Quand Rémi Brague — philosophe, historien des idées, professeur émérite à la Sorbonne et à Munich — laisse tomber cette phrase, il ne polémique pas. Il constate. Et c'est précisément ce qui rend cet entretien si rare : un intellectuel qui a passé vingt ans à enseigner la philosophie de langue arabe parle de l'islam sans la complaisance de Vatican II, sans l'idéologie d'Edward Saïd, et sans le confort de l'évitement.
Pendant près d'une heure trente, Ferghane Azihari et Rémi Brague reviennent sur une série de questions que la plupart des médias français refusent encore d'aborder frontalement :
- Pourquoi le « dialogue interreligieux » ressemble-t-il davantage à un monologue ?
- Que signifie réellement, pour un musulman, dire qu'il « respecte » Abraham, Moïse ou Jésus ?
- Pourquoi la simple analyse historico-critique du Coran constitue-t-elle un péril existentiel pour l'islam — bien plus que pour le judaïsme ou le christianisme ?
- Pourquoi le livre culte d'Edward Saïd, L'Orientalisme, mériterait, selon Brague, d'être « oublié » ?
- Une réforme de l'islam est-elle envisageable ? Et de quel côté pourrait-elle venir ?
Voir aussi
Rémi Brague : Y a-t-il un islam des Lumières ?
La conservation du savoir grec à Constantinople et sa diffusion dans l'Europe romane (avec Extrait relatif à l’enseignement classique conservé sous l'Empire romain d'Orient).
Histoire — « On a trop souvent mythifié el-Andalous »
Contes, légendes, clichés et réalité de l'Espagne musulmane
La liberté moderne vue par Rémi Brague
Rémi Brague — Sur le « vrai » islam
Rémi Brague sur l’islam, la culture classique et l’Europe
Rémi Brague : « Dans les gènes de l’islam, l’intolérance »