lundi 26 juillet 2021

France — Fin de la liberté d'instruire ses enfants à la maison sauf stricte et subjective autorisation gouvernementale

Communiqué de presse en date du 23 juillet 2021 de La Fondation pour l’école auprès du Conseil constitutionnel Interdiction du régime de l’Instruction en famille.

Le 23 juillet 2021

 

Communiqué de presse

Interdiction du régime de l’Instruction en famille

La Fondation pour l’école dépose un mémoire
auprès du Conseil constitutionnel

télécharger le communiqué de presse

 

Lors de son vote du 23 juillet 2021, l’Assemblée nationale a définitivement adopté la loi confortant le respect des principes de la République.

Cette adoption a pour conséquence la suppression du régime déclaratif de l’instruction en famille (IEF) institué depuis fort longtemps et pourtant garanti par la Déclaration universelle des droits de l’homme[1].

Il est dorénavant remplacé par un régime d’autorisation préalable, soumis à des conditions aussi strictes que subjectives, privant de facto 62.398 enfants[2] d’un mode d’instruction parfaitement légal et régulièrement contrôlé par les services de l’État.

Comme elle l’avait annoncé précédemment, la Fondation ne peut se résoudre à la suppression d’une telle liberté fondamentale, et entamera donc lundi 26 juillet une procédure dite de « la porte étroite » auprès du Conseil constitutionnel.

 

Rappelons que cette adoption du 23 juillet s’est faite au mépris des nombreuses alertes et objections de la part de nos institutions. Ainsi :

  • un premier avis du Conseil d’État sur cette loi, modifié in extremis sur pression du gouvernement[3], s’est prononcé en nette défaveur de la suppression de l’IEF en décembre 2020 ;
  • la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), après avoir auditionné la Fondation pour l’école, at rendu un avis défavorable le 28 janvier 2021[4] sur le projet de loi ;
  • le Sénat, où la Fondation a également été auditionnée, a supprimé l’interdiction de l’IEF lors de son examen du 19 mars 2021[5] et a fait part de ses plus vives inquiétudes sur la dimension liberticide d’une telle loi ;
  • les travaux de la Commission mixte paritaire n’ont, par la suite, pas abouti ;
  • le Sénat avait ensuite renouvelé ses inquiétudes devant la volonté manifeste des députés d’un passage en force, et leur refus réitéré de tenir compte des dispositifs alternatifs proposés[6].

Rappelons également que :

  • l’étude d’impact du projet de loi remis par le Gouvernement n’a fourni aucun chiffre permettant de démontrer les dérives séparatistes massives prétendument issues de l’IEF ;
  • la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) a refusé de rendre publics et de communiquer à l’Assemblée deux rapports émis sur le sujet, obligeant ainsi les députés à voter « dans le noir »[7].

Ainsi, l’Assemblée nationale aura méprisé tous les avis rendus par les différentes institutions républicaines… au nom du respect des principes de la République : l’ironie de la situation n’échappera à personne.

Face à ce déni démocratique avéré, la Fondation pour l’école, associée aux collectifs L’école est la maison[8] et Liberté éducation[9], déposra une « contribution extérieure » communément appelée « porte étroite » auprès du Conseil constitutionnel, par l’intermédiaire de son avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, Maître Guillaume Valdelièvre.

Cette procédure vise à rétablir l’IEF telle qu’elle était inscrite dans la loi française. Elle a également pour objectif de s’opposer aux nouveaux contrôles et sanctions visant les établissements scolaires indépendants (dits hors contrat). Face à ces attaques particulièrement graves de nos libertés fondamentales, nous attendons du Conseil constitutionnel qu’il réponde rapidement et favorablement à nos demandes en déclarant ces atteintes aux libertés d’instruction et d’enseignement comme étant contraires à la Constitution.

Il est inconcevable que la liberté de 67 millions de français soit ainsi piétinée par les dérives de quelques-uns[10].

 


Contacts :              Titiane Salleron, responsable juridique, titiane.salleron@fondationpourlecole.org, 07 67 11 46 55

Diane Roy, responsable de la communication, diane.roy@fondationpourlecole.org, 07 56 27 46 75


[1] Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, article 26 alinéa 3 : https://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/

[2] https://www.liberteeducation.com/quelques-chiffres-sur-lecole-a-la-maison/

[3] https://www.lefigaro.fr/actualite-france/suppression-de-l-instruction-en-famille-comment-le-conseil-d-etat-a-declare-son-inconstitutionnalite-avant-de-se-retracter-20210601

[4] https://www.cncdh.fr/sites/default/files/a_-_2021_-_1_-_pjl_principes_de_la_republique_janv_2021.pdf

[5] http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20210329/cult.html

[6] https://www.senat.fr/amendements/2020-2021/734/jeu_complet.html

[7] https://association-unie.fr/petition-nous-voulons-les-rapports-de-la-dgesco/

[8] https://lecoleestlamaison.blogspot.com/

[9] https://www.liberteeducation.com/

[10] Vademecum sur l’IEF de l’Éducation nationale, page 38 : « Les cas d’enfants exposés à un risque de radicalisation et repérés à l’occasion du contrôle de l’instruction au domicile familial sont exceptionnels. ». En 2019, 179 enfants suivis en CPRAF (cellule de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles) pour des motifs de radicalisation étaient effectivement déscolarisés ou instruits en famille.


Culte du progrès, croyance au sens de l'histoire, volonté de transformation : tentations totalitaires au cœur des sociétés occidentales

Ryszard Legutko a vécu une partie de son existence dans la Pologne communiste. Professeur de philosophie et éditeur d’une revue clandestine, il a expérimenté le fonctionnement d’un régime totalitaire dans ses aspects les plus concrets. Après la chute du mur et le retour de la liberté, il fut stupéfait de voir les ex-communistes s’adapter bien mieux que les anciens dissidents à la démocratie libérale et aux affaires. Il voulut comprendre les raisons de cette étonnante compatibilité.
 
En étudiant dans les détails les évolutions récentes de la démocratie libérale, il a découvert qu’elle partage en fait de nombreux traits inquiétants avec le communisme. Culte du « progrès », certitude qu’il existe un « sens de l’Histoire », volonté de transformer la société en luttant contre les adversaires de « l’émancipation et de l’égalité », soumission du suffrage populaire à des instances élitaires non élues, et aboutissement dans les deux cas, derrière le discours de la tolérance, à l’incapacité à tolérer aucune opinion contraire.
 
À l’heure où, dans les démocraties occidentales, nombre d’électeurs sentent qu’ils ne sont plus vraiment maîtres de leurs choix politiques et qu’ils doivent même censurer leurs propres opinions, cet ouvrage permet, en remontant le fil des changements récents, d’identifier clairement les erreurs commises et les solutions pour les réparer.

Professeur de philosophie, ancien ministre de l’Éducation en Pologne et député européen, il a répondu ci-dessous aux questions d’Anne-Laure Debaecker de Valeurs Actuelles.

Anne-Laure Debaecker. — Votre étude porte sur un sujet peu abordé : les similitudes entre les régimes démocratiques et communistes. Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre cette enquête ?

Ryszard Antoni Legutko. — Plusieurs choses m’y ont poussé. La première impulsion était une observation selon laquelle les anciens communistes, après l’effondrement du régime, se sont non seulement transformés du jour au lendemain en démocrates libéraux exemplaires, mais ils ont aussi été accueillis comme des partenaires et amis fiables par les démocrates libéraux, alors que les conservateurs des partis postcommunistes étaient considérés de façon assez hostile.

Puis, lorsque je me suis engagé dans la politique européenne, j’ai découvert à ma grande consternation que le pluralisme politique était une imposture. Le pouvoir est entre les mains d’un courant politique résolument de gauche et les soi-disant partis conservateurs ne sont plus conservateurs et ont accepté l’ordre du jour de gauche. Pour donner un exemple, le mariage homosexuel a été introduit par les socialistes en France, par les conservateurs en Grande-Bretagne et par les chrétiens-démocrates en Allemagne. Il y a une hégémonie politique et idéologique et quiconque s’oppose au courant dominant est ostracisé, intimidé et parfois puni par la loi. Nous voyons l’émergence de la censure et le politiquement correct est en train de devenir féroce. Il ne s’agit pas seulement du fanatisme de groupes marginaux, mais de la position officielle du courant dominant, c’est-à-dire un large spectre allant de la gauche à la soi-disant droite. Ce politiquement correct n’aurait pas émergé dans un environnement social véritablement diversifié.

— Certains pourraient vous rétorquer qu’il n’y a pas de comparaison possible entre un régime autoritaire et liberticide tel que le communisme et le régime démocratique, garant des libertés…

— Bien sûr, il existe d’énormes différences, mais ce qui est choquant, c’est qu’il y ait tant de similitudes et que leur nombre augmente. N’oublions pas que les communistes avaient toutes sortes de libertés dans leurs Constitutions. La question n’est pas de savoir ce qui est officiellement déclaré, mais plutôt ce qui se produit réellement. Les droits de l’homme et les libertés fièrement brandies, qui sont pratiquement devenus la religion politique de la civilisation occidentale, n’ont pas beaucoup aidé et ont parfois exacerbé la situation.

Prenez la liberté d’expression. Sous la pression des néomarxistes, des féministes et autres, est apparu le terme de « discours de haine », dont le sens est pour le moins obscur. Mais ce concept a été repris et utilisé comme un bâton pour punir et intimider tous ceux qui ne sont pas d’accord. Regardez le nombre de délits possibles que la démocratie libérale a engendrés. L’un des paradoxes de nos jours est que plus on accorde généreusement des droits aux nouveaux groupes de victimes, moins on peut dire de choses en Amérique et en Europe. Il est devenu beaucoup plus facile que par le passé d’être accusé de violer les droits de quelqu’un, de faire une remarque irrespectueuse, d’avoir des tendances racistes, homophobes, misogynes, transphobes, sexistes, phallocentriques ou autres offenses.

