que parce qu’il y a moins d’élèves à superviser. D’ailleurs, permettez-moi de vous souligner que je suis moi-même un produit de l’école publique.

Le modèle unique

Après le patriarcat [et patrimoine], c’est le mot privé qui fait hantise chez les solidaires. Ils ont un préjugé positif envers tout ce qui est étatique. Sans le privé, les écoles publiques auraient-elles ressenti de la pression pour développer des programmes à vocation comme le sport-étude, art-étude, ou encore les nombreux parcours internationaux et linguistiques ? Le secteur privé se distingue du public parce que pour avoir des clients, il se doit d’être performant sans quoi, les portes se fermeront.

Pourquoi un jeune politicien comme Gabriel Nadeau-Dubois voudrait-il empêcher des milliers d’enfants d’avoir accès à ce dont il a lui-même bénéficié au Collège Regina Assumpta de Montréal ? « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ».

L’État omniprésent, l’interdiction de tout ce qui priver et la création de monopoles gouvernementaux, c’est un peu ça la lente soviétisation du Québec. Jean-François Lisée n’a pas tort quand il parle du « Politburo ».
Voir aussi

Rappel : Les Québécois veulent des bons d’étude Sondage Léger : 55 % des Québécois (63 % des parents) se montrent très ouverts à la mise en place des chèques éducation, le gouvernement octroyant une somme fixe pour la scolarité de chaque enfant et laissant alors les parents choisir l’école publique ou privée qu’ils privilégient.

mardi 7 novembre 2017

QS et le PQ s'uniraient contre la « ségrégation scolaire »

Appuyé par le Parti québécois et Québec solidaire, le « Mouvement l’école ensemble » souhaite mettre un terme à ce qu’il appelle la « ségrégation scolaire » qui limite, selon lui, les perspectives d’avenir des enfants moins doués à l’école ou issus de familles moins nanties. Le mouvement prône la mixité sociale entre les murs des écoles publiques québécoises.

Selon un rapport du Conseil supérieur de l’enseignement au Québec, 41 % des élèves du secondaire fréquentent l’école privée (21 %) ou un programme particulier (20 %) qui sélectionne les élèves les plus performants du secteur public.

Le porte-parole du Mouvement l’école ensemble souhaite profiter de la prochaine campagne électorale, qui aura lieu dans quelque 18 mois, pour forcer les candidats à la députation à s’engager  sur ce dossier.

Le collectif de parents, dont les médias comme Radio-Canada relaient les demandes avec bienveillance,  estime que le système scolaire québécois serait le plus inéquitable de tous au Canada et propose trois mesures afin de « remettre l’école publique sur les rails » :
  • L’abolition immédiate du financement gouvernemental de l’école privée ;
  • La fin de la sélection des élèves qui fréquentent l’école publique ;
  • La consolidation de l’aide aux élèves en difficultés en ajoutant une offre d’enseignement enrichi pour les élèves les plus performants.

L'intérêt des parents et des élèves au centre des préoccupations ?

La priorité de ce mouvement de parents ne semble à nos yeux pas être d’améliorer l’instruction des élèves, de limiter les coûts de l’enseignement pour une qualité améliorée, mais de sauver « l’école publique » en privant les parents de choix et de s'assurer que plus d'écoles soient gérées par le gouvernement.

Ni ce mouvement L'École ensemble, ni aucun parti politique d’ailleurs, ne semble vouloir promouvoir le chèque-éducation qui permettrait aux enfants doués issus de familles pauvres de fréquenter l’école de leur choix, y compris privée. Pour ce carnet, cela semble la meilleure manière d’assurer l’accès à une éducation exigeante aux enfants méritants dont les parents n’ont pas les moyens financiers de les inscrire dans une école de leur choix.

Aucun parti ne semble non plus se demander pourquoi l’État provincial devrait gérer des écoles plutôt que de simplement garantir l’égalité des moyens — afin permettre à tous de choisir une école correspondant à leurs besoins et leurs mérites scolaires — ainsi que de s’assurer de la qualité des écoles par des inspections et la mise en place d’examens.

Dans l’ensemble du réseau privé, le taux global d’élèves handicapés ou élèves en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) a presque doublé en 5 ans pour atteindre 13 % l’an dernier, comparativement à 22 % dans le réseau public. Le secteur privé fait donc sa part. D’ailleurs, près du quart des élèves considérés comme EHDAA dans le secteur privé fréquentent un établissement d’enseignement privé spécialisé en adaptation scolaire. Car école privée ne signifie pas nécessairement école réservée aux élèves brillants, mais choix de l’école. Bien que, rappelons-le, ce choix soit limité au Québec car le programme scolaire est imposé à toutes les écoles et que celles-ci ne peuvent recruter librement leurs enseignants, même dans les écoles dites privées, même celles non subventionnées (il en existe). Les écoles hors contrat en France, notamment, sont nettement plus libres sur ces deux questions.

