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dimanche 21 septembre 2025

Lien croissant entre mariage, fécondité et appartenance politique


Les femmes conservatrices nées entre 1975 et 1979, qui ont fini d'avoir des enfants, ont une descendance totale de 2,1 enfants, ce qui correspond exactement au taux de remplacement. Les femmes modérées du même groupe d'âge ont eu 1,8 enfant, alors que les femmes progressistes n'en ont eu que 1,5. Les écarts sont moins importants entre les conservatrices nées entre 1985 et 1989, qui ont un taux de fécondité final de 2,1, tandis que les modérées ont un taux de 1,9 et les libérales de 1,7. Les femmes conservatrices nées entre 1995 et 1999 n'ont eu jusqu'à présent que 0,7 enfant, soit le même nombre que les modérées. Les libérales de la même cohorte ont jusqu'à présent une moyenne de 0,4 enfant. Il ne faut pas exagérer les différences entre les femmes conservatrices et libérales. Les taux de natalité sont plus faibles pour tous les groupes par rapport à la fécondité avant 1975. Les taux de mariage sont également plus faibles pour tous les groupes. Cependant, les différences sont suffisamment importantes pour que les partis finissent par séduire des électorats manifestement différents.

lundi 8 septembre 2025

Canada — Près de la moitié des étudiants à l'université cachent activement leurs véritables convictions

Près de la moitié des étudiants universitaires canadiens cachent activement leurs véritables opinions par crainte de sanctions ou de mauvais traitements, selon une nouvelle enquête exhaustive publiée mercredi par la Fondation Aristote.

Sur les 760 étudiants universitaires interrogés, 48,1 % ont exprimé leur réticence à révéler leurs opinions sur une « question politique controversée ». L'enquête a révélé que 27,5 % des étudiants étaient quelque peu réticents et 20,6 % très réticents.

Et ce n'était pas parce que les étudiants étaient particulièrement réservés ou timides lors des discussions en classe. Lorsqu'on a demandé aux répondants s'ils pouvaient donner leur avis sur une question « non controversée », 93,4 % ont répondu que cela ne posait aucun problème.

« Notre étude nous amène inévitablement à reconnaître que les discussions en classe sur des sujets controversés dans les campus universitaires ne reflètent pas la diversité réelle des opinions des étudiants dans la salle de classe », ont écrit les chercheurs du groupe de réflexion basé à Calgary.

Et la peur de s'exprimer variait considérablement en fonction de l'identité de l'étudiant. Certains groupes ont décrit des environnements universitaires dans lesquels pratiquement toutes leurs opinions ou points de vue pouvaient être exprimés sans conséquence.

D'autres ont déclaré que les campus étaient devenus des lieux où le fait de ne pas exercer une autocensure appropriée pouvait entraîner une baisse des notes, l'opprobre de leurs pairs ou même une enquête des autorités du campus.


« Les libéraux [progressistes, de gauche] se sentent fondamentalement libres de dire tout ce qu'ils veulent sur n'importe quel sujet, quelles qu'en soient les conséquences — ce n'est pas une exagération — tandis que les modérés, les conservateurs et les libertariens ont le sentiment qu'ils doivent s'autocensurer radicalement s'ils veulent éviter les conséquences de leurs convictions », a écrit David Hunt, directeur de recherche de la Fondation Aristote, dans un courriel adressé au National Post. 

Il a ajouté : « Nous savions que les étudiants s'autocensuraient et que certains d'entre eux avaient le sentiment que leurs opinions n'étaient pas les bienvenues dans les discussions en classe... mais les données étaient encore plus accablantes que prévu. »

Cela était particulièrement vrai lorsque les résultats d'Aristotle ont été ventilés en fonction du genre auto-identifié des répondants.

Les répondants qui se sont identifiés comme « non binaires » ou comme appartenant à un troisième genre non spécifié ont exprimé plus de confiance que tout autre groupe pour exprimer leurs opinions sans craindre de réprimande ou de sanction.

Dans l'une des questions de l'enquête, les répondants devaient imaginer un scénario dans lequel ils discutaient d'une « question controversée liée au genre » en classe et s'abstenaient d'exprimer leur opinion par crainte d'être dénoncés aux autorités du campus pour un acte présumé de haine ou de discrimination.

Parmi les répondants non binaires et du troisième genre, 87,1 % se sont dits convaincus que cela ne s'appliquerait jamais à eux.