La société prétendument accablée par tous ces crimes devient un endroit de plus en plus dangereux, semblable à un champ de mines où chaque mouvement est risqué. Tout comme il est fortement déconseillé de gesticuler sur un champ de mines, il est tout aussi prudent de ne pas dire des choses qui sont peu orthodoxes, potentiellement répréhensibles, trop dissidentes pour ce qui est politiquement acceptable. La logique politique est irréfutable, quel que soit le système, qu’il soit européen ou soviétique, communiste ou libéral démocrate : plus il y a de victimes, plus il y a de péchés ; plus il y a de péchés, plus il y a d’auteurs ; plus il y a de péchés et plus d’agresseurs, plus il y a d’autocontrôle et d’autosurveillance…

— « D’une certaine manière, la démocratie libérale constitue une mystification idéologique plus insidieuse que le communisme. » Pourquoi ?

— C’est un canular idéologique insidieux parce qu’il est basé sur une mystification ou même sur un mensonge. Ses adhérents affirment qu’ils défendent la liberté, le pluralisme et la tolérance alors qu’en fait, ils font le contraire. Certes, le libéralisme se rapporte étymologiquement à la liberté (libertas en latin signifie liberté), mais il n’a jamais été question de liberté. Tout d’abord, le libéralisme concernait une ingénierie sociale globale. On constate que les programmes libéraux postulent une restructuration de tout selon un modèle libéral. Aucune institution n’est considérée comme pleinement légitime si elle ne répond pas aux critères libéraux.

La présence puissante du libéralisme a abouti à l’acceptation presque universelle de son présupposé majeur, à savoir que la charge de la preuve incombe à ceux qui défendent les institutions existantes et non à ceux qui les attaquent. Face à l’action des groupes qui veulent révolutionner nos institutions Black Lives Matter aux États-Unis, groupes féministes et homosexuels, la réaction est timide. Même la famille n’est pas défendue parce que l’hypothèse largement acceptée est que ceux qui subvertissent les institutions au nom d’un programme libéral ont raison, mais que ceux qui les défendent sont du côté des perdants. Le libéralisme ne consiste donc pas à « vivre et laisser vivre », mais à imposer un ordre libéral qui embrasse la totalité de la vie sociale.

— Vous qui avez pu en voir les arcanes, quel rôle joue l’Union européenne ?

— L’Union européenne est l’incarnation des maux de notre temps. Quelles que soient les raisons de l’intégration communautaire dans le passé, l’Union est aujourd’hui une catastrophe. Elle se transforme en un monolithe politique et idéologique qui veut imposer son agenda aux sociétés européennes. Elle ne tient pas compte de toutes les règles que l’Europe a élaborées au long de son histoire et qui ont plus ou moins été respectées dans les États-nations. Sa structure de pouvoir n’est pas claire et personne ne sait vraiment qui prend les décisions, il n’y a donc aucune responsabilité. Elle ignore la séparation des pouvoirs et viole systématiquement les traités.

Les responsables peuvent s’en tirer parce que dans toutes les institutions de l’Union européenne, il y a la même coalition politique et idéologique des forces libérales de gauche, qui font avancer impitoyablement leurs projets. Elle est imprégnée de malhonnêteté et d’hypocrisie, car deux systèmes politiques de pouvoir coexistent en elle l’un qui est écrit dans les traités, et l’autre qui résulte de la structure réelle du pouvoir. En raison de sa légitimité démocratique limitée, l’Union a perdu tous les mécanismes de contrôle. En tant que membre du Parlement européen, je peux dire que, depuis l’époque du communisme, je n’ai jamais vu autant de doubles standards, d’arbitraire et de jeux déloyaux en politique.

— De quelle façon la démocratie libérale produit-elle de la politisation ?

— La démocratie a toujours été politique, car elle rassemble des personnes plus actives que tout autre système. Mais le problème est qu’en démocratie il y a une tendance à tout démocratiser, même les domaines de notre vie qui sont essentiellement non démocratiques comme l’art, les universités ou les familles. Mais tout démocratiser peut être dangereux. Si vous démocratisez l’art, par exemple en abolissant le canon littéraire, alors vous barbarisez la culture. Quand on observe la tendance à abolir le canon littéraire aux États-Unis, on peut voir qu’il n’a apporté que la destruction. Si vous rejetez Homère parce qu’il était politiquement incorrect, vous perdez une occasion d’apprendre quelque chose et de développer votre sensibilité culturelle. En d’autres termes, vous serez stupide et resterez stupide. Il en va de même pour la démocratisation dans toutes les institutions non démocratiques.

Alexis de Tocqueville avait raison de prédire que la démocratie omniprésente et l’égalitarisme engendreraient une nouvelle forme de tyrannie. À notre époque, l’Union européenne est un bon exemple de la manière dont la démocratie peut créer des structures quasi tyranniques. Avec le libéralisme, c’est différent. Le libéralisme a conduit à l’individualisation, et par conséquent à transformer les gens en particuliers. Mais l’aspect politique était toujours là, le libéralisme proclamant son opposition aux despotismes et s’engageant à lutter pour les droits et à s’opposer aux tendances despotiques. En conséquence, les préoccupations privées de l’homme libéral se sont politisées. La révolution sexuelle a conduit à la politisation du sexe, c’est-à-dire à la politisation de l’un des aspects les plus privés de notre vie. Puis les féministes ont pris le relais et ont dit ouvertement que le domaine privé était politique. Ainsi, ce qui se passe dans notre chambre est devenu un élément central des réglementations politiques, idéologiques et juridiques. Les libéraux américains sont allés encore plus loin, déclarant que les toilettes étaient politiques. Je me demande ce qui sera politisé ensuite.

— À ce sujet, la Pologne a récemment été montrée du doigt, notamment en raison de ses positions sur l’avortement. Qu’est-ce que cela révèle à vos yeux ?

— Cela valide mon analyse sur le monopole du courant dominant et son programme. La Pologne est l’un des rares pays de l’Union européenne où l’avortement n’est pas autorisé à l’exception de deux cas quand la vie de la femme est en danger et en cas de viol ou d’inceste. Dans d’autres pays, il existe de grands groupes qui s’opposent à l’avortement, mais ils n’ont pas la parole sur la place publique tous les médias et toutes les institutions sont favorables à l’avortement. Dans certains pays, dissuader une femme de se faire avorter est puni par la loi. Théoriquement, les questions de vie et de mort relèvent des réglementations nationales, mais en pratique, c’est différent, comme l’a montré la fureur avec laquelle la Pologne a été attaquée par les institutions européennes et les organisations internationales.

Le fanatisme des groupes et des institutions pro-avortement et la disponibilité généralisée et facile de l’avortement indiquent un changement de sensibilité morale des sociétés occidentales. Le droit de se sentir à l’aise a démoli le sentiment d’obligation. Lorsqu’une grossesse interfère avec le droit de la femme (ou de l’homme) de se sentir à l’aise, elle peut être interrompue et le sentiment d’obligation envers l’enfant à naître ne compte plus. Le besoin de se sentir à l’aise à tout prix a rendu la vie et la mort légères et, finalement, sans importance.

— La démocratie veut diriger le monde dans une seule direction : la sienne. En effet, on nous répète régulièrement que la démocratie est le moins détestable des régimes. Qu’est-ce que cela vous inspire ? Existe-t-il, en réalité, d’autres choix ?

— La réponse est assez simple, du moins en théorie un régime mixte, c’est-à-dire un système qui préserve les institutions non démocratiques en tant que partie intégrante et précieuse de toute la construction politique. Ce n’est pas une spéculation farfelue. Jusqu’à récemment, la plupart des pays d’Europe occidentale étaient des régimes mixtes. Même les États-Unis n’ont pas été fondés en tant que démocratie, mais en tant que république [à l’instar de Rome, d’où les Capitoles, les sénateurs, l’aigle, l’Ordre de Cincinnatus, l’architecture officielle très classique, l’élection indirecte du président par le collège électoral, etc.], ce qui signifiait aussi un système mixte. Il est difficile de dire quand tout a commencé à changer. Sans aucun doute, le changement s’est accéléré avec la révolution sexuelle de 1968 et son attaque contre tout l’édifice, convaincue que la démocratie et les droits sont une solution à tout. Maintenant que le mal est fait, il est difficile de reconstruire un sens de la hiérarchie dans les domaines de la société où des hiérarchies sont nécessaires, mais je pense que ce n’est pas impossible. Il faut avoir une image claire du problème et de l’alternative à la situation existante. Commençons par défendre les domaines qui sont basés sur la hiérarchie : la famille, l’art, l’éducation, la religion, la morale classique et la métaphysique classique. Si nous y parvenons, la politique reculera et nos sociétés se diversifieront à nouveau.

Le Diable dans la démocratie,
tentations totalitaires au cœur des sociétés libres,
de Ryszard Antoni Legutko,
paru le 24 février 2021,
chez L’Artilleur,
368 pages,
ISBN-10 : 2 810 010 080
ISBN-13 : 978-2810010080
22 €.

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dimanche 25 juillet 2021

Fonctionnaire de l'Union européenne : « Le français est une langue de merde qui doit disparaître »

Anecdote hallucinante de Jean Quatremer au sujet d'un fonctionnaire à la Commission européenne de Bruxelles, fonctionnaire de nationalité française : 
 
 « Le français est une langue de merde qui doit disparaître ».
 
 

McGill — discrimination positive en médecine pour les candidats qui « s'identifient comme noirs »

Nous en avions déjà parlé en février, on assiste à la mise en place de politiques de discrimination raciale dans les universités québécoises. Voir L’UdeM cherche à ouvrir ses portes à plus d’étudiants noirs en médecine. Ces études coûtent très cher aux contribuables québécois et le programme est contingenté. Si certains sont avantagés parce que noirs, qui perd sa chance d’étudier en médecine ?