Un préjugé est sous-jacent à l’argumentation du « Mouvement l’école ensemble » : de mauvais élèves, turbulents ou peu studieux, s’en tireraient mieux dans des classes ou des écoles ne subissant aucune ségrégation scolaire. Tellement mieux que cela primerait sur le retard que les meilleurs élèves pourraient souffrir de cette mixité obligatoire.  Mais est-ce si sûr ? Ne vaut-il pas mieux des écoles ou des classes adaptées à ces élèves ? (Voir ci-dessous, un billet sur les effets très limités de l’écrémage vers l’école privée.)

Enfin, qu’y a-t-il de foncièrement mal à départager les enfants ? Quel parent ne désire pas éviter à ses enfants une mauvaise influence, la fréquentation de camarades peu studieux, turbulents, voire violents ? 


Les réserves du PQ, l’ouverture de QS

Bien qu’il appuie la recherche de la mixité sociale au sein de l’école québécoise, le PQ diverge toutefois d’opinion sur les moyens d’y parvenir. Le porte-parole du PQ en matière d’Éducation, Alexandre Cloutier, a rappelé que son parti veut revoir le financement du système scolaire — tant privé que public — sans pour autant cesser le financement public de l’école privée.

« Il y a des écoles publiques plus coûteuses que l’école privée. Il y a des projets spécifiques qui sont encore moins accessibles dans les écoles publiques que dans les écoles privées. »

« Nous sommes d’avis qu’il faut revoir l’ensemble de l’œuvre, l’ensemble du financement, qu’il doit y avoir un débat de société sur le vivre ensemble et la ségrégation scolaire, souligne M. Cloutier. On pense qu’il y a plusieurs approches possibles et on partage la volonté de s’attaquer à ce vrai problème. »

De son côté, le porte-parole de QS en matière d’Éducation, Gabriel Nadeau-Dubois convient que les solutions avancées par le collectif sont contenues dans le programme de son parti, mais il se dit ouvert à la discussion notamment sur le financement public de l’école privée.

Tout en convenant que « ségrégation » était un « mot fort » qui pouvait choquer certaines personnes, le député Nadeau-Dubois estime qu’il est nécessaire d’y avoir recours pour « sonner l’alarme et pour souligner une situation qui ne peut plus durer ».

Rappelons que l’écrémage et la ségrégation existent déjà au sein même du réseau public par simple répartition spatiale des différentes classes socio-économiques. Le bassin d’élèves des écoles publiques de quartiers aisés est donc très différent de celui de quartiers pauvres. Que préconise le « Mouvement l’école ensemble » pour éviter cela ? Le busing, la mixité scolaire obligatoire au-delà des bassins géographiques scolaires traditionnels ?

Quant au manque de financement dont serait affecté l’école publique selon d’aucuns, rappelons que chaque enfant inscrit à l’école privée, permet à l’école publique de disposer de 4500 $ de plus par élève inscrit au privé (puisque cet enfant coûterait plus cher au Trésor public s’il était inscrit à l’école publique, voir lien ci-dessous) et que les dépenses du Monopole de l’Éducation québécois augmentent bien plus vite que l’inflation ou le nombre d’élèves.
Voir aussi

« Ségrégation scolaire » : harcèlement scolaire des bons élèves

Effet d’écrémage lié à la liberté scolaire : faible ou déjà présent

L’IRIS et la ségrégation scolaire...

Québec — Moins d’élèves, mais dépenses en forte hausse

Très forte augmentation des élèves allophones à Montréal (coûts supplémentaires en francisation et remédiation)

L’éducation aux États-Unis (le choix pour améliorer les résultats et baisser les dépenses)

Coûts des CPE [garderies] : multipliés par 11 pour atteindre à 2,4 milliards $, efficacité en question

Nombre d’élèves en difficulté a près de doubler en 10 ans, coût : 2,3 milliards par an

L’école privée ferait épargner 4452 $ par élève au Trésor public québécois

Échelle des traitements des instituteurs du Québec (2015)

L’école privée profite à tous les élèves québécois

Éducation : les variables non significatives (notamment les dépenses par élève) et la variable pertinente (la qualité)

Syndicats satisfaits : taux du nombre d’élèves par enseignant en baisse constante au moins jusqu’en 2015 (des classes de plus en plus petites, des résultats qui diminuent dans les épreuves internationales)

« Les écoles privées, c’est pour les riches »

Dépenser plus en éducation, est-ce la solution ?

mercredi 19 avril 2017

Très forte augmentation des élèves allophones à Montréal

En 15 ans, le nombre d’élèves allophones n’a cessé d’augmenter sur le territoire montréalais, au point où des écoles primaires ont aujourd’hui plus de 9 enfants sur 10 dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais.

« Nous, on a toujours considéré ça comme une richesse », résume Martine Leboeuf, directrice de l’école de la Mosaïque, dans Côte-Saint-Luc, la 3e école primaire de Montréal avec le plus haut taux d’allophones cette année (94,72 %). « Pour certains, le français est leur 4e langue », ajoute-t-elle.

Sa commission scolaire, Marguerite-Bourgeoys, a d’ailleurs connu une hausse de 70 % du nombre d’élèves allophones depuis 1998, presque autant que celle de la Pointe-de-l’Île, dont le taux a augmenté de 80 % sur la même période. Ces chiffres s’expliquent notamment par le choix des nouveaux arrivants de s’établir davantage en périphérie, à la recherche de logements moins chers, plus grands, proche des communautés déjà installées.

Fin mars, l’Office québécois de la langue française confirmait qu’entre 1971 et 2015, la proportion d’élèves de langue maternelle tierce avait plus que triplé, passant de 12,7 % à 41,2 %. (incluant préscolaire, primaire et secondaire).

À l’école La Voie, à Côte-des-Neiges


Des coûts supplémentaires

« Le défi c’est la planification budgétaire, il faut anticiper les élèves qui vont arriver en cours d’année, sinon les élèves allophones sont introduits dans des classes ordinaires trop vite », souligne Nathalie Morel, vice-présidente à la vie professionnelle à la Fédération autonome de l’enseignement.

Un défi qui a d’ailleurs coûté 9 M$ de trop à la Commission scolaire de Montréal, en budget d’accueil et de francisation. « On fait le choix de ne pas intégrer [dans des classes ordinaires] des élèves rapidement, car on a une obligation de réussite », affirme la présidente Catherine Harel-Bourdon.

Au ministère de l’Éducation, on rappelle qu’en plus des budgets dédiés à l’accueil, la francisation et l’intégration des élèves immigrants, un montant de 16,9 M$ a été ajouté cet automne.

« CE N’EST QU’UN DÉBUT »

Déjà élevée, la proportion d’élèves allophones devrait aller en s’accentuant dans les prochaines années, croit le démographe Marc Termote.

« Ce n’est qu’un début et d’ailleurs les dernières prévisions de Statistique Canada le confirment, l’île et la périphérie vont devenir de plus en plus allophones, ça a déjà commencé à Laval et à Longueuil. »

Fin janvier, Statistique Canada dévoilait ces prédictions selon lesquelles les allophones pourraient représenter 43 % de la population de l’île en 2036, à parité avec la population de langue maternelle française, et même dépasser légèrement celle-ci.

Hors île, l’organisme prévoit même que la proportion d’allophones pourrait doubler en 25 ans, passant de 6,8 % en 2011 à un peu plus de 14 % en 2036.

À la Commission scolaire Marie-Victorin, sur la Rive-Sud, on confirme que le nombre d’élèves allophones a presque doublé en 10 ans, passant de 17,6 % en 2005 à 30,5 % cette année. Même phénomène à Laval, où leur taux est passé de 16 % à 35 % en 11 ans.

À l'école Parkdale de Saint-Laurent sur l'île de Montréal


Impacts linguistique et politique

Mathieu Bock-Côté commente aujourd’hui le fait que dans certaines écoles de Montréal, 9 enfants sur 10 sont allophones.

Ce chiffre vient confirmer ce que nous annonçait récemment Statistique Canada : d’ici 20 ans, les Québécois qui ont le français pour langue maternelle seront moins de 70 % au Québec.

Ne nous faisons pas d’illusions sur l’efficacité de ce qui reste de la loi 101 et traduisons concrètement : les Québécois francophones seront de plus en plus étrangers dans leur métropole.

Un jour, ils ne seront plus qu’une grosse communauté culturelle installée en région.

Dans ce contexte, l’identité québécoise est condamnée à régresser. On programme sa dilution démographique.

L’immigration massive devrait être un sujet de préoccupation permanent pour la classe politique.

Mais le PLQ l’encourage à cause de son fédéralisme radical. Il mise sur l’immigration massive pour conserver le pouvoir éternellement.

QS fait de même au nom de son culte des minorités victimisées.

Les nationalistes, eux, ne parlent de ce sujet qu’avec un grand malaise. Ils ne veulent pas avoir l’air négatifs.

Et que les Québécois ne s’inquiètent pas de disparaître comme peuple ! S’ils le font, on les accusera de racisme !

On voudrait qu’ils disparaissent dans la joie.

Hourra !
Élèves dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais
  • 5 commissions scolaires de l’île de Montréal : 31, 87 % en 1998 42,69 % en 2015
  • Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île : 27,03 % en 1998 et 49,72 % en 2015 (80 % d’augmentation)
  • Commission scolaire de Montréal : 38,88 % en 1998 et 45,70 % en 2015 (20 % d’augmentation)
  • Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys : 30,79 % en 1998 et 51,06 % en 2015 (70 % d’augmentation)

jeudi 12 mai 2016

Le PLQ contre la prédominance du français au Québec ?