Les répondants masculins et féminins se sont montrés beaucoup plus prudents. Seuls 31,4 % des hommes et 47,7 % des femmes ont déclaré pouvoir s'attendre à dire la vérité sans risquer d'avoir des ennuis.

Une disparité similaire a été observée lorsque les répondants ont été interrogés sur la possibilité que leurs opinions sur le genre leur valent une note inférieure. Parmi les répondants non binaires et de troisième genre, 71 % ont déclaré que cela ne les inquiétait pas, contre seulement 32,7 % des hommes et 48,8 % des femmes.

L'autocensure variait également considérablement entre les groupes raciaux.

Les ethnies qui se sont dites les plus à l'aise pour « s'exprimer lors d'une discussion en classe » étaient les étudiants qui s'identifiaient comme étant originaires du Moyen-Orient ou autochtones. Seuls 27 % des étudiants originaires du Moyen-Orient ont indiqué une certaine réticence à exprimer leur opinion sur une question controversée, contre 31 % des étudiants autochtones.

À l'autre extrémité du spectre se trouvaient les étudiants blancs et hispaniques. Cinquante pour cent des étudiants hispaniques et 46 % des étudiants blancs ont déclaré préférer rester en dehors des discussions en classe sur des sujets brûlants.

L'une des sources d'inspiration du rapport Aristotle est l'indice annuel Campus Freedom Index publié par le Justice Centre for Constitutional Freedoms. Cet indice se concentre souvent sur les cas de discours hétérodoxes ou conservateurs réprimés dans les universités canadiennes, comme le refus d'autoriser l'utilisation des installations du campus pour des discours anti-avortement.

Cependant, l'enquête Aristotle a révélé de manière surprenante que les opinions modérées ou conservatrices représentent désormais la pluralité (une majorité relative) des opinions politiques des étudiants sur les campus canadiens.


Parmi les personnes interrogées, 38,7 % ont déclaré avoir des opinions « modérées », « conservatrices » ou « libertaires ». Ce chiffre contraste avec les 37 % qui ont déclaré avoir des opinions plutôt libérales. Les 24,2 % restants ont déclaré ne pas s'intéresser à la politique ou ne pas vouloir répondre.

Et ce, malgré le fait que les répondants à l'enquête Aristotle étaient en grande majorité des personnes non blanches et des femmes, deux groupes qui ont toujours eu des opinions politiques plutôt de gauche. Seuls 47,8 % des répondants étaient blancs et 28,9 % étaient des hommes (63,2 % étaient des femmes).

Bien que les modérés et les conservateurs représentent désormais la majorité des étudiants universitaires du pays, l'enquête Aristotle a révélé qu'ils se sentaient les plus menacés en raison de leurs opinions politiques.

Parmi les étudiants se déclarant « très conservateurs », 85 % ont déclaré craindre d'obtenir de moins bonnes notes s'ils révélaient leurs convictions.

Parmi les étudiants « très libéraux », trois quarts ont déclaré ne pas être « du tout » préoccupés par le fait que la libre expression de leurs opinions puisse leur causer des problèmes. Seuls 17 % des modérés ont déclaré ne pas être préoccupés.

L'enquête a révélé que 46,2 % des étudiants ont déclaré avoir été maltraités ou traités injustement en raison de leurs opinions politiques et 6,6 % ont déclaré être pris pour cible plus d'une fois par semaine.

La disparité dans la perception de la liberté d'exprimer ses opinions parmi les étudiants ayant des opinions divergentes ne se limite pas aux opinions politiques, mais a également été observée dans d'autres domaines tels que la religion. 

Bien que les étudiants religieux soient deux fois plus nombreux que les étudiants non religieux, ce sont ces derniers qui se sentent nettement plus à l'aise dans les salles de cours universitaires pour discuter de questions controversées liées à la foi et à la religion.
Les données révèlent des préoccupations particulières concernant l'expérience des étudiants catholiques, musulmans et juifs, ces derniers faisant état de mauvais traitements considérables au cours de leur expérience universitaire.  

En revanche, 90 % des agnostiques, 86,6 % des athées et 75,5 % des étudiants qui ont choisi de ne pas divulguer leur appartenance religieuse ont déclaré n'avoir jamais été maltraités ou traités injustement, en tant qu'étudiants universitaires, en raison de leurs opinions sur la religion. En d'autres termes, un étudiant agnostique ou athée de notre population étudiée est six fois plus susceptible qu'un étudiant juif de déclarer n'avoir jamais été maltraité ou traité injustement en raison de ses opinions religieuses. Aucun participant agnostique, athée ou « préférant ne pas se prononcer » à notre étude n'a déclaré subir des mauvais traitements quotidiens.  