Voici donc que McGill emboîte le pas et crée une nouvelle catégorie de candidats réservée aux gens « qui s’identifient comme Noirs ». Pour les candidats noirs à l’année préparatoire en médecine (Med-P),  McGill demande une cote R (la note de rendement) minimale de 34,5 (niveau collégial). Dans les cégeps anglophones de Montréal, près d’un finissant sur 12 (8 %) a plus de 34.

À titre de référence :

  • Nombre de places disponibles (noirs et non noirs) pour le programme prévues pour l’automne 2021 : 71
  • Nombre moyen de postulants : 870
  • Nombre moyen de candidats interviewés : 305
  • La cote R moyenne des candidats interviewés : 37,20 

Notez la note moyenne des gens qui sont interviewés, mais pas nécessairement reçus. Elle est supérieure à la note pour les candidats « qui s’identifient comme noirs ».

Une bonne note au collège (pour les candidats non discriminés) ne garantit pas d’être reçu. Voir ce qu’en disait le Devoir en mars 2021 :

Un « parcours du combattant », une « jungle » où le plus fort gagne : le processus d’admission dans une douzaine de programmes universitaires contingentés, dont la médecine, donne lieu à une rude concurrence.

« C’est ridicule à quel point c’est rendu compétitif pour entrer dans certains programmes. La pression est énorme sur les étudiants. Ça crée une grande panique », dit Liviu Danila, étudiant de première année en médecine à l’Université Laval. 

Liviu Danila peut témoigner des hauts et des bas du processus d’admission en médecine : malgré une moyenne générale de 90 % (une cote R de 35), il a échoué à ses deux premières tentatives d’être admis dans le programme. Il a été recalé une fois aux mini-entrevues multiples, une étape cruciale pour les candidats à la médecine (étape annulée depuis mars 2020 à cause de la pandémie), et une autre fois au test en ligne CASPer, destiné à évaluer le jugement des candidats.

Les procédures de sélection des étudiants dans les programmes universitaires contingentés sont de plus en plus complexes. Et anxiogènes. Il n’est pas rare que les aspirants médecins, pharmaciens ou dentistes doivent s’y prendre à plusieurs reprises pour être admis dans le programme convoité. Liviu Danila a ainsi étudié trois ans à l’université, en kinésiologie et en nutrition, avant d’être admis en médecine. Ça coûte cher, trois ans d’études universitaires utilisées comme tremplin pour une autre formation.

Le coût émotif est aussi lourd : « J’ai vécu une période très sombre après mon deuxième refus en médecine, raconte Liviu Danila. J’ai failli lâcher. Le rêve de ma vie, c’est de devenir médecin psychiatre. Mes parents m’ont toujours dit : “Si tu travailles fort, tu auras tout ce que tu veux.” Ça n’a pas toujours fonctionné pour moi. J’ai étudié comme un fou au cégep, mais je me suis planté deux fois dans le processus d’admission. »


Voir aussi
 

Surfinancement des établissements anglophones au Québec 

La lâcheté de l’université anglophone McGill et son « éducation de qualité » 

Sur l’île de Montréal, chaque étudiant qui étudie en anglais reçoit 56 % de plus de fonds d’immobilisation que celui qui étudie en français  

Étude sur les pressions, les sanctions, la discrimination politique et l’autocensure à l’université  

Université anglophone Concordia : « Repérer et contrer le colonialisme en physique contemporaine » 

Étudiants radicaux contre un professeur émérite de l’Université McGill (2020)

Police du correctivisme — étudiant de McGill doit s’excuser pour « microagression » (2014)

Montréal dans un nouveau délire (2020)

Québec — loi 66 adoptée, la CAQ participe à l’anglicisation rapide de Montréal (2020)

La CAQ pour l’agrandissement du cégep anglophone Dawson et de l’université anglophone McGill à Montréal

« À Montréal, l’anglais a déclassé le français comme langue des études postsecondaires »

 Aller au cégep anglais pour apprendre l’anglais ? Vraiment ?

Les enfants de la loi 101, l’école en français : une immersion forcée, ensuite ruée vers l’anglais

Étudier en français à Montréal est parfois bien difficile

samedi 24 juillet 2021

Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j'ai créé

Si vous êtes jamais allé sur Internet, il est fort probable que vous ayez déjà consulté Wikipédia. C’est le cinquième plus grand site Web au monde, attirant près de 6,1 milliards de lecteurs par mois et sert d’aide-mémoire pour presque tous les sujets dans le monde. L’influence de l’encyclopédie en ligne est si grande qu’elle est le plus grand et « le plus lu ouvrage de référence de l’histoire », avec pas moins de 56 millions d’éditions.

Mais la vérité sur ce fournisseur d’informations censément neutres est un peu plus complexe. Historiquement, Wikipédia a été écrit et surveillé par une communauté de bénévoles qui collaboraient et arbitraient les conflits entre des présentations concurrentes soumises par des rédacteurs, eux aussi bénévoles.

Cet arbitrage entre les idées, cette bataille d’idées selon le cofondateur de Wikipédia Larry Sanger, qui avaient lieu sur la plate-forme Wikipédia a constitué un élément crucial dans la promesse de neutralité de l’encyclopédie. Selon Sanger, cet engagement de neutralité a été abandonné après 2009. Dans les années qui ont suivi, sur des questions allant de la Covid à Joe Biden, elle est devenue de plus en plus partisane, épousant principalement un point de vue politiquement correct qui confine de plus en plus à la « propagande ». C’est, dit Sanger, la raison pour laquelle il a quitté l’organisation Wikipédia en 2007, le décrivant comme « irréparable ».


La traduction automatique est disponible (lancez la vidéo, appuyez sur la molette en bas à droite de la vidéo, puis Sous-titres, puis Traduire automatiquement et enfin choisir français).

Sur le parti pris de gauche de Wikipédia :

Il est impossible de citer le Daily Mail [journal populaire de droite]. Vous ne pouvez pas non plus citer Fox News sur des questions sociopolitiques. C’est interdit. Alors qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que, si une controverse n’est pas reprise par les grands médias de centre-gauche, elle n’apparaîtra pas plus sur Wikipédia.

LARRY SANGER

Sur la Covid :

Si vous regardez les articles de Wikipédia, vous pouvez simplement voir comment ils répètent simplement le point de vue du Conseil économique mondial, du Forum économique mondial, de l’Organisation mondiale de la santé, du CDC et de divers autres porte-parole de l’ordre établi comme Fauci — les articles de Wikipédia emboîtent le pas de ces sources autorisées… On fait respecter au niveau mondial un certain point de vue, ce qui est étonnant pour moi, étonnant pour un libertaire ou un conservateur épris de liberté.

LARRY SANGER

Dans quels autres domaines que la politique. cette vision de l’ordre établi se manifeste-t-elle ?

La médecine orientale est essentiellement appelée charlatanisme de manière dédaigneuse, assez critique, etc. C’est fait, apparemment sans aucun scrupule. Ensuite, en ce qui concerne le christianisme, l’angle adopté sur le christianisme est libéral et on le trouverait dans les principales confessions protestantes et le catholicisme libéral par opposition au point de vue de type fondamentaliste qui croit en la Bible.

LARRY SANGER

Comment les entrées Wikipédia sont-elles déformées :

Il existe des sociétés comme Wiki PR, où des rédacteurs et des éditeurs rémunérés se connectent à Wikipédia et en modifient les articles. Il existe peut-être un moyen de faire fonctionner un tel système, mais pas si on ne connaît pas le nom de ces personnes payées n — elles sont en fait censées s’identifier par leur nom et déclarer « nous représentons cette entreprise » s’ils sont officiellement enregistrés auprès d’une sorte de société qui rédige des articles sur Wikipédia. Mais ils ne sont pas forcés de le faire.

LARRY SANGER

Pourquoi cela se produit-il ?

Parce qu’il y a beaucoup d’influence. Wikipédia est maintenant connu de tous pour avoir beaucoup d’influence dans le monde. Il on assiste donc à un jeu très important, sale et complexe qui se joue dans les coulisses pour faire dire à l’article ce que quelqu’un veut qu’il dise.

LARRY SANGER

Sur le rachat par la Big Tech

Nous avons fait confiance à des médias comme Facebook, Twitter et YouTube avec nos données, et leur avons essentiellement permis de conquérir le monde des médias. C’est notre liberté et notre vie privée que nous leur avons confiées et qu’ils ne pourraient, en gros, pas nous faire taire. Mais ils nous ont, en substance, poignardés dans le dos.

LARRY SANGER

Pourquoi la neutralité est-elle importante ?

On a besoin des outils pour réfléchir à un problème… Lorsque nous essayons d’obtenir des informations de base pour comprendre un sujet, nous ne voulons pas nous laisser guider par le nez, n’est-ce pas ? Nous sommes des individus libres qui veulent nous faire notre propre opinion.

LARRY SANGER

Détruire l’autonomie intellectuelle pour assurer l’avènement de l’utopie progressiste ?

Exemples d’articles partiaux de Wikipédia relevé par Larry Sanger. L’analyse est du cofondateur de Wikipédia.

Les scandales autour de Biden et de sa famille

Le président Biden a fait face à deux scandales potentiellement dévastateurs qui ont éclaté lors des élections de 2020. Il a facilement échappé à ces scandales. L’un concernait l’Ukraine et l’autre les relations commerciales louches que Hunter et son père auraient eues avec une société contrôlée par le gouvernement chinois. La question qui divisait les républicains et les démocrates ici, évidemment, était la suivante : y avait-il des preuves d’actes répréhensibles ? Tous les républicains au niveau national ne pensaient pas que les scandales valaient la peine d’être évoqués, mais certains l’ont certainement fait et une grande partie de la base républicaine en a parlé. Les démocrates, quant à eux, ont essentiellement serré les rangs, ont refusé d’évoquer ces scandales potentiels et refuser de discuter des problèmes soulevés. Lorsqu’ils l’ont fait, ils ont généralement simplement tout nié en bloc.

Un traitement neutre de ces nombreuses accusations déroutantes ne devrait pas laisser l’impression que Biden était coupable de quoi que ce soit. Mais cela ne le disculperait pas non plus de toutes les charges portées contre lui. Au contraire, un traitement impartial présenterait suffisamment de détails quant aux les accusations et aux prétendues preuves en ne laissant rien d’important de côté ; puis il présenterait en détail comment Biden a été défendu par les démocrates et ses alliés. C’est le moins qu’on puisse s’attendre à trouver dans un traitement neutre sur des scandales. Est-ce là ce qu’on lit sur Wikipédia ?

Le scandale de la famille Biden en Ukraine

Pas du tout. On peut consulter quelques articles pertinents, d’abord sur le scandale ukrainien. Dans la section « Campagne électorale » de l’article de Wikipédia sur Biden, il y a deux paragraphes expliquant les allégations (les notes de bas de page et les liens ont été supprimés de cette citation) :

En septembre 2019, on a signalé que Trump avait fait pression sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour qu’il enquête sur les actes répréhensibles présumés de Biden et de son fils Hunter Biden. Malgré ces allégations, en septembre 2019, aucune preuve n’avait été produite d’actes répréhensibles de la part des Biden. Les médias ont largement interprété cette pression pour enquêter sur les Biden comme une tentative de nuire aux chances de Biden de remporter la présidence, entraînant un scandale politique et la destitution de Trump par la Chambre des représentants.

À partir de 2019, Trump et ses alliés ont faussement accusé Biden d’avoir fait limoger le procureur général ukrainien Viktor Chokine parce qu’il était censé mener une enquête sur Burisma Holdings, qui employait Hunter Biden. Biden a été accusé d’avoir retenu 1 milliard de dollars d’aide à l’Ukraine dans cet effort. En 2015, Biden a fait pression sur le parlement ukrainien pour retirer Chokine parce que les États-Unis, l’Union européenne et d’autres organisations internationales considéraient Chokine comme corrompu et inefficace, et en particulier parce que Chokine n’enquêtait pas avec assurance sur Burisma. La retenue de l’aide d’un milliard de dollars faisait partie de cette politique officielle.

Il s’agit, bien sûr et de façon patente, de blanchir unilatéralement Biden sur toute la ligne. Ces paragraphes dédaigneux ne permettent pas de comprendre les accusations portées contre Biden ; on y mentionne la suspension de l’aide par Biden, mais le contexte et les explications essentielles à l’affaire sont omis.

Quiconque connaît passablement le dossier sait que les accusations vont bien au-delà de ce qui est décrit par Wikipédia. Il n’y a rien ici sur le fait que la société ukrainienne de gaz naturel Burisma a payé au fils de Joe Biden, Hunter, environ 600 000 $ par an de 2014 à 2019 pour siéger au conseil d’administration, alors que celui-ci n’avait aucune expérience dans l’industrie, mais bénéficier uniquement d’être le fils du vice-président des États-Unis. Wikipédia a même la témérité d’affirmer que « Trump et ses alliés ont faussement accusé Biden d’avoir fait limoger le procureur général ukrainien Viktor Chokine, parce qu’il aurait censément mené une enquête sur Burisma Holdings, qui employait Hunter Biden ». Bien que la raison pour laquelle Biden a demandé le renvoi de Chokine ait été contestée, on ne peut nier que Biden ait exigé ce limogeage. C’est, en effet, Joe Biden lui-même qui l’a révélé — avec force fanfaronnades et rires — dans une vidéo célèbre d’une interview devant le Council on Foreign Relations. La vidéo, bien sûr, n’est pas tellement mentionnée par Wikipédia. Il n’y a pas non plus de mention à l’ordinateur portable de Hunter Biden qui avait défrayé la chronique et des preuves accablantes qu’il contient. 

Wikipédia a bien un article entier intitulé — et le titre en annonce le parti pris flagrant — « Théorie du complot Biden-Ukraine ». Il commence ainsi :

La théorie du complot Biden-Ukraine [en gras dans l’original] est une série d’affirmations non prouvées centrées sur la fausse allégation selon laquelle, alors que Joe Biden était vice-président des États-Unis, il s’est livré à des activités de corruption liées à l’emploi de son fils, Hunter Biden, embauché par de la compagnie gazière ukrainienne Burisma.

Il y a, bien sûr, un grand nombre de personnes qui pensent que les affirmations ne sont pas « fausses » et qu’ils ne s’agit pas d’une simple « théorie du complot ». Leur point de vue n’est pas présenté, mais rejeté d’emblée. L’article sombre à partir de là pour virer au règlement de comptes Trump, Rudy Giuliani et le New York Post, sans jamais vraiment exposer en détail les allégations contre les Biden. Wikipédia propose quelques détails supplémentaires dans une section de l’article de Hunter Biden — un point positif — mais là encore l’article se lit comme un mémoire tendancieux écrit par les propres avocats de la famille Biden. 

 

La famille Biden (Hunter et Joe en bout de table) en Chine

Les affaires chinoises de la famille Biden

À ce stade, les défenseurs de Wikipédia pourraient bien se rabattre sur leur idée que seules les « sources fiables » devraient et sont autorisées, et, fort à propos, aucune source fiable ne s’est penchée longuement sur la vidéo où Biden se vante du limogeage ou à l’ordinateur portable du fils Hunter mentionnés ci-dessus. 

« Ah !, pourriez-vous faire remarquer, mais on en parla beaucoup pendant un certain temps. Et Wikipédia a décidé, après examen, qu’il y avait une absence de source fiable. Et alors ? » La raison en est que les sources qui fournissent une couverture grand public des points de vue conservateurs, notamment Fox News, The New York Post et le Daily Mail (Royaume-Uni), ainsi que pratiquement toutes les nouvelles sources médiatiques conservatrices, qui sont aujourd’hui les seuls médias qui font des reportages sur de nombreuses sujets importants (mais peu politiquement corrects) ont tous été ajoutés à une liste de sources « déconseillées » quand elles traitent de l’actualité politique. Il ne s’agit pas d’une plaisanterie ni d’une exagération. Les sources favorables aux républicains, y compris les plus courantes, ne peuvent tout simplement pas être utilisées sur Wikipédia, même pas pour expliquer un point de vue républicain. [Larry Sanger en discute en détail dans la dernière section de cet article.]

Le scandale chinois de Biden est similaire. Il est traité de la même manière dans Wikipédia que celui sur l’Ukraine. Dans ce cas-ci, Hunter était directeur d’une coentreprise alliant une société américaine, Rosemont Seneca, dont Hunter était un partenaire, et Bohai Capital, une société d’investissements contrôlée par le gouvernement chinois. La coentreprise s’appelait BHR. Selon le témoignage explosif de Tony Bobulinski, un conseiller chevronné et partenaire d’affaires engagé par les Biden pour la gestion de certaines opérations en Chine, Hunter s’est arrangé pour que Jonathan Li, le PDG de Bohai Capital, « serre la main » de son père. Joe Biden était, selon Bobulinski, directement impliqué dans les transactions.  Le désormais président Joe Biden a toujours nié avoir quoi que ce soit à voir avec les négociations commerciales de son fils.

Interdire Fox News (ainsi que le Daily Mail et le New York Post) en tant que source relève du bon sens, prétend Wikipédia.
 

Outre l’entretien de Bobulinski, de nombreuses preuves provenant de l’ordinateur portable de Hunter Biden mentionné ci-dessus étayent ces accusations. Notamment un courriel qui indique que les frères Hunter et Jim Biden, ainsi que « le grand gars » — Bobulinski l’a identifié comme le désormais président Joe Biden — se verraient chacun attribuer des actions dans une entreprise commerciale avec le géant chinois de l’énergie CEFC.

Est-ce qu’on retrouve certaines de ces informations sur le scandale chinois de Biden, même manipulées et tendancieuses, dans l’article de Wikipédia sur Joe Biden ? Non. Au moment d’écrire ces lignes, cet article ne contient pas un seul mot sur les accords chinois, Rosemont Seneca, Tony Bobulinski, l’ordinateur portable ou le CEFC. « Mais, diriez-vous, ne peut-on trouver des informations ailleurs sur Wikipédia à ce sujet ? » Oui, un peu. La majeure partie se trouve à nouveau dans l’article sur Hunter Biden qui dresse un portrait aussi élogieux que possible de Hunter, malheureuse victime des « fausses accusations » de Trump (ces mots précis et méprisants sont bien utilisés dans l’article Wikipédia).

Encore une fois, l’histoire est bien plus complexe que l’article de Wikipédia ne le fait croire. Le fait est que les scandales liés aux Biden divisent profondément le peuple américain. Une ressource idéologiquement neutre expliquerait les arguments et accusations de chaque camp de manière complète et équitable. Elle laisserait au lecteur le soin de se faire sa propre opinion. Est-ce ce que fait Wikipédia ? Non. Wikipédia est clairement partial. Vous pourriez sans doute soutenir que c’est le seul côté légitime ; mais c’est aussi ce que les idéologues disent le plus souvent de leurs opinions. Ce que vous ne sauriez affirmer sérieusement c’est que le traitement par Wikipédia des scandales liés à Biden est neutre. Wikipédia prend grossièrement parti.

Voir aussi

Article de Larry Sanger sur la partialité croissante de Wikipédia avec exemples (en anglais)

Joe Biden — pour que les enfants de 8 ans puissent décider d’être transgenres

Biden signe décret qui permet aux étudiants nés hommes de concourir chez les femmes s’ils se sentent femmes

 

Biden se vante d’avoir été arrêté pour intrusion illégale dans le Capitole à 21 ans

Capitole, la police prête à coopérer pacifiquement ? « Restez pacifiques et calmes » (vidéo) 

 

Joe Biden en colère quand on l’interroge sur ses conflits d’intérêts

Éric Zemmour : « Quand Joe Biden et le pape François jouent contre les évêques américains »

Cabinet de Joe Biden regorge de catholiques en rupture avec l’enseignement catholique sur des questions fondamentales 


La Grande Purge : Rumble poursuit Google/YouTube, Telegram gagne 25 millions d’abonnés en 3 jours, GoDaddy (partenaire d’Amazon) ferme site, Parler hors ligne (sans hébergeur) poursuit Amazon

Viktor Orbán annonce un référendum sur la loi de protection de l’enfance

Hongrie – Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán s’est adressé au pays ce mercredi 21 juillet pour annoncer — par une vidéo sur son compte Facebook — la tenue prochaine d’un référendum au sujet de la loi de protection des mineurs, aussi appelée loi antipédophiles ou loi anti-LGBT par certains de ses détracteurs. Cette annonce fait suite à un chantage de la part de la Commission européenne à propos de cette loi que les instances européennes considèrent comme discriminatoires vis-à-vis du mouvement LGBT.

Bruxelles veut obliger la Hongrie à accepter la propagande LGBT dans les écoles

« Bruxelles a clairement attaqué la Hongrie ces dernières semaines à propos de la loi sur la protection de l’enfance », a ainsi expliqué le chef du gouvernement. « Les lois hongroises n’autorisent pas la propagande sexuelle dans les jardins d’enfants, les écoles, les télévisions et les publicités. […]

Bruxelles réclame désormais une modification de la loi sur l’instruction publique et des règles de protection de l’enfance […] Ils se plaignent que ce qui est déjà établi en Europe occidentale ne soit pas possible ici. Là-bas, les activistes LGBTQ vont dans les jardins d’enfants et les écoles et font l’éducation sexuelle. Ils veulent la même chose ici, alors les bureaucrates de Bruxelles menacent, ils lancent des procédures d’infraction, ils abusent de leur pouvoir ».

Un référendum pour dire non à la propagande LGBT à destination des mineurs

En conséquence, « le gouvernement [hongrois] lance un référendum sur cinq questions » :

  • Êtes-vous favorable à la tenue d’exposés traitant d’orientation sexuelle dans l’enseignement public, sans accord parental, à destination des mineurs ?
  • Soutenez-vous la promotion des traitements de changement de sexe auprès des mineurs ?
  • Êtes-vous favorable à ce que les traitements de changement de sexe soient accessibles aux mineurs ?
  • Êtes-vous favorable à ce que les mineurs soient exposés, sans restriction, à du contenu multimédia de nature sexuelle influençant leur développement personnel ?
  • Êtes-vous favorable à ce que des contenus multimédias parlant de changement de sexe soient montrés aux mineurs ?

Viktor Orbán a conclu son intervention de la manière suivante :

« Je vous demande donc que nous disions ensemble non à ces questions, comme nous l’avons fait, il y a cinq ans, lorsque Bruxelles a voulu forcer la Hongrie à accepter les immigrés ».

Selon le Premier ministre hongrois, à l’époque, « un référendum et une volonté commune ont arrêté Bruxelles. Nous avons réussi une fois et nous réussirons à nouveau, ensemble ».

Source : Visegrad Post.


États-Unis — Tentatives de suicide chez les filles baissent quand les écoles ferment

En juin, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis ont finalement publié des données qui indiquent qu’à partir de février 2021, le nombre de tentatives de suicide présumées avait considérablement augmenté chez les filles âgées de 12 à 17 ans aux États-Unis par rapport à 2019.

Le taux de tentatives de suicide semble avoir été inversement lié aux fermetures d’écoles. C’est-à-dire que lorsque les écoles ont fermé, les tentatives de suicide présumées ont en fait diminué. Lorsque les écoles ont rouvert, les tentatives de suicide présumées ont monté en flèche.

Le taux de tentatives de suicide semble avoir été inversement proportionnel au nombre de fermetures d’écoles.

La figure ci-dessous illustre cette association. Lorsque Covid-19 a éclaté sur le sol américain en mars 2020, les écoles ont fermé en masse. Juste au moment où cela s’est produit, les tentatives de suicide chez les adolescentes ont chuté. Davantage d’écoles ont ouvert à l’automne, les tentatives de suicide ont alors augmenté. Alors que les écoles fermaient pour les vacances d’hiver, les tentatives de suicide ont plongé un temps. La partie 2021 du graphique est particulièrement surprenante. Alors que le pourcentage d’écoles ouvertes avoisinait 75 % de la normale, le nombre de tentatives de suicide a soudainement augmenté.


Alors qu’on n’a observé aucune augmentation des tentatives de suicide présumées parmi les garçons adolescents pendant que les tentatives augmentaient chez les filles, on observa en mars 2020 une association entre les fermetures d’écoles et une diminution des tentatives de suicide a également tant pour les garçons que chez les filles.

Il faut se garder de trop vite conclure, car cette association ne nous enseigne rien sur la causalité de ce phénomène.

On note toutefois que la baisse initiale des tentatives de suicide chez les filles au début de la pandémie aux États-Unis en mars 2020 n’avait en rien atteint le niveau le plus bas de tous les temps. En fait, les tentatives de suicide chez les adolescentes ont chuté à des taux similaires à ceux observés à l’été 2019. Ce n’est pas inattendu. Les taux de mortalité par suicide (pour lesquels on dispose des décennies de données fiables) chez les adolescents et les jeunes adultes chutent de manière prévisible pendant les mois d’été, ainsi qu’en décembre, c’est-à-dire aux moments où les écoles sont le moins chargées. Ce graphique illustrerait une apparente corrélation inverse entre les fermetures d’écoles et les comportements suicidaires, en rien unique à la pandémie de Covid-19.


jeudi 22 juillet 2021

Cinquante églises incendiées ou vandalisées, timide réaction du PM Trudeau qui organise un sommet sur l'islamophobie (m à j)

 

La présidente de la British Columbia Civil Liberties Association — l’un des groupes de défense des droits civiques les plus importants du pays — a quitté son emploi à la suite du tollé causé par un de ses billets sur les réseaux sociaux où elle soutenait la vague d’incendies d’églises catholiques.

Fin juin, Harsha Walia avait réagi sur Twitter à un reportage de Vice sur les églises catholiques qui avaient été incendiées après la découverte de centaines de tombes anonymes près d’anciens pensionnats.

« Brûlez tout », avait alors écrit Harsha Walia.

Vendredi, la British Columbia Civil Liberties Association a annoncé que Walia avait démissionné et que le conseil d’administration avait accepté sa démission « avec regrets ».

Dans une autre lettre, le conseil d’administration a déclaré, à la suite du gazouillis de Walia, que l’organisation était confrontée à « un racisme et une misogynie inexcusables et à des menaces pour la sécurité physique et mentale ».

« Nous avons été confrontés à une vague de commentaires haineux, alimentés par le fait que notre directrice générale est une leader racisée. »

Entretemps, Justin Trudeau a convoqué un sommet national sur l'islamophobie...  et son gouvernement libéral lancera à destination des blancs une campagne sur le racisme.

Plus de détails ci-dessous…


Mise à jour du 8 juillet

Une dizaine d’églises ont été incendiées, certaines simplement endommagées, d’autres rasées par le feu. D’autres sanctuaires, plus nombreux encore, — principalement catholiques, mais pas exclusivement — ont été vandalisés au cours des dernières semaines. 

Le Premier ministre Justin Trudeau affirme que c’est « compréhensible ».

Il est vrai que Trudeau fils a également déclaré qu’incendier et détruire des églises étaient « inacceptables et répréhensibles », mais en ajoutant dans le même souffle que la chose était également « compréhensible » le Premier ministre mine sa condamnation très tardive.

Il a fallu attendre le 2 juillet, près de trois semaines après le début de cette série d’attaques contre les églises, pour que le chef du Parti libéral du Canada se fende d’une condamnation de ces incendies accompagnée de moult compréhensions pour ces actes violents et d’attaques indirectes contre les congrégations religieuses tenues pour responsables. Un des premiers incendies criminels liés à la découverte de tombes anonymes sur les sites de pensionnats autochtones eut lieu le 12 juin aux Six nations de la rivière Grand près de Brantford en Ontario.

Le 12 juillet, un incendie a endommagé une église anglicane sur les Six Nations de la rivière Grand.

Depuis lors, plusieurs églises catholiques, un certain nombre de paroisses anglicanes et des églises évangéliques au service des communautés d’immigrants africains et vietnamiens ont été ciblées. Il est évident que si des actes similaires avaient visé des mosquées ou d’autres lieux de culte non chrétiens, Trudeau aurait tweeté au quart de tour, multiplié les déclarations graves et sombres et dénoncé ces attaques comme des crimes haineux inexcusables.

Au lieu de cela, même lorsqu’on lui a demandé, Trudeau n’a pu se résoudre à parler d’actes haineux et ses condamnations semblent toujours accompagnées par des « oui, mais ».

« Il est inacceptable et injuste que des actes de vandalisme et des incendies criminels aient lieu à travers le pays, y compris contre les églises catholiques », a déclaré Trudeau vendredi.

C’est une dénonciation plutôt molle, mollesse aggravée par l’ajout que ces incendies et vandalismes sont compréhensibles.

« Je comprends la colère qui règne contre le gouvernement fédéral, contre des institutions comme l’Église catholique. C’est réel et c’est tout à fait compréhensible, compte tenu de l’histoire honteuse dont nous sommes tous de plus en plus conscients et dont nous nous engageons à faire mieux en tant que Canadiens », a déclaré Trudeau.

Les auteurs de ce carnet (en tant que « Canadiens ») ne se sentent pas du tout responsables de la politique fédérale qui imposa la fréquentation de ces pensionnats aux enfants d’autochtones, et ceci dans des conditions objectives inacceptables. Conditions dénoncées dans des rapports remis au gouvernement fédéral qui furent ignorés. Ottawa sous-finança ces pensionnats de manière chronique. Voir la section Inspections « embarrassantes » ignorées par le gouvernement fédéral d’Ottawa.

Trudeau n’est pas le seul responsable fédéral à trouver tout cela compréhensible. Son ancien conseiller principal, Gerald Butts, a tweeté mardi que « on peut comprendre » que des gens incendient des églises.

Le tweet, publié le 6 juillet en réponse à Terry Glavin de groupe du National Post (centre droit), laisse entendre que même si l’incendie d’églises n’est peut-être pas « sympa », c’est « compréhensible », en raison des tombes anonymes découvertes récemment aux abords d’anciens pensionnats exploités par le gouvernement canadien et des congrégations religieuses.

Les commentaires de Butts ne concordent pas avec ceux des anciens des pensionnaires de ces établissements en Colombie-Britannique, qui ont explicitement appelé à la fin de l’incendie des églises.

Un groupe d’ex-pensionnaires qui a parlé à Global News a déclaré que le vandalisme et les incendies criminels qui se sont multipliés au Canada au cours des dernières semaines ont conduit à davantage de conflits et de dépression pour ceux qui ont survécu aux écoles.

« Nous ne répandons pas la haine, nous aimons les gens, nous ne détruisons pas les lieux religieux des autres », a déclaré Jenn Allan-Riley, dont la mère a fréquenté des pensionnats.

« Nous demandons aux personnes qui allument ces incendies d’arrêter maintenant. »

«  Brûler des églises n’est pas être solidaire de nous, les Autochtones. »

Le chef national des Premières Nations, Perry Bellegarde, a déclaré qu’il pouvait comprendre « la frustration, la colère, la blessure et la douleur… Mais brûler les choses n’est pas notre façon de faire. » 

Pour sa part, Harsha Walia, la directrice de l’Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique a déclaré « Brûler-les toutes » alors qu’elle commentait l’incendie de deux nouvelles églises catholiques. Malgré la controverse qu’a suscitée cette déclaration, Mme Walia est toujours directrice de cet organe militant très en pointe dans la défense des minorités ethniques et des Amérindiens.



 

 


Billet originel du 30 juin

Les pompiers ont été appelés pour lutter contre un incendie qui s’était déclaré dans une église catholique au nord d’Edmonton vers 3 heures du matin ce mercredi 30 juin.

À 6 heures du matin, les équipes étaient toujours sur les lieux pour éteindre les points chauds à la paroisse Saint-Jean-Baptiste, mais l’église catholique romaine de la rue principale de Morinville était déjà gravement endommagée alors que les services de lutte contre les incendies des localités voisines avaient été appelés à l’aide. Morinville se situe à environ 30 kilomètres au nord-ouest de la capitale de l’Alberta.

« L’incendie avait déjà pleinement envahi le sous-sol lorsque les premières équipes de pompiers sont arrivées ici. Ils sont entrés dans le bâtiment, mais l’intérieur de l’église s’était déjà effondré, ils ont donc reculé et leur intervention est devenue défensive ou extérieure », a déclaré Iain Bushell à CTV News Edmonton.

Au total, une cinquantaine de pompiers étaient sur place. Ils se sont reposés par rotations pendant l’intervention en prévision des températures élevées annoncées pour plus tard dans la journée.

« Triste comme l’enfer »

De l’autre côté de la rue, les riverains ont vu un siècle d’histoire s’effondrer sous leurs yeux.

L’église fut achevée en 1907 et accueillit sa première messe le 1er janvier 1908.

L’église et la ville portent le nom du père Jean-Baptiste Morin, qui conduisit plusieurs familles francophones vers la région de Morinville depuis le Québec en 1891.

« Je ne pense pas que je pourrai vraiment croire que c’est passé jusqu’à ce que la fumée s’estompe. Jusqu’à ce que tout soit terminé. C’est vraiment le cas. C’est le centre de cette communauté », a commenté Angela Meyer.

Un autre habitant de Morinville, Roger Morin, s’est marié à l’église il y a 42 ans le 30 juin. Sa femme est décédée d’un cancer plus tôt en 2021.

« J’ai déjà subi une perte très importante dans ma vie, et tout cela en fait partie », a-t-il déclaré.

« Je ne sais vraiment pas comment me sentir. Je me sens juste triste. Triste comme l’enfer. »

Le Premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, a condamné ce qui, selon lui, semblait être « un autre crime haineux violent ciblant la communauté catholique. L’église centenaire de Saint-Jean-Baptiste était le cœur de Morinville et un élément clé de l’histoire et de la vie spirituelle de la communauté francophone de l’Alberta. »

Incendie suspect

Les autorités n’ont pas déclaré comment l’incendie a été déclenché, mais la Gendarmerie royale (GRC) qualifie l’incendie de suspect.

De nombreuses églises incendiées récemment

Cinq églises en Colombie-Britannique ont été le théâtre d’incendies. La GRC pense que l’un des deux incendies dans des églises de la région de Calgary a été délibérément allumé. Une statue à l’extérieur de l’église catholique polonaise d’Edmonton a été vandalisée avec de la peinture rouge.

« Le moment est certainement mal choisi étant donné ce qui se passe dans le pays en ce moment et le fait qu’il s’agisse d’une église catholique, mais encore une fois, je vais laisser l’enquêteur sur les incendies s’en occuper correctement », s’est contenté de dire Bushell.


Aucune condamnation de ces actes incendiaires par le PM Trudeau

À notre connaissance, le Premier ministre Justin Trudeau n’a pas abordé cette vague d’incendies, ces représailles et cette haine, visant l’Église catholique. Rappelons que c’est le gouvernement fédéral (y compris le père de Justin Trudeau) et non l’église catholique qui a imposé l’obligation aux enfants autochtones de fréquenter les pensionnats autochtones et que c’est ce gouvernement fédéral qui n’a pas fourni les moyens nécessaires pour assurer des conditions dignes de séjour… Enfin, l’Église catholique n’a en rien été la seule à tenir de tels pensionnats, d’autres confessions en ont également tenu.

Voir aussi

La découverte de tombes d’enfants à Kamloops demande une enquête rigoureuse et non des conclusions trop hâtives et partiales 

Le gouvernement canadien, responsable des conditions des pensionnats amérindiens comme celui de Kamloops  

Ce qu’on ne dit jamais : certains Autochtones ont grandement apprécié leur pensionnat

Une semaine d'émeutes et de pillages en Afrique du Sud, lutte intestine au sein de l'ANC, racialisation et impact économique

Depuis l’arrestation de l’ex-président Jacob Zuma, le 8 juillet, des émeutes ont lieu en Afrique du Sud, qui ont fait 337 morts (79 autour de Johannesbourg, et 258 dans le KwaZulu-Natal), selon un bilan officiel diffusé ce jeudi 22 juillet. Cela fait 61 morts de plus par rapport à la veille. «La police sud-africaine a révisé le nombre total de décès», a souligné la ministre Khumbudzo Ntshavheni, qui attribue en partie cette augmentation à des personnes étant décédées des suites de leurs blessures.

La ministre du Cabinet Khumbudzo Ntshavheni a déclaré mardi lors d'une conférence de presse que 161 centres commerciaux, 11 entrepôts et huit usines avaient été gravement endommagés rien que dans la seule province du KwaZulu-Natal.Une association immobilière locale collecte toujours des données sur l'étendue des dégâts dans le Gauteng, l'autre province touchée par les émeutes, mais l'impact sur l'économie du KwaZulu-Natal est estimé à 20 milliards de rands (1,4 milliard de dollars américains), a-t-elle poursuivi.

D'autre part, une semaine d'émeutes meurtrières en Afrique du Sud pourrait coûter au pays environ 50 milliards de rands (3,4 milliards de dollars américain) en perte de production, tandis que 150 000 emplois sont menacés, a déclaré la présidence sud-africaine, citant des estimations de la South African Property Owners Association.

Des économistes, parmi lesquels Michael Kafe de Barclays Bank Plc, pensent que les dégâts causés par les émeutes réduiront d'un point de pourcentage la croissance du PIB en 2021, initialement prévue à 4 %.


Billet originel du 19 juillet

À la suite d’une série de pillages la semaine passée en Afrique du Sud, plus 200 personnes ont perdu la vie dans des échauffourées et des mouvements de foule. Les vidéos apocalyptiques inondent Twitter. Voir quelques exemples ci-dessous. Elles montrent des scènes de pillages qui ont ensanglanté l’Afrique du Sud il y a quelques jours, dans la foulée de l’incarcération de l’ex-président sud-africain, Jacob Zuma. Le président Cyril Ramaphosa a évoqué lundi 12 juillet des actes « rarement vus dans l’histoire de notre démocratie », comprendre les 27 ans pendant lesquels l’ANC a succédé à lui-même à la tête du pays. Ces violents incidents ont été déclenchés après l’emprisonnement de Jacob Zuma, poursuivi pour corruption et condamné le 8 juillet à une peine de 15 mois de prison pour « outrage à la justice », car il avait refusé de se rendre au tribunal pour y témoigner.

Le dernier bilan officiel fait état d’au moins 215 personnes tuées et plus de 2 500 arrestations au cours de ces six jours de violences. Cyril Ramaphosa s’est rendu vendredi 16 juillet au KwaZulu-Natal, épicentre des violences, où 95 personnes ont trouvé la mort. Les troubles et les pillages « ont été provoqués, il y a des gens qui les ont planifiés et coordonnés », a-t-il accusé. Il a déclaré depuis Durban, le grand port du KwaZulu-Natal (Est), que les fomenteurs de ces violences seraient poursuivis. « Nous en avons identifié un bon nombre, nous ne permettrons pas l’anarchie et le chaos » dans le pays, a-t-il ajouté, alors que la police enquête sur 12 personnes soupçonnées d’être derrière le déchaînement de violences.

À Phoenix (à 85 % indo-pakistanais) et Durban, les habitants des quartiers souvent assez homogènes ethniquement se sont armés eux-mêmes et se sont engagés contre les pillards présumés », explique Ryan Cummings, Directeur de Signal Risk, spécialiste des risques politiques et sécuritaires en Afrique.

Une société sous haute pression

Depuis vingt ans, la violence ne cesse de croître dans la patrie de Nelson Mandela. « Toutes les statistiques montrent que la colère ne cesse de grimper depuis des années, il est logique qu’on arrive à des situations de violences émeutières aujourd’hui et de plus en plus souvent », déplore Thierry Vircoulon.

Depuis plus de dix ans, l’Afrique du Sud est un pays aux émeutes récurrentes. Voir le graphique ci-dessous. 


Le taux de chômage officiel pour le premier trimestre 2021 était de 32,6 % alors qu’il était de 30,1 % au premier trimestre 2020. Le taux de chômage élargi était de 43,2 % contre 39,7 % pour la même période l’année passée. La pandémie a accentué la crise économique du pays. « L’Afrique du Sud est une véritable Cocotte-Minute, il y a des similitudes avec la situation dans certains pays d’Amérique latine où la situation sociale est intenable. Le gouvernement n’a rien à offrir, car la classe politique est discréditée par les querelles internes à l’ANC. Ce parti est devenu le symbole de la corruption en Afrique du Sud », analyse Thierry Vircoulon.

À la révolte des pauvres des derniers jours s’ajoutent les tensions ethniques toujours importantes depuis la fin du régime d’apartheid. Des agressions racistes ont été constatées dans plusieurs zones du pays, en particulier à Phoenix.

 À la source, une lutte intestine intra-ANC, seules les zones zouloues ont bougé

L’ancien président Jacob Zuma est zoulou, ethnie dominante au KwaZulu-Natal et avec une forte diaspora dans le Gauteng, le cœur industriel de l’Afrique du Sud autour de Johannesbourg et Prétoria. 

Les violents incidents ont été déclenchés après l’emprisonnement de Jacob Zuma. Ils ont touché quasi exclusivement les zones de fort peuplement zoulou. Ils semblent avoir eu pour objectif de déstabiliser la présidence de Cyril Ramaphosa, un Venda qui évinça le clan Zuma en 2018. La présidence sud-africaine a d’ailleurs parlé de « conspiration ethnique » et a accusé plusieurs cadres zoulous de l’ANC qui, selon elle, seraient impliqués dans l’organisation de ces émeutes. Duduzile Zuma, une des filles et Duduzane Zuma, un des fils de Jacob Zuma ont été accusés d’incitation à l’émeute. Duduzane affirme ne pas avoir de compte Twitter, les appels à l’émeute lancés sur les réseaux sociaux en son nom ne seraient pas de lui. Jacob Zuma a quelque 20 enfants de quatre épouses différentes.

Les troubles sont partis du pays zoulou, le KwaZulu-Natal. Dans la région du Gauteng, seules les cités à dominante zouloues ont été touchées. Il est remarquable de constater que les zones non zouloues n’ont pas suivi le mouvement. Contrairement aux émeutes xénophobes récurrentes qui, par le passé, se propageaient avec le temps à travers le pays.

Les partisans principalement zoulous de Zuma (il n’est guère populaire à l’échelle du pays) n’acceptent pas l’évincement du clan Zuma en 2018 par son vice-président de l’époque Cyril Ramaphosa. Ils n’acceptent pas que ce coup de force fut suivi de poursuites judiciaires contre Jacob Zuma dans le cadre des scandales liés à la corruption au sommet de l’État (voir Propagande, racialisation, dénigrement pour cacher le népotisme et l’incompétence en Afrique du Sud). Ils considèrent qu’il s’agit là d’une vengeance contre un chef zoulou au sein de l’ANC. Le clan Cyril Ramaphosa est mal placé selon eux pour jouer le rôle de l’incorruptible : en effet l’actuel président, un ancien syndicaliste, a bâti sa colossale fortune grâce à sa nomination dans les conseils d’administration des sociétés minières blanches. Il troqua ainsi les revendications des mineurs noirs dont il fut le représentant avant 1994 pour des costumes bien taillés et de généreux émoluments.

 

Sélection de vidéos de la semaine de pillages

Impact économique immédiat

Alors que les opérations de nettoyage sont en cours dans certaines régions, l’organisation patronale Business Leadership South Africa estime que les dommages pour le secteur de la vente au détail s’élèvent à plus de 5 milliards de rands (292 millions d’euros, 435 millions de dollars canadiens). Plus de 200 centres commerciaux ont été ciblés, plus de 800 magasins ont été pillés et 100 ont été complètement incendiés, a déclaré à Bloomberg le directeur général Busi Mavuso de l’organisation patronale.

Citant des sources industrielles crédibles, Attard Montalto a déclaré que dans la seule zone économique de Durban, 1,5 milliard de rands en stock ont été perdus, avec 15 milliards de rands (1,3 milliard de dollars canadiens, 877 millions d’euros) en dégâts matériels. Il a déclaré que 50 000 commerçants informels et 40 000 entreprises ont probablement été touchés par la violence et les pillages.

Il a averti que jusqu’à 150 000 emplois étaient menacés, ce qui signifie que jusqu’à 1,5 million de foyers est sans revenu.

Des entreprises telles que Cashbuild, Clicks, Mr Price et l’opérateur de restauration rapide Wimpy, Famous Brands, ont déjà commencé à comptabiliser les dégâts causés à leurs opérations dans le Gauteng et au KwaZulu-Natal.

L’entreprise en habillement Mr Price a déclaré que 109 de ses magasins avaient été pillés et 539 autres ont été fermés, tandis que l’opérateur de restauration rapide Famous Brands a déclaré que 99 de ses magasins ont été endommagés et ne sont palus opérationnels. Cashbuild a déclaré que 36 magasins ont été endommagés et pillés et sont actuellement incapables de commercer.

Attard Montalto a déclaré que l’impact sur le PIB de Durban pourrait atteindre 20 milliards de rands. Dans l’ensemble, il a évalué l’impact total sur le PIB du pays à environ 50 milliards de rands (3 milliards d’euros, 4,3 milliards de dollars canadiens) et la perte de PIB à environ 40 milliards de rands, soit environ 0,7 % du PIB. 

Impact de la gestion du coronavirus

Déjà en juin 2020, la Chambre de commerce et d’industrie sud-africaine craignait que le taux de chômage n’atteigne 50 %. Eskom, la compagnie d’électricité gérée par l’État, a réintroduit des coupures d’électricité planifiées, car elle ne peut fournir assez d’électricité. Les finances publiques, déjà mises à mal par des années de corruption, de dépenses inutiles et de faible croissance, sont dans un état périlleux. Les prévisions du Trésor concernant le déficit budgétaire pour 2020/21 ont été révisées de 6,8 % du PIB à 15,7 %. Près d’un sixième du budget sera consacré au service de la dette.

La stratégie anti-coronavirus par l’ANC (des confinements successifs) a eu un impact économique grave sur la richesse du pays. Selon les estimations d’AfrAsia, la richesse privée en Afrique a chuté d’environ 9 % au cours de la dernière année (2020).

Destruction de la richesse en Afrique du Sud depuis 2010

La banque AfrAsia a qualifié la performance de la richesse de l’Afrique du Sud de « médiocre », la richesse privée totale détenue dans le pays ayant diminué de 25 % au cours de la dernière décennie, mesurée en dollars américains.

Le groupe a déclaré que les performances étaient affectées négativement par :

La plupart de ces personnes sont allées au Royaume-Uni, en Australie et aux États-Unis. Les autres ont émigré vers la Suisse, Israël, l’île Maurice, la Nouvelle-Zélande, les Émirats arabes unis, le Canada, le Portugal, l’Espagne, Chypre et Malte. 

Situation économique avant la pandémie

Ces pillages sont le révélateur de la faillite économique et sociale de la « nation arc-en-ciel ». Le bilan économique de près de trois décennies de pouvoir ANC est en effet très peu rassurant. Le PIB baisse depuis plusieurs années. Il n’a augmenté que de 18 % depuis 1994. Le PIB actuel par habitant en dollar constant est inférieur à celui de l’Afrique du Sud en 1980, en plein apartheid, avant que les sanctions internationales, depuis levées, ne mettent à mal l’économie sud-africaine jusqu’en 1993 et la prise du pouvoir par l’ANC en 1994. Prise du pouvoir qui fut suivie d’une levée des sanctions d’un regain d’intérêt des investisseurs étrangers et, paradoxalement, de l’évincement des blancs de la fonction publique. Ces blancs qualifiés se sont vus forcés de se tourner vers l’entreprise privée où leur expérience et expertise ont pu être mises à contribution de façon plus productive.

Comme on l’a dit, le taux de chômage officiel en Afrique du Sud est de 32,6 % (officieusement, il dépasserait les 50 % au niveau national avec des pointes à 80 % dans certaines régions). Le revenu de la tranche la plus démunie de la population noire est inférieur d’environ 50 % à celui qu’il était sous le régime blanc d’avant. Un habitant sur trois survit grâce aux aides sociales.
 
Les mines, premier employeur du pays ont perdu près de 300 0000 emplois depuis 1994. Elles contribuent pour 10 % au PIB national. Quant aux pertes de production et de revenus du secteur minier, elles se conjuguent avec des coûts d’exploitation en hausse constants alors que de dramatiques et récurrentes coupures d’électricité ont eu pour conséquence la fermeture des puits secondaires et la mise à pied de dizaines de milliers de mineurs.
 
Le PIB/habitant de l’Afrique du Sud (en rouge) a été rattrapé par celui de son voisin le Botswana (en gris). Il est inférieur, par habitant en dollar constant, à celui de l’Afrique du Sud en 1980, en plein apartheid, avant que les sanctions internationales, depuis levées, ne mettent à mal l’économie sud-africaine jusqu’en 1993 et la prise du pouvoir par l’ANC en 1994.