Motion présentée le 11 mai 2016, mise au voix le 12 mai. Elle a été approuvée par les députés du PQ, de la CAQ et de QS et opposée par les députés du PLQ :

« Que l’Assemblée nationale réaffirme la primauté du français, la langue officielle du Québec;

Qu’elle réitère que la protection du français est une responsabilité historique et un devoir quotidien du gouvernement du Québec;

Qu’elle réaffirme le caractère toujours essentiel de la Charte de la langue française;

Enfin, que l’Assemblée nationale prenne acte du jugement de la Cour d’appel du Québec concernant la langue d’affichage, prononcé le 28 avril 2015, et qu’elle demande au gouvernement du Québec d’introduire une modification à la Charte de la langue française afin d’assurer la nette prédominance du français dans l’affichage commercial au Québec. »

La vidéo du vote :


lundi 1 juin 2015

Priorité de Québec solidaire en éducation : des cours d'éducation sexuelle « féministe et égalitaire »


Les deux députés de Québec Solidaire
Manon Massé et Amir Khadir
Québec solidaire veut légiférer pour interdire les publicités sexistes et dégradantes envers les femmes (rien sur les hommes transformés en idiots dans les pubs, voir Protégez-vous[1]) et mettre sur pied des cours d’éducation sexuelle « guidés par une perspective féministe et égalitaire » dès l’école primaire. Rien de moins.

Il s’agit là de certaines des mesures adoptées par ce parti réuni en congrès à Montréal durant la fin de semaine.

« Combattre la culture du viol passe par la sensibilisation et l’éducation. C’est pour cela que Québec solidaire fait du retour des cours d’éducation sexuelle une priorité dès l’école primaire », a ajouté Françoise David. Ah, le prétexte de la lutte contre les maladies vénériennes ne fonctionne plus, on parle alors de lutter contre une « culture du viol » ? Rappelons que l’existence même de cette « culture du viol » est sérieusement remise en cause, notamment par manque de preuves statistiques et après les révélations d’histoires de viol universitaire inventées de toutes pièces. Voir aussi article du Time : It’s Time to End « Rape Culture » Hysteria et de US News : Statistics don't support the contention that 'rape culture' is pervasive.

La question de la prostitution a aussi été abordée dans ce congrès. Québec solidaire condamne la répression des prostituées et préconise des mesures socio-économiques, comme le revenu minimum garanti et le développement de services sociaux aux familles, pour contrer le marché du sexe. Un revenu minimum aussi élevé que ce que la prostitution peut rapporter ? Voir ce témoignage d’une escorte qui gagne 20.000 $ avec la prostitution en sus de ses revenus liés à une autre profession...

« Les conservateurs de Stephen Harper mettent les prostitués-es et travailleurs-es [typographie lourde typiquement progressiste] du sexe en danger. Les femmes ne devraient jamais être forcées à entrer dans le commerce sexuel, mais leur criminalisation n’est pas une solution. Il est temps pour les partis politiques présents à l’Assemblée nationale d’avoir une conversation franche sur cet enjeu pour faire pression sur Ottawa ! » a affirmé la députée de Gouin.



[1] « À force de représenter les hommes comme des idiots inaptes à s’occuper de leur famille, on transforme l’exception en norme », estime Dany Baillargeon.


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dimanche 1 décembre 2013

Pierre Foglia et les garderies à 7 $ du Québec

Petit éclair de lucidité partielle de Pierre Foglia et d'une de ses amies qui travaille en garderie depuis plus de 25 ans (nous laissons le laïus pro-CPE par rapport aux garderies privées, pro-Québec Solidaire, c'est tellement Plateau-Mont-Royal) :

« On lui a donné des garderies à sept piastres, à la petite enfance. Et tout le monde ferme sa gueule. Tout le monde est content. As-tu déjà pensé que ça coûtait moins cher pour « parker » ton bébé de 7 heures du matin à 5 heures du soir que pour « parker » ton char ?

T’es contre les garderies à sept piastres ?

Je suis, m’a répondu mon amie, contre les garderies à sept piastres pour la classe moyenne qui aurait les moyens de payer plus. Et non, je ne vais pas voter pour la CAQ de François Legault aux prochaines élections, je vais revoter pour Québec solidaire. Je ne parle pas ici de politique. Je parle des effets pervers quand ça ne coûte rien.

Je n’aurais pas dû te raconter l’histoire de la pneumonie. Je recommence, OK ? Parlons d’une autre maman que je vois tous les matins, des fois c’est le papa, leur petite, Eugénie, a 20 mois. Ils la déposent à 7 h 15, viennent la rechercher à 16 h 30, soit 9 heures par jour, 5 jours par semaine, 45 semaines par année. Une semaine en octobre on a vu la grand-mère, ils étaient à Cuba. Une fois j’ai appelé le père – la mère était en voyage pour sa job. Monsieur R ? Eugénie fait de la fièvre, faudrait venir la chercher…

C’est grave ?

Je ne pense pas…

Alors ça peut attendre un peu ?



« À la maison, je m'ennuie ! À la garderie, je suis content ! »
Affiche soviétique des années 30

Finalement il était là à 15 h. Mais quand il m’a dit « Alors ça peut attendre un peu ? », j’ai failli me fâcher, j’ai failli lui dire je peux la mettre en adoption sur Kijiji si vous voulez…

Tu penses que cela n’arriverait pas si les gens payaient vingt dollars au lieu de sept ?

Les garderies seraient moins envisagées comme des parkings ou des orphelinats à temps partiel. Elles accueilleraient moins d’enfants de 0 à 3 ans, les parents prendraient de plus longs congés de maternité, un enfant de 18 mois n’a rien à faire en garderie, il s’y ennuie de ses parents, c’est tout.

J’ai dit à mon amie tu sais ma belle, c’est pas pour te traiter de mongole ni rien, mais ton discours me rappelle celui du bon docteur Chicoine, tu connais le bon docteur Jean-François Chicoine ? Il a dressé tout le Québec contre lui en disant qu’on ne devrait pas mettre des enfants de moins de trois ans à la garderie…

Il a complètement raison. Il a eu tort de le dire avec autant d’arrogance et de provocation, mais sur le fond il a raison. Je te le répète du haut de mes 25 ans d’expérience : un enfant de 18 mois ne devrait pas aller en garderie. J’ai averti ma fille : si t’as un enfant, tu le mets pas à la garderie. Tu me le donnes.

***

Éducatrice, mon amie est aussi superviseur de stage. Au cours de leur formation, les futures éducatrices doivent satisfaire à des stages de plusieurs semaines, mon amie les évalue, et bien sûr, du même coup, veut, veut pas, évalue la garderie qui accueille la stagiaire. Elle a ainsi séjourné dans de nombreuses garderies…

Le verdict ? Effrayant aussi ?

Pas si mal. Dans l’ensemble, les garderies sont plutôt bien tenues. Il leur reste seulement à mettre, je le dis ironiquement, à mettre l’enfant au centre de leur projet. À faire plus que du « gardiennage ». À faire de l’éducation. La clef, c’est du temps. Donner plus de temps à chaque enfant. Pour cela, il faudrait d’abord changer les ratios. Huit enfants par éducatrice (de 18 mois à 3 ans), c’est trop. Ça prendrait plus d’éducatrices, donc plus d’argent… qu’on pourrait aller chercher dans la poche des parents si bien sûr il leur importe qu’on fasse un peu plus que « garder » leurs enfants.

CPE ou garderies privées ?

CPE bien sûr. Les privées sont là pour faire des profits. Sur les salaires des éducatrices notamment.

Petites ou grandes garderies ?

Il n’y a pas de règles. Je connais des garderies de 150 enfants très familiales, j’en sais des petites sans chaleur aucune. De même, je connais des CPE qui ressemblent à des usines, alors que cette semaine je supervisais une jeune Marocaine dans une garderie privée tout à fait exemplaire.

Et la Marocaine ?

Pas voilée si c’est ce que tu demandes. Et elle aussi, exemplaire. Enveloppante, très calme, communique bien… un amour d’éducatrice.

On a beaucoup dit ces dernières semaines que les immigrantes, les Maghrébines notamment, sont particulièrement douées pour ce travail, c’est pour ça qu’on les retrouve si nombreuses dans les garderies.

Bullshit. Elles sont nombreuses parce qu’on leur a dit qu’elles trouveraient facilement de la job dans ce domaine-là. Certaines sont douées, d’autres moins, d’autres carrément nulles. Quand elles posent problème, ce n’est pas par leur voile. C’est par leur lien ou plutôt l’absence totale de lien avec le milieu des enfants, la société québécoise. Il est de ces situations surréalistes où les parents s’imaginent qu’ils vont porter leur enfant à la garderie, en fait ils vont le porter en Moldavie ou en Roumanie ou en Algérie.

***

Mon amie qui travaille en garderie depuis plus de 25 ans dit que c’est effrayant.

Elle n’a jamais vu autant de cas d’autisme. Autant d’Asperger. Autant d’enfants avec toutes sortes de problèmes de développement, problèmes d’apprentissage du langage, d’apprentissage de la propreté, surtout chez les garçons. Des petits garçons encore aux couches à 4 ans, c’est pas rare. Les garderies ont plus de tables à langer qu’elles n’en ont jamais eu…

On parle beaucoup de décrochage au secondaire, y a-t-il un lien ? se demande mon amie. Se pourrait-il que passer les 5 premières années de sa vie, 10 heures par jour, 5 jours par semaine, 45 semaines par année en continuelle surstimulation ne prédispose pas aux études ? Je ne te dis pas que c’est le cas. Je note qu’on ne se le demande même pas. On ne se demande rien à propos de la petite enfance. Pourquoi ?

Parce que tout va bien. Chut.

Et c’est tellement pas cher ! Sais-tu que dans une garderie de 100 enfants, il y en a environ une dizaine qui ne prennent jamais de vacances ? Sont là été comme hiver. Seraient là les week-ends si c’était ouvert. Et à Noël aussi, je crois bien. »

Pour en savoir plus 

Sept Québécois sur dix préfèrent la famille à la garderie et l'argent en poche plutôt qu'une subvention à la garderie

Québec — garderies privées poussées à la faillite par la concurrence déloyale de l'État

Le système de garderies du Québec : un cul-de-sac

C'était une autre époque...

Les traits du système finlandais que copie l'étranger n'expliquent pas le succès finlandais, ils sont au contraire source de problèmes

« Le système de garderie universel en Suède forme des enfants moins instruits » 

Épidémie de détresse chez les enfants en CPE et chez les enfants nantis

Le PQ retranche 56,2 millions à une des vaches sacrées féministes : les garderies contrôlées par l'État

Étude sur les garderies qui se paieraient d'elles-mêmes : la multiplication des pains

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

« Le système de garderies à 7 $ est-il payant pour le Québec ? Non. »

Étude Fortin, Godbout sur les garderies : « étude loufoque », système injuste, Ottawa premier gagnant

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire




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mercredi 6 mars 2013

Un diplôme universitaire pour tous ?

Extraits d'un article intéressant de Nathalie Elgrably-Lévy sur le sommet de l'éducation.

[...]

Pendant plusieurs mois, Mme Marois et M. Duchesne se sont gargarisés de grandes déclarations et se sont drapés dans la vertu en appelant inlassablement au « dialogue », à « l’ouverture » et au « consensus ». En réalité, tout était déjà décidé. Il ne restait plus qu’à manipuler les intervenants et la population pour leur faire croire qu’ils avaient une influence. Sinon, comment expliquer que les éléments qui apparaissaient dans le « Cahier du participant », sous la rubrique Le gouvernement souhaite discuter des éléments suivants lors du Sommet, se soient rapidement transformés en annonces officielles avant même la clôture de l’événement ?

[Note du carnet: qui croit encore dans la moindre influence du public sur les conclusions de ces sommets montés par les gouvernements successifs ? Voir la Commission Bouchard-Taylor, l'euthanasie, les sommets sur de l'éducation précédents, etc. Les résultats sont prévus d'avance, les mémoires qui vont dans le sens du gouvernement sont mis en avant, sans refléter ceux présentés par le public... Voir aussi le témoignage de Gary Caldwell qui avait participé comme commissaire à un autre Sommet : « Hors de Montréal, aucun des mémoires ne la [déconfessionalisation du réseau scolaire] réclamait. Il y eut beaucoup de témoignages en faveur de la pastorale scolaire. » Les résumés "exécutifs" préparés par la bureaucratie minimisaient l'opposition aux visées gouvernementales et faisaient ressortir les mémoires qui allaient dans le sens voulu par le gouvernement. Ces résumés furent repris par les médias. C'est ainsi que dans le cas de l'euthanasie même si les mémoires (voir graphique ci-dessous) opposés à celle-ci étaient majoritaires, on fit grand cas de ceux qui prônaient l'« aide médicale à mourir », ce que le gouvernement cherchait à imposer depuis le début.]





Annonce inquiétante

L’une de ces annonces est particulièrement inquiétante. Il s’agit de l’intention du gouvernement de lier une part du réinvestissement dans les universités à l’atteinte de certains objectifs. En pratique, Québec ne propose rien d’original. Il se contente de réchauffer l’approche des contrats de performance déjà introduite par François Legault, en 2000, lorsqu’il était ministre de l’Éducation. Il faut donc s’attendre à ce que les universités voient leur aide financière subordonnée à la hausse de leur taux de diplomation. Pour un gouvernement qui prétend vouloir construire une société du savoir et miser sur l’excellence, imposer aux universités une telle obligation de résultats pour obtenir le financement public est bien la pire mesure à adopter!

Fermer les yeux

Pour augmenter leurs taux de diplomation, les universités devraient pouvoir compter sur de nouvelles cohortes d’étudiants mieux préparés aux études supérieures. Toutefois, vu les problèmes qui affligent les niveaux primaire et secondaire, problèmes sur lesquels Québec préfère d’ailleurs fermer les yeux, cette avenue n’est pas envisageable pour l’instant.

[Note du carnet: On ne voit d'ailleurs pas l'intérêt que tous les jeunes québécois soient diplômés de l'université, il existe d'autres carrières, d'autres formations : voir ces indications que des diplômés des collèges communautaires américains (2 ans d'études) commencent à gagner plus d'argent que les diplômés issus de programmes universitaires généralistes de 4 ans.]

Dans ce contexte, comment les universités s’y prendront-elles pour décerner davantage de diplômes au cours des prochaines années ? En mettant davantage l’accent sur la pédagogie ? C’est possible, mais peu probable. D’abord, parce que cette option n’offre aucune garantie de résultat. Ensuite, parce qu’elle exigerait des sommes dont les universités ne disposent pas.

Pour être certaines de respecter leurs contrats de performance, les universités n’auront qu’une seule solution : baisser les exigences! Examens plus faciles, seuils de passage révisés à la baisse, normalisation des notes, les moyens sont nombreux pour faciliter l’obtention des diplômes. [Et clamer haut et fort que le Québec fait de mieux en mieux...]

[Voir : Inflation des notes dans les universités nord-américaines ?


et Les étudiants universitaires américains de plus en plus nombreux à se croire au-dessus de la moyenne, impression qui défie la définition statistique du terme de moyenne quand 60 % pensent être au-dessus de cette moyenne.


]

Contrats de performance

Il est certes légitime de vouloir permettre à tous d’entrer à l’université. [sous condition de compétences...]  En aucun cas, l’instruction ne devrait être réservée à quelques privilégiés. Toutefois, il ne faut pas confondre la démocratisation de l’université avec la démocratisation des diplômes.

En imposant des contrats de performance, Québec fera de nos universités de vulgaires usines à diplômes et de nos diplômes, de vulgaires bouts de papier. Non seulement ce n’est pas ainsi que nous construirons une société du savoir, mais les étudiants seront les premiers à payer le prix de diplômes obtenus à rabais.

«L’enseignement supérieur pour tous» ne devrait pas sous-entendre «un diplôme pour tous»! Espérons que le comité qui sera chargé d’étudier la question des contrats de performance saisira mieux la nuance que l’équipe de Mme Marois !

Voir aussi

La bulle universitaire aux États-Unis va-t-elle crever ?

Mark Steyn et l'université américaine

Recension de Economic Facts and Fallacies de Thomas Sowell

Universités québécoises : « diplômes au rabais, notes gonflées, cours inutiles »





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samedi 12 mai 2012

Les troubles estudiantins, la faiblesse de l'autorité : de mauvais augure

L'ancien ministre Jacques Brassard sur son carnet revient sur le boycott des étudiants du Québec.

Le Québec tout entier aura basculé dans une crise socio politique qui dure et perdure pour une raison somme toute…banale : une hausse modérée et justifiée des frais de scolarité sur cinq ans (ramenée à sept ans).

Cette crise, que l’on se plait en certains milieux branchés à désigner pompeusement sous le vocable de « Printemps Québécois », est révélatrice de l’état de la société québécoise au moment même ou elle doit faire face à un sérieux effritement des fondations de l’État Providence, édifié au cours des 50 dernières années à des coûts dépassant largement nos moyens.

C’est ainsi que la fronde étudiante (mélange détonnant d’utopisme débridé, de vandalisme et d’intimidation) a pu compter sur l’appui de toutes les forces dites «progressistes», c’est-à-dire, essentiellement, l’ensemble des composantes de la gauche : les corporatismes syndicaux, un partie notable de la classe politique (PQ, Québec-Solidaire), la colonie artistique et une large proportion de l’intelligentsia (écrivains, universitaires, intellos).

De sorte qu’on peut dire que les rebelles étudiants apparaissent de plus en plus comme l’avant-garde des troupes des bénéficiaires syndiqués du coûteux «Modèle Québécois» qui s’apprêtent à monter l’assaut de tout gouvernement qui osera entreprendre des réformes visant à rendre plus conformes à nos moyens des pièces majeures de l’État providence.

La révolte étudiante, c’est la « bataille de Dieppe » précédant et préparant le « Grand Débarquement » !

Par ailleurs, ce que révèle cette crise, c’est l’état de déliquescence avancé de l’autorité à tous les niveaux de la société. Pour ce qui est de l’autorité parentale, on s’en doutait déjà. Mais ce qui inquiète au plus haut point, c’est la démission des autorités institutionnelles. Celles des universités et des cegeps se sont comportées dans ce foutoir comme des lopettes. Quant aux profs syndiqués, ce fut, de leur part, des prosternations obséquieuses et totalement irresponsables devant la « grandeur et la beauté » du combat révolutionnaire des étudiants. De plus, on a fait un « doigt d’honneur » aux tribunaux.

Tout cela est de très mauvais augure pour la suite des choses.

Si on a eu droit à tout ce tohu-bohu pour un trivial dégel des frais de scolarité, imaginez-vous ce qui va survenir lorsqu’un gouvernement courageux (est-ce un oxymore ?) entreprendra une inévitable opération de reconfiguration de notre sacro-saint « Modèle Québécois » ? Une guerre sociale ? Une plongée dans l’anarchie ? Une insurrection généralisée ?

Vous voyez bien ce que je veux dire ? Évoquons quelques exemples.

Un gouvernement courageux met en œuvre une nécessaire réforme en profondeur des services de garde pour en réduire les coûts exorbitants. Que se passe-t-il? Le chaos social? Une immense pagaille dans tout le Québec?

Un gouvernement courageux met en branle une révision de l’assurance parentale pour la rendre moins « chromée ». Qu’advient-il ? Une mutinerie universelle ? Le Grand Bordel ?

Un gouvernement courageux décide d’élargir la place du privé dans le système de santé. Quelle est la réaction ? La « guerre nucléaire » ?



Vous croyez que je suis pessimiste ? Que j’exagère ? Je ne crois pas. Toutes les sociétés occidentales, vivant depuis des décennies au-dessus de leurs moyens et donc surendettées, sont dans l’obligation de donner à leurs États Providence une taille plus modeste. Certaines ont réussi (Allemagne, Suède), d’autres ont sombré dans le désordre et l’émeute (Grèce).

Chez nous, je crains que le chahut estudiantin ne préfigure bien des tourmentes et bien des tumultes lorsqu’apparaitra un gouvernement courageux décidé d’agir. Nous aurons un gouvernement, ça c’est sûr, mais sera-t-il courageux ? Un doute m’assaille !




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vendredi 27 janvier 2012

Jacques Brassard sur le PQ et son abandon de l'école et de la défense de l'identité québécoise

Chronique de l'ancien ministre péquiste Jacques Brassard sur le PQ et sa radicalisation à gauche :
« Comment les électeurs peuvent-ils faire confiance à un parti qui s'entredéchire brutalement sur la place publique ?

On comprend alors pourquoi Pauline Marois n'a pas voulu guerroyer sur deux fronts et qu'elle n'a pas résisté à l'autre aile radicale, l'écolo-gauchiste. Le programme est donc resté un programme social-démocrate orthodoxe, fondé sur l'interventionnisme étatique et de nouvelles dépenses massives. Par conséquent, un programme déconnecté de la réalité du Québec contemporain faite d'un endettement incontrôlé et d'une fiscalité excessive. On y a ajouté, pour faire tendance, le bric-à-brac de l'idéologie verdoyante.

Cet ancrage à gauche explique, par exemple, le recrutement de candidats écolos « pur jus ». Et aussi, chez certains députés paniqués, cette tentation délirante de s'allier avec Québec Solidaire, un parti résolument socialiste, pour ne pas dire communiste. Tant qu'à déraper, faisons-le plus grand-guignolesque possible, n'est-ce pas ?

Mission oubliée

Et pendant que le PQ se préoccupe de conserver la corpulence de l'État et s'engage à donner vie aux lubies écolos hostiles au développement, il oublie la mission d'origine du nationalisme québécois, soit la défense et le renforcement de l'identité nationale.

Notre langue est de nouveau en position de recul. L'école est devenue la proie d'une technocratie déracinée qui en a fait un laboratoire du multiculturalisme ou l'on inculque à nos enfants le relativisme moral, l'oubli de notre parcours historique et le rejet du patrimoine et des valeurs issus de notre appartenance à l'Occident judéo-chrétien. De plus, nous sommes incapables d'intégrer convenablement les nouveaux venus, ce qui accentue le processus de minorisation dans la région de Montréal.

Dans ces heures sombres que nous vivons comme nation, en plein désarroi identitaire, on aurait pu espérer que le PQ, plutôt que de s'engluer dans l'écolo-gauchisme, retrouve sa raison d'être et son âme et mette en branle une grande offensive contre le multiculturalisme d'État dans le but de renforcer l'identité nationale. Si l'on veut que la souveraineté demeure une option d'avenir, il est impérieux de stopper le dépérissement identitaire qui mine la nation. »




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mardi 19 octobre 2010

Pour Québec solidaire, les cours ECR posent problème

Dans un communiqué publié aujourd'hui, Québec solidaire (QS) mentionne les cours ECR comme un problème à résoudre...

En effet, tout en critiquant le projet de loi 94 sur les demandes d'accommodements dans les institutions publiques, QS mentionne ces autres priorités « laïques » : « Bien d'autres questions doivent être discutées : le financement des écoles privées, religieuses ou non, la place des symboles religieux dans les institutions publiques, les cours d'éthique et culture religieuse, le port de signes religieux dans la fonction publique ».

Il s'agit d'une mention laconique, mais qui tranche avec l'appui passé de Québec solidaire. Le 11 novembre 2008, lors de la campagne électorale, le Journal de Sherbrooke nous avait appris que Québec Solidaire était en faveur du maintien du cours d’éthique et de culture religieuse.

Le candidat de QS dans Sherbrooke, Christian Bibeau, avait alors affirmé que QS contrairement à l'ADQ était pour le maintien du cours programme ECR : « Le parti de M. Dumont cherche à mettre l'accent sur la confrontation plutôt que sur la compréhension et l'ouverture. Nous vivons dans un monde où les frontières tombent. Il faut donc que nous soyons tous rassemblés dans un esprit de cohésion ».




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