La Fondation Aristote pour les politiques publiques a interrogé 760 étudiants de 34 universités à travers le Canada à l'aide d'un questionnaire basé sur l'enquête Campus Expression de la Heterodox Academy.


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samedi 30 août 2025

Le taux de natalité chute plus fortement parmi les progressistes que chez les conservateurs

Nombre moyen d'enfants nés de personnes ayant des idéologies politiques différentes
Taux de natalité calculés pour tous les adultes âgés de 35 ans et plus
Source : Analyse du FT de l'Enquête sociale générale américaine
 
Selon le Financial Times de Londres, à son grand dam semble-t-il, des études récentes montrent que le manque d'intérêt de la gauche pour la baisse du taux de natalité risque de pousser les sociétés vers une orientation plus conservatrice. 

En prolongeant l'analyse précédente sur l'interaction entre l'idéologie politique et la formation de la famille, le journaliste John Burn-Murdoch constate que l'hypothèse selon laquelle le taux de natalité est en baisse dans l'ensemble de la société n'est pas vraie. Des États-Unis à l'Europe et au-delà, les personnes qui s'identifient comme conservatrices ont presque autant d'enfants qu'il y a quelques décennies.

La baisse est principalement observée chez les progressistes de gauche, ce qui a pour effet de pousser la politique de chaque génération successive plus à droite qu'elle ne l'aurait été autrement.


Nombre moyen d'enfants nés de personnes ayant des idéologies politiques différentes
Taux de natalité calculés pour tous les adultes âgés de 35 ans et plus
Source : Analyse du FT de l'Enquête mondiale sur les valeurs, basée sur des travaux antérieurs de Fieder et al. (2018)
 
Plus on est à gauche sur le spectre politique moins on a d'enfants en 2010-2024, ce n'était pas le cas dans les années 1970.

Bien sûr, les enfants n'héritent pas intégralement des opinions politiques de leurs parents, et chaque génération successive aurait tendance à être plus à gauche que la précédente sur les questions sociales. Mais il est bien établi que les valeurs des enfants sont fortement influencées par celles de leurs parents. L'écart croissant entre les taux de natalité de gauche et de droite ralentira cette tendance à la libéralisation et pourrait aboutir à des sociétés et des politiciens moins progressistes.

Pour John Burn-Murdoch, la plus grande ruse jamais mise en œuvre par la droite a été de convaincre la gauche que parler de famille et d'enfants était un domaine réservé aux conservateurs. Pour le chroniqueur du Financial Times, plutôt que de s'inquiéter de l'augmentation de l'empreinte carbone, les progressistes devraient peut-être se réjouir à l'idée d'élever les personnes qui inventeront les technologies ou éliront les gouvernements qui permettront d'atteindre la neutralité carbone.


 
Sources des données et méthodologie

Les taux de natalité des personnes ayant des opinions politiques différentes ont été calculés à partir de l'enquête sociale générale américaine (US General Social Survey) et de l'enquête mondiale sur les valeurs (World Values Survey), prolongeant les travaux antérieurs de Fieder et al (2018) afin d'inclure des données plus récentes. Les deux enquêtes demandent aux personnes interrogées combien d'enfants elles ont, ainsi que leur position sur l'échiquier politique, de gauche à droite.

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dimanche 15 octobre 2023

Les Australiens rejettent par référendum une initiative source de fracture raciale selon ses opposants

Les Australiens ont clairement rejeté samedi une proposition de réforme des droits des Aborigènes, soumise par référendum, à l’issue d’une campagne acrimonieuse qui a creusé les divisions raciales dans le pays-continent.

Plus de 60 % des électeurs se sont opposés au projet Voice to Parliament, près de 74 % des bulletins ayant été dépouillés samedi. La défaite n’est pas officielle mais n’est pas contestée. D’après Sky News, ce pourcentage de 60 % pourrait encore monter puisque le vote par correspondance et anticipation n’était pas encore totalement dépouillé et qu’il était le plus opposé à The Voice.


Le Premier ministre de gauche, Anthony Albanese, a attribué cet échec à la campagne menée par ses opposants politiques contre la mesure proposée.

Le projet prévoyait de créer un conseil consultatif — surnommé La Voix — auprès du Parlement et du gouvernement pour émettre des avis sur les lois et les politiques publiques qui concernent les populations autochtones, Aborigènes et insulaires du détroit de Torres. Les citoyens aborigènes d’Australie représentent environ 3,8 % des 26 millions d’habitants du pays.

Les partisans d’un changement constitutionnel en Australie se sont dits dévastés par l’échec, samedi, du référendum.

Vote du oui concentré dans les districts urbains progressistes

Tous les États australiens ont voté contre cette initiative. Le vote en faveur de ce référendum s’est concentré dans les circonscriptions urbaines progressistes (« teal seats » ci-dessous), alors que les circonscriptions avec les plus fortes concentrations d’aborigènes ont voté contre. Voir ci-dessous.




Alliance hétéroclite contre la Voix

Les partis conservateurs australiens, le Parti libéral et le Parti national, forment une coalition de longue date. Ils ont tous deux fait campagne contre la Voix au motif qu’elle diviserait le pays en fonction de la race. Certaines personnalités du parti ont néanmoins déclaré qu’elles soutenaient la Voix, notamment le Premier ministre libéral de l’État de Tasmanie, Jeremy Rockliff, et l’ancienne ministre libérale des affaires étrangères, Julie Bishop.

Le groupe de pression conservateur Advance Australia s’est positionné comme un contrepoids aux groupes de défense d’intérêts de gauche lors des dernières élections, avec des campagnes menées principalement sur les médias sociaux. Advance Australia gère également des groupes de discussion sur Facebook pour amplifier le contenu anti-Voice. La sénatrice conservatrice aborigène Jacinta Nampijinpa Price  (ci-contre) a soutenu la campagne d’Advance Australia.

Certains partis politiques populistes, dont One Nation de Pauline Hanson, qui détient deux des 76 sièges du Sénat australien, ont déclaré qu’ils s’opposaient à la Voix parce qu’ils craignaient qu’elle ne confère des pouvoirs supplémentaires aux dirigeants indigènes. L’unique sénateur du « Palmer United Party » du milliardaire minier Clive Palmer a qualifié la Voix de « raciste ».

Certains dirigeants autochtones s’opposent à la Voix parce qu’ils estiment qu’elle compromet leur objectif de conclure un traité mettant fin à une guerre d’occupation qui a débuté avec l’arrivée des Européens en 1788. Warren Mundine, ancien président du parti travailliste, qui est autochtone, a fait campagne contre la Voix en affirmant qu’un résultat négatif améliorerait les chances d’aboutir à des traités locaux (et non nationaux). Warren Mundine  a également accusé cette proposition d'« inscrire dans la Constitution une division entre les Australiens selon leur race » lui rappelant la ségrégation raciale qu'il a connue enfant dans les années 1950 et 1960. Pour Mundine, le plus important est de se pencher sur les milliards déjà dépensés dans les affaires aborigènes, de voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. La sénatrice Lidia Thorpe, qui est indigène, a quitté le parti de gauche des Verts pour devenir indépendante en février en raison de son soutien à la Voix, déclarant que le parti l’avait empêchée de défendre le « Black Sovereign Movement ».

Un Brexit aux antipodes ?

Si l’on ajoute au rejet de La Voix, la victoire nette des conservateurs en Nouvelle-Zélande, il s’agit d’une journée importante pour les droites des Antipodes. La plupart des partisans du non ont déclaré qu’ils étaient opposés à tout principe qui diviserait les Australiens en fonction de leur race. Plusieurs figures du Non étaient d’ailleurs des aborigènes.

Le débat est assez similaire à celui du Brexit. Les partisans du Oui ont fini par le dépeindre comme une bataille du bien contre le mal, affirmant que les partisans du Non usaient de mensonges et d’autres formes de magie noire pour séduire les électeurs. L’un des partisans du oui, Ray Martin, a fait remarquer que toute personne votant pour le non était « un dinosaure ou une tête de nœud » si elle « ne se donnait pas la peine » de se renseigner sur les questions en jeu. Thomas Mayo, un autre militant du Oui, a déclaré ce soir que « nous avons vu une campagne du Non dégoûtante, une campagne qui a été malhonnête, qui a menti au peuple australien et je suis sûr que cela apparaîtra dans l’analyse ».

La campagne en faveur du oui n’a jamais précisé la forme que prendrait cette nouvelle « voix ». Cette imprécision a été exploitée par la campagne du non, dont le slogan était « Si vous ne savez pas, votez non ». Le système australien de vote obligatoire a convoqué aux urnes un grand nombre de ceux qui considéraient toute cette entreprise comme une distraction inutile. Aucun prix pour deviner de quel côté ils ont penché. Mais c’est un tel choc pour le système australien, car la campagne du « oui » avait commencé par s’attendre à une victoire facile. Il y a un an, les sondages prévoyaient une victoire facile pour le Oui. 


Le commentateur australien Andrew Bolt a commenté la campagne autour du référendum concernant The Voice en ces termes : « À Noël, j’ai dit à ma femme que je devrais démissionner cette année parce que je ne comprenais plus ce pays », a déclaré M. Bolt. Il a ajouté qu’à l’époque, les sondages révélaient que près de deux tiers des Australiens soutenaient la proposition, tandis que les grandes entreprises injectaient des millions de dollars dans la campagne en faveur du « oui ». « Personne n’osait dire non — bien sûr, l’intimidation était tellement forte — mais il s’est passé quelque chose d’incroyable », a-t-il ajouté. « Au cours de l’année écoulée, les sondages ont montré que la Voix est passée de deux tiers de soutien à près de deux tiers d’opposition ». M. Bolt a déclaré qu’il avait trouvé ce changement de tendance « inspirant », car il montre que les Australiens ne peuvent pas être « achetés » avec de l’argent ou intimidés.

Comme pour l’indépendance de l’Écosse et comme pour le Brexit, l’arrogance de la campagne menée par le gouvernement, qui a convoqué toutes les grandes entreprises et les médias en faveur du Oui, a recruté des électeurs dans l’autre camp. Peter van Onselen, universitaire et commentateur partisan du oui, résume la situation : « En tant que défenseur des traités depuis des années, je suis plus que furieux de voir à quel point le camp du oui a bâclé son argumentaire sur cette question. Mais je ne vais pas édulcorer ses échecs et accuser de manière simpliste la campagne du non d’avoir remis en cause la proposition. C’est le pluralisme démocratique en action. Il y a des raisons légitimes de voter non et quiconque envisage de le faire ne mérite pas d’être qualifié de raciste, d’idiot ou de dinosaure ».

La journaliste australienne Peta Credlin a déclaré : « Albanese a essayé d’exploiter la bonne volonté de presque tous les Australiens à l’égard des Aborigènes, ainsi que notre instinct louable de vouloir mettre fin aux désavantages des indigènes, pour provoquer un changement profond de notre système de gouvernement, basé sur l’idée que la colonisation de l’Australie était fondamentalement injuste. C’est pourquoi il doit échouer, et c’est pourquoi plus son échec sera important, mieux ce sera à long terme ».

La part du « oui » (en vert) a constamment chuté dans les sondages au fur de la campagne référendaire

The Spectator appelle à la démission du Premier Ministre

Rowan Dean, rédacteur en chef de l'édition australienne du Spectator, a commenté l'événement :

Anthony Albanese est désormais reconnu comme un Premier ministre fourbe et paresseux, entouré d'un groupe de bras-cassés qui lui servent de ministres. Ils ont gaspillé 18 mois du temps précieux des Australiens et des centaines de millions de dollars de nos impôts sur ce projet nombriliste, clivant et futile.

Ils ont déchiré des familles. Ils ont déchiré les lieux de travail. Ils ont semé la haine et la division dans toute la nation, comme jamais l'Australie n'en avait connu depuis des décennies.

Ce mandat de Premier ministre est un échec total.

M. Albanese devrait démissionner aujourd'hui et convoquer immédiatement des élections. Lui et ses collègues sont manifestement complètement déconnectés du grand public australien. Ils ont semé le chaos dans cette nation par leur orgueil et leur arrogance à un moment où les difficultés économiques s'accumulent. Le Premier ministre n'a même pas pris la peine de lire les détails de ce qu'il voulait nous infliger et a ensuite eu le culot, dans son discours de défaite, de se moquer de ceux d'entre nous qui ont exigé des détails sur les 26 pages de la déclaration d'Uluru. [...]

Les Australiens méritent beaucoup mieux. Les Australiens aborigènes méritent beaucoup mieux.

Les contribuables ont besoin de savoir où sont passés les milliards de dollars consacrés aux affaires indigènes. Nous devons nous débarrasser de toutes les absurdités symboliques, des accueils, des reconnaissances de territoire, des cérémonies stupides, des traités, des commissions "vérité" et de l'incessant changement de nom de notre pays.

L'Australie a besoin de toute urgence d'un nouveau gouvernement et d'une nouvelle façon de penser. Et dans les années à venir, attendons tous avec impatience et enthousiasme un Premier ministre de coalition, Jacinta Nampijinpa Price.

Réaction favorable du sociologue (eurasien) Eric Kaufmann: