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mardi 28 mai 2024

28 mai 1754 — assassinat du parlementaire de Jumonville et rôle de George Washington

Joseph Coulon de Villiers de Jumonville, enseigne dans les troupes de la Marine, né le 8 septembre 1718 dans la seigneurie de Verchères en Nouvelle-France, fils de Nicolas-Antoine Coulon de Villiers et d’Angélique Jarret de Verchères, décédé le 28 mai 1754 près de l’actuelle Jumonville, en Pennsylvanie.

Joseph Coulon de Villiers de Jumonville et ses cinq frères étaient tous officiers dans les troupes de la Marine. La carrière militaire de Joseph fut à peu près sans histoire jusqu’au 28 mai 1754 lorsqu’il fut assassiné.

Forts français dans l’Oyo et forts anglais (Fort Cumberland et le petit fortin Necessity)

La guerre de Succession d’Autriche était à peine terminée en Europe, en 1748, qu’un conflit éclata en Amérique du Nord au sujet de la vallée de l’Ohio. Les trafiquants de fourrures des colonies anglaises s’étaient infiltrés dans la région et les Virginiens qui spéculaient sur les terres revendiquaient ce territoire. La France contesta ces prétentions, chassa les commerçants américains et, en 1753, entreprit la construction d’une série de forts qu’elle échelonna depuis le sud du lac Érié jusqu’à la rivière Ohio.

Le gouverneur de la Virginie délégua un officier de la milice coloniale, George Washington, pour aller intimer aux Français l’ordre d’évacuer le territoire. On lui opposa une fin de non-recevoir polie, mais ferme. Les Français construisirent ensuite le fort Duquesne à l’endroit où se trouve maintenant Pittsburgh au confluent de La Malengueulée et de l’Ohio (Oyo) pour les Français (les rivières Monongahela et Allegheny pour les Anglais).

Ce fort leur assurait la suprématie militaire sur la région. Au printemps de 1754, Washington fut envoyé de nouveau dans l’Ohio avec des troupes de la milice coloniale afin d’affirmer la souveraineté britannique par la force, si nécessaire, nonobstant le fait que la paix régnait entre la France et l’Angleterre.

Maquette du Fort Duquesne

Le commandant du fort Duquesne, Claude-Pierre Pécaudy de Contrecœur, avait reçu l’ordre strict d’éviter la guerre avec les Américains, mais de défendre ses positions en cas d’attaque. Mis au courant de l’approche d’un détachement américain qu’on disait considérable, il envoya Jumonville, le 23 mai 1754, avec quelque 30 hommes, reconnaître si Washington avait réellement envahi le territoire que la France réclamait pour sien. Si tel était le cas, il devait en avertir le fort, puis sommer formellement Washington de se retirer. Son petit détachement était en fait une ambassade, semblable à celle de Washington envoyée au-devant de Jacques Legardeur de Saint-Pierre, l’année précédente, et il ne posta pas de sentinelles autour de son campement.

Au lever du jour, le 28, George Washington et 40 hommes fondirent sur le camp français établi près de l’endroit où s’élève maintenant Jumonville, en Pennsylvanie. Certains des hommes dormaient encore, d’autres préparaient le déjeuner. Sans avertissement préalable, Washington donna l’ordre de tirer. Les Canadiens qui réussirent à échapper à la rafale se jetèrent sur leurs armes, mais ils furent rapidement réduits à l’impuissance. Les Français soutinrent que Jumonville fut abattu pendant qu’il signifiait sa mise en demeure officielle. Dix Canadiens furent tués, un fut blessé et les autres, à l’exception d’un, faits prisonniers. Washington et ses hommes se retirèrent abandonnant aux loups les cadavres de leurs victimes. Un détachement de 500 Canadiens des troupes régulières et de la milice furent envoyés pour venger l’attaque et chasser les Américains : Louis Coulon de Villiers, frère de Jumonville, en avait le commandement.

Le 3 juillet, les Français s’emparent de Fort Necessity et obligent Washington à négocier un retrait sous les armes.

Il signe alors des aveux par lesquels il s’accuse d’être l’assassin de l’officier français. Il est alors remis en liberté.

Washington nia plus tard les faits en arguant ne pas comprendre le français, langue dans laquelle est rédigé le texte, par ailleurs portant sur plusieurs sujets. Il affirma que la traduction du Néerlandais qui ne parlait bien ni l’anglais ni le français qu’on lui donna pour qualifier l’acte était « death of » (« mort de ») ou « killing » (« tuerie »), mais pas « assassination » (« assassinat »). Une copie du document figure au musée de Fort Necessity National Battlefield, en Pennsylvanie. Washington a donc pu consulter le texte et le mot assassinat est transparent pour un anglophone qui connaît le terme « assassination ».

Acte de capitulation du fortin Necessity signé par Washington

L’affaire fit du bruit jusqu’en Europe, où la guerre s’emballa en même temps que l’arrivée de la nouvelle. Le meurtre de Joseph de Jumonville fit scandale en France. Voltaire, pourtant anglophile, s’indigna : « Je ne suis plus Anglais depuis que les Anglais sont pirates sur mer et assassinent nos officiers en Nouvelle-France ». En Angleterre, le politicien et écrivain Horace Walpole dépeint laconiquement l’affaire : « Ce coup de feu tiré par un jeune Virginien dans les forêts d’Amérique a mis le monde en feu ».

Copie au propre des articles de capitulation du fortin Necessity (la première mention à « assassin » encadrée).

La réputation de Washington en fut ternie.



mercredi 17 février 2021

Covid — Floride se félicite d'avoir gardé les écoles ouvertes

Le gouverneur de la Floride, Ron de Santis, s’est félicité que les écoles soient restées ouvertes en Floride : « Nos enfants doivent être à l’école et la décision de la Floride de garder les écoles ouvertes était la bonne. Comparée à d’autres États de taille similaire, la Floride compte moins de tests positifs à la Covid chez les enfants par 100 000 habitants. » Près 99,8 % des élèves suivent une scolarité en personne en Floride, alors que seuls 5,4 % des élèves en Californie en bénéficient. 

Il a accompagné son intervention sur les médias sociaux de ces graphiques :

Les syndicats dans les États démocrates de l’Illinois, de la Californie et de l’État de New York se sont fortement opposés à une réouverture des écoles. (Lire Procès à San Francisco, menaces de grève à Chicago : la pression s’accentue depuis quelques jours aux États-Unis sur les enseignants et leurs syndicats pour obtenir la réouverture rapide des écoles, dont beaucoup sont totalement fermées depuis 11 mois à cause de la gestion de la pandémie. et La rentrée en présentiel des écoles publiques new-yorkaises prévue cette semaine sera-t-elle à nouveau reportée ? Le principal syndicat des responsables d’établissements a demandé dimanche à ce que la mairie de New York soit dessaisie de son autorité sur les établissements, la jugeant incapable de gérer leur réouverture pendant la pandémie.)

Danse de la part d’enseignantes syndiquées à Chicago pour protester contre la réouverture des écoles. La vidéo est accompagnée de ce message :

Six professeurs de danse de base se réunissent pour utiliser leur forme d’art pour exprimer leur désir de se sentir en sécurité dans le cadre de la politique de retour des enseignants des Écoles publiques de Chicago (CPS). Comme d’autres, ces enseignantes déclarent que tout projet des Écoles publiques de Chicago et du maire devrait avoir du sens. Elles restent déterminées à continuer à enseigner.

Certaines enseignantes dansent avec leurs enfants, y compris Diana Muhammad, enseignante à l’école élémentaire de Beasley, dont la fille a surmonté une forme mortelle du syndrome inflammatoire multisystémique chez l’enfant (en période de Covid-19)

Elles sont toutes solidaires des éducateurs en danger, car personne ne devrait avoir à choisir entre son gagne-pain et la vie.

Par rapport à la Floride, 38 autres États des États-Unis déplorent une mortalité liée à la COVID plus importante chez les personnes âgées de 65 ans et plus par habitant.

Comparaison les taux d'hospitalisations par million d'habitants entre la Floride (peu de restrictions) et la Californie et New York (fortes restrictions)

 



 Voir aussi 

New York reporte encore la rentrée en personne dans les écoles publiques 

Profs américains s'opposent à l'ouverture des écoles malgré les leçons européennes

 
 

 

samedi 23 novembre 2019

Ohio — Loi pour protéger l'expression des convictions religieuses à l'école publique

La chambre des représentants de l’Ohio (Nord-Est des États-Unis) à majorité républicaine a adopté Ohio Student Religious Liberties Act of 2019. Son contenu sera maintenant débattu au Sénat, lui aussi majoritairement républicain.

Le projet de loi :
  • oblige les écoles publiques à donner aux élèves qui souhaitent se rencontrer à des fins d’expression religieuse, le même accès à l’école que celui qui est donné aux groupes d’étudiants laïques, sans égard au contenu de l’expression religieuse ;
  • supprime une disposition actuelle de la loi qui permet à un district scolaire de limiter l’exercice ou l’expression de la religion aux périodes de déjeuner ou à d’autres périodes non pédagogiques ;
  • autorise les élèves inscrits dans les écoles publiques à s’exprimer religieusement avant, pendant et après les heures d’école de la même manière et de la même manière qu’un élève peut s’engager dans des activités ou des expressions laïques avant, pendant et après les heures d’école ;
  • interdit aux écoles publiques d’interdire à un élève de s’exprimer religieusement dans l’accomplissement de devoirs, d’œuvres d’art ou d’autres devoirs ;
  • interdit aux écoles publiques de récompenser ou de pénaliser un élève en fonction du contenu religieux des devoirs, des œuvres d’art ou d’autres devoirs de l’élève.

Aux fins de ses dispositions, le projet de loi définit l’expression religieuse comme incluant l’un des éléments suivants :
  1. Prière ;
  2. Rassemblements religieux, y compris, mais sans s’y limiter, les groupes de prière, les clubs religieux, les rassemblements « vous voir au pôle » ou d’autres rassemblements religieux ;
  3. Distribution de documents écrits ou de littérature de nature religieuse ;
  4. Toute autre activité de nature religieuse, y compris le port de vêtements symboliques (notamment un maillot avec un message religieux) ou l’expression d’un point de vue religieux, à condition que l’activité ne soit pas obscène, vulgaire, offensante ou indécente.

Il s’agit de traiter de manière l’expression religieuse à l’expression d’autres opinions, notamment politiques.