Depuis 1994, l’ANC n’a pas réalisé les nécessaires et colossaux investissements qu’il était pourtant urgent de faire dans le secteur minier afin de maintenir les capacités de production.

L’agriculture a, elle aussi, perdu plusieurs centaines de milliers d’emplois. Le mardi 27 février 2018, le parlement sud-africain a voté le commencement d’un processus de nationalisation-expropriation sans compensation des 35 000 fermiers blancs déjà aux prises avec des vagues d’assassinats depuis des années qui ont provoqué plusieurs milliers de morts dans l’indifférence totale de l’Occident culpabilisé.

Les industries protégées sous l’apartheid sont en net recul ou en faillite. Les fabricants de chaussures, de textile, de vêtements n’ont pu résister aux importations chinoises. Le secteur mécanique qui produisait avant 1994 la majeure partie des pièces pour l’industrie a quasiment disparu.

Le naufrage est tel que la compagnie aérienne historique, la SAA, a été déclarée en faillite ; le producteur national d’électricité Eskom ― au personnel pléthorique ― ne parvient pas à fournir l’énergie nécessaire au pays et manque cruellement de liquidités : au dernier trimestre 2020 Eskom devait 29 milliards de dollars américains à l’État ; la SABC (le diffuseur national) a dû recevoir en urgence, en 2020, 100 millions de $ américains pour continuer d’exister. Pour la poste, il lui fallait 300 millions. En outre, 81 % des municipalités étaient en faillite, car les habitants, à majorité noire, ne payaient pas leurs impôts et taxes. Les municipalités les mieux tenues sont dans le Cap occidental, région à forte population blanche et métisse, elle échappe pour l’instant à l’ANC.

L’éducation publique en Afrique du Sud est un échec. Seuls 4 % des enfants réussissent l’épreuve des mathématiques à la fin du secondaire avec une note supérieure à 50 %. Si la chose avait relativement peu d’importance dans les années 50, ce n’est plus du tout le cas dans l’Afrique du Sud d’aujourd’hui fortement automatisée, intégrée dans l’économie mondiale et qui a un besoin accru d’employés hautement qualifiés.

Au lieu de se résorber, comme l’ANC le promettait en 1994, les inégalités se sont au contraire davantage creusées. Aujourd’hui 75 % des familles noires vivent en dessous du seuil de pauvreté. Notons que des noirs, une minorité, propulsés par les politiques de discrimination positive et leur embauche préférentielle dans une fonction publique surnuméraire et très bien payée en comparaison avec les autres secteurs de l’économie, font désormais partie de la bourgeoise. Les données montrent qu’en Afrique du Sud, entre 37 % et 42 % des 10 % des salariés les plus riches font partie de la fonction publique élargie (fonction publique, enseignement, entreprises nationalisées comme Eskom). L’Afrique du Sud est un pays à forte pression fiscale, à forte redistribution des revenus et à très fort chômage. Ces trois aspects sont en partie liés les uns ou autres. En effet, les taux d’imposition élevés poussent les entreprises à investir ailleurs, ce qui entraîne encore moins d’emplois à mesure que la population augmente. Des impôts élevés se traduisent également souvent par un bon salaire d’une petite partie de la population — la fonction publique, massivement noire depuis la venue au pouvoir de l’ANC. L’Afrique du Sud doit créer plus de richesse avant de la distribuer selon l’économiste Mike Schüssler, elle doit cesser de penser qu’elle peut juste dépenser et redistribuer l’impôt pour lutter contre les inégalités.

Ces échecs répétés ont fait dire à un célèbre chroniqueur noir, Simon Mwewa Lane, qu’au rythme auquel se décompose le pays, si les noirs sud-africains ne parviennent pas à se ressaisir, il vaudrait sans doute mieux « rendre les rênes aux Boers ». Voir la vidéo ci-dessous.


La discrimination à rebours, le racisme est toujours la loi, mais à l’avantage d’autres

L’application de la discrimination anti-blanche dans la vie économique a eu des conséquences délétères. 

Dans le secteur privé, l’Employment Equity Act de 1998 établit des quotas raciaux et, pour les entreprises de plus de 50 personnes, l’obligation de recruter des noirs et des personnes discriminés sous l’apartheid. De lourdes amendes sont prévues pour imposer ce « rééquilibrage racial ». En conséquence, on a assisté à une surévaluation artificielle des diplômés noirs car, peu nombreux, les entreprises se les arrachèrent pour se conformer à la loi. L’on assista alors à une véritable inflation des salaires chez les Noirs qualifiés, un diplômé noir occupant une fonction de direction, qu’elle soit réelle ou fictive, étant en moyenne payé 30 % de plus que leurs homologues blancs, sans compter divers avantages comme une voiture, un logement de fonction et des primes. Souvent la chaîne de direction des grandes entreprises fut dédoublée, et ce pour un résultat économique nul. 

Pour éviter ces surcoûts, les petites et moyennes entreprises blanches ont souvent préféré licencier du personnel ou limiter leur développement pour rester sous la barre fatidique des 50 employés. Bien évidemment, cela n’a eu aucun effet bénéfique pour la croissance économique et le chômage en Afrique du Sud.

En outre, la politique du Black Economic Enpowerment (BEE), devenue en 2003 Broad-based Black Economic Enpowerment (BBBEE) oblige les banques à prêter aux entrepreneurs noirs afin qu’ils puissent créer ou racheter des entreprises. Cette politique a certes créé des riches dans la bourgeoisie noire, mais aucune richesse pour le pays.

La fin de l’ANC ? Racialisation de la politique 

Aujourd’hui, l’ANC n’est plus qu’une coquille vide ayant perdu toute forme idéologique et politique. Fragmenté par une infinité de facteurs, il ne survit plus que comme machine électorale destinée à distribuer des prébendes. Quant aux masses noires totalement paupérisées, elles constituent un bloc explosif potentiel dont la colère explosera un jour ou l’autre.

Qui recueillera cette colère ? Sera-ce l’EFF de l’extrémiste Julius Sello Malema ? Coutumier des propos provocateurs, début , il déclarait ainsi vouloir faire tomber le maire de Port Elizabeth parce qu’il est « un homme blanc ». « On coupe les têtes de la blancheur », ajoutait-il. Ce mois-ci, il accuse une « cabale indienne » (indopakistanaise) soutenue par des métis de détourner le pouvoir légitime qui devrait revenir aux Noirs. Voir vidéo ci-dessous.


Devant son échec de 30 ans, les difficultés économiques, le chômage endémique, la corruption, l’EFF qui lui souffle dans le dos, l’ANC parviendra-t-il à ne pas accuser les minorités ethniques ? L’Afrique du Sud évitera-t-elle le piège du Zimbabwe qui racialisa les échecs des politiques de Mugabe et qui saisit les terres des fermiers blancs quand l’économie s’effondra afin de satisfaire une base militante appauvrie ? L’ANC ou l’EFF tenteront-ils de diriger la colère légitime de la masse noire qui souffre vers les blancs, les Indo-Pakistanais ou les métis afin de faire oublier son bilan désastreux et détourner les accusations d’incompétences et de corruption ?

Après une société séparée, une société d’enclaves ?

 

Habitants indo-pakistanais en voiture tirent sur des noirs

Pour Frans Cronjé, un analyste financier sud-africain, l’Afrique du Sud se dirige de plus en plus vers une société faite d’enclaves :

  • il y a 20 ans environ, il y avait approximativement le même nombre de policiers sur le terrain que d’agents de sécurité, aujourd’hui on trouve trois plus d’agents de sécurité privée que de policiers sur le terrain (si le propre de l’État est son monopole de la violence légitime, en Afrique du Sud il semble avoir renoncé à ce monopole) ;
  •  les enfants blancs et ceux de la bourgeoisie non blanche ont déserté les écoles publiques, il en va de même pour ce qui est de la santé qui est privatisée pour les nantis ;
  • des milices privées se sont vite formées de façon décentralisée pour défendre la propriété privée ;
  • les décisions de la Banque de réserve sud-africaine (la banque centrale) ont nettement moins d’effets désormais sur les gens qui ont du capital, car ils ont dollarisés leurs avoirs, il en va différemment des gens peu aisés qui voient leur pouvoir d’achat baisser à chaque dévaluation fréquente du rand, la monnaie locale ;
  • le gouvernement central est peu efficace, il est décrédibilisé, sa réaction fut très lente, les policiers sont sous-équipés, on a appris que certains agents de la paix à court de munitions priaient les agents de société de sécurité privée de leur en fournir.
Indiens brûlent bidonville noir à Pietermaritzburg (Natal) près de Khan Rd.
 
L’Afrique du Sud aurait donc, paradoxalement, abandonné un modèle de développement ethnique et géographique séparé pour une société violente faite d’enclaves, de « communautés » à forte base ethnique, mais intégrant cette fois un élément financier plus important qu’auparavant.

Évolution de la population blanche en Afrique du Sud depuis 1904
  Année     Population   %
1904   1 116 805     21,58
1970 3 751 000 18,3
1991 5 068 300 13
1996 4 434 697 10,9
2001 4 293 640 9,6
2011 4 586 838 8,9
2020 4 586 680 7,8

Entretemps, la part des blancs diminuera en Afrique du Sud : on estime qu’un quart sont partis depuis 1994, les plus jeunes. La démographie de ceux qui restent est sous le taux de remplacement. La proportion des noirs ne fera qu’augmenter notamment par l’arrivée d’Africains des pays voisins. L’Afrique du Sud « la nation arc-en-ciel » sera de moins en moins diverse, mais elle promet d’être violente, inégalitaire et moins prospère.

 
 
 
La carte AfricaGo, pas de queue, pas de soucis, servez-vous !
 